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Rafa est là.
Il y a quelqu'un ?
Rafa est là, t'es là ? Rafa
est là.
Raffaella ?
Bonjour.
Bonjour. Comment ça va ? Super. Et vous ?
Mais super.
Café ? Avec plaisir.
J'en avais fait un de trop.
C'est sûr que vu le nombre.
Merci.
Écoutez, à propos d'hier soir... Alors non.
J'ai pris suffisamment cher comme ça si on pouvait éviter d'en parler en plus.
Attendez, ce que je voulais dire c'est que... En travaillant comme ça tous les
deux, forcément ça devait... Ça devait quoi ? Ça devait arriver.
Oui mais il s'est rien passé.
Donc tout va bien.
Non, effectivement.
Tout va bien ? Oui.
Enfin, je peux vous laisser assurer notre rendez-vous tout seul ? Je vous
rappelle dès que je peux. Enfin, je reviens dès que je peux.
Ah oui,
quand même.
Il n'y a pas les mains mortes.
Ah non, non, celle-là est intacte.
C'est un effet déchiré.
Pardon.
Bon, vous avez porté plainte ? La police pense que c'est Adjaki qui cherchait de
l'argent.
Apparemment, il n'a rien trouvé, donc il se serait vengé sur tout ce qui lui
tombait sous la main.
La porte a été fracturée, visiblement tout colle.
Sauf pour vous.
Cette collection, c'est des mois de travail.
Je devais la présenter dans deux semaines.
Il y a beaucoup de gens qui attendaient de voir ce que j'avais dans le ventre.
Maintenant, il n'y a plus rien.
Et vous avez une idée de qui a pu faire ça ? Franck, mon ex-mari, évidemment.
J'ai jamais dit ça.
Moi, chérie, tu penses tellement fort que le monde entier l'entend.
Raphaël Ahos pour Must.
Je suis l'associée de Leïla.
Vous êtes le détective ? Oui, Philippe Roche. Enchanté.
Vous évoquiez votre ex-mari ? Oui, Franck. Je me suis séparée de lui il y a
six mois.
Bon, après douze ans de vie commune et deux enfants, je peux pas dire qu'il l
'ait pris avec un enthousiasme débordant.
Enfin, de là à se venger de cette façon... Et pourquoi vous l'avez quitté
? Pourquoi ? Pour qui ?
Eh bien, la jalousie.
C'est pas hyper original comme mobile, mais ça a fait ses preuves.
On pourrait parler aussi d'Alice.
Tu sais très bien qu'elle aurait jamais fait ça. Pourquoi ? Elle t'aime
toujours. Écoute, je t'ai dit 50 fois qu'on a juste pris un verre ensemble.
Point.
Excusez-moi, qui est Alice ? C'est elle.
C'était les gérées de notre première collection.
Et accessoirement, sa compagne pendant 4 ans. Elle me déteste.
Si vous avez pris sa place.
C'était fini entre moi et Alice quand ça a commencé entre nous.
Alors oui, on s'est frittés quand on s'est quittés.
Mais maintenant, tout va très bien.
En plus, elle a signé un super contrat chez Guéret. Où ça ? La grande maison de
couture. Ah d'accord, parce que moi, je voyais le village dans la creuse. Du
coup, je me suis dit, qu'est-ce qu'elle fait ? Bref.
Elle est passée à autre chose, et moi aussi.
Bon, si on se résume, votre atelier a été saccagé, la police pense que c'est
un junkie. Vous, vous pensez que c'est son ex, et vous, vous pensez que c'est
son ex.
Super, c'est parti.
Pourquoi tu m'as pas dit que vous l'aviez retrouvé ? J'attendais d'être
sûr de le rapatrier vivant.
Il a atterri hier soir et on l'a transporté directement ici.
Donc les informations données par Anna Roche étaient bonnes ? Oui.
On l'a trouvé dans la zone qu'elle avait indiquée.
Sans elle, Alex ne se serait jamais retrouvé sur un lit d'hôpital.
Anna Roche était manipulée par les rebelles et Alex a choisi ce métier en
connaissant les risques.
Il était très agité, ils lui ont mis son sédatif pour le calmer.
Il faut attendre.
Tu as parlé à ton associé ? J'ai essayé.
Avec Philippe, c'est compliqué.
J'attends le bon moment.
Nora, il n'y aura pas de bon moment.
S'il apprend la vérité par Anna, il ne te pardonnera pas.
Elle ne m'a vu qu'à la DGSE.
Elle ne sait pas que je suis l'associée de Philippe. Pas encore.
Là, ce qui se joue, c'est une affaire de cœur, une affaire de confiance. On n'est
pas sur une affaire de Cambriolet-Escassi. Non, je ne pense pas
du tout que ça soit une histoire de Cambriolet-Escassi.
Désolée, je suis en retard.
Mais je vous en prie, j'en étais à mon intro.
Eh bien, poursuivez.
Alors, qu'est-ce que je disais ? Alors, Leila Zineb, jeune créatrice de talent,
remarquée dès ses premières créations, à la fois, je cite, intemporelle et
résolument moderne. C'est hyper beau ce qu'elle fait. C'est la première qui a...
Oui, absolument.
Donc, elle a très vite monté sa propre marque, Lazy.
Leila Zineb, Lazy en anglais. Merci, Santo.
Avec l'aide de Rafaela Weister... Comment ? Weisbergmeister, c'est suisse
-allemand. Rafaela, donc.
Ex-dircom d'une grande marque de prêt-à-porter.
Elle a mis tout son argent dans la création de cette boîte avec Leïla. Leur
première collection a été un immense succès. La deuxième, celle qui a été
saccagée, devait confirmer leur ascension.
Nos suspects ? S'il vous plaît.
Franck Weister... Non mais laisse tomber les noms de famille.
Donc, l'ex-mari de Rafaela, PDG de Digitech, société de services
informatiques. Depuis leur rupture, il a repris le sport. On peut le trouver tous
les jours, à la même salle, à l'heure du déjeuner.
Alice Fox, l'ex de Leila, mannequin, célibataire, 1m80, 55 kilos.
90, 60, 80... Ah oui, ça va, on a compris, c'est un mannequin.
D'après son agent, elle a un shooting aujourd'hui. Et j'imagine que vous y
serez aussi ? Je sais pas, faut que je voie avec mon planning, mais a priori,
oui.
Bon, ben voilà, des questions ? Non ? Bon ben c'est parti.
Oui, maître.
Oui, non, non, allez-y, je vous écoute.
Pardon ? Vous plaisantez ? Je lui ai déjà laissé la porte.
Ça, plus la pension alimentaire, ça va aller, vous croyez pas, non ? Ouais,
bah, expliquez-lui.
Écoutez, c'est elle qui veut divorcer, moi j'ai rien demandé.
D'accord.
Ok, j'attends vos nouvelles.
Au revoir.
Elle me croira pas, ça.
Divorce compliqué ? Il est parti comme ça du jour au lendemain, j'ai rien vu
venir.
Bienvenue au club.
Ah bon ? Deux ans de mariage, et hop, ça a terminé.
Dix ans, moi.
Vous savez quoi ? C'est la meilleure chose qui me soit arrivée.
C'est-à-dire ? C'était un électrochoc.
Sinon, il était pas rendu compte, mais... Des types comme vous et moi, on
plaît vachement aux gamines de 25 ans. Non, non, c'est... C'est fou ! C'est pas
un peu la crise de la quarantaine, ça ?
Ah, je sais pas comment ça s'appelle.
Regardez, hein ? Ça vaut le coup d'être vécu, non ?
Merci.
Je vous en prie.
Alors, dites-moi tout.
Bon, eh bien, c'est à propos d'Antoine.
Antoine Merkel, mon compagnon.
On s'est rencontrés il y a un an lors d'un colloque sur les cultures
biodynamiques dans les pays en voie de développement.
Depuis, on s'est, pour ainsi dire, quittés.
Enfin, façon de parler, parce qu'entre mes recherches, ces voyages... Vous
faites quoi ? Je suis chercheuse en biologie.
Antoine, lui, travaille au sein d'un groupe de réflexion sur les questions
environnementales, ce qui fait qu'il est souvent en déplacement.
Mais quand il est à Paris, il dort chez moi.
Alors, il y a trois mois, je lui ai proposé qu'on se prenne un appartement
ensemble.
Il a dit qu'il allait voir que c'était peut-être un peu prématuré.
À peur de l'engagement ? Ou autre chose.
Vous pensez à une autre femme ? Je sens qu'il me cache quelque chose.
Je voudrais juste que vous m'aidiez à savoir quoi.
Excuse-moi.
Une urgence ?
Non.
Enfin, oui.
Ma femme doit accoucher incessamment sous peu.
Dans une heure, une journée.
Enfin, ça fait une semaine.
Alice, ma chérie, l'autre profil. Voilà, super.
Pense-toi un petit peu vers moi.
Alice, mon chou, t'es splendide. Voilà, souris.
Souris-moi.
Ouais, super.
Impeccable. Bon, ben, moi, j'ai ce qu'il me faut. On va changer de costume ?
Génial. Salut.
Eric Puchu, la pérade du magazine New Urban Vibes.
Tu sais, l'article sur les nouveaux visages de la mode. Eh oui, je suis
désolée, mon dos enchaîné, là.
Ne te soucie pas, je t'accompagne.
Je t'en prie, vas-y.
C'est petit.
Je ne sais pas, c'est petit.
Je ne t'ai pas entendu. Lui, c'est Puchu la ferrade de Yovan Paris-Psyllon.
Je voulais revenir sur ta collaboration avec Léla Zineb.
Pardon.
Rarement un mannequin aura eu autant d'influence sur une jeune créatrice.
Ça a été une collaboration géniale. Une très belle histoire.
Qui s'est arrêtée lorsqu'elle s'est associée avec Rafaela à Val-Saint
-Mastin. C'est moi qui suis partie.
Dans le fond, Lila, ce dont elle a besoin, c'est d'une maman. Et Rafaela
est parfaite pour ça.
Mais on est restés en très bon terme avec Lila.
Génial. Peut-être même qu'on pourra re-bosser un jour ensemble.
Génial, génial. T'as vu ce qui est arrivé à sa dernière collection, là ?
Coup dur, hein ? Mais Lila est une battante, elle va rebondir.
Mais l'article, c'est sur moi ou sur elle ? Parce que si vous voulez, je vous
file son numéro, ça ira plus vite.
Non, en fait, c'est sur toi, clairement.
Ouais. Alors, on reprend.
Les trois basiques de ta garde-robe. Jeans, basket, petit top.
Comme moi.
C'est génial.
Non, elle déteste clairement Raphaël.
Du coup, ça remet la jalousie comme mobile.
C'est délicieux.
Moi, je suis à la pénis, là.
Vous ne voulez pas venir ? Ce soir, c'est cannelloni.
Bon.
N'évitez pas.
Tu te régales, Hugo ? Tout va bien ? Tout va bien.
Ça fait tout seul ? C'est quoi ? C'est du poivre.
Cette nouvelle place, ça va, ton nouveau travail ? C'est cool.
Au moins, je risque pas de foutre le bordel dans la vie des gens.
Faut faire gaffe, quand même.
Un café trop serré, un fuit de bière éventré, faut faire attention.
Et puisque personne n'en parle...
Comment va Anna ? Ça va.
Aussi bien que ça puisse aller.
Et si on l'invitait dimanche prochain ? Ah ouais, ça serait trop bien, non ? On
ne trouve pas que c'est un peu tôt, non ? Après tout, pourquoi pas ? Elle fait
partie de la famille pendant 20 ans. Jusqu'à ce qu'elle se barre sans donner
de nouvelles.
Oui, alors ça, c'est plutôt à mettre dans la colonne des mois, effectivement.
C'est une contraction.
Mais non.
J'ai trop mangé, moi.
En fait, c'était comment avec la cliente ce matin ? Ah... Soupçon d'adultère,
rien de spécial.
Vous savez que la première cause d'adultère chez les hommes, c'est la
grossesse de leur femme.
Ah bon ? Bah là, elle est pas enceinte, tu vois.
Mais si je menais l'enquête avec toi ? Quoi ? Mais non, je dis pas ça pour te
surveiller. Je sais que tu me tromperas jamais, t'es bête.
Non, non, mais moi, j'ai envie de bouger, là. Je m'ennuie. Il faut que je
bouge, puis ça peut être marrant, non ? Non.
Qu'est-ce qu'ils font ? Loémie a dit qu'il partait ce matin. Son avion est
dans trois heures.
Sois patient.
Oui, ça fait neuf mois que je suis patiente.
Tu comptes aller au squash ? Ah non ! C'est au cas où tu accouches dans la
voiture.
Comprès stérile, couverture de survie, et j'ai même la pince pour couper le
cordon. Et j'ai même des chewing-gums.
Et les chewing-gums, c'est pour quoi ? Bah t'aimes bien ça, non ? Oh, j'ai ri.
C'est pas lui, là ?
Cinture.
Si, tu vas le perdre.
Le secret d'une bonne filature, c'est...
La priorité.
Tu viens de griller une priorité. Mais j'avais vu.
Non, tu regardais devant.
Tu vas être comme ça tout le temps ? Pardon, excuse-moi.
Vas-y, le secret d'une bonne fellature, c'est ? C'est de ne pas être trop près,
sinon tu vas te faire repérer. Ne pas être trop loin, sinon tu vas le perdre.
Agrobiotique.
Il bosse ici ? Non, à moins qu'Agrobiotics soit le nouveau nom du
cercle européen de prospection environnementale.
Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Ben, on attend.
Encore ? Ben ouais.
C'est tout ? Oui.
C'est pas vrai, super, super. Non mais si c'est pour ça, moi j'aurais pu rester
à la maison en fait, c'était pareil.
Je t'entends souffler.
J'y arrive plus.
J'y arrive plus du tout.
Raphaël a beau misère d'essayer d'oublier de reprendre le travail.
Il y a quand même un truc bizarre.
Ils étaient là, vos voisins, le soir de l'effraction ? Normalement, ils sont
dans le sud.
Parce que je suis un junkie en manque à la recherche d'un petit billet.
Je m'attaque à quoi ? À la fenêtre sans barreau ou à votre porte blindée ?
Alors ça, c'est marrant parce que j'ai ramené quasiment la même de
Thaïlande. Alors ça, c'est un vieux truc que ma mère m'a rapporté.
Elle a dû le trouver dans une boutique, vous savez, le truc nature machin.
Bon, ben, j'y vais, moi.
Vous me raccompagnez ? La porte est ouverte.
Non, parce que je voulais vous montrer un truc.
Il y a une caméra dans votre bouddha.
Quoi ? Oui, il y a une caméra dans votre bouddha.
Vous êtes sûr ? Oui.
Ça fait des années que je l'ai, ce truc.
Quelqu'un aura trouvé la même chaînature machin, il y aura incrusté une caméra,
elle se sera introduit chez vous pour le changer.
Il n'est plus ni connu.
Mais qu'est-ce que je fais ? Rien.
Vous faites exactement ce que vous faites d'habitude.
Même si je me sens observée ? Vous voyez ça comme une bonne nouvelle.
Un junkie fait rarement de la vidéosurveillance avant une effraction.
Bonne journée ! Bonne journée.
Yes !
Mais pourquoi placer une caméra à l'atelier si le but c'est juste de venir
le saccager ? Bonne question.
En tout cas, s'il y a une caméra, c'est qu'il y a des images. Donc j'aimerais
bien savoir qui les a et ce qu'il y a dessus.
J'ai vérifié.
Alice Fox était en shooting à Londres au moment du saccage de l'atelier.
Elle a pu engager quelqu'un.
En revanche, Frank Weissmeister était là. Mais il assistait à un concert en
compagnie d'une jeune femme recrutée sur un site d'accompagnement pour gentlemen.
L'escorte ? Voilà.
Alors il faut vérifier leur compte bancaire pour voir s'il n'y a pas des
retraits ou des paiements inhabituels.
C'est pas vraiment légal ça.
Pas vraiment.
Je vais voir ce que je peux faire.
La caméra, c'était du matériel professionnel ? Ah bah là madame, je
dirais qu'on est sur un produit d'entrée de gamme, offrant néanmoins des qualités
semi-professionnelles pour un prix tout à fait abordable.
On va donner ce brouilleur d'ondes à Léla pour qu'elle le pose chez elle. Il
n'interrompt pas la transmission, mais il simule parfaitement des parasites.
Celui ou celle qui a posé la caméra viendra vérifier son installation.
Et on le ou la coince.
Presque trop facile.
Mais qu'est-ce qu'il fout ? C'est long, il est peut-être en réunion.
Dis, tu veux pas me trouver un truc à manger ? Hein ? Ben où ? Je sais pas, tu
vas bien trouver une cafette ou un distributeur, là.
Moi, je sens que j'ai l'hypoglycémie qui monte, là.
Merci, chérie, t'es gentille.
Mais qu'est-ce qu'il faut dans celui-là ? Merde ! Merde !
Mais
qu'il est bête ! Bon allez, d'accord.
C'est moi. C'est moi.
C'est moi.
C'est moi. C'est moi. C'est moi. C'est moi.
C'est moi.
C'est moi. C'est moi. C'est moi. C'est moi. C'est moi. C'est moi. C'est moi. C
'est moi. C'est moi.
C'est moi.
C'est moi.
C'est moi.
C'est moi.
Fire... Oh putain !
Salut.
Qu'est-ce que tu veux ? Euh... Un café ?
C'est bien cet endroit, c'est beau.
Ça doit être bien pour toi d'avoir la vie à toi.
Prendre un peu de distance avec la famille. Tu sais rien de ma vie, tu sais
rien de la famille, alors arrête.
Le café, c'est 2 euros.
Salut, mon ! Ah, mon chéri.
Ça va ? T'es prêt pour notre grande journée ? Trop ! Il a déjà prévu tout le
programme. Essaye de pas le ramener trop tard, il y a des devoirs.
Ok.
Elle vient.
Tout à l'heure ! Alors ? Ça s'est bien passé ? Super.
Vous pouvez pas vous retrouver ailleurs.
Elle voulait te voir, c'est normal, non ? Bah écoutez, elle a des photos, ça lui
a bien suffi pendant deux ans, non ?
Oh là là, mon pauvre, mais t'es tout mouillé.
Oui, je sais, je sais, je sais, mais tu vas être très fier de moi.
Parce que c'est pas parti pour.
Vas-y.
Alors ? Monsieur, je t'ai jamais su. Oui, ben non, je sais pas.
Antoine Merkel s'appelle en fait Antoine Fayard.
Il habite dans un immeuble sublime à Paris.
C'est qui cette Julie Fayard ? Devine.
Sa femme.
Je les ai vues ensemble.
Noémie avait raison, il a bien une maîtresse, mais la maîtresse, c'est
elle.
Alors, tu vois ? T'es fier de moi ? Attends, tu m'en mets pas tout là,
Delos.
Ça va ? Oui.
Enfin, c'est un peu compliqué avec Anna.
Surtout pour les enfants.
Je sais même pas si elle est là pour rester ou pas.
Je sais rien.
C'est forcément lui. On y va ? Philippe, il s'en va, là ! Je
vous ai déjà dit non. Chut, je le connais.
Il a bossé pour mon père avant que je n'arrive à l'agence.
Il avait un sens de la déontologie très personnel, mon père l'a viré.
Vous voulez dire que c'est un... C'est un détective, ouais.
Salut ! Salut.
Et alors, c'était bien ? Ouais, ouais.
Ouais ?
Qu'est-ce que vous avez fait ? On est allé au McDo, puis au ciné,
à la salle de jeux vidéo et on a acheté un DVD.
Ah ouais, ça va, t'as pas du tout abusé de la situation.
Sinon, c'était bien de passer du temps avec maman ? Ouais, mais elle était
triste.
Ah bon ? Pourquoi tu dis ça ? Hein, gros ?
Hugo ! Pourquoi tu dis ça ? Non, j'étais en train de se courir ! Oui, mais c'est
maman qui t'a dit qu'elle était triste.
Non, mais ça se voit.
De temps en temps, elle m'embrasse et après, elle a les larmes aux yeux.
Bonjour.
Vous savez que selon la façon dont quelqu'un sonne à la porte, je peux
mesurer son état de stress ou de désespoir.
Entrez, je vous en prie.
Thierry Dublin.
Chantez.
Vos problèmes, j'en fais mon affaire.
Entrez. Oui, j'ai lu votre annonce sur Internet.
Essayez-vous, je vous en prie.
Dites-moi.
C'est au sujet de mon frère. Pardon.
Olivier.
Oui, alors, mes parents ont pas réussi à avoir de deuxième enfant, alors ils ont
adopté.
Ça fait six mois qu'il est plus le même.
Bien sûr, il est très préoccupé par ses études, mais... Mon père est passé chez
lui, à l'improviste.
Et il a trouvé de la drogue.
Du shit, visiblement.
Mais Olivier a un nouvel ordinateur, un nouveau portable, alors qu'il travaille
même pas. Vous pensez qu'il deal ? Ça, c'est l'adresse du café où il traîne
tout le temps, soi-disant pour ses études.
C'est peut-être juste un malentendu. Ne vous inquiétez pas, je vais tirer ça au
clair.
Donc, vous m'appelez dès que vous avez du nouveau ? Bien sûr.
Merci.
Excusez-moi ?
Juste un point de détail à régler.
Mais un horaire.
Alors, ça s'est bien passé ? Il va sérieusement falloir revoir nos tarifs.
Pourquoi ? Sinon, oui, il a tout gobé.
Vous prévenez Santo ? D'accord.
Mais il est vraiment beaucoup plus cher que nous ? Rien à voir.
On veut ?
Tu bouffes encore ? Oh putain ! C'est une contraction ? Non, non, toujours
pas, mais écoute ça.
Agrobiotique, c'est depuis 1922 le leader mondial des engrais et pesticides
de fabrication française.
Ça va pas plaire à Noémie, ça.
Ce qui va lui plaire encore moins, c'est ça.
Son PDG est un certain Antoine Fayard, successeur de son père Armand Fayard.
C'est pour ça qu'elle a pas donné son vrai nom à Noémie.
C'est sûr.
Il a pris une nouvelle identité pour séduire la petite chercheuse écolo.
Et accessoirement, être certain de ne pas se faire choper par sa femme. Il est
fort, hein. Double bonus.
Allez, viens, on va faire des photos.
Attends, non, s'il te plaît, là, j'ai les cheveux sales. Et puis, je me sens
pas, je me... Non, mais pas de nous ! D'Antoine Machin, sa femme, son appart,
tout. Il faut étayer le dossier de Noémie.
Eh ben, dis-le ! Allez, allez, allez.
Oui, tu peux m'aider, tu penses, hein.
Excuse-moi.
Ouais, bah, allez.
Donc vous comptez délocaliser l'agence ici, c'est ça ? Bah ça permet de garder
le contact, non ? Je pourrais avoir du sucre, s'il te plaît ? Ah
ouais, non mais sans sucre c'est mieux aussi.
Bonjour monsieur.
Bonjour.
Café, s'il vous plaît ? Tenez.
Merci.
Au revoir, monsieur. Merci.
Allô ? Oui, Santo. Vous pouvez rentrer à l'agence, c'est terminé.
Quoi ? C'est mort.
J'étais quand même super crédible, non ?
Super
votre infiltration.
Je vois vraiment pas ce qui a pu me trahir.
Les détails.
Ça n'a jamais été son fort à Dublin.
Je comprends pas. J'ai trouvé dans son poids-crayon.
Digitech ? La société de Franck Weiss-Burmeister.
Le mari de Rafaela Weiss-Burmeister.
Bien ! Vous venez de dire son nom deux fois.
Ah ouais ? Ce serait lui le client de Dublin ? Mon Rafa est là.
Mais ça mérite de refaire une petite visite à votre ami sportif.
Bonjour. En fait, là, aujourd'hui, si vous pouviez, c'est tendu. Si, là-haut,
là ? Ouais, ouais.
Pardon, je me suis pas présenté l'autre jour.
Philippe Roche, de la chambre de contrôle des agents de recherche privée.
Quoi ? Nous savons que vous avez fait appel à un détective, Thierry Dublin.
Vous étiez à la salle pour me surveiller l'autre jour.
Il se trouve que Thierry Dublin utilise des méthodes de surveillance
sanctionnées par la loi.
Typiquement le genre de mouton noir que notre profession veut écarter, vous
voyez. Ouais, mais ça me croit sympa.
Ah bah jusqu'à ce qu'il vous réclame une rallonge pour ne pas dire à votre ex que
vous la faites surveiller.
Alors ça peut aller de 5 à 10 000 euros selon les moyens du client, vous voyez.
Qu'est-ce que vous voulez ? Les images filmées illégalement dans l'atelier de
Lella Zineb.
Et celles du saccage aussi. Ouais, on voit pas qui c'est.
Mais évidemment, vous saviez qu'il y avait une caméra.
Alors vous avez tout fait pour lui tourner le dos. Pardon ? Attendez, là
vous êtes malade là, hein ? Vous me prenez pour qui ? Pour un type qui fait
espionner son ex.
Et qui a mal digéré la séparation. Ouais, bah elle m'a quitté. Du jour au
lendemain. Pour une femme en plus.
Je suis sûr que cette Leila n'est avec elle que pour son fric.
Alors moi je voulais lui en donner la preuve.
D'accord ? Et ben voilà, un massage relaxant pour monsieur.
Et puis vous voyez bien, les chakras, il en a besoin.
Mais il faut rentrer là si on veut prendre des photos, non ? Trop de
passages là.
Ça va ? Oh non, moi, il faut que je me dégondisse les jambes. Non, non, non,
non, non, non, non.
Non, mais tu vas tout faire.
Non,
tu reviens, tu reviens.
Non, non, non, mais qu'est-ce que tu vas faire ? Vous avez
des contractions, là ? Je crois que... Ça va pas ? Oui, non, ça va pas du tout.
Attendez. Non, restez pas là.
Venez, venez, venez. Je vous remercie, mademoiselle.
Je viens, alors du coup...
Tenez.
Merci, c'est gentil.
J'ai de la pétillante, si vous préférez. Non, non, ça ira très bien, merci.
Ça va mieux ? Beaucoup mieux, merci.
Vous m'avez fait peur.
Oui, moi aussi.
Alors, on ne s'est pas présentées.
Je suis Isabelle Roche.
Julie Fayard.
Enchantée.
Vous avez un super appartement.
Oui, il est pas mal.
Vous habitez dans le quartier ? Oui.
Non. Enfin, un peu plus loin, par là-bas.
Je ne vais pas vous déranger.
Votre mari est peut-être là. Ou là, non.
Celui-là, moins je le vois, mieux je me porte.
Et vous vous portez ? Remarquez, je savais que je faisais une connerie en l
'épousant.
Une connerie ? Trois mois après le mariage, il me trompait déjà.
Quel enfoiré.
Heureusement qu'Antoine était là.
Antoine ? Mon frère.
C'est chez lui, ici.
Je suis venue m'installer le temps que le divorce soit prononcé.
Eh ben oui.
Merde, merde, merde, merde, merde.
Vous savez que vous devriez faire psy.
Parce que vous êtes doué pour faire parler les gens.
Il paraît.
Répond.
Je ne réponds pas. Bonjour, vous êtes bien sur la message. L'édit s'appelle
Duchesne. Non, je ne suis pas en train d'accoucher. Vous pouvez laisser un
message. Je vous rappellerai.
Au revoir.
L'édit sort, sort, sort, sort, sort, sort, sort.
Bonjour.
Tu hurles d'abord ou je te raconte direct ?
Si
c'est Hugo ou papa que tu cherches, ils sont pas là.
Non, c'est toi.
Ce serait bien qu'on se parle, Xenia. J'ai rien à te dire.
Bah moi, si.
Je suis vraiment désolée pour tout ce qui s'est passé, mais je...
Je sais que je suis loin d'être la mère idéale. T'es loin d'être la mère idéale.
Arrête, t'es carrément sur une autre planète.
Mais je reste ta mère, que ça te convienne ou pas.
Toi, tu resteras toujours ma fille.
Où que je sois, quoi qu'il se passe.
Et je suis hyper fière de toi.
Mais je suis serveuse.
Mais t'assumes tes choix.
Pourquoi tu t'es barrée ?
Parce que j'ai tout fait.
Le quotidien, le confort... Je trouvais pas ma place.
Je passais mon temps à penser à tous ces petits enfants qui avaient besoin de
moi. Moi aussi, j'avais besoin de toi.
Et je vous aime.
Tous les deux. Très fort.
Ne me demande pas d'être quelqu'un d'autre.
Mademoiselle ? Faut que j'aille bosser.
Vous voulez pas qu'on se commande un truc, là ? Parce qu'on va y passer la
soirée.
Pizza, chinois... Vraiment ? C'est votre façon d'emballer, ça ? Une vidéo de
surveillance et un plat réchauffé ? Bière et chips, hein, si vous préférez.
Après.
On a épluché les images du saccage, mais y a rien à en tirer.
On y voit un homme masqué, mais pas identifiable.
En revanche, quelques jours plus tôt, la caméra a enregistré une conversation
très intéressante quand Alice est venue vous rendre visite.
Vous êtes vue ici ? Ici ou ailleurs, qu'est-ce que ça peut faire ? Chut, ça
commence. Mais c'est pas trop dur d'être toute seule comme ça ? Je suis pas
seule. Tu sais très bien ce que je veux dire.
C'est beaucoup de pression, je te l'accorde.
Mais Raphaël a beaucoup m'investi, j'ai pas envie de la décevoir.
L'offre de Gary tient toujours, tu le sais ?
Ils seraient ravis de t'accueillir. Et moi, j'ai pas envie de leur argent.
Je comprends.
Tu te donnes à fond pour Léisy.
C'est ton bébé.
Au moindre coup de vent, paf, tout peut s'évendrer, tu le sais.
C'est maintenant, Léila. Moi, ma chance, je l'ai saisie.
Laisse pas passer la tienne.
Enfin, je comprends pas, ça prouve quoi ? À part qu'Alice a vu l'aïe-aïe d
'Alain. L'empressement d'Alice à vous faire rejoindre Guéré nous a paru
suspect.
On lui a reparlé ce matin.
Elle nous a confirmé avoir vu un type de la com de chez Guéret qui lui a demandé
de tester votre état d'esprit au sujet d'un rachat.
Et son compte-rendu était très clair.
Au moindre faux pas, elle craque.
Il ne nous restait plus qu'à orchestrer ce faux pas en saccageant votre atelier.
Je ne serais pas étonnée s'il vous faisait une nouvelle proposition de
rachat d'ici quelques jours.
On n'acceptera pas. On va porter plainte, oui.
Mais non, on s'en fout.
Ça veut dire que Guéret veut nous écraser. On leur fait peur.
Ce qui serait bien et ce qui serait intelligent, il doit y avoir un moyen de
présenter quelque chose.
Peut-être pas une collection, mais tu vois, avec les quelques pièces qui nous
restent, plus celles qu'on a perdues, on pourrait faire, je sais pas, une sorte
de teasing.
T'es pas d'accord ? Tu veux en rester là ? Attends, c'est pas toi qui me disais
qu'il fallait aller de l'avant ? Hein ? T'as raison.
En fait ?
Il vit ici ? Oui.
Mais avec sa sœur.
Je veux dire, c'est toujours mieux que si c'était avec sa femme.
Pourquoi tu m'as menti sur toi, sur ton engagement écologique, sur tout ça ? C
'est parce que je t'aime.
Franchement, t'aurais accepté de dîner avec moi si je t'avais dit qui j'étais ?
Certainement pas. Bon ben voilà.
Bah tu vois, rien que pour ça je regrette pas ce mensonge.
Je suis désolé mais la vie que je veux c'est celle qu'on a ensemble, c'est...
Mais alors quoi ? Tu vas lâcher les engrais et reprendre un magasin bio
? C'est plus compliqué.
Marc ! Voiture ! Maintenant ! On y va.
Tu sais, c'est pas parce que t'as perdu les os que la dilatation du corps a
commencé.
Et puis tu sais, il y a des femmes qui attendent jusqu'à 24 heures avant d
'accoucher. Et puis après, il y aura la péridurale, et puis sinon, ils
déclenchent. Est-ce que tu veux que j'appelle ta mère ? Oh Marc ! Tais-toi
et fonce ! Oui.
C'est d'abord Marc.
Le petit Lucien est né.
Lucien ? C'est un nom de garçon.
C'est pour ça qu'ils l'ont choisi, ouais.
T'es un petit cousin, finalement.
Bon, alors c'est quoi que t'avais à nous dire ? Mais on n'attend pas Ksenia ? Je
voulais
vous
dire... que... que je vais repartir.
Pour une mission avec une ONG.
Mais je vous jure, je vous promets que cette fois, ce ne sera pas comme la
dernière fois.
On va se parler, on va se téléphoner, on va se donner des nouvelles.
Vous allez me raconter ce que vous faites.
Puis moi aussi, je vais vous raconter.
Puis on va penser, on va penser beaucoup, beaucoup, beaucoup les uns aux
autres.
Je vous fais hyper confiance, vous êtes grands.
Salut ! Personne qui bosse dans cette boîte.
C'est Santo qui m'a ouvert et il est reparti.
Café ? Ouais.
Merci. J'ai essayé, tu sais, Philippe.
Je vous aime.
Je suis vraiment désolée de vous faire ça.
À tous, à toi, aux enfants.
Vraiment.
Je me souviens très bien que la première fois que je t'ai vue, je me suis dit,
elle, c'est les emmerdes assurées.
Là-dessus, je crois que j'étais au-delà de toutes tes espérances.
Un quart d'heure avant de trouver une place.
Mais qu'est-ce que vous faites ici ? Nora Abadie, mon... Vous connaissez ?
Elle fait partie de la DGSE, c'est elle qui m'a interrogée.
Vous êtes bien foutue de ma gueule. Je fais plus partie de la DGSE.
Mais on n'en sort jamais vraiment. Alors quand ils m'ont proposé de m'associer
à... Comment vous avez pu me faire ça ? Mon ancien équipier venait de se faire
enlever. Anna a été la dernière personne à l'avoir vue vivante. Il fallait
absolument qu'on la trouve.
Et après, avec vous, les choses...
C'était pas censé se passer comme ça. Comme quoi ? J'ai essayé de vous le
dire. Oui, le... Philippe, il faut qu'on parle.
Je suis désolée.
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