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TCHERNOBYL
Est-il possible que l'eau les ait d�j� tu�s ?
Oui.
Et dans ce cas ?
Si �a ne marche pas ?
Montez dans le camion.
Apportez les tuyaux, commencez � pomper.
H�PITAL NUM�RO 6, MOSCOU 30 AVRIL 1986
4 JOURS APR�S L'EXPLOSION
Je suis venue voir mon mari,
Vassili Ignatenko.
C'est un pompier de Tchernobyl, on m'a laiss�e venir.
De Tchernobyl ? Les visites sont interdites.
- Mais le major Burov m'a dit... - Pas d'exception.
S'il vous pla�t, je viens de l'oblast de Kiev.
Excusez-moi...
Excusez-moi !
Que faites-vous ici ?
- J'ai une autorisation. - C'est trop dangereux.
Je veux voir mon mari.
Vassili Ignatenko, un pompier de Tchernobyl.
Je sais qui il est.
C'est impossible.
J'ai une autorisation, j'ai...
Vous avez 30 minutes. Pas une de plus.
Ne le touchez surtout pas.
- Compris ? - Oui.
Chambre 15.
Merci.
- Vous n'�tes pas enceinte ? - Non.
J'ai pas � te le donner.
Tiens !
Attendez, j'ai pas fini !
Maintenant, oui.
Oui, c'est bon.
Regarde qui voil�.
Je vous l'avais dit.
Impossible de lui �chapper !
Doucement, d'accord ?
On va bien.
Oui, tout va bien.
Comment est-ce arriv� ? Qui leur a donn� cette id�e ?
- Vous pensez que c'est moi ? - Qui, alors ?
Quelqu'un a d�cid�
que la zone d'�vacuation serait de 30 kilom�tres
alors que nous savons qu'ici,
on trouve du c�sium 137.
C'est dans le rayon de Homiel, � 200 kilom�tres d'ici !
�a a �t� d�cid�.
- Comment ? - Je l'ignore !
Pardonnez-moi.
Je passe peut-�tre trop de temps dans mon labo.
Ou peut-�tre que je suis b�te.
�a fonctionne vraiment comme �a ?
Une d�cision arbitraire et irr�fl�chie
causera je ne sais combien de morts
� cause d'un apparatchik membre historique du Parti ?
Je suis membre historique du Parti.
Faites attention � ce que vous dites, camarade.
Camarades ?
Je confirme que le feu est presque �teint.
Les �missions d'iode 131 et de c�sium 137 ont aussi diminu�.
Tr�s bien.
N'est-ce pas ?
Mais la temp�rature augmente
et...
Il y a un pic de zirconium 95.
Cela provient du rev�tement des crayons combustibles.
Ce qui signifie ?
La fusion a commenc�.
Arr�tez de bouger !
L�chez-le, vous lui faites mal !
- Sortez d'ici. - Qu'est-ce qu'il a ?
Sortez !
- Piti�... - Vous devez sortir.
2 MAI 1986
Oui ?
Passez-le-moi.
Alors ?
L'incendie est presque �teint.
Les ballons s�parateurs sont vid�s.
Nous avons r�ussi � �viter l'explosion thermique.
Et ?
La situation dans le c�ur se d�t�riore plus vite que pr�vu.
Le socle de b�ton tiendra entre six et huit semaines
mais ensuite,
on estime � 50 pour cent le risque
que le combustible franchisse le socle
et p�n�tre dans la nappe phr�atique.
Sur quoi donne cette nappe ?
La rivi�re Pripiat...
qui se jette dans le Dniepr.
La source d'eau principale d'environ 50 millions de personnes,
sans parler des cultures et du b�tail,
sera inexploitable.
Il faudrait installer
un �changeur de chaleur
pour rafra�chir le c�ur
et contenir la fusion.
Pour faire cela, il nous faudra...
tout l'azote liquide disponible dans l'Union Sovi�tique.
D'accord.
Il nous faudra aussi...
Vous aurez tout ce qu'il vous faut, vous devriez le savoir.
- Oui. - Autre chose ?
Non.
Oui, j'aimerais parler
de la zone d'exclusion.
Professeur Legassov, c'est vous ?
Quelle zone d'exclusion ?
C'est un d�tail, Monsieur le Secr�taire g�n�ral.
Le Pr�sident du Conseil, Ryjkov, a d�cid�...
S'il a d�cid� alors c'est d�cid�.
Professeur Legassov, vous n'�tes l� que pour une seule raison.
Pour arr�ter tout �a.
Je ne veux pas de questions,
je veux savoir quand ce sera termin�.
Si vous voulez savoir quand ce sera s�r,
la demi-vie du plutonium 239 �tant de 24 000 ans,
je pense que ce ne sera pas de notre vivant.
Nous devrions aller marcher.
Il est tard, je suis fatigu�.
Nous allons aller marcher.
Que voulez-vous, des excuses ?
Je ne laisserai pas...
Qu'arrivera-t-il � nos hommes ?
Quels hommes, les plongeurs ?
Les plongeurs, les pompiers, ceux de la salle de contr�le...
Que leur font les radiations, exactement ?
Avec la dose que certains ont re�ue,
le rayonnement ionisant d�truit la structure cellulaire.
La peau cloque,
devient rouge, puis noire.
Vient ensuite une p�riode de latence.
Les effets imm�diats disparaissent,
le patient semble gu�rir.
Il semble en bonne sant�. Mais ce n'est pas le cas.
Cette phase ne dure qu'un jour ou deux.
Continuez.
Ensuite, les d�g�ts cellulaires se manifestent.
La moelle �pini�re meurt,
l'immunod�pression s'installe,
les organes et les tissus mous se d�composent,
les art�res et les veines se transforment en passoires
et on ne peut plus injecter de morphine
pour soulager la douleur qui est...
inimaginable.
Entre trois jours et trois semaines, c'est la mort.
Voil� ce qui va arriver � ces hommes.
Et nous ?
Nous avons re�u une dose constante mais plus faible.
Pas assez pour d�truire les cellules
mais suffisante pour endommager notre ADN.
Alors,
un jour, nous aurons un cancer
ou une an�mie aplasique.
Dans tous les cas, ce sera mortel.
Eh bien...
il semblerait qu'on ne s'en sorte pas si mal,
Valeri.
Je les ai d�j� vus.
Vous comprenez pourquoi je voulais sortir ?
J'imagine qu'il y a des micros sur le site
et dans nos chambres,
m�me dans nos salles de bain.
Ils sont l� depuis le d�but.
Bien s�r qu'ils sont l� depuis le d�but.
Mais si on les voit dans la rue,
c'est qu'ils veulent que nous le sachions.
Vous avez vu ?
Le combustible entre en fusion plus vite que pr�vu.
Je sais, mais j'ai une id�e.
Un �changeur de chaleur, j'esp�re ?
Oui.
Je voulais vous poser une question,
mais je vois que vous vous la posez d�j�.
Pourquoi a-t-il explos� ?
J'ai refait les calculs plusieurs fois
en imaginant les pires conditions
dans un r�acteur RBMK.
J'obtiens toujours la m�me chose.
Qui est ?
C'est impossible.
Et pourtant...
Vous n'obtiendrez pas de r�ponse ici.
Pas avec du papier.
Ceux qui �taient dans la salle de contr�le,
Diatlov, Akimov, Toptunov,
sont � Moscou,
� l'h�pital num�ro six.
Vous devez d�couvrir ce qui s'est pass�.
Seconde apr�s seconde,
d�cision apr�s d�cision.
Allez les voir tant qu'ils vivent,
parlez-leur.
Si on ne d�couvre pas ce qui s'est pass�,
cela se reproduira.
Mais Khomyuk,
soyez prudente.
TOULA, RUSSIE, URSS 3 MAI 1986
Va chier.
J'en ai une.
Qu'est-ce qui est gros comme une maison,
consomme 20 litres de carburant � l'heure,
fume et fait un bruit d'enfer
et coupe les pommes en trois ?
Une machine sovi�tique cens�e couper les pommes en quatre !
- Qui est le responsable ? - Je suis le chef d'�quipe.
Je suis Tchadov, le ministre des industries mini�res.
On vous conna�t.
Combien d'hommes avez-vous ?
Aujourd'hui, 45.
Cent, au total.
Que les 100 hommes prennent leur mat�riel
et montent dans les camions.
Vraiment ?
Pour aller o� ?
C'est top secret.
Allez-y.
Tirez-nous dessus.
Vous avez pas assez de balles.
Tuez ceux que vous pouvez. Les survivants
vous casseront la gueule.
Vous ne pouvez pas parler comme �a !
La ferme !
Ici, c'est Toula.
C'est notre mine.
On s'en va pas si on sait pas pourquoi.
Vous irez � Tchernobyl.
Vous savez ce qui s'y passe ?
On cherche du charbon, pas des cadavres.
Le combustible du r�acteur va atteindre le sol
et empoisonner l'eau de Kiev jusqu'� la mer Noire.
Toute l'eau.
Pour toujours.
Ils veulent que vous emp�chiez �a.
On est cens�s faire comment ?
Je l'ignore car je n'ai pas � le savoir.
Vous voulez le savoir ou �a vous suffira ?
L�, vous �tes le ministre du charbon.
Vassili ?
Non, non...
On t'a dit de pas me toucher.
C'est dangereux.
Eux, ils te touchent.
S'ils le font, moi aussi.
O� sont les autres ?
Dans une salle sp�ciale.
Je ne sais pas o�.
Tu peux ouvrir les rideaux ?
Ouvre les rideaux.
Dis-moi ce que tu vois, dehors.
Dis-moi tout.
Je vois la place Rouge.
Et...
le Kremlin,
la Tour Spasska�a, le mausol�e...
Tu vois Saint-Basile ?
Oui.
Oui, c'est magnifique.
Je te l'avais dit...
Je t'avais dit que je t'emm�nerais � Moscou.
C'est vrai.
Oui.
Merci.
Je mangerai pas �a, c'est de la merde.
Donnez-moi autre chose.
Je ne suis pas infirmi�re, camarade Diatlov.
Je suis physicienne nucl�aire.
Dans ce cas, camarade physicienne nucl�aire,
� moins que vous ayez un sandwich au caviar sur vous,
vous pouvez d�gager de ma chambre.
Quoi ?
Je ne suis pas dou� pour �a, Boris.
Les mensonges...
Vous avez d�j� rencontr� des mineurs ?
Non.
Je vous conseille de dire la v�rit�.
Ces hommes travaillent dans le noir, ils voient tout.
Andre� Glukhov, chef d'�quipe.
�a marche, �a ?
Jusqu'� un certain point.
Bien s�r...
C'est quoi, le boulot ?
Nous devons installer un �changeur de chaleur
sous ce socle de b�ton.
On ne peut pas passer par l'int�rieur
du b�timent.
Il faut passer par le sous-sol.
- Il y a quoi, au-dessus du socle ? - Le c�ur du r�acteur.
Il est actuellement en fusion.
Quoi, genre...
C'est �a...
Il nous tombera pas dessus ?
Pas si vous finissez en six semaines.
Les dimensions ?
Vous commencerez ici,
creuserez un tunnel de 150 m�tres jusqu'ici
et vous cr�erez un espace de 30 m�tres par 30
pour l'�changeur de chaleur.
�tant donn� que le sol en surface doit bouger au minimum
vous n'utiliserez pas de machines, vous creuserez � la main.
Il me faudra plus d'hommes.
400, au minimum.
Il faudra travailler 24 heures sur 24.
On creuse � quoi, six m�tres ?
- Douze. - Douze ? Pourquoi ?
Pour votre s�curit�.
� cette profondeur, vous serez prot�g�s des radiations.
L'entr�e du tunnel sera pas � 12 m�tres de profondeur.
Non.
Et on n'est pas � 12 m�tres de profondeur, ici.
Non.
Nous n'y sommes pas.
Nous avons du mat�riel, sur le site.
Nous en recevrons plus � minuit.
- Vous pourrez commencer demain. - On commence maintenant.
Je refuse que mes hommes restent ici plus que n�cessaire.
Si ces trucs marchaient,
vous les porteriez.
Ils sont tous comme �a ?
Ils sont tous comme �a.
6 MAI 1986 9 JOURS APR�S L'EXPLOSION
- On en est o� ? - 50 degr�s.
Merde !
Vous, l� !
Je veux des ventilos.
Pour quoi faire ?
"Pour quoi faire" ?
Pour creuser ce foutu tunnel !
- Qui t'a parl�, � toi ? - Camarades...
Il fait 50 degr�s, l�-dedans.
On peut pas respirer sans masque, on peut pas respirer avec...
C'est un four !
Il faut ventiler.
Le vent soul�vera la poussi�re qui entrera dans vos poumons.
Je respire de la poussi�re depuis 20 ans.
Pas cette poussi�re-l�.
D�sol� mais pour votre s�curit�, pas de ventilateurs.
Je m'appelle Ulana Khomyuk.
Je suis physicienne nucl�aire,
membre de la commission sur Tchernobyl.
Je veux que vous me racontiez tout ce qui s'est pass� ce soir-l�.
C'est d'accord ?
Oui.
Je veux dire la v�rit�.
Tr�s bien.
Votre poste officiel �tait...
Je m'appelle
Leonid Fedorovych Toptunov.
Je suis l'ing�nieur principal responsable du r�gime du r�acteur
� la centrale nucl�aire de Tchernobyl.
L'ing�nieur principal ?
Quel �ge avez-vous ?
J'ai 25 ans.
Lyudmilla ?
Oui, je suis l�...
Vous �tes rest�e tout ce temps ?
On ne m'a pas dit de partir.
Si.
- J'avais dit 30 minutes. - Et o� �tiez-vous...
quand il avait mal ?
Quand ses plaies collaient,
quand il se faisait dessus,
j'�tais l� et vous, o� �tiez-vous ?
Dans les ailes nord et ouest,
o� ils sont des douzaines exactement comme lui.
- C'est dangereux, ici. - C'est mon mari.
Non.
Il n'est plus le m�me, vous comprenez ?
C'est un danger, pour vous.
Il est br�l�.
Rentrez chez vous.
Je vous en prie...
�a ne durera plus tr�s longtemps...
Je ne veux pas qu'il meure seul.
N'entrez pas dans la bulle de plastique
ou la s�curit� vous fera sortir.
- Lyudmilla... - Oui, mon amour ?
Il fait jour ?
Non, c'est la nuit.
Je crois que j'ai r�v�...
mais je ne m'en souviens plus.
Vassili...
On va avoir un b�b�.
L'incendie est �teint.
Il est �teint, Valeri !
Les mineurs avancent bien.
Ils disent qu'ils auront termin� dans quatre semaines.
Quatre semaines,
vous imaginez ?
Je sais que ce n'est pas termin�,
mais c'est le d�but de la fin.
Pardonnez-moi de vous d�ranger mais...
Les mineurs...
Quoi ?
On nous donne pas de ventilos et il fait trop chaud.
On creuse � l'ancienne, comme nos p�res avant nous.
On porte quand m�me les charlottes.
Vous voulez quoi ?
Vous n'�tes plus aussi bien prot�g�s.
�a fait une diff�rence ?
Quand ce sera termin�,
on s'occupera d'eux ?
Je n'en sais rien.
Vous en savez rien...
La puissance est pass�e...
de 200 � 400 m�gawatts.
Oui.
Tr�s rapidement.
Pourquoi n'avez-vous pas lanc� une proc�dure d'arr�t d'urgence ?
Pourquoi n'avez-vous pas appuy� sur AZ-5 ?
On l'a fait.
J'ai signal� le probl�me � Akimov
et il a appuy� sur la touche.
Leonid, c'est impossible...
Il l'a fait.
Je vous le jure.
Je l'ai vu faire.
C'est l� que �a a explos�.
Comment ?
- Dans quelle chambre est Akimov ? - La 27.
J'ai appuy� dessus avant l'explosion.
Avant...
Comment c'est arriv� ?
J'ai tout arr�t�, j'ai appuy� sur AZ-5.
Merci, camarade Akimov.
J'ai fait ce qu'il fallait.
J'ai fait ce qu'il fallait.
Levez-vous !
- Sortez d'ici ! - L�chez-moi !
L�chez-moi !
Arr�tez...
Arr�tez !
Vous l'avez laiss�e entrer et le toucher !
- Elle est enceinte ! - C'est faux.
Qu'avez-vous fait ?
On est o�, ici ? O� sont ses protections ?
- Savez-vous ce que vous faites ? - Bien s�r.
- Je n'ai pas... - Non.
- Tout �a va se savoir... - Attendez.
�a va se savoir,
vous comprenez ? Je raconterai tout.
Qu'allez-vous raconter ?
Je suis membre de la commission sur Tchernobyl,
Valeri Legassov m'a autoris�e � venir ici.
- V�rifiez, je m'appelle... - Nous savons qui vous �tes.
Qu'allez-vous raconter ?
MOSCOU 7 MAI 1986
Vous avez vos notes ?
Oui.
Khomyuk a �t� arr�t�e.
Comment ?
- Pourquoi ? - Je n'en sais rien.
C'est le...
�videmment.
Je m'en occupe.
- Boris... - Je m'en occupe.
Que voulez-vous de plus ?
Arrangez votre cravate.
Ils sont pr�ts.
Apr�s des milliers de rotations, nos courageux pilotes
sont venus � bout de l'incendie.
Les mineurs triment h�ro�quement pour s'assurer que le combustible
n'atteindra pas la nappe phr�atique
et il n'y a plus de risque d'explosion.
Le peuple sovi�tique
a su surmonter les obstacles.
Lou� soit-il, ainsi que vous tous.
Le professeur Legassov et moi
avons veill� � prot�ger les int�r�ts de l'�tat.
Mise � part la malheureuse fuite d'informations
juste apr�s l'accident,
nous estimons qu'il n'y a pas eu d'autres erreurs.
Camarade Charkov,
nous esp�rons avoir satisfait les attentes
du KGB.
C'est le cas.
Merci.
Le professeur Legassov
va maintenant vous exposer ce qu'il reste � faire.
Merci.
Le vice-Premier ministre vous a donn� les bonnes nouvelles,
qui sont en effet positives.
Le danger imm�diat est �cart�
mais maintenant, d�bute une longue guerre.
Beaucoup de d�bris et de retomb�es radioactifs
ont contamin� une zone de 2 600 kilom�tres carr�s.
Cette r�gion tout enti�re doit �tre compl�tement �vacu�e.
Il faut aller dans chaque ville et chaque village
pour pr�venir les habitants.
Tous les animaux encore en vie dans cette zone,
qu'ils soient domestiqu�s ou sauvages,
doivent �tre consid�r�s comme contamin�s
et devront �tre abattus
afin d'emp�cher la propagation des radiations.
Dans la zone
entourant Tchernobyl,
toutes les pierres, tous les arbres
et le sol lui-m�me
ont absorb� une quantit� dangereuse de radionucl�ides
qui seront transport�s par le vent et la pluie.
Il faudra donc raser des for�ts enti�res,
il faudra retourner la terre et l'enfouir sur elle-m�me
sur environ...
100 kilom�tres carr�s.
Enfin,
il faudra construire un dispositif de confinement
autour de la centrale elle-m�me.
Bien �videmment, elle sera toujours tr�s...
Il y aura des morts.
Combien de temps vous faut-il ?
Combien d'hommes voulez-vous ?
Nous estimons que la liquidation n�cessitera trois ans
et environ 750 000 hommes,
dont un certain nombre de m�decins et d'ing�nieurs.
Combien de morts ?
Des milliers.
Peut-�tre des dizaines de milliers.
Commencez au plus vite.
- Camarade Charkov ? - Valeri !
Oui, professeur ?
Ma collaboratrice a �t� arr�t�e, hier soir.
Sans vous manquer de respect, pouvez-vous m'expliquer pourquoi ?
J'ignore de qui vous parlez.
Elle a �t� arr�t�e par le KGB
et vous �tes le premier adjoint au chef du KGB.
En effet.
C'est pour �a que je ne g�re plus les arrestations.
Mais vous g�rez notre filature.
Je crois que le camarade Charkov est occup�...
Non, je comprends parfaitement.
Je sais que vous avez entendu des histoires sur nous.
Quand je les entends, je suis choqu� moi-m�me,
mais nous ne sommes pas comme �a.
Oui, des gens vous suivent.
Ces gens sont suivis eux aussi.
Et vous voyez ?
Je suis suivi.
Le KGB est un cercle
de responsabilit�s,
rien de plus.
Vous savez ce qu'on essaie de faire.
- Vous n'avez pas confiance ? - Bien s�r que si.
Mais vous savez ce que disent les Russes...
Faites confiance, mais v�rifiez.
Les Am�ricains sont persuad�s que Reagan a invent� cette phrase.
Vous vous rendez compte ?
Ce fut un plaisir.
J'ai besoin d'elle.
Vous assumerez la responsabilit� de ses actes ?
Alors c'est fait.
- Elle s'appelle... - Je sais qui c'est.
Bonne journ�e, professeur.
�a s'est �tonnamment bien pass�.
Vous �tes pass� pour un idiot na�f.
Les idiots na�fs ne constituent pas une menace.
Je reviendrai avec les papiers termin�s.
- Vous allez bien ? - Ils ne m'ont rien fait.
Ils ont laiss� une femme enceinte avec...
Peu importe...
Ils ont �t� stupides et moi aussi.
Diatlov refuse de me parler.
Akimov et Toptunov ont dit oui mais...
Valeri ?
Akimov...
Son visage a disparu.
Vous voulez arr�ter ?
Ai-je vraiment le choix ?
Croyez-vous que le combustible traversera le socle de b�ton ?
Je l'ignore.
Il y a 40 pour cent de risque, je dirais.
J'ai dit 50.
Mais ces nombres signifient la m�me chose :
peut-�tre.
Le c�ur atteindra peut-�tre la nappe phr�atique.
Les mineurs sauveront peut-�tre des millions de vies
ou peut-�tre que je les sacrifie pour rien.
J'en ai assez...
Je veux tout arr�ter.
Mais je ne peux pas.
Vous n'avez pas plus le choix que moi.
Je crois que malgr� la b�tise,
les mensonges et cette situation,
vous �tes engag�e.
Il y a un probl�me
et vous n'arr�terez pas avant d'avoir trouv� une solution
parce que...
vous �tes comme �a.
Une folle...
Une scientifique.
Vous saviez qu'ils menaient un test de s�curit� ?
Oui...
Il y a autre chose.
Akimov affirme qu'ils ont arr�t� le r�acteur.
Toptunov le confirme.
Ils ont appuy� sur AZ-5.
- Pas suffisamment t�t, on dirait. - Non...
Ils disent
qu'Akimov a appuy� sur AZ-5
et qu'ensuite, le r�acteur a explos�.
Si un seul m'avait dit �a,
je l'aurais not� comme un d�faut de m�moire
ou un d�lire mais...
Ils sont d'accord. Ils sont cat�goriques.
Camarade ?
- Vous croyez que c'est possible ? - �a n'a aucun sens.
C'est ce que je dirais si j'essayais de cacher mes erreurs.
Mais ?
Je les crois.
Alors continuez � chercher.
On doit �tudier toutes les possibilit�s,
peu importe si elles sont invraisemblables.
Peu importe quoi ou qui en est responsable.
Je retournerai interroger Akimov et Toptunov.
S'ils sont toujours conscients.
Ils ne le sont plus...
Khomyuk ?
Adaptation Coline Magaud
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