All language subtitles for la violette2 2026-10-18 06-58-57-461(1)

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Original subtitles

Votre oncle avait laissé sa veste à l'infirmerie.

Tenez.

Je l'ai retrouvée dans une de ses poches.

Merci.

J'aurais dû venir plus souvent.

Tout le monde l'aimait ici.

Il était parent avec la Violette.

C'est l'infirmière qui venait. Quoi ? Je comprends pourquoi on est là, alors.

Mais c'est pas vrai, il ne manquait plus que ça en est propre, là.

Violette.

On est où ?

Personne

n'a rien vu. On n'a rendu aucune empreinte.

Je sais pas quoi vous dire.

Ce n'est pas quoi me dire.

Sortez d'ici, j'avance.

Tout ça, c'est de votre faute.

Vous avez refusé de venir avec moi.

Vous avez refusé.

Maintenant, voilà.

Il savait des choses sur lui à rentrer dans la gorge.

J'ai redonné une autopsie.

On va le retrouver, l'assassin de votre oncle. Vous pouvez me faire confiance.

Confiance ? À vous ? Ah non.

Jamais. Jamais plus.

Foutez-vous comme... Laissez-moi vous expliquer au moins. Non !

Maintenant, c'est mon enquête.

D'accord ? Et je l'amènerai comme je l'entends.

Foutez le camp.

Vous ne pouvez pas continuer sans moi.

Vous avez besoin de moi.

Enfin, vous avez besoin l'un de l'autre.

Je n'ai pas été à l'auteur, je reconnais.

Je vais pas vous prendre pour dîner.

J'ai pas envie de vous savoir seul ce soir.

Je me réserve au lion d'or.

Cette jeune fille enceinte d'un des frères Méliflore faisait peine à mon

père.

Faisait

peine

à mon père qu'il avait une première fois sauvé de la méchanceté des habitants,

de leur brutalité aveugle et stupide.

Les hommes sont des sauvages, disait-il.

Je me souviens des sauvages.

Elle portait un méliflore dans son ventre.

Et personne ne le faisait.

Ne le quittez pas, je vais voir si il est disponible.

Monsieur ? Monsieur ? C

'est le carnet de mon oncle Pardigon.

Il parle de son père, qui était docteur comme lui.

Gaston Pardigon. C'est mon grand-père.

Mon grand-père lui avait donné des renseignements sur les Méliflores.

Renseignements que, dans sa grande naïveté, mon oncle a transmis à son

assassin.

L'autre, par crainte sans doute qu'on révèle son nom, a essayé de le faire

taire.

Il est rentré dans sa chambre.

Mon oncle l'a entendu se réveiller, a appelé peut-être.

Quel rapport avec le crime ? Il m'avait parlé de deux frères, un riche et un

pauvre, amoureux d'une jeune fille aussi démunie que lui,

qui met enceinte et qui tombe sous le coup de l

'opprobre générale, avec certainement un trésor à la clé ou quelque

chose dans le genre.

C'est quoi ? C'est la carte de l'îlot trésor ? Vous êtes sur une piste ? Peut

-être, qui sait ? L'assassin cherche la même, je suppose.

Vous ne croyez peut-être pas si bien dire.

Allez expliquer ça à Chabrin, il est au téléphone, il vous attend au Lyon d'Or.

Allez lui dire qu'il aille se faire voir.

Je l'avais prévenu, ça ne sert à rien.

Ça ne sert à rien de lui parler.

Je l'invalide.

C'est le couvent des Clarisses, ça, je reconnais le clocher.

Le couvent des Clarisses, vous croyez ? Oui, j'y ai passé trois mois novice aux

Clarisses.

Vous ne m'avez jamais dit ça.

C'est un Israël, vous me demandez pourquoi ? J'avais 20 ans et je passais

mon temps à pleurer.

Chagrin d'amour ? Mais il ne suffit pas d'un chagrin d'amour pour avoir la foi.

Et vous êtes parti.

Vous avez raison.

Aucun homme ne vaut qu'on lui sacrifie sa vie en se clôtant.

Vous avez bien fait de partir.

Il est toujours ouvert, à votre avis, ce cours ? Ah oui, tous les après-midi pour

les visites.

Solange ? Oui ? Ça vous ennuie si je dîne avec vous à la cuisine ce soir ?

Un cordon bleu comme vous, ils ne sont pas prêts à en avoir un comme ça au Lyon

d'or.

Elle portait un milliflore dans son ventre.

Et personne au fond de cette combe pour prendre cette fille par la main et lui

dire quelques mots de réconfort.

En ce temps-là, le couvent des Clarisses faisait un peu cache-misère pour les

filles de famille qui avaient en elles ce qu'on appelait le fruit du péché.

Bonjour.

Bonjour, monsieur.

Je peux vous aider ? Non, non, merci.

Les bigottes ne sont plus ce qu'elles étaient.

À l'époque, elles venaient nettoyer l'église.

Elles sont devenues feignantes.

C'est bien vers vous, lui, tout ça.

Tout s'effondre aujourd'hui.

Parfois, on se demande à quoi bon faire le ménage.

Cette chapelle, elle ne sert pratiquement plus.

En tout cas, elle est bien jolie.

Je peux jeter un oeil ? Faites, faites.

Les églises à présent, il n'y a que les touristes que ça intéresse.

Ah, ça, c'est drôle.

Qu'est-ce qui est drôle ? Vous venez de dire « faites, faites » et regardez ce

qu'on a.

Faites.

C'est à force de passer devant ce banc que je le répète.

Faites. C'est machinal.

Et ça a une signification ? Ah, en soi, ça ne veut rien dire.

Mais dans le contexte, c'est autre chose.

Regardez.

Inscription.

continue sur tous les bancs.

Faites poids et mesure.

La suite, c'est où ? Par ici.

Faites poids et mesure, car, comme vous mesurez, il vous sera mesuré.

À quelque chose, malheur et bon.

Oui, les premiers seront les derniers. Oui.

Car le royaume des cieux leur appartient.

C'est une belle inscription.

Une belle inscription et une belle vérité.

Dites-moi, le couvent, c'est possible de le visiter ? L'ancien s'est

écroulé en 18, le jour de l'armistice.

Le nouveau est construit ailleurs, si ça vous intéresse.

Non, non, c'est l'ancien qui m'a... Au début du siècle...

Beaucoup de femmes sont abritées ici, il paraît.

Non ? On m'a parlé d'une jeune fille, Alice, qui était enceinte jusqu'aux yeux

et qui aurait trouvé refuge au couvent.

Malheureusement, elle n'aurait pas pu y accoucher, mais il semblerait que le

bébé ait été déposé ici. Ça vous dit quelque chose, cette histoire ? C'est

curieux.

Un homme est venu il y a quelque temps et il m'a demandé les mêmes choses que

vous.

Un homme ? Vous pouvez me le décrire ? Malheureusement, je n'ai pas la mémoire

des visages.

Il était comment ? Grand ? Petit ? Non, il y a tellement de visiteurs qui

passent. Non, je n'ai pas la mémoire.

En revanche, je peux vous proposer...

Petite liqueur de thym sauvage de ma confection, thym que je ramasse dans la

montagne. Non, vous êtes gentil, mais j'ai de la route.

Merci, à une prochaine fois. Au revoir, mon père.

Au revoir.

Attendez, attendez.

Comme vous mesurez, il vous sera mesuré.

Oui, ça va, ça arrive.

Comme vous mesurez, il vous sera mesuré.

La même phrase que celle qu'on trouve sur les lettres des deux femmes

assassinées.

Ils ont déjà mangé, vous savez dire ? Ah, Solange ! Voilà, je me suis coupé.

Je saigne.

Oh, j'oubliais.

Joubert est passé.

L'autopsie de votre oncle le confirme. Il a bien été étouffé.

Il enquête sur le personnel.

Mais il a dit que dans des hospices, souvent ce genre de choses arrivaient.

Mon oncle assassiné par une infirmière ? C'est ce qu'il croit vraiment ? Ah ben,

il est encore plus bête que je pensais, lui.

Vous parlez de cette fille que Méliflor avait mise enceinte.

Vous écoutez vos portes maintenant, vous ? Ah, mais les portes que vous claquez à

11h du soir.

Bing et bang, et vous m'avez réveillé.

Je vous demande pardon, Salam. Mais oui, je fais du bruit. Vous claquez les

portes, je parle fort, je suis ce qu'on appelle... Un acteur de plein air.

Et tout seul.

Comment tout seul ? Vous parlez tout seul.

Ah oui. Oui.

Eh oui, toujours.

Vous le savez bien.

Je parle fort, mais pas tout seul. Je parle à mes chats.

Ça m'aide à réfléchir. J'ai besoin de m'entendre.

Et cette jeune femme était enceinte d'un garçon.

Quelle jeune femme ? Alice.

Qu'est-ce qui vous a parlé de ça ? Elle portait son bébé à l'avant, vous avez

dit.

J'ai jamais vu une chose pareille, moi.

Pour la bonne raison que... Solange, ça

sert à quoi que je ferme mes tiroirs ?

Je vous connais, Solange.

Oh, mais moi aussi je vous connais.

Oui, mais moi je me connais mieux que vous.

Et puis me dites pas le contraire, et puis me faites pas cet oeil-là, hein.

Je vois votre nez qui bouge.

Mais moi je mens jamais, monsieur, vous savez bien.

Vous mentez par omission.

Et vous fouillez allègrement mes tiroirs, depuis toujours.

Et ne dites pas le contraire.

Mais je dis rien, monsieur.

Vous avez de bonnes lectures.

T'as fini comment ? Mal.

Désolé monsieur, mais moi aussi j'avais besoin de savoir.

Je m'intéresse à votre travail autant que vous, je vous assure.

Pas de justification.

Je vous pardonne.

Et je vous écoute.

Dites-moi, qu'est-ce que vous pensez de cette histoire ? Vous voulez vraiment

savoir ? Oui, évidemment, puisque je vous le demande.

Essayez-vous et racontez-moi. Non, je préfère rester debout.

Ça m'aide à me concentrer.

Restez-vous, s'il vous plaît.

Je vous écoute.

Alice s'est fait jeter hors du couvent parce qu'elle était pauvre.

Là, vous êtes concentré, là.

Solange, dans les couvents, il y a toujours eu besoin de domestiques.

En tenant compte que les filles riches n'étaient pas les seules à pêcher.

C'était pratique pour tout le monde.

Des filles pauvres en mauvaise opposition, il y en a toujours plus que

des riches. C'est vous qui ne réfléchissez pas.

Alors là, Solange, vous me faites de la peine.

En admettant que les filles pauvres soient trop chères à nourrir, il n

'empêche qu'Alice avait très mauvaise réputation. C'est pour ça qu'il a fallu

accoucher ailleurs, même si après le couvent a recueilli le bébé.

De toute une manière, ça n'a pas empêché les gens au village de leur faire subir

à tous les deux ce qu'ils leur ont fait subir.

Voilà ce que disait votre oncle dans le carnet.

On dit que les histoires d'amour finissent mal.

C'est encore plus vrai pour ceux qui n'ont pas le sou.

Pauvre Méliflore, veuve de son amour avant d'avoir pu la marier.

Veuve et père, aïe de tout le village.

Il a eu peur pour son petit, c'est lui qui l'a déposé au couvent.

Que l'enfant grandisse anonyme, que la malédiction ne lui retombe pas dessus.

Enfin, c'est ce qu'il espérait.

Il a dû payer pour ça.

Tu parles, une belle somme.

Donnée par le frère aîné pour arrêter le scandale. Que le nom des Méliflores ne

soit pas traîné dans la boue. C'est ça surtout qui compte dans ce genre de

famille. La réputation.

D'un côté, tu as ceux qui en prennent plein la poire et puis de l'autre...

Ceux qui effacent les traces, discrètement.

Le linge sale, ça se lave en petit comité, pas au grand théâtre.

C'est pour ça que ça garde les mauvaises odeurs.

Bon, mais moi, j'ai besoin d'un petit remontant.

Ce garçon est devenu un homme d'une cinquantaine d'années.

Et cet homme, c'est l'assassin.

Bon, admettons.

Mais alors pourquoi avoir tué ces deux femmes ? Ils participent en rien à son

dessein.

À part le lien de parenté, je vois pas le rapport.

Mais qui vous dit qu'elle ne participe à rien à son destin ? Dans ces familles de

riches, il n'y a pas que du linge sale, il y a de l'argent. Et pas que dans les

lessiveuses.

Oui, oui, oui.

T'es un petit malin, le vieux Méliflore.

J'ai l'impression qu'il va me promener encore un moment.

Mais je trouverai.

Il faut revenir au trésor.

Ça, c'est sûr.

Non, c'est bon, je dois conduire.

Conduire ? Mais il est 1h du matin.

Ma chère Solange, il n'y a pas d'heure pour déchiffrer l'hier au bif.

On dirait qu'elle a déjà eu de la visite.

Et c'est déchandrisé.

On a volé celui de 1912. Pourquoi ?

1912

? Pourquoi le 1912 ?

Vous inquiétez pas, vous inquiétez pas.

Monique, j'ai une question à vous poser.

Je peux m'asseoir ?

Votre question ? C'est une question que j'ai posée à tous les gens du village,

mais personne ne m'a répondu.

Mais pourquoi ils ne vous ont pas répondu ? Après tout ce qu'ils nous ont

fait, à moi et à ma sœur,

ils ne sont pas gênés à l'époque.

Des sauvages.

Votre sœur ? Oui, Alice.

Celle qui a fait un enfant avec le Médiflore.

Ça l'a fait du raffut dans le pays autrefois.

Aujourd'hui, tout le monde fait comme si c'était rien passé.

Mais l'enfant, vous savez ce qu'il est devenu ? Je l'ai jamais su.

Christophe, il s'appelait.

Après, il a changé de nom, il paraît.

Vous n'avez jamais cherché à le voir ? Non, jamais.

Autant il sait même pas que j'existe.

Vous ne savez pas où il vit aujourd'hui ? Je ne veux pas le savoir.

Je vais vous dire.

Ma soeur, c'était tout pour moi.

On était toutes les deux seules au monde.

Après une histoire pareille, dans un pays comme le nôtre, la soeur d

'une fille est perdue.

Ou on épouse celui qui veut de vous, le premier chien coiffé.

Ou on s'en va.

Moi, j'ai pas eu le courage de partir.

Et même ce pays qui veut de vous, c'est quand même ton pays.

Encore rien d'autre.

On reste attachés, là.

Le premier chien coiffé, c'était Emile.

C'est peut-être méchant, ce que je vais vous dire, mais...

Je suis si soulagée qu'il soit mort.

Vous vous détestiez à ce point ? Non.

Pas au début, non.

Au début, c'est... C'est juste de l'indifférence.

Et puis, l'indifférence, normalement... On n'a plus envie de rien

dire, puis de bouger.

Le pire, quand il prend goût,

C'est Alice.

Vous êtes le premier à qui il a fait voir.

À propos d'Emilie Flore, là, le jeune, le père du petit, il a

écrit des lettres, des lettres de menaces à son frère, aux habitants du

village. Il y en avait un paquet.

L'aîné, il avait ratissé tout le village en cachette pour les

récupérer, ces lettres.

Il prétendait que c'était pour les dédommager des insultes qu'elle

contenait, ces fameuses lettres.

Un peu comme si... Comme s'il payait des saletés. Vous voyez ?

Il récupérait même les enveloppes.

Il récupérait les lettres et les enveloppes.

Et il payait bien ? Pour une fois qu'il avait pas les oursins dans la poche.

Il a...

Est-ce que vous savez s'il y a encore des mille flans dans le pays ? Personne.

La seule chose qui reste, c'est une ruine.

Une ruine de leur maison, la maison des deux frères.

Bon.

Si vous avez besoin de quelque chose, de toute façon, je repasserai vous voir.

Soyez gentil.

Non, vous inquiétez pas.

Je ne dis rien à personne.

Bon ben non, bon ben il pleure.

Elle était pas terrible ta maison.

1912. C'est extraordinaire.

Ça fait un bail que je ne suis pas retourné à l'école.

Tu verras, il est très gentil.

Tu lui as apporté le livre d'histoire dont tu m'as parlé ? J'ai oublié.

La prochaine fois... Qu

'est-ce qu'il va dire ton militaire ?

Je vais pas passer ma vie à l'attendre. Du reste, il le sait, il me connaît. Je

tiens pas en place. J'ai besoin de vivre.

Tu sens bon.

Toi aussi, tu sens bon.

Moi, c'est... C'est pas moi, c'est le boudin.

Si tu te maries avec moi, on monte à Lyon, on pourra ouvrir une auberge.

J'ai dit tu me plais, j'ai pas dit je me marie.

Bonjour. Bonjour Claudine.

Voilà le quatrième que je vous ai trouvé pour remplacer Emile et la belote.

Tu sais que t'es gentil toi.

Entrez les Lyons, entrez.

Je vois que vous avez apporté des provisions.

Oh c'est juste un peu de charcuterie.

Entrez, Félix et Henri sont déjà arrivés.

Toi qui aimes l'opérette, j'ai des places dimanche en matinée en Marseille.

En matinée ? Le seul jour où je peux dormir.

Une matinée au théâtre, Claudine, c'est toujours l'après-midi.

C'est comme ça.

Si c'est comme ça, c'est d'accord.

En principe, c'est le commissaire qui devait faire le quatrième, vous aviez

dit.

Je l'ai dit, je me suis trompé.

Le commissaire est occupé, il continue son enquête.

On ne perd pas au chien, j'ai remarqué.

Le charcutier d'amour.

Il continue sur l'enquête.

Vous voulez dire quoi ? C'est à lui qu'il faut le demander.

Les gendarmes, ils ont renoncé.

Ils ont expliqué, ils nous ont bien dit que les crimes n'ont rien à voir avec

Barle. Point à la ligne.

Point à la ligne pour les gendarmes, peut-être. Mais pour lui, c'est point d

'interrogation. Il a des doutes.

Nous pourrions la vie, surtout.

Il n'arrête pas de tourner dans le village. Même la nuit, on le voit

partout. Il ne va pas lâcher prise.

Quand on a la passion de son métier, c'est nuit et jour que ça tourmente.

Mais je croyais qu'il était à la retraite.

Il est peut-être à la retraite, mais sa passion, elle est toujours en service.

C'est pour ça qu'il bouge comme il fait.

C'est bon.

Bon, les milos, on n'est toujours pas sûrs qu'ils sont morts par accident.

Claudine, elle pense comment, moi ? Eh bien, la Claudine, elle lit trop de

revues.

Belote. Et elle a trop de fiancés.

Ah, au fait, merci pour le boudin.

Je suis très sensible à votre sens du partage.

Il a dû avoir un bon instituteur.

Ouais, très gentil comme vous.

Et vous Félix, c'était qui votre instituteur ? Ah, ça c'était un bravome.

Ouais, c'était un bravome, mais alors il était d'une tristesse, je vous dis pas.

Il tenait même un journal intime.

Et vous l'avez vu le journal ? Non.

Un journal intime, ça circule ou pas ? Ce qu'on sait, c'est que c'était écrit à

l'encre rouge.

Encore un peu, si tu veux. Mais à une condition.

Tu vois ce que je veux dire ? Vous pensez d'accord ? Je te montrerai, mon

con, à mourir. Eh oui.

Maintenant, viens voir.

C'est ça que tu voulais me montrer ? J'ai pas voulu le dire à l'instituteur,

mais un autre jour, j'y suis passé.

Et pourquoi ils l'ont rebouché, la tombe d'Emile ? Parce qu'un homme peut pas

avoir deux tombes, tu le sais bien, ça.

Et puis le cabot de sa femme, c'est pas si mal.

Ouais.

Et moi non plus, j'aurais pas aimé être intérêt avec elle.

Et puis, il avait l'autorisation de la municipalité pour avoir son trou à part,

et il l'a dit.

Eh bien, la preuve, c'est qu'il s'est trompé.

Écoute, Félix, le plus grave, c'est pas ça.

C'est quoi, le plus grave ? Tu devineras jamais ce que j'ai vu.

Je suis encore sous le choc.

Raconte, il doit faire des entrées en matière et des parenthèses. T'as vu qui

? J'ai vu quelqu'un bouger près de la tombe d'Émile.

Mais avant qu'elle soit rebouchée ou après ? Le lendemain des obsèques.

Le temps que je m'approche, il avait disparu.

Et qui c'était, ce type ? Quelqu'un.

Je sais pas, moi.

C'était bizarre, je t'assure.

Il avait un sabre.

Et un costume comme autrefois.

Ouais. Il a fait tourner son sabre dans les airs.

Et après, il a disparu.

Quand on force trop sur le pastis, on finit par voir des fantômes. C'est

normal, ça.

Mais que pastis ! Je te décris la scène comme elle s'est déroulée sous mes yeux.

Bon le maire, je le sais, mais j'ai pas le vu encore.

Le vin a tourné.

Moi, j'ai les outils dehors, alors il faut que je rentre.

Bonsoir, messieurs.

Bonsoir, commissaire.

On se dépêche parce qu'on a encore du travail.

Puis, il ne va pas tarder à pleuvoir.

Je ne vous retiens pas, je ne vous retiens pas.

Ah, si, attendez, juste une petite chose.

Regardez, j'ai trouvé ça sur le chemin du cimetière.

Regardez.

Ah, ben c'est un truc de l'armée, ça.

Alors ça, je vais vous dire, ça ne va pas dire.

Henri, le fantôme du cimetière avec le sabre, autant c'est à lui, ça.

Je ne cherche pas à me faire passer pour un couillon, Félix.

Je ne vais pas te faire passer pour un couillon. J'explique seulement au

commissaire ce qui était arrivé sur le coin de la gueule. Le commissaire, tu l

'embêtes. Non, mais pas du tout. J'adore les histoires des fantômes.

Dites-moi, le sabre, il était avec ou sans fourreau ? Vous savez, des vieux

sabres, il y en a dans tous les greniers.

Regardez, il y a des initiales inscrites, monsieur. Regardez.

Ça vous dit quelque chose ?

Hein ? Bonsoir, commissaire.

Je ne voudrais pas choper la crève, j'ai du travail demain.

Au revoir.

Au revoir, monsieur.

Un sabre, disparu du grenier d'Anette Méduflor, se retrouve à Barles, comme

par hasard, dans les mains d'un inconnu.

qui s'amuse à effrayer la population en jouant aux fantômes.

Mais le fantôme de qui ? Il vous l'a dit, le cueilleur de morilles ? Non, le

cueilleur de morilles, c'est Félix.

Moi, je vous parle d'Henri.

Vous voulez voir ? Non.

Vous venez toujours me chercher quand vous avez besoin. Un coup, je te sonne.

Un coup, je disparais.

Ben oui, je suis comme mes chats. Non, je vais, je viens, je disparais.

Il faut pas m'en vouloir.

Ça me fait de la peine.

Mon œil, oui.

J'ai pas mes lunettes.

Ce qui m'intrigue, c'est cette histoire de lettres envoyées par son frère des

colonies et que l'aîné d'Émilie Flore tenait tellement à récupérer.

Vous pouvez me les passer, là, parce que j'ai les mains pleines de mousse.

Les caractères sont mêlés comme sur les ex-votos.

Les ex-votos ? Ce que Gaëtan Méliflore a donné au couvent.

G-M, ça doit être lui.

Gaëtan Méliflore.

Et le sabre, c'est sa propriété, je pense.

Enfin, du moins, ça l'était.

Oui. Alors là, Solange, chapeau.

Mais quoi, chapeau, c'est le bon sens.

Vous me les retirez, là, parce qu'elles sont lourdes, ces lunettes.

Ah !

Le calendrier des postes, je l'ai nettoyé, je l'ai mis sur votre bureau.

J'ai pas bien compris l'illustration, parce que c'est pas des bergères avec

des petits chiens sur l'herbe, comme d'habitude.

Merci, Solange.

Merci.

Merci,

Michel.

N'oubliez pas les roses.

Non, Madame.

C'est tous les jeudis, les roses ? Non, une fois par an seulement.

Ça se voit que tu viens d'arriver.

Aujourd'hui, c'est l'inauguration.

Enfin, l'anniversaire, plutôt.

Et elle, elle ne mange rien. Mais nous, on va se régaler, je peux te le dire.

Comme vous mesurez, il vous sera mesuré.

Des roses, pour un anniversaire.

C'est toujours mieux que des chrysanthèmes, non ? Pour ton

anniversaire.

Je t'explique, mais tu le répètes à personne.

Tu jures ? Jure.

Ben voilà.

Pendant la guerre, le mari de la patronne a écrit à la police pour

dénoncer des gens du maquis.

Alors, à la libération, un soir, des maquisards sont venus et lui ont fait sa

fête. pour le punir.

Ensuite, ils l'ont jeté dans la machine à broyer le bois.

Elle a tout bazardé, son usine à bois, sauf la machine à broyer qu'elle a fait

ramener dans la hangar.

Mon Dieu, quelle horreur. Ah oui, tu l'as dit.

Et puis chaque année, à date anniversaire, elle se pochtronne.

Et elle va à la machine, comme qui dirait un pèlerinage.

Monsieur le juge, vous ne le voyez pas ?

Quand vous mesurez, il vous sera mesuré, car à quelque chose, malheureusement,

les premiers seront les derniers.

J'aurais dû être plus attentif à certains détails.

On n'assassine pas trois personnes dans la même famille, sans raison apparente.

On ne connaît rien du passé des victimes, rien de leur histoire.

Ce n'est pas la bonne méthode.

Vous ne connaissez peut-être rien du passé des victimes, moi je le connais,

je peux vous le dire.

Avec le mari, il a déjà un ancien collabo.

Donc il a des ennemis dans le pays.

On parle de sa veuve. C'est elle qui est morte. Elle n'a rien à voir dans tout

ça. Ça, c'est vous qui le dites. Les chats n'épousent pas les chiens.

La téléphone, ici ? Oui, elle est là-bas.

En fait, pour revenir à mon hypothèse... Foutez-moi la paix, Joubert. Vous me

faites faire des conneries.

J'aurais jamais dû vous écouter.

Et puis, restez pas là. Faites transporter ce qui reste du corps à la

borgue.

On vous demande au téléphone.

C'est qui ? Le juge, il a besoin de vous.

Il aille se faire foutre.

C'est Ariane, la sœur de Véronique.

C'est où ? Par ici.

Merci d'avoir fait si vite.

Ça va.

On n'est plus fâchés, alors ? Ça va, je vous dis.

Tenez.

Vous aviez raison. C'est bien une histoire de famille.

J'ai expliqué votre point de vue à Joubert, mais Louis a une autre

hypothèse.

Le mari d'Ariane était collabo.

Oui, on connaît l'histoire.

Il est où, votre Joubert ? Dans le hangar.

C'est là qu'on a retrouvé le corps.

Brouillé.

Horrible.

Michel, l'employé de la victime, le commissaire à Violette.

Exactement dans la machine où monsieur a trouvé la mort il y a plus de dix ans.

C'est ça qui l'a poussé à boire ? Elle a envie de beaucoup, les bouteilles

? On s'est bien de la freiner, mais...

Je vous laisse ? Bon, je vais voir dans mes regards.

Est-ce que quelqu'un est venu le soir du meurtre ? Oui, madame a reçu une visite.

Homme ou femme ? Un homme. Il venait chercher le tambour.

Le tambour ? Quel tambour ? Venez, suivez-moi, je vais vous le montrer.

Il a disparu.

Madame, il tenait beaucoup.

Vous m'accompagnez, mon gars ? Vous croyez que vous allez le retrouver l

'assassin ? Je prête au courant, madame.

Il venait d'où, ce tambour ? Ça faisait partie de l'héritage d'Emilie Flore.

Chaque fille avait eu un tambour.

Ah oui ? C'est curieux, ça.

C'était comme un souvenir.

Quand j'ai rencontré votre patronne après la mort de sa sœur, elle m'a parlé

justement d'un souvenir qu'elle était parvenue à arracher à ses griffes. Vous

êtes au courant de ça ? Ah non, monsieur, non.

C'est ici.

Alors, vous avez une idée ?

J'ai quelques idées, oui.

Vous voulez savoir ? Oh, soyez patient, chabon.

Il a fallu du temps, vous savez, à Champollion, pour découvrir les secrets

de la pierre de Rosette.

Quoi, la pierre de Rosette ? Vous connaissez pas la pierre de Rosette ? Un

jour, je vous expliquerai.

Mais à part ça, vos hypothèses au sujet du meurtre, vous pouvez pas m'en dire

plus ? Deux objets.

dont un de 60 cm de diamètre, ont été volés au domicile des premières

victimes. Et ici, un tombeau.

Je ne vois pas le rapport.

Le rapport ? Le trésor ? Quoi ? Quel trésor ?

Mon oncle Pardigon.

Ça vous dit quelque chose ?

Trouvez quelques indices dans son journal intime.

Encore un petit peu trop tôt pour conclure, mais... Je vais vous mettre

sur la voie.

Des trois meurtres.

Cherchez l'objet commun.

Non ? Le tambour.

Le tambour.

Bon, moi, je retourne à Barle.

Vous ?

Vous essayez de vous renseigner si Pénélope n'est pas en possession d'un

quatrième tambour. Parce que si c'est le cas, vous avez intérêt à ne pas la

lâcher d'une semaine.

Pourquoi ? Vous en mirez de m'expliquer ? Faites ce que je vous dis !

Vous aviez une belle bornée.

La prochaine fois, ça sera bon.

En tout cas, de jouer aux cartes, ça détend.

Je connais des choses qui détendent l'avantage d'eux-mêmes.

Toi qui obsédé, c'est différent.

Ce que j'aime avec l'instituteur, c'est qu'on peut discuter de tout.

C'est qu'il s'intéresse à l'histoire de la région, comme toi.

C'est sûr que pour la tchatche, le robinet est toujours ouvert.

Tout ce qu'il a fait pour les minots du pays, je peux te dire qu'il aurait bien

mérité sa place au ciel.

Bon allez, je vous laisse là, les pieds paqués sur le feu.

On se retrouve jeudi ? Comme les quatre mousquetaires.

Allez, salut. Adieu.

Grâce à tes jumelles, j'ai fait le droit de découverte.

De découverte ? Et de quelle nature ? Encore un fantôme ? Non, quelque chose d

'encore plus incroyable.

Je te le dirai tranquillement, seul à seul, devant une bonne bouteille.

C'est-à-dire ? C'est-à-dire ce soir à souper, tu viens à la maison et je

prépare l'omelette aux morilles.

Tu vas encore me faire languir.

Ton omelette aux morilles, c'est l'arlésienne.

Si tu crois que j'ai pas compris.

Pourtant, cette fois, c'est la bonne. Rien que pour te remercier de m'en

prêter des jumelles.

Surtout que j'ai mis un nappe, une belle nappe blanche avec les airs du dimanche

de ma mère.

Rien que pour tous les deux.

Tiens, mets-ne le vin.

Tiens, mets-ne le vin et tu vas voir que je vais te raconter de belle.

Allez.

Bonsoir. Bonsoir, commissaire.

Alors, vous êtes de retour ? Oui, oh non, juste pour ce soir. Je dors à l

'hôtel, je repars demain.

Dites-moi, je peux vous parler deux minutes ? Eh bien, ce soir, vers 9h, ça

va ? Après souper, il y aura un riz en plus.

Ah d'accord.

Allez,

à tout à l'heure.

Messieurs, dames.

Bonsoir, Colette.

Vous avez une petite mise, vous.

Le troisième Médiflore.

Le juge est dans tous ses états, il paraît.

Ça ne peut pas finir de vous interroger.

Je ne sais rien.

Je ne sais rien, je ne sais rien. Je lui ai dit du reste.

Je ne sais rien, voilà.

En tout cas, moi, je suis content d'être ici. Très content.

Tant mieux.

C'est toujours un plaisir de vous revoir.

Vous, au moins, vous ne posez pas des questions indiscrètes.

En même temps, on a l'impression que vous écoutez les gens.

C'est pour ça qu'on a envie de vous parler.

C'est toujours la même chambre ? Toujours.

Vous restez souper ? Tôt alors, parce que j'ai rendez-vous.

Merci Claudine.

Qu'adonne mon futur mari ? Vous ne me demandez pas qui est mon futur mari

? Ah si ! C'est qui ton futur mari ? C'est l'instituteur. Il m'a emmené à l

'opéra en matinée.

Ah !

C'est pas vraiment mon type d'homme, mais il est gentil.

Et il aime la conversation.

Pas comme les autres.

Les voyages, c'est bien aussi.

Vous pensez que j'ai tort de me marier ? Ah, c'est ta vie que t'as dit, non ? Ça

t'appartient ? J'ai pas l'impression qu'elle m'appartienne.

Eh ben, alors te marie pas.

Quoi ? Ça te fait de la peine, ce que je te dis ?

Pour en revenir à la vie, c'est pas de votre faute si elle est mal faite. Je

parle de la vie en général.

La vie en général, ça n'existe pas.

C'est vous que j'aurais dû rencontrer quand vous aviez 20 ans.

Quand j'avais 20 ans, j'étais un jeune brambèque sans intérêt. Alors là, t'as

rien perdu.

Et ce soir, vous sortez, maman m'a dit ? Oui.

Après dîner, je vais voir Félix.

Tu parles d'un numéro, celui-là ?

Les rares fois qu'il t'invite à manger sa fameuse omelette aux morilles, il se

tape toutes les morilles d'abord et t'en met juste deux ou trois pour décorer.

Tu t'es laissé avoir ? Moi, c'est pour Henri que je dis ça. Il y va ce soir.

Félix en a parlé au bar.

À plus tard.

À plus tard.

Tu vois, quand je pense à toi, rien de plus.

Ah merde !

Oh Félix !

Oh

Félix ! Oh ça va pas ?

Il est arrivé un malheur.

Je suis arrivé à 8 heures pétantes et je le trouvais comme ça.

On devait manger ensemble ce soir.

Vous pensez que c'est les champignons qui l'ont tué ? Non.

Ma soeur de champignons ne fait pas ce genre d'erreur.

Ça, c'est quelqu'un qui a voulu se venger.

Oui. Depuis quelque temps, il était bizarre.

Il m'avait emprunté mes jumelles pour vérifier certaines choses qu'il disait.

Oui. Et ce soir même, il devait me faire des révélations importantes.

Ah bon ? À propos de quoi ? À propos du meurtre ?

Je ne sais pas, il dit même, je ne sais pas plus.

Je ne

sais

pas.

D

'accord,

je redonne l'autopsie.

Henri, l'ami de Félix.

Je pensais que celui-ci aurait eu d'importantes révélations à lui faire à

propos de choses compromettantes qu'il aurait découvertes grâce à une paire de

jumelles.

Bon, d'accord, je me suis trompé, ma méthode n'était pas la bonne.

En fait, ils sont tous ensemble comme ça, ils font bloc.

Pour obtenir des aveux, il faut les séparer. Je recommence tout à zéro et j

'interroge tout le monde séparément.

Moi, je pense exactement le contraire.

Allez, soyez raisonnable, Joubert.

Laissez-moi faire.

Il a raison, laissez-le faire.

Vous avez l'air fatigué, Joubert.

Vous devriez prendre quelques jours.

Oui, mais tous les deux, là, hein ! Votre petit jeu, là, hein ! Parce que

là, je vous laisse face à vos responsabilités, hein ! Parce que dans

ce cas-là, moi, hein, moi, je réponds plus de rien, hein ! Ça sera sans moi,

hein ! Comme vous voudrez, Joubert.

Si je vous ai convoqués ici tous ensemble, et non pas l'un après l'autre,

c'est que...

J'ai appris certaines choses, des choses douloureuses, des choses que vous

connaissez, même si vous n'en parlez pas entre vous.

Autrefois, dans ce village vivait une famille dont certains membres ont

beaucoup souffert.

Mon oncle, le docteur Pardigon, aujourd'hui décédé, qui était de Barle,

lui aussi, comme ma pauvre mère, Connaissez bien cette histoire.

Et si certains d'entre vous semblent l'avoir oubliée, je vais leur rafraîchir

la mémoire.

Voilà.

Le vieux Méliflore avait deux fils.

L'aîné avait tout pris.

Mais le cadet, lui, qui avait plus qu'un petit lopin de terre,

Il s'en fichait de l'argent.

Il s'en fichait parce qu'il était amoureux d'une jeune fille, une

orpheline, qui avait une petite soeur.

Cette jeune fille, il la met enceinte.

Et là, c'est le drame, le scandale, la honte.

Et cette jeune fille va accoucher toute seule, dans la nuit.

sans que personne ne veuille lui ouvrir sa porte.

Toute seule, comme une chienne.

Et elle va en mourir.

Tout ça parce qu'elle a fauté.

Et celui avec qui elle a fauté, l'auteur du scandale, va se retrouver tout seul

lui aussi.

Haït tout le monde.

Avec un bébé qu'il va falloir mettre à l'abri.

De la haine, du scandale, de la rumeur.

aucun village ne peut oublier son passé pour ce qui est du cadet meliflore

obligé d'abandonner son petit certains ont pris sa défense dont le père de mon

oncle mon grand-père médecin lui aussi c'est lui qui lui a donné des papiers et

de l'argent c'est lui qui lui a permis de partir loin très loin et le petit

fut élevé au couvent des clarisses sans savoir qui étaient ses parents la haine

Et l'intolérance ont chassé cet homme du pays qui était le sien.

Le poids du passé est lourd pour tout le monde.

Chacun le supporte à sa manière.

Et ce n'est facile pour personne, j'imagine.

Ça fait dix ans que je vis à Barles. Des histoires comme vous venez de raconter s

'en passent dans tous les villages.

Il a raison.

On n'assassine pas des gens comme ça 50 ans après pour des affaires pareilles.

Je ne sais pas ce qu'en pense M. l'instituteur, mais de mon point de

vue... Le commissaire a sans doute autre chose à nous dire.

L'histoire n'est peut-être pas terminée.

Et moi qui croyais qu'il ne se passait jamais rien dans ce pays.

J'ai appris que le jeune Méliflor, une fois aux colonies, avait écrit des

lettres aux gens du village et que son frère avait cherché à les récupérer.

J'ai besoin d'en savoir plus pour arrêter le coupable.

J'ai besoin de votre aide.

Parce que je vous préviens, il y aura d'autres crimes.

Je sais que l'assassin est parmi vous.

D'ailleurs, je vais passer chez Pénélope vendredi.

Elle a accepté de me recevoir.

Vous rappelez toujours la protection de la police ? Oui.

Pourtant, j'ai insisté.

Ah.

Vendredi, quelle heure ? Dans la soirée. Je me l'invite, nous serions plus

tranquilles pour discuter.

Dites, vous ne comptez pas venir avec moi, quand même ? Mais, bien sûr que si.

À partir de maintenant, je vous suis partout.

Bon.

En tout cas, pour y aller, on prendra ma voiture.

Oh, ne m'énervez pas, chabron.

Chabran, qu'est-ce que vous foutez, mon Dieu ? Ne m'aidez enfin ! Vous

savez, la mécanique... J'aurais dû m'en douter, oui.

C'est pour ça que j'ai une bonne voiture.

Allez, tournez.

Attendez une seconde.

Tournez vers la droite.

Oui, je sais quand même.

Ça vient de Paris.

C'est l'ange.

Ma petite Solange.

On va peut-être enfin savoir.

C'est le même qui manque ?

Nom de Dieu, j'ai compris.

Et vous avez compris quoi ? Allez préparer mon costume.

Là, c'est trop long pour vous expliquer. Chabron va arriver.

Vous me promettez de ne pas prendre de risques ? Promis.

Quand vous serez chez cette femme de race ? Pénélope est une jeune fille

charmante. Charmante, c'est ça, oui.

Non.

Vous tenez vraiment à prendre

votre voiture ?

Absolument, oui.

Ils annoncent de l'orage.

Ah, merci Solange, de penser à tout.

Vous êtes sûre qu'elle va démarrer ?

La dernière Mélifleur est une petite personne curieuse, hein ? Comment ça,

curieuse ? Il paraît qu'elle convoque ses amants en pleine nuit, par

téléphone.

Et quand ils arrivent chez elle, elle leur demande ce qu'ils viennent faire.

Je sais.

Ah bon ? Qu'est-ce que vous voulez sur un sentimental ? On s'en refait pas,

hein ? En tout cas, vous semblez bien connaître la route, hein ?

Elle vous a fait le coup plusieurs fois ? Oh, ça va !

Faites jour par derrière !

pour attraper l'assassin.

Chavant, merde ! Allez !

Allez

! Quelle direction ? Parle !

On aurait vraiment dû prendre la mienne, hein ? Ah ! Ah oui.

Allez.

On voit rien, hein ? Rien de rien.

C'est lui ! Accélérez ! C'est ce que je peux, moi !

Chabran,

Verde, ramenez-vous ! Faites attention à la foudre !

Récupérez le tambour ! J'arrive !

Venez ! Venez !

Donnez-moi la main ! Allez,

venez, venez ! Venez, ne me lâchez pas

!

Demain, vous préviendrai Joubert.

Il aille chercher le corps.

A. R.

Alain Renard.

L'instituteur de Barle ?

Vous tremblez, ma parole ? J'ai pas de froid.

J'ai pas autant de facilité que vous à digérer la mort.

Une question d'habitude.

Hein, mon pauvre chavrant ? Première chose, boire quelque chose de fort.

Sors.

Voilà.

à venir moi-même

Chabran, venez voir.

Chez Barbebleu, on trouvait autant de robes dans les placards qu'il avait

commis de crimes.

Eh bien ici, ce sont des tambours.

Pourquoi des tambours ? Le vieux Méliflore leur a dit que ces tambours

sont précieux.

Elles les ont gardés.

Ah ! Cet homme, après avoir déposé son enfant au couvent des

Clarisses, s'embarqua alors pour la colonie.

De là-bas, il ne cessa jamais d'écrire à tous ceux... du village pour leur

reprocher leur attitude et les couvrir de ses malédictions.

Qui a écrit ça ? Léon Martin, un ancien instituteur de

Barle. Quel rapport avec notre meurtrier ? Quel rapport ? Sachez,

mon cher Chabron, que c'est dans ce carnet que réside le germe qui a

engendré tous ces crimes.

Avant de devenir instituteur, Alain Renard s'appelait Christophe. C'était un

garçon comme les autres, qui avait besoin d'amour.

Seulement lui, il était orphelin, élevé au couvent des Clarisses par des prêtres

silencieux et austères.

Devenu instituteur, il se fait muter à Barles et il tombe sur ce cahier.

Pensez bien que ce passage n'a pas manqué de l'interpeller.

Alors il a cherché.

Il a dû mettre du temps avant de retrouver ses parents.

Parce que bien sûr, ni l'Émilie Flore, ni les gens de Barre ne voulaient en

parler.

Mais lui avait entendu parler du docteur Pardillon.

Eh oui, mon oncle, qui connaissait bien la région.

Alors il est allé le trouver et il a interrogé.

Et c'est comme ça qu'il a appris pour ses parents, pour l'Émilie Flore et pour

le trésor.

Et c'est pour ça qu'il l'a lâchement assassiné. Qu'est-ce que c'est que votre

histoire de trésor à la fin ? Eh bien, ce tambour va nous le révéler. Pourquoi

est-ce qu'il les a tous crevés ? Ah, voilà.

Pourquoi les a-t-il tous crevés ?

Il cherchait forcément quelque chose à l'intérieur.

Une chance sur deux pour que les déductions de l'instituteur aient été

fausses.

Une chance sur deux pour que le trésor ait été caché ailleurs.

Une chance sur deux pour que l'une des filles

Mélifleur l'ait déjà trouvée.

Et surtout, une chance sur deux pour que tous ces crimes Il était commis pour du

vent.

Chou blanc.

Patience.

Patience.

Mon Dieu ! Laissez donc Dieu où il est, chavrant.

Et laissez-moi ouvrir cette enveloppe tranquillement.

Et puis arrêtez de me souffler dans le cou, ça m'énerve, ça.

Des timbres triangulaires.

Je ne comprends toujours pas.

Ah, Chabran, Chabran.

Vous en savez des choses, hein, vous ? Mais ce que vous ne savez pas, c'est que

si aujourd'hui on apprenait qu'il y a ici, dans cette pièce, une enveloppe

contenant ces timbres, cent mille personnes se précipiteraient sur nous

pour nous les arracher.

Vous êtes sûr de ce que vous dites, là ? Ah oui, oui.

Ce que vous avez dans vous, Chabran ?

Ce sont peut-être les timbres les plus chers au monde.

La colonie du Cap de Bonne-Espérance a créé deux timbres triangulaires

filigranées d'une encre marine.

Ces timbres étaient imprimés en Angleterre. Vous me suivez ? En 1910,

un ballot de ces timbres est emballé sur la frégate Joyeuse, qui fait naufrage.

Devant la pénurie qui s'installe, la colonie du Cap de Bonne-Espérance décide

d'en imprimer elle-même.

Bon, une série limitée et vite épuisée, ce qui explique leur valeur aujourd'hui.

Or, il se trouve que notre cadet Méliflor est allé s

'exiler dans ce trou perdu, d'où il envoyait des lettres aux habitants de

Barles, au premier rang desquels son frère.

Quand celui-ci a vu le calendrier des postes 1912,

comme je l'ai vu moi-même, et qui expliquait l'histoire de cet imbre, il a

tout de suite fait le rapprochement avec la lettre qu'il avait reçue.

Et il a essayé de récupérer les autres.

Ensuite, il a mis tout cet imbre dans une enveloppe, qu'il a glissée dans un

tambour, et il a légué ça à sa descendance.

Voilà.

Astucieux moyen de léguer sa fortune sans payer de succession.

Comment est-ce que l'instituteur savait que les timbres étaient cachés dans les

tambours ? Ça, c'est une chose qu'on ne saura jamais.

Son secret est parti avec lui dans la rivière.

Allez, maintenant il n'y a plus de Méliflore.

Et nous sommes les seuls à connaître le secret du trésor.

Alors vous savez à quoi je pense, Chabon ? C'est dingue.

Vous m'en certainement allez moisir dans quelques vitrines d'un musée.

Alors voilà.

Prenez-les.

Prenez-les, glissez-les dans votre portefeuille et allez les négocier où

vous voulez.

Hein ? Vous êtes plus jeune que moi ? Vous pouvez vous hanter de grands

besoins.

On brûle le cahier ? Pour le reste, faites-moi confiance pour trouver une

explication logique à toutes les questions qu'on vous posera.

Hein ? J'ai envie de vous voir vivre, je vous remercie.

J'ai envie de vous voir vous amuser, mon Dieu, de vous voir rire.

Amusez-vous à ma santé.

Vous voulez ? Allez.

C'est d'accord ?

Je

n'aime que digne au monde.

C'est là que je peux vivre.

Ici, je suppose.

Le voyage immobile est encore là où on ne se sent plus libre.

Oui, oui.

Parce qu'il se fait mieux, finalement.

Avec le bon slave.

Ouais.

Il va falloir prévenir les gendarmes.

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