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-Et vous serez combien à cette fête ?
-Une dizaine.
-Tu rentres à quelle heure ? -On dort tous là-bas.
Ca vous évite de venir. -Vous vous organisez comment ?
-T'inquiète pas, j'ai des préservatifs.
-Ca ne me rassure pas. -Je ne suis plus une gamine.
J'ai bientôt 17 ans. -Tu as 16 ans et 8 mois.
Ca n'a rien à voir. A 17 ans, on est encore un enfant.
-Tu disais ?
-Cours.
Doucement.
Sirène de police.
-Je te dis qu'on va sur une digue, et toi, tu mets ça.
-Elles sont mieux que les roses.
J'avais envie de les mettre.
Alors, on a quoi ?
-Un bateau à moteur a heurté la digue ce matin.
-On a des témoins ?
-A cette heure-là, il y a peu de promeneurs.
-Merci.
Pardon.
-Qu'est-ce que je te disais pour tes chaussures ?
C'est pas possible
-Ouh là
-J'ai oublié de te dire. Le pilote a brûlé avec.
-Toi qui aimes la viande bien cuite, tu vas être servie.
-Là, il est un peu tôt.
-Moi, je la préfère saignante.
-Et le cadavre, tu en penses quoi ?
-Je ne peux même pas te dire si c'est un homme ou une femme.
Tout a fondu. Il faudra attendre l'autopsie.
-On a retrouvé un numéro de série sur le moteur.
-Pourquoi ce bateau est venu s'écraser ici ?
Il n'y a rien autour.
-Soit il a eu un malaise, soit il était bourré.
-A 8h du matin ?
-C'est un peu bizarre.
-Vous voyez le mal partout.
-Il y a 2 jours, je suis venue avec les enfants.
Ils voulaient faire une balade en mer.
-Merci pour cette info essentielle à l'enquête.
-Ah non, pas vous !
Vous restez à quai.
3h pour tout nettoyer. Bonjour, l'odeur !
J'en ai vu, des touristes,
mais malades comme ça, jamais. Vous aviez mangé quoi ?
-Une omelette, voilà.
Laissez-moi vous poser des questions,
sinon je vous embarque.
A 8h, un bateau s'est encastré dans la digue.
Vous avez vu quelque chose ?
-Quel genre de bateau ? -Il a pris feu,
mais 7-8 mètres de moteur. -Attendez.
J'ai vu un Antarès blanc sortir.
Ca correspondrait à la description. Je baladais une classe de 6e.
Un petit a été malade.
Mais par rapport à vous, ce n'était rien.
Les enfants ont fait des grands signes aux passagers.
Ils n'ont pas répondu.
-Ils étaient combien ? -Deux.
-On n'a qu'un corps. Soit Pince-Mi est tombé
-Soit Pince-Moi l'a tué.
-Le bateau est enregistré au nom de Daniel Langlois.
Pas sûr que ce soit lui.
Je n'aime pas annoncer les mauvaises nouvelles.
-Arrête de faire ta chochotte.
Elle frappe.
-Bonjour. Mme Langlois ? -Oui.
-Police.
On peut entrer ?
-Vous avez retrouvé papa ?
-Il n'est pas rentré depuis quand ? -Hier soir.
-Il va bien ?
-Je n'ai pas une bonne nouvelle à vous annoncer.
-Non
Non ! -Lou !
Lou sanglote.
-Votre mari était dans quelle unité ?
-Para.
Il est rentré du Mali il y a un mois.
6 mois en mission, et il meurt ici.
La vie est une pute.
-Hier soir, il faisait quoi ?
-Il est allé dîner avec ses collègues à l'aérodrome.
Il n'est pas rentré. -Ca lui arrivait souvent ?
-De quoi ? -De découcher ?
-Jamais.
Je l'aurais attendu avec une kalache.
-Hier, il était avec un autre homme sur un bateau. C'était qui ?
-Des hommes, il ne connaît que ça.
Ca peut être la moitié de son unité.
Vous ne pensez pas que c'est un meurtre ?
-On attend les résultats d'autopsie.
-Vous lui connaissez des ennemis ? -Non.
Il est rigide, il est vieux jeu, il est militaire,
mais les gens l'aiment bien.
Enfin, je crois.
Et moi aussi, je l'aimais.
-Oh, putain, le maniaque.
Je suis sûre qu'il met sa brosse à dents à droite
du lavabo. -Je te signale qu'il est mort.
-Fais pas ton Bisounours. -Ca me touche.
Il faisait plein de trucs avec sa fille. C'était un bon père.
-Je vais te laisser pleurnicher
et essayer de trouver pourquoi il a été tué.
-Ce n'était pas trop dur de reprendre une vie normale
avec un mari revenant
d'une zone de guerre ?
-Vous voulez dire, est-ce que
c'est pesant de retrouver un type qui sursaute
dès qu'on allume la lumière ? Oui.
-Et lui, comment il vivait ce retour à la vie normale ?
-Il disait que ça lui faisait du bien de retrouver mon bordel,
qu'il serait devenu dingue
s'il était resté avec son chef qui inspectait les prises
au coton-tige.
-Sauf qu'il y a 3 draps qui sèchent dehors,
alors ça lui faisait peut-être du bien,
mais vous faisiez chambre à part depuis son retour.
-Il faisait des insomnies.
Il se relevait la nuit. Il ne voulait pas me déranger.
-Il avait une maîtresse ?
-Pas le genre de la maison.
-Un gros cochon, le gentil papa. Il passait son temps
sur les sites d'escorts. -Oh, putain
-On peut aussi dire ça comme ça.
-Oh là là
Oh, putain -Ca va, arrête.
-Des escorts ?
-Il a consulté plus d'une cinquantaine de sites.
-Il a fait une mauvaise rencontre. -On vérifie l'ordinateur.
On va aller voir les compagnons d'escadron de Langlois.
C'est eux qui l'ont vu en dernier vivant.
"Les quatre saisons", de Vivaldi. Allô ?
D'accord, j'arrive.
C'est Attia, elle veut me voir. -Peut-être qu'elle a besoin
de se confier et qu'elle va te dire qui est le père du foetus.
-Tu crois que c'est quelqu'un de chez nous ?
-Il y a des fous partout.
-Langlois a été abattu de 2 balles
dans le coeur. L'accident était une mise en scène.
La BSU peut enquêter, mais Langlois n'est pas une victime lambda.
L'armée n'aime pas qu'on mette le nez dans ses affaires.
-Vous me connaissez, je serai discrète.
-Justement, je vous connais, Renoir
-Vous le sentez bouger ?
-Pardon ? -Le bébé.
-Je ne mélange pas ma vie privée
et le travail, et je n'ai aucune envie
que nos rapports glissent sur le terrain
des biberons et de la layette.
-Bien, chef.
-Bien.
-3 mois.
Si je peux vous donner un conseil,
vous devez l'allaiter 3 mois.
Minimum.
-Tu serais le père, tu me le dirais ?
-Pourquoi tu me demandes ça à moi ? -Ce sont des bruits qui courent.
Tu as couché avec tout le monde. Pourquoi pas Attia ?
-Excusez-nous. Police. On cherche le lieutenant-colonel Gaultier.
-Oui. C'est moi.
-Capitaine Dumas. -Commandant Renoir.
On vient vous apprendre -Oui, je sais.
-Il a été assassiné.
-Un meurtre ?
-2 balles de 9 mm. Comment ça s'est passé hier soir ?
-Il n'est pas venu et il n'a pas prévenu.
-Il aurait pu avoir une maîtresse ? -Négatif. Il avait des principes.
-Il paraît qu'il faisait des insomnies.
-Un soldat qui revient du combat
n'a pas forcément envie de regarder la télé avec bobonne.
-Belle vision de la famille !
-Il manquait d'adrénaline.
Du coup, on venait sauter ici.
On ouvrait les toiles au dernier moment. Le frisson.
-Vous vous donniez le frisson jusqu'à quel point, tous les deux ?
-Daniel était sous mes ordres.
Ici, on ne mélange pas le service et l'hygiène.
Pourquoi ? On couche avec ses collègues dans la police ?
-C'est venu jusqu'ici. Elle rit.
Antoine !
-Oui.
-Regarde.
L'angle et la définition
sont bizarres. -Ce n'était pas l'as
de la prise de vue.
-C'est comme s'il avait pris les photos
sur une grue ou perché. -C'est des photos volées
de sa famille. Pas banal.
-Oui, c'est vrai.
-Tu ne veux pas que je le fasse ?
-Non, ça me rappelle le cerisier où je grimpais, petite.
-Ce n'est pas un cerisier, là.
-Voilà.
C'est d'ici que la photo
a été prise. -Pas étonnant
que ce soit flou.
-Une caméra.
-Il espionnait sa femme et sa fille ?
-Oui.
Reste à savoir pourquoi.
Je descends.
-Fais gaffe. -Ben oui.
-Fais gaffe
Elle crie.
à ne pas glisser.
Ca va ? Gémissement.
-L'autre.
L'autre rue. Voilà.
-Tu aurais pu sauver Jane au lieu de la laisser tomber.
-Tarzan avait prévenu Jane.
-Qu'est-ce que tu as trouvé ?
-4 caméras. Il surveillait tous les coins de sa maison.
-Peut-être qu'il s'inquiétait pour sa famille.
-Tu mettrais des caméras chez toi ? -Ca peut être utile.
-J'ai mis une caméra dans un nounours
pour surveiller la baby-sitter. -Fasciste.
-Ca va pas !
-Stop ! On reprend l'enquête.
Ca donne quoi ?
-On a Sandrine qui sort de chez elle,
Sandrine qui a oublié
ses clés,
Sandrine qui fait les courses
et Sandrine qui baise
dans le salon. -Sérieux ?
-Non. Ce que tu es prévisible !
-Bon, tu n'as rien, quoi.
-Si.
Regardez ça.
Je vous ai fait une petite sélection.
On a Mme Parfaite qui dit au revoir à son gentil mari.
Ensuite, elle rentre dans sa superbe maison.
Et à peine 1 minute 30 après, Mme Parfaite ressort de la maison.
-C'est passionnant, ça.
-Tu ne comprends pas.
Attends. Voilà, regardez.
Elle a l'air en stress, là, non ? -Franchement
Bof.
-Ce n'est pas très probant. -Elle a peut-être un rendez-vous.
-Elle fait ça plusieurs fois dans la semaine.
Elle cache quelque chose.
-Ou elle a un amant, et ils ont supprimé le mari.
-Plausible. -C'est utile, les caméras.
-Tu me fais ch -On ne veut pas le savoir.
Continuez à chercher, tous les deux.
Nous, on va voir Sandrine Langlois.
-Comment ça, "fasciste" ?
-Tu es un putain de fasciste. Tu filmes ta nounou à son insu.
-Tu te rends compte de ce que tu dis ? C'est grave.
-Le noir ne va pas à toutes les femmes, mais là,
ça fait un peu veuve joyeuse, non ?
-On y va. -Non, on va la suivre.
Alors ?
Tu ne m'as pas dit pour Attia. -N'écoute pas les ragots.
Attia n'est pas mon genre. -C'est quoi, ton genre ?
Entre Pascale, Laurence des stups,
la fille du labo Comment elle s'appelle ?
-Ysée.
-Tu es sûr ?
-Oui.
-Entre Pascale, Laurence et Ysée, ce n'est pas le même genre.
-Et tu veux dire ?
-Que ton genre, c'est peut-être de ne pas en avoir, de genre.
-Tu me connais bien. C'est fascinant. Fascinant.
-Ouais.
-Elle s'arrête.
-Elle est pressée de déménager ? -Hm
Elle sonne.
Je te parie un dîner que son amant est un "toy boy".
-Je ne parie plus. C'est quoi, un "toy boy" ?
-C'est un petit jeune. Elle, c'est une cougar.
On parie un dîner.
-Oui ? -Pari tenu.
-Sandrine vous a invités ?
-Oui, en quelque sorte.
-D'accord.
Rires au loin.
-J'ai de nouveaux modèles chaque semaine,
mais celui-ci marche très bien. -Moi, je ne m'en lasse pas.
-C'est ludique, facile d'utilisation.
-Petit détail qui a son importance,
le "toy boy" n'est pas un sex-toy. Enfin, quoique
-Tu vas le payer cher, le dîner.
-Vous n'avez jamais vu
de sex-toys ?
-Mme Langlois, je vais vous demander de nous suivre.
-Terminez sans moi.
-Bien. A présent, je voudrais
vous parler de ce modèle.
Sa souplesse épouse toutes les formes internes.
-Madame
Je vous l'offre.
C'est très agréable après une journée difficile.
Vibration.
-Merci.
-Des caméras ? A cause des sex-toys ?
Non, je n'y crois pas.
-Vous ne lui avez pas dit ?
-C'est le seul moyen que j'ai trouvé
pour être indépendante financièrement
et rencontrer des gens nouveaux. C'est un crime ?
-Mais vous ne lui avez rien dit ?
-Il aurait préféré que je fasse du bridge.
-Il découvre que ce n'est pas du bridge, et après ?
Vous vous disputez ?
-Et en admettant. Vous pensez que j'aurais eu le dessus ?
-Comment il a réagi, quand il a su ?
-Ben
Bizarrement,
il a eu l'air rassuré.
-Et les escorts qu'il fréquentait ?
-Les escorts ? -Oui.
Votre mari était un visiteur assidu de ce genre de sites.
-Impossible.
-Arrête tes conneries.
-Plein de bouquins, de lingerie et de sex-toys.
-Quand j'étais petit, ma mère vendait des Tupperware.
-Si seulement les femmes étaient restées en cuisine !
-Vendre des sex-toys, c'est une avancée féministe ?
-C'est ça qui vous gêne : le plaisir féminin.
-C'est pas possible. -Exactement, c'est pas possible.
-Le mari de Sandrine Langlois connaît son commerce
depuis 15 jours.
Alors, pourquoi il a laissé les caméras de surveillance ?
Vous ne remarquez rien ?
Si ce n'est pas pour surveiller sa femme,
c'est pour sa fille.
-C'est Lou Langlois ?
-Oui. Très maquillée, elle fait 10 ans de plus.
-Pourquoi elle fait ça ?
-Que s'est-il passé ?
-Ce n'est pas moi.
-Ah bon ?
Lola et toi, vous avez le même grain de beauté ici.
C'est bizarre, non ?
-Je ne dirai rien.
-Dans l'armée, le silence est d'or. -(Connard.)
-Pardon ?
-Quand ton père a su que tu te prostituais,
il a gardé le silence ?
Pourquoi tu fais l'escort ?
-J'aime ça.
-On a trouvé ça dans ta chambre, sous ton lit.
Un téléphone sans abonnement
pour tes rendez-vous professionnels.
Oui, c'est professionnel.
-Ce n'est pas à moi. -Pas à toi
Je te lis le 1er texto ? "400 euros l'amour, 200 la pipe."
Et le 2e
"18h, rendez-vous ce soir à l'hôtel Beau Rivage. Lolo."
Laurent
Il a dû payer par carte.
Il y a des caméras dans les hôtels.
Tu lui as fait quoi ? 400 ? 200 ? Un tarif pour les deux, c'est ça ?
Tu réponds, maintenant !
-Elle a 17 ans et elle refuse qu'on l'aide.
Il ne manquait plus qu'elle.
-Ma hiérarchie veut savoir où en est votre enquête.
-"Ma hiérarchie veut" ? "Souhaiterait", vous voulez dire.
Ou "se demande dans quelle mesure il serait possible."
La langue française a plein de formules de politesse.
Mais l'armée n'a pas le même vocabulaire.
-Adressez-vous au commissaire Attia.
Je suis simple commandant, désolée.
Elles pouffent de rire.
Le 1er mec qui t'a larguée, il était militaire, non ?
-Mon père était médecin militaire.
Le verbe "vouloir" a bercé ma jeunesse.
-Tu as dû faire des étincelles.
-Tu m'étonnes
Tu n'imagines pas toutes les conneries que j'ai pu faire.
Un jour, quand tu auras le temps, je te raconterai.
-Donne-moi une cigarette.
Merci.
Raconte-moi, ça m'intéresse.
-Alors, déjà, à 15 ans,
je suis tombée raide dingue d'un type
-Tu sais quoi, Lou ?
Moi, quand j'avais 15 ans, je suis tombée raide dingue d'un type
qui avait 10 ans de plus que moi.
C'était un collègue de mon père. Il était lieutenant.
Mon père était général. Comme toi, j'étais fille de militaire.
-Votre père l'a su ? -Tu n'imagines même pas.
Un jour, je décide de sortir avec lui dehors,
on se roule un patin,
et boum, mon père qui débarque.
-L'horreur. -Oui, l'horreur.
Maintenant, chaque fois que je vois
un militaire, j'ai tendance à changer de trottoir.
Toi aussi, tu as fait des conneries, visiblement.
Escort
C'est pour emmerder ton père. -Non, pas du tout.
Jérémie, mon copain, est pote avec un mec,
Manuel.
Il nous a proposé de gagner un max de thune.
-Continue.
-On devait transporter de la drogue entre Cerbère et Montpellier.
-De la coke ? -Héro.
-Tu consommes ?
Quel rapport avec l'escort ?
-L'un des transports a foiré.
Des flics sont montés dans le train. J'ai tout jeté.
30 000 euros dans les chiottes.
Manuel a menacé de nous tuer si on ne payait pas.
Escort, c'est un moyen de gagner du fric.
-Mais ton copain est d'accord ? -C'est de ma faute.
-Et quand ton père l'a su,
il a voulu parler à Jérémie et Manuel ?
-Non, il ne savait pas.
Jérémie n'a pas vu mon père. Il me l'aurait dit.
-Tu sais où on peut trouver Jérémie ?
-Non, ça fait deux jours que je n'ai pas de nouvelles.
-Ca fait deux jours que ton père est mort.
-Jean-Michel, tu restes là.
-Alors ?
Ca donne quoi, le petit copain ?
-Jérémie Portalis est fiché pour possession de cannabis
et violence.
-Et Manuel Ribeiro ? -Il a été arrêté
pour port d'arme, trafic
et proxénétisme. -Eh ben !
-Dégoter parmi tous les mecs celui qui va tuer ton père,
c'est du grand art. -On y va.
-L'appart est vide.
-Ce n'était pas un dîner entre amis.
-A ce propos, j'ai réservé pour demain soir.
20h, je passe te prendre.
-Je croyais que tu plaisantais. -Ce n'est pas mon genre.
-Antoine !
Antoine, ramène-toi !
Chrystelle siffle. -Je rêve ou elle m'a sifflé ?
-Ho ! Antoine !
-C'est nouveau, ça, de me siffler comme un chien !
-La récré est terminée. En rang par deux.
-Le type a sauté de là-haut. Il était blessé.
J'appelle Aline pour les relevés ?
-Langlois vient voir son gendre. Il l'attaque. Le gendre fuit.
-Puis il chope son beau-père sur son bateau
et il allume le barbecue.
-Voyons large.
On lance un mandat d'arrêt contre Jérémie et Manuel.
On surveille les gares routières, les aéroports, les lignes de bus.
-Oui, ma mère est OK pour la fête.
T'inquiète, je les ai.
-Ah bon ? C'est toi qui payes les préservatifs ?
Il est galant, lui ! -Il faut que je te laisse.
Non, c'est toi qui raccroches. -Hé, tu m'aides ?
-Je raccroche.
J'aurais adoré, maman, mais là, ça ne tombe pas bien.
J'ai des maths à faire.
-Bien sûr, des maths.
-C'est vraiment bête.
-(C'est bête.)
Elle parle dans sa barbe.
Rires et voix d'enfants.
Les enfants
J'ai un nouveau jeu à vous proposer.
Il commence un peu comme le vôtre.
Alors, on prend une paire de chaussettes.
Mais attention, ce sont des chaussettes propres.
Seconde difficulté, mais vous allez y arriver :
on retourne la chaussette.
On tend le bras. Légère flexion du coude.
Attention
On ouvre le tiroir, et là, on range la chaussette.
Qu'est-ce que c'est, ça ?
OK, je recommence.
C'est quoi, ça ?
-Maman, ton téléphone sonne ! -J'arrive ! Alors ?
-C'est un sac en plastique.
-Je parle de ça.
-Un maillot de bain. -Mais je vois bien !
Je ne comprends pas pourquoi il est encore mouillé.
-C'est dimanche dernier, dans la piscine de la copine de papa.
-Emma va te tuer.
-Maman, ton portable ! -Décroche.
-C'est quoi, ce Vibration.
-Vous savez, ça m'est égal que votre père ait une copine.
D'ailleurs, elle s'appelle comment ?
-C'est quoi, ça ?
-C'est un canard. -Un canard
Un canard pour le bain ? -Non, pas pour le bain.
Enfin, si, plus ou moins.
Ce n'est pas à moi. C'est dans le cadre d'une enquête.
Un soldat qui est rentré du Mali.
-On n'a pas envie de parler de ta sexualité.
C'est glauque.
-Ce n'est pas glauque.
Ce n'est même pas ma sexualité. -On peut passer à table.
C'est prêt.
-Tu ne le laisseras pas traîner devant les jumeaux.
-Aline, c'est Candice.
Je te dérange, là ?
Nicolas de la pizzeria ?
Je croyais que tu ne lui avais jamais parlé.
Ah
Donc tu lui as parlé.
Non, c'est bon. Je ne te dérange pas plus.
Non, je t'embrasse.
Oui.
Jouir
ou ne pas jouir.
Telle est la question.
Elle fait un bisou.
-Salut.
JB
Qu'est-ce que tu as ? Tu es tout bizarre.
-Non.
-Si, tu es tout souriant. Lili fait ses nuits ?
-Non, pas vraiment. -Bizarre.
-Vous aviez raison.
Langlois est allé voir son gendre. Il a laissé des empreintes partout.
Le sang dans la cour, c'est du O négatif,
comme celui de Jérémie. Vu la quantité de sang,
il a dû être sérieusement blessé.
-JB, on te dérange ? -Non.
-Bon, je vous laisse.
Allez, salut.
-Et la localisation de Manuel et Jérémie ?
-Les contrôles aéroports, gares routières et bus n'ont rien donné.
-Donc ils sont toujours ici. -Oui, j'espère.
On cible les recherches sur les hôpitaux et les pharmacies.
Moi, je vais retenter Lou.
Si quelqu'un sait où est Jérémie, c'est bien elle.
Je te laisse finir.
-C'est pas possible, ce sourire béat.
Tu as piqué un canard dans les scellés ?
-Non, mais avec Audrey, on s'est retrouvés.
-Ah Bien.
-L'entrevue entre ton père
et Jérémie s'est mal passée.
On s'est dit que peut-être Jérémie avait voulu se venger
avec l'aide de Manuel. -Il n'a pas pu tuer mon père.
Jamais il ne m'aurait fait ça.
Il ne ferait pas de mal à une mouche. Il adore les animaux.
-Avec les femmes, c'est différent. -Vous ne comprenez rien.
Il fait tout ça par amour pour moi.
-Excuse-moi, Lou.
Je suis sûrement un peu vieux jeu,
mais à mon époque, quand un homme aimait une femme,
il ne la mettait pas sur le trottoir.
Et il ne lui faisait pas transporter de la drogue non plus.
Mais je suis peut-être dépassée. -Il m'aime.
-Non, il ne t'aime pas. Il se sert de toi.
Il a peut-être tué ton père. Ce n'est pas une preuve d'amour.
Aide-moi à retrouver Jérémie.
Elle est où, cette photo ? -Je ne sais pas, elle a dû glisser.
-Il y avait quoi dessus ?
-Mon père et moi. On avait gagné notre 1re compét.
Il faut que je la retrouve.
-Ma fille se prostitue, je n'ai rien vu.
Quelle conne !
Je ne pensais qu'à moi,
à ma nouvelle vie.
-Ca ne sert à rien de vous en vouloir.
-17 ans
17 ans, vous vous rendez compte ?
-Il manquait des affaires à votre mari ?
-Non, rien.
-Des vêtements
-(Non.)
Il était tellement maniaque. Ca se voit au 1er coup d'oeil.
-Il y avait quoi, là ?
-Il y avait son caban.
C'est sûrement celui qu'il portait le jour où
C'était son préféré.
-Oui, maman, j'ai bien compris.
Je suis au travail. Il faut que je te laisse.
Tu m'expliques ? -Je vérifie d'abord.
Tu sais comment je fonctionne.
-Commandant, on a déposé ça
pour vous. -Merci, Michel.
-Le dossier médical de Langlois ?
-Tu as reçu le rapport d'autopsie ?
-J'adore te faire plaisir.
-Il y avait des particularités sur le corps calciné ?
Des fractures par exemple ?
-Une fracture au péroné qui remonte à 10 ans.
Ici, tu vois.
-Compare avec ce dossier.
-Non. D'abord, tu m'expliques ton idée.
-Je crois que Langlois est vivant.
L'autopsie montre qu'il y a eu une fracture sur le péroné.
Langlois n'a jamais eu de fracture, donc le corps n'est pas le sien.
-C'est qui ?
-Ce serait Manuel Ribeiro, le proxénète de Lou Langlois.
La fracture vient d'une bagarre.
-Langlois est vivant ? -Oui, il a mis en scène
sa mort, pour couvrir
le meurtre de Ribeiro.
-Vous êtes sûre que vous n'êtes plus en contact avec lui ?
-Négatif.
Je n'aiderais jamais un criminel à se cacher.
-Aline, qu'est-ce que tu en penses ?
-Je trouve ça inquiétant.
Ce type est un soldat. Il veut sauver sa fille.
Il ira jusqu'au bout. Il a supprimé Manuel
et maintenant, il va tuer Jérémie.
-Vous en pensez quoi ?
-Langlois aime atteindre ses objectifs.
-Se sacrifier pour sa famille,
c'est un objectif crédible ?
-Le plus solide de tous.
-Mais le respect de la loi, c'est plus
On le retrouve vite avant qu'il ne tue Jérémie.
-Quasi impossible.
Langlois sait se camoufler.
C'est un très bon tireur.
S'il veut tuer ce petit,
il ne le ratera pas. -On doit intervenir.
-S'il avait localisé sa cible, il l'aurait déjà éliminée,
donc il la cherche encore.
-Et vous, à sa place, vous la chercheriez comment ?
-C'est simple.
Je vous suivrais partout, tout le temps,
jusqu'à ce que vous me meniez
à la cible, et une fois que vous m'auriez
menée à elle, je tirerais
et je garderais une dernière balle, pour moi.
-Ton père cherche Jérémie. Tu sais ce qui va se passer ?
Si tu continues à te taire, je te donne aux stups.
Et avec tes activités d'escort,
ce sont les services sociaux qui vont intervenir.
-Tu ne comprends pas, hein ? Ton père va tuer Jérémie.
Et il va faire quoi, après, à ton avis ?
C'est ça que tu veux ?
Il va se foutre en l'air à cause de toi !
-Sandrine, ce n'est pas la solution.
-J'en ai marre de ton silence !
J'en ai ras le bol !
Si ton père avait parlé, on n'en serait pas là.
-J'ai complètement merdé. J'ai tout foutu en l'air.
Jérémie s'est acheté un bateau.
Il voulait le retaper pour qu'on s'en aille tous les deux.
(Je suis désolée.)
-(Mon bébé)
(Mon bébé, ça va aller.)
(Ne t'inquiète pas.)
-Lou n'a pas pu nous dire où est le bateau.
On frappe. -Oui.
-Un pharmacien du port des Eaux Blanches a reconnu Jérémie.
Il lui a acheté des bandages.
-Il y a des hangars de réparation aux Eaux Blanches.
-C'est une bonne piste. Il faut y aller vite.
Mais si Gaultier a raison, Langlois va nous suivre.
On la tente ?
-Non, j'appelle Canovas. -Non, pas Canovas.
On a besoin d'être peu nombreux
pour être mobiles. Pas Canovas.
Discrets.
-Tu n'as pas mis tes jolies bottes ?
Elle rit jaune. -C'est drôle.
Je dirige les opérations.
-Non, c'est moi qui les dirige.
-Tu as dû l'entendre de ton oreille phallocrate.
-On ne va pas polémiquer.
Je vais appeler Attia, qui va me donner les instructions.
Il soupire.
-Pour éviter la guerre des egos,
c'est moi qui coordonne l'intervention.
-Non, certainement pas. -Pourquoi ?
-Pas dans votre état.
-Je suis enceinte, pas malade.
Bon, messieurs
Le patron du chantier est formel.
Jérémie est un de ses clients.
Commandant, investissez le chantier.
Le bateau s'appelle Le Funambule.
-Vous, vous restez ici, sinon, je vous renvoie au bureau.
-Putain ! Sérieux
-Benoît, à droite. -OK.
Objectif atteint. De Autorité à Benoît.
-Benoît, j'écoute. -Envoie-moi un binôme.
-Bien reçu.
-Tu crois que Langlois nous a suivis ?
Quoi ?
-Il y a un type.
Ca pourrait être Portalis. -Tu es sûre ?
-Non. Mais ça vaut le coup de vérifier.
-Allez.
-Vas-y.
-RAS.
-Portalis est là ?
-Négatif. L'oiseau s'est envolé.
-(Celui-là ?) -(Oui.)
-Candice !
-Police, arrête-toi ! Coup de feu.
Coups de feu.
-(Ca va ?) -(Oui.)
-On a Portalis. Il est blessé.
Langlois vient de tirer. -Attendez les renforts.
-Il faut localiser Renoir. Benoît avec moi.
-Il est sur le chantier annexe, de l'autre côté de la route.
-Tends ta jambe.
Donne ta main. Appuie fort là.
Très fort. Tu restes avec moi.
Il faut l'évacuer.
-Langlois va nous canarder.
-Il faut le localiser.
Coup de feu.
-Il est sur le bateau bleu.
Langlois, écoutez-moi !
Moi aussi, j'ai une fille de 17 ans.
Si on la mettait sur le trottoir,
j'aurais envie de buter le mec,
mais j'espère qu'on m'en empêcherait.
-C'est des conneries ! -Non, commandant. Et vous le savez.
Lou vous aime.
Et Sandrine aussi.
Elles attendent votre retour.
-Mon retour ? Où ? En taule ?
-Langlois, rendez les armes ! Je vous le jure !
On va trouver une solution.
Non !
-Jérémie !
Candice, barre-toi !
Coups de feu.
-Antoine !
Antoine !
-Go, go, go ! -Par là !
Il suffoque.
-Reste avec moi.
-Lève les mains ! -Je vais crever.
Coups de feu.
-Tu es con. -Tu bouges pas !
-Antoine !
-Doucement, doucement ! -Allez, les gars !
Chopez-le vite !
-Je viens avec vous. -Pas de problème.
-Embarquez-le.
Sirène des pompiers.
-Alors ?
-Le pronostic vital est engagé.
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