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…
Une voiture roule.
...
... Musique étrange
- T'as pas de feu ? - Non.
- Tu fumes pas.
- J'ai arrêté.
- Fait chier.
…
... Grognement
… Soupir
...
... ...
Putain, j'étais sûr...
…
Bon, laisse tomber.
… …
…
… *Propos indistincts au talkie-walkie
... ...
...
Bonjour. - Bonjour, patron.
…
- Il avait une casquette. - Bonjour.
- Bonjour, commissaire.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? - Je bougeais pas,
je savais pas quoi faire.
À un moment, il a dit "C'est rien, c'est pour un film."
- Vous êtes sûr ? - Certain.
Il était très calme.
J'étais étonné, il venait de tirer sur des gens.
Il a dit ça comme ça : "C'est pour un film."
…
Brouhaha
...
- Ici, c'est l'unité 2.
…
Les gars, salut. - SALUT.
- Voici la nouvelle surveillante, elle remplace Étienne.
- Bonjour. - Salut.
- Comment elle s'appelle ? - Surveillante.
- Pas très chaleureux. - Jolie et pas de prénom.
Rires
- Récupérez vos plateaux.
Y a des cellules des 2 côtés.
- Oui. - Tu peux jeter un œil.
Vas-y. - Bonjour, messieurs.
- Bonjour. - Normalement, ils sont 4 à 6.
- Oui. - Après, ils s'organisent.
Les chefs sont seuls avec vue sur mer.
- Vue sur mer ? - Ouais.
- Bon appétit. - MERCI.
- Il est où, le jeune ? - Maestraggi ? Au parloir.
- Jusqu'à quelle heure ? - J'en sais rien.
Ici, c'est une salle pour le sport.
- D'accord, oui. Bonjour. - Salut.
- Et là, l'office,
le lieu de vie en société.
Les gars, bon app', ça va ?
- Bon appétit.
- C'est la nouvelle surveillante. - ENCHANTÉ.
- L'idée du régime ouvert,
c'est que les cellules sont ouvertes de 7h à 19h.
On les ferme 30 minutes le midi pour la relève.
- Matonne !
Ho !
Ho. - Ho, Pietri ! Ça va ?
- Ça va. - Vous avez minci,
vous avez l'air en forme. - C'est l'air du pays.
- Vous vous connaissez ? - De Fleury avant son transfert.
Mais vous étiez pas conditionnable ?
- Faut demander à la JAP, ça devrait plus tarder.
- J'espère.
- Tu fais quoi en Corse ? - Moi aussi, je voyage.
- Le parloir, j'écoute.
- Et y a la prime insulaire. - T'es maligne, toi.
- Vous me tutoyez ?
- Ça va. Tu peux me tutoyer, on est plus en France.
- Un peu quand même. - Arrête. Ici,
tu peux m'appeler Saveriu.
- Elles sont assez cirées. Allez manger.
- Ouais, je vais manger.
- Bon appétit. - Merci.
- Surveillante.
Il est où, Maestraggi ?
- Bonjour. - On s'est déjà dit bonjour.
- Il est en parloir. Vous allez tous demander ?
- Et comment il mange, Rossi, sans son goûteur ?
- Quel goûteur ? - Maestraggi.
Comment il fait, Rossi ?
- Il se prend pour Louis XIV ?
- Quoi, Louis XIV ? - Laisse tomber.
- Marchetti, arrête ton cinéma.
On t'a dit, il est au parloir, il va pas tarder.
- Ça va refroidir. - Si c'est froid, tu réchaufferas.
- C'est normal qu'il ait un goûteur ?
- C'est Rossi, il est complètement parano.
C'est le seul qui garde sa porte fermée.
Alors que c'est peut-être le seul endroit où il est en sécurité.
C'est la Paix des Braves, mais il a un goûteur.
- C'est quoi, la Paix des Braves ?
- C'est comme un pacte de non-agression.
C'est tacite, mais ça tient depuis des années.
- Y a pas de clans ici ? - Si, bien sûr.
Ils sont tous plus ou moins rattachés à un clan.
Mais pendant la détention, ils vivent sans s'agresser.
- Et Pietri ?
- Saveriu, il dépend de Scaniglia.
Tu vois, ils tournent ensemble.
Sonnerie
Des portes s'ouvrent.
Musique sombre
...
- Monsieur le commissaire.
…
Interpellations en corse
… …
- Là, il va arriver.
Là, c'est Rossi. - Oui.
- Il a voyagé tout seul.
Marchetti le rejoint après,
il est venu le chercher, en fait.
Vous voyez ? Il dit bonjour.
Il est facile à reconnaître. - Et la valise ?
- C'est rien, 1500 euros en liquide,
une trousse de toilette et des habits.
- C'est qui, là ?
- C'est une femme, ils se sont croisés par hasard.
- Elle part tout de suite. - Oui.
- Ensuite ?
- Ensuite...
Poum, poum.
Et il s'en va.
- Là, il a plus l'arme.
- Il a dû la mettre dans son sac, regardez.
- Avant, les mecs prenaient la peine de courir.
- Les gars passent de cellule en cellule, normal.
L'office, on dirait un café, tellement ils sont détendus.
Ils appellent ça "le Club Med". - Les détenus sont comment ?
- Normaux, mais tous Blancs. Ils regroupent tous les Corses.
- Pas de Noirs, pas d'Arabes ? - Pas dans l'unité 2.
Ça m'a fait bizarre, après Fleury.
Et toi, t'as fait quoi ? - J'ai vidé les cartons.
J'ai acheté du bois pour monter un meuble.
- Rends mon vélo. - Inès, tu rends le vélo.
- Rends-le. - Viens le chercher.
- Inès.
- Je m'occupe. J'attends une réponse
du CFA, je peux pas m'empêcher de regarder mes mails non-stop.
- Ça sert à rien.
- Je ferais bien la danse de la pluie, mais...
- Tu me le rends. - Non.
- Inès, j'ai dit quoi ?
- Je veux faire du vélo. - Non.
Stop, tu lui rends son vélo.
C'est pas ton vélo. Tu lui rends, allez, hop.
Ça suffit, tu arrêtes, tu lâches. Avance.
- On t'en achètera un. - J'en veux un
maintenant. - Tu demandes pas comme ça.
N'importe quoi. Aboiements
- Ho ho ho !
Il veut quoi, le chien ? - Désolée.
- Faut le maîtriser. - Elle est pas méchante.
- C'est quoi ce chien ?
- Elle veut juste jouer. - C'est pas la question.
Votre fille a pas à piquer son vélo. - Ça va, cousin.
- Je suis pas ton cousin. - Ni cousins ni frères.
- Elle l'a pas volé, le vélo. Exclamations
- Elle partait avec. Si c'est pas du vol, c'est quoi ?
- Elle a 5 ans, elle sait pas ce qu'elle fait. Détends-toi.
- Justement, je me détends. …
Mon petit, je lui dis quoi faire dans la vie.
- Tu vas raconter ta vie ? Ferme ta gueule.
- Toi, tu la fermes. - Parle doucement.
… Parle doucement.
…
Kahina, stop. - Rentrez chez vous.
…
- Ça va.
- Ils ont rien d'autre à faire ? Ferme ta gueule, toi.
Toi aussi.
Kahina !
- Tu vas te taire ? Tu nous casses les oreilles.
Djibril siffle. - Kahina ! T'es où, mon chien ?
Protestations en corse Kahina !
…
- Je t'ai réveillé ? - Il fait trop chaud pour dormir.
Tu faisais quoi ? - Rien.
Laisse tomber.
- C'était où ?
- Devant la porte.
- Faut aller déposer plainte.
- C'est de la provocation.
- On peut pas nous traiter comme ça.
- Ça passera, on vient d'arriver. - Justement, faut marquer le coup.
Ça fait beaucoup. Si on fait rien, ça va jamais s'arrêter.
- On va pas pleurer au commissariat.
Y a pas de preuve, ils diront qu'ils peuvent rien faire.
- Kahina est revenue ?
- J'arrive, ma chérie.
Allez. - J'arrive pas à dormir.
- J'y vais. - À tout à l'heure.
*Radio en corse
...
- Si ça continue, ça finira mal.
- Quoi ? - Vos méthodes de fasciste.
C'est pas avec des bananes qu'on partira.
Compris ? - Quelles bananes ?
- Tu sais de quoi je parle, arrête de nier.
- Casse-toi. - Un homme, ça assume ses actes.
- Écoute-moi bien.
Moi, j'assume. Si y a un problème, je le dis en face.
Ta môme... - Quoi ?
- Ta mal élevée qui se croit tout permis.
Je veux plus que ça se reproduise. OK ?
Pour le reste, viens pas m'accuser comme ça chez moi.
Casse-toi. T'es pas procureure, non ? Allez.
- C'est ça, ouais. - Ouais, c'est ça.
T'as de la chance que je frappe pas les femmes.
Il claque la porte.
- Ça, c'est près du parking, à côté de l'aérogare.
- Qu'est-ce qu'il fait ? - Il s'étire.
Ça dure un petit moment.
- Vous avez son visage ?
- Pas vraiment, non.
Alors, il était ici.
Je le récupère plus tard, toujours seul.
C'est avant les coups de feu, 15h56.
Voilà.
- Ça fera un beau portrait-robot.
- On a fait les relevés ADN sur les sièges.
- Rien d'exploitable ? - Rien.
- Préparez un rapport, je ferai suivre au juge d'instruction.
- Je cherche toujours l'identité du tueur ?
- Si ça vous amuse, mais vous trouverez rien. Et c'est pas grave.
C'est un règlement de comptes entre bandes de Corses.
Qu'ils s'entre-tuent, ça nous fera des vacances.
Des détenus se chamaillent.
- Bonjour, messieurs. - Bonjour.
…
- Andria.
- Réfléchis, avant de te lancer comme une brute.
- Bonjour. Vous avez pas vu Andria ?
- Il est derrière, regarde. - Merci.
Andria.
Vous avez votre RDV avec le JAP. - Ouais, j'arrive.
...
- Mais... Vous avez vu l'état de la cuisine ?
Vous allez avoir des cafards. - Les cafards sont à l'unité 4.
Rires
- Si j'étais vous, je rigolerais pas. C'est insalubre.
- Insalubre.
- Bon, vous venez ou j'annule votre JAP ?
Ça fera bonne impression. - J'arrive.
- Tu peux toujours nettoyer.
- Pardon ? - Si tu trouves que c'est sale.
- Je suis pas serviteur. - T'es quoi ?
- Surveillante. Et arrêtez de me tutoyer.
- Allez, on joue. (mot corse)
- Va conduire Andria, ça t'occupera.
- Vous vous appelez comment ?
Vos excuses, ou je fais un rapport. - À quoi tu joues ?
On est plus à Paris. - Je m'appelle Orso, et après ?
- Vous nettoyez.
- C'est quoi le sujet ?
- Elle veut qu'on nettoie. - Je veux rien.
Mais si vous êtes incapables de vous gérer, on fermera l'office.
Brouhaha - Tu nous menaces ?
- Non, c'est des conseils.
…
- On nettoie le dimanche. - Vous voyez pas que c'est sale ?
- On est plus propre que toi, tu peux en être sûre.
- Excusez-moi, une cuisine comme ça, c'est être sale.
(Il parle en corse.) - Reculez. En français.
- Les gars, elle a raison. On peut nettoyer, c'est dégueulasse.
- Qui va nettoyer ? - Je veux bien le faire.
Si tout le monde s'y met, en 5 minutes, c'est plié.
- Ouais, vas-y.
…
- C'est Andria.
- C'est nettoyé. Fin de l'histoire.
- Tant mieux.
- Ils ont fait un peu les malins, mais ça se reproduira plus.
- Ah bon ? - Oui, je leur ai expliqué.
C'est terminé. - Tu leur as expliqué quoi ?
- Je leur ai expliqué, c'est tout.
On n'est pas à Fleury. Tu peux discuter avec les détenus.
- Hm hm. J'ai vu ça.
- Matonne, ça va ?
- Oui, ça va.
- Et aux Salines ?
- Comment tu sais que j'y habite ? - Tout se sait, ici.
- Ça va.
- T'es sûre ?
- Oui, ça va.
Les enfants adorent.
- Hm.
Tu sais que j'ai des yeux.
Je vois bien qu'y a un problème.
C'est quoi ?
Tu peux me le dire.
- C'est pour mon mari, Djibril, c'est plus compliqué.
- Il te traite mal ? - Pas du tout.
- Alors quoi ?
- Des histoires de voisinage pas très agréable.
- Ah ouais. C'est le problème avec les Salines.
- C'est le temps qu'on prenne nos marques.
- Hm. - C'est normal.
- Allez. T'inquiète pas, va.
À plus. Il sort.
Sonnerie de téléphone
- Allô ? *-Allô, Mélissa. Tu m'as appelé ?
- Oui, qu'est-ce que tu fous ?
*-J'étais à la police, ils ont dit qu'ils enquêteraient
sur les producteurs de bananes. T'imagines ?
- C'était sûr, tu t'attendais à quoi ?
Je t'ai dit qu'on pouvait régler ça sans eux.
*-C'est honteux.
- T'es où, là ? Faut aller chercher les enfants.
*-Ah ouais ? - Bah ouais. Tu penses à quoi ?
*-Moi ? - Oui, toi, pas le pape.
Préviens-moi si tu peux pas y aller. *-Je suis à l'aéroport.
- Qu'est-ce que tu fous là-bas ?
Les enfants jouent.
...
Bon, les enfants, vous bougez pas, j'arrive.
Adam, je compte
sur toi. - Oui.
- Veille sur ta sœur et ouvrez à personne.
- C'est bon, là. - Ça va.
- Allez, là. - Bonsoir.
- Doucement.
- C'est bon, il est avec moi.
- Vous le connaissez ? - C'est mon mari.
- Vous lui direz qu'il a pas à être en état d'ébriété
dans un lieu public. - Je le prends.
- Ils veulent pas que je parte en soute.
- Il devrait être en cellule de dégrisement.
Allez, on se lève. - Allez.
- Franchement, vous mettre dans cet état devant votre femme.
- Ça va, vous me dispensez de vos commentaires.
Moi, je vous parle pas de votre femme.
- Pour information, j'ai pas de femme.
- Tant mieux pour elle. - Heureusement que vous êtes là.
J'apprécie ce que vous faites.
Serrez-moi la main. - Allez, avance.
Y a les enfants dans la voiture. - Vous êtes des braves.
- La sortie, c'est là.
- Mon casque. - Tu touches pas.
Arrête ! - Et bonne soirée à vous.
- Je suis un instinctif. - De quoi ? Redescends sur Terre.
Je te jure, tu vas finir au bord de la route.
Arrête de rigoler, tu vas rentrer en stop.
- T'as retrouvé Kahina ? - Ça suffit.
Vous arrêtez avec ce chien, c'est pas le moment.
Je comprends pas. On vient pour un nouveau départ
et à peine arrivé, Monsieur veut repartir.
Je te retrouve comme un clochard.
Ça fait 100 kilos et ça tient pas l'alcool.
T'as voulu une année pour ta formation de menuiserie,
personne t'a forcé.
- J'ai pas été pris.
- De quoi, t'as pas été pris ?
- Au CFA.
Je les ai appelés parce que j'avais pas de nouvelles.
- Pourquoi tu m'as rien dit ?
- Je te le dis, là.
- Pourquoi tu commences pas par ça ? - Je sais pas.
Parce que ça m'emmerde.
- Je suis désolée pour toi.
Mais c'est pas une raison pour faire n'importe quoi.
On va trouver, t'inquiète pas.
C'est pas la fin du monde.
*Informations télévisées
...
... On toque.
*Informations télévisées
On toque.
- Bonsoir.
Pardon de vous déranger. Vous avez récupéré votre chien ?
- Oui, pourquoi ?
- On veut pas être intrusif, mais quelqu'un veut vous parler.
Propos en corse
- On est parti sur de mauvaises bases, y a eu malentendu.
- Elle comprend pas.
- Je veux pas de problèmes, on s'est pas compris.
- Elle comprend pas. Claque
C'est la dernière fois que je te le dis.
- Je vous demande pardon, et à votre mari.
- Maintenant, tu la regardes dans les yeux.
- Je vous demande pardon.
- T'as fini ? - C'est bon.
- On peut recommencer,
si vous avez besoin de moi, je suis juste en face.
- Basta, t'en dis trop ! Il faut être simple.
On vous dérange pas plus. Bonne soirée.
- Laissez-le tranquille. - On le raccompagne juste chez lui.
Elle verrouille.
- C'est lui, là.
Le Partner gris, vous voyez ?
- Gris, c'est vous qui le dites. - Oui.
La plaque commence par
A-I.
- A-J.
- Ou A-J.
J'ai l'entrée du parking, on va le prendre comme ça.
- C'est ça, là ? - Non.
Soupir Là.
- Toute façon, c'est une voiture volée ou une doublette.
- On va trouver.
- Vous m'appellerez
quand vous aurez quelque chose. - Ouais.
*Musique de radio Coups métalliques
... ...
...
... ...
- Qu'est-ce que vous faites ?
- Il nous manque des clés Allen.
- Et ? - Va voir à l'atelier, ils en ont.
… …
- Bonjour.
- Bonjour.
Comment se passe votre intégration ? - Bien.
Un détenu, Scaniglia, installe une clim dans sa cellule.
- Un climatiseur ? - Oui.
Je sais pas comment ils ont fait entrer ce truc.
- Il fait chaud, je les comprends. J'ai aussi commandé un climatiseur.
Asseyez-vous.
Vous allez comprendre comment les choses s'articulent ici,
c'est une affaire d'appréciation des problématiques.
Vous savez ce qu'on dit sur l'unité 2 ?
- Non.
- Que c'est les détenus qui surveillent les gardiens.
Un article de presse l'a même écrit.
Vous êtes d'accord ?
- Non.
Les détenus sont autonomes, mais ils écoutent ce qu'on leur dit.
- C'est ce qui m'intéresse le plus.
Si le fonctionnement quotidien est un peu déroutant,
ça m'importe assez peu.
On dira que c'est une spécificité locale.
- Là, Scaniglia veut
que j'apporte des outils, je fais quoi ?
- Lesquels ? - Des clés Allen.
- Vous pouvez, mais ils doivent les rendre.
- Merci.
- Dhaleb,
jusqu'ici, l'unité 2
ne m'a posé aucun problème,
mais si des choses vous semblent perfectibles
ou sujettes à caution, continuez de m'en faire part.
Vous êtes mes yeux.
- Vas-y, coco. Allez !
C'est pas possible. Montre-lui.
*Talkie-walkie - Bien reçu.
- Allez, montre-lui.
Allez, j'ai confiance en toi, tu l'as.
- Pietri, c'est l'heure, on y va.
(mot corse)
J'arrive avec Pietri.
Brouhaha
...
- Ton voisin a bien reçu le message, hein ?
…
- T'as dit quoi ?
- Ton voisin, il a reçu le message, ou pas ?
- T'es au courant pour hier soir ? - Évidemment.
Fallait pas intervenir ?
Fallait intervenir, ou pas ? - Oui, merci.
- Me remercie pas, j'y étais pas.
Tu fais la gueule ?
T'es jalouse parce que je sors.
- Merci.
Bon, bah, profite bien, alors.
- De quoi ? Je vais devoir travailler.
J'ai un projet professionnel, sinon je sortais pas.
Matonne, comme je pars, je peux t'appeler par ton prénom ?
- "Matonne", j'aime bien. - T'abuses.
Tu sais comment ils t'appellent, les autres ?
- Un truc raciste ?
Il rit. - Ils t'appellent Ibiza.
À cause de Julien Clerc.
- Ah la la, ça va me manquer, tes conneries.
Si j'ai pas le moral, je t'appelle. - Non.
Tu m'appelles pas.
Pas de téléphone.
Tu sais comment je suis tombé ? - Ça me regarde pas.
- C'est à cause d'un téléphone.
J'ai fait confiance aux mauvaises personnes.
Mais bon, c'est une erreur de jeunesse.
Maintenant, je travaille à l'ancienne.
C'est moins rapide, mais tu vas plus loin.
Et t'inquiète pas, la Corse, c'est petit.
Si on doit se croiser, on se croisera.
Ici, ça continuera à bien se passer.
Il t'arrivera rien en unité 2. - Si tu le dis.
- À plus. - Bon courage.
Tiens, un bon de sortie.
- T'as rien vu à la fouille ce matin ?
- Pourquoi ? - On a trouvé 2 pièces de revolver.
Viens voir.
Le canon était dans un étui à lunettes.
Regarde. La carcasse était dans le transistor.
- C'est pas la carcasse, y a tout le pistolet.
- On va faire expertiser les pièces. - Je te le dis.
C'est un 1911. - Un quoi ?
- 1911. Un Colt-45.
C'était une arme militaire, à l'origine.
...
- Il est fonctionnel ? - Oui.
La culasse bloque mal, mais c'est courant avec eux.
- Merci pour votre contribution précieuse.
Dhaleb.
Permettez-moi de m'étonner de votre expertise dans ce domaine.
- J'ai fait beaucoup de tir.
- À quel titre ? - Sportif.
- Tu tires toujours ? - Plus depuis les enfants.
- Vous pouvez remonter, on vous transmettra les directives.
- On fait quoi ?
- On met l'établissement en régime fermé,
on a plus le choix.
- On a retrouvé la voiture utilisée par le tueur,
le véhicule est totalement calciné.
Mais on a pu récupérer l'immatriculation
et c'est bien une voiture volée.
(téléphone) *-Et donc, votre conclusion ?
- Rien d'original, c'est un contrat dans le cadre
d'un règlement de compte entre 2 groupes rivaux.
Vous connaissez les victimes aussi bien que nous.
Pascal Rossi qui était en fin de peine et revenait de permission,
c'était la dernière occasion de l'attraper avant sa libération.
Et le 2e : Joseph Marchetti. Il venait d'avoir sa conditionnelle.
Il a davantage un profil de petite main.
Il venait chercher Rossi à l'aéroport, mais il était pas ciblé.
C'est une victime collatérale.
*-Et donc, on fait quoi ?
- C'est à vous de dire, M. le juge. *-Qui est le tueur ?
- On sait pas, y a aucune trace.
*-Y a forcément des traces.
- Le tueur a agi de manière très professionnelle, on a rien trouvé.
*-Pour l'instant.
2 morts dans un lieu public, faut chercher.
- Nous menons l'enquête. *-Activez-vous.
Si c'est un contrat, je veux les commanditaires.
C'est pas une demande extravagante.
- Bien sûr.
*-Au travail. J'attends de vos nouvelles.
- Cellules fermées, on peut plus circuler.
On est parqués comme les bêtes. On va pas se laisser enfermer.
Ils vont craquer avant. On est pas dans un chenil.
- Fin de la promenade, messieurs.
Messieurs ! - On bouge pas.
- Qu'est-ce qui se passe ? - À ton avis ?
Tu rétablis pas le régime ? - C'est pas moi qui décide,
ni les autres.
- Mais tu transmets l'info.
- Elle a été transmise et sera traitée par la directrice.
C'est tout ce que je peux faire. - On bougera pas sans l'avoir vue.
Propos en corse
- Par contre, parlez en français
si vous voulez qu'on s'entende. On est en France.
Brouhaha
...
On a un refus de regroupement en unité 2.
- C'est votre problème. Vous réglez les problèmes quotidiens.
- Vous voulez pas en recevoir un ? On perd le lien, là.
- J'ai d'autres sujets que l'unité 2.
Dites-leur que j'assume toutes nos décisions.
- Et s'ils refusent de remonter en cellule ?
- On appliquera le règlement en plaçant l'unité en confinement.
Ils sauront pourquoi ils font grève.
...
- Les gars.
… - ALORS ?
- Je parle avec vous seulement si vous êtes calmes, OK ?
Choisissez un porte-parole, s'il vous plaît.
- Vas-y, je t'écoute.
- La directrice veut recevoir personne.
- Attends, c'est elle qui va venir nous voir.
- Ça change rien, elle assume, elle cèdera pas.
Elle fera pas d'exception. …
- On a rien à voir avec ce pistolet.
- S'il vous plaît, ne recommencez pas.
Ça sert à rien. Vous allez avoir des problèmes.
- Elle a dit qu'elle assumait toutes ses décisions ?
- Oui. - C'est sûr ?
On a reçu le message. On va remonter.
- Au calme ? - Au calme.
Les gars, on remonte.
- Prenez sur vous, ça va aller. Ça va s'arranger.
Musique mélancolique
...
Allez, courage.
…
Adam, s'il te plaît, stop.
Descends de l'estrade.
- C'est un autel, on joue pas dessus.
Gonflage de pneus Orage
... ...
Et voilà.
- Je peux faire du vélo ? - Non.
Moteur
- Pourquoi ? - On est dans une église.
Ça se fait pas.
- D'accord. …
- Y a des gens qui arrivent.
Un chien aboie. Orage
... ...
(-Qu'est-ce qu'il fait ?) (-Une prière.)
(-C'est quoi ?) (-Je t'expliquerai.)
(-D'accord.)
… …
Pluie
...
- On se connaît.
…
Ça va ? Vous faites une sortie en famille ?
- On pique-nique pour son anniversaire.
On attend que ça se calme.
- En moto, on n'en peut plus. Ça va se lever.
- J'espère. - C'est sûr.
Et vous êtes le menuisier.
- Djibril, mon mari. - Enchanté, Anto.
- C'est quoi votre moto ? - Une Ducati.
T'aimes bien la moto ? - Ouais.
- Tu veux faire un tour ? - Je peux pas.
- À 18 ans, il fera ce qu'il voudra.
- Elle a raison, faut pas faire n'importe quoi.
Le vélo est à toi ? - Non, à ma sœur.
- Il est à toi ? - Oui.
- C'est vrai ? Il est beau.
- Merci.
- Anto, on y va. - La prochaine fois, course ?
- Ça roule. - Bonne journée.
…
- Tu le connais comment ?
- À ton avis ?
C'est un ancien détenu, je le connais peu.
- Comment il sait que je suis menuisier ?
- C'est mon tour, rends-moi mon vélo.
- Adam, dernier tour avant de rendre le vélo.
- Alors, comment il sait ?
- Faut croire que je lui ai dit, mais je me souviens pas.
- Tu parles avec des mecs, tu les connais à peine.
- Ils me racontent leur vie,
ça m'arrive de raconter des trucs aussi. Mais ça va pas loin.
- La preuve que si, c'est ma vie privée.
- Qu'est-ce que tu racontes ? C'est juste ton métier.
D'ailleurs, même pas. Ça le sera quand t'auras un salaire.
Les enfants se chamaillent.
...
- Adam, j'ai dit quoi ? Explosion
- T'as entendu ?
C'est quoi, ça ?
- Doucement, les enfants.
Alarme de voiture au loin
...
- C'est quoi ?
- C'est la Corse.
…
- Hier, ma voiture a été ciblée.
Demain, ça peut être ma maison,
ou ma famille.
Les terroristes cherchent à terroriser, mais je ne cèderai pas.
À travers moi, c'est l'institution, nous tous, qui sommes visés.
Cette attaque est une déclaration de guerre.
J'ai donc décidé,
après en avoir référé
à la préfecture et au ministère de la Justice,
de placer l'établissement en confinement strict.
Brouhaha Le confinement strict signifie
plus de TV, de parloir, d'agrément jusqu'à nouvel ordre.
Applaudissements - Attendez,
cette mesure sera considérée comme disproportionnée.
- Ils ont plastiqué un véhicule de fonction.
20 minutes avant, mes enfants y étaient.
- Ils diront que c'est pas eux. - OUAIS.
- Je dirai que je suis pas dupe.
- Si c'est eux, c'est une poignée de détenus.
- C'EST LA 2. - Pourquoi accuser la 2 ?
Y a pas de preuve. - Détendez-vous, là.
Ça ne concerne pas tout le monde.
- Certains n'ont rien à voir. Pourquoi ils seraient sanctionnés ?
- Il faut des mesures exceptionnelles.
- Ça va créer des tensions, ça va les frustrer, c'est tout.
- Ce ne sera pas facile, mais il faut éteindre le feu.
- BRAVO. ...
- Ho matons ! Comment on fait sans TV ?
Cris
...
- Je dois retirer la TV.
- Ah bon ?
T'attends que je sorte ?
Ça va mal finir, tout ça.
- De quoi ? - Ta directrice, si elle continue.
Elle va disparaître dans le maquis.
On le sait tous. - Vos menaces, c'est pas à moi
qu'il faut les adresser.
- Elle a pas compris comment la Corse fonctionne.
Il faut l'aimer pour être accepté.
Et elle l'aime pas, elle la méprise.
En faisant ça, elle nous méprise. Et toi, t'es complice.
- Je suis complice de rien du tout.
- Elle t'a demandé d'enlever les TV, tu as enlevé les TV.
- Vous avez joué, et perdu. - J'ai rien joué du tout.
- Ceux qui ont joué ont perdu. Et je fais mon métier.
- Y a plein de métiers, Ibiza.
On peut faire boulanger ou infirmière.
T'as juste choisi ton camp.
- Chacun choisit sa vie. Je juge aucun détenu.
Vous avez pas à me juger. Je supporte pas.
- C'est bien, tu te laisses pas faire.
Pluie
...
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
…
(Inès chante) - On a gagné !
- Vous faites quoi ? - J'ai été pris.
- Quoi ? - Le CFA, y a eu 2 désistements.
J'étais sur liste d'attente.
…
- Allez, vous allez tomber malades. - J'entends rien !
- Vous allez tomber malades !
… Allez !
Cris de joie
Soupir
- On trouvera rien de plus sur ces vidéos.
- Comment on zoome ? Oh ! - À gauche.
Je vais le faire. …
Ici.
- Non, là-bas. Là, là.
Voilà, ça. C'est quoi, ça ?
- Une petite fille.
- La mère la photographie. - Possible.
- C'est sûr. On a ces photos ?
- Non.
- Trouvez-les, vous attendez quoi ?
Vous êtes là pour avoir des idées. Au moins, soyez rigoureux.
La mère a été interrogée ? - A priori, oui.
- Comment ça, "a priori" ?
- Oui. On l'a interrogée.
- Retrouvez-là, ça devrait déjà être fait.
Tambourinements
- Ho, matonne !
- C'est bon, je m'en occupe. - Merci.
…
- Ho ! - Matonne, viens.
- J'entends. Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est Jo, il est pas bien.
Un détenu crie au loin.
...
Il hyperventile depuis cette nuit.
J'ai prévenu ton collègue, il est pas revenu.
- Qu'est-ce qui se passe ? Tu devrais prendre une douche.
(-Je peux pas.)
- Pourquoi ? (-Ça va pas.)
- Il fait un malaise. Respiration lourde
- Je reviens.
Elle ferme et verrouille.
Marchetti va pas bien du tout. - Ça lui passera.
C'est un bon comédien.
- Il transpirait et tout. - Mélissa, tu vas faire quoi ?
À chaque fois, il nous fait le coup.
Tiens, une cantine exceptionnelle pour la cellule 20. Moi, j'y vais.
- Unité 2 à l'infirmerie.
(Putain.)
Guitare
...
- Salut. - Salut, tiens.
- Ha. Et pour les cigarettes, t'as pu voir ?
- Non, désolée.
Ho, vous répondez jamais ?
- Parfois, on n'a pas le temps.
- Y a un détenu qui fait un malaise.
- Il a fait un courrier ?
- Il va pas bien du tout. Faut le traiter. C'est une urgence.
Merci.
Ça va mieux ?
- J'ai eu peur.
- Ça va aller.
Merci, au revoir. - Bonne journée.
- Vous aussi, merci.
- Ho matonne ! - Saveriu.
- Ça va ? On fait la bise ?
- Non, jamais avec les détenus.
- Je suis plus détenu. - C'est pareil.
Un check, si tu veux.
- Maman, je te présente Mélissa. Elle est surveillante.
- Bonjour. - Enchantée.
- Tu fumes maintenant ?
- C'est pour les détenus, avec les suspensions.
- Ça, c'est une bonne matonne.
- On fait ce qu'on peut. Ça coûte rien.
C'est plus pareil, c'est dur, pour eux.
- Ouais, j'ai appris.
- Je t'attends, je vais m'asseoir.
- Ça va, ta maman ? - Ouais.
Elle est un peu triste.
Ça lui passera.
- Ça se passe bien, la liberté ? - Ça va.
- Pardon. - Excusez-moi.
- Et toi ?
Anto m'a dit qu'il vous a vu sur le plateau.
C'est beau, là-haut. - Magnifique.
- Puisque tu livres, tu peux donner un truc à Scaniglia ?
- Quel truc ? - Sa montre, sa Royal Oak.
Il adore les belles montres. Ça lui manque là-bas.
Ça lui ferait plaisir.
- OK.
- Si tu veux pas rendre service... - J'ai dit oui.
- Tu travailles aujourd'hui ? - Non, je pourrai pas.
- Nickel, tu peux venir la récupérer, alors.
C'est juste à côté.
…
Musique animée
...
Les gars, ça va ?
Je vous présente une amie, Ibiza.
- Bonjour.
- Tu veux boire un truc ? - Non merci.
... Bavardages
… ...
- Tu prends encore la rouste ?
… …
Ça va, les filles ? La forme ?
Anto, Ibiza. Vous vous connaissez. Félix, dit "Le Gunner".
- Supporter d'Arsenal ? - Non, j'aime pas le foot.
- C'est parce qu'il a du matos, regarde.
- Regarde un peu, Saveriu. J'ai reçu des AR
et un Roni israélien.
- Elles sont belles.
… …
- Essaie ça.
… …
- C'est toi qui sais tirer ? - Un peu, oui.
- T'as essayé des fusils d'assaut ?
- Non, que de l'arme de poing.
- Tu veux essayer ?
… …
Ho, Félix, tu as les balles d'AR ?
- Me chauffe pas.
- Je propose d'essayer.
… …
Alors, ça te tente ?
- Allez, les gars, c'est parti.
- Celui qui perd paie l'apéro. - Je sais pas.
- Tu peux te décoincer 5 minutes.
- Regarde comme c'est beau.
Coups de feu
...
Musique inquiétante
...
- Ho, les gars, les gars. C'est Ibiza qui a le mieux tiré.
C'est Ibiza.
Musique animée Bavardages
- Ibiza.
… …
Tu chasses un peu ? - Non, pas du tout.
- Tu sais ce que c'est ?
- Non. - C'est un puma.
Je l'ai séché en Argentine avec un canon scié.
Impossible de le ramener. Je vais essayer de ramener la peau.
- Tu montres encore tes photos de lama ?
- Comment, de lama ? De puma.
- Lama. - De puma !
C'est pas un lama, ça.
- Il va en parler à vie.
- Ibiza. Viens voir, s'il te plaît.
… …
Tiens, la montre.
… …
J'ai besoin d'un renseignement.
Je peux ? C'est facile pour toi.
- Vas-y.
- La date de la prochaine permission de Rossi.
Le jour où il sort.
Avec le nouveau régime, les infos passent plus.
- T'essaies de me corrompre. - Voilà, t'as tout compris.
Non, sérieux.
Tu peux regarder ?
- Je suis pas sûre que ça soit sur les serveurs.
- Tu regardes demain ?
- Je te dirai. - Demain, c'est bien.
- Non. Je sais pas si je peux faire ça.
Ça va, les gars ? - Alléluia.
- Cadeau.
- Merci. - De rien, c'est gratuit.
- Eh, matonne ?
Donne-moi une cigarette.
- Je sais pas si c'est bien pour toi.
- On vit qu'une fois.
- Qui veut une clope ?
- Merci.
- Tiens. Tu veux une clope ?
Excusez-moi.
C'est de la part de Saveriu.
- Attends.
T'étais où, avant de venir me voir ?
- Avant ?
J'étais chez moi. - Avant de venir me voir.
- Je viens de prendre mon service.
- T'es pas passée dans une cellule ? - Si, vite fait.
- Assieds-toi.
C'est quoi, ton rapport avec Marchetti ?
- Pardon ? - T'as très bien compris.
- Y a un souci ?
- Je te demande c'est quoi votre rapport.
- Aucun. - Tu lui as rendu un service.
- J'ai apporté un ventilateur pour son asthme.
- C'est tout ? Et la fois d'avant, tu l'as aidé ?
- Je l'ai emmené à l'infirmerie, comme n'importe quel détenu.
- Alors, y a rien avec lui.
- Y a rien, enfin...
J'ai rien contre lui, ni non plus en sa faveur.
- C'est sûr, ça ? - Oui.
J'ai un rapport de surveillante à détenu.
- Attends.
Et ton mari est content pour son stage ?
- Oui.
- Chez Carducci, c'est ça ? - C'est ça.
- Tu sais comment il l'a trouvé ?
Carducci, je lui ai rendu un tas de services.
- Je savais pas. - Maintenant, oui.
Et autre chose :
nous, on n'oublie personne, et personne ne nous oublie.
Musique sombre
...
- Ho. Ça va, Ibiza ?
- Vous m'avez suivie ? - Ouais...
L'île est petite. Pas de besoin de suivre.
- Vous faites quoi ici ? - On met l'essence, comme toi.
C'est bon, t'as la date ?
- Vous allez lui faire quoi ?
- Pourquoi tu demandes ?
Ça te concerne pas. - Un peu.
Si je donne la date, ça me concerne. - Non. C'est juste un renseignement.
Je pensais que t'étais assez maligne pour rien demander.
Rossi peut s'en prendre qu'à lui-même.
T'y es pour rien, moi non plus.
Si tu veux pas m'aider, dis-le. Au moins, c'est clair.
- La permission, c'est le 22-23.
- Il sort le 22 ?
- Je t'ai rien dit.
- C'est parfait, ça. Vous avez vu ?
Ça, c'est son sac.
Un sac bleu. Là. - Ah, oui.
*-Magnifique.
Génial.
Et refais-moi le pont.
Fais-le en avançant. - Allez, va un peu à droite.
Il est très bien, ton pont, mais va à droite.
*-Plutôt de ce côté, t'as plus de place.
- Il est juste là à droite.
*-Encore. (-Vas-y.)
Ça, c'est son sac. - Oui, j'ai vu.
*-Et voilà. Allez, viens, mon chat.
- Allez, il est là.
Ils grognent.
- Vous m'appellerez quand vous aurez quelque chose.
Clavier
*-On va l'envoyer à papa.
Sonnerie de téléphone
...
...
...
*-3x2, 6.
5x... 4x2...
4x2, 8.
Il soupire.
Fais une grimace.
Une autre.
- Allez, tourne-toi. *-Encore une autre.
*-Allez, c'est bon. *-Attends !
(-Attends.)
(Attends, attends.)
(Oh oui.)
(Ils parlent en corse.)
... La porte s'ouvre.
- Ça va ? - Bonjour.
- Qui a demandé des cigarettes ? - MOI.
- Et toi ? - Merci.
- J'avais dit 2 paquets. - Il en faut pour tous.
- C'est bien, déjà, un. Les sous.
Je vais pas faire crédit. - Et une ristourne ?
- On est bons clients. - C'est déjà au prix coutant.
- La prochaine fois, prends des Marlboro.
- Avec quoi ? Un sandwich grec et des frites ?
C'est comme ça que vous dites merci ?
- MERCI.
- Je te montre comment je te remercie.
Reprise de "Mélissa, métisse d'Ibiza" en corse
…
D'autres détenus se joignent.
...
- Ah, merci, matonne.
…
- Profitez-en bien, ça durera pas.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Vous changez de service.
- C'est pas vrai.
- Directive ministérielle, la rotation est obligatoire.
- Tu vas où ?
- Chez les Maghrébins.
Et toi ? - Les femmes.
- Tu vas bien te faire chier.
- Ils font tout pour nous pourrir la vie.
Les détenus tambourinent.
...
- Doucement, ça glisse. - Pas grave.
- Reste à côté de moi. - Je suis grande.
- Tu restes à côté de moi.
- J'ai envie de faire du vélo toute seule, c'est mon droit.
- T'as dit quoi ? - C'est mon droit.
- De quoi ?
- De faire du vélo seule. - De m'écouter aussi.
Il faut m'écouter. - Je suis grande.
- Va doucement. J'ai dit quoi ?
Musique animée
- Je peux faire du manège ? - Non.
- Allez, s'il te plaît. Allez, j'ai envie.
- J'ai dit non. - J'irai en faire.
- Bon, au revoir. - Allez, adieu, hein.
…
- Adieu. Ah, c'est bien, bravo, le vélo tout neuf.
Inès.
- Quoi ? - C'est dangereux, ça.
- Regarde, on fait comme ça.
…
- J'arrive. - D'accord.
- Tiens-toi bien.
…
Ça va ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Tu m'avais dit quelle date ?
- Je sais plus, le 22 ? - Tu t'es trompée.
On est le 22, il est pas sorti.
Me dis pas qu'il est sorti.
S'il est sorti, c'est pas bon. - Là, je peux pas savoir.
Sur le logiciel, c'était écrit le 22.
Sonnerie - T'as pas revérifié ?
- Vous m'avez pas demandé. - Ouais.
C'était écrit le 22.
- Saveriu.
- Allô.
- Y a peut-être eu un changement.
- Une info doit être fiable, c'est la base.
- J'ai pas l'habitude de faire ça. Fallait préciser, j'aurais vérifié.
Je suis désolée.
- T'es désolée ?
Qu'est-ce que j'en ai à foutre ? - Encore un tour.
Encore un autre tour. - Allez, viens.
…
Tiens, mon cœur.
Sirène Allez, hop.
…
- D'accord.
…
Ouais.
La sirène s'éloigne.
(Ouais.)
…
- Je savais pas qu'il devait rendre des comptes.
- Tu peux regarder, là ? - Là tout de suite, non.
Demain, promis... - Demain, ce sera trop tard.
- Il est sorti hier.
Allez, on y va. - Je suis désolée, Saveriu.
- On passe voir là-haut ? - J'en sais rien.
*-J'en ai marre de filmer, c'est la dernière.
- Voilà, c'est lui.
- On tourne autour, mais on est incapables de l'identifier.
- C'est difficile à dire comme ça,
mais c'est pas un ancien détenu.
- Le juge d'instruction me colle une pression de fou,
mais on a que ce visage qui apparaît nulle part.
- Et dans le fichier national des détenus ?
- On a recoupé, y a rien qui sort.
C'est improbable.
Désolé de vous avoir dérangé. - Rossi a des ennemis ?
- Non. On lit les courriers et on écoute les conversations,
mais en apparence, tout est toujours tranquille.
Ça s'est passé hors de la prison, on trouvera rien chez nous.
Attendez, vous pouvez remettre ?
- La mère et la fille au début ? - Non, après.
- Quand on voit le tueur ? - Non, après.
- La petite fait des roues. - Elle, je la connais.
- Elle, là ?
- Oui. Dhaleb, Mélissa Dhaleb.
- C'est une ancienne détenue ?
- Non, elle est surveillante chez nous.
Cris et tambourinements
...
- Merci. - Eh, y a un problème.
Les pommes sont toutes petites.
- C'est pas la saison.
- Moi aussi, elles sont ridicules.
- Je peux rien faire, c'est comme ça.
- Ça devrait être au poids.
- T'as voulu 4 pommes.
- Pourquoi je paye pareil que pour 4 pommes normales ?
- Soit tu les prends et tu me lâches, soit tu les rends.
- Je les rends et je veux être remboursée.
- Je préviendrai le magasin.
- Eh, ramène-moi un bon de refus,
l'an dernier, vous m'avez pas remboursé.
- Pas besoin de raconter ta vie.
- Attends, moi aussi. Et je veux un formulaire.
- Son avion a été annulé, le suivant est l'après-midi.
Il est bloqué à Genève.
Tout a été fait dans les règles. - Excuse-moi.
Tu as un formulaire de refus ?
C'est le foutoir, tu dois chercher. - Je vais me débrouiller, merci.
- Il a l'autorisation de sortie, la grève est avérée.
Il arriverait toujours demain, mais plus tard.
La question, c'est est-ce qu'on prévient le JAP.
Moi, je pense pas.
Si on fait ça, Rossi sera sanctionné.
Exactement.
Exact. Il sera à Ajaccio le matin, il arrivera l'après-midi.
Demain, 15h55, toujours de Genève.
Oui.
Bon, OK.
Oui, je préviens la 2.
Attends. T'as trouvé ?
- Oui, c'est bon, merci.
Bonjour.
Bavardages
...
Bonjour.
…
Ça va ?
Il est pas là, Saveriu ? - Non.
Tu lui veux quoi ? - Rien, je veux lui parler.
- Pourquoi ? Tu t'es excusée, on a compris.
Par contre, un conseil :
fais-toi discrète.
T'as compris ?
- Rossi est en Suisse.
Il arrive demain à Ajaccio. Son avion atterrit à 15h55.
Dis-le à Saveriu, si ça peut l'aider.
Tu fais quoi ? Faut pas venir ici. - J'en ai pas pour longtemps.
Ce que t'as dit à Anto, ça intéresse mes amis.
- Tant mieux, si ça peut t'arranger.
Je suis désolée, encore. - Ils veulent te voir.
- Pourquoi ?
- T'inquiète, ils t'expliqueront. - C'est qui ?
- Des amis, tu peux leur faire confiance.
- Je suis matonne, c'est tout. Je sais rien de plus.
- Je sais, mais tu leur diras.
Tu peux dire non.
Mais on n'a pas toujours une seconde chance.
Là, j'en ai une.
Ça m'aiderait beaucoup que tu les rencontres.
C'est ce soir. - Ce soir ? J'ai des enfants.
- Et moi, j'ai des gros problèmes.
…
- Ibiza.
Monte.
Donne-moi ton téléphone. - Il est éteint.
- Ton téléphone.
Accroche-toi, c'est mieux.
Musique intrigante
...
Tu peux descendre.
…
…
Moteur
...
Elle ouvre la porte.
- Bonsoir.
Elle s'installe.
Elle claque la porte.
Verrouillage
- C'est toi, la matonne ?
- Oui.
- Tu connais Rossi ?
- De vue, comme un détenu, sans plus.
- Il arrive demain à 16h à Ajaccio ? - Oui.
- T'es sûre ? - Oui, son avion arrive à 15h55.
- T'es une amie du jeune ? Saveriu. - Hm.
- Il nous a baladés.
On n'a plus confiance en lui.
Pourquoi on te croirait ?
- J'ai aucun intérêt à mentir. Je sais qu'il arrive à 15h55.
- Hm.
Il va être accueilli par un continental qui ne le connaît pas.
- On veut que tu désignes Rossi quand tu le vois.
- J'avais pas compris que je devais faire ça.
- Maintenant, t'as compris.
Tu toucheras 100 000 euros.
- Non. Je fais pas ça pour l'argent.
Je rends service, c'est tout. - Un contrat, c'est un contrat.
- Quel contrat ? Utilisez une photo.
- Y en a pas. Tu l'as déjà vu se laisser prendre en photo ?
- Je peux voir dans le fichier pénitentiaire.
- Il faut que tu le désignes. On n'a pas le temps, c'est demain.
- Pourquoi pas vous ? - Les flics nous connaissent.
T'es une femme et inconnue, tu passeras inaperçue.
- Rossi me connaît. - Ça empêche pas de le désigner.
- Et je fais comment ? - Tu fais comme tu veux.
C'est un continental avec une casquette bleue.
- T'habites aux Salines ?
Bâtiment E ?
On laissera l'argent sur le parking avec les épaves.
L'enveloppe sera déposée demain à 22h sous un container.
- Même si tu fais pas ça pour l'argent,
tu seras contente de le prendre.
Tu peux partir, il va te ramener.
Déverrouillage
...
Musique animée Bavardages
... ...
Diabolic Prank (Cannibale)
… …
…
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Me dis pas que ça a merdé.
…
- C'est bon, je me suis arrangée avec eux.
- C'est vrai ?
…
Merci, matonne.
…
- Viens boire un coup. - Non.
- Allez, viens. - Non.
…
- Allez, bois un coup. - Allez.
… …
Angel Eyes (Habibi)
...
- Qui t'a appelé ? Ton mari ?
…
- Mon amant.
…
- Tu lui réponds pas ? - Non.
…
- C'est quoi, ton nom ? - On s'en fout, non ?
Je te demande ton prénom, toi ?
- Moi, c'est José. - Enchantée, José.
…
- Tu fais quoi dans la vie ? - Laisse tomber.
…
Tu vas prendre peur. - C'est un secret ?
- Oui. - Ibiza, ça va ?
- Oui et toi ? - Ça va.
- C'est Ibiza, ton prénom ? - Ouais. C'est ma sœur.
- C'est ta sœur ? - C'est mon frère jumeau.
- Je vous crois pas. - Si.
- Montrez vos passeports. - Nos passeports ?
- Ouais, ton passeport.
- Tiens, mon passeport.
- OK, je te crois. - Tu veux le voir ?
- Tu vas où ? - Bonne soirée.
- José !
- C'est bon, arrête. Viens.
- Attends.
T'es jaloux ?
- T'as un travail demain. Arrête de boire.
- T'es jaloux. - Repose-toi.
…
- Eh. - Il est jaloux.
- Ça va ? - Oui, il est jaloux.
… Cris de joie
- T'es sûre que ça va ? - Oui.
- Attends, viens.
Elle rit.
Musique au loin
...
Reste tranquille. Je vais chercher de l'eau.
… Vagues
... ...
- Ça a été ? T'as conduit les enfants ?
Robinet
- Cherche pas à faire diversion.
T'étais avec qui ?
- Avec personne, je travaillais.
- Te fous pas de ma gueule. Qui ?
- C'est assez dur de faire la nuit, tu vas pas me prendre la tête.
- T'étais pas à la prison. - Pardon ?
J'étais où, alors ? Je t'écoute.
- T'as pas répondu au téléphone. - Réponds à ma question.
J'étais où, puisque Monsieur a des dons de voyance ?
T'as perdu ta langue ? C'est bon, je peux me reposer ?
Elle s'éloigne.
- J'ai appelé la prison. - Pardon ?
- Ouais. - À mon travail ?
- Bien sûr, j'ai appelé parce que tu mens.
Tu couches avec n'importe qui en disant que tu travailles.
- T'as appelé qui ? - Je m'en fous.
Il a dit que t'étais pas là.
- T'as eu le mec de l'accueil. Il connaît pas les remplacements.
On t'a dit que j'étais pas là, mais j'y étais.
- Prends-moi pour un con.
- Écoute, crois ce que tu veux.
Si tu me fais pas confiance, je peux rien faire.
Tu tournes en rond. - C'est ça, ouais.
Il s'éloigne.
La porte d'entrée claque.
- Elle va se placer devant le panneau des arrivées.
Après, elle va au café.
Juste après elle.
La voilà.
- Et après ?
- Elle s'écarte pour passer un coup de fil
que j'ai ici.
Après, elle est là.
Clavier
Avec eux deux.
Ici, j'ai l'impression qu'elle lui donne quelque chose.
- Elle lui dit un truc, juste à lui.
- Hm hm.
J'ai ça aussi.
Voilà.
Elle repart.
Je l'ai ici juste avant l'attaque.
Elle repart seule.
Elle arrive et part seule.
Elle est pas venue chercher quelqu'un.
Le commissaire soupire.
Réveil
...
...
*Annonce de départ
...
Un bébé pleure.
...
- On va se mettre là où y a les bancs.
- Bonjour. Un café, s'il vous plaît. - Bien sûr.
…
2 euros 50, s'il vous plaît. - Oui.
Brouhaha
...
- Magnifique.
Génial.
- Et voilà. Bonne journée. - Merci.
...
- On en refait une ? Viens vers moi.
Vas-y, fais-le.
(Annonce) *-Votre attention.
Le vol Air France AF5131 en provenance de Genève,
arrivée prévue 15h55, est annoncé avec un retard de 15 minutes.
Je répète : le vol AF5131 en provenance de Genève
atterrira avec un retard estimé de 15 minutes.
…
Tonalité
...
*-Salut, Djibril Coundé, laissez-moi un message.
- C'est moi. Je te redis, j'ai couché avec personne, je te jure.
Je sais faire la part des choses.
On va pas se prendre la tête alors que ça va mieux.
Après, j'arrête. Je sais que t'as pris la moto.
Je t'en supplie, conduis pas si t'as bu.
Tu m'appelles, je viendrai te chercher.
Brouhaha
...
- Alors, Ibiza, on se promène ?
- Pas du tout.
- Tu fais quoi ? - Et toi ?
- Je suis venu chercher Rossi. Je le reconduis à la prison.
T'attends quelqu'un ?
- Non.
Enfin, si, mon mari.
On s'est pris la tête, je pensais qu'il était là.
- Il est pas là ?
…
- T'es en permission ? - Je suis sorti.
Je suis en conditionnelle depuis 10 jours.
Tu vois, j'y retourne avec Rossi.
Faut croire que ça me manque.
Ou toi, tu me manques.
J'ai pas oublié ce que t'as fait pour moi.
- C'était normal. - Non.
- N'importe qui l'aurait fait. - Tu parles.
Ton collègue m'aurait laissé crever.
L'avion a du retard. Tu veux fumer une cigarette ?
Allez, viens.
Viens.
…
Je suis content que ton mari soit pas là.
- Pourquoi ?
- On est tous les 2.
En prison, on n'a pas d'intimité avec les gens.
Là, on peut se parler.
C'est plus sympa, non ?
T'es plus timide qu'en détention.
Ça me plaît, ça.
Dans la vie, y a pas de hasards.
Qu'on se croise ici, c'est un signe.
- T'as fait quoi à ta sortie ?
- J'ai acheté la voiture la plus solide du monde.
Celle des G.I. américains pendant la guerre du Golfe.
Je suis allé la récupérer en Afrique.
Il faisait une chaleur de malade. Heureusement que j'avais la clim.
Tu me crois pas ?
Ibiza, tu me crois pas ? - Si.
- Je te la montre ? - Non, je te crois.
Il souffle. - Il fait trop lourd.
Viens, on rentre.
Tu viens ?
- Non, je dois retrouver mon mari.
- Viens dire bonjour, ça fera plaisir à Rossi.
- Ah bon ?
- On est toujours heureux de te voir.
- Alors je reste ?
- Bah oui. Allez, viens.
Ça prend 2 minutes, allez.
Viens.
Brouhaha
…
Ça y est, il est arrivé.
…
Quand je suis sorti, ils ont pas voulu me le laisser.
Le ventilateur. Je sais pas où il est.
Ils l'ont balancé ou ramené au magasin.
- Pas grave, c'était pas à moi. - Si. Je te dois un ventilateur.
Ou alors, on dîne ensemble ce soir.
Comme ça, je te ramène. T'en penses quoi ?
Tiens, il arrive.
Pasquale.
Ça va ?
Tiens, j'ai une surprise.
Regarde qui est là.
- Elle fait quoi ? - Je sais pas, son mari...
Il devait venir, mais il est pas là. J'ai pas compris.
Viens !
- Ça va ? - Ça va ?
- J'ai croisé Joseph par hasard, le monde est petit.
- La Corse, surtout.
- Je te fais la bise.
Je vous laisse vous retrouver.
- Oublie pas notre dîner. - On verra. À plus tard.
...
Cigales
...
Deux coups de feu
- C'est rien, c'est pour un film.
Respiration hachée
...
Musique étrange
... ...
... Inès pleure.
... ...
- C'est Djibril qui devait venir nous chercher.
…
…
- Donne-moi ton téléphone.
- Finalement, tu veux ton argent.
- C'était le contrat.
Mon téléphone. - On n'a pas fini.
Verrouillage des portes
- J'ai fait le travail. - Justement,
c'était bien, on veut autre chose. - Quoi ?
- Mettre des cachets dans le café d'un détenu.
Un protégé de Rossi, Campana.
- Je le connais pas. - Il est pas encore chez vous.
Il sera transféré d'ici un mois.
Tu toucheras la même somme.
C'est beaucoup d'argent.
Les cachets sont dans le sac. 2 comprimés suffisent.
Ton téléphone. Tu peux y aller.
Déverrouillage
Musique sombre
...
...
(-Je te cherchais.)
Elle retire ses chaussures.
(J'ai réfléchi.)
(On va retourner sur le continent.)
(-Pour vivre ?)
- Oui.
Elle renifle.
- Veillez bien à ce que la couture soit homogène
pour pas que ça fasse des zigzags. À l'endroit, ce sera pas joli.
- Je viens te relever. - Bon courage. C'est super chiant.
- Y a du monde aux greffes, sûrement l'arrivante.
- Ils respectent jamais les horaires.
C'était ce soir.
Bartoli.
Bartoli.
- Tu vois pas que je dors ?
- Faut libérer un lit. - Y a pas moyen, c'est mort.
- C'est comme ça. Y a une nouvelle qui arrive.
- Je l'ai dit à la directrice,
je veux personne, ou je vais me battre.
- C'est pas mon problème.
Dépêche-toi. - Non, y a rien, c'est mort.
- Dhaleb Mélissa, c'est vous ?
- Oui.
- Le commissariat veut vous voir. - Pourquoi ?
- Ils vous expliqueront.
- C'est pour toi, le lit !
- Tournez-vous. - J'ai rien à dire.
- Tournez-vous. Cris
- C'est bon, je vais pas m'enfuir.
…
- Maintenant, t'es comme nous !
Cris et tambourinements
...
- Suivez-moi.
Montrez-lui les photos.
- Je vous ai ici.
Ici. - On voit rien. On saurait pas dire.
- Là, c'est vous.
- C'est moi, mais j'ai rien à me reprocher.
- Qu'est-ce que vous faisiez là-bas ?
Madame ?
- J'ai rien à dire.
Je suis mise en garde à vue ?
Je parlerai pas sans avoir vu un avocat.
Je comprends pas ce que je fais là.
- Dans la vidéo, on vous voit embrasser Pascal Rossi.
Vous voyez à quoi je fais allusion ?
Je vous place en garde à vue. Vous voulez voir un médecin ?
C'est dans vos droits.
- Je veux voir un avocat.
…
…
- Vous aimez votre travail ?
- Parfois c'est dur, je fatigue,
mais c'est un métier que j'aime bien.
- Vous êtes proche des détenus ?
- Oui et non.
- Que voulez-vous dire par là ?
- Je veux que ça se passe bien, mais je reste une surveillante.
Je sais garder ma place.
Clavier
- Et vous voyez certains détenus en dehors du travail ?
- Non.
- C'est jamais arrivé ? - Non.
- Êtes-vous d'accord pour dire que
vous n'êtes pas une surveillante comme les autres ?
- Non, je fais mon métier comme les autres.
Ça m'est déjà arrivé de prêter mon téléphone
une ou deux fois à des détenus,
ou de dépanner des cigarettes.
Mais c'est courant de rendre service.
- À qui rendez-vous ces services ?
- C'était quand ça se présentait.
Joseph, je lui avais trouvé un ventilateur
car il est asthmatique.
Il étouffait, il avait fait un malaise.
- Vous étiez rétribuée ? - Pas du tout.
Des gardiens se font payer, pas moi. - Oui.
Combien ? - Faudrait leur demander.
Je vous dis que je me faisais pas payer.
...
- Vous trompez votre mari ? - C'est quoi cette question ?
- Jamais ? - Non, jamais.
- Si.
Zlatko Jankic.
- C'est quand j'étais à Paris, c'est fini.
- Donc, c'est arrivé.
Vous voyez le problème ?
Vous dites que vous voyez pas de détenus, et aussi
que vous trompez pas votre mari.
Comment on fait pour vous croire ?
…
- Votre femme était-elle proche de détenus ?
- Non.
- Elle en a jamais parlé ?
- De la prison, mais elle est proche d'aucun détenu.
- Elle en revoit d'anciens ? - Non.
- Y a-t-il eu des changements de comportement ?
- Des changements ?
Non.
- Rien d'inhabituel ? - Rien d'inhabituel.
- Elle vous a pas fait état de difficultés dans son métier ?
- Y a eu des mutineries, mais ça fait partie du métier, elle connaît.
Là, avec les femmes, c'était encore plus dur.
Mais comparé à Fleury, elle disait que ça allait.
- Est-ce qu'elle souffre de vos difficultés matérielles ?
- Quoi ? - Vous êtes au chômage.
- Non. En formation, c'est différent.
C'est un choix qu'on a fait ensemble. On s'en sort bien.
C'était plus compliqué à Paris.
- Et votre relation,
ça se passe bien ?
- 2 enfants à charge, c'est parfois éprouvant, mais ça va.
- Est-ce qu'elle pourrait vous cacher des choses ?
- Non.
- Il sait que vous étiez à l'aéroport ?
- Que je le cherchais, oui. - Le cherchais ?
- Oui.
- Quand vous le cherchez,
vous allez... Il était en voyage ?
- Non.
Mais...
Il a déjà failli partir, alors c'était mon premier réflexe.
- Quand a-t-il été sur le point de partir ?
- Y a 2 mois.
- Vous dites que vous le cherchiez,
mais on vous voit juste regarder le panneau des arrivées.
- Ah bon ?
Je devais être paniquée, j'ai pas réalisé.
Quand il disjoncte, il boit, et là, il avait pris la moto.
- Vous avez conscience que ça tient pas debout ?
Vous dites que vous étiez paniquée,
mais vous semblez tout sauf en panique.
Vous êtes là et vous attendez.
- Je pensais que mon mari allait venir.
Sinon, j'allais le croiser sans le voir.
- Et soudainement, vous avez arrêté d'attendre.
- J'en ai eu marre, oui.
- Vous étiez où vendredi ?
- Je roulais au hasard. - Où ça ?
- J'étais du côté de Vico.
Je suis rentré par Sagone, la route de montagne qui longe la mer.
- Vous savez pour l'aéroport ?
- L'assassinat ? J'ai vu ça à la télé.
- Vous saviez que votre femme était là-bas ?
- Non.
- Vous avez dit qu'elle vous cachait rien.
- Elle est venue me chercher, j'avais pété les plombs.
Pour m'empêcher de partir.
- Vous partiez pas, vous étiez à Vico.
- Ça m'est déjà arrivé d'y aller.
Elle a cru que je remettais ça, elle a eu peur que je parte.
- Et Joseph Marchetti ? Vous avez oublié d'en parler.
- Je l'ai croisé par hasard.
Sinon, je serais repartie plus vite.
Mais il voulait que je dise bonjour à Rossi.
C'est lui qui m'a retenue.
Il a dit que ça lui ferait plaisir, donc je suis restée.
Il balbutie.
- Vous êtes restée pour Rossi ou attendre votre mari ?
Faut savoir.
- Bah, les 2.
Pour attendre mon mari. Mais j'avais pas les idées claires
et j'aime bien Joseph, donc j'ai discuté et attendu avec lui.
- Que voulez-vous dire par "J'aime bien Joseph" ?
- C'est un détenu
que je trouvais attachant.
Vous savez, en prison, on passe beaucoup de temps avec les gens
et Joseph, je le connaissais pas vraiment,
mais je le trouvais gentil.
Léger sanglot
- Vous voulez nous dire quelque chose ?
…
Vous avez l'air émue.
- Je repense à Joseph.
Dès que je ferme les yeux, je revois les 2 corps par terre
et j'entends les 2 coups de feu en boucle.
C'est horrible.
Elle renifle.
- Qui vous a envoyé à l'aéroport
et pour quelle mission exactement ?
Clavier
- Personne.
J'y suis allée pour trouver Djibril.
…
- Pourquoi avez-vous embrassé Rossi ?
- Il arrive, je lui fais la bise. C'est interdit ?
- Pour une gardienne de prison, ça peut surprendre.
On est loin du code de déontologie, non ?
- Je sais pas.
- Vous l'avez déjà lu, le code de déontologie ?
- Non. Enfin, si, mais ça fait longtemps.
…
Si j'avais su, je me serais abstenue,
quand je vois les problèmes que ça pose.
- On n'a aucun problème, mais des convictions.
On pense que lorsque vous vous approchez de Rossi,
soit vous lui donnez quelque chose,
soit vous le désignez.
- Soit je lui dis bonjour.
- C'est quoi, votre vie sociale, ici ?
- Maigre.
Avec 2 enfants, ça laisse pas beaucoup de place.
Je côtoie les jeunes du CFA, mais sinon,
rien.
- Vous avez pas d'amis, un passe-temps ?
- J'aime bien la menuiserie et la moto.
- Vous en faites avec qui ?
- Tout seul, en général.
- En général ?
- Il m'arrive de croiser un groupe, on roule un peu,
ça s'arrête là. Je suis pas à l'aise, ici.
- C'est tout ?
- C'est tout ?
- Vous avez rien à ajouter ? Un détail à mentionner ?
Un élément à porter à notre connaissance ?
- On voulait prendre un nouveau départ,
on se sentait à l'étroit à Paris.
Mais j'ai jamais réussi à m'adapter.
Parfois, je me renfermais sur moi-même.
Ma femme a tout fait pour qu'on soit bien.
Pour moi, pour les enfants, elle s'est dévouée corps et âme.
- Si mon mari est là, qui s'occupe des enfants ?
Il faut que Djibril ou moi puissions aller les chercher.
On n'a personne, ici.
- Sur cette photo,
vous appelez qui ?
- Mon mari, je le cherchais.
- Si on vérifie, on va trouver ça.
- Oui.
J'ai rien à cacher. Sinon, j'aurais fait autrement.
- Vous auriez fait comment ? - Avec un chapeau ou un foulard.
J'ai même utilisé ma carte bleue pour acheter un café.
Vous pouvez vérifier, j'ai rien à cacher.
- Si on fouille, on trouvera rien ? - Trouver quoi ?
- De l'argent, des substances illicites.
- Non.
- Des indices d'association de malfaiteurs ?
- Vous trouverez rien.
- Rien du tout ? - Rien.
- Vous êtes catégorique ? - Oui, catégorique.
- Si on fouille, on trouvera rien ? - Trouver quoi ?
- N'importe quoi. De l'argent. - À la rigueur, j'aimerais bien.
- Et dans votre téléphone ?
- Vous pouvez, vos collègues l'ont.
- On va tout fouiller. - Allez-y.
- Vous êtes catégorique ? - Catégorique, oui.
- On va là-bas. Allez, viens.
…
…
- Oui, on a gagné !
- Djibril, viens ! Tu vas nous chronométrer.
Allez, on accélère.
Rires d'Inès
...
Musique mélancolique
... ...
...
Sous-titrage : Capucine Griot
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