All language subtitles for Je.mappelle.Agneta.2026.1080p.WEB.h264-EDITH.fr(1)

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian Download
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Par où commenceriez-vous ?

Voulez-vous en savoir plus sur moi ?

Alors ?

D'APRÈS LE LIVRE JE M'APPELLE AGNETA D'EMMA HAMBERG

Je m'appelle Agneta.

J'adore tout ce qui a trait à la France.

Le fromage, le vin, les gens, les baguettes,

les… macarons.

Le fromage ! Je l'ai déjà dit ?

J'adorerais me promener dans les vieux villages français.

Je ne suis jamais allée en France.

Je n'en ai pas eu l'occasion.

C'est la vie. Je travaille depuis 25 ans au ministère des Transports.

C'est pas Paris, mais c'est pratique.

Ministère des Transports. Je vous écoute.

Et Magnus, mon mari, il aime tout ce qui est pratique.

Il veut mener une vie plus saine.

Il a sa copine d'entraînement, Linda. Pratique, hein !

Ça m'évite de l'accompagner.

Il ne mange plus aucun produit français.

Alors que c'est tout ce que j'aime.

Nos deux enfants ont déménagé.

Ils nous appellent pour demander de l'argent.

J'ai accompli mon rôle.

OK…

Alors, j'ai décidé de me préparer pour la retraite

et… la mort.

Bonne nuit.

Magnus me trouve démotivée.

Mais j'ai de la motivation.

Or, on ne parle pas du même type de motivation.

DOMAINES FRANÇAIS

Ministère des Transports. Je vous écoute.

Je n'ai rien de plus à dire sur moi.

DOMAINES FRANÇAIS

La vie ne me réjouit pas.

Je n'en attends plus grand-chose.

Agneta Strömberg. Je vous écoute.

Agneta ?

J'ai été licenciée.

Qui voudra engager une femme de presque 50 ans

qui n'a qu'une petite ligne sur son CV ?

Vous, peut-être ?

Si j'ai bien un talent,

c'est celui de m'occuper d'un jeune garçon

qui a besoin d'aide, en Provence ?

"Tout de suite."

Je sais cuisiner.

"Faire la lessive.

"Faire le ménage dans un manoir.

"Et très important :

"se rendre au bar chaque 'vendredis', à 17 h."

Ça, je peux le faire.

Agneta, 49 ans.

Elle sait faire le ménage et à manger.

Elle peut s'occuper des grands comme des petits.

Elle est ceinture noire en détachage.

Tout le travail invisible que j'ai effectué toute ma vie

se transforme en un long CV.

Au début, je me suis dit

que j'étais incapable de faire ça.

Mais maintenant, je ne vois aucune raison de ne pas envoyer ma candidature.

Voici, M. Fabien, mon super long CV !

Et j'ajoute…

"J'adore…

"la France."

Mon Dieu !

Oh là là…

C'est pas vrai…

VOUS ÊTES PRISE. EINAR SERA RAVI.

BIENVENUE À SAINT CARELLE ! PS : ESPÈRE QUE TRADUCTION BONNE

Linda m'a parlé d'un boulot à la Sécurité sociale.

Mais…

C'est quoi, tout ça ?

Bonjour.

C'est du vin ?

Tu buvais…

- Ça sent le fromage. - Non.

Je suis désolé.

Je ne savais pas que…

Je ne savais pas que ton licenciement t'avait autant affectée.

On est une équipe. On s'en sortira ensemble.

Ne t'inquiète pas.

On trouvera une solution.

On s'en sortira ensemble. Laisse-moi faire. Je m'occupe de tout.

Je me débrouillerai toute seule. Merci.

- Tu n'y arriveras pas. - Mais si.

D'ailleurs…

j'ai postulé…

pour une de ces annonces.

Il y a un petit garçon suédois qui vit en Provence

et qui a besoin d'une fille au pair.

Et j'ai décroché le poste.

Tu ne peux pas…

Quoi donc ?

Fille au pair, tu plaisantes ? Tu vas devenir fille au pair ?

En France ?

"Je suis votre fille au pair."

Désolé, mais sérieusement, Agneta,

tu vas voyager seule jusqu'en France ?

Oui.

Tu es terrifiée à l'idée de voyager seule.

Tu ne venais pas me voir quand j'étais à Göteborg.

- J'avais 21 ans. - Oui.

Mais aujourd'hui, tu es à l'approche des 50 ans.

Et on n'est pas fille au pair à 50 ans !

Il y a un petit garçon en Provence

qui a besoin d'une attention non numérique de ma part.

J'ai trouvé ce qui me motive.

Je pars en France.

C'est décidé.

- Tu sais quoi, Agneta ? - Quoi ?

Je pense que tu devrais y aller.

Mais ne m'appelle pas quand tu seras toute seule en France,

perdue dans un petit village,

après qu'on t'a volé ou que tu as perdu ton portefeuille,

et que tu te retrouves seule sans savoir parler un mot de français.

- On verra comment tu t'en sors. - Oui.

- On verra. - On verra, Magnus.

- On verra. - On verra.

- On verra bien. - Oui.

- Je suppose que… - On verra.

On verra.

Attendez ! Non ! Mes sacs !

Bonsoir.

Non.

Non. Euh…

J'ai été engagée.

- Fabien ? - Fabien.

Fabien, c'est vous ?

Je m'appelle Agneta.

Non… Je…

La fille au pair.

Oui.

Non.

Non.

Agneta ? C'est qui, Agneta ?

On a des invités ?

Vous parlez le suédois ?

Fabien, aide-moi à descendre.

Quelle joie !

Ça fait longtemps qu'on n'a pas eu d'invités.

Asseyez-vous.

Je nous sers un verre de vin.

Je veux tout savoir sur vous.

- Alors… - Pardon, monsieur.

Vos deux amis…

m'ont engagée comme fille au pair pour m'occuper d'un garçon.

Je suis censée faire le ménage, la cuisine, etc.

Vous savez où habite ce petit garçon ?

Ah bon ?

Comment s'appelle ce garçon ?

Einar.

Je n'ai pas besoin d'aide.

Einar !

Il fait très sombre, ici.

- Vous avez faim ? - Que faites-vous là ?

Allez-vous-en !

Il est 22 h.

Et vous êtes censé…

dîner.

Vous appelez ça un dîner ?

Je ne sais pas quel type de viande c'est…

Attendez !

J'ai été embauchée, donc je dois vous apporter à manger…

Pendant un moment.

On ne devrait pas venir ici parce qu'on est payé.

C'est un endroit où l'on vient parce qu'on en a envie.

Comment vas-tu, ma libido ?

Comment vas-tu, ma libido ?

Dis-moi ce que tu veux !

Pourquoi tu ne me réponds pas ?

Comment vas-tu…

Je prendrai le train aux aurores.

… ma libido ?

- Salut. - Tu n'appelles pas de ton portable ?

- Tu l'as déjà perdu ? - La météo est super.

Le ciel est un peu couvert, mais il fait bon.

Magnus, je voulais savoir

si tu pouvais m'aider à rentrer à la maison.

- J'en étais sûr ! - Tu te trompes !

Ils parlent bien l'anglais. Je les comprends.

Il n'y a aucun problème de ce côté-là.

Le garçon est adorable avec ses bretelles. Tout se passe bien.

Mais je repensais au poste que Linda t'avait mentionné.

Je voudrais en savoir plus.

Tu as de la chance, ton mari te connaît mieux que toi.

Pas vrai ?

Que diraient les gens s'ils savaient que tu jouais les filles au pair ?

- Il y a une grève des chemins de fer. - Quoi ?

- Il y a une grève. - Non ! Tu peux voir s'il y a des vols ?

Un instant. Je regarde ça.

Il y en a un samedi, à 14 h. Tu as de la chance.

- Pas avant ? - Bon sang !

Désolé de ne pas pouvoir satisfaire tous tes désirs !

Il ne reste qu'une place, là.

Honnêtement, c'est un miracle qu'il en reste une.

Ici, le chauffage est en panne et Lisa et Ludde me réclament de l'argent.

Je connais cette ruse. Tu l'utilises pour tes parents…

Merci.

Agneta va bien ?

Agneta n'a pas d'autre choix que de rester

et de faire le ménage chez un vieux fou, un détail omis dans l'annonce.

Mais ça va.

Ça va aller.

OK.

Quelle horreur ! Bon sang !

Comment vas-tu, ma libido ?

Ouh-ouh, bonjour.

Vous essayez de m'embrasser pendant que je dors ? Vous êtes folle ?

Je vous croyais mort.

Je n'ai pas besoin de votre aide !

Oui, je sais.

Alors, pourquoi vous restez ?

- J'ai eu peur. - Et moi donc !

Une inconnue veut me voler un baiser pendant que je dors.

Je vous croyais mort. Vous étiez inerte, alors j'ai vérifié.

Ça vous ferait plaisir, hein ?

Peut-être. Cette excuse m'aurait aidée à expliquer mon retour à mon mari.

Non, c'était méchant.

Veuillez m'excuser. Personne ne devrait dire une chose pareille.

Ça finit toujours mal. C'est moi qui ai besoin d'aide, en fait.

Écoutez. Ça vous ferait du bien de sortir de la maison.

Que dit-elle ?

Oh, non. Non, non… Vous savez…

Je dois nettoyer…

Ranger les coussins et…

C'est joli.

C'est un très joli collier.

C'est vous qui créez ces sous-vêtements ?

Quel genre de tordue êtes-vous ?

Oh ! Non, je vous en prie. Non.

Cette polaire, je ne l'enlève jamais devant les gens.

Ces bras, je ne les montre jamais. Non.

Excusez-moi.

Ce fromage-là.

Alors…

C'est la recette…

de la petite dame…

De Bonibelle !

Vous serez ravi de savoir que je repars samedi.

Je vous prie de m'excuser pour mon comportement d'aujourd'hui.

J'ai paniqué.

Mais…

sachez que je suis une personne…

tout à fait normale.

"Normale" ?

Qui décide de ce qui est normal ?

Ça me rend dingue.

Ce qui est normal pour vous ne l'est peut-être pas pour les autres.

C'est la première chose qu'Armand m'a apprise.

"Personne ne te dicte ce qui est normal."

Non, désolée.

Et là, vous vous excusez d'avoir dit ce que vous pensiez ?

Ça devient amusant.

D'accord. Bien sûr…

Ajoutez du vinaigre balsamique la prochaine fois.

C'est ce qu'Armand faisait.

"Armand" ?

C'était votre amant ?

Vous savez quoi ?

Je vais vous le présenter.

Maintenant ?

Venez.

Voici Armand.

Vous savez que c'est une statue ?

C'est la question la plus déprimante que j'ai jamais entendue.

Ça vous parle, l'imagination ?

- Jouer un rôle ? - Oui.

Commençons par le début, lorsque j'étais encore marié à Margareta.

Attendez. Je ne vous suis plus.

- "Margareta" ? - Oui.

Vous étiez marié à une femme ?

Vous croyez que je me suis rendu compte que j'étais homo dans un monastère ?

- Oui ! - Oh, Seigneur !

Maison en banlieue, Volvo et bingo le vendredi.

Tout ça pour paraître normal.

Mais quand je me suis engagé dans l'armée…

C'était le paradis.

Des bites partout.

Les homosexuels devaient être "guéris".

Je faisais très bien semblant jusqu'à ce qu'on me parle d'un endroit

où traînaient les homos refoulés.

Parc Humlegården, automne 1964.

C'est ma partie préférée.

Je joue le rôle d'Einar.

Tendu.

Plein d'espoir.

Magnifique.

Fermez les yeux et imaginez la scène.

Fermez-les, bon sang !

Vous voyez mes pieds fouler le sentier ?

Vous voyez le banc vert ?

Je m'assieds.

Comment on s'assied quand on attend un autre homosexuel ?

Peut-être d'une manière provocatrice ?

Oui…

Puis j'entends des voix.

Trois hommes s'avancent vers moi.

Je suis terriblement nerveux.

L'un d'eux s'approche de moi.

"Êtes-vous…"

Et je réponds : "Je crois que oui."

Puis, il me crache dessus.

Et je l'entends dire : "Putain, c'est dégoûtant !

"Je t'ai dit que c'était un pédé !"

- Je vous ai dit de fermer les yeux. - Oui, oui.

Où en étais-je ?

J'étais marié, de toute façon.

J'ai eu vraiment honte.

Et je suis parti en courant.

Puis une voiture s'est arrêtée devant moi.

Vous la voyez ?

Ils étaient joyeux.

C'est à ce moment-là que je l'ai vu.

Je n'avais jamais vu quelqu'un d'aussi beau.

Et il m'a dit :

"Tu veux faire un tour ?"

Ne me dites pas que c'était Armand.

Sérieusement ?

- Gardez les yeux fermés ! - Oui. Désolée.

La suite.

Il m'a emmené dans un endroit dont j'ignorais l'existence.

Il y avait plein de monde.

Ils représentaient tout ce que je n'osais pas exprimer à mon égard.

Parmi tous ces gens étonnants, il m'a regardé.

Et il m'a tendu la main.

Mais j'étais comme un oiseau timide.

Puis il m'a chuchoté cette phrase qui est devenue ma plus grande devise.

"Si on t'invite à danser, ne refuse jamais."

On n'a pas arrêté de danser.

Et dans le plus beau de tous les lits,

j'ai passé la nuit la plus passionnée et la plus bizarre…

Non ! Arrêtez.

Quoi ?

Qu'est-il arrivé à Margareta ?

Où est-elle allée ? Que lui est-il arrivé ?

Eh bien…

Je m'étais promis que je renoncerais à ma vie avec elle

seulement si chaque minute de ma nouvelle vie en valait la peine.

Waouh !

Voilà.

- Venez m'aider. - Oui.

Donnez-moi la main.

Oh là là.

- Voilà. - Non ! Revenez ici.

- Non, je ne veux pas… - Si. Venez.

Mettez-vous là et tenez-vous ainsi.

- Comme ça ? - Je m'assieds.

- Ah oui ? - Alors !

Montrez-moi votre vie.

- Je… - Allez-y.

D'accord. Eh bien…

J'ai rencontré mon mari à une soirée dansante.

On tenait les manteaux de nos amis respectifs.

Et Magnus est venu me parler.

- Voilà. - Je ne vois rien du tout.

Vous devez me montrer les choses.

D'accord. Euh…

Eh bien…

Magnus parlait beaucoup et moi, je l'écoutais.

Et c'est ce qui a fait…

qu'on s'est bien entendus.

À l'époque.

Et après, que s'est-il passé ? Votre vie !

Par la suite, Magnus a décroché

un super boulot à Dresde.

- Pitié… - Alors, on s'y est installés.

- On a pris l'avion… - Pourquoi vous me parlez de Magnus ?

Cette pièce parle de vous.

Vous êtes la metteuse en scène ! Qu'est-ce que vous aimez ?

Mes enfants.

Ça doit être un lourd fardeau à porter pour un enfant !

Mais vous vous aimez ?

Bien sûr que non.

Ça ne m'étonne pas du tout.

Vous ne vous êtes jamais octroyé les choses que vous aimez.

Vous ne me connaissez pas.

Et apparemment, vous non plus.

Merci.

Cet endroit n'a pas fini de voir des oiseaux muer.

- Quoi ? - Allez, au lit !

On a une grosse journée demain.

Où est-elle ?

- Bonjour. - Vous voilà, Agneta !

On s'est bien amusés hier soir !

Oui. C'était marrant.

Oui. J'ai tant de choses à vous montrer aujourd'hui.

Je pensais faire le maximum de choses avant mon départ demain.

Demain, c'est samedi.

On est vendredi ? Alors, on va au bar.

D'accord.

Voyons…

À 17 h. Il se passe quelque chose de particulier ?

Non, et il ne se passera probablement jamais rien de spécial.

D'accord.

Venez. Vous voulez vous amuser, non ?

- Oui. - Bien. Alors, venez.

- Mais vous devez manger. - Non !

- Attendez. - On va muer !

Comment ça ?

Comment vas-tu, ma libido ?

Intéressant.

Qu'est-ce que vous entendez par "muer" ?

Quand les oiseaux ont des petits, leur plumage est gris et terne.

Mais quand les petits quittent le nid, leurs plumes prennent

des couleurs magnifiques.

- Ça s'appelle la mue. - Ah.

Comment vous décririez-vous ?

Euh… Tenez.

Eh bien…

Je crains de devoir encore vous décevoir, mais…

je n'ai rien à dire.

Je ne suis pas comme vous.

Et comment suis-je ?

Vous êtes un personnage haut en couleur.

Je n'ai jamais entendu parler d'une femme

qui a tout quitté pour partir en France,

vivre dans un monastère avec un homo farfelu

et lui donner une baguette à manger.

C'est ce que j'appelle "haut en couleur".

Mais…

Comment s'est passée la suite ?

J'aimerais savoir la fin avant de partir.

Seulement si vous jouez.

Hors de question.

Ça ne va pas ?

Et si je mourais là tout de suite ?

Vous refuseriez à un vieil homme ses dernières volontés ?

Vous oseriez ?

Faites-moi plaisir.

Imaginez-vous mettre à disposition un endroit

où les gens pourraient être qui ils veulent.

Sans que personne les juge.

Comme ici, par exemple.

On mangeait, buvait et dormait jusque dans l'après-midi.

On se disputait, on riait, on jouait, on dansait, on peignait…

- D'où venaient ces gens ? - Du même endroit que vous.

De Sollentuna ?

Ils venaient ici parce qu'ils se sentaient différents.

Alors, dites-moi ce que vous voyez.

Euh…

Je ferme les yeux et vous décrivez tout.

Non.

Pardon ?

La scène est à vous.

Non, vraiment… C'est… Je ne suis pas douée…

À quoi Agneta jouait-elle quand elle avait sept ans ?

Eh bien…

Mais…

C'est…

C'est un tableau de cette pièce.

Là…

Einar, je vois quelqu'un en train de peindre.

Mais la femme n'a pas vraiment l'air d'être une artiste.

Et ici, il y a aussi…

Je vois deux femmes et l'une d'elles se tient sur une échelle.

Elles essaient de monter le chandelier.

Ici, il y a quelqu'un qui est allongé et…

- Ils chantent ! - Ah oui ?

Ici, sur le piano à queue.

- Ils sont dessus. - C'est vrai ?

C'était la "mue".

- Ils muent ! - Oui !

On voulait que ces gens aient aussi un endroit à eux.

Comme pour moi.

- Comment ? - Alors ?

- Ce que j'en dis ? - Oui.

Qu'est-ce que j'en pense ? Je pense que…

- Dites-moi ce que vous pensez ! - Ils sont déguisés en oiseaux.

Et ils "volotent" dans le théâtre.

Et qu'avez-vous entendu ?

Plein de cris !

Je vous vois, Einar.

Vous avez trouvé votre chez-vous, et Armand vous a aidé.

Non.

Il a disparu, il est ailleurs.

Il est peut-être…

Je crois qu'il va dans le salon. Venez !

Où est-il passé ?

Il n'y a plus un bruit.

- Où sont-ils partis ? - À votre avis ?

Je crois…

Je pense que…

Après la mort d'Armand, le silence s'est installé.

Et vous n'aimez pas le silence.

Ah bon ?

Vous devriez vous parer de vos plus beaux atours.

Nous allons au bar.

Je ne suis pas aussi classe que vous.

Vous me trouvez comment ?

Magnifique !

J'aimerais en dire autant de vous.

- Quoi ? - Laissez tomber.

Là, c'est déjà mieux !

Vous croyez ? Vraiment ?

Il prépare sa sauce le soir.

Il garde la recette secrète.

Il y met beaucoup d'amour.

Vous n'êtes pas la seule.

- Quoi ? - Elles sont toutes folles de lui.

- Vous pourriez l'avoir aussi. - Arrêtez ! Je ne suis pas…

- Ce n'est pas… - C'est un étalon !

Arrêtez.

Vous montez à cheval ?

Sacrée soirée après le travail…

Je comprends pourquoi vous avez quitté votre vie ennuyeuse en Suède pour ça.

"Pour ça" ?

J'ai tout quitté pour ma libido,

qui est dans mon cœur et entre mes jambes.

Pour ma force vitale.

Et j'ai renoncé à ma libido pour une vie très ennuyeuse en Suède.

Vous avez choisi la vie.

Avais-je le choix ?

J'y aurais laissé mon âme.

J'ai abandonné ma famille, mon pays, ma vie…

Mon fils !

Quoi ?

Votre fils ?

Mon Dieu !

Pourquoi vous ne m'avez pas dit que vous aviez un fils ?

Il n'y a rien à dire.

Il sait que je suis au bar le vendredi, à 17 h, s'il veut me voir.

Quoi ? C'est lui que vous attendez chaque vendredi ?

S'il veut me voir, il sait où me trouver.

Mais c'est votre enfant…

Ne me parlez pas de ce qui n'existe plus !

Je veux danser, maintenant. On va dans le salon ?

- Venez. - Je dois faire mes valises.

Je pars demain.

Pourquoi ?

Pourquoi…

Vous voulez danser, oui ou non ?

Je ne sais pas danser.

Si vous pouvez bouger, alors vous savez danser.

- Regardez. Vous pouvez bouger. - Mais…

Regardez comme vous dansez bien.

Superbe.

Voulez-vous bouger en rythme avec moi ?

Je ne danse pas.

Pourquoi pas ?

"Pourquoi pas" ? Pourquoi vous ne parlez pas de votre fils ?

Vous rentrez ? D'accord…

Non, je veux danser.

- Vous êtes tombé ? - Remettez la musique.

Remettez-la !

- Je peux vous aider ? - Je n'ai pas besoin de vous.

On danse. On…

On…

On danse.

Je dois noyer mon chagrin dans la joie.

Je n'ai pas le choix.

Je connais déjà la réponse.

Et aucun parent ne la supporterait.

Je préfère aller au bar chaque vendredi, plein d'espoir et de joie,

plutôt que de mourir.

Savoir, c'est mourir.

Allongez-vous.

Il vaut mieux que je vive dans ma réalité.

Où j'ai hâte qu'il voie sa chambre.

Pour qu'il joue avec eux.

Qui ça, "eux" ?

Les chats en porcelaine.

Il les aurait adorés.

Eux, eux, eux…

"Paul a un nouveau père. Arrête de lui écrire. Tu es un malade."

Agneta ?

Je suis là.

Pourquoi es-tu triste, petit oiseau ?

Parce que j'ai de la peine pour vous.

Promets-moi une chose, petit oiseau.

Ne me regarde plus jamais avec ces yeux-là.

Ça me rappelle trop de choses.

Je veux juste danser.

Je veux juste danser.

Quoi ?

Je vous ai vu.

- Enfin ! - Quelle heure est-il ?

- 14 h. - Oh !

On a dû danser toute la nuit.

Il était temps que tu montres ton déhanché au monde entier.

Oui.

- Vous avez un téléphone ? - Bien sûr que oui.

- Va le chercher. - Où est-il ?

- Allez, vite, vite ! - J'y vais.

Le voilà.

Allô ?

Va t'habiller.

Navré, ça fait une éternité que je n'ai pas eu une femme à moitié nue au lit.

Qui ? Ma fille au pair ?

Tu m'entends ?

Je t'ai attendue à l'aéroport, j'étais inquiet pour toi.

"Ma femme est morte ?"

Non, pire que ça, apparemment !

Elle est nue dans le lit d'un vieux Français,

qui s'est fait passer pour un petit garçon.

- C'est… - Tu as entendu parler de la mue ?

Pardon ?

Les oiseaux changent de couleur quand leurs petits quittent le nid.

Agneta, tu gobes tout ce qu'on te raconte.

Franchement, ça me donne une nouvelle source d'inquiétude.

Ils muent deux fois par an, ils ne changent pas de couleur !

Je reste ici.

- Quoi ? - Je reste plus longtemps.

Bon sang, mais pourquoi ?

Donne-moi une bonne raison de vouloir rester.

- Allô ? - J'en ai envie.

Mais…

On veut tous partir en vacances, mais on quitte pas…

Apparemment, si.

Je l'ai fait. Pourquoi tu ne me rejoins pas ?

Tu peux venir ici aussi.

Tu as perdu la tête.

Bonjour, toi. Ça faisait un bail.

Luzette, voici Agneta.

Enchantée.

Pourquoi tu as un ballon rouge attaché sur le dos, Luzette ?

Comment la trouver sinon ?

Mon mari pense que j'ai perdu la tête.

Et c'est lui que tu as choisi d'épouser ?

Oui…

Vous savez ce qui me rend jalouse d'eux ?

- Des gays ? - Non, des Français.

Ils ne s'excusent jamais.

Ils fument, mangent mal, boivent trop

et se fichent de l'opinion des autres.

Pourquoi se soucier de ce que les autres pensent ?

Les gens ne pensent qu'à eux.

- Essaie et tu verras qu'ils s'en fichent. - D'accord.

Fais quelque chose que tu n'as jamais osé faire.

Vois ce que ça fait de ne pas te soucier des autres.

- Vas-y ! - Mais… D'accord !

Très bien !

- Et ne t'excuse pas ! - D'accord.

Pardon !

Non, pas "pardon".

Au revoir.

Coucou, mon petit gras.

Coucou, mon petit bras.

Oh, mon ventre adoré !

Ma chère bedaine.

Excuse-moi.

Excuse-moi.

Excuse-moi.

Voulez-vous me peindre aussi ?

Comme ça ?

Demande-lui ce qu'elle veut.

- Prête ? - Oui.

Comment vas-tu, ma libido ?

Comment vas-tu, ma libido ?

Comment…

… vas-tu, ma libido ?

Einar !

Tu veux faire un tour ?

Voiture.

"Le" voiture.

Allez, on y va.

- Vous avez pris quoi ? - Elle avait l'air triste et seule.

Cette robe veut s'amuser.

- Elle est pour toi. - Oh !

Je… Allez-y, vous deux !

Vous l'avez…

Enfile-la et ne t'excuse pas.

Rendez-vous à la voiture à 15 h. Fuyez !

Vite, vite !

Cours ! Allez !

Coucou !

Mes chaussures.

Au revoir, chaussures qui soulagent mon dos !

C'est pour mon fils.

Oui.

Il aime les chats, tu sais.

Alors, je lui offre ça.

- C'est joli. - Einar !

Hein ?

- Salut ! - Salut.

- Qu'elle est belle ! - Oui.

Oui…

On s'en va maintenant ?

C'est quoi ?

N'est-ce pas mignon ?

Il va adorer.

Oui.

Non…

Attends.

Il risque de se retrouver tout seul, chez moi.

Et puis j'ai déjà assez de chats comme ça.

Donc…

Il faut…

que ce chat s'amuse.

Il doit… Il doit…

Je ne peux plus continuer à vivre comme ça.

Dans cette réalité.

Dans ma réalité.

Quelle est votre réalité, Einar ?

Celle que je vis.

Celle où je m'imagine

que Paul est dans sa chambre en train de jouer avec ses chats.

Celle où je suis heureux.

Ça me ronge.

Ça me ronge.

C'est moi que j'ai choisi, pas lui.

J'ai fait le mauvais choix !

"Cher Paul,

"Vous ne me connaissez pas et je ne me connaissais pas non plus

"avant de rencontrer votre père.

"Il m'a appris à m'écouter.

"Et il est temps que je lui apprenne la même leçon.

"Il doit s'écouter

"et arrêter de noyer le chagrin qu'il ressent en pensant à vous.

Attendez, Einar !

"Je comprends si vous lui en voulez.

"Il vous a abandonné, car il ne pouvait pas être lui-même.

"De ce fait, il s'interdit

"de prendre de vos nouvelles et de vous aimer.

"Comme s'il fallait choisir

"entre s'aimer ou aimer son fils."

Dans le panier à linge.

"Mais je pense qu'il a tort.

"On peut s'aimer et aimer son enfant.

"Soit on tombe sur quelqu'un qui nous donne le courage de s'exprimer,

"soit on passe sa vie à se dire qu'il n'y a pas d'autre choix.

"Einar est votre père."

- Dépêche-toi. - D'accord.

"Il a besoin de vous pour changer d'avis.

"Tout l'amour qu'il a pour vous, il a passé sa vie à le donner aux autres.

"À des gens comme moi.

"Je crois qu'il est temps que cet amour vous revienne.

"À vous.

"Avant qu'il soit trop tard."

On ne doit pas être en retard.

- C'est vendredi. - Oui.

Voyons voir.

Voilà.

On se croirait dans une comédie romantique.

Alors…

Je crois que tu parles de la sauce.

Quoi ?

Mais… Oh non.

Désolée.

Non, non !

Il fait très chaud.

Oups !

Bon appétit !

C'est toi qui es sur la table, maintenant !

- Ne commencez pas. - Je vois…

Non. Arrêtez par pitié.

- Arrêtez ! - Je veux m'amuser, moi aussi !

Allons nous amuser.

J'ai un peu dépassé les limites.

Je me baigne dans des fontaines, je mange de la sauce…

Il faut redescendre sur terre.

Tu nourris ta libido.

Mais…

Elle est bien remplie.

Elle est complètement rassasiée.

Rendez-moi ça ! S'il vous plaît, écoutez-moi.

- Donnez-moi ça. - Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Il y a… - Paul !

Hein ?

Bonjour.

C'est Paul.

Einar, Paul est là.

Einar…

Je dois… Où est ma chemise ?

- Einar. - Où est ma chemise ?

Einar, venez.

- Ça ne devait pas se passer comme ça. - Attention. Asseyez-vous.

C'était… Il devait venir au bar.

- Un vendredi. - Voilà, c'est ça.

- On est vendredi, aujourd'hui ? - Non.

Non.

Mais votre fils est ici

pour rencontrer son père.

Vous comprenez ça ?

Que votre fils est ici ?

Vous comprenez ?

Dire qu'il est ici…

Il est venu parce qu'il veut me rencontrer.

Je n'ai jamais vu un aussi bel homme.

Ah !

Eh bien… C'est…

- Ça te dit de… t'asseoir ? - Bien sûr.

Tu as eu une belle vie ?

Eh bien…

c'est peut-être un peu exagéré, mais…

Dis-moi…

Comment va Margareta ?

Maman est morte il y a quelques années.

Mais tu as eu un deuxième père ?

Il était bien ?

Je ne dirais pas que c'était mon père, mais…

On ne se parle plus.

Et les enfants… Je veux dire…

- Tu as une femme et des enfants ? - Non.

C'était pas pour moi.

Toi, tu as eu une belle vie, à ce que je vois.

Oui. J'ai eu une vie vraiment incroyable.

C'est bien.

- J'y vais. Je dois prendre le bus. - Mais… Einar !

Dites-lui la vérité. Vous êtes désespéré.

Tu veux que je mente à mon propre fils ?

Il est content que son père ait eu une belle vie. Pas vrai, Paul ?

Ça en valait la peine, que je vous abandonne, c'est ça ?

Au moins de mon côté.

Merci pour la lettre et d'avoir pris le temps de m'écrire.

Mais je n'ai écrit aucune lettre.

Non. C'est moi.

- Quoi ? - Oui.

- Je m'en vais. - Qu'est-ce que tu as fait ?

Ne partez pas, Paul, attendez.

Il veut vous voir. Il est juste… Attendez !

Allez ! Venez !

Paul, attendez.

- Ça va pas ? - C'est toute une vie…

- Arrêtez ! - Tu as gâché une vie entière.

- Paul ! - Tu m'as volé ma vie.

Votre fils est là !

Arrêtez, s'il vous plaît. Ça suffit.

Comment ça, "votre vie" ? Il est là pour vous rencontrer.

Non, c'est faux.

Il est venu par obligation.

Parce que son vieux minable de père va bientôt mourir.

J'ai de nouveau gâché sa vie.

Et tu as gâché la vie qu'il me restait.

Einar… Non !

Arrêtez !

Einar !

Mais…

Vous m'aviez dit de m'écouter.

Vous avez demandé à des centaines de gens de s'écouter.

Maintenant, c'est à votre tour de vous écouter.

Einar.

Vous êtes l'homme le plus merveilleux, le plus étrange

et le plus tendre que j'ai rencontré.

Mais écoutez-vous.

Il y a aussi un père qui sommeille en vous.

Et qui court après son fils.

N'est-ce pas ?

Il faut vous écouter !

Écoutez-vous.

Écou…

Mais… D'accord.

Vite !

Dépêchez-vous !

Non…

Non ! Non !

Stop !

Paul !

J'ai tout gâché…

Il n'a personne d'autre et je l'ai encore abandonné.

Je suis tellement…

Pardonne-moi.

Je ne sais pas comment…

Je ne sais pas comment être un père.

Mais ce que je sais…

c'est que je t'aime.

Pardon. Je ne vous dérangerai pas longtemps. J'allais…

Le lait chaud calme l'anxiété quand on se réveille la nuit, c'est ça ?

Oui.

Ça marche bien.

J'en donnais à mes enfants.

Dis… Tu te rends compte ?

Je suis en train de vivre le moment

que j'ai attendu toute ma vie.

Je n'arrête pas de le regarder.

- Que fais-tu plantée là ? - J'y vais…

Non. Viens ici.

Allonge-toi ici, viens voir ça.

Waouh.

Agneta.

- Magn… - D'où sort tout ce monde ?

On a des invités ?

C'est le fils d'Einar, Paul.

Bonjour.

Et voici Einar.

Le monsieur gay.

Oui.

Et bien sûr… voici Fabien.

C'est super ! Vous avez dû vous rencontrer en bas.

Il est gay, lui aussi…

Voilà. C'est ça.

Voici Magnus.

Mon mari… à qui je suis mariée.

Tu ne m'as pas dit que tu étais mariée.

- Bien sûr que si. - Non. Elle ne m'en a jamais parlé.

Quoi ?

Mais si, il le sait.

Il est gay et sénile, c'est pas facile.

Bien. Voilà. Allons-y.

Bonjour, monsieur.

Restez ici !

Je croyais que tu allais rentrer à la maison.

Mais quand tu n'es pas…

Je…

Je suis contente de te voir, Magnus.

Désolée, je…

Tout ça, c'est nouveau pour moi.

Mais j'ai tellement de choses à…

Mon Dieu, ça peut tuer quelqu'un, ça.

- Oh là là ! - Mon Dieu !

Une fois, ce lit s'est mis à tourner tout seul.

C'était incroyable.

Tu as dû avoir tellement honte.

Agneta…

Je suis là, maintenant.

Oui…

Oh ! Ça va ?

Alors…

Tu connais des gens ?

Eh bien…

Eh bien, tu…

C'est super.

C'est très joli, ici.

Ce village… Malgré tout.

Ce n'est pas Domaines français, mais…

Tu regardes Domaines français ?

J'ai dû tomber sur un ou deux épisodes.

Mon Dieu !

On…

On…

- Tu fais quoi ? - La fontaine.

- Elle est un peu sale là. - Ah.

Euh… Il y a quelque chose que je veux te montrer par là.

Euh…

Alors…

Était-ce…

Bonjour.

L'ami d'Agneta est mon ami.

Je l'ai.

Je l'ai !

Il n'a pas besoin d'aide, Magnus.

- Encore ? - Ça va, merci.

Non ? Je me ressers.

- Dans ce cas, moi aussi. - D'accord.

J'ai commencé le régime 80/20.

Ah oui ?

Il n'y a aucune restriction alimentaire.

On est plutôt libre dans ce régime.

Lorsque quelque chose prend fin,

cela marque le début de quelque chose de bien meilleur.

Et si la vie n'était qu'un avant-goût de la vie après la mort ?

Tu as compris ce qu'il me manquait,

lorsque je ne m'écoutais pas.

Tu es plus puissante que ma libido.

Je t'aime, Agneta.

Waouh.

Ça se prononce "Agneta".

Pas "Anieta".

Donc, c'est A-G-N-E-T-A.

- Oups. - Oups.

Oh là là…

Ils ont une coutume :

si quelqu'un t'invite à danser, tu ne dois jamais refuser.

C'est n'importe quoi.

Alors…

Me ferais-tu l'honneur ?

Merci, mais non, merci.

Très bien.

C'est super que tu danses, Magnus !

Je n'en ai pas très envie.

Magnus !

Ça va aller.

- Tu veux de l'eau ? - Non. Pas l'eau du robinet.

Non.

Je ne suis pas doué pour ça.

Quoi donc ?

Dire aux gens que je les aime… Non.

Je le montre autrement.

Comme…

Comme en venant ici, par exemple.

Tu sais que je t'aime, hein ?

- Hein ? - Oui.

Oui.

Oui.

- Agneta ? - Oui ?

Je ne te forcerai pas la main,

mais j'ai un billet retour pour toi aussi, pour demain.

Il n'est pas modifiable ni annulable.

Mais demain, c'est vendredi.

Oui.

Peut-être qu'il ne me reste plus rien…

à faire ici.

- Je ne crois pas non plus. - Non.

Le fait de te savoir ici ne m'a pas fait du bien.

Mais…

Je vais peut-être boire de l'eau, en fait.

Merci.

Merci beaucoup.

- Agneta. - Quoi ?

Mon Dieu, j'ai la tête qui tourne.

Ça va aller.

J'ai couché avec Fabien.

Vous savez, ce peintre, Jordaens…

Quel superbe choix !

- Vous croyez ? - Oui.

J'ai couché avec Marlon Brando, l'autre jour. C'était génial.

Bon…

C'est comme ça qu'on se sent après la mue ?

Eh bien, je ne suis plus sûr de rien.

Mais je sais une chose.

Tu es très belle

dans cette robe violette.

À toi maintenant de t'assurer

qu'elle ne devienne pas triste et déprimante,

comme elle l'était sur le portant au marché.

Je pense qu'elle finira comme le chapeau de paille

qu'on ramène des vacances à la plage.

Ce qui nous allait si bien autrefois

finit accroché sur le porte-manteau.

- Le porte-manteau. - Le porte-manteau.

- Le porte-manteau. - Agneta !

- Tu viens ? - Oui.

Ça va aller.

Bon.

D'où sortent ces chaussures ?

- Quoi ? - C'est mauvais pour ton dos.

Je n'aurais pas dû boire l'eau du robinet.

J'arrive.

- Oh là là. - Quoi ?

Je repensais à hier soir, quand on a dansé.

Quelle honte…

Heureusement, personne ne nous a vus.

Je suis soulagé que tu rentres à la maison.

Quel soulagement ! On n'est jamais mieux que chez soi.

Je t'ai dit que Linda et moi, on s'était mis au canoë ?

C'est amusant.

C'est vraiment amusant.

Ça ne va pas ?

- Qu'y a-t-il ? Tu ne te sens pas bien ? - Non.

- Quoi ? Tu as envie de vomir ? - Excusez-moi.

- Dis-moi. - Lâche-moi.

- On peut s'arrêter ? - Ah bon ?

La…

Arrêtez "le" voiture.

Arrête, Magnus ! Arrête ! Je peux me débrouiller toute seule !

Et ce n'est pas "le" voiture, mais "la" voiture !

Vous pouvez vous arrêter ?

Arrêtez-vous !

Tu n'es pas obligé de danser pour me faire plaisir.

Il y a plein de gens…

Il y a plein de gens qui n'aiment pas danser.

Tu ne peux pas danser avec Linda, même si tu en as envie.

"Danser" ? De quoi tu parles ?

Tu sais quoi, Magnus ? Je ne peux plus continuer comme ça.

Le soir, je ne veux plus repenser à ce que j'ai mal fait

ou ce que j'aurais dû faire.

Je n'en peux plus. C'est terminé.

Je n'en peux plus. J'en ai marre.

Je ne veux plus jamais me sentir comme une indésirable.

C'est fini.

J'en ai vraiment marre.

Mon Dieu…

Tu sais quoi ?

Je ne perdrai plus jamais de temps à me soucier

de ce que les autres pensent de moi.

Plus jamais !

J'ai gâché ma vie à me préoccuper de l'opinion des autres à mon sujet.

C'est terminé.

Je pourrais vivre autrement !

C'est possible, Magnus.

Les gens qui vivent différemment, ça existe !

- Mais ce sont des Français, Agneta. - Quoi ?

- Ce sont des Français. - Non ! Enfin, si…

Mais ils sont curieux, Magnus.

Ils s'intéressent à moi.

Ils s'intéressent à la vie.

Ils s'intéressent à tout.

- Ils ne jugent pas. - Que fais-tu ?

Ils existent, Magnus, les gens qui ne…

- Mais… - Qui ne jugent pas.

Qu'est-ce que tu fais ?

Rhabille-toi ! Il pourrait te voir !

- Des gens pourraient te voir ! - J'espère qu'ils me verront !

Quoi ?

Pourquoi tu te comportes comme ça ?

- Tu penses à nos enfants ? - "Nos enfants" ?

Je ne pense qu'à eux.

Voilà, les enfants !

Votre maman prend des risques et n'a pas honte d'être qui elle est

ou de ce qu'on pense d'elle !

Elle est heureuse, Magnus !

Je suis heureuse !

Tu n'es pas ravi que je sois heureuse ?

Bien sûr que si.

- Mais ce n'est pas toi, ça. - Quoi ?

Ce n'est pas Agneta.

Ce n'est pas mon Agneta.

Mais c'est mon Agneta.

C'est exactement ça.

C'est mon Agneta.

Je…

Ça…

Ça, c'est mon Agneta.

Je suis là !

Agneta est là !

Voilà !

Je suis juste…

C'est moi !

Allez-y.

Rentrons.

Oui !

Bon retour.

Merci.

Sous-titres : Badr Saïdi

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.