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Zulu
...
-Bouh ! Elle crie.
-Tu es con ! Tu m'as fait peur ! J'aurais pu te tuer !
-C'est déjà fait ! Ce matin,
ta jolie tête blonde s'était transformée en oreiller.
-Je voulais rentrer avant que les enfants se réveillent.
-Candice, j'ai envie d'une nuit entière avec toi.
Tu crois que c'est possible ?
-Je te propose un truc.
Une douche entière avec moi.
-Waouh ! Elle rit.
-OK. J'achète.
-T'étais où ? On te cherche partout !
-Je courais !
-Tu préviens !
-Les jumeaux
te cherchent
à vélo. -Pourquoi
t'as les cheveux mouillés ? -Ben... il a plu.
-Juste sur toi !
-N'inversez pas les rôles !
La mère, c'est moi !
Je ne rends pas de comptes !
-On s'en fout ! Le capitaine machin veut te parler d'urgence.
Ils ont trouvé un cadavre.
...
-Salut !
Merci.
Nathan Rieux.
Putain ! 17 ans.
-Il est beau. Les filles devaient être folles de lui.
-Fracture à l'arrière du crâne avec un objet contondant
qu'on n'a pas retrouvé.
L'hémorragie l'a tué.
-Des traces de défense ? -Non. Il écoutait de la musique.
Il n'a rien vu ou il n'avait pas peur.
-L'heure de la mort ?
-Les lividités disparaissent à la pression. Entre 22h et minuit.
-T'as retrouvé un téléphone ? -Non.
-Ado sans portable ?
-Le tueur l'aura pris.
-Pardon.
...
Ca colle, ce truc ! Merde !
Ca y est.
Voilà.
-C'est un poisson. -Oui, c'est un poisson.
-Les gamins mettent ça dans le dos des gens au 1er avril.
-On n'est pas le 1er avril.
-On a retrouvé ça près du canal. C'est le sien. Et le père est là.
-J'y vais. Tu m'embarques
tout ça.
...
Je suis désolée. -Je veux le voir.
-Pas maintenant. Vous voulez que je prévienne votre femme ?
-Elle est morte quand Nathan avait 9 ans. C'est moi qui l'élève.
-Seul ?
-Oui. Seul.
-Il allait au lycée ?
-A Joliot-Curie. En terminale S.
-Il avait des ennuis
ou des ennemis ? -Non.
-Candice, on dirait un deal qui a mal tourné. On a trouvé ça dans
le sac de la victime. -C'est n'importe quoi !
C'est pas à lui.
C'est pas un dealer !
-J'ai fini.
Allez-y.
...
-02 68.
Nathan a reçu un appel à 22h12. Et il a décroché.
-C'était peu avant le meurtre.
-D'une cabine téléphonique près de la cité.
-Un rencard pour un deal, ça collerait.
-Ca donne quoi, l'affaire Rieux ? -On débute, on débute.
-Eh bien, débutez vite !
-On a une piste. La victime
faisait du deal.
-Affaire de drogue ?
C'est bien.
Les dealers n'ont pas la cote.
Moins de passion, moins de compassion.
Désolée de vous avoir dérangée.
-Tu vas pas un peu vite ? -On a affaire à un adolescent
avec un père chômeur,
qui vend de la "beu" pour se payer ce que papa
ne peut pas lui offrir. -Alors, 14,5 de moyenne générale.
15 en maths, 17 en français. Elève travailleur, sérieux,
intelligent. Si on pouvait
dire ça de ma fille ! Il a un profil hors norme, ton dealer !
-Et ça, c'est pour ses expériences en chimie ?
-J'ai une empreinte qui va vous plaire. Paul Agnesi, dit Mario.
3 condamnations
pour trafic de stupéfiants.
-Je vais trop vite ?
-Ca frite toujours avec Antoine ? -Ca se tasse.
C'est juste qu'en ce moment, on n'est pas d'accord
sur l'importance du 17 en français. -Mate le morceau !
C'est le nouveau capitaine de l'USP ?
-Non. C'est pas ça.
-Outrage aux bonnes moeurs. Sympa. -J'allais t'appeler pour déjeuner
mais tu aurais été débordée. Je préfère le kidnapping.
-Et en plus, il a de l'humour ! Police partout, justice nulle part.
Salut. -Tiens, hé !
Je ne la fumerai pas.
Cloche.
-Tu ne manges pas ?
Elles sont bonnes, pourtant.
-C'est la mort d'un gamin.
-Hier soir non plus t'avais pas faim.
-Je suis barbouillée.
-Barbouillée ?
Tu serais pas...
Elle rit.
On n'a pas toujours été prudents.
-Non. Pas de panique ! J'y pense.
-Un enfant de toi, ça serait génial.
-J'en ai 4 ! -Je sais.
Et ils sont formidables. Justement, quand on réussit aussi bien,
il ne faut pas s'arrêter.
On pourrait compléter la collection.
-C'est pas des santons !
-Je sais que c'est pas des santons. Tu ne serais pas seule !
Je serai là, moi.
-Vous ne mangez pas ? C'est pas bon ?
-Si. Mais je préfère le sucré. -Vous voulez un dessert ?
-Euh...
Oui. Une salade de fruits ?
-Vous avez envie de fraises ?
-Le portable de Mario émet du quai Valmy, l'ancienne salle de boxe.
-C'est près du canal où on a retrouvé le corps.
-C'est peut-être le QG du trafic.
-L'accès se fait côté sud. Les autres fenêtres ont été murées.
Pas besoin de couvrir nos arrières.
-Allez, les gars.
On y va ! -Où ça ?
-Je te raconterai.
...
-Regarde.
Musique.
-Ca va pas ? Des flingues dans une église !
-Mais le poisson, bien sûr ! C'est le symbole des 1ers chrétiens !
"Ichtus", en grec ! Ca signifie
Christ et poisson. Rangez vos armes.
Bonjour.
Elle est bien, cette piscine.
Celle-là aussi, elle est pas mal.
"L'Eglise du Livre ouvert". C'est pas très catholique, ça.
-Nous sommes des évangéliques. -Et vous avez le droit d'être ici ?
-Le club de boxe était abandonné. Nous nous y sommes installés.
Qui dérangeons-nous ? Les rats ? -On n'est pas là pour un squat.
On est là pour un meurtre. Nathan Rieux. Vous connaissez ?
-Ca ne me dit rien. Il n'est pas membre de notre communauté.
Pourquoi ?
-On a retrouvé vos empreintes sur le lieu du crime,
sur ce genre de trucs.
-On en a distribué des centaines dans le quartier.
-Les parents savent que vous êtes
un ancien taulard, Mario ? -Bien sûr.
Ils croient au repentir. Pas vous ?
J'étais en taule, paumé.
Un aumônier évangélique est venu me parler. Et j'ai compris.
J'ai beaucoup prié pour changer.
Dieu m'a exaucé.
A ma sortie, je suis devenu pasteur implanteur d'églises.
-Un vrai saint !
-Je m'en fous des saints ! Ce qui m'intéresse, ce sont les gens.
La cité se vide.
Les commerces, les services publics disparaissent. Mais nous, on reste.
Samedi soir, au lieu de traîner, ces jeunes viendront ici
faire la fête, bien encadrés ! -Que faisiez-vous, hier soir ?
-J'étais à une fête de mariage. 2 de nos paroissiens se sont unis.
-Je vais prendre leurs noms et adresse.
-Nathan Rieux avait
une petite amie,
Juliette Neumann,
baptisée en juin dernier.
Dans son MP3,
il avait "Roméo et Juliette". Il l'écoutait quand il a été tué.
-Ce Nathan-là, c'est lui qui est mort ?
Mais... Juliette et lui n'étaient plus ensemble.
-Pourquoi ? -Juliette a choisi
de rejoindre notre Eglise.
Les amoureux doivent partager les valeurs chrétiennes.
-Quelles valeurs ? La charité ?
-Non. Le sexe.
Celui qui se livre à la débauche
pèche contre son corps,
temple du Saint-Esprit.
1er Epître aux Corinthiens.
-La chasteté jusqu'au mariage, ça existe encore ?
-Moi, c'est après le mariage. Entre les couches et les biberons...
-Si l'alibi de Mario est bon, il faudra chercher d'autres dealers.
-Je voudrais aller voir
Juliette. -C'était juste une amourette.
-L'adolescence, l'âge de toutes les passions ! "Roméo et Juliette" !
-Tu te fais un vieux film !
-Et c'est toi qui vas me ramener à la réalité !
Vous êtes membre du Livre ouvert ?
-Oui.
-C'est la foi qui vous fait bien repasser comme ça ?
-J'ai appris sur le tard. Avant, j'étais caissière à l'Easy Market.
-C'est l'Eglise qui vous a trouvé du travail ?
-Oui. L'Eglise apporte la vérité et du soutien.
C'est pas du luxe. Je travaille chez moi à plein temps.
-Je ne voudrais pas être trop indiscrète,
mais qu'est-ce qui vous a permis de choisir les évangéliques ?
-Avec mes horaires de caissière,
je laissais Juliette sans arrêt seule à la maison.
C'est stressant pour une maman.
Le Livre ouvert assure une aide aux devoirs le soir. J'y ai mis
Juliette. C'était gratuit. Après, j'ai discuté avec les bénévoles.
Ils sont chaleureux et pas chiants. Puis j'ai été appelée par Dieu.
-Et Juliette ? -Juliette, ça a été plus long.
Jésus a des concurrents.
Il faut renoncer à pas mal de choses pour le Livre ouvert.
-Comme sacrifier Nathan ?
-Elle était dingue de lui. Mais elle a été soulagée de rompre.
Nathan avait des désirs de garçons de son âge. Elle n'était pas prête.
-Où est-elle ?
-Avec son groupe.
Ils nettoient le square.
-J'ai un sac, là, regarde. -Dis donc, c'est dégueulasse !
-Bonjour !
Vous faites partie
du Livre ouvert ?
-Oui.
-Juliette est là ?
-Vous savez où elle est ? -Vous la cherchez pourquoi ?
-Pour la raison qui fait
que vous ne me regardez pas dans les yeux.
Commandant Renoir.
On enquête sur un meurtre. -Juliette est morte ?
-Elle devrait ?
-Non. Mais j'ai reçu ça.
-C'est quoi ?
-C'est du sexting.
Je baise, je filme,
j'envoie.
Bien sûr, c'est un envoi anonyme.
-Je lui avais dit de se méfier
de ce garçon. -Vous l'avez reçu quand ?
-Hier après-midi. -Qui d'autre l'a reçu ?
-Plusieurs membres.
-Qu'avez-vous fait ?
-On était tellement choqués, quand elle est arrivée, je lui ai montré.
-Vous imaginez ce qu'elle a pu ressentir ?
-Fallait qu'elle y pense avant !
-C'était Mme Neumann. Juliette a séché le lycée ce matin.
Elle a dû péter un câble et buter Nathan. On bouge ?
-C'était ton meilleur pote. Tu sais ce qu'il faisait avec cette herbe !
-Nathan ne fumait pas. Sa seule drogue, c'était le hard.
-Comment ça, le hard ? -Le hard rock.
-Oh, cette petite chérie ? Non, je ne connais pas.
-Non, je ne vois pas qui c'est.
-Désolée. Ca ne me dit rien. -Merci.
-Juliette est passée à la pharmacie
acheter une boîte d'aspirine. -De l'aspirine. Et alors ?
-Putain, un suicide à l'aspirine ! Elle va aller en acheter ailleurs
et tout s'enfiler après !
-C'est pas les pharmacies qui manquent !
On est là dans un quart d'heure.
JB, on décroche !
-Ah ! Capitaine !
JB. -Bonjour.
-Une disparition ? Et la drogue ?
-C'est la petite amie de Nathan.
Ca n'exclut pas la piste de la drogue.
-Vous avez une planque ? Un dealer ?
-Non. Et rien chez les Rieux.
-Super piste !
Retrouvez-moi
la jeune fille !
-La pharmacie la plus proche
c'est bd de Verdun.
-Pas ici.
-Une jeune fille de 17 ans. -Y a combien de temps ?
-Très bien. Merci. -Merci.
Elle a été vue rue Jean Vilar.
-Elle est dans le coin.
Qu'est-ce que tu fous ?
-Que Dieu la protège.
...
-Candice ! Elle est là !
-Commandant Renoir ! Envoyez des secours au cimetière marin !
Merci.
-Elle est vivante !
C'est bon. Ca va aller.
-Sa jambe. Tu maintiens sa jambe.
Antoine, c'est Candice.
Juliette est sortie d'affaire. On pourra l'interroger demain.
Encore en train de cuisiner ?
Si je te mettais aux enchères dans une réunion Tupperware,
tu me rapporterais une fortune ! Merci, mon chéri.
-J'aurais droit à quoi ? -A ma reconnaissance éternelle.
-Hé non ! Mes tomates !
Mes tomates ! -Mais... !
Bonsoir, Laurette. Où sont les jumeaux ?
-Ils jouent au foot avec
votre voisin. -Ah bon ?
-Je peux aller les chercher.
Mais ils s'amusent tellement. -Non. Tu as bien fait.
-Maman. -Oui.
-On invite Hervé
à dîner ? -Pourquoi ?
-Il est sympa et il est seul.
-Ecoute...
ce soir, je suis HS. J'ai juste envie d'un bain et d'aller au lit.
-On n'est pas débiles ! On sait que tu couches avec lui.
-Emma ! -Le mec qu'il te faut, c'est Papa.
Mais puisque t'es aveugle, Hervé, c'est pas un troll.
-C'est pas un troll ?
Ils rient.
-Ah, si ! Si, si !
Moi, j'en ai une autre.
Une tomate avec une cape.
C'est Super Tomate.
Et une patate
avec une cape ?
C'est une patate qui
se prend pour Super Tomate.
-Tu la tires d'où ?
-Oui, c'est pas très drôle.
-Bonjour.
Je suis le commandant Renoir.
Je t'ai trouvée au cimetière, hier.
Pourquoi t'as voulu mourir ?
Hein ?
C'est à cause de la vidéo ?
C'est pas à toi d'avoir honte. C'est à celui qui l'a envoyée.
-Comment je vais faire, maintenant ?
Y a tout le quartier qui a vu cette vidéo !
Je... Et ma mère, quand elle va voir ça ?
C'est tellement dégueulasse !
C'était notre 1re fois. On a filmé, sans réfléchir.
C'était pour avoir un souvenir.
Je comprends pas pourquoi il m'a fait ça.
-T'es sûre que c'est Nathan ?
-Qui d'autre ? Il n'y a que lui et moi qui avons la vidéo.
Nathan, j'ai rompu avec lui.
Mais je l'aime encore.
Je l'aime encore. Avec ce mec, j'avais l'impression
qu'on se comprenait, qu'on était vraiment pareils.
Tout ce que je disais,
il le pensait.
Et ce salaud, il doit être
en train de rigoler avec ses potes.
-Ecoute, Juliette...
Y a pas de bonne manière pour te le dire.
-Ca me saoule, les hostos. -Elle ignorait la mort de Nathan.
-Qui l'a buté, alors ? -Celui qui a envoyé le sexting.
-Putain, arrête ! C'est Nathan qui l'a envoyé !
-Bravo pour ton suicide à l'aspirine. Comment t'as deviné ?
-T'es pas la seule flic à avoir plus de 3 neurones !
-Anthrenus verbasci ou anthrenus museorum ?
Là est la question.
-Nouvel animal de compagnie ?
-Non. Mais j'ai pas eu de formation en entomologie
pour reconnaître ces petites bêtes. Je pense que c'est un museorum.
-Il peut nous aider dans notre affaire, le museorum ?
-Il ne bouffe que des trucs empaillés.
Un vieux directeur de musée.
-Et un ado fou de hard ?
-Non. Ca marche pas.
Par contre, j'ai exploré l'ordinateur de Nathan Rieux.
J'ai trouvé la vidéo de sexting.
Aucune trace de piratage.
-C'est lui qui l'a envoyé. -Non. Ca colle pas.
-Mais si ! Le deal,
le sexting,
c'est lui ! Merde !
Fait chier ! La porte claque.
-C'est bien. Elle est très impliquée dans l'enquête !
-En ce moment, elle...
-Un chagrin d'amour.
A 17 ans, tu vivais le grand amour. -Vu comment ça s'est fini...
-Tu as déjà l'homme
du reste de ta vie.
-L'homme du reste de ma vie ? C'est un peu rapide !
-Tu restes déjeuner ?
-Non.
J'ai... un rendez-vous.
-Oh, là là ! Crâneuse !
-Bon appétit !
-Oui, oui.
-Samedi soir, on pourrait emmener les enfants dîner dehors
et leur dire pour nous deux.
Je connais une pizzeria super sympa.
-T'inquiète pas, ils ont compris.
-Ah ?
Et alors ? Comment ils le prennent ?
-Ils m'imaginaient avec une créature baveuse et sanglante.
Donc ils trouvent que t'es plutôt quelqu'un de... bien.
-"Bien".
Et toi ?
-Ca va un peu vite.
J'adore qu'on se voie en cachette, qu'on fasse l'amour autrement.
Je me vois mal dans un quotidien avec le ménage,
la vaisselle. On est de vrais amants. C'est ça qui est magique.
-Le magique, c'est pas éternel.
-J'ai besoin d'un petit peu de temps, encore.
-Il faut trouver le grossiste de Nathan.
On a 7 témoignages de gosses qui ont acheté de la "beu" à Nathan.
L'un d'eux l'a appelé de la cabine le soir du meurtre.
-Mais il a un alibi. -7 témoins ?
Je me suis trompée, alors.
On a quoi pour continuer ?
-Teddy Diola, le meilleur pote de Nathan.
Il aurait rien vu, rien entendu.
Sourd et aveugle, le gosse. -Et muet ? On va le faire parler
avec les mains. Gentil flic,
méchant flic ?
-Qui va jouer au méchant ?
*-J'ai une déposition de ton pote Xavier. Il est au courant pour
*le deal. Et pas toi ? On va reprendre depuis le début !
*-Ca suffit ! Il a répondu presque 20 fois !
*-Vous voulez un avocat ? *-Non ! Mais on ne va pas
*dormir ici ! *-Ca ne dépend que de vous.
-Capitaine ? -Oui !
-C'est le petit Diola ?
Il est toujours là ?
-Il restera là
tant qu'il n'aura pas dit d'où vient
cette "beu" !
-Le proviseur m'a dit beaucoup de bien du père et du fils Diola.
Commandant Renoir. Alors, tu vas faire comme ton père ?
Scientifique.
Si tu savais quelque chose, tu nous le dirais.
On enquête quand même sur la mort
de ton meilleur ami. -Je sais.
-Tu sais ce qu'on va faire ?
Tu vas me donner
ton emploi du temps détaillé du jour du meurtre. Et on en reste là.
Alors...
là, par exemple, je vois un trou entre 11h et midi.
Que faisais-tu ?
-La prof d'anglais était absente. On a joué au basket dans la cour
avec Nathan et Jérémie Angel.
-D'accord.
Je vois un autre trou
entre 15h45
et 17h.
-On était chez Nathan, dans sa chambre.
-Tu étais avec lui quand il a envoyé le sexting.
Il a été envoyé à 16h07.
-"Sexting", c'est quoi ?
-Le sexting, c'est ça.
-C'est quoi ? -Comme dirait mon lieutenant,
"Je baise, je filme,
"j'envoie." Nathan a filmé ses ébats
et l'a envoyé à une dizaine de personnes, avec votre fils.
-T'as pas fait ça ! -C'est pas moi !
C'est Nathan !
Je lui ai dit
de pas le faire !
-C'est passible d'un an de prison.
-Tu nous dis la vérité ? -Réponds !
-J'ai jamais voulu tout ça ! Je voulais juste aider mon pote.
Nathan aimait
Juliette. Il cherchait un moyen pour qu'elle quitte l'Eglise.
En voyant la vidéo, les autres la vireraient et il la récupérerait.
-Il a fait ça pour retrouver Juliette ?
-Oui. Il appelait ça la politique de la terre brûlée.
-Et la daube ?
-Il devait se barrer avec Juliette.
La grand-mère de Nathan habite en Auvergne, dans un village.
Mais il lui fallait du cash.
-D'où venait l'herbe ?
-Il ne me l'a jamais dit.
-Il la planquait où ? -Chez lui.
-On n'a pas les chiens ? -Pas pour une prise de 200g.
Souviens-toi de tes planques quand t'étais ado !
Bonjour.
-Quand t'aimes une meuf, tu balances pas sa 1re fois à tous.
-C'est pas à tous. Et Nathan était amoureux et désespéré.
-C'est dégueulasse. Elle a failli mourir.
-Tu mesures la conséquence de tes actes, toi, quand tu es désespéré ?
-Si les religieux ne s'en étaient pas mêlés, ça ne serait pas arrivé.
Quand ma mère catho est tombée amoureuse de mon père musulman,
ils ont coupé les ponts avec leur famille jusqu'à ma naissance.
-T'as une bonne tête de bébé de l'amour, toi !
Allez.
-C'est marrant, ce bus, hein ?
-Oh, doucement ! -On est chez un dealer, non ?
-Des slips pliés, dis donc ! C'est un ado hors du commun !
En revanche,
3 slips et pas de chaussettes, il préparait sa fugue.
Il faut retrouver le sac.
-Aucune trace de sa réserve. On a même cherché dans les gouttières.
Le pauvre. Il apprend que son fils était dealer
et qu'il a rien vu.
-Regardez le compteur !
Quand j'ai mon four, mon frigidaire
et ma machine à laver qui marchent,
ça ne tourne pas aussi vite.
C'est la cuisine. Regardez ce qui peut pomper comme ça.
Le four est allumé ?
Il y a une machine à laver ? -Non.
-Ce frigidaire, il est vieux. Mais bon...
Jean-Baptiste,
tu pousses le frigidaire.
-Bien joué !
M. Rieux !
-Avant d'être au chômage, vous étiez bien jardinier ?
-Au début, j'avais juste un plant ou deux pour ma consommation.
J'ai eu des coups durs, je me suis retrouvé en fin de droits.
Je me suis mis à cultiver. Et ça a rapporté plus que prévu.
-Vous avez investi dans du matos !
-Nathan ne me respectait plus.
Le fric, ça aide. J'ai pu lui offrir des trucs.
Je voulais lui payer une voiture.
-Il savait pour le cannabis ?
-Je pensais que non.
-Vous aviez pas remarqué
qu'il vous en avait volé ? -A qui vous vendez cette herbe ?
Vous comprenez pas bien ce qui s'est passé.
Votre gamin, en vendant votre herbe, il a doublé votre réseau.
C'est vos complices qui l'ont tué. Vous comprenez ?
M. Rieux, c'est qui
votre acheteur ?
-C'est Mario.
-On va en faire une autre là-bas. -Sur le mur du...
-Vous n'avez aucun respect pour les lieux de culte !
-Vous nous avez menti. Vous disiez ne pas connaître Nathan Rieux.
-On s'est vus une fois. On s'est un peu engueulés.
-Encore de l'herbe !
-Vous vous êtes engueulés à quel sujet ? Juliette ou la drogue ?
-C'est pas à moi.
-Bien sûr. C'est dommage.
Je vous trouvais original dans votre discours.
-C'est pas à moi !
-Ca non plus ? Les affaires de Nathan Rieux.
C'était dans un casier. -Quelqu'un l'a mis là !
Je ne l'ai pas tué !
"Tu ne tueras point" ! -J'ai interrogé les extras employés
au mariage.
Ils ont vu partir
monsieur.
-Où étiez-vous ?
-Je ne dirai plus rien. Je veux un avocat.
-On a affaire
à un professionnel ! Allez, on y va.
-C'est une erreur !
-C'est la routine !
On a juste besoin
de poser quelques questions à M. Agnesi pour vérifier des faits.
-C'est de la persécution ! Ca ne va pas se passer comme ça !
-Ca va dégénérer. On prévient Attia.
-Non. Je m'en charge avec Chrystelle.
-T'as quoi derrière la tête ?
-Je sais pas.
-C'est chiant de bosser avec quelqu'un qui se la joue perso.
Allez, on y va.
-Qu'est-ce qu'on fout là ?
-On se recueille.
-C'est les tee-shirts de Nathan ?
"Black Sabbath". C'est pas
très couleur locale. Mais ça déchire.
-"Pour nos 6 mois.
"L'amour des jeunes gens ne serait pas dans le coeur
"mais dans les yeux. Je préfère
"être aveugle que ne plus t'aimer. Juliette."
-Oh, pitié !
-Ils s'aimaient vraiment.
-Et leur fugue aurait fini par un avortement,
Juliette qui a peur et Nathan qui se barre !
-Tu t'entends, là ?
Tu parles de Nathan et Juliette ? -De quoi tu te mêles ?
Tu crois que je vais passer au confessionnal ?
Fait chier !
Qu'elle se démerde !
Fait chier, sainte Candice !
-Vous n'auriez pas dû arrêter notre pasteur ! C'est un homme honnête !
Son passé ne veut rien dire.
Dieu l'a transformé.
-Candice !
-Je comprends.
C'est la raison pour laquelle
je vous propose de... prier ensemble.
-Unissons nos prières !
Unissons nos prières pour le père Mario !
Pour que son innocence soit reconnue.
Pour qu'il revienne
parmi nous au plus vite.
Seigneur, apporte-lui ton réconfort pendant cette épreuve.
-Oui...
Prions pour le père Mario.
Prions pour son âme.
Pour que le Seigneur le prenne à ses côtés
au paradis.
Oui. Lors de son transfert de sa garde à vue,
il a échappé à notre vigilance
et il a mis fin à ses jours.
Il aurait dû nous dire
où il était parti après la fête. Mais il a préféré
être accusé de meurtre.
Il voulait vous protéger, c'est ça ?
-Oui.
-Il était avec vous ?
-Oui.
-Vous étiez amants ?
-Après tout, pourquoi
ne pas l'avouer ?
Puisque Dieu le sait, lui. Il nous voit.
Satan peut prendre
les aspects les plus inattendus. -Il a préféré
être accusé de meurtre que d'adultère.
-L'adultère est un péché terrible !
-La Bible dit que le salaire
du péché, c'est la mort.
Maintenant, nous sommes punis.
Et Mario est damné.
-Pas tout à fait. Mario est en vie.
J'ai prêché le faux. -Quoi ?
Mais... vous êtes immonde !
-Oui ! Mais oui !
Essayez de me faire une leçon de morale,
pour voir !
-C'est vous qui avez mis le sac et le cannabis dans l'église !
-Vous faisiez rien !
C'est les évangéliques qui ont tué Nathan !
-A cause de Juliette ? On ne tue pas quelqu'un pour ça !
-Il n'avait pas d'ennemis à part eux !
Dans leur tête, c'est le Moyen Age !
Ils croient que les dinosaures ont été noyés dans le Déluge,
que les homos sont inspirés par le Diable, que le sexe est un péché !
L'amour de Nathan et Juliette, ils ne comprenaient pas.
Nathan s'est disputé avec Mario. La petite hésitait. C'est lui.
C'est pour imposer sa loi. -C'est pas Mario !
Il a un alibi ! Vous avez piégé un innocent !
Vous nous avez fait perdre du temps.
-Oh, ben non ! Non !
Non ! Non ! Merde !
Oh, fait chier, mon rétro !
Non !
Oh !
-C'est peut-être un des fidèles.
Quoi ?
-T'as un accroc, là.
Tu t'es fait ça dans le feu de l'action ?
-C'est rien. -Donne-le-moi. Ca va s'effilocher.
Et après, ta poche ne servira plus à rien.
J'ai un nécessaire à couture dans mon sac.
Il ne faut pas laisser traîner ces choses-là. Les enfants font pareil.
Il faut que je le refasse. -OK. D'accord !
-Allez, dépêche-toi. Hop !
T'es vraiment...
Coldplay.
C'est pas du hard rock. -C'est de la bouse pour midinettes.
Comme les fils cachés de Mireille Mathieu et François Valéry.
C'était la musique
de Juliette.
-Alors, il l'a peut-être porté pour lui plaire.
Il portait ce tee-shirt près du bateau.
-Alors, c'est elle qui l'aurait tué ?
-T'appelles Jean-Baptiste. On y va.
On frappe.
-Bonjour. On voudrait voir Juliette.
-Elle dort. Elle vient de rentrer de l'hôpital.
-Le soir du meurtre, Juliette avait rendez-vous avec Nathan.
On la met en garde à vue.
-Non ! Elle ne va pas survivre... -On la surveillera !
Elle ne se fera pas de mal.
-Bon.
C'est moi.
C'est moi qui l'ai tué !
Nathan a téléphoné à Juliette.
J'ai décroché. Il a parlé. Il pensait que c'était elle.
Il lui a dit qu'il voulait fuguer.
Il l'attendait près des bateaux.
Et j'y suis allée. -Pourquoi ?
-Pour lui dire d'arrêter
de voir ma fille !
Quand il a compris que Juliette ne viendrait pas, il est devenu fou.
Il s'est mis en colère. Il m'a dit de dégager.
Je croyais pas que Juliette... J'ai dit à Nathan qu'elle devait
arriver pure à son mariage !
Et il a sorti son téléphone et il m'a montré les images,
à moi, sa mère !
J'ai pas supporté ! J'ai pris un bâton qui traînait dans l'herbe
et je l'ai frappé ! -Nathan aimait votre fille.
-Ca veut dire quoi, à 17 ans ?
J'en avais 19 quand je me suis retrouvée enceinte !
Mais j'ai accouché toute seule ! -J'ai une putain de migraine.
-Fini de rêver.
Les responsabilités à assumer.
Et Juliette enceinte ? Non.
Je ne voulais pas qu'elle gâche sa vie !
C'est moi.
C'est moi qui l'ai tué.
Elle crie.
Non ! Arrête ! Arrête !
-Lâche-moi !
-Juliette, tu es ce que j'ai fait de plus beau.
-Je gâche ta vie, tu gâches
la mienne ! -Ne dis pas ça !
-Tu me l'as tué !
-Mais Juliette...
-Je te déteste !
Je te déteste !
Ne me touche pas !
Elle pleure.
...
-Bonjour. -Vous avez retrouvé
l'usage de la parole.
-Les jeunes m'attendent. -Ah oui !
Votre petite fête rock and roll. Drôlement sympa !
Vous allez continuer à prêcher des interdictions que vous êtes
incapable de respecter vous-même ?
Bonne continuation.
...
C'est qui, cette femme ?
Elle est vraiment très très blonde.
-Cheryl, agent immobilier.
Elle a pris des photos de la maison.
-Elle a du style, Cheryl. C'est son vrai prénom, Cheryl ?
Pourquoi elle est venue faire des photos de ta maison ?
-Je m'en vais, Candice.
-Quoi ?
-Je t'aime, mais pas toi.
Pas assez pour t'engager.
Mais j'ai plus le temps
d'attendre que t'aies fini ta crise d'adolescence.
-Tu me trouves jeune, alors.
Je fais jeune, quoi !
T'as tort. Tu devrais me laisser du temps.
-Vaut mieux arrêter
avant de se faire du mal.
Tu vas me manquer, Candice Renoir.
Sous-titrage MFP.
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