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Monsieur Delis ? Monsieur Delis ? Non !
Chère Dilys, 52 ans, l'une de nos toques les plus médaillées et les plus
médiatisées. Elle est aussi l'une des rares cotées en bourse. J'ai vu un
reportage sur lui à la télé.
Précisément, Dilys dirigeait une véritable entreprise gastronomique, ne
négligeant qu'un secteur, du restaurant de luxe à la barquette surgelée.
Qui a découvert le corps ? Un commis, à 4h du mat.
Il a appelé l'épouse, Mme Dilys, qui travaillait encore dans son bureau.
C'est elle qui a eu sa mue.
Mais bon, c'était déjà trop tard.
Viens !
Pas de blessures apparentes, pas de traces de lutte, de violence, de
défense. Les yeux révulsés, le visage sianosé. Il est supposé une mort, je
dirais, par empoisonnement. Voilà.
Le substitut est aux raisons de nous confier cette affaire.
Il est allé où, son épouse ? À l'hosto, en état de choc.
Le médecin lui a filé des calements, il l'a hospitalisé pour la nuit.
Eh ben, mourir empoisonné pour un fisto, franchement, non ?
Il est mort vers 3h du matin, empoisonné à la monocine. Poison végétal, soluble
et inodore, utilisé habituellement comme désherbant. Un herbicide, mais encore.
Vu la concentration du produit dans le sang, quelques gouttes auraient suffi à
désherber le parc des princes, alors un cuistot.
La monocine agit 5 ou 6 heures après absorption, et a tué votre vatel.
En somme, selon toute logique, notre victime aurait ingéré le poison au cours
de son dernier repas. Oui, composé d'écrevisse et de poisson.
Je vous ai connu plus prolixe, Salinas.
La dernière fois que j'ai vu le bonhomme, il m'a amené une addition qui
m'est un peu restée sur l'estomac.
Excusez-moi, j'ai une rousse sur le feu.
Qu'est-ce qui se passe ? Est-ce qu'on va reprendre notre service ce soir ? Nous
autres, on veut savoir.
Parce que le restaurant sans M. Dillis, on va fermer, c'est ça ? On vous tiendra
au courant, ne vous en faites pas.
Pour le moment, vous allez répondre à nos questions.
Où se trouve Mme Dillis ? Mme Dillis est dans son bureau.
Suivez-moi, s'il vous plaît.
C'est bien un meurtre.
Le téléphone n'a pas arrêté de sonner depuis ce matin.
Mme Dillis est très courageuse.
Mais tout de même, on pourrait la laisser tranquille.
Et non.
Par ici.
Naturellement, nous organisons une assemblée générale.
Oui, je comprends les actionnaires.
Non, je vous remercie, je n'ai besoin de rien.
Au revoir.
Pourquoi Georges vous a laissé entrer ? J'ai dit que je ne voulais voir
personne. Commandant Roussel et le marchand, brigade criminelle. On doit
vous parler, madame Dillis.
Je ne comprends pas.
Votre mari n'est pas mort d'une crise cardiaque.
Nous sommes désarmés certains qu'il a été empoisonné.
Vous voulez qu'on vous apporte un verre d'eau ? Merci.
Madame Dilys, que faisiez-vous hier avec votre époux ?
J'ai travaillé à mon bureau.
Gérard, lui, est resté en cuisine toute la journée, jusqu'à notre dîner.
Votre dîner ? Oui.
Nous avions invité ici deux amis à dîner.
Vers quelle heure êtes-vous passés à table ? Vers 20h30.
Nos invités sont repartis vers 22h30.
Et pouvez-vous nous préciser le nom de vos amis ? Auguste Cassard et
Julien Lommel, son assistant.
Et vous êtes restés jusqu'à la fin du service ? Les derniers clients sont
partis vers 1h du matin.
Après, comme d'habitude, je suis allée travailler à mon bureau.
Un restaurant, c'est aussi beaucoup de paperasse.
Et votre mari ? Gérard, lui, est resté en cuisine.
Il voulait tester une nouvelle sauce.
Vers 4h du matin, je m'étais assoupie.
Mon commis est venu me trouver.
Il avait découvert Gérard par terre, dans la cuisine.
J'ai cru que c'était de cœur.
Madame Dilys,
Pardonnez la brutalité de ma question, mais nous devons savoir... Vous vous
entendiez bien avec votre mari ?
On avait 18 ans quand
on s'est rencontrés à l'école hôtelière.
On ne s'est jamais quittés depuis.
Tout ce qu'on a fait, on l'a fait ensemble.
Excusez-moi.
Je vous en prie.
Merci.
Mais qui a pu faire une horreur pareille ? C'est ce qu'on va essayer de savoir.
Pour commencer, on va perquisitionner ici. Je vous demanderai de rester tous à
notre disposition.
Pourquoi ? Vous ne croyez quand même pas ? On ne croit rien, monsieur.
On cherche.
C'est tout.
Et pour ça, j'ai besoin de votre aide.
De votre aide.
À tous.
C'est un or ? Qui s'occupe de toi, l'IGS ? Le mec qui va me bichonner aux petits
oignons. Cette circonstance ? Un certain Magui.
Vise la race qui paraît.
À quelle heure est-ce que vous avez servi, monsieur Dillis ? 20h30.
Pardon ?
20h30, monsieur.
Tu veux venir dîner à la maison ce soir ? Ça te changera les idées. T'es
adorable, mais je ne suis pas au top de ma forme, là.
La raison de plus, c'est que vous ne restez pas tout seul.
Ok, d'accord.
Qui a eu accès au plat de votre mari ? C'est forcément quelqu'un de chez nous.
Les clients n'entrent pas en cuisine.
Mais c'est impossible, on les connaît tous.
Nos collègues.
sous charge de votre personnel.
Cela étant, qui assure le suivi des plats en sortie de cuisine ? Le maître d
'hôtel, ma fille, Virginie. C'est elle qui contrôle la salle.
Et aux cuisines, j'imagine que c'est plus compliqué ? Oui.
Les plats passent entre plusieurs mains.
Mais c'est surtout Pierre Boutillon, le second de mon mari, qui est responsable
de chaque assiette.
Votre mari, est-ce qu'il s'entendait bien avec son second ? Il l'avait
choisi. Mais c'est vrai que ces derniers temps, il doutait un peu de sa capacité
à tenir une cuisine comme celle de l'Écule de France.
Pierre a du mal à se faire respecter.
Ma fille Virginie l'avait remarqué aussi.
Maman ! Doucement, doucement ma chérie.
Je suis là mon ange.
C'est qui eux ? Qu'est-ce qu'ils veulent ? C'est la police ma chérie.
Ils sont là.
Ma chérie.
Ils sont là parce que... Ton père... n'est pas mort d'une crise cardiaque.
Il a été... emposonné.
Sortez.
Sortez !
On va interroger Boutillon, deux secondes d'hélice.
Ah bah tu vas adorer ça, te faire les secondes, c'est un peu ta spécialité,
non ? T'as pas idée ce que ça m'excite.
Ah ouais ? Pardon.
Merci. Repris.
Gérard était très exigeant.
Avec lui, il fallait tout le temps faire ses preuves.
Alors la pression, plus les horaires de dingue, il trouvait que ma cuisine s'en
ressentait. Mais monsieur Boutillon, il n'y avait pas aussi un problème d
'autorité ? C'est pas facile de tenir une cuisine, surtout à deux.
Gérard, il débarquait en plein service, il reprenait les rênes, comme si j'étais
pas là.
Il se rendait pas compte que ça perturbait toutes les brigades.
Dites-moi, hier soir, c'est vous qui avez préparé l'assiette du chef ? Ni la
sienne, ni aucune.
C'est pas mon boulot.
Un chef, ça supervise, ça surveille, ça goûte.
Par contre, oui, j'ai bien goûté son assiette.
Mais je suis toujours là.
Si vous êtes le dernier à goûter les plats, vous étiez aussi le mieux placé
pour empoisonner l'assiette de M. Gérard Delis, non ? Bien sûr.
Même s'il pourrait être le premier à l'accuser.
Vous savez qui dînait à la table de Delis, hier soir ? Cassard.
Le patron du guide de la France gastronomique.
C'est pour ça d'ailleurs que Gérard faisait la gueule.
Ah oui ? Et pourquoi ? Monsieur Gassard est l'auteur du GFG. Comme l'appellent
les initiés, une véritable bible pour les gastronomes.
Gassard c'est le pape.
Il canonise ou il répudie d'un simple article.
Chaque année, la parution de la nouvelle édition de Sanguine met la cuisine
française en transe.
D'ailleurs, il doit sortir dans un mois.
Excusez-moi, fournisseur.
Il n'est pas vraiment une tête de coupable.
Ah bon ? Parce que pour toi, ça ressemble à quoi une tête de coupable ?
Je ne sais pas.
Un grand gaillard, avec un petit bouc et un aranfrenier.
Ça, c'est une belle tête de coupable.
Et vous, c'est quoi exactement votre rôle ici ? Je dois veiller à
ce que tout se passe bien. Oh bon.
Je dois passer en salle pour répondre aux questions des clients et aussi je
jette un oeil sur le service.
Une espèce de chef d'orchestre en quelque sorte.
Un peu, oui.
Vous savez, ici on a presque plus de personnel que de clients.
Il y a deux serveurs par table, plus le sommelier.
C'est ici qu'arrivent les assiettes pour le service.
C'est un des marmitons ou le chef qui les pose sur le passe-plat.
Ensuite, les serveurs en portent en salle.
Qui s'occupait de la table de vos parents hier soir ? C'est Georges.
Il est chez nous depuis dix ans.
Ils ont pris tous les quatre la même entrée, velouté de crevice, pâte rouge,
deux barres grillées sur peau, caramel d'épices et d'asperges, un turbo braisé
au champagne, marinière de légumes, et pour M. Cassard, une aiguillette de
Saint-Pierre au mou de raisin et févette.
Et tout s'est bien passé ? Oh, comme d'habitude, le chef n'arrêtait pas d
'aller et venir entre la cuisine et la salle. C'est Mme Dilys que vous avez la
conversation. De quoi est-ce qu'il parlait ? Je n'ai pas l'habitude d
'écouter la conversation des clients, et encore moins celle de mes patrons.
Mais sans rentrer dans le détail, vous pouvez quand même nous dire comment
était l'ambiance.
Chaudes, froides. Disons que l'ambiance n'était pas très détendue.
Pas très détendue ? Au point qu'il aurait pu se passer quelque chose de
particulier ? C'est ça ? À un moment, Mme Dillis a quitté la table.
Je l'ai croisée près du bar, elle m'a presque bousculé.
Elle était dans quel état ? Je crois qu'elle pleurait. Elle s'est enfermée
cinq minutes dans son bureau et puis elle est allée retrouver les autres.
Et pendant ce temps-là, M.
Dillis est resté avec eux deux à table ou il les a laissés seuls ?
Je pense qu'il était avec eux, mais je n'en suis pas très sûr.
Quand Mme Dilly s'est revenue, il s'est passé quoi ? La tension a monté d'un
cran, alors personne n'a pris ni fromage ni dessert.
M. Cassard et son assistant se sont levés et sont partis. Il devait être
22h30.
Merci.
Merci. On y va.
En fait, c'est qui, t'ont-ils de l'IGS ? Maggie, tu connais ? Ah oui.
D'accord, tu connais. J'en ai entendu parler.
Une sorte de pitbull croisée avec un dog.
Merci, sympa de me rassurer.
Attends, il va trouver quoi si t'as rien fait ? Comment ça si j'ai rien fait ? J
'ai rien fait, d'accord ? Ok, Jean-Louis, temps mort ! Attends... Dis
donc, tu ferais mieux de... Faut juste un peu, quoi, parce qu'elle va finir par
le prendre mal.
Et t'as raison, je suis mort de peur.
Tiens, au fait, ce soir, je viens dîner chez vous.
Ah bon ? Tu veux que j'apporte un truc ? Non, rien, j'ai tout prévu.
Dis donc, entre les deux potes qui squattent à la maison, plus celui qui t
'invite à dîner ce soir, tu crois pas qu'on affiche complet ? Oh, écoute... On
a tout le temps de se voir, tous les deux.
Et puis, pour éviter que notre couple tombe dans la routine... Tu dédiques une
petite partouze ? Tu vois, c'est ça qui est génial entre nous.
On n'a pas besoin de se parler, on se comprend à merveille.
Sandwich au pain de mie, mou.
Dans sa gaine, le plastique.
sonne l'heure du retour à la triste, morne, pleine gastronomique de l
'amicale. Bon appétit, chers amis.
Tu vois, Jean-Louis, Boutillon n'a peut-être pas la tête d'un coupable.
Mais en revanche, il en a les mobiles.
Éternel second, humilié par un patron tyrannique. Qui n'a pas été assez
stupide pour signer son crime.
C'est le coupable tout désigné. À moins que ce soit un pervers.
Son crime est tellement évident qu'il en devient impossible. On a déjà vu ça.
Moi, je me regarde sur la monocine. Le problème, c'est qu'on en trouve dans
tous les herbicides vendus chez les fleuristes et aussi en grande surface.
Donc, avant que j'en ai fait le tour... Courage, Chisco. Je suis sûre que vous
avez la main verte.
Moi, c'est la veuve qui me titille.
Son mari se fait buter, puis le lendemain matin, elle fait ses comptes.
Genre romantique. J'ai connu mieux, hein.
On va vérifier les casiers des employés.
Et puis, je voudrais qu'on aille voir le patron du guide, Kassar. C'est pas net,
cette histoire de repas. Excusez-moi.
Je ne suis pas certain d'arriver au bon moment, mais je ne suis pas certain non
plus qu'il y en ait un jour un meilleur.
Magui, IGS.
Et vous deux, vous allez voir Kassar ? Nous, on reste ici. On a du boulot.
Commandant, je crois que c'est avec vous que j'ai rendez-vous.
Vous connaissez la maison mieux que moi, je vous suis.
Et voilà.
J'aurais préféré vous entendre ailleurs.
Enfin, comme toutes les salles sont occupées.
Je vous en prie, asseyez-vous.
En même temps, il paraît que quand on connaît le terrain, c'est à l'avantage,
non ? Dites donc, là, Serviero, vous le connaissez, nous ?
C'est un de mes anciens indics.
Qu'est-ce que vous savez sur lui ? Ce qui est marqué dans son casier.
C'est beau ça.
Un flic qui donne pas son indique.
Respect, commandant.
Pourquoi il vous a appelé la veille de son coup ? Pour me donner de ses
nouvelles.
Bon écoutez, c'est grotesque, j'ai rien à voir là-dedans.
Et puis franchement, il faudrait être sacrément con pour risquer de foutre sa
carrière en l'air avec un baltrain comme Cervero.
Ça je vous le fais pas dire.
C'est vrai que Cervero, c'est un petit indique minable.
Il n'a pas les épaules pour faire un coup pareil.
Alors qu'un flic de votre genre...
Puisque je vous dis que j'ai rien à voir avec lui.
Cervero, c'était mon indique, pas mon pote et encore moins mon complice.
D'accord ? D'accord.
C'est la deuxième fois que vous avez affaire à nous, non ? Ça n'a rien à
voir. C'est pour une histoire de légitime défense.
Vous pouvez les lire ? Vous savez lire ? C'est écrit noir sur blanc par vos
collègues. J'ai été blanchi.
C'est-à-dire ? Première affaire avec l'IGS, ça peut être un accident.
OK.
Deuxième, c'est presque une habitude.
Et je trouve pas ça terrible quand on est chef de groupe et qu'on prétend leur
devenir.
Autant que je vous le dise moi-même avant que d'autres s'en chargent, Gérard
allait perdre sa médaille d'or au GFG.
Sa femme, Florence, m'a appelé pour en parler.
C'est chaque année pareil, il y a des fuites. Et les perdants demandent des
comptes.
Je cède rarement, mais j'ai beaucoup d'affection pour Florence.
Je ne pouvais pas lui refuser cette explication.
Pourquoi vouliez-vous être regardé d'Ilysse ? Il y a douze ans, c'était un
génie. Mais sa boulimie de notoriété l'a éloigné des fourneaux.
Il n'était plus le meilleur.
Il eût été injuste qu'il en conserve le titre.
Dans le milieu, tout le monde s'accordait pour dire que sa cuisine
était devenue moins inventive.
Certes, la perte d'une médaille peut avoir des conséquences catastrophiques,
mais même pour des amis, je ne peux pas aller contre mes convictions profondes.
D'ailleurs, Mme Dillis n'était pas dupe.
Elle savait que le désir d'expansion de son mari était néfaste à l'écu de
France. Elle était plutôt contre.
M. Lemel vous accompagne toujours votre patron dans ce genre de corvée ?
Je n'emploie pas Julien.
J'essaie de lui transmettre une expérience que des années de pratique m
'ont permis d'acquérir.
La grande cuisine a besoin de grands critiques.
Et ce jeune homme est le meilleur que j'ai rencontré.
Bon, mais moi j'ai besoin de savoir comment ça s'est passé hier soir.
Comment était Dilys avec vous ? Il était à la limite de la politesse.
Il passait son temps en cuisine au point que sa femme ne savait plus où se
mettre.
À un moment, Florence est venue me parler.
Ou plutôt, me supplier de leur laisser la médaille.
Mais j'ai à nouveau refusé.
C'est à ce moment-là que Mme Dillis a quitté la table ? Oui.
Elle s'est levée et est revenue cinq minutes après, les yeux rouges.
Je n'aurais jamais dû accepter cette invitation.
Souviens-toi quand tu seras à ma place.
Oui.
Non, mais j'ai déjà accepté ce dîner.
La société de l'ISSA est endettée au-delà du raisonnable, sans parler de
ses difficultés à boucler son budget.
Dans un tel contexte, la perte d'une médaille d'or est synonyme de faillite
assurée.
Madame Dilys vient d'être élu PDG. Elle a déjà publié un communiqué pour
annoncer qu'elle mettait en vente les restaurants de Hong Kong et de Tokyo.
Ça rejoint ce qu'a dit l'assistant de Cassar.
Madame Dilys trouvait que son mari voyait trop grand. Et là, elle vend.
Voilà qui nous permettrait d'échafauder un mobile pour Madame Dilys.
Et oui, un tel changement de statut n'aurait certainement pas plu à son
mari, lui dont le délire expansionniste était connu de tous.
Et d'après le personnel, l'après-midi avant sa mort, Dilys aurait reçu un coup
de fil de sa femme qui l'avait mis d'une humeur de chien. Quand elle est rentrée
vers 20h, ils se sont enfermés dans le bureau, ce qui n'a pas empêché les
employés de les entendre se disputer.
Si elle en avait eu marre des idées de grandeur de son mari, elle a peut-être
décidé de passer à l'acte.
Pendant le dîner avec Kassar, il ne faut quand même pas oublier qu'elle est
sortie de table.
Le serveur, Georges, il la croise près du bar, il voit qu'elle est bouleversée.
Pas à cause de ce qui vient de se passer, mais plutôt à cause de ce qu
'elle prépare.
Elle connaissait le menu de son mari.
De l'autre côté, Dilys s'en est pris violemment à boutillons ce soir-là.
Des marmitons en cuisine ont même raconté qu'il avait jeté une assiette en
disant que c'était de la merde.
Des chefs qui passent leur nerf sur leur second, c'est un classique en cuisine.
Et d'après les employés du restaurant...
Dilys n'avait jamais été aussi loin.
Ah ouais, Boutillon a pu péter un câble à force de tout se piller.
Si on ajoute à ça la pression et la trouille d'être viré... Non mais
Boutillon a sans doute rêvé cent fois de le tuer, enfin de là à passer à l'acte.
Surtout de cette façon quand même, qui demande une certaine préparation.
Bah attends, les humiliations permanentes, la pression, ça rend pas
les idées claires.
C'est tout ça qui a pu le rendre dingue. Ouais, c'est vrai qu'on peut en vouloir
à quelqu'un pour moins que ça.
Qui l'y tue ? Mais à toi Jean-Louis.
Le problème, voyez-vous, est que Boutillon semble faire preuve d'un grand
sens des responsabilités.
Quoi qu'il en soit, on ne peut pas négliger cette piste.
Oui, tant qu'il n'y avait personne, du marmiton à Mme Dillis, n'a de casier
judiciaire ni d'antécédent psychiatrique.
C'est vrai que ce soir-là, il a quand même été particulièrement pénible.
Il m'a même refusé une assiette, comme un apprenti.
Il m'a tellement gonflé que j'ai failli le planter là en plein service.
Mais bon, Didi, c'était quand même un vrai chef.
Et moi, les règles du métier, je les connais.
Dites-moi, M. Boutillon, il doit falloir sacrément prendre sur soi pour supporter
les brimades d'un patron dont on fait tourner le restaurant pendant que lui
-même en tire toute la gloire.
Ah, mais moi, ça m'allait, moi.
Les caméras, les journalistes, tout ça, c'est pas pour moi.
Moi, mon truc, c'est la cuisine.
Et je crois que j'ai pas l'âme d'un vrai chef d'entreprise.
Dites-moi, M.
Boutillon, ce plat que Didis vous a renvoyé, vous vous souvenez de sa
composition ? C'était une assiette de Saint-Pierre.
M. Didis arrivait dans la cuisine quand on l'a posé sur passe-plat.
Il l'a goûté et a eu râlé que c'était de la merde.
Et cette assiette de Saint-Pierre, elle était destinée à qui ? Ah ça, je risque
vraiment pas de l'oublier.
C'était celle de Cassard.
C'est pour ça que Dilys est aussi nerveux.
À quoi ?
Et
si ce n'était pas Dilys, mais Kassar qu'on avait cherché à empoisonner ? Nous
connaissons la composition du plat qui a déclenché l'ire du chef.
En refusant ce plat, il lui sauve la vie et il perd la sienne.
Et le meurtrier ne se doutait pas que Dilys allait goûter ce plat ? J'y crois
moyen. Sauf si le meurtrier pensait garder un œil sur Dilys ou sur le plat
jusqu'à ce qu'il soit servi à Kassar.
Madame Dilys, par exemple, qui retourne dans son bureau alors qu'on vient de la
servir.
Elle veut sauver le restaurant à tout prix. C'est vrai qu'en tuant Kassar,
elle empêche l'apparition du guide qui la renlèvera leur médaille. Mais
concernant Madame Dilys, il est plus logique qu'elle ait tenté de tuer Kassar
que son mari.
Et comme Boutillon, on n'y croyait pas trop... Bon, ben, on verra ça demain.
À tout à l'heure.
Tu viens toujours dîner à la maison ? Ah oui ? Ah oui, oui.
C'est le fèvre qui est au fourneau, hein.
Je t'accorde qu'après l'IGS, ça va pas être fameux-fameux, mais on sera
ensemble.
On y va ? Mauvaise
langue.
J'arrive.
T'en fais pas Jean-Louis.
L'Inguil se contente juste de faire son travail.
Y'a rien de plus.
Je suis sûre que ça va aller.
Je voudrais pas abuser de votre temps capitaine.
Commandant. J'aurais deux trois petites questions à vous poser.
Alors c'est ça le siège du chef de groupe alors ? Vachement bien assis.
C'est vrai, on a envie de s'installer. Vous trouvez pas ? Pour ça, faut des
capacités.
Pas seulement celle d'emmerder les gens.
Vous m'aviez pas dit que votre petit-fils souffrait de la maladie des
os de verre ? Je vois pas ce que mon petit-fils vient faire là-dedans.
C'est beau, 36, les nouvelles vont vite.
On était tous un peu au courant de la période difficile que vous traversiez.
Curieusement, c'est à cette époque-là que vous rencontrez Cervero.
C'est quoi ? C'est un hasard ? J'ai croisé beaucoup de monde à l'époque.
Non mais ça, les soins coûtent cher, non ? Et puis les hôpitaux, on n'en parle
même pas.
Et puis quand on connaît le salaire d'un officier de police, on rigole doucement.
Non mais attendez, même moi à votre place ? Vous n'êtes pas à ma place.
Si vous l'étiez, vous sauriez que j'ai eu des amis.
C'est eux qui m'ont aidé, pas Cervero.
Ça évidemment, pour me croire, il faudra déjà que vous sachiez ce que c'est que d
'avoir des amis.
Ouais...
Vous croyez Jean-Louis assez solide ? Il ne va pas craquer ? Pourquoi devrait-il
craquer ? Puisqu'il n'est coupable d'aucun acte répréhensible.
À moins que vous ne pensiez le contraire. Non, bien sûr.
Mal comprise.
Tant mieux.
Il ne cherche rien à savoir de mon côté. Les confidences n'ont jamais été mon
fort. Et sachez que notre ancien chef de groupe conserve toute ma confiance.
J'ai encore beaucoup de choses à apprendre sur la nature humaine.
Merci, Michel.
Tu veux me dire ce qui m'empêche de lui casser la gueule à cet enfoiré de Maggie
? Le bon sens Jean-Louis, juste le bon sens.
J'en ai rien à foutre du bon sens.
Je vais me faire ce mec.
Au moins j'irai en taule pour quelque chose.
Tiens bah bois ça déjà.
Puis rappelle-toi qu'en taule la bibine est immonde.
Surtout pour un alcoolo comme toi, tu vois, ça fait réfléchir.
Et Roussel elle dit quoi de tout ça ? Roussel ? Elle a essayé de se rencarder
sur l'affaire auprès de le marchand en lui tirant les verres du nez. Elle aussi
j'ai vu l'affaire. Ah bah ça c'est une bonne idée, ça pourrait te détendre un
peu. Regarde, nous on a pas l'air détendus.
Ouais.
Tu sais, moi, côté réchauffé... Jean-Louis, Rachel, elle a mûri en 20
ans. Toi aussi, d'ailleurs.
Non, toi, pas trop.
Disons qu'à vous deux, ça fait une bonne moyenne.
En fait, pourquoi ça va marcher entre vous ? Elle voulait qu'on ait une
machine à laver en commun.
A priori, c'était pas trop mon truc.
Enfin bon, j'étais pas sûr.
Elle a décidé pour deux.
C'est con parce qu'il y a des machines très modernes, maintenant.
Ah oui, on a fait beaucoup de progrès en 20 ans.
C'est peut-être moi qui ne suis pas fait pour le progrès.
Vive le progrès.
Allez.
Arrête de faire ton bus.
Mais c'est moi qui aurais dû mourir.
C'est effroyable.
Enfin, je veux dire, c'est insensé.
Quand on y réfléchit bien, M.
Kassar, pas tant que ça.
En retirant une médaille à Dilys, vous amputiez l'avenir de beaucoup de monde.
Mais très peu de gens étaient au courant.
Je m'en veux d'avoir été aussi froid.
En voulant me parler, Florence cherchait à me donner une dernière chance.
En parlant de chance, M.
Kassar, il me semble que vous n'en avez pas laissé beaucoup à certains.
Je pense à ce restaurateur.
Exilé aux Antilles après avoir fait faillite... Bonnel. Oui.
Non content d'escroquer ses clients et d'escroquer le fisc.
Et celui-là ? L'esthage.
Actuellement au hôpital psychiatrique après une dépression nerveuse. Ce type
était incapable de faire un defoucle. Oui, c'est possible, mais en attendant,
ça vous fait beaucoup d'ennemis.
En agissant ainsi, Mme Dillis aurait pu vouloir se venger.
Et avec elle, une partie de sa profession.
Vous en pensez quoi, M.
Lemaire ? Vous savez, je...
Je pense qu'il faudrait aussi dresser la liste de tous ceux qui font des pieds et
des mains pour entrer dans le guide.
Mais évidemment, on préfère toujours voir le mauvais côté des choses.
Merci, Julien.
Vous savez, nous écrivons pour informer le consommateur, pas pour lui nuire.
Dommage que Mme Dillis ne l'ait pas compris.
Mais rien n'affirme encore que c'est elle.
Mais qui d'autre alors ?
Dis-moi Jeanne, puisque t'as l'air de croire que je suis coupable, tu veux pas
me payer un gueuleton ici avant qu'on m'envoie en taule ? Il doit bien ça, non
? Surtout ne m'en veux pas Jean-Louis, mais tu m'emmerdes.
Alors Gérard est mort à la place d'un autre.
Si le meurtrier n'avait pas raté son coup, qu'il serait encore là aujourd
'hui.
Oui, Cassar serait mort et avec lui, tous vos problèmes.
Pourquoi vous n'avez pas parlé de cette médaille que vous alliez perdre ? Et des
conséquences désastreuses que ça entraînerait ? Je ne voulais pas
ébrouiter cette affaire à quelques heures d'un conseil d'administration.
Je ne voyais pas le rapport avec la mort de Gérard.
Pourquoi vous êtes-vous disputé avec votre mari le soir de sa mort ?
Gérard m'en voulait d'avoir invité Kassar à dîner.
Il ne voulait pas s'agenouiller devant lui.
Mon Dieu, tout ça est de ma faute. S'il n'avait pas invité Kassar... Pourquoi
vous êtes absentée pendant le dîner ? Quand j'ai compris que Kassar serait
intraitable, j'ai senti que j'allais éclater en sanglots devant lui.
Je ne voulais pas lui faire ce plaisir.
Oui, mais le problème, c'est que ça vous laissait le temps de verser le poison
dans son assiette.
J'aurais donné n'importe quoi pour que Gérard garde le restaurant, mais pas ça.
Qui était au courant pour la médaille ? Personne. Pas même Virginie, votre fille
? Ma fille, si, bien sûr, mais à part elle, personne.
Et Virginie, je suppose qu'elle voyait dans quel état était son père. Ça devait
être pénible pour elle, non ? Toutes les deux, on essayait de réconforter Gérard.
On lui disait que c'était pas grave, qu'on finirait toujours par s'en sortir.
Et puis un jour, on l'a surpris dans son bureau.
Il pleurait.
On l'avait jamais vu comme ça.
Qui ça ?
Mais ma fille et moi, bien sûr.
C'était quand ? Le jour de sa mort.
Gérard disait qu'il se tuerait s'il perdait cette médaille.
Et votre fille, elle a réagi comment ? Comment voulez-vous ? Mal, bien entendu.
Virginie adorait son père.
Elle aussi était en larmes.
Mais pourquoi toutes ces questions ? Je suppose que, comme Virginie est maître d
'hôtel, elle savait que...
Kassar venait dîner le soir même, non ? Evidemment.
Mais vous n'allez tout de même pas imaginer que ma fille aurait voulu
empoisonner Kassar ? Pourquoi pas.
Vous saviez quel plat avait commandé Kassar.
Vous avez attendu qu'on le dépose sur le passe-plat.
Vous pensiez sûrement rester jusqu'à ce qu'on embarque l'assiette dans la salle,
mais vous avez été dérangé.
On a vérifié.
Un client avait renversé une bouteille de vin.
Un serveur est venu vous chercher.
Il y avait peu de risques pour que les choses se déroulent autrement que prévu,
et pourtant...
Vous étiez trop occupés en salle à réparer les dégâts du client qui s'était
taché.
Et vous n'avez pas pu intervenir.
Tu ne vas pas croire ça.
Mais ça suffit enfin, vous voyez bien qu'elle n'a rien fait.
Si ce n'est pas votre fille, c'est donc vous, Mme Dilys.
Je vous interdis de répéter ça ! Chérie, à partir de maintenant, tu ne dis plus
rien. Je vais appeler notre avocat.
Aucun avocat ne vous ramènera votre père.
Virginie, j'espère que vous aimiez tant que vous avez tué. Non, arrêtez ! Alors
que Kassar, que vous voyez s'étendre, est bien vivant, lui.
Kassar.
Ce porc.
C'est lui qui aurait dû mourir.
C'est à cause de la médaille que vous avez voulu le tuer.
Kassar est un assassin.
C'est un meurtrier, je vous dis.
Il méritait de crever.
Kassar n'écrit que des articles.
Non, il assassine les gens. Je le sais, moi, je le sais ! C'est pour ça que toi,
tu as voulu le tuer. Tais-toi, Virginie.
Ces gens n'ont rien contre toi.
Cela, voyez-vous, ne saurait tarder.
Ok, disons que c'est Virginie. Mais cette haine pour Kassar, ça te paraît
pas exagéré ? C'est vrai que ce mec a démoli pas mal de monde avec ses
articles, mais de là à le traiter d'assassin... Elle sait peut-être
quelque chose sur lui qu'on ne sait pas encore.
J'ai du nouveau sur Kassar.
En fait, plutôt sur Lemel, son assistant.
Depuis quelque temps, il reçoit des appels à plusieurs éditions.
Mais alors nombreux, les appels.
Et toujours la même provenance.
Et Eugénie ? Tu connais l'assistante Cassar ? C'est quoi cet embrouille ?
J'ai beaucoup mieux, repère.
Si je suis en danger à cause de mes écrits, Julien l'est aussi.
Vous me proposez une protection, j'exige qu'il en bénéficie également.
Le danger n'est pas là où vous croyez, M. Kassar.
Non.
Si je ne m'abuse, vous vivez en appartement, M. Lemel.
Oui.
Et alors ? Donc, par conséquent, pas de jardin.
Non. Encore moins de potager.
Mais de quoi parlez-vous ? M. Lemel, vous avez acheté un herbicide.
Un fleuriste.
J'ai retrouvé son numéro de téléphone ainsi que celui de Virginie Dillis, qui
vous a appelé à m'entreprise ici, dernièrement.
Quoi ? Julien, tu étais en contact avec Virginie Dillis ? Concernant l
'herbicide, c'est un poison mortel.
C'est d'ailleurs celui qui a tué Gérard Dillis.
Pourquoi l'avez-vous acheté, monsieur Lommel ? Tout simplement parce que j'ai
de la famille à la campagne.
On m'a demandé d'acheter cet herbicide parce qu'il ne le trouve pas facilement
là-bas.
Je ne vois pas en quoi... De quel côté vient cette famille, monsieur Lemaël ?
Du côté de votre père, Pierre Garouste ? Garouste ?
Ah oui, j'ai connu un Garouste, Pierre Garouste.
C'est un alcoolique, il s'est tué dans un accident de la route.
Il était restaurateur.
Il est mort après la fermeture de son restaurant.
Il a laissé un petit garçon et une compagne.
Nicole Lommel.
Bon, Michel, on va faire un sale boulot.
Essayons de le faire proprement.
Ça va, moi ? Je suis l'équerre.
Oui, impeccable.
Un vrai petit chef.
Et ça semble que vous avez formé le projet d'éliminer M.
Kassar, au temps desquels vous aviez chacun des griefs personnels.
Écoutez, tout ça est ridicule.
Ce n'est pas parce que j'ai acheté un désarbre. Vous avez acheté le poison
pour tuer Kassar parce que vous pensez qu'il est responsable de la mort de
votre père, Pierre Garroust. Voilà.
Julien, pourquoi tu ne m'as pas dit que tu étais le fils de Garouste ? Tu sais
très bien que je ne suis pour rien à sa mort.
Il buvait depuis toujours.
C'est pour ça que leur histoire est un pas de boue.
Et j'ai même pas de mobile.
Mon père, il buvait, oui.
Et c'est tout. Et en plus, il est mort dans un accident.
Allez, Lomel.
Vous êtes persuadé du contraire.
Or, voici M.
Cassard, en quels termes vous qualifiez Pierre Garouste et sa cuisine.
pour justifier le retrait de sa médaille. Je cite... De l'entrée au
dessert, rien ne distingue désormais la table de Pierre Garrouste d'une gargote
de bord de route, rien sinon l'addition excessivement salée comme le reste de sa
cuisine.
Plus loin, évitez cette adresse, vous n'y gagneriez qu'une crise de nostalgie
et quelques aigreurs d'estomac.
C'est pour ça que tu as voulu me tuer ?
Pour quelques malheureux mots d'un critique débutant.
Tout ça est ridicule.
Je n'ai rien fait. Vous avez fait pire.
Ça fait des années que vous préparez votre vengeance.
Vous avez même persuadé Virginie d'agir à votre place.
Vous couchez ensemble ? Jusqu'où vous êtes allés dans le sordide ? En tout
cas, c'est vous qui lui avez fourni le poison.
C'est moi.
C'est moi qui ai tout fait.
Il ne leur dit rien.
Julien n'a rien fait.
C'est moi.
Il n'est jamais rentré dans la cuisine.
Il n'a rien pu faire.
Et le poison, mademoiselle Adélice ? C'est forcément votre amant qui vous l'a
fourni ? La longue préméditation machiavélique de Lomel lui vaudra aux
assises une peine de prison bien plus lourde que la vôtre.
Non. Je vous dis qu'il n'a rien fait. C'est moi. C'est moi qui ai tout fait.
Il n'a rien fait.
Bon, allez, ça suffit.
J'ai fait ça pour toi, Julien.
Je t'aime.
Julien.
Jure-moi que tu n'as rien fait.
Ne te laisse pas faire, Julien.
Faut fort.
Drague pas.
Enfant,
Julien Lebel assiste à la déchéance de son père, son
restaurant périclée, en grande partie à cause de vos articles qui agissent comme
un repoussoir sur la clientèle.
Garouste humilié, ruiné, sombre dans l'alcool.
Alors un soir, il finit par se tuer en bagnole parce qu'il a trop picolé.
Pour son fils qui a grandi sans père, vos articles sont la cause de son
malheur.
Alors il décide de se venger.
A 22 ans, il monte à Paris, prend le nom de sa mère et se débrouille pour devenir
votre assistant.
Julien, je t'ai accueilli les bras ouverts.
Je t'ai formé.
J'étais prêt à tout laisser.
J'étais comme mon propre fils.
Vous serez jamais mon père.
J'en avais un et vous me l'avez pris.
Mon père, il est mort à cause de toi.
Bon, allez.
Avouez que c'est vous qui avez tout maligancé.
Et tout ça pour rien, monsieur Lommel.
Votre patron va rentrer chez lui et vous licencier.
Et nous, on va lui assurer une protection maximum.
Vous avez tout perdu.
Vous avez perdu votre père, votre vengeance et votre fierté.
Bien triste épilogue en vérité.
Ne me touche pas, gros porc.
Qu'est-ce que tu crois ? Bien sûr que c'est moi qui ai tout imaginé.
Le poison, je trouvais que c'était le meilleur moyen pour te faire crever.
Maintenant, c'est fini.
Pardon.
Je voulais qu'il paye.
Mais pas toi.
Regarde Julien.
Comme il a mal.
Regarde comme il est seul.
C'est pire que si on l'avait tué.
Il est frêlé.
Non, mais c'est pas vrai, c'est du harcèlement ou quoi ? Laisse tomber, c
'est ce qu'ils cherchent.
L'IGS auditionne dans les vestiaires. Vous avez déjà fait nos poubelles ou
vous gardez ça pour plus tard ? Ça fait jamais penser à monter une chorale, là,
tous, là.
C'est vrai qu'avec une harmonie pareille, c'est vraiment dommage.
En plus, je vous ai trouvé une voix de basse.
Cervero.
Il nous a chanté que vous étiez à l'initiative du coup, que vous l'avez
contactée à cause des problèmes avec votre petit-fils et que vous aviez
besoin d'argent.
Ça commence à ressembler à un vrai morceau de musique, ça, non ? Pas une
fausse note.
Capitaine Magui, il semblerait, voyez-vous, que pour ce soir, vous nous
ayez tout dit.
Allons-y.
Allez.
Of course.
Pardon.
Allez.
Jean-Louis, je voudrais que les choses soient claires.
Ne crois pas que je cherche à savoir si tu es coupable ou pas. Tu m'as dit que
tu ne l'étais pas. Ça me suffit.
T'es sûr ?
Mais oui, je suis pas là pour te faire un enfant de rando.
Si j'avais voulu t'en faire un de gosse, je m'y serais prise autrement.
De toute façon, quoi que t'aies pu faire, je m'en fous.
Mais les méthodes de McGill me débectent.
Il veut la guerre, on va lui faire.
Et tous ensemble.
C'est clair ?
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