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Original subtitles

Bonjour. Bonjour.

Ah, fermeture temporaire pour les travaux, merde.

Oui, maman, je t'écoute.

Votre café, monsieur.

Une minute, maman. Excusez-moi. J'avais commandé un expresso. Ça, c'est un café

au lait.

Désolée. Il n'y a pas de mal.

Pardon.

Je m'en occupe.

Le docteur attend qu'on lui serve son petit déjeuner.

Elle est nouvelle.

Il faut encore qu'elle apprenne le métier. C'est pas grave.

Je dois répondre, c'est ma mère.

Oh oui, bien sûr.

Maman ? Je viens te chercher.

Allô ? Je te disais que je venais te chercher à la gare.

Voie 2.

Et voilà, un petit expresso pour monsieur le commissaire. Merci.

C'est pas si facile quand tu prends le train.

Maman ? Allô ? Et merde.

Monsieur ? Monsieur ?

Oui,

chef ? Il me faut tout de suite du renfort, sur la place Jean Jaurès. D

'accord. Quelqu'un est tombé de son balcon.

Venez le plus vite possible. Je suis déjà en route.

Docteur Chabozot ? Madame ?

Veuillez à ce que personne ne s'approche ni ne touche à

quoi que ce soit. Mes collègues seront bientôt là. Où se trouve l'entrée de l

'immeuble ? Là, au coin de la rue.

Qu'est-ce qui se passe ? Rien. Retournez à l'intérieur.

Il y a quelqu'un ? Madame ? Vous êtes là ?

Commissaire Dupin, brigade criminelle.

Madame ? Vous m'entendez

?

C

'est vous qui étiez là

tout à l'heure.

Il y avait quelqu'un dans la maison, il me semble.

Chef ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Vous êtes qui

? C

'est le docteur Chapozo.

Il a basculé par-dessus la balustrade.

Madame, vous m'écoutez ? Bon,

alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Je veux dire, il y avait quelqu'un d'autre

dans l'appartement ? Vous vous êtes disputé ? Pierre... Vous aviez rendez

-vous ? Quelqu'un est venu ? Je sais pas, moi... Vous avez entendu quelque

chose ? Je... Je sais pas...

Vous vous sentez bien ? J'ai pris des médicaments des somnifères.

C'était il y a quelques heures.

Dites-moi, vous déménagez ? Pourquoi ? Les cartons.

Non.

Les cartons sont là parce que Pierre venait de faire du tri dans son bureau.

Vous avez pris combien de semnifères ? Hein ?

Il

manque un bougeoir.

C'est l'avenue crime.

C'est un assassinat.

C'était tellement évident. Ou peut-être un meurtre.

Un crime passionnel après une dispute.

J'aimerais enfiler quelque chose d'un peu plus chaud. Je vous en prie.

Kadek, demandez à une équipe de monter et cherchez le deuxième bougeoir.

Poussez-vous, laissez-moi passer. C'est mon appartement. Vous êtes ici chez moi,

laissez-moi passer. Du calme, tout va bien.

Vous êtes ? Félix Chabozot.

Je suis le fils.

Vous habitez au premier étage ? Oui.

Enfin, non, pas tout à fait. C'est mon cabinet qui se trouve au premier étage.

J'habite à côté.

Comment ça, votre cabinet ? Vous permettez que j'aille voir ma mère

maintenant ?

Oui, bien sûr.

Merci.

Maman ! Quoi ? On va pas l'interroger ? On interrogera toutes les personnes qui

étaient présentes à l'heure du crime.

Maman !

T'es sérieuse ?

Papa vient de mourir et c'est la première personne que tu penses à

appeler ?

Félix

!

Quelle merdier.

C'est dingue de dire que c'est lui qui m'a mise au monde.

D'où viennent ces vidéos ? C'est la vidéosurveillance de la ville, place

Jean Jaurès.

Que savez-vous à propos de la victime ? Docteur Pierre Chabozot, 67 ans.

Une famille très estimée. Son père avait suivi une carrière de médecin dans la

marine.

À sa mort en 1986, Pierre Chaboseau a acheté tous les meubles et il a repris

le cabinet.

Aujourd'hui, il possède plusieurs biens immobiliers à Concarneau, ainsi qu'une

magnifique propriété à la campagne et une collection d'oeuvres d'art

remarquables.

Regardez, avec ses deux amis d'enfance, il a conclu un paquet d'opérations

juteuses. Jodoc, Luzel, Caviste, Hébré, Camprisiac, pharmacien à la retraite. Le

granit de Concarneau.

Pardon ? Ces vieilles familles se considèrent comme la roche sur laquelle

est fondée la ville.

Chabozot, Luzel, Prisiaque.

Je vous apporte la suite.

Voilà, si vous voulez bien vous asseoir, je vous appellerai.

8 heures 11 minutes, 0-0, Chapeau-Zo, J sur le trottoir.

Chapeau-Zo, J sur le trottoir. Euh, chef ? Ça y est, ils sont là.

Kadek.

Venez voir.

Venez voir, venez.

Je vous en prie.

Alors, 8h11, 0-0.

Je suis auprès de la victime.

Vient alors la propriétaire du café.

Là, je relève la tête et vois Madame Chabozot.

Ça fait 75 secondes.

75 secondes se sont écoulées entre le meurtre et l'apparition de Madame

Chabozot à son balcon.

Ça laisse largement assez de temps au coupable pour quitter l'appartement et s

'enfuir par le toit.

Que vous en dit les voisins ? Personne n'a rien vu.

Et il n'y a aucun signe d'effraction sur la porte d'entrée.

Je pense que le tueur devait avoir la clé.

Ou que Chabozot l'a laissé entrer.

Ou alors il se trouvait déjà dans l'appartement.

Vous lui avez apporté le petit-déjeuner.

Vous êtes la dernière à l'avoir vu.

Comment il était ? Comment vous l'avez trouvé ?

Sirène Klerk ?

Ne

vous inquiétez pas, simple routine.

Toutes les empreintes que la scientifique a relevées doivent être

identifiées. Ça nous aide pour l'enquête.

Tenez.

Pourriez-vous, s'il vous plaît, me donner votre nom et votre adresse ?

Sirene Cléac. J'habite sur le quai Carnot, numéro 24.

Mademoiselle Cléac, quand vous avez apporté son petit déjeuner au docteur

Chabozot ce matin, il y avait quelqu'un avec lui ?

Non, personne.

Et son épouse ? Vous avez peut-être entendu sa voix ? Elle était chez elle ?

Pourquoi, ça vous étonne ? Parce que je l'ai jamais vue.

Le petit déjeuner a toujours été que pour lui.

En fait, il était toujours seul.

Ça ne fait pas longtemps que vous travaillez comme serveuse, n'est-ce pas

?

Je devrais être plus souriante ? Peut-être, oui.

Quand je suis entrée dans l'immeuble, vous étiez en train de jeter quelque

chose aux ordures. C'était quoi ? Vous parlez des ordures que vos collègues se

sont amusées à renverser aux quatre coins de la cour et qu'il a fallu

ensuite que je ramasse.

J'ai simplement jeté tout le mar de café.

À 17 ans, vous avez été arrêtée plusieurs fois dans la rue. Vous étiez

sans domicile fixe. Vous avez agressé un homme avec une planche en bois. Vous

avez déclaré qu'il vous avait demandé de vous prostituer.

C'était pas une planche en bois, c'était seulement mon skateboard.

C'était il y a très longtemps.

Et avec le docteur Chabouzeau ? Vous ne vous êtes pas disputé ? Vous

dites qu'il était toujours seul.

Il attendait peut-être plus de vous qu'un simple café.

Et des croissants.

C'était qu'un vieux monsieur à qui je servais le petit déjeuner, rien de plus.

Excusez-moi.

C'est mon père. Il est mort il n'y a pas longtemps.

Virginie ! Claire ! Ça fait une éternité.

Ça va ? C'est gentil de ta part d'être venue me chercher.

Il n'y a pas de quoi.

Je ne sais pas du tout ce que fabrique Georges. Moi non plus, je n'arrive pas à

le joindre. Ah bon ? Ça lui fait plaisir que je vienne au moins.

Oui, énormément.

D'ailleurs, il aimerait cuisiner pour nous ce soir.

Georges ? Il sait cuisiner ? Bien sûr. Très bien même.

Mes condoléances.

Comme je vous l'ai dit, le cabinet était encore fermé. Mais j'étais déjà arrivé.

Il y a beaucoup de travail.

Par exemple ? Les dossiers des patients, la compta, on est en train de tout

numériser.

En fait, mon père voulait... Il s'apprêtait justement à prendre sa

retraite.

Et c'est vous qui reprenez le cabinet ? Vous avez le droit d'exercer depuis...

Deux ans ? Ça ne vous fait pas beaucoup d'expérience, ça ? Non.

Et alors ?

Votre

père n'a jamais essayé de mettre son grain de sel ? Peut-être avez-vous même

connu quelques frictions ?

Parce qu'ils savaient tout mieux que vous.

Les pères savent toujours tout mieux que nous.

Mon père n'est pas comme ça.

J'ai vraiment d'excellentes relations avec lui.

J'avais.

J'espère que vous avez l'esprit plus clair maintenant que l'effet des

somnifères s'est dissipé.

Oui.

Les médicaments que vous avez pris ne sont pas très forts en réalité. Ils

agissent principalement dans les deux à trois heures qui suivent la prise.

Pourtant, vous semblez y être particulièrement sensible.

Tout à l'heure, vous aviez l'air dans un état second.

Je ne les ai pris que très tôt ce matin, aux alentours de quatre heures et demie.

C'était avant ou après avoir projeté le verre de vin rouge contre le mur de la

chambre de votre mari ? Je... La tâche encore fraîche, les débris de verre.

On s'est disputé. Parce que vous étiez rentrée très tard à la maison ? J'étais

avec Jodoc Luzel.

Mon mari était parfaitement au courant.

Ça faisait plusieurs années que notre mariage n'était rien de plus qu'une

façade.

Jodoc Luzel, vous dites ? L'associé de votre mari ?

Kadek, ça vous est déjà arrivé que quelqu'un meure dans vos bras ?

Oui, une fois.

Après le lycée, j'ai suivi une formation pour devenir ambulancier.

Les types y allaient franco à l'époque.

On se retrouvait à prendre en charge des fractures et des brûlures à tout juste

17 ans.

On avait reçu un appel d'urgence.

Violence domestique.

Les parents étaient des junkies.

Il y avait un enfant avec eux.

C'était un petit garçon.

On ne s'en remet jamais vraiment.

Non.

Vous avez fait quoi pour surmonter ça ? Je suis devenu policier.

Quel bazar.

Ils ont bouclé toute la place.

Engagé autant de moyens pour un simple accident.

Qui sait ? C'était peut-être pas un accident.

Ah bon ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Tout à l'heure, quand on était sur

la place, il y avait aussi des policiers de Quimper. Georges ne répond pas au

téléphone et n'est toujours pas réapparu.

Ah.

Du coup, il va sûrement rentrer très tard ce soir.

Si jamais il rentre à la maison.

Nous, en attendant, on n'a qu'à prendre du bon temps, d'accord ? Tu penses que

je vais pas du tout pouvoir lui parler aujourd'hui ?

Oui, Nolwenn ? Vous pouvez faire demi-tour, je viens d'apprendre que les

Luzelles n'étaient pas chez eux, mais au foyer pour sans-abri. C'est noté. On

arrive tout de suite.

Chef.

Fondée par les familles Chabozot, Luzelles et Prisiac.

Comme d'habitude.

Les cuillères sont juste là.

Attention à ne pas vous brûler.

Bonjour, commissaire Dupin, brigade criminelle de Concarneau. Madame.

Monsieur Luzel ? Oui.

C'est pour Pierre, c'est ça ? C'est affreux.

J'ai encore du mal à croire qu'il nous a quittés.

On pourrait peut-être en parler dehors. On sera plus tranquille.

Excusez-nous, madame.

Doucement le cahit, c'est quoi ces manières ? C'est pas grave, laissez.

Laissez.

Monsieur Luzel, nous sommes ici parce que Madame Chabozot a déclaré avoir été

chez vous la nuit dernière.

Elle était avec moi, mais pas chez moi.

Il a été convenu avec nos conjoints qu'on ne devait jamais se voir l'un chez

l'autre.

On était dans un petit hôtel de Capcoz. Et ça ne pose aucun problème à votre

femme ?

Mais Madame Chabozot n'est pas restée toute la nuit.

Non, elle est partie vers 4 heures du matin. Il y a eu un problème ? Vous vous

êtes disputé ? On a parlé du fait qu'on ne pourrait pas se revoir avant un petit

moment.

Pierre me l'avait demandé.

Une minute. Monsieur Chabozot vous a demandé à vous de mettre un terme à

votre relation amoureuse avec son épouse ? Oui.

C'est ce qu'il voulait, j'ai accepté.

Maëlle était plutôt fâchée.

Mais avec Pierre, ça faisait plus de 40 ans qu'on était associés. Notre vie

privée ne devait en aucun cas venir interférer avec nos transactions. Ça a

toujours été la règle.

C'était quel genre de transaction ? Immobilière. C'était votre seul

collaborateur ? Non.

Prisiak en était aussi.

Pourquoi vous me posez toutes ces questions ? C'est affreux que Pierre

soit tombé de son balcon, mais... Il n'est pas tombé.

On l'a poussé.

Pardon ? À quelle heure exactement avez-vous quitté l'hôtel ?

J'en sais rien, vers 8h.

Nous sommes venus ici ensemble, à 8h30.

Monsieur ? Comme tous les mardis, nous commençons par faire la cuisine, puis

nous dressons les tables. Et à partir de 11h, nous servons le repas.

Oui, c'est ça.

Quel est le nom de l'hôtel où vous avez retrouvé Madame Chabozot ? Mère d

'Iroase.

Merci.

Pourquoi tu leur as dit ça ? Tu es mon mari.

Jodok. J'ai l'impression de nager en plein cauchemar.

Oui. Je n'arrive pas à retourner dans l'appartement.

Il te reste toujours Félix ? On ne pourrait pas partir quelque part rien

que toi et moi.

Je pense qu'il vaudrait mieux qu'on ne nous voit pas ensemble pendant quelque

temps.

Les enquêteurs ont commencé à me poser des questions étranges. Je sais.

À moi aussi.

D'après eux, Pierre aurait été poussé par-dessus le balcon.

Tu étais là. Qu'est-ce qui s'est passé ? J'en ai aucune idée.

Vraiment, j'en sais rien.

Tout ce dont je me souviens, c'est d'avoir entendu des voix.

Pierre me semblait absolument furieux.

Ensuite ? J'ai entendu craquer.

Il y avait une forte odeur de café.

La nouvelle serveuse venait justement de lui apporter son petit déjeuner.

C'est qui cette serveuse ? Et elle, tu sais qui c'est ? Une de ses anciennes

aventures.

Ça vient d'où ? Je l'ai trouvé par terre.

Il avait fait du tri dans deux vieux dossiers.

Et tu l'as montré à la police ? Non.

S'il te plaît, ne me laisse pas gérer ça toute seule.

Je t'en supplie.

Toujours aucune trace de notre fameux bougeoir.

La scientifique estime qu'en lançant fort l'objet depuis le toit, on peut

sans problème l'envoyer dans le bassin portuaire.

Et on a eu la confirmation de l'hôtel. Luzelle est bien partie peu avant 8h.

Pour aller en ville, il faut quoi ? Une demi-heure ? S'il est passé récupérer sa

femme en chemin, ils ont parfaitement pu arriver à 8h30 au foyer pour son abri.

Leur alibi tient la route.

D'accord.

Merci.

Euh...

Rassurez-moi, vous n'en faites pas une affaire personnelle ? Comment ça ? Eh

bien, quelqu'un a quand même jeté un cadavre au pied du commissaire de

Concarneau. Je fais de chaque cadavre une affaire personnelle.

Trinquons aux absents.

Santé. Santé.

C'est sûr qu'on n'a pas ça à Paris.

En contrepartie, vous avez des cinémas, des théâtres, des musées.

C'est vrai.

Ce sont d'ailleurs des plaisirs que je commence à redécouvrir.

Je suis très contente pour toi, Virginie.

Je commence à avoir faim, pas toi ? Tu crois vraiment que George va réussir à

nous préparer son lapin au vin blanc ? Oui, absolument.

Enfin, s'il s'était mis au fourneau à temps, bien sûr.

Qu'est-ce que je vous sers, monsieur ? Je vais prendre un pastis.

Avec des glaçons. Et pour déjeuner ? Rien, merci.

Qu'est

-ce

que tu regardes ?

Vous êtes nouvelle, je crois ? Je viens d'Audierne.

J'aurais pourtant juré que vous étiez une fille de Concarneau.

Vous les aimez, les filles de Concarneau, n'est-ce pas, monsieur ?

Lâchez-moi, vous me faites mal.

Prisiaque, ça fait une demi-heure que je t'attends.

C'est Emma.

Maëlle a trouvé cette photo.

Dans la chambre de Pierre ? Oui.

Quelqu'un a dû la lui montrer. J'imagine que c'est cette serveuse-là, Sirene.

C'est qui cette fille ? Elle est nouvelle en ville. C'est la dernière

personne à l'avoir vue. En plus, elle porte la croix d'Emma, son pendentif.

Il va falloir qu'on fasse quelque chose. On ne va rien faire du tout.

Mais elle est forcément au courant.

De quoi veux-tu qu'elle soit au courant ? Personne n'a jamais rien su.

Tiens, brûle-moi ça.

Je t'appelle dès que j'en sais plus pour l'enterrement.

Vous attendez quelqu'un ? Mon mari.

En quoi puis-je vous aider ? Peut-être en me donnant quelques détails.

Vous dites que vous êtes partie d'ici et que vous êtes arrivée au foyer pour sans

-abri à 8h30.

À peu près, oui.

Demandez à Maurice et Britt, ils ont aidé à préparer le repas.

C'est déjà fait.

Tant mieux, dans ce cas, tout va bien. Vous mettez combien de temps en voiture

jusqu'au foyer ? Peut-être 10 minutes.

Vous nous avez fait des cachoteries.

Vous n'êtes pas partie d'ici, mais directement de la scène de crime.

Qu'est-ce que vous faisiez là-bas ? J'étais...

Je voulais... Vous étiez chez Chabozot ? Non.

Je voulais la voir.

Voir Maëlle.

Pourquoi ? Vous le savez très bien.

Elle s'envoie en l'air avec mon mari.

J'avais cru comprendre que ça ne vous posait pas de problème. C'est ce qu'il

dit.

Je souffre beaucoup de la situation.

Vous vouliez convaincre Mme Chabozot de mettre un terme à leur aventure ? Ça

fait des semaines que j'échafaude un tas de plans pour me venger d'elle.

Une fois que vous avez été chez eux, M.

Chabozot s'est mis en travers de votre chemin.

Non, je ne suis même pas montée.

La porte des combles était ouverte.

Et l'échelle de secours mène à la rue de l'immeuble voisin, vers laquelle vous

vous dirigez.

C'est parce que je m'étais garée derrière, près de la halle du marché, je

ne voulais pas qu'on me reconnaisse.

C'est assez embarrassant comme ça que les voisins voient Maëlle et mon mari

ensemble. Justement, votre mari, au moment des faits, il avait déjà quitté l

'hôtel, celui où il avait rejoint Madame Chaboseau.

Il était en route pour le foyer.

Il a, par conséquent, bel et bien un alibi.

Mais ça, vous ne pouviez pas le savoir.

Pourquoi avez-vous malgré tout prétendu être arrivés ensemble ? Je...

Je pensais que… Vous pensiez que votre mari pouvait vouloir tuer Chabozot parce

que ce dernier lui avait interdit de revoir son épouse ? Quoi ? Non ! Alors

pourquoi avez-vous menti pour lui ? Honnêtement, je n'en sais rien.

Je veux simplement qu'il me revienne.

Pourquoi tu frappes ? Tu as la clé.

Félix !

Tu

es complètement saoul. Ouais.

Y'a que comme ça qu'on peut tenir le coup, ici.

À cause de tes mensonges et de ton hypocrisie. Épargne-moi tes leçons de

morale, je suis fatiguée. À cause de ta nuit de folie avec Luzelle ?

Ça ne va pas te dire ça.

Et bien sûr, il a fallu que tu choisisses lui-même.

Tu quittes un homme qui a les moyens pour te jeter au coup d'un autre, c'est

ça ? Mais papa ne voulait pas que vous divorciez.

C'était un obstacle.

Moi, je l'aimais.

Contrairement à toi.

Je ne sais pas ce qui lui était passé par la tête. Il était complètement dans

son monde parfois.

Je veux le tableau d'ici.

Il avait quel âge à ce moment-là ? Il devait avoir 6 ans. Pas beaucoup plus.

Je suis désolé.

Salut.

Georges. Maman.

Tu ne t'arrêtes jamais.

C'est une nouvelle robe ? Oui, elle te plaît ? Elle est colorée.

Moi, elle me plaît. On a fait un saut en ville tout à l'heure, on a vu qu'il y

avait du remue-ménage. Il s'agit d'un marte ? Bon, c'est pas encore vraiment.

Comment s'est passé le voyage ? Très bien.

J'ai partagé le compartiment avec une famille très sympathique.

Ah oui ? Oui.

La petite fille et moi, nous avons joué au baccalauréat.

Super.

Oui.

Elle était très gentille.

Bon, qui a envie d'un petit café ? Oh oui, très volontiers.

Claire ? Non merci, ça ira.

Vous savez quoi ? Je ferais mieux de vous laisser un petit peu seule.

À tout à l'heure.

Tu sais, je ne suis pas venue te voir comme ça sans raison particulière.

J'ai quelque chose à t'annoncer.

D'accord.

Tu es allée chez le médecin ? Qu'est-ce qu'il t'a dit ? Je suis allée chez le

médecin ? Est-ce que tu es... Tu vois ce que je veux dire ? Tu crois que je suis

malade ? Mais voyons, bien sûr que non ! Tu trouves que j'ai l'air malade, toi ?

Non, j'ai seulement cru...

Désolé, non, j'ai eu peur tout d'un coup. L'espace d'un instant, j'ai...

Georges ! Je vais parfaitement bien.

Tant mieux.

C'est d'ailleurs la première fois que je me sens aussi bien.

Comment ça ? Figure-toi que j'ai rencontré quelqu'un.

Après tout, je...

J'ai vécu seule tellement longtemps. J'en étais arrivée à un stade où j'avais

besoin... Il habite à Paris ? Il fait quoi dans la vie ? Comment vous vous

êtes rencontrés ? Non mais dis-donc, Georges, tu vas arrêter avec ton

interrogatoire. J'ai l'impression d'entendre ton père.

Désolé.

Mais c'est plutôt un compliment.

T'as toujours dit que papa était un bon flic.

Oui.

C'est vrai, c'était un bon flic.

Alors, je veux dire ton... Mon ami.

Comment il est ? Très différent. C'est tout le contraire de ton père.

Il adore danser.

Georges, rien ne pourra jamais me faire oublier ton père.

Maman, je t'en prie.

Je suis heureux pour toi.

Très heureux, même.

Vraiment ? Bien sûr.

Et cette robe te va ravir. C'est vrai.

Viens par là.

Oh, mon chéri.

À quoi vous jouez ?

Hé

! Qu'est-ce que vous êtes ?

Ça va ? Vous

n'avez rien ? Oui, oui, tout va bien. Qu'est-ce que vous avez à la main ? Je

peux regarder ? Pourquoi ? Vous êtes médecin ?

Oui. Vous avez relevé la plaque d'immatriculation ? Voilà.

C'est rien.

Vous savez, j'habite juste là, au coin de la rue.

Attendez, je vais vous aider.

Merci, mais ça va aller. J'aimerais vous examiner à la lumière.

Bref, là, il me dit...

Madame, j'ai eu l'occasion d'emprunter de nombreuses routes au cours de ma vie,

mais je n'ai encore jamais pris de chemin aussi mystérieux que le vôtre.

Jusqu'où pourra-t-il me conduire ? Un maître de la métaphore.

Il me plaît déjà. C'est incroyable, non ? Alors je lui réponds, monsieur, peu m

'importe le nombre de routes que vous avez empruntées et avec combien de

femmes vous vous êtes promenées, sachez que moi, je ne suis pas de celles qu'on

peut balader.

Je l'ai invité à venir.

À Concarneau ? À Concarneau.

Il arrive dans quelques jours.

D'accord.

C'est ici. Entrez.

George.

Mademoiselle Kliak ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Elle a été

accrochée par une voiture.

Délai de fuite.

Une espèce d'abruti l'a coincée contre le mur, encore un peu, et l'écrasait.

Attention.

Sûrement encore un ivrogne.

Vous avez reconnu le conducteur ? Notez la plaque.

Non.

Attention.

Je vois.

Il faudrait faire une radio.

Je vous emmène tout de suite à l'hôpital.

Non, c'est pas la peine. Vous êtes sûre de ne pas savoir qui a essayé de vous

renverser ? J'ai pas reconnu le conducteur.

Donc, c'était un homme.

Les histoires, c'est toujours à cause des hommes.

Les histoires ? Quelqu'un vient d'essayer de vous renverser. Et ce

matin, l'homme à qui vous avez apporté le petit déjeuner est mort.

Vous trouvez pas que ça fait beaucoup d'histoire en une seule et même journée

? Je crois que je ferais mieux de partir.

Vous restez.

Georges, tu viens voir une minute ?

Pourquoi

tu la bouscules comme ça ? Parce qu'elle est témoin dans une enquête qu'on vient

d'ouvrir.

Pour l'instant, c'est quelqu'un qui a besoin d'aide. Je vous en prie.

On ne l'a pas encore éliminée de la liste des suspects. Ça n'a rien à voir

avec le fait qu'elle soit notre invitée. Tu crois tout de même pas qu'elle a tué

le médecin ? Je ne crois rien du tout tant que je n'ai pas réuni tous les

éléments de l'enquête.

Moi, je trouve qu'elle a plutôt la traumatisé.

Ça pourrait très bien être une coïncidence.

Je crois pas aux coïncidences.

Excusez-moi.

Claire ? Oui ? Je vous reconduis chez vous.

C'est moi qui vais vous reconduire.

Venez.

C'était quel genre de véhicule ?

Une grosse voiture.

Un SUV de couleur sombre.

Oui, Dupin à l'appareil.

J'ai une info à faire passer aux voitures de patrouille.

Accident de la route sur la corniche avec délit de fuite. Il y a environ 10

minutes. Un SUV de couleur sombre.

Sirene, si vous voulez, je peux... Vous n'avez qu'à me déposer là devant, à

gauche. Très bien.

Où ça ? Là ? Oui.

Vous allez pouvoir vous débrouiller toute seule ce soir, vous êtes sûre ?

Oui.

D'accord.

Votre mari, il a raison.

Toutes ces emmerdes.

Dans une seule et même journée.

J'imagine que ça fait beaucoup d'un coup.

Vous voulez bien que je vous appelle ? J'ai pas de téléphone.

Je pourrais passer demain, voir comment ça va. Vous seriez d'accord ?

Ok. Vous habitez où exactement ?

Appartement 304.

C'est noté.

Merci de m'avoir amenée.

De rien.

Bordel de merde ! Merde.

Oui ? Je doc, j'ai fait des recherches. Rien ne laisse penser que la serveuse

dont tu m'as parlé a quelque chose à voir avec nous.

Il n'y a aucun lien avec Emma ? Pas le moindre. Elle change de job et d'adresse

toutes les cinq minutes.

Cette fille, c'est personne.

C'est seulement une paumée.

Même si elle savait quelque chose, personne ne la croirait.

Il n'y a aucune preuve. Ça remonte à trop longtemps.

Et le pendentif ?

La Croix d'Emma. Des trucs comme ça, on en trouve partout en Bretagne.

J'espère que t'as pas fait une connerie.

Non, non, c'est seulement que... Cette histoire avec Pierre, ça me bouleverse.

Je sais.

Moi aussi.

Maëlle a dit qu'il y avait quelqu'un dans l'appartement.

C'était qui ? Laisse donc la police mener son enquête.

ils le seront vite.

Désolé pour tout à l'heure. Je voulais pas... Non, non, non.

T'as pas besoin de t'excuser.

T'as parfaitement le droit d'être perdue dans tes pensées.

T'es vraiment très douée dans ton travail.

Et c'est vrai qu'elle est bizarre.

Sirene ? Elle a l'air de porter un énorme fardeau sur ses épaules.

Elle a des entailles sur l'avant-bras. D'habitude, je vois ce genre de choses

que chez les ados qui se scarifient.

J'ai rien remarqué ? C'est pas étonnant. Elle est assez douée pour les

dissimuler.

Merci.

Il a été assommé, vaisseau éclaté dans les yeux.

On l'a étouffé avec le sac plastique.

Il n'a probablement pas été tué dans la voiture.

Ce SUV est à lui ? Ouais, comme quoi frimer au volant n'empêche pas de se

faire tuer.

Le meurtrier ne voulait donc pas qu'on le découvre aussi vite.

Vous la connaissez ? Non.

Fais chier, c'est quoi ce cirque ? Vous étiez censé se balaiser du balai !

Circulez, il n'y a rien à voir.

D'abord Chabozot, maintenant Luzel. Il faut qu'on parle au

troisième associé, à Prisiac. On le ramène au poste.

Pour le cuisiner ou le protéger ? On verra.

Comme vous voudrez. Vous venez ? Chef, chef, euh... Qu'est-ce qu'il y a ? Eh

ben... Je me demandais qui va informer la femme de Luzel. Ah, ouais.

C'est bon, je m'en charge.

Trouvez-moi Prisiak.

Kadek, j'ai besoin de la scientifique.

Je crois savoir où Luzella a été tuée.

On a un autre numéro, Joindreau-Présiac ? Euh, non, c'est tout ce qu'on a.

Super. C'est bien ma chance.

Où est-ce que tu vas ? Ben, directement chez lui.

À quelle adresse ? Pourquoi, il en a plusieurs ?

Elle

me déteste.

Oui, monsieur Prisiak, c'est encore Kadek du commissariat de Concarneau.

Où êtes-vous ? Allez.

Rappelez-moi vite.

C'est très urgent.

Quand exactement votre mari est-il rentré à la maison ? Assez tard.

Je dormais déjà, mais...

Vous

avez une idée de l'endroit où il était ? Il était avec moi.

Il est rentré à la maison et il est venu me rejoindre au lit.

Ce matin, quand j'ai vu que la voiture n'était plus là, je me suis tout

simplement dit qu'il devait déjà être parti travailler.

Un petit instant.

Excusez-moi, vous connaissez cette femme ? Euh, non.

Et cette photo, pourriez-vous par hasard me dire quand elle a été prise ?

C'était un peu avant qu'on se rencontre, je doc et moi, je dirais fin 86.

Je peux vous l'emprunter ?

Bonjour.

Les anciens plans de la ville, le cadastre, où sont-ils archivés ? Là

-haut, au deuxième étage.

c'est la même chose

Numéro dix-sept.

Quatre-vingt-six.

Quatre-vingt-six, quatre-vingt-six, quatre-vingt-six.

Numéro dix-sept.

8 août 1986, nouveau propriétaire, Pierre Chabozot, Jean-Doc Luzel, Brécamp

-Prisiac.

Mais qui était l'ancien propriétaire ?

Oh,

merde.

Nolwenn, vous avez bien un cousin qui travaille à la centrale ? Oui.

Parfait. Je vous ai envoyé un mail à propos de la parcelle numéro 17.

Vous pouvez lui demander si elle était raccordée au réseau électrique ? Bien

sûr.

Vous avez pu joindre Prisiak ? Non, que son répondeur.

C'est la merde.

Réessayez pour voir.

Alors ?

Alors, vous aviez raison. La parcelle était bien reliée au réseau électrique

jusqu'à mai 1986.

Le contrat était au nom d'un certain Léon Grenier.

Alors, c'était lui, l'ancien propriétaire ? Oui, très certainement.

Tout de suite après, Chabozot, Luzel et Prisiac ont demandé le raccordement pour

tout un pâté de maison. Mais il y a un truc bizarre.

Pas de résultat pour Léon Grenier.

C'est quoi, le truc bizarre ? En fait, j'ai vérifié plusieurs fois les

enregistrements des droits de mutation.

Il se trouve que la sœur d'un de mes amis travaille au centre des impôts de

Quimper. Excellent. Et alors ? Aucun des trois associés n'a payé de droits de

mutation pour la parcelle numéro 17.

Et le nom de Grenier n'apparaît nulle part.

C'est bien ce que je disais. C'était peut-être une donation.

Ou un nom d'emprunt, comme par exemple... Quand j'ai appris ça, j'ai

tout de suite appelé mon cousin qui travaille au port.

Son beau-père, le premier mari de ma tante Solène, a été capitaine de port

jusqu'en 1992.

Et il lui a raconté qu'à l'époque... Quelques pêcheurs vivaient encore dans

le port et qu'ils ont tous été délogés à cause du boom immobilier. L'un d'entre

eux s'appelait, je vous le donne en mille, Grenier.

Un pêcheur, 1992 ? Dans l'OM ? Vous êtes fantastique.

Vous et tous vos cousins.

Bon, parfait, je vous accompagne. Non, vous trouvez-moi Présiac.

Tu n'aurais pas un ou deux autres cousins pour moi ? J'ai une cousine très

dégourdie.

Excusez-moi, messieurs.

Je cherche un homme d'un certain âge qui a déjeuné ici hier midi.

Il a, dans les 75 ans, l'air plutôt renfrogné.

Il a bousculé M. Luzel et n'a pas voulu s'excuser.

Maxime ? Maxime Grenier ? Je n'en sais rien. Je ne connais pas son nom de

famille. Où je peux le trouver ?

Monsieur Maxime ? N'ayez pas peur.

J'aimerais vous poser une question.

C'est vous qui avez vendu à Chabozot, Luzel et Prisiac la parcelle sur le port

en 1986 ? Je vais

prendre ça pour un oui.

Chabozot est mort.

Et maintenant, Luzelle aussi. Tant mieux.

Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé à l'époque ? C'est vous, Léon Grenier ?

Léon... Léon est mort depuis longtemps.

Et elle a été tuée par ces trois-là.

Elle ?

C

'est elle qui a été tuée ?

Emma Grenier.

Emma.

Tous les deux, ils avaient un bateau de pêche.

Jusqu'à ce fameux jour où le bac lui est passé dessus.

Léon était foutu.

Après ça, Emma ne sortait plus, elle restait cloîtrée chez elle.

C'est là qu'ils ont débarqué, ces enfoirés.

Chabozourluzel et Prisiak. Oui.

Une bande de salauds.

Qu'est-ce qu'ils lui voulaient ? À votre avis, monsieur le commissaire, ils

voulaient sa parcelle ? Alors, ces chiens l'ont harcelée. Ils l'ont

harcelée comme c'est pas permis.

Au bout d'un moment, elle a disparu. Du jour au lendemain.

Trois mois après sa disparition, ils ont démoli sa maison et commencé à

construire.

Ils ont construit avec du sang sur les mains.

Elle avait quel âge, Emma, à cette époque-là ? Dans les 25

ans. Elle avait des enfants, il lui restait de la famille.

Vous n'avez pas écouté ce que j'ai dit ? Emma a été tuée.

Léon ne pouvait malheureusement pas avoir d'enfant.

Comment vous savez ça ?

Quand on passe le plus clair de son temps à bord d'un bateau avec quelqu'un,

on finit par le connaître par cœur.

Allô, Eric ? Oui, c'est Thierry.

Thierry Kadek.

Dis, j'aurais besoin d'une géolocalisation.

Alors, Brisearc ? Je le fais localiser. On l'aura dans une dizaine de minutes.

Bon, très bien.

Je croyais que c'était Léon Grenier qu'on cherchait. C'est qui, Emma ? C'est

certainement la raison de tous ces meurtres.

Tout porte à croire que Chabozot, Luzel et Prisiak l'ont tué en 86 pour mettre

la main sur sa parcelle.

Il l'aurait tuée ? On a trouvé un corps ? Non, rien.

Elle est peut-être encore vivante ? Dans ce cas, aujourd'hui, elle aurait une

soixantaine d'années.

Elle se serait mariée entre-temps ? Et elle aurait changé de nom ? J'ai déjà

épluché tous les enregistrements de l'état civil.

tous les enregistrements de l'état civil.

Vous permettez ? Oui,

ici Kadek, poste du commissaire.

Oui, j'aurais voulu avoir le numéro de l'évêché, s'il vous plaît. Vous pourriez

nous mettre directement en communication ? Merci.

Dans les années 80, les bureaux de l'état civil ne recensaient pas encore

tous les décès, naissances, mariages, etc.

La région tout entière était catholique. Sur ce point, les registres des

paroisses sont bien plus complets que nos banques de données.

Tiens donc, vous ne le saviez pas, hein ?

Moi, je suis catholique.

Allô ? Monsieur Kadek ? Oui ? Ah, oui, bonjour.

Merci.

Il se trouve qu'Emma Grenier est décédée il y a cinq mois de cela dans une

commune du nom de Dierignon, où elle a été enterrée.

Excellent travail.

Je sais. Excellent, Kadek.

C'est là, à l'est de Brest.

À l'est de Brest, à l'est de Brest.

Ah, voilà.

C'est pas une commune, c'est un couvent.

Je vous accompagne.

Kadek ?

Le portable a été localisé. Parfait. Allez me chercher Prisiaque. Moi, je

file au couvent.

Sortez de là ! Vous êtes sur une propriété privée ! Hé ho !

Maman, je voulais te dire pour hier soir, j'avais beaucoup trop bu.

Je voulais pas t'agresser comme ça.

Luzelle, Luzelle est mort.

Il a été tué. Je suis au courant.

Oh, maman, viens là.

Regarde, il est en train de remonter la 783 en direction de l'ouest.

Il veut se faire la malle ? Oui.

Ça, c'est sûrement la police. Ils me cherchent partout.

Il répond pas.

Je lance la vie de recherche.

Monsieur Prisiak ? Vous êtes où ? Excusez-moi, je suis au volant.

Oui, bon. Vous pouvez venir quand au commissariat ? Dans une heure ? Ou deux

? Bien.

Dépêchez-vous, on a quelques questions à vous poser.

C'était Prisiaque.

Il va venir ?

Tu ne manques pas d'air.

Qu'est-ce que tu veux ? Toutes mes condoléances.

Je l'ai vraiment aimé.

Moi aussi.

Qu'est-ce que vous faites là ? Bonsoir, ma sœur. Ma mère.

Toutes mes excuses. Dupin, brigade criminelle. Vous avez une pièce d

'identité ? Oui, bien sûr.

Vous êtes sur une propriété de l'église.

Vous intervenez sur commission rogatoire ? Non, en fait, j'espérais que vous

accepteriez de m'aider... Dans ce cas, au revoir, monsieur Dupin.

S'il vous plaît, ma mère.

Deux meurtres viennent d'être commis à Concarneau. Ils sont directement liés à

l'une de vos religieuses qui est morte ici il y a cinq mois.

Il s'agit d'Emma Grenier.

Le cimetière est strictement réservé aux sœurs.

Les laïcs qui ont travaillé au sein de notre couvent reposent ici.

Emma n'était pas une sœur ? C'était notre cuisinière.

Elle l'a été pendant 32 ans.

Comment elle est morte ? Elle s'est tout bonnement écroulée le jour de l

'annonciation. Nous l'avons entourée de tous les soins jusqu'à la fin.

Vous pouvez me dire comment elle était ? C'était quel genre de personne ? Vous

savez, monsieur, les femmes qui décident d'entrer au couvent...

Peu importe qu'elles aient prononcé leur vœu ou non, ont en général de bonnes

raisons de le faire. Et si elles préfèrent ne jamais en parler, personne

ici ne va leur poser de questions.

Pourquoi tout ça vous intéresse autant ? Je pense qu'il y a longtemps, Emma

Grenier a été victime d'une grande injustice.

Et aujourd'hui, quelqu'un assassine des gens.

Des gens qui, à mon avis, étaient impliqués dans ce qui s'est passé à l

'époque.

Vous devriez peut-être avoir une discussion avec sa fille.

Emma avait une fille ? Elle était enceinte quand elle est arrivée chez

nous.

Et sa fille vivait ici, elle aussi ? Elle est partie il y a longtemps.

Il a fallu que je remue ciel et terre pour réussir à la retrouver.

Parce que Emma voulait la revoir ? Une dernière fois avant de mourir.

C'est la dernière personne à avoir pu échanger quelques mots avec elle.

Comment elle s'appelle ?

Claire ? Oui, Georges ? Tu as bien reconduit Sieren jusque chez elle hier

soir ? Oui, pourquoi ? Parce que l'adresse qu'elle nous a donnée n'est

pas bonne.

Pourquoi elle vous aurait donné une fausse adresse ? Où est-ce que tu l'as

conduite ? Je suis justement devant chez elle. Pourquoi ? Quoi ? Bah oui, je lui

avais dit que je passerais prendre de ses nouvelles.

Qu'est-ce qui se passe ? Bon, écoute-moi, tu vas tout de suite t

'éloigner de chez elle. Il ne faut pas qu'elle te voie. C'est quoi l'adresse ?

48 rue Saint-Jacques. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? C'est noté. J

'arrive dans une minute. Attends-moi. Mais qu'est-ce qui se passe ? J'arrive.

Ça va ? Alors ? C'est ici ? Oui, appartement 304. Très bien.

George ! Ne t'inquiète pas, il t'arrivera rien.

Attends dans la voiture.

Est-ce que tu peux être bête parfois ? J'ai pas peur qu'il m'arrive quelque

chose à moi.

Je suis très doué dans mon travail.

Attends ici, d'accord ?

Mademoiselle Cléac ?

Léon Grenier et Ma Grenier, fin juillet 1978, parcelle numéro 17.

C'est mon père, il est mort il n'y a pas longtemps.

Votre café.

Allô, Kadek ? Oui, chef, je... Lancez tout de suite un avis de recherche.

Oui, il vaudrait mieux.

Évidemment, Prisiak ne s'est pas présenté au commissariat comme convenu.

Quoi ? Il n'est pas avec vous.

Il est en danger de mort.

Sirene Kleak est notre suspecte.

Sirene ? Elle fait tout ça pour venger sa mère.

Il faut immédiatement lancer l'avis de recherche pour Prisiak et pour elle.

Je ne pouvais plus d'attendre dans la voiture.

Claire.

Est-ce que ce sont... Ses victimes.

Il reste encore Prisiaque.

Il faut qu'on le retrouve.

017 413 809 9...

22, 48, 5, 9, 8.

22, 22, 48, 5, 9, 8, PM.

22. Aujourd'hui, on est le 22, 22, 48.

C'est un horaire.

C'est la marée.

PM, pleine mer.

Elle a cherché la hauteur des marées. Aujourd'hui, à 22h48, la hauteur d'eau

atteindra presque 6 mètres.

Sirene ! S'il vous plaît ! Parlez-moi !

Je ne comprends pas à quoi rime toute cette histoire.

Vous voulez quoi ? Qu'est-ce que vous attendez de moi ? Je veux te regarder te

noyer. Que tu crèves comme les deux autres.

Pourquoi vous faites ça ? Pourquoi Pierre, Jeudoc, et maintenant moi ?

C'est quoi le rapport avec vous ? C'est quoi ?

Non.

Vous êtes au courant ? Vous êtes au courant ? Mais ça ne vous regarde

absolument pas !

Oui, chef. On a perdu le signal du téléphone de Prisiak sur la rue de

Tréguin. Ça se trouve près de la baie du Portzou. Rejoignez-moi là-bas le plus

vite possible.

J'arrive.

Il faut que j'y aille.

S'il te plaît, rentre à la maison.

Qui vous l'a racontée ? Vous l'avez trouvée où, la photo ? Celle d'Emma ! Si

j'entends son nom sortir ne serait-ce qu'une fois de plus de ta bouche ! Emma

! Emma ! Ça fait plus de trente ans que ce prénom me hante, jour et nuit ! Tu

vas la fermer ! Vous allez tirer à la fin ? Tirez ! Qu'on en finisse une bonne

fois pour toutes ! Je me souviens très bien de tout ce qu'on lui a fait subir !

Je...

J'aimerais tellement pouvoir revenir en arrière et tout effacer !

Mais qu'est-ce que tout ça a à voir avec vous ? Je ne vous ai

rien fait à vous ! C'est à cause de vous trois si j'en suis là.

Sirene ! Jetez votre arme ! Non, vous savez pas ce que ces

trois hommes ont fait ! Si, je le sais.

Et je vais rendre toute cette histoire publique, je vous le promets.

Mais je vous en supplie, jetez votre arme ! Alors je suis votre père ? T'es

certainement pas mon père ! T'es le violeur de ma mère, c'est tout ce que t

'es ! Vous l'avez ligotée dans sa propre maison, et vous l'avez violée ! Des

jours entiers ! Jusqu'à ce qu'elle vous cède son terrain ! Je regrette ! Je

regrette ! Je voulais pas faire ça ! Je t'assure que ma mère non plus voulait

pas ! Elle m'a jamais désirée !

Je le voyais tous les jours dans son regard ! Et je comprenais pas pourquoi

elle me détestait ! – Je peux me racheter, je peux tout arranger ! –

Ouais ? – Oui.

– Qui va crever ? – Tirel ! S'il vous plaît, non.

À quoi vous jouez ? Allez-y,

tirez ! Tirez !

Je suis allé à Dirinon.

J'ai pu voir la tombe de votre mère.

Vous étiez auprès d'elle quand elle a rendu son dernier souffle.

Emma vous a cherché, et elle vous a retrouvé.

Elle a demandé à vous avoir une dernière fois auprès d'elle.

Vous croyez sincèrement qu'une mère qui déteste sa fille...

Vous voudrez la voir à ses côtés dans ces derniers instants ? Vous

avez vu quoi ? Dans son regard, juste avant qu'elle meure.

Elle a gardé tout ça pour elle pendant si longtemps.

Mais elle a fini par tout vous raconter.

Si Eren...

Vous avez vu quoi ?

J'ai vu de l'amour.

Laissez-moi prendre le relais, maintenant.

Attention. Merci

de

m'avoir sauvé la vie.

Même si aujourd'hui elle ne vaut plus grand chose.

Tout sera étalé au grand jour.

Tout le monde saura ce que vos amis et vous avez fait à cette femme.

J'y veillerai.

C'est beau, n'est-ce pas ? Ouais.

À condition de ne pas regarder de trop près.

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