All language subtitles for violett3 2026-10-18 23-05-56-529(1)

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Original subtitles

C'est que ce bordel !

Bonne

mère ! Le gendarme ! Il va encore dire que c'est nous, vous allez voir.

Qu'est-ce que le poulet à la voiture du ficeviel ? 6 heures du matin, vous

commencez bien !

Vous avez encore cassé le matériel ? Déjà, on casse jamais le matériel. Et ce

coup-là, on y est pour rien. Je peux vous le dire.

Venez voir.

Voir quoi ? Venez voir.

Quoi ?

Mais

c'est lui, le fils Vial ? Prévenez Parigny et le juge Chabran.

Le commissaire d'Avelette aussi, peut-être ? Il est au chaud.

Et c'est le tranquille. Quand on est à la retraite, on a le droit de dormir,

non ?

N'empêche que la dernière fois, il vous a bien aidé. Bon, mais vous allez voir

là-bas si j'y suis. Parce que moi, je sais ce que j'ai à faire.

Vous avez pas du travail à finir, vous ? Allez, zou, zou, zou ! La violette.

Vous avez besoin de ça.

Faisait beau cette nuit.

Je pouvais pas dormir, j'ai regardé le ciel.

Et elle, c'est qui ? Elle, c'est Diane.

La dièse de la lune.

Et des chasseurs.

Inutile de vous recoucher, Joubert est en bas.

À mon humble avis, il a besoin de vos lumières.

Ah... Joubert...

Vous allez sortir en robe de chambre ? Qui vous dit que je vais sortir ? Vu sa

bobine, je suppose que c'est grave. Et si c'est grave, c'est qu'il faut se

déplacer.

Solange, vous devriez rentrer dans la police.

Je pense que vous y feriez des merveilles.

Voir des étincelles.

Peut-être des feux d'artifice.

À mon avis, c'est un crime de rôdeur.

La victime était riche.

On a retrouvé de gros billets dans son portefeuille.

Alors c'est pas un crime de odeur.

Bon, le légiste est sur place.

Le photographe fit la consentie à se lever.

Je lui ai récité le code.

Déjà, dans un premier temps, en supposant que... Non, non, pas de

supposition ni de déduction active.

Ouais, toujours prendre son temps.

Je commence à la connaître, votre technique.

Non, la technique, c'est autre chose.

l'observation et la réflexion.

C'est ça qui prend du temps.

Pardon.

Bonjour Parini.

J'aurais préféré vous voir dans d'autres circonstances. Et moi donc.

Jeannot Vial, je l'ai connu tout minot.

C'est moi qui lui ai fait ces vaccins.

24 ans.

Vous vous rendez compte ?

Toute la région temporale présente une énorme contusion noire, masquée par un

caillot.

Tout le parietal est enfoncé. Si c'est enfoncé, c'est un objet contondant. Ou

tranchant, à la rigueur.

Ou les deux, éventuellement.

Vous êtes d'accord avec moi, commissaire ? Marteau, clé anglaise, pied de biche,

pioche. Est-ce qu'il y en a des objets ? Des pointus ? Des arrondis ? Tenez,

prenez une boule de pétanque.

Pourquoi pas un melon ? Attention.

Je pensais tout, j'évoquais des possibilités.

Alors essayez de penser un peu plus bas, vous voulez ? Parigny, vous passez à me

donner rapidement vos conclusions.

Ah, ne mettez pas la pression, Joubert. Ça prendra le temps que ça prendra.

Bonjour, La Violette. Bonjour, Chaband. Parigny. Bonjour, M. le juge. Il a dû

être attaqué par surprise. C'est un garçon athlétique.

Joubert.

Regardez, là.

Ramassez-moi ça, là. Le galet, là.

L'arme du crime ? A vérifier.

Vous avez les clés de sa voiture ?

Oh

! Ah mais... Il a dit cet

imponeux là ?

Tenez-moi ça.

Vous allez nous aider ? Ça dépend.

Vous m'écoutez.

Pas comme la dernière fois.

Vous êtes une bûche, vous, dans votre genre.

C'est ce que ma mère me disait.

Elle devait toujours vous aider.

Vous avez 25 ans, elle n'avait que moi, alors.

Trois ans de votre salaire, cette voiture.

Et le vélo, c'est à peu près pareil.

Toute proportion gardée, évidemment.

Madame, madame, s'il vous plaît, un mot.

Attendez, attendez, dites-moi.

Dites-moi, un mot.

Qui vous a prévenu? Dites-moi.

Lâchez-moi.

Une voix d'homme, une voix... Dites-moi.

Je veux voir mon fils.

Je ne vous veux pas de mal, madame.

Je veux savoir qui vous a appelé.

C'était une voix d'homme, une voix de femme ? Personne n'a raccroché aussitôt.

Une voix que vous connaissiez ? Non.

Une voix très jeune.

Ça peut très bien être le meurtrier de votre fils.

Il n'y a pas que des déesses et des grandes ours.

Vous êtes trop sentimentale.

Qu'est-ce qu'elle vous a mis ? Fallait pas la prendre à chaud.

Les femmes n'aiment pas ça.

Je suis comme je suis.

Je l'ai prise à chaud parce que je savais qu'après, elle me mentirait.

Je lui ai arraché deux paroles au milieu de ses cris de lionne.

Vous êtes vacciné au moins pour les tétanos ? Et après la morsure, elle vous

a dit quoi ? J'étais le seul homme à s'apporter.

Pour elle, dans sa tête, c'est un homme qui a fait ça.

C'est un homme qui a fait du mal à son beau petit.

Un homme ? Vous êtes bien avancé.

J'ai dit, dans sa tête.

Ce matin, au marché, j'ai croisé Joubert.

Fier comme artable.

Il interroge tout le monde.

Il vérifie l'emploi du temps des uns, des autres.

Lui, avec son tact habituel, il va bien arriver à tout embrouiller.

Et quand le procureur en aura marre, il enverra la sûreté de Marseille.

Et vous verrez ce que je vous dis, on va y avoir droit.

Arrêtez de bouger, si vous voulez que le pan se maintienne. Oui, vous verrez ce

que je vous dis.

Il était plutôt beau garçon.

Une femme mariée peut-être, hein.

Avec un mari très vieux, très riche et très laid.

Les maris de dignes ne tuent pas.

Ils divorcent discrètement ou passent l'éponge.

À propos, où en êtes-vous, vous, de vos amours ? Hein ? Toujours pas rencontré l

'âme sœur ? Non, j'aime trop les femmes.

Ah, alors allons.

Vous n'aimez personne.

À part vous-même.

Et vos idées... anarchistes.

C'est l'hôpital qui se fout de la charité.

Je vous rappelle que vous avez refusé toutes les décorations, tous les

avancements, et que c'est pour ça que vous avez fini dans ce trou.

Mais je l'aime, moi, ce trou. Moi aussi.

Oui, bon, ça va. Allez, oh.

Alors, on en est où ? D'après Joubert...

L'agenda de la victime fait mention d'une partie de bridge chez des amis le

soir du meurtre.

Malheureusement, ils ne l'ont pas vu ce soir-là.

Et tous les habitants de la rue où ça s'est passé dormaient à l'heure du

crime.

J'ai reçu le rapport d'autopsie.

Alors, voyons ça.

La biopsie pratiquée autour de l'équimose du temporal gauche.

ne révèle rien de précis quant à la nature de l'arme utilisée.

À l'exception de quelques traces de sable alluvial.

Entre parenthèses, sable de quartz.

Je me suis promené au bord de la Bléonne ce matin.

Oui ? Ça sentait ça, le sable de quartz.

Quel nez ? Deux ou trois fois par siècle.

Il y a une odeur caractéristique de roches délitées qui descendent de la

combe du Keras.

Ça je sais, c'est moi qui vous l'ai appris.

C'est le guil qui descend en chariant devant lui, deux ou trois tonnes d

'agrégats à peine liquides.

J'ai ramassé ça, une pierre polie, acérée comme un poignard du Magdalénien.

Un galet de la Bléonne.

J'en ai repéré plusieurs du même aspect en me posant à chaque fois la même

question. Si tu devais tuer quelqu'un, Avec un galet, lequel choisirais-tu

? Et vous avez choisi celui-là.

Sentez-le.

Sentez-le.

Tu es avec un galet.

Et comment ? Deux questions loin d'être réglées.

Le minois a lapidé la femme adultère ? Non.

Pas avec une seule pierre.

Je vous l'accorde.

Il y a des milliers de galets semblables dans la Bléonne.

Tout ça ne me fait pas bonne impression.

Moi, ça m'a l'air d'un fort beau crime.

Un beau crime ? La région y est propice.

Le silence, le secret, une drôle d'atmosphère.

Et le goût du crime arrive.

J'abandonne les choses d'un point de vue romanesque.

Touchez pas à mes papiers.

La poussière, je peux ? Oui.

Imaginez. Qu'il tombe amoureux, votre juge, et qu'on lui enlève sa belle à

coups de pierre.

Il dirait pas que c'est un beau crime.

Chabrant, tomber amoureux.

Ah ben, c'est pas demain la veille.

Ça vous viendrait à l'idée, vous, de lapider quelqu'un ? Bon, ça, c'est une

drôle de question.

Non, mais, par exemple,

Par jalousie ? Vous envisageriez de tuer quelqu'un ? Comme j'étais jeune.

Mais les pierres, ça c'est pas un truc de fille.

Le poison, éventuellement.

J'ai rendez-vous chez madame Vial.

Elle a accepté de me voir seule.

Parlez-moi un peu d'elle.

Alors tâchez de pas vous faire crever un oeil, parce que ça, je saurais pas vous

le raccommoder.

Eh bien, son fils était un dragueur, comme le père.

Moi, je me servais chez eux, eux, au temps de la cancaillerie, avant qu'ils

fournissent le ferraillage pour le barrage de Villecroze.

Puis ensuite, l'argent leur a tourné la tête et ils se sont mis à mépriser tous

les gens.

Ça a été les rallies, les filles, la grande vie, tout.

Mais vous l'avez déjà vu sur un vélo, le fils ? Mais jamais.

Mais ça, ça doit être récent.

Oui. Mais qu'est-ce qui est fiché en tenue de cycliste en plein hiver ? C'est

ça que j'aimerais bien comprendre.

Merci, madame.

Votre mari n'est pas venu à l'enterrement.

Il n'a pas eu la force de se déplacer, je suppose.

Un télégramme et des fleurs, c'est tout.

Vous lui en voulez ? De m'avoir trompée toutes ces années, vous voulez dire ?

Oui, bien sûr.

Certains jours, j'aurais pu... Le tuer.

Est-ce que votre fils sortait beaucoup ? Avant, oui, il sortait.

Avec les maires, les conseillers généraux, les courses automobiles aussi.

Mais... Depuis quelque temps, il s'en fichait.

Et combien de temps ? Six mois, à peu près.

Et il ne découchait même plus.

Le soir, il allait se balader.

À vélo, souvent.

Et entre-temps ?

Il rentrait assez tard, oui.

Il vous disait où il allait ? Je ne lui posais pas ce genre de questions.

Ces derniers six mois, est-ce que vous avez remarqué un changement dans son

comportement ? L'expression de son visage.

On aurait dit qu'il était ailleurs.

Quand je lui demandais si ça allait, il me répondait toujours oui, oui.

Et vous l'aviez déjà vu dans cet état ?

Non.

Il était... Il était absent, quoi.

Non.

Comment vous t'es, plutôt ? Une femme.

Son fils était amoureux, mais il n'aimait pas le savoir.

Les mères sont aveugles. C'est pas dans la mythologie, ça ? Amoureux d'une femme

qui devait le combler parce que...

Il mangeait plus, dormait plus, riait plus.

C'est des signes, ça.

Hein ? La fameuse votre recette, Solange.

Il prend son vélo pour aller voir sa belle alors qu'il a une voiture.

Ça tient debout, ça ? Ah ! Mémoire de champignons, ça s'appelle.

J'ajoute des oeufs.

Moi, je m'étrangle avec, tu fais comme ça, je vais mourir, vous allez être

contentes.

Non,

ce qui m'étonne, c'est qu'elle n'est pas...

Elle se soit pas manifestée.

À moins que ce soit elle qui ait téléphoné.

Rallye ? Oh là là, oui.

J'adore les rallies.

T'es sûre que ton mari... Mais oui.

Détends-toi.

C'est lui-même qui s'est proposé pour noter les moyennes sur la place du

Tempinay.

Il est très fort pour noter les moyennes des autres.

En ce temps-là, il te laisse tranquille.

Pour me laisser tranquille, il me laisse tranquille.

Et c'est tant mieux, non ? Tu serais pas un peu cruelle ? Oui, je suis très

cruelle.

Tu serais prête à tout pour un homme ?

Ça dépend de l'homme.

Tu serais prête à tuer ? À tuer, à piller, à voler ?

Je suis prête à tout.

Tu veux voir ? C'est bon !

Envoie Jeannot, envoie !

Bah vous insistez parce que je dois en parler moi.

Alors Robert, ouvre-moi le sergent là, il y a Jobert qui pique sa crise.

Allez, allez, oh ! Mais

reste pas là toi ! Allez, allez, zou ! Qu

'est-ce qu'il fait là le fils cordelier ? Il devrait être au collège.

Ça s'est passé quand ? 6h22.

On attend les journalistes de Marseille.

C'est qui ? On a fait l'appel de tous les coureurs. Le seul qui manque, c'est

Jules Payan, le patron de l'hôtel Carême.

Si ça peut vous intéresser, on a retrouvé ce sac, éjecté du véhicule.

Un viage serré à vitesse excessive, au lieu d'île à fond de l'Espéranto.

En venant ou en allant à Châteaurudon ? En allant.

Il s'appelait Jules Payan.

Elle faisait partie de l'écurie gentienne.

Un double virage en S, avec le

deuxième en épingle à cheveux. Exact.

C'est quand même bizarre.

Ces gars-là, ils ont des réflexes, ils ont l'habitude.

Vous avez le rapport de gendarmerie.

Dans le coffre, des roues de vélo, les jantes et les boyaux y ont disparu, ne

restent que les moyeux avec leurs papillons et les rayons métalliques.

Dans la voiture de Jeannot Vial, il y avait aussi un vélo dans le coffre.

Lui aussi était un pilote de l'écurie gentiane.

Vous avez vu la voiture ? Ce qu'il en reste ?

Pas d'arbustes ni d'arbres sur la trajectoire. La voiture n'a pas capoté.

Il avait quel âge, le petit paillon ? 27.

Ça doit être Parigny. Je lui ai dit que je passais chez vous.

Allez-y, répondez.

Je préférerais que ce soit vous. Il va sûrement demander à ce que vous veniez

voir sur place.

J'espère qu'un jour vous arriverez quand même à vous passer de moi.

J'ai examiné le corps.

J'ai des doutes.

Surtout si la voiture n'a pas capoté.

Est-ce que vous avez remarqué une blessure particulière ? Oui, une

contusion importante sur le pariétal gauche.

Le pariétal gauche.

Comme l'autre.

Deux meurtres en l'espace d'un mois.

Et trois coïncidences.

Le vélo, l'écurie de course et la blessure.

J'ai eu le procureur au téléphone.

Il est dans une colère noire.

Il nous traite de tous les noms d'oiseaux.

Qui ça, nous ? Ceux de digne. Pour lui, nous sommes tous des incapables, des

caracs. Ah bon ? C'est quoi, des caracs ? Des caracs,

ben... C'est des incapables. En pire.

Vous qui aimez les beaux crimes, vous en avez deux.

Vous n'abusez pas de votre droit d'aînesse, la violette ? Je sais que

vous en avez besoin.

Je me sens flottant.

Comment ça, flottant ? Ben oui, je sais pas.

J'ai l'impression que vous flottez, comme quelqu'un qui cherche, je sais pas

quoi.

Vous avez des problèmes existentiels en ce moment ? Non.

Vous êtes amoureux ? Non, pas du tout.

Bon.

Tant mieux si je me trompe.

Évidemment, pour viser, il faut être jeune et fringant.

Alors, allez-y, essayez.

Montez là-haut.

Plus haut, plus haut.

Voilà.

Alors, supposons une voiture dans le virage.

Allez-y, lancez la pierre, là.

C'est pas voyant-voyant.

Je ne suis pas un meurtrier.

Et j'ai pas la puissance.

C'est vrai.

Alors que le meurtrier, lui, a la puissance.

Et la précision.

C'est quelqu'un qui a l'habitude.

Qui s'entraîne.

Avec un lance-pierre.

Je raconte n'importe quoi, c'est ce que vous voulez dire ? Ben non, pas du tout,

non.

Vous avez jamais joué avec un lance-pierre ? Dans la cour de l'école ?

Dans la cour de l'école, je me mettais dans un coin et je lisais.

J'étais un enfant solitaire.

Nous, votre imagination fertile et vos tendances romantiques.

Marqué, ce n'est pas reproche, c'est une constatation.

Il était où ce galet ? Coincé entre la pédale d'embrayage et le frein.

Atteindre la tête d'un homme dans un véhicule à 60 heures la nuit, dans un

virage avec un galet ? C'est un peu gros, non ? Il faisait un clair de lune

superbe hier soir.

Supposons que le meurtrier ait judicieusement choisi sa position un peu

en hauteur.

Il entend arriver les premiers concurrents.

Ils font tous le même dérapage.

Les pneus ripent latéralement sur une dizaine de mètres. Ça me semble

complètement impossible.

Pas tout à fait, mon petit joubert.

Moi, j'ai assisté à beaucoup de ses courses.

Dans ce tournant, justement.

Là, les voitures sont obligées de ralentir.

Presque à s'arrêter.

Bon, une fraction de seconde, je vous l'accorde.

Mais à ce moment-là... J'ai mieux.

Honorati, vous connaissez ? Jean-Bernard Honorati ? C'est ça.

Jean-Bernard Honorati.

Il faisait partie du rallye. Le meilleur pilote de l'équipe.

Figurez-vous qu'à l'arrivée, il avait 4 minutes de retard sur son talent le plus

médiocre.

Ça veut dire qu'il a pu s'arrêter et attendre sa victime. Ce retard de 4

minutes, il l'explique comment ? Honorat qui prétend avoir cédé le passage au

pôle du Chafaud à un tracteur tout feu zéthène dont le conducteur ne savait pas

reculer. Le problème, c'est qu'on ne le retrouve pas, ce tracteur.

En revanche, le mobile du meurtre, on l'a.

Ben oui.

Jean-Bernard Honorat qui est la victime, Jules Payan, se sont pris à Châtaignes

il y a 15 jours à la sortie d'un match devant 200 personnes.

Il y a deux meurtres, ne l'oubliez pas.

Mais je ne l'oublie pas.

Je n'oublie rien.

Jamais. Je veux le voir, moi, Jean-Bernard Renorati.

Vous voulez dire assister à l'interrogatoire ? Voilà, c'est ça.

Assister à l'interrogatoire.

Je peux pas vous en empêcher ? Non, vous pouvez pas.

Bon, avec Jules, on était un peu échauffés, ça c'est vrai.

Depuis, on s'est réconciliés.

Sur la course, pourquoi ces 4 minutes de retard ? Le tracteur m'a déjà demandé.

On a repéré 13 tracteurs, aucun ne se trouvait dans les parages du Chafaud.

Ce match...

Tu t'es opposé à la victime le mois dernier, tu l'as frappé pour quoi ? On s

'est réconcilié, ça fait trois fois que je vous le dis. T'avais bien une raison.

Laquelle ? Ah ouais, maintenant vous allez m'accuser d'avoir buté mon copain

Jules, c'est ça ? Il t'a prêté de l'argent de ton copain Jules.

Une grosse somme, il y a six mois. La banque nous a communiqué tous les

renseignements. Je l'ai remboursé en liquide.

Où étais-tu la nuit du 17 novembre ? C'est quoi le 17 novembre ?

La nuit du meurtre de Jean Novial, t'étais où ? Attendez, ça aussi vous

allez me le mettre sur le dos ? T'étais où ? Je demande.

J'étais au motel de Chabrière.

Le soir, je fais la caisse assez tard. Et après, je rentre à digne, voilà.

Qui est pas allé ce soir-là, on a vérifié.

Tu n'as pas non plus fait la caisse de l'établissement le soir du second

meurtre. Sur ton agenda qu'on a retrouvé dans tes affaires, tu as noté rendez

-vous avec Suzanne à la coste.

Tu connais la femme du notaire ? J'ai assassiné personne.

Ni Jules Payan, ni Jean Novial.

Personne ! Pour le premier meurtre, t'as pas d'alibi. Pour le deuxième non plus,

qu'est-ce qu'on fait ? Je les ai pas tués, je vous le dis, d'accord ? Je les

ai pas tués ! Ouais, pardi.

Oui, quoi ?

Je n'en ai pas fini avec toi !

Tu

te

rends compte de ce que tu veux ?

Si je te tutoie, c'est pas parce que je suis flic.

C'est parce que tu pourrais être mon fils.

C'est ma vie privée.

C'est mes affaires.

Moi, je te conseille de dire la vérité.

Je pourrais pas répondre à ta place.

Bon.

J'ai été au match.

Je t'ai vu quand t'as cassé la gueule à ton copain.

Ça c'est mon problème.

Voilà.

Ton problème, tes affaires, c'est quand tu seras devant le tribunal.

Tout ça, il n'en sera plus question.

C'est les juges qui se chargeront de toi. Je m'en fous du procès. Je m'en

fous, c'est ce qu'on dit toujours.

Pourquoi tu t'es bagarré avec ton copain ?

Tu veux que je répète la question ? J'ai entendu.

Et c'est grave que ça ? Je regrette pas, voilà.

Je regrette rien, si vous voulez savoir.

J'ai bien réfléchi.

Garde à vue.

Oh, vous permettez ? Je n'ai pas terminé.

C'est une femme. Ils se sont castagnés à cause de la femme du notaire, Susanna

Coste, et on leur a fait flinguer son collègue. Vous n'allez pas aussi lui

coller le meurtre de Jeannot Vial ? Et pourquoi pas ? S'il s'agit d'une femme,

c'est simple. Non, ce n'est pas simple.

Les crimes ne sont jamais simples.

Bonjour madame. Monsieur le commissaire, quelle bonne surprise.

Votre ami Chabran m'a beaucoup parlé de vous.

Ah oui ? Vous connaissez Chabran ? Vous savez, il est une petite ville.

C'est un garçon adorable.

Je ne vous fais pas rentrer, mon mari est en réunion. Non, non.

Je viens juste vous poser une petite question.

Voilà.

Est-ce que vous connaissez Jean-Bernard Honorati ? L'étudiant Schubert

m'a déjà posé la même question.

Et vous lui avez répondu ? Que je ne connaissais pas Jean-Bernard Honorati.

Pourquoi lui avoir menti, madame ? Il interprète tout de travers.

Il est obsédé par les maris trompés, si vous voulez savoir.

Votre témoignage est de la plus haute importance, madame Lacoste.

Jean-Bernard Honorati est un garde-à-vu.

Oh, le pauvre ! Déjà qu'il n'est pas gâté par la nature.

Comment ça ?

Il souffrait d'une maladie de peau.

C'est très impressionnant.

Ah.

Vous le connaissez donc... intimement.

Oh, commissaire.

Oui, non, non, non. On va dire, vous l'avez envoyé sur les roses.

On peut appeler ça comme ça, oui, oui. Je l'ai envoyé sur les roses.

Et elle l'a envoyé sur les roses, Madame Anorati.

Cette Suzanne, c'est pas la première ?

Chaque fois, il se fait rembarrer.

Ça l'empêche pas d'être amoureux.

Plus on le rejette, plus il va voir ailleurs et plus il se fait jeter.

Il se console en notant des rendez-vous sur son carnet pour faire comme les

copains.

Comme Jules Payan ? Jules.

Il les avait toutes, les filles.

Il s'en vantait ? Avant, oui.

Il déjeunait souvent à la maison.

On parlait tous les deux, il se confiait à moi.

Vous l'avez vu quand pour la dernière fois, Jules Payon ? Il y a un mois

environ.

Mais il était plus pareil.

Il s'est acheté un vélo.

Un soir, mon fils a voulu savoir où il allait.

Jules s'est énervé.

« J'ai pas besoin d'escorte », il lui a dit.

Pas besoin d'escorte.

Il a son meilleur ami, vous vous rendez compte.

C'était avant ou après le match ? Quelques jours avant.

Payan l'a traité de galeux.

Omachi lui a dit ça.

T'es un galeux.

Je voudrais vous poser une dernière question, madame Monorati.

Ces derniers temps, Jules Payan était-il amoureux d'une femme en particulier

? Peut-être.

Je ne sais pas, peut-être.

Jean-Bernard et Jules, ils étaient comme deux frères.

C'est bien triste tout ça.

Ah ben les gars, ils étaient frères aussi.

Les hommes, c'est tous des frères.

Jalous les uns des autres.

De la fortune, de la chance, des femmes, de tout.

Oh, je vous trouve bien misanthrope selon... Je dis tous que les autres

pensent tout bas.

Prenons un homme amoureux.

Jules Payan. Oui, mais Payan ou un autre.

Un homme amoureux, c'est non seulement jaloux, c'est méfiant.

C'est pour ça qu'il y a mal parlé à son ami Jean-Bernard.

Moi, la phrase qu'il lui a dite, je l'entends d'ici.

Toi, le galeux, t'as pas intérêt à t'approcher de ma gonzesse.

Ni même à essayer de savoir qui c'est.

Aussi, pour protéger l'identité de la dame. Et surtout, si c'est une femme

mariée.

Dites, Solange, j'aimerais vérifier quelque chose à propos de ce fameux

tracteur.

Le numéro de la mairie, vous pourriez pas m'amener l'annuaire ? Bien sûr.

Térénèse création.

Merci Solange.

Terrineuse Création, vous connaissez-y ? Ah oui, c'est un magasin de sport à

Dignes.

Il vous va ravir.

Pardon.

Merci.

Si vous permettez.

Comment vous trouvez-vous ? Monsieur ? La Violette.

Monsieur le Commissaire ? Irène de Terennais, enchantée.

Pas heureux.

C'est bien.

C'est un style qui vous va.

Vous vouliez autre chose ? Non, non, merci.

Je n'ai que de la bonne qualité.

Est-ce que je peux m'asseoir ? Je vous en prie.

Avant d'acheter, il faut toujours réfléchir.

Une coupe ? Non, merci, non, non, je ne... Je ne bois pas de champagne.

Vous connaissiez ces deux garçons ? Oui, bien sûr, c'était des clients.

J'ai appris ce qui est arrivé à Jules Payan.

Cette course de voiture, c'est épouvantable.

Oui.

Vous lui aviez vendu...

Quelque chose, non ? Un sac de sport.

Quelqu'un m'a déjà posé cette question.

Ah bon ? Ah, l'adjudant Joubert.

Je ne pense pas, non.

Je ne sais plus.

Et Jeanne Ouvial, vous lui avez aussi vendu quelque chose.

Une paire de gants, je crois.

On les a retrouvés dans sa voiture.

Est-ce que vous le voyez ?

En dehors du magasin ? Je l'ai croisé, parfois, en ville.

Vous savez pourquoi il n'a pas été appelé en Algérie ? Soutien de famille.

Il y en a encore quelques-uns.

C'est important, les familles.

Jules Payan aussi était soutien de famille.

Oui, je crois.

La jeunesse ne devrait jamais mourir.

Vous connaissez tous les beaux garçons de la ville.

Quelques-uns, monsieur le commissaire.

Seulement quelques-uns.

Honorati est innocent.

Le soir du 17 novembre, il n'a pas découché.

Il dormait chez sa mère.

Quant au tracteur... Honorati a tout éventé. Ce tracteur rouge n'a jamais

existé. Eh oui, mais le tracteur, il n'était pas rouge.

Il était jaune.

Jaune ? Eh oui.

Comme certains engins de la commune.

Et cette nuit-là, un de ses engins est tombé en panne.

Et c'est pour ça que Honorati était en retard.

Non, un tracteur jaune, personne ne me l'a dit ça. Et j'allais l'interroger

plus d'eux.

Alors laissez-moi vous donner une petite leçon de psychologie, Joubert.

Les gens que vous avez interrogés, vous leur avez parlé d'un tracteur rouge.

Ah oui ? Donc on ne vous a pas démenti.

Ben forcément vous, l'adjudant Joubert.

On va pas vous démentir.

Tout le monde a quelque chose à cacher.

Ouais, conclusion ? Conclusion, pour votre rhume, je vous conseille une

grosse écharpe.

Quant à Honorati, je vous conseille de le libérer.

Parce qu'il est innocent.

Ah ouais, des bois.

Je suis persuadé du contraire.

Il y a ce crétin de Joubert qui veut mettre Honorati en prison.

Il y a trois jours, je vous cherche.

Vous étiez où ? Hein ? Vous faisiez quoi ? Je

sais, je ne pouvais pas faire autrement.

J'ai obtenu le témoignage de Madame Lacoste, qui aurait eu une relation avec

Honorati.

Elle a eu une liaison avec lui ? Oui, enfin, en vrai.

Mais Madame Lacoste ne semblait pas femme à tromper son mari avec n'importe

qui.

Vous, par exemple, il semble qu'elle vous trouve à son goût.

Ma vie privée vous intéresse à ce point ? Non, ce qui m'intéresse, c'est l

'enquête.

Et à ce niveau, il semble que vous avez un peu tendance à tout mélanger.

Hein ? Je me trompe ? Je travaille comme je l'entends.

Ce sont les résultats qui comptent, non ? Allez-y.

Les deux victimes étaient des dragueurs impénitents.

Un peu comme vous.

Comme la plupart des hommes.

Je peux continuer ? Oui.

Merci.

Peu de temps avant leur mort, je parle des deux victimes.

Fin des tribulations amoureuses.

Ils ont dû rencontrer à cette époque une femme qui a été plus forte que les

autres. Et qui aurait appris la mort de ses deux amants,

simultanément, et qui n'aurait pas fait le rapprochement.

Peut-être qu'elle a peur.

Qui, elle ? Vous qui connaissez les femmes.

Je connais surtout mon métier.

J'espère, mon petit chabron.

Je l'espère.

À propos, je suis passé à la boutique Terénès Création, là.

Vous savez, là où le petit Vial avait acheté ses gants et Jules Payan son sac

de sport.

Vous avez interrogé Mme de Terénès ? Je lui ai posé deux, trois questions, oui.

Elle a confirmé avoir vendu des articles aux deux garçons.

Belle femme, hein ? Faites attention.

Vous savez, Chabran, si notre tandem ne vous intéresse plus,

vous me le dites, et vous démerdez tout seul.

Vous ne me feriez pas ça ? Bonjour,

commissaire. Bonjour, monsieur le juge. Alors, vous avez entendu ? Vous avez

entendu ? Vous pensez, là ? Non, non, ce bruit-là, un bruit, comment je dirais,

moi, un bruit métallique, un peu comme un coup de gong.

Et même, je dirais, bien plus fort encore.

Vous n'avez pas entendu ? Mais où ça ? Eh bien, à la chapelle de Neige

éternelle.

C'était là.

C'est là que ça s'est passé, ce qu'on a vu.

Vu ou entendu ? Vu et entendu.

Vous avez vu quoi, exactement ?

Comme une forme.

Avec une cape.

Courte ou longue ? Je dirais plutôt courte.

Maintenant que je ne dis pas, il y avait aussi un béret basque sur la tête.

Ce n'était pas une forme, c'était une personne.

Et où est-ce que vous l'avez vue, cette forme ? C'était à cet arbre-là.

Montrez-moi un peu la hauteur de cette forme.

Ouais, à peu près.

Assez précisément ici.

On ne savait pas si c'était un homme ou une femme, gros ou maigre, mais la

hauteur, vous êtes sûr ? Ah oui, oui.

On est des chasseurs, et la vista, qu'est-ce que vous en faites ? C'était

un gamin ? On a aussi trouvé un panneau de cantonnier.

C'est tout ? Ah, ben voilà.

J'ai trouvé ça au pied du panneau.

Ça,

c'est une cible pour quelqu'un qui s'entraîne régulièrement.

Oui. Ce qu'ils ont dégommé au lance-pierre comme carreau, mes frères,

je vous dis pas.

C'est un chef-d'œuvre, votre chocolat, Solange. Qu'est-ce que vous mettez

dedans ? Du chocolat, du lait, de l'huile de coude et de la patience.

Eh oui, un lance-pierre.

Vous le disiez, ça.

Alors, si c'est quelqu'un qui s'entraîne régulièrement, c'est qu'il veut garder

la main.

Et s'il veut garder la main, c'est qu'il a quelqu'un d'autre sur sa liste.

Bonjour, je reviens.

Deux oranges.

Le dauphiné ! Le dauphiné ! Tout sur l'assassin de digne !

C'est qui cette petite vieille avec le grand chapeau, là ?

Ah, c'est la mère Champlot.

Cinquante ans, elle a trimé chez les riches. Elle se méfie de tout.

Elle part en buberine.

En biberine. Elle est un peu fada.

Quel gamin à côté ? C'est le fils de la sorcière.

Quelle sorcière ? Mais la cordelier. Bonjour.

Bonjour.

Ah, ben voilà.

Voilà. L'assassin de digne s'entraîne pour son prochain crime.

Et comment ils le savent tout ça ? La vox populi, Solange. La vox populi. La

vox populi. Les chasseurs, oui.

Ils étaient des tombes, je croyais. Eh ouais, mais les journalistes ont dû

faire sauter les dalles à coup de pastis.

J'ai pas mal.

C'est les jumelles de Marine, ça.

Hein ? Elle avait de la famille.

Aline de Chanclos, originaire du Gard.

Vieille aristocratie désargentée. Pas de famille, pas d'amis non plus.

Voyait presque personne.

Mais elle était gouvernante ici ou là.

Son dernier emploi ? Il y a longtemps.

Une dizaine d'années au moins.

Une activité irredoutable.

Quand on a fait son petit marché,

Lui son journal.

Elle devait passer le plus clair de son temps à la fenêtre.

Il y a une vie chez les autres, toujours.

C'est les jumelles de Marine.

Il y a même des initiales.

Ah, T.

Monsieur le juge, s'il vous plaît.

Vous m'attendez ? Oui, oui.

Mon cher petit assassin.

Aujourd'hui à Paris, malgré l'interdiction du gouvernement, les

partis de gauche ont organisé une manifestation anti-OAS.

Les forces de l'ordre ont chargé.

Il y aurait 120 blessés, donc 20 policiers.

En Algérie, le bilan des attentats s'alourdit.

8 attentats agés, 3 morts, 8 blessés.

C'est le même mode opératoire que pour les crimes précédents.

Et Joubert ne croit pas à nos histoires de sportifs amoureux assassinés par un

mari jaloux.

Eh bien, demandez-lui de libérer Honorati.

Vous lui en avez parlé, j'espère.

C'est peut-être un deuxième assassin qui imite les méthodes du premier.

Libérez Honorati.

Il était en prison quand la vieille de Chanclo a été assassinée. Oui, je sais,

vous me l'avez déjà dit.

Mais ne le prenez pas comme ça.

Bonsoir, un café s'il te plaît.

Voilà.

Bonjour Adjudant, vous avez réfléchi ? À quoi ? Ce meurtre n'a rien à voir avec

les deux premiers.

Ah bon, c'est bien de votre avis.

Je vous demande d'en tirer les conséquences. Les conséquences ? Quelles

conséquences ? Alors qu'il est, Madame Honorati attend que son fils innocent

sorte de prison.

Non mais c'est une plaisanterie. C'est pour elle et pour lui que la

plaisanterie a assez duré.

La justice vous serait gré d'en tenir compte. Vous me donnez des ordres ?

Exactement, adjudant Joubert. Je vous donne un ordre. L'ordre de libérer le

jeune Honorati.

Vous nous avez fait vite, Mindo.

Parce que vous vouliez, non ? Pourquoi vous me regardez comme ça ?

Je vous regarde comment ? Bizarrement.

Bonne année, commissaire. Bonne

année, madame Rivière.

Je ne viens pas souvent vous voir, mon oncle.

Pour bien que ce soit le hasard.

Je reviendrai.

103 morts et 200 blessés.

C'est le plus lourd jamais enregistré depuis le début des événements.

C'est ça.

Début des événements, c'est pas des événements.

C'est une guerre.

C'est une vraie guerre, oui.

Le jeune Honorati est sorti de prison ? Ah ben, à moi, il y a une justice.

J'ai regardé dans vos livres.

Les frondes, c'est bretons.

Ils se sont battus avec cette arme contre les bleus de la République,

contre les sergents.

Conscripteur de Napoléon. Vous vous intéressez à l'histoire de France,

maintenant, vous ? Et je suis curieuse, c'est interdit. Ah, ça, pour être

curieuse, vous êtes curieuse, oui.

Vous fouillez partout.

Et Thérénèse.

C'est breton, ça aussi.

Hein ? Les initiales sur les jumelles.

Ah, T.

Eh bien, vous devriez demander à Parini, si vous voulez en savoir plus.

Il est renseigné sur tout le monde.

Le docteur Parini ? C'est l'adjoint en maire, non ? Je l'avais relu.

Solange. Solange, vous... Un jour, je vous épouserai.

Qu'est-ce que je ferai sans vous ? M'épouser, mais le plus tard possible, s

'il vous plaît. Non, moi j'aime mieux nos fiançailles.

D'accord, allez, à nos fiançailles.

J'ai retrouvé un journal à l'époque.

L'article est en dernière page.

Ah, madame.

Vous avez une loupe ? Merci.

Ils étaient fous amoureux l'un de l'autre.

Il est disparu comment l'amiral ? L'hélico dans lequel il avait pris place

s'est abîmé en rate de Toulon.

Ça a dû être terrible pour elle ça.

Pour elle et pour les enfants.

Les enfants ? Un garçon et une fille.

C'est une mère exemplaire il paraît.

Quel âge les enfants ?

16, 17 pour le garçon, 18, 19 pour la fille.

Mais il y a quelque chose avec la fille, des problèmes.

Ah bon, quoi ? En n'étant pas le médecin de la famille, je ne peux pas vous dire.

Antoine ne m'en a jamais parlé.

Je l'ai très peu connu, en fait. Nous nous sommes rencontrés six mois avant sa

mort. Il venait juste d'acheter cette grande maison pour sa femme.

La Villa Popocatépetl.

Trôle de nom pour une villa.

Popocatépetl, c'est le plus grand volcan du Mexique.

et le plus dangereux.

Robert Briand.

Je le connais, c'est le prof de philo de mon fils.

Ça, c'était...

Et le cagali va encore nous faire un salut là.

Bonjour commissaire.

Bonjour Joubert.

Bonjour monsieur le juge. Bonjour Joubert.

Troisième victime masculine, Robert Briand.

Je rencontre une fois la bibliothèque qui compulsa des ouvrages sur les

tragédies grecques.

Nous avons un peu parlé.

Sûrement une vengeance, un mari qui porte les cornes.

Laissez les cornes aux taureaux.

Les Dignois n'aiment pas qu'on parle de ça, mon petit Joubert.

C'est quoi, ça ? Je viens de la trouver, là.

De l'autre côté de la fontaine, j'ai vu des traces sur la neige. On dirait des

lèvres. Venez voir.

Je vous rejoins.

O.R.

Fais-le voir.

Alors, l'assassin s'est caché derrière la fontaine.

Il a lancé ses deux galets sur sa victime.

Et il est reparti en laissant sa chaussure.

Pourquoi n'a-t-il pas récupéré sa chaussure ? Je pose la question.

Il devait être un peu agité, vous voyez.

Les meurtriers font toujours la même erreur. Ils oublient toujours quelque

chose. Deux galets. Il a dû s'y prendre à deux fois.

Ou alors simultanément.

En tout cas, cette empreinte de Godillot va nous aider à dissiper le mystère.

Ou à l'épaissir, mon petit Joubert.

Mes galets.

Jeannot !

Il va me ramener ses galets à la caverne, on va les comparer avec les

autres. Dans sa poche, il y avait la carte de Marie Cordelier avec des petits

dessins, on dirait un thème astral.

Elle habite juste là, au numéro 2.

Ah oui, selon que j'ai été aller la voir un jour.

Elle lui a prédit des voyages, le grand amour, la fortune,

et elle attend toujours.

Il arrive de se tromper, mais il ne manque pas d'intuition.

Pourquoi vous êtes allé la voir, vous aussi ? C'est une faute, hein ? Ah oui.

Vous êtes superstitieux ? Non, je ne le suis pas.

Non, ça porte malheur.

Bonjour, Madame Gordelier.

Oui ?

Je vous présente le juge Chaband. On peut entrer ? Je vous en prie.

On a retrouvé devant chez vous... un homme mort.

Oui, Robert Briand.

Vous avez vu le meurtre ? Non.

Comment savez-vous que c'est Robert Briand ? Maman devine tout d'avance.

Je vois certaines choses.

Pas d'autre.

On peut s'asseoir ? Je vous en prie.

Pourquoi ne pas l'avoir prévenu si vous le sentiez en danger ? Je l'ai prévenu.

Il n'en a pas tenu compte.

Les hommes se croient très forts.

Surtout quand ils sont amoureux.

Les femmes aussi, d'ailleurs.

Parce qu'il était amoureux.

De qui ?

Une femme plus âgée que lui, je crois.

Il allait la voir en vélo, en cachette. Un vélo, la nuit, pour aller la

rejoindre.

Comme un adolescent.

C'est ça, oui.

Comme un adolescent.

Sans escorte.

Sans escorte ? C'est elle qui lui demandait.

Elle lui disait, viens me rejoindre sans escorte.

Les femmes qu'il avait connues jusqu'à présent... Des putes.

Pourquoi tu dis ça ?

Philippe admirait beaucoup Robert.

Il lui a donné des cours particuliers, il lui a prêté des livres.

Des tragédies grecques ? Oui, monsieur, parfaitement.

Et il venait vous voir souvent ? Beaucoup d'hommes viennent me voir.

Quand ils ont besoin d'un conseil, surtout.

Et Vial, Payan, ils venaient vous voir aussi ? Pourquoi

ne pas avoir prévenu la police ? Je les ai prévenus eux.

Elle les a prévenus.

Maman devine tout.

Hein, maman ? Oui, mon fils.

La dernière visite de Robert Briand, c'était quand ? Cette nuit, vers deux

heures.

Cette nuit ? Je suis au comble du bonheur, il a dit.

C'est tout ? C'est tout.

Il est reparti vers trois heures.

Je ne sais rien de plus.

J'espère.

Qui a réalisé ça ? Lui, Robert.

Il nous l'a envoyé la semaine dernière pour l'anniversaire de Philippe.

L'écolage, c'était son violon dingue. Je peux vous l'emprunter.

Je vous le rendrai sous peu.

J'espère.

Merci.

Madame.

C'est quoi ce tableau, CDS ? Un rébut dont

je voudrais bien connaître la signification.

Théâtre antique.

Voilà.

Échille.

Agamemnon.

Les enfants de Clitémnès.

Il y a toujours une logique dans le théâtre antique.

Les enfants.

cherchent toujours à venger la mémoire de leur père.

Ils font ça ? Eh oui.

En général, c'est la fille aînée qui prend l'initiative.

Elle décide de faire justice et elle envoie son jeune frère pour l'exécution.

Mais tu parles d'une justice.

Bon, buvez votre café, il va être froid.

C'est l'empreinte de la fameuse chaussure, ça ?

C'était une empreinte anthropométrique que Chabron a demandé.

Mais ça, c'est l'empreinte d'un brodequin d'avant.

Vous savez, les parents, ils choisissaient toujours plus ample pour

que ça fasse usage.

Alors quand ils étaient neufs, ils étaient durs, on y nageait dedans.

Puis quand ils étaient souples, on pouvait plus y rentrer.

Un vieux modèle de chaussure d'enfant.

Vous pensez que c'est un gamin, l'assassin ?

J'en ai peur.

Vous n'êtes pas au bout de vos peines.

Hein ? Dire à ta mère que je l'ai rapporté.

Vous auriez pu le garder.

Pourquoi ? Parce que Robert Briand était une ordure.

Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Ton comportement avec les femmes.

Il l'a déjà vu avec une femme.

Elle le voyait souvent, ta mère, Robert Brouillant.

Hé, je t'ai posé une question.

Oui.

Tous les jours.

Enfin, presque.

Quand le matin, le soir ? Le soir, plutôt.

Tard le soir.

Maman me disait d'aller me coucher.

Et rester avec lui.

Ils se mettaient à côté d'elle sur le canapé.

Et ensuite... Ensuite ? Ils croyaient que je les voyais pas.

T'étais où ? Là, dans la pièce à côté.

Ils parlaient tout bas.

J'entendais leur respiration.

Raconte-moi exactement ce qui s'est passé.

Je voulais pas regarder, je voulais pas. Mais ma mère, c'est ma mère.

Je veux que personne la touche, vous m'entendez ? Personne ! Non, ça va, ça

va. Calme-toi, calme-toi.

Hein ? Allez.

Voilà. D'ailleurs, je te laisse, hein ?

Au fait, ta sœur,

celle qui est à Paris, là, tu la vois souvent ? Elle

nous écrit à Noël ? Pourquoi vous me demandez ça ? Comme ça.

Deux minutes.

Bien, commissaire.

Alors, j'ai réfléchi à ce que vous disiez à propos de l'âme humaine.

J'ai décidé de m'y prendre autrement.

Ah.

Et quelle est votre nouvelle technique ?

J'essaie de me mettre à la place des autres, dans leur peau.

Dans la peau de l'assassin ? Entre autres.

Et Robert Briand ? Sa famille, ses amis, vous avez interrogé qui

? Sa famille est à l'étranger, ses amis, beaucoup d'amis, ont tous un alibi.

Mettez-moi, chaman, si vous arrêtiez de parler à mon couvert.

Robert Briand, il avait une liaison.

Vous vous souvenez ? Marie Cordelier nous l'avait dit, ça.

Alors, où en êtes-vous à ce propos ? Nulle part pour le moment.

Mais j'ai une hypothèse que j'aimerais vérifier.

Alors, dans le même temps, avec votre lumineuse intelligence,

essayez de réfléchir à la suite de ces deux lettres, vous savez.

Au air, tracé dans la neige par la victime.

Merci.

J'ai une petite idée là-dessus, mais j'aimerais bien la comparer avec la

vôtre. J'y réfléchirai.

Téléphone à monsieur le juge.

Je reviens tout de suite.

Allô ? Oui, je n'ai pas de mail.

Avant que j'oublie... Qu

'est-ce que c'est ?

Ça vous plaît ?

Térénèse création.

Ça a l'air bien chaud.

C'est pour vous.

Pour moi ? En quel honneur ? Ça me fait plaisir.

J'ai pensé à vous, voilà.

Ah ben, merci beaucoup.

Et votre Loden aussi vient de sa boutique ? Oui.

Dis-donc, elle a quand même l'air d'être une sacrée mangeuse d'hommes, non ? Qu

'est-ce qui vous fait dire ça ?

Ben, je sais pas.

Son regard, cette manière qu'elle a de... Ben, c'est Lénarine quand elle

parle à un homme.

Hein ? Je me trompe ? Bon,

je vous laisse.

Je suis attendu au palais.

Oui, à plus tard.

Non, c'est bon.

Il n'est pas là, votre ami.

Comment ça, il n'est pas là ? Il est sorti, je vous dis.

Comment ça, il est sorti ? Il y a sa voiture.

Je l'ai vu partir à vélo.

Un beau vélo, tout neuf.

Sous-titrage ST' 501

J'ai froid Goulven.

Quel cajol à sa guise ! Rien n'endort pareille plaie.

Ma mère a fait de mon cœur un loup assoiffé de sang, que rien n

'apprivoisera.

Tant de sanglots, tant de larmes.

Ces mots, toi qui m'entends, grave-les dans ton cœur pur.

Quel acte rentre au palais pour qu'elle tienne secrète mes dispositions ?

Pour qu'ils soient pris par ruse.

Eux qui par ruse ont trahi mon père.

Et qu'ils meurent du même coup de filet.

Ma mère a mérité ma haine par son crime.

Sur un hôtel sanglant, ma sœur tomba victime.

Toi seule et maintenant, et ma mère et ma sœur.

Commissaire La Violette, je vous recommande de ne pas faire de bruit.

Tout le monde est en danger ici ce soir.

Qui êtes-vous ? La gouvernante.

Comment ça tout le monde est en danger ? Tous les gens de cette maison.

Et lui c'est qui ? Le père des enfants, l'amiral.

La mère, elle est où ? Elle reçoit quelqu'un en ce moment ?

Où est sa chambre ? Elle me tuera si elle apprend que je sais.

Que vous savez quoi ?

Faut pas la juger.

Le besoin d'être une femme, ça se commande pas.

Une vingtaine.

Le propriétaire avant M. de Térénèse était un monsieur spécial.

Il organisait beaucoup de fêtes particulières.

C'est ce qui se dit dans la région.

commence à comprendre.

Et qui était la gouvernante ici avant vous ? Aline de Chanclos.

La petite vieille en noir ? Avec les jumelles ? Famille, c'est pas simple.

Comment ça, famille ? Aline de Chanclos faisait partie de la famille ? Une

lointaine parente.

C'est l'amiral qui l'avait engagée.

Elle ne jurait que par lui.

Et elle détestait Madame.

Il a passé son temps à faire des histoires.

C'est pour ça que Madame s'en est séparée. Quel genre d'histoire ?

Je vous écoute.

Oui, Shalom.

Shalom ! Shalom !

Alors, Alexandre-Marie ?

Attends, fais pas l'idiot.

Je peux comprendre ce qui s'est passé, c'est ta mère.

Je peux comprendre.

Je peux comprendre.

Allez, viens.

Viens, viens, descend.

Laissez-la, c'est un peu plus beau.

Doucement, hein.

Elle a besoin de soin. Une bonne douche froide, oui. Vous ne savez pas ce que

vous dites.

Fermez-la, Jobert.

Ça va.

Qu'est-ce qui vous a pris d'aller vous fourrer dans un guépier pareil ? Son

fils, vous vous rendez compte ? Mais elle savait.

Elle savait que c'était lui.

C'est une manipulatrice, vous n'avez pas compris ça ? Ce que j'ai ressenti avec

cette femme, je ne pensais pas que ça pouvait exister. Ah, le coup de foudre.

Vous avez cédé au charme, comme les autres.

En m'approchant d'elle, j'ai voulu la défendre.

Elle savait que son fils finirait par la tuer.

Je pensais qu'elle se confierait à moi, mais... Elle n'a jamais pu.

C'est là que le gamin venait s'habiller avec les affaires de son père.

La vieille Aline de Chantelot l'avait surpris à travers la fenêtre avec ses

jumelles.

Et dès le premier meurtre, Elle a pensé que c'était lui.

Parce que déjà tout minot, il joue avec cette fronde.

Et quand elle a appris le deuxième meurtre, elle lui a écrit.

Elle lui a écrit ? Oui.

Pour l'encourager à continuer.

J'ai trouvé un brouillon de lettres dans sa corbeille.

Le gamin reçoit la lettre, pris de panique certain qu'elle va le dénoncer.

Ils s'en débarrassent.

À la mort de son père, l'enfant décide de se venger en déposant une mèche de

cheveux sur sa tombe, comme dans les tragédies grecques.

Une d'entre elles en particulier,

l'Orestie d'Échille.

O.R. comme Orestes.

Voilà, O.R. comme Orestes.

Les deux lettres que Robert Briand...

A tracer dans la neige.

Vous vous souvenez, à l'époque, je vous avais demandé de deviner la suite.

Bien entendu, vous savez qui est Orestes.

Orestes, le fils de Clitamnestre et d'Agamemnon.

Après l'assassinat d'Agamemnon, il décide de tuer les amants de sa mère.

Puis sa mère.

Non, non.

Mais... Il avait une sœur aussi.

Electre.

Irène ne vous a jamais parlé de sa fille.

Très peu.

Vous allez comprendre pourquoi.

Attends.

Mon frère est mort.

Pour mon malheur.

Comme si le destin n'en avait pas fini avec moi.

Et qu'il veuille encore s'amuser.

Ne vous faites pas tous mal.

Vous n'êtes pas électre.

Vous n'étiez pas Horace.

C'est une histoire.

Une histoire que vous vous êtes racontée.

Ça a l'air ridicule quand on me voit dans ce fauteuil.

C'est ce que vous pensez ?

Je pense que vous avez dû beaucoup souffrir.

Que s'est-il passé à la mort de votre père ? Je sais plus.

Mais si vous savez...

Et ça a duré longtemps comme ça ? Quelques mois.

Et ensuite ? Ensuite, elle a été différente.

Elle a recommencé à rire, à sourire.

Cette nuit-là, mon frère n'avait pas encore 16 ans.

On s'était cachés.

Micheline nous cherchait dans les couloirs.

Rulfaine ! Qui est-ce ?

Micheline nous a enfermés dans notre chambre et elle nous a fait jurer de

rien dire.

Elle avait peur que maman l'accuse de l'avoir trahi.

Peur d'être envoyée.

Ce soir-là, on n'a pas pu s'endormir.

Elle était à mon père cette fonte.

Il jouait avec en pension quand il était seul et malheureux.

C'est ce qu'il nous a dit.

Et puis il a appris à mon frère comment s'en servir.

Il a eu un premier mort.

Maman était de nouveau malheureuse.

Elle essayait d'être gentille avec nous mais elle était ailleurs.

Et puis un mois après ça a recommencé.

Et chaque soir, vous vous asseyez les uns en face des autres, vous

passiez les plats.

Et Robert Briand ? Celui-là, je le connaissais.

Il me donnait des cours particuliers.

Il me traitait comme une personne normale.

Vous étiez amoureuse de lui ? Je savais qu'il se passerait rien.

Jamais.

Mais avec lui, il n'y avait qu'un autre ailleurs.

Je serai jamais désirable comme ma mère.

Aucun homme ne viendra me voir en vélo la nuit.

Ou me prendra dans ses bras.

Jamais.

J'avais que mon frère.

Mon petit frère.

Salut.

C'est vous qui aviez eu l'idée de... Oui.

Maman voulait pas savoir.

Elle nous aimait trop.

Comment ça, trop ? Comme des enfants.

Pourquoi les enfants sont pas capables de faire ce genre de choses ?

Je vais retourner voir Irene.

Je la défendrai.

Peu importe son silence.

Je l'aime.

Vous voyez la violette, je l'ai vue trois fois.

Je n'ai jamais ressenti ça pour personne.

Le secret, le silence, c'est ce qui conduit au pire.

La solitude.

On ne peut pas tout savoir.

Qui sommes-nous pour juger ? Nous-mêmes.

Je vais démissionner.

Vous auriez tort.

Les furies se sont suffisamment vengées.

Les hommes ont besoin d'une justice qui les apaise.

Une justice supérieure et généreuse, c'est ça ? Vous préférez la loi du sang

? Vous commencez à souffrir, mon petit juge.

C'est preuve que vous grandissez.

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