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- Mme Casares, que puis-je faire pour vous?
tu mama?
- Ils l’ont sortie du coma artificiel,
mais elle s’est pas encore réveillée.
- Je peux rester avec elle ce soir.
Je sais que c’est une grosse journée pour toi.
Ton chum a eu comme une grosse promotion.
partner chez Fraser-Edelman?
- J’en reviens pas encore.
- T’as un rendez-vous à Ottawa dans 67 minutes avec Terry.
- Terry Branvovitch? - Hum, hum.
(bip)
- Sarah, t’es là? - Oui, oui.
Il y a quelque chose de bizarre dans l’ordi de ma mère.
(ouverture de porte)
(soupir)
Mme Casares?
(cri étouffé)
(grondement du tonnerre)
(♪ cellulaire ♪)
- Allô?
- Bonjour, Mme Deléan.
C’est pour vous dire que votre mère s’est réveillée.
- Oh! J’arrive.
Je vais vous donner ma carte.
Vous pouvez lui dire de m’appeler?
- Mme Deléan, c’est...
- Vous pouvez vérifier. Chambre 412, au CHUM.
(paroles indistinctes à la radio)
Oncologie, chambre 412.
- OK. - Merci.
(paroles indistinctes à la radio)
(sonnerie de cellulaire)
Allô, mon amour! - Sarah, ça va?
Qu’est-ce qui se passe?
- C’est complètement surréaliste.
Il y a eu un meurtre dans le bloc chez ma mère.
Mais là, je suis en route vers l’hôpital
parce qu’elle vient de se réveiller du coma.
- Hein?
- Les médecins disent
qu’elle pourra pas retourner à la maison.
De toute façon, il y a eu du sang jusque chez elle.
On pense connaître les gens, mais on sait rien de leur vie.
- Tu vas à l’hôpital?
- Là, je suis au volant. Je ne peux pas te parler.
Il faut que je me concentre. OK? On se voit.
- Je m’en viens. - OK.
- OK, j’arrive. À tout de suite.
- À tantôt! Merci!
(bip du cellulaire)
- Houpelay! C’est à toi qu’ils ont donné l’enquête, mon Émile.
Ça doit être sérieux.
- Hé! Ça, ça veut pas dire
de botcher votre job comme la dernière fois.
Ça m’a pris une journée complète pour me démêler
dans vos affaires.
- Bon, bon, bon, bon, bon.
- Oui. Je sais pas qui fait des fautes entre vous deux,
mais mettons qu’on n’a pas lu beaucoup de La Fontaine, hein?
Ah, c’est quoi, ça, qui a là?
(soupirs)
- OK. Est-ce que c’est bien droit, ça? Oui.
On y va.
C’est ça, ouais.
Tu vois? Oh!
C’est trop...
Voilà.
T’es belle comme un coeur. Prête pour le bal.
(rires)
- Maman...
- Sarah!
(petits rires)
- Vous pensez que ça a pris combien de temps
pour que le sang coule jusqu’à l’étage d’en bas?
- Dur à dire, hein? - Dur à dire, oui?
OK. Parce que...
Parce qu’il y a quand même
des bonnes craques dans le plancher, hein?
- Oui. Faudrait voir ce qu’il y a en dessous du bois franc.
- Ah, ah, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais.
Bien, c’est une bonne idée, ça.
Bien oui, oui, oui, oui, oui.
Trouvez-moi un pied de biche, puis vous me direz ça.
C’est le temps là.
- As-tu nourri Kiki?
- Oui. J’ai dormi chez toi pour prendre soin de lui.
Krista, est-ce que tu pourrais
nous laisser seules quelques minutes, s’il te plaît?
- Oui, je vais aller chercher du café.
- Merci!
(sonnerie de téléphone)
- Écoute, maman...
Mme Casares...
la connais-tu depuis longtemps?
- Ah...
(respiration saccadée)
- Euh...
- Qu’est-ce qui est arrivé?
(bips de la machine)
- Rien.
Rien. Il s’est rien passé. Inquiète-toi pas.
Elle m’a offert de venir arroser tes plantes.
- Ah!
- Toi, tu la connais, Mme Casares?
Dr Rivest, Dr Fortin.
- Euh, oui.
Oui, elle venait quand même souvent
quand je m’occupais d’Hélène chez elle.
- Elle a été assassinée la nuit dernière.
- Quoi?
Voyons, ça...
OK. Je vais vous laisser.
(sirènes)
- T’es prête?
- Tout porte à croire que la victime serait Mercedes Casares,
une immigrante guatémaltèque établie au Québec depuis 2 ans.
La police continue d’interroger le voisinage pour comprendre
qui a pu s’en prendre à cette femme
dont on dit qu’elle était aimable et paisible.
Nous avons tout de même appris,
selon des sources gouvernementales,
que Mme Mercedes Casares
serait entrée au Canada en tant que réfugiée.
L’enquête en cours nous en dira certainement davantage.
(Il parle en espagnol.)
- Wô! On se calme, OK?
Puis on va "focusser"
sur l’affaire Rigoberta Flores, s’il te plaît.
- Ah!
Oh, mon... Hé!
- J’ai passé toute mon adolescence là.
Il n’y a jamais eu de meurtre dans le quartier.
- Ç’a changé avec les gangs de rue.
- Qu’est-ce que les gangs de rue
ont à faire avec cette madame-là?
Tu dis ça parce qu’elle est latina?
Regarde ça.
Je suis tombée là-dessus
en voulant payer les factures de ma mère.
Depuis les 8 derniers mois,
il y a 2 chèques qui sont passés le même jour.
1595$, c’est le loyer de ma mère.
- Hum, hum.
- J’ai appelé le propriétaire. 1495$.
C’est le loyer de Mme Casares.
- Ta mère payait son appartement?
- Oui. En fait, c’est moi qui payais,
parce qu’il y a exactement 8 mois,
ma mère m’appelle pour me dire qu’avec l’inflation,
elle a de la misère à arriver.
Est-ce que je pourrais pas lui envoyer 1500$ par mois?
Elle a jamais accepté un sou de ma part.
Et là, tout à coup, elle passe du zéro à 1500$.
J’ai trouvé ça bizarre,
mais j’ai rien dit, depuis le temps que je voulais l’aider.
J’ai pas posé de questions.
- Elle a voulu aider une immigrante.
Elle aurait dû t’en parler,
mais connaissant ta mère, c’est pas si bizarre que ça.
- Oui, mais ça veut dire qu’elle connaissait Mme Casares
avant qu’elle emménage.
Le propriétaire m’a même dit que c’est ma mère qui l’a référée.
C’est fucké!
- Rentre, OK? Repose-toi.
Moi aussi, je peux prendre congé, si tu veux.
- J’ai pas envie de m’imposer.
Et toi, s’il te plaît,
va au travail comme si de rien n’était.
Pas un mot de ça à personne.
Je veux pas me faire débarquer du dossier Bascan.
- Bonjour! Désolé.
Euh, Sarah Deléan?
- Oui.
- Sergent-détective Émile Lebeau,
section des homicides, pour vous servir.
Pouvez-vous m’accompagner au poste, s’il vous plaît?
- C’est vraiment pas le moment.
- Ah, en fait, le bon moment, c’était il y a 3 heures.
En général, je m’intéresse très peu aux statistiques,
mais celle entre le temps écoulé après un meurtre
et le taux de résolution du dit meurtre
est très, très, très éloquente.
- C’est correct, je vais y aller, ça va être fait.
- Vous seriez surprise de voir à quel point j’ai été malchanceux
avec les enquêtes qu’on m’a confiées.
Depuis 20 ans, des affaires compliquées,
mais compliquées, une après l’autre.
Des fois, j’ai l’impression qu’ils font exprès.
C’est mon côté parano qui m’est quand même utile,
lorsque mon métier...
- Monsieur... Excusez-moi.
Sergent... Lebeau?
- Sergent-détective. Émile Lebeau, oui.
- D’accord, vous êtes fatiguée, votre mère est malade.
Au fait, en réalité,
j’ai une question, peut-être deux, trois au maximum.
- Je vous écoute. - OK.
Euh...
Euh, c’est...
Parlez-vous espagnol?
- Non. Bien, je connais quelques mots, sans plus.
- Êtes-vous déjà allée au Guatemala?
- Non.
- C’est beau, pourtant.
Les volcans, les cités mayas...
Désolé.
C’était pas vraiment mes questions.
OK, je recommence.
Vous dites que vous êtes montée
chez Mme Casares à 6h30 du matin.
- Oui. - Ça tombait bien.
La porte était entre-ouverte.
Vous êtes rentrée parce que vous étiez inquiète
à cause du sang qui coulait du plafond.
- Bien, à ce moment-là, j’étais pas certaine que ç’en était.
Je pense que je voulais pas y croire.
J’étais un peu confuse.
- Bien, la fatigue, les médicaments pour dormir...
- Ouais. Tout avait l’air...
irréel.
- À ce moment-là,
ça vous a pas passé par la tête d’appeler la police?
- Mon premier réflexe,
c’est toujours d’aller au bout des choses par moi-même.
- C’est un réflexe qui peut s’avérer risqué, non?
- Oui, mais la plupart du temps,
ça s’avère surtout très instructif.
- Une fois en haut, vous avez trouvé Mme Casares
étendue par terre dans son sang.
Là, vous étiez certaine que ça en était?
- Oui.
- OK. Et quand vous êtes arrivée,
Mme Casares était morte.
- Elle l’était pas?
- Bien, à 6h30, oui, sûrement.
À cette heure-là,
vous auriez rien pu faire de plus, je vous rassure.
Vous dites aussi
que vous avez entendu quelqu’un s’enfuir.
- Mme Casares?
Oui.
- Bien, ce qui me chicote, c’est que d’après nos experts,
c’est que ça a pris au moins 2 heures au sang de Mme Casares
pour traverser son plancher et votre plafond.
- Alors, pourquoi le tueur
serait resté tout ce temps-là après l’avoir...?
- Hé, vous voyez, vous êtes fatiguée,
mais vous êtes pas si mêlée que ça.
- OK, donc, la personne que j’ai entendue
serait pas nécessairement celle qui a...
- La question se pose, c’est sûr.
(déverrouillage électrique)
Vous avez dit à ma collègue que plus tôt dans la nuit,
vous avez ouvert la porte à un inconnu.
- Je pensais que c’était mon chum.
Il avait parlé de venir me rejoindre.
- Hum. Mais vous avez entendu personne?
- Non.
Mais j’ai entendu des pas, mais je...
- Hum...
Si j’ai laissé entrer le tueur, je me le pardonnerai jamais.
- Hum, hum.
Mais encore là, je vous rassure.
Je m’imagine mal un assassin
aller sonner à la porte de l’immeuble de sa future victime
en espérant qu’il y a peut-être quelqu’un qui ouvre la porte
qui aille se recoucher sans même regarder qui est là.
Ce qui est bizarre aussi,
c’est qu’il y a personne d’autre
dans l’immeuble qui a entendu quoi que ce soit.
- Euh...
Vous pensez pas que j’ai inventé ça, là?
(rire)
- Jamais de la vie, voyons!
Mais voyez ce que je veux dire quand je dis
que je suis malchanceux avec les enquêtes qu’on me confie.
J’ai juste des affaires pas claires.
Compliquées, compliquées, compliquées.
Dernière question, ou presque.
Saviez-vous que Mme Casares
avait la clé de l’appartement de votre mère?
- Non.
- Saviez-vous que votre mère
avait la clé de l’appartement de Mercedes Casares?
- Non.
- Euh...
Celui-là était chez Mercedes Casares.
- OK.
- Et celui-là était chez votre mère.
Le prénom de Mme Casares, c’est Mercedes.
J’ai vérifié, puis il y a aucun des anciens locataires
qui s’appellent Rigoberta.
- Attendez. Rigoberta.
- Ça vous dit quelque chose?
- Rigoberta? Non.
Oh, shit!
Oh, fuck!
(sonnerie de cellulaire)
- Sarah?
- Je viens de t’envoyer un lien vers une vidéo.
Mme Casares, c’était pas son vrai nom.
En réalité, elle s’appelle Rigoberta Flores.
C’est une militante guatémaltèque
qui a mené le mouvement contre
la grosse mine d’argent de Minexore.
Tu te souviens de ça? - Oui, oui.
- Fait que si j’ai raison et que c’est vraiment elle,
dès que ça va se savoir,
tous les soupçons vont être dirigés vers Minexore.
Puis Lebeau, l’enquêteur, il pourrait même m’accuser, moi.
- Laisse-moi faire des recherches de mon côté.
Tu fais quoi, là? - Je me retourne chez ma mère.
Il faut que je comprenne ce qui se passe. OK?
- OK. On se donne des nouvelles.
Bye!
- J’ai mis mon équipe sur la veille médiatique.
Pour le moment, c’est traité comme un fait d’hiver ordinaire.
Inquiétant pour le voisinage, mais sans plus.
- Comment avez-vous su
que votre Rigoberta était rendue à Montréal?
- Et vous pensez qu’elle mijotait
quelque chose contre vous?
- Elle a raison? - Bien sûr que non.
Va falloir que tu fasses pas mal mieux que ça
si tu veux éviter le tsunami de marde qui va t’arriver
le jour où ça va se savoir
que Rigoberta Flores s’est fait trancher la gorge
un étage au-dessus d’où, par pure coïncidence,
l’avocate liée au compte de Minexore dormait paisiblement.
- En situation de crise, je privilégie toujours
que le patron de la compagnie devienne le porte-parole.
Il va falloir travailler sur son sourire.
Yeah.
- Pourquoi la nouvelle sur l’identité de Rigoberta
est pas déjà sortie dans les médias?
- Exactement.
Pour qu’elle réussisse
à se cacher à Montréal sous une fausse identité,
il a fallu que des gens l’aident.
- Probablement des écologistes
qui seraient très heureux que Minexore soit blâmée,
mais qui préfèrent fermer leur gueule.
Parce qu’ils ont peur.
Il y a quand même une des leurs
qui vient de se faire trancher la gorge, hein?
Et pas à Playa del Carmen. À Montréal.
- Qu’est-ce que tu veux que je fasse avec ça?
Ça prouve rien sur l’historique des déversements.
Ça prend des incidents précis. - Toutes les mesures.
Tu vois bien qu’une minière, ça pollue.
- Oui, mais il faut les noms, les lieux, les dates.
Faut incriminer Minexore.
- C’est ma job qui est en jeu, là.
Si je n’ai plus de travail, plus de retraite...
Je peux pas faire ça à mes enfants.
- Je comprends.
Merci.
(sifflement du cellulaire)
- C’est quoi?
- Ça, c’est du trouble. Mais celui qu’on attendait.
- C’est beau pour toi?
Un petit groupe de manifestants a investi les lieux
et réclame des consultations publiques
sur l’avenir de la mine du Lac-Requin.
Des rumeurs circulent selon lesquelles
les dirigeants de Bascan négocieraient secrètement
la vente de la mine
à la multinationale canadienne Minexore,
ce qui est très mal accueilli dans les milieux écologistes.
Certains se sont même enchaînés aux véhicules lourds de la mine
pour protester.
Maikan Collet, porte-parole du groupe Eco-Watch Québec,
s’est entretenu avec moi il y a quelques minutes.
- En ce moment, Minexore est considéré
comme un citoyen corporatif absolument déplorable,
autant au point de vue humain qu’environnemental.
Et à l’heure où on se parle, ils sont poursuivis
en Afrique et en Amérique latine
pour fraude et un paquet de crimes environnementaux.
Je les comprends de vouloir faire ça en secret.
- Quant à lui, Marc Duchesne, directeur général de la mine
et important actionnaire de Bascan,
a refusé de confirmer ou d’infirmer les rumeurs.
- Tout ce que je peux vous dire,
c’est que la priorité numéro un de Bascan,
c’est le bien-être et la prospérité
du monde de la région.
- Ça, c’est suffisant pour les empêcher de signer?
- Je croirais pas, non, mais...
- Il a l’air d’un mou, leur DG.
- Minexore, arrêt de mort.
(fermeture de porte)
- Bonjour, pour le plâtre...
Je vais repasser demain pour terminer le plâtre.
Ce sera pas...
Excusez.
(ouverture de porte)
(fermeture de porte)
(♪ cellulaire ♪)
(grognement)
- Salut, Jasmine!
- Salut, Émile! T’es rendu où, là?
- Bien, je suis retourné sur les lieux.
J’essaie de comprendre toutes les allées et venues
qu’il y a eues, ce soir-là, dans le bloc.
Une drôle de place, hein? Tu sais...
Toutes les fenêtres d’en arrière s’ouvrent toutes seules,
mais le trois quarts du monde
sont incapables d’ouvrir la porte d’en avant.
Ça marche pas, ça.
- Bien, c’est du sur-mesure pour toi, ça, cette affaire-là!
- Ah, ouais! Euh...
Toi, Jasmine, là, qu’est-ce que ça dit, les empreintes?
As-tu des matchs?
- Ouais, j’ai un match.
- Ah oui? Un gars qu’on connaît?
- Non, un Guatémaltèque. Fiché, mais pas ici.
Bien, je peux pas t’en dire plus.
- Hein? Pourquoi?
- T’en parleras au capitaine Bernier.
Coudonc, es-tu en train de pisser en me parlant, toi, là?
- Mais c’est qui, le gars?
Mais c’est dégueulasse!
Voyons, je suis assis pour pas que t’entendes.
J’ai visé le bord.
- Tu parleras avec Bernier.
Vous vous bookerez un meeting aux urinoirs.
(Elle raccroche.)
- Jasmine?
Ah, Jasmine est partie.
(soupir)
(chasse d’eau)
Je me lave les mains? Non, je me lave pas les mains.
Hé, crisse...
Ça sera pour une autre fois.
- Faut que je comprenne qui essaie de me "framer".
En plus, je pense que je suis surveillée.
- Pardon?
- Il y a un gars qui a l’air de me suivre.
- T’es sûre?
- En tout cas, le gars qui est venu fouiller chez ma mère,
lui, il cherchait clairement quelque chose,
puis je pense que je sais c’est quoi.
C’était dans l’entrée, chez ma mère,
à côté de la table de la salle à manger,
depuis, je sais pas, des mois.
Mais je l’ai retrouvé tantôt chez Mme Casares.
Ou plutôt... Rigoberta Flores.
- Mais qu’est-ce que t’es allée faire chez elle?
Chérie, c’est une scène de crime.
- Personne m’a vue.
- OK, là, Sarah va falloir que tu contrôles ton narratif.
T’es innocente. - Tu l’as vu, Lebeau?
Tu lui fais confiance pour démêler tout ça, toi?
Regarde ça. C’est un site de matériel d’espionnage.
Et voilà. C’est ça.
- Quelqu’un espionnait ta mère.
- Non, je pense que quelqu’un m’espionnait, moi.
Écoute ça.
Je t’en parle pas parce que tu comprendrais pas.
- Mais j’aimerais ça, savoir ce que tu fais,
dans quoi tu travailles en ce moment.
T’es pas obligée de rentrer dans les détails.
Pas besoin de me prendre pour une cruche non plus.
- Maman, franchement,
je veux juste pas t’ennuyer avec des affaires plates.
Bon, en ce moment,
je négocie l’achat d’une mine de lithium ici, au Québec.
Es-tu contente?
- OK, c’est sérieux, ce qui arrive.
(sonnerie de cellulaire)
Il faut absolument que je retourne au bureau.
Fraser m’a appelé 3 fois. Il a des problèmes avec Duchesne.
- C’est correct, mon amour. Vas-y.
Vas-y, moi, je vais en profiter pour me déposer un peu.
- OK. On va tirer ça au clair.
Je reviens vite.
(bips de la machine)
(soupir)
- Excuse-moi pour ce matin.
Je voulais pas te secouer comme ça
en t’annonçant la mort de Mme Casares.
- Non, c’est correct.
Tu sais, j’ai travaillé pour Infirmières internationales.
Fait que j’ai vu beaucoup de violence.
Beaucoup de choses tristes.
Je suis juste plus sensible qu’avant.
- Eh bien, j’ai cru...
peut-être que vous étiez plus proches?
- Non.
- Quelle que soit la raison pour laquelle elle a été assassinée,
ma mère et Mme Casares avaient un lien secret.
(clochette d’ascenseur)
Et je suis de plus en plus convaincue que ce lien-là
a rapport avec ce qui s’est passé.
- Leur amitié était pas secrète.
- Non. Mais ma mère connaissait Mme Casares
avant qu’elle emménage, puis elle me l’a caché.
Toi, est-ce que t’as entendu des conversations
à propos de sujets, je sais pas, inhabituels?
- Pas vraiment.
Mais j’ai... toujours eu l’impression
que Mme Casares avait fui le Guatemala.
Qu’à certains moments, elle avait peur.
- Même ici? - Oui.
Mais... C’est peut-être juste une impression.
- Sais-tu de qui elle avait peur? De quoi?
- Non.
Elle m’a jamais dit quel danger
elle avait fui en venant ici, fait que...
- Peut-être que d’autres immigrants guatémaltèques
seraient plus au courant.
Mme Casares devait être impliquée à ce centre-là,
parce que j’ai retrouvé le pamphlet
dans la sacoche de ma mère.
Il y a des activités presque tous les soirs,
c’est pas loin dans le quartier.
Parles-tu espagnol, toi?
- Euh... Ouais. Je me débrouille.
- Je vais avoir besoin de toi.
- Faite que là, vous me l’envoyez, Sarah, là? Hein?
Non, non! Non, non, ça nous prend Sarah!
- Oui, oui, Marc, c’est sûr et certain
que c’est Sarah qui est sur le dossier.
- Non, non, sinon, je signe pas! Je ne signe pas!
- Euh, Marc, écoute! Tu permets que je t’appelle Marc?
- Ils ont fait du grabuge partout.
Ils sont en train de nettoyer, là. C’est fait, là.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- C’est le gars qui a fouillé l’appartement de ma mère.
- Hein? Quoi?
- Attendez, je la connaissais.
Mme Rigoberta Flores, c’était une amie de ma mère.
(Ils parlent en espagnol.)
(Ils parlent en espagnol.)
(sanglots)
(Ils parlent en espagnol.)
- Wô! Wô! Ah!
- Ah!
(coups de feu)
(vrombissement du moteur)
- Papa!
Mi amor!
(Elle parle en espagnol.)
♪ ♪ ♪
(sonnerie de téléphone)
- (Fraser): Sarah, écoute,
les actionnaires de Bascan paniquent.
Duchesne est prêt à discuter, mais seulement avec toi,
alors tu prends le prochain avion pour la Côte-Nord.
(soupir)
- Alors maintenant, cherchez donc
qui essaie de me faire inculper pour salir Minexore.
Parce que c’est évident frame-up.
On se comprend.
- En fait, c’est un peu trop évident, justement.
Quelqu’un qui aurait voulu frame-up
s’y serait pas pris autrement.
- Minexore.
Sous-titrage: MELS
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