All language subtitles for Le.passage.du.rhin._1960_.FRE.Ac3.2.0.DVDRip.SD.X264-BaMax71-iDN_CreW

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Original subtitles

Tout s'est tué.

Enfin, le possible.

Trojé, ton père est mort à Verdun.

À cause de Saint-Avergne.

Je t'ai donné ma fille.

Un jour, le fond sera à toi.

Il faut te montrer à la hauteur.

Et puis, dis-toi bien une chose. France a besoin de toi.

Alice n'est pas dans la boutique ?

Descends au marbre, faire sauter l'éditorial de Delmas.

Le patron n'en veut pas.

Encore un appel à la raison ? Oui.

Tiens, écoute la réponse.

Salut les filles. Bonjour.

Déjà ? Je m'entraîne, c'est pas commode pour travailler.

Et pour faire l'amour.

On peut voir le patron ? Non, il est avec Delmas, sa barbe. Ce sera long ?

Tu l'as enfin ta guerre. Vous allez pouvoir pavoiser.

Nous n'allons pas pavoiser, nous allons nous battre. D'après, quand vous serez

bien battus, quand il y aura des millions de morts, qu'est-ce que vous

ferez ? La paix ? Vous discuterez ? Alors pourquoi pas maintenant ? On ne

discute pas la liberté, on la défend. Avec quoi ? Avec qui ? Avec tous ceux

qui n'aiment pas les coups de pied au cul.

Oh, con.

À la 2, et pas plus de 20 lignes.

Oui. Je peux vous voir une seconde, patron ?

Oui, j'ai quelque chose à te dire.

Moi aussi.

Sergent Durieux, troisième bataillon de chasseurs alpins.

Je pars demain matin pour Besançon.

Pas question.

J'ai besoin de toi.

Delmas m'a donné sa démission.

Je t'offre sa place.

Impossible. Mais bon Dieu, c'est la chance de ta vie.

Dis oui et je t'obtiens dans la journée une infectation spéciale.

Non, cette guerre-là, c'est la mienne. Et je ne veux pas la faire avec la peau

des autres.

Vous êtes un ange.

Et mon aspirine ? Dans la soucoupe.

Ah, merci.

Quel âge as-tu ? Florence, quel âge lui donnez-vous ?

28, peut-être 30.

Pourquoi ? Vous connaissez beaucoup de rédacteurs en chef qui ont 28 ans, vous.

Naturellement, il a refusé. Tu vois, elle n'a pas une très haute opinion de

toi.

Qu'est-ce que vous en savez ? Merci, Florence.

Y a pas de quoi.

Alors, c'est oui ou c'est non ?

C'est non.

Un jour, quand tu penseras à la connerie que tu viens de faire, tu le

regretteras.

Sûrement pas.

Je ne regrette jamais rien.

Tu n'as pas changé.

Ça vous dérange ? Non.

Au contraire.

Voilà des cigarettes, mon petit Roger.

Je ne fume pas.

Pour les grader. Ça sera bien voir.

Merci.

Tu verras.

À ta première permission, tu ne la reconnaîtras plus.

Ce serait dommage.

Alice, elle me plaît comme elle est.

Peut-être.

Mais les épreuves, ça fait du bien, ça fortifie.

Ainsi, moi, en 14.

Je ne veux pas vous empêcher de vous dire au revoir.

Attention, mes enfants.

Ce n'est pas le moment de faire confiance à l'avenir.

Soyez sages.

Dis, Alice.

Si des fois je mourrais... Dis pas ça.

Si des fois je mourrais, tu ne voudrais pas avoir un enfant de moi pour te

rappeler ? Si.

Tu as entendu ce qu'il y a du moment.

Il faut être raisonnable.

Qu'est-ce que ça veut dire, raisonnable, aujourd'hui ? Pour le moment, faire ta

cantine. Merci.

Oui, c'est moi.

C'est bien comme ça que j'imaginais votre chambre.

Parce que vous imaginez ma chambre.

Ça aurait été plus simple de venir la voir, non ? On fait place nette ? On

fait place nette.

Vous ne me dites pas de m'asseoir ? Asseyez-vous.

Je peux ? Si ça vous amuse.

Ça me plaît, oui.

Vous êtes chargée de mission par Rodier ? Il ne s'agit pas du patron, Jean. Il s

'agit de moi.

Ceci dit, je suis quand même de l'avis de Rodier. La guerre, c'est vraiment

pour ceux qui ne peuvent pas faire autrement.

Justement, Florence, moi, je ne peux pas faire autrement.

Même si je n'étais pas d'accord sur le plan politique, je partirais quand même.

Pourquoi ?

Ça tient en quatre mots un peu cons.

Le baptême du feu.

Je voudrais savoir comment je me comporterais sur les fonds baptismaux.

Voilà, c'est tout.

Ça compte pour un homme.

Vous ne pouvez pas comprendre.

Oh non, sûrement pas.

On ne rate pas une carrière pour se donner le frisson.

Le frisson, je serais plutôt pour moi aussi, vous savez.

Seulement, ça ne me suffit pas, j'en ai trop bavé.

Ce que je veux, c'est réussir, gagner de l'argent, et vite.

Tant pis si je vous déçois.

C'est ça, ma liberté.

La liberté, c'est... Laissez-moi finir.

C'est pas tellement commode.

Alors si je trouve un homme qui m'apporte ce que je veux, je serai à lui

et je crois que je serai loyale.

Mais si cet homme, c'est vous...

Je crois qu'on s'est tout dit.

Non, attends.

Quand un homme et une femme ont envie de faire l'amour ensemble et ne le font

pas, c'est toujours stupide.

Alors là, aujourd'hui, ce serait de la démence.

J'en sortirai jamais.

Attends, pauvre cloche. Moi, je vais t'arranger ça.

Alors, ça va pas mieux comme ça ? Ça va mieux, mais c'est pas réglo.

Tu sais le règlement, il est en train d'en prendre un bon coup.

Ça fait drôle quand même de passer de l'autre côté.

Tu l'as dit, hein ? Surtout comme ça.

C'est vachement large.

Sur un pont, ça va encore, mais à la nage...

Qu'est-ce que tu fais dans le civil ? Boulanger

pâtissier.

Et toi ? Journaliste.

Pourquoi tu m'as dit tout à l'heure sur le pont ça va encore mieux à la nage ?

Parce que pour revenir, ça m'étonnerait qu'on puisse passer sur le pont.

Regarde.

Présent. Présent.

Présent.

Présent. Présent. Présent.

Présent.

L'infirme Lucienne. Présent.

Professionne.

Quoi ? Tu vois, c'est drôle.

Je pensais pas que ça pouvait être pareil chez les chleux.

Quoi, pareil ? Pareil que chez nous.

Je sais jusqu'où ils vont nous emmener.

Bon, à 50 kilomètres près.

Quand il faudra se les taper à pied et la nuit, elles sont bouffées, tu m'en

diras des nouvelles.

Sous-titrage ST'

501

La commandantur, il est strictement interdit aux prisonniers désapprochés

sans autorisation de femmes et de jeunes filles allemandes.

Toute infraction à cette ordre sera punie d'une peine de pression et selon

la gravité du cas, même de la peine de mort.

les fichiers

Gratte pas comme ça, ils vont te lancer des cacahuètes.

Mon beau-père avait raison.

Les Boches pourraient tous les tuer.

Bonne chance.

Comptez !

Bonjour. Bonjour.

Bonjour.

Comment ça s'est passé ? Oh, je crois que j'ai eu du pot.

Je suis tombé chez le bourgmestre.

C'est pas le mauvais cheval.

Je suis comme qui dirait son adjoint.

Et toi ? Le vieux et la vieille, deux pauvres cons, mais il y a la belle-fille

et là, je crois que tous les espoirs sont permis.

En attendant, regarde, j'ai déjà piqué ça.

Une carte de la rue.

Tiens, on est... On est là.

Ah, les vaches de chleux !

C'est ça, c'est ça

Dans tes sacs, t'as rien à bouffer ? C'est contrôlé, vieux.

T'as vraiment rien ? Blanqué.

Il en manque un.

Attention, mignonne, les sardines, c'est mauvais pour le teint.

Une fois par semaine, ça m'étonne.

Il manque plus que ça.

Qu'est-ce qui va pas ? C'est la mère d'Alice qui est malade.

Grave ? On dirait.

En tout cas, c'est pas le moment.

C'est justement un travail fou.

J'ai décidé, si maman reste encore longtemps au lit, d'engager une deuxième

vendeuse. Pendant que le commerce marche, il faut en profiter.

Ici, rien n'est plus comme avant.

C'est les clients qui sont bien polis avec nous, c'est bien agréable.

C'est lui

qui vous a

remplacé.

Vous travaillez chez le burgumaistre.

Et ton costume ? T'as coupé rien ?

Ça marche.

Hein ? Ça marche même très bien.

Trop bien, peut-être.

Ça veut dire quoi, ça ? Rien, comme ça.

Écoute, Roger.

Le Rhin est à 300 kilomètres.

À pied, il y en a pour sept nuits, en supposant qu'on y arrive.

En camion, une fois le tunnel passé, en prenant les petites routes, il y en a

pour cinq heures.

Tu entends ? Cinq heures ! C'est tout.

Et elle ? Elle, quoi ? Elle nous fait passer le tunnel, évidemment.

T'as pensé à ce qui lui arrivera après ? Vaut mieux pas trop penser, Roger.

Faut choisir.

Les caissières sont pro-vaches avec nous, Jean. On pourrait quand même... C

'est des Allemands, Roger.

Et c'est la guerre.

On pourrait quand même choisir de ne pas être pro-vaches avec eux.

Arrête, tu me tatoues.

Arrête.

Sous-titrage

Société Radio-Canada

Non, non,

non, non, non !

Qu'est-ce qu'il veut,

monsieur le maire ? Ton patron.

Non,

c'est pas vrai.

Les enfants qui y avaient préparé une surprise.

Ils devaient venir en perdre la semaine prochaine.

Tu le connaissais ?

Pourtant, c'est tout comme... une veste à lui.

C'est connu.

Juste une minute.

Un moment, bitte.

Dans un bidon, j'ai des fruits, des provisions et des marques.

On part en forêt chercher du bois.

Tu te tires ? Si tu veux, je t'attends.

On remet ça ensemble, la semaine prochaine.

Tu n'as qu'un mot à dire.

Non.

Tu ne veux plus partir ? Pas comme ça.

Tu es complètement con.

Je préfère être un con qu'un salaud.

Décidément, je ne te comprends pas.

Moi non plus.

Bonne chance quand même.

Ah non, aujourd'hui, il n'y a rien. Pas de patate.

La fille de l'air.

Je mets les bouts.

Je ne sais pas.

Je vais au garage.

Réunion n'est pas permise, je vais au garage.

C'est presque 12 kilomètres, j'ai trois heures.

Qu'est-ce qu'il dit ? Un, deux, trois.

Trois heures ? Pour vieux... Courage.

Prends ton temps.

Dis-moi de ma parole.

C'est un vrai ?

Oui,

Florence, tout arrive.

Même moi.

Ne craigne pas.

À quoi ça sert de craigner ?

Et la censure ? Tu n'as pas pensé à la censure ? La censure ? Je n'avais pas

pensé. Je t'ai envoyé des paquets.

Je te remercie bien.

Écoute, Jean.

On doit passer de prendre pour dîner, je suppose.

Oui.

Ça a marché, Jean.

L'attentisme, ce n'est pas mon genre.

Je sais.

À quand l'hôtel particulier ? Avant la fin de la guerre. On veut qu'elle dure

suffisamment. Tu veux m'attacher ? Tu manques pas d'estomac.

Pourquoi ? Ce n'est pas moi qui l'ai déclarée, la guerre. Alors, puisqu'elle

est là, il n'y a pas de raison pour que je n'en profite pas.

C'est une époque en or.

Je n'ai aucune confiance en toi,

pourtant je pars tranquille. Ce que je demande à une femme, personne ne peut me

le prendre.

Une belle connerie, c'était une belle connerie.

Agréable surprise.

Ferme pas la porte, Michel.

Il y en a sûrement un de nous deux qui ne va pas rester.

Tu n'as pas changé, toi, au moins.

Tu ne perds pas de temps.

J'ai perdu deux ans, Michel.

Je te le fais pas dire.

Et toi, pendant ces deux ans, en ce que tu as fait du journal, tu en es fier ?

Pourquoi pas ? Tu connaissais mes opinions, j'en ai pas changé.

Écoute-moi bien, Michel.

Cette guerre, toi et tes amis, vous finirez par la perdre.

J'aime mieux te prévenir tout de suite.

Après, il n'y aura aucune pitié pour ceux qui, comme toi, n'auront pas

changé. C'est drôle, Jean.

C'est mot pour mot ce que j'allais te dire.

Vous êtes parfaits tous les deux.

Tu n'es pas mal non plus dans ton numéro de femme d'affaires.

Toi et ton époque en ordre, la belle merde, oui ? À ta liberté.

Tu vas ravoler.

Sous-titrage FR ?

Roger, je dois te dire quelque chose d'important.

J'ai compris... J'ai compris... Pourquoi...

Pourquoi... Pourquoi... Pourquoi... Pourquoi... Pourquoi... Pourquoi...

Pourquoi... Pourquoi...

Pourquoi...

Vous avez compris pourquoi je ne suis pas parti avec Jean.

Je ne pouvais pas vous faire ça.

Bonne et pas bonne.

Donne-moi une cigarette.

J'ai vu le colonel Mathieu ce matin.

Après l'affaire de l'autre jour, il s'imagine que je suis grillé ici.

Alors, Londres ? Tu leur as parlé de moi ? J'ai deux places pour le 18.

Avant, c'est complet.

Tu as deux places pour le 18 ? C'est merveilleux.

On dirait qu'on part en croisière.

Visiter l'Espagne, c'est prison modèle.

Gibraltar, c'est catacombes. Londres, les feux d'artifice.

Et la frontière, on la passe où ? Je parle du côté de Béobis.

Ce sont les contrebandiers qui s'en chargent.

Sous les ordres du curé. Ainsi soit-il. Je t'en prie, donne-moi une cigarette.

Je n'en ai plus.

Ça va du coin, je crois qu'ils m'en donnent encore un paquet.

Ah, tu t'imagines qu'ils vont te donner ma ration comme ça ? Attends, moi ici.

Ludovic Favre ? Je t'aime tant, Neige.

Vous n'êtes pas Ludovic Favre.

Papier.

Qui est Ludovic Favre ? Delcroix Robert.

Suivez-moi.

Raus ! Vous n'avez pas une cigarette ? Raus, Neige !

Il s'en fout, vos papiers.

Vous les avez même pas regardés.

C'est ma faute, vrai.

Eh bien, puisque vous insistez, nous allons les faire étudier par nos

services.

Ils sont remarquablement organisés, nos services, monsieur... Telcois.

C'est toi, Michel ? Écoute, je suis folle d'inquiétude. Jean s'est fait

arrêter hier par les Allemands.

Tu m'entends ?

Oui, oui, je t'entends.

Il faut faire quelque chose tout de suite, Michel.

Dans sa situation, tu sais ce qu'il risque.

Excuse-moi, Florence, mais je suis en conférence.

Eh bien, monsieur Delcourat, nous servisons d'examiner vos papiers

avec la plus grande attention.

Les voici.

Vous êtes libre.

Voilà,

tout est en ordre.

Vous êtes satisfait, Eric ? Vous êtes contente ? Ce n'est pas moi

qu'il faut remercier, Florence.

C'est le colonel Gruber.

Avance, amour !

Le bon Dieu, sans doute. Je plaisante pas avec ça, c'est pas le moment.

C'est prévu pour quelle heure le départ ? Dix heures.

Mais il est dix heures et quart.

Faites-vous rembourser, mon Dieu.

Changement de programme.

Au lieu de passer directement par la voie du chemin de fer, on va remonter la

ville à soi sur 20 km.

Y a un pépin ? Non, non.

On décide toujours du point de passage au dernier moment.

C'est plus sûr.

On va faire 20 km comme ça, à pas, toi ?

À la couleur ? Non, à gazo.

Quand tout de suite ? Le temps de l'allumer.

J'ai peut-être une chance de voir Florence au téléphone. Je suis au café.

Elle ne sait même pas qu'ils m'ont relâché.

Le 363, oui.

Mais non, mademoiselle.

Vous m'avez donné le 63.

Je vous ai demandé le 363 à Bayonne.

Avec priorité officielle.

Aujourd'hui, 796e jour de la lutte du peuple français pour sa libération.

Ici Londres, aujourd'hui 1472e jour de la lutte du peuple

français pour sa libération.

Français, l'heure de la délivrance approche.

Écrasés sous les bombes, reculant sur tous les fronts, le Reich en est réduit

à mobiliser ses dernières ressources.

Sous-titrage ST'

501

Ça va ? Doucement, tout doucement.

N'oublie pas de passer chez Mme Clears.

Tu lui diras pour son mari.

Oui, qu'elle doit être courageuse et fière, qu'elle est la veuve d'un héros.

Ça va, j'irai.

Sagmeil, Friedel, quand on se rase à l'heure du dîner, c'est pas pour aller

embrasser sa mère.

Je veux voir une fille.

Là, t'as encore de la mousse.

Tu me raconteras comment ça s'est passé ? Oui, monsieur le burgemeister.

Qu'est-ce que vous avez là-dedans ? Non, je passe.

Des bêtises.

C'est parti.

Durieux.

Durieux.

Durieux.

Jean. Ça, je suppose que c'est toi.

Il n'y a pas d'autre Jean ? Bon.

Durieux.

Durieux.

Ludovic. Je reconnais ton écriture.

Durieux.

Durieux.

Durieux.

Durieux. Durieux.

Élu à l'unanimité. Moi, une voix, la tienne.

Pour Durieux, il pipite.

Bravo, patron.

Quels sont les ordres ? Il y a pour commencer un numéro dont on se

souviendra.

Sur 8 colonnes.

Paris est libre.

La liberté,

c'est quand on sonne chez vous à 6h du matin et qu'on se dit, tiens, le

laitier.

Tu vois, pour moi, la liberté, c'est à la fois plus simple et plus compliqué.

C'est quand on sonne, que c'est pas le laitier, mais que tu peux encore sauter

par la fenêtre.

Je suis passé chez elle tout à l'heure.

J'ai eu tes nouvelles par les journaux.

Enfin, par le journal.

T'aurais pu me donner un signe de vie.

qui sera arrivé le premier.

Arrivé à quoi ? À l'hôtel particulier.

Mon rêve. Tu te souviens ?

En Sologne, un quartier, on n'y tombe pas les femmes.

Enfin, pas encore.

Tu

vois,

mon genre à moi, c'est toujours rester au fond de la chambre d'hôtel. Je vois,

la bohème.

Toi et moi, on s'est ratés deux fois.

Pas sur tous les plans, quand même.

Non, c'est vrai.

On ne peut pas bâtir toute une vie autour de ça, Jean.

C'est peut-être dommage, mais c'est comme ça.

J'ai rencontré avant le débarquement un Argentin, conseiller d'ambassade.

Je l'épouse la semaine prochaine à Madrid.

C'est pour me dire ça que tu es venue ? Tu l'épouses ? Pourquoi pas

? Tu

pars quand ? J'aurai mon passeport demain à midi, je prends le

train demain soir.

Je voulais pas quitter Paris sans te dire adieu.

Adieu, Florence.

Jean, j'ai horreur des adieux sur les quais de gare. Moi aussi.

Alors, pourquoi es-tu venu ? Je viens de parler.

Attention, attention, les voyageurs pour Poitiers, Bordeaux, Hiroune, Madrid, en

voiture. Parler ? J'espère que ça tient en une phrase, nous n'avons plus

beaucoup de temps. Un instant.

Ça tient en deux phrases.

Je t'aime et je veux t'épouser.

Tu restes.

Tu n'as pas pensé que je pouvais dire non ? Pas une seconde.

Il faut que tu saches, tu es peut-être en train de gâcher ta vie.

Réponds vite.

Tu n'as droit qu'à un mot.

Un seul.

Sous-titrage ST'

501

Sous-titrage ST' 501

Lâchez-la, je suis là. En route, il faut qu'on soit à 5 euros PC.

Allons, viens.

T'es sourdingue ou quoi ? Ressaisis-toi, mon vieux, la guerre continue.

En avant, marche ! C

'est

bon de la friser, ça prend du temps de merder.

Ça va, merci.

Non, Jean, justement, ça ne va pas.

J'écoute.

C'est intitulé « De l'eau dans son vin ». Aurons-nous bientôt l'occasion de

présenter nos félicitations et nos voeux de bonheur ?

à Jean Durieux de l'espoir dit libéré.

Ne te fatigue pas, ça fait partie de mes attributions de lire la presse, même la

presse de chantage.

J'ai lu.

Je ne veux pas vous rappeler tout ce qu'on a fait pendant quatre ans pour

rester des hommes libres. Vous le savez aussi bien que moi.

Et on a finalement gagné.

Mais si c'est pour s'entendre dire aujourd'hui, par les copains de ces

quatre ans, par ceux qui ont combattu pour la même liberté, qu'on n'a pas le

droit d'épouser la femme qu'on aime, alors c'est vraiment que ça valait pas

le coup.

Voilà ma conclusion, vous pouvez foutre le camp.

Toi aussi.

Tant que tu seras la tête de l'espoir, tu ne peux pas épouser cette femme-là.

Qu'est-ce qui peut m'en empêcher ? Elle a été la maîtresse de Gruber, le chef de

la Gestapo de l'avenue Foch.

C'est immonde ! Je te le fais pas dire.

C'est immonde d'ajouter foi à ces calomnies ! La voiture est en bas, tu

trouveras dans ma serviette le dossier qu'ils ont réuni sur Florence.

Le dossier, j'aurais préféré que tu ne le vois pas.

Ou on publie un démenti et on continue à faire du bon travail ensemble.

où l'espoir annonce en même temps ton mariage et ta démission.

C'est elle ou nous, Jean.

J'avais compris.

Les religieuses de Mme Dichon, ça arrive ?

Le coup de feu, j'en ai jamais entendu parler pendant toute la guerre.

Là où tu étais ? Planqué, comme tu dirais.

J'ai pas dit ça.

T'es parti, t'es battu, t'as été fait prisonnier. Je me suis pas vraiment

battu, mais j'ai vraiment été fait prisonnier.

Et encore.

T'as fait ton devoir.

J'ai essayé.

Alors, c'est religieux, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?

parce qu'elle a la voix de sa mère.

T'en as pas marre de faire tes comptes ? Pourquoi tu dis ça ? Pour rien, comme

ça.

Je n'aime pas comme tu parles depuis quelque temps, Roger.

Pendant que tu n'étais pas là, j'ai fait marcher le commerce toute seule et je ne

t'ai pas trompée.

Toutes les femmes de prisonniers ne peuvent pas en dire autant.

Qu'est-ce que tu veux de plus ? Quoi ? Rien, je terminais ta phrase.

Je suis ta femme.

J'ai fait marcher le commerce.

Je ne t'ai pas fait cocu.

Qu'est-ce que tu veux de plus ? Tu me demandes ce que je veux.

Tu ne vas pas me le reprocher tout de même. Ça, c'est un monde.

Bien sûr, je ne te le reproche pas.

Qu'est-ce que tu me reproches alors ? Rien.

Tu vois.

Si je te le disais, tu ne me croirais pas.

T'as toujours l'air d'une femme trompe.

Derrière ta caisse, on voit jamais tes jambes.

Même là, dans ton litier, on dirait que t'es coupée en deux.

Tu comptes tes sous, tu comptes tes sous.

J'ai plus dit ça, Alice.

Ça a l'air dégueulasse.

Comme tu voudras.

Je crois que demain, c'était le jour de papa.

Non.

Demain, c'est mon jour à moi.

Dis-moi au moins que tu as empêché certaines horreurs.

Dis-moi au moins que tu as essayé, Florence.

Si tu trouves aujourd'hui à Paris un collaborateur, un seul, qui n'a pas au

moins sauvé un juif ou un résistant, présente-le-moi.

Mais moi, je ne te le dirai pas.

Non, mais tu ne me le diras pas parce que ce n'est pas vrai. Oh, mon pauvre

Jean.

Puisque tu aimes les coups, tu vas être servi.

Mais je te préviens tout de suite que cette fois-ci, ça ne va pas se terminer

au plus bas.

Est-ce que tu peux être bête ? Florence, regarde-moi.

Il fallait bien. Non, il fallait pas.

Il fallait n'importe quoi, mais pas ça. Il fallait les écraser, mais pas ça.

Florence.

Florence, mon chéri.

Regarde-moi, Florence.

Florence.

Tu as pris une décision ? Sauter par la fenêtre ? Quand c'était

la Gestapo qui sonnait et qu'il y avait encore cette solution, j'ai l'impression

que c'était le bon temps.

Tu ne veux pas essayer de regarder les choses calmement au lieu de dire des

bêtises ? Moi non plus, je n'ai pas fermé l'œil.

Bon, eh bien, regardons les choses calmement.

Je t'écoute.

Eh bien, de deux choses l'une.

Tu gardes le journal.

Pardon.

Pour le moment, c'est plutôt le journal qui me garde ou qui me foie la porte.

Tu gardes le journal et tu me prie de disparaître.

C'est ça que tu appelles parler sérieusement ? Ou tu me gardes moi et tu

remplaces le journal par un autre.

Est-ce que tu crois qu'un journal, ça se remplace comme ça ? Je sais pas, Jean

-Jean. Je te demande. Eh bien, moi, je te réponds.

Pour moi, l'espoir, c'est irremplaçable.

Si je le quittais, c'est comme si je désertais.

Et pour aller où ? Dans la presse pourrie d'avant-guerre, qui reparaîtra

peut-être dans 3 ou 4 ans.

3 ou 4 ans ? Et d'ici là ? On

a de fortes chances de bouffer de la vache enragée.

Ça te fait peur ? Oui.

J'ai 32 ans.

Je t'ennuie avec mes histoires. Mais non, absolument pas.

Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Tu peux me procurer un ordre de mission,

vrai ou faux.

Jean, sans toi, je n'y arriverais pas.

Tu ne peux pas ? Mais si je peux, là n'est pas la question.

Roger, tu te rends compte de ce que tu fais ? Tu veux retourner là-bas ? Je n

'ai pas autre chose à faire.

C'est tel gars que tu vas rejoindre ?

Tu t'es laissé pour elle ? Toi, t'as toujours été quelqu'un, tu peux pas

comprendre.

Là-bas, je servais à quelque chose.

Pour la première fois de ma vie, j'ai eu l'impression que les autres avaient

besoin de moi.

Ici, ben ici, je suis plus dans ma peau.

Mon beau-père, ma femme, quand je les regarde, je ne me reconnais pas.

Bien sûr, mais le gars et moi, je crois qu'on s'aime bien.

Monsieur Durieux, téléphone !

J'ai besoin d'être seul. Je te donnerai ma décision demain matin.

Pense-moi Denise.

Denise, appelez chez moi et dites que je m'absente 24 heures pour une affaire

urgente.

Je

te

dérange.

Pas toi, non. Au contraire.

Je pensais chez toi prendre une valise.

La première fois, j'en avais pas non plus. Ça s'est arrangé.

Ça s'est arrangé ? T'en as de bonnes.

Je suis du rieux, passez-moi Ludovic.

Ludovic, téléphone ! Allô,

asse-toi.

Alors, tu peux annoncer mon mariage et ma démission.

Adieu Ludovic.

Adieu.

Ça va comme tu veux ? Vous avez une unité, monsieur, et ta scie ne répond

pas. Vite qu'on insiste. Bien.

J'ai 32 ans et j'ai peur.

Peur d'en avoir bientôt 35, 40, et d'être pauvre.

Et puis je sais que si tu quittais le journal à cause de moi, tu ne me le

pardonnerais jamais.

Cette fois-ci, nous nous séparons pour toujours.

Adieu, Jean.

Quand même, t'as été drôlement chic.

Tu permets que je te dise merde, mon vieux Roger ? Au moins, tu sais

maintenant que je suis sauvé.

Tu ne m'as pas raconté grand-chose, mais... On ne m'entra pas de l'idée que

c'est à moi de te souhaiter bonne chance.

Je sauve ce que tu as de plus précieux au monde, ta liberté.

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