All language subtitles for La.Crim.S08E01

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Original subtitles

Je vais avoir des vrais rouges, des vrais bleus, je vais que ça pique. Ok, d

'accord.

Bonjour, et votre chef de groupe ? Commandant Roussel.

Je remplace le commandant Scandella.

Il a des problèmes ? Non, rien de grave.

Qui est la victime ? Maxime Cornell, PDG du groupe Cornell.

Un important groupe de presse. Nous sommes ici dans la salle de rédaction de

son célèbre magazine, Mood.

Mais il venait de l'ascenseur et il a été tué comme ça devant tout le monde ?

Il venait de son salon, se trouvant dans son appartement du premier étage.

Cornell y avait un accès direct par l'ascenseur.

Et suspect ? Selon les premiers témoignages, Cornell est sorti de l

'ascenseur, on lui avait déjà tiré dessus.

Bien, un seul impact de balle au niveau du foie ayant provoqué une hémorragie

lente, mais fatale.

Tout le personnel est ici ? Oui, pour le bouclage du magazine.

Derrière vous, il y a la femme de M. Cornell, Stéphanie Cornell, la

rédactrice en chef du magazine.

Son mari est mort dans ses bras.

Je ne

comprends

pas.

Mon mari travaillait ici, au salon.

On devait se retrouver pour aller dîner.

Quelqu'un aurait pu monter de la salle de rédaction ? Non, personne.

L'ascenseur fonctionne avec une clé.

Les policiers ont retrouvé celle de votre mari sur la porte de l'ascenseur.

Mais quelqu'un possède une autre ? À part moi, personne.

Il n'y a que deux clés.

Et vous, Mme Cornell, vous avez quitté la rédaction aujourd'hui pour aller voir

votre mari ? Non, les jours de bouclage, il y a beaucoup de travail.

La porte de la maison n'est pas fracturée, mais il y a un code pour

entrer.

Ça signifie que M. Cornell connaissait peut-être son agresseur.

Sur un des deux verres, il y a des traces de rouge à lèvres.

Madame Cornell, ce cheveu blanc que nous venons de retrouver, pourrait-il

appartenir à l'une de vos connaissances, collaboratrice peut-être ? Écoutez, mon

mari et moi faisons chambre à part depuis un an.

J'habite l'appartement du dessus avec ma fille Karine. À ce propos, Karine est au

courant pour son père ? Maxime n'est pas son père.

Ma fille a 20 ans et je n'étais mariée à lui depuis 10 ans.

Bien, Madame Cornel, vous nous expliquerez tout ça demain.

Si ce coup va, vous me raccompagnez.

Je suis désolé, Mme Cornel.

Pardon, c'est trop dur.

Maxime et moi étions séparés, mais il y avait encore beaucoup de tendresse entre

nous.

Est-ce que votre mari avait, enfin, depuis votre séparation, est-ce qu'il

avait des aventures ? Il en avait, oui.

Mais j'étais au courant.

Maxime me racontait tout.

Vous ne pouvez pas comprendre.

Essayez de vous reposer.

Bonsoir.

Je me doute que ton type est important, mon petit Michel.

Tiré du lit alors que j'étais sur le point de rendre hommage à une rousse

incendiaire. Je me félicite d'avoir sauvé la vie de cette malheureuse.

Torgus a eu moins de chance. Il s'est pris une balle de 6,35 quasiment à bout

touchant.

C'est le foie qui a pris. Un foie aux demeures engavées de transaminase.

Ton PDG de son vivant n'a pas dû sucer que de la glace.

Oui, un patron de presse de cette stature, voyez-vous, mon cher Salinas,

devait avoir nombre de repas d'affaires, justifiant votre propos délicat. Le

petit rendez-vous coquin aussi, non ? La sexualité de notre homme vous inspire-t

-elle quelque chose ? Il a pu tomber sur une jalouse.

Un pro aurait visé la tête, aurait fini le PDG. Alors qu'une femme passionnée,

dans un bel état de nerfs, je la vois bien agir comme ça. Vous avez bien fait

de choisir ce métier macabre, mon cher Salinas. Vous n'aurez ainsi plus le sens

de finir la pence criblée de balles.

Angélique. Salut Jean-Louis.

Toujours un sucre dans ton café, Jeanne ? J'ai arrêté.

Incompatible avec mes régimes hypocaloriques.

Sans sucre, alors ? Je bois du thé.

C'est malheur anti-occidente, c'est ça ? Dis-moi, rappelle-moi pourquoi je t'ai

pas épousée.

Trop chiante.

Je vois que t'as pas trop changé en 20 ans.

C'est ce que mon mari m'a dit l'autre jour, avant que je demande le divorce.

Ah oui, au fait, je suis navré pour le procureur Roussel, vraiment.

Je suis sûre que non.

Tu l'as jamais aimé.

Finalement, j'aurais peut-être dû t'attendre.

J'ai jamais su attendre.

C'est comme pour ce boulot.

T'étais vraiment obligé de venir prendre la tête de mon groupe ? Je voulais

intégrer la crime depuis longtemps, Jean-Louis.

Alors quand le divisionnaire de ma DPJ a fait jouer son piston, j'ai été muté.

J'ai pas pu refuser.

C'est possible, oui. Mais tu comprendras que, vu les circonstances, j'ai pas

vraiment envie de te dérouler le tapis rouge.

Et moi aussi, je suis contente de te voir.

Maintenant, dis-moi pourquoi t'as l'IGS aux fesses ? Un de mes anciens indiques

au stup', Cervero.

Il est allé piquer du pognon chez un dealer.

Il s'est retrouvé en face du mec, il a eu baston.

Il a buté le dealer.

Et toi, là-dedans ? Cervero était venu me voir. Il voulait me proposer le coup

parce qu'il savait que j'avais besoin de pognon pour l'opération de mon petit

-fils, Théo. T'as refusé ? Tant la vie.

Excuse-moi, alors pourquoi l'IGS te cherche des pots ? Apparemment, il y a

un mec des stups qui nous aurait croisés avec Cervero.

On a interrogé Cervero, mais il n'a encore rien dit.

Dans tous les cas, il n'a pas démenti.

C'est pour ça que la divisionnaire m'a mis sur la touche. Voilà.

C'est pour ça que je suis là ? Oui, mais provisoirement.

Dis-moi, c'est l'heure du brief, alors sans te commander, le bureau, c'est par

là. Ok.

Voilà.

Bon, voilà.

J'ai récupéré le bureau de ma collègue, Bailly.

Elle a pris une année sabbatique pour essayer de sauver son mariage.

Tu vois ce qu'il te reste à faire ? Toi, c'est par là.

J'ai connu Jean-Louis il y a 20 ans.

Et à l'époque, déjà, j'étais une emmerdeuse.

Enfin, je suppose qu'il vous l'a dit.

Sachez qu'en vieillissant, je ne me suis pas arrangée.

Je n'y peux rien, c'est dans ma nature.

Maintenant, j'ai pas demandé à être là.

Et d'ailleurs, c'est provisoire.

Oui.

En tout cas, tout ce que je souhaite, c'est qu'on fasse du bon boulot

ensemble. Voilà.

Des questions ?

Alors, on y va.

Le marchand, il a reçu l'autopsie.

Bien, Maxime Cornel, la victime, a été atteint quelques minutes avant qu'il ne

pénètre dans la rédaction. Ce qui fait que les membres du personnel, ainsi que

la veuve Stéphanie Cornel, peuvent être exclus de la liste des suspects directs.

Cornell a un parcours sans faute. A 50 ans, magnate presse déjà important mais

célibataire endurci, il rencontre Stéphanie.

Elle s'occupait de la rubrique tendance à Mood Magazine.

Et au dire de tous, en 10 ans, c'est elle qui en a fait le meilleur mensuel

du monde.

Au dire de tous, ils formaient un couple très harmonieux.

Néanmoins, Stéphanie Cornell et son mari ne couchaient plus ensemble depuis un

an. La pauvre. Il faudrait que quelqu'un se dévoue.

La recherche d'ADN est en cours ? Elle a été effectuée sur les verres ainsi que

sur le cheveu, commandant. Parfait, parfait.

Faudrait quand même éclaircir cette histoire de séparation de corps. Mais

Cisco, à défaut de vous dévouer, renseignez-vous.

Lefebvre, faites un tour du personnel pour voir qui aurait pu en vouloir à

Cornell.

Et nous, Jean-Louis, on va interroger la fille de Stéphanie. Je l'ai convoquée.

Apparemment, hier, elle était chez des amis.

On va vérifier.

Non, par là.

Ah, d'accord.

Je me goure ou j'ai l'impression qu'ils m'adorent tous.

Ne leur demande pas tout de suite de te baiser les pieds. C'est pourtant que j

'adore ça.

T'en fais pas, la procédure nous oblige à être interrogés, mais ce sera bientôt

fini. Bonjour.

Bonjour.

Karine, ma fille est encore sous le choc.

Si vous pouviez ne pas la garder trop longtemps.

Bien sûr.

Venez mademoiselle, nous allons boire un café.

Si vous voulez bien me suivre, s'il vous plaît.

Je vis encore chez ma mère avant de trouver un vrai job.

Elle aurait bien aimé que je fasse le sien, mais moi la presse ça me saoule.

Je préfère la cinoche.

Je suis stagiaire mise en scène.

Ah, stagiaire mise en scène, c'est un vrai job ? Bah en fait, pour le moment

je pointe surtout au chômage.

Et votre beau-père, vous vous entendiez bien avec lui ? Ouais, ouais, ça allait.

À peu près.

Enfin, c'est pas toujours facile quand c'est pas son père.

Remplacer un père, c'est pas évident.

Et le vôtre, il est où ?

Il a abandonné ma mère quand elle était enceinte.

Je ne sais pas qui c'est.

J'ai toujours vécu qu'avec ma mère.

Comme elle est de la DAS, on n'a pas de famille.

Vous pouvez nous dire ce que vous avez fait hier soir, Karine ? Je suis passée

à la rédaction pour voir ma mère, pour lui dire bonsoir.

Après, j'ai été chez des amis en banlieue.

J'ai pris ma voiture car c'était à 30 kilomètres.

Et vous n'êtes pas retournée chez vous entre-temps ? Non.

De toute façon, mon beau-père a été tué dans son salon.

Moi, j'habitais d'âge au-dessus.

Oui, mais enfin, il y a un escalier intérieur qui relie votre appartement à

celui de M. Cornell.

Vous auriez pu le croiser ou aller lui dire bonsoir. Je ne l'ai pas vu, je vous

dis.

On a retrouvé un cheveu dans le salon de votre beau-père.

Alors, pour éviter de le confondre avec celui du meurtrier, on va devoir

effectuer sur vous un prélèvement buccal pour la recherche ADN.

Pas vrai, patron ? Effectivement.

Mais on a besoin de votre consentement.

Ok.

Je vous assure, Maxime et moi avons vécu une très belle histoire d'amour.

Et malgré notre séparation, nous étions restés très proches, très complices.

Quel est l'événement responsable de cette séparation ? Maxime avait une

obsession. Il se sentait vieillir, il voulait absolument une descendance.

Il voulait un garçon. Mais vous êtes encore assez jeune pour avoir un enfant,

non ? Non, je ne peux plus en avoir.

Quand ma fille est née il y a 20 ans, il y a eu des complications.

Et l'adoption ? Mon mari était contre.

Il voulait être un enfant de lui.

Je vous ai dit, c'était devenu une obsession.

Oh, je n'ai sans doute pas l'expérience requise, mais j'ai peine à croire, voyez

-vous, que dans cette situation, votre époux est continué à vous narrer ses

aventures extra-conjugales.

Je comprends votre doute, mais c'est la stricte vérité.

Mon mari me racontait tout.

Et peu de femmes trouvaient grâce à ses yeux.

Il n'arrivait pas à rencontrer quelqu'un.

Et vous, Madame Cornell, la solitude ne vous pesait-elle pas ?

Moi, je ne pourrais jamais aimer un autre homme.

Votre mari avait une liaison en ce moment ?

Il avait rencontré une femme.

Qui travaille comme standardiste au magazine.

Lydia Vermeer.

Ils se voyaient parfois.

Je ne crois pas que ça aurait duré.

C'est noté madame.

Au revoir madame.

Tiens, tu peux envoyer ça si tu veux. Oui, j'envoie un coursier dès que j'ai

fini.

Mademoiselle Vermeer ! Qui vous a engagé au standard ? C'est monsieur Cornell.

Lui-même ? Bah oui.

Je me suis présentée au standard, je cherchais un job, je l'ai croisé, voilà.

Et dans la flé, vous avez eu une aventure avec lui ? Bah assez vite, oui.

En fait, on a eu comme un coup de foudre. Voilà, je suis tombée amoureuse

de lui. Ah bah je vous comprends.

Non seulement vous trouvez un boulot, mais en plus vous couchez avec le grand

patron.

Je suis pas une pute, mais j'ai jamais dit ça.

D'ailleurs, pour ne pas salir votre belle histoire d'amour, nous allons vous

soumettre avec votre accord à un prélèvement buccal.

Histoire de nous assurer que vous n'avez rien à voir avec le meurtre de votre

amour.

C'est pour l'ADN, c'est ça ? Vous avez deviné.

Je vous préviens, vous allez trouver des trucs à moi chez Cornel.

Je suis souvent passée chez lui, je... C'est là qu'on faisait l'amour.

Ne vous inquiétez pas, nous en tiendrons compte.

Ah, c'est le téléphone.

Wood Magazine, bonjour.

T'es chaud, hein ? Oui.

Vu qui était Cornel, je comprends que la standardiste soit flippée.

Ce que je comprends moins, c'est pourquoi un type comme lui sortait avec

une fille comme elle.

C'est commune, un poil vulgaire, pas du tout le genre de Stéphanie Cornel.

Pas vrai, Cisco ? Ah ouais ? Ouais, non, c'est vrai qu'elle arrive pas à la

juillet. L'égo et le couleur.

Oui, un jour, on veut épouser un flic et... Et puis un jour, on épouse un

proc.

Lidia Werner, la standardiste, elle a un alibi ? Non.

Elle était chez elle, seule, en RTT.

Elle m'a appris qu'elle était belge. Elle est venue en France pour trouver du

boulot. Il paraît que le chômage, c'est encore pire en Belgique.

Et Lidia Werner, elle a 37 ans. Je sais pas.

Si je devais trouver une fille...

Pour faire un enfant, je prendrais plutôt une jeunette.

Pas quelqu'un dans la limite de l'âge.

Je reconnais là ton tact légendaire.

Cela dit, c'est pas faux.

Non, mais c'est même vrai.

Cornel se foutait peut-être d'elle.

Il voulait juste s'amuser avec elle, simplement la standardiste comprend qu

'il se fout d'elle.

Et comme elle est raide dingue de lui, elle le tue.

Francisco, oublie les verres qu'on a retrouvés sur la table.

Surtout celui avec le rouge à lèvres dessus.

Ça change quoi ?

Lydie a très bien pu prendre un verre avec Cornel avant de le buter.

C'est ça, et Cornel lui fait la converse pendant qu'elle nettoie son arme.

Tu la vois prendre son temps à l'école de rage.

T'as raison, Jean-Louis.

Trop aimable, chef.

Et moi aussi, quand quelqu'un m'exaspère, j'attends pas de boire un

verre avant de lui rentrer dans le lard.

Mais si elle avait prémédité son coup, Lydie aurait fait les choses bien.

Elle aurait récupéré le verre sale et achevé Cornel avant qu'il atteigne l

'ascenseur. Avec la DN, on serait vite fixés.

Alors pour ma part, je m'étonne encore de cet accord incongru passé entre

Stéphanie Cornell et son époux. Et si au lieu de supporter ses frasques,

Stéphanie avait en réalité eu en tête de supprimer celui-ci.

Qui sait si derrière ce visage calme et placide ne se dissimule pas en réalité

une femme passionnée et diabolique.

C'est vrai que la mort de Cornell met sa femme à l'abri.

Elle devrait hériter du pactole.

C'est sûr, s'il avait voulu divorcer, elle aurait pu mal le prendre.

Et en faisant un héritier à sa nouvelle femme, Stéphanie et sa fille auraient

perdu encore beaucoup plus.

Mais non, non.

Moi, je la crois sincère.

Et puis, elle a un alibi en béton, hein.

Elle était à la rédaction.

L'amour rend aveugle, Cisco.

Et si, exprès, elle s'était forgé le plus beau des alibis ? Si elle avait

commandité le meurtre de son mari ? Cornel n'aurait pas ouvert à n'importe

qui.

Stéphanie aurait très bien pu, avant le meurtre, faire entrer chez elle l

'assassin. N'oublions pas qu'un escalier intérieur relie son appartement.

à celui de Cornell.

Cornell arrive chez lui, il offre un verre à quelqu'un, peut-être la

standardiste Lydia, qu'il nous reste encore à déterminer.

Puis Cornell raccompagne cette personne et l'assassin attend qu'il

revienne dans le salon pour le tuer.

Il faut se rencarder sur la standardiste, savoir qui elle est et d

'où elle vient.

Il faut faire aussi une perquisition chez Stéphanie.

Elle cache peut-être l'arme du crime.

Je m'en occupe.

Je m'en occupe.

Je m'en occupe. Je n'ai pas dit... Je peux...

Il

fait quoi ce soir ? Il y a le divisionnaire qui veut me voir pour mon

affaire.

Si tu veux, on se retrouve après.

Pourquoi faire ? Tu veux payer ton pot d'arrivée ? T'as raison, c'est peut-être

pas le jour.

Je suis désolé de ce qui vous arrive, commandant. Ce qu'on a joué, notre

divisionnaire a sans doute fait le bon choix. N'étant plus à la tête de ce

groupe, vous allez pouvoir régler cette affaire plus tranquillement.

Avouez, Michel, que ça vous déplait pas.

Michel.

Pardon.

La situation, ça ne vous déplaît pas ? Vous n'allez jamais supporter que je

devienne chef de groupe après le départ de Ballon. C'est vraiment ce que vous

croyez ? Oui, c'est ce que je crois.

Je gâche que la douleur légitime que vous éprouvez face à cette situation

vous aura fait perdre le sens commun du jugement.

Puissiez-vous la retrouver assez vite ?

Vous avez trouvé ? Non, rien.

Je suis désolé, madame Cornel, pour le désordre.

Mais comme on n'a rien trouvé, je vais vous aider à ranger.

Non, laissez-moi.

Vous allez fouiller sans vergogne mon intimité, ça suffit comme ça.

Je sais, madame Cornel, les méthodes de perquisition sont... sont toujours très

éprouvantes pour les...

Suspect ? J'aurais voulu vous épargner ça.

On était obligés.

Merci pour vos égards, capitaine.

Mais soyez sûr que je n'ai pas fait tuer mon mari.

Cet homme m'a aimé comme jamais personne ne m'avait aimé avant.

Je peux l'imaginer.

Bonne soirée, capitaine.

Bonne soirée, madame Cornel.

Et là, elle m'a touché le visage. Non mais attends, c'est pas dingue ça ? Elle

est étrange cette fille, franchement.

C'est vrai qu'elle est pas claire.

Moi je suis plutôt ouverte d'esprit, mais de la cautionner les aventures

sexuelles de mon mec... Tu dis ça parce que t'es jalouse ? Ah mais pas du tout.

Ah euh... C'est sûr que si j'avais été célibataire, j'aurais approfondi la

relation. Tiens, mais pour ta peine, tu passeras une nuit de plus sur le canapé.

Pourquoi une nuit de plus ? Ah bah elle t'a pas dit ! Ah bah oui, c'est-à-dire

que depuis huit jours, Nina... Nina héberge un couple de potes, qui

squattent notre piôle, là-haut.

Ah bah oui.

Donc comme on doit déjà apprendre la vie de couple, en plus elle a poussé le

challenge jusqu'à rajouter deux amis.

Moi j'aime bien la difficulté. Ouais.

Et toi, revoir Roussel comme ça, ça te donne pas envie de raccrocher les wagons

? Écoute, dans d'autres circonstances peut-être, mais là... T'en fais pas, t

'en fais pas, le divisionnaire va se calmer, et puis s'il se calme pas, on

remontera au créneau, nous.

Ouais.

Ouh là ! Ah oui, non mais oui.

Ah ? Et c'est comme ça de tous les fois, hein ?

Ah, ça va ce matin ? Ça te préoccupe vraiment ? Ah, c'est vrai, j'ai oublié

que c'était pas le matin.

Bonjour, commandant.

À la rédaction du magazine, les langues se délient.

Peu à peu, j'ai appris de mon secrétaire sur le point d'être congédié. Le jour du

drame, Karine, la fille de Stéphanie, est allée voir sa mère. Mais pas pour

lui dire bonsoir.

Non, non, ils se sont copieusement disputés.

C'est étrange, ni la mère ni la fille nous ont parlé de ça.

Et de plus, la remontée d'appels.

du téléphone fixe de Cornel nous indique qu'il a appelé le téléphone portable de

sa femme à l'heure du crime.

Cornel aurait appelé sa femme pour lui filer le nom de son assassin ? Stéphanie

Cornel étant à la rédaction, j'ai pris l'initiative d'y envoyer Cisco et le

faire. Merci, il marche en très bonne initiative.

Bon, on va se boire un petit café ? Je préfère le thé.

J'étais là, je vérifiais la première de couvre quand mon téléphone a sonné.

C'est Astrid, mon assistante, qui l'a entendu.

Le portable était là, sous ses papiers, je l'ai pris, je l'ai donné à Stéphanie.

Je n'ai pas eu le temps d'entendre le message.

Mon mari venait de sortir de l'ascenseur.

Il était touché au ventre.

Le message, vous l'avez écouté quand ? Aujourd'hui.

Seulement aujourd'hui.

Et que disait votre mari sur ce message ? Rien.

J'ai entendu son souffle.

Il n'a rien dit.

Son agresseur lui avait sûrement déjà tiré dessus.

Madame Cornell, il s'est écoulé 30 secondes entre le début et la fin de ce

message. C'est très long. Quelque chose a pu vous échapper.

On peut le réécouter ? Non, c'est impossible.

Comme il n'y avait rien, je l'ai effacé.

Elle a disputé avec votre fille. Pourquoi ne pas nous en avoir parlé ?

Retournez travailler, Astrid. Je vais régler tout ça.

Réglez ça comment, Madame Cornell ? En nous racontant encore des craques ? Nous

nous sommes disputés ce soir-là pour une histoire d'argent.

Karine m'en demande tout le temps à ce moment.

Ce soir-là, j'ai refusé.

J'en doute.

Oui, c'est comme pour le message.

N'importe qui l'aurait gardé pour le faire écouter, ne serait-ce qu'à la

police.

Destruction de preuve, vous savez ce que ça veut dire. Ça peut vous coûter très

cher. Vous connaissez l'identité du tueur.

Mais vous ne voulez pas nous la dévoiler, c'est ça ? Vous protégez qui,

Madame Cornell ?

Votre fille peut-être ? Non.

Ni ma fille, ni personne.

Ah, très bien. Ok, merci le fèvre.

Dis-moi, ça va avec le marchand ? Oui, très bien.

Tant mieux.

Parce que la fille de Cornel vient d'arriver.

Et je voudrais que tu ailles l'interroger avec lui.

Ça te changera les idées.

Bon écoute, je crois que le marchand est assez grand pour... Jean-Louis, si déjà

entre vous il y a l'eau dans le gaz, je vois pas comment je vais réussir à gérer

tout ça.

Ça te regarde pas, d'accord ? Etant à la tête de ce groupe, tout me regarde.

Dans ce cas...

J

'ai peur.

Et pourquoi je me serais énervée contre mon beau-père ?

C'est vrai, Michel.

Pourquoi lui en voudrait ? Cornel a tout fait pour sa mère.

Il lui a trouvé un boulot.

Il l'a épousée. Oui, mais il l'a quittée.

Je conçois pour ma part que vous éprouvez un certain ressentiment à l

'égard de M.

Cornel. Sans votre mère, le magazine n'aurait sans doute pas cette notoriété.

Elle a tout fait pour ce magazine, tout.

Et après, il l'a laissé tomber.

Comme mon père avant.

C'est pour ça qu'on s'est disputé.

Parce que je voulais partir.

Et où étiez-vous ?

Allez, mademoiselle.

En Belgique, je veux retrouver mon père.

C'est pour ça que j'ai demandé de l'argent à ma mère, mais elle a pas

voulu. Je comprends votre douleur.

Je comprends aussi que vous souhaitiez retrouver votre père pour vous expliquer

avec lui.

Et j'admets également votre rage, justifiée, à l'égard de votre beau-père,

puisqu'il avait quitté votre mère, lui aussi.

J'en ai marre que maman se fasse avoir par tous les mecs. Moi, je veux pas

finir comme elle.

Voilà pourquoi vous avez voulu lui faire payer, parce que c'était un monstre

comme votre père.

Et votre mère le sait.

Elle sait que vous avez tué Cornel, et c'est pour ça qu'elle vous protège.

Non.

J'en voulais peut-être à mon beau-père, mais je suis pas une meurtrière.

Je l'ai pas tué.

Alors ? La libide de la petite Karine est nickel.

Au moment du meurtre, elle est arrivée chez ses potes. On peut la relâcher.

J'adore cette enquête.

Tout le monde est suspect, mais personne n'a rien fait.

On n'a pas l'arme du crime.

Et c'est pas avec un message effacé sur un portable qu'on va pouvoir mettre

Stéphanie Cornel en garde à vue. Et pourtant, elle nous ment.

Alors, elle protège qui, si c'est pas sa fille ? Oui, alors moi, Interpol vient

de me communiquer le CV de Lydia Vermeer, la standardiste.

Alors, originaire de Liège, maquée et intrue en notoire, en taule, évidemment.

Elle a passé sa vie dans la délinquance. Alors une fille pareille dans l

'entourage de Cornel qui vient de se faire buter, chercher l'erreur. D'autant

que ça y est, l'ADN a parlé.

Le cheveu est bien celui de Lydia Vermeer.

Et c'est elle aussi qui a bu dans le verre rouge à lèvres.

Je vais retourner l'interroger. Et je viens avec toi.

Cisco, si vous permettez, je préfère y aller avec le fer.

Merci.

On y va ?

Bon, ça va, calme-toi Jean-Louis.

Les boeufs, ils ont rien contre toi.

Je pense à un truc.

La veille de faire son coup, Serviro a laissé un message chez moi.

Il voulait me voir, j'ai pas répondu.

Si t'as appelé d'un café ou d'une cabine, l'IGS pourra pas remonter jusqu

'à lui.

Ah ouais ? J'imagine que cet imbécile a appelé son portable.

C'est pas un imbécile, justement.

A savoir, il voulait ce fric, il était aux abois.

Vous l'avez trouvé comment, Jean-Louis, hier soir ? Il avait le moral, il m'a

bien rigolé.

Il est solide, hein ? Tant mieux, tant mieux.

Vous inquiétez pas, commandant.

Malgré cette histoire, on vous lâchera pas.

Mais comme j'ai une grande gueule, je vais vous dire.

Scandella, c'était un bon chef.

Alors je trouvais un peu dégueulasse que le divisionnaire l'ait mis sur la

touche, et encore plus qu'il vous ait foutu à sa place.

J'ai senti que j'avais la cote en arrivant dans ce groupe.

Je dirais que vous êtes à 40 contre 1.

Mais je suis jamais aussi bonne qu'un outsider.

Tant mieux.

Parce que moi, je suis pas dupe, hein. Je sais bien que vous êtes là avec moi

pour faire copain-copine.

Mais vous avez beau être mon supérieur hiérarchique, il faudrait pas me prendre

pour une conne.

J'aime pas ça.

J'aime votre franchise, Lefebvre. Et maintenant que vous vous êtes lâchée,

soyez gentille, parlez-moi sur un autre ton.

Disons comme à votre chef de groupe.

Ça vous va ?

Pardon

Stéphanie, mais ces policiers cherchaient Lydia.

Et comme je ne savais pas où elle était, je... Merci Astrid. Vous pouvez nous

laisser.

Mlle Vermeer s'inquiète à l'idée que la police l'accuse de quelque chose.

Je vais tenter de la rassurer.

Ça va pas être facile.

Je vous laisse, je retourne travailler.

N'allez quand même pas trop loin, Mme Cornell.

Vous pourrez bientôt avoir besoin de vous revoir.

Ce qui nous préoccupe, c'est le verre.

On a retrouvé votre ADN dessus.

Mais merde, pourquoi j'aurais tué Cornell ? Imaginons que vous ayez voulu

l'escroquer.

Après tout, vous avez été formée à bonne école. Et imaginons qu'il l'ait

découvert et qu'il ait voulu vous dénoncer aux flics.

Ça vous va comme mobile ? Mais j'ai rien volé à Cornell, il m'a filé un job, ça

me suffisait.

Admettons.

Mais il y a autre chose de troublant.

C'est cette apparente connivence que vous avez avec Stéphanie Cornell, la

veuve de votre patron.

C'est juste que... C'est... Une brave femme. Une très brave

femme.

Originaire de Belgique, comme vous.

Vous connaissez depuis longtemps ? Avouez que vous avez manégancé le

meurtre de Maxime Cornell ensemble.

Vous deviez vous partager sa fortune.

C'est n'importe quoi.

On vous demande pas de parler tout de suite.

On va vous laisser réfléchir un peu.

On garde la vue.

Ces quelques heures de garde à vue n'ont pas entamé la résistance de Lydia

Werner. Ah, elle n'a rien dit ? Si peu, elle maintient toujours de ne pas être

une intime de Stéphanie Cornell, mais j'en doute.

Bon, alors moi justement, j'ai trouvé un truc bizarre dans la journal de

Stéphanie Cornell.

Un rendez-vous à noter qu'elle a tous les jeudis, à la même heure, et il y a

juste écrit les initiales CB.

On a discrètement essayé de demander à la secrétaire ce que ça voulait dire.

Même elle, elle ne sait pas à quoi ça correspond.

On savait juste que Stéphanie réserve un taxi.

à une compagnie pour se rendre à ses rendez-vous.

Retrouver le taxi, nous aurons l'adresse.

Il ne faut pas venir le commandant Roussel.

Oui, bien sûr. C'est le chef.

Viens.

Moi, je vais me regarder auprès de la fille de Stéphanie.

Elle en sait peut-être plus que la secrétaire.

Ok.

Que veulent dire les initiales CB, Mme Cornel ? Ça n'a rien à voir avec votre

enquête.

C'est étonnant quand même, parce que même votre fille n'est pas au courant.

Maman parle.

Qu'est-ce que tu caches ? C'est personnel, ma chérie.

Personnel ? Je croyais que tu me disais tout.

Je viens d'avoir la compagnie de taxi.

Ils m'ont donné l'adresse du rendez-vous.

CB veut sûrement dire clinique beau séjour, du nom d'une institution

psychiatrique.

Bonjour Elodie.

Bonjour.

Je suis venue avec des amis de ma belle-mère.

Bonjour.

On peut la voir aujourd'hui ? Mais bien sûr madame Ballard, Lucienne sera ravie

de voir du monde.

Madame Ballard, à moi qu'est-ce que ça veut dire ?

Qui est cette Lucienne ? C'est la mère de... C'est la mère de ton père.

C'est ta grand-mère.

Je t'expliquerai tout, chérie.

Après... C'est par ici.

Lucienne, vous avez de la visite.

Bonjour, Lucienne.

Comment ça va aujourd'hui ? Quand je vois ma belle-fille, ça fait toujours

bien.

Toujours bien.

Toujours bien.

Bien, bien.

Alors je suis contente.

Et mon fils Adrien, il est où ? Il est où ton

mari ?

Il travaille à Lucienne, à l'étranger.

Il va bientôt rentrer.

A bientôt.

Bientôt, bientôt.

Bonjour, madame.

Je m'appelle Karine.

Je suis votre petite fille.

Pourquoi tu m'as caché tout ça ? J'ai fait ça pour te protéger, ma chérie.

Mais arrête.

Arrête de me protéger ! J'ai besoin de savoir maintenant.

Je veux savoir qui est mon père.

Je t'assure, il vaut mieux pas.

Mais si c'est un salaud, là, comme tu dis, pourquoi tu t'occupes encore de

cette femme, là, de ma grand-mère ? Lucienne, c'est pas la même chose.

Elle a tellement souffert du départ de... De mon père, maman ! Adrien ! Mais

pourquoi tu dis pas son nom ? Qu'est-ce qu'il t'a fait ?

Mais parle ! Un jour.

Un jour, je te dirai tout.

Un jour ? Ça fait 20 ans que tu me mens sur mon père, ma grand-mère.

Mais maman, c'est ma famille.

Ta famille, ma chérie.

Six mois.

Non.

Non, plus maintenant.

Je te déteste.

Qu'est-ce que vous voulez avec votre fille, Madame Ballard ? Mais nous, il va

falloir nous parler.

Et tout de suite.

S'il vous plaît.

Mon

mariage

avec Adrien Ballard est une invention de sa mère, Lucienne.

Mais pour elle...

J'ai pensé qu'il était plus simple que tout le monde y croit, à l'institution.

Alors, s'il n'était pas votre époux, qu'était-il pour vous ? Je l'ai

rencontré à la DAS de Liège, en Belgique.

Nous étions jeunes.

Adrien venait d'être adopté par Lucienne et... nous avons eu une liaison.

Et puis ? Et puis ? Et puis Adrien disparut.

Je venais de tomber enceinte.

Lucienne en a perdu la tête.

Alors je me suis occupée d'elle et quand j'ai quitté la Belgique, je l'ai amenée

avec moi.

Bien sûr.

Alors vous l'avez installée tout naturellement dans cette institution

psychiatrique.

Quelle belle, grande générosité de cœur.

Et Adrien Ballard, le père de Karine ? Il est où, aujourd'hui ? Personne

ne l'a plus jamais revu.

Il est sûrement mort.

J'ai retrouvé des traces d'Adrien.

En Belgique.

Alors en effet, il a bien été adopté par une femme riche, Lucienne Ballard. Mais

enfin bon, tout ça, ça remonte à 20 ans.

Depuis, plus rien.

Sur Stéphanie, c'est encore pire.

Abandonnée à la naissance, elle a repris plus tard le nom de ses parents

biologiques. Seulement, ils sont morts.

Alors pour avoir des infos... Oui, on lui a fait un prélèvement ADN, non ? Qu

'elle se cacherait sous une fausse identité.

Non mais attends, c'est une histoire de barge.

Tu crois vraiment que Stéphanie aurait tué Adrien Ballard, toi ? Pourquoi pas ?

Elle le bute et puis... Puis elle gère le fric de la vieille folle en en

piquant un peu au passage.

Tout ce qu'elle voulait, c'est un gosse, mais pas un mec.

Alors, attends.

Donc, ça veut dire que Stéphanie aurait buté son premier mec, puis fait

assassiner son second, Cornel, pour arrêter du pognon.

Non, mais moi, je la crois pas capable d'un truc comme ça, Stéphanie.

Ma parole, mais t'as vraiment le méga.

Oh, mais...

Faut moi le contraire.

Viens, viens.

À

17

ans, vous habitiez Liège.

Comme Adrien Ballard, qui lui, avait une liaison avec Stéphanie.

C'est là que vous vous êtes rencontrés toutes les deux.

Vous le savez, n'est-ce pas, que Stéphanie a buté Adrien ? Et vous êtes

venu ici pour faire chanter votre copine.

À moins que Stéphanie vous ait demandé de tuer son mari.

Quand on était riches, elle vous a attiré avec son fric. Ouais, c'est ça,

vous avez raison.

Fermez-la, ça nous évitera de la paperasse en procès-verbaux.

De toute façon, nous, on s'en branle, hein.

Vu votre profil, le juge d'instruction, il va bien se régaler.

Je voulais pas.

Je voulais pas.

Lydia, pourquoi vous avez tué Cornel ? Le coup est parti tout seul.

Oui, j'ai voulu faire chanter Stéphanie, mais elle a prévenu son mari.

C'est lui qui a menacé de me buter si j'arrêtais pas.

Il avait un flingue ! Vous allez quand même pas nous dire que c'était un

accident ! Si c'était un accident ! Moi j'ai fait que me défendre ! D'accord, d

'accord. Donc, ce jour-là, vous avez donc rendez-vous avec Cornel.

Votre but ? Vous vous tirez du fric.

Il vous offre un verre, il essaye de vous amadouer et comme ça marche pas, il

sort un flingue et il vous menace. Mais j'ai eu peur, alors je me suis jetée sur

lui. Je lui ai pris le flingue des mains, j'ai voulu lui prendre et puis il

s'est battu.

Je voulais pas qu'il meure.

Je voulais pas.

Et l'arme ? Elle est où ? Je l'ai jetée.

Dans la Seine.

Confirmez qu'il y a 20 ans, Stéphanie a bien tué le père de sa fille, Adrien

Ballard. Evidemment qu'elle l'a tuée.

Comment ? Demandez-lui.

Ah merde alors.

Qu'est-ce qu'il y a ? L'ADN de Stéphanie Cornell vient d'éclairer l'enquête sous

un nouveau jour.

Vous voyez pour vous-même.

X, Y, c'est impossible.

Ça voudrait dire que Stéphanie Cornell est un homme.

Oui.

Et de toute évidence, cet homme disparu il y a 20 ans, le père de Karine.

Vous voulez dire qu'Adrien et Stéphanie sont une seule et même personne ? Un

transsexuel.

J'ai plus fou encore.

Personne ne peut comprendre.

Naître dans un sexe qui n'est pas le sien.

Ce sentiment de dégoût.

Cette honte.

Quand avez-vous décidé de changer de sexe ? Dès que

Lucienne m'a adoptée.

Grâce à son argent.

Et elle vous a laissé faire.

Lucienne m'aimait tellement.

Mais j'ai changé d'identité pour ne pas lui faire honte.

Et puis elle, elle a perdu la tête.

Et l'enfant ? Le test ADN montre des séquences similaires entre vous, votre

fille, et Lydia Vermeer.

Seriez-vous, Lydia et vous, les deux parents de Karine ? Oui.

Lydia était une fille perdue, déjà délinquante à 17 ans.

J'ai couché avec elle une fois, juste avant mon opération.

Pourquoi ? Parce que j'étais désespérée.

Je voulais coucher au moins une fois avec une femme.

Pour être sûre que je ne commettais pas d'erreur.

Mais l'incroyable s'est produit.

Lydia est tombée enceinte de vous.

Enfin, d'Adrien à l'époque.

Je lui ai donné de l'argent pour qu'elle accouche dans la clandestinité.

Je réalisais que j'allais pouvoir devenir femme et mère.

En même temps.

C'était inespéré.

Comment Lydia a-t-elle retrouvé votre trace ? Le magazine est distribué en

Belgique. C'était simple.

À ce propos, pourquoi Cornel vous a-t-il épousé ? Mais parce qu'il m'aimait.

Maxime connaissait tout de ma vie.

Il avait l'habitude de dire que ce qu'il y a de meilleur dans l'homme, c'est la

femme.

Seulement, Cornel voulait un enfant.

Oui.

C'est le drame qui a détruit notre amour.

Madame Cornel, je vous ai dit votre... mari.

Dans le message qu'il vous a laissé avant sa mort.

Tout.

L'accident avec son revolver.

Le départ de Lydia.

Il voulait que personne ne le sache.

Que personne ne sache qu'il était marié à une transsexuelle, c'est ça ?

Non.

Maxime se moquait des conventions.

Il a pensé comme moi.

À ma fille.

Cette femme, Lydia.

Je veux pas la connaître.

Mais elle t'y oblige. Tu sais plus ce qu'elle a osé faire.

Je ne suis pas sûre qu'elle en ait très envie non plus.

Karine, c'est Stéphanie qui vous a élevée et aimée.

Alors, ne la rejetez pas.

C'est elle votre mère.

C'est pas ma mère.

C'est mon père.

Non, tu as tort.

Dans son cœur, Stéphanie est ta mère.

Et dans le tien...

Elle devrait l'être aussi.

Entrons à la maison, chérie.

On a plein de choses à se dire.

Très bien.

C'est l'IGS ? Ils ont trouvé la trace d'un appel téléphonique du portable de

Cervero vers ton fixe.

Ils l'auraient appelé chez toi la veille de son cou chez le dealer.

Ça, ça veut dire qu'ils ont assez de biscuits pour me charger.

L'IGS ouvre officiellement une enquête contre toi.

Je suis vraiment désolée, Jean.

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