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Original subtitles

Générique

Je suis encore bon.

Qu'est-ce que c'est que ça ? Un vieux copain.

J'ai fouillé dans un placard et il attendait dans un coin.

Il est superbe, Paul.

Il a de la classe.

Je me rappelle avoir trimballé dedans mon premier manuscrit pour faire la

tournée des maisons d'édition.

J'étais encore un écrivain.

Tu es toujours un écrivain.

Je ne le suis plus depuis que j'ai choisi de faire du fric avec Misery.

C'est pas un mauvais business.

Et qu'il y a encore de beaux jours devant lui.

L'enfant de misérie a atteint dès le premier tirage un million d'exemplaires.

C'est ton record absolu.

Marcia, s'il te plaît.

Misery Chastain a payé l'orthodontiste de ta fille, ses études dans les

meilleures écoles, tes deux maisons et ta loge à l'année dans les tournois de

basket. Et tu lui es si reconnaissant que tu l'as tué.

Je ne me suis jamais engagé à ne publier que ça.

Ou je la laisse tomber avec ce bouquin, ou je suis condamné à faire ça toute ma

vie.

Non, je vais partir dans le Colorado pour essayer de finir mon nouveau livre.

Et si tout se passe bien...

J'aurais peut-être enfin droit à une belle épitaphe sur ma tombe.

Je suis votre plus fervente admiratrice.

Vous n'avez aucune crainte.

Ça va aller mieux.

Je vais bien m'occuper de vous.

Je suis votre plus fervente admiratrice.

Vous

êtes juste

à la sortie de Silver Creek.

Ça va faire deux jours pleins.

Ça va mieux déjà.

Moi, je m'appelle Annie Wilkes. Oui,

c'est bien.

Et infirmière aussi.

Tenez, avalez ça.

Tenez.

Qu'est-ce que c'est ? Des gélules de Novril, contre la douleur.

Merci.

Je suis pas à l'hôpital.

Le blizzard était trop fort, ça aurait été trop risqué de vous y conduire.

J'ai essayé de les appeler, mais toutes les lignes sont coupées.

Vous ne devez pas bouger.

Il faut vous reposer.

Vous avez failli mourir.

On ouvre la bouche.

Vos jambes grincent de partout quand vous essayez de les bouger.

Ces douleurs vont passer, Paul.

Je vous le promets.

Est-ce que je serai capable de marcher ? Mais oui, bien sûr.

Et votre bras, c'est pas grave du tout.

Vous vous étiez quand même fait une jolie luxation.

Je dois dire que j'ai eu un peu de mal, mais je l'ai renfoncé au maximum.

Mais c'est pour vos jambes que je suis surtout contente de moi.

Avec les moyens du bord, je crois qu'aucun médecin n'aurait pu faire

mieux.

Oui, c'est très impressionnant, mais c'est tout.

Vous avez des fractures multiples aux deux tibias et au péronné de la jambe

droite.

Je sentais les morceaux d'os craquer sous la peau, alors il faut absolument

garder les jambes immobiles.

Et dès que les routes ouvriront, je vous conduirai à l'hôpital.

Mais en attendant, il va falloir reprendre des forces et guérir.

Et je considère que c'est un honneur que cette guérison se passe chez moi.

Ici Marcia Sindel, je vous appelle de New York.

Est-ce qu'il serait possible d'avoir le chef de la police de Silver Creek ou le

shérif ? Et quel des deux préférez-vous ? Celui qui est le moins occupé.

Je peux vous dire qu'aucun des deux n'est très occupé, Madame Sindel, car je

fais fonction des deux.

Je précise également que je suis président de l'association d'entraide de

la police, président de la caisse d'entraide des gardes forestiers. Et si

c'est la pêche qui vous intéresse, il n'y a pas meilleur guide dans toute la

région. Appelez-moi Buster, comme tout le monde ici.

Voilà, je suis agent littéraire et... Excusez-moi, c'est peut-être un peu

ridicule, mais... Je crains qu'un de mes clients, Paul Sheldon, ait eu des

ennuis, mais je n'ai aucun élément.

Comment ça, Paul Sheldon, l'écrivain ? C'est votre client, alors ? Oui, oui, c

'est ça.

Tout le monde ici adore les aventures de Miseret ? Oui.

Vous devez savoir que Paul vient depuis des années au chalet de Silver Creek

pour acheter ses livres.

D'après ce qu'on m'a dit, il est déjà là-bas depuis six semaines.

Je viens d'appeler il y a quelques instants et il a quitté l'échalette

depuis mardi dernier.

Est-ce que ce n'est pas un peu étrange ? Je ne sais pas. Est-ce qu'il a l

'habitude de vous prévenir chaque fois qu'il quitte un hôtel ? Non, bien sûr

que non.

Seulement, je suis inquiète parce que sa fille n'a aucune nouvelle non plus. Et

lorsqu'un de ses livres sort en librairie, on s'arrange toujours pour

rester en contact.

Comme il l'a donné aux 15 signes de vie, j'ai préféré... Oui, je comprends. Vous

voulez qu'on fasse des recherches ? Écoutez, je suis très embarrassée.

Je dois vous paraître idiote.

Ah non, un peu mère poule peut-être, mais voilà ce que je vous propose.

Jusqu'à présent, on m'a rien signalé, mais je vais l'introduire tout de suite

dans notre officier.

Et si j'apprends quoi que ce soit, je vous rappelle.

Très aimable à vous, merci infiniment.

Au revoir, madame Sindel.

Comment on a reçu un appel ? Quelle matinée chargée.

Oui, boulot, boulot, boulot.

Virginie, c'était quand le jour du blizzard ?

Je crois que c'était mardi.

Pourquoi ? Ah, pour rien.

Je suppose que c'est un miracle que vous m'ayez trouvé.

Non, ce n'est pas un miracle.

En fait, c'est parce que je vous suivais.

Comment ça, vous me suiviez ? Ce n'était pas un secret pour moi que vous étiez au

chalet de Silver Creek ?

Je suis votre plus fervente admiratrice.

Ça me prenait certains soirs d'aller jusque là-haut. Je restais dehors.

Je m'amusais à regarder votre lumière.

J'essayais d'imaginer ce qui pouvait se passer dans la chambre du plus grand

écrivain du monde. Attendez, vous pouvez répéter, j'ai mal entendu.

Ne bougez pas.

Ça m'embêterait d'esquinter ce coup.

Et l'autre jour, je rentrais chez moi et je vous ai vus sur le point de quitter

le chalet.

Je me suis demandé ce qu'un génie de la littérature allait faire sur la route au

moment où on annonçait une énorme tempête.

J'ignorais totalement qu'il y aura une énorme tempête. Pas moi, heureusement

pour vous.

Et heureusement pour moi, d'ailleurs.

Car j'ai eu la chance de vous sauver.

Et vous écrirez plein de nouveaux livres.

Oh, Paul, j'ai lu tout ce que vous avez écrit.

Les aventures de misérie. Je les connais toutes par cœur.

Les huit volumes.

Oh, je les aime tant.

Vous êtes très gentil. Et vous, vous êtes génial.

Doux comme un bébé.

On y est.

Merci.

Est-ce que le téléphone va être bientôt rétabli ? S'il faut que je joue avec ma

fille, et aussi mon agent à New York leur dire que je ne suis pas encore

mort. À mon avis, ça devrait aller vite.

Dès que les routes rouvriront, pour le téléphone, ce ne sera qu'une question d

'heure. Si vous me donnez leur numéro, j'essaierai de les appeler pour vous.

Merci.

M'accorderez-vous une faveur ?

J'ai vu dans votre serviette qu'il y avait le prochain livre de Paul Sheldon.

Est-ce que vous me permettriez de... Vous voulez le lire ? Si ça ne vous

dérange pas.

Bien pour ce qui est de faire lire mes manuscrits, surtout la première mouture,

j'ai des règles très strictes.

Je ne les montre qu'à mon éditeur, mon agent, et à toutes les personnes qui m

'ont sauvé après un accident dans un ravin.

Alors là, vous n'avez pas idée du plaisir incroyable que vous me faites ?

Mon Dieu, on dirait une horloge, ces élancements qui reviennent à heure fixe.

Je vais chercher votre Novril, Paul. Je vous demande pardon, je vous embête,

quelle bavarde je fais.

Comment s'appelle votre nouveau livre ? Je ne sais pas encore.

Il parle de quoi ? Je n'en sais rien.

Non, toutes ces années, j'ai plus écrit que des... des miséries, alors je sais

vraiment plus où j'en suis avec l'écriture. Mais vous savez quoi ? Vous

le direz, vous me direz de quoi ça parle. Peut-être même que vous me

trouverez un titre.

Comme si j'en étais capable.

Non, Buster, je n'ai rien remarqué d'anormal dans le départ de M.

Sheldon. D'ailleurs, on peut voir ça au champagne.

Ah, ça, c'est toi qui sais, Lévi.

Écoute. Il commande toujours une bouteille de Dom Pérignon quand il est

prêt à partir.

Ensuite, il me régule sa note et il s'en va.

Est-ce qu'il aurait reçu un appel de l'étranger, un télégramme, un colis

express ? Rien qui sorte de l'ordinaire ? Je doute que M.

Sheldon aime les choses qui sortent de l'ordinaire.

Vu sa notoriété, sa personnalité, tout ça, il ne se donne pas des airs. Il

descend de New York avec la même voiture depuis toujours.

Une Ford Mustang de 65.

Il dit que ça l'aide à réfléchir.

Ça a toujours été le client idéal.

Jamais le moindre bruit, jamais une histoire.

J'espère qu'il ne lui est rien arrivé.

Et moi, non.

Je parie qu'au moment où je te parle, il est en train d'arriver à New York.

Ouais.

Je suis sûr que t'es dans le vrai.

Merci, Libby.

Au plaisir.

Je sais que je n'ai lu que 40 pages de votre manuscrit, mais... Mais quoi ?

Non, rien.

Non, non, non.

Qu'est-ce qu'il y a ? Mais non, c'est ridicule.

Au nom de quoi je me permettrais de critiquer quelqu'un comme vous ? Allez

-y, je tiendrai le coup.

C'est brillamment écrit, c'est vrai.

Mais bon, tout ce que vous écrivez est brillamment écrit.

Ça commence assez mal.

Tous ces gros mots, Paul.

Ça y est, je l'ai dit.

Les grossièretés vous embêtent.

Cela est sans noblesse aucune.

Ce sont des gosses des banlieues.

J'étais un gosse comme ça.

Tout le monde dit des grossièretés. C'est pas vrai ! Que croyez-vous que je

dise quand je vais à la graine tricentrale ? Alors, Wally, donne-moi un

paquet de cette nourriture de porc fétide ! Et cinq kilos de ce satané maïs

à bestiaux ! Et à la banque, qu'est-ce que je dis à Madame Bollinger ? Tiens,

voilà une belle pourriture d'un chèque ! Grousse-toi de me filer ton argent,

cacateux ! Attention, regardez ça ! À cause de vous, j'en ai mis partout !

Oh, Paul, je m'excuse.

Je suis absolument désolée.

Oh, non ! Il m'arrive parfois de m'emporter.

Vous voulez bien me pardonner.

Oui, c'est rien.

Je vous aime, Paul.

Votre esprit, votre créativité, c'est ça dont je parle.

Allez, donc, qu'est-ce qu'on s'amuse ?

Virginia,

quand tu es dans cette voiture, tu n'es pas mon épouse, mais mon adjoint.

Il n'en reste pas moins que ton adjoint serait mieux sous la couette avec le

shérif.

Stop. Quoi ?

Tu vois cette rancassée, Virginia ? C'est peut-être le poids de la neige,

non ? Oui, ou c'est peut-être une branche pourrie, ou alors le vent.

Ça peut être des tas de choses.

Est-ce que tu as besoin d'un coup de main?

Non, tu ne vois pas que je m'amuse dans la neige.

Merci.

Tu crois que Paul Sheldon est quelque part là-dessus ? J'espère que non.

Car s'il y est, il est mort.

On va aller faire un tour au journal.

Oh, que je suis vilaine, j'ai fait du bruit.

Non, non, ça va.

Regardez ce que je rapporte.

Le magasin venait de le recevoir, Paul. Il y en avait toute une fournée près de

l'entrée.

Dès que je les ai vus, j'ai sorti mon porte-monnaie, j'ai acheté le premier de

la pile.

Alors, les routes sont ouvertes ? Celle qui va à la ville, oui, mais c'est tout

pour l'instant.

J'ai réussi à avoir l'hôpital et j'ai parlé au chirurgien orthopédiste.

Je lui ai dit qui vous étiez et comment ça s'était passé.

Et il a dit que du moment qu'il n'y avait pas d'infection, vous ne courriez

aucun danger.

Dès que la route vers l'hôpital aura rouvert, ils vous enverront une

ambulance.

Le téléphone fonctionne ? Oui, enfin, je n'ai pas de tonalité.

Mais en ville, ça y est, le téléphone a été rétabli. J'ai appelé votre agent à

New York.

Oh, Pony, je n'ai pas pu résister.

Quelle magnifique entrée en matière.

Rien que de lire le nom de miséricorde. Ma fille doit devenir dingue. Je vous

assure, j'ai l'impression de retrouver une amie de reférence. J'avais promis de

ne pas rentrer pour son anniversaire. C'est aujourd'hui.

Votre agent m'a dit qu'elle lui donnerait de vos nouvelles. Mais bon, si

vous tenez à lui parler directement, il va falloir que vous attendiez jusqu'à

demain.

Oh, Paul ! Quel grand poète vous faites !

Je

vous ai fait ma spécialité.

Oeufs brouillés à la Wilkes.

Et vous savez, j'en suis déjà à la page 75.

Ça veut dire ?

Et ça se laisse lire ? Non.

Non, vous exagérez.

Non, Paul, je ne trouverai jamais les mots.

Est-ce que fort serait insultant ? C'est pas mal.

Non, c'est... C'est pas juste fort.

C'est parfait.

Je crois que le temps des présentations est venu.

Paul, dites un grand bonjour à l'animal que je préfère au monde, ma truie

Misery.

Misery ? Oui, car je suis votre plus fervente admiratrice.

Oui, ben oui, je pense que vous croyez.

Cette ferme était d'un sinistre, il y avait juste quelques vaches, trois

dindons et moi. Mais avec l'arrivée de Misery, ici tout a changé.

Grâce à elle, j'ai retrouvé toute ma joie de vivre.

C'est un beau...

Un cochon, c'est vrai.

Vous savez que j'en suis déjà à la page 300.

Et c'est mieux que parfait.

C'est divin.

Il y a un plafond d'église qu'un rital avait peint.

La chapelle Sixty. Oui.

L'enfant de miserie et ça sont les deux seules créations divines qui aient

jamais existé en ce monde.

Lorsque mon époux m'a quitté, je n'étais pas préparée.

Ça n'a pas toujours été gai.

Pendant un moment, j'ai cru que j'allais devenir folle alliée.

Oh, je comprends très bien.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, ce que j'ai trouvé pour m'en sortir, ça a

été de m'abrutir de travail.

Le jour, la nuit.

Qu'est-ce qu'on est seul pendant les gardes à l'hôpital ?

Alors j'ai lu des tas de livres.

C'est pendant cette période que j'ai découvert Misery.

Elle m'a apporté tant de bonheur.

Au fur et à mesure, j'en ai oublié tous mes problèmes.

Je suppose que vous devez y être un peu pour quelque chose.

Oui, enfin... Je passais tout mon temps à les lire et à les

relire.

Quand il ne restait que deux chapitres, je savais que j'allais les finir et qu

'ensuite je retournerais à la première page et que je recommencerais toute l

'histoire.

Fini ? Oui.

Pas de problème.

Merci.

Comprenez-moi bien, je ne suis pas contre le mariage en soi, mais il

faudrait un type exceptionnel pour arriver à me faire retourner devant le

curé. Mais justement...

Pas le genre de choses qu'on décide à la légère. C'est une question de respect.

La plupart des gens ne respectent plus l'institution du mariage, ils s'en

fichent. Ils ont oublié que c'est un serment.

J'adore bavarder avec vous, mais j'approche des dernières pages et j'ai

envie de savoir comment ça se termine.

Toi, sale bête, comment as-tu osé ? Elle ne peut pas mourir.

Misery Chastain ne peut pas mourir.

Annie, en ce temps-là, en 1871, les femmes mouraient en couche très souvent.

Mais c'est son esprit qui importait. L'esprit de Misery est toujours en vie.

Je ne veux pas son esprit ! Je la veux, elle ! Et c'est toi qui l'as assassinée

! Non, non, Annie.

Alors qui ? Personne.

Elle s'est évaporée.

Évaporée ? Évaporée ? Elle ne s'est pas évaporée. C'est à cause de toi.

À cause de toi, à cause de toi, à cause de toi. C'est toi, toi. Tu m'as tué, ma

miserie. Annie.

Je te croyais bon, Paul.

Mais j'ai fait une erreur.

Tu n'es qu'une de ces sales bêtes menteuses.

Et je crois que je vais devoir prendre quelques distances avec toi.

Et il est inutile d'espérer le moindre secours de l'extérieur.

Ni des docteurs, ni de ton agent, ni de ta famille.

Je n'ai appelé personne.

Personne ne sait que tu es ici.

Et à ta place, je prierai le bon Dieu qu'il ne m'arrive rien.

Parce que si moi je meurs, tu meurs.

Non, Madame Sindel, vous n'avez aucune raison de vous déplacer.

Nous faisons le maximum.

Oui, nous travaillons avec la police de l'état du Colorado et le FBI a été

informé. Oui, d'accord.

Nous vous tiendrons au courant dès que nous saurons quelque chose. Non, pas du

tout. Appelez quand vous voulez.

Au revoir, Madame Sindel.

D'accord, merci, vous êtes un aimable.

Au revoir.

J'ai enfin eu la dame qui s'occupe du compte marqueur de Sheldon, mais il n'y

a aucun débit depuis Silver Creek.

Ouais, et l'article n'a rien donné non plus.

Oh, le pauvre oiseau blessé.

Mais qu'est-ce qu'il fait comme ça par terre ? Tout est ma faute.

Si j'avais un vrai lit d'hôpital, ça ne serait jamais arrivé.

Attendez, je vais vous recoucher.

Je sais que ça fait mal, mais...

Mais ça ne va durer que quelques secondes.

Allez, allez, allez, on y est prêts.

Pitié, attendez, attendez, allez, allez.

Qu'est-ce qu'on aime se plaindre.

On est bien ? Parfait.

Sacré rigolo.

J'ai une grande surprise pour vous.

Mais avant, vous allez devoir faire quelque chose.

Ça vous embêterait que je grignote un truc pendant que vous préparez la

surprise ? Je vous donnerai tout ce que vous voudrez.

Mais vous devez d'abord m'écouter.

Mon esprit a parfois tendance à s'embourber.

Ça, je l'admets.

C'est pour ça que je me souviens plus de toutes les questions que m'a posé le

procureur à Dunver.

Mais j'ai réfléchi et cette fois-ci, je sais.

J'ai interrogé Dieu pour le savoir.

Et Dieu a dit, je les conduis jusqu'à toi de sorte que tu puisses lui montrer

la voie.

On va montrer la voie ? Oui.

Quand je veux parler de grignoter, j'imaginais plutôt des crackers et une

tranche de fromage. Enfin, ce genre de choses, quoi.

Cole, il ne s'agit plus de rigoler.

Vous devez débarrasser le monde de cette saleté.

Vous voulez que je brûle mon manuscrit ? Je sais combien c'est difficile pour

vous, mais c'est la seule chose à faire.

Vraiment, ça n'a rien de difficile.

Mon agent possède une dizaine d'exemplaires pour faire monter les

enchères à New York.

Toutes les maisons d'édition de New York sont en train de le lire.

Alors si vous voulez que je brûle mon bouquin, bien, mais vous débarrasserez

le monde de rien du tout.

Alors craquez l'allumette, Paul.

Oh, ça m'est égal.

Si vous le dites, allumez.

Je sais que c'est le seul exemplaire.

Quand vous aviez 24 ans, vous aviez écrit votre premier livre et vous n

'aviez pas fait d'où parce que vous étiez sûr que personne ne vous prendrait

au sérieux. Et pourtant, depuis, vous avez l'habitude de ne jamais en faire

car vous êtes superstitieux. C'est pour ça que vous revenez toujours au chalet

de Silver Creek. Vous l'avez dit à Murph Griffin dans une interview il y a 11

ans.

Alors, ça doit être vrai.

Écoutez-moi.

On n'est pas obligé de le publier. Personne ne le lira jamais. Je le

garderai pour moi uniquement. Et personne d'autre ne saura qu'il existe.

Tant qu'il existera, votre âme ne connaîtra pas la quiétude.

Il est temps de craquer l'allumette, Paul.

Ne voyez-vous pas que c'est la volonté de Dieu ? Vous êtes si intelligent, je

pensais que vous seriez capable de le comprendre.

Nous sommes sur terre pour aider les autres, Paul.

Comme j'essaie de vous aider.

Voyons.

Aidez-moi à vous aider.

Vous faites ce qui est juste.

Oh, mon Dieu !

Quelle

cochonnerie ça m'a fait !

Voilà la propriété de M. Stinman là-bas.

Et voilà la ferme de la Wix devant nous.

On n'a rien d'une Mustang de 1965.

Après, il n'y a plus rien dans cette direction.

Allez, on rentre.

Il me semble que les hivers raccourcissent d'année en année.

Il paraît que ce serait dû à la couche d'ozone.

Qu'en pensez-vous ? Je ne sais pas.

Oui, enfin, c'est qu'une théorie.

Voilà votre Novril.

Nous reprenons l'antenne. Zoé, rappelez-nous quel était le candidat des

téléspectateurs ? Eh bien, ils ont choisi Timothée. Eh bien, c'est

Timothée. On applaudit bien fort Timothée. Comment ça va ? Je suis très

content d'être là et je remercie Zoé.

Timothée, vous restez là pendant que Zoé raconte son histoire.

Allez-y.

D'accord.

Voilà, je lui avais fixé rendez-vous dans un restaurant très chic. Mais alors

vraiment très chic. Et il s'est ramené son cravate.

Son cravate ? Oui, et en plus, il portait au pied des sans-cadres noirs.

Évidemment, ce n'était pas tout à fait le genre de la maison.

Sous-titrage ST' 501

Alors, ce n'est pas merveilleux ? Extra.

Je rêvais de visiter l'autre bout de la pièce.

Oh, et regardez ce que j'ai trouvé pour vous.

Oh, un rasoir électrique.

Avec ça, vous pourrez vous raser tout seul.

Si j'avais su que ce serait ça, la surprise, j'aurais brûlé tous mes

livres.

Non, ne plaisantez.

C'est une journée importante pour vous, Paul.

Restez là, surtout. Pendant ce temps, je vais tout arranger.

Arranger quoi, d'abord ? C'est ça, la grande surprise.

Je vous arrange un bureau.

Après tout, les écrivains ont besoin d'un lieu pour travailler.

Travailler ?

Vous voulez dire écrire ? Parce que vous croyez que j'arriverai à écrire ? Oh,

Paul, je ne crois rien. Je sais.

Maintenant que vous vous êtes débarrassé de cet affreux manuscrit, vous allez

pouvoir revenir à ce en quoi vous excellez.

Vous allez écrire un nouveau roman.

Et ce sera votre plus grande œuvre. Ça s'appellera « Miséries ressuscitées ». «

Miséries ressuscitées » ? Je sais que ce n'était pas dans votre intention de la

tuer. Je vous offre de vous amender.

Un beau roman, en mon honneur.

Car je vous ai sauvé la vie, je vous ai soigné.

Oh, Paul ! Je serai la femme la plus enviée du monde entier.

Qu'est-ce que vous voulez ? Que je vous pondre un petit machin en vitesse ? Ce

que je demande, c'est votre chef-d'oeuvre, monsieur.

Est-ce que vous êtes consciente que, d'ordinaire, ce n'est pas tout à fait

comme ça qu'on écrit un livre ? Et d'un certain point de vue, on pourrait même

trouver la situation incongrue, voire incommode.

J'ai une totale confiance en votre talent.

Et puis, la vue est si belle.

Elle vous inspirera. Je reviens dans une minute.

Ici, les voisins ne doivent pas vous déranger beaucoup.

Ne vous inquiétez pas pour ça. Vous aurez toute la solitude nécessaire pour

vous concentrer.

Extra.

Je vous ai acheté deux paquets de papier machine supérieur.

Et je crois avoir fait une affaire avec cette bécane, simplement parce que la

touche du N est cassée.

J'ai dit à la vendeuse que je m'en fichais, parce qu'il n'y a pas de N dans

le prénom de mon auteur favori.

Il y en a deux dans le prénom de mon infirmière favorite, Madame Annie.

Oh, qui est moqueur.

Ça vous convient ? C'est merveilleux.

Il y a juste une petite chose de rien.

Je n'écris jamais sur ce papier. C'est du Coassemble Bond.

Il marque, il déteint.

Donc je me disais que peut-être vous pourriez retourner en ville et me

rapporter deux paquets de Strong, simplement.

Mais le mien coûtait plus cher.

Et vous me dites qu'il déteint, c'est absurde. Je vous montre.

Venez, venez-moi.

Ah oui, vous n'avez pas tort, il déteint.

C'est ahurissant.

Oui, j'ai pensé que ça vous intéresserait.

C'est-à-dire qu'il faut que vous soyez à mes côtés sans attendre que le livre

soit fini, mais à toutes les étapes, vous comprenez ? C'est une attention

charmante.

Il n'y a rien d'autre que je puisse vous rapporter ? Aucune autre exigence

fondamentale que l'on doive satisfaire ? Je ne sais pas, moi, un magnétophone de

poche. Ou alors une paire de pantoufles d'écrivain, faites-moi.

Non, juste le papier, ce sera bien.

Vous êtes sûr ? Parce que si vous le voulez, je peux vous rapporter tout le

magasin.

Annie, mais qu'est-ce qui se passe ? Ce qui se passe ? Je vais te dire ce qui se

passe. Je ne cesse de me démener pour toi. Je me décarcasse au maximum pour

que tu sois bien. Je fais ta toilette, je t'habille, je te fais à manger.

Et qu'est-ce que j'entends après ça ? Mais ce n'est pas le bon papier, Annie !

Je n'écris pas sur ce papier, Annie ! Eh bien, tu vas l'avoir, ton sale papier !

Mais il va falloir montrer un tout petit peu plus de considération aux autres,

mon cher maître !

Et puis ça marche.

Et

puis

ça marche.

Bon.

C'est parti.

Merci à tous.

Paul, j'ai trouvé ton papier.

J'espère que j'en ai pris assez.

En tout cas, c'est de l'extra strong blanc.

La qualité que tu avais demandé.

Tu es en sueur.

Tu as la fièvre, tu es tout rouge. Qu'est-ce que tu as fabriqué ? Tu sais

très bien ce que j'ai fabriqué.

J'ai passé cette heure à souffrir.

Je veux mes pilules.

Oh, pauvre chéri.

Je vais te remettre au lit et je te les apporte.

Je veux mes pilules tout de suite.

Ça ne prendra qu'une seconde. Non ! J'ai tellement mal.

C'est une douleur atroce.

S'il te plaît, dis, venez disparaître.

S'il te plaît, Annie.

S'il te plaît.

C'est horrible, ça me brise le cœur de te voir dans cet état.

J'ai eu le temps de réfléchir quand j'étais en voiture.

Tiens, voilà.

Je dois vraiment reconnaître qu'il m'arrive très souvent d'être victime de

mon caractère et que finalement, ça me fait du tort.

Je suis sûre que tu dois être furieux contre moi.

Dis la vérité.

De temps à autre, il faut faire descendre la pression.

Mon génial écrivain doit se reposer avant de se mettre à écrire.

D'abord les pieds.

Et voilà.

Tiens.

Au cas où une idée te viendrait.

Oui, enfin, je crois qu'il ne faut pas trop espérer.

Ne sois pas ridicule. Ça va très bien marcher.

Pense à moi, tu verras, ça t'inspirera.

J'ai foi en toi, mon chéri.

Tiens, un cadeau.

Tout porte à croire que M.

Paul Sheldon est mort.

À l'heure actuelle, nous savons qu'il a trouvé le moyen de se glisser à l

'extérieur de son véhicule, mais malgré nos recherches, nous n'avons pu repérer

son corps dans la zone qui s'étend autour de l'accident.

Nous savons aussi que dans l'hypothèse où on l'aurait retrouvé, on l'aurait

conduit dans un hôpital.

Il est donc quelque part par là-bas, sous la couche de neige.

Et nous le retrouverons au dégel.

Sauf évidemment si les animaux le trouvent avant nous, ce qui est toujours

possible.

Il n'est pas mort, c'est ça que tu crois ? Oh si, il est peut-être

mort, mais pas de la façon qu'ils disent.

Il n'est pas sorti de sa voiture de lui-même.

Tu vois ces marques sur la portière ? Quelqu'un l'a fait sortir.

C'est navré, Paul. C'est très mauvais.

Quoi ? Tu dois tout recommencer.

C'est indigne de toi.

Allez, jette tout.

Sauf le passage avec le fossoyeur à qui tu as donné mon nom. Ça, tu peux le

garder.

J'apprécie beaucoup ton œil critique.

Mais ton jugement n'est-il pas actif ? Paul, ce n'est pas correct, ce que tu as

écrit. Pas correct ? En effet.

Quand je n'étais qu'une gamine à Bakersfield, ce qui me donnait le plus

de joie au monde, c'était d'aller au matinée enfantine du samedi pour voir

les films à chapitres. À épisodes.

Oh, mais ça je le sais comment ça s'appelait. On disait aussi des séries.

Je ne suis pas aussi stupide que tu le crois.

Enfin bref, mon héros favori était Rocketman. Je me rappelle d'un chapitre

qui s'appelait Sans frein. Les méchants savaient que Rocketman devrait conduire

sur une route de montagne. Ils lui firent boire du somnifère, sabotèrent

ses freins et bloquèrent ses portières. Il reprit ses esprits, essaya de

conduire, essaya de sortir.

Mais la voiture quitta la route avant qu'il ne s'échappe. Elle s'écrasa et

brûla. J'en étais épouvantée et toute retournée. Et je t'assure que le samedi

suivant, j'y étais une heure avant l'ouverture. On donnait toujours un

résumé du chapitre précédent. Donc, on a retrouvé Rocketman essayant de sortir.

Et sa voiture approche du ravin.

Et juste avant que sa voiture ne tombe dans le ravin, il ouvre la portière.

Tous les gosses se sont mis à applaudir.

Mais pas Annie Wilkes, non. De toutes mes forces, je me suis mise à hurler.

Non, ce n'est pas de cette façon que ça se terminait.

Seriez-vous donc tous amnésiques ? Ce ne sont que de sales tricheurs. Vous

trouvez ça correct ?

Il était dans la voiture et c'était trop tard !

C

'est vrai, il trichait toujours de ce genre de film. Ah, chapitre ! Mais tu ne

tricheras pas, je t'assure.

Pas avec ma miserie.

Tu te rappelles que Yann avait galopé chez le docteur Cleary à la fin du livre

précédent, mais son cheval était tombé en sautant d'une clôture et Yann s'était

brisé l'épaule et était resté toute la nuit dans un fossé, trop loin de chez le

docteur. Et donc, il n'est pas question de transfusion expérimentale qui aurait

sauvé Misery.

Misery est enterrée au cimetière à la fin du livre, Paul. C'est de là que tu

dois repartir.

Est-ce correct ? Est-ce que je dois continuer ? Et comment ? Oh Paul

! Ça y est, Yann a enfin réalisé que cette pauvre misérie s'était fait

enterrer vivante à cause d'une piqûre d'abeille qui l'avait mise dans un état

de catatonie.

Et oui, ce que le faussoyeur s'est rappelé que trente ans auparavant, il

était arrivé la même chose à Lady Evelyn Hyde.

Et même le vieux docteur Clary en a déduit que misérie ne pouvait être que

la fille disparue de Lady Evelyn Hyde à cause de leur semblable réaction aux

piqûres d'abeilles. Oh Dieu du ciel, mon cœur s'envole !

Je me doutais déjà depuis le premier livre que Miséry était d'une famille de

la noblesse. Oh oui, ça j'en étais sûr. Et voilà.

Oh Paul, est-ce que je peux lire au fur et à mesure ? Je remplirai les haines.

Sera-t-elle toujours elle-même quand elle reviendra à la lumière ou souffrira

-t-elle d'amnésie ? Il faut attendre.

Ressentira-t-elle encore pour Yann ces mêmes sentiments élevés ? Il faut

attendre. Oh, juste un indice.

Oh, Miséry est vivante, Miséry est vivante. Oh, c'est un romantique.

Cette maison sera bientôt toute vibrante d'amour.

Je vais vite mettre un de mes disques de Liberace.

Au fait, tu aimes Liberace, n'est-ce pas ? Quand il se produisait à Radio City, d

'après toi, qui était toujours au premier rang ? Alors je mettrai mon

disque à longueur de journée pour ton inspiration.

C'est mon idole, il est merveilleux.

Annie, ça te dirait de dîner avec moi ce soir ? Pour fêter

le retour de misérie.

C'est grâce à toi, après tout.

Oh, Paul.

Ce serait pour moi un honneur.

Mais non, il n'est pas là, non.

J'ignore totalement où il est. Si tu crois qu'il me dit ce qu'il fait de son

temps, il peut être que dans le lit d'une maîtresse, quelque part.

Attends une minute. Je le passe, c'est lui.

C'est Jim Taylor.

Je veux savoir dans le lit de qui tu passes tes après-midi.

Oh, Jim, quoi de neuf ? Jim, on a déjà parlé de ça mille fois.

T'as eu l'idée de mettre des bancs devant ton magasin, alors les gens s

'asseillent dessus, c'est normal.

Moi non plus, je l'aime pas, mais écoute, c'est pas une raison suffisante

pour que j'intervienne.

Fais mes amitiés à Denis.

Au revoir.

Je ne sais pas qui ça peut être, en tout cas, à l'air de mes la lecture.

Virginia, je suis sincèrement flatté que tu me crois encore aussi vert.

Je me suis dit que si j'arrivais pas à savoir où est Paul Sheldon, au moins je

pourrais savoir ce qu'il y a dans ses livres.

Qu'est-ce que tu espères trouver ? L'histoire véridique d'un gars dont la

voiture serait tombée dans un ravin un soir de blizzard ? Vois-tu, c'est ce

genre de sarcasme qui donne tout son sel à notre mariage.

J'espère que ça ira.

Oh, c'est magnifique.

Et tu l'es aussi.

Vous n'avez jamais mangé un pain de viande aussi bon.

Comment tu fais ? Mon secret, c'est que je ne prends que des tomates fraîches,

jamais de conserve.

Et pour avoir cet arrière-goût de fondant, je mélange 100 grammes de pâté

de porc dans la viande.

On n'en mange pas de Paris à New York.

Et si on portait un toast ? Un toast ? Oui, à Missouri.

Je vais te servir un peu de vin.

Oh, non.

A misery.

Attends.

Ce qui serait bien... Tu as des bougies ?

Je n'en sais rien.

Je vais voir. C'est bien possible.

Est-ce que tu as étudié la décoration ou c'est un sixième sens ? Oh, le voyou ! J

'ai trouvé tous ces objets au fil des ans.

Eh bien, c'est tout toi, c'est unique.

Tu le penses vraiment ? Oh, absolument.

Allez, reviens, c'est pas grave, Annie, je t'assure. C'était juste un caprice,

alors laisse.

Oh non, non, au contraire. Si on m'avait dit qu'il me serait permis de souper aux

chandelles un jour avec le grand écrivain Paul Sheldon, et ça, dans ma

propre maison, je n'aurais jamais imaginé la chose possible.

Ça suffit, une ? C'est parfait.

À Misery.

Et à Annie Wilkes.

qui l'a ramené à la vie.

Oh, Paul ! J'en ai la chair de poule, c'est vrai, je suis si fière.

Oh, est-ce que je suis maladroite ? Je suis vraiment désolée, Paul.

J'ai gâché notre toast.

Pardonne-moi, tu veux bien ? Attends, je vais m'en servir un autre.

On fait comme s'il n'était rien arrivé.

À Misery.

À Misery.

Oh, c'est vraiment le meilleur Misery que tu aies jamais écrit.

Voilà ta pilule.

Annie ? Annie, qui est-il ?

La pluie.

Il y a des fois où ça me donne le cafard.

Quand t'es arrivée au début, je n'aimais en toi que le célèbre écrivain Paul

Sheldon.

Mais aujourd'hui, je sais que j'aime l'homme tout entier.

Je sais bien que tu ne m'aimes pas.

Ne dis pas le contraire.

C'est normal, tu es beau, brillant, tu es connu dans le monde entier. Tandis

que moi, je n'ai... Je n'ai vraiment rien d'une star.

Tu ignores ce que c'est que de perdre quelqu'un comme toi, quand on est quelqu

'un comme moi.

Pourquoi voudrais-tu me perdre ? Le roman est presque fini.

Bientôt, tu seras en état de marcher.

Et un beau matin, tu décideras de partir.

Pourquoi voudrais-je partir ? Je suis heureux ici.

C'est gentil de le dire.

Mais je préférerais encore que ce soit vrai.

J'ai ce revolver.

De temps en temps, je pense à m'en servir.

Il vaut mieux que j'y aille.

Je pourrais mettre des balles dedans.

Il y a une justice au-dessus de celle des hommes.

Je serai jugé par lui.

Quoi ? Il traîne misérieux devant le tribunal.

Ah, c'est intéressant.

Il y a une justice au-dessus de celle des hommes.

Je serai jugé par lui.

La mort présumée de Paul Sheldon. Paul Sheldon, sa voiture retrouvée sous la

neige.

Souvenir.

La banquière Wilkes meurt dans un ravin. Il est retrouvé par sa fille Annie.

La meilleure élève de l'école d'infirmières fait une chute mortelle

dans un escalier.

Annie Wilkes sort major de l'école d'infirmières.

Annie Wilkes nommée infirmière-chef aux soins intensifs.

Le pédiatre meurt dans son coma. Annie Wilkes, infirmière-chef à la maternité

du comté.

Le bébé Lucie meurt après cinq semaines de lutte à l'hôpital.

Deuxième mort de nouveau-né à l'hôpital du Mémorial.

L'infirmière interrogée dans l'affaire des morts de nouveau-né.

D'autres morts à la maternité.

L'infirmière de la maternité derrière les barreaux.

Paul ? Tu

as trouvé un moyen de sortir.

Quoi ? Tu as pu sortir de ta chambre.

Pourquoi ? Paul, dans ma collection de porcelaine, mon pingouin est toujours en

tête et il regarde toujours vers le sud.

Alors là, non, vraiment, je ne sais pas de quoi tu parles.

Ta collection de porcelaine, ton pingouin.

C'est peut-être ça que tu veux.

Je sais que tu es sorti deux fois, Paul.

Je dois dire que j'ai été très intriguée.

Mais la nuit dernière, j'ai trouvé ta clé.

J'ai vu que je n'avais pas rangé mon album de souvenirs.

J'imagine la mauvaise opinion que tu as de moi.

Mais tu sais, Paul, ce n'est pas grave.

Car vois-tu, hier soir, tout est devenu clair.

J'ai compris qu'il te fallait plus de temps pour accepter l'idée de rester ici

avec moi.

Paul, est-ce que par hasard tu connais l'histoire de la mine de diamants de

Kimberley ? Sais-tu quel était le sort des mineurs qui avaient volé des

diamants ? Oh non, rassure-toi, on ne les tue pas, non.

Ce serait comme de jeter à la casse une Mercedes sous prétexte que la batterie

serait morte.

Non, les voleurs qu'on attrapait devaient pouvoir continuer de

travailler. Mais aussi, il fallait faire en sorte qu'ils ne puissent plus s

'enfuir. On appelait cette opération le sabot.

Annie, j'ignore ce que tu comptes faire exactement.

Mais ne le fais pas, je t'en prie.

Je t'en supplie, non, Annie.

Chut, chérie.

Crois-moi.

Annie, Annie.

C'est pour ton bien.

Non, pitié ! Allez, plus qu'un.

C'est presque fini.

Dieu que je t'aime.

Tu veux bien laisser ça ? J'adore cet endroit.

Combien de fois devrais-je te le dire ? Il y a un ordre dans ce désordre.

Où est passé ce truc ? Quel truc ? Ce truc ! Là où il devait être.

Qu'est-ce que c'est ? Je ne sais pas. Peut-être rien du tout.

Heureusement que tu l'as retrouvé.

Qu'est-ce que je ferais sans toi, Virgilia ?

D'autres morts à la maternité.

L'infirmière de la maternité derrière les barreaux.

La furie clame son innocence.

Wilkes déclare aux journalistes sur les marches du tribunal Il y a une justice

au-dessus de celle des hommes, je serai jugé par lui.

Il y a une justice au-dessus de celle des hommes, je serai jugé par lui.

Quel rigolo celui-là.

Allez, viens, les enfants.

Allez, viens, viens, viens.

Salut, Peter.

Salut, Buster.

Dis-donc, tu peux répondre à quelques questions ? Si je peux.

Est-ce que t'as reçu le nouveau livre de Paul Sheldon ? J'en avais reçu une pile,

mais au bout de trois jours, ils étaient tous partis.

Tu te rappelles pas si Madame Wilkes en a acheté un ?

Tu veux rire ou quoi ? À chaque fois que ce type sort un bouquin, elle me fait

mettre de côté le premier exemplaire.

Est-ce qu'elle a fait des achats bizarres ces temps-ci ? Madame Wilkes ?

Oui.

Ah non, comme d'habitude.

Ah non, elle a acheté du papier la dernière fois. Les journaux, les

hebdomadaires ? Non.

Elle a une machine à écrire.

Ah bon, c'est ça.

Bon, écoute, il n'y a rien de bizarre là-dedans.

Il y a quelque chose avec la Wilkes ? Non, rien du tout.

Si tu savais ce que tu me déçois, Paul, je te donne à manger. Je t'entoure de

mes soins pratiquement 24 heures sur 24.

Et toi, tu persistes à vouloir me faire la guerre.

Quand donc comprendras-tu que la confiance, ça se mérite ?

Jésus-Marie ! Je m'excuse, je ne voulais pas vous effrayer, mais j'allais

frapper, vous avez ouvert.

Vous devez deviner, d'après ma réaction de surprise, qu'il est rare que je

reçoive des visiteurs.

Puis-je vous aider en quoi que ce soit ? Je me demandais si vous saviez quelque

chose à propos de Paul Sheldon.

Que désirez-vous savoir ? Dites toujours, tout peut m'être utile.

Oui, il est venu au monde dans le Massachusetts en 1943.

Enfant unique de Franklin, Hélène Sheldon, il poursuit sa scolarité

médiocrement. Madame, ce n'est pas exactement le genre d'informations qui

peuvent me guider. Il se trouve que Paul Sheldon est porté disparu. Je me disais

que... Je sais, ça m'a bouleversée. Je suis son admiratrice. J'ai lu tous ses

romans, tous ses écrits depuis qu'il a débuté. Je suis si fière de ma

collection.

Mais je suis incroyable. Je discute et ça me fait oublier toutes les bonnes

manières. Je ne vous ai pas invité à entrer. Pardon.

Merci.

Donc, vous savez évidemment tout de cet horrible accident.

Ça ne vous dérange pas que j'ai étonné ? Bien sûr que non.

Cet accident m'a aussi presque tué.

J'ai prié quand j'ai su la nouvelle.

Je suis tombée à genoux et j'ai supplié le bon Dieu qu'on le retrouve.

Je m'attends à ce que vous vous moquiez de moi si je vous dis ça, mais ça m'est

égal. Ça m'est égal.

Pendant que je priais, j'ai entendu la parole du Seigneur.

Ah bon ? Qu'est-ce qu'il disait ? Qu'il me chargeait de poursuivre son œuvre.

Il a donné tellement de plaisir à tellement d'hommes et de femmes.

Il y a si peu de plaisir sur cette planète de nos jours. On est bien d

'accord là-dessus.

Alors, comme je suis son admiratrice la plus fervente, Dieu m'a chargée de me

mettre moi-même à écrire des romans, comme si j'étais Paul Sheldon.

Donc, je suis allée en ville, j'ai acheté une machine à écrire, du papier

machine, le même que Paul Sheldon utilisait. Et j'ai transformé la chambre

d'amis en bureau d'écrivain. Vous voulez le visiter ? Oui, bien sûr.

Alors, venez, c'est par là.

Je sais ce qu'il écrivait, le genre de mots qu'il choisissait, les magnifiques

histoires qu'il inventait.

J'ai passé ces quatre semaines à essayer d'écrire comme Paul Sheldon.

Mais je ne suis pas contente de moi.

J'essaie, je recommence.

Je connais tous les mots, mais non, ce n'est pas pareil.

C'est comme pour tout, il faut du temps et un jour on y arrive.

J'ai déjà fini plus d'une centaine de pages de romans. Vous pourriez me donner

votre avis ? Non, je ne suis pas très bon critique.

C'est-à-dire que je pensais que... Je suis bien.

À croire que j'ai jamais reçu d'invité de ma vie. Est-ce que ça vous dirait une

tasse de bons cacarons ? Non, vraiment, j'en fasse pas. C'est très facile.

Il y en a déjà du tout près.

Il faut pouvoir vivre ici toute seule, comme ça.

Vous savez, je dis toujours qu'il faut d'abord être capable de supporter soi

-même si on veut que les autres vous supportent.

Ah, ça, c'est bien vrai.

Et voilà.

Merci, madame Wilkes, mais je ne voudrais pas trop abuser de votre temps.

Pardon.

Je vais vous laisser.

Mais vous n'avez même pas goûté à votre cacao. Je suis sûr qu'il est excellent.

Je suis vraiment obligé de partir.

Enfin, si vous le voulez bien, je me permettrai de repasser vous voir un jour

prochain. Avec plaisir. Vous connaissez le chemin.

Madame Wilkes ! Madame Wilkes, est-ce que ça va ? Fifi !

Au revoir, je suis là ! Je suis au revoir !

Je vais chez le docteur.

N'ai pas de remords, Paul.

Il fallait bien que ça arrive un jour ou l'autre.

C'est un signe.

Voilà des années que Dieu m'a parlé et il m'a donné comme devoir de te sauver.

Nous demeurons ensemble et unis pour toujours.

Mais il faut mettre un terme à notre existence terrestre.

Ne t'en fais pas, Paul.

Tout est prêt pour ce qui doit s'accomplir.

J'ai mis deux balles dans le revolver.

Une pour toi et une pour moi.

Chérie, crois-moi, ce sera magnifique.

N'en aie pas peur.

Je t'aime si fort.

Je t'aime aussi.

Tu as raison.

Nous sommes destinés à demeurer ensemble.

Et nous devons mourir.

Mais mourons seulement.

Afin que Misery vive.

Nous avons le pouvoir de lui donner la vie éternelle.

Il nous faut achever le roman.

Mais les autres seront bientôt là.

Ça va être impossible.

Il est presque fini.

À l'aurore, nous aurons fait revivre Misery.

Je vais te préparer à dîner.

Oh, Paul, je meurs.

Est-ce qu'elle va épouser Yann ou bien Wintourne ? Tu vas bientôt le savoir.

Je viens d'attaquer le dernier chapitre.

Annie ?

Quand je l'aurai achevé, je désire que tout soit vraiment parfait.

Je souhaite trois choses.

Quelles choses ? Comment, tu ne sais pas ? Je voulais rire,

idiot. Il te faut une cigarette, parce que dans le temps tu fumais, mais tu as

arrêté, excepté quand tu finis un roman. Et là, tu n'en fumes qu'une.

Il te faut une allumette pour l'allumer, et il te faut aussi un verre de

champagne, du Don Pérignon.

Don Pérignon.

c'est ça.

Annie ? Annie ? Oui, Paul ?

Je vais presque terminer.

Oh, Paul, tout cela est si romantique. Yann et Wintourne qui s'affrontent en

duel pour se départager.

Yann va gagner ? Oh non, ne me dis rien.

C'est Wintourne, je parie.

Tu sauras tout dans une minute.

Allez, le champagne.

Est-ce que ça va aller ? Tout est parfait.

Excepté pour une chose.

Aujourd'hui, on a besoin de deux verres.

Je te rappelle que pendant toutes ces années, personne ne savait qui était le

vrai père de Misery.

Arrivera-t-elle à le retrouver un jour ? Tout est là.

Va-t-elle finalement se marier avec Anne ? Ou avec Wintour ? Tout est là-dedans.

Paul, arrête ! Pourquoi non ? C'est toi qui m'as appris.

Et voilà, le tout premier exemplaire.

Mon cher Paul, la critique du Time va être une véritable lettre d'amour.

C'est bien une première.

Et mes contacts au New York Times et à Newsweek sont absolument sous le charme.

Et attends, tiens-toi bien, d'après mes espions, tu as de fortes chances d'avoir

un prix.

Très bien.

Je croyais que ça te ferait plaisir.

On te prend au sérieux, tu te rends compte ? Ça m'enchante que la critique l

'accueille ainsi, et j'espère que le public suivra.

Mais je l'ai écrit pour moi.

Tu vas croire que je suis fou, mais d'une certaine manière, c'est très

bizarre.

Annie Wills et toute cette expérience, ça m'a aidé.

Paul, puisque tu reparles de ce drame, je vais te poser la question que je dois

te poser pour être un agent digne de ce nom.

Si tu écrivais un bouquet qui ne soit pas romancé pour expliquer ce qui t'est

arrivé au juste ? Marcia, je te connais trop bien. Sinon, je penserais que tu

veux que je me replonge dans ce cauchemar uniquement pour faire un peu d

'argent.

Je croyais que tu t'en étais libéré.

Je me demande si on peut jamais se libérer d'une chose pareille.

Et même... même si je sais pertinemment qu'elle est morte, je

continue par moments de penser à elle.

Excusez-moi, je ne voudrais pas vous ennuyer, mais êtes-vous Paul Sheldon ?

Oui.

Vous savez, je suis votre plus fervente admiratrice.

Merci à vous, c'est très gentil.

Sous-titrage MFP.

Sous-titrage ST' 501

Sous-titrage ST'

501

Sous-titrage Société Radio-Canada

Sous-titrage ST' 501

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