All language subtitles for Les aveux les plus doux

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Original subtitles

9,50.

Catherine!

Ton et sardine ? Ton et sardine. Pour une fois, vous devriez changer. Vous m

'en mettez une boîte. La petite ou la grosse ? La grosse est plus avantageuse.

Alors la grosse.

Ça fait 14 tout juste.

Merci.

Deux paquets.

Vos billets, un de ces jours, vous ne les retrouverez plus.

Qu'un type vous serre d'un peu près dans la foule... Ça doit vous arriver, non

?

Donne-moi une pièce.

Regarde, on pourrait faire 300 kilomètres.

Non, écoute, je préfère la plage.

Et voilà.

Qu'est-ce qu'il y a ? On a quand même fait 300 mètres.

Alors, tu joues ou tu ne joues pas ? Du bruit !

La pâle !

Ça va, du bruit ? Il y a longtemps qu'on ne s'est pas vus.

Quatre mois.

Tu te souviens, tu roulais en moto ? Double carburateur, pare-brise en

plexiglas.

Une bêtise, quoi.

Tu as trouvé du travail ? Oui, monsieur Borelli.

C'est bien.

Qu'est-ce que tu fabriques ? Je travaille chez mon père.

Qu'est-ce qu'il fait, votre père ? Il est horticulteur.

C'est un joli métier.

J'ai toujours aimé les fleurs.

Tu viens ? Qu

'est-ce que c'est ? Un flic.

Jean ! T'es à la plage ? Oui, depuis ce matin.

On vous a pas vu ? On faisait du nudisme sur les rochers.

Ça valait le coup d'œil ? Oh,

Carl,

qu'est-ce que tu fais là ? Je t'attendais.

Tu as bonne mine, c'est l'air de la mer.

Tu sais, la navigation, j'en ai eu marre.

L'aventure à bord d'un cargo.

Et qu'est-ce que tu fais maintenant ? Je travaille dans un cirque. Tu sais, les

frères Lopez.

12 chevaux, 6 lions, 4 ours.

T'es dompteur ? Garçon de piste.

Les chevaux font leur petit tour et moi je suis derrière avec une pelle et un

balai. On est arrivé ce matin, on repart dans 48 heures. Tu sais, la vie de

cirque, c'est ça.

On monte la tente et on la démonte.

Assieds-toi, je te fais un café.

On peut parler devant Catherine ? Oui.

C'est commencé ? Oui monsieur, il y a un quart d'heure à peu près.

Bonsoir Linda.

Bonsoir Monsieur Lopez.

Henri, tu peux vidanger ma voiture demain matin ? Il vous la faut pour

quelle heure ? Midi.

Mousse pas.

Vous posez l'argent sur la table et vous ouvrez le coffre.

Jean, attention ! Petite merde !

Qu'est-ce que c'est, ton bouquin ? L'histoire du Troisième Reich.

Hitler était un dangereux crétin, mais il avait compris une chose, c'est que l

'échine des nations est infiniment souple.

Comme celle des hommes, d'ailleurs.

Ton pessimisme, c'est un système et rien de plus.

Je ne suis pas pessimiste, moi.

Quand tu es là, par exemple.

Ah non ! Allô ? Oui ? Ah, c'est toi.

Qu'est-ce qu'il y a ? Une grosse somme ?

Sérieusement, blessé ? Mais parle plus fort, j'entends rien ! Mais je peux pas.

Je vous disais que le signalement est vague.

Un type jeune.

Cheveux bruns, dans les 1m80.

Plutôt beau garçon.

Non, mais le directeur du cirque est sûr de le reconnaître.

Oui, la voiture sera là dans cinq minutes.

Bon entendu.

Je garde la part de Carl, c'est d'accord avec lui. Il la prendra au prochain

passage du cirque. Ce signal d'alarme, quelle merde.

Je suis pas fou quand même, t'as coupé les fils.

Les accus, ça existe, figure-toi.

J'ai téléphoné au sommier, il nous envoie l'airmoto.

C'est là.

Ouais ! Après tout, prendre le train, c'est pas défendu.

Quand la police te connaît, tu files pas après un coup comme ça.

On t'envoie tout de suite.

Tu crois ? Ah, je sais pas.

On a passé la soirée ici, je travaille chez ton père.

C'est ce que t'as dit à Borélie.

Si on interroge papa ? Il leur dira, tu crois ? Il t'aime pas beaucoup, tu

sais.

Face aux murs, les mains en l'air.

À pied.

Merci.

Merci.

C'est pourtant facile à vérifier, M. Borrelli. M.

l'inspecteur, si ça te fait rien.

M. l'inspecteur, je suis resté chez moi toute la soirée.

Seul ? Non, avec Catherine.

Vous savez, vous l'avez vue sur la plage. Ah oui, elle est mignonne.

Tu travailles chez son père ? Oui.

Il fait quoi déjà, son père ? Il est horticulteur.

Bien.

Petit salaud ! Laissez-le, monsieur Lopez ! Allons, voyons, qu'est-ce que c

'est ? Allons ! Mais quand il t'en fout, je dis pas qu'est-ce que je lui ai fait

! Tu vas voir ce que tu me fais ! Allons, allons ! Monsieur Lopez, allons

! Allons, regardez-le ! Et dites-moi si vous le reconnaissez formellement.

Regardez-le !

Oui.

Je le reconnais formellement.

Mais je vous ai jamais vu de ma vie, moi.

C'est pas lui qui a frappé votre employé.

Non, c'est pas lui, c'est l'autre.

Seulement l'autre, je l'ai pas vu.

Si vous voulez signer votre déposition...

Ici, s'il vous plaît.

Là.

Ça y est, mes lunettes.

Il m'a même cassé mes lunettes, ce petit salaud ! Décidément.

Ici.

Et votre employé, comment était-il ce matin ? Pas bruyant.

Je vous préviens dès qu'il y a du nouveau.

Il n'y en a plus pour longtemps.

Ça parate quelques heures, quelques jours, puis ça finit toujours par

craquer. La routine.

L'inspecteur.

Vous étiez à la plage hier ? Non, j'avais de la famille à la maison. J

'irai dimanche. Faut profiter du soleil, hein ? L'automne sera vite là.

Et mon dossier ? Je l'attends ? Vous l'aurez demain, monsieur l'inspecteur

principal. J'aimerais.

Ton complice ? Je ne suis pas sorti de la soirée.

Où as-tu mis l'argent ? J'étais chez moi.

Tu le décides, oui ? Je vous dis que j'étais chez moi.

C'est tout ce que tu as trouvé comme alibi ? C'est tout ? C'est tout ?

Vous permettez ?

Laissez-le.

Vous voyez bien qu'il ne tient plus debout.

Moi, j'ai quelque chose à vous dire.

S'il vous plaît.

Qu'est-ce que vous prenez ? Une limonade.

Le juge a inculpé Dubré.

Il va passer plusieurs mois en prison.

Et puis après, ce sont les assises.

Oui, les assises.

Vous l'aimez ? Puisque vous l'aimez, vous devez me parler.

Parce que si vous ne me parlez pas, tout lui retombera sur le dos, forcément.

Allô, oui ? Oui ? Dubreuil ! Au parloir !

Qu

'est-ce qu'il y a ?

L'employé du cirque est mort.

Mais...

Allez-y.

Où est l'argent ?

Vous aurez dû prendre les boulevards extérieurs.

On y retourne.

Qu'est-ce que c'est que ce chantier ? Qu'est-ce que c'est que ce chantier,

Borrelli ? Quel chantier ? Dites-vous ! Faudra que vous compreniez que ces

méthodes sont périmées !

Je ne suis pas votre ennemi.

Je suis venu pour vous aider.

Bien.

Dubreuil risque 20 ans de prison. C'est couru.

Alors ? Alors, il ne faut pas.

Il ne faut pas, il ne faut pas. Non, il ne faut pas.

Ce n'est pas un truand, Dubreuil.

C'est un gosse.

Alors, il faut nous aider à le sortir de là.

Comment, je ne sais pas.

Je cherche.

Il est récupérable, ce mot.

Vous êtes flic ou avocat ?

Non mais il y a du bruit dehors, je n'ai pas trop bien compris.

Épousez-le, je vous dis.

Vous voulez que j'épouse Jean ? Non mais inspecteur, vous êtes sérieux ou quoi ?

Il n'y a pas un jury qui restera ins... Passez ! Mais qu'est-ce que vous perdez

? Passez une heure avec lui après la cérémonie, et en prime, une réduction de

peine.

Libreil, c'est l'heure.

Tu as de la chance, il fait beau.

Ça fait longtemps que t'es au trou ? Ça va bientôt faire cinq mois.

Merci.

Vous avouerez, messieurs, que votre demande a un caractère un peu

particulier. Enfin, monsieur le maire, le commissaire principal vous a donné

les apaisements nécessaires.

Oui, bien sûr. Je comprends vos scrupules, monsieur le maire.

Permettez-moi de vous dire qu'il vous honore.

Non, je les comprends, d'autant mieux que je les partage.

Et après la cérémonie ? Nous les laisserons seuls un moment.

Pas trop longtemps, mais enfin, les séparés, comme ça, sont si jeunes.

Du reste, c'est presque une tradition.

Tiens. Eh oui.

L'administration sait parfois se montrer bonne fille.

Bon, si on allait jeter un coup d'œil sur les liens.

Messieurs.

Allons-y.

Le concierge nous l'a prêté.

Je ne lui ai pas dit à quel usage.

C'est un peu délicat. Vous avez fort bien fait, monsieur le maire.

Je le monte ? Non.

Non, non, les hommes s'en chargeront.

J'aimerais bien les voir.

Excusez-moi, monsieur le maire.

On demande monsieur l'inspecteur principal Muller.

Monsieur l'inspecteur, le prisonnier est là. Bien, merci.

J'ai encore une chose à vous demander, monsieur le maire. Il faudrait enlever

cette pendule.

Comme vous voudrez, je vous laisse, monsieur.

Je ne peux pas y croire.

Pochu, dites-moi, c'est ennuyeux.

Ils n'ont pas de témoin.

Regardez-moi.

Vous avez une bonne tête de témoin.

Prenez Montal avec vous, il sera le témoin de la mariée.

Allez.

Et faites-moi enlever la pendule du bureau.

La pendule ? Oui, la pendule.

Dépêchez-vous, je vous le prie.

Et enlevez votre chaîne.

Bien, monsieur le maire.

Mariage Jürgen Dubreuil, le marié, s'il vous plaît.

Présent.

La mariée, maintenant.

Comme vous n'avez pas de témoin, M. Fauchu et moi nous remplirons cet

office. C'est tout à fait régulier.

Vous ici, et vous là.

Détachez-le.

Les portes ouvertes, c'est la loi.

Et les alliances ?

Vous

n'avez pas de cravate ? J'en mets jamais.

Fauchu, c'est sans importance.

Conformément à la loi...

Je vais vous lire les articles 212 à 215 du Code civil.

Article 212.

Les époux se doivent mutuellement fidélité, secours, assistance.

Article 213.

Le mari est le chef de la famille.

Il exerce cette fonction dans l'intérêt commun du ménage et des enfants.

La femme concourt avec le mari.

à assurer la direction morale et matérielle de la famille, à pourvoir son

entretien, à élever les enfants, à préparer leur rétablissement.

Article 214.

Si le contrat de mariage ne fait pas la contribution des époux aux charges de

mariage... M. Muller vous appelle.

Article 215.

Le choix de la résidence de la famille appartient au mari. La femme est obligée

d'habiter avec lui et il est tenu de la recevoir.

Lorsque la résidence fixée par le mari présente pour la famille des dangers

dans le physique... Benita !

Catherine Claudia Jorgen, consentez-vous à prendre pour épouse Jean Dubreuil, ici

présent. Oui.

Jean Dubreuil, consentez-vous à prendre pour épouse Catherine Claudia Jorgen,

ici présente.

Oui. Au nom de la loi, je vous déclare unis par les liens du mariage.

Dites-moi, le prisonnier vous a demandé quelque chose en venant ici ? Il vous a

demandé si on le laisserait seul avec sa femme, après la cérémonie.

Ah oui, il voulait savoir.

Je lui ai répondu, pour les mariages de détenus, c'est une chose qui se fait.

Ni trop ni trop peu, quoi, juste dans le ton.

Ça va, merci.

Ça a été pour le lit ? Je me suis pincé le doigt. Je le savais.

Boré le lit.

Je le savais.

Mais je vais avec lui.

Par ici.

Détachez-le.

Il y en a besoin de moi, je suis dans mon bureau.

Bonjour, madame.

Bonjour, Dubré.

Toutes mes félicitations.

T'as pas grossi, toi ? Alors ?

On est passé devant monsieur le maire ? Comme papa et maman ? Croyez-moi, c'est

bien mieux comme ça.

N'empêche, elle a du mérite.

Elle fait une croix sur sa vie.

Elle dit, est-ce que tu sois sorti de prison ? Tu te rends compte ?

Mais oui, il se rend compte.

C'est pas le mauvais cheval.

Alors, du bruit.

Qu'est-ce que vous me voulez, M. Muller ? Tiens, il se souvient de mon nom.

Vous n'avez pas cherché à me l'inscrire sur les côtes, c'est drôle pour ça.

C'est vrai qu'à votre âge, l'exercice...

T

'as entendu ? Oui, c'est amusant.

Vous serez donc toujours les mêmes, hein ?

Il n'y en aura pas un dans le tas qui saura la fermer quand il faut et l

'ouvrir quand il faut.

C'est pour épater ta femme que tu cherches à faire le malin ? Eh ben c'est

raté. Les écarts de langage ça l'amuse pas.

Carcasse de libellule.

Fais voir tes mains.

C'est pas beau.

Qu'est-ce que tu as fait ? Les éponges métalliques.

Et maintenant je suis à la relire.

En préventive on n'est pas obligé de travailler ? J'ai demandé.

Je m'ennuie moins.

Je comprends.

Alors, tu n'as rien à nous dire ? Mais si, vous allez voir.

Non, il n'a rien à nous dire.

Décidément, il fait tout à l'envers.

Allez, va les chercher, ils vont le reconduire.

Mais ils nous ont dit que... Je vous demande pardon ?

Ils nous ont dit... Qui ils ? Les policiers.

Ils.

Qu'est-ce qu'ils vous ont dit, les policiers ? Qu'ils m'emmèneraient pas

tout de suite.

Qu'on nous laissait un peu ensemble.

Mais on vous a laissé un peu ensemble.

Non.

C'est pour ça qu'on a mis un lit dans ce bureau.

Elle est belle celle-là.

Je vais te leur passer un savon, moi.

Ils sont moqués de moi ? J'en ai peur.

Tu sais, ils sont très stricts chez eux.

Pour le moindre truc, ils doivent rédiger des rapports interminables.

Alors comment veux-tu qu'ils expliquent à leur supérieur cette fantaisie dans

leur air ? Berger !

Venez par ici.

Monsieur l'inspecteur.

Enlevez-moi ça tout de suite.

Tout de suite ! Qu'est-ce que j'apprends ? Vous avez dit au prisonnier qu'il

pouvait rester seul avec sa femme ? Mais monsieur l'inspecteur principal... Pas

de phrase, hein ? Vous l'avez dit, oui ou non ? Oui, monsieur l'inspecteur.

Eh bien, vous avez eu tort.

L'emmêler des idées comme ça dans la tête.

Les cadeaux que vous faites, ils vous coûtent pas cher.

Allez, enlevez-moi ça.

Vous êtes déçu ? Je comprends ça.

Je ne demanderais pas mieux que vous faire plaisir.

Ces policiers sont de braves types, mais ils n'ont aucune autorité pour décider

quoi que ce soit.

Si j'étais seul, oui, peut-être.

Mais il y a M.

Borrelli.

Il est très à cheval sur le règlement.

Oh, monsieur, je vous en supplie.

Et s'il fait l'idiot.

Vous avez vu tout à l'heure ? Deux mots de sympathie, c'est tout de suite l

'arrogance.

Monsieur Muller, monsieur l'inspecteur principal, c'est vrai, tout à l'heure j

'ai dit une... Connerie.

Mais maintenant je lui donne ma parole.

Pas faire l'idiot ? Bon, je te crois.

Pour moi ça va.

Mais monsieur Borrelli, c'est moins sûr.

Borrelli !

Dubreuil.

Me donne sa parole d'homme, que si on le laisse seul avec sa femme, il fera pas

de bêtises.

Moi, j'ai confiance.

Qu'est-ce que t'en dis ? T'es malade ou quoi ? Écoute, Borrelli... On commence

par voler une moto.

Quinze jours de prison.

Ça le fait réfléchir, tu parles.

Aggression à main armée.

Complicité de meurtre.

Et par-dessus le marché, ils se foutent de notre gueule.

Je suis innocent et je veux coucher avec ma femme.

Et ça crèverait plutôt que de baisser les yeux.

Les yeux, nom de Dieu.

Les yeux !

Et vous lui

feriez une faveur.

Ne comptez pas sur moi.

Tu passes quand aux Assises ? En mars.

Travaux forcés à perpétuité.

Travaux forcés à perpétuité ? Rien que ça, qu'est-ce que t'en sais ? Et l

'indépendance de la magistrature, tu connais ? Y a encore des juges ? C'est

eux qui décident, pas nous ! Je connais bien son avocat, il a du talent.

S'il est dans un bon jour, il peut s'en tirer avec 20 ans.

Peut-être 10, en admettant que le jury soit bien unis.

On va pas le décorer, non ? Mais il était...

Évidemment, si on trouvait ton complice, les responsabilités seraient partagées.

On lui dit ? Écoute, c'est simple.

Tu te doutes bien que si on est venu ici, c'est pas seulement pour te

présenter nos félicitations.

Encore moins pour te permettre de...

On m'a donné une consigne.

Obtenir tes aveux, un point, c'est tout.

Quand j'ai appris ça, j'ai voulu l'accompagner.

Pour tâcher que ça se fasse pas trop mal.

Tu me connais.

Tourner autour du pot, c'est pas mon genre.

Alors je te mets le marché en main.

Tu avoues et tu la baises ou tu fermes ta gueule et tu te mets la tringle.

C'est clair ? Il a compris.

C'est dégueulasse.

Non, madame.

Avouer est une chose assez belle.

Et si simple.

On est coupable, on l'admet.

Courageusement.

Je sais.

Dans la bouche d'un flic sont des mots qui prêtent à sourire.

Pourtant, tu devrais avoir confiance.

C'est pour ça que vous ne m'avez pas tapé dessus à la voie facture.

Vous vous réserviez pour le coup de la confiance.

Jette ta cigarette.

Pourquoi tu t'entêtes ? C'est vrai, on parle dans ton intérêt.

On t'a dit de jeter cette cigarette.

Est-ce que je fume, moi ?

Quand même, moi.

Si j'avais été enfermé depuis 5 mois et privé de femme, et que j'en ai encore

pour 20 ans,

il est vrai que nous, on peut pas juger, on y a droit tous les soirs.

Tous les soirs, c'est une façon de parler.

Remarque, il paraît qu'à la longue, on arrive à s'en passer.

Alors vraiment, ça ne te dit rien.

Ça ne te dit rien.

Il est peut-être devenu pédé.

Vous allez lâcher, oui ? C'est fini de gueuler ! Je dois être en vie, le nom de

Dieu !

Je

n'ai pas peur de vous, moi.

Je ne suis pas en prison.

Vous n'avez rien contre moi. Ne croyez pas ça.

Si on cherche, on trouve toujours.

Vos témoignages, par exemple.

Salaud.

C'est vrai, vous êtes tous des salauds. Vous voyez ? On n'aura pas attendu

longtemps.

Outrage à un officier de police dans l'exercice de ses fonctions.

Je vais vous taper un joli procès verbal.

Morelli, ne perdons pas de temps.

Et toi, explique donc à ta femme qu'elle n'a pas intérêt à se mettre la justice à

dos.

Tu es bien placé pour le savoir.

Assieds-toi.

Chacun son rôle du bruit.

Les policiers interrogent et les coupables avouent.

Et qu'est-ce qu'on te demande ? Des aveux.

Je suis innocent.

Et vous le savez.

Tu es mal parti, tu sais.

D'abord, M. Lopez t'a reconnu.

Pour m'en connaître dans le noir ? Comment tu sais que c'était dans le noir

? Dans le noir, hein ? C'est drôlement bien renseigné.

Le juge et l'avocat l'ont parlé devant moi, figurez-vous.

Ton complice t'a appelé Jean.

Je suis pas tout seul à m'appeler Jean.

Malheureusement, Lopez avait une torche.

Il a vu ton visage en pleine lumière.

Avoue, tu t'en tireras pas.

Tiens, je vais même te dire.

Nous deux, on te chargera pas.

C'est promis.

Elle a du cran, tu sais.

Elle quitte une famille plutôt bien pour vivre avec toi.

Pour crever de faim avec toi, oui.

Nous nous aimons.

Si vous pouvez essayer d'imaginer ce que ça veut dire.

On va faire un effort.

Je vous le promets.

C'est vrai, elle t'aime.

Oui, je sais, hein.

Pour vous, le mariage c'est une farce, pourtant elle t'épouse. Oui, mon vieux,

c'est ta femme.

Dans ton cœur et devant la loi.

Avec de la veine, dans cinq minutes, tu lui fais un gosse.

Tu te rends compte ? Un gosse.

Elle serait heureuse, tu sais.

Ça lui donnerait une raison de vivre.

Et à toi, une raison d'espérer.

Et tu la laisserais partir comme ça ? Sans la toucher ? On ne te demande rien

de déshonorant ?

Même pas un mot sur ton complice. C'est trop bête à la fin.

Tenez, parlez-lui, vous, madame.

On vous laisse un moment. Allez.

Et Helga, ça va ? Qui ça ? Elsa.

Ah oui, ça va.

Enfin, j'espère.

Ça va sans moi.

C'est fini, fini ? Oui.

C'est-à-dire qu'on a eu des mots.

On a même eu des gestes.

J'ai fini par lui casser ses lunettes.

Ah,

vous avez le mauvais caractère.

Ils ont raison, va.

Ce coup-ci, je suis bien foutu.

Tu vas pas leur dire ? Mais si, je vais leur dire.

J'ai plus le choix.

Tant que tu n'avoues pas, il y a un doute.

L'avocat... Ah, m'emmerde pas avec l'avocat ! La prison, c'est moi qui vais

la faire, pas lui ! Ni toi !

Ah, puis pleure pas, hein ! Pleure pas ! Jean, je t'en prie ! Ils t'ont rendu

méchant.

Même si c'est pas pour moi, ne sois pas comme ça.

Ne leur fais pas ce plaisir.

T'as raison.

Quand ils mettent la main sur un type, ils finissent par le rendre comme eux.

Tu sais, c'est pas facile pour moi de m'endormir là-bas tous les soirs.

Pour moi non plus, c'est pas facile.

J'espère bien.

Bon, allez.

Jean, non ! Non ! C'est d'accord, j'avoue.

C'est moi.

Et voilà, pas plus difficile que ça.

Un pauvre type.

Une triste petite merde.

Prends sa déposition.

Assieds-toi.

Tenez, madame, si vous voulez passer à côté, s'il vous plaît, le temps de taper

le procès-verbal.

Mettez-vous à votre aise.

Il n'y en a pas pour longtemps.

Je vois que ta déclaration est déjà prête.

On n'a pas oublié un seul détail.

On n'en a pas rajouté non plus.

Tu pourras vérifier.

Le 16 janvier 1971.

Je t'écoute.

Vas-y.

Je vous l'ai dit, c'est moi.

Voilà. Tu avoues pour soulager ta conscience.

Ce n'est qu'une formule.

Je fais cette déclaration dans le

but de soulager ma conscience.

Lecture faite, persiste et signe.

Lecture faite, persiste et signe.

Tu ne lis pas ? Lis, voyons. C'est sérieux ?

C'est bien mieux comme ça.

Tu aurais regretté, tu sais.

Allez, va la rejoindre.

Prends ton temps.

Un instant, s'il te plaît. Qu'est-ce qu'il y a encore ? Parle sur un autre

ton, tu veux ? C'est vrai, ça ?

C'est pas parce qu'on ferme les yeux sur bien des choses, sur trop de choses

même, qu'il faut te croire tout permis.

Mais il n'y a pas de mais ! Sois poli ! C'est tout ! Sans blague ! Pour qui tu

te prends ? T'es bien

pressé tout d'un coup. Bien pressé ? Ça fait sept mois que j'attends pour ça !

Quand vous me ramèneriez, j'en aurais pour des années à vivre sans elle. Des

années. Rien qu'avec le temps passé avec elle aujourd'hui.

Non mais vous êtes comme moi, non ?

Si on vous lise une dernière fois, puis c'est fini pour dix ans.

Ou vingt ans, qui sait ? Eh ben, vingt ans ! Raison de plus ! Ça vous rendrait

pas un peu impatient, vous ? Ah, ça... Seulement, il y a une petite différence.

Pardon, madame.

Nous, nous n'avons rien à nous reprocher. Alors, se mettre à ta place,

c'est difficile.

Faut un gros effort d'imagination.

Jouez pas comme ça avec moi.

Juste pour le plaisir.

J'ai rien d'autre à moi.

Ça fait combien de temps qu'on est dans ce bureau ? Un bon moment.

Ton quart d'heure d'extase, il est déjà bien entamé.

Un quart d'heure ? C'est pas vrai.

Quelle heure il est ? Doucement, petit.

Doucement.

Dites-moi l'heure ou je vous tourne l'air.

Un quart d'heure.

Je te rends compte, ce gâchis.

Un quart d'heure, tu sais, c'est une manière de parler.

Il te reste plus que ça.

Beaucoup. Pas mal.

Écoutez, j'ai avoué.

Laissez-moi y aller.

Je vous en supplie.

Oui, je vous en supplie.

C'est ça que vous voulez.

Eh bien, je vous en supplie.

Mais qu'est-ce qu'il vous faut de plus ? Et puis, mère, vous avez promis, ça

suffit comme ça.

On discute, chacun aimait du sien, on arrive finalement à s'entendre et tu t

'emballes.

Ça rime à quoi, cette gymnastique ? Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? On le

fait embarquer ? Non, pas encore.

Très bien.

De toute façon, il faut retaper sa déclaration.

Ils sont ces carbones.

Je ne me suis pas trompé, on est bien le 16 aujourd'hui.

Ah oui, le 16.

Le 16 janvier.

Le 16 janvier.

Alors, monsieur le spectateur ? Rien. Le cirque habituel.

C'est dans la poche maintenant. Borrelli tape sa déclaration.

C'est vrai que le samedi, on se marie à la chaîne.

C'est presque fini.

Fais voir.

Ça vous va, oui ?

T'en fais pas, va.

T'as encore du temps devant toi.

Pas beaucoup, mais enfin largement assez.

Encore une question, une seule.

Assieds-toi, ce sera pas long.

Vous avez encore une question à me poser ?

Écoutez, je signe en blanc et vous marquez ce que vous voulez.

Ça irait plus vite, bien sûr, mais c'est pas dans nos habitudes.

Et puis ça, on peut pas l'inventer à ta place.

Tu as avoué, c'est bien, mais ça ne suffit pas.

Alors, ton complice, qui est-ce ?

Salop ! Salop !

Salop ! Qui c'est, ton complice ? Qui ? Qui ? Viens, canon.

Qui ? T'as bien parlé tout à l'heure, c'était autrement sérieux.

La femme va s'impatienter.

D'ici qu'elle n'en est plus en vie. Non, je crois que tu te trompes, elle en a

toujours envie, elle l'aime.

Ça n'empêche pas l'heure de tourner, tout ça.

Enculé ! Vous ! Vous allez me foutre le camp ! Et vite ! On est entre hommes,

ici ! Entre hommes ? Jean ! Jean !

Tu veux que je te l'abîme, ton portrait de jeune marié ? Tu veux ? T'as tort de

t'obstiner comme ça.

Plus tu feras d'histoire, plus on prendra son temps.

T'es revenu à de meilleurs sentiments ? On peut parler ? Tu sais, pour une fille

qui vient de se marier, c'est pas marrant d'attendre comme ça.

Elle vous emmerde ? Tu dis ? Puis moi aussi, je vous emmerde.

Je suis patient, tu sais.

Tu as de la veine ? Mais c'est toi qui as de la veine, mon pote. Si on était

seul. Ah oui ? Tiens, ne te jeûne pas, vas-y.

Tape le premier.

Et les menottes ?

Si c'est ça, on va te les enlever tes menottes.

Borrelli. Berger, la clé ! Borrelli ! Quoi ? Voyons, Borrelli, ça ne s'enlève

pas des menottes.

C'est pas réglementaire. Et pour un détenu, sauter sa femme, c'est

réglementaire ? Absolument pas.

Je t'aurais réglé ton compte, tu sais, petit.

On dit ça.

Mais vous avez fini de vous engueuler, oui ? Hein ? C'est vrai, ça ? On dirait

deux gosses.

Allez, repose-toi.

Tu tiens plus debout.

Écoute, Dumouriez. Non, non.

Désolé, on n'a pas rien à se dire.

J'ai mis le temps, mais ça y est, j'ai compris.

Tu ne sembles pas saisir la différence.

Juridiquement, c'est plus du tout pareil.

Pardon ? Ça crève les yeux.

Il comprend rien, rien.

Tant que t'avais pas avoué, nous, on te tenait pour innocent.

C'est la loi. Tout accusé est présumé innocent jusqu'au jour où il est déclaré

coupable. Nous, on te croyait innocent.

Enfin, plus ou moins.

On y allait doucement.

Mais maintenant que t'as avoué que t'es officiellement coupable, t'as signé, n

'est-ce pas ? Il faut tout nous dire.

On reprend l'interrogatoire à zéro.

Alors, ton complice ? Ne nous dis pas que tu le connais pas ou que tu l'as

rencontré dans un bar.

On ne te croirait pas.

Tu sais, dans ce métier, doué ou pas, on a tous une qualité, la patience.

Une fois en plein hiver, j'ai attendu 24 heures au coin d'une rue.

Vous ne m'aimez pas.

J'ai honte pour vous.

Je n'ai pas de feu.

Ecoute, Dubreuil, t'as fait des bêtises, mais t'es pas un voyou.

T'es seulement victime d'une légende.

Les hommes du milieu, on souffre et on meurt sans parler.

Les hommes du milieu, je les connais mieux que toi, Dubreuil.

Ceux qui n'ont jamais parlé, y en a pas beaucoup.

Ils mangent tous un peu avec nous.

Crois-moi.

C'est moche.

Je n'ai rien fait pour mériter ça.

Mais évidemment, vous vous en fichez.

Pas du tout.

Et si je le cassais, votre petit cirque ? C'est facile.

Vous allez voir.

Je ne leur dis rien, je m'en vais ! Taisez-vous, petite conne !

Ne vous

impatientez pas, madame.

Il arrive.

Elle va s'en aller ? Non, non.

Elle l'attend avec son petit air de fausse maigre.

C'est vrai qu'elle est gentille.

Continuez, vous me rendez service.

Continuez à parler comme ça, j'en ai pour six mois plus à avoir envie d'elle.

Et tout ça pour des types que tu croises tes copains, à qui tu sauves la mise à

tes frais. Et qui se foutent pas mal de toi.

Moi, j'appelle pas ça des hommes.

J'appelle ça des vagabonds.

C'est beau, le silence.

C'est digne, c'est même impressionnant, seulement c'est con.

Sans compter qu'aux assises, qui sait qui va se mordre les doigts de se le

présenter tout seul ? L'infortuné Dubreuil.

Vous avez du feu ?

Mais parle-donc et va la retrouver, ta femme.

Tu crois que ça nous amuse, toute cette histoire ? Et moi, alors ? N'empêche qu

'il y a un truc que j'ai jamais compris.

Et que vous saurez jamais m'expliquer, non plus.

Dis toujours.

Je vous donne mon complice.

Tu nous le donnes ? Qui sait ? C'est une hypothèse.

Exactement.

Je vous donne mon complice.

Le moins que je risque dans ma situation, c'est 10 ans.

À condition que le tribunal veuille bien tenir compte de mes révélations.

En prison, pendant 10 ans, je vais porter un chapeau. Et alors ? Je me suis

déjà fermé le milieu des années de Jean, et l'autre milieu veut plus de moi non

plus.

Ma peine terminée, voulez-vous que j'aille ? Et toi, où tu veux en venir ?

Ça peut se discuter.

Tu ne reconnais personne ? Si.

Toujours le mot pour rire.

Résumons-nous.

C'est de porter un chapeau qui te fait peur. J'ai pas dit ça.

Ah, t'as pas dit ça, mais ça revient au même.

Je te fais une proposition.

La dernière, parce que... Tu nous passes le tuyau de la main à la main.

On s'en facture.

On ne t'a rien demandé, tu nous as rien dit.

Tout le monde est content.

N'est-ce pas, Boréli ? Ça ne vaut pas une déposition écrite et signée.

Eh bien, on s'en contentera.

Dans deux minutes, Catherine est à toi.

Et au tribunal, on ne chargera pas ses promis.

Tout à l'heure, tu m'as donné ta parole d'homme.

Je t'ai fait confiance.

Moi, je te donne la parole de policier.

Ça te va ? Vous me méprisez beaucoup trop, vous savez.

On a peut-être des excuses.

Je devais vous remercier.

Vous m'avez appris quelque chose, aujourd'hui.

Ah oui ? Oui.

Au fond, je suis un type plutôt pas mal.

Et sans vous, je ne m'en serais peut-être jamais perçu.

Je vais passer des années en prison.

Pour vous, ça va continuer.

Votre métier, les femmes, les enfants, les vacances.

N'empêche, de nous trois, c'est moi le plus libre.

Oui.

Bon, vous en devez s'impatienter.

Je te l'ai dit, c'était ma dernière proposition.

Et toi, ton dernier mot, c'est ça ? Mon dernier mot, si je vous le disais, vous

ne seriez pas contents.

Allez-y, tapez, ça va vous faire du bien.

Mais arrêtez ! Vous allez le tuer !

Qu'est-ce que c'est ? Monsieur le maire réclame monsieur l'inspecteur principal.

On les laisse ? Ça vaut mieux.

Je vous prie d'excuser ce tapage, monsieur le maire, mais...

Notre prisonnier s'est finalement décidé à avouer.

Il va passer dix ans en prison, peut-être vingt, il a perdu la tête.

Je tiens à vous prévenir, messieurs.

S'il y a une enquête, je dirai ce qui s'est passé.

Vous êtes enfermés pendant je ne sais combien de temps avec ce prisonnier et

sa femme.

Il y a eu des cris, des hurlements abominables.

Tout le monde ici peut en témoigner.

Vous vous expliquerez avec vos supérieurs.

Vous aussi, monsieur.

Mais certainement, monsieur le maire.

Votre prisonnier vous sera rendu dans un instant.

Non, laisse-les.

Je ne suis pas marqué, non ? Non.

Regarde ce qu'ils font.

Monsieur ? Vous voulez que je vous dise du Braille ? Je crois que je vous ai

assez vu.

La seule pensée de vous poser une question de plus me fiche mal à la tête.

On ne va pas se tuer au travail, n'est-ce pas, Borrelli ? C'est vrai, on

n'est pas des beaux.

On se retrouvera au tribunal.

Je ne te chargerai pas.

Vous n'êtes pas prêt de m'oublier, n'est-ce pas ?

Midi et quart, on n'a pas vu le temps passer.

Soyez gentil, il faudrait me remettre un peu d'or dans le bureau.

Monsieur le maire !

Vite, appelez-moi un médecin, vite ! Et vous allez me chercher

ces flics.

Vous feriez mieux de revenir, elle s'est ouverte les veines.

T'as pas une cigarette ? Oui.

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