All language subtitles for la-soupe-aux-choux

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Original subtitles

Le village était un village du Bourbonnet.

Comme ce discret Bourbonnet ne s'était pas taillé dans l'histoire un nom de

guerre à la façon de l'Alsace ou de la Lorraine, on le prenait, par exemple,

pour la Bourgogne, tout comme on prit jadis le piré pour un homme et les

pendentifs de ma tante pour ceux de mon oncle.

Bref, le village en avait pris un coup dans la pipe.

Pour le dire tout net et noir sur blanc, Il n'y avait plus rien au village, plus

rien de rien.

Ou plutôt si, il subsistait encore, vaille que vaille, au hameau des

gourdiflots, deux exotiques, deux fossiles de la plus belle eau, deux

pauvres ch'tites créatures.

Le premier de ces derniers démoïcans, de ces fruits secs, tannés, confits dans le

vin rouge, de ces insolites d'un autre temps, rejeté par l'électronique et même

par le moteur à explosion.

Le premier, donc, de ces deux druides de la chopine s'appelait Francis Sheras,

dit le Bombé, vu qu'il était un tout petit chouïa-bossu sur les bords et aux

entournures.

Le second, c'était Claude Rattinier, le Glaude, comme on l'appelait par chez

lui, le Glaude avec un G.

Non, non, j'en veux pas, j'en veux pas. C'est qu'une mouche, t'as peur qu'elle

boussole derrière. Mais c'est pas pour la mouche.

Les mouches même, ce serait moins nuisible que le pinard pour ce que j'ai.

Comment que t'as de nouveau depuis hier ? Ah ! Bah que donc ? J'ai le diabète.

Comment que t'as vu ça ? Dans le journal.

Ils parlent de ton diabète dans la montagne ? Mais non, ils en parlent en

général dans un article.

Et il y a du particulier dans le général, là.

Eh ben alors ? Eh ben alors !

Ma tante Augustine, qui avait du diabète dans tous les coins, on lui a enlevé un

oeil.

Elle est morte.

Mon cousin Germain, Benoît Clou, il était tout petit comme ça.

Lui aussi, il a eu droit au diabète. Alors, on lui a enlevé un oeil.

Il est mort. Alors, un et un, pour moi, ça fait deux.

Confidence pour confidence.

Moi, j'ai deux oncles qui sont morts en 14.

Ça m'étonnerait bien que ça m'arrive. Allez, va-donc. Allez, va-donc ! Va-donc

! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc

! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc

! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc

! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc

! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc ! Va-donc !

Va

-donc ! Va-donc ! Va

Que buviez-vous quotidiennement ? C'est pas vrai. 5-6 litres, comme le Bombay.

Mais vous êtes fou !

J

'aurais jamais dû le vivre, ce journal.

On le savait pourtant que c'était que des menteries dans les journaux, des

âneries de députés pour embêter le pauvre monde.

Bon.

C'est pas tout ça, le père.

Mais tu me retintes.

L'heure, c'est l'heure.

Et c'est l'heure du perniflaire.

L'homme ont filé une larmichette.

Si l'auleur te dérange point pour ton régime.

Elle glotte, mon eau, sans me vanter.

C'est la meilleure du coin pour la soupe et pour le perniflage.

Il y a là-dessous une nappe pratique, comme il y a point dans tout l'allier.

Quand je pense que tu as supprimé ton puits pour l'eau du robinet, ça me fait

sortir une maculotardulon. Mais tu sais bien que c'est la Francine qui l'a volée

sur l'évier.

Les bonnes femmes leur font tout le confort moderne, maintenant.

Leur font même l'égalité aux flumelles.

Elles vont être mignonnes, hein, les gamins, si elles se fabriquent toutes

seules, à grands coups de seringues, quelque part.

Elles vont nous sortir que des hippocampes, comme on en trouve dans les

mares. Ou bien des diabétiques.

Elle glotte.

Elle glotte.

Elle glotte.

Mon eau.

Elle a une température de haute précision.

pour le perniflage, au degré près.

Si c'est glacé, ça tranche le vent.

Mais là, ça descend dans les boyaux comme la rosée du matin sur les

feuilles. Regarde donc.

Regarde donc.

Où est-il, mon ongleau ? Regarde !

C'est encore dans notre petit coin à nous, loin des malfaisants, qu'on est

encore le mieux pour attendre la mort.

Moi, en tout cas, à l'asile, j'irai point.

C'est mieux de me foutre dans mon puits, comme devraient faire tous les vrais

pusatiers. C'est ça. Et moi, je me taperai sur la tête jusqu'à la mort avec

un sabot, comme devraient faire tous les vrais sabotiers. Allons.

C'est poisonable ! Faut changer d'air ! Oh

maman ! Oh mon dieu ! Oh il empoisonne !

Oh que donc il a là-dedans ? Oh mon dieu !

Oh

celle-là, je l'ai tournée des fois et des fois avec la francine.

Légère comme une libellule qu'elle était, la pauvre petite enfant, quand on

dansait pour la Sainte Hippolyte, pour la Sainte-Pierre, pour la Bonne-Dame.

Partout, il n'y avait que de la fête et du bal.

Maintenant, mon 6-6, il n'y a plus de valse brune. Il n'y a plus que deux

chevaliers, cons comme la lune, sous la lune.

Tu ne vas pas te mettre à pleurer, espèce de...

Vous êtes chimpanzé.

Elle me manque, ma Francine.

Qu'est-ce que tu veux ? Les femmes, c'est des choses qui arrivent qu'aux

vivants.

Regarde.

C'est quand même pas foutu, les étoiles.

Il paraît qu'il y en a des mille, des mille, des mille. Écoute ton verre, là.

Écoute ton verre, là.

Tu me l'as tué, vieux bon dieu

d'assassin ! Tu as massacré mon meilleur ami !

Pourquoi t'es venu ici, chez moi et pas ailleurs ? Mais si tu m'en racontes

pas, je saurais jamais de que tu réchappes, vieille denrée !

C'est moi, une bombée ? Tu nous as écouté péter de là-haut ?

Qui t'a cru qu'on t'appelait ?

C'est vrai ? Si on ne peut plus péter sous les étoiles sans faire tomber un

martien, il va nous en arriver des pleines brouettes.

J'en crie non, dis-donc ! Tu m'as foutu une sacrée soif avec toutes tes

excentricités.

Eh ben, la denrée, on est en France. Allez, cul sec ! T'aimes pas le

pinard ? Tant pis pour toi.

Non,

excuse-moi, camarade, mais s'il y a que quand on pète ou quand on rote que ça te

dit quelque chose, on va pas en causer souvent.

D'abord, le bombé et moi, on ne pète que dehors. On sait se tenir.

On a déjà été au restaurant.

Mais si ça se trouve, t'as guère soif.

T'es fou de faim, t'oses pas m'y demander. Allez ! Tiens, ça c'est de la

soupe aux choux.

De la vraie fête avec mes choux à moi.

Une variété de printemps, le bac à l'an actif.

Gamin, on attaque.

Maintenant, on va attendre un peu.

Que ça prenne bien le bouillon.

Je

m

'embête pas avec toi là-dedans.

Quand je pète... Tu rappliques de on ne sait pas où et quand je fume, tu tombes

par terre.

Allez !

La

soupe aux choux, mon blaise, ça parfume jusqu'au trognon.

Ça fait du bien partout qu'elle passe dans les boyaux. Ça tient au corps. Ça

vous fait même des gentillesses dans la tête.

Tu veux que je t'y dise ? Ça rend meilleur.

Tu vois, avec ça tu peux faire des kilomètres avec sans une poutre par

terre.

Eh bien voilà, ma vieille denrée.

Bon voyage.

Serre-moi la main.

Et reviens vite, la denrée, t'es un bon gars.

Il y a une soucoupe, là, dans ton champ ! Qu'est-ce que tu me chantes avec ta

soucoupe ? Quelle soucoupe d'abord ? Volante ! Une soucoupe volante ! T'as

jamais entendu causer des soucoupes volantes ? Mais qu'est-ce qui se passe ?

Comme un petit pari, un litre ? Trois ! Trois, t'as dit trois litres, t'as pas

compris ? Trois litres ! J'avais envie de pisser.

Comme il faisait beau, je me suis dit, allons pisser dehors.

Ça te changera du pot de chambre.

Je chante et quand je vois une soucoupe, là, dans ton champ, ça m'a coupé l

'envie, j'ai couru, t'as dit.

Quelle est ta soucoupe ? Tu me la montres ?

Elle n'y est plus.

Tu as dû faire un cauchemar.

De quoi t'as soupé hier ? Un pied de cochon.

Il n'y a pas plus lourd pour l'estomac.

Ta soucoupe, c'est quoi ? C'est le pied de cochon.

Elle était blanche comme du chrome.

Elle faisait pas trois, quatre mètres de tour.

Elle était ronde comme un fromage de vache.

Elle était belle comme un nichon de fumelle.

Elle était là.

Qui que tu cherches, qui que t'aies trouvé, tu veux une petite pépèle ?

Merde ! Elle était là, j'oublierai jamais, il m'a dit, elle était là.

Mon petit Cicis, tu bois trop. Fous-moi la paix ! On commence par voir des

soucoupes et on finit par voir des rats se balader sur les drodons. Fous-moi la

paix que je te dis ! J'avais prévu plus qu'à l'ordinaire ! Ecoute, mais c'est

pas tout ça, après je me recouche.

Je vais pas passer ma nuit comme toi et galoper les martiens.

Merde ! Et t'oublieras pas que tu me dois trois litres

! Trois litres de pisse ! Trois litres de pisse que t'auras !

Cette nuit, vers une heure du matin, je ressentis un besoin pressant.

Sortie de chez moi, j'ai vu une soucoupe volante.

Permettez.

Oui ? Je suis le frère de Madame Poulangère.

Je vous demande... de ne prêter aucun crédit à son histoire de soucoupe

volante. Elle est bredine jusqu'au trognon. Ah bon ?

Je vous remercie.

Eh bien, nous allons prendre par écrit votre déposition.

Il est là,

le chef ? Une minute, il est occupé.

Pour trop longtemps ? Non, non, non.

Je prends votre déposition.

Cette nuit, à une heure du matin, j'étais pris d'un besoin pressant.

Ah oui ? Et vous avez vu une soucoupe volante ? Oui.

Cette nuit, à une heure du matin, une habitante du hameau des Gourdiflots, Mme

Amélie Poulangère, qui ressentait une envie pressante, est sortie de chez elle

et a vu une soucoupe volante.

Elle est brodine jusqu'à l'os ! Justement !

Si une innocente boit une soucoupe, il est bien évident qu'à quelques mètres de

là, un poivreau patenté va s'empresser d'en boire une, lui aussi, de soucoupe.

Allez, vous pouvez disposer, M.

Chérasse.

Alors le père, j'ai pas vu de rayures sous le volant.

Elle avait des rayures ou elle était à poids ?

Elle était polie.

Oh oui, trop polie pour être honnête.

Elle était polie comme un leçon à champagne.

C'est pour toi, la Francine, un beau géranium.

Hein ? Eh ben, à part ça, il y a un oeuf.

Tu veux qu'il y ait un oeuf ? Ben oui, quand ça ne va pas, il faut y faire

aller. Oh, il y a un martien qui est venu à la maison.

Ah, pas du tout.

Je ne l'avais pas bu. Je ne l'avais pas bu, ça, je te le jure.

Depuis que tu es défunt, je n'ai pas bu un seul canon.

Et pour vraiment... Bon, je vais te la prendre. Bon,

écoute, alors, rentre ce prochain matin et amuse-toi bien.

Amuse-toi.

pas penser à autre chose, non ? Non ! Ça te travaille, hein ? Oui, parfaitement,

ça me travaille.

J'ai l'air d'un con dans tout Valigny.

Tu l'avais déjà ! C'est pas possible, mais maintenant, ils ont des raisons.

Tu veux que je leur dise ce que je fais, vous et ta soucoupe ? Comme ça, on sera

deux à passer par des cradichons. C'est pas vrai, mais c'est pour la peine.

Allez, viens voir un canon.

D'accord, et après, je vais me pendre. Tu vas pas te pendre ! Mon loulou, mieux

vaut la mort que le déshonneur.

T'as pas le droit de te supprimer, Francis.

C'est pas la peine. C'est la première fois qu'ils m'appellent par mon prénom,

toi. T'as de la famille, t'as des voisins, t'as des amis. Je suis tout ça,

à moi tout seul.

Oh, tu penses bien que toi, ce chou-folle-marty, tu t'en fous pas mal.

Ce que tu veux, c'est qu'on s'admette ton bouffon, ton esclave, pour rigoler

dans ma boche parce que j'ai mis une souco. Allez, viens boire un canon.

Réponde-toi, je te parle ! Hé ! Mais pour que tu te fasses du souci, tu me

crois tout noir comme un boulet de charbon au bout d'une corde.

Tu me rétruis une calotte, espèce de sale d'un banque ! Tu me battrais, hein

? Parfaitement.

Tu me battrais comme les gendarmes m'ont battu.

Ils t'ont battu, les gendarmes ? Comme plantre.

C'est bien qu'ils battent tout le monde, les gendarmes.

Oui, tout se déprime pour ça.

Oui, mon glos.

Je ne vais pas hésiter à frapper un dix mille mes physiques.

Jean-Cosomère ! Fais point ça ! Leur pardonne.

Ils savent point ce qu'ils font.

Toi, tu te fous de moi, hein ? Je vais te le préparer, ton... ton petit nœud

papillon !

Vas-y, prends-toi, c'est prêt.

Mais tu pourras chier que tes charognes, c'est du solide.

Prends-toi, toi.

Moi, je marche pas en sifflet.

Je me pendrai quand ça m'amusera.

Merci, mon ch'ti Guillaume. Allez, entre dans moi quelque chose.

Tu ne proposes jamais à tes collègues, ils ont toujours le feu au cul.

Moi, je t'ai vu sur le pot.

Allez, tiens, on va en prendre un pot, mais pas du même.

Vite fait.

Il paraît que le bombé a vu une soucoupe.

Il est brelon, on se fout de lui partout.

Eh bien, un peu de ça.

Maintenant, il veut se pendre.

C'est pas ben bon, ça.

Bon, allez.

Des fois, il y en a qui le font.

T'as pas fini de me surveiller, figure de peau de fesse ? Tu vas pas t'en

suivre au cabinet si ça continue ? Mais je m'en fous bien de toi ! Je veux aller

regarder tes salades ! Eh ben, elles sont en bas ! Non, c'est parce que moi,

les miennes, il y a les limaces qui sont mises à pas, il y a des limaces comme

ça. T'as qu'à te les bouffer !

Qu'est-ce qui t'arrive, le gombé ? Je me suis détruit.

La corde a lâché.

Je me suis cassé les reins comme du cristal.

Je vais mourir.

J'ai mal au dessus.

Tu aurais pu me tuer, hein ? Appelles-donc les pompiers.

Pourquoi t'as soif ? Oh, j'ai tué mal, mon Dieu ! Oh, oh, oh ! Je me

suis pété la bosse ! Je me suis pété la bosse, et je la sens plus, ma bosse !

Non, mais non, rassure-toi, elle est là. Tu seras pas défiguré.

Elle est ? Tu vois que t'es pas mis le morceau ? Allez, on y va. Oh, putain, j

'ai tué mal.

Oh, j'ai tué un rondet.

Oh,

j'ai...

Et les fesses qui me sont rentrées dans le vent ! Oh

non ! Oh non !

Oh non ! Oh non ! Oh non ! Oh non ! Oh non ! Oh non ! Oh non ! Oh non ! Oh non

! Oh non ! Oh non ! Oh non ! Oh non ! Oh non ! Oh non ! Oh non ! Oh non ! Oh non

!

Oh, ça fait du bien.

Oh, mon glauque.

C'est la première et la dernière fois que je mourre.

Mais j'ai ma conscience pour moi, mon glauque. Les justes secours, je l'ai vu.

Avec mes yeux, je l'ai vu.

On pète, Cicis.

On pète comme l'autre soir.

Tu l'as pété, toi, avec le dernier en compote ? Il faut qu'on pète.

Mais pète-t'en, mon idiot !

J'en ai point le cœur, mais point le moral pour moi.

Il faut qu'on

pète !

Oh mon poursuit !

va te biser mon loup va te biser encore

va te biser encore

Ça fait des nuits et des nuits que j'attends que tu viennes me faire la

conversation avec tes bruits de dindon.

Je suis là, monsieur Rabinier.

Tu parles ? Tu parles ? Vous m'avez appelé, je suis venu.

Je t'ai appelé, je t'ai appelé, enfin, si on veut.

Parce qu'à ce compte-là, chérie, il t'a appelé aussi, lui.

Vous m'avez appelé plus clairement que lui.

Comment t'as appris notre langage ? En écoutant les gens de chez vous.

Tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes.

Je viens de la planète Toxo.

Une toute petite planète qui n'est même pas sur vos cartes. Si tu savais comme

je suis content de te revoir, mon ch'ti gars !

Moi aussi, monsieur Ratigny.

C'est pas parce que je pourrais être ton grand-père qu'il faut m'appeler

monsieur. C'est fini, les messieurs.

J'ai votre âge, monsieur Ratigny.

Tu te fous de moi, l'ami ? Ma foi, non. J'ai 70 ans, comme vous.

Monsieur Roxo, on ne bouge pratiquement pas du début jusqu'à la fin.

Ça ne sert à rien de changer d'apparence.

C'est sûr, ça ne sert à rien.

Mais chez nous, on ne nous demande pas notre avis. Il faut qu'on y passe.

Regarde-moi.

Il y en a d'autres. Il y en a d'autres sur le derrière.

Allez.

Allez.

Un petit canon.

Un canon, c'est un coup de vin rouge.

J'avais bien compris.

Le mot revient souvent dans votre langage.

Non, merci. Je ne boirai pas de canot.

Chez vous, on ne vieillit pas vite, mais on ne doit pas rigoler souvent.

On ne rigole pas, comme vous dites.

Pas du tout.

Jamais.

Ça

fait

quand même plus bien qu'à couper au cul, ça.

Ma soupe, s'il vous plaît.

Je suis pressé. Je suis en mission.

On y va !

Sens

-moi ça, si ça sent bon.

Ça sent le jardin, ça sent les cumuls, ça sent les quatre saisons, ça sent la

terre, la terre...

La terre, là-dedans, ça sent la terre après la pleu. Parce que par ici, on dit

pas la pluie, on dit la pleu, parce que c'est encore plus mouillé.

La terre après la pleu. Voilà, tu parles comme un vrai houle.

Je parle comme un vrai houle.

Elle est de mieux en mieux, le glaude.

Tu m'as appelé le glaude, ça me fait plaisir.

Ça prouve que t'as chaud dans la carcasse.

Oui, le glaude.

Dis-le à propos, comment ils ont trouvé ma soupe là-haut ? Elle a été jugée

dangereuse.

Dangereuse ? Elle n'a jamais fait crever personne, ma soupe.

C'est la première fois que j'entends dire ça, qu'elle serait périlleuse, ma

soupe. Ne criez pas, le glaude. C'est justement parce qu'elle est bonne qu

'elle est dangereuse.

Mais alors, rien du tout.

Je vais vous expliquer, le glaude.

Sur Oxo, nous sommes 10 000 en tout. Ni plus, ni moins.

Et nous vivons tous jusqu'à 200 ans d'âge.

Nous ne mourrons pas au sens où vous l'entendez, mais ça, ce serait un peu

long à vous expliquer.

À part nous, il n'y a sur Oxo aucune vie animale. Il n'y a pas de vie végétale

non plus.

Non qu'elle y soit impossible, elle est inutile.

Nous nous nourrissons d'extraits minéraux.

Vous comprenez le glaude ? Vous sucez des cailloux.

Nous formons une société parfaite. Et c'est pourquoi nous voulons nous assurer

que votre soupe ne présente aucun risque de décadence ou de ramollissement des

énergies.

Mais puisqu'il est dangereux, ma soupe, faut pas y toucher.

Pourquoi tu me déranges, ma soupe ? Mais si nous le savions, nous n'aurions pas

créé une commission d'enquête.

Vous savez, le glaude, qu'on ne parle plus que de votre soupe, sur Oxo.

C'est vrai.

Ah,

c'est la photo de la Francine et de moi, le jour de nos noces.

J'étais drue comme un pinceau, et la Francine avait la cuisse rose.

Elle était bien jolie, hein, ma Francine ? Tu trouves pas, là-dedans, qu'elle

était mignonne comme tout ? Oui, le glaude.

Il n'y a quand même pas que du mauvais dans ces outils-là.

Il y a même des fois où on les voit comme des ch'tibous de paradis.

Ça m'est arrivé avec la Francine.

C'est disparu.

Elle est morte, la pauvre petite enfant du bon Dieu.

Il y a 10 ans.

Elle en avait à peine 60.

Je la regrette bien, d'abord.

Viens.

Tiens, t'y vois.

J'y ai coupé une mèche de ses cheveux sur la tête à la francine, juste avant

qu'on me l'enferme dans le plumier.

Quand je vous ai appelé le glaude, vous m'avez dit que ça vous faisait plaisir.

Oui. Qu'est-ce que c'est que le plaisir ? C'est dit, moi.

Mais quelle question ? Le plaisir, c'est le plaisir. C'est comme la soupe, comme

le pinard.

Est-ce que ça vous ferait plaisir de revoir la Francine ? Oh, c'est pas bien

du tout de rigoler avec ces choses-là.

Ça se respecte chez nous, les morts.

Non, mais tes marteaux ! Excusez-moi, le glaude.

Ma soupe.

Petit loup, t'as encore 130 ans à vivre, toi.

Oui, le glaude.

Au moins, dix à tout casser.

Si je dis ? Il y a.

Votre soupe, le glaude, j'aimerais bien vous y la payer.

Mais payer, je voudrais bien y voir.

Là, tu me fais de la peine, l'adoré. Parlez d'argent chez moi. Je ne veux pas

être riche, je peux encore offrir la soupe à un invité.

L'argent ? Oui, l'argent. Chez nous, c'est des sous. Et des sous, il en faut

chez nous.

Des sous ?

Tu sais ce que c'est, ça ? C'est un louis d'or.

C'est mon parrain Anselme Poulassier qui m'en a fait cadeau pour mon certificat d

'études que j'ai pas eu.

Moi non plus.

Le certificat pour la soucoupe. Je l'ai eu à la quatrième fois.

T'es comme moi, t'es pas bien fin.

Oh non.

Vous pouvez me le prêter ?

Mon idiot ! Un

petit canard.

Non, le glaude. Un ch'ti-canon. Non, le glaude. Un demi-ch'ti-canon. Non, le

glaude.

Tu m'ourras, Bredin, mais un Bredin, c'est un idiot.

Je sais bien, je parle comme vous, le glaude, c'est vous qui m'y avez appris.

Mais là-haut, vous avez bien des chefs dans votre fourmilière.

Nous avons un comité des têtes, cinq têtes renouvelables.

Eh bien, quand t'auras un verre dans le nez, tu seras en tête de toutes les

têtes, tu seras là.

Avec tes histoires, tu m'as tout détraqué derrière le nom du père. Je n

'en peux plus.

Je ne

te raccompagne

pas.

Laisse la grange ouverte.

Au revoir, mon Claude.

Tu es un bon gars.

Toi aussi, ma vieille dame.

Tu reviendras bientôt.

Oui, mon glauque.

Oh, la dorée ! N'oublie pas que mon Louis s'appelle Reviens. Oui.

un besoin pressant se faisant sentir, je sors en courant dans le jardin. Et qu

'est-ce que je vois ? Une soucoupe volante. Oui, mais elle n'était pas

comme celle de l'autre fois.

Et puis un homme, il en est sorti avec une boîte au lait à la main.

Et le glauque, il était là. Enfin, je me suis ratignée, comme vous dites.

Je devrais ressusciter ma pauvreté.

Le Claude ! Le Claude !

Le Claude

! Il

y a quelqu'un ? Qui c'est dedans ? N'aie pas peur, c'est moi.

La Francine.

Ouvre-moi, le glauque ne fait pas chaud.

Ce n'est pas dur possible.

Me voilà.

J'y vois.

Ça ne te fait pas trop peur ? Je n'arrive pas à y croire.

que tu causes et que t'es là.

On va chercher à comprendre.

On tomberait fous.

Que

t'étais

belle, ma Francine.

J'avais oublié comment t'étais belle.

Ne me moque pas de moi, à mon âge.

Ce n'est pas bien de rire de quelqu'un qui revient d'où je viens.

J'en suis encore toute secouée.

Tiens, la francine.

Vois comme tu es jolie.

Oh, la francine ! Le vinaigre !

C'est pas le moment de tourner de l'oeil.

Je suis

là,

le glaude.

Tu m'en connais plus ?

Est-ce que t'es vieux ?

Très belle.

Très belle.

C'est merveilleux d'avoir 20 ans.

Ah oui, ça ne doit pas être désagréable.

Le glaude.

Je vis.

J'ai faim.

J'ai faim.

Cinq minutes.

Merci, glaude.

Retourne-toi.

Retourne-toi.

Mais je t'ai déjà vu toute nue même quand t'avais l'âge que t'as.

Commence par me contrarier, retourne-toi, je t'y demande.

Luglot, qu'est-ce que tu fais ? Ben quoi ? Je voudrais t'arranger.

M'arranger ? Essaie, je te dis, et je te casse le pot de chambre sur la tête.

Tout vieux pépé que t'es.

Mais la France, t'es ma femme, ça se fait d'arranger sa femme.

Le pot de chambre sur la tête.

Ah,

je vais même m'écaler.

Eh ben, mes petits frères, ça commence bien.

J'ai dû révéler l'orture de la Francine, bref.

Te voilà à la dernière mode.

T'as raison, un vrai épouvantail.

Rien ! Oh, ben tu l'as encore, cette sale bête.

Faudra me lui filer un coup de fusée, cette charogne.

Un beau bout de charogne.

Le bombé est mort ou pas ? Mais non, il est pas mort, il est malade.

Alors si tu le vois, tu lui diras que t'es une petite nièce à moi.

Oui. Faut que j'aille à Jalini, j'ai plus rien à mettre. Donne-moi des sous.

Mais j'ai trouvé du verre. Mais donne-moi ce qu'il me faut. Quand on a

une femme, on la nourrit et puis on l'habille. Allez, hop. Allez.

Hé, c'est ma retraite des liens. La retraite des jeunes, c'est encore moins

gras, mon petit père.

Où qu'il est mon vélo ? Dis-donc ?

Qu'est-ce que t'as fait de mon vélo ? Je l'ai vendu ton vélo.

T'as vendu mon vélo ? Il est rare qu'on pédale dans les cercueils.

Pendant que je serai partie, tu pourras débarrasser la table et puis laver les

bols. Et au lieu d'aller vider des chopines avec ton acolyte, tu tâcheras

de laver par terre.

On voit même plus la couleur du carrelage. Non, là, je te permets pas de

me parler comme ça, parce que je t'ai quand même apporté des beaux géraniums,

des beaux petits pétuniaques.

À partir de maintenant, tu m'arrangeras plus. Tu me feras plus trimer. Toute une

vie, j'ai lavé les draps dans la rivière, préparé le fricot. Cette vie

-là, j'en ai rien vu du tout. Elle est passée comme un éclair, sans rien.

Alors, une vie de perdue, ça suffit. Moi, j'ai la chance d'en avoir une

deuxième sous la main.

Alors, je veux m'amuser et rire et chanter.

Voilà. Il faut quand même que je t'apprenne que c'est grâce à moi si t'es

en vie aujourd'hui.

Si j'avais pas pété, tu serais pas là. Parce que moi, quand je pète, la denrée

arrive tout de suite dans sa soucoupe volante.

Eh ben, t'as dû en vider des tonneaux de pinard pendant que j'étais pas là.

Eh ben, mes cadets, eh ben, mes petits frères, ça commence bien.

J'ai

craqué

ma robe, tu crois que j'en trouverai à Jalini ? Ah mais achète pas une robe,

achète un jean et un tee-shirt.

T'es pas d'ici, toi.

Je suis de Moulins.

Je suis venue pour soigner mon grand-oncle, Claude Rattinier.

Ah, Rattinier.

T'as qu'à le mettre à l'eau, il ira tout de suite mieux.

Comment tu t'appelles ? Francine.

Moi, c'est Catherine Lamouette.

Il fait beau, hein ?

Voilà le t-shirt.

Merci.

Et voilà, le pantalon.

Merci. T'as de sacrés beaux seins, toi.

J'aimerais bien avoir les mêmes.

Les miens à côté, c'est Laurel et Hardy.

Mais waouh, c'est super comme ça ! Mais non, ça va pas du tout, c'est beaucoup

trop serré.

C'est très joli. En plus, ça t'envoie direct les mecs chez les dingues. Bon, t

'as été élevé dans les bois, toi.

Allez, voilà.

Tu vois, il te va comme

une paire de mains, ton tee-shirt.

Oh, Catherine ! Viens, viens.

Ou alors, je te présente Lulu, Robert et Francine.

Eh bien, Lulu, qu'est-ce qui t'arrive ? Eh oh, mentalité à jeu dessus, là ! Oui,

méfie-toi, c'est le plus câlin de toute la bande.

J'ai perdu la boule, la francine ! Envoie tes deux nichons comme si t'avais

le cul à l'air ! Hé ! C'est aussi bien quand t'as appris toutes ces mauvaises

manières ? J'te parle ! Oh ! T'es qu'une dévergondée ! Viens ! J

'ai pas lavé par terre.

Mais tu es tombée brodine pour montrer comme ça ton cul à tous les poissons !

Mais je prends un bain de soleil, c'est pas un crime ! N'importe qui peut

arriver ! Et alors ? C'est pas dégoûtant, il y en a qui payent pour

voir des femmes se déshabiller ! Tu voudrais quand même pas que je me fasse

payer ? Mais ça se fait pas, mon dieu, mon dieu gourgandine ! T'aurais mieux

fait de rester au cathèque, toi sale bête ! Ça fait plaisir d'entendre ça, ça

fait 24 heures que je suis en vie, tu souhaites déjà ma mort !

Il faut quand même que je t'apprenne avant de mourir à ton tour que j'ai

couché avec le bon B.

J'ai couché avec le bon B ? Ça t'amuse pas, hein ? Bien moins que de me voir

toujours dans ma tombe.

Parfaitement, j'ai couché avec le bon B.

Tu pensais à tout à l'heure ? Mais non, pantouf, pas tout à l'heure, pendant que

t'étais prisonnier.

Si tu me touches, t'es mort ! J'ai jamais su.

On n'allait pas t'y dire.

Pourquoi vous y avez fait ? Je m'ennuyais.

Il s'ennuyait.

C'était si loin.

C'était pas grave.

Mais finalement, t'étais qu'une... Même pas.

J'étais qu'une femme seule.

Pardonne-moi.

Non ! Mais y a 40 ans de ça ! Pour moi, c'est du tout neuf.

Tout d'un coup, on m'apprend que je suis cocu. Il faut que j'y prenne bien.

Mais on n'est pas cocu des 40 ans après.

Quand t'as été revenue, ça a été fini et je t'ai aimée comme avant.

Je t'y jure.

Il y a de quoi virer, Bredin.

Faut pas.

Ça t'embête pas si je sors ? Où tu vas ? Au bal avec Catherine Lamouette.

La ch'tite Lamouette ? Si je te dis que ça, on a 20 ans toutes les deux.

Je m'y habituerai jamais, vous sacrés noms des dioudes. 20 ans. Va danser.

Amuse-toi bien, tu rentreras quand tu voudras.

Merci, Glaude.

Je suis plus ton mari, ni ton père, ni ton grand-père.

Ouais, mais t'es bien brave, mon Glaude. Je file.

Dans où est-ce qu'il se prend ? Il me prend que je suis cocu ! Et par toi, des

charognes ! Mais comment tu veux être cocu si je suis tout à point une femme ?

J'en ai eu une, et tu me l'as arrangée, bande rejetée prisonnière !

Ça n'a jamais existé, je te le jure sur la tête de ma mère.

Ça, c'est pour le sanglier.

Et ça, pour l'éléphant.

Et maintenant, je vais te faire penser la cache-pierre au travers du mur.

Non, t'as raison, le glaude.

J'ai arrangé la francine pendant que t'étais point là.

Comment que vous y avez fait ? Ben, comme tout le monde.

Je te demande pas de détails ! Comment c'est arrivé ? Ben, je m'ennuyais, quoi.

Je m'ennuyais.

C'était l'hiver, c'était point là qu'il coupait son bois, il m'apportait un bol

de soupe, on causait un peu, on n'était point vieux, alors comme ça, c'est venu

tout seul.

Nous, on s'en voulait, Claude.

Et puis vous recommencez ? Tant que ça pouvait, mais avec des remords partout.

Tout le monde en a gâché des soirées.

Excuse-moi.

Fusile-moi, Claude ! Fusile-moi !

Je suis pas ligné de ton parcours.

Fais-y du mal ou je vais me pondre pour de bon.

Fais-y du mal ou je vais me pondre pour de bon. Fais-y du mal ou je vais me

pondre pour de bon. Fais-y du mal ou je vais me pondre pour de bon.

Fais-y du mal ou je vais me pondre pour de bon.

J'en ai eu une femme et puis c'était la tienne.

Je m'en vais, mais j'ai pas voulu partir sans dire au revoir.

Tu pars ? À Paris.

À Paris ? T'es pas folle ? Y a que là qu'on trouvera du travail avec Robert.

Mais tu sais au moins si c'est un brave garçon.

J'y verrai à l'usage.

Si c'est pas ça qui est ça, j'en changerai.

Ça te fait pas trop de peine que je m'en aille ? Il faut faire rire à ton idée.

Justement, les idées, on n'a plus les mêmes, alors on ferait que s'engueuler.

T'es pas d'accord ?

J'ai aimé que toi, la Francine.

Moi, pareil, le Bombay, je ne l'ai pas aimé, tu sais.

J'y sais maintenant.

Il faut que tu sois heureuse du plein.

Tu ne m'en veux pas ? Pourquoi je t'en voudrais, ma petite fille ? Il faut que

je t'embrasse, mon globe. Oh, je sens le pinard.

Ne dis pas de bêtises.

Je te souhaite tous les bonheurs, ma Francine.

Moi aussi, mon Claude.

Oh, mais je ne t'attendais pas.

Qu'est-ce que c'est que ça ? J'ai eu de l'avancement. Je ne suis plus oxyane de

deuxième classe, je suis oxyane de première classe.

Et grâce à vous, le glaude. Grâce à moi ? Oui, grâce à votre soupe. On m'a donné

la soucoupe qui met deux heures au lieu de trois.

Mais je ne t'y avais pas dit que tu monterais en gratte. Je ne t'y avais pas

dit. Et qui te manquait que de boire le canon pour le grimper par-dessus les

têtes à tes cinq têtes ? Si tu as de l'ambition.

Oh non.

C'est à de l'ambition qu'il arrivera.

Chez nous, les huiles, ils boivent que du pinard, mais pas du pinard de soldat.

Du vin bouché, du cacheté, qu'on ne pourrait pas se payer, nous autres,

puisque c'est nous qu'on leur paye.

Dis-donc, mon petit gars, je m'en serais bien passé que tu me la ressuscites, ma

pauvre femme.

Ça m'a causé bien du tintouin et pire... que ça de la misère.

Je pouvais pas y deviner, le glaude. Je t'en veux pas. Si elle est heureuse

comme ça, je te remercie quand même pour elle.

Mon glaude, je vous rapporte votre Louis d'or.

Ma vieille denrée.

Mon vieux glaude.

Je veux que ça traite des millions, des millions, des milliards ! C'est juste

deux minutes de travail d'achat d'apprenti chimiste.

Le glaude, d'analyse en analyse, nous en avons déduit que votre soupe était une

soupe nommée plaisir.

Ah, ça n'est plus empoisonné.

Nous mettons le sourire à l'essai, puisqu'il a la manifestation extérieure

du plaisir. C'est un événement considérable, une révolution.

Le glaude, il faut absolument que vous veniez chez nous, puisque vous savez

planter les choux à la mode de chez vous.

Non, je ne suis pas brelo.

Oxo est une planète à oxygène où vous pourrez vivre jusqu'à 200 ans sans

maladie ni infirmité.

Et quand vous serez là-haut, il vous restera 130 ans à vivre au lieu de 10

avec beaucoup de chance.

Mais je ne me vois pas vivre 130 ans sans shopping, sans tabac, avec un

caillou à bouffer à midi et une capsule le soir.

Je préfère me traîner de 5 à 10 ans de ma cave qui est bien fraîche à mon

jardin qui est bien beau.

Oxo, la terre. Oxo, la terre.

La terre, oxo.

Tu t'es fait engueuler, hein ? Pas du tout.

Une escadrille d'astroneufs déposera sur Oxo tout ce dont vous aurez besoin

durant votre longue vie, y compris le tabac et le vin, garantis sans fleurs ni

dépôts. J'irai jamais dans ton patelin de mes fesses, tu comprends ? Si

tu crois que je dois quitter ma maison, que je vais laisser tomber le bon béquet

de mon meilleur ami, c'est que t'es bredin allié avec de la ficelle de

moissonneuse batteuse.

Mais monsieur Sheraz peut vous accompagner puisque vous ne pouvez pas

vous reproduire.

Tu te fous, hein ? Et notre chat, là, qui est dans les misères du grand âge,

on le laisserait crever comme ça tout seul, sans une jetée de caresse ? Il est

en danger de mort ? Parfaitement ! Il a 13 ans, il est en danger de ne pas en

avoir 14 ! Si j'y faisais ça, je pourrais jamais plus me raser sans me

cracher dessus dans la glace ! Vous pouvez l'emmener aussi ?

Il vivra jusqu'à 200 ans comme vous et moi.

Toi, t'es comme les bonnes femmes, t'as toujours le dernier mot.

Tu me recroquevilles les artères. On aurait mieux fait de ne point péter ce

soir-là plutôt que de t'attirer ici comme une mouche à merde.

Vous y pensez, le glaude, ce que vous venez de dire ? Parfaitement ! Il faut

pas parce que je vous aime bien, moi, le glaude.

Même qu'on m'y reproche assez sur Oxo, que c'est du malheur d'aimer les gens.

Il raconte ça, tes sauvages ? Oui.

Eh ben, moi aussi, je t'aime bien, la denrée.

Et j'en ai point honte.

C'est vrai que vous m'aimez bien, le glaude ?

Oh, nom de Dieu, nom de Dieu, versez-moi un canon, le Claude. Comment ? Bâtis qu

'au protipas, verse-moi un canon, nom de Dieu.

Une minute ! Le canon, il faut comprendre aussi que ce n'est pas

seulement du pinard, mais que c'est de l'amitié.

Allons-y.

Et je m'en vais les remplacer tous à moi tout seul et les chasser à grands coups

de latte dans l'oignon, t'entends ? Qui t'en pense, le monde ? Je pense que t'es

déjà fin rond et qu'il faut que tu remontes là-haut avant qu'il se soit

trop tard.

Tiens, allez.

Ta boîte.

Le comité des têtes m'a autorisé à te la laisser pour pouvoir te parler à tout

moment.

Ce que j'en ferai, c'est tout juste remonter une montre.

Mais tu n'auras pas à y toucher.

Quand on voudra se parler, elle s'allumera, c'est tout.

Mais bombez quand il va voir cet engin.

Il ne la verra pas, la boîte.

Elle sera invisible pour lui.

Elle n'est branchée que sur tes ondes personnelles. À toi.

Pisez le clown.

Allez, on repart.

Ma vieille denrée.

Tiens là, monsieur le maire.

On vient d'autoriser des grands travaux pour les cours des flots.

On va l'avoir, notre ville nouvelle et notre parc de loisirs.

Les bulldozers attaquent demain.

L'expansion économique, c'est la richesse de la commune. Aimer, c'est

rabat de nous laisser marcher.

Je suis content d'être là.

A ta santé, Aimer.

Bonjour,

madame. Bonjour, Lucienne.

Tu n'en as plus qu'à oser.

On va se taper un bon petit coup de pernif là.

Bonjour, monsieur le maire.

Alors,

on ne voulait pas voir monsieur le maire, hein ? Allez, pour un dire !

Oh, mais vous ne vous embêtez pas, hein ? La main sur l'apéro alors qu'il n

'est même pas midi.

C'est donc par là qu'elle passe, la retraite des vieux travailleurs.

Allez, pour un dire ! On n'est pas tranquille avec nous.

Ma foi, c'est pas d'enfuir.

Tout ça, monsieur le maire, que l'on qui vous amène, c'est pas des ennuis, au

moins ? Ah non, ça serait même plutôt des bonnes nouvelles.

Attendez, attendez ! Faut que je vous explique la situation telle qu'elle est.

Vous savez peut-être pas, vous qu'êtes loin du bourg, mais ce qu'il faut à la

commune, c'est une expansion économique.

Ce qui manque dans tous les villages français, c'est l'expansion économique.

Et qui plus est, une expansion économique génératrice d'emplois.

Ça, c'est un truc qui n'existait pas dans votre jeunesse.

Mes chers concitoyens et amis, écoutez-moi bien. Et cela vous concerne.

Vous connaissez les lotissements des gourdiflets. Oh, on a encore plein les

oreilles. Eh bien, pour faire suite à ces lotissements, on va créer ici.

Chez vous, un parc de loisirs.

Où il y aura des restaurants, des buvettes, des balançoires, tout ce qu'il

faut pour rigoler.

Pour tout, il faudra payer.

Il faudra que ça sorte toutes les deux minutes, les porte-monnaies.

Mitoyen, la cabane du Glaude. Un parking.

Quatre mille voitures.

La place du terrain du Glaude.

Dix mille chaises longues.

et de la musique intelligente. Et en place de ma baraque, que l'on qu'il va y

avoir ? Le rocher aux singes !

Faut me foutre le camp ! Fumez de l'eau ! Faut me foutre le camp ! Je les avais

prévenus au conseil municipal que vous nous emmerderiez pour le seul plaisir d

'emmerder le monde.

Si vous n'étiez pas vus et malades, je vous ferais exproprier !

Mais rigolez pas trop vite, chère Aseratini, hein ! Bientôt on y arrivera

! C'est bon ça, hein ?

Hé ! Les bulldozers et les penteuses, ça va vous

renfler aux oreilles, je vous le garantis, moi ! Déhors ! Que t'ébrilles

! Fiaison ! Sors !

Les gens vous regarderont à travers les grillages et vous jetteront des

cacahuètes pour s'amuser.

Je vous ferai crever, vieux fossile ! Et quand vous serez au cimetière, la

commune débarrassée de ses proies mortes pourra enfin ouvrir les ailes à l

'expansion économique ! Vieux fossile ! Je vous ferai crever

!

C'est fini, c'est fini, c'est fini.

C'est fini.

Attends. Un petit canon.

Un petit canon.

Dis donc, Sissis, est-ce que ça te dirait de vivre jusqu'à 200 ans ? C'est

une connerie, là. Non, je te demande qu'une chose, une seule. Est-ce que ça

te dirait de vivre jusqu'à 200 ans ? Un point ici, en tout cas.

Justement, c'est pas ici que ça se passerait.

Ça serait d'y suivre la lune. Que je fais le baluchon tout de suite.

Il n'y a qu'une chose qui m'embêterait, ça serait de te laisser ici à boire tout

seul pendant 130 ans.

Oui, on partait ensemble et avec le chat par-dessus le marché.

Aussi, vivre jusqu'à 200 ans.

Évidemment, alors tu es d'accord.

Oui, oui,

oui, mon gars, qu'on foute le camp, mon gars.

Oh ! Aux solitaires ! Aux solitaires !

Le bondé veut bien partir et le chat avec.

Et vous, le glaude ? Si le chat et le bondé s'en vont, je les suis, bien sûr.

Enfin, enfin, vous me faites plaisir, le glaude. Le bondé, là, il faut que tu lui

causes. Alors, trifouille tes ondes pour qu'il puisse t'entendre et voir la

boîte.

Je rappelle dans deux minutes.

D'accord, je vais le chercher.

Assieds-toi là, s'il te plaît, tu vas tomber le cul par terre.

Regarde.

Je ne vois rien.

Je n'entends rien. Tais-toi, n'emmerde pas les ondes. Regarde.

Monsieur Chéras.

Monsieur Chéras.

Oxo, la terre.

Oxo, la terre.

Ici, la denrée. Vous êtes là, M.

Chéras ? Mais dis-lui, bordel ! Ben oui, c'est moi.

N'ayez pas peur, M.

Chéras. J'ai point peur.

Vous voulez vivre 200 ans, M.

Chéras ? Si c'est un effet de votre bonté.

Ah, je suis tellement content, M.

Chéras, de votre décision.

Content, content.

Je viendrai ce soir à minuit pour votre départ.

Le glaude, vous me présenterez M.

Chérasse. Oui.

Il y aura de la soupe ? On en fera.

Il y aura un petit canon à boire ? Il y en aura même deux.

À tout à l'heure, M.

Chérasse.

Voilà.

Qu'est-ce que t'en dis, vieille noix ? J'en dis... J'en dis qu'il se

prend pour un crayon tout de suite.

Moi, elle me trouvait mal.

Je vais à la poste.

Tu vas revenir.

Tu ne vas pas me laisser tout seul. Dans une minute.

Madame, je ne sais pas comment dire.

Francine ! Il y a un recommandé qui est arrivé pour toi, j'ai signé à ta place.

Alors va le ranger et reviens en vitesse.

Ma chère Francine, je pars en voyage, que ce serait trop long à t'expliquer.

Voici trois, quatre sous que je t'envoie.

Vu qu'où je vais, on n'en a pas besoin, ce qui n'est pas ton cas.

Mets-y à la caisse d'épargne ou qu'ils feront des petits.

Montre-les pas à ton motocycliste, c'est parce que tu me connais que tu connais

les hommes.

Faut t'en méfier comme du choléra.

tous des menteurs voleurs et compagnie je t'embrasse bien et t'y répète

encore d'être heureuse ton vieux

M. Delandré ! M.

Chirasse ! Allez, mon grand-mère !

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