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Original subtitles

... ... ... ...

...

Une manifeste.

Non, excusez-moi.

C'est libre ? C'est confortable.

J'ai besoin d'une main, madame.

Attendez, je l'aide.

Celle-là aussi ? Oui, merci.

Bien comme ça ? Très bien, merci.

Permesso. Si, prego.

Excusez-moi, madame, mais j'ai l'impression de l'avoir déjà connue.

Vous n'êtes pas amie de la baroness Lamberti ?

Ben, où est-ce que vous vous croyez ? Dans le métro ? Dommage qu'il n'ait pas

encore fini de le construire.

Payard ! Espèce de CD sexuel !

Et ce type qui doit baiser comme il rate.

Et ce PDG à la con qui se croit beau et qui voudrait bien que je remplace sa

petite secrétaire sur ses genoux.

Et cette bonne femme qui me regarde en pensant que sa ménopause approche et qui

me tuerait si elle le pouvait.

Et ce bidasse, il est beau. Un paste.

Il ressemble trop à Raphaël.

Ce curé avec son visage émacié qui semble sortir d'un tableau.

Je suis sûre qu'il pend sous sa soutane, malgré l'obstination qu'il a à fixer son

brésilien.

Putain, ces Italiens, la grève.

La grève du sexe. Ils connaissent pas.

Ils font chier, tous, tant qu'ils sont.

Quand est-ce qu'ils cesseront de me coller au cul ?

Oui.

Vous semblez très fatiguée par le voyage ? Oui.

Si je peux vous être utile en quoi que ce soit ? Non, je vous remercie.

Oui,

mais je les ai dominés tous.

Sous-titrage

Société

Radio

-Canada

S'il vous plaît, je m'appelle

Mireille

Labuzati et j'arrive de Rome. Je suis votre nouveau professeur de

mathématiques.

J'arrive de Rome et ça n'a pas l'air de vous impressionner beaucoup.

Comment voulez-vous qu'on pense au mat ou à la philo alors que la chute d

'Allende est aussi grave pour le continent américain que la défaite de la

République espagnole ?

Trouvez pas, non ? Les Etats-Unis jouent le même

rôle. Les Etats-Unis.

Oui, à Marchetti.

... ... ...

...

... ...

Les paroles d'étudiants n'ont jamais rien changé au cours de l'histoire.

Je vais donc commencer mon cours.

Mon propos aura trait à Platon.

Je voudrais vous parler dans cette leçon des nombreux idéaux.

Je voudrais dire à tous aujourd'hui qu'il s'agit là d'un terme employé par

Platon.

Vous apprendrez en philo qu'au 5e siècle, avant Jésus-Christ, apparu chez

nous une école qui, sous la direction de Pythagore, avait pris l'aspect d'une

confrérie.

Cette confrérie visait à une explication totalisante du monde.

C'est ainsi que des mathématiciens, devenant philosophes, en vinrent à

inquiéter le pouvoir politique lui-même.

Vous voyez que mathématiques et contestation...

peuvent faire bon ménage. Je vais d'ailleurs vous surprendre encore

davantage en vous disant que sexualité et mathématiques peuvent faire aussi

très bon ménage.

Tout élément nouveau était alors

considéré comme une combinaison des quatre éléments primitifs, le feu, l

'air, l'eau et la terre, qui s'unissaient ou se désunissaient selon l

'action d'une force d'attraction appelée l'amour et d'une force de répulsion

appelée la haine.

Je trouve qu'il fait chaud dans cette classe.

De là, de ces théories de Pythagore, développées par Empédocle d'Agrigente,

devait naître toute la philosophie de Platon.

et cette fameuse théorie des nombres idéaux, liant la théorie mathématique

pythagorienne et la théorie philosophique socratique.

Philosophie aboutissant à une explication théorique, je dirais même

mathématique de l'amour.

Vous connaissez d'ailleurs l'expression, même si elle est employée aujourd'hui

dans un sens déformé, aimée platoniquement.

Mais revenons-en au cours d'aujourd'hui.

J'aurai d'ailleurs l'occasion de parler des théories de Platon appliquées à la

musique à ceux d'entre vous qui viendront chez moi écouter de la musique

de chambre.

Apparemment, nous avons un nouveau professeur de mathématiques.

Il paraît même que c'est un professeur d'élite.

Mirella, Mirella.

Écoutez, j'ai un problème avec un élève. Je voudrais vous en parler.

Je peux vous voir ce soir ? Comment ça s'est passé, vos premiers contacts avec

les élèves ? Vous ne trouvez pas que Pérouse est une ville pleine de charme ?

Sous-titrage Société Radio

-Canada

... ... ...

...

...

... ... ...

... ... ... ...

...

Sous-titrage

MFP.

Lotte continue ! Lotte continue !

Lotte continua ! Lotte continua ! Lotte

continua !

Ces deux équations entrent dans le domaine de définition parce que D1 égale

parenthèse moins 5 plus l'infini.

Intersection.

3 plus l'infini.

Intersection.

1 tiers plus l'infini égale 3 plus l'infini.

3 plus l'infini.

C'est ça, non ?

égale moins l'infini, moins 3, plus l'infini.

Et puis j'efface tout.

Bonjour, mon petit canard.

Qu'est-ce qu'il y a ici ?

Sous-titrage ST' 501

Qu'est-ce qui se passe ? Peut

-être que la poutine s'est détruite.

La soirée est terminée.

Maintenant ? Je vous dis que je suis fatiguée.

Rentrez chez vous, je vous en prie, il est tard.

Excusez-moi.

Y égale 5X2 plus 14X moins 3.

Vous suivez ? 10X2 moins 17X

plus 3.

On remarque que le dénominateur commun s'annule dans ce cas. Pour moins 3

et un cinquième.

C'est clair ?

Plus 14x moins 3 égale 5 facteur de

x moins 1 cinquième facteur de x plus 3.

Vous avez des questions à poser ? Le dénominateur

commun ici s'annule pour 1 cinquième moins

3 demi.

J'espère que vous m'avez suivi jusqu'au bout.

Je ne vois plus rien à ajouter pour aujourd'hui.

Je voudrais acheter un journal.

Tu sais, je commence à aimer cette ville.

Tu as perçu la prof ? Elle fugit derrière ses cartes postales.

Et puis c'est marrant, on a l'impression qu'elle nous suit.

Qu'est-ce qu'elle peut bien nous vouloir ?

Elle est toujours là ?

Tu m'aimes ?

C

'est

exact.

Pourquoi s'intéresse-t-il à Trotsky ? C'est ce qu'a dit Trotsky dans son

troisième chapitre de la Révolution permanente, à propos du déterminisme

historique.

Alors, Mirala, on s'ennuie pas ? Quelles sont ces confidences ? Sous, avanti,

Aria ! Ciao ! Quelle race de villane !

Je te sens dans le désarroi.

Je suis tellement heureuse de partir avec toi à Paris.

Moi aussi, je suis heureuse.

On va rencontrer tous nos camarades français.

Leurs réactions syndicales ne sont pas exactement comme les nôtres. Oui, mais

on va enfin être débarrassés de tous les autres. Oui.

Et tu vas être entièrement à moi.

Oui, pourquoi pas.

Revenons à nos problèmes.

Comme il fait beau ce matin.

Votre prochain sujet de dissertation sera le poème de Rainer Maria Rilke,

tiré de lettres à un jeune poète. Ce poème a été dédié à un adolescent.

Vous voyez donc que vous êtes tous et toutes concernés.

Je dicte.

Comment tu vas ? Depuis que tu es arrivé, je te trouve très différent.

Tu me parais angoissée.

C'est curieux.

On dirait qu'il y a quelque chose qui te dérange.

Est-ce que je peux t'aider ? Pourquoi tu refuses mon amitié ? Allez, dis-moi

tout. Oh, t'as de jolies chaussures. Où tu les as achetées ? À Rome, bien sûr.

C'est curieux, elle me donne constamment l'impression d'une malbaisée.

Une bovarie d'un autre siècle.

C'est

curieux

l'extraordinaire fragilité de l'intransigeance.

Il y a un moment de grâce où l'intransigeance semble quelque chose de

permanent, qui peut durer.

Regarde en mai 68. C'est la révolution de l'étranger.

Réno, va.

Fous-moi la paix.

C'est magnifique qu'on soit là toutes les deux à Paris.

J'ai l'impression que je rêve.

Tu m'aimes, toi ? Je n'en sais rien.

Je n'en sais rien.

Tu m'aimes ? Laisse-moi.

Merde, merde, merde ! Je t'ai dit qu'il n'y a pas de solution légale,

démocratique, parlementaire pour faire sauter un régime comme celui-ci.

Il faut faire sauter cette démocratie à l'affront, comme Lénine a éliminé

Kerensky. Mais je te le répète, pas de solution démocratique.

Comme Platon disait, la grande faiblesse des démocraties, c'est de la défendre

par des moyens démocratiques contre l'agresseur, qui, lui, emploie des

moyens paradémocratiques.

On ne peut pas établir de parallèle entre la vie politique de ce pays et le

nôtre. Là-bas, on vit dans une angoisse salutaire.

Ici, c'est le parlementarisme bidon. Qu'est-ce que tu racontes ? Je t'assure

que je vois les choses différemment. Mais voyons. Il n'y a entre les deux

pays aucune unité d'action possible. Mais qu'est-ce que tu racontes ? Je te

dis que ce n'est pas possible.

Si on voit le problème froidement, lucidement, tu verras que ce n'est pas

possible. Encore une fois, je te le répète. On ne peut pas le résoudre que

de cette manière. Mais pour moi, il n'y a pas de solution démocratique. Je t'ai

dit qu'ici, le parti communiste a une vision différente.

Il est beaucoup plus salinien. Mais elle doit être faite dans la rue, par la rue.

Je te dis, dans la rue, par la rue.

J'éprouve pour les villes qui s'éveillent d'une façon sans mesure.

Tu as lu ça où ? Je ne sais plus.

Viens, viens par là.

C'est beau, ça.

Un peu pompier, peut-être, non ?

Regarde tous ces gris.

C'est beau, hein ? L

'immense

soif d'amour qui t'habite t'entraîne à faire les actes les plus désespérés,

dans une espèce de persécution de la justification.

Regarde ce mec avec son air con, il s'appuie bas. Je suis sûre qu'il bande

en voyant nos culs.

Putain, lui et son chien, on croit rêver.

Regarde, c'est Guigui.

Ils sont tous là. Qui est à côté de lui ? Je crois que c'est Marchais. Ah non, c

'est Krasuki.

Viens à côté, qui c'est ?

Viens. Viens. Viens.

... ... ...

...

Le courage du peuple chilien donne une dure leçon dont le monde se souviendra.

Le capitalisme monopoliste continue d'exister et nous, nous continuerons à

lutter parce qu'en défendant la liberté du peuple chilien, nous défendons

également notre liberté.

Unissons-nous pour défendre nos frères chiliens, victimes de la réaction

capitaliste, martyrs de notre cause.

En vérité, je vous le dis, camarade, il est évident qu'il s'agit d'un coup d

'état fasciste fomenté par les États-Unis. Il est écrit que l'union

sexuelle donne vie à toute chose.

Alors qu'est-ce qu'on doit être beau.

Tu sais ce qui est écrit dans le livre de chevet des passions paradisiaques de

Chang Manfu ? Qui ? Chang Manfu. Qui c'est celui-là ? C'est un auteur chinois

du 5e siècle avant Jésus-Christ. Oh, tu en sais des choses.

Oui, mais je suis très cultivée, tu sais.

Et Mao, qu'est-ce qu'il en pense de tout ça ? Mais qu'est-ce que tu veux qu'il en

pense ? Ce genre de choses ne concernent pas Mao.

Grave lacune.

Tu sais ce qu'en pense un metteur en scène français, un certain José Benazera

? Il a dit que j'avais le plus beau cul du monde.

Et toi, qu'est-ce que tu en penses ? C'est vrai qu'il est beau.

Tu sais, je crois que tes seins sont plus beaux que les miens.

Tu me les fais voir ?

Qu'est-ce que tu lis ? La loi

est un frein que l'homme a donné à l'homme quand il a vu la facilité avec

laquelle il franchissait tous les autres.

Et comment, d'après cela, a-t-il pu croire que ce frein suppléant ne

pourrait jamais servir à quelque chose ? Il était punition qui... Laisse le livre

! Tu as une éducation livresque, si on passait à autre chose.

Machin, hein ?

C'est compliqué à défendre.

C'est beau ce garçon, ce grand blond frisé.

Qui ? Tu sais ce grand blond aux cheveux bouclés, celui que tu connais bien.

Ah oui.

Tu sais, c'est un allemand très doué.

Comment ? Ah oui, j'ai fait l'amour avec lui.

Mais tu es folle ! C'est chiant, cette Diane.

Je suis votre Elisa.

Qu'est-ce que j'ai envie de me la taper ? Je dois dire que j'ai rarement eu

envie d'un garçon en tant que de ce jeune adolescent.

La fragilité, la pureté des traits me donnaient une folle envie de le violer.

En fait, c'est ce que je fais.

Qu'est-ce que vous faites là ? Vous poursuivez votre enseignement ?

Pour une professeure, cette robe est une véritable provocation.

Vous êtes plutôt sexy, pas vrai ? Déshabille-toi.

Laisse-moi faire ça.

Je ne semblais pas manifester un émoi excessif.

Quand tout à coup... C'est impossible !

Tu mens ! Mais... mais c'est un enfant ! Tu ne peux pas avoir fait ça !

Il se révéla beaucoup plus expert que je ne l'imaginais. Me pénétra debout. Son

sexe était dur, énorme pour un adolescent.

Il me fit mal, puis le vertige s'empara de mon corps. Je dois dire que j

'éprouvais l'implaisir inattendu.

Prodigieux.

Il n'en finissait pas de me prendre.

C'était impossible.

Mais c'est qu'un enfant.

Et toi, tu n'as rien fait avec lui ? Non, non, il n'y a rien eu. Non, c'est

impossible, j'aurais jamais fait ça.

Tu es folle, complètement folle.

Tu ne peux pas avoir fait ça.

Je ne peux l'accepter.

Tu me croiras peut-être pas, mais tu m'as enlevé ce que j'avais de plus beau

au monde.

Ben voilà, toi et ton éternel romantisme.

Tu sais que cet adolescent est un amant prodigieux.

Et de ça.

Hier soir, j'étais au cinéma.

Et le film que j'ai vu portait en exergue ces merveilleuses paroles de

Monterlin.

Le chaos, c'est la vie.

La nuit vient avant et après la vie.

Aujourd'hui, c'est de cette vision du monde que je voudrais vous parler.

Vous voyez dans l'ensemble du pays se dessiner un mouvement pour l'ordre et la

continuité. L'ordre pour eux, c'est l'immobilisme. C'est la règle. En fait,

c'est la mort.

Les grecs, ces précurseurs dans de nombreux domaines, avaient déjà compris

qu'un monde basé sur l'ordre ne serait qu'un monde mort.

Et qu'une société, quel qu'en soit le genre, avait besoin d'être dionysiaque.

De laisser la place au bouillonnement de la vie. De céder la place au chaos.

Parce que le chaos, c'est la vie.

Ex morte vitam, comme le dit la sagesse antique.

Désormais ici, il n'y aura plus d'enseignants et d'enseignées, mais une

recherche commune pour aboutir à la construction d'un monde meilleur.

Nous ne devrons plus avoir de secret les uns pour les autres. Et sachez que si un

jour j'avais envie de faire l'amour avec l'un d'entre vous, sans hésiter, je le

dirai, j'en tirerai de la fierté.

C'est Sade qui avait raison.

Quand il mettait un épigraphe à la philosophie dans le boudoir, la mère en

prescrira la lecture à sa fille.

Chers élèves, je suis à votre service.

Est-ce que l'un d'entre vous veut dès aujourd'hui que nous élaborions un

nouveau point de départ ?

... ...

...

... ...

Sous-titrage ST'

501

A Rome, j'étais prof de maths dans un collège, comme ici.

Et puis un jour, je suis devenue la maîtresse d'un type que j'avais

rencontré chez des amis.

Et qui était un leader trotskiste.

Un vrai.

Pas un de ceux qu'on trouve dans les lycées.

Il était partisan de la lutte armée.

Il voulait constituer un mouvement comme Bader en Allemagne.

Il avait projeté un attentat contre une raffinerie à Maistre pour le compte de

Septembre Noir.

Au bout d'un an, j'en ai eu vraiment marre de lui, de vivre avec un homme qui

n'était jamais là.

Le pire, c'était de penser tous les soirs que les

flics risquaient d'arriver.

Et puis, Pour lui, j'étais une femme, et non pas sa femme.

Alors un jour, je me suis décidée, il était bien temps.

J'aime les situations nettes.

Je lui ai fait comprendre qu'il fallait qu'il choisisse entre la politique et

moi. Il m'a dit que la politique était tout pour lui.

J'avais compris.

C'est pour ça que je suis ici.

Je l'aimais vraiment, tu sais.

J'ai quitté Rome. Je suis partie pour l'oublier.

Petite salope.

Putain de bourgeoise fasciste.

Putain de fasciste.

Toutes les concessions que nous a donné le ministère, nous ne pouvons pas

prédire en classe la révolution armée. Je ne me la sens pas. Et même

politiquement, nous ne pouvons pas agir en classe. Bien sûr, mais désormais,

plus question d'en rester là. Il est temps de réagir. Il est ridicule de

séparer la vie pratique de la forme. La théorie est la vie.

Comme le disait Brecht, sans forme révolutionnaire, pas de contenu

révolutionnaire.

C'est ça, formons des commissions.

C'est un remède contre l'amour, hein ?

Bonjour.

Mes chers collègues, je vous salue.

Gardien de la Constitution et des vertus italiennes. Je vous dérange ?

Je dis, moi, que vous êtes un scandale vivant, une provocation permanente.

que votre présence ici trouve des esprits et des corps, et que non

seulement vous perturbez la vie de ce collège, mais vous affichez vos

turpitudes morales, vous lavez devant les murs de Pérouse, vous provoquez ces

jeunes hommes, vous les entraînez dans je ne sais quelles abjectes turpitudes,

dans je ne sais quelles profondeurs abyssales, en fait, vous pervertissez

ces adolescents, et vous faites régner le stupre et la corruption.

Excusez, professoresse, elle a désiré le président.

Subit. Nous la forgerons nous-mêmes, notre liberté.

Tout de suite.

Entrez. Asseyez-vous.

Mademoiselle, puisque vous semblez l'avoir oubliée, je voudrais vous

rappeler ce que c'est qu'un collège.

C'est un lieu d'enseignement et non un forum.

Les solutions utopiques et le dandisme provoquant de la

gauche bourgeoise n'ont rien à faire ici, entre ces quatre murs.

Ensuite, je voudrais vous rappeler que nous, vous comme moi, sommes ici pour

défendre certaines valeurs.

Héritage de notre passé, substance de notre civilisation et de notre culture.

Fruit de la très riche expérience des hommes, de notre peuple, depuis qu'il

est sorti de la nuit des temps.

Le goût de la terre, la fidélité à la patrie, le sens du sacrifice, l'amour de

la famille, l'estime pour le travail bien fait, le goût de l'ordre, de l

'autorité, de la hiérarchie.

l'attachement aux libertés individuelles, l'admiration de la

gloire, le sens du devoir, la droiture.

Voilà ce que nous devons inculquer à nos élèves, et non les fausses valeurs, l

'anarchie, le désordre.

Le moment est venu d'en finir avec ces choses malsaines qui ont sali aussi bien

l'enseignement secondaire que supérieur.

C'est assez avec la politique à 15 ans !

avec les innombrables et nocifs conseils où s'évaporent autorité et discipline.

Il est temps de redonner au monde l'image d'une Italie saine, propre,

exemplaire. Vous m'entendez ? Exemplaire !

Je

vous considère comme un excellent professeur et je n'avais jamais transmis

au rectorat que des rapports favorables à votre sujet.

Écoutez, ne vous laissez pas entraîner sur la pente de la contestation.

Redevenez vous-même.

Et je ferai une croix, je ferai une croix sur votre exhibition de ce jour.

C'est tout, monsieur le proviseur ? Je peux disposer ?

Je t

'aime et tout est

beau.

Je t'aime et tout est beau.

Mets-toi plus dans son axe.

Nous sommes intenses.

Ah, que le monde est bien établi.

Qu'est-ce qui se passe ? Excellent début.

Peut-être qu'un jour on parlera d'Alain et de Georgina comme on parle aujourd

'hui de Roméo et Juliette, de Dante et Béatrice.

La nuit a été bonne ? Je parie que cette petite a beaucoup à apprendre.

Ça te plaît de jouer les professeurs, hein ? Le renversement de la dialectique

du maître et de l'étoile.

Comme quoi, on est toujours l'exploiteur de quelqu'un.

Si c'est ça, tu sais, j'ai quelque chose à te proposer.

Je milite pour la libération sexuelle de la femme.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Que je veux que la femme soit libre de faire l'amour quand elle le veut, chaque

fois qu'elle le désire.

Qu'il n'existe plus de barrière d'âge, de condition sociale, de tabou.

De telle sorte qu'elle puisse avoir la possibilité d'être maître de son corps.

Tout cela implique certaines prises de position politique, comme le droit à

toute femme de choisir un maître si elle en a envie.

Ne me dis pas que je ne vaux pas cette petite sotte.

Alain, viens vivre avec moi.

Je serai ta chose, seulement à toi.

Tu es tout pour moi.

Je me rends compte que c'est toi que j'attendais, que je me réservais pour

toi.

J'apprendrai à être violente si tu veux que je le sois. J'apprendrai à être

douce si tu préfères.

Je suis la femme dont tu as besoin.

Tu veux savoir ce que tu es ? Une homme merdeuse.

Rien de plus.

J'ai froid.

Tu es une fière bourgeoise.

La seule chose dont tu rêves ?

C'est de recréer une structure du couple bien pépère, avec moi en seigneur et

maître, et toi à la maison en épouse, docile et attentionnée.

Seulement comme le type que t'as dans la peau à 17 ans, et ça dans ton code moral

bourgeois c'est pas bien, t'es obligé de te dire que c'est vachement

révolutionnaire pour pouvoir le faire, au lieu de penser que c'est tout

simplement normal, si je suis avec toi un soir, si je suis de nouveau le

lendemain avec la fille avec qui j'ai envie d'être.

Non mais tu t'es écouté parler ? Ton vocabulaire sous couleur de sade, il pue

l'eau bénite. Tu as mal compris Alain.

Uniquement parce que tu te crois amoureux de cette fille.

Tu te sens forcée de me le penser tout bas.

C'est pour toi que je l'ai fait. Pour nous.

Afin que nous n'ayons plus à vivre en nous cachant.

Parce que je veux pouvoir marcher avec toi dans la rue la tête haute.

Je veux que nous étouffions les rumeurs et les bruits.

Bref, je nage en plein idéalisme. Je plonge dans l'utopie.

Je prends mes désirs pour des réalités.

Je dis que je veux me donner à lui pour mieux me l'annexer. Voilà mon programme.

Ne te moques pas de moi.

Je parle sérieusement.

J'ai eu 15 ans moi aussi.

Je connais le type de femme dont tu as besoin.

Ne me dis pas que mes cours ne t'ont servi à rien.

Que tout ce que j'ai dit était complètement inutile.

Et ça l'est si je te vois aimer cette fille en cachette.

Qui te quittera ?

le jour où elle s'apercevra que tu n'es pas le seul garçon au monde.

L'avenir, c'est moi.

Très bien. Alors je vais te rappeler ce que tu disais toi-même dans tes cours

sur la libération sexuelle.

Ta passion, ce n'est pas un absolu.

Tu dois la ramener en la déterminant.

Tu dois l'analyser. Tu dois la penser historiquement avec une conscience

glace. Il faut voir si ce que tu prends pour du sentiment n'est pas tout

simplement l'accord avec les conventions que l'on t'a inculquées dans ton

enfance. La liberté sexuelle chez la femme, après tout, c'est ramener l'acte

à ses justes proportions.

Le débarrasser de toute une mythologie judéo-romantico-chrétienne. Eh bien, si

tu veux être libre, commence par nous dire ce que tu ressens.

Regarde Michel.

Michel est vierge.

Vierge, tu m'entends ? Il n'a jamais pénétré une femme.

Il ne sait même pas s'il en a vraiment envie.

Lui, Francisco, prétend qu'il a baisé tous les rousses.

Pour ma part, je sais qu'il en a baisé la moitié.

Quant à lui, Pietro, je prétends qu'il ne débande jamais et qu'il est dur comme

du béton.

Mais surtout en idiot, toi.

Allez, viens voir, connasse.

Allez, viens.

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