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Tu vas pas à l'école, toi ?
Votre
journal, monsieur.
Tiens, attends.
Euh, non merci.
Ma mère m'interdit d'accepter les cadeaux des inconnus.
Merci quand même, monsieur.
Maman, je peux y aller tout seul à l'école ? C'est hors de question.
Attends-moi deux minutes.
Non.
L'anglaise le retient.
J'envoie les cailles pour la 2.
Au revoir, au revoir.
La veine, on est prêts ? Pour la mandarine surprise.
Qui est sur la mandarine surprise ?
Merci. J'annonce deux cailles en direct pour la 3.
Oui, chef.
Molo sur les morilles.
Le cognac, il va se servir tout seul, le tomate ? C'est quoi
ça ? Les
tomates, c'était de l'eau, donc j'ai pensé qu'avec des poivrons, ça allait.
Mais on ne te demande pas de penser.
Allez, poubelle. Ah non, chef, ça serait dommage. Ça serait très dommage. Pire.
C'est un attentat gustatif.
Une sauce armoricaine, c'est une sauce armoricaine.
Ce qui était bien meilleur qu'une sauce armoricaine, ma sauce.
Ça suffit, Lannes.
Tu as la langue beaucoup trop bien pendue.
Pour une saucière, c'est une qualité, non ? C'est amusant, ça.
Merci, Franck.
Un peu de beurre. Je t'aime tellement à la cuisine, tu devrais rester à la
maison, ma beau-fille.
Tu pourrais cuisiner des bons tiragous pour ton mari.
Ah ben non.
C'est vrai, ton affaire. Je suis désolé.
Et bien justement, comme ça, ça me laissera tout le temps de faire des
étincelles quand Escoffier m'aura choisi pour le dîner d'Etat.
Tiens, rends-toi utile, donne-moi les tomates.
C'est quoi ce dîner, maman, le plus roi des rois ? Apparemment.
Mais bon, tu sais, moi, ça m'impressionne pas vraiment, parce qu'un
roi, j'en ai avec moi tous les jours.
Bon, allez, on va passer par là, sinon on n'y sera jamais.
Hop, hop, hop, allez, on se dépêche.
Paul ! Cadeau ! Ma mère m'interdit d'accepter les cadeaux des inconnus.
Paul, ouvre. La comtesse d'Alencourt n'est plus une inconnue.
Mais c'est beaucoup trop beau ! Mais non.
Un beau jeune homme comme lui doit porter une cravate.
Ne le quêtez pas comme ça.
Les petits soldats de plomb, la dernière fois, il les a fait fondre.
Maman, j'ai pas fait exprès, c'était pour une expérience.
Toi, Paul, tu es beaucoup trop bien pendu. Tout le temps que c'est une
qualité.
C'est rare, mais ça m'arrive de me tromper. Donc, notre jeune ami est déjà
un grand scientifique.
J'ai toujours décidé sans science. Quand je serai grand, je serai un savant très
célèbre. Merveilleux.
Je suis désolée, on ne lui apprend pas la modestie en cours de science.
Merci.
Tu aurais dû me demander au lieu de filer à l'anglaise avant la fin du
service. Mais ils avaient terminé, on en était au dessert.
Tu as beaucoup de talent.
Mais tu n'en fais qu'à ta tête. Tu imagines si tous les autres faisaient
comme toi ? Si ils étaient un peu moins dociles, ils seraient peut-être plus
doués en cuisine.
Il faut savoir travailler une recette pour pouvoir la renouveler.
Et voilà quel philosophe maintenant.
Je ne savais pas que c'était un délit.
Dans trois jours, le monde aura les yeux braqués sur nous.
Alors croyez-moi, un nouveau rappel à l'ordre et ce sera la porte.
Viens, monsieur Reitz.
Pourquoi tu ne le mettrais pas au pensionnement ? Il y en a une très bien
pucelle. Qu'est-ce qu'il va lui faire à manger le soir ? Qu'est-ce qu'il va lui
faire des bisous pour dire bonne nuit ? Je te parie qu'en cours de séance, il
lui dérompt que la terre est plate.
Et pour la rechercher, tu vas faire comment ? Moi j'irais bien, mais cette
vipère de branquiner va m'avoir à l'œil.
Pourquoi tu ne lui demanderais pas à elle ? Elle est en extra pour la
journée.
Elle a l'air gentille.
C'est une qualité.
Allez, faut que je file.
Je dois aller faire le lit de la Duchesse de Morny.
Elle veut pas de drap vert.
Elle dit qu'elle a l'impression de dormir sur le champ de Mars.
Mademoiselle ? Oui ?
Les serbes ne veulent pas de la domination austro-hongroise.
Seulement avec le jeu des alliances, si ça dérape, ce sera vite le bordel. Toute
l'Europe en guerre.
Du coup, ils viennent se rabibocher en mangeant chez nous.
On leur fait goûter deux, trois pommes d'amour et la guerre est finie.
Il va savoir.
La grande cuisine adoucit les mœurs.
Bon, et à propos,
il a choisi quand son équipe de fleurs qu'est-ce qu'on fait ? Sûrement aujourd
'hui. Que les meilleurs gagnent.
Désolée les gars.
Jeanne.
Dans la sauce, Grébiche, tu mets du persil ou de la ciboulette ? De la
ciboulette. Et rajoute une pente de madère, ça casse l'acidité du vinaigre.
Tiens.
T'as encore les citrines et ça ? Merci.
C'est quoi ? Écoute-toi de tes oignons, toi.
Là-dedans, il y a tous les petits secrets qui font d'elle la meilleure
saucière de Paris.
Paul, écoute, t'as des devoirs à faire. C'est plus le moment de se cacher, t'as
plus 5 ans.
Vu Paul, il vient toujours me voir avant de voir d'habitude. Je ne sais pas où il
est.
Non.
On se voit ce soir.
Oui, je ne sais pas.
Je t'aime.
Si tu veux revoir Paul, intègre l'équipe du dîner d'état.
Pas un mot à la police, il n'y a personne.
Il est où Paul ? Il n'a pas pris son goûter ? Il est chez un copain.
Un copain ? Quel copain ? Un nouveau, tu ne connais pas.
Et Amélie, il l'a laissé partir ? Jeanne, qu'est-ce qui se passe ?
Je ne sais pas où il est.
Quoi ? Amélie n'est pas revenue prendre son service.
Mais on ne peut pas rester là sans rien faire.
Et les voleurs d'enfants ? Il faut aller chez les flics. Non, non, Ritz attend
que ça pour me virer.
Je vais le retrouver.
Si bien que son dentier tombe dans son potage de légumes, elle part dans un fou
rire et elle a tellement ri qu'elle s'en est décrochée la mâchoire.
L'éternité ? Oui.
Heureusement, un médecin a été dans les parages et a pu la lui remettre.
Et comment va s'appeler votre roman, M. Proust ? Je ne sais pas.
Le concierge de la place Vendôme, peut-être.
Je peux vous parler, s'il vous plaît ? Si c'est pour vous plaindre, c'est
inutile.
Je devais en informer M. Ritz.
C'est mon métier.
J'aimerais voir l'adresse de la nouvelle Amélie.
Et pourquoi ça ? Elle a oublié ses gants.
Cette petite inconséquente a disparu juste avant les services du thé.
Elle ne mérite pas de porter de gants.
Elle a peut-être eu un problème.
Oui, et peut-être que sa mère est une hijambiste. Écoutez, je m'en
contrefiche. Et maintenant, du vent.
Je proposerais bien à Paul de m'accompagner à l'exposition sur la TSF.
C'est au palais du Trocadéro, je vous le ramène pour le dîner.
Il est pas là, il a dû être retenu à l'école.
Vous me tenez au courant, après je serai à l'opéra.
Les joies du mariage.
Pardon.
Voyez-vous le chef ? En fait, t'avais raison.
Le madère dans la grimiche, c'est génial.
Chef ? Je voulais m'excuser pour les poivrons.
Et puis pour avoir répondu aussi.
C'est horrible.
Ce qui se passe le matin, c'est déjà du lointain passé.
Concentre-toi sur ce soir et sur demain. Justement, il faut absolument que je
fasse partie de la brigade du digne d'État. J'ai plein d'idées. Oui, ça, j
'en doute pas.
Mais c'est déjà trop tard.
J'ai choisi mon saucier.
Ce sera Georges.
Georges ? Il a une idée formidable pour la sauce grébiche.
Mettre une pointe de madère.
Je n'y aurais pas pensé.
Je lui donne sa chance.
Mais c'est mon idée.
Entre nous, je sais que Georges n'a pas tant de talent, mais il est fiable.
Il n'est pas un seul en lui.
Laissez-moi vous montrer ce dont je suis capable. Je suis sûre que vous ne serez
pas déçus de m'avoir choisi.
On a les Vanderbilt à dîner ce soir. Essayez déjà de ne pas les décevoir.
C'est qu'un dîner, on aura mis l'autre.
Je vous ai réservé la suite Louis XVI, comme d'habitude.
Nicolas ?
Louis XVI.
Oh, commissaire.
Je déteste quand les gens importants sont plus jeunes que moi.
Vous savez que la limitation de vitesse dans Paris est de 12 km heure. Vous
rouliez à 20.
Un vrai danger public.
C'est la vie.
Commissaire Armand Delamotte-Saint-Pierre, félicitations.
Votre vocation a été une vraie surprise pour votre maman. Sormez doucement, d
'autant que je ne suis plus que commissaire Delamotte tout court. Vous
avez beau raboter votre patronyme, le plaisir de votre visite reste entier.
J'ai appris que vous serez chargé de la sécurité de notre dîner d'état.
Effectivement, et pas une mince affaire. Je vous garantis ma totale
collaboration. En échange, vous m'assurez que rien ne troublera le calme
de mes clients. Je ne voudrais pas gâcher leur digestion.
Mais je suis ici pour une autre raison. Je viens voir Jeanne Vasseur.
Votre saucière, son fils, a disparu. Allez voir en cuisine.
Le petit a fait son terrain d'expérimentation scientifique et il
adore ruiner nos créations.
Je peux accompagner le commissaire ? Paul est mon petit-neveu. Bien sûr,
Rose.
Et revenez me voir, on doit parler affaires.
Quand je pense qu'avec la fortune de sa mère, il aurait pu se contenter de
manger des huîtres en lisant la gazette jusqu'à la fin de ses jours.
Les gens de qualité se mettent au travail.
Quelle époque !
Commissaire de la Motte-Saint-Pierre, je vous présente Jeanne Vasseur. De la
Motte, tout court.
Petite collation peut-être ? Ah, puisque vous êtes là.
Nous avons eu un vol de petites cuillères récemment.
Même si l'affaire promet d'être palpitante, je ne suis pas venu ici pour
ça.
Commissaire, un vol de petites cuillères au Ritz, c'est une entaille dans le
patrimoine de la France.
Allez crier sur les toits que vous allez porter plainte.
Vous verrez les cuillères reprendre miraculeusement leur place.
J'y vais de ce pas.
Je vous en prie.
Votre tante est venue signaler sa disparition.
Vous avez eu une demande de rançon ? Non.
Votre tante m'a parlé d'une certaine Amélie. Vous la connaissiez ? Je peux
pas quitter mon poste comme ça. Il fallait que je trouve quelqu'un pour
accompagner Paul à l'école.
Sa disparition colle avec la méthode des voleurs d'enfants.
des gens qui pourraient vous en vouloir.
Je dois creuser toutes les pistes.
Il y a un cuisinier de la brigade.
C'est Georges.
Il fait tout pour m'évincer. Il vient de me piquer ma place sur le dîner d'État.
Il sait que mon fils fait tout pour moi.
Il est en cuisine ? Oui.
Moi, il m'a fait une bonne impression.
Il va le retrouver, ton fils.
C'est pas l'heure de la pause, si ? Jeanne, tu peux prendre cinq minutes.
Et toi, Jules, tu retournes au turbin.
C'est pas ce jour-là que tu as trouvé nous ? C'est Louise qui me l'a donné.
Elle en récupère quelquefois dans les chambres des clients.
Pendant le déjeuner, j'aime bien lire les romans.
En ce moment, c'est...
Louise, t'as deux minutes ? J'ai repris
pour ton fils.
Mais en même temps, on peut pas tout avoir.
On peut pas travailler comme un homme et élever son enfant comme une femme.
Merci pour ton soutien.
Dis, tu sais où tu as trouvé le journal que t'as donné à Rose ?
Il y a un nom, une adresse griffonnée dessus. Je me dis que le propriétaire
aura sûrement besoin de l'accuper.
T'auras sûrement un très très gros pourboire de la part du client.
Tiens, regarde, un à compte.
Euh, la 205... Non, la 205, il y avait rien.
Ou la 209, peut-être.
Ou la 213.
À moins que ce soit la 204.
Mais tu dois bien te rappeler, quand même.
Mais on a tellement de travail, nous.
Alors, le dîner ? Je sais pas si... Tu veux parler à un flic, tu sais pas lire
? C'est pas moi que tu l'as appelé ! C'est pas moi, je vous jure, je vais
rien dire ! Non, trois jours, le dîner, c'est clair ? Qu'est-ce que j'aurai à
faire ? Tu es un homme.
Quel goujat ! Vous l'avez vu ? Vous avez pu voir qui c'était ? Non, je n'ai eu
que le temps de l'éviter.
Pourquoi ? Pour rien.
Dites, j'ai appris pour Paul.
C'est terrible.
Dites-moi ce que je peux faire, je vais absolument faire quelque chose.
Le commissaire de la mode s'en occupe.
Alors vous me tenez au courant ? Vous me le promettez ? Courage.
C'est ça ton point pour me piquer la place sur le dîner ?
Tu me fais accuser de l'enlèvement de ton fils ? J'utilise tes méthodes.
T'as un problème ? Non chef.
Y'a pas de problème.
Non. Alors tout le monde en place.
Oui chef ! Le dîner, c'est mort pour toi. C'est ce qu'on verra.
Je t'entendais pas, je croyais que t'étais pas là.
Eh,
ils vont le retrouver, c'est leur boulot.
Le prends pas mal vulné, ce soir je préfère rester seule.
Ça s'arrangera rien de rester toute seule à Ruminer.
En fait, Georges a été convoqué au commissariat, tu sais pourquoi ? Je sais
pas, la connerie devient un délit.
Est-ce que Fiel a pris sur le dîner ? Quoi ? Attends, mais t'étais mis une
fois meilleur que lui.
C'est qu'un dîner va.
Y en aura d'autres ? C'est ce que m'a dit le chef, mais...
Mais quoi ? Mais rien.
Je suis fatiguée. On se voit demain ? Comme tu veux.
Décrivez votre héros moderne.
Mon héros à moi est une héroïne. Elle s'appelle Jeanne Vasseur et c'est ma
mère. Elle travaille dans le grand restaurant du plus bel hôtel de la place
Vendôme. Elle est la seule femme et elle ne se laisse pas marcher sur les pieds.
Moi, je dis qu'elle est ok, mais c'est parce qu'elle porte un drôle de chapeau
sur la tête.
Ma maman n'a peur de personne, même pas du grand chef Escoffier.
Car c'est elle la meilleure saucière de tout Paris.
Elle a toujours des bonnes idées et invente des plats incroyables.
Elle est très occupée, mais elle m'aide toujours à faire mes devoirs.
Quand je serai grand, je voudrais être aussi fort et intelligent que ma maman.
Jeanne ? Le commissaire de la mode Saint
-Pierre a téléphoné. Il veut vous voir.
Il a retrouvé mon fils ? Allez-y, vous verrez bien. Mais qu'est-ce qu'il vous a
dit ? Du talon, ça va bien, oui.
Apparemment, il a réussi à mettre la main sur cette Amélie.
Qu'est-ce que t'attends ? File comme le vent.
Je vous jure que c'est pas de ma faute.
Le monde m'a faussé compagnie et il a disparu au coin d'une rue.
Alors j'ai essayé de lui courir après mais impossible d'en mettre la main
dessus.
Et j'ai pas osé revenir à l'hôtel pour le dire.
Il est super mal élevé votre gamin.
Paul aurait pu se sauver comme ça ? Mais jamais de la vie, c'est n'importe quoi.
Alors mademoiselle, il s'est passé quoi ? Ce que je viens de vous dire.
C'est la dernière fois que je resservisse moi. Mais le monde !
Qu'est-ce que t'as fait de mon fils, toi ? Il s'est passé quoi à la sortie de l
'école ? Calmez-vous, mademoiselle Vasseur.
Mais vous êtes là aussi à gober tout ce qu'elle vous raconte. J'ai interrogé l
'instituteur de votre fils.
Il corrobore ce que dit mademoiselle.
Elle a bien récupéré Paul à la sortie de l'école. Ah, voilà.
Merci. Il faut donc chercher ce qui s'est passé après qu'il lui a faussé
compagnie. Paul a peut-être fait une fugue.
Il y avait des tensions entre vous. Mais vous voyez pas qu'elle vous mène en
bateau ? Je veux lui parler, seul à seul. Ah non, ça c'est pas la procédure.
Je m'en fous de la procédure. Mon fils a disparu.
Ferdinand, vous voulez enlever ça, s'il vous plaît ?
Vous allez pas la relâcher ? Je n'ai pas de preuves.
Et sans preuves, je ne peux pas la garder.
Faut pas déborder du cadre, hein, surtout.
Faudrait pas froisser les hiérarchies.
Comme vous faites bien votre travail, monsieur le commissaire. Si vous aviez
bien fait le vôtre, on serait pas là.
Et pour une femme, il n'y en a qu'un seul de travail.
C'est mère de famille.
Merci.
Je sais que tu mens ! Il est où ? Lâchez-moi, vous êtes malades ! Il est
où, je te dis ? Il y a des couverts en argent qui ont disparu.
Tu veux que je demande au commissaire d'enquêter ou tu préfères me dire ce qui
s'est passé ? Lâchez-moi.
Réponds-moi ! Il est où, mon fils ? C'est un type.
Je sais pas comment il a su que j'allais chercher votre gamin, mais il m'a donné
beaucoup d'argent pour que je l'emmène au baron d'art.
Vous savez s'il y a un baron d'art parmi les clients ? Je pense avoir taché le
tapis de ma chambre.
Je vous envoie la femme de chambre.
Merci.
Si vous répondez pas, je vais hurler comme jamais personne a hurlé ici. Je n
'ai jamais entendu ce nom-là.
Croyez-moi, je connais la noblesse de ce pays comme ma poche.
Vous êtes sûre ? Vous ne serez pas venu pour rien.
Vous avez vu qui vous l'a déposé ? Aucune idée.
Il n'y a pas un bouton de culotte qui rentre ou qui sort ici sans que vous
soyez au courant. S'il vous plaît, ne dites pas que vous ne l'avez pas vu.
Quelqu'un aura profité de l'effervescence des arrivées, je ne sais
pas.
J'espère que vous allez le retrouver.
Alors, vous avez du nouveau ? Peut-être.
Le baron d'art, ça ne me dit rien.
Pourquoi un baron aurait-il voulu prendre Paul ? Un baron ? Il y a aussi
des trous de balles à particules.
Dites-moi ce que vous savez. Je connais des gens haut placés. Mon mari travaille
au Quai d'Orsay.
Il assistera au dîner ? Bien entendu, pourquoi ?
Parce qu'en fait, si je veux en voir Paul, il faut que je fasse partie de la
brigade qui va le préparer.
Pour quelle raison ? Je sais pas.
C'est ce que ce baron fait partie.
Je vais tâcher de me renseigner au prénom de Marie.
Mais il ne me parle jamais de ses affaires. Pour lui, la tête des femmes
ne sert qu'à porter des chapeaux.
Ma foi, je suis comme Branquini. Je ne vois vraiment pas qui ce baron d'art
peut être.
L'araignac, il est ici.
Je dois lui parler.
Parce que vous pensez pouvoir l'approcher comme ça ? Pour dire quoi ?
Vous avez mon fils, rendez-le-moi s'il vous plaît.
Tout ce que je sais, c'est qu'en attendant, Paul doit se demander
pourquoi je fais rien pour le retrouver.
Écoutez, je ne connais pas ce baron d'art.
S'il sait quelque chose, je le découvrirai.
Vous, placez-vous sur ce dîner par n'importe quel moyen.
On va le retrouver, notre petit Paul.
Tu veux pas une sauce Sarevitch, pas trop relevée ? C'est pour le plat ? Non,
c'est pour son chien.
Son lévrier dégère pas les épices.
Je reviens, j'ai plus de tomates fraîches.
Exaspérant, pardon.
Vous me fatiguez.
Mais allez, dites-moi.
Pardonnez mon étonnement, ma chère, mais c'est bien la première fois que vous
vous intéressez à mes affaires.
Qu'est-ce qui me vaut ce brusque revirement ?
Polytèse conjugale.
Autant vous êtes une bonne menteuse, autant vous faites une piètre hypocrite.
Voilà justement le baron d'Areniac auquel vous vouliez tant être présenté.
Je me demande pourquoi d'habitude vous vous montrez plus sélective au niveau du
choix de vos amants.
Mon cher baron, laissez-moi vous présenter ma femme. Elle se fait une
fête de vous rencontrer.
Je vous laisse entre bonnes mains, ma chère.
Quoi qu'un peu tremblante peut-être.
Amusez-vous bien.
Votre mari m'a dit que vous adoriez jouer, n'est-ce pas ? Alors, si vous le
voulez bien, allons jouer.
Georges, tu sais pas où est mon carnet ? C'est plus ce que j'en ai fait. Ici, là
-bas. Ah oui.
Jeanne ?
Oui chef ? On a des nouvelles de ton fils ? Ah non, bon pas vraiment.
Qu'est-ce que c'est ? Sarah Bernard m'a demandé un dessert diététique.
Alors j'ai pensé fraises et une crème à base d'ananas.
Oh la tristesse.
Elle va avoir envie de se pondre votre Sarah Bernard.
Il faudrait rajouter un doigt de...
Un doigt de liqueur de vieillecure.
Ça va relever la padeur de la crème.
La vieillecure ? Pourquoi pas ? Et puis après, vous fouettez à froid, comme ça,
ça donne une petite mousse légère, mais canaille.
Tu t'en charges ? À vous-même, chef.
Chef.
Chef, qu'est-ce qui se passe ? Le chien du tsar est malade.
Georges ! Oui, chef. Qu'est-ce que tu as mis dans la sauce tsarevitch ? Comment
ça, je... Le chien du tsar est malade.
Son mathèse est furieuse.
Je... Ah, ben, je... Jeanne ! Oui, chef.
Le dîner diplomatique ? Oui, chef.
Je vous remplace, Georges. Quoi ? Vous ne pouvez pas me faire ça, s'il vous
plaît, chef ! Rompez !
Si
quelqu'un vient me récupérer, vous essaieriez de voir qui c'est ? Je n'ai
que ça à faire.
S'il vous plaît.
Merci.
Il est capable de commander un enlèvement comme moi de chanter la
traviata.
Mais il joue passablement aux dames.
C'est qui alors ?
Emile
nous a dit pour Amélie.
Ils l'ont retrouvée.
Elle a dit lui quelque chose ? Qu'il avait amené un baron. Un baron ?
Pourquoi un baron aurait enlevé Paul ? Quel baron ? Je sais rien, moi. Le baron
d'art, ça vous dit quelque chose ? Le baron d'art ? Elle t'a dit quoi
exactement, Amélie ? Qu'elle avait amené Paul au baron d'art. Tu sais qui c'est ?
C'est pas une personne, c'est un lieu.
On y va parfois avec Marcel et Isidore pour pêcher.
Il y a le haut rond d'art et le bas rond d'art.
Ça a deux lieux d'ici, sur la route d'Argenteuil.
D'ailleurs, il y a une vieille chapelle abandonnée.
Amélie, t'es géniale.
Tu me couvres près du scoffier ? T'inquiète.
J'arrive pas.
Non, c'est pas la peine. Je crois pas avoir demandé ton avis.
Tu m'attends.
Tu m'attends.
Pour le baron d'art, je pensais au baron Rochambeau de Montfort.
Le problème, c'est qu'il est en Italie.
Laissez tomber, c'est pas la peine. Mais vous allez où ? Vous savez qui c'est ? C
'est un lieu dit sur la route d'Argenteuil.
Très bien, je viens avec vous. Non, il faut que j'y aille seule.
J'aurais jamais dû vous dire tout ça, les consignes étaient très claires.
Oui, mais vous l'avez fait.
Vous avez voulu m'aider, je vous remercie.
Il faut que j'y aille.
C'est mon fils, il m'attend.
Allô, commissaire ? Pietro Banchini, l'appareil.
Je crois que j'ai quelque chose qui pourrait vous intéresser.
A la prochaine.
Vous m'avez fait peur.
Qu'est-ce que vous faites là ? Je vous avais dit que je voulais y aller seule.
J'ai pensé que vous auriez peut-être besoin de ça.
Cadeau de mon mari contre les indigènes en Afrique. C'est très efficace.
D'accord, mais poussez votre truc.
Il était là.
Il va avoir froid.
Mon petit Paul.
Qu'est-ce que c'est ? Là, juste là.
On va pouvoir retrouver celui qui l'a enlevé.
Il savait que je le cherchais.
Il savait que je l'avais exprès.
Albertine ? L'autre
jour, en cuisine, Paul a mis du colorant dans l'eau du riz. Il était tout bleu.
Vous auriez vu la tête de ce coffier.
Vous avez des enfants ? J'en avais.
Pardon.
Allez ! Oh !
Martine,
ça va pas ?
Retenez le donneur sur votre place. Très bien.
J'y mettrai deux de mes hommes en faction.
Et donne sur quoi cette porte ? Le salon bandone.
Vous disposerez de combien d'hommes ? Commissaire.
Chez vous tout de suite.
Ce n'est pas banal, une comtesse amie avec une cuisinière.
Pas plus qu'un homme qui se fait passer pour un cutéreux.
Qu'est-ce qu'elle voulait ? Elle aime beaucoup Paul.
Elle est touchée par ce qui arrive.
Vous avez déposé ce mot à la réception.
C'est fait.
Pour qui, ce billet ? C'est cette crevure de Brantini qui vous l'a donné ?
Répondez-moi.
C'est pour mon amoureux.
Le bagagiste.
Vous voulez vraiment que je vous dise ce qu'il m'a demandé de faire pour lui ? Si
vous me disiez plutôt ce que vous me cachez, mademoiselle Vasseur.
Mais qu'est-ce qui vous fait penser que je vous cache quelque chose ? Vous
semblez inquiète.
Quand on vous voit parler avec moi, vous avez... fait quelque chose ? Que
manifestement vous voulez que j'ignore ? Et enfin, votre fils est enlevé quelques
jours avant le dîner d'état auquel participera le mari de la comtesse d
'Alencourt, votre nouvel ami.
C'est mon fils qu'on enlève et c'est moi qu'on suspecte ? Ah, bêtez-la ! Réunion
dans cinq minutes avec le taulier.
Euh, enfin...
Avec M. Ritz, je veux dire. J'arrive.
Je ne vous ai jamais.
Mais vous, aidez-moi.
Dis, t'aurais pas réparé une veste où il manquerait un bouton ? Ce bouton ? C'est
pourquoi ? Tu sais qui elle est ? Non, les femmes de chambre apportent le linge
en vrac.
Pourquoi ? Rose, regarde mieux, s'il te plaît.
Ça va avec Paul ? Juste, dis-moi si ça dit quelque chose.
T'es encore fâchée contre moi pour la police ? Non.
Je peux pas t'en dire plus pour l'instant.
Je sais pas à qui est cette veste.
J'aurais pu le bouton de la même couleur, alors je les ai tous changés.
Ah, il m'en reste un.
Il a changé tous les boutons de la veste. Du coup, c'est une veste avec
cela qu'il faut trouver maintenant.
C'est l'heure du thé.
Ritz en fait une véritable institution.
Ne pas s'y rendre serait attirer les soupçons.
Notre homme y sera sûrement.
Après-midi, Laurent pourra les yeux braquer sur nous. C'est pourquoi je vous
demande de vous dépasser comme jamais, de donner le meilleur de vous-même. Si
le monde échappe à cette guerre, ce sera aussi grâce à vous.
Mlle Vasseur, je sais que vous traversez une passe difficile, mais votre travail
doit primer sur le reste. Ici, vous n'êtes pas une femme, vous n'êtes pas
une mère, vous êtes un cuisinier.
L'enquête avance ? Bon, pas vraiment.
Pourtant, le commissaire de la boîte Saint-Pierre semble plus concerné par
vous et votre fils que par la sécurité de mon hôtel. Vous l'avez envoûté, ma
parole.
Bon, reprenons.
Auguste, c'est à toi.
Oui, alors, messieurs, voici le menu concocté par Césarite et moi-même.
Velouté royale aux champignons blancs.
Caille Richelieu.
Suprême des Grevisses à la Vauclusienne, Agneau de Pauillac à la Bordelaise,
Parfait de Foie Gras et Ma Poire Belle-Hélène.
Vin et champagne d'exception, suivi de café et licorne. Eh ben mon cochon, si
ils ont le courage de se mettre sur la gueule après ça... Chef ? Oui, c'est
moi, oui.
Nelly Melba voudrait vous féliciter. Qui donc ? Nelly Melba, la cantatrice. Eh
oui. Elle a adoré son dessert à la pêche.
Formidable. Est-ce que tout le monde est à son poste ? Oui, chef !
Dites-moi, monsieur Hitz, on pourrait les saluer, ces chefs d'État ?
Certainement pas, mon petit.
Celui qui s'approchera sera aussitôt arrêté et conduit à la guillotine.
Bien réfléchi.
Nous n'avons pas été présentés, je crois.
Le comtesse Albertine d'Alencourt.
J'appelle les mamels de cette cuisine du respect, de l'hygiène et de la
créativité. Est-ce que c'est bien compris ? Respect ! Une brigade, c'est
de l'ordre.
Tu m'as pas attendu pour aller au baron d'or ? Je pouvais pas attendre, fallait
que j'y aille.
T'as trouvé quelque chose ? Non.
On se voit plus tard ? Elle peut attendre deux secondes, ta copine, non ?
Arrête. Viens m'excuser un instant.
Comme tu veux.
Vous êtes inconsciente ! Il ne doit pas nous voir ensemble.
Mais c'est qui ? C'est lui.
Mathias Vilsec.
Il est serbe. Je veux lui parler.
Alors il saura qu'on l'a identifié et Paul en fera les frais.
Laissez-moi faire.
Je sais comment amener un homme à se confier.
Ça va prendre combien de temps ? Paul qui va passer la nuit je ne sais où,
avoir peur, sûrement faim et froid. Je sais ce que vous ressentez Jeanne.
Mais c'est notre seule piste. On ne peut pas se permettre de la détruire.
Qu'est-ce que vous faites là ? Pourquoi vous ne m'avez pas prévenu pour le dîner
? Je ne savais pas qu'il fallait que je vous prévienne.
Sur la table, il y a un sachet.
Tu le mettras dans la songe de l'hémisphère austral-hongrois.
Qu'est-ce qu'il y a dedans ? Alcenic.
Si je me fais prendre, c'est la guillotine.
Personne ne saura qui l'a tué si tu tiens ta langue.
Je veux voir Paul.
Je veux la preuve qu'il est toujours en vie.
Débarrasse-toi de lui.
Je me change ! Je te crois pas.
Y a quelqu'un avec toi ? Non ! Alors ouvre !
Demain
matin, Côte-Boulogne, 9h.
Chemin des Dames.
Parait qu'on doit satisfaire les désirs des clients.
J'obéis aux ordres. Je vais voir Paul demain.
Comment ça ? Il faut qu'on trouve un plan pour le récupérer.
On va le trouver.
Et si on leur demandait tout simplement de nous rendre Paul ? J'ai des
économies. Ils s'en foutent de l'argent, Rose.
Qu'est-ce qu'ils veulent, bon sang ? J'en sais rien, mais je m'en fiche.
Dans un quart d'heure, j'aurai Paul avec moi.
Il est là.
Cocher ! Arrêtez-vous !
Merci
d'être venu.
Je suis venu pour Paul.
On s'expliquera après.
Bon, chacun sait ce qu'il a à faire.
On s'en tient au plan.
Non, non, non !
Il faut que je vous suive, c'est ça pour ça que vous m'annulez.
Mais qu'est-ce que vous avez fait ? C'était qui ? C'était son père.
Il a enlevé.
Je vais fixer un rendez-vous pour le récupérer.
Pourquoi vous m'en avez pas parlé avant ? Parce que j'ai pas eu le temps.
Lâchez-la.
Qui est jeûneur, monsieur ? Son fiancé.
Et vous, à part le type qui va m'empêcher de récupérer son fils.
Alors je vous préviens, à partir de maintenant, je vous lâche plus.
Retournez à vos réceptions et vos parties de chasse, commissaire de la
Moix de Saint-Pierre.
Je l'avais presque, il était presque avec moi.
Pourquoi t'as pas réussi à dégager le type ? Attends, j'y peux rien moi, si
ton flic a tout fait foirer. Mon flic ? C'est pas le moment de vous disputer.
Tu peux nous dire ce qui se passe maintenant ? Je peux pas.
Et pourquoi ? J'ai des instructions.
Des instructions de qui ? On est ensemble Jeanne.
On est supposés tous dire.
Et toi tu me sors quand t'as besoin de moi et tu me jettes après comme un
légume périmé ? C'est pas vrai ! Maintenant t'as plus de respect pour les
légumes !
C'était qui ce type dans ta chambre hier soir ? Personne.
C'est un nouveau mec, c'est ça ? C'est ce qu'on dit, j'en suis sûr.
Ça se voit comme le nom de la figure que t'en passes pour lui.
T'as raison, on va en rester là.
Suivez-moi, monsieur.
Où est la comtesse d'Alencourt ?
Vous croyez vraiment que je vais vous donner des informations confidentielles
sur une cliente ? Vous ne faites pas ça toute la journée ?
Allô, oui.
C'est pour vous.
Est-ce qu'on peut savoir qui a appelé ? C'est un téléphone, pas une boule de
cristal.
Jamais vous êtes touché par ce qui arrive aux autres, vous.
Merveilleux ! Merveilleux ! Monsieur
?
Alors, vous savez parler ? Laissez, Brocani !
Laissez ! Non.
Pas encore.
Madame la Comtesse, votre père, le vicomte de Serres, a téléphoné et vous
demande de le rappeler.
Dites-lui qu'il peut toujours attendre.
Oui, dites-le lui.
À plus tard.
Pourquoi vous parliez ? Tu ne vas pas me faire une crise de jalousie, toi aussi ?
Suis-moi.
Quoi ? J'ai autre chose à faire que de m'occuper des clients.
C'est lui qui m'a laissé Paul il y a neuf ans.
Avant que je te le confie.
Ce qui fait d'Albertine d'Alencourt...
Au théâtre de la Renaissance.
Je ne m'en souviens pas. Et Sarah Bernard.
Oui, mais on va tellement souvent au théâtre. Je ne peux pas retenir à chaque
fois toutes les pièces.
Mais enfin, qu'avez-vous ici ? Vous êtes bien fichu de moi.
Venez avec moi.
Ah, vos cadeaux, votre gentillesse. Tout ça, c'était pour acheter Paul.
Mais de quoi vous parlez ? Vous lui voulez quoi exactement ? Mais le voir, c
'est tout.
Pourquoi vous ne m'avez pas dit qui vous étiez ? Mais enfin, je voulais apprendre
à le connaître, sans l'effrayer. Et pourquoi maintenant ?
J'avais 17 ans quand je l'ai eu.
J'étais amoureuse d'un palfrenier.
Évidemment, pour mon père, ce n'était pas possible.
Il m'a enlevé l'enfant à sa naissance.
Il m'a forcée à épouser le comte d'Alencourt.
Le seul homme à bien vouloir prendre ma grosse dot et ma minuscule vertu.
J'ai reçu un peu d'argent pendant un an et puis plus rien. Vous l'avez vite
oublié, on dirait. Non, vous vous trompez.
Je l'ai cherché partout.
Il n'y a pas un jour où je n'ai pas pensé à lui.
Faisons une trêve.
Juste le temps de le trouver.
Bon.
Et Vilcek, il vous a dit quoi ? Rien encore, je vous le jure.
Laissez-moi un peu de temps. Du temps, on n'en a pas.
C'est quoi son numéro de chambre ? Je ne sais pas.
Son numéro de chambre, c'est quoi ? 200... 209 ?
209... 209...
Service
d'étage !
Dites-moi où est Paul.
Je vous en supplie, dites-moi où il est.
Je vous en supplie.
Mais qu'est-ce que ça peut vous faire ? De toute façon, tout est cuit pour vous.
Pour vous aussi.
Qu'est-ce que vous voulez dire ? On vous a trahi.
Qui ça ? La comtesse d'Alencourt ?
Je vous en supplie ! C'est
pas moi ! C'est pas moi, il était comme ça quand je suis rentrée !
Vous n'arrêtez pas de mentir.
J'ai vérifié votre état civil, vous n'avez pas d'enfant.
Oui, effectivement, Paul n'est pas mon fils.
Pas comme vous l'entendez.
Je l'ai eu en nourrice.
Et Albertine d'Alencourt et sa mère biologique ?
Pourquoi vous ne me l'avez pas dit ? Elle a des informations sur son
enlèvement ? Non.
Et les hommes dans le saubois, c'était qui ? Non.
Vous la reconnaissez ? C'est un agitateur serbe. On l'a récemment vu
avec cet homme qui a une tâche de naissance.
On les soupçonne de vouloir assassiner un membre du gouvernement austro
-hongrois. Et moi, je vous soupçonne d'en savoir plus sur l'idée de ma soirée
que vous voulez en dire. Alors ? Jamais vu.
Aucun des deux.
Levez-vous.
Levez-vous.
À partir de ce jour, 7h30, je vous place en garde à vue pour le meurtre de
Mathias Vilcek.
Comme la loi du 8 décembre 1897 vous y autorise, vous avez le droit de demander
un avocat devant le juge d'instruction.
Pourquoi vous faites ça ?
Je suis comme vous, moi.
J'essaie de faire ma place dans un monde qui est pas le mien, c'est tout.
Laissez-moi passer ! Laissez-moi passer ! Relâchez-la ! Elle est innocente !
Nous étions ensemble quand nous avons découvert le corps.
Elle était seule près du corps parce que j'étais allée chercher les secours.
Qu'est-ce qui m'oblige à vous croire ? Attention.
Mon mari est en réunion avec le ministre des Affaires étrangères.
Je suis sûre que M.
Delcassé et lui seront chafouins.
d'apprendre que vous mettez en doute le témoignage d'une épouse aussi dévouée
que moi.
Bonne journée.
Venez, Jeanne.
Écoutez, Albertine, merci beaucoup, mais vous pouvez pas faire ça. Vous pouvez
pas rattraper le temps perdu.
La mère de Paul, c'est moi.
Jeanne. Vous êtes jeune.
Vous pouvez avoir un enfant à vous.
Vous ne voulez pas comprendre.
Vous ne pouvez pas savoir ce que c'est.
J'ai tremblé de peur qu'il meure quand il a eu la méningite.
Je l'ai consolé quand il a eu son premier chagrin d'amour. Il s'appelait
Mathilde. Je me suis battue pour qu'il aille à l'école alors que c'est qu'un
fils de cuisinière. Vous êtes comme les autres.
Vous ne pensez qu'à vous.
Depuis que je suis née, on décide de ma vie pour moi.
Maintenant que j'ai retrouvé, c'est fini ça.
Adieu, Jeanne.
Tu lui as parlé ? Elle veut récupérer Paul.
Tu vas pas te laisser faire.
Ils t'ont libérée ? Oui.
Apparemment, l'insolence n'est pas encore passible de guillotine.
Tu peux y aller, on est au dessert.
Reprends les forces pour demain, j'aurais besoin de tout ton talent.
J'envoie les poires ! L'homme qui est mort, c'était le
seul à savoir où était Paul.
J'ai perdu toute chance de me trouver en vie.
Cette fois, il est temps que tu me racontes tout.
Le dîner sera sous haute surveillance, il leur fallait quelqu'un de l
'intérieur.
Quelqu'un sur qui ils puissent avoir un moyen de pression.
Quoi de mieux qu'un enfant ?
Mais tu as quand même pas tué quelqu'un.
J'ai pas le choix.
Voilà.
Tu es très beau avec et sans.
Attends, t'as une tôle d'araignée.
Ce type, c'était qui ? Le duc de Rouvray.
C'est lui qui a enlevé Paul.
Qu'est-ce que tu racontes ? Tu t'es rendu compte de rien ? Ah non, on s'est
vus pour la bagatelle.
Mais il s'est servi de toi pour avoir des informations sur moi. Qu'est-ce que
tu lui as dit ? Rien, je te jure.
Il avait l'air gentil.
Faut que je téléphone.
Oui, et moi je veux aller en Italie. Ah, Rome, Florence, j'en rêve. Faut que je
parle au commissaire ! On baisse d'un ton, jeune fille.
Merci. Mais il est là, votre commissaire.
Livrez-moi la police et mon homme de main tuera Paul.
Je n'irai toute implication à la préparation de cet attentat.
Et vous dénoncerez, vous, comme travaillant d'assaut des dissidents
serbes. Et j'ai fait comprendre que le commissaire de la mode vous soupçonnait
personnellement.
Vous êtes coincé, mademoiselle Vasseur.
Alors, monsieur Haldic, c'est le grand jour.
J'ai une petite question pour le plan de table.
Mon petit Guilmin épouvantable.
Décidément, Ziné représente trop de pression pour vous. On n'a pas le droit
à l'erreur et Scoffier va vous remplacer.
Non, ça va. Je vous assure que ça va très bien.
Excusez-moi, de quoi est-il question ?
Voici mademoiselle Jeanne Passeur, une saucière remarquable qui malheureusement
ne va pas pouvoir nous régaler ce soir. Des problèmes personnels. On a des
nouvelles du petit Pierre ? Paul ? Non.
Quel dommage, est-ce qu'Aufier m'a inventé vos mérites ? Je ne suis pas sûr
que ce dîner puisse passer de vos mérites.
D'autant que comme je disais à monsieur Ritz, je me sens très inspirée aujourd
'hui. Vous voyez, cette jeune femme sera indispensable à la perfection du dîner.
Bien, remerciez M.
le Duc, vous avez trouvé là un défenseur très en verve.
Eh bien, puisque vous y tenez, hein, en cuisine... Ah, M. le Commissaire, j'ai
besoin de vous. Votre enquête peut attendre, mais certainement pas nous.
Ça va ? Tu tiens le coup ? Enfin ! Allez, mets-moi ça dans la cave.
Ça va Jeanne ? Oui chef. Bon.
Allez, on place dans 30 minutes. Ah, mais qu'il est micro lui ! Pardon chef.
Merci, merci.
Il est du numéro de chien. Comme si c'était le moment de vider la réserve. C
'est sûr qu'elle gênait plutôt qu'autre chose depuis qu'on les a descendus du
grenier.
Attends, tu as une toile d'araignée.
Qu'est-ce que tu fais là ? Fallait pas me jeter.
Laisse-moi passer.
Tu peux pas.
Arthur, tu posteras dehors à côté de cette fenêtre avec Antoine.
Bien, commissaire. Et c'est Pierre qui surveillera les entrées.
Vous me changez à toutes ces ampoules. La rue, oui, je sais, fonctionne, mais j
'en veux des neufs. Il serait beau voir qu'une éclate en plein milieu du dîner.
C'est un dîner de paix. Les explosions sont proscrites.
Ah, Armand, vous êtes prêt ? Je compte sur vous, n'est-ce pas ? De la
discrétion. Oh, vous inquiétez pas.
Le monde tentera d'éviter le chaos, mais vos habitués n'en ressentiront aucune
secousse.
J'ai organisé un immense lâcher de colombes.
Le soir, tu jouais avec lui. Et toi, hein ? Comment t'as pu ficher notre
histoire en l'air ?
Tu me fais
payer, c'est ça ? S'il te plaît, Jume.
Laisse-le partir.
Il a rien à faire dans tout ça.
Fais ce qu'on te dit.
Il s'en sortira.
Qu'est-ce qu'elle fout là, elle ?
Toi, tu la lâches pas.
Tu sais ce que t'as à faire, sinon... Ça va bien se passer
! T'inquiète pas, Paul ! J'arrive !
Tu l'as ?
Je peux vous parler ?
Pourquoi ? Vous avez du nouveau ? J'ai besoin de vous voir, seul à seul.
Qu'est-ce que vous faites avec lui ? On n'est plus ensemble.
Non mais, je veux dire, là maintenant.
Vous voulez me voir ? On a arrêté un des deux hommes des portraits robots.
Il avait un billet de train demain matin pour Belgrade.
Il va se passer quelque chose ce soir et vous savez quoi ? Et bah pourquoi vous
lui posez pas la question ? Parce qu'il est mort.
Il s'est pondu dans sa cellule.
Et bah c'est malo.
Excusez-moi, faut que j'aille travailler.
Rose ? Je sais où est Paul.
Quoi ?
Jules ?
C'est pas possible.
Et le commissaire ? Je peux pas lui parler sinon ils vont me tuer. Ils sont
combien là-haut ? Un seul homme.
Il est courageux Paul.
Bon enfin c'est pas ça qui va le sauver.
Il y a un jeu qu'il faisait quand il avait peur ou qu'il devait faire quelque
chose qu'il n'aimait pas.
Il faisait comme si ça lui plaisait.
Comme s'il n'avait pas peur.
Et l'émissaire, pourquoi il ne ferait pas comme si ?
Madeleine
? Oui ? La chambre de l'émissaire Austro-Hongrois, tu sais où elle est ?
Bien sûr.
C'est juste là.
Merci.
Sa Majesté, le roi d'Italie, Humbert Ier.
Qu'est-ce que vous fichez là ? Vous ne deviez pas surveiller Jeanne Vasseur ?
Ne me dites pas que vous ne savez pas où elle est.
Je vais la trouver.
Le chancelier Claude Vic, Karl Victor.
Le grand duc Paul Alexandrovic, Romanov.
Son Altesse, le sultan Abdoulhamid II. Son chancelier, c'est un honneur.
Son Altesse royale, Albert-Edouard VII. C'est un honneur.
Le duc de Rouvray. Monsieur le staminard.
Monsieur le staminard.
Monsieur le staminard.
Monsieur le ministre.
Monsieur Ritz, que ce lieu magnifique inspire à tous des pensées pacifiques.
On peut savoir ce que vous manigancez ? Tu es moi.
Qu'est-ce que vous lui voulez à l'émissaire ? Jeanne, vous avez de
nouvelles informations ? J'ai retrouvé Paul.
Mon fils ! Mais c'est merveilleux ! Albertine,
la vie de Paul est ici, avec moi.
Je vous propose un marché.
Il reste ici et vous pouvez venir le voir de temps en temps.
Vous plaisantez.
Je suis la comtesse d'Alencourt, fille du vicomte de Serres.
Vous êtes Jeanne Vasseur, une saucière.
Devant un tribunal, ça sera vite vu.
Suivez-moi.
Il est ici.
Je m'étais dit que vous auriez envie de le voir.
avec lui Albertine.
Je vais être une bonne mère. Vous le reverrez plus jamais.
Paul est la seule chose de bien qui me soit arrivée dans la vie.
S'il vous plaît, écoutez-moi.
Paul m'aimera, c'est sûr.
S'il vous plaît.
Jeanne.
Jeanne, s'il vous plaît, ouvrez-moi.
Vous pouvez hurler, Albertine, ils sont tous en bas.
Attention, ils passent la table. Est-ce que tout le monde est prêt ? Oui, chef.
Messieurs, ce soir, le monde entier nous regarde et moi, je compte sur vous. Est
-ce que c'est clair ? Oui, chef. On envoie le velouté.
En filet, la dorade.
Coupez-moi ces cailles.
Ça va mourir.
Je vous donnerai la recette.
Tu veux que je laisse ça dans tout le monde ? Vous voulez quoi de condé ?
Rien. Tu vas me coller longtemps, là, comme ça ? Ouais.
Allez, grouille ! Merde ! Là, non, plus calme
! Mal toi, là !
Je cherche Jeanne Basseur.
Qu'est-ce que vous cachez ? Rien.
Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ?
Tu l'as tué.
Les bouffes.
Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Regarde-moi ! Calme-toi, tu comprends ?
Calme-toi !
C'est sale, là. Mère, prends-tu une de quoi, ça ? Oui, chef.
Le doux sous les écrouvisses ? Très bien, chef.
Un petit pois, c'est bien.
Pas des frites ? Oui, chef.
Fais attention que le sucre ne mange pas le goût du chocolat. Oui, chef.
Des saucières pour les cailles ? Oui, chef.
Viens.
On enlève.
J'aime son sel.
Jeanne, faites-lui des adieux rapides. Nous sommes pressés.
C'est vrai ce qu'elle m'a dit, maman ? C'est elle ma vraie mère ? Oui, c'est
vrai, mon amour.
Albertine, s'il vous plaît, faites passer à penser à lui.
Vous l'avez eu longtemps.
C'est à mon tour maintenant.
Mon chéri.
Mon chéri, on va être heureux tous les deux.
Je te promets, on va être heureux.
Devine cette sauce.
Merci.
Jeanne, elle est où ? Je ne sais pas pourquoi.
Aidez-moi, des boutons d'espoir ! Mon Dieu.
Un médecin, vite.
Ventilez, ventilez, ventilez.
Où êtes-vous ? Une voiture nous attend en bas.
Il y a des tas de jouets pour lui.
Je ne veux pas de jouets. Je veux ma maman. Je suis Philippe.
On ne t'a pas prêt à obéir ?
Ne faites pas ça.
Ne faites pas ça.
Vous n'êtes pas responsable de tout ça, je le sais.
Non, je ne voulais pas. Vous ne vouliez pas tuer.
Je ne veux pas lui faire de mal.
Je suis au courant de ce qui vous est arrivé.
Est-ce que vous avez vu votre père ? Je ne voulais pas de ça.
Je vais vous aider.
Donnez-moi votre arme.
Allez chercher des secours.
Ça va ? Ça va.
On a aussi arrêté le complice de rouvrir.
Un certain Petrovic, le frère de Mathias Vilcek.
Il a avoué avoir reçu une grosse somme d'argent de la barre d'Albertine, en
échange de Paul.
Rouvray ? Il n'est même pas serbe.
Pourquoi il a voulu tuer l'émissaire ? Il est serbe par sa mère.
Il est solidaire de la Serbie contre l'oppresseur austro-hongrois.
Si Rouvray avait réussi son coup, c'était la guerre.
Au revoir.
Au revoir.
Et Vilcek ? Qui l'a tué ?
Rouvrez. Il a eu peur qu'il ne finisse par trop en dire à Albertine d'Alenco.
Albertine, à un moment, vous lui avez parlé de son père.
Sa mère est morte en la mettant au monde. Son père, le vicomte de Serres, l
'a toujours tenue pour responsable.
Elle est devenue sans souffre-douleur.
La pauvre.
Finalement, vous n'êtes pas si mauvais pour un aristo.
Ça va mon chat ? C'est bon ? Elle est où la dame qui t'a tiré dessus ? J'ai pas
envie d'aller avec elle.
Moi j'ai envie de rester avec toi.
Moi aussi mon chat.
Tu veux pas t'en aller ? Non, je peux pas fuir.
Obliger Paul à vivre caché tout le temps.
Jeanne, l'émissaire austro-hongrois désire vous parler.
Madame, grâce à vous, on a échappé au pire.
Vous pouvez me demander ce que vous voulez.
Ce que je veux, vous ne pouvez pas me le donner.
Il faut qu'on parle de Paul.
Vous pouvez pas lui faire ça.
Nous avons pris notre décision, ma femme et moi.
Albertine est très malade. Elle a besoin de soins.
Nous partons en Autriche. Il paraît qu'un certain docteur Freud fait des
miracles sur les traumatismes féminins.
Paul restera avec vous.
On va rester ensemble, maman.
On va rester ensemble.
Pour toujours.
Merci.
Va te reposer maintenant.
Messieurs, à vos postes.
Il n'est pas passé aujourd'hui, le commissaire Delamotte ? Je l'ai aperçu,
mais il a dû repartir. C'est curieux, je croyais qu'il avait une certaine
affection pour vous.
Au fait, je voulais vous dire, vous auriez pu vous inquiéter pour Paul. Ce
ne sera plus un problème.
Je vous donne ma démission.
L'émissaire m'a donné de l'argent.
Beaucoup d'argent.
Et en mettant de côté pour les études de Paul, il me reste suffisamment pour
ouvrir une guinguette. Une guinguette ? Vous n'allez pas servir des pommes
frites et du bouillon ? Bah si ! Et puis si ça marche, j'y rajouterai quelques
plats de mon aventure. Non, non, non, j'ai une meilleure idée. Si on a l'air
discuté, dans mon bureau.
Une guinguette.
Une guinguette.
C'est bien, messieurs-dames.
C'est parfait, je la remercie.
Monsieur. Très bien, monsieur.
On envoie les cantons.
Attends. On envoie.
Superbe, chef.
J'envoie les tournes d'eau.
Oui,
chef. Parfait.
Georges, ton fond de sauce, là. Figure-toi que ton commissaire avait
raison. Les petites cuillères sont revenues.
Et la mienne, elle est pour toi.
Merci, chef.
C'est cramé. Oui, je sais.
On envoie, chef.
On envoie.
Vous avez deux minutes, mon petit ? J'ai invité un ami à déjeuner, il souhaite
vous féliciter. Vous êtes aussi inéquilibre.
C'est vous
? Faisiez-moi une manière quand
vous vouliez me mettre en prison.
Vous êtes une célébrité maintenant.
César m'a dit pour votre promotion.
Toutes mes félicitations.
Je vous laisse savourer la suite.
Vous êtes parti vite la dernière fois.
Vous étiez fatiguée avec vos amis.
Emile, c'est ça ? Oui, Emile, oui.
Mon second.
Et mon meilleur ami, accessoirement.
Ah, ça c'est bien. C'est bien de travailler avec ses amis.
C'est plus agréable, sans doute, et plus productif.
Et surtout quand ses amis ne sont que des amis.
Un fils de duchesse et une saucière, on aura tout vu.
Futur première femme chef de France.
Je suis aussi content de mon idée. Un deuxième restaurant, quelque chose de
moins guindé pour les clientes d'extérieur.
Cette petite a le talent de relever le défi.
Et comme ça, la concurrence reste chez vous.
Mon hôtel a été déclaré le plus beau palace du monde.
Et j'entends qu'il le reste encore un certain temps.
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