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-On est à 1h15
du résultat. - M.-F. Trémeau, la favorite,
a fait une campagne solide.
-On a espoir.
-Droïde, la société organisatrice de la primaire...
- Il se passe quoi ? - Ca bugge.
- C'est une blague ? - Félicitations, Paul.
-Je veux pouvoir dire
Que tu as repris mes propositions.
-On doit afficher notre unité d'emblée.
-Je ne te laisserai pas le volant et les clés du camion !
- Le laxisme sécuritaire, ça suffit. - Elle veut éclipser
Le patron.
Y a-t-il quelque chose
Que je dois savoir ? - Tu sais tout.
-Sauvegarde tout sur disque dur.
Vous êtes assis sur une bombe. Votre costume vous protégera pas.
-Pinguet est mort. Il va falloir payer pour les disques.
-C'est le fondateur de Droïde ?
- Salut. Je t'en prie, vas-y. - Salut.
-Bonjour.
Détonation.
-C'est quoi, ça ?
-Jennifer !
Jennifer !
Vas-y, vas-y, vas-y.
-Appelez les secours ! Une porte se referme.
- Pardon... - Elle respire encore.
Appelez les secours !
Elle sanglote.
- Bonjour. Vous allez bien ? - Ca va.
-Bonjour.
Bonjour, madame.
- J'ai voté pour vous à la primaire. - Je suis là grâce à vous.
Rire franc.
Ca va, les jeunes ? - Bravo à vous.
-Nous avons vu dans la première partie
les opérations de tri,
de qualification des vêtements de 2de vie,
ce qui nous permet d'être dans une démarche vertueuse,
de leur donner un avenir.
13 000 bacs, 30 000 articles par bac,
Donc on a une capacité de 400 000 pièces.
Voici un poste de préparation de commandes.
-La formule, c'est : "La nouvelle France rurale".
On est les seuls sur le terrain.
-Tu m'assures l'exclu ? Rien avant notre 13h ?
-Si tu m'assures l'ouverture du JT et un duplex.
C'est chez toi qu'il développera. - OK, je vérifie de suite.
- scannés, puisque tout est tracé,
on a une traçabilité totale de nos produits.
- C'est tout ? - Merci. Bonne journée.
Vibreur. - Oui...
♪-Ecoute, normalement,
On fait l'ouverture du 13h. ♪-Le 13h ? C'est pas un peu daté ?
- Tout ce qui est daté, tu connais. - Hm...
-3 millions de téléspectateurs, que des vieux qui vont voter...
Mais si t'as mieux, je prends.
- Merci. - Merci.
♪ -Nos villes sont surpeuplées, nos campagnes vides.
Dans nos campagnes, il y a plus d'un million
De logements vacants à rénover et dont personne ne sait s'occuper.
On marche sur la tête.
Je propose de remettre du bon sens dans ce pays.
Je propose que l'Etat rachète ces logements vides
Et qu'il les attribue à ceux qui voudront changer de vie.
La seule chose demandée en contrepartie,
c'est de créer une activité ou de rénover ces logements
Pour en garantir l'isolation thermique.
Nous allons créer des pôles ruraux d'espérance.
Applaudissements.
Merci à toutes et tous.
-M. Francoeur !
C'est le 9e suicide dans un commissariat
depuis juin. - A cette minute,
Une jeune femme lutte entre la vie et la mort.
Je ne pense à rien d'autre qu'à elle.
- Une réaction ! - Ca va s'arrêter ici. Merci.
-Je suis désolée,
Mais t'auras pas le duplex. - Un deal est un deal.
-Ils ont switché avec le commissariat rue des Saussaies.
Entre une policière qui se tire une balle
Et un programme immobilier, y a pas photo.
Et puis ça n'aurait pas aidé ton candidat
de parler d'un sujet annexe. - C'est moi qui décide
Des sujets annexes. - Bien, je m'en souviendrai.
-C'est quoi, l'histoire de cette policière ?
-Le 20 novembre, contrôle routier, un type sans ceinture,
chargé...
Il fonce sur cette policière et son collègue, elle ouvre le feu,
Et pan, une balle en plein coeur.
Du coup, une enquête est lancée
et samedi,
elle avait reçu sa convocation à comparaître devant le juge.
Elle a un fils d'un an.
-Vous seriez libre un soir ?
-C'est pas Paul, votre sujet ?
-Paul... C'est vous, non ?
♪-Faut savoir que les policiers, c'est pas le problème.
♪ D'accord ? C'est pas le problème.
♪ Le problème, c'est tous les juges
♪et les politiques qui nous lâchent.
♪Je vous le demande : qui nous soutient aujourd'hui ?
♪ Y a personne.
-Il a raison.
-Il faut que tu saches qu'il a des amis.
-On peut pas le dire.
-Non. Concorde te pilonnerait.
Démos va préparer des éléments de langage.
C'est quoi, l'axe ?
On dit qu'il faut renforcer la légitime défense des policiers,
Quitte à durcir les articles... - Non. Non.
Non. Tu sais ce que je vais dire ?
-Oui ?
-Rien.
Je ne vais rien dire.
-C'est pas possible, tu dois parler.
-Plus les heures passeront, moins ton silence sera compréhensible.
Elle est à l'agonie, si on n'est pas présents...
-Tu ne peux pas te taire.
-Tu as raison, mais je ne ferai rien de plus.
-Ah bah très bien.
J'écris "J'ai raison". Alerte l'AFP, s'il te plaît.
-Tu nourris la bête, je la mets à la diète.
-Très bien ! Changeons 30 ans d'habitudes en 3 mois
avec nos petits bras. A la diète !
-Iris, la France rurale, ça donne quoi ?
-Ca donne rien. Tout le monde s'en fout !
Pendant 2 jours, il y aura du Jennifer partout.
-Je me suis entouré de professionnels !
On me garantit
un duplex sur une mesure que je chéris, et au 1er obstacle,
Ça tombe à l'eau ! Mais hé !
-Jennifer a tout mangé, Paul.
Hm ?
La diète, c'est sur toi qu'ils vont la faire.
Conversations. Des téléphones sonnent.
-Je n'ai rien trouvé d'anormal
Sur le vote. Le siège de la primaire non plus.
Le système a été vérifié, revérifié.
Droïde ne m'a signalé aucune intrusion.
- Et sur le bug de 13h55 ? - RAS. Les sécurités ont tenu.
Si on avait loupé un truc, on aurait été informés.
- Ton gars a continué ses vérifs ? - On devrait le voir après son taf.
-Le type qui m'a appelé
N'a pas hésité, il a parlé d'une bombe.
-C'est peut-être un barjo qui essaie de récupérer du fric.
T'as trouvé quoi sur l'accident ?
-Secteur dangereux, excès de vitesse...
-Tu es inquiet ?
-Jamais.
Vigilant.
Toujours.
T'as prévu de lui donner combien ? - Rien. On lui paye son café.
- Tout travail mérite salaire. - C'est pas un travail,
Mais un service seulement connu de nous trois.
Il est là.
Salut. - Ca va ?
- César, Fabrice. - Bonjour.
-Fabrice, c'est votre vrai prénom, personne ne choisirait ce pseudo.
-Jusque-là, tout se passait bien.
Les votes se répartissaient avec cohérence.
Et à 13h55...
- Le bug. - Oui.
Système impacté
De l'extérieur, une panne de courant.
-(Parlez moins fort.)
-A priori, il n'y a qu'à rallumer.
Rien n'est affecté en interne,
mais c'est là qu'on a une sournoiserie.
- Une sournoiserie ? - Un flux massif de votes.
-Dû à l'interruption ?
Un effet de la reprise ? - Impossible. C'est comme si soudain
Le courant d'eau était devenu uniforme dans le tuyau.
Ca n'arrive qu'à deux occasions.
Quand le tuyau est plein, mais ça n'a pas été votre cas.
- Le drame de ma vie. - Et l'autre occasion ?
-Quand on demande au courant d'adopter un certain comportement.
-"On" ? Qui, "on" ?
-L'index qui l'actionne.
La main, la cervelle d'un agent infiltré
Qui dit à la machine comment se comporter.
Pendant un instant les votes suivent une clé d'explication
De façon massive et orientée.
-Vous êtes catégorique, ce n'est pas dû à la panne ?
-Sûr à 200 %.
La panne a agi comme un leurre
Qui a rendu la manip indétectable.
Quand on regarde le code, ça se joue sur une milliseconde.
C'est du travail de pro. - Concrètement ?
-Des milliers de votes orientés ont été balancés dans le système.
-Des votes pour qui ?
-Il me faudrait les data de Droïde
pour le dire.
-Ce rendez-vous n'a pas eu lieu.
-César, c'est votre vrai prénom ?
-Un partout.
Merci, en tout cas. ♪-Rappel de l'info.
♪Le candidat d'extrême droite Michel Rousseau
♪s'est rendu à l'hôpital Georges-Pompidou,
♪où J. Bouchara est en réanimation. Son pronostic vital est engagé.
♪Nous apprenons que le ministre de l'Intérieur
♪Guillaume Vital se rend au commissariat rue des Saussaies,
♪à deux pas de l'Elysée.
-♪Le président Janvier a fait part
♪de sa très vive émotion.
♪Il souligne le dévouement d'une profession décriée.
♪On attend toujours une réaction de P. Francoeur.
-Ma priorité, c'est Janvier. Je dois rester à son niveau.
Sur les propositions,
on fait monter Bosco au créneau, il est en charge du régalien,
il doit servir à quelque chose. - Bosco...
C'est pas le meilleur.
-Il y a bien une autre solution.
-Non... Non, n'y pense même pas.
-Sur la police, c'est la seule qui est légitime, elle peut aider.
-Vous pouvez parler en français ?
-Au 1er coup de grisou,
Ce serait elle qui viendrait me sauver ?
-Les faits comptent.
Y a une jeune femme à l'agonie, et toi, tu parles
des cahutes à rénover.
Je veux bien qu'on se hisse au niveau de je sais pas qui,
mais en attendant, les retraités
Verrouillent leur baraque et voient qui à la télé ?
Vital et Rousseau.
-On n'aime pas Trémeau mais là, on en a besoin.
-Voilà, là, c'est français.
-J'ai tenu ma ligne pendant la primaire,
j'ai eu des papiers "Francoeur ceci", "Francoeur cela"
Et j'ai gagné.
Deux semaines après, je devrais tout abandonner ?
Non. - On a changé d'échelle.
-L'échelle, je préfère la monter que la descendre.
-Ce système médiatique est merdique,
on le sait, mais là, il faut bouger.
On doit avancer nos propositions de sécurité.
Sont-elles prêtes ?
-J'avance.
-Le philosophe va transformer ses fulgurances
en fiches de 2 pages
Et je vais sonder Texier.
- Ca va nous coûter quoi ? - Le moins possible.
Long soupir.
-On a des nouvelles de la policière ?
-Elle s'appelle Jennifer Bouchara.
Il va falloir se souvenir de ce nom
Et le prononcer sans se tromper.
-Pronostic vital toujours engagé.
-Bon... Je vais écrire une lettre au mari.
Ca calmera pas Concorde, mais au moins je me serai manifesté.
Quelle tristesse...
Voilà, je vous remercie.
Discussions à voix basse.
-Ca va ?
-Ouais.
- T'as l'air préoccupé. - Tu l'es pas, toi ?
♪-Des dizaines de manifestations
♪en soutien à leur collègue, toujours dans le coma.
Les sirènes retentissent.
Paul chantonne.
Son téléphone sonne.
Allô, oui ?
- Je te dérange ? - Je fais du surf à Acapulco.
-Ah, tu gardes la forme.
♪Tu comptes réagir sur cette pauvre Jennifer ?
♪Texier me tanne
Pour que j'aille à son chevet, mais je ne voudrais pas te griller.
-Marie-France, tu me connais.
Je suis candidat à la présidence, pas au ministère de l'Intérieur.
-D'accord... ♪-Sens-toi libre.
-On se voit jeudi ?
-Oui.
-Quel imbécile !
-Examen des comptes prévisionnels de campagne.
-Janvier et Vital engrangent, Rousseau engrange.
Et nous, on fait quoi ?
-Nos électeurs
soutiennent leur police. - Ils veulent un message clair.
-La situation appelle à des mesures.
Il faut que tu prennes position.
-Et ce sera fait. En temps voulu.
-Il y a une parole légitime à faire entendre.
-Je n'ai rien contre.
C'est la dernière fois qu'on se fade ces connards.
♪ -"Vidéosurveillance et équipement en armes à feu".
♪ -Monsieur Dumont.
♪ Nos régions n'auraient pas de marges de manoeuvre,
♪ Mais ce que je fais pour ma région prouve l'inverse.
♪Notre police a besoin de soutien. Je l'ai toujours dit publiquement.
♪ On ne peut pas avoir de pudeur de gazelle sur ce sujet.
♪-C'est la position du candidat ?
♪ -Au fond de lui, il pense la même chose que moi.
-Ah mais non, pas du tout.
Iris frappe.
-C'est Caligny.
Là.
Là.
Encore là. C'est lui.
Ca fait 4 jours qu'il attise la colère des flics.
-Excuse-moi.
Caligny.
-Hein ?
Oui ?
Si c'est ça dont il s'agit...
Il s'éclaircit la gorge. Libéral Charles.
De Gaulle Reviens.
Judex. Et L'Incorrect.
-Et...
Marmotte75 ?
-Ah oui, c'est moi aussi.
-Si je dis : "On ne bouge pas",
Tu comprends quoi ?
-Je comprends que personne ne doit pouvoir remonter jusqu'à nous.
Et c'est le cas.
-La preuve.
-Vous savez, c'est différent.
On va pas rester inactifs et laisser le gouvernement s'en tirer.
- OK, Caligny, deux choses. - (Elle me fait chier.)
-Ca va aller, merci.
Un...
Les saloperies fausses, ça profite à qui ?
Aux gens bien élevés qui votent pour Paul ? Non.
Aux complotistes qui adorent Rousseau ? Ouais.
Deux... Tu n'es pas chez Trémeau,
Tu es chez nous. Tu as participé à des réunions.
Comme tu es intelligent,
tu as compris à quel niveau le patron veut placer sa campagne,
quelle tonalité
il souhaite.
Pourquoi ces cochonneries ?
-Il faut arrêter d'être naïf.
Aujourd'hui, ça fait aussi partie du combat politique.
-Ah oui...
Du haut de tes 25 piges, tu réinventes "L'Art de la guerre".
C'est ça ? Hein ?
Alors écoute-moi bien, Machiavel.
Si personne ne remonte ta piste,
Ça profitera à Rousseau.
Et si c'est le cas, Janvier aura la sympathie de tous.
Un bon deal "lose-lose".
-Pendant la primaire, vous n'avez rien su.
- Ca nous a pas empêchés de gagner. - C'est vrai.
-Donc...
Tu supprimes tout.
Et tu te concentres
sur notre campagne, ce qu'on fait,
ce qu'on dit,
Ce qu'on propose. D'accord ?
-Ce qu'on fait, ce qu'on dit...
(Je pensais bien faire. Excuse-moi.)
-OK.
Zelda.
(A plus.) Tu peux t'asseoir.
Excuse-moi, j'étais un peu...
-Regarde.
Fabrice est remonté au code source.
Le flux éclair de la brèche concerne au maximum 3 % des votes.
-3 % des votes, c'est autour de 5 000 voix.
Avec 1 600 d'écart, l'élection s'est jouée sur une fraude.
-Le vote a été manipulé.
Le fils Pinguet le savait, on l'a tué.
-Il est mort
Dans un accident.
-J'ai vérifié, son nom était sur la liste
du club Haussmann.
-Le 1er appel anonyme, c'était lui ?
Il a pu passer au siège avant ?
- Dans mon souvenir, non. - Putain...
-Ca veut dire que Trémeau a gagné ?
- Pire : on sait pas qui a gagné. - Tu as parlé à Paul ?
-Non, bien sûr.
-Tu lui parles quand ?
-En général, je préfère lui amener
Une solution plutôt qu'un problème.
-Si j'étais toi, je ferais une exception.
Il inspire profondément,
puis expire.
Conversations diverses.
♪-Divisés, nous sommes vulnérables.
-Vous avez les rushs de la fête de la primaire ?
On peut les voir ?
-On vous fait un transfert, si vous voulez.
-Non, maintenant, je repars avec.
Quelqu'un frappe et entre,
puis referme la porte. - Y a un truc
Que je dois savoir ?
-Euh, non. T'as eu des signaux ?
Des bruits de couloir ?
Quelque chose d'anormal ? - Sur quoi ?
-La primaire.
-Non.
-Non ? Tout va bien, alors.
-Très bien.
C'est pour ça que le Major fouine dans les vidéos.
-Oui et non. On prépare un clip de campagne.
-Ah, j'adore. J'adore quand tu te fous de ma gueule.
- Hm. - Moi, les infos,
Je te les donne. Tiens.
Regarde ça.
♪ -Ma femme lutte en réa, je dis quoi à mon gosse ?
♪La seule réponse que j'ai, c'est ça.
♪ Une lettre de 15 lignes de Paul Francoeur.
♪"En tant que responsable politique,
♪"citoyen et époux,
♪"je partage votre douleur.
♪"Vos paroles fortes trouvent chez moi un écho."
♪-"Un écho"... ♪-Un écho !
♪ Ca va le rassurer, mon gosse, un écho.
♪ Monsieur le candidat, oubliez-moi, avec votre lettre de merde, là.
♪-JUSTICE POUR JENNIFER ! JUSTICE POUR JENNIFER !
Sonnerie.
-Allô ?
Ne quittez pas.
Je vous écoute.
♪-200 000, et vous avez les disques durs.
-Comment je réunis cette somme ? ♪-250 000, alors.
-J'ai besoin de plus d'infos. ♪-Vous avez tout sur les disques.
-Et pourquoi je vous croirais ?
♪-J'étais au siège de la primaire, le jour du vote.
♪Je vous rappellerai.
-On ne peut rien faire contre la douleur d'un mari.
-Sur les réseaux,
Ça se déchaîne.
Ils utilisent ta lettre pour dire que tu tiens un double discours.
Le nouveau truc, c'est ça.
-"Elle est aussi sourde et muette." Ils n'ont pas digéré
Mon passage place Vendôme, Concorde tient sa revanche.
-Il faut lever les soupçons.
- Quels soupçons ? - Sur ton laxisme.
L'intervention de Marie-France t'a fragilisé.
-C'était votre idée.
Ce n'est pas parce que je ne dis rien que je suis laxiste.
Ceux qui hurlent avec les loups
sont rarement les plus fermes.
-Il vous attend.
Quelqu'un frappe puis ouvre la porte.
-(Leïla Argument.)
- Bonjour. - Bonjour.
-Je vous le laisse.
-Merci.
-Installez-vous.
-C'est difficile de vous voir seul.
Un vrai agenda de ministre. - Le ministre est derrière moi.
Vous voulez savoir quoi ?
Le pouvoir ?
Plus on le cherche, moins il se voit.
Il est comme le soleil,
Il ne se regarde pas en face.
- J'attendrai une éclipse. - Vous attendrez longtemps.
-Quelle est la scène originelle, quel est le déclic,
le moment où vous vous dites...
"Je veux... Je peux devenir président de la République" ?
-Vous me croiriez si je disais qu'il n'y en a pas ?
-Vous êtes né pour devenir président ?
-Devenir, non.
-Vous l'êtes depuis toujours ?
-Il y a bien un moment où j'ai commencé à en parler, oui.
La première fois, c'était à quelqu'un qui m'est très cher.
-Avec César ?
-Oui.
C'était une après-midi.
Après un déjeuner en famille où je l'avais convié.
On se promenait à l'orée du bois de Saint-Jean.
Et soudain, un peu comme une vision...
J'ai eu ces idées pour la France qui me sont venues.
Depuis ce moment-là,
nous n'avons pas cessé de dialoguer
Et de travailler à ce projet ensemble.
-Il y a de la poésie en politique ?
-Je vous remercie, mademoiselle. A une prochaine fois.
-C'était court.
-Ah.
- Il paraît que vous avez déconné. - J'ai compris.
-Se faire engueuler par Marylin, c'est pas mal.
-J'ai pris cher. J'avais une question.
Vous avez jamais pensé à vous présenter ? Député, maire...
-C'est pas pour moi. Je suis bien mieux dans l'ombre.
-Comment vous avez gagné
La confiance de Francoeur ?
-L'histoire est longue. Je peux vous la faire courte.
Quand j'avais votre âge, je végétais à Sciences Po.
Je m'intéressais aux filles et au poker.
Ma mémoire m'aidait pas pour les filles,
Mais pour le poker, oui.
Un soir, en m'asseyant à une table, sur qui je tombe ?
P. Francoeur.
- Au poker ? Vous me baladez ? - Non.
Sonnerie. Ah, pardon.
Allô ?
♪-Allô ? - C'est vous ?
Vous êtes où ? ♪-Derrière vous.
-Maintenant que je vois votre visage,
Je peux avoir un nom ?
- Vous pouvez avoir l'argent ? - On n'a pas fixé de rendez-vous.
-Je donnerai le lieu et l'heure.
-Vous croyez que je me balade avec autant de cash ?
- Alors salut. - Attendez.
Si vous voulez qu'on fasse affaire,
J'ai besoin d'en savoir un minimum.
Y en a combien ? - 3.
Ils sont tous là.
- Vous avez une clope ? - Quoi ?
-Une clope.
- Hé ! - Arrêtez.
-Viens. Viens.
L'homme hurle de douleur.
Reviens !
Il crie.
Putain !
Bordel !
Fait chier !
Caligny respire fort.
-A l'aide !
-T'es où ?
L'homme se noie.
Tu m'entends ?
Réponds-moi !
-A l'aide !
-T'es où ?
Oh ! Réponds-moi !
Le moteur du canot vrombit.
Brève sirène.
Oh !
Communications radio.
-On est sur site.
-Nom, prénom, s'il vous plaît. Une adresse.
-Jérémy Caligny.
Une adresse...
14, rue...
la Butte-aux-Cailles.
- 13e. - Paris 13.
-Très bien. Merci.
-C'était qui, ces types ?
-Je sais pas.
-Ils voulaient le sac.
-Nous aussi.
-C'est noté. Je vous envoie une 2e unité.
C'est entre le pont Simone-de-Beauvoir
et le pont Tolbiac.
-C'est normal ?
-C'est que le début.
- Vous êtes entourées d'hommes. - Hm.
Y en a pas plus qu'ailleurs.
La différence, c'est que chez nous,
le machisme est plus clair, c'est...
C'est un trait du milieu. - De la violence ?
-Non, non, non... De l'âpreté dans les rapports.
- Faut savoir se faire respecter. - Mais au moins, c'est plus cash.
-C'est quoi, l'excitation ? C'est quoi, l'ivresse ?
-On prend un verre d'abord ?
Et vous, ce projet ?
-Je cherche à comprendre le pouvoir.
-Pourquoi pas le président Janvier ?
C'est lui qui détient le pouvoir.
-C'est pas ce pouvoir-là qui m'excite.
Je me fous des conquêtes.
Les conquêtes,
C'est un jeu de dupes.
Je traque le pouvoir
Là où on dit qu'il est pas.
-Tu cherches le chat à 5 pattes.
-Le pouvoir se voit mieux quand il se cache,
quand il est fragile,
Qu'il est dans l'empêchement. Le pouvoir, il faut le surprendre.
Dans son émergence, sa laitance.
Je veux voir son placenta.
-Pardon ?
Il est comment, le placenta de Francoeur ?
-Palpitant.
-Pourquoi t'écris ? T'aurais dû faire médecine.
-J'écris
Parce qu'écrire, c'est encore plus fort que de faire l'amour.
Elles trinquent.
Vibreur.
Une urgence ?
-C'est César.
On s'est manqué.
-Francoeur serait quoi
sans lui ?
-Le même,
Mais en plus solitaire.
-Donc César, c'est son animal de compagnie ?
-Tu déformes ma pensée.
-Ben non, je la décode.
-3 % de votes suspects ?
Qui le sait à part toi ?
-Ceux qui ont organisé la magouille.
-Et chez nous ?
-Seulement toi.
Et le Major. - Préviens Marylin.
-Le jour où elle décrochera son téléphone.
-J'aurais gagné une primaire que j'aurais dû perdre.
-J'en ai pris une bonne. Heureusement que Caligny était là.
-L'état de grâce aura été de courte durée.
Il lâche un petit gémissement.
Redis-moi exactement ce qui s'est passé.
-Les types qui nous ont agressés ont récupéré un disque dur.
Les deux autres sont dans la Seine.
-Merci.
Comment vous fonctionnez, tous les deux, avec César ?
C'est un mec très austère.
-Non, César, c'est le mec le plus drôle que je connaisse.
-C'est quand, la dernière fois que vous avez couché ?
-Pardon ?
-La dernière fois que vous avez couché ensemble.
-Nous ? Jamais.
Je t'assure,
on est amis, on est collègues, mais...
On n'est pas amants.
La porte se referme.
-Ma victoire à la primaire pourrait être remise en question.
Juridiquement mais surtout politiquement.
Trémeau a repris la lumière grâce à vous.
Est-ce qu'il faut l'informer avant qu'elle ne l'apprenne
Par quelqu'un d'autre ?
-Quand la hyène va l'apprendre après Tout-Paris,
Elle va pas aimer. Moi, ça m'agace.
-C'est à double tranchant. Il faut attendre.
Si on lui en parle maintenant, on lui donne la main.
Mieux vaut garder l'avantage. Ca peut mettre du temps à sortir.
-On se prend des trains plein la gueule.
Les faits sont têtus.
-Les faits, c'est ce qu'on imagine être le réel.
On n'est pas sûrs que l'incident
ait influencé le résultat. - On a déjà une dette
Envers Trémeau. Pour l'instant, on ne dit rien.
- Il y a un mort et un noyé. - Et une deuxième équipe.
-On reste sur la thèse de l'accident.
-Il faut repenser ta sécurité pour ici, pour les déplacements.
- Je m'en occupe. - Ne cédez pas à la paranoïa.
Il va falloir être solides
Et rester concentrés sur la campagne.
Parlez-vous, soyez discrets. Toute info remonte sur César.
La fraude est probable mais pas encore avérée.
Il enclenche le frein.
Je ne vous demande pas
Si l'un de vous était au courant avant la primaire.
-Qui ferait une connerie pareille ?
-Les Russes.
Y a des amis des Russes ici ?
- Trémeau vous soupçonnait. - Bah...
-Elle ne se fiait pas au vote électronique.
-Elle n'a pas contesté le vote. Officiellement, c'est validé.
-Ca vient de l'extérieur.
Une dernière chose : portez plainte, pour le pont.
-T'es sûr que c'est une bonne idée ?
-J'attends de vous une transparence absolue.
Il faut porter plainte, d'accord ?
Vous avez été témoins et acteurs d'un incident grave.
On pourrait vous reprocher d'y avoir participé
Et de n'avoir rien dit.
C'est clair ?
- C'est très clair. - Merci.
-Paul.
La porte se referme.
Il pose son téléphone violemment.
On entend des sirènes au loin.
- Je vais demander un dossier. - Tiens-nous au courant.
-T'as quelqu'un.
-Bonjour.
-C'est pour signaler une agression.
-Vous avez une carte d'identité ?
Merci.
Asseyez-vous là-bas, s'il vous plaît.
-Ca fait déjà un moment qu'il est là.
-M. Casalonga, veuillez me suivre.
- Domicile. - 22, rue de Belleville.
- Profession. - Conseiller.
-Conseiller en pâtes alimentaires ?
-Conseiller politique
Pour Paul Francoeur.
-Pourquoi vous êtes là ?
-J'ai été témoin d'une agression,
J'ai voulu intervenir et j'ai pris un coup.
-Suivez-moi, s'il vous plaît.
Le policier pianote au clavier.
-(Tiens, collègue.
(Jennifer.)
♪-Nous venons d'apprendre
♪le décès de Jennifer Bouchara.
♪C'est un choc terrible.
♪A 30 ans, on ne meurt pas parce qu'on est utile à son pays.
-Je suis désolé.
♪-Le sacrifice de nos policiers n'est pas reconnu.
♪-Merci, M. Vital. Mme Trémeau. ♪-On n'en a pas fait assez.
♪Je dirais même : on n'en fait pas assez.
-Bernadette, j'ai besoin de silence.
La radio est désactivée.
-Vous pensez à quoi ?
-Je dois montrer à quel point Vital se trompe.
A quel point il nous trompe.
-Vous pensez à cette femme ?
-Bernadette. ♪-Oui, monsieur ?
-Schubert.
♪Quatuor à cordes No 14 en ré mineur,
♪"La Jeune Fille et la Mort", Schubert.
♪...
-Nous allons vous présenter
Le chapitre 2. J'invite le candidat à nous rejoindre.
A tout à l'heure, messieurs dames.
-(Pardon. Excuse-moi.)
-Bonjour à toutes et tous,
et bienvenue pour notre chapitre No 2,
Sur notre indépendance énergétique.
Je vous adresse un discours sur un sujet essentiel
pour notre nation :
notre souveraineté énergétique.
Des oiseaux chantent à l'extérieur.
-On parle d'un flottement
Dans votre équipe de campagne.
-Il y en a qui flottent, ici ?
Rires.
-Vous semblez peu réceptif à l'émotion générale
suite au décès de cette policière. - J'ai vécu dans ma vie des drames
qui, je crois, me font bien comprendre ce que peuvent être
La douleur d'un mari et la détresse d'un enfant.
-Vous semblez hésiter sur les conséquences politiques.
-Hésiter par rapport à quoi ?
Par rapport au timing
que vous voudriez imposer ?
Le désespoir de J. Bouchara vient de loin.
Il résulte de décennies de petites décisions,
De renoncements.
Et il faudrait, en 24 heures,
sous le coup de l'émotion, de la colère,
dégainer des propositions très radicales,
au risque de satisfaire les extrêmes et d'inquiéter
Les plus modérés ?
Vous pensez que ça résoudrait le problème ?
-(Dans ce genre d'exercice, personne ne peut le secouer.)
-Vous restez sourd à cette colère ?
-J'ai des faiblesses, mais pas celle-là.
Je ne veux pas mettre un pansement mais cicatriser les plaies.
-Ce n'est pas toujours incompatible.
Elle claque la langue. - (Je suis hétéro.)
-(Oui, moi aussi. Entre autres.)
-Je sais quelle France je veux pour ma fille et pour ses enfants.
- Je peux vous poser une question ? - Si c'est la dernière.
-Votre patron est intelligent.
S'il est élu, il aura besoin de nous.
Gouverner contre la police, ça va être délicat.
-Il n'est pas contre vous.
-Oubliez.
Il passera jamais. - Je transmettrai.
-Ce n'est que du champagne, pas du Franciacorta.
-BONNE ANNEE !
-Magnifico ! Bravo !
Auguri ! - Auguri !
- 2025. - Santé à tous.
- Bonne année ! - Bonne année !
-Pas mal. Pas mal du tout.
-L'année commence bien.
Agitation.
Les gens font le décompte depuis 10.
-4... 3... 2... 1... BONNE ANNEE !
-(Bonne année.)
Détonations à l'extérieur.
-T'as vu ça ?
Président...
Bonne année, Rosalie.
Rosalie miaule. Moi non plus, j'aime pas trop ça.
Un chat grogne à l'extérieur. Rosalie miaule.
(Dégage !)
Cri.
Conversations diffuses.
-Il nous faut
des artistes. - (Marie-France est arrivée.)
- Paul. - Comment vas-tu ?
- Très bien, merci. - Ca va ?
-Très bien. Ravie.
Ca va ?
Bonjour, Marylin. - Texier.
- Ca va ? - Ca va ?
Pas de champagne ?
-Déjà le tournant de la rigueur. Petit rire.
-Je te l'avais dit.
Tu m'arrangeras ça. Dubuisson, ses 2 %,
on va en avoir besoin.
Sonnerie.
-Allô ? ♪-Jolias, du "Canard". Je dérange ?
-Non.
Ne quittez pas.
Je vous écoute.
♪-Je vous contacte pour une enquête qu'on publiera mercredi,
♪l'édition du 8 janvier.
♪On boucle
Ce soir.
On est lundi et il est 16h.
-On a juste quelques heures pour réagir ?
(Dossier Droïde.)
♪-On a des questions sur ses déclarations de patrimoine.
-Le patrimoine ?
Mais on a tout communiqué.
-J'ai besoin de précisions sur certains éléments.
Je vous ai envoyé un mail
♪avec une liste de questions.
-Toutes les déclarations
Sont publiées, que dire de plus ? - Peu importe ce qu'il a déclaré.
Vous avez relu ses déclarations des deux dernières années ?
-J'y passe mes dimanches.
-Le plus intéressant, c'est ce qui n'y figure pas.
Me confirmez-vous
La passion de P. Francoeur pour la peinture ?
-C'est-à-dire ? ♪-Me confirmez-vous
Sa passion pour la peinture ?
-Je ne confirme rien du tout, j'ai besoin de comprendre.
♪-Hm.
Il aurait un faible pour les préromantiques. Moi aussi.
♪On parle d'une toile de Goya méconnue que P. Francoeur
♪n'aurait jamais déclarée.
♪C'est pas rien, un Goya.
♪Vous êtes en ligne ? - Oui.
♪Ricanement. ♪Vous êtes plus bavard, d'habitude.
Si vous avez quelque chose à dire,
C'est avant 22h.
Bonne soirée.
- J'ai la fève ! - Hein ?
- Allez ! - OUAIS !
-Un petit chat trop mignon.
Un petit chat noir.
- Quoi ? - Un chat.
-Un chat noir.
-Quel est l'enfant de Satan qui a choisi
Ce pâtissier ? Chuchotements.
-(Pourquoi tu me regardes ?)
-Donne-moi ça.
La fève tombe sur du métal.
-Je faisais la collection.
-Il y a quoi dans ce mail ?
Ouais, ouais... Rien sur la fraude.
-Y a rien.
Que dalle.
"Nada".
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