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Il est 7h. Les infos par Raphaël Lenglet.
Il faut que je file !
Tu as bien 5 minutes.
Ici, c'est petit déjeuner compris.
C'est contre ma religion.
Il faut que j'y aille.
Je t'appelle.
Tu n'as pas oublié que ce soir, on dînait ensemble ?
Ce soir ?
Oui, avec la remplaçante de mon associé.
Zut, j'ai promis un bowling à mes enfants.
Et ton ex-mari sera là ?
Je ne sais pas.
C'est vrai qu'ils ont l'air bons, tes croissants.
Dis la vérité. Vous êtes vraiment en train de divorcer ?
Oui. Tu les as achetés où ?
Vous avez engagé des avocats ?
Putain, j'y crois pas. Vous n'avez encore rien fait.
A quoi tu joues, Candice ?
Je ne peux pas parler la bouche pleine.
Nous recevons ce matin le docteur Jean,
médecin nutritionniste.
Docteur, vous dites qu'un régime
ne sert à rien si on n'analyse pas ses mauvaises habitudes.
Quand vous dévorez n'importe quoi,
les problèmes commencent. Les excès empêchent d'être heureux.
Ce n'est pas un excès. C'est un croissant.
Il faut retrouver le plaisir de déguster.
Imaginez-vous manger des petits plats simples,
des choses naturelles à base d'ingrédients sains.
Tous les auditeurs auront compris...
Bon, et le corps ?
A 1 mille d'ici. JB est sur place. On y va.
- C'est sur l'eau ? - Il y a un problème ?
Ca va ? Tu es un peu pâle, non ?
Avec ce genre de bateau, il suffit de 2-3 vagues
pour que ça devienne le Titanic. Petite, j'ai failli me noyer.
J'étais assise au bord, comme toi, et ça s'est mis à bouger
dans tous les sens...
Klaxon de bateau.
Jeune homme, 25 ans à peine.
Il s'est pris les pieds
dans les filets.
Un ostréiculteur a repéré le corps ce matin.
- Il s'est noyé ? - Non, il a un harpon
dans le ventre.
Ca m'a donné envie d'huîtres.
Ca ne vous dit pas, ce soir, avec un verre de piquepoul ?
- Il y a un resto. - Non.
Les huîtres, je peux pas, là.
Tu es rabat-joie. On y retourne !
Si tu gerbes, gerbe dans le bateau, c'est plus marrant.
Un harpon, c'est original.
Beaucoup de pêcheurs en ont.
Peut-être que la victime avait trouvé
un trésor et qu'elle a été tuée par un concurrent.
Ils ont déjà retrouvé des épaves et même des amphores romaines.
Carrément ?
Bon, Candice, on fait quoi ?
On rentre. Je ne suis pas bien.
Elle vomit.
On n'a pas la Barbie voilier. Dommage.
- Alors, c'était bien hier soir ? - Quoi ?
Audrey m'a appelé. Elle n'arrivait pas à te joindre.
Apparemment on était en planque, tous les deux.
Je t'ai couvert, mais c'est la dernière fois.
J'ai pris une chambre d'hôtel, mais j'étais seul.
C'est ça !
Ca fait 2 mois que je n'ai pas dormi à cause de Lili.
Avec Audrey, on est crevés. On se dispute pour rien.
On n'y arrive pas.
Demande conseil à Candice. Elle a 4 gosses dont des jumeaux.
Elle est championne olympique.
Tu crois ?
- Ca va mieux ? - Il faut voir le bon côté :
c'est mieux pour mon régime.
Alors ?
Une vraie boucherie. Pas facile d'y voir clair.
Le harpon a perforé le foie et l'abdomen.
On va attendre l'autopsie,
mais il est mort avant de tomber
à l'eau.
L'heure du crime ?
Pas facile à évaluer, mais ça remonte à plusieurs heures.
Hier soir.
Jean, baskets, chemise.
- Il ne partait pas en plongée. - Ah non.
On a un nom ?
Quentin Bigler. On doit retrouver
- le bateau. - Quel bateau ?
Il n'est pas allé là-bas
à la nage. On va faire le tour des ports
et trouver d'éventuels témoins.
Oui, oui, oui.
Chrystelle, tu adores les bateaux. Tu t'en occupes.
- Tu es énervée ? - Grave.
Tu l'as cherché.
- Ca te va bien, ça. - Merci. On va bouffer des huîtres ?
- Oh là là, vous êtes pénibles. - Eh oui.
On frappe à la porte. Oui ?
Quentin Bigler était étudiant à Montpellier en biologie.
L'adresse qu'on a, c'est des parents à Lille.
Il est hébergé à Sète
chez Francesca Guerrini.
Une colocation.
Francesca... Italienne. Ca doit être chaud.
Le cliché...
Et ces bateaux, alors ?
J'ai contacté toutes les capitaineries, en vain.
Pas étonnant. En fin de journée,
il y a plein de sorties de bateaux.
Bien.
On va aller voir votre Italienne, en espérant
qu'elle donnera des réponses.
- Je l'imagine brune, sensuelle. - Monica Bellucci.
C'est pas avec de la testostérone qu'on fait des prix Nobel.
C'est sûr.
- Ou Gina Lollobrigida. - Je ne vois pas qui c'est.
- Une actrice... - Ah ouais ?
Il frappe.
Francesca Guerrini ?
Oui.
Commandant Renoir.
C'est Quentin ?
Quand j'ai vu qu'il n'était pas rentré, j'étais inquiète,
mais de là à penser...
Il devait souvent découcher.
Non, je l'aurais remarqué.
Il avait une petite amie ?
Non, on parlait beaucoup. Il n'avait personne.
Vous êtes de sa famille ?
Non, je loue une chambre pour arrondir les fins de mois,
et il a répondu à une annonce
que j'avais accrochée à la fac. Il était boursier
et il n'avait pas de quoi se payer un studio.
Vous étiez un peu comme sa grand-mère.
Pas du tout.
Il avait des ennemis, des problèmes ?
Non, Quentin était adorable,
toujours prévenant.
Il ne s'attirait pas d'ennuis.
Francesca !
Paco... C'est mon... Paco...
Ces gens sont de la police.
- Quentin a été assassiné. - Non...
J'aurai des questions
à vous poser.
Mme Guerrini...
Vous faisiez quoi hier entre 10h et minuit ?
J'étais ici.
On a dîné et passé la soirée ensemble.
Un voisin pourrait confirmer...
S'il étudiait à Montpellier, comment allait-il à la fac ?
Sa voiture
a beau être vieille, il refusait de la laisser dehors.
Il la mettait au garage. Ca ne m'arrangeait pas.
J'ai mes outils là-dedans. Je retape des meubles.
Vous vous entendiez bien avec lui ?
Je le voyais peu.
Pour moi, c'était surtout le locataire de Francesca.
Quelque chose vous a étonné
- dans son comportement ? - Rien, sinon qu'il était
du genre discret.
C'est pas vrai...
C'était ma 1re voiture.
Je l'avais achetée d'occasion.
J'emmenais les copains avec !
J'étais la seule à avoir une voiture.
Nerveuse, hein ! Sportive.
Je ne laissais personne la conduire.
Dès que le feu passait au vert, je traçais.
Je prenais 100 m sur toutes les voitures.
Vous n'avez plus besoin de moi ?
Je ne voudrais pas laisser Francesca seule.
Je vous accompagne.
Ah, je me souviens.
C'est là que j'ai embrassé pour la 1re fois mon mari.
Je m'étais débrouillée pour qu'on se retrouve seuls.
Je lui ai fait le coup de la panne.
Vrombissement de moteur.
Elle rit.
Vrombissement.
Qu'est-ce qu'elle fait ? C'est normal ?
- Tu m'expliques ? - Jantes en alliage.
140 chevaux DIN avec un passage de 0 à 100 km/h
en 8 secondes, freins ABS.
Rien n'est d'origine sur cette voiture.
Ca a coûté bonbon. Pour un petit étudiant boursier
qui loue une petite chambre, ce n'est pas banal.
Je me demande d'où vient cet argent.
Ses parents sont d'origine modeste et pensent qu'il vivait
avec sa seule bourse.
Ce n'est pas eux qui ont donné l'argent pour acheter la caisse.
Le propriétaire d'un magasin de tuning dit que Quentin
lui a acheté pour 5 000 euros de matos en liquide.
5 000 euros ?
Ca fait beaucoup d'argent.
Peut-être qu'il a trouvé un trésor dans l'étang.
Tu te caches le soir pour relire "Tintin" ?
Des amphores, non, mais des huîtres, ça expliquerait
- pourquoi on a trouvé le corps là. - Ca se vole, des huîtres ?
Ah bon ?
Chaque année, plusieurs tonnes de coquillages disparaissent.
C'est beaucoup d'argent.
- Personne ne fait rien ? - Si.
Parfois, la gendarmerie surveille par hélicoptère. Ca ne suffit pas.
Vous le faites vous-mêmes ?
On s'organise. On monte la garde
chacun à son tour.
Et hier soir, c'est vous
- qui étiez de garde ? - Oui.
Comment expliquez-vous qu'on ait retrouvé le cadavre
- dans vos parcs ? - Attendez...
Que voulez-vous dire ?
Vous lui avez peut-être
expliqué que voler, c'est mal.
Je n'ai rien vu. Les parcs, c'est immense.
- Votre mec, ce n'est pas moi. - Montrez-moi
vos mains, monsieur Jussigny.
Il y a un problème ?
Ce sera tout.
Ca veut dire que je suis innocent ?
Tu lis dans les lignes de la main ?
Tu as vu comme elles sont abîmées ?
- Ce travail laisse des traces. - Et alors ?
Notre victime n'avait aucune cicatrice.
Ca m'étonnerait que son trafic, ce soit les huîtres.
Ou il a mis des gants. J'ai hâte de lire ton PV.
"Constatons dans les mains
"du sieur Jussigny
"la présence de rugosités. Dès lors, nous l'excluons
"de la liste des suspects."
Zostera marina.
- Ca se mange ? - Oh là...
Tu es toujours au régime, toi. Ca ne se mange pas.
C'est l'algue la plus courante de l'étang de Thau.
- La victime en était couverte. - Pas étonnant.
Pour en avoir autant, il avait dû dériver un bon moment.
Il y avait un fort vent du sud hier,
donc le corps a dû être jeté à l'eau par ici,
près de la lagune.
Ce qui innocenterait les ostréiculteurs.
C'est toujours non pour les huîtres ce soir ?
- J'ai un truc à te raconter. - J'ai déjà un dîner avec Hervé
et j'ai bowling avec Laurent et les enfants.
Demain soir alors.
C'est-à-dire que demain soir, du coup,
je vais mettre le bowling. C'est un peu compliqué.
Compliqué ? Ben dis donc...
Tu as deux mecs à tes pieds. Ce n'est pas compliqué.
Pense aux copines qui n'ont personne.
J'ai mal au dos en ce moment.
- Je pourrais voir ton petit kiné. - Ne t'approche pas d'Hervé.
- Il est à moi. - Tigresse...
En revanche, si tu veux vraiment un massage,
il y a la remplaçante
de son collègue. Elle vit la moitié de l'année sur un bateau.
- Ca doit être un vieux loup de mer. - Burinée par le soleil
avec des bras énormes ? Elle va me massacrer le dos.
En parlant de massacre,
rapport d'autopsie : Quentin a 2 côtes fêlées et des ecchymoses.
C'est lié au meurtre ?
Non, il s'est battu 2-3 jours avant.
Elle frappe.
Entrez.
Ca sent bon.
Oui, c'est des gâteaux que je vends à des connaissances.
Ca met du beurre dans les épinards.
Le minimum vieillesse
- ne suffit pas. - C'est à quoi ?
Chocolat, cannelle et un petit plus secret.
Je ne vous en propose pas, ils sont brûlants.
De toute façon, je suis au régime.
Une bagarre ?
Ca ne lui ressemble tellement pas.
Quentin dépensait beaucoup d'argent liquide.
Il s'est battu, et 2 jours après, il a été assassiné.
Désolée, Francesca, mais ce garçon n'a rien à voir
avec votre description.
Peut-être que quelque chose vous a échappé : un appel,
une visite.
Non ?
Avez-vous remarqué du changement ces dernières semaines ?
Je ne vois pas.
Il était tellement solitaire.
Pourtant, il était beau.
Si j'avais eu 20 ans de moins...
- Je vous choque ? - Non.
Comme votre adjoint, il est beau. Vous n'y avez jamais pensé ?
Ce n'est pas très indiqué.
Je suis sa supérieure hiérarchique.
Ce n'est pas important. En amour, il ne faut rien s'interdire.
Depuis la mort de mon mari, quand un homme me plaît,
- je ne le laisse pas passer. - Et Paco ?
Oh, Paco... Il sait
que je suis une femme libre. Il en profite.
Sexuellement, je n'ai jamais été
- aussi épanouie. Et vous ? - Moi ?
Vous ne devez pas être seule.
Ah, seule, non.
J'ai quelqu'un depuis quelques mois.
Un kiné. Mon voisin, enfin...
mon ex-voisin.
Et puis j'ai mon mari aussi. Enfin, mon ex-mari, enfin...
En fait, je l'ai quitté puis il est revenu,
et maintenant, il habite quasiment à la maison.
- Pourquoi je raconte ça ? - Ca vous fait du bien.
- Vous avez repris avec votre ex ? - Non. Ouh là. Non.
Mais parfois, je suis à deux doigts de craquer.
Il est beau.
Il faudra bien que je choisisse.
Choisir, mais pour quoi faire ? Deux valent mieux qu'un.
Elle rit. C'est vrai.
Un à la maison qui s'occupe de vous et un autre dans votre lit
pour le plaisir
et seulement le plaisir.
C'est comme ça qu'ils font, les hommes.
On a une sexualité, nous aussi.
Et vous n'avez jamais essayé avec 2 hommes ?
C'est un de mes fantasmes.
Vous allez commencer à me choquer.
- Non. - J'y vais.
- Bon. - Non, ne me raccompagnez pas.
Je connais le chemin.
Francesca...
Si quelque chose vous revenait sur Quentin,
appelez-moi. C'est important.
Et vous, réfléchissez. Deux, c'est mieux qu'un.
Francesca rit.
Deux, c'est mieux qu'un.
Elle démarre.
Putain, j'ai la route
qui me regarde.
Sans les yeux !
Crissement de pneus.
Tout schuss !
Sirènes de police.
Il me drague ou quoi ?
Hé, ils sont deux. Waouh !
Vous ne pouvez pas rester garés en travers de la route.
- Vous allez provoquer un accident. - Coupez le moteur.
Je n'ai pas bu.
Pourquoi ces zigzags ?
Je ne faisais pas de zigzags. Je skiais.
Mais les bâtons étaient remplacés par les lignes blanches.
- Ce n'est pas si facile. - Négatif.
Je n'ai pas bu. Quand je bois,
je dors.
Vos papiers, s'il vous plaît.
On est de la même maison. On est cousins.
Elle éclate de rire.
On est cousins. On a le même ministre.
Carte.
Excuses.
C'est une carte de bibliothèque.
Elle éclate de rire.
Mes enfants font la même blague, sauf qu'eux,
ils ont 10 ans.
On verra si vous riez encore
après une nuit en cellule.
Sortez du véhicule.
Alors, on ne fait pas partie de la même maison ?
Cliquetis de menottes. Calmez-vous, Cruchot !
Hein ?
Calmez-vous, Cruchot.
Elle pouffe de rire.
Nuits de Chine, nuits câlines, nuits d'amour...
Nuits d'ivresse, de tendresse.
Elle rit comme une folle.
Oh...
Ils t'ont arrêté, toi aussi ?
- Les gendarmes ne nous aiment pas. - Elle ne sait pas ce qu'elle dit.
Je n'ai pas bu.
Tu es positive au cannabis.
Elle rit. Elles ne sont pas drôles,
- tes blagues. - Ce n'est pas une blague.
Allez, debout.
Pourquoi tu as un slip ?
J'ai dit à ta famille qu'on était en planque.
Tu vas dormir à la maison.
Ah, ça y est ! Tu te déclares !
Tu crois que je ne t'ai pas vu me mater à longueur de journée ?
Avec tes beaux yeux verts...
Et en plus,
tu en as deux.
One, two...
Encore un mot et tu restes ici. Allez...
(J'adore.)
Hé ! Ah ! Hé !
Elle rit.
Trois. C'est mieux qu'un.
Allez. Elle crie.
Ca y est ? Tu es réveillée ? Bien dormi ?
Euh...
- Est-ce que toi et moi, on a... - Oui. C'était formidable.
Hein ?
Ca va ?
Tu sais, ça...
Il ne faut pas te faire d'idées, Antoine.
C'est-à-dire...
Je n'étais pas dans mon état normal hier soir.
J'ai été un parfait gentleman. J'ai dormi là, et toi là.
Par contre,
j'aurais pu abuser, tu étais complètement défoncée.
Mais je ne comprends pas.
Je ne comprends pas. Je n'ai pas fumé.
Je n'ai rien pris. Je n'ai même pas mangé, sauf les cookies.
Mais c'est de là que vient l'argent.
Mais c'est ça, le trafic. Salle de bains...
Tu es sûre que ça va ?
Fracas.
- La salle de bains ? - Par là.
Il pouffe.
(Aïe, aïe, aïe...)
Ca va, c'est juste du cannabis. Ce n'est pas la fin du monde.
A cause de vos gâteaux, j'aurais pu avoir un accident.
J'ai fini en cellule !
Vous n'aviez qu'à pas les voler. Je vous croyais au régime.
Si j'avais su, je vous l'aurais dit.
Vous êtes incroyable !
Allez.
- Vous savez, Francesca... - Allez, ça suffit.
Quentin, il participait au trafic ?
- Trafic ? - Oui, article 222-37.
Vous risquez 700 000 euros d'amende et 10 ans de prison.
On arrête le petit numéro.
Le meurtre de Quentin
est peut-être lié.
Non, Quentin faisait des livraisons
contre un peu d'argent.
- Vous avez la liste des clients ? - Et de votre fournisseur.
Ils vont avoir des ennuis.
Les clients, non. Le fournisseur, oui.
Je ne peux pas. C'est un ami.
- C'est Paco ? - Oh...
Mais Paco, non. Il ne savait rien, Paco.
Il ne m'aurait jamais laissée faire.
Francesca...
Vous savez qu'en gardant le silence, vous protégez
le meurtrier de Quentin.
Arrêtons de lui parler comme si c'était une gamine.
Vous savez, on parle d'un meurtre.
Vous allez balancer les noms
ou je vous coffre pour complicité.
Quentin ne connaissait pas mon fournisseur.
Ce n'est pas pour ça qu'il est mort.
Ce n'est pas possible.
Il a peut-être voulu développer son propre trafic, et il a marché
- sur les plates-bandes d'autres dealers. - Sa bagnole,
avec le nouveau moteur, il l'a payée avec l'argent
- des livraisons ? - Non.
Avec mon argent. Je lui ai tout donné.
- Comment ça ? - J'ai vidé mon compte.
Vous pouvez vérifier.
Ca va vous paraître impossible, mais je l'aimais.
Ah, Candice,
- je peux te parler ? - Oui, bien sûr.
C'est au sujet de ma femme et de ma fille aussi, et de moi.
- C'est compliqué. - On ne dort plus à cause de Lili.
On est crevés, on ne fait que s'engueuler.
C'est normal.
Ca va durer encore un an ou deux.
Moi, mes enfants ont mis longtemps à faire leurs nuits.
Après, il y a les dents. C'est pire.
Comment ça ?
Ce n'est qu'un mauvais moment à passer.
Votre départ, c'est terrible.
- Comment ça ? - Mais je vous félicite.
Merci, ça me touche beaucoup.
Candice...
- Tu as des enfants, toi ? - Hm...
Ma petite ne fait que de pleurer, et du coup, on est crevés.
On s'engueule.
Pourquoi c'est Attia qui me l'apprend ?
- C'est pas facile à dire. - On peut reprendre ses études
comme ça ?
Oui, quand j'ai quitté, j'étais déjà en 5e année.
Mais c'est super !
- Tu vas devenir médecin, alors. - Oui.
C'est un peu grâce à toi.
A force de te voir gérer le boulot, l'équipe,
la taulière, les enfants, les deux mecs...
Elle rit.
Je me suis dit que ce coup-ci, j'allais y arriver, moi aussi.
C'est un peu de ma faute.
Tu es bête.
Oh, mais ça va. La fac est à Montpellier.
Ce n'est pas loin.
On pourra continuer
à se bourrer la gueule. Elle rit.
Si tu arrives à me caser dans ton planning.
Je suis désolée.
Non, mais je déconne.
On boit ?
On boit.
Si tu deviens copine avec la nouvelle, je te tue.
Elle rit.
OK.
- Tchin. - Tchin.
Je n'ai jamais aimé la vodka.
Ouais, je savais. Elles rient.
C'est incroyable !
Vous vous foutez de moi ! Je ne suis pas un délinquant.
Ce n'est pas de la drogue. C'est comme un verre de bon vin,
une cigarette au petit matin.
Ne me dites pas que vous n'avez jamais pris de cannabis.
Hein ? Pourquoi ?
Les médicaments, c'est mauvais.
Alors, en prenant un gâteau, j'avais moins mal.
On n'hésite pas à en prendre deux, si on a trop mal.
Vous plaisantez ?
Laissez-moi manger mes gâteaux.
Like a dream.
Un rêve...
C'est juste un péché véniel.
Je ne me posais pas la question que ça pouvait être interdit.
Je regrette.
I am very sorry.
Les vrais délinquants sont dehors.
Des petits gâteaux, des éclairs, des religieuses.
Elle a un paquet de clients, la vieille.
Ca ne nous mène nulle part. Il en reste beaucoup ?
Oui, il y a une Armelle Duroy. Elle est sur messagerie.
Comme Francesca ne dit rien sur son fournisseur, on va analyser
ses factures téléphoniques.
Texto matin, texto coquin.
Ah, ou alors texto pépin.
Texto bourrin.
Texto crétin.
C'est sympa de me donner des nouvelles.
C'est sympa de me dire bonjour gentiment.
On avait rendez-vous hier soir. Tu te rappelles ?
Oui, mais en fait, on a...
On a démantelé un gros réseau de trafiquants de drogue.
Il a fallu les suivre... interrogatoire, enfin bon,
je suis désolée.
Moi, j'étais inquiet.
Tu aurais pu me passer
- un coup de fil. - Oui, c'est vrai.
Tu me raconteras.
- Quoi ? - Ta nuit.
- Ca devait être passionnant. - Oui.
Oui, oui, bien sûr.
On se voit ce soir ?
Ben...
J'ai promis aux enfants de rester avec eux.
Aux enfants ou à Laurent ?
Je t'appelle vite.
Et on se voit très vite. D'accord ?
Il n'est pas rancunier.
Tu lui as dit qu'on avait passé la nuit ensemble ?
Pourquoi je lui aurais dit ? Il ne l'aurait jamais cru.
Toi et moi ? Elle rit.
Avoue, c'est drôle, non ?
Apparemment, Francesca appelle régulièrement le même numéro.
Un certain Patrick Escandre. Ca doit être le fournisseur.
Tu vas voir ça avec Chrystelle ?
Hm... Et toi ?
Je dois récupérer la recette des cookies.
Tu y as pris goût ?
Oui.
Renoir ?
Bravo ! Vous avez démantelé la "Senior Connection",
sans parler de votre immersion dans le milieu de la drogue.
Je ne l'ai pas fait exprès.
Je pensais que c'était de la conscience professionnelle.
Ca nous a emmenés sur une piste.
Pour éviter que ça s'ébruite, j'ai dû accepter un dîner
avec le commandant de la gendarmerie.
Il est pas mal, non ?
Madame...
Concernant la mort de Quentin, j'ai signé la fin
de votre garde à vue.
En revanche, pour les cookies,
le procureur va ordonner
un rappel à la loi, assorti d'une amende.
Ca m'étonnerait.
Son père est un de mes clients.
Vous ne prenez rien au sérieux.
La vie s'en charge suffisamment. J'essaie de contrebalancer.
C'est peut-être vous qui avez raison.
Ah oui, c'est sûr. On ne vit qu'une fois.
Autant en profiter, non ?
Bon, c'est pas que je m'ennuie...
Au revoir, Francesca.
(N'oubliez pas. Du plaisir, du plaisir et rien que du plaisir.)
J'ai retrouvé Armelle Duroy, la dernière cliente de Francesca.
- Elle est ici ? - Non, hospitalisée.
- Elle a sauté de son balcon. - Un suicide ?
Non, elle s'est prise pour un oiseau.
Carrément ?
Elle avait beaucoup de cannabis dans le sang.
C'est là.
- Je vous laisse. - Merci.
- Qu'y a-t-il ? - On est de la police.
- Vous êtes ? - Tristan Duroy.
C'est ma mère.
Quand le médecin m'a parlé du cannabis,
je l'ai pris pour un fou.
Vous savez qui fournissait votre mère ?
Non.
Quentin Bigler.
- Vous l'avez arrêté ? - Il a été assassiné.
Ca a un lien avec son trafic ?
- Vous êtes fan des Knicks ? - Quel rapport ?
- Mon fils les adore. - Je peux emprunter la casquette ?
Donnez-la-moi.
Donnez-la-moi.
Oh, ça doit faire mal.
Vous vous êtes battu ?
Justement, le jeune homme qui vendait des gâteaux
à votre mère, il s'est battu, lui aussi.
Quels gâteaux ?
Vous vous êtes fait ça quand ?
On va interroger
tous les hôpitaux, alors répondez.
C'est bon.
C'est moi qui l'ai tabassé.
Si la chute de ma mère
n'avait pas été amortie, elle serait au cimetière.
Vous étiez où, il y a 2 jours, entre 20h et 1h du matin ?
Chez moi. Pourquoi ?
C'est le jour où il a été assassiné.
Patrick Escandre est bien le fournisseur de Francesca.
Il a 75 ans et il cultive ça dans son jardin.
Pas con. Enfin, c'est pas honnête.
- Il est où ? - Je l'ai refilé aux Stups,
car il a un alibi.
Lui, il n'en a pas,
d'alibi.
Il y a un truc qui m'échappe.
Tristan tabasse Quentin.
Mais de là à revenir 2 jours plus tard pour le tuer...
Sa mère entre à l'hôpital, consciente.
2 jours plus tard, elle tombe dans le coma.
Il a disjoncté et a tué Quentin.
Francesca est adorable,
- mais irresponsable. - Tarée, oui.
Toi aussi, tu aurais pu te prendre pour un oiseau.
Tiens, une mouette.
Il pousse des cris de mouette.
"Candice, viens là !"
Une mouette, c'est mignon.
-Qu'est-ce que tu peux dire comme conneries quand tu es fatigué !
Enfin, lui aussi,
après une bonne nuit sans dormir, il va craquer.
- Bonjour, mon chéri. - Bonjour.
- Tu sens bon. - Merci.
Bonjour, ma puce.
Ils sont où, les jumeaux ?
Cris d'enfants.
On a à parler.
On va procéder à un échange.
Carte de bibliothèque contre carte de police.
On n'a pas ta carte.
- On l'a trouvée dans... - La poubelle.
- Plus de télé pendant une semaine. - NON !
Elle soupire.
Papa trouve qu'il est mieux là.
Tu es rentrée ?
Toi aussi,
on dirait.
Tu as oublié
de sonner. C'est chez moi.
Comme tu n'es pas venue depuis 2 jours, je te croyais partie.
Un problème ?
Tu étais où, la nuit dernière ?
En service.
Arrête de mentir
et de me prendre pour un con !
(Ca va pas !)
(Je suis au courant pour ton voisin.)
- (En quoi ça te regarde ?) - (Je t'aime.)
Ca me rend malade de te voir toute belle
pour le rejoindre. Je vous imagine ensemble, c'est horrible.
- Je sais quand il est là. - Tu me surveilles ?
Désolé, je suis jaloux. C'est plus fort que moi.
Euh, Candice...
Je vous remercie.
Selon les autorités maritimes, Paco a bien un bateau.
Il a pu emmener Quentin sur l'étang.
J'ai du mal à l'imaginer
- jaloux d'un gamin de 20 ans. - Pas moi.
- Bonjour. - Bonjour.
La brocante de Paco, c'est ici ?
Oui, mais il est parti faire des courses. Il va revenir.
Un double, peut-être ?
Vous pouvez rester ? On a besoin d'un témoin pour la perquisition.
Qu'est-ce que vous lui reprochez, à Paco ?
D'être fou de jalousie.
Ce n'est pas facile.
- Avance encore de quelques mètres. - J'adore les surprises.
- Bon, arrête. - Oui ?
Tu peux enlever ton foulard.
Halètement de surprise.
C'est magnifique.
Qu'est-ce que c'est que cet endroit ?
Ah, c'est un secret.
- Bonjour. - Bonjour.
Tu as quelque chose ?
Oui. Il y a du sang, là.
- Ce n'est pas du sang de poisson ? - Impossible.
Les taches sont trop larges. Je vais comparer avec celui
de la victime. A mon avis,
Quentin se tenait
debout ici quand il a été harponné, et Paco à 3m.
Il faut retrouver Paco.
Bon courage.
Tu es trop.
Sirènes de police.
Paco n'est ni chez lui ni à son stand.
Il sait qu'on le cherche.
Elle frappe.
Personne ne répond. On y va ?
Vous allez fouiller le garage.
C'est son atelier.
(Et puis nous, on va visiter sa maison.)
Les deux portables sont éteints. Impossible de les localiser.
Francesca a dû se barrer avec Paco.
Non. Pourquoi elle aurait fait ça ?
Elle ne lui aurait jamais pardonné sa mort.
Non, non...
Je crois qu'elle ne savait rien.
Elle doit imaginer que Paco a menti sur son emploi du temps
pour la protéger.
Elle ne serait jamais partie sans ses affaires de toilette.
Le parfum, la crème, les déodorants.
Toi, dans un cas pareil, tu ne prendrais pas un minimum ?
J'achèterais ça en route.
Tu vois, cette crème, elle coûte une fortune.
Elle ne serait jamais partie sans.
Alors ?
Oh... Encore ?
Ca ne te plaît pas ?
Si, mais enfin, c'est trop.
- C'est toujours moi. Pourquoi ? - Parce que je t'aime.
Oui, mais enfin...
- Francesca... - Hm...
- Veux-tu m'épouser ? - Tu dis n'importe quoi.
On n'est pas heureux comme on est ?
Que veux-tu de plus ?
Toi, pour moi tout seul.
Tu es complètement fou. Bon...
C'est quand même pour ça que je t'aime.
A la tienne.
A la tienne.
Hm, j'adore.
Eh ben, bois.
A la tienne, allez.
Des somnifères. Il les a broyés dans son atelier.
Il va se suicider avec elle.
Il a compris qu'on allait l'inculper.
Il faut y aller vite. Il est où, JB ? Il dort ?
JB ! Et l'avis de recherche ?
Ca ne donne pas grand-chose, mais regarde.
Paco a restauré ce coq.
Il appartient à un forain du parc d'attractions
de Marseillan-Plage.
Il est fermé en ce moment.
Peut-être qu'il a les clés.
Pas mal, pour un type fatigué.
Merde, le moteur est froid. Dispersez-vous !
On cherche partout !
Candice...
Que fais-tu là ?
Je voulais être là quand les enfants
rentrent de l'école.
Ca va ?
Tu as passé une bonne journée ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je n'ai pas arrêté de penser à ce que tu m'as dit.
Je ne veux plus que tu souffres à cause de moi.
Alors, je sais, depuis le début,
depuis que tu es rentré,
on a une relation ambiguë,
et c'est de ma faute,
mais il faut que je sois honnête avec toi. Je veux qu'on divorce.
Non, c'est beaucoup trop tôt pour ça, Candice.
Non, on aurait dû le faire plus tôt.
Demain, je voudrais qu'on appelle un avocat.
Et je voudrais qu'on instaure de nouvelles habitudes.
Tu es tout le temps à la maison,
alors que tu as une maison en face, à 100m.
Prends l'habitude de prendre
les enfants avec toi chez toi.
Tu as raison, pour ça. Ca, je suis d'accord.
On commence ce soir.
Pourquoi ce soir ? Tu sors ?
(Laurent...)
Sonnerie du théâtre.
Elle rit.
Ils rient.
Merci beaucoup.
De rien.
- A demain. - A demain.
Je suis désolé.
Mon dernier patient avait du retard.
C'est qui, elle ?
Ben c'est Carine, la remplaçante de mon associé.
- C'est elle ? - Oui, pourquoi ?
Je l'imaginais...
- Elle est sexy. - Tu trouves ?
C'est avec elle que tu as dîné hier ?
C'est toi qui nous as posé un lapin.
Tu n'es pas jalouse ?
- Moi, jalouse ? - Bon, allez, viens.
Moi, jalouse ?
Sous-titrage MFP.
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