Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Oh !
Est-ce que vous en avez pleinement conscience ? J'aimerais savoir ce que ça
fait d'être capable d'offrir une si belle et si confortable vie à votre
famille. Franchement, je trouve que c'est un miracle.
Certains pourraient même dire que ce miracle s'est bâti sur les pires
individus.
Je n'aurais jamais pensé qu'un homme du nom de Louis Monk Sautin puisse attraper
un ange.
Mais la façon dont il se tient là, imperceptiblement trop près du pas de la
porte, comme s'il m'attendait depuis un peu trop longtemps, me fait douter de ma
première impression.
J'essaie de m'imaginer un serial killer affublé d'un tel nom.
Tellement absurde que ça me fait presque rire.
Mais en tant que femme sur le point de s'exiler des semaines durant...
L'idée que cet homme puisse être dangereux m'obsède et me met
terriblement mal à l'aise.
Désolée.
Désolée. Salut.
Je suis à la librairie.
Non, non, tu ne me déranges pas.
Allez. Alors, ça a été ? Je n'ai pas envie d'en parler. Pourquoi tu n'étais
pas là ? Tu avais dit que tu allais venir.
Tu sais que je n'aurais jamais manqué ça si je n'avais pas eu une bonne raison.
J'ai reçu un appel du gros Pachette.
Il demande à te voir.
Pourquoi ils demandent à me voir ? Ils n'ont pas donné l'info.
C'est très top secret.
Comment ça ? C'est prévu à 15h pile.
Je te retrouve là-bas, ok ? Et mets une tenue élégante.
D'accord ? Mais attends, Corey.
Génial.
Les gens comme moi sont faits pour les métropoles bandées.
Dans la petite ville où j'ai grandi, tout le monde savait tout sur tout le
monde.
Mais ici, je suis invisible.
Et ça me va très bien.
Vous êtes blessée ? Quoi ? Vous êtes blessée, madame ? Il y en a sur mon
visage ? Il y a sûrement des toilettes là-bas, dans le café en face.
Il y a une valette pour homme.
J'en ai pour une seconde.
Tenez, mettez ça.
Merci. De rien.
Je ne sais pas si vous êtes calme ou si vous êtes sous choc.
Je ne saurais pas le dire non plus.
Et vous, ça va ? Oui.
On a vu d'autres, malheureusement.
Vous êtes médecin ?
Un agent immobilier.
Ou je l'étais du moins.
Pourquoi vous avez arrêté ? Vous voulez vraiment le savoir ?
Ma petite fille de 8 ans s'est
noyée dans un lac il y a quelques mois.
Ma mère est morte il y a une semaine.
Elle est morte de quoi ? D'un cancer.
Elle était venue vivre chez moi, dans mon appartement.
Et elle est décédée. Dans mon appartement. D'un cancer.
Désolée.
Je suis attendu pour une réunion. Je dois y aller. Oui, moi aussi.
Merci de votre aide.
Il n'y a pas de quoi.
C'est ma belle-fille, Amy.
Loin.
Bonjour. Vous avez rendez-vous, madame ? Oui, avec Amanda Thomas.
Loen ? Je suis en retard, pardon, mais je... T'inquiète, tout va bien, t'es pas
en retard.
La réunion ne commence qu'à 15h30.
Mais comme je connais ta ponctualité, je préférais te dire 15h.
Désolé.
Si tu m'avais dit la bonne heure, ça m'aurait évité... Cette tenue...
C'est très tendance. Bonjour, je suis Olivia, l'assistante d'Amanda.
Merci. Je vous emmène en salle de réunion. Venez.
Non, ce n'est pas la peine.
Tout ce qu'elle me laisse, c'est des dettes.
Tu vas être une truie. Je vous en prie.
Vous devez être Louane Ashley. Je suis Amanda Thomas, éditrice du groupe
Hachette. Louane, merci d'être venue.
Je vous présente Baron Stevens, notre juriste, et Jeremy Crawford, notre
client.
Je ne vais pas nous faire perdre de temps.
Un de nos auteurs est dans l'incapacité d'honorer un contrat en raison de
circonstances indépendantes de sa volonté. Nous recherchons un écrivain
qui a de l'expérience dans le même genre littéraire pour lui donner un coup de
main. Avant de poursuivre, je vais vous demander de signer un accord de
confidentialité. Nous voudrions éviter que sa situation soit connue des médias.
Merci. Merci, merci.
Verity Crawford, vous devez connaître.
Vous avez sûrement lu son œuvre.
Verity a un immense succès avec la saga Les Nobles Vertus. Il serait vraiment
dommage de ne pas la terminer. Nous avons donc besoin d'une personne capable
de reprendre l'œuvre au pied levé. Vous en auriez besoin pour quand ?
Nous avons déjà pris du retard.
Dans l'idéal, nous voudrions sortir le prochain opus dans six mois, et les deux
derniers au cours des 24 prochains mois.
Soit trois tomes.
75 000 dollars par manuscrit.
Alors, qu'est-ce que vous en pensez, Loen ? Euh...
Je suis vraiment flattée de votre offre.
Je doute de pouvoir écrire pour quelqu'un d'autre.
Encore moins pour quelqu'un d'aussi populaire que Verity Crawford.
Ses fans savent reconnaître son style.
Ils sauront tout de suite que c'est quelqu'un d'autre.
Je ne peux pas faire ça.
Je vais en discuter avec ma cliente.
On va vous laisser un instant.
On envisage deux autres personnes, donc il nous faudrait une réponse demain
après-midi.
On va en discuter.
D'accord, merci.
Je pourrais vous parler deux minutes en privé ? C'est quoi ça ?
Oui, bien sûr.
Je vous laisse.
Vous avez vu un homme mourir.
Je n'ai pas la seule.
Je vous l'ai dit.
J'en ai vu d'autres.
Je suis sûr que vous devez avoir quelques questions.
Quelques-unes.
Allez-y.
Ok, vous avez couru dans une boutique ou vous vous baladez toujours avec une
chemise de rechange dans la poche ? Mon hôtel est à deux pas d'ici.
Je suis passé me changer.
Pourquoi votre femme ne peut pas finir sa saga ? Mérite-t-il eu un accident de
voiture ? Après, désolé.
Open-ended.
Ça a été un de ses livres préférés l'année dernière.
Elle a lu un de mes romans ? Oui.
Et elle a dit que vous aviez...
Une écriture brillante qui mériterait d'être connue.
Je ne suis pas non plus inconnue. Je suis publiée, même si c'est un peu d
'exemplaire.
Si un auteur devait prendre sa suite, je voudrais que ce soit quelqu'un dont elle
respecte l'œuvre. Vous comprenez ? Il faudra que vous passiez un peu de temps
à la maison aussi.
Là où elle travaille. Elle a des années de notes dans des carnets, des premiers
jets dont moi je ne saurais pas quoi faire.
Et puis, il vous sous-paye.
Vous devriez dire à votre agent de demander un demi-million.
On vit dans le Vermont.
Vous pourrez rester aussi longtemps que vous voudrez.
J'espère que vous accepterez.
Attendez.
Est-ce que vous saviez qui j'étais tout à l'heure ? Pas avant d'avoir entendu
votre nom.
Il faut dire que les low-ends, ça court pas les rues.
Si vous venez, rapportez-moi ma chemise.
Bienvenue dans Color, Daddy. Merci. Est-ce qu'il existe quelqu'un sur cette
terre qui n'aime pas les thrillers bien gores ? Euh, au moins, mon mari.
Oh, et c'est pas difficile pour lui de lire tes romans et ensuite de dormir la
nuit avec toi ? C'est vrai, tes personnages sont monstrueux. Oui, en
effet, oui, c'est clair.
Il s'est demandé si j'étais une psychopathe comme dans mes livres, et il
avait peut-être besoin d'être assuré. Tu m'étonnes. Ça se comprend, hein ? On
sait jamais.
J'espère que je ne dérange pas.
Je voulais craquer à ton nouveau taf.
Tu déménages ? J'en ai trop vu dans cet appart.
Et puis, je me fais expulser, de toute façon.
Donc, en fait, ça tombe très bien.
Peut-être qu'avec l'argent de ce contrat, tu vas pouvoir acheter un truc
pour couvrir ce futon.
Je t'arrête tout de suite, c'est pas un futon, c'est un matelas par terre.
Allez, on fait de ça ? Je reviens pas.
Que t'ailles t'installer chez eux.
Il y a des années de notes et de débauches. Faut bien que quelqu'un fasse
le tri. Tu les connais même pas.
Je veux pas que tu prennes de risques, c'est tout.
T'as déjà lu un de ses livres, au moins ? J'évite de lire les bouquins qu'on
peut acheter à l'aéroport.
J'ai trop peur de les adorer et de ne plus pouvoir la détester.
Ne te laisse pas influencer par son succès.
Cette fille est très, très dark.
Comme toi.
Comment va Becca ? C'est qui, Becca ? Il y a plein de photos de vous deux sur
Instagram.
C'est pas sérieux, entre nous.
Elle a l'air vraiment chouette.
Peut-être que ça devrait être sérieux.
Je suis content pour toi, Lorraine.
Tu le mérites.
Je m'approche de la porte, je l'ouvre sans frapper.
L'odeur du sang me saisit avant même de le voir.
Courbée en avant, la pointe du couteau lui perce le menton.
Un filet pourpre lui dégouline entre les doigts et sillonne ses avant-bras.
Il lève les yeux vers moi, implorant mon aide.
Je m'approche de lui.
... ... ... ... ...
Vous avez trouvé ? Oui.
Je ne vous attendais pas si tôt.
Désolée. Non, non, non, non, non.
Pas de souci, ça va.
C'est la dame dont je te parlais, mon grand.
Je m'appelle Loen.
Et toi ? Kroon.
Salut, Kroon.
Il est trop chou.
Il est un peu sauvage.
C'est pas grave.
Je suis un peu sauvage aussi.
Allez, entrez, je vais prendre votre sac.
Merci.
C'est beau, non ? C'est quoi ? C'est un champ ? C'est un lac.
Je vous montre votre chambre ? Ou peut-être que vous avez faim ? Vous
devez être affamé avec toute cette route.
Nous, on se fait des tartines de beurre de cacahuète avec de la pomme, si vous
voulez. Je peux vous bricoler quelque chose de mieux, cela dit. Merci, c'est
gentil. Sûr ? De toute façon, le frigo est plein à craquer, donc si vous avez
faim... Vous vous servez ? Allez voir maman.
Oui, bien sûr mon grand, mais passe voir Anna avant.
On vous laisse notre chambre, j'espère que ça vous dérange pas.
Et nous on dort tous à l'étage maintenant. Je me suis dit que cette
chambre serait parfaite, vu qu'elle est à côté du bureau d'héritier qui est
juste au bout du couloir.
Vous avez une salle de bain pour vous.
Normalement il y a tout ce qu'il faut, mais si jamais il manque quelque chose,
dites-le moi.
On ira faire des courses.
Merci.
Vous voulez prendre le temps de vous installer ou vous voulez que je vous
montre le bureau ?
Elle garde tout sur son ordinateur et dans des cartons.
Rien n'est classé par contre.
Elle n'a jamais été très organisée.
Comme la plupart des auteurs.
Magnifique.
Votre préféré ? Je n'en ai lu aucun après le premier.
Je ne voulais pas entrer dans sa tête.
Je peux la rencontrer ?
Anna,
je me présente Lowen Ashley, l'écrivaine.
Ça va, gros ? Beaucoup.
Loen, je vous présente Anna, l'infirmière de Velty.
Bonjour, c'est un plaisir.
Bonjour, Loen.
Je suis ravie de vous rencontrer.
Je vous voyais plus âgée.
On ne vous dérange pas ? On allait sortir se promener.
Velty, je te présente Loen Ashley.
Enchantée.
Ravie de vous rencontrer, Verity.
Comment ça va aujourd'hui ? Ça va très bien. Les
médicaments ont été pris et on est prête pour une petite balade.
D'accord. Ça va être une soirée tranquille alors.
Vous seriez venue si vous aviez su.
Ça ne doit pas s'ébrouiter.
À cause des médias, et si Hachette le prenait, ce serait vraiment...
Sincèrement, je ne vois pas du tout comment je pourrais l'aider.
Désolée. L'héritier était inspiré par votre écriture.
Vous êtes la seule à pouvoir l'aider.
J'en suis persuadé, Loen.
Chapitre après chapitre des intrigues des personnages tordus.
Carrément tordus.
Tous ces livres sont écrits du point de vue du méchant.
C'est nouveau pour moi.
Note de l'auteur.
Ce que je déteste le plus dans les autobiographies, c'est quand les auteurs
enjolivent chacune de leurs phrases.
Un écrivain ne devrait jamais avoir l'audace d'écrire sur lui-même, à moins
qu'il soit prêt à se défaire de la carapace qui sépare son âme de son
livre.
Les mots devraient surgir du plus profond de ses tripes.
quitte à lui déchirer la chair et lui briser les os lorsqu'il les enjaillisse.
Sale, sincère, sanglant et un peu terrifiant,
mais entièrement brut.
Une autobiographie qui encouragerait le lecteur à aimer l'auteur ne serait pas
une véritable autobiographie.
On ne peut pas aimer quelqu'un quand on le connaît en profondeur.
On ne devrait être capable de refermer une autobiographie qu'avec, dans le
meilleur des cas, un inconfortable sentiment de dégoût pour son auteur.
Cela dit...
Malgré mes nombreuses mises en garde, vous allez continuer à boire mes mots,
parce que c'est dans votre nature, l'être humain
est curieux.
Continuez.
Mais gardez bien en tête que là où nous allons, Il n'y a pas de lumière.
que j'étais perdue avant de rencontrer Jérémy, mais ce qui est sûr, c'est que
je n'avais pas été trouvée.
L'amour m'importait peu.
Je voulais seulement un amant avec un portefeuille bien garni.
Et à en juger par l'allure de Jérémy, j'allais décrocher le jackpot ce soir.
Je suis tout à fait capable de savoir quand je dois m'arrêter.
Je n'en doute pas un instant.
Je voudrais la même chose.
Désolé, madame. On m'a demandé de vous servir de l'eau.
Non, mais c'est une blague.
Je vous observe depuis que vous êtes là.
Vous avez bu trois verres au 45 minutes. Si vous continuez à ce rythme, je vais
me sentir gêné quand je vais vous demander de repartir avec moi.
Je préférerais que vous ayez les idées claires.
Mais c'est comme ça l'amour.
Ça vous tombe dessus.
On a combien de temps ? Où est ton chaussard ? Je ne sais rien.
Ce n'est pas ma voiture.
Comment ça ? Non, moi j'ai une Honda Civic.
Pour la seule chose qui pouvait prendre plus de place que moi dans son cœur.
Merci.
C'est bruyant.
Oh merde, vous m'avez fait une de ces peurs. Pardon, c'est le lit médicalisé
de vérité.
Je peux l'éteindre si vous voulez.
Non, c'est pas un souci.
Il y a un minuteur.
Ça sert à réduire la pression sur les points d'appui.
Il est très tard.
Vous avez faim ? En général, Anna prépare les repas. Mais je suis le
champion du monde.
de réchauffage de pizza au micro-ondes.
Bravo ! Merci.
Allez-vous.
Et alors, les fouilles, ça avance ? Il y a du boulot, vous aviez raison.
Oui, elle passait sa vie à prendre des notes.
Je me souviens d'une fois, on était au zoo et... Elle n'avait pas de papier,
alors elle a pris un marqueur et elle s'est mise à écrire des noms de persos
sur la couche de croûte, carrément.
Vous vous êtes rencontrés comment ? On s'est rencontrés à une soirée.
Elle portait la robe la plus sexy que j'avais jamais vue.
On est repartis ensemble.
Quand on s'est retrouvés dans la rue, il y avait une limousine.
Tu es ouvert la portière et elle est montée dedans.
Ensuite, le chauffeur est revenu et j'ai dû lui avouer que c'était pas la mienne.
Un soir, il m'a proposé d'emménager avec lui pendant qu'on faisait l'amour.
Il fait ça parfois.
Il prend des grandes décisions nous concernant pendant qu'il me baise.
Et c'était parti.
Je n'avais jamais été aussi heureuse.
Mais quand Jérémy a été muté dans une autre ville pour son travail, j'ai cru
que je ne survivrais pas.
C'est là que j'ai commencé à écrire.
Toute la journée, je ne faisais que penser à Jérémy.
Il fallait que je trouve un moyen de me changer les idées en attendant son
retour.
J'avais peur de ne pas pouvoir lui cacher combien son absence me dévastait.
J'ai écrit un roman entier pendant ces quelques mois.
J'ai créé un Jérémy fictif que j'ai appelé Lane.
Jamais, même dans mes rêves les plus fous, je n'aurais pu imaginer où tout
cela allait mener.
Quand Jérémie est enfin rentré à la maison, c'était au beau milieu de la
nuit. Je dormais profondément en paix.
Réveille-toi, réveille-toi, réveille-toi.
T'es là ! Je viens de terminer ton manuscrit.
Quoi ? Non.
Jérémie, non.
Je t'avais dit de... T'avais promis. J'ai essayé, mais c'était trop dur.
Comment t'as pu faire ça ?
J'ai adoré.
Quoi ? Vraiment, j'ai adoré.
Redis-le.
T'es super doué. C'était la première fois que je goûtais au plaisir que l'on
ressent quand un lecteur aime ce que vous avez créé pour lui.
Ce petit commentaire, ce commentaire si doux.
Pourquoi ? Parce que j'ai faim de toi.
Merci.
Elle est catatonique. Elle ne peut pas marcher ni bouger.
Mais ce matin, je la regardais. Et tout d'un coup, elle s'est retournée et elle
s'est mise à me fixer.
Tu viens de dire qu'elle ne peut ni bouger ni parler. Je sais, elle ne peut
pas. Je sais. Je crois que je deviens complètement dingue. Tu traverses une
période difficile en ce moment.
Tu as un tas de choses à gérer. Tu es en deuil, tu es stressé.
Reste concentré sur ton boulot.
Tu te contentes juste de faire ce que tu dois faire.
Et quand tu as fini, tu pars de cet endroit.
Ok ?
Il y a une remise qui est en vrac là-bas.
Crew est le chef de chantier. Cool.
On empile des planches, c'est ça.
Lowell ? Oui ? Je vais faire quelques courses.
Ok.
Verity est en train de dormir.
D'accord.
Je faisais une petite pause pour prendre l'air.
Je peux jouer avec toi ? Euh, bah... Je ne m'en bats pas, moi.
Ok.
On jouera une prochaine fois.
Aux alentours du troisième mois, alors que je venais d'apprendre que j'étais
enceinte, j'ai commencé à remarquer un changement.
J'ai posé les mains à plat sur mon ventre et j'ai senti un corps étranger.
Une apparition.
J'arrive toujours pas à croire que c'est des jumeaux.
T'as encore envie de moi ? T'es plus belle que tu ne l'as jamais été.
J'ai tellement envie de toi.
Je savais qu'il mentait pour me réconforter.
Mais j'ai été touchée.
J'ai serré sa main dans la mienne.
Et il m'a retourné vers lui.
Il m'a embrassé et m'a assis sur le rebord du lavabo.
Il était debout entre mes jambes.
J'étais complètement nue.
La seule chose qui nous séparait, c'était son pantalon.
Et ce ventre grotesque que je lui forçais de rentrer.
Au bout du sixième mois, j'avais l'impression que j'allais éclater.
On dirait bien qu'on a faim.
Non, j'ai pas faim.
Pas toi, les bébés.
Tu l'as senti, celui-là ? Oui.
Jérémy ? Oui ? Est-ce que tu les aimes ? Je les aime plus
que tout.
Plus que moi ? Mais c'est pas comparable.
C'est pas... Oui.
Mais c'est normal, tu perçois ? Tu t'en veux, toi, de les aimer plus que moi ?
Tu devrais pas.
C'est normal que tu les aimes plus que moi.
Notre amour pour eux est inconditionnel.
inconditionnel. Oui, mon amour pour toi est inconditionnel aussi. Je me suis mal
exprimé.
J'ai commencé à regretter d'être tombée enceinte.
Je me plaisais à penser que si on n'avait pas d'enfant, je redeviendrais
sa priorité.
Mais je ne pouvais pas revenir en arrière.
J'avais mis les volets, donc je n'avais pas le choix.
Si vous le sentez, je propose qu'on attaque la prochaine. Oui, avec plaisir.
Jill. Jill.
Y a-t-il des endroits de votre appartement de Chelsea qui ont été une
inspiration pour votre premier livre ?
C'est là qu'on a fondé une famille et là aussi que ma carrière d'écrivaine a
commencé.
J'adore pouvoir raconter de belles histoires à mes enfants et ensuite,
comme je l'ai dit, aller m'enfermer dans ma tanière et m'amuser à terroriser le
reste du monde.
Je me détestais de penser que je serais capable de faire ça et qu'ainsi tout s
'arrangerait.
Où était relativement sage.
Mais Harper pleurait en permanence.
Comme si elle essayait de me punir.
De me faire comprendre que j'étais une mauvaise mère, j'en suis certaine.
Quand Jérémy reprit le travail, j'étais terrifiée à l'idée de me retrouver seule
avec eux.
On n'avait pas les moyens d'embaucher une nounou, parce que l'avance sur mon
premier livre était trop maigre.
Son absence s'avéra une véritable bénédiction pour moi.
Il quittait la maison à 7 heures.
Je me levais en même temps que lui pour qu'il me voit m'occuper des jumeaux.
Puis je les remettais dans leur vie, je débranchais le bébisson et je me
recouchais.
Je crois que je n'ai jamais autant dormi que durant cette période.
Chaque soir, quand ils franchissaient le seuil, les jumeaux étaient calmes, le
fumet d'un bon dîner s'échappait de la cuisine, et ils étaient époustouflés par
mes talents de parfaite mère au foyer.
Quant aux jumeaux, ils faisaient leur nuit d'une traite, épuisés d'avoir
pleuré toute la journée.
C'était sûrement bon pour eux.
Et cerise sur le gâteau, j'étais tranquille pour écrire la nuit pendant
que tout le monde dormait.
La seule ombre au tableau, c'était la chambre conjugale.
J'étais littéralement en manque.
Jérémy ne me vénérait plus.
Il ne m'aimait plus.
À la naissance des jumeaux, Jérémy était obsédé par la mort subite du nourrisson.
Il savait tout sur le sujet.
Et par extension, moi aussi.
Ce que j'ai trouvé le plus fascinant dans ce syndrome, c'est qu'il est
difficile de le distinguer d'une suffocation.
Tu crois que je l'ai oublié quand je suis allée les coucher ? Il
faut que je me résigne à cet enfer et à être obligée
d'élever ces enfants en faisant semblant de les aimer pour le restant de leurs
jours.
Vous cherchez quelque chose ?
Est
-ce qu'il y a de l'alcool dans cette maison ?
Qu'est-ce qu'il y a ? Votre femme,
elle a une sorte...
Ces romans sont flippants.
Vous dites ça alors que les vôtres sont tout aussi effrayants.
Oui, j'avoue que parfois mes propres livres me font flipper aussi.
Oui, c'est peut-être pas une mauvaise idée.
Vous n'avez pas dîné ? C'est encore chaud, si vous en voulez.
Merci, je devrais manger, oui.
Allez.
J'ai une question.
Je vous écoute.
Surtout dites-moi si vous me trouvez trop indiscrète.
Mais... Est-ce que c'est possible que Verity se rétablisse complètement
? Euh... Non.
Les médecins disent qu'elle ne marchera et ne parlera plus jamais.
Donc elle est... paralysée.
Pas de lésion de la colonne vertébrale, mais son cerveau est... Elle
a des réflexes de base. Elle peut se nourrir, boire, fermer les yeux,
bouger un peu.
Mais ça reste des automatismes.
On espère qu'avec les séances de kiné, elle sera capable de progresser un petit
peu.
Mais rien n'est sûr.
Ok, j'arrive.
Je vais laver les dents.
Oui. Très bien. Vas-y, souffle.
Allez, on va dire bonne vie à maman.
C'est Harper.
Comment elle était ? Oh, elle était... Elle était fabuleuse.
Je ne suis pas sûr que Verity la comprenait comme moi.
Elle avait du mal à exprimer ce qu'elle ressentait.
Mais je lisais en elle comme dans un livre ouvert, vous voyez.
Je savais ce qui la perturbait.
Ce qui lui faisait plaisir, ce qui le rendait triste.
Même si elle avait du mal à montrer ses émotions.
Mais elle était fabuleuse.
Elle s'entendait bien avec vous ? Ils étaient proches ?
Je n'ai jamais prononcé son nom.
Je l'ai amené voir en psy pendant quelques mois et j'ai eu peur que ça le
traumatise encore plus.
Alors j'ai arrêté de l'emmener.
Je recommencerai si jamais je vois qu'il en a besoin pour vérifier qu'il va bien.
J'arrive.
Merci.
Merci.
C'est l'heure de la courbe, hein ? Bonjour,
Loen. Alors, où est-ce que vous en êtes ? La presse et le marketing aimeraient
faire une annonce très ravie. On doit d'abord donner notre approbation, il me
semble. Oui, bien sûr. Mais il va nous falloir un peu de temps pour nous
organiser. Loen écrit très vite.
Hein, Lo ? Oui.
Oui vous aurez ce qu'il vous faut.
J'ai pratiquement fini de revoir toutes les notes.
Alors, je vais bientôt commencer l'écriture.
Je pense que je vais partir d'ici un ou deux jours.
Déjà ? Oui.
Encore merci de m'avoir accueillie.
J'aurais aimé que ça dure un peu plus longtemps.
J'ai l'impression que je ne sais pas grand-chose de vous.
Qu'est-ce que vous aimeriez savoir ? Votre date d'anniversaire.
Non.
Quoi ? Qu'est-ce qui vous fait rire ? Eh bien, mon anniversaire, c'était hier.
Non, c'est une blague.
Sérieusement ? Je ne crois pas.
Si, je ne vous mens pas.
Mais il faut qu'on fête ça, c'est obligé.
Non. Si.
Il y a un super bon restaurant dans le centre-ville.
C'est de loin le meilleur restaurant bavarois de tout le Vermont.
De très loin.
Ils ont de super schnitzels.
Ça fait rêver.
Ça a l'air vraiment incroyable, mais c'est pas trop mon truc. J'aime pas
fêter mon anniversaire. Ah, ok.
Ça aurait pu être drôle.
On se serait fait beau, on aurait commandé une bonne bouteille.
Désolée, j'ai pas prévu de robe pour sortir.
En vérité, on a des tonnes dans son dressing, vous pourriez lui en emprunter
une ?
Non, non, non, cette pièce, il faut la mettre ici. Fais pas semblant.
Fais pas semblant avec moi. D'accord.
Cette pièce, alors, elle va là ? Non, on dirait pas. Bonsoir.
Bonsoir.
Bonsoir.
Loen, je te raconte une blague.
Oui, avec plaisir.
Qu'est-ce qui est jaune et qui attend pas ? Dis-moi.
Un citron pressé.
Ben oui, il a plu.
Elle est bonne.
La vache qui coupe la parole. La vache qui coupe la parole.
Ça en fait une autre dans ton répertoire.
Ça en fait une autre dans ton répertoire.
Anna, on va y aller.
D'accord, j'arrive.
On se voit tout à l'heure quand je rentre.
D'accord. Peut-être plus tôt demain matin, d'accord ? Tiens ça, j'allais
calmer, je compte sur toi.
Gros bisous.
Oui, gros bisous, mon grand.
Ok, alors, c'est quoi votre méthode ? Ma méthode ? Oui, chaque écrivain.
Une méthode différente, non ? C'est quoi la vôtre ? Oh, eh bien... En
fait, je... Je commence à écrire, ensuite
je déteste tout ce que j'ai écrit, mais je lâche pas l'affaire, et puis je finis
le livre et je fais semblant de trouver ça bien.
Ça a l'air très simple.
Oui, c'est très épanouissant.
Une dernière petite question.
Vous êtes contente d'être ici ? Vous ne passez pas une trop mauvaise soirée ?
Non, bien sûr que non. J'ai l'air de ne pas m'amuser.
Je ne sais pas.
Vous êtes très... C'est mon visage.
J'ai l'air naturellement blasée.
Les gens le disent tout le temps.
Mais rassurez-vous, je passe un très bon moment.
C'est de loin le meilleur restaurant bavarois que je connaisse.
Qu'est-ce que je vous avais dit ? Le meilleur ?
Les bermudas en cuir, c'est très exotique.
Du coup, je me sens un peu trop habillée.
Non, non.
C'est une tenue super chic, on va dire.
J'ai une autre question.
Oui ? Vous croyez que Gru devrait reprendre sa thérapie ? Oui.
Ça l'aiderait.
Vous, vous en avez déjà fait une ? Oui.
C'est la meilleure décision qu'on ait prise pour moi.
J'étais une enfant vraiment perturbée.
Et j'ai vu un psy qui m'a aidée à prendre conscience que c'était pas moi
qui avais un problème.
Et après, disons, des années à avoir entendu ça, j'ai fini par
le croire. Bref, ça m'a aidée.
Votre mère venait avec vous en thérapie ?
Je n'étais pas proche du tout.
D'ailleurs, je la retrouve beaucoup dans... Dites-moi
tout. Dans le... Le personnage principal des romans de Verity.
C'est un mauvais signe.
Vous les avez vraiment pas lus ? Seulement le premier.
Pourquoi ? Parce que j'avais du mal à croire que tout venait de son
imagination.
Elle se mettait toujours en colère contre moi parce que je lisais pas ses
manuscrits. Je vois pas pourquoi elle cherchait ma reconnaissance alors qu
'elle était reconnue dans le monde entier.
Enfin bref.
Et vous, qui s'intéresse à votre travail ? Personne.
Mes livres se vendent mal.
Enfin, ça m'arrive de temps en temps d'avoir une critique élogieuse dans une
revue.
Mais je n'ai jamais eu l'occasion d'entendre quelqu'un me dire en face «
Votre livre me touche vraiment, Loen.
» J'imagine que ça doit être agréable.
Je dois vous dire quelque chose.
Je vous ai menti.
Comment ça, vous avez menti ?
Verity n'a jamais lu votre roman.
Alors pourquoi vous avez dit ça ? C'est moi qui l'ai lu.
Et je l'ai trouvé brillant.
Fantastique.
Je suis désolé, mais... Je savais que ça aurait eu moins d'impact venant de moi
que de Verity.
Et je ne sais pas trop pourquoi, mais je tenais à ce que ce soit important à vos
yeux.
Happy birthday to you...
Happy birthday to you, happy birthday to you, cher
Loen, happy birthday to you.
Merci. Soufflez.
C'est quoi votre vœu ? Ça se dit pas.
Vous savez ce que c'est, le secret pour réussir ces cupcakes ? Dites-moi.
La poudre pour crème anglaise.
Ah oui ?
C
'est une tuerie.
Ouais, je vous l'avais dit.
Vous avez du glaçage.
Ou ça.
juste ici.
Je suis désolé, je n'aurais pas dû te ramasser.
Je suis désolé.
Je l'ai vu, elle était là.
Elle est paralysée, Rowan. Elle était juste là.
Elle était juste là, putain. Je te dis que ta femme était là, debout dans le
couloir, Jérémy. Je l'ai vu, je ne suis pas folle.
Il n'y a personne dans la maison.
Anna est rentrée chez elle.
Quoi ? Où es-tu en train de dormir ? Et... Ce n'était certainement pas
vérité.
J'ai vérifié.
Crois-moi.
C'est de ma faute.
Tu travailles non-stop.
Tu es épuisé.
Et moi, je... Bref, en fait, j'ai l'impression que... Oui, tu as raison.
C'est sûrement parce que je culpabilise.
Que je me sens honteuse.
C'est malsain, cet endroit.
Tu te rends compte que tu es prisonnier dans ta propre maison.
Kru aussi, il est prisonnier.
Il faut qu'il parte d'ici. Il faut que tu retournes au travail.
Que tu respires un peu, tu comprends ?
d'accorder des moments à toi.
Tu as le droit d'avoir une vie.
Une vie à toi.
Où tout ne tourne pas autour d'elle et où tu te consacres à tes envies, à ce
que tu veux vraiment.
Ce que je veux ? Oui.
C'est toi que je veux.
On a pour combien de temps à Boston ? Ça devrait pas être long.
Papa, tu devais nous emmener faire du canoë.
Oh, ma chérie. Oh ! Maman le fera avec vous.
Ouais ! Ça t'embête pas ? Vous pouvez en faire sur le lac. Ouais ! J'ai envie d
'aller dans l'eau.
Ça vous ferait très plaisir.
Ouais ! Eh ben voilà, vous me raconterez tout ça à mon retour, OK ? Je
reviendrai. C'est quoi, ça ?
C'est pour toi.
Ah non, c'est vrai.
C'est trop beau, tu trouves pas ? Ah oui, j'adore.
C'est une baleine.
Je t'aime, ma princesse.
Je t'aime aussi.
Mon chou, soyez bien sage avec maman, d'accord ? D'accord.
Bye.
Bye.
A plus.
Jérémy était en déplacement à Boston.
J'ai emmené les enfants faire du canoë.
Harper était assise à l'avant.
Bruce était installé au milieu.
Nous ne portions pas de gilet de sauvetage.
Puis j'ai déporté tout mon poids.
Lawen, j'ai fini, je rentre.
Verity est devant la télé.
Ok. Bonne soirée, Lawen.
Coucou.
Coucou.
Qu'est-ce que tu fais ? Rien, je joue à un jeu sur mon iPad.
Est-ce que je peux te poser une question ?
Tu avais eu un canoë ? Oui.
Est-ce que tu te rappelles avoir été dans le canoë avec ta maman et Harper ?
Gros, il s'est renversé comme un canoë.
Maman m'a dit que si tu me posais des questions, il ne fallait pas que je te
réponde.
Ta maman te dit encore des choses ? Gros, elle ne parle vraiment plus ou
elle y arrive encore ?
Je sais pas.
Tu veux que je vienne avec toi ? Euh... Non, les urgences, ça peut prendre du
temps. Il faut que quelqu'un reste ici avec vérité.
C'est ce que vous avez fait à Harper.
Comment vous avez pu faire ça ? Comment on peut être aussi cruelle
?
Répondez.
Je sais que vous faites semblant. Je sais que vous faites semblant !
Dites quelque chose.
Allez, parlez.
Vous avez une si jolie vie.
Vous avez une vie... parfaite, vous.
Vous avez tout ce que les gens... tout ce que les gens...
Pourrais désirer.
Tout ce que je pourrais désirer.
Et vous ne le méritez pas.
Alors je vais tout vous prendre.
Votre maison.
Votre carrière.
Et votre mari.
Continuez. comme si vous ne m'entendiez pas et que vous ne me voyez pas.
Tout ce que vous méritez, c'est de crever dans votre petit lit robotisé.
M'inquiète, je ne sais pas où je suis.
La police a pris ma déposition.
Deux fois.
C'est leur boulot. Harper s'est penchée sur leur bord du canoë.
Les questions étaient simples, c'était facile de répondre.
Il a chaviré.
On s'est tous retrouvés sous l'eau, mais... Mais... Harper n'allait jamais
remonter.
J'ai essayé d'aller la chercher, mais... J'avais plus d'air et...
Je pense que j'ai tellement bien joué la comédie qu'ils étaient mal à l'aise et n
'ont pas insisté.
Jérémy était dévasté.
Mais je me disais que ça passerait avec le temps, que j'allais enfin pouvoir le
récupérer.
Paradoxalement, je me suis immédiatement remise à écrire.
Les mots jaillissaient de moi comme une cascade.
Mais avec Jérémie qui se traînait comme une âme en peine, sans amélioration en
vue, j'avais l'impression qu'il n'y avait plus rien à dire.
Plus d'avenir à écrire.
Je sors faire un petit tour.
Plus de fautes à racheter.
C'est devenu un vrai boulet depuis la mort d'Harbert.
Je regretterais presque de l'avoir tué.
Si c'est comme ça, ainsi soit-il.
J'irai encastrer ma voiture dans un arbre.
Fin.
Ça va ? Alors, comment va le petit ?
Six points de suture et des anti-inflammatoires, mais...
Il s'en mettra.
Il s'est endormi d'un seul coup.
Pauvre chat.
L'électricité est un peu capricieuse. Quand il y a de l'orage, je vais filer
prendre une douche tant que je peux.
Il y a du sang partout.
Avoir du sang partout, ça commence à être notre marque de fabrique.
Il faut vraiment que... que je te parle de quelque chose.
Ta femme est très loin d'être la personne que tu crois.
Je t'assure, depuis le jour de votre rencontre, elle n'a fait que te mentir.
Loen. Groma avouait qu'il discutait avec sa mère.
Elle est infirme, Loen !
Je sais que tu écris des romans, mais est-ce que tu entends ? Mais réveille
-toi ! C'est elle qui a tué Harper ! Quoi ? Elle a tué Harper ?
J'ai la preuve ici.
Tiens.
Lis ça.
Lis-le.
C'est ses aveux.
J'ai trouvé ça sur une clé USB. Elle raconte ce qui est vraiment arrivé.
Tout est là-dedans. Il faut que tu saches la vérité.
Et ce que tu ferais ?
Quand je ressortirai de cette pièce, j'emporterai ton manuscrit et je le
donnerai direct à la police.
Et toi, tu finiras enfermé et tu n'en reverras plus le gros de toute ta vie.
À moins que tu me dises exactement ce qui se passe dans cette maison.
S'il te plaît, je t'en prie, laisse-moi.
Je vais t'expliquer.
Qu'est-ce que t'as fait pour tuer Feriti ? J'ai aimé.
J'avais pas le choix.
Depuis le début, tu fais semblant.
À quoi ? Non, s'il te plaît.
Tu ne me fais pas de mal, je t'en supplie. Que je te fasse pas de mal ?
Mais putain, t'as tué notre...
Faut pas qu'il embarque.
Ça va aller.
Ça va aller.
Ok ? Tout va bien.
On va trouver un alibi.
Toi et moi, on racontera la même histoire. Et la vérité restera
strictement entre nous.
Entre toi et moi, et c'est tout. Pour toujours.
Ok.
On en fait ce qu'il fallait.
On n'est pas des monstres.
C'était fait.
On ne pouvait pas revenir en arrière.
Nous étions libérés de vérité.
Ces manœuvres cruelles ne pourraient plus nous atteindre.
Ni atteindre Gros.
Avez-vous vu Verity à un quelconque moment hier soir ? Non, j'ai passé la
soirée à travailler.
On m'a embauchée pour terminer ses livres.
Je suis allée me coucher très tôt.
Je dirais vers 22h.
Avez-vous entendu quoi que ce soit qui indiquerait à quel moment elle serait
allée dehors ? Non.
Ça faisait plusieurs mois qu'elle était alitée.
Si elle a pu sortir de sa chambre...
Je n'ose pas imaginer son état mental à ce moment-là. J'ai bien peur qu'elle ait
été dans un tel état de confusion et de souffrance que... qu'elle soit sortie
chercher Harper.
Y a-t-il autre chose qui vous reviendrait ? Quoi que ce soit qui
pourrait nous être utile ? Non.
Je suis vraiment désolée, j'aimerais tellement pouvoir faire plus.
Bon, très bien.
Merci.
J'ai une toute dernière question à vous poser.
Quoi ? Est-ce que Verity et vous, par hasard, vous étiez en train de
travailler sur le prochain Noble Vertu ?
Possible.
Désolé, je suis un grand fan.
Ça fait longtemps que je l'attends.
Faut pas vous inquiéter.
Je vous promets que ce sera le meilleur de tous.
Super.
Bonjour, messieurs.
Bonjour,
mon écrivaine préférée.
C'est le grand déménagement ? Oui.
Je viens d'arriver. Bonjour.
Jérémy et Cruz sont quasiment prêts.
J'ai venu les chercher.
Hachette a prouvé le projet pour le prochain roman. Alors ça y est, tu peux
attaquer l'écriture.
Ah, génial.
Mais je vais avoir besoin que tu leur demandes un petit délai.
Je vais essayer.
Ok.
Bon, on se tient au courant.
Oh,
tu m'as tellement manqué.
Salut. Ça va ? J'ai un truc pour toi.
Quoi ? Un truc.
Ok. C'est quoi ? Ferme les yeux.
Ferme les yeux ? Ferme les yeux.
Tends tes mains.
Mets-les comme ça.
Bouge pas. Ok.
Je dois encore attendre ? Oui.
D'accord.
Je sais.
C'est génial.
Tu as le premier exemplaire en exclusivité.
Je viens de le lire.
C'est moi.
Mais oui.
Je suis très fier de toi.
Tu as réussi.
On a réussi.
Loué ! Bonjour.
Bonjour.
Fais attention à ta petite sœur.
Tout va bien.
D'accord, d'accord.
Ça va ? Je suis contente de te voir. Tu m'as manqué, tu sais. Tu es prêt pour
notre prochaine aventure ? On va devoir rouler longtemps avant d'arriver à
Southport, en Caroline du Nord. Ouais ! Ah ouais ? Ok, alors en route.
Tu veux dire au revoir à ta chambre ? Je suis pas prête.
Quoi? Quel dessin?
Crou!
Il ne faut pas me faire peur comme ça.
Qu'est-ce que tu faisais? J'ai pris mes dessins, regarde.
Où est-ce qu'ils étaient?
Dans ma cachette secrète à moi. C'est un secret, je ne te dirai rien.
Tu vas me dire où elle est. Tu vas me dire où elle est tout de suite. Tout de
suite.
Tiens, tu sais quoi ? Va m'attendre dehors. J'en ai pour une seconde et
ensuite on y va, ok ?
Cher Jérémie, si tu lis cette lettre, cela veut dire que Crew et moi sommes en
sécurité quelque part.
J'ai beau essayer d'oublier le moment où tout a déraillé, j'ai la malchance d
'avoir une mémoire qui est incapable d'effacer quoi que ce soit.
C'était un dîner avec Amanda.
Je lui parlais de mon prochain roman.
Je ne sais pas si tu avais décroché, mais j'imagine que oui, nos
conversations de boulot t'ennuyaient toujours.
C'est là qu'elle m'a conseillé un exercice qu'elle appelait le journal de
l'entier. C'est un exercice d'écriture qui va t'aider à rentrer dans la peau d
'un personnage maléfique.
Donc tu commences comme si tu écrivais ton journal, sauf que tu inverses ton
monologue intérieur en écrivant exactement le contraire de ce que tu
ressens, le contraire de ce que tu es.
Essaie. Tiens un journal de ta vie quotidienne en y intégrant un monologue
intérieur glaçant.
devenir une psychopathe égocentrique et insensible. Si tu veux.
Planquez-vous.
Ça avait l'air simple, inoffensif.
J'arrivais de mieux en mieux à entrer dans l'esprit des pires personnages.
Cela devenait grisant.
Et ça m'a aidée.
Ça m'a énormément aidée. C'est comme ça que j'ai pu créer des personnages aussi
réalistes et terrifiants dans mes romans.
C'est pour ça qu'ils se vendaient.
Parce que j'étais douée.
Après la mort d'Harper, j'étais dans un tel état de désarroi.
J'étais prête à tout pour essayer de surmonter cette épreuve.
Je m'efforçais de rendre mon écriture plus brutale, plus dérangeante.
Jusqu'au jour funeste.
Où j'ai laissé le document en verre sur mon ordinateur.
Et où toi, tu l'as lu.
Mais ce n'était qu'un exercice.
Ce n'était pas la réalité.
Tu n'avais rien lu de moi depuis si longtemps.
Après toutes ces années de mariage, comment... Comment tu as pu croire, ne
serait-ce qu'une seconde, que je racontais la vérité ? Sérieusement,
Jérémy ? Tu me connais donc si mal ? Chaque souvenir de
notre vie de famille s'effaçait à chaque nouveau mot que tu lisais.
Envolé, il ne restait plus en toi que de la haine.
Je n'oublierai jamais ton expression quand tu m'as regardé ce soir-là.
Tu étais l'incarnation du désespoir.
Du moins, c'est ce que je pensais.
Jusqu'au moment où ma tête s'est mise à tourner, tout est devenu flou.
Alors j'ai pris conscience que tu croyais ce que tu avais lu.
Je n'ai vu que des arbres.
C'est à ce moment-là que j'ai compris ce que tu faisais.
Tu allais me tuer et faire passer ma mort pour un accident.
Sans le vouloir, j'avais écrit ma propre fin dans les deux dernières phrases de
mon manuscrit.
fonctionner. N'est-ce pas, Jérémy ? Malheureusement pour toi,
j'étais toujours vivante.
Alors, j'en ai affaudé un à mon tour.
Je savais que tu ne me croirais pas si j'essayais de nier ce que j'avais écrit.
Et si tu apprenais que j'étais guérie, tu me dénoncerais à la police ou tu
finirais le travail.
Il fallait que je m'échappe et que j'emmène Gro avec moi.
Même si l'idée de te laisser seule dans la maison où nous avions partagé tant de
souvenirs me plongeait dans la douleur.
Tout ce que j'ai fait depuis mon réveil, je l'ai fait pour Gro.
C'est le seul à savoir que je suis toujours là.
Que j'ai encore des pensées.
Et une voix.
Tu veux jouer avec moi ? D'accord.
C'est notre secret.
C'est où, chérie ? C'est pas
vrai.
Je suis là.
Je suis juste un peu secouée.
Ok.
Allez.
Crow est dans la voiture.
D'accord.
On se met en route.
Ok.
Si on veut arriver à temps pour dîner.
Oui. J'en ai pour une seconde. Je fais un dernier tour rapide.
Merci.
Son manuscrit.
Sa lettre.
Son mari.
Je ne sais plus ce que je dois croire.
La seule chose dont je suis certaine, c'est que Verity excellait dans l'art de
manipuler la vérité.
Il ne reste plus qu'à savoir quelle vérité elle manipulait.
Chaque roman de votre série repose sur neuf principes éthiques et moraux.
Lequel était le plus marrant à pervertir dans ces concepts ? La vérité.
Je voulais savoir jusqu'où je pouvais aller, savoir jusqu'où j'emmènerais le
lecteur pour lui montrer ensuite qu'il faut toujours se méfier des évidences.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.