All language subtitles for Les.Municipaux.Trop.C.Est.Trop.2019.FRENCH.1080p.WEB.H264-NLX5

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Original subtitles

(Remue-ménage)

Gilbert, je l'ai pas.

-C'est pas vrai ?

-En 25 ans, jamais j'ai oublié un tire-bouchon.

-Promis, je le dirai pas.

-Merci.

-Christian ? La grue.

-Oui, je sais.

(Musique cadencée)

-51 mètres de haut.

Cette grue peut lever jusqu'à 100 tonnes !

Cent tonnes de containers pour décharger les navires.

-BRAVO !

-Cette grue, c'est trois millions d'euros !

-Quatre. -On me dit quatre.

-AH OUI. -Financée

à 40 % par la région Languedoc-Roussillon.

-Occitanie.

-Pardon, non, non. Occitanie !

-AH, QUAND MÊME !

-40 % par le conseil général

des Pyrénées orientales !

40 % par le... -Non, parce que là, on est à 120 %.

-Ah, ben oui.

Et à 20 % par la chambre de commerce de Perpignan, en charge

de la gestion du port.

Je déclare à présent ouverte la cérémonie

d'inauguration de la grue ! (Applaudissements)

-Merci.

(Chuchotements)

-Et voilà ! (Clameur)

-Merci.

-Mes chers amis, cette grue,

unique, est capable de tout lever. Tout ! Sauf nos verres.

(Rires)

J'en appelle maintenant à l'essentiel, levons nos verres !

Et pour cela, je vous invite à rejoindre

le buffet en toute sérénité.

(Brouhaha)

-Vous avez vu le maire, pour l'inauguration ?

"Oui, la fierté de Port-Vendres,

"une grue de 51 mètres de haut !

"Hein, Milène, Milène..."

-Attends, je te fais Milène.

"J'arrive, M. le Maire, j'arrive !"

-Milène !

-Attendez, j'ai un truc à dire. -AH.

-J'ai un truc à vous dire.

Alors, qu'est-ce qui se passe ?

-Oh, Christian ! -Quoi ?

-C'est du fait maison, je viens de finir.

-T'en as pas d'autres, dans ton congélateur, des cartons

de fait maison ? (Rires)

Il y a Jean-Mi, et c'est pour ça qu'on est là,

qui fête la fin de sa dépression nerveuse !

-OUAIS !

-Merci. -VAS-Y, JEAN-MI !

JEAN-MI ! JEAN-MI !

-Mais Jean-Mi, toi aussi ! Regarde !

-J'ai marché dedans. -La merde, ça porte bonheur.

(Rires)

-C'est vrai que ça va mieux. Je le sens !

Avant, je pleurais pour rien.

Tout ça, c'est fini.

Je sens que la dépression...

est derrière moi.

-Jean-Mi est guéri ! -OUAIS !

JEAN-MI ! JEAN-MI ! JEAN-MI !

-Elle a de la gueule.

-Pour l'instant, aucun bateau à décharger.

Ceux qui viennent ont déjà leur grue !

-Mais ça fait région qui a des projets.

En tant qu'élu, inutile de réaliser les projets, suffit d'en avoir.

(Rires)

À propos, M. le Maire.

-Oui ? -Quoi de neuf ?

-Pour ?

-Vous vous étiez pas engagé à réduire l'effectif de la mairie ?

-Ah bon ? Ménard ?

-Ça se précise. On va les...

On va les étrangler.

-On peut pas attendre les élections ?

Nous les élus, on est quand même là pour être ré-élus.

(Rires)

-Mais, M. le Maire, promis, c'est promis.

-Ah oui.

-Allez, à la grue !

-À LA GRUE.

-Qu'est-ce que c'est ?

-C'est bizarre. C'est pareil, mais c'est pas pareil.

-Je sais pas.

-Il manque quelque chose.

-Thierry ?

-Oui, mon Michel ?

(Il gémit.) Qu'est-ce qu'il y a ?

(Il chuchote) - C'est quoi ?

-Quoi ? -C'est quoi ?

Parle !

-Je comprends pas. -Attendez, j'ai fait du taekwondo.

Je suis un bon ! -Ça va.

-Thierry, tu peux déconner sur les femmes et le rugby,

sur tes plats congelés faits maison, mais jamais sur le Ricard !

Tu nous baiseras pas sur le Ricard ! -Parle !

Avant qu'il soit trop tard.

Il peut être con, et moi aussi !

Si on s'y met à 2, tu croiras qu'on est 3.

-Je sais.

C'est pas du 51.

C'est du 45 ! -C'est pas vrai ?

-Jamais tu nous le refais !

Tu nous fais jamais ça !

Six degrés ?

Dans le jaune, c'est comme à la NASA,

à 6 degrés près, tu rates l'objectif !

-Six degrés de moins, tu vises Cahors, tu pètes Limoges.

-Nous, on a pas droit à l'erreur. -NON.

-Vous savez ce que nous prépare la mairie ?

Licencier les gens.

On se laissera pas faire. La révolte gronde.

La lutte se prépare !

(Il chante) C'est la lutte

Finale

Groupons-nous et demain

L'Internationale

Sera le genre humain

-Je ne vous ai pas présenté Frédéric Lambert, de la BIC.

-La quoi ? -La Banque Industrielle Catalane.

-Monsieur. -Mes respects.

Je vous présente

mon épouse, Céline.

-Mes hommages, madame.

Vous êtes charmante.

-Merci.

-Elle vient souvent se reposer sur notre voilier.

-C'est si reposant, si tranquille...

Parfois un peu long, surtout le soir.

-Ah oui, ça, c'est la solitude.

Je viendrai vous voir.

Enfin, voir votre bateau, parce que j'adore la voile.

-Vous barrez ?

-Tout le temps. Enfin, dès que possible.

J'adore les barres franches, les barres droites, bien solides.

Enfin, les barres, quoi.

-Moi aussi, tellement.

-Voilà, voilà. Je vous propose de goûter

ces fameuses mini-pizzas

de Thierry, sur le quai. -Merci.

-C'est du fait maison.

Je vous en prie, M. le Maire. Avec moi...

-J'ai plus faim.

-On fait la danse des gambas ?

-OUAIS !

-Je vais chercher ma guitare.

-NON !

-Putain, toi, je te fais du taekwondo.

-Allez, dégage !

-X-O, X-O, HI, HI. (Elles gloussent.)

-C'est parti !

(Clameur)

-TROIS, QUATRE.

-C'EST LA DANSE DES GAMBAS

EN BROCHETTES COMME DES CONNASSES

PALAM PAM PAM

C'EST LA DANSE DES GAMBAS

PLEIN LA BOUCHE, PLEIN LES MAINS C'EST DÉGUEULASSE

PALAM PAM PAM

-NOUS SOMMES DES... -GAMBAS !

-NOUS SOMMES DES... -CONNASSES !

-EST-CE-QUE NOUS SOMMES DES POISSONS ?

-NON, NON, NON !

-EST-CE-QUE NOUS SOMMES DES HOMARDS ?

-ON N'A PAS DE DARD

-EST-CE-QUE NOUS SOMMES DES VIEUX CRABES ?

-NOUS ON VEUT DU RAB

-PAS DE PIEUVRES À TENTACULES COMMENT VEUX-TU...

-QUE JE RECULE

PALAM PAM PAM

C'EST LA DANSE DES GAMBAS

PLEIN LA BOUCHE, PLEIN LES MAINS C'EST DÉGUEULASSE

PALAM PAM PAM

NOUS SOMMES DES...

-C'est du fait maison ! (Brouhaha)

-NOUS SOMMES DES... -GAMBAS !

-Très belle maison.

-Ah oui, vraiment, très belle. -Merci.

Alors, je sais pas si vous avez vu la terrasse,

mais les poteaux en inox ont été soudés à la main,

à l'ancienne.

-Par les municipaux, j'espère ?

-On n'est jamais mieux servi que par soi-même.

-Pendant les heures de travail ? -Évidemment.

-Évidemment. Y a quelques meneurs, mais ils ont un bon fond.

Ah, madame Lambert !

Vous avez vu mes poteaux ? -Des poteaux en inox !

Soudés à la main, j'adore.

-À la main, j'adore.

(Rires) Hein, M. le Maire ?

-Ça va pas bien, Ménard ?

-S'il vous plaît, un petit moment d'attention.

-Attends, y a Gilbert qui veut parler. Écoutez Gilbert !

-Merci, Christian.

-Je vais t'aider. Oh, silence, y a Gilbert qui veut parler.

-Alors... -J'ai un truc à dire avant.

Bonne nouvelle, ça y est,

le local syndical, il nous a raccordés.

La "wify" marche.

-AH !

-Nous allons voter pour le voyage avec le syndicat.

Nous avons 2 options.

Soit un séjour de 3 jours à Paris, avec visite du Louvre,

de la Tour Eiffel, du Sacré-Cœur, enfin...

Avec Paris, avec l'air de Paris, le temps gris,

la pollution... Paris, quoi !

Soit 3 jours au Perthus, avec ses monts enneigés,

son air pur, son Ricard détaxé,

et ses filles qui attendent pour toucher les bourses.

On passe au vote,

qui est pour le Perthus ? -OUAIS !

-Pour la 6e année consécutive,

le Perthus a été adopté à l'unanimité.

-OUAIS ! -Yes !

-On y peut rien, c'est la démocratie.

-Ma mère me dit :

"Si cette Véro te plaît tant que ça,

"il faut l'épouser.

"Parce que chez les Lavergne, on est propres.

"On se marie, et après on couche."

Le problème, c'est que...

elle est de Port-Vendres, moi, je suis de Collioure...

Je me dis que l'amour peut gommer cette différence,

mais y a plusieurs kilomètres. Trois, au moins.

-Si tu crois que c'est la femme de ta vie, épouse-la.

-Y en a pas d'autre de toute façon.

Faut juste savoir si on va bien ensemble.

-Tu rigoles ou quoi, Gilbert ?

Déjà, je vais te dire, physiquement, vous êtes au top.

Après, il reste quoi ? Intellectuellement ?

Intellectuellement, vous êtes...

Comment te dire, vous êtes...

Vous êtes pareils, voilà.

Non, je veux dire,

tu choperas pas mieux que cette Véro, je pense.

*-On gaine, on dégaine. On gaine, on dégaine.

Oui, c'est bien, Véro, comme ça. Bien dur sur les fesses. Ça vient.

On dégaine, on gaine.

On dégaine, on gaine.

On dégaine, on gaine.

-En tout cas, je mets plus que du 36.

-Un 36 peut-être, mais qui souffre, Véro, hein ?

*-Allez les filles, on descend.

Toujours plus bas.

Elle ricane. -Oh la la, c'est pas un string,

c'est un fil à couper le beurre.

C'est un fil à couper le gras ! (Rires)

*-Et on y croit.

On écarte bien les cuisses, Véro.

Oui, c'est ça ! -Mais c'est de ça qu'on rêve.

(Rire)

-Ça me fait penser que dimanche, je vais faire un flan.

-Ça va, Solange ?

Les réflexions ?

Quand je te vois, je me dis que je vais faire une daube.

Ou du veau.

En sauce. Et puis pourquoi t'es là ?

C'est le cours de danse de la mairie.

Et toi, t'es boulangère !

-J'ai une dérogation.

Mon beau-frère,

qui était employé municipal, est mort en service.

-Ça marche, la cirrhose, en accident de travail ?

(Véro ricane.) *-Chut, chut, mesdemoiselles.

On est reparties. On gaine again.

On gaine. On gaine again.

C'est de l'anglais.

(Elles gloussent.)

Ça va, Mlle Perec,

vous êtes à l'aise ?

Cette tenue, c'est plus pour la mort du cygne.

-Là, c'est la capture du canard.

(Rires)

*-Allez, on termine

comme d'habitude, sur 5 pompes.

C'est parti.

(Musique techno)

Et un...

-Putain, mes seins font ventouses.

*-Et deux...

-Le couple, c'est une équipe, une osmose, une complémentarité.

C'est une harmonie, voilà. Le couple, c'est une harmonie.

Oh merde, elle a fermé !

Putain, bordel, connasse.

Je te disais quoi ? -T'en étais à harmonie.

-Voilà, le couple, c'est une harmonie.

Chérie !

Chérie !

-Eh oui, c'est fermé.

-Elle est énervée

parce qu'elle sait pas comment me dire je t'aime.

-Tiens !

-Apparemment, elle a retrouvé comment dire je t'aime.

Bon, à demain. -Oui, salut, Gilbert !

J'y vais, parce que la soirée va être...

C'est normal, il faut bien, des fois.

Chérie ?

Chérie ?

C'est moi, c'est Christian.

-Patins.

-Comment tu sais que j'ai pas les patins ?

T'as le dos tourné.

-Au bruit.

On respecte le sol. C'est le carrelage

à maman.

-C'est vrai qu'il est joli,

le carrelage à maman.

-N'en fais pas trop.

À ton avis, c'est quoi, ça ?

-Bah, ça,

c'est des valises.

-Bravo, tu es en forme. Et tu en déduis quoi ?

-Je sais pas.

-Je pars.

Et après ?

-Après "Je pars" ? Bah, tu pars,

il part,

nous partons, vous partez...

-Je te quitte.

-Je te quitte, tu me quittes, il se quitte, nous...

Tu me quittes ?

Ghislaine, toi ?

Mais attends, réfléchis, regarde-toi.

Je veux dire, c'est plus ce que c'était.

À mon avis, tu trouveras personne.

Ou alors, faut avoir du pognon en commun.

Je veux pas être pessimiste...

-Salaud, va !

-Voilà.

Les femmes, vous voulez la vérité,

et après, vous râlez.

(Soupir)

-Ah ! -Ma crèche !

Ma crèche ! -Tu nous gonfles, avec ta crèche !

Un communiste qui fait une crèche. C'est ridicule.

Avec un train ! En Palestine, en plus !

-Le train, c'est en hommage à la SNCF.

-Ta gueule, c'est un hommage à la connerie ?

-Chérie ? -Me touche pas !

Je suis bloquée de l'arrière.

-Zut !

Ah, M. le Maire ! (Véro ricane.)

Oui, je vais leur dire.

S'il vous plaît, excusez-moi,

je viens d'avoir le maire au téléphone,

il est en route.

(Clameurs de soulagement)

-Encore une qui a été prise pour ses compétences.

-Elle fait du 95 F en compétences.

-Et du 36 en culture générale. (Rires)

-Ménard, plus vite, je dois célébrer un mariage.

(Rires)

-M. le Maire, le pourou ! Le pourou !

-Oh non ! -LE POUROU.

-LE POUROU, LE POUROU.

-Alors, le pourou,

si tu sais pas trop,

tu le fais tomber directement dans la bouche.

Mais comme je suis

très fort... -Oh oui, t'es fort.

-Ça tombe sur la tête,

coule sur le nez et après, ça finit dans la bouche.

Attention,

souvent, on en a plein la figure.

-Ça me rappelle un truc ! -Ah bon ?

-Ah oui, plein la figure ! Vas-y !

(Rires rauques)

Regarde. -Merde !

-Bah, alors ? -Je l'ai tachée !

-Alors ?

-Alors, quoi ?

-On en sait plus ? -Sur ?

-Le bruit qui court.

-Attends, c'est confirmé.

On parle d'une charrette de 30 préretraites.

Plus harcèlement moral, la totale.

Mais on est là.

-T'es trop fort. -Je sais.

(Crissements de pneus)

-Il est là ! Ça y est, il est là.

(Soupirs soulagés)

(Klaxons) Youhou !

On est là !

-Encore une fille de Port-Vendres qui part à Collioure.

Ils cherchent à nous dépeupler.

Collioure a tendu ses filets.

-Donc, ils pêchent pas que des anchois,

à Collioure.

-Ils chopent aussi des thons.

(Rires) -Avec des yeux rouges !

-C'est du thon rouge.

-Arrêtez,

elle pourrait nous entendre.

-Mais j'entends tout.

Connasses !

On frappe.

-Ah, Milène ! -M. le Maire.

-Ah, mais ils sont là ! Il y a du monde. Ça va, ça va !

-C'est quoi, cette chemise ?

-C'est bien, c'est rien.

Bonsoir.

Ah !

Bah, asseyez-vous, hein.

Alors,

on va pas se faire chier avec le début.

Alors, en vertu des pouvoirs

qui me sont conférés, je...

C'est avec une grande joie et un certain honneur

que je vais vous poser la question fatidique.

M. Gilbert Lavergne,

acceptez-vous de prendre pour épouse

Mlle Véronique Lafarge, ici présente ?

-Je pense.

-Ah non.

Non, on dit pas : "Je pense".

-Je crois ?

-Non plus.

Non, non.

On dit oui !

-Oui.

-Voilà ! À vous.

Mlle Véronique Lafarge,

acceptez-vous de prendre pour époux

M. Gilbert Lavergne, ici présent ?

-Je pense que je le crois.

-Ah non !

-Je crois que je le pense.

-Non !

Bon, allez, euh, oui.

Hein ? Voilà. -Oui.

-Donc, en vertu des pouvoirs,

je vous déclare mari et femme.

Alors, traditionnellement,

la mairie de Port-Vendres a la joie... Quoi ?

Hein ? Ah merde !

-Normalement, la ville vous offre un litre d'huile d'olive,

mais nous n'en avons plus.

Vous le prendrez l'an prochain... pour le divorce.

(Rires)

-Bon, allez.

Euh... Pardon.

Moi, je suis crevé, je vais...

Allez. -Et cette chemise ?

-C'est à la mode. C'est rien.

Bonsoir,

reposez-vous bien, à plus tard.

(La porte claque.)

-Mes frères, mes amis, mes enfants,

vous êtes toujours les bienvenus dans la maison du Christ.

Asseyons-nous, mes frères.

Nous allons maintenant pouvoir chanter. Solange ?

(Il donne la note.) Trois, quatre.

-DIEU EST AMOUR

DIEU EST MA JOIE

JE DOIS DANS SON CULTE

ÉCLATER MA JOIE

IMMACULÉ D'AMOUR IMMACULÉ DE FOI

-Je dois dans son culte Éclater ma joie

-Merci, Solange.

Levons-nous, mes frères.

(Rire) Tous ensemble.

Trois, quatre.

-DIEU EST AMOUR

DIEU EST MA JOIE

JE DOIS DANS SON CULTE ÉCLATER MA JOIE

IMMACULÉ D'AMOUR IMMACULÉ DE FOI

JE DOIS DANS SON CULTE

ÉCLATER MA JOIE

-Dieu est amour...

-Asseyons-nous, mes frères.

Je vais maintenant

pouvoir bénir cette union.

Pablo ?

(Il baragouine en latin.)

Maurice ?

Toi, Gilbert,

désires-tu prendre Véronique pour épouse ?

-Oui.

-Et toi, Véronique,

désires-tu prendre Gilbert pour époux ?

(En grognant) -Oui.

-Je vous déclare unis

par les liens du mariage.

Pour l'éternité.

Embrassez-vous.

Allez en paix.

Allez tous

dans la paix du Christ.

Maurice ?

Musique.

("E Viva Espana" Georgette Plana)

(Les cloches sonnent.)

-VIVENT LES MARIÉS !

(Acclamations)

-C'est con, de balancer de l'herbe, non ?

-Et tes copines qui balancent du chlore ?

-C'est beau, tous ces municipaux.

-On s'en occupe, M. le Maire.

Le ministère de tutelle est formel, va falloir commencer à écrémer.

Écrémer, M. le Maire. On va dégraisser le mammouth.

Ça commence demain.

-Demain ?

Ménard, on peut pas attendre les Municipales ?

-Impossible, la modernité est en marche !

-En marche... En marche vers quoi ?

-Bienvenue à vous tous, pour le mariage

de mon fils, Gilbert.

-Ah, son Titounet. -Merci, merci.

Bonne soirée et amusez-vous !

-Et tout est fait maison !

(Rires)

-Oui, bien sûr ! On a tous vu les emballages, à la sortie.

Ah, comme je lui ai mis !

Ah mais tu lis, Michel ? -C'est Philo magazine.

-Philo magazine ? -Oui, je suis abonné.

(Il siffle.)

C'est à cause d'Internet. Je voulais m'abonner

à Pêche à la traîne magazine, mais mon doigt a ripé

et j'ai coché Philo.

Du coup, je le lis.

-Et alors, ça dit quoi ?

-Cette semaine, c'est : "L'ego est une fiction".

-Mais lego,

lego, le jeu ? Parce que j'adore ça.

-Voici une chanson de ma composition, en anglais,

car oui, j'écris en anglais.

J'écris un peu dans toutes les langues.

L'Italie m'a inspiré de jolies mélodies,

l'Afrique, des rythmes endiablés.

Cette chanson s'appelle : "Oh wast to win".

-Wast to win.

-Oh wast to win

Oh win wast

And come to be

To be away

-Il assure, en anglais, Rémy.

-Le Rock, c'est de l'anglais.

C'est comme la piscine. C'est de l'anglais.

"On, off".

Le balai de la piscine. "On, off".

Et "Full" quand le panier est plein. "Full", ça veut dire plein.

-Je vais pas tarder à être full.

(Rires) -Hop hop, pas d'histoires.

Je te veux en état de marche.

Mon corps est une maison de jeunes avec de nombreux ateliers.

Et...

ils sont tous ouverts. (Grognement)

(Rire) -Gilbert !

-And come to be

To be away

(Applaudissements)

Merci, merci.

Et maintenant, un slow.

Je demanderai aux mariés d'ouvrir le bal.

-Allez viens. (Acclamations)

(Musique douce)

J'ai envie de toi.

J'ai envie de... de ton corps.

-On va manger d'abord, hein ?

-On mangera, mon poussin.

On mangera. On se mangera !

On se mangera tout, hein ?

Hein, poussin ? (Il gémit.)

Excuse-moi, avec la chaleur,

j'ai le déo qui vire.

-Ah non, moi je... Ça sent bon, le déo qui vire.

-Te force pas, va.

Avec la chaleur, je le sais, j'ai la sueur qui sent l'urine.

Tu vois, des fois, je me dis que je me suis pissée dessus,

et en fait non !

J'ai juste les mains moites.

-Attends-moi, Véro !

(Soupir écœuré)

Viens, Véro. Je vais te faire rêver.

-Bah, Gilbert ?

Qu'est-ce qu'il y a, Gilbert ? Ça a pas l'air d'aller.

-Elle me fait peur.

-Quoi ? -Je la sens pas.

-Tu me fais rire, il fallait s'en occuper avant.

T'as dit oui.

-À l'église, j'allais dire non.

-Mais pourquoi t'as dit oui ?

-J'ai vu, ils avaient préparé le couscous...

Les chapeaux, tout ça, ça fait des frais.

-T'en fais pas, ça va s'arranger.

Le couple, c'est l'habitude. Le couple, c'est une osmose.

-Et toi, avec Gisou ?

-Gisou, en ce moment, elle est... (Il feule.)

un peu comme ça.

"Paquito" (Acclamations)

-Olé !

-Olé ! -Hé, ho !

(Brouhaha)

-Calme, calme !

Doucement, oh !

-C'est mon petit !

-HÉ, HÉ, HÉ !

-Olé !

-On y va, Gilbert ? -Je vais reprendre du couscous.

-On y va, je te dis. Il sera royal, le couscous.

Bien servi, avec de la viande. (Grognement)

-Oh, pardon.

(Acclamations)

-Je m'en doutais, que vous étiez un peu bourrés.

Et comme on s'en doutait, que vous seriez bourrés,

c'est moi, qui ramène tout le monde.

-Allez, Michel ! -Allez !

-Alors ?

(Buzz) -Ah non,

c'est Kevin qui va nous ramener.

(Acclamations)

-KEVIN ! KEVIN !

KEVIN ! KEVIN ! KEVIN !

KEVIN ! KEVIN ! KEVIN ! -Allez, en route !

-KEVIN ! KEVIN ! (Bips)

-C'est bien, mon petit lapin. (Rire)

(Acclamations)

-IL EST VRAIMENT...

IL EST VRAIMENT...

IL EST VRAIMENT PHÉNOMÉNAL LA LA LA LA LA

LA LA LA LA LA

ALLEZ KEVIN !

ALLEZ KEVIN !

ALLEZ ! ALLEZ KEVIN ! ALLEZ !

-Tu me portes pas ?

-Hein ?

-Comme dans les films.

-Quels films ?

-De Valte.

-Valte ? -Valte Disney.

La princesse

au bois dormant, avec le diadarème.

-Ah oui. -Mmh ?

-Je pèse le pour et le contre et...

y a du contre, enfin...

Allez !

(Il gémit.) Putain de putain de putain !

-Bah, ça fait plaisir !

(Sonnerie)

*-Le code, c'est 43-43.

(Buzz)

(Il soupire.)

(Gémissements d'effort)

-Mais...

T'es là, Maurice ?

-Bah, oui, c'est l'hôtel de mes parents.

Là, je le garde,

vu qu'ils sont à... un mariage !

C'est... Comment ils s'appellent ? C'est Gilbert et Véro

qui se marient.

-T'es con ou quoi ? On y était !

-Ah bon ?

Là, les mariés vont pas tarder,

je les attends.

La chambre est par là.

T'as... Comment dire ? À 12,43 m, y a un escalier.

Et 8,43 m après, la chambre.

Numéro 12 et demi.

-Il est chiant avec ses mesures. Pourquoi 12 et demi ?

-Parce que dans les hôtels, la chambre 13, ça porte malheur.

Alors mes parents, ils se sont dit,

pour pas perdre une chambre, ils vont faire la 12 et demi.

Parce que mon père, au début, a dit à ma mère...

-Allez, en avant Guingamp ! Putain, y a toute l'équipe.

12 et demi ?

-12 et demi, 12 et demi.

(On frappe.)

-Gilbert ?

-Pourquoi t'es là ? -Pour voir si ça va.

-Oui, pour l'instant, ça va, elle est calme.

-Elle est belle !

-Elle me fait peur !

-Mais elle saigne !

Tu l'as cognée ?

-J'ai rien senti. On dirait une truite morte.

-Oui, parce que...

elle a les yeux rouges.

Bon, Gilbert, faut que tu y ailles.

-T'as vu comme elle dépasse du lit ?

(Grognements)

Oh, putain ! Elle me fait peur.

-Gilbert, t'as dit oui.

-J'ai dit oui...

-T'as dit oui. -Non, je crois.

-Gilbert !

-Allez, j'y vais. -Pars pas !

-Hé ! Tu la fais rêver, hein ?

Tu lui fais péter le point G. J'y vais. N'aie pas peur.

-Ne va pas loin, reste derrière. -Je reste là.

Si y a problème, tu m'appelles.

Si ça va, tu chantes. Tu connais des chansons ?

-"Capri, c'est fini" ? -Mais pour dire "Ça commence".

-Alors, "Capri, ça commence" ?

-D'accord. Je suis derrière.

-Ferme pas ! -Si.

-Laisse une lumière

dans le couloir. J'ai peur.

(Véro soupire.)

-Oh, Gilbert.

Oh, mon petit Gilbert !

Mon poussin !

À nous !

-Tu préfères pas qu'on discute avant ?

-Mon cul, oui !

Trois ans de jachère et tu veux discuter ?

Viens par ici, tu vas sortir le tracteur

et labourer la parcelle.

-Il faut labourer, Gilbert ! -Oui, je vais la bourrer !

-Je vais te manger le corps.

(Il gémit.)

-Gilbert, j'éteins la lumière. -Non !

-Si, à fond ! Allez, mets le paquet.

-Capri, ça commence !

-E Viva España

Oh, Ghislaine ?

Mais tu dors pas ? -Patins.

-Oh, les patins, les patins... (Elle soupire.)

Ça va ?

-J'astique le coq. Ça calme les douleurs.

Alors, j'astique.

-Vas-y, astique ! Après, ça sera mon tour !

(Il rit.)

-Très drôle.

-Je reviens de l'hôtel, ça y est.

Gilbert et Véro, il cherche son point G.

-Ça prendra du temps.

-Pourquoi tu dis ça ?

-Parce que t'as jamais trouvé le mien.

-Comment ça, jamais trouvé ?

T'as pas joui ?

-Titounet ?

C'est maman, mon Titounet.

Ouvre !

-Chérie, ça a frappé. -C'est maman.

(Elle frappe.)

Titounet ?

-Tu retournes au lit !

Et tu te tais, c'est comme ça qu'on te préfère.

Oui ?

Tout va bien, belle-maman !

-Tout va bien ? (Soupir soulagé)

Il vous donne du plaisir ?

-Oui, et réciproquement. Surtout pour le moment,

mais bon... -Vous le trouvez

bien ? -Oui.

-Niveau taille,

il est normal ? -Oui.

-Ça fonctionne ? -Oui.

-Le pont-levis, ça va ?

Dites-le maintenant.

Quand vous l'aurez abîmé,

ce sera trop tard.

Pardon, mais je vais finir Titounet.

-Ah bon ? (Elle crie.)

Vas-y, Gilbert ! Mets-lui sa race, au grand machin !

Gilbert hurle.

-Ghislaine,

si tu m'aimes, fais-moi un signe.

-Et bah, tiens !

Je te fais un signe !

-Alors, tu me vires de chez moi ?

-On a acheté avec l'argent de mes parents, c'est chez moi.

-Mais quand même ! -Ça suffit !

-La machine à laver,

c'est maman qui l'a payée. -Elle fait des bouloches.

-Et le garage ?

Qui a payé le bois, le ciment, la colle ?

-C'est la mairie ! -Bah, voilà !

Si je travaillais pas à la mairie,

on l'aurait payé.

Et le portail en fer forgé, je l'ai fait !

C'est mon garage.

-Merci. Puisque c'est ça, va y vivre, dans ton garage !

-Je peux prendre le cadre de Lourdes ?

-Oui, et n'oublie pas la crèche qui va avec !

Bonne nuit, va au garage !

-Oh, putain, Christian ! Christian, t'es là !

Oh, Christian, Christian, Christian, tu es là !

-Mais qu'est-ce qu'y a ?

-Il a disparu ! -Qui a disparu ?

-Mon poussin, Titounet !

-Titounet a disparu ?

-Mais je te le dis ! On criait dans le noir...

tu vois ? -Oui.

-Surtout moi. J'essayais de jouir.

-Oui ! -Et d'un coup,

je me suis assoupie, et plus rien ! À mon réveil, il s'était enfui !

-Comment ça ? Mais avant, vous aviez...

-Mais non !

-J'y crois pas !

Un mec qui s'est tapé l'église et la paella, il reste pour baiser.

Après le pire, il attend le meilleur.

Il y a eu des signes avant ?

-Mais non.

Ah, si !

(Bris de verres)

Si, tu sais, il tremblait. Et il couinait aussi.

Comme un chien mouillé qui a peur du renard.

(Petits couinements)

-Tu fais bien le chien mouillé qui a peur.

-Et il chantait.

Capri, c'est fini ! -C'est normal,

je lui ai dit de chanter, c'est un code.

En parlant de "C'est fini",

en voilà un pas fini. Ça va, Michel ?

-T'as les yeux rouges, Véro.

Arrête le chlore.

-C'est pas le chlore !

-C'est pas le chlore. -C'est quoi ?

-Titounet a disparu. Il est parti, il s'est enfui.

-Titounet est parti ? -Oui.

-Véro !

N'ai pas peur, on va te le retrouver !

On retrouvera Titounet !

-Les nouvelles sont pas bonnes. Ménard et sa bande,

ils ont fini leur audit, ils veulent dégraisser le mammouth.

-Dégraisser le mammouth ?

Pas grave, tu sais ce qu'on va faire ?

J'ai appelé Paris, on va organiser un mouvement.

Et on gagnera ! -Et on gagnera.

-C'EST LA LUTTE FINALE

GROUPONS-NOUS ET DEMAIN

L'INTERNATIONALE

-SERA LE GENRE HUMAIN -Sera le gendre humain

C'est la lu... -Michel ?

T'as dit "le gendre humain", c'est pas ça.

Il a dit "le gendre humain" !

Le genre humain !

-Non, c'est "gendre" ! Je connais la chanson !

-Mais non, c'est "genre". -C'est "gendre" !

-T'as pas fini, toi !

-C'est la lutte finale

Groupons-nous et demain

L'Internationale -Vas-y, vas-y.

-Sera le gendre humain !

Je te dis, c'est "le gendre". T'es énervant !

Je connais la chanson, quand même !

-Il ne faut pas hésiter, M. le Maire.

Un seul coup net et précis. Paris...

Paris nous soutient. On dégraisse la fonction publique.

Vous avez vu ce qu'ils ont fait ?

La SNCF, France Télécom... pfft !

On dégraisse ! J'ai eu un appel de la préfecture.

Feu !

Paris...

nous observe à la loupe.

-Jamais.

-De plus, il se dit que votre nom circule à Paris.

Enfin, circulerait...

pour une mission nationale. -Ah bon ?

-Voire une fonction nationale.

Missiste.

-Ménisse ?

-Minèstre.

-Minissistre ?

-Ministre.

-Ministre ? Mais on va les foutre dehors, oui !

Combien ? Euh, 40 ?

-Trente. Si on commence par ça, on est des précurseurs.

Et Paris vous remerciera. Virer des gens, c'est moderne,

Faut faire pression sur le salarié, lui donner l'envie de partir.

De grandes sociétés l'ont fait, avec succès.

Ils ont pourri l'ambiance, résultat :

des tas de départs volontaires. Il faut les briser menu,

en faire des loques psychologiques des sous-hommes,

de la fermeté, M. le Ministre.

-Merci, M. le chef de cabinet !

Oui, Milène ?

-C'est le café.

-Merci. -M. le Ministre.

-Merci.

Elle a fait Sciences Po.

-Oui, 5 ans.

Cinq fois la 1re année.

(Rires)

-"Votre café, M. le Maire."

-T'oublies les lèvres.

-Attends.

-C'est pour mon dossier.

-Le décolleté, quand elle se penche.

-Faut bien voir.

-Jusqu'aux poils. (Rires)

-Allez-y, traitez-moi de pute, aussi.

-De ?

-De pute.

-Pourquoi tu dis ça ?

-Vous rirez moins une fois sur la liste.

-La liste, mais quelle liste ?

-Et mon dossier ?

-Il attend son tour !

-Je suis seul.

-ÇA SUFFIT !

-La liste des départs volontaires.

-Mais d'où ? -De la mairie ?

-De la mairie.

-Arrête, on est invirables.

-Ils parlent de 20 ou 30 départs. Ils veulent écœurer les gens.

-Attends, Milène, parle, on est collègues !

Et on est même amies.

-Ah bon ? Comme j'ai les seins qui font plic-plic

et les fesses qui font ploc-ploc, j'ai pas bien entendu.

(Musique de suspense)

-Tu crois qu'il est là ? -Oui, il adore ce coin.

Tu vas voir, il va sortir.

(Il imite un cri d'animal.)

(Il imite un bébé qui pleure.)

-Hou, hou ? Gilbert ?

Gilbert, sors de là, tout le monde s'inquiète.

-Sors de là, Gilbert !

J'ai amené du couscous.

C'est des Pieds-noirs, ils y résistent pas.

-Mmh ! Gilbert ! -Viens, Michel.

-Il est bon, le couscous à maman ! -Viens, Michel.

-Viens, Gilbert ! Gilbert, sors de là !

-T'as bouffé son couscous ?

-Non.

-Tu l'as pas bouffé ?

-Non, pourquoi ?

-Je sais pas. Allez, viens !

Viens,

il va sortir.

Regarde-le. Regarde-le !

Regarde-le, je t'avais dit ! Regarde-le.

-C'est beau. On dirait un isard au ruisseau.

Vas-y, ma petite biche, bois.

-T'as bouffé du couscous ?

-Arrête, t'es pénible.

-Regarde-le.

-Elle me fait peur.

-Allez, mange ton couscous. Avale la graine, avale.

-Avale, Titounet.

C'est bien.

C'est un Titounet, ça. Un Titounet à son papa.

-D'habitude, maman,

elle met des boulettes dans le couscous.

-Bah, là, elle en a pas mis.

-Gilbert, détends-toi.

C'est jamais qu'un problème

sexuel, ça s'arrange, c'est passager.

-Ça, je crois pas. Un couple qui commence

à plus baiser, ça baise plus du tout.

-Non, à un moment, ça repart.

-Elle me fait peur.

Avec sa grosse voix, elle dit : "Je vais te manger le corps."

Ça se dit pas.

-Non. -Non, ça se dit pas, mon Titounet.

Un bout de corps, oui, mais pas le corps.

-Un bout, oui. Ah oui, un bout !

-Mange, mon Titounet.

-Un bout, oui ? -Oui.

Calme-toi, Titounet.

Mais non, y a rien.

Allez, on va rentrer, Gilbert.

Allez, on va rentrer, hein ? -D'accord.

(Musique douce)

-Les gens sont des salauds !

Ils jettent des frigos n'importe où !

-Attends, je vais t'aider, Michel.

-Allez !

Et Titounet ? Il viendrait pas nous aider ?

-T'as vu la nuit qu'il a eue,

Titounet ?

-Ah oui, Titounet est fatigué !

Hein ? Titounet, c'est Catherine Deneuve !

-Allez, un, deux, trois... -SOLEIL.

-J'aime bien quand le travail est bien fini.

Merci, Catherine.

Cette fois-ci encore, on a bien préservé la planète.

-Heureusement qu'y a des mecs comme nous.

Tu vois, Gilbert,

le camion de poubelle est en panne, bah nous, on a des idées.

-Jean-Mi ?

Jean-Mi ?

Crissements

Jean-Mi ?

Jean-Mi !

-Il se passe quoi ? -Il a pas l'air bien.

-La tramontane s'est levée, toutes les feuilles sont parties.

-C'est la rechute, il nous fait un coming out.

-Tu dis quoi, Michel ?

(Klaxons) Un burn-out ! Coming out,

c'est quand un homo se révèle à tous ceux qui le savaient déjà.

C'est ça ! -Ah oui.

-Un burn-out, il a pété un câble. Tu sors pas

de 6 mois de congé maladie comme ça. Pas au boulot.

Il te faut une assistance psychologique.

-Il faudrait la psy de la mairie.

Elle parle dans son bureau et lui, il morfle.

-Combien de fois j'ai dit à Ménard :

"Envoyez-nous la psychologue de la mairie !"

-Le vent. C'est le vent.

(Klaxons) -Oui, Jean-Mi.

-Au début,

il a avancé de 2,43 m, puis il a reculé de 1,43 m.

-Tu nous gonfles avec tes chiffres.

C'est pénible. -Il est arrivé de face.

(Klaxons et protestations) Le vent de face, et là...

-Vous bougez, là ? (Sirènes de police)

-Oui, oui, excusez !

(Klaxons) -Oh, ça va !

-Jean-Mi rechute.

-On a une urgence aussi.

-On va à Weldom, ils ont les planchas à - 28 %.

-Pourquoi - 28 % ?

-Parce qu'on est le 28.

-C'est con qu'on soit pas le 35 !

Parce qu'y aurait eu plus de réduction.

Et le 35 du mois, ça existe pas.

Si on comprend pas les vannes...

C'est pas grave.

On y va !

-Allez ! -Hop !

Ça passe, là.

Sirènes Hop, hop, hop, hop, hop !

(Klaxons) Tu braques à fond, à fond !

C'est bon, ça passe !

C'est bon, allez !

-M. le Maire ?

-Je me suis dit :

"Cette pauvre femme, toute seule, qui s'ennuie.

"Le maire ne peut pas tolérer ça."

Regardez, j'en ai deux.

-J'adore en manger.

Entrez.

-En tout bien, tout honneur.

-Évidemment.

-Alors, Mme Véro, c'est quoi, ce bruit qui court ?

Y aurait des départs volontaires ?

-On en parle, oui.

Mais on va se battre, le syndicat est là.

-J'espère qu'il est là.

Depuis le temps qu'il s'entraîne, le syndicat !

-Leur local payé par la mairie, c'est devenu un bar tapas.

Et nous, on paie des charges.

-Nous, on dit ça, on est dans le privé.

Je ne gagne ma vie que si je travaille, c'est différent.

Quand je dis gagner, le terme est fort,

cette année, on a fait - 30 %. -Pareil.

Moins 30 %.

-Depuis 10 ans, vous faites - 30 % chaque année.

Vous continuez à travailler pour - 300 % ?

Vous aimez votre travail, bravo !

-Bonjour !

-C'est Halloween toute l'année.

Les cours, ça finit à 11 h ?

-C'est pas des cours, c'est du sport.

-On se demande ce que font les profs.

-Ils sont en vacances ou ils préparent leurs vacances.

(Rires)

-Pour vous, les gens du privé, y a que vous qui travaillez ?

Les fonctionnaires sont feignants ?

-J'en ai une.

C'est un prof qui est très malade,

le toubib lui dit : "Vous n'avez plus que deux mois à vivre".

Et le prof lui répond :

"Je peux avoir juillet et août ?"

-Bon, j'y vais.

-Et au fait,

je te sers quoi ?

-Ce que tu me sers ? À rien, tu me sers à rien,

Solange !

-Camarades, l'heure est grave.

Yolande, dépêche-toi, on a du boulot.

J'ai fait descendre Georges-Paul, de la section nationale du syndicat.

afin de définir ensemble une stratégie

pour lutter contre l'oppression du patronat qui nous oppresse.

-Je me présente, Georges-Paul. Mes parents, déjà,

étaient militants. Ils m'ont appelé ainsi

en hommage à Georges Marchais. Et Paul, pour Paul Éluard.

-Moi, ils m'ont appelé Jean-Mi en hommage à Jean-Michel Jarre.

-Et moi, Jean-Louis.

En hommage à Jean-Louis David, le coiffeur.

-Moi, c'est Gilbert, en hommage à Gilbert Bécaud.

-Moi, Michel, en hommage à Jacques Brel.

-Ça marche pas.

-Si, ses parents voulaient l'appeler Michel,

mais Michel Brel, ça finissait pareil.

-C'est vrai que ça fonctionne pas

quand ça finit pareil. Céline Dion s'appelle pas Marion,

parce que Marion Dion,

ça fait bouillie, on comprend pas bien.

-Je crois que les nouvelles de Paris sont inquiétantes.

-Très.

Le gouvernement a en projet des coupes sombres.

Surtout dans la fonction publique. Pour casser du fonctionnaire.

Vous avez vu ce qu'ils ont fait à la SNCF ?

-On va organiser une lutte que nous espérons historique.

Une lutte qui restera dans l'histoire.

-C'est la lutte

-Pas maintenant.

Une lutte

qui va épater tout le monde. On doit nous envier.

Les autres doivent dire :

"Les municipaux de Port-Vendres sont les plus forts."

Faut faire rêver les viticulteurs de l'Aude.

La SNCF dira : "On espérait même pas que ça pouvait arriver."

Il faut qu'à Air France,

qui sont les meilleurs, ils se disent :

"Nous, on l'aurait même pas imaginé !

Mais nous ça, on va le faire !

Tout le monde nous admirera, même nos femmes !

Nos femmes vont se mettre à nous réadmirer !

À dire : "C'est eux, les meilleurs !"

Elles auront des montées de désir pour nous.

Nos femmes revoudront faire l'amour !

Et nous, on aura pas le temps ! On dira : "On peut pas !"

Et puis, on s'en ira,

loin, avec la lutte, et on reviendra.

Et là, on leur fera l'amour.

Oui, on leur fera l'amour, on leur donnera du plaisir !

Gislaine, tu vas avoir du plaisir, Gislaine !

Elle en pourra plus !

Son corps sera exsangue... Elle en pourra plus,

Ghislaine ! Hm, excusez-moi.

C'est un exemple, ça pourrait être Françoise, Martine, enfin bref.

-Enfin...

on verra, on est pas obligés de coucher, non plus ?

Enfin, on verra, quoi...

-Bon, moi, je veux une lutte historique,

il y aura un avant et un après Port-Vendres.

-Après Port-Vendres, c'est Banyuls.

-Chut.

-Attends, tout le monde le sait, ça.

-C'est vrai, après Port-Vendres, c'est Banyuls.

-Vous êtes prêts pour une lutte historique ?

-OUI. -Bien sûr.

-Quelqu'un a quelque chose à rajouter ? C'est le moment.

-NON.

-Bon. J'ai fait 12 heures de train...

-Font chier, les grèves,

à force. (Rire)

Ah mais je disais ça pour déconner ! C'était pour...

-C'est pour nos archives. Profil.

-Mais c'était pour rire. (Clics)

-Moi aussi, c'est pour rire.

-Sache qu'il y a plusieurs tendances dans notre section.

-Y a pas de Hamoniste ?

-Non, personne n'en joue.

-Gilbert !

Michel, tendance ? -Je représente

l'aile gauche tendance sociale, marxisto-lénino-mélanchoniste.

-Pas de problème. -Moi, je suis pour

une lutte des classes classique, partisan stalino-krazuckiste.

En fait, on est syndico-progresso Marie-Georges-Buffétistes.

-Très bien. Et toi, tu es ?

-Nouveau.

-Non, pas d'eau,

merci.

(Sifflements admiratifs) -BRAVO.

-C'est pas du niveau national ?

-Mais oui, mais je sais, M. Morales !

Ça fait huit fois que vous venez.

Bon, regardez, regardez.

En quoi vous avez paraphé ? -En bleu.

-Et vous avez signé ?

-En vitesse.

-En noir, M. Morales.

Vous avez signé en noir.

Pour le paraphe

et la signature,

il faut la même couleur. -Je repasse par-dessus ?

-Oui, mais pas ici.

Vous allez pas me bloquer la clientèle toute la matinée.

Déjà qu'on a une collègue en arrêt. Ça suffit !

-Y a personne.

-Non mais c'est pas possible, ça !

C'est qui, qui dirige ce bureau ?

C'est qui ?

C'est qui, qui sait, ici ?

C'est la chef. Comme elle est en arrêt,

la chef, c'est moi.

Ils en sont où, à la permanence ?

-Ils en sont au Ricard.

-Ils ont rien dit ?

-Si. Christian veut baiser sa femme.

-Oh putain ! Moi, je vois que la grève.

-Une grève dure.

-Bien dure.

Et bien longue.

-Ghislaine te dirait : "Ça suffit."

-Les femmes qui baisent pas sont acariâtres.

-Elle disent toujours : "Ça suffit !"

-"Ça suffit !"

-Et mon dossier ? -ÇA SUFFIT !

-Voilà ce que je vous propose, la grève du zèle.

Je demande un vote démocratique à l'unanimité.

-Maintenant que cette mesure a été adoptée,

peut-on savoir de quoi il s'agit ?

-Travailler tout le temps.

Travailler le jour, la nuit... -HEIN ?

-Engorger le travail par le travail.

(Murmures)

-Georges-Paul, tu comprendras que cette mesure mérite réflexion.

Tu peux nous laisser ?

-OK, je rentre à Paris.

J'ai un Perpignan-Paris qui passe par Strasbourg-Brest,

je veux pas le rater.

J'attends votre position. -Michel,

tu peux le ramener à la gare ?

-J'ai prévu, j'en ai bu que 5.

-Impeccable.

Euh, j'allais dire quoi ? Tous les autres,

rendez-vous ce soir, pour une conférence,

au bar Le France.

-Pourquoi au bar ?

-Si on le fait pas au bar, les journalistes ne viendront pas.

-Ah oui. -Réfléchis, quand même.

-Finies, les peurs Et les humiliations

Finies, les remarques Et les désillusions

Demain sera un autre jour

Tous ensemble

Tous ensemble

Allez, tous ensemble !

Finies, les peurs Et les humiliations

Finies, les remarques Et les désillusions

Demain sera un autre jour Tous ensemble

Tous ensemble

Si quelqu'un veut acheter le disque, on en a.

-Vous êtes là, France 3 ? -Oui.

-On fait le reportage ?

-Non, on a pas le matériel.

-Comment ça ?

-Grève des gardiens.

-Merde ! Et vous, non ?

-Non, nous, on fera grève les lundis et jeudis.

Une semaine sur deux. Plus un mardi par mois.

-C'est compliqué à retenir.

-On veut pas gêner la grève SNCF.

-Ils tiennent, les cheminots ?

-Oui, avec les aiguilleurs du ciel, il foutent un bordel constant.

-C'est du travail, de foutre un bordel constant.

-Oui, c'est du boulot.

-J'aime les débats, comme ça, quand ça fuse.

-Moi aussi, je fuse. Je vais te manger le corps.

Titounet. (Il couine.)

(Rires)

-Revenez bientôt. -N'abusons pas.

-On peut pas abuser

de bonnes choses. Mme Tafany ?

Votre boucle d'oreille.

(On frappe.) Entrez !

Oui, Chouquette ?

-C'est qui ?

-Qui ça ?

-Le syndicat !

-OUAIS !

-De Paris...

-BOUH ! -Veut nous imposer

un nouveau mouvement, la grève du zèle !

En quoi consiste la grève du zèle ? Michel !

Explique-nous ce que c'est.

-La grève du zèle,

c'est travailler jour et nuit, pour tout engorger.

-Je peux parler ?

-Vas-y. -Je parle ou je pars en taekwondo.

Les gens se rendent compte à quoi on arrive ?

Nous, dans notre équipe de 3, on a toujours été 5,

ce qui est normal. -BAH, OUI.

Depuis septembre, on est que 4.

C'est quoi le but du gouvernement et du maire ?

Qu'on soit 3 pour une équipe de 3 ?

-Et pourquoi pas un tandem de 2 ?

(Clameurs) -Si on fait la grève du zèle,

on prouvera qu'on pouvait être 3.

Et ils nous mettront à 3. C'est ce qu'on veut ?

-NON ! -Pas question !

-Si on travaille la nuit, ils comprendront

qu'on peut le faire. -Merci ! Je propose un vote.

Qui est pour cette grève du zèle

imposée par Paris ?

Ce tunnel qui ne mènera nulle part et donnera le mauvais exemple.

Levez le verre si vous êtes pour.

Personne ?

Quelqu'un a quelque chose à rajouter ?

(Coucou de l'horloge)

Enculé !

(Bris de verre)

-Je vais te la faire,

la grève du zèle.

Sans répit.

Je vais te désorganiser le biorythme.

-On avait dit qu'on la ferait pas. On a voté contre.

-Je vais te manger le corps.

-Putain, Véro !

T'as mangé un chien ?

-Je vais te manger !

-Attends !

Les copains disent qu'on peut pas

manger le corps.

Un bout, oui, mais pas tout.

(Grognements)

(Il couine.)

-T'arrives pile à l'heure de l'apéro ! T'es réglé ?

-Et j'ai pas de montre.

-Ça, c'est les bêtes.

Les rhinocéros boivent toujours à la même heure, comme nous.

Ça va ? Ta femme, ça roule ?

-À propos, merci pour le toubib.

-C'est un ami, je lui ai demandé.

-J'ai un certificat : "Irritation pénienne".

Huit jours de repos.

J'ai l'impression d'être parti un mois.

-Quand tu baises pas, ça paraît toujours plus long.

Elle est toujours demandeuse ?

-Qu'est-ce qu'elle aime ça !

-Elle aime ça, on y peut rien !

Mais t'en prends

pas trop, des... -Non, il m'a dit 5 par jour.

-Oui, mais 5 granules.

-Dans le doute, je mets 5 tubes. On sait jamais.

Moi, ce qui me tue le plus, c'est son imagination, tu vois ?

Elle invente sans arrêt des nouvelles positions.

-C'est pas vrai ? Raconte !

-Un soir, je regardais la télé,

elle arrive, elle se met sur moi... mais pas dans le bon sens.

Tête à cul.

-Tête à cul ?

Sans déconner ? -On m'en avait parlé,

mais le faire, c'est différent.

T'es habitué à voir la même tête, et d'un coup, t'es face à Chabal...

-Moi, si y a Chabal dans la mêlée, j'y mets pas la tête !

-On est cons. -Je sais bien !

Mais on est cons parce qu'on boit ou on boit parce qu'on est cons ?

Je t'en sers un ? -Je veux bien.

-Mais Chabal les cheveux longs ou quand il s'était coupé la barbe ?

-Tu fais péter ta bouteille ? -"Fais péter." Oui,

s'il en reste une.

Ah ! On a du bol,

il en reste une.

-Sauvés !

À la tienne. -À la tienne, Gilbert.

(Bips de recul) Ah !

Ça, c'est Michel !

-Et toi, avec ta femme, sexuellement, ça va ?

-Dès qu'elle demande, je suis présent.

-Et elle demande ?

-Jamais.

Mais

je suis présent.

-C'est l'essentiel.

-Faut être présent. -Faut être assidu.

-Allez, Michel, ça va ?

-Salut, Michel.

Houla !

Y avait urgence.

-Oh, putain ! J'étais sur la réserve.

Je m'y fais pas.

Ils vont virer du monde,

30 départs volontaires, et on fait rien.

-Enfin, on fait rien, on réfléchit, déjà.

-Toi Gilbert, tu le sais pas, t'es trop jeune,

mais le mouvement de 2007 !

Ils voulaient supprimer

la machine à café. Hein ?

-On s'est battus. On a fait la grève générale. Grève de la faim.

-Pas de la soif ?

-On était pas loin.

-Ouais.

-Et là,

pour 30 personnes, on fait rien.

J'arrive même pas à le dire.

J'ai été sur la tombe

de Françoise,

j'ai même pas osé lui en parler.

-Tiens.

-Bon, j'y vais.

C'est le dernier, au-dessus de 5, je vois des lumières.

Je conduis, je suis pas dangereux,

mais... -Non.

Je vois des lumières.

Allez !

Et des fumées.

-Elle est morte, sa femme ?

-Non, elle est partie.

-Ah bon ?

-Les Parisiens emportent toujours un souvenir.

Ils ramènent du vin, des olives... et y en a un, il a ramené sa femme.

Il a été malheureux, Michel,

il a pleuré et il a eu cette idée d'inventer qu'elle était morte.

Parce qu'une femme qui est partie, tu sais pourquoi tu pleures,

mais une femme qui est morte, tu sais où tu pleures.

-T'en remets pas une ?

-Si.

Tu sais qu'on pourra dire qu'on a soutenu la viticulture.

-Tu prendras quelques olives ?

-Je veux pas, ça me...

-Oui, ça me le fait.

-Le vin me fait rien, mais l'olive me rend malade.

On a déjà vu

Rejaillir le feu D'un ancien volcan

Qu'on croyait trop vieux -C'est pas fini ?

-Ne me quitte pas

Ne me quitte pas Ne me quitte pas

-Je ne te quitte pas, je me barre !

-Moi, je t'offrirais

Des perles de pluie Venues d'un pays où il ne pleut pas

-Autant m'offrir une Twingo !

Des perles de pluie, c'est pas pratique !

Tu dis plus rien ?

-Capri

C'est fini !

Et dire que c'était la ville De mon premier amour

-Minable.

-Merde, merde, merde !

Tu sais ce que je vais faire ? Je vais te péter ton lac Léman !

-Touche pas au lac Léman !

C'est mille heures de travail.

Sans le brochet.

-C'est un dauphin !

-Mon brochet, un dauphin ?

-Bien sûr, c'est Skippy, tout le monde l'a reconnu !

-Skippy, c'est un kangourou.

-T'as toujours raison, voilà le problème.

-Skippy, c'est un kangourou !

-Mais j'y touche pas, à ton lac Léman de merde !

Putain, c'est pas vrai !

Gilbert,

de Christian, tu me reçois ?

(Grésillements) *-Affirmatif, je te reçois,

mais pas 5 sur 5, je te mets 4, à cause des grésillements.

-Ta gueule !

-C'est bon, ils y sont plus.

-À tous, nous allons donner le top pour le démarrage de la balayeuse

électrique écologique.

Attention...

*Top, balayeuse électrique.

-Allez !

-Top électricité, ça marche. C'est parti !

*-Et c'est parti pour la balayeuse électrique écologique.

Musique de suspense

Putain ! (Fracas)

Le but de cette réunion anonyme, c'est...

stopper l'action de la mairie, qui cherche à virer 30 personnes.

-C'EST DÉGUEULASSE.

-Alors, vous l'avez remarqué, on a des cagoules.

Pourquoi on a des cagoules ?

Pour rester a... -Pourquoi ?

-Pour rester a...

-À l'ouest ?

-À la mode ? -À l'intérieur ?

-À gauche ?

-Pour rester anonymes !

(Soupirs déçus)

-Je le savais, j'ai pas osé le dire.

-Bon, je fais l'appel. Gilbert ? -Présent.

-Michel ? -Oui.

-Yolande ? -Oui.

-Jean-Louis ? -Oui !

-Bruno ? -Oui.

-Jean-Patrice ? -Oui.

-Hé !

-Pardon, Véro, je t'avais oubliée.

-Il faudrait des trous pour la bouche.

-On y a pensé.

Il y a des pailles. Gilbert, fais passer,

vous n'en prenez qu'une par personne, on les paie !

Quel est le point faible du maire ? Tout le monde le sait,

c'est le sexe.

-Bien sûr, c'est clair. -OUI.

(On frappe.)

(Des pas approchent.)

-Euh, M. le Maire ?

M. le Maire ?

-Une seconde, je suis sur un dossier.

"Homme de train" en huit lettres et ça commence par un S.

-Centurion.

-Avec un S ?

-Ah, non. Oui, euh... -C'est sénateur !

Voilà ! Un train de sénateurs.

-Justement, je viens vous parler de l'audit de la Cour des comptes.

-Oui, bon, et alors ?

-Ça concernerait la gestion de vos biens personnels

et l'utilisation

que vous feriez

de certains avantages, dont vous exagéreriez.

-C'est une plaisanterie ?

J'ai quitté ma charge de notaire pour être exemplaire !

Parce que c'est vrai, je le reconnais,

quand j'étais notaire, j'en ai niqué, du monde.

(Rires)

Je me suis goinfré ! Mais attention, en toute légalité.

-Bien sûr.

-Dis donc ! J'étais une fripouille...

Un bandit, quoi ! No limit ! Mais là,

depuis que je suis maire,

j'ai jamais abusé de ma position.

-Je sais, mais ceci dit, ils envoient une inspectrice.

Elle vient vérifier

votre utilisation de la mairie

pour votre maison personnelle. -Bon, bah, ça va, je risque rien.

Hein, Ménard ?

-Ah, "Situation précaire"

commençant par un G,

8 lettres : " Garde à vue" !

-Ça vous amuse ?

-Oui ! Non.

Je...

-Ah, bah, oui, c'est ça.

Oui.

(On frappe.)

-On attend quelqu'un ? Va voir, Véro !

-Véro, c'est un morceau !

-Ah ça, y a un morceau.

-Un beau morceau !

-Oh, eh !

-C'est Milène ! Elle a des révélations à nous faire.

-Qu'elle entre.

On t'écoute, Milène. -Bonjour, Christian.

-Bonjour.

-Le maire est une ordure. -AH, ÇA !

-C'est pas nouveau !

-On le sait. -Et voici ma révélation.

Le maire a des soucis. Ça vient de Paris.

-Quand ça vient de Paris, y a des ennuis.

-C'est bien. Ça vient d'une revue à toi ?

-Non, c'est de moi ! (Sifflements admiratifs)

-Chapeau !

-Vas-y, Milène.

-On le soupçonne d'avoir détourné du personnel

et du matériel de la mairie pour la construction de sa maison.

-Et alors ? On le fait tous.

-Oui, mais on est salariés, c'est comme une prime.

-Ah !

(Il s'étouffe.)

-Merci, Michel.

-Vous êtes en stage de réintégration des banlieues.

Vous êtes les nouveaux municipaux, on compte sur vous.

Finis, les vols,

finis, les braquages, c'est une nouvelle vie qui commence.

Pour ça, on a des outils. Donc là, par exemple, vous avez un ?

-Un balai ? -Très bien !

Et ça, c'est quoi ?

-Un râteau ? -Bravo !

Et juste derrière là, on a une ? Plus difficile, ça.

Vous n'en avez jamais vu ? Bon, c'est une brouette.

On ne peut pas tout connaître le 1er jour.

Donc on s'y met, je repasse vous voir tout à l'heure,

On est motivés, on y croit ! D'accord ?

Allez, au boulot, je reviens. Soyez sage. Allez, les enfants.

-Allez, vas-y, Jean-Mi, lance-toi !

-Excusez-moi, s'il vous plaît.

Je suis la psychologue de la mairie, donc laissez-moi faire.

-En tout cas, les 1res fois, il était à 6,43 m.

-Jean-Michel, vous êtes très fort, il n'y a pas de vent contraire,

vous maîtrisez la machine, vous êtes plus fort qu'elle.

-Attends, de l'arbre à là-bas, il y a 2,43 m.

-Pourquoi il dit toujours 43 ?

-C'est sa pointure. Et il mesure avec les pieds.

Il a pris un ballon dans la tête y a 2 ans, depuis,

il compte et il finit tout par 43 !

-Je vais vous passer en commission handicap.

Lui aussi, il peut avoir le concours.

-Ah, il va arriver à démarrer la souffleuse.

-Regarde-les !

-Vas-y, Jean-Mi, tu peux le faire !

Oui, Jean-Mi, Oui Jean-Mi, ça vient ! Ça vient !

Ça vient, je viens !

Non, pardon, excusez-moi, c'est... Ça vient, ça vient...

Ça vient.

-On est à 142 000 euros de matériaux, M. le Maire.

-Combien ?

-142 000 euros. -Vous pouvez éviter

de parler en mâchant ?

-Bien sûr.

-C'est sûr, on a pas le droit ?

-La mairie,

c'est pas vous.

-C'est quand même formidable, comme notion.

On serait maire,

on se casserait le cul pour ces ploucs

et on aurait aucun avantage ? -Pas ceux-ci.

-Il reste quoi, comme avantage, alors ?

Baiser des gourdes ?

-Le vin.

-Ah, Milène !

Vous étiez là ? -Non, je viens d'arriver.

-Ah ! Bah, on parlait de vous.

-Oui, on disait du bien ! -Ah bon ?

M. le Maire, la contrôleuse, vous la recevrez...

-À côté, mon petit, dans le petit bureau.

Et faut me le pourrir,

que ça soit triste, surchargé, que ça fasse pitié.

-OK, je vais aller mettre un petit coup.

-D'accord. Merci, Milène.

Je vais mettre un coup aussi.

-Un petit coup, M. le Maire ?

-Les commissures, là.

-Pardon.

(On frappe.) -M. LE MAIRE ?

-Oui ?

-Mlle Leblanc.

-Pas Leblanc, Legrand ! Allez, casse-toi.

Hello, bonhomme ! On va jouer.

On va faire un petit jeu.

(Rire) Je vous le montre.

(Elle soupire.)

Alors, attendez,... Il y a un bazar, dans ce sac !

Ah oui, ça, ce sont les photos de la maison du maire.

Beaucoup de frais. Superbe maison sur les hauts de Port-Vendres.

Il a défoncé une montagne.

Des matériaux de luxe : marbre, inox...

Regardez. Magnifique.

Des travaux énormes !

Tout était barré dans Port-Vendres.

Ça peut vous inspirer, si vous faites

des travaux.

Ah ! Et ça, ce sont des amies à lui,

des filles charmantes.

Vous regarderez ça aussi.

Le voilà ! Là !

Ah, très important !

Le crayon ! Alors, le crayon...

(Elle ricane.)

Un contrôle sans crayon, c'est pas un contrôle.

-Ah.

-Vous avez vu, Mlle Perec, j'ai pas tremblé.

-J'ai vu, Jean-Mi. J'ai vu.

Vous avez allumé la souffleuse. -Voilà.

Je me suis approché de la feuille, je l'ai soufflée,

j'ai pas tremblé.

-Jean-Mi, vous avez dépassé le traumatisme.

C'est un grand moment, même pour moi.

On est pas habitués,

nous les psychologues, à avoir des résultats.

Je suis émue.

-Mais qu'est-ce qu'elle fout ?

Mais viens !

Regarde-moi ça.

Alors ?

-On a dit 10 h et il était moins 4, donc j'attendais.

-Tu fais pas semblant d'être conne.

-J'aime pas faire semblant.

-T'as le matériel ?

-Oui.

-Ménard, que faites-vous ? C'est mon bureau.

-Je m'entraîne, monsieur, pour l'avenir.

-Ah oui. Bon, réservez-moi une table à la Treille.

Avec une formule bas de gamme,

genre on est pauvres et on le sait.

-Bien. -Et trouvez-moi

une vieille bagnole.

La Clio pourrie. -C'est la mienne.

-Parfait, pourvu qu'elle sente le chien.

-L'inspectrice ?

-Non, Ménard, la bagnole !

-Bien sûr !

-Ça, c'est cher.

On va prendre deux menus à 11 euros.

Vous savez, à la mairie, on a des moyens modestes.

-C'est bien !

Bon réflexe ! Mademoiselle,

vous avez quoi, en champagne ?

-Mais ?

-Y en a qu'un. Les gens en boivent pas.

Sauf quand la mairie paie.

Alors là, quand c'est le maire...

-Alors, 2 coupes du meilleur.

M. Baldéli...

d'initiés.

(Rire maléfique)

Mais je déconne !

-C'est bizarre, ces sandwichs avec des os dedans.

-C'est le principe

du sandwich à la côtelette.

-Hé ! Le piège est posé, y a plus qu'à attendre.

Le maire va tomber, je crois.

Avec Véro, ça va mieux ?

-Je crois.

Elle commence à penser à autre chose.

Ça lui passe, de penser qu'au cul.

Là, par exemple,

on part au cap d'Agde pour des soirées à thème.

Ça sera peinard.

-Ça dépend des thèmes.

-Tant que c'est pas du cul.

-Oui, au niveau du cul, le cap d'Agde, c'est peinard.

Voilà, voilà.

(Rires moqueurs)

-Quoi ?

-Le dossier est lourd,

très lourd.

Ceci dit...

-Ceci dit ?

-Je comprends. Je comprends ces femmes

qui dans une ambiance... (Elle soupire.)

qui respire l'amour...

cette chaleur moite, cette tiédeur !

Ces odeurs... Cette odeur

qui émane d'un corps... Votre corps !

Tu es un tigre endormi.

Tu sais, on jouit pas tous les jours à la Cour des comptes.

-Ah bon ?

-Tu me regardes, Tigrou ?

Comme une proie ? Mais je suis ta proie !

(Il rugit.)

-Tu vois quoi, comme animal ?

-Un hibou ?

-Non, une gazelle !

-Ah, j'avais pas vu les cornes.

-Une gazelle légère, qui est belle, qui broute...

une gazelle qui gambade ! Une gazelle qui voit

un tigre endormi.

(Il rugit.)

Lui, il rêve à la jouissance ! Il a les yeux fermés.

Il les ouvre !

-Ah !

-Il le prend en pleine gueule, l'amour, le fauve !

Mais la gazelle

sent le danger. (Gémissements)

Son petit cœur bat à cent à l'heure. (Clics)

(Gémissements d'effort)

(Il soupire.)

(Cri)

-Mais...

vous faites quoi là ?

-On est là anonymement.

-Oui, je vois bien.

-Gilbert, fais péter le diaporama.

-C'est parti !

(Rires moqueurs)

-Bon, OK, c'est bon !

Vous voulez quoi ?

-Soit vous arrêtez la mesure de 30 licenciements

et vous intégrez les stagiaires de banlieue,

soit on vous balance.

-Des délinquants ? Mais ça sert à rien !

-Bon alors, on fait quoi, Baldéli ?

Oh, Ghislaine ? Mais tu marches ? -Oui.

-C'est émouvant de te voir devant le cadre de Lourdes.

-Je ne pars plus. Ici, c'est notre chambre. Bravo.

On m'a tout raconté.

T'es mon vainqueur. Tu les as piégés, t'as eu le maire.

Et tu sais quoi ? Mon corps a soif de vainqueur.

Allez, viens, maintenant.

-Devant les canards ? Ils sont pas trop jeunes ?

-Mais y a plein de vieux !

(Cris de plaisir)

(Ghislaine hurle.)

(Musique disco) -Ah !

-Soirée Disco ! Titounet.

-UN DISCOURS ! UN DISCOURS !

UN DISCOURS ! -Attendez !

En haut lieu,

on avait décidé de réduire les effectifs du service public.

(Huées)

Et je m'y étais opposé !

-Mouais...

-Oui, oui !

Oui, je leur ai dit :

"Non mais vous prenez nos municipaux pour des pions ?

-On est pas des pions.

-"Je te prends, je te jette ! Je te rejette !

(Brouhaha) -C'est des êtres humains !

-"Mais non, non !

"Ce sont des gens.

"Des gens tout simplement de Port-Vendres !

-OUAIS !

-"Ils restent ou je pars !

-Tu pars ! (Rires)

-"C'est eux ou moi !"

-OUI ! -Je dis "Nous",

car je suis l'un des vôtres.

Nous avons gagné ! Tout le monde reste !

(Cris de joie)

J'ai même réussi à intégrer nos trois jeunes

au service du personnel !

-OUAIS ! -C'est formidable.

-Trois jeunes de quartiers qu'on dit en difficulté,

mais que moi, j'appelle : "En mouvance évolutionnelle".

-OUAIS !

-Quoi, les gars ?

(Soupirs impressionnés)

(Acclamations)

-Eh , oh ! Par contre...

doucement la mouvance, là.

-Ça m'a fait peur !

-T'es un bon, toi.

-Bah... Bah, Maurice,

qu'est-ce qu'il y a ?

Tu mesures plus, Maurice ?

-Là, c'est moi qui parle, hein ? C'est moi qui parle.

(Soupirs admiratifs)

-MAURICE ! MAURICE ! MAURICE ! MAURICE !

MAURICE ! MAURICE !

MAURICE ! MAURICE ! MAURICE !

-Ça fait 2 ans que je fais le con à tout mesurer.

Les cheveux comme ça, 43 ici, 43 là-bas...

Maintenant que j'ai passé la visite

grâce à la psy,

j'ai 40 % d'invalidité. (Cris de joie)

-Alors, alors, alors...

Alors, je mesure pas, hein ? J'ai ma carte de handicapé.

(Soupirs admiratifs)

Je me gare où je veux et j'emmerde tout le monde !

(Acclamations)

Je peux pas te dire. -MAURICE ! MAURICE !

-Bravo ! -MAURICE !

-Ça va, Christian ?

-Ça va, Gilbert, ça va.

Je suis dans l'émotion. -Ah bon ?

-Et j'ai de l'admiration pour ce qu'a fait Maurice.

Deux ans de boulot, en silence, d'abnégation !

L'objectif, obtenir la carte d'Invalidité.

Il bosse, il dit rien, il l'obtient.

Chapeau.

-Surtout que pour être con tout le temps,

faut jamais relâcher. -Non !

Un con permanent ne peut pas se relâcher.

Le con, il est fatigué.

Tu sais, les cons dorment beaucoup.

-Ah bon ? -Oui, ils se reposent,

ça fatigue d'être con.

On l'a formé, il arrive à la carte d'invalidité.

Chapeau ! C'est notre équipe de France.

Tu veux le titre, tu travailles et tu l'obtiens.

-Quelque part, on est des éducateurs.

Oh, c'est...

Ça m'émeut. Et avec ta femme, ça va ?

-Ça va, elle a compris qui était le patron.

-Fais attention, lui redonne pas trop goût à tout ça,

parce que tu leur donnes ça, elles te prennent ça.

-Et toi, la tienne ? -Elle me fait peur.

(Il râle.)

-En moins de 2 minutes, je fais le tour du port !

-Ouais, c'est ça !

(Rires moqueurs)

Attention !

-ALLEZ !

(Klaxon)

(Acclamations) -Bravo, Michel !

(Brouhaha)

(Klaxons)

(Crissements de pneus)

(Chocs) (Chute dans l'eau)

-Hé, vous voyez ?

Je savais bien qu'elle servirait un jour, la grue.

-Bravo, M. le Maire.

-Tu réfléchis à quoi, là, Michel ?

-Nous sommes peu à penser trop, et trop à penser peu.

-Putain que c'est beau,

ça, Michel ! Qui a écrit ça ?

-Françoise Sagan. -Françoise ?

-Françoise Sagan.

-La sportive ? -Oui, je crois.

-Elle aurait pu faire des livres.

-Elle aurait dû en faire, des livres, Françoise Sagan.

J'aiderais bien encore la viticulture, moi.

-Ce qu'on a été solidaires !

-On a toujours soutenu la viticulture.

On est solidaires ! -Bien sûr !

Allez, allez-y ! Allez-y.

Allez-y !

-À qui tu parles ?

-Aux spectateurs.

On a fini, c'est bon !

-Ah oui, mais...

Ils font la grève du zèle, ils vont pas bouger.

-À la tienne.

Tu sais ce qu'ils veulent ? Nous déstabiliser.

-En bougeant pas ?

-Exact, et nous aussi, on est bien en place.

-Bien en place.

-On a dit assez de conneries. -Assez, c'est assez.

-Mais trop, c'est trop !

-Ça aussi, c'est beau, Michel, ça pourrait faire un titre.

-Comment ça ? -Un titre de film.

-Voilà ! -Un film sur quoi ?

-Sur nous. -Les municipaux.

-Les municipaux !

-BAH, QUOI ?

-Vous avez chopé la grosse tête.

-Pas la grosse tête, le gros plan. -Elle prend tout l'écran.

-Je vais rester. Allez-y, on vous voit plus.

Tout le monde me voit.

Regarde, fais voir, t'y es aussi.

Hein, il y est ?

-ALLEZ ! -Allez, partez, maintenant.

Soyez raisonnables.

-C'est fou, on va être en retard à l'apéro.

-Et l'apéro, c'est sacré !

C'est pas désagréable !

C'est vrai que les gros plans, moi aussi, j'y prends goût !

On serait bêtes de partir, on est bien avec vous.

C'est vrai qu'on a passé... -Mais non !

-Si, t'as la grosse tête.

-Non, on l'a pas tellement, la grosse tête.

-Bon, allez ! Soyez raisonnables, barrez-vous.

-Dites-lui de couper ! -Ça coupe !

-Allez. -On se barre.

-On s'attache, finalement. On devrait pas, mais bon.

-On s'attache à toi, tiens. -Moi aussi, je m'attache !

-Je sais pas où j'ai mis mon bus.

-Mais non il est dans l'eau.

-Ton bus, il est tombé dans le port hier.

(Michel rit.) Putain, t'as pas lu le scénario ?

-Ça te rend amnésique, toi le... -L'alcool.

-Mais barrez-vous !

-Attention ! -Barrez-vous !

C'est vrai ils insistent. -Au bout d'un moment c'est pénible.

Debout, les forçats de la faim

(Rires)

Excuse-moi, ça m'a secoué. -Allez, on refait.

-Vas-y, refais-le.

-C'est la rechute, il fait une dépression.

C'est la rechute, là, il nous fait une dépression.

-Pardon. -C'est la rechute.

(Rires)

Calmez-vous, calmez-vous !

-Je me dis... -Parce que je finis le mot.

-Parce que je commence à regarder : "Mais il y a quoi ?"

-Je pense que je le crois.

-Plus ! Non, enfin !

Oui ! Hein ? Bon, oui ?

Alors, oui ?

-Oui. -Bon ! Alors... Oh ?

En...

En vertu... (Rires)

-T'as coupé avant moi !

-J'ai un Perpignan-Paris qui passe par Strasbourg,

avec un changement vers, vers... vers Orléans.

Je veux pas le rater.

-Relis le programme, parce que... (Rires)

T'es pas sûr d'arriver, là.

-Je vais te manger le corps ! Titounet !

(Il couine.)

-Titounet !

-Allez, bois un verre. Allez, Titounet !

(Grognement) Bois un peu !

(Rire)

-Bon, tu fais péter ta bouteille ? -"Fais péter" !

Oui, mais s'il en reste une ! Ah !

On a du bol !

(Un bouteille dégringole.)

-On a eu du bol, quand même !

-Es-tu prête à nous aider ? -Oui.

Ça suffit d'être conne, je veux aussi être jolie.

(Rires)

-À mon avis, pas besoin de la refaire.

-Je vais te déchausser les implants ! Te meuler la glotte !

Oh oui ! Je veux une putain de pelle !

Une pelle champion du monde, une pelle de malade !

Je vais te détartrer !

Laisse-moi te mouiller l'acide. Non, c'est pas ça.

-Mais Ghislaine, tu marches ?

-Oui !

-C'est émouvant, de te voir devant le cadre de Lourdes.

-Et alors, je marche... (Elle bafouille.)

-De ?

Là, on sait pas ce que t'as dit.

(Il baragouine.)

Donne-lui à boire.

-Allez, bois, mon petit Titounet.

-ALLEZ !

(Rires)

-Il lape bien, le Titounet.

-Bois, mon petit pépère. Allez, bois !

Oui, papa, il va te promener après.

(Rires) T'as pris des sacs en plastique ?

(Musique cadencée)

Sous-titrage : VDM

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