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Original subtitles

ANNA KARÉNINE

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RUSSIE IMPÉRIALE 1874

Que fais-je de cela,

Excellence ?

Ah oui...

c'est pour Darie Alexandrovna et les enfants.

Vassia !

Qui va voir grand-maman ?

Moi !

Venez, mes canetons.

Sois sage. J'y vais.

Lisez le chapitre, je reviens vous interroger.

Lisez-le deux fois.

Stiva !

Dolly a trouvé un mot de la gouvernante.

Et alors ?

Stiva me prie de venir à Moscou pour apaiser Dolly.

On m'enlève mon épouse pour pardonner un adultère ?

Je le blâme même s'il est ton frère.

Je vais surtout consoler Dolly.

On m'attend à quatre Comités.

Les gens comptent sur moi. Je ne puis regarder tes leçons.

Serioja est très bon élève,

Excellence.

Qui t'a mis cette chemise ?

Moi, je viendrai t'écouter lire.

Demain, peut-être.

Merci, Loukitch.

Peut-être...

demain.

Non, demain, je ne peux pas.

Merci, Excellence.

Venez.

Alexis.

Neuf ans de vie conjugale peuvent-ils être effacés

par une tocade ?

Soit.

Mais le péché a un prix.

Tu peux me croire.

Pourquoi ?

Tante Dolly vit là-bas.

- Mais pourquoi ? - Je te l'ai dit, Serioja.

Elle est souffrante.

Pourquoi, maman ?

Ne me fais pas pleurer.

Tu auras un cadeau.

Je m'en moque. Je veux que tu restes.

Mon petit chaton.

Quoi, comme cadeau ?

Je préfère ça.

Je ne l'ai jamais laissé.

Vous quittez votre fils, et je vais rejoindre le mien.

Comtesse Vronski.

Je reviens du baptême de ma petite-fille.

Mon aîné a épousé la princesse Chirkov.

Vous êtes charmante, je ne vous connais pas.

Je viens rarement à Moscou.

- Mais vous me connaissez. - De réputation.

On médit à ce point ?

J'ai tant aimé...

- Vraiment ? - À chaque fois.

Je fais honte à mes fils mais je préfère le remords au regret.

Pas vous ?

Je l'ignore.

Un monsieur attend d'être reçu, il n'a pas rendez-vous.

Levine, où étais-tu ?

Il faut que je te voie.

- J'ai besoin d'un conseil. - Dans mon cabinet.

Voici mon vieil ami, Constantin Dmitriévitch Levine.

Prévenez que j'aurai un léger retard.

Je suis harassé !

Assieds-toi.

Pour quelle raison ?

- Je me tue à la tâche. - Du griffonnage !

Nous sommes l'âme de la Russie, le paysan en est la panse.

Quand m'invites-tu à chasser ?

Tu avais juré de ne plus t'habiller à l'européenne.

- Il y a du nouveau. - Oui.

Je viens demander la main d'une jeune fille.

Sais-tu qui c'est ?

Je crois. Tu aurais dû le faire avant ton départ.

J'ai cru que c'était impossible.

Kitty est un ange, et moi, un homme de la terre.

Mais après réflexion, je ne puis vivre sans elle.

- Ai-je ma chance ? - Bien sûr.

Les Stcherbatski reçoivent ce soir, vas-y tôt.

- Un conseil... - Dis-moi.

- Change de bottes. - Entendu.

Autre chose ?

Dînons ensemble. Rendez-vous à L'Angleterre.

Ou à L'Ermitage ?

Disons 17 h 30 à L'Angleterre.

Je leur dois trop d'argent pour dîner ailleurs.

Des bottes neuves,

un manteau et un chapeau correct.

Pardonnez-moi.

C'est trop injuste.

Tu fais un mariage d'amour.

Tu es un mari modèle.

Les enfants naissent, les années passent.

Et soudain,

ta femme est vieille et fatiguée.

Ses cheveux se font rares, et son corps...

Tandis que tu es plein d'ardeur !

Tu es à la merci de toutes les tentatrices.

Tout ceci n'a aucun sens.

Comme si en sortant de table, je volais une brioche.

Une belle brioche...

Je te parle d'amour.

Et tu me parles de ton appétit.

Je les confonds. Connais-tu le comte Vronski ?

Non, qui est-ce ?

Ton rival, il est de Pétersbourg.

Qui est-ce ?

Ne t'en fais pas, il s'agit seulement

d'un bel officier fortuné qui séduit les jolies femmes.

De la soupe aux choux ?

Potage au chou à la russe, commandé par le monsieur.

C'est ce que je désirais.

L'issue de cette soirée est une question de vie ou de mort.

Kostia.

Kitty serait folle de t'éconduire.

Sache que Dolly te soutient.

Elle dit que Kitty t'est destinée.

Vraiment ?

Dolly est une perle rare.

En effet.

Tu as raison.

Je l'ai aimée à la folie.

Constantin !

Il est trop tôt, je repasserai.

Venez.

Regardez-moi.

C'est moi qui reçois, papa et maman se préparent.

C'est ma première réception.

Princesse Katherine.

Je suis heureux.

Je suis ravie que vous soyez des nôtres.

Kitty, vous êtes...

Stiva m'a avertie de votre retour. Restez-vous longtemps ?

Je l'ignore. Tout dépend de vous.

De moi ?

Je veux dire que...

Je suis venu dans un seul but.

Voulez-vous m'épouser ?

Pardonnez-moi.

Le moment est mal choisi.

Acceptez-vous ?

Je ne peux pas.

Je regrette.

Oui.

C'était impossible.

Pardon.

Êtes-vous le frère de Nicolas Levine ?

Il vit à Moscou, à La Licorne, dans Khitrovka.

- Comment savez-vous cela ? - C'est mon métier.

Comte Vronski ?

Princesse Kitty.

Après tout ce temps, vous n'avez pas changé.

Nous nous sommes vus hier.

C'est Kostia.

Nom de Dieu !

Regarde-toi.

On dirait un capitaliste.

Que veux-tu ?

Rien.

Je viens te voir.

Bonsoir, mademoiselle.

Madame.

Tais-toi, voyons. Tu parles comme un magistrat.

Une vodka pour mon frère. Presse-toi.

Je ne veux rien.

Laisse-moi.

Qui t'a dit où me trouver ?

Un colonel de la police secrète.

Tu es surveillé.

Tant mieux.

On me croit dangereux.

Pourquoi souris-tu ?

Pour rien.

Crois-moi.

Le grand jour approche.

J'ai renoncé à mes privilèges pour ça.

Tu es du mauvais côté de l'Histoire.

Les privilèges sont immoraux, et surtout ils n'ont aucun sens.

Il est malade.

Laisse-moi, je te dis !

Marie Nicolaievna était une putain.

Je la considère comme ma femme.

Si elle te dérange, va-t'en.

Tu es marié ?

Pourquoi ?

Tu attends l'amour ?

- Non. - Tant mieux.

L'amour sera le dernier mirage de l'ordre ancien.

Épouse une de tes paysannes.

Oui, tu as bien raison.

À la fraternité !

Tu dois voir un médecin.

Viens à Pokrovskoié, le temps de guérir.

Avec ma femme ?

Sinon...

va prendre les eaux à l'étranger.

Je peux t'en envoyer plus.

Qui attendez-vous ?

J'escorte des altesses autrichiennes pendant quatre jours.

Il faut accueillir le wagon royal !

Je vous plains.

- Amateurs d'art ? - De nourriture.

Voici le train.

Je reviens.

Stiva !

Anna !

- N'as-tu pas honte ? - Si, bien sûr.

Oui, c'est la sœur d'Oblonski.

Karénine.

Charmante, non ?

Chère comtesse,

votre fils est là, mon frère aussi.

Mme Karénine aussi a un fils.

Ils n'ont jamais été séparés, elle s'inquiète.

Navré, je ne vous avais pas reconnue.

J'embrasse votre joli minois.

Ne faites pas descendre vos altesses.

Il paraît qu'il avait des enfants.

Ne peut-on faire un geste ?

Je reviens, mère.

Écartez-vous.

C'est à vous que l'on doit cela.

Quelle bonté d'âme !

Tu connais bien le comte ?

Que penses-tu de lui ? Il aime Kitty.

Parlons plutôt de Dolly et toi.

Qu'as-tu à dire ?

J'ai déjà tout dit. À genoux, en larmes.

Je vais au bureau. À toi de convaincre Dolly.

Ne rentre pas tard.

Misère...

Kitty va passer te voir.

C'est une jeune fille, à présent. Tu l'intimides.

La grande dame de Saint-Pétersbourg.

Est-ce vraiment moi ?

Dolly.

Stiva m'a tout dit.

Je regrette.

De tout mon cœur.

Je ne sais que faire.

Je comprends.

Je ne supporte plus sa présence.

Il s'en moque. Il a ce qu'il désire.

C'est toi qu'il désire.

Il t'aime, Dolly.

Sa famille compte plus que tout.

Crois-tu ?

Et la gouvernante ?

Il s'est mal conduit. Mais il ne l'aime pas.

L'homme agit parfois comme un animal.

Mais son âme se repent.

Et moi, dans tout cela ?

Qu'ai-je à faire de son repentir ?

Je sais que tu souffres, mais dis-moi...

L'aimes-tu encore un peu ?

Assez pour pardonner ?

Quand je les imagine ensemble, je ne puis pardonner.

Ma pauvre chérie.

Tu acceptes ton sort ?

Mon sort ?

Je n'ai rien fait de mal ! C'est lui...

L'aimes-tu encore ?

Tu l'aimes et il t'aime.

Si tu ne peux pardonner,

vous serez malheureux jusqu'à la fin de vos jours.

C'est joli. Est-ce une robe de mariée ?

Cherche le G de Gricha.

Sais-tu écrire ton nom ?

Je suis rentré !

Où sont mes petits canetons ?

Serez-vous au bal des Bobristchev ?

Les bals m'ennuient.

Stiva, il faut qu'Anna vienne au bal.

Bien sûr.

Dieu soit avec toi.

Présentez-moi la nouvelle gouvernante.

Elle est vieille, elle a 100 ans.

Je sais pourquoi vous désirez voir tout le monde à ce bal.

Vous serez la reine de la soirée.

Comment le savez-vous ?

Je sais tout.

Quel bel âge que le vôtre !

On voit tout

à travers une brume bleutée.

Je me suis aussi mariée à 18 ans.

Le prince est-il là ?

Je crois qu'il vient de monter.

Personne ne reçoit ?

Je vais voir, M. le comte. Je ne crois pas.

La princesse s'est retirée tôt.

Y a-t-il un message ?

Non. Merci.

J'attendais une épouse.

Vraiment ?

Au lieu de ça, vous ramenez un chapeau.

Un chapeau noir en soie.

La soie se fait avec quel animal ? C'est pas naturel.

Bientôt, peut-être.

N'y compte pas trop.

- M'accorderez-vous une valse ? - Oui, Boris.

Je vous accorde la troisième, pour votre premier bal.

Vous êtes ma première conquête.

Où vous conduis-je ?

Là-bas.

Comment allez-vous ?

Grâce à Anna, très bien. Vous dansez ?

Non, invitez Anna.

Je ne danse pas.

Allons-y.

Attention !

Cette manie grotesque de jouer les marieuses.

Bonté divine, qu'ai-je encore fait ?

Êtes-vous préoccupé ?

Vous êtes très en beauté, ce soir.

Ne me demandez rien, maman.

Kitty, c'est à nous.

Princesse, j'ai l'honneur de réclamer ma valse.

Il dansera la mazurka avec Kitty. Vous verrez.

Oui, assurément.

Dansez avec moi.

Un inconnu croisé dans une gare ne peut me parler ainsi.

Si vous refusez de danser,

je rentre chez moi sur-le-champ.

J'accepte pour Kitty.

C'est ma sœur.

Ils se donnent en spectacle.

Prochain arrêt, Bologoié.

Puis-je vous aider ?

Que faites-vous ici ?

Ai-je le choix ?

Je veux être avec vous.

Taisez-vous.

Allez rejoindre Kitty.

C'est mal.

Peu importe.

- Je vous le défends. - Peu importe.

Il faut m'oublier.

Si vous êtes un galant homme.

Et vous, oublierez-vous ?

Oui.

Serioja va bien ?

Dis-moi au moins bonjour. Oui, il va bien.

- Alors, franc succès ? - Pardon ?

Tu parles de Dolly et Stiva ?

Oui, je crois.

Inutile de m'annoncer.

Vronski ! Le maître de maison.

Baronne, du café pour le comte.

Dois-je vous laisser ?

Vous êtes ici chez vous.

Vous devriez me parler ainsi, Pierre.

Mon époux refuse le divorce. Savez-vous pourquoi ?

Il aime l'argenterie de ma famille.

Je lui fais un procès.

Ce n'est pas parce qu'on est infidèle, qu'on doit utiliser cette vaisselle.

C'est ma vaisselle.

Et Moscou ?

Provincial à souhait.

Merci pour les cadeaux.

J'écris à Dolly.

Et à Kitty.

Tu es si bonne.

Allons nous coucher.

Que dit-on à Moscou du nouveau projet de loi ?

Quel projet de loi ?

Celui que j'ai fait adopter au conseil.

Personne n'en a parlé.

Vraiment ?

Ici, cela a fait grand bruit.

- Princesse Betsy. - Mon cousin.

Vous êtes donc amateur d'art ?

Cela ne saurait tarder.

La comtesse Lydie se plaint de ne plus te voir à ses soirées.

Il faut aimer les récits des missionnaires.

Ou les exposés sur les Églises d'Orient et d'Occident.

Pardonne-moi.

Je sais que tu l'estimes.

Dépêchons-nous.

Je voulais vous dire.

Vous changez d'affectation et vous prenez du galon.

Merci, mon colonel.

Vous partez à Tachkent.

Tachkent ?

Je souhaite rester à Pétersbourg.

Si vous êtes d'accord.

Moi, je suis d'accord.

Mais votre mère...

C'est son idée.

Votre époux est un saint.

Nous devons le chérir pour le salut de la Russie.

Vous n'êtes pas venu dîner.

Mon colonel voulait me voir.

Elle n'est pas venue non plus.

Venez chez moi après le spectacle.

Père Kristof raconte sa mission en Chine, il a une lanterne magique.

Les Tverskoï m'ont invitée.

Cela va de soi.

Mais la princesse peut attendre.

Je n'irai pas chez la princesse Betsy.

Vous voilà découvert.

Je crois que je me ridiculise.

Quel étrange phénomène ! Regardez.

L'ombre d'Anna arrive avant elle.

Anna est mon amie.

Mais cette valse des hésitations, c'est insultant pour Karénine.

Pour moi, Karénine est un sot et Anna nous surpasse toutes.

Nous vous aimons pour votre esprit de contradiction.

Alexis, vous semblez abattu.

Cela vous gâte le teint.

Je perds espoir.

L'espoir de pousser une femme vertueuse à l'adultère ?

Vous avez raison.

Elle ne viendra pas.

Il est parti.

Mais vous arrivez à temps pour la surprise.

Demi-tour !

Puis-je vous apporter un sorbet ?

On sert les sorbets.

Je préfère essayer une cigarette.

J'essaierai encore.

Quand ?

Où ?

Moi qui pensais que vous étiez devenu raisonnable.

Vous avez mal agi.

Très mal.

À qui la faute ?

Je veux un thé.

À la bonne heure. Alexis Alexandrovitch est là.

Mes nerfs résisteront-ils à l'arrivée du second Alexis ?

Êtes-vous heureuse de me voir ?

Les Schutzburg ont donné un dîner.

La sauce avait coûté 1000 roubles mais elle était infecte.

Avec ma sauce à 85 kopecks, j'ai fait un triomphe.

Cela doit cesser.

Avec vous, je me sens fautive.

Que dois-je faire ?

Allez rejoindre Kitty à Moscou.

Vous ne désirez pas cela.

Moscou ? Je peux aller plus loin.

J'ai refusé un poste à Tachkent.

Je peux me raviser et disparaître.

Si vous m'estimez, laissez-moi en paix.

La paix n'existe plus.

Désormais, nous serons très malheureux

ou follement heureux.

Votre époux est incorrigible.

Il raisonne de travers mais c'est un orateur convaincant.

Pardon ?

Je vous ramène.

Non, je reste.

Renvoyez-moi la voiture.

Entendu.

Dois-je partir pour Tachkent ?

Je partirai.

Je ne veux pas que vous partiez.

Je t'attendais pour te parler.

À quel propos ?

Il est tard.

Où est Annouchka ?

Je l'ai libérée.

Eh bien...

Parlons, puis allons nous coucher.

- Je dois te mettre en garde. - Moi ?

Il est si tard.

Il se peut que par inadvertance,

sans penser à mal, tu aies suscité quelques commérages.

Tu n'es pas au conseil.

Sois plus clair.

Le comte Vronski et toi avez attiré tous les regards.

D'habitude, tu me reproches d'être distante.

Je n'avais rien vu, mais les gens vous observaient.

La jalousie serait insultante pour toi, et humiliante pour moi.

Ce que tu ressens ne me regarde pas.

Je te laisse à ta conscience.

Mais je te rappelle que nous sommes unis par Dieu.

Ce lien ne peut être brisé que par un crime contre Dieu.

Je n'ai rien à te dire.

Tu as un fils.

Et j'ai sommeil.

Si je me trompe, je te demande pardon.

J'ignore de quoi tu parles.

Et il est trop tard.

Peux-tu me laisser ?

Trop tard.

Seigneur.

Pardonnez-moi.

Tout est fini.

Je n'ai plus que toi, n'oublie pas.

Comment l'oublier ?

Tu es mon bonheur.

Quel bonheur ?

Tu as tué mon bonheur.

Assassin.

Assassin.

Encore.

Les voilà !

Pas de chance.

Agathe, si tu venais cuisiner à Moscou, L'Angleterre ferait faillite.

C'est vrai.

- Que veux-tu savoir ? - Sur Babylone ? Rien.

Tu méprises tout cela. Tu aimes ta campagne.

Tu aimes l'agriculture, ça tombe bien.

Tu aimes la chasse, tu es comblé.

Très bien, j'écoute. Voles-tu toujours des brioches ?

Une ballerine, le type oriental. Comment résister ?

Comment vont les Stcherbatski ?

Tu veux dire Kitty ?

Est-elle fiancée ?

Vronski est rentré à St. Pétersbourg.

Kitty viendra voir Dolly à Iergouchovo cet été.

Nous pourrions...

Comme si j'avais le temps !

Cette année, j'ai la fenaison à Kachine.

C'est sur la route de Iergouchovo.

Passe voir Kitty.

Pas question. Une humiliation m'a suffi.

La barbe, Kostia ! Tu aimes Kitty.

Tu lui en veux toujours mais c'est toi qui as tout gâché.

Tu as fui une jeune fille séduite par l'uniforme.

Je plains vraiment Kitty.

Son cœur a dit non.

Tu es venu chasser ou me critiquer ?

Ne le tiens pas comme un paquet.

C'est tante Kitty, mon chéri.

Devant un bébé, on ne devrait pas ruminer son chagrin.

Je n'ai pas de chagrin.

Cet homme ne mérite pas tes larmes.

Je l'ai oublié.

Je ne pense plus à lui, ni à elle.

Je la hais, c'est tout.

Alors, n'en parlons plus.

Tu as des prétendants plus estimables.

Stiva dit...

Kitty, mon trésor. Constantin...

Quel rapport avec Levine ?

Je ne me marierai jamais.

Je suis dégoûtée rien qu'à l'idée.

Regarde-toi. Est-ce cela, l'amour ?

Oui, c'est cela, l'amour.

- Fais-le, je m'en moque. - Tu as tort.

On nous observe peut-être.

De toute façon, je suis maudite.

Moi, je suis bienheureux.

- Tu m'aimes. - Oui.

- Rien que moi. - Non.

Hormis Froufrou.

Tu me préfères à ton cheval ?

Es-tu heureux ?

Et tu m'aimes ?

Comment ?

Comme ça.

Comme ça ?

C'est donc cela, l'amour.

Comtesse.

Je vous croyais à Péterhof pour l'été.

J'en viens.

J'ai déploré votre absence, cette année.

Anna passe l'été ailleurs.

Auprès de la princesse Betsy à Tsarskoïe Sélo.

Les officiers de la garde y sont cantonnés.

Alexis Alexandrovitch,

pardonnez-moi mais...

vous êtes trop clément. Une épouse...

Il s'agit de mon épouse ?

Mon épouse est irréprochable.

Après tout, elle est mon épouse.

Aliocha !

J'ai un message de maman.

Son amie la princesse Sorokine a une villa ici,

ainsi qu'une fille vierge.

Ce dernier détail est de moi.

Elles seront aux courses et tu soupes avec elles.

Messieurs.

À la santé du régiment !

Au régiment !

Tu as refusé de l'avancement.

C'était une ruse de maman.

À présent, elle t'envoie une princesse.

Alexis, tu es mon frère, alors, ne te froisse pas.

Se marier, c'est mettre son paquetage sur le dos.

On a les mains libres pour grimper à l'échelle.

Avec une femme mariée, on a les mains encombrées.

Tu as entendu des ragots ?

Je vais partir, Sacha.

Une affectation ?

Viens, je vais te présenter.

Elle est magnifique.

Elle au moins, ne te fera aucun mal.

Peux-tu gagner, demain ?

Gladiator est le favori.

1,60 m au garrot.

Froufrou est plus petite que lui.

Mais elle a de l'ardeur.

Pas vrai, ma chérie ?

Qu'y a-t-il ?

Il fallait que je te voie avant la course.

À quoi pensais-tu ?

Dis-le-moi.

Je suis enceinte.

Mon amour.

L'amour n'est pas un jeu.

Adieu, l'amour clandestin.

Adieu, les mensonges.

Tant mieux.

Nous pourrons vivre ensemble.

Comment ferons-nous ?

Dis la vérité à Karénine.

Mon mari ne me cédera pas comme ça.

- Quitte-le. - Pour être ta maîtresse ?

Sauve-toi.

Je ne verrais plus mon fils.

Les hommes font les lois.

Que faire ?

Je m'en veux tant de faire ton malheur.

Mon malheur ?

J'étais affamée, tu m'as nourrie.

Malheureuse, moi ?

Notre amour est mon bonheur.

Serioja !

Attention, j'arrive.

Où es-tu ?

Où te caches-tu ?

Tout va bien, jeune homme ?

Où est le précepteur ?

Alexis.

Te voilà enfin. Restes-tu, ce soir ?

Pourquoi ?

Va retrouver M. Loukitch.

Je dois me changer. Betsy m'envoie une voiture.

Veux-tu venir ?

Je vais aux courses.

Aux courses ? Je vois.

Je t'y rejoindrai mais je repars ce soir.

Princesse, pariez avec moi.

Votre favori ?

Kouzovlev.

Je dis Vronski. Une paire de gants ?

Entendu.

C'est Alexandre Vronski.

Vous êtes charmante.

Vous devriez être offerte au vainqueur.

Allez, Froufrou.

Alexis !

Je ne peux...

Je suis là.

Je suis là.

Relève-toi !

Elle s'est brisé les reins.

Vous savez,

on dit que l'Empereur condamne les courses.

À cause des risques d'accident. Mais moi...

Quoi donc ?

Je pense que les sports virils possèdent des vertus

pour les militaires.

Je ne comprends pas.

Ce sport n'a rien de mauvais en soi.

C'est le spectacle...

Le cruel spectacle...

De quoi parlez-vous ?

Je dois vous dire...

Vous vous êtes fort mal comportée.

Comment cela ?

Vous avez dévoilé vos sentiments quand un cavalier est tombé.

Votre conduite est inconvenante.

Que cela ne se reproduise pas. Je l'ai déjà dit.

Vous me répondrez que je m'inquiète pour rien.

Vous êtes mon épouse.

J'ai tort de penser à mal.

N'est-ce pas ?

Je me trompe...

Vous ne vous trompez pas.

Je l'aime.

Je suis sa maîtresse.

Vous pouvez disposer de moi.

Laissez-nous, je vous prie.

Je ne tolérerai aucun scandale. Vous ne reverrez pas cet homme.

Votre attitude ne devra susciter aucune critique

ni de la société ni de nos gens.

En échange, vous conserverez vos privilèges d'épouse.

Ainsi que vos devoirs.

Demain, vous rentrerez chez nous.

Ce sera tout.

Es-tu blessé ?

Que s'est-il passé ?

Je lui ai dit que j'étais ta maîtresse.

Il croit que je peux vivre sans toi.

C'est impossible.

Allons nous coucher.

J'ai apprécié les éloges qu'on vous a faits de moi.

Je me moque des honneurs...

Je ne peux pas, je regrette.

Je suis à lui, à présent.

J'attends un enfant de lui.

Qu'ai-je fait pour mériter cela ?

Cessez le travail !

Combien a-t-on de faucheurs ?

Quarante-deux, maître.

Du temps de votre père, il suffisait de 30 paysans.

Et il ne maniait pas la faux.

Les paysans m'en veulent.

Ils craignent la nouveauté.

Cela m'apaise.

C'est-à-dire ?

Quand je fauche, je sais pourquoi je vis.

Vous vivez pour être notre maître.

Et ça depuis toujours, grâce à Dieu.

Tu appartenais à mon père, Théodore.

Il disposait de toi comme d'un meuble.

Était-ce grâce à Dieu ?

Oui.

C'est mon fils cadet, là-bas.

La liberté est dangereuse, puisqu'il faut chercher du travail.

J'envie son bonheur.

Faut-il mener une vie simple ?

Je suis attendu.

Je ne vis plus.

J'attends des jours entiers sans savoir quand je te reverrai.

Pardon.

C'est mon démon qui revient.

- Tu es souffrante ? - Plus pour longtemps.

- Tais-toi. - C'est vrai, j'en ai rêvé.

Tu as fait un cauchemar.

Je mourrai en couches.

- C'est absurde. - Dis-le encore.

Dis-le encore.

Tu n'aimes que moi.

Tu avais dit que ton mari serait sorti.

Il a été retardé.

Cela lui apprendra.

Et toi ?

Et cesse de l'appeler mon mari, c'est un automate.

Il en va de mon honneur. Tu as un accord avec lui.

Évoques-tu ton honneur avec les catins du colonel ?

Ton démon revient.

Je veux mourir avant que tu me haïsses.

Viens poser ta main.

On le sent bouger.

Je demande respectueusement au ministre Karénine

si ses propositions concernant la situation

de ces tribus tsiganes hautes en couleur,

de ces Juifs érudits et dévots...

Mais je crains d'avoir perdu l'attention de M. le ministre.

- Qui est là ? - Madame est seule.

Je voulais...

Je me moque de savoir pourquoi une femme voit son amant.

Que cherchez-vous ?

Ses lettres.

Demain, je vais à Moscou.

Puis, je pars en province enquêter sur les Juifs et les Tsiganes

dont la situation est plus enviable que la mienne.

Je reviendrai ici lorsque le divorce vous aura jetée à la rue.

Mon fils ira vivre chez ma sœur aînée.

Non, Alexis, laissez-moi Serioja.

Pourquoi vous laisserais-je mon fils ?

Vous êtes une femme dépravée.

Je remercie Dieu de m'avoir délivré du fléau de l'amour.

J'ai besoin d'un conseil.

Allons, pressons !

Passe devant.

- Sommes-nous en retard ? - Bien sûr.

Je suis la comtesse Nordston.

Nous nous sommes croisés l'hiver dernier.

Entrez donc.

Vous m'avez attendu.

Pardonnez-moi.

Kitty est ici.

Il y a bien longtemps qu'on ne s'est vus.

Moi, je vous ai aperçue il y a peu de temps.

Quand cela ?

Vous alliez à Iergouchovo, j'étais à Kachine.

Vous auriez dû...

Je suis si heureux.

Vous êtes restée la même.

J'espère que non.

J'étais une petite sotte.

Les mois ont passé.

Vous n'avez pas changé.

Je n'ai pas changé.

J'annonce le menu. Potage Marie-Louise.

De la carpe, des asperges et un rosbif.

J'ai tout acheté moi-même.

Ajoutez un couvert.

Nos rapports de famille doivent être rompus.

Je demande le divorce.

Le divorce ?

Que me chantes-tu là ?

Reste dîner. Tu pourras parler à Darie...

Prince Oblonski, tout est fini.

Le divorce est une chose,

le dîner en est une autre.

Les Pétersbourgeois se croient tellement supérieurs.

Pour eux, les Moscovites sont sinistres et désuets.

Mais au moins, nous agissons.

L'autre jour,

Priatchnikov a tué Kvytski en duel.

Le sujet du litige ?

Son épouse, bien sûr.

L'honneur d'une femme est sacré.

Je trouve cela barbare.

Si le mari meurt, l'honneur de la femme est-il sauf ?

Peu d'amants sont prêts à mourir par amour.

Par amour ?

"Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain."

Pourriez-vous mourir par amour, Constantin Dmitriévitch ?

Oui, mais pas pour la femme de mon prochain.

Un amour impur n'est pas l'amour.

Admirer la femme d'autrui est plaisant,

mais le désir comme fin en soi est de l'avidité,

un péché de gourmandise,

une corruption de l'élan sacré

qui nous guide vers l'être aimé pour révéler notre humanité.

Nous ne sommes pas du bétail.

Un idéaliste !

Elle ne sera l'épouse de personne.

Elle sera perdue.

J'ai tenté de la sauver. Elle s'est perdue.

Alexis Alexandrovitch.

Regardez-moi.

Vous ne trouverez la paix

qu'en lui pardonnant.

C'est Anna qui m'a enseigné cela.

Je ne veux pas pardonner. Je ne suis pas cruel.

Je n'ai jamais haï personne.

Mais je la hais de toute mon âme pour le tort qu'elle m'a causé.

À votre tour de jouer, comtesse.

Je n'y croyais plus.

Parfait.

Depuis notre dernière rencontre,

je brûle de vous poser une question.

Laquelle ?

Celle-ci.

"Dites-vous..."

"Non..."

"Avez-vous dit..."

"Avez-vous dit non..."

Le dernier mot est "toujours".

Avez-vous dit non pour toujours ?

Je ne sais pas

J'ai compris.

En ce temps-là, je ne savais rien

En ce temps-là...

Mais aujourd'hui ?

"Pouvez-vous pardonner ?"

"Et oublier ?"

Je vous aime

Je n'ai jamais cessé.

Venez, je vous en supplie.

J'implore votre pardon.

Je meurs.

Pourquoi ne vient-il pas ?

Il est si bon.

Il me pardonnera.

La fièvre monte.

Pourquoi Alexis n'est pas là ?

De l'eau. Non, il ne faut pas.

C'est mauvais pour ma petite.

Alors, donnez-lui une nourrice.

Ne l'amenez pas ici.

Alexis serait malheureux de la voir.

Il est ici, madame. Regardez.

Elle est entre les mains de Dieu.

Vous dites qu'il ne pardonnera pas.

Vous ne le connaissez pas.

Moi, je le connais bien.

Je n'ai plus peur de lui.

J'ai peur de la mort.

Mon pauvre...

Laissez-le approcher.

Alexis.

Regarde mon époux.

C'est un saint.

Prenez-lui la main.

Merci, mon Dieu.

Vous devez partir.

Je vous avertirai si elle vous réclame.

J'ignore ce qui m'arrive.

Je vous pardonne.

Je pardonne à Anna.

Mon âme est emplie de joie.

Je resterai toujours auprès d'elle.

Allons.

Allons.

Regarde-toi.

Je comprends que tu sois la risée de tous.

Tu vas devoir quitter le régiment.

- Partez, maman. - Je n'ai pas fini !

Une liaison avec une femme mariée parachève l'éducation d'un garçon.

Mais cela vire à l'obsession.

Tu t'es humilié et tu as déshonoré un grand commis de l'État.

Je te ramène à Moscou.

Tu es fini ici.

Son mari était là,

vêtu d'une belle robe de bal.

Le visage fardé de rouge.

J'ai des nouvelles du régiment.

Qui est là ?

La princesse Elisabeth Fiodorovna Tverskoï.

Je refuse de le voir.

Votre époux ne serait pas...

Ravie de vous voir.

Vous êtes fiévreuse.

J'ai trop bavardé. Je me sauve.

La princesse Betsy m'a dit...

Je ne veux rien vous cacher.

Le comte Vronski souhaite me dire adieu. Il s'en va.

J'ai refusé de le recevoir.

Au revoir, mon trésor.

Je suis d'accord.

Une visite d'adieu me semble inutile.

Je viens de le dire.

À vous de décider.

- C'est fait. - Je suis content.

Dans ce cas, n'en parlons plus.

Bien sûr.

Que puis-je faire ?

Voudriez-vous cesser, je vous en supplie,

de faire craquer vos phalanges ?

Je suis une méchante femme.

Mais j'étouffe ici.

Votre extrême bonté et votre pardon...

Vous m'avez supplié de vous pardonner.

Je me croyais mourante.

Et alors ?

Que voulez-vous ? Le savez-vous ?

Voulez-vous voir Vronski ?

Pas pour lui dire adieu.

Je n'ai pas entendu.

Pas pour lui dire adieu.

Vous seriez déchue.

Déshonorée à jamais, vous perdriez votre rang.

En cas de divorce, vous auriez tous les torts.

Vous n'auriez pas le droit de vous remarier.

Votre union avec le comte serait illégitime.

Je renierais votre fille. Désirez-vous en arriver là ?

Ce serait un péché de vous aider à vous détruire.

Vous oubliez une chose.

Le comte Vronski et moi, nous nous aimons.

Cet amour

rachète-t-il tous vos crimes ?

En rompant avec lui, je me suis tiré une balle en plein cœur.

Je vois.

Et Serioja ?

Je mourrais pour lui,

mais je refuse de vivre ainsi.

Plus tard, il me pardonnera.

Je choisis le péché le moins grave.

Vronski m'a volé ma tunique, je lui donne mon manteau.

Mon amour.

Tu es toute pâle.

Mon amour.

Partons au soleil prendre l'air marin.

Cela te convient ?

Assieds-toi un peu.

Je veux tout voir.

Un instant.

Me voilà aux fourneaux

car les parents de Nadia lui défendent de venir.

Je les comprends. C'est une honte.

C'est Constantin.

Oui, bien.

Ton médecin est un incapable.

J'en veux un de Moscou.

Où étais-tu passé ?

Je t'ai cherché pour t'inviter à mon mariage.

Pardon, je n'ai pas pu le laisser.

Mon épouse.

Vous devez partir.

Agathe et moi, nous le soignerons.

La femme logera au village. Tu ne la verras pas.

Elle sait qu'elle ne peut te voir.

Je ne puis supporter l'idée que tu vives sous le même toit

que cette pauvre créature...

Surtout dans ton état, il faut te ménager.

Je t'en prie, Kostia.

Parfait. Une chemise et des draps frais.

Un linge et de l'eau chaude.

Attends.

Prends le parfum.

Il est dans la poche de mon sac.

21 voix pour Strémov, 4 pour Karénine.

Motion adoptée.

Ils sont de retour.

Ici, à Saint-Pétersbourg.

Elle m'a écrit.

À vous ?

Ils disent que je ne puis refuser.

C'est l'anniversaire du petit.

Mon ami.

Ne soufflez pas sur les braises d'un feu qu'il faut laisser mourir.

Je vais lui répondre.

Je viens voir Serioja.

Pardonnez-moi, Excellence.

Je viens voir Serioja.

Mon chéri !

Je savais que tu viendrais.

C'est mon anniversaire.

Je sais.

Tu pleures ?

Non, je ne pleure pas.

- Où étais-tu ? - Je ne sais pas.

J'étais à l'étranger. Au Sud.

J'ai pensé à toi chaque jour.

Moi aussi, chaque jour.

Aime ton papa. Il est meilleur que moi...

Personne au monde n'est meilleur que toi.

- Où est Anya ? - Elle dort encore.

Je prends votre étole ?

Êtes-vous souffrante ?

Je dors très mal.

Je vais demander un remède.

Que fais-tu dans le noir ?

Iachvine va venir. Tu te souviens de lui ?

Tu sors ?

Pour aller où ?

Pour voir qui ?

Que se passe-t-il ?

- Où étais-tu ? - Chez mon frère, je te l'ai dit.

Toute la journée ?

A-t-il la préséance sur moi ?

Qu'est-il arrivé ?

Alexandre consent à tout.

Il hérite la maison de Moscou et nous vivrons au domaine.

Dès que le divorce...

Karénine n'a pas encore répondu ?

Vous êtes notre premier visiteur.

La princesse Betsy m'a écrit

qu'elle pourrait me recevoir entre 18 h 30 et 20 h.

Peut-être la verrez-vous à l'Opéra, ce soir.

Si je pouvais avoir une loge...

Vous aurez la loge 4.

J'y serai avec la princesse Miagki.

Viendrez-vous ?

Alexis a raison de vous estimer.

Tu ne peux y aller.

- Annouchka ! - Non.

Viens m'habiller.

Je t'en conjure.

Je n'ai pas honte de mes actes.

As-tu honte pour moi ?

Va t'installer à l'hôtel.

Sommes-nous amants ?

- Tu as changé. - Parce que je t'aime.

Alors, viens avec moi.

Ce serait pire.

Tu as peur.

Pas moi.

Voulez-vous marcher un peu ?

Restons assises.

M. le ministre, félicitations.

Venez me voir.

La princesse Sorokine et sa fille.

À Moscou, ce sont les voisines de la comtesse Vronski.

Plutôt fortunées. Aucun fils.

Elle est veuve.

Je tiens mon catalogue à jour.

Passeras-tu chez nous après ?

Demande à Varia.

Iras-tu voir Anna ?

- Mon amitié... - Arrête !

Elle n'a tué personne.

J'irais si elle n'avait fait que violer la loi,

mais elle a enfreint les règles.

Qui a fait les décors ? A-t-on un programme ?

Colonel, voulez-vous en apporter un ?

S'il vous plaît,

faites-moi l'honneur de l'accepter.

Merci...

- Quelle honte ! - Voyons, c'est normal.

On nous regarde.

Je m'en moque !

Apportez ma cape.

Où va le monde ?

Quel manque de décence !

- Ramenez-moi. - Moins fort, ma chère.

Je lui ai dit deux mots.

Moi aussi, j'ai deux mots à dire aux femmes comme elle.

Quel toupet de s'exhiber ainsi comme une traînée !

Allez-y !

Le désastre sera complet.

Il faut qu'elle divorce.

Votre mariage arrangera tout. Est-ce pour bientôt ?

Pour moi, elle est ma femme.

Comme vous le voyez,

il n'en est rien.

Nous partons pour la campagne.

Sage décision.

Passez voir Anna avant notre départ.

Dans ce cas,

je vous fais mes adieux.

Tu as passé une excellente soirée.

Ta mère te fera épouser la veuve ou sa fille ?

- Nous verrons. - Ne plaisante pas.

Tu aurais dû m'empêcher d'y aller.

Tout est ma faute.

Je ne dors plus.

J'ai ce qu'il te faut.

Je suis si heureuse de te voir.

Comment vas-tu ? Et la petite Anya ?

Stiva voulait t'inviter à la maison mais c'est impossible.

Je comprends.

Tu te méprends.

Nous recevons Kitty et son mari.

Elle est à Moscou pour accoucher.

Fais-lui mes amitiés.

J'attendrai un an ou deux.

L'amour...

Oui, l'amour.

Tu condamnes ma conduite ?

J'aurais aimé t'imiter mais personne ne m'a sollicitée.

Et puis,

je n'ai pas ton courage.

Stiva, tu sais...

il ne change pas.

Comme tous les hommes, je crois.

J'ai eu une illumination.

Pourquoi rester ici ? Allons à la campagne.

Je ne veux plus penser au divorce.

Je m'ennuie ici. Quand part-on ?

Je t'ennuierai autant là-bas.

C'est Moscou qui m'ennuie. Partons demain.

Je ne serai jamais prête.

- Après-demain. - Bien.

Non, pas dimanche. Je vais chez maman.

Elle vit près d'ici.

Va la voir demain.

Mais dimanche, il y aura la princesse Sorokine.

Je t'en prie. Ne gâche pas tout.

Demain, maman n'aura pas signé les papiers.

Laissons cela. C'est dimanche ou rien.

C'est absurde.

Tu ne comprends pas ce qu'est devenue ma vie.

Vous ne m'aimez plus.

Vous me détestez car vous m'avez tout sacrifié.

Ça suffit !

Vous m'accusez de ne plus vous aimer, pour si peu ?

J'ai consumé votre amour. À présent, tout est fini.

Pardonne-moi.

Partons, peu importe.

J'écrirai à maman. Partons dimanche.

Je ferai ce que tu voudras.

- Quitte-moi. - Non, je t'aime.

Pourquoi ?

L'amour ne s'explique pas.

Les bagages seront prêts ?

Je dois sortir aujourd'hui.

Vas-tu chez ta mère, voir ta pimbêche ?

Non, j'ai rendez-vous chez mon avocat.

Et je dîne avec des camarades.

Je vois le genre.

C'est intolérable !

Je peux les inviter ici.

Merci, mais il me reste un peu de fierté.

Qui

vous a envoyé la dépêche ?

Stiva écrit ce que nous savions déjà. Karénine ne se décide pas...

Je me fiche du divorce, pourquoi l'avoir cachée ?

Avez-vous quelque chose à me dire ?

Ce sera donc la fille ?

Maman lui a confié des papiers.

Seigneur, pardonnez-moi.

Je vais manquer de fourrage cet hiver.

Vous êtes trop indulgent,

mais vous êtes un homme juste,

qui vit pour son âme, pas pour sa panse.

Comment savoir ce qui est juste ?

On le sait, c'est tout. On n'a pas le choix.

- On peut écouter la raison. - La raison ?

Est-ce la raison qui a choisi votre femme ?

Je te cherchais.

J'ai compris une chose.

Quoi donc ?

Il m'a souri.

Il est très doué pour son âge.

Qu'as-tu compris ?

Anya !

Adaptation : Isabelle Audinot

Sous-titrage TITRA FILM Paris

French

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