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- Jared était au courant?
- Son équipe a négocié l’achat des terrains.
- Je suis désolé que tu le prennes si mal,
mais j’ai juste fait ma job.
- Ah, c’est trop facile!
Le soir de sa mort,
Rigoberta a envoyé un fichier crypté à ma mère.
C’est quoi? - On le sait pas.
C’est ça qui nous inquiète.
Mon enquête est terminée. - Hein?
- Juan Carlos Manola a avoué le meurtre de Rigoberta Flores.
- Vous êtes convaincus que Minexore
a fait tuer Rigoberta Flores, mais vous pouvez pas le prouver.
- J’ai pas obtenu la permission de visiter Manola.
Il va falloir être créatif.
- Minexore.
- Her name is Sarah Deléan.
(cri)
(fracas)
- Si j’ai fait tout ça à cause de ce qui m’est arrivé à moi...
est-ce que j’ai vraiment changé?
(cri)
- Hé!
- Peu importe d’où vient la pulsion de départ,
que ce soit d’un mensonge ou d’un accident...
ou d’un meurtre qui survient à l’étage au-dessus,
on n’est pas toujours conscients qu’on change.
C’est nos actions qui font foi de qui on devient,
de qui on est devenu.
(toux)
Si t’es rendue ici aujourd’hui,
malgré tout ce que t’as à y perdre,
je pense que t’as vraiment changé.
(cris)
Il me regardait l’air de dire:
"C’est ça le prix à payer pour la cause."
Il a pris les coups sans se plaindre.
(stridulations et gazouillis d’oiseaux)
- Je pense que Vargas
va informer tes patrons de notre visite.
- Je m’en fous, je ne travaille plus pour eux autres.
La frontière avec le Guatemala, c’est à combien de temps d’ici?
- On est là demain matin.
- Bonjour, vous avez rejoint Sarah Deléan.
Laissez-moi un message.
Pour toute urgence, vous pouvez contac...
(bip)
- Sarah, je sais que tu t’es pas pointée
à ton hôtel en Guadeloupe.
T’as dit que t’avais besoin d’air, d’espace,
puis je comprends.
Mais là, j’ai besoin de savoir t’es où.
(aboiements)
S’il te plaît.
(soupir)
(conversations entremêlées et aboiements)
(aboiements, vrombissement de moteur)
- C’est quoi les infos de l’intérieur?
- D’après mon contact au ministère,
les députés sont divisés, ce qui est déjà une bonne chose.
Mais si la population se mobilise pas,
les députés qui sont de notre côté vont rester assis.
- Mais oui, mais ils font juste parler de ça,
les osti de médias, les retombées économiques.
- Qu’est-ce que ça va prendre pour qu’ils nous écoutent?
- Ça, tu connais ma réponse à ça.
OK?
Je rencontre le ministre Paradis cet après-midi.
Lui, il peut faire pencher les choses de notre côté.
J’ai des bons arguments. - OK.
Puis qu’est-ce qu’on fait pour le fichier crypté de Rigoberta?
- Es-tu sûre qu’elle l’a envoyé juste à sa voisine?
- Oui. Oui, je suis sûre.
Hélène, c’est la seule à qui elle aurait pu l’envoyer.
Elle lui faisait totalement confiance.
- Puis le résultat?
Le fichier est maintenant dans les mains de Minexore.
Quoi?
(conversations entremêlées)
- Qu’est-ce que tu fais ici?
- Lucia, je m’appelle Sarah.
- Pas ici. Je sais qui tu es.
(conversations entremêlées)
Tiens.
- Qu’est-ce qu’il y a là-dessus?
- Je sais pas. Ma grand-mère me l’a envoyée par la poste.
Elle m’a seulement donné
la moitié du mot de passe pour l’ouvrir.
C’est 3 mots.
(en espagnol)
- C’est bon? - Oui.
- L’autre moitié, c’est toi qui l’as.
- Mais comment je pourrais savoir?
J’ai rien reçu, je comprends pas.
- Maintenant, partez!
- Lucia...
Il faut vraiment que tu m’aides
à trouver l’autre moitié du mot de passe s’il te plaît.
- Tu sais, le fichier crypté, je...
je pense pas que c’est quelque chose de dangereux
pour nous autres, mais je pense que la façon
que Rigoberta en parlait,
c’était plus quelque chose contre Minexore.
- T’es sûre? Pourquoi tu me l’as pas dit avant?
- J’en ai parlé à personne.
Dans les derniers temps, Rigoberta, elle...
elle se méfiait de tout le monde.
Elle avait peur que le groupe ait été infiltré.
- Par qui? La police?
- La police, le gouvernement, Minexore, je sais pas.
(cris de mouettes)
- Bonsoir.
- M. Fraser, Brankovich est au club avec Michelle Thibault.
Sans vous.
(clappement)
Ça vous inquiète pas?
- Sais-tu ce que je pense?
- Qu’ils manigancent des choses
et ils veulent pas que vous soyez au courant.
- Précisément. Et c’est très bien comme ça.
- C’est... - Non?
As-tu des nouvelles de Sarah?
- Non.
- Vous avez eu vos différends dernièrement, mais...
elle t’aime, Jared.
Tu peux la ramener.
J’ai confiance en toi.
- Il y a tellement de choses que j’ai besoin de comprendre.
Comment tu sais qui je suis?
Elle m’a dit que tu viendrais.
- Mais comment Rigoberta pouvait savoir ça?
L’instinct.
Elle comprenait la nature des gens.
- Alors, pourquoi tu veux que je m’en aille? Je comprends pas.
- Parce que t’es Canadienne.
Si quelqu’un ici savait qui tu es vraiment
et que je te parle...
J’ai été obligée de fuir mon village
parce que j’étais une cible pour ceux qui appuient Minexore.
Mais maintenant, moi, je suis bien ici.
Je veux pas partir.
- Je comprends. - Merci.
(soupirs)
- Lucia...
- C’est toi qui l’as trouvée?
Dis-moi que tu veux les punir.
- Pour Rigoberta.
Pour toi aussi.
Je veux que tout le monde sache ce qu’ils ont fait.
Je veux que leur brutalité soit exposée.
Je veux que leurs crimes contre la nature aussi soient exposés.
Je veux qu’on arrête de fermer les yeux.
(vibration de cellulaire)
(en anglais)
- Tu l’as recruté comment, celui-là?
- Il a un enfant.
Il a fait des conneries, assez pour perdre la garde.
Je connais des bons avocats.
Je lui ai dit que je pouvais l’aider.
- C’est très imprudent de "dealer"
avec le petit personnel.
(soupir)
- C’est encore plus imprudent d’avoir trop d’intermédiaires.
(vibration de cellulaire)
Hé!
- Ouais.
- C’est à propos du fichier.
- Ça vous concerne.
De source sûre.
- Bye.
(soupir)
(reniflement)
(cris de mouettes)
- Hé.
(paroles indistinctes et coups de klaxon au loin)
(paroles en espagnol)
(paroles en espagnol)
(en anglais)
- Manola?
- C’est Krista qui m’a appris le français.
- Extrêmement bien, d’ailleurs.
- Vraiment.
- Elle est venue dans mon village quand j’étais petite.
Elle voulait apprendre de notre lutte contre Minexore.
(stridulations et gazouillis d’oiseaux)
Mais elle a appris beaucoup plus que ça.
(sanglot)
- (tous): Cierré la mina!
La mina asesina!
Cierré la mina!
La mina asesina!
- Elle est restée une amie.
Une soeur.
Mon papa...
Papa!
(paroles indistinctes)
Après la mort de mon père,
c’est Juan Carlos qui a aidé ma grand-mère à fuir au Canada.
- Manola.
- Puis c’est Krista qui l’a aidée à s’installer
au-dessus de chez ma mère.
- Après son départ,
la lutte contre Minexore a pratiquement cessé.
Mais comme vous avez pu le voir, maintenant, elle renaît.
Partout au pays, cette fois, et plus forte que jamais.
Le café Allende est devenu un point de rencontre
pour les opposants.
- Mais je sais pas ce que Manola a pu lui raconter,
mais elle est allée direct à Guatemala City
et un de nos contacts l’a vue sur place ce matin
dans un des repères des opposants à votre mine,
le café Allende.
- C’est tout? Non.
Notre contact nous informe qu’une grosse...
Enfin, qu’une énorme manifestation se prépare.
Ça va être un point tournant.
- Hum. Je pourrais encore baisser la production,
leur faire croire qu’ils ont gagné quelque chose?
- Il y a un mois, j’y croyais encore.
Mais là, avec la colère qui gronde partout,
on est en train de perdre l’appui du gouvernement.
D’après mes informations,
la présidente a l’intention de faire fermer la mine
définitivement.
- OK.
S’ils ferment la mine au Guatemala,
Bascan va être la seule bouée de sauvetage de Minexore.
Il faut absolument empêcher l’enquête du BAPE.
- Et pour Sarah?
- Elle m’avait promis.
Elle m’avait assuré sa loyauté.
Je vais la détruire.
- Je te rappelle que Julie Laverdière
est pas seulement une ministre de l’Économie.
Elle veut remplacer le premier ministre.
Mme la ministre.
Lui, il sait qu’il a fait son temps, il va laisser sa place.
Mais Laverdière a de la compétition.
Ce qu’elle veut avant spotlight.
- Désolé, M. Collet,
il va falloir que vous fassiez ça vite.
- Le danger principal en ce moment, c’est les cours d’eau.
Et comme les médias d’ici parlent très peu
des activités minières canadiennes,
que ce soit en Afrique ou en Amérique du Sud, les faits,
c’est que Minexore fausse systématiquement les données,
ce qui laisse croire à la population
que leurs mines sont complètement inoffensives.
Regardez, ici, au Kenya...
au Brésil.
Ça, c’est au Guatemala.
Et au Guatemala, à l’heure où on se parle,
il y a un soulèvement populaire qui se prépare
pour fermer une mine d’argent de Minexore
parce qu’ils respectent aucunement
les engagements environnementaux.
- Je vous le dis tout de suite,
ça va être très difficile d’éviter un BAPE.
L’environnement préoccupe le monde de plus en plus,
et on est mal perçus sur cet enjeu.
- Julie, on est juste venus pour que vous fassiez connaissance.
- Absolument. La mine Bascan est très importante,
pas tant pour moi ou pour Minexore,
mais pour tous les investisseurs canadiens,
pour l’avenir de la Côte-Nord.
- Ça, c’est les chiffres sur les taux de contamination,
sur toutes les particules fines qu’on retrouve dans l’eau,
l’impact que ç’a sur la faune, sur la flore,
l’impact que ç’a sur l’être humain.
Les conséquences néfastes de l’extraction du lithium,
c’est vraiment bien documenté.
On n’a même aucune idée comment on va recycler
les 730 000 000 de batteries qu’on est en train de fabriquer
à travers le monde d’ici 2040.
- Je vais te faire une confidence, Julie.
J’ai des liens avec une entreprise sud-africaine
qui fabrique des batteries pour des véhicules électriques.
- SouthAmp?
SouthAmp, là, est en pleine expansion.
Ils rêvent de construire une énorme usine
à proximité d’un fournisseur qui puisse les alimenter
en matières premières.
- Avant d’empoisonner un des plus grands cours d’eau,
ça serait important de prendre du recul
sur l’industrie de la batterie.
Au minimum, calculer les risques qu’il pourrait y avoir
pour la rivière Ste-Marguerite.
- En agrandissant la mine Bascan,
le Québec pourrait fournir leur demande.
- Et créer des centaines et des centaines d’emplois.
- Si seulement le Québec faisait fortune avec les mines,
monsieur le ministre.
Mais vous savez comme moi que l’impact économique
est beaucoup moins grand que l’impact environnemental.
Et ceux qui se mettent riches avec ça,
c’est vraiment une petite minorité.
- Je risque beaucoup en m’opposant directement au BAPE
sans raison valable.
- T’as beaucoup à y gagner.
- Ça, c’est si l’usine de SouthAmp
s’installe vraiment au Québec.
Puis encore, le PM puis le fédéral
vont prendre tout le crédit.
- À moins que tu sois la première
à annoncer le partenariat.
- Les batteries au lithium, c’est la saveur du mois.
Mais dans 15-20 ans, ça va être autre chose.
- Tu serais vue comme l’instigatrice,
la visionnaire qui a créé une chaîne d’approvisionnement
entièrement québécoise.
- Notre richesse à nous, au Québec,
maintenant et pour les siècles à venir, c’est notre eau.
- Une fois que le BAPE est écarté,
on fait une conférence de presse.
Première pelletée de terre pour lancer l’agrandissement.
On invite tous les médias sur place.
La grosse affaire.
- Merci, M. Collet.
J’ai de quoi convaincre mes collègues
demain au Conseil des ministres.
- Santé.
(petit rire)
- Santé.
- Est-ce que tu peux m’aider
à trouver l’autre moitié du mot de passe?
- C’est toi seule qui la connais.
Je dirais...
3 mots comme pour la mienne.
Des petits noms qu’elle te disait ou...
- Mais je... je l’ai pas vue souvent, je...
- Ou... - Je sais pas.
- Des mots pour te décrire.
- Trois mots.
Souviens-toi toujours.
OK, donc...
- Voilà. - Ça marche!
C’est des vidéos.
(cris)
(coup de feu, cris)
(cris entremêlés)
(sirènes)
(cris)
(sirènes)
(cris entremêlés)
(coups de feu et paroles indistinctes)
- Faut l’aider.
- On est un danger pour elle, viens-t’en!
(cris entremêlés)
(coups de klaxon, sirènes)
(paroles entremêlées en espagnol)
(paroles entremêlées en espagnol)
- Oui. Je pars au Guatemala tout de suite.
Il faut renforcer la sécurité autour de l’ambassade
de toute urgence.
(fermeture de porte)
(respiration haletante)
(coup de feu dehors)
(respiration haletante)
(coup de feu dehors)
- On peut pas rester ici.
(sirènes)
- Mais qu’est-ce qu’on fait pour Lucia?
- Je l’avais dit, on est un danger pour elle.
Faut s’en aller.
On prend le premier vol demain matin.
(cris entremêlés dehors)
- OK. Mais je veux voir avant.
(sirènes au loin)
- OK.
(battement d’hélice d’un hélicoptère)
C’est quoi ça? - C’est qui, ces gars-là?
(démarrage du moteur)
Qui filmait ça?
- L’autre, ouais.
Avec...
(coup de feu, cri de Sarah)
(soupir)
(exclamation de Sarah)
- C’est... C’est Rigoberta.
- Oui.
- C’est Lucia.
(soupir de Sarah)
(pleurs de Rigoberta)
(respiration haletante)
(battement d’hélice d’un hélicoptère)
(soupir)
(battement d’hélice d’un hélicoptère)
(cris entremêlés et sirènes)
(paroles en espagnol)
(cris et coups de klaxon)
(sirènes)
(paroles en espagnol)
(paroles inaudibles)
- C’est la dernière fois
que tu me fais une affaire comme celle-là.
Si tu fais juste faire à ta tête,
si tu me fais pas confiance,
quitte-moi.
C’est aussi simple que ça.
- OK.
Je vois que t’as choisi ton camp.
Adieu, Jared.
- La nouvelle est tombée à l’issue du Conseil des ministres
ce matin.
Le premier ministre a annoncé
qu’il ne demandera pas d’enquête du Bureau d’audience publique
sur l’environnement en ce qui concerne l’agrandissement
de la mine de lithium récemment achetée par Minexore.
Minexore pourra donc aller de l’avant
et promet d’autres annonces dans les jours à venir.
- Je sais pas pour vous autres...
(cri)
(soupir)
You’re the man! You are the man!
(rire)
No, but seriously.
(paroles indistinctes)
(bêlement de phoque)
(déverrouillage de voiture)
(vrombissement de moteur)
- Je sais ce qui se passe dans ta tête.
- Vraiment?
- T’es déchiré entre la femme que t’aimes puis ta carrière.
Les 2 choses les plus importantes dans ta vie.
Quand tout ça va être fini,
j’ai bon espoir que tu vas réaliser que t’as pas à choisir.
- Quand quoi va être fini?
- Garde la tête froide, Jared.
- Ça va?
- J’arrête pas de penser à Lucia.
- Les noms des victimes ont été publiés.
Elle en fait pas partie.
(soupir)
- Dieu merci!
(soupir)
- Ah...
(coup de feu)
- Come on, come on, come on!
- Il parle en anglais.
Regarde, la plaque. On voit pas la plaque.
Qui c’est qui a filmé ça?
- De toute façon, on a beau le regarder 100 fois,
c’est toujours les mêmes gars.
C’est juste qu’on a aucune façon de les identifier.
- La police guatémaltèque
pourrait peut-être faire quelque chose avec ça.
- Rigoberta devait sans doute avoir une très bonne raison
de pas montrer ça à la police.
- Ouais, puis si les gars ont fait ça en pleine rue,
ils devaient pas se soucier de la police de toute façon.
- Peut-être qu’elle avait peur, même,
pour la sécurité de la personne qui a filmé
ou Lucia aussi.
- Peut-être.
En ce moment, là...
c’est pour ta sécurité que je m’inquiète.
Ce fichier-là est dangereux.
Si Brankovich le sait pas déjà,
il va apprendre que t’es allée voir Manola puis Lucia
pour trouver des choses qui pourraient lui nuire.
S’il sait que t’as ça, là...
- Il s’en est sorti de justesse avec Rigoberta.
Je peux pas croire qu’il est assez fou
pour me descendre maintenant.
- Probablement pas, mais je vais quand même partir avec
si ça te dérange pas, OK?
Merci.
(soupir de Sarah)
Donc, tu changes pas d’idée?
- Je vais m’attaquer à Minexore de toutes les façons possibles,
en commençant par prouver que c’est eux
qui ont commandé l’assassinat de Rigoberta.
- À ce sujet-là, j’ai des infos pour toi.
- Ah ouais? Quoi?
- On a trouvé des comprimés d’isotonitazène sur le plancher.
C’est un opioïde extrêmement puissant.
Les surdoses sont fréquentes.
- Clairement, c’est pas ça qui l’a tuée.
- Non, en fait, elle...
elle avait pas d’isotonitazène dans son sang.
- OK. T’en conclus quoi?
- Es-tu bien assise?
- Qu’est-ce qu’il y a?
- Le tueur s’attendait à trouver Rigoberta endormie.
D’après moi, il avait l’intention
de lui injecter une surdose d’isotonitazène,
puis de laisser des comprimés sur place
pour que sa mort ait l’air d’un suicide
ou d’une surdose accidentelle.
- Comme ça, Minexore pourrait pas être blâmée.
Sauf qu’elle était bien réveillée.
Peut-être que quelqu’un l’a avertie qu’elle était en danger.
Elle était prête.
Pero... pero tengo que tener mucho cuida...
- Elle a entendu le tueur entrer.
Elle s’est dépêchée d’envoyer le fichier.
- Elle a noyé son ordinateur
pour pas que le tueur mette la main dessus.
Puis là, lui...
il a sorti un couteau.
- Non.
Non, je pense qu’elle l’a fait elle-même.
La coupure à la gorge est juste assez profonde
pour avoir sectionné la jugulaire.
Un tueur aurait appuyé plus fort.
L’angle de coupe suggère aussi que...
la blessure a pu être auto-infligée.
(respiration haletante)
(respiration haletante)
(respiration haletante)
- Fuck!
(borborygmes)
(Elle tombe au sol.)
Fuck, fuck, fuck, fuck, fuck.
- Elle était malade.
Elle savait qu’elle en avait pas pour longtemps.
- Un an maximum, d’après le légiste.
- Rigoberta voulait s’assurer
que sa mort passe pas pour un suicide.
Que Minexore soit blâmée.
- Elle avait du chien.
- Oh...
(soupir)
Puis Manola, dans tout ça?
- Ah, Manola est venu cette nuit-là, c’est certain.
Les caméras de surveillance l’ont filmé dans le quartier
et à l’aller et au retour.
Mais seulement après l’heure de la mort, selon le légiste.
- Pourquoi il est venu?
Il devait savoir qu’elle était... en dang...
C’est peut-être lui qui l’a prévenue.
Il voulait la protéger, mais...
il est arrivé trop tard.
No. Rigoberta!
No! Oh, Rigoberta, no!
No!
- C’est mon hypothèse.
♪ ♪ ♪
(coups à la porte)
- Mme Casares?
- Avant l’arrivée de Manola,
quelqu’un a sonné à la porte de l’appartement ici.
(sonnette)
(déverrouillage électrique)
Celui qui est entré à ce moment-là,
c’est le voisin du deuxième,
qui revenait d’une soirée bien arrosée,
trop saoul pour venir à bout de la serrure.
- Mais avec tout ça,
t’as pas réussi à rouvrir l’enquête, c’est...
- Pas assez de preuves, beaucoup de suppositions.
Mais je sens que...
je sens qu’il y a de la résistance qui vient d’en haut.
(bips de l’appareil médical)
- C’est comme si...
C’est comme si le destin avait voulu qu’on se rejoigne.
(petit rire)
- Le destin s’appelle Rigoberta.
(petit rire)
(soupir)
(reniflement)
- T’es sûre que t’embarques avec nous autres?
- Ouais.
- Puis ton chum?
- C’est la dernière fois que tu me fais
une affaire comme celle-là.
Si tu fais juste faire à ta tête,
si tu me fais pas confiance, quitte-moi.
C’est aussi simple que ça.
- Je vois que t’as choisi ton camp.
Adieu, Jared.
Il est avec nous.
- Puis vous voulez embarquer...
même si on a décidé de changer de stratégie radicalement?
- Ouais.
Contre Minexore, on voit pas d’autre solution.
- OK.
- Comme ça, t’as des infos sur notre noyé, Pete Lépine.
- C’est pas évident à prouver.
Fraser va avoir des soupçons
si je suis trop actif sur le dossier,
mais pour moi, c’est clair que c’est une commande.
En attendant, on va avoir besoin de ton aide.
J’ai convaincu Sarah de se mettre à l’abri
le temps que les choses se tassent.
Brankovich la fait suivre.
- Ouais, j’ai...
j’ai cru comprendre ça.
(vibration de cellulaire)
C’est elle.
Lebeau.
- Allô, chérie?
- Maman va pas bien.
Si elle retombe dans le coma,
les médecins disent que cette fois-ci,
elle se réveillera sûrement pas.
- Je vais venir te rejoindre, OK?
- Non, mon amour.
Je vais avoir besoin de toi là où t’es en ce moment.
- OK.
- Je t’aime.
- Moi aussi, je t’aime.
- Je suis contente...
que t’aies connu Lucia.
(soupir)
Rigoberta...
(petit rire)
... elle m’a dit que t’étais pareille comme elle.
(soupir)
y...
- En tout cas, pour Lucia, elle avait raison.
- Toi aussi, mon coeur.
(soupir)
Toi aussi.
(petit rire)
- Merci, maman.
Merci pour tout.
(soupir)
(reniflement, soupir)
(sanglot)
(expiration)
(cris de mouettes)
(ronronnement)
(raclement de gorge)
(démarrage du moteur)
(sonnerie de téléphone)
(sonnerie de téléphone)
(sonnerie de téléphone)
(sonnerie de téléphone)
(sonnerie de téléphone)
Oui.
- Oui, c’est moi.
Le champ est libre.
- Merci pour tout.
(en espagnol)
- Bye, maman.
(vrombissement de machinerie)
Quand on négociait,
j’ai compris que vous vouliez une bonne entente
pour vos actionnaires,
mais aussi pour vous permettre de venir finir vos vieux jours
ici, en toute sérénité.
Comment ça se passe de ce côté-là?
- Ça se passe pas.
Dans 5 ans, l’eau du lac Requin ne sera plus buvable.
Les 4 autres lacs alentour vont être remplis à ras bord
de déchets miniers.
L’eau va continuer de descendre jusque dans nos bains,
nos verres puis notre fleuve.
Mais pour la majorité, là,
tant qu’un de leurs enfants sera pas mort du cancer,
ils vont continuer à dire qu’ici,
on se débrouille avec ce qu’on a,
puis ici, c’est du minerai qu’on a.
C’est ça qui est ça.
Ils jugent pas.
J’ai fait pareil quasiment toute ma vie.
- Moi aussi. On s’est réveillés.
On n’a pas bien, bien le choix de faire quelque chose.
- Qu’est-ce que tu mijotes, toi?
- Il paraît que Brankovich prépare un genre de cérémonie.
- Il m’a même invité, le trou de cul.
Puis en plus, il y a une clause dans le contrat
qui m’oblige à travailler pour lui
jusqu’à la fin de la transition.
- Ouais. Désolée pour ça.
J’aurais besoin du plan de la mine
puis de son système de sécurité.
(ululement)
(paroles indistinctes)
- Hé, hé! - Bonne nuit!
(rires)
(paroles indistinctes)
Merci.
(paroles indistinctes)
- Ouais.
Quand est-ce que je vais avoir ma fille?
- Oui, mais...
- Il est bon, le thé.
- Sarah Deléan est venue se planquer ici.
(rires)
Ça change quelque chose au plan?
(cris entremêlés)
- C’est quoi, ça?
(cris)
- Hé! - Hé!
(respiration haletante)
- Au secours!
Sous-titrage: MELS
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