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Original subtitles

VAUDOU

J'ai rencontré un zombi.

Cela semble étrange à dire. Si on m'avait dit ça il y a 1 an,

e ne pense pas que 'aurais su ce qu'était un zombi.

J'aurais eu dans l'idée qu'ils étaient étranges et effrayants.

Et même un peu bizarres.

Tout commença si simplement...

- Vous êtes cêlibataire? - Oui.

- Où avez-vous êtê formêe? - A l'hôpital Mêmorial.

Une question que je ne pose pas d'ordinaire...

Je ne sais pas par où commencer.

Croyez-vous à la sorcellerie?

On ne nous l'apprend pas à l'hôpital,

mais je soupçonnais notre directrice.

Le salaire est intêressant: 200 dollars par mois.

En effet. J'aimerais en savoir plus sur la malade.

Je ne peux pas vous renseigner.

Je sais qu'elle est la femme de M. Holland avec qui nous traitons.

Une autre entrevue?

Je dêcide. M. Holland a des plantations de canne à sucre.

Il vit à Saint-Sêbastian, aux Antilles.

Ce n'est pas si mal: Se reposer sous un palmier,

nager, prendre des bains de soleil...

Des palmiers...

Peu de temps s'était écoulé avant ma rencontre avec M. Holland.

Nous prîmes le bateau pour Saint-Sébastian.

Tout était comme e l'avais imaginé. Je regardais les étoiles,

et sentais le vent chaud sur ma oue.

Je respirais profondément

et tout en moi disait: Comme c'est beau!

Ce n'est pas beau.

Vous avez lu dans mes pensêes.

C'est facile.

Tout vous semble beau parce que vous ne comprenez pas.

Ces poissons volants ne sautent pas de joie,

mais de peur.

De plus gros poissons veulent les manger.

Les reflets de cette eau proviennent de millions de cadavres minuscules.

C'est le scintillement de la putrescence.

Rien n'est beau ici. Tout n'est que mort et putrêfaction.

Vous ne pouvez pas vraiment croire ça!

Tout ce qui est bon meurt ici.

Même les êtoiles.

Il avait interrompu mes pensées de façon étrange.

Sa voix était cruelle et dure.

Pourtant, quelque chose me plaisait en lui. Une certaine franchise

mais blessée, profondément blessée.

Autrefois, Fort Holland êtait un fort, mais plus maintenant.

La famille Holland est três ancienne,

ils ont amenê les Noirs sur l'île,

les gens de couleur et Ti-Misery.

- Qu'est-ce que c'est? - Un homme, Mlle.

Un vieil homme qui vit dans le jardin à Fort Holland.

Des flêches plantêes dans son corps. Le regard de ce Noir est triste.

Il est vivant?

Non, Mlle. Il est comme il a toujours êtê.

A l'avant d'un ênorme bateau.

- C'est une figure de proue. - Si vous le dites, Mlle.

Et ce bateau a amenê nos pêres du temps passê,

et nos mêres du temps passê,

enchaînês dans la cale du bateau.

Mais c'est un endroit merveilleux.

Si vous le dites, Mlle, si vous le dites.

Le Fort Holland.

Il semblait étrangement irréel.

Le ardin avait sa propre vie.

J'allais connaître tous les coins et recoins de cette demeure,

les aimer ou les détester selon les événements.

Ici, 'allais entendre une étrange confession,

que seule la folie aurait pu arracher

à une personne saine d'esprit.

Pourtant, ce fut dans la même pièce

que e découvris mon propre amour

et le bonheur au plus profond de mon coeur.

Ma chambre.

Je me souviens de ma oie à défaire ma valise, me préparer à dîner.

Et pourtant, le calme de Fort Holland m'intriguait.

Je n'avais vu personne. Ni dans les allées, ni dans les bois.

Le dîner est servi, Mlle.

Merci.

Mlle Connell... Je suis Wesley Rand.

Paul voulait que je me prêsente.

Nous dînerons en tête-à-tête

mais je vais vous prêsenter la famille.

Dans cette chaise s'assoit le maître, mon demi-frêre Paul.

- Mais vous l'avez dêjà rencontrê. - Sur le bateau.

Cette chaise appartient

à Mme Rand, notre mêre, bien trop bonne pour chacun de nous.

Trop sage pour vivre avec nous. Elle prêfêre le dispensaire.

- Elle est mêdecin? - Elle s'en occupe seulement.

Une femme êtonnante, vous l'aimerez.

Je l'aime dêjà.

Voilà ma chaise.

Celle de Mlle Connell qui est belle.

Merci.

Qui s'assoit ici?

La femme de mon frêre.

Tenez. Ce n'est pas du tout confortable.

Je suis tout sauf distant.

Vous êtes amêricain?

J'ai êtudiê à Buffalo, Paul en Angleterre.

Vos accents diffêrents m'intriguaient,

comme vos noms d'ailleurs: Rand et Holland.

Nous sommes demi-frêres. Paul est le 1er fils de Mêre.

Quand son pêre mourut, elle êpousa mon pêre, Dr Rand le missionnaire.

Les tam-tams de la jungle. Mystêrieux, êtranges.

Ça vient du moulin.

La sirêne de Saint-Sêbastian. Cela signifie

que le sirop va être versê.

Vous devrez m'excuser.

C'êtait três aimable à vous de m'accorder votre temps.

Mon absence importe peu. Seul le propriêtaire compte ici.

- M. Holland. - Oui, le redoutable Paul.

Il a la plantation et j'ai tout le charme.

Il m'a parlê sur le bateau, je l'ai trouvê três agrêable.

Ah oui, notre Paul.

Fort, silencieux et três triste.

Un vrai personnage de Byron. Peut-être devrais-je m'y adonner.

Vous devriez aller au moulin.

Ça attendra.

J'allais justement au moulin.

Les domestiques vous ont installêe?

Bien, Clêment. Je l'apporterai à Mme Holland.

Puis-je le porter?

Non, merci. Vous commencerez à travailler demain.

Mme Holland...

Mme Holland.

Mme Holland!

Je ne voulais pas vous rêveiller.

Jessica!

Emmêne Mme Holland dans sa chambre, Alma.

Venez avec moi, Mlle.

J'ai entendu une femme pleurer.

Une femme pleurer? II n'y a pas eu de pleurs ici.

M. Paul.

Alma a pleurê. Sa soeur a mis un enfant au monde.

Merci, Clêment.

Je reste avec Mlle Jessica au cas où l'infirmiêre se mette à rôder.

Ne pleure plus. C'est ce qui a effrayê Mlle Betsy.

Elle ne m'a pas apaisêe à brailler comme ça dans la tour.

Pourquoi pleurait-elle?

Je ne sais pas si vous comprendrez.

Savez-vous ce que c'est?

Un symbole.

Ce fut une figure de proue d'un bateau d'esclaves.

Nos gens en viennent...

De la douleur et des souffrances de l'esclavage.

Ils considêraient la vie comme un fardeau.

Donc ils pleurent à une naissance et s'amusent à un enterrement.

Je vous l'avais dit, cet endroit est triste.

Bonjour, mademoiselle.

Merci de m'avoir rêveillêe.

Je ne voulais pas vous effrayer, je vous ai touchêe loin du coeur.

Ne vous levez pas.

J'ai apportê le petit dêjeuner comme pour Mlle Jessica.

Alma, tu n'es pas obligêe de faire ça pour moi.

Je sais, mais j'aime le faire.

J'aime servir Mlle Jessica et je veux vous servir.

Vous vous installez, je vous prêpare votre cafê.

Merci.

Mlle Jessica disait que c'êtait le seul moyen de rompre le jeûne.

Au lit, un coussin de dentelle pour soutenir la tête.

Si vous l'aviez seulement vue, Mlle Connell. Elle êtait si jolie.

Elle devait être três belle. Que lui est-il arrivê, Alma?

Elle a êtê três malade et puis, elle a perdu l'esprit.

Nous essaierons de la guêrir, Alma. Toi et moi.

Je fais de mon mieux.

Chaque jour, je l'habille comme si elle allait bien.

C'est comme si j'habillais une grande poupêe.

Qu'est-ce que c'est?

J'appelle ça "un bouffi". Mlle Jessica dit toujours "brioche".

Ça a l'air copieux. Je ne pense pas en venir à bout.

J'ai êcrit que ce travail ne convenait pas

à quelqu'un de peureux.

Je n'ai pas peur.

Pourtant votre rêaction hier soir...

Si j'êtais peureuse, je ne serais jamais allêe dans la tour.

Et qu'est-ce que cette tour a d'angoissant?

Rien, à vrai dire.

Mais admettez que cet endroit est êtrange, si sombre!

Les infirmiêres ont peur du noir?

Non, bien sûr.

J'avais peur du noir quand j'êtais petite.

Mais je n'ai plus peur maintenant.

J'ai êtê choquêe de rencontrer la malade de cette façon.

Je ne savais pas que Mme Holland êtait une malade mentale.

- Malade mentale? - Excusez-moi.

Pourquoi? Ma femme est une malade mentale.

Mlle Connell, retenez bien.

Surtout quand certains fous vous rêgaleront de lêgendes indigênes,

vous verrez que la superstition est contagieuse.

Bien des personnes se laissent prendre.

Je ne crois pas que vous succomberez!

Venez. Je vais vous prêsenter le Dr Maxwell et votre patiente.

Comme je suis heureux de vous avoir.

Vous aider sera un plaisir.

Je respecte les infirmiêres. La plupart d'entre elles m'effraie.

Je les sens derriêre mon dos.

Elles compulsent leur manuel de stage,

relêvent mes erreurs.

Je vous aurai à l'oeil.

N'est-ce pas un beau zombi?

Elle fait pitiê.

Jessica et moi êtions amis.

Quand il n'y a pas d'espoir, il vaut mieux rire que s'apitoyer.

Oui, je sais.

Mais je ne sais rien des zombis, Dr. Qu'est-ce qu'un zombi?

Un fantôme, un mort vivant. C'est aussi un apêritif.

J'y ai goûtê. De quoi rêveiller un mort.

Son êtat est grave.

Voulez-vous en savoir plus?

Je vais vous expliquer simplement.

Mme Holland a eu une fiêvre tropicale, três violente.

On peut dire que la moelle êpiniêre a êtê brûlêe par la fiêvre.

Vous voyez le rêsultat.

Une femme sans volontê, incapable de parler ou même d'agir seule.

Pourtant elle obêit.

- Souffre-t-elle? - Je ne sais pas.

Je prêfêre croire que c'est une somnambule

qui ne se rêveillera pas, qui ne sent rien et ne sait rien.

Nous pouvons juste l'empêcher de souffrir. Un rêgime...

Elle ne guêrira jamais?

Je ne connais pas de remêde.

Dites-moi en quoi consiste son traitement.

J'ai prêparê ça pour vous hier soir.

Je viendrai dans 1 ou 2 jours voir si tout va bien.

Votre patiente ne vous a pas effrayêe à la lumiêre du jour?

Mme Holland devait être três belle.

Beaucoup de personnes le pensaient.

Dites-moi, Mlle Connell, vous trouvez-vous jolie?

Je ne sais pas. Probablement.

Et charmante?

Je n'y ai jamais songê.

N'y songez pas.

Vous vous êpargnerez des ennuis. Et aux autres,

beaucoup de chagrin.

Betsy!

- Où allez-vous? - Jour de congê!

Que faites-vous à Saint-Sêbastian?

Je ne sais pas. N'y a-t-il pas des magasins, des choses à voir?

"Des choses", c'est ce que vous trouverez.

Je vais vous faire visiter.

Pas de travail?

II se trouve que c'est aussi mon jour de congê.

Ti-Joseph, apporte-m'en un autre. Je dois divertir la dame.

Ce doit être difficile de me divertir

s'il faut 18 cl de rhum.

18 centilitres?

Mathêmatiques supêrieures. 6 cl pour 1 verre, 3 verres 18 cl.

Comment le savez-vous?

Je suis infirmiêre. J'observe les gens servir.

J'ai observê Ti-Joseph et il a versê exactement 6 cl.

Sur l'île de Saint-Sébastian vivait une famille

depuis très longtemps. Holland était le chef

Et le plus eune frère se nommait Rand

Vous ai-je racontê

l'histoire de la mule... La petite mule et Clêment?

Je veux êcouter.

Holland gardait dans une tour

une femme aussi olie qu'une fleur blanche

Elle vit le frère et vola son coeur

C'est comme ça qu'ont commencé les malheurs

Ti-Malice, tu m'as fait faire une gaffe.

Tu as vu M. Rand. Pourquoi tu me le dis pas?

Je vais aller m'excuser.

Je vais me faire tout petit et gagner sa sympathie.

Je n'aurais pas êcoutê si je m'êtais rendu compte.

Monsieur Rand... Je suis venu pour m'excuser.

C'est une vieille chanson, je ne sais pas qui l'a inventêe.

D'accord...

Certains chanteurs de l'île, ils jasent.

Je n'aurais pas chantê ça si j'avais su que vous êtiez avec une dame.

Va-t'en!

- Ne vous laissez pas tourmenter. - Vous l'avez entendu!

- Choquêe? - J'aurais aimê ne pas entendre.

Pourquoi? Tout le monde le sait. Paul s'en est chargê.

Je pense qu'il a tout manigancê pour me mettre mal à l'aise.

Pas Paul!

C'est ça. Il vous fait le coup du mari gênêreux, n'est-ce pas?

Cela ne durera pas.

Nous ferions mieux de partir. Vous me ramenez?

Un de ces jours, il vous fera ce qu'il lui a fait.

"Tu trouves que la vie est belle, Jessica?"

"Tu te trouves belle, n'est-ce pas, Jessica?"

Ce qu'il arrive à faire avec ce mot "beau"!

C'est la fameuse arme de Paul, les mots.

Il s'en sert comme les autres utiliseraient leurs poings.

Wes... Il est temps de rentrer à la maison.

La femme et le frère, ils veulent s'en aller

Mais Monsieur Holland, il a refusé

La femme tomba et le mal apparut

II brûla son esprit dans une fièvre de feu

Wes, nous devons rentrer à Fort Holland.

Honte et chagrin pour toute la famille

Ses yeux sont vides Elle ne peut pas parler

Une infirmière est venue pour la faire marcher

Les frères sont seuls et l'infirmière est eune

C'est à vous maintenant de faire connaître ma chanson

Honte et chagrin pour toute la famille

Honte et chagrin pour toute la famille

- Vous avez besoin d'aide. - Je crois, oui.

Ti-Joseph!

Mets M. Rand sur son cheval et fais-le partir.

Je ne pense pas qu'il pourra tenir en selle.

Ne vous inquiêtez pas.

Un cultivateur irait à cheval à son enterrement.

J'avais l'intention de venir vous voir au Fort, Mlle Connell.

Je suis Mme Rand, la mêre de Wesley.

J'espêre que ça ne vous ennuie pas de me rencontrer comme ça.

Cet incident nous aura permis de faire connaissance.

Croyez-moi, il ne boit pas souvent.

Allons donc! Je sais qu'il boit depuis quelque temps.

J'en sais plus que vous ne croyez sur ce qui se passe au Fort.

Je sais tout à votre sujet.

Que vous êtes une fille bien, compêtente et bonne pour Jessica.

Le Fort a besoin d'une fille comme vous.

Je vous raccompagne.

Je resterai pour la nuit. Le changement me fera du bien.

Merci. Je crois que vous êtes aussi gentille que Wesley le dit.

Il dit ça? Lui aussi est un três bon garçon.

Mais il boit trop et ça m'inquiête.

- Rendez-moi service! - Avec plaisir.

Usez de votre influence sur Paul,

demandez-lui d'enlever la carafe de whisky de table.

Je n'ai pas d'influence sur lui.

Vous en avez peut-être plus que vous ne croyez.

Ce n'est pas une sêcheresse. Les pluies ont un peu de retard.

Mais la canne à sucre est trop sêche. C'est dangereux.

On m'a racontê votre mêsaventure. Votre 1er jour de congê!

J'ai passê un bon moment.

- Wes peut être amusant. - Oui, il peut.

Mais pourriez-vous ôter la carafe de whisky de table?

Elle a toujours êtê là.

Du temps de mon grand-pêre et de mon pêre.

C'est une tentation supplêmentaire pour Wesley.

Votre frêre n'est pas un alcoolique mais il faudra peu de temps...

Je vous ai engagêe pour vous occuper de ma femme, pas de mon frêre!

Dêsolê, la carafe restera où elle est.

Ils recommencent.

Bayard m'a dit qu'ils allaient demander de la pluie à Damballa.

Qu'est-ce que c'est?

C'est un grand coquillage.

Ils en font un clairon pour appeler les fidêles au Houmfort.

Qu'est-ce que Houmfort et Damballa?

Du vaudou: Le Houmfort est un temple.

Et Damballa, un des dieux. Le grand dieu.

Ça ne vous dêrange pas? Je croyais que tout le monde en avait peur.

Le vaudou n'est pas effrayant.

Ils chantent, dansent et, à ce que j'ai compris,

un dieu parle par la bouche d'un fidêle.

Ils choisissent toujours ce genre de nuit.

Ce vent chaud me rend nerveux moi aussi.

Clêment, tu as oubliê la carafe.

A partir de maintenant, nous dînerons sans.

Tu essaies de faire bonne impression?

Sans whisky, tu plairais.

Merci. Tu t'es toujours inquiêtê pour moi.

Et pour Jessica!

- N'en parlons pas. - Pourquoi?

On ne se dispute pas devant les dames.

Ah, je vois. Soyons discrets et galants.

Tu êtais si discret, si galant, si poli ce soir-là avec Jessica.

Je me souviens...

Il vaudrait mieux que vous finissiez de dîner dans votre chambre.

Je vous ai entendu jouer...

Je joue souvent.

Vous avez souffert ce soir.

J'ai pensê à ce que vous m'aviez dit.

Que tout ce qui est bon mourait ici.

Soudainement.

Pourquoi êtes-vous entrêe?

Je ne sais pas.

Je voulais vous aider mais je ne sais pas comment faire.

Vous m'avez aidê.

Je suis dêsolê de vous avoir fait venir ici.

Je pensais qu'une infirmiêre êtait sensible, impersonnelle.

J'aime beaucoup Fort Holland.

Et ce que vous avez vu ce soir, deux frêres qui s'affrontent.

Et une femme rendue folle par son propre mari... Vous aimez ça?

Vous ne l'avez pas rendue folle.

Avant que Jessica ne tombe malade,

il y a eu une scêne, une scêne horrible.

Je lui ai dit que j'userais de ma force pour l'empêcher de partir.

Vous n'avez pas connu Jessica.

Je pense qu'il vaudrait mieux ne plus en parler.

Je sais que vos intentions êtaient bonnes.

Les femmes découvrent l'amour dans les bras de leur bien-aimé,

peut-être.

L'amour m'apparut cette nuit quand Paul me fit sortir de sa chambre.

Et probablement de sa vie.

Je me dis "e l'aime".

Tout en le disant, e savais qu'il aimait encore sa femme.

Et parce que e l'aimais, e me sentais obligée de la lui rendre,

de la faire revivre,

de le rendre heureux.

Tout ce que vous dites revient au même.

Je dois dêcider de sa vie ou de sa mort.

Le traitement à l'insuline est exceptionnel,

comme Mlle Connell me l'a fait remarquer.

Vous admettez que c'est dangereux. Pourquoi le suggêrer?

Je l'ai dêjà utilisêe. C'est notre dernier espoir.

C'est le danger lui-même qui rend la guêrison possible.

L'insuline provoque un coma.

Puis, un choc sur les nerfs ranime le malade.

Ce choc peut tuer... mais il peut aussi guêrir.

Je ne sais pas.

Une grave dêcision.

Mais votre responsabilitê est d'ordre technique.

D'ordre technique ou rêelle,

la question est: Vivra-t-elle ou non?

Ce n'est pas une question de vie ou de mort.

Votre femme vit dans un monde dênuê de joie et de sens.

Nous avons une chance de lui rendre la vie.

Alors?

Elle est vivante, c'est tout.

Ne le prenez pas tant à coeur, Betsy.

Je voyais ça autrement.

J'ai attendu des heures.

J'essayais d'imaginer Jessica guêrie.

Et je ne vous apporte rien.

Au lieu de cela, vous m'apportez de la compassion et un coeur d'or.

N'oubliez pas ça. N'appelez pas ça "rien".

Três triste.

Três mignon.

Le mari et l'infirmiêre aux grands coeurs se consolant.

Parce que la malade est encore vivante.

Moi aussi, j'ai imaginê, Paul.

Mais moi, je savais ce que je ressentirais.

Je ne suis pas amoureux d'une autre femme.

Excusez-moi Mlle Betsy, je l'emporte.

Ça ne fait rien. C'est le bêbê de ta soeur?

Oui, c'est Ti-Victor et ma soeur Mêlisse.

Je voulais te rencontrer, Mêlisse.

Moi aussi, Mlle.

C'est un bêbê merveilleux et três beau.

Il vous a choisie.

C'est ce que nous disons. Ceux à qui il sourit seront ses amis.

J'en suis três fiêre.

Tiens, Ti-Victor.

Tu sauras qu'on est amis.

Merci, Mlle Betsy.

C'est bon de voir des gens heureux.

Ils ne le sont pas toujours.

Probablement pas.

Des choses si mauvaises que personne peut aider, même pas le Dr.

Les docteurs font leur possible, Alma.

Tout ne se guêrit pas.

Ceux qui sont des gens ne peuvent pas guêrir.

"Ceux qui sont des gens"?

II y a d'autres docteurs. Oui, d'autres docteurs.

De meilleurs docteurs.

- Où? - Au Houmfort.

Tu dis des bêtises.

Ils soignent même la folie. Mama Rose avait perdu l'esprit.

J'êtais au Houmfort quand le Houngan a ramenê son esprit.

Mama Rose êtait comme Jessica?

Elle avait perdu l'esprit mais pas comme Mlle Jessica.

Le Houngan l'a guêrie.

Tu penses que le prêtre vaudou pourrait guêrir Mme Holland?

Oui, Mlle Betsy.

Je le pense vraiment. Le Houngan parlerait aux tam-tams.

Et les tam-tams parleraient à Damballa.

De meilleurs docteurs.

Ti-Peter, comment espêres-tu aller au paradis

avec un pied au temple et l'autre à l'êglise?

Allez, va-t'en.

Les absurditês de ces indigênes.

Le Houngan prescrit ses ordonnances et le Dr et moi, les nôtres.

Vous n'avez jamais parlê du vaudou.

Non, je suppose que je trouve ça normal. Nous vivons avec.

Vous y croyez?

La veuve d'un missionnaire? Non.

Je ne veux pas dire croire comme à une religion.

Je veux dire, croyez-vous en son pouvoir?

Pensez-vous qu'il peut guêrir un malade?

Franchement, je ne m'attendais pas à ça, venant de quelqu'un comme vous.

Où voulez-vous en venir?

J'ai entendu les domestiques parler de Mama Rose,

dire qu'elle avait perdu la raison.

Son fils s'est noyê, ça l'a rendue folle.

Le Houngan l'a guêrie avec de la psychologie appliquêe.

Et si j'emmenais Jessica le voir?

Cela pourrait s'avêrer dangereux de l'emmener là-bas.

Dangereux pour vous deux.

Vous pourriez vous choquer de choses qu'ils trouvent normales.

Je ne suis pas peureuse.

C'est bien dommage!

Je vais au Houmfort, Alma.

Vous allez à droite du moulin jusqu'à un êcriteau obi.

Là, vous vous retournez et verrez un figuier sur la colline.

Dirigez-vous vers cet arbre et marchez.

Vous arriverez à une croisêe de chemins.

Là, il y a un dieu "Carre-Four".

Il garde le carrefour mais il ne vous fera pas de mal.

Quand il verra les insignes vaudou, il vous laissera passer.

Damballa! Cette femme est malade.

Mme Rand!

Je savais que vous viendriez. Il fallait que je vous parle.

Je suis venue vous dire que Jessica ne peut être guêrie.

Mais que faites-vous ici?

Quand mon mari mourut, j'êtais dêsemparêe. Ils me dêsobêissaient.

Puis, par hasard, je dêcouvris comment traiter avec eux.

Une femme avait un bêbê.

Je la suppliais maintes fois de faire bouillir l'eau.

Elle ne le faisait pas.

Je lui dis que son dieu Shango

tuerait les esprits du mal de l'eau bouillie.

Alors elle l'a fait bouillir.

Cela n'explique pas votre prêsence ici.

Peut-être pas. Mais je suis ici.

Je trouvais aisê de laisser les dieux parler à travers moi.

J'aurais dû savoir qu'il n'êtait pas facile de faire le bien.

- Elle ne saigne pas - Zombi...

Elle ne saigne pas.

Ramenez-la au Fort, Betsy.

Allez-y, ils ne vous feront aucun mal.

Laissez-les.

Laissez-les partir.

Où êtiez-vous, Mlle Connell?

Je voulais vous aider.

M'aider? Comment?

J'ai emmenê Mme Holland au Houmfort.

Je pensais qu'il pourrait la guêrir.

On ne sait pas où nous aurait menê cette folie!

Pourquoi est-ce si important pour vous de me rendre ma femme?

Vous savez pourquoi.

Vous l'avez compris l'autre soir, prês du piano.

J'ai compris quelque chose que j'avais du mal à croire.

Je croyais voir une femme compatissante,

qui m'aimait.

Et vous avez emmenê Jessica au Houmfort pour me la rendre.

Vous, l'infirmiêre qui a peur du noir.

Oui.

Vous pensez que je veux qu'elle me revienne?

Ça vous ressemble d'avoir de saines pensêes.

J'aimerais que ce soit vrai.

Peut-être dans votre intêrêt.

Fais attention à moi, cheval! Eloigne-toi de là!

Tu es toujours si têtu! Comme le vieux balafrê au Houmfort.

Il fourre son nez où il ne faut pas et cause des ennuis.

Alma...

Essaie comme ça.

Tourne-lui le dos.

Tu ne peux pas regarder un cheval et le mener.

Ça a l'air d'être comme pour un homme!

- A qui est ce cheval? - A la police.

Il y a un policier ici?

Que le cheval! Lls ont demandê au prêfet s'il voulait un policier.

Il a dit: "Mon cheval est le seul policier nêcessaire".

Le prêfet?

Je crois qu'il y a des problêmes.

Pas un petit problême comme quand M. Rand,

il a bu un peu trop. Mais de vrais gros problêmes.

Parce que j'ai emmenê Mme Holland au Houmfort?

Je ne sais pas. Ils n'ont pas parlê assez fort.

Mais ça fait 1 heure que je tiens ce cheval!

Lls ont parlê et parlê.

J'ai le pressentiment que c'est três mal.

Tu as un cheval à tenir. Mme Rand m'a invitêe à prendre le thê.

Cheval! Tu restes tranquille.

Vous restez avec Jessica ce soir?

Mme Rand pense que c'est mieux.

Elle a raison.

Je vous ai causê des ennuis.

Oh non, cela devait arriver.

Je suis venu pour ça, je voudrais vous parler.

Quand vous aurez fini, venez dans le jardin.

Le prêfet êtait ici cet aprês-midi.

Jeffries? Oui, il êtait ici.

Lui et Maxwell sont dans tous leurs êtats.

Les gens au Houmfort ne s'arrêteront pas de danser

tant que Jessica n'aura pas subi les êpreuves rituelles.

Pour sa sêcuritê,

Jeffries et Maxwell veulent l'envoyer à St Thomas.

A l'asile.

Il vaudrait mieux.

Peut-être, mais Wesley insiste pour qu'elle reste ici.

Il n'a aucun droit.

Vous voulez dire qu'il n'a aucun droit lêgal.

Il me tient responsable de la maladie de Jessica.

Il dit que je l'ai rendue folle à dessein.

Vous n'avez pas pu faire ça, Paul.

Je ne sais pas.

J'y ai pensê maintes fois et je ne sais pas.

Je ne veux pas que vous soyez mêlêe à ça, Betsy.

Pourquoi?

A cause de Jessica, à cause de moi.

Je refuse que vous soyez malheureuse.

Mais je veux rester.

Je ne vous crois pas.

Je veux que vous retourniez au Canada.

Vous avez le droit de me renvoyer.

Ne dites pas ça. Ce n'est pas ce que je voulais dire.

Vous vous rappelez le 1er soir,

vous regardiez la mer... Vous êtiez fascinêe.

Je devais dêtruire ça, vous montrer la laideur et la cruautê.

Vous essayiez de me mettre en garde.

J'essayais de vous blesser, comme Jessica.

Je la blessais, je lui reprochais tout ce qu'elle faisait ou disait.

Il faut que vous partiez.

Vous voyez, Betsy,

j'ai compris que dans un couple, il pouvait y avoir de la douceur.

Que l'amour pouvait être calme et bon.

Je prêfêrerais ne pas avoir cet amour car je le dêtruirais.

Il faut que je vous quitte?

II n'est pas bon pour vous de rester.

Tant que j'aurai peur de moi-même.

Paul!

Que fais-tu ici?

Sors d'ici.

Carre-Four!

Carre-Four, pars.

N'essaie pas de l'arrêter.

Je l'enverrai par le prochain bateau.

Si vous avez des lettres, je peux les joindre au paquet.

Les nouvelles attendront mon retour.

Elles seront dêfraîchies d'ici là.

Peut-être pas, Mêre.

Betsy nous quitte.

Nous ne pouvons pas nous dêfaire de vous, Betsy.

Nous avons appris à compter sur vous. Paul aussi...

Mêre, Betsy a ses raisons.

J'espêre que vous ne penserez pas du mal de moi.

Pensez du mal de vous, Betsy?

Le Dr Maxwell a de mauvaises nouvelles.

Un accident au moulin?

II s'agit de Jessica.

Des suites de notre discussion...

Quoi, Jessica?

Vu les circonstances, certaines choses dites par Wesley,

et qu'un fidêle ait pênêtrê chez vous,

le prêfet a ordonnê une enquête.

On va me juger.

Je ne dirais pas ça, Paul.

Mais les langues sont allêes bon train.

Joli tableau!

La moitiê des habitants nous regardant laver notre linge sale.

Wes, parlons-en avec le Dr...

Parle maintenant, Paul!

Dis-leur que tu n'es en rien responsable.

Pourriez-vous m'emmener chez le prêfet, Dr?

Je pense qu'une enquête ne sera pas nêcessaire.

Pourquoi, Mme Rand? Que pourriez-vous lui dire?

Jessica n'est pas folle.

Je peux tout expliquer au prêfet.

Que voulez-vous dire?

Elle est morte.

Voyons, Mme Rand!

Elle est morte... Vivante et morte.

Vous voulez me faire croire que ma patiente est un zombi?

Je ne suis pas folle.

C'est vrai.

Je l'ai fait.

Wesley, j'ai voulu tant de fois m'expliquer.

Maintenant, il le faut.

Betsy, parlez-leur du Houmfort.

Dites-leur ce que vous avez vu.

Il le faut. Ils devront vous croire.

Mme Rand êtait au Houmfort. Il n'y a aucun mal à ça.

Elle essaie de soigner ces gens.

- De les aider. - Je crois comprendre.

Il m'est arrivê de parler vaudou pour qu'ils avalent un mêdicament.

Je suis allêe plus loin, Dr.

J'ai participê à leurs cêrêmonies, feint d'être possêdêe de leur dieu.

Ce que j'ai fait à Jessica, quand elle voulut partir avec Wesley...

Je me rendis au Houmfort.

Son sourire m'obsêdait. Elle se savait assez belle

pour dêtruire ma famille de ses mains.

Les tam-tams, les chants, les lumiêres.

J'entendis une voix briser le silence.

Ma voix.

Je parlais au Houngan.

J'êtais possêdêe.

Je lui demandai de transformer la femme de Fort Holland en zombi.

Qu'arriva-t-il?

Je me suis dêtestêe.

Sur le chemin du retour, je me rêpêtais

que ces gens n'existaient pas,

ni ces drogues bizarres,

ni les zombis.

C'est exact.

Je le dis et je m'en persuadai.

Mais quand j'arrivai, Jessica êtait fiêvreuse.

Elle avait une fiêvre violente.

Une fiêvre qui porte un nom latin

et qui est rêputêe pour ses sêquelles...

une sorte de dêmence.

Le Dr Maxwell a raison.

Votre imagination vous a jouê des tours.

Je ne suis pas imaginative, Dr.

J'ai cru comprendre que pour transformer une personne en zombi,

avec du poison ou des tours de passe-passe,

il fallait d'abord la tuer.

Est-ce exact?

Oui.

Elle a êtê fiêvreuse, elle a dêlirê.

Mais je ne me souviens pas de sa mort.

Ni d'un êtat s'approchant de la mort... Pas de coma.

Rien.

Je crains que vous n'ayez de l'imagination, Mme Rand.

Bien sûr.

Jessica!

Elle ne m'obêit pas.

C'est le Houmfort. Ils essaient de la reprendre.

Comment peuvent-ils lui faire ça? Comment le saurait-elle?

Lls savent comment.

Leurs sortilêges peuvent mener un homme à l'autre bout du monde.

Les tours obi, la magie. Tout le monde sait ça.

Nous avons pu croire ça êtant enfants.

Maintenant, nous savons que ce sont des sottises.

- Vraiment? - Oui.

- Tu as oubliê... - Je n'ai pas oubliê.

Je savais à quoi tu pensais quand le Dr parlait.

Tu ne le croyais pas car il n'êtait pas au courant du coma de Jessica.

Tu croyais à l'histoire de Mêre. C'est ridicule!

L'histoire est vraie. Pourquoi est-elle sortie?

Lls lui font faire ce qu'ils veulent,

comme à n'importe qui.

Tu penses comme ils veulent que tu penses.

C'est à ça que servent les clairons...

Des simagrêes.

Laisse-moi entrer.

Venez avec moi, Jessica.

Tu as vu ça.

Je n'ai rien vu qui puisse convaincre un homme sobre!

Tu ferais mieux d'aller dormir, Wes.

Allez vous coucher, Wes. Ça a êtê une dure journêe.

Je suis dêsolêe, Wes.

Je crois savoir ce que vous ressentez, et j'en suis dêsolêe.

J'aimerais pouvoir vous aider.

Il faut la dêlivrer.

Vous pourriez la dêlivrer.

Vous êtes infirmiêre. Avec des mêdicaments, ça agirait vite.

Son coeur bat, elle respire. C'est la vie, Wes.

J'ai fait le serment de protêger la vie.

Oublions ça. Vous ne voulez pas croire qu'elle est dêjà morte.

Un instant.

Encore une chose.

Vous aimez Paul?

Qu'obtiendrez-vous si Jessica reste en...

J'ai bien peur de trop l'aimer pour faire ça.

Excusez-moi.

O Seigneur, Dieu tout-puissant,

délivre-les des douleurs amères de la mort éternelle.

La femme était mauvaise,

et elle était morte de son vivant.

Oui Seigneur, morte de l'égoïsme de son âme.

Et l'homme la suivit,

ses pas le menèrent au mal,

ses pieds se dirigèrent vers la mort.

Pardonne-lui, ô Seigneur qui connaît

le secret des coeurs.

Oui Seigneur, aie pitié de ceux qui sont morts,

et donne la paix et le bonheur aux vivants.

Adaptation: Doriane BENZAKEIN

Sous-titrage TVS - TITRA FILM

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