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Je préviens de centraliser le SAMU.
Oublie le SAMU.
Tu peux appeler les pompes finesse.
Ilon, c'est pas... Si, c'est lui.
Je sais pas ce qu'il fait là.
Bonjour. Bonjour.
Jean.
Ça fait longtemps qu'on s'est pas retrouvés ensemble de si bon matin.
C'est toi qui étais de permanence ? Non, c'était un jeune substitut.
Mais vu la personnalité de la victime... Maurice, le numéro un de l'aéronautique
en Europe, ça te dit quelque chose ? Oui.
C'est son fils Christophe qui est mort là-bas.
Alors, le parquet a délégué son plus brillant représentant.
Où sont les parents ? Ils sont à New York.
D'ailleurs, on voit une voiture les chercher, il leur faut un traitement de
faveur.
Dis-moi, t'es très en forme, hein ? Divorce m'a réussi.
Je vois ça.
À part ça, monsieur le procureur, des infos sur la victime ? Non, pas grand
-chose. 21 ans, sans histoire.
En deuxième année à l'ENCIV, la prestigieuse école des ingénieurs de
Saint-Cloud.
Et il habitait où ? À l'ENCIV précisément, il était interne.
Et comme les Meuris n'ont pas de famille à Paris, c'est un de ses copains de
promo qui va venir reconnaître le corps, Maxime Dallos.
Un Dallos comme le député ? Non, c'est un ministre des Transports. Voilà, tu
sais, dans ce genre d'établissement, il y a rarement d'homonyme. C'est plutôt le
haut des paniers.
Demandant ? Oui ? Il n'a pas d'agent sur lui, peut-être un crime crapuleux.
Peut-être.
On se connaît, nous, non ? On s'est croisés il y a longtemps.
Bon, je vais vous laisser.
Jeanne, tu me tiens au courant et naturellement, en discrétion absolue, j
'ai déjà le lit sur le dos.
Ah, ça y est, je m'en mets, vous.
Antoine, j'aimerais bien te parler.
On pourrait peut-être, je ne sais pas, déjeuner ensemble ? Déjeuner, ça va être
difficile, mais dîner si tu veux. Tu fais quoi ce soir ? Je préférerais un
midi, c'est compliqué pour moi le soir.
Écoute, à chacun son empêchement.
Moi, je ne peux vraiment pas à midi. Ce soir, à 9h, c'est tout ce que je peux
faire pour moi.
On se retrouve où ? On n'a qu'à dire chez André, là où on s'est connus.
On lui rappellera des souvenirs.
Il est bon.
On en reparlera ce soir.
A tout à l'heure.
Pas d'échymose faciale.
Vertèbres cervicales brisées.
Aucun signe de défense au niveau des avant-bras.
Marques sombres au niveau des chevilles, pouvant être des traces de préhension.
Ce qui nous permet de supputer un transport du cadavre post-mortel.
Excusez-moi, mais... Chaussette dépareillée.
Là, c'est l'effet.
Ah, la chemise boutonnée mardi avec mercredi.
C'était pas lui qui s'est habillé, mais le tueur qui lui aura passé ses
vêtements après sa mort, surtout s'il n'a pas été tué ici.
C'est pas impossible.
Le marchand, vous allez directement à l'IML ? Frédéric Taille cherchait le
fils du député, Maxime Dallos.
C'est lui qui est chargé de recadrer le corps.
Très bien, chef.
C'est mignon de te voir courir après ton ex-mari tout à l'heure.
C'est charmant.
C'est mignon.
Il est mort entre minuit et deux heures du matin.
Une hémorragie cérébrale, un choc violent sur la nuque.
L'aurait-on poussé ? Je suis légiste, pas devin.
Ce que je peux te dire, c'est qu'il a voyagé après sa mort.
Ils étaient même deux pour assurer le transport.
Un par ici, un par là.
Des évices sexuels ? Pas de sexe du tout.
Personne n'est sorti, personne n'est entré. Si tu préfères. J'aimerais mieux
que vous abandonniez la métaphore pour en revenir au récit documentaire.
J'ai trouvé des particules de laine sur sa nuque. Oui, ce qui veut dire qu'il a
été tué à l'intérieur et non au dehors.
Oui, ou qu'il a été transporté dans une couverture. Enfin, ça, tu verras ça avec
le labo, ce qu'ils vont t'en dire.
Je me demande ce que nous deviendrions sans vous pour éclairer nos lanternes,
cher Salinas.
C'est vrai que moi, je les confonds pas avec des vessies.
Remarque, j'ai pas de mérite, j'ai été formé pour ça.
Je vous en prie, entrez, monsieur le député.
C'est bien lui.
Monsieur Maxime Dallos, je vais vous demander de rester pour vous poser
quelques questions.
Rassurez-vous, ce ne sera pas long.
Tu peux y aller, papa.
Ça va aller.
Tu es sûr ? Écoute-moi, Maxime. Si tu as le moindre souci, tu m'appelles.
Messieurs, il vient de perdre son meilleur ami.
Après un tel choc, il a le droit à quelques égards.
Oui, d'une manière générale, nous faisons attention aux témoins.
A tous, sans distinction.
J'ai connu Christophe au lycée.
On a tout fait ensemble.
La prépa, le concours de l'ENCIV.
Vous avez vu quand votre ami pour la dernière fois ? Hier soir, vers 8h.
J'ai été donner un coup de main à mon père à son QG de campagne pour les
législatives.
Quand on a terminé tard, je suis resté dormir chez mes parents.
Et Christophe, lui, il est resté à l'internat ? Non.
Il est allé à Montreuil.
Qu'est-ce qu'il allait faire là-bas ? Voir sa copine.
Et d'après vous, Christophe avait des ennemis ? Des gens qui pouvaient lui en
vouloir ? Non.
Non, Christophe, tout le monde l'aimait bien. Il était même délégué des
deuxièmes années.
Sa copine suit les mêmes cours que vous ? Non, elle est à la fac.
Et ça se passait bien entre eux ? Super bien.
Ça fait quatre ans qu'ils sont ensemble.
Elle s'appelle comment ? Bénédicte Ollier.
On peut le faire savoir pour Christophe.
Je ne l'ai pas vu hier soir.
Il n'avait pas rendez-vous. Pourquoi vous me dites ça ? Parce que Maxime
Dallos, que vous connaissez, je suppose, prétend que Christophe Meurice a passé
la soirée, mais aussi la nuit, chez vous.
Mais pas du tout.
Christophe et moi, on est séparés depuis trois mois.
Et vous ne l'avez pas revu depuis votre rupture ? Si.
Il ne supportait pas qu'on ne soit plus ensemble.
Il venait ici.
Il était tellement malheureux, je n'avais pas quoi faire.
Je ne l'ai pas vu depuis trois semaines.
Et on peut savoir pourquoi vous vous êtes séparés ? On ne s'entendait plus.
Puisque vous semblez connaître Maxime Dallos, vous pouvez peut-être nous
parler de ses relations avec Christophe ? C'était son meilleur ami, presque un
frère.
Et pourtant, il a l'air d'ignorer que vous n'êtes plus ensemble.
C'était tout Christophe, ça.
Il ne voulait pas admettre que c'était fini.
Un peu par orgueil, et beaucoup parce qu'il pensait qu'on se remettrait
ensemble.
Et il avait de bonnes raisons de le croire ? Non.
Je serais pas retournée avec lui.
Je trouve bizarre que le meilleur ami Christophe ne sache pas que son pote se
soit fait larguer par sa gonzesse.
Moi, je trouve pas ça étonnant. Ce genre de réaction, c'est assez masculin.
Il était blessé, et tout dit quoi, n'est-il ? Bien dit, patron.
Je savais que ça vous plairait. Bien.
Ce qui est assez féminin, par contre, c'est de jouer avec les sentiments des
autres. Ce que je veux dire, c'est que l'intraitable Bénédicte n'est peut-être
pas aussi radicale qu'elle le prétend.
À voir, en tout cas.
On a vérifié l'alibi du fils d'Alos ? Il était bien au QG de campagne de son
père, ils ont fini tard.
Et il est rentré dormir chez ses parents, son père a confirmé.
Il ne retourne à Lensif que ce matin.
Il est meuriche, alors...
S'il n'était pas chez sa copine hier soir, elle était où ? À l'ensive. Pas
certainement. C'est là qu'on l'a vu vivant pour la dernière fois.
J'ai examiné la liste des appels passés depuis le portable de Christophe.
Les messages écrits aussi.
Depuis deux mois, il a envoyé pléthore à un certain Benoît Paquin. Tous
présentent une certaine similitude dans la rhétorique. Mais encore ? Au pied,
petit pédé et fissa.
Tu vas me lécher les bottes, sombre merde.
En percevez-vous, l'idée générale ? Le dernier est envoyé à 23h43, soit peu de
temps avant l'heure probable de son décès. En voici la teneur.
Culez ! Bouge ton cul et rapplique ! Dit par vous, le marchand, c'est un bonheur.
Et ce paquin, on l'a localisé ? Il est étudié en première année à l'Ansive.
Oui, enfin, traite de plaisanterie, si Benoît Paquin recevait ce genre de
message et...
Et il obéissait, il est normal qu'il l'enveuille à mort, à Christophe
Meurice. Bien, il est temps d'aller tous faire un tour à l'Annecy.
Dis-moi tout à l'heure, qu'est-ce que t'avais de si important à lui dire à ton
mec ? C'est plus mon mec.
Ouais ?
Oui. Comment je... Ok, ok, ok.
Tiens. Qu'est-ce qu'il y a ? T'as un souci ? Une galère.
Voilà, j'ai plus personne pour garder Amandine et sa mère se barre ce soir
pour New York.
Ça aurait pu tomber plus mal.
Une annonce ? À mon avis, c'est pas les candidats qui vont manquer.
Non, mais je vais faire ça, t'as raison.
Écoute, parlons d'autre chose. J'ai pas du tout envie de t'emmerder avec mes
histoires de famille, là. Pas du tout.
C'est quand t'es comme ça que tu m'emmerdes.
J'aurais dû faire ingénieur.
On est mieux logé qu'à l'école de police.
Vous avez déjà vu un truc pareil, le marchand ? C'est calme en plus.
Oui, on se croirait dans un monastère New Age, avec quelques détails de prêt.
C'était un de nos meilleurs éléments.
C'est terrible.
Terrible.
Vous savez, le père de Christophe aussi est un ancien élève.
Son fils était aussi brillant que lui.
Les aigles ne font pas des merles.
L'élite se renouvelle donc par voie naturelle ? Je l'ignorais.
Je n'ai jamais dit ça.
D'ailleurs, à l'ENSIV, nous ne reconnaissons que le mérite personnel.
On entre chez nous par concours.
Moi-même, je suis fils d'ouvrier, ça ne m'a pas empêché.
Benoît Paquin, vous en pensez quoi ? C'est un élève de première année.
C'est un peu rapide comme portrait, non ? Vous pourriez développer ? Il s
'intègre mal à la vie de notre établissement.
Nous avons des difficultés avec lui. Il est timide.
Il reste dans son coin. Contrairement aux autres, il n'a pas d'amis ici.
Il a peut-être été mal accueilli.
Enfin, par ses condisciples, je veux dire.
Le bizutage, c'est à ça que vous pensez.
Mais vous devez savoir, commandant, que c'est interdit. Bien sûr.
Mais je sais aussi que c'est toléré.
Même dans un établissement aussi démocratique que le vôtre.
Encore une image des plus mal.
Nous acceptons les petits rituels lorsqu'ils cimentent les liens entre les
élèves. C'est très différent.
Et dites-moi, c'est quoi ces petits rituels ? Rien de bien méchant.
Les premières années servent les repas aux aînés pendant une ou deux semaines,
voilà.
Rien de plus.
Écoutez, s'il y avait des excès, je serais au courant. Il n'y a pas de
bizutage à l'ensi. J'en réponds.
Benoît Paquin ? Oui, moi.
Nous avons quelques questions à vous poser.
Tout ça, il faut qu'elle nous le parle.
Chaque première année, on a.
On doit se tenir à sa disposition en permanence, exécuter tous ses ordres.
Que vous demandez-t-il ? De faire des pompes, de plier ses vêtements, et de
lire le journal, des fois.
Et vous acceptiez tout sans broncher ? C'est comme ça.
Tout le monde y passe.
L'année prochaine, c'est moi qui se reparle.
Monsieur Paquin, vous savez que le bizutage est interdit par la loi ? Mais
c'est pas du bizutage, c'est la tradition.
Et puis ça dure qu'un mois.
Bien, et si on la refuse cette tradition ? On devient NI, un non intégré.
On n'a pas accès au polycopier des cours, on est invité à aucune fête, puis
on ne figure pas dans la nuère à la sortie de l'école.
Ah, on est quand même privé d'un réseau indispensable à sa carrière.
Sur son dernier texto...
Envoyé à 23h43, Christophe vous a convoqué dans sa chambre au lieu de vous
aller. Ouais.
Qu'a-t-il exigé cette fois ? De faire des pompes pendant cinq minutes.
Puis il m'a renvoyé me coucher.
Il était seul ? Ouais. Et il vous a pas reconvoqué de la nuit ? Non.
Votre compagnon chambré peut-il confirmer ? Je suis seul dans ma
chambre.
Vous êtes heureux, Alain Sivre ? Bien sûr.
J'ai travaillé dur pour avoir le concours.
Pourtant, il semble que vous n'ayez pas beaucoup d'amis.
Ça viendra, c'est le début.
Excusez-moi, je ne savais pas que vous étiez là.
Je voulais savoir si ça allait.
Je repasserai.
Ah, monsieur Dallos.
Vous tombez à un point nommé. Si je puis dire, nous aimerions vous interroger et
aussi visiter la chambre.
De Christophe.
Allons-y.
La dernière chez Julien ? Non, c'est pas possible. Je dois réagir.
Vous êtes proche de Benoît Paquin ? La solidarité entre élèves ici, c'est
sacré. Ça doit lui faire chaud au cœur.
J'ai pas l'impression qu'il ait beaucoup d'amis.
Ça viendra.
Voilà.
C'est ici.
Vous étiez au courant des textos que Christophe envoyait à Benoît ? Oui.
Des blagues à son filial.
Il n'y a plus de rôle, hein ? Non ? De moins humiliant ? Ça ne vous choquait
pas, vous ?
Christophe, il jouait les durs, mais personne n'y croyait.
À part Benoît.
Ça ressemble quand même à du bisutage.
Non.
Le bisutage, c'est plus méchant que ça.
Ça n'existe pas à l'ensive.
Depuis trois mois, votre meilleur ami n'était plus avec Bénédicte Aulier.
C'est bizarre qu'il vous en ait pas parlé.
C'est pas possible.
C'est pas possible.
Il m'aurait prévenu.
Matin olympique.
Soupe vomissante.
Les bougies.
Soirée épicée.
La nuit des fiancées.
Soupe vomissante.
Mélanger le pâté pour chien.
Avec le tabasco, le chocolat en poudre, la sauce tomate, les abats et la
tequila.
Les bizutes, épuisés après une journée d'épreuve physique, consomment la
soupe. Chaque bizute en boira une louche.
Le suivant ingurgitera son vomi et ainsi de suite.
Toute personne qui refuse de boire la soupe deviendra aussitôt N.I.
Pas de bisutage à l'ensive, n'est-ce pas monsieur Dalloz ?
C'est un bouquin qu'on se passe de promo en promo.
Christophe avait été élu grand maître de l'intégration, c'est pour ça qu'il avait
le livre.
J'ai émis, c'est comme ça qu'on l'appelle entre nous, c'est une espèce
de délégué de classe.
Mais depuis que la loi est passée, on se contente d'organiser des fêtes, de
donner des ordres bisus.
Cette place de GMI, comme vous dites entre vous, doit être très convoitée,
non ? Enfin, le meilleur moyen de se faire des ennemis.
Non.
Non, GMI, c'est... un titre honorifique.
Christophe n'avait aucun pouvoir.
Monsieur Dallos, nous avons auditionné votre fils comme les autres. Ni plus ni
moins. Ni plus ni moins ? J'aimerais commandant que vous n'oubliez pas qui je
suis.
Monsieur le député, c'est précisément parce que je sais qui vous êtes que je
tente d'accélérer les choses.
Je suppose que vous voulez qu'on retrouve vite l'auteur des faits ?
Évidemment, quelle question ? Alors laissez-moi agir selon ma méthode. Vous
avez intérêt à me tenir au courant.
J'adore ta méthode.
Moi ce que j'aime moins, c'est que les élèves de l'ENSIF continuent leur
pratique barbare.
Parce que leur intégration, comme dit Benoît, ça ressemble à du bizutage bien
dégueu.
Voilà qui me paraît être, en effet, la seule vraie question.
Si tout cela existe bel et bien, cela expliquerait le malaise de Maxime Dallos
lorsque nous avons trouvé le livre du GMI.
En tout cas, il n'y a pas un des élèves qu'on a interrogé à l'INSIB qui s'est
plaint d'un dérapage quelconque.
Pourtant, ce qu'a décrit Benoît est bien réel.
C'est sans doute pour ça que les autres se tiennent à l'écart.
Les textos, il ne les a pas inventés.
Il y a de bonnes raisons d'en vouloir à Christophe.
Moi, je vais te dire comment je vois les choses.
Une fois de plus, Christophe abuse de son pouvoir sur son filleul.
Cette fois, il va trop loin.
Benoît a un sursaut de dignité.
Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu.
Ça ne tient pas debout, excuse-moi.
Le matin, il y a eu besoin de quelqu'un pour transporter le corps.
Je te rappelle que Benoît n'a pas beaucoup d'amis à l'école.
En tout cas, l'image d'un Christophe modèle en a pris un sacré coup.
Elle a raison, le fèvre.
Avec Benoît, c'était un vrai tyran.
Mais peut-être l'était-il aussi avec Bénédicte.
Le soir du meurtre, Christophe insiste tellement qu'une fois de plus, Bénédicte
le laisse rentrer.
Christophe la supplie, alors ils se réconcilient.
Peut-être même qu'ils ont couché ensemble.
N'oublions pas que Christophe a été rhabillé à la hâte.
Mais au lieu de ça, ils recommencent à se disputer.
Alors elle prend peur.
Elle connaît la violence de son compagnon.
Dans le fond, c'est peut-être un accident idiot.
Mais ce qui vaut pour Benoît vaut aussi pour Bénédicte. Elle aurait jamais pu
transporter le corps toute seule.
Oui, mais elle a peut-être un bon copain.
Ou un nouveau Jules. Ah ouais, un nouveau Jules.
Bon, on verra demain qui couche avec qui.
Je voudrais que Ligy passe au peigne fin les chambres de Christophe, de Benoît et
l'appartement de Bénédicte.
Sisko et Lefèvre, avant de vous étriper, retournez voir les élèves. J'aimerais
savoir ce qu'ils pensent de Benoît.
J'arrive.
Ah, pauvre Cisco.
Problème de couple, c'est jamais évident.
Surtout quand il y a un gosse au milieu.
Qui appartient à Alain et pas à Lou. Ouais.
Au moins, nous deux, on n'aurait pas ce problème.
Au moins, ça te dirait ce soir ? J'ai dîné avec moi, tête à tête.
Ah, pas ce soir, Jean-Louis. Je suis désolée, j'ai déjà quelque chose.
Ah bon ?
C'est quoi tu lignes avec ton mari ? Mon ex-mari.
Bon bah, amuse-toi bien.
Demain.
Et est-ce que tu te souviens de la tête du chasseur de loter quand il nous a vu
arriver nu comme des veines ? C'est vrai que comme bain de minuit, j'ai connu
plus réussi que de se faire piquer nos fringues.
Moi j'ai trouvé ça très très réussi.
Et je crois me rappeler que toi aussi.
S'il te plaît Antoine.
Écoute Jeanne, je sais que tu penses la même chose que moi sinon tu ne serais
pas là.
Ce divorce, c'est une vraie connerie.
Non, mais je suis pas là pour ça.
Je suis là pour Jean-Louis.
Jean-Louis ? Quel Jean-Louis ? C'est extrêmement banal comme prénom, les Jean
-Louis. Tu sais très bien, Scandella est un bon flic.
Il a vraiment besoin d'un coup de main.
Il n'a rien à voir avec cette affaire.
Comme ton frère bosse à l'IGS, il pourrait peut-être faire quelque chose
pour lui.
Mais dis-moi, Jeanne...
Tu veux aider Scandella parce que c'est un bon flic ou bien parce qu'il te
baisse bien ? Antoine, on n'en est plus là, toi et moi.
Je te demande juste si tu peux faire quelque chose ou pas.
Écoute, il n'y a aucun problème.
Ça dépend de toi.
J'avais oublié que t'étais aussi vulgaire.
En attendant, les parents de la victime sont rentrés de New York et ils campent
dans le bureau de mon ministre. Alors, bouge-toi les fesses, s'il te plaît. À
défaut de me les montrer.
Vulgaire, je savais, mais aigri, pas encore.
Je veux bien vous croire.
On a retrouvé le corps de votre petite amie à côté de chez vous.
Je vous assure qu'il n'est pas venu chez moi. On ne se voyait plus depuis la
rentrée.
Pourquoi vous l'avez quitté ? Parce qu'il s'occupait moins bien de vous ?
Parce qu'il était devenu GMI.
Pas à cause de ça, non.
Vous deviez vous fiancer et puis d'un seul coup, qu'est-ce qui s'est passé de
si grave ? Ce matin, notre procédurier nous a raconté quelques passages
croustillants de ce livre.
Avez-vous déjà entendu parler de la nuit des fiancés ? Eh bien, c'est un jeu
auquel s'amusent certains bizuteurs.
Et notamment Alain de Sive.
Oui, le bizuté demande à sa fiancée de venir à l'école pour son intégration.
Et donc je lis.
Le bizut entraînera la fille dans un endroit isolé, la fera boire, après il
prendra les vêtements et quittera la pièce.
La fiancée restera nue dans le noir.
Ils sont arrivés, ils avaient des masques.
Deux m'ont tenue pendant que les autres prenaient mes mensurations en faisant
des commentaires.
Ils ne m'ont pas jusqu'au viol.
C'est pas prévu dans l'élection de la pute officielle de la promo.
Pourquoi vous avez pas porté plainte ? J'ai voulu.
Mais Christophe m'en a empêché.
Et puis ils avaient des masques, j'aurais pas pu les identifier.
Je serais passée pour une mythomane.
Et puis si l'affaire avait éclaté, Christophe serait devenu Annie et il n
'aurait eu aucune chance d'affaire carrière.
Le traîniste de leur terreur, Christophe et Maxime ? Justement, Maxime Dallos.
Puisque vous en parlez, il a réagi comment ? Mal.
Presque plus que moi encore.
Mais malgré toute cette horreur, pourquoi vous n'avez pas quitté
Christophe ? Il était mal lui aussi.
Alors Maxime lui a proposé de faire une promesse. Ils se sont jurés tous les
deux de tout faire l'année suivante pour empêcher ce genre de choses.
Alors je suis restée avec Christophe.
Moi je voulais plus qu'il me touche.
Et pourquoi vous avez cassé ?
Parce que Christophe n'a pas tenu sa promesse.
Une fois qu'il a été élu GMI, il est devenu un monstre comme les autres.
Il faut savoir s'il y a eu d'autres affaires identiques à Nancy.
Dis-moi, la petite, tu la mets pas en garde à vue ? C'est le principal suspect
et en plus, elle est immobile.
Mais laisse-moi faire, tu veux ? Chacun ses méthodes.
D'accord, bonjour l'humeur.
T'as-tu réussi le dîner avec ton ex ? Non, lâche-moi avec mon ex. Cette soirée
a été un calvaire, elle m'en rajoute pas une couche.
Je lui curse la tête ? Oui ? Commandant, c'est le Fèvre.
On est à l'Ainsive, on a un gros problème.
Benoît Paquin joue les filles de l'air sur le toit de l'école.
Très bien, on arrive tout de suite. Ok, à tout de suite.
C'est le Fèvre, elle est à l'Ainsive.
Benoît Paquin est en train de faire une grosse connerie.
Laissez-moi.
Laissez-moi, je me balance.
Ok, Benoît.
Je te laisse, mais... Descends. Allez.
Descends de là.
J'en peux plus.
J'en peux plus.
Moi non plus, j'en peux plus, tu sais.
Je te raconte pas tout, mais j'ai une vie en ce moment.
C'est pas facile, facile.
Pas de là à me balancer du toit, tu vois ? Et puis si je me loupe, hein ?
Je sais pas toi, Benoît, mais là, moi, je commence à avoir la trouille.
Allez, Benoît.
Je viens te chercher.
Bouge pas.
Je monte vers toi.
Je te prends la main.
Ça va aller maintenant.
Faut me parler maintenant, Benoît.
Pourquoi tu fais ça ? C'est parce que les autres t'accusent d'avoir tué
Christophe, c'est ça ? Bon, je vais t'amener chez nous, c'est pas très gai
là-bas, je te préviens, mais il me semble qu'ici, ça n'est pas tellement
non plus pour toi.
Je n'étais pas au courant.
J'ignorais qu'ils allaient aussi loin. Je pensais qu'ils respectaient les
traditions, c'est tout.
Benoît Paquin, vous n'avez rien vu ? Pourtant, un gamin exclu d'un groupe, ça
se voit, non ? Et les soirées fiancées, Christophe Meurice qui terrifiait son
filleul, là non plus, pas au courant.
C'est-à-dire ? C'est-à-dire que vous allez être poursuivi et sans doute
condamné pour avoir laissé pratiquer le bizutage dans votre établissement.
Cette loi a été votée par des gens qui n'ont aucune idée de nos grandes écoles.
ou qui l'ont oublié. Qu'est-ce que vous croyez ? 95% de nos élèves acceptent le
bizutage parce qu'ils savent que c'est le ciment de leur avenir.
Et bien voilà, vous admettez.
Je n'ai rien dit de tel. Je vous parle de rite initiatique, pas de comportement
barbare. Et les jeunes filles malmenées dans vos caves, traumatisées à vie, vous
les classez dans quelle catégorie ? C'est de la pure calomnie.
Oui, mais ce sera au procureur d'en décider.
En attendant, vous nous suivez.
S'il vous plaît.
On a les résultats des prélèvements.
Les particules de laine relevées sur la nuque de Christophe reviennent du taffy
de sa chambre.
C'est donc là qu'il a été tué.
Chambre dans laquelle vous avez subi toutes vos humiliations, chambre dans
laquelle vous étiez à l'heure du crime, n'est-ce pas, M. Paquin ? C'est de ma
faute. J'aurais jamais dû aller voir le directeur.
Pourquoi ? Vous êtes allé voir le directeur pour vous plaindre des mauvais
traitements que vous subissiez ? Oui, ça a été mon erreur.
Il a été le premier à me rejeter.
Il a prévenu Christophe.
Ça a été pire. C'est après que je suis devenu ami.
Tout ce que vous nous racontez peut justifier, si je puis dire, votre acte.
Nous sommes persuadés que vous avez agi sous le coup de la colère.
Colère bien compréhensible.
Seulement tout seul, vous étiez incapable de transporter le cadavre.
Alors nous, on aimerait bien savoir qui vous a aidé.
Personne. Quand je suis sorti de la chambre, il était vivant. Demandez à
Maxime.
Maxime était donc dans la chambre avec vous.
Tu vas nous balader encore longtemps ? Si Maxime était là, tu l'aurais dit
depuis le début, non ? Il y était.
Quand vous êtes sortis de la chambre, Maxime est-il sorti avec vous ?
Bon.
C'est bon, ça va maintenant.
Tu veux dire la vérité, hein ? C'est Maxime qui t'a aidé à sortir de corps ?
Le lendemain du meurtre, commande.
Maxime est venu dans votre chambre.
Vous a-t-il dit ? Qu'il savait que j'étais venu dans la chambre, mais qu'il
ne dirait rien.
En échange, moi j'ai promis de ne pas dire qu'il était là.
Sinon, il m'aurait accusé du meurtre.
Et lui, on l'aurait cru.
En vous accusant, Maxime signalait sa présence sur les lieux du crime.
Il signait du même coup ses aveux.
En toute complicité, vous le saviez pertinemment. Alors pourquoi n'avez-vous
rien dit ?
Il m'a promis qu'il se débrouillerait pour que je sois plus ennemi.
Avec la mise en garde du diarlo, les langues se sont déliées.
Christophe terrorisait tout le monde.
Personne n'osait rien dire parce qu'il était protégé par le directeur.
C'est un peu facile maintenant qu'il est mort.
En plus, il n'y en a pas un qui l'a ouvert.
Alors qu'ils ont tous participé à ces saloperies.
Le courage, voyez-vous, n'est pas la vertu principale des hommes bien-nés.
Surtout si dès son plus jeune âge, on subit une pression sociale et scolaire
qui finit par étouffer.
Je ne sais pas pourquoi, mais je l'ai plein moins que les autres. Eh bien,
vous avez tort. La souffrance ignore les classes sociales.
Benoît avait un bon mobile pour tuer Christophe.
Mais il n'a pas pu le faire tout seul. Et je me demande pourquoi Maxime Dallos
aurait accepté de l'aider.
En fait, on a aussi appris que Maxime et Christophe s'étaient battus pour la
place de GMI.
Christophe a émené une campagne bon enfant, tandis que Maxime, lui, s'était
transformé en véritable animal politique, obsédé par l'idée de gagner.
Christophe l'a remporté d'une faible majorité, donc Maxime l'a très mal pris.
Il se serait disputé en public.
Ils se sont réconciliés quelques jours plus tard.
On va revoir Maxime Dallos.
Si Benoît et lui sont complices, je veux savoir pourquoi et qui a fait quoi.
Oui ? Allô, Jeanne ? Oui, Antoine.
Mais t'es malade ou quoi ? Qu'est-ce qui t'a pris de mettre le directeur de l
'INSIV en garde à vue ? Maintenant j'ai le député Dallos sur le dos. Les parents
de la victime, sans parler des ministres. Bien entendu ! Ecoute
Antoine, le directeur était au courant de tout. J'allais pas laisser cette
ordure en liberté.
Mais enfin il a tué personne que je sache.
Ecoute, je m'y oppose formellement, je te demande de le relâcher. Il savait
pour Benoît, il l'a laissé faire.
C'est de l'incitation au crime.
Rien que pour ça je peux l'envoyer aux assises.
Mais si monsieur le procureur en décide autrement... Fais attention Jeanne.
Je te préviens, tu joues avec le feu.
C'est une menace ? Pas encore non.
Tu peux me dire pourquoi ce con a accepté que je l'épouse ? Parce que
justement, lui, il était pas si con.
Vu son comportement, j'en doute.
Il a la rage.
Je le comprends.
Perdre une femme comme toi...
Monsieur
Dallos ?
Si vous ne parliez de cette dispute avec votre ami, Christophe Meurice.
Non, c'est pas disputé.
Je voulais être élu, j'ai aimé. Christophe le savait, il s'est présenté
quand même en étant sûr d'être élu.
J'ai pas aimé son attitude, mais on s'est très vite réconcilié. Après tout,
c'était juste une élection de délégué de classe.
Ne soyez pas modeste, monsieur Dallos.
Organisez le visitage de toute une promotion.
Ce n'est tout de même pas rien.
Décidez qui sera exclu, humilié, abandonné.
nu, place de la Bastille à 4h du matin, décider quel petit ami sera le jouet de
tous, décidément, M. Dalloz, c'est un sacré pouvoir.
Vous n'y êtes pas du tout.
Ah oui ? En parlant de ça, vous étiez où, vous, le soir du meurtre de
Christophe Meurice ? Je vous l'ai dit, au QG de campagne de mon père. Ah oui ?
Voyez-vous, vous nous avez dit tellement de choses et tu tant d'autres que nous
sommes devenus méfiants.
Vous n'étiez pas dans la chambre de Christophe, donc.
J'ai aidé mon père et j'ai dormi chez mes parents.
Attends, vous avez Alain de Sive.
Je peux savoir qui vous a dit cette énormité ? À votre avis ? Mais c'est
ridicule ! J'aurais tué Christophe pour une histoire d'élection ? C'est un
mobile, ça ? Si ça, c'est pas un mobile, vous en avez peut-être un autre.
Non.
A quoi vous pensez, Sisko ? Au fait que Bénédicte Ollier vous a dit que...
Maxime a souffert du bijoutage tant qu'elle.
C'est vrai, Maxime voulait être JMI, mais pour mettre fin à ses pratiques.
C'était même plus une promesse.
Promesse que Christophe n'a pas tenue, puisqu'il est devenu un monstre.
Pire que son prédécesseur. C'est peut-être pour ça qu'il l'a tué.
Mais n'est-ce pas assez de ses pratiques de barbare ? Effectivement, ce mobile
devient plus sérieux.
Il reste que Maxime ne dira rien, que le témoignage de Benoît s'effondrera.
de lui-même au tribunal, au vu de sa fragilité psychologique.
Je vous rappelle que Dallos a un alibi que son père a confirmé.
La parole d'un député... C'est vrai qu'il n'y a que son père qui l'a vu
rentrer cette nuit-là.
Sa mère a dit qu'elle dormait. Tu veux dire qu'il aurait couvert son fils ? La
réunion de campagne électorale se termine à 23h.
Maxime rentre à l'ENSI pour tuer Christophe.
Et comme la maison de Dallos n'est pas loin, il a très bien pu faire un crochet
par chez lui pour demander de l'aide à son père.
Couvrir le meurtre de son fils serait alors le seul moyen de protéger sa
carrière, qui plus est en période électorale.
On va confronter le père et le fils d'Alos.
Qu'est-ce que c'est que ce tissu d'absurdité ? Mon fils aurait tué son
meilleur ami.
Croyez-moi, dès la fin de cette lamentable affaire, vous entendrez
parler de moi.
Savez-vous ce que Bénédicte Ollier a subi pendant le bizutage de Christophe ?
Je sais qu'il s'est passé quelque chose.
Quoi précisément ? J'ai jamais demandé les détails.
Pourtant, Bénédicte prétend qu'avec Christophe, vous vous êtes juré que ce
genre d'horreur ne se reproduirait pas l'année suivante. Elle parle même d'une
promesse. Ce serait une promesse qui vous aurait aidé à tenir, à supporter
les souffrances de votre intégration.
Allons, Maxime, explique-toi.
C'est vrai, on s'est fait cette promesse, mais... Ça n'a aucun rapport
avec la mort de Christophe.
Vous allez accuser mon fils parce qu'il a fait une promesse avec deux amis ? Et
vous, Maxime, comment vous avez vécu votre propre visitage ? Comme tout le
monde. Je vous somme d'arrêter cette mascarade. Tous les étudiants ne sont
pas forcément victimes de sévices sexuels. Tous les étudiants ne sont pas
systématiquement abandonnés, dévêtus dans une forêt à 2h du matin.
Il s'agit pour le moins d'expérience.
Exceptionnel. Maxime, ne te laisse pas intimider.
C'est pas comme ça.
En vrai, c'est moins violent. Alors pourquoi vous êtes juré de mettre fin à
ces pratiques barbares ? Hein ? Pourquoi ?
Bien, à partir de maintenant, nous allons entendre Maxime,
mais seul.
Monsieur le député, s'il vous plaît.
Maxime, ils n'ont rien contre toi.
Sache-le.
Je vous en prie.
Tous les ans, un bizuté craque.
Vous en avez passé, c'était vous.
Vous auriez souhaité en parler à votre père, mais... Il était la dernière
personne à pouvoir vous comprendre.
Plus que d'être ennemi, vous redoutiez surtout d'être rejeté par l'homme que
vous admirez le plus au monde.
Quand Christophe vous a raconté que Bénédicte s'était quasiment fait violer,
vous vous êtes raccroché à eux.
C'est grâce à eux que vous avez réussi à tenir.
Sans cette promesse et vos deux amis, vous auriez sûrement quitté l'école.
Cette année, lors de l'élection du GMI, vous souhaitiez que Christophe fasse
campagne pour vous.
Il était plus populaire que vous, il s'est présenté, il a gagné, c'est la
raison pour laquelle...
Vous vous êtes disputé.
Une fois élu, Christophe s'est épanoui. Dans son rôle de tortionnaire, vous avez
essayé de lui parler plusieurs fois, mais il n'a rien voulu entendre.
Voir votre compagnon de chagrin prendre autant de plaisir à torturer, vous était
insupportable.
Christophe était devenu un tyran.
Ça vous a rendu dingue, alors vous avez essayé de lui dire.
Encore une fois.
Mais il n'a rien voulu entendre.
Alors vous vous êtes emporté.
Quand je l'ai vu prendre du plaisir à humilier Benoît, je me suis revu l'année
dernière en face de mon parrain.
Et je me suis mis à le haïr.
À le haïr vraiment.
Je lui ai demandé d'arrêter, c'est insupportable.
Finalement, il a laissé partir Benoît.
En l'insultant.
Quand Benoît est parti, je lui ai rappelé notre promesse.
Il s'en foutait.
Il m'a parlé de la nuit des fiancées.
Il se demandait si les visuels avaient de jolies copies.
Il voulait juste qu'il se taise.
Peut le tuer, jusqu'il se taise enfin.
Je ne comprends pas.
Je ne vais pas avoir en compte votre jeunesse et ce que vous avez subi.
Moi, ça ne compte pas.
Mais lui, maintenant, il sait que son fils est un faible.
Vous confirmez la présence de Maxime à votre domicile le soir du meurtre ? Nous
sommes rentrés ensemble chez le maintien.
Mais...
Mon fils a pu ressortir sans que je m'en aperçoive.
Je ne l'aurais pas cru capable de tuer quelqu'un.
Comme quoi on connaît toujours mal ses enfants.
Il n'a pas pu transporter le cadavre sous sol.
Et vous savez très bien qui l'a aidé.
Vous, monsieur le député.
Vous avez rhabillé Christophe à la hâte.
Puis vous l'avez porté jusqu'à un véhicule.
pour l'emmener à Montreuil.
Personne ne m'a aidé à transporter le corps. J'étais seul.
Aux assises, le légiste témoignera en sa qualité d'expert.
Il prouvera que vous étiez deux.
Arrêtez de protéger votre père.
Il ne se ressentira pas.
Mon père n'y est pour rien.
J'étais tout seul.
C'était un accident, Maxime.
Un accident.
Sois courageux.
Alors, on le laisse partir comme ça ? On n'a rien contre lui ? On est sûr qu'il
était avec son fils.
La conviction d'un flic contre la parole d'un député ? Sans doute.
Mais comptez sur l'intime conviction des jurés.
M. Dallos a gagné du temps, certes, mais pour ma part, je suis persuadé qu'il a
déjà perdu la partie.
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