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C'est l'heure d'y aller.
Vous m'entendez ?
On vous �vacue, vous comprenez ?
Vous devez me suivre.
Pourquoi ?
On me l'a dit et je vous le r�p�te.
Tout le monde doit partir.
C'est dangereux ici, il y a des radiations dans l'air.
Vous savez quel �ge j'ai ?
Non.
Vous �tes vieille.
J'ai 82 ans.
J'ai v�cu ici toute ma vie.
Ici, dans cette maison, dans ce village.
Qu'est-ce que j'en ai � faire, du danger ?
J'ai une mission.
Ne faites pas de vagues.
De vagues ?
Vous n'�tes pas le premier soldat � brandir une arme ici.
� 12 ans, j'ai v�cu la r�volution.
Les hommes du tsar...
puis les Bolcheviks.
Des gar�ons comme vous, qui marchaient au pas.
Ils nous ont dit de partir.
Non.
Ensuite, il y a eu Staline et sa famine.
L'Holodomor.
Mes parents sont morts.
Deux de mes s�urs sont mortes.
On nous a dit de nous en aller.
Non.
Ensuite, il y a eu la guerre.
Des Allemands, des Russes...
Toujours plus de soldats, de famines et de cadavres.
Mes fr�res ne sont jamais revenus.
Moi, je suis rest�e et je suis toujours l�.
Apr�s tout ce que j'ai vu,
je devrais partir maintenant ?
� cause d'une chose que je ne vois m�me pas ?
Non.
Une minute !
C'est l'heure d'y aller.
Levez-vous, s'il vous pla�t.
Je ne le r�p�terai pas.
C'est l'heure d'y aller.
TCHERNOBYL
KIEV, UKRAINE, URSS AO�T 1986
QUATRE MOIS APR�S L'EXPLOSION
0,4.
0,6.
Quinze.
PRIPIAT ZONE D'EXCLUSION DE TCHERNOBYL
Ici Legassov.
Je le retrouve l�-bas.
L'atome nous offre une le�on d'humilit�.
Il nous offre surtout une humiliation.
Pourquoi le c�ur est toujours expos� ?
Pourquoi ne l'a-t-on pas recouvert ?
Nous voudrions le faire mais...
on ne peut pas s'approcher suffisamment.
Les d�bris sur le toit sont compos�s de graphite.
Tant que l'on n'aura pas r�ussi � les pousser dans le r�acteur,
quiconque s'en approchera mourra.
Vous voyez, il y a trois niveaux, sur le toit.
On leur a donn� des noms. Le petit, c'est Katia.
On y d�tecte 1 000 r�ntgens par heure.
On estime qu'y rester deux heures est mortel.
Celui sur le c�t�, c'est Nina.
2 000 r�ntgens. Mortel en une heure.
On utilisait
des bulldozers t�l�command�s en Afghanistan.
Trop lourds.
Ils traverseraient le toit.
Alors...
Des astromobiles lunaires.
Des Lunokhods STR-1.
Ils sont l�gers et si on les recouvre de plomb,
ils tiendront le coup.
Nous n'avons pas pu marcher sur la Lune
mais nous r�ussirons � ne pas marcher sur ce toit.
C'est le plus important.
Aucun homme ne doit monter l�-haut,
seulement des robots.
Et cette partie-l�, c'est quoi ?
Macha.
Douze mille r�ntgens.
Si vous y restiez deux minutes, m�me enti�rement prot�g�,
votre esp�rance de vie diminuerait de moiti�.
Trois minutes et c'est la mort en quelques mois.
M�me les astromobiles ne fonctionneront pas sur Macha.
En une telle quantit�, les rayons gamma s'insinuent partout.
Les particules d�truisent les circuits des puces �lectroniques.
Si c'est plus complexe qu'un interrupteur,
Macha le d�truira.
On peut affirmer que ce toit
est l'endroit le plus dangereux sur Terre.
Alors...
Qu'est-ce qu'on fait ?
C'est ce que nous voulions vous demander.
C'est la tente 181 ?
Vas-y, c'est gratuit.
Il est un peu t�t.
Bacho.
Pavel.
Ouais ?
T'�tais dans quelle unit� ?
Je bossais au parc automobile, � Kiev, mais apr�s...
Je parle pas de �a.
En Afghanistan ?
Je n'�tais pas en Afghanistan.
Je ne suis pas militaire.
Ils ont plus d'hommes.
Les douches, la cantine...
Ces types-l�, ils creusent le sol.
Eux, ils abattent les arbres.
Eux, l�-bas, ils �vacuent la population, je crois.
Les villageois.
Et eux ?
Je les connais pas, on s'en fout.
Yanek !
Tu veux quoi ?
Donne-moi une bo�te � bijoux.
- Non, j'en ai qu'une. - Donne-la-moi !
Il est avec moi.
Compris ?
Que personne l'emmerde.
On les fabrique avec du plomb.
- Mets-la sur tes couilles. - Tout de suite ?
Non, attends de te voir pousser une chatte.
Oui, tout de suite.
Par-dessus tes fringues.
Putain de merde !
T'as d�j� chass� ?
Non.
Alors...
C'est ton jour de chance.
Toi, moi
et Garo, l'Arm�nien moche dans la tente,
on s'occupe des animaux.
Des animaux ?
Ils sont radioactifs.
Ils doivent dispara�tre.
C'est facile, ils sont domestiqu�s.
Ils sont contents de nous voir, ils courent vers nous.
On met les corps dans le camion,
on les jette dans un trou, on coule du b�ton
et apr�s, on boit.
Vodka � volont�
et 1 000 roubles en prime.
On va te trouver un fusil.
BIBLIOTH�QUE UNIVERSITAIRE LOMONOSSOV MOSCOU
Oui ?
Je dois consulter ces documents,
mais il me faut une autorisation.
Je travaille pour le Comit� central.
Camarade ?
Celui-ci.
Merci, camarade.
Rien � signaler.
Allumez les cam�ras.
- Comment est le signal ? - Correct.
Diagnostics en cours.
Dites-moi quand vous serez pr�ts.
Dire qu'on a envoy� �a sur la Lune...
Ce n'�tait pas celui-l�.
Je sais que ce n'�tait pas celui-l�.
Il �tait en r�serve,
on peut en construire deux autres.
�a devrait suffire pour Nina et Katia.
Et Macha ?
Le Comit� central m'a inform� qu'ils ont peut-�tre une solution
qui fonctionnerait.
- Une solution ext�rieure. - Les Am�ricains ?
Bien s�r que non.
Un robot de police allemand.
Ouest allemand.
Vous imaginez bien que �a n'a pas �t� facile.
Diagnostics termin�s, on peut allumer le moteur.
Allez-y.
Vous pouvez le d�placer ?
Valeri, que se passe-t-il ?
Vous souriez ?
Vous avez l'air d'aller mieux, camarade Diatlov.
Non, sortez.
J'ai besoin de votre aide.
Akimov a appuy� sur AZ-5.
- Quand vous avez donn� l'ordre... - Quel ordre ?
Toptunov a donn� l'ordre et Akimov l'a ex�cut�.
�a a �t� la seule bonne d�cision de ces idiots.
Pouvez-vous confirmer l'explosion du r�acteur
apr�s la tentative d'arr�t ?
Comment je saurais s'il a explos� ?
J'ai trouv� �a, dans les archives de l'�tat.
�a date de 1976.
On y parle du fonctionnement des r�acteurs RBMK
en conditions extr�mes.
Et donc ?
Le nom des auteurs a �t� censur�
et il manque deux pages.
L'�tat doit prot�ger ses secrets, camarade.
Oseriez-vous affirmer l'inverse ?
Ils ont fait une erreur.
Ils n'ont pas censur� la table des mati�res.
Les pages manquantes �voquent un coefficient de vide positif
et AZ-5.
Cela vous dit quelque chose ?
Que cherchez-vous ? Pourquoi ces questions ?
Vous connaissez mieux ce r�acteur que moi.
Tout est ma faute, donc ?
C'est bien �a ?
Je ne vous accuse pas,
je veux savoir ce qui s'est pass�.
Je suis votre meilleure chance d'�chapper � une ex�cution.
Pouvez-vous m'aider ou non ?
Je n'ai aucune id�e de ce qui manque.
Les coefficients de vide n'ont rien � voir avec AZ-5.
Vous pouvez partir.
- Vous n'�tes pas curieux ? - De quoi ?
Vous croyez que vous d�couvrirez la v�rit� ?
Elle n'existe pas.
Interrogez les chefs, ils vous serviront un mensonge.
Moi, ils me serviront une balle.
J'ai que deux r�gles.
La premi�re :
me vise pas avec ton fusil. Facile, non ?
Tu peux le pointer sur lui, je m'en fous,
mais jamais sur moi.
La deuxi�me :
si tu tires sur un animal
et qu'il survit, recommence jusqu'� ce qu'il meure.
Ne les laisse pas souffrir
ou je te tuerai, c'est clair ?
Je suis s�rieux.
J'ai tu� beaucoup de gens.
Bien.
Alors on est pr�ts.
Quand on aura commenc�, ils iront se r�fugier � l'int�rieur.
On fera du porte-�-porte.
D'accord ?
Bien.
Au boulot !
Le porte-�-porte !
Va-t'en...
Allez...
Va-t'en !
- Ne les laisse pas souffrir. - Pardon.
Je suis d�sol�.
Emm�ne-le au camion.
Tu comptes manger ?
Bois.
Encore.
�coute...
�a arrive � tout le monde, la premi�re fois.
En g�n�ral, on tue un homme...
Toi, c'est un chien.
Et alors ? Y a pas de honte � avoir.
Tu te rappelles ton premier, Garo ?
Moi,
c'�tait en Afghanistan.
On inspectait une maison...
Tout � coup, un homme est arriv� et je lui ai tir� dans le bide.
Voil� une vraie histoire de guerre.
C'est jamais de belles histoires comme dans les films.
Le mec �tait l� et boum,
dans le bide.
J'ai eu tellement peur que j'ai plus tir� de la journ�e.
Je me suis dit
que j'�tais foutu.
J'avais tir� sur quelqu'un.
J'�tais plus moi-m�me.
Je le serais plus jamais.
Mais le lendemain, tu te r�veilles et t'es toujours toi-m�me.
C'est l� que tu te rends compte
que t'as toujours �t� comme �a,
mais tu le savais pas.
Le bonheur de l'humanit� tout enti�re.
Quoi ?
Notre objectif, c'est le bonheur de l'humanit� tout enti�re.
Ouais...
Je suis heureux.
Je le suis tous les jours.
Bon...
On y retourne.
Allez.
SEPTEMBRE 1986
Il est arriv�.
Allez...
Enlevez �a.
Attendez...
Doucement, faites attention.
Tirez !
"Joker".
C'est le nom que lui ont donn� les Allemands.
Il est pr�t ?
Oui.
Le signal est bon.
Cam�ras...
Moteurs...
Les moteurs tournent, le signal est bon.
Bien, commen�ons doucement.
Avancez puis reculez d'un m�tre.
Un m�tre en avant.
Ces Allemands...
Un m�tre en arri�re...
Vous avez perdu le signal ?
Non, c'est l'appareil.
Il est mort.
Oui, je sais qu'ils �coutent !
Je veux qu'ils entendent tout !
Vous savez ce qu'on fait, ici ?
Dites � ces idiots ce qu'ils nous co�tent !
J'en ai rien � foutre !
Dites-leur ! Dites-le � Ryjkov !
Dites-le � Ligatchev !
Dites-le � Gorbatchev !
Dites-leur !
La position officielle du gouvernement,
c'est qu'une catastrophe nucl�aire
ne peut pas arriver dans l'Union sovi�tique.
Ils ont dit aux Allemands que le plus haut niveau de radiations
�tait de 2 000 r�ntgens.
Ce sont les chiffres de la propagande.
Ce robot n'avait aucune chance.
Trouvez un autre t�l�phone.
Si on laissait le toit comme �a ?
Il faut le nettoyer.
En l'�tat, on ne peut pas construire de sarcophage.
Sans sarcophage, on reste � 12 000 r�ntgens.
C'est presque deux fois la bombe d'Hiroshima.
- Heure apr�s heure... - Je sais, je sais.
Et le plomb ?
On pourrait...
en fondre et le verser depuis le ciel,
comme un rev�tement.
Nous avons d�j� utilis� presque toutes nos r�serves de plomb.
Les instruments sont plaqu�s de plomb
dans les autres b�timents.
Les soldats s'en servent pour se prot�ger.
Vous �tes s�rieux ?
Quand bien m�me, on parle
de m�tal en fusion dans un h�licopt�re.
Et du plomb ? Cela p�serait une tonne.
Si on tirait sur le graphite pour le faire tomber ?
On a des balles explosives...
Elles repousseraient les d�bris.
Vous voulez tirer
des balles explosives sur un r�acteur nucl�aire �ventr� ?
- Eh bien... - Non, non !
Rallumons l'incendie du toit,
il a �t� si facile � �teindre.
Pourquoi on discute ?
Il nous faut un autre robot.
Un qui pourra supporter les radiations.
J'ai demand�. Il n'y en a pas.
Les Am�ricains ?
S'ils avaient ce genre de technologie,
nous la donneraient-ils ?
Et m�me, le Comit� ne leur demanderait jamais.
Nous le savons bien.
Il n'y a pas de robots.
Des robots biologiques...
Qu'est-ce que c'est ?
On va employer
des robots biologiques.
Des hommes.
On en a eu beaucoup.
O� trouvent-ils � manger ?
Ils mangent les poules.
Puis ils se mangent entre eux.
Le porte-�-porte...
Pavel ?
Pavel !
Tu m'entends pas ?
Je te parle !
Merde...
Attends-moi dehors.
Vas-y.
OCTOBRE 1986
Camarades soldats...
le peuple sovi�tique en a assez de tout �a.
Il faut faire le m�nage
et c'est � vous que nous confions cette mission.
� cause de la nature du terrain, vous n'aurez que 90 secondes
pour agir.
�coutez bien
toutes mes instructions
et faites exactement ce que l'on vous dit,
dans l'int�r�t de votre s�curit� et de celle de vos camarades.
En entrant dans le b�timent 3, montez � l'�tage
mais n'allez pas imm�diatement sur le toit.
Une fois en haut,
attendez � l'int�rieur
et reprenez votre respiration, vous en aurez besoin pour la suite.
Voici la zone de travail.
Il faut nettoyer le graphite.
Il se pr�sente en blocs
d'environ 40 ou 50 kilos.
Il faut tous les jeter dans le trou.
Regardez la rapidit� de vos camarades.
Ils sortent, tournent � gauche
et entrent dans la zone de travail.
Attention � ne pas tr�bucher.
Il y a un trou,
attention � ne pas tomber.
Vous devrez agir vite
et vous devrez agir prudemment.
Avez-vous compris votre mission ?
Oui, camarade g�n�ral.
Ce seront les 90 secondes les plus importantes de votre vie.
Retenez votre mission
et accomplissez votre devoir.
C'est le moment.
Dans 90 secondes, je sonnerai la cloche.
Revenez imm�diatement,
rangez votre pelle et allez dans le couloir
pour �tre d�contamin�s.
N'oubliez pas :
jetez les d�bris dans le trou
mais ne vous penchez pas, compris ?
Tr�s bien.
� mon signal. Pr�ts ? Partez.
Camarade soldat ?
C'est termin�.
Il faut y aller.
Ton gant !
Maman !
PRIPIAT D�CEMBRE 1986
Pardon pour l'accueil.
Il nous fallait vous parler sans...
Diatlov va �tre jug�.
Brioukhanov et Fomin aussi.
On va nous demander...
de t�moigner en tant qu'experts.
Tous les trois.
Mais avant que cela n'arrive...
Le Comit� central veut envoyer Legassov � Vienne,
au si�ge de l'Agence...
... Internationale de l'�nergie atomique,
je sais ce qu'il y a � Vienne.
Que vous demandent-ils ?
De dire ce qu'il s'est pass�.
Il faudrait le savoir, alors.
J'ai reconstitu� les �v�nements, minute par minute,
seconde par seconde, parfois.
Chaque d�cision, chaque commande enclench�e...
Et alors ? Sont-ils coupables ?
Oui...
D'incomp�tence crasse,
de violation des consignes de s�curit�,
d'imprudence extr�me...
Mais pour l'explosion, je ne suis pas s�re.
Comment �a, "pas s�re" ?
J'ai analys� les donn�es.
Toptunov a dit la v�rit�.
Ils ont arr�t� le r�acteur et il a explos� ensuite.
La r�ponse est peut-�tre dans cet article.
Mais deux pages en ont �t� retir�es.
Vous l'avez d�j� vu...
Je vous en prie...
Croyez-moi quand je vous dis
que j'ignorais les risques d'explosion.
Personne ne le savait.
Personne ne savait quoi ?
En 1975, dans un r�acteur RBMK de Leningrad,
un canal de combustible s'est rompu.
Les op�rateurs ont appuy� sur AZ-5,
mais au lieu de diminuer imm�diatement,
pendant un court instant, la puissance a augment�.
Comment est-ce possible ?
C'est la question qu'a pos�e Volkov, un de mes coll�gues.
Il est l'auteur de cet article.
On sait qu'un r�acteur RBMK � faible puissance est instable,
qu'il est sujet � des changements de r�activit�.
Normalement, les barres de contr�le sont l� pour compenser.
Normalement.
Mais � Tchernobyl,
ils ont presque arr�t� le r�acteur.
Les barres ont �t� retir�es pour faire remonter la puissance.
C'est ce que Volkov a appris � Leningrad.
Si les barres de carbure de bore sont compl�tement retir�es,
� leur r�insertion,
ce qui entre en premier dans le c�ur, ce n'est pas du bore.
C'est du graphite.
L'extr�mit� des barres est en graphite.
Cela d�place l'�quilibre eau-vapeur
alors la r�activit�
ne diminue pas, elle augmente dramatiquement.
Pourquoi ont-ils appuy� sur ce bouton ?
Ils ne savaient pas.
Volkov a averti le Kremlin
il y a dix ans.
Mais on ne pouvait pas douter
de la supr�matie de l'industrie nucl�aire sovi�tique.
Le KGB a class� le dossier, c'est un secret d'�tat.
En voyant le r�acteur,
je n'ai pas pens� que cela pouvait venir de l�.
Ce d�faut ne peut pas mener � une explosion
� moins que les op�rateurs aient pouss� le r�acteur au d�sastre.
C'est donc leur faute.
Oui.
Mais pas uniquement.
Non.
C'est ce que vous direz � Vienne ?
Vous ne pouvez pas �tre aussi na�ve.
Il y a 16 r�acteurs RBMK en marche dans l'Union sovi�tique,
en ce moment.
Nous devons r�gler le probl�me.
La seule solution, c'est de r�v�ler l'information,
de forcer le Comit� central � agir.
Vous sugg�rez que Legassov humilie une nation
qui fait tout pour ne pas �tre humili�e.
Passons un accord avec le KGB.
Ne parlez pas de �a � Vienne
et ils nous laisseront r�parer les r�acteurs en secret.
Un accord avec le KGB ?
Et c'est moi qui suis na�ve ?
Ils s'en prendront � votre famille, � vos amis...
Vous avez une chance de vous adresser au monde, Valeri.
Si cette chance �tait � moi...
Mais ce n'est pas le cas.
J'ai connu plus courageux que vous, Khomyuk.
Des hommes qui auraient pu mais qui n'ont rien fait.
Quand ceux qui vous sont chers sont menac�s,
les convictions morales ne sont plus rien.
Elles vous d�sertent.
Et tout ce qui vous importe,
c'est d'�chapper � l'ex�cution.
Vous connaissez Vassili Ignatenko ?
Non.
C'�tait un pompier.
Il est mort deux semaines apr�s l'accident.
Je me suis renseign�e sur sa veuve.
Elle a eu un b�b�.
Une fillette.
Elle a v�cu quatre heures.
Les radiations auraient d� tuer la m�re,
mais l'enfant les a absorb�es.
Son enfant.
Nous vivons dans un pays
o� les enfants meurent pour sauver leur m�re.
Oubliez votre accord.
Oublions nos vies.
Quelqu'un doit dire la v�rit�.
F�licitations, camarades.
Vous �tes les derniers parmi 3 828 hommes.
Vous avez parfaitement accompli votre devoir.
Je vous souhaite une vie longue et prosp�re.
Vous recevrez tous une prime de 800 roubles.
- Merci. - Je sers l'Union sovi�tique.
- Merci. - Je sers l'Union sovi�tique.
Adaptation Coline Magaud
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