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Zulu
...
-Tu as fait tout ça ?
Tu es un saint, en fait.
-On m'a proposé le prix Nobel de la moussaka, mais j'ai refusé.
Elle rit.
-C'est adorable.
-Non, c'est toi qui es adorable.
Le dîner peut attendre.
Caquètement de poule.
...
-Pardon, j'ai un petit... ...
Allô ?
*-Félicitations, vous avez gagné ! Appelez au 3678 pour remporter...
-Il y a un problème ?
-Ils ont besoin de moi en urgence.
-On n'a même pas commencé.
-Je suis désolée.
-Tu ne veux rien manger ? -Non. On recommencera.
...
Merci.
-Putain, je vais gerber.
-Salut.
-Salut, ça va ?
Alors...
Elle a été dans un sac à gravats,
mais il s'est déchiré.
-C'est ça qui l'a tuée ?
-Non, elle a été étranglée. Regarde.
Enfin, à première vue.
Cette nuit ou hier soir.
-Qui peut faire ça ?
-Un mec, je ne vois que ça.
-Les éboueurs
sont passés par la zone industrielle.
On a pu la balancer n'importe où.
-Tu as quelque chose ? -Rien.
Pas d'identité, pas de bijoux.
Les vêtements sont déchirés.
-Et Jean-Baptiste ?
-Il a échographie. -Un morceau de la robe
de notre inconnue.
-Ce n'est pas une inconnue.
*-Vous croyez que je fais ça pour le plaisir ?
-Je suis sûre que c'est elle. Cécile Dinitz.
-L'escort ? -Oui, "Chiara". Regarde la robe.
-Il y a peut-être
1 000 nanas qui l'ont.
-Une robe à 250 euros ?
-J'ai rentré les empreintes de la victime et là, direct...
-On l'a vue en garde à vue ? -Tu déchires.
-Non, Candice. -Je n'aurais pas dû la laisser.
-On n'est pas là pour jouer les assistantes sociales.
*Et vos parents ? Ils ne peuvent pas vous aider ?
*-Ils n'ont pas les moyens.
-C'est gentil d'être venus,
mais je suis sûre que vous faites erreur.
-J'aimerais bien, mais on est sûrs.
-Cécile était là hier soir.
A votre place.
Elle allait bien.
-Je vais l'appeler.
-On l'a identifiée.
-Elle appelle tous les jours.
-Madame...
-Ca fait longtemps qu'elle a déménagé ?
-Dès qu'elle a décroché un travail, elle a pris un studio
à Montpellier.
Elle a fait de bonnes études.
-Elle fait quoi ?
-Elle est comptable dans une usine d'armement.
Enfin...
Aide-comptable.
Elle va se faire une bonne place.
C'est une bosseuse, ma fille.
-Oui, Cissou.
C'est papa.
La police est à la maison. Ca nous rassurerait
que tu rappelles.
-Tu n'as pas fait son ancien numéro ? Fais voir.
-Le plus beau jour de ma vie, c'est quand j'ai eu ma chambre à moi.
Elle était petite,
mais quel paradis !
C'était à mon entrée en 6e.
-Moi, j'avais 17 ans. C'est quand ma soeur s'est mariée.
-Avant, les prostituées n'étaient pas des jeunes diplômées.
-Elle va nous appeler.
-Votre fille est partie à quelle heure ?
-Il était...
un peu après 22h.
D'habitude, elle prend le dernier bus,
mais là, son amoureux est venu la chercher.
-Vous le connaissez ?
-Pas encore.
Mais on s'est mis à la fenêtre pour la regarder partir.
-Tu crois qu'elle avait arrêté de se prostituer ?
-Un fiancé, c'est une bonne raison.
Tu as fini, chez Cécile ?
-Elle n'a pas été tuée là-bas.
Personne ne l'a vue rentrer.
-Un ordinateur ? Un agenda ? -Non, du fric,
des sous-vêtements à faire bander un saint et des accessoires.
-Une caméra a dû filmer la voiture du fiancé.
-Non, ici, elles sont caillassées.
-On a les relevés téléphoniques ? -Pas encore.
-Allô, ça va ?
Tu t'es remis de mon plaquage ? Tu n'as rien dans le ventre.
Dis-moi, j'aurais un service à te demander.
-On va faire du porte à porte ?
-Tu as une cigarette ? -Merci.
On va récupérer un film avec toutes les allées et venues du parking.
J'ai appelé mon pote des stups. Ils ont une équipe ici.
-Allons trouver à qui est cette bagnole.
-C'est bon, ça.
-Tu as vu ses petites mains ? Il suce son pouce.
-Ca va te coûter cher en dentiste. -Tu ne parles que de ton foetus.
-Ce n'est pas un foetus. -Tiens.
Notre suspect : Romain Duteil, 28 ans, aucun antécédent.
-Il n'a pas la tête de l'emploi. -Il faut une tête spéciale
pour étrangler une femme ?
-Il n'y a personne. -Attend.
(Fais le tour.)
-Qu'y a-t-il ?
-Tout va bien. Police.
-Respirez, allongez-vous.
-Il est arrivé quelque chose
à Romain ? -On voulait l'interroger.
-Qu'a-t-il fait ?
-Rien. Il a été témoin d'un accident.
-De la route. -Oui.
-Il était avec vous vers 22h ?
-Non, il avait un dîner. -Il est rentré quand ?
-Je ne l'ai pas entendu. Ce matin, il est parti vite et stressé.
-A cause de l'accident ?
-Non. Romain est sous pression en ce moment.
Il est directeur de clientèle chez Garcia Entretien.
C'est une boîte de nettoyage. Plus de 300 personnes.
Cris de douleur. -Respirez.
Respirez. Allongez-vous. Vous avez un antispasmodique ?
-Non.
-Elle n'en a plus.
Elle gémit. Respirez.
Elle en a.
Halètements.
-Je vous laisse
le brigadier Medjaoui.
-Pardon ?
-Il s'y connaît en grossesse.
Nous, on va aller voir votre mari à son travail.
Merci beaucoup et bon courage.
-Ah oui, pardon. Tenez.
Halètements.
-Je croyais que la priorité était de résoudre des enquêtes.
Oui, j'ai compris.
J'ai compris, commissaire.
Chef de groupe, c'est devenu un poste administratif ?
-Tu l'as voulu, tu l'as eu.
Le bureau de Romain Duteil ?
-C'est ici. Il est sorti fumer. -Merci.
Il est où ?
-C'est lui, là. Il s'en va.
-Vas-y, grouille.
-Vous me tenez au courant ? Merci.
Bon, j'ai lancé
un avis de recherche. -Je n'ai rien.
-Duteil était le client de Cécile.
Il a réservé Chiara pour dimanche.
Il a même appelé son portable d'ici.
-Et sa femme est enceinte...
-D'après ses collègues,
c'est le gendre idéal.
-C'est quoi, ce boxon ? Garcia. C'est moi, le patron.
-On est ici pour un meurtre.
-Le petit est innocent.
-Où était-il hier soir ?
-Ma jolie, je parle à ton chef.
-Un sucre dans le café ?
-C'est elle, le chef. -Ah oui ?
Hier, il était avec moi. Dîner d'affaires au Mezzo.
-C'est aussi bon qu'on le dit ?
-Vous avez fini à quelle heure ?
-Tôt. Il était même pas 22h. Il voulait rejoindre sa femme.
-On veut le nom de votre client.
-Ah non. C'est la moitié de mon chiffre d'affaires.
-Arrête de l'embêter, Antoine. On va plutôt
saisir ses ordinateurs.
-Allez.
Ils ont dépensé
546 euros au resto !
-Tu reviens du Mezzo ?
-Duteil a quitté le restaurant avant 22h et eux juste après.
Table 11, 22h09.
-546 euros ?
Moi qui voulais y emmener Jules... Il en rêve.
-Il a des goûts de vieux.
Rêver d'un gastronomique à 14 ans...
-C'est pas vrai.
546 euros sans dessert.
Il paraît qu'il y a un millefeuille au chocolat à tomber.
-On a retrouvé la voiture de Duteil.
-Oui, thaï, j'adore.
Les épices, moi,
ça me rend dingue.
Elle rit.
A demain, alors.
OK, ciao.
Ciao. -Ton prof de pilates ?
-Non, le médecin légiste. Une bombe, un petit cul...
Il a fini l'autopsie de ta cliente.
-Cécile.
-Refais-toi une carapace.
-Que dit ton médecin légiste ?
-Il situe la mort
entre minuit et 1h
et confirme la strangulation avec arme douce.
Elle a des traces de soie sur le cou.
Une cravate.
Elle était positive à la MDMA.
Elle a plongé plusieurs heures dans de l'eau chlorée.
-Piscine ? -Je l'ignore.
J'ai analysé la voiture de Duteil. Il ne l'a pas tuée là.
J'ai des empreintes,
mais pas de crime, pas de sexe.
Peut-être qu'il lui a fait le grand jeu.
Hôtel, piscine, jacuzzi. La classe.
Bêlement.
...
-Oui, Hervé.
Ecoute, j'ai essayé de te joindre dix fois,
mais je n'ai pas eu le temps.
Ce soir, non. Mais non.
Une amie du travail vient de se faire larguer.
Elle a besoin de moi
pour être soutenue.
A très vite. Je t'embrasse.
-Qui vient de se faire larguer ?
-C'est toi.
-Pourquoi tu as menti à ton voisin drôle, gentil
et sexy ?
-Je ne suis pas prête. Les enfants rêvent que je me remette
avec leur père.
-Là, on parle juste d'un plan cul après le travail.
-Justement.
Tu ne peux pas comprendre.
-Parce que je ne suis pas maman ?
-Tu couches avec ton prof de pilates, le médecin légiste
et même Antoine Dumas.
-On fait ce qu'on peut.
-En 20 ans, je n'ai connu
que mon mari.
-Tu déconnes ?
-On s'est connus en terminale. Il m'a prêté un CD de Téléphone
et voilà.
-Ah merde !
-Alors, quand Hervé est arrivé vers moi et qu'il a commencé...
-Oui.
-J'ai flippé.
-Oui, tu as paniqué. Pardon.
-Je ne sais plus
comment on fait. -Sérieux ?
-A 17 ans, j'étais jeune et fraîche.
Là, j'ai des rides, des bourrelets. Je ne veux pas qu'Hervé me voie.
-Ca va. Les mecs n'en ont rien à foutre.
Il faut s'assumer.
-Je suis con. -Mais oui.
-Je devrais tout lui dire. -Non.
Tu ne veux pas un confident, mais un amant.
Donc un, tu arrêtes de te prendre la tête.
Deux, on va reprendre un mojito.
Trois, tu te jettes à l'eau ce soir.
Et quatre, si c'est la panique, tu éteins la lumière.
OK ?
Deux mojitos !
-Trois.
Soupirs de plaisir.
...
-Sors de la salle de bains ! -Maman !
Tu avais dit qu'on ne pouvait pas
dormir avec Fun.
Elle soupire.
-C'est le trajet de la benne. -Et Duteil ?
-Il a éteint son portable.
-JB s'est installé chez sa femme, au cas où il la contacterait.
-Où a-t-il pu emmener Cécile ?
-On s'est tapé tous les hôtels.
-Et la banque ?
-Pas de CB hier soir.
-Il a payé en liquide. -Ou pas payé du tout.
-A quoi tu penses ? -Que faisait Duteil avant ?
-Il gérait les équipes de nettoyage sur...
Putain, mais tu es géniale.
-C'est vrai. Je peux savoir pourquoi ?
-Duteil connaît tous les lieux dont sa société assure le nettoyage.
-On en aura peut-être un
avec jacuzzi ou piscine.
Je voudrais parler à Jacques Garcia.
-On va comparer la liste avec le chemin de la benne
et on aura une réponse.
-OK.
-Je vous ai laissé plein de messages.
-Je sais, je n'ai pas encore rempli le tableau.
-Vous êtes le seul chef de groupe à ne pas le faire.
Dumas peut vous aider.
-C'est un problème de priorités. Je travaille sur le meurtre d'hier.
-La police a changé en 10 ans.
Rendre des comptes est devenu une priorité.
-Je suis à fond sur l'enquête. Vous cocherez la case "résultat".
-La sécurité des prostituées n'est pas prioritaire.
Hennissement.
Allez remplir le tableau. ...
-Oui, Chrystelle.
Où ça ?
OK, j'arrive.
Arrêter le meurtrier d'une prostituée,
ça vaut un demi-point ?
-C'est bien, ça. C'est très bien, l'humour.
Ca vous servira, quand je vous aurai fait muter.
-Circulez.
-Pasquali, c'est le commandant Renoir !
-Il m'a prise pour une cliente. Je me suis remise à courir.
Ca se voit. -Si tu le dis.
On a du bol, le club est fermé le lundi. Ils viennent de rouvrir.
-Alors ?
-Le filtre a dû être nettoyé récemment.
Il ne contient qu'une sorte de cheveux.
Ils sont fins et bruns.
-C'est tout ?
-Oui, car la pièce a été javellisée. C'est nickel.
Pas comme le reste du club.
-Tu vois Duteil prendre le temps de tout nettoyer ?
Ca n'a pas de sens. Il y avait quelqu'un d'autre.
-Mohamed Cissé bosse pour Garcia et fait le ménage ici.
-Monsieur Cissé, vous faites le ménage au club de gym ?
-Oui. Que voulez-vous ?
-Vous le savez.
-Je fais le ménage, c'est tout.
-On va arrêter de se raconter des conneries.
-J'ai fait mon travail toute la nuit. Je suis fatigué.
-On a un témoin qui vous a vu
tuer cette femme.
-Je vous jure, c'est pas moi !
-C'est qui ?
-Je ne peux pas vous le dire.
-Bon, vous allez être mis en examen.
Contactez un avocat. -Pourquoi vous faites ça ?
-Vous êtes marié, vous avez 3 enfants, un travail,
des papiers, pas de casier judiciaire.
Vous savez ce que vous risquez ?
-Monsieur Romain m'a appelé.
Il voulait les clés du club pour emmener sa femme.
Ca lui fait du bien de nager.
-Et ?
-Quand je suis arrivé pour faire le ménage,
je l'ai vu dans le jacuzzi avec la fille. Je croyais
qu'ils étaient morts tous les deux. J'ai secoué M. Romain, j'ai crié
et il s'est réveillé.
Il était bizarre.
-Et Cécile ?
-Elle ne bougeait pas.
M. Romain pleurait et disait qu'il avait tué la fille,
qu'il allait aller en prison. Alors, je l'ai aidé.
-Vous l'avez aidé à quoi ?
-Je ne peux pas le dire.
-Vous avez pris le corps,
vous l'avez mis dans un sac
et vous l'avez jeté dans une benne !
-J'ai honte.
Je l'ai fait pour aider M. Romain.
Il a écrit des courriers à la préfecture pour mes papiers.
Il m'a aidé pour l'appartement.
Je serais prêt à tout pour lui.
-Même aller en prison ?
Elle soupire.
-Il a craché le morceau ?
Cache ta joie, surtout.
Je ne rate jamais ma cible.
-Pauvre type, hein ?
On se fait un point sur Duteil ?
C'est une poubelle. Elle rit.
-Très pratique pour faire le ménage.
-C'est qui ?
-Denis Martel, le patron d'une boîte de cantines d'entreprise.
Il était avec Duteil et Garcia au restaurant.
-On a tout vérifié.
-Je suis curieuse.
Je veux savoir pourquoi
ils n'ont pas pris de dessert.
J'ai demandé à Mohamed ce qu'il avait trouvé autour du jacuzzi.
Il y avait des bouteilles vides et un gâteau.
-Et ?
-Un gros gâteau.
Duteil l'a partagé avec Garcia et Martel.
Et la petite cerise sur le gâteau,
c'était Cécile.
-Hm...
Ils rient.
-Il n'aurait pas dû venir avec sa femme.
J'y vais.
Donc Romain Duteil est parti
avant 22h du restaurant ?
-Tout à fait.
-Il marche mal, ce clavier.
Voilà. Et vous, donc,
avec M. Garcia, un peu après,
à 22h09 exactement...
-Oui, mais je ne suis pas rentré directement après.
Jacques Garcia avait organisé
un petit after dans un endroit discret.
Il y avait une fille charmante, Clara.
-Chiara.
-Ah.
Donc vous étiez là-bas.
-Ah oui.
Ma femme et moi
sommes un couple ouvert.
On perpétue la tradition du libertinage.
Ca pimente notre vie.
Même si c'est mal vu,
on y prend du plaisir.
-D'ailleurs, mercredi soir, nous recevons des amis ouverts,
si vous voulez passer.
-Euh...
Donc vous avez eu des rapports au club avec Chiara.
-Oui, oui.
Bien sûr. Mais...
ce n'était pas
très satisfaisant.
-Comment ça ?
-Elle était très agitée.
Elle avait pris des substances. Ce n'est pas mon truc.
Moi, ma drogue, c'est le sexe.
-Et...
-Quand je m'en suis rendu compte, j'en ai parlé à Jacques.
On est partis.
-Il était quelle heure ?
-23h. Non, c'est ça ?
-Il était 23h30 quand tu es arrivé à la maison.
Ensuite, mon mari m'a raconté la soirée en détail.
On se raconte tout.
C'est terrible, les ravages de la drogue sur les jeunes.
-Ca va ?
-Ils sont immondes.
Comment elle peut accepter ça ? -Elle a l'air de s'amuser aussi.
-Elle n'a peut-être pas eu le choix.
-Elle est chirurgien. Elle a le choix.
C'est la femme idéale. -Vraiment ?
-Merci.
Je voulais
éviter de mêler mon client à ça.
C'est quoi,
le problème ? Martel et moi sommes partis à 23h.
La fille était vivante.
-Cécile est morte entre minuit et une heure.
-Je suis arrivé chez moi vers 23h30.
Vous avez dû vérifier.
-Vous avez initié la fête.
-Et alors ?
J'ai demandé à Romain
d'organiser ça pour fêter le contrat.
Ce n'est pas avec des chocolats à Noël qu'on fait des affaires.
Mais le gamin a pris de la drogue et a dérapé, voilà.
Il n'avait pas les épaules pour passer directeur.
-La mort de Cécile, c'est juste
une erreur de management.
Ses parents veulent l'inhumer.
-Ils l'ont vue ?
-Ils ont compris, là.
-On doit coincer Duteil. -Ses proches sont sur écoute ?
-Oui.
-Sa femme est à 15 jours du terme. Il va sortir du bois.
-Respirez, Mme Duteil.
Tout va bien se passer.
Sirène des pompiers.
-Ca va ?
-On y est, là.
Rassurez-vous.
-J'y vais.
...
Elle crie.
-Il fait chaud là-dessous.
On s'est bien fait remarquer, là.
-Avec la sirène, ils sont au courant jusqu'à Palavas.
-Vous mettez toujours le masque à gaz ?
-Généralement, non.
-Quand on vous appelle, vous venez vite ?
-Oui, pourquoi ?
-Ma femme est enceinte et du coup...
Je vous montre l'échographie ? -Oui.
-Tes devoirs, tu en es où ?
Ah, c'est bien, ça.
Prête-lui. Non, tu lui prêtes, Jules.
Et tes maths, tu en es où ?
-Monsieur Duteil, police ! -Lâchez-moi !
Ma femme ! Où est ma femme ? Que lui est-il arrivé ?
-Parle plus fort.
Le cahier de correspondance ?
Mets-le dans l'entrée.
Je le signerai
dès que je rentre. Je t'embrasse, mon amour.
-C'était la 1re fois de ma vie que je prenais de la drogue.
J'ignorais que je pèterais les plombs.
-Vous n'étiez pas obligé
d'en prendre.
-J'étais hyper tendu dans la voiture.
Chiara s'en est aperçue.
Elle... Elle était sympa,
cette fille.
Je lui ai dit que je n'avais jamais participé à ce genre de truc.
-Elle vous a donné
de la MDMA ?
-Au début, c'était génial.
Je planais.
Chiara a fait une pipe à chacun.
C'était le deal.
Monsieur Garcia
n'arrêtait pas de répéter que se partager une femme,
ça scelle l'amitié, que j'entrais
dans la cour des grands.
Je n'avais même plus honte.
Je n'aurais pas dû boire du champagne en plus.
-Que s'est-il passé ?
-J'ai commencé à me sentir mal, à devenir agressif.
Quand mon boss et Martel sont partis,
Chiara a voulu que je la raccompagne. J'ai refusé.
Je voulais aller dans le jacuzzi avec elle.
-Vous l'avez violée.
-Non, j'ai voulu l'embrasser et elle m'a repoussé.
Elle m'a dit qu'elle voulait rentrer.
-Vous l'avez forcée ?
-Je l'ai attrapée par les cheveux.
Elle a crié
et m'a poussé dans le jacuzzi. Après, j'ai oublié.
-A votre réveil, où était votre cravate ?
-Autour de son cou.
-Oui, Mme le substitut, je vous remercie.
On le défère maintenant.
-Il ne verra pas son fils naître.
-Je pose une récup' demain.
-Il n'a pas le profil.
-JB...
On a des aveux signés.
-Il ne se souvient pas de l'avoir tuée.
Et l'alibi de Garcia ?
-Il est béton. -Je peux voir ?
-Quelle confiance !
-Je ne le sens pas, ce type. D'après Anaïs Duteil, il a un souci
avec les femmes. -Et Anaïs Duteil pense quoi
de l'allaitement ?
-Je ne dois pas réfléchir ? -Voilà, je préfère.
Je plaisantais, là.
On va déjeuner ? -Ouais, grave.
-Allez.
-Tu iras mieux
quand tu auras bouffé.
-C'est quoi, le souci de Garcia ?
-Laissez tomber. Ca me touche de trop près.
-Fais-toi confiance.
Pour une fois.
-Ne bougez pas, je reviens.
Mathilde.
Venez.
Mathilde ?
Voici le commandant Renoir.
-Bonjour.
-Mathilde était responsable qualité chez Garcia Entretien,
jusqu'à ce qu'elle touche un gros chèque de 70 000 euros.
-Qu'est-ce qui valait ça ?
-Mon silence, pour que je ne porte pas plainte.
-Il vous a violée ?
-Pas lui, un de ses clients. Denis Martel.
M. Garcia m'avait proposé de déjeuner avec eux
parce que M. Martel appréciait mon travail.
"Appelez-moi Denis."
Le déjeuner s'est bien passé malgré quelques blagues déplacées.
Mais quand je suis sortie des toilettes,
il était derrière moi.
-Denis Martel ?
-Il s'est serré contre moi, a dit que je l'excitais.
J'ai essayé de me dégager.
La porte était fermée.
Il a mis sa cravate autour de mon cou et a dit :
"On va jouer."
J'ai dit non, mais il a serré plus fort.
Il a dit : "Il y a des non qui veulent dire oui."
J'aurais dû...
me défendre, hurler,
je ne sais pas.
Je pensais à mon travail.
Je l'ai laissé faire.
-Vous n'avez pas porté plainte ?
-J'en avais parlé à mon copain.
Il avait demandé si ce jour-là, j'avais mis une jupe.
J'ai accepté le chèque.
Ca m'a permis de tourner la page.
Je ne porterai pas plainte contre Martel.
-Il a peut-être recommencé. Cette fois, une femme est morte.
-Vous êtes sûre que c'est lui ?
-Non, mais c'est troublant.
Elle s'appelait Cécile.
Jacques Garcia a organisé
une soirée privée avec Martel.
On l'a étranglée avec une cravate. -C'était...
-Une prostituée.
Elle estimait
qu'elle avait terminé.
Vous aviez le droit de dire non.
Elle aussi.
-Martel se croit
tout permis avec les femmes.
Je n'ai pas la force.
-Il recommencera.
-Mathilde, aidez-nous.
S'il vous plaît.
-Voilà, c'est ça. Allez, ciao.
-M. Garcia.
-Encore vous ? Je croyais que c'était fini.
-Il reste de la paperasse.
Quelques précisions.
Le fameux soir avec Martel, vous êtes partis ensemble.
-Je vous l'ai déjà dit.
-D'accord.
Vous vous êtes dit au revoir où ?
-Je ne sais pas. Que voulez-vous dire ?
-Je veux visualiser la scène.
-On s'est salués sur le parking.
-Le parking du club est comme celui-ci,
avec deux rangées. -Oui, et alors ?
-On ne peut pas placer deux voitures pour sortir.
Qui est sorti en premier ?
-Moi, pourquoi ?
-C'est votre meilleur client et vous sortez en premier ?
-On n'est pas des danseuses. On sortait du parking.
-En fait, je me demandais
si M. Martel n'aurait pas fait demi-tour
pour faire à Chiara comme à Mathilde.
-De quoi vous parlez ?
-Mathilde. Mathilde Guillon.
Vous lui avez signé
un chèque de 70 000 euros pour dissimuler le viol.
-Il n'y a jamais eu de viol.
Martel a du succès avec les femmes.
Mathilde est une manipulatrice qui a voulu se faire du fric.
Elle a porté plainte ? Non.
-Aucun rapport donc.
Ne vous tracassez pas
pour le parking. Je vais vérifier
sur les caméras. -C'est ça.
Au revoir, j'ai du boulot. -Au revoir.
...
-Il sait qu'il n'y a pas de caméras.
-Il protège Martel. Il ne dira rien, même sous la torture,
et j'en rêve.
On y va ?
-Oui.
-Ca ne va pas ?
-2 jours que je ne suis pas rentré.
-C'est vrai. Je te dépose.
Tu as fait du super boulot.
-Oui, mais c'est mort pour Duteil.
-T'inquiète. Je ne vais pas lâcher.
-Il y a un problème ?
-On est passés à côté de la vraie scène du crime. Retournons au club.
-Ca me soûle. L'enquête est finie.
-Tu préfères qu'un macho continue à agresser les filles ?
-D'accord, je vais faire un effort.
-Tu continues l'enquête sans me prévenir ?
Je suis con ?
-Désolée, j'arrête. C'est trop propre.
-Il n'a nettoyé que le jacuzzi, ça ne devrait pas être propre ici.
-Ou quelqu'un d'autre a nettoyé.
-Cécile aurait pu être tuée ici ?
-Là ! Hé ! Dis !
(Chut, chut.)
-Non...
Elle crie. -Arrête !
...
-Je pense qu'après,
Martel a mis le corps de Cécile dans les bras de Duteil,
évanoui dans le jacuzzi.
-Peut-être qu'elle a été tuée ici, mais je n'ai pas de preuves.
Appelez la PTS. -Attia refusera.
-J'interroge encore Martel. -Ou tu réponds à son invitation.
Il organise une partouze ce soir. Elle est invitée.
-Non ?
-Tu plaisantes ?
-Il a raison, Martel. Tu es coincée.
-Waouh, tu es super.
-Tu as eu une mauvaise note ?
-Emilie joue au Progrès ce soir. Je peux y aller ?
-Oui.
Si tu te couvres les fesses.
-Tu me l'as achetée.
-Oui, pour dormir.
-Je ne vais pas
y aller en burqa.
-Ta copine va mieux ?
Tu l'emmènes danser ?
-Ce n'est pas ce que tu crois.
Attends !
Musique lounge.
...
-Bonsoir. -Bonsoir.
-Quelle bonne surprise.
Entrez.
Je vous débarrasse ?
-Non, j'ai un peu froid.
-Une coupe de champagne vous réchauffera.
...
Mon mari va être content.
...
Gémissements de plaisir.
...
-Ca vous plaît ?
-Moi, je ne suis pas très porno.
-Ce n'est pas du porno, c'est du live.
...
On les rejoint ?
-Non, vraiment. Merci.
...
J'ai changé d'avis.
Bonsoir.
-Oh...
Quel plaisir.
-Bon...
On y va ? -Non, pas sans Denis.
-Plus tard. Je vais faire une pause.
-A cause de votre blessure ?
J'ai vu
que vous aviez été griffé.
-Ca ?
C'est un cadeau de Sade, mon chat.
-Il a été castré. Il se venge.
-Vous m'excusez ? J'ai envie d'un tête-à-tête.
Que faites-vous ici alors ?
Vous n'êtes pas ici en tant que flic.
Ce serait risqué pour votre carrière.
Vous ne portez pas de micro.
On va pouvoir passer aux choses sérieuses.
-Vous voulez dire avec une cravate ?
-Vous aimez les défis ?
C'est excitant, hein ?
Vous voulez choisir l'arme du crime ?
-Si je dis non, vous faites quoi ?
Vous allez me faire la même chose qu'à Cécile et Mathilde ?
-Les femmes,
je les connais par coeur.
Vous commencez par dire non,
mais en fait,
ce que vous voulez vraiment...
Oui.
Vous êtes très physique, hein ?
Je l'ai senti tout de suite.
Ca fait un peu mal au début...
Halètement.
Mais après...
Elle suffoque.
-Salope, j'en étais sûr ! Alors, c'est ça,
tes cours de yoga ?
Ca va ?
-Oui.
Heureusement que tu es arrivé.
-Je n'aurais pas dû te laisser y aller seule.
-Ca en valait la peine.
Martel a une griffure ici.
Je suis sûre que c'est Cécile.
Elle a dû se défendre. Il doit y avoir son ADN sous les ongles.
-Tu vas convoquer Martel pour prélever son ADN ?
-On peut le faire discrètement.
Tu as la main lourde. -J'étais dans mon rôle.
Excuse-moi.
On a quelque chose ?
-Non, désolée. Sers-moi un demi.
-C'est pas possible.
-Il n'y a rien sous ses ongles.
-C'est trop ancien ?
-Non, l'ADN, c'est tenace. Elle ne l'a pas griffé.
Il s'est fait griffer par son chat.
-N'importe quoi.
Alors, on lâche l'affaire ?
-Tu proposes quoi ? Le dossier est vide.
Mathilde ne témoignera pas. Martel et Garcia se couvrent.
-On n'a rien sur Martel.
-On le chopera un jour.
-Duteil ne verra pas grandir
son môme.
-C'est monstrueux.
-Votre mari est rentré à quelle heure dimanche ?
-Vous ne comprenez pas.
Mon mari aime trop les femmes pour leur faire du mal.
-Vous n'y étiez pas.
-Je le crois.
-Vous croyez que le chat l'a griffé ?
-Oui.
-Vous le couvrez.
-Y a-t-il beaucoup de couples qui, après 20 ans de mariage,
sont aussi heureux ?
(Non.)
La recette, c'est la confiance. On se fait confiance.
Vous avez déjà aimé un homme ?
Vraiment ?
-Pas au point de tout accepter.
-Maintenant, vous êtes seule.
Elle frappe.
-Salut.
-Je voulais m'excuser.
-Ah bon ?
-En fait...
Je suis venue parce que...
Je voulais t'expliquer
pourquoi je fuis. -(Arrête.)
Tu n'es pas prête, c'est tout.
Tu dis que tu as tourné la page,
mais je n'y crois pas.
Il ne suffit pas d'enlever son alliance pour passer à autre chose.
La preuve.
Tu as toujours la marque.
-Mais la bague...
Bien sûr !
Elle l'a griffé avec la bague.
J'aurais dû y penser.
Hervé...
Merci. Merci mille fois !
Elle crie. -Arrête !
...
Elle rit.
...
Elle frappe.
...
Sous-titrage MFP.
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