All language subtitles for La.Crim.S07E11

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Original subtitles

Bien, arrivée sur les lignes du crime, 7h30.

Tiens, puisque celle-là est déjà en main, on va aller voir ses copines là

-bas. Bonjour madame la substitue. Bonjour madame la substitue. Bonjour.

Pour ton information, je t'accompagne parce que ça fait partie de mon travail.

Par conscience professionnelle, pas par pitié, si tu vois ce que je veux dire.

Regarde, regarde, tu crois que c'est le moment ou le lieu de remettre ça sur le

tapis ?

Argent et carte bancaire ont disparu, bien sûr.

Mais on a retrouvé ses papiers près du corps.

Il s'agit de Jacques Fortel. Il est le PDG des laboratoires pharmaceutiques

Fortel.

Au revoir, commandant.

Au plaisir, madame la substitue. Au revoir.

Bien. L'orifice d'entrée d'un projectile situé au niveau de l'homoplate gauche

ayant traversé le manteau de la victime semble indiquer que celle-ci a été tuée

par balle.

Calibre indéterminé entre 7,65, 9, 11 mm à voir.

Pas d'orifice de sortie, ce qui laisse supposer que le projectile est toujours

à l'intérieur du corps.

Apparemment, il a été dépouillé. C'est peut-être simplement un crime de rôdeur,

non ? Oui, un rôdeur, mais voyez-vous qu'il manque singulièrement d'avidité,

commandant, puisqu'il a laissé cette montre au bras de sa victime.

Oui, j'ai vu.

Madame Simonnet, quel genre de patron c'était, monsieur Fortel ? Un patron

dans le genre patron ? C'était un fonceur.

Souvent, il pouvait se mettre en colère, mais en même temps, il avait le cœur sur

la main.

Et puis, il en avait vu.

Il a perdu sa femme il y a 25 ans d'un cancer.

C'est lui qui a élevé sa fille, tout seul.

Il s'est jamais remarié ? Jamais.

Sa femme, c'était son grand amour, même morte.

On a retrouvé sa voiture dans le bois de Boulogne.

Juste à côté d'ici.

Vous avez une idée de ce qui aurait pu l'amener là-bas ? Elle est prostituée en

tout cas.

C'est pourtant là-bas qu'on l'a tuée.

Et de nuit.

Avouez que c'est troublant.

Je comprends pas.

Surtout que M. Fortel était très méfiant. Il roulait toujours les

portières verrouillées.

Est-ce qu'il lui arrivait de partir sans prévenir, de faire des choses

imprévisibles ? C'était la routine faite homme.

Il arrivait tous les jours à la même heure, il repartait tous les jours à la

même heure, 19h.

Jamais avant, jamais après.

Depuis 13 ans. Et avec sa fille, ça se passait comment ? Il s'adorait.

Et c'est pas facile quand on travaille ensemble.

Parce que depuis 5 ans, Mlle Florence est notre directrice de marketing.

Elle est mariée ?

Depuis trois ans, avec M. Cordelier.

C'est ici, au labo, qu'ils se sont rencontrés.

C'est une tête, M. Cordelier.

Puis alors, des diplômes.

Il est arrivé chez nous il y a cinq ans.

Et maintenant, il est directeur général, juste en dessous de M. Fortel.

Et hier, il s'est rien passé de spécial ? Rien.

Enfin, à part cette dispute que M. Fortel a eue avec son gendre.

Je les ai entendus, mais pas assez pour savoir ce qu'ils se disaient. Mais bon,

je vous l'ai dit, M. Fortel se mettait souvent en colère.

Bien, merci madame.

Ah non, je vais vous demander les agendas de M. Fortel.

C'est pour l'enquête.

S'il vous plaît.

Pardon.

Oui, si son patron allait au pute, il allait pas le créer sur les toits.

Un homme seul, en manque d'affection.

Ça résiste rarement à Jean de Sirène, non ? Je ne sais pas, moi je... rarement

attiré par les charmes tarifées.

C'est pourtant plus sain de savoir qu'une fille couche avec toi pour ton

fric que de penser qu'elle couche avec toi par pitié, non ? Bonjour.

Commandant Scandella, capitaine Bailly, brigade criminelle.

On enquête sur la mort de votre père.

Si vous voulez bien répondre à quelques questions, ce ne sera pas long. Ça ne

peut pas attendre demain.

Vous vous doutez bien que mon épouse a besoin d'un peu de repos, non ?

Ça va aller Thierry, je t'assure.

Si vous voulez me suivre dans mon bureau.

Mon père a consacré sa vie à la recherche de médicaments pouvant sauver

celles des autres.

C'était une mission pour lui.

Ce qui ne l'a pas empêché de me donner le temps qui m'était nécessaire pour

grandir sans ma mère.

Je crois qu'il faut que je vous montre ceci.

Ce sont les pièces d'un procès.

Et qui est ce Bernard Chemery, Madame Cordelier ?

C'est le mari d'une femme décédée à la suite d'essais d'un de nos médicaments.

Vous voulez dire que l'épouse de ce monsieur était un cobaye, c'est ça ? Pas

exactement, non.

Madame Chemery était un volontaire sain, comme 400 000 autres personnes en France

sans lesquelles aucun progrès thérapeutique ne serait possible.

Et de quoi est-elle morte ? D'une allergie à la molécule testée à un

accident tragique, mais rarissime.

Son mari nous tenait responsables de sa mort et nous a fait plusieurs procès qu

'il a tous perdus. Vous pensez que cet homme pourrait être l'assassin de votre

père ? Je sais pas.

Ce que je sais, c'est qu'il avait juré à plusieurs reprises de le tuer.

À part chez Marie, je vois personne qui aurait eu d'intérêt à la disparition de

mon père.

Est-ce que vous avez son adresse ? Tout est là.

Je vous en supplie, retrouvez l'assassin de mon père.

Nous savons que vous avez eu une altercation hier avec votre beau-père.

On peut savoir à quel sujet ? Altercation est un bien grand mot.

Je dirais plutôt un coup de gueule.

Et ces coups de gueule étaient fréquents ?

Fréquent non, mais régulier.

A chaque sortie d'un nouveau produit, Jacques était sur les nerfs et tout le

monde en profitait.

A sa décharge, il faut avouer que les incidences financières sont énormes,

surtout pour une petite structure comme la nôtre.

Et après votre coup de gueule, vous avez revu votre beau-père ? Non.

J'ai enchaîné les rendez-vous toute la journée et j'ai quitté le bureau pour

aller à mon club de gym.

J'y vais tous les mardis.

Vous étiez proche de votre beau-père ?

Vous a-t-il fait des confidences sur des relations qu'il aurait eues avec des

prostituées ? Si vous aviez connu mon beau-père, vous comprendriez tous que

votre question est absurde.

Quand on sait le nombre d'hommes mariés qui trompent leur femme, on peut

facilement comprendre qu'un homme, veuve depuis 25 ans, ait recours à ce genre de

pratiques. Pas lui.

Le souvenir de son épouse éclipsait toutes les autres.

Il était l'homme d'un seul amour, on en déplace à vos statistiques.

Mais dites-moi, dites-moi, dans votre métier, la concurrence est rude.

Je suppose, est-ce que vous connaissez quelqu'un qui aurait pu en vouloir à M.

Fortel ? Ah non, capitaine, nous sommes en démocratie.

Soyez pas ridicule.

Non, ton couplet sur l'adultère, là, tu ne trouvais pas ton passé, non ? Je

voulais en savoir plus sur la vie privée de Fortège, parce qu'elle est bizarre.

Parce qu'elle est bizarre ? Tu sais, tu commences à confondre sérieusement ton

boulot et tes histoires avec ton mec, c'est tout. Ce coup-là, ce n'est pas moi

qui l'ai dit.

Non, elle ne parle plus de ça.

N'importe quoi.

Ça te dirait de te faire un resto ce soir ? Ça va bien te sourire.

Tu devrais essayer plus souvent.

Évidemment, c'est OK pour le resto.

Super. Pour l'instant, on a encore un peu de travail.

Je vais récupérer le marchand.

Je vous rejoins ? À tout à l'heure.

Vous n'avez pas de nouveau message ? Retour au sommaire.

Écoutez, à certaines heures de la journée, les serveurs sont tellement

saturés d'appels qu'il est parfois nécessaire d'appeler plusieurs fois sa

messagerie afin d'être sûr de ne pas avoir eu de message.

Mais bien sûr, Michel.

Et vous avez remarqué, c'est souvent avec les appels venant d'outre

-Atlantique. De New York, par exemple.

Qu'est-ce que tu y penses, Camille ? Depuis trois jours, elle n'est pas à New

York ?

Elle ne vous a pas encore appelé, c'est ça ? Michel, le décalage horaire, l'expo

de Tibor est peut-être un peu débordée.

Ne vous inquiétez pas.

Vous me cherchez, commandant ? Oui, pour le brief.

Je pensais bien vous trouver ici, c'est l'endroit où les portables passent le

mieux.

Votre finesse de déduction m'étonnera toujours, je vous en prie.

Le légiste confirme que Jacques Fortel est mort des suites de la

blessure par balle tirée dans son dos.

Dans son trajet, le projectile provenant d'un calibre 38 a perforé la crosse de

la horte, provoquant ainsi l'hémorragie mortelle. On peut situer l'heure du

décès aux environs de 21h30.

Alors, avec le febvre, on a fait les putes du voisinage.

Voilà.

Et donc, personne n'a rien vu, rien entendu, bien sûr. Elles sont formelles,

elles ne le connaissent pas et il n'est pas un habitué du lieu.

En tout cas, les filles n'étaient pas étonnées par l'agression.

Apparemment, depuis quelques mois, elles augmentent au bois de Boulogne. Oui,

mais dans notre cas, si les cartes bancaires et l'argent ont disparu, l

'agresseur a négligé de prendre un portable dernier écrit.

une montre de très grande valeur et une berline de très très grande valeur alors

que les clés de contact étaient sur le tableau de bord. Alors pourquoi un homme

méfiant et qui n'a pas pas l'habitude de fréquenter les dames de petite vertu se

serait-il rendu seul la nuit dans un endroit particulièrement insecure ?

Parce qu'on peut nous faire gober un crime de rôdeur et peut-être que Fortel

connaissait son assassin, il avait rendez-vous avec. Il me paraît bien

improbable que Fortel accepte un tel rendez-vous. Non, je subodore que dans

le cas présent, on l'y aura forcé.

Voyez-vous, après 20 heures, il suffit de 2 minutes pour se rendre au bois à

partir du laboratoire de Fortel.

Le meurtrier a très bien pu attendre Fortel dans le parking souterrain du

laboratoire. A l'instant où celui-ci montait dans sa voiture sous la

contrainte de son arme, il l'a obligé à se rendre dans le bois où il l'a

exécuté. Puis il maquille son meurtre en crime de roudeur. Donc le fèvre, tu vas

vérifier le registre du labo.

Je veux voir le personnel et tous les gens qui y sont passés, d'accord ? En

parlant de personnel, j'ai un truc dans l'agenda de Fortel qui me... Il a reçu,

le jour du meurtre, un cancérologue du nom de Hervé Joanneau, à 20h.

20h, c'est un drôle d'horaire pour quelqu'un qui terminait invariablement

ses journées à 19h, non ?

On va l'interroger.

Fortel est mort à 21h30, donc ça fait de Joano une des dernières personnes à l

'avoir vu vivant. Pour l'instant, le seul vrai suspect, c'est Bernard

Chemery.

Voilà.

Il a un vrai mobile.

Un homme fou d'amour, c'est rare de nos jours.

Je vais bien me charger d'interroger Chemery.

Michel, Michel.

Soyez gentil, c'est pas le jour. Pardon.

Nous savons que votre femme est morte à cause des laboratoires Fortel.

Nous savons que vous avez perdu tous les procès intentés contre eux.

Et nous savons que vous avez proféré des menaces de mort sur la personne de M.

Jacques Fortel.

Des menaces de mort, c'est grave.

Surtout quand leur destinataire est retrouvé assassiné.

Je sais qu'il est mort.

J'ai lu la presse.

C'est terrible.

Comprenons-nous bien, monsieur Gemery.

Encore plus terrible pour les personnes qui les ont proférées.

Ces menaces.

Non, mais c'est vrai que j'ai souhaité sa mort et que j'aurais pu le tuer.

Parce qu'après la mort de ma femme, j'étais révolté. Je voulais qu'il paye.

Mais maintenant, j'ai oublié.

Oui, je me suis raisonné.

Et puis, j'ai refait ma vie.

Et on peut connaître le nom de votre... Ma compagne ? Geneviève Danel. Pardon ?

Geneviève Danel.

On s'est rencontrées il y a environ six mois.

Et... C'est elle qui m'a appris à faire la paix avec les autres.

Et aussi avec moi-même.

Vous étiez où ? Je suis chez Marie, mardi, aux alentours de 21h30.

Mais j'étais à la maison avec Geneviève.

Vous n'aurez qu'à lui demander.

On n'y manquera pas.

Pourquoi il nous mentirait ? Ce type-là n'a plus de haine. Il a refait sa vie,

il a oublié cette histoire. C'est aussi simple que ça. C'est pas parce qu'il a

une nouvelle nana que c'est pas l'assassin.

C'est peut-être même sa compuise, la fille.

Peut-être qu'il l'a entraînée dans son délire de vengeance, tu me ris.

Cisco a raison, renseigne-toi sur sa maîtresse. Bon, en épluchant les appels

de Fortel, j'ai vu qu'avant son rendez-vous de 20h avec le cancérologue,

là, Joano, il s'était eu au téléphone pendant 45 minutes.

Vous trouvez pas bizarre, vous, qu'après s'être parlé aussi longtemps, ils aient

trouvé en plus le moyen de se donner rendez-vous le soir même ? Je sais pas,

hein, mais il fallait qu'ils en aient des choses à se dire.

Fortel et moi travaillons sur une nouvelle chimiothérapie.

Je l'ai appelé, puis nous nous sommes vus car je voulais l'informer de la

phase 3 des effets cliniques de ce produit en voie d'exploitation.

Et vous avez eu besoin de lui en parler deux fois dans la même journée.

Fortel ne recevait personne après 19h. Pourquoi est-ce qu'à vous, il vous a

donné rendez-vous après la fin monsieur Desbureaux ? Vous voulez un petit café ?

Merci.

Vous êtes le dernier à avoir vu monsieur Fortel vivant.

C'est embêtant.

Ça vous met dans une situation assez inconfortable.

Vous êtes en train d'insinuer que je pourrais l'avoir tué ? Mon épouse est

venue me chercher au laboratoire vers 20h30 et nous sommes allés dîner chez

des amis.

C'est ce que vous appelez un alibi, n'est-ce pas ? Allez, d'accord.

Vous ne voulez pas tuer.

Mais moi, je suis convaincu que vous ne dites pas toute la vérité.

Vous voyez, et si cette vérité a à voir avec le meurtre ? Vous allez au-devant

de très gros ennuis.

Le caractère médical de nos recherches ne me permet pas de vous confier la

teneur de nos entretiens. Mais croyez bien que ceci n'a aucun rapport avec la

mort de Jacques.

Vous savez, vous avez le droit de vous taire, mais je ne suis pas sûr que ce

soit très bon pour vous.

Vous et moi, on fait un peu le même métier, vous savez.

Vraiment ? Vous luttez contre les maladies corporelles et moi contre les

maladies sociales.

Voilà. Et tous les deux, on a envie de gagner.

Vous feriez quoi si je refusais de vous donner une information capitale sur un

malade et qu'il décède ? Je vous laisse réfléchir.

Je vais réfléchir.

Vous comprenez, on est une petite structure familiale, presque artisanale,

alors que le marché devient planétaire.

En plus, les coûts de production sont de plus en plus élevés.

Comme beaucoup d'entreprises, les laboratoires Fortel ont des difficultés

financières.

Comment comptez-vous les résoudre ? En rejoignant un grand groupe européen.

D'ailleurs, on est en négociation avec l'un d'eux.

Le groupe Avenus, c'est une société allemande.

Ça ne devait pas être évident pour votre père, non, de vendre sa société qu'il a

créée à un groupe ?

C'était même très dur.

Il avait l'impression de perdre son indépendance.

Mais il nous demandait notre avis, il en tenait compte.

Vous savez, moi, je suis un petit peu dépassée par tout ça.

Heureusement que Thierry pense à l'avenir.

J'ai essayé de convaincre mon père que c'était la meilleure solution.

Ils se sont tellement disputés à ce sujet.

Et jusqu'où pouvaient aller ces disputes ? Thierry aimait papa comme son propre

père.

Jamais il leur a fait du mal.

On était tous si bien ensemble.

C'est pas vraiment brillant, la comptabilité du labo. Ils sont au bord

du dépôt de bilan.

Elle t'avait caché ça, la fille Fortel ? Non, elle me l'a pas dit. C'est

différent. D'ailleurs, je suis pas sûre qu'elle soit au courant.

Visiblement, c'est son mari et son père qui dirigeaient l'entreprise. Et

apparemment, ils l'aménageaient pas mal, surtout en ce qui concerne les problèmes

financiers. Bon, moi, de mon côté, j'ai continué à éplucher les agendas et les

remontées d'appels de Fortel. Alors, Irène a signalé, sauf que, quand même,

le mois dernier, il a appelé six fois son notaire, un certain Maître Viallard.

Oui, il est en province pendant deux jours. Il rentre après-demain.

On le voit dès qu'il arrive.

Oh, merde.

C'est l'affiche du personnel d'un certain Gamelin, le salarié d'une

entreprise de nettoyage à Sénéco.

Travaille pour le compte du laboratoire.

Par souci de sécurité, tout le monde a le droit à sa petite photo.

Regardez, elle peut ressembler au Gamelin en question.

Ah, c'est Chémery.

Police ! Bouge pas !

Votre maîtresse, on s'est un peu regardé sur elle.

Elle a perdu un frère suite à une opération chirurgicale qui aurait un peu

foiré.

On ne peut pas dire qu'elle porte les médecins dans son cœur, elle non plus.

Hein ? Donc ? Trouve votre alibi.

Eh oui, vous êtes mal barré, Chémerie. On sait que vous avez mûrement réfléchi

à votre vengeance.

Vous pouvez continuer à vous taire, monsieur Chémerie.

Mais cette fausse barbe, ces faux papiers...

Retrouvés chez vous et qui vous ont permis de vous faire embaucher à la

Sanéco par l'entretrait des faveurs.

Neymar, j'aimerais... J'aimerais... Maintenant, tu vas nous dire comment tu

as tué Fortel et ce qui est devenu l'arme dont tu t'es servi.

Mais je ne l'ai pas tué ! Je ne l'ai pas tué et je le regrette ! Ce n'est pas d

'un coup que j'aurais fait crever ce salaud.

Moi, je voulais qu'il souffre, qu'il se voit mourir.

Comme Françoise.

Comme ma femme.

Et c'était quoi votre idée mortelle ? La trampoline.

Pardon ? La tropine.

J'en ai acheté.

Et j'en ai foutu dans une bouteille.

Une bouteille de whisky, voilà, chez moi.

La marque préférée de ce fumier.

J'attendais le moment où j'allais lui faire boire.

Et puis j'aurais regardé quand revu.

On va s'enseigner, hein, pour le whisky, bien sûr, mais là n'est pas le problème.

Parce que pour faire avaler n'importe quoi à Fortel, fallait trouver l

'occasion. Toi, tu t'es dit, le flingue, ça sera plus rapide. C'est faux ! Je

voulais qu'il se voit crever.

Mais j'ai pas eu le temps.

Voilà.

On m'a volé sa mort.

Fumier.

Vous l'emmenez au dépôt.

Vous allez y passer la nuit.

Ça vous fera réfléchir. Allez.

Allez, plus vite.

Bon, je te propose pas de monter boire un verre.

Je pourrais prendre ça pour de la compassion.

Écoute, ça tombe bien parce que j'ai pas soif.

Par contre, je m'entrais bien juste deux minutes pour prendre des fringues, pour

me changer de main.

Alors écoute, j'en ai marre de les voir traîner et j'ai pris la redoutable

initiative de les ranger dans un placard.

Ça, ça t'engage pas non plus pour la vie.

Et puis, je dis... Tu vois, j'ai cru que ça pouvait marcher, toi et moi.

Eh ben, ça m'est passé.

Il faudrait qu'un mec obsédé par son nombril et sa petite déprime, ça doit

être chiant comme la mort.

Alors tu sais ce que tu fais ? Tu montes 5 minutes, tu prends tes affaires et tu

te casses. Par pitié.

Ça fait longtemps que j'avais pas ri comme ça.

C'est... c'est vraiment sympa chez toi.

Il manque juste un petit truc à boire.

Ah. Tu nous sers quelque chose ? Euh... ouais.

Tu veux quoi ? Un café ? Euh... non.

Je préférais un truc plus fort.

Ah.

Dis-moi... Tu crois pas qu'on a assez bu comme ça ? T'en as envie ?

On n'a qu'une vie, Jean-Louis, c'est trop con de passer à côté.

Embrasse-moi.

J'ai envie que tu m'embrasses.

Comment ? Hein ? Rien ? Ah.

Ah oui.

Bon.

Je vais me coucher.

Excuse-moi, Florence.

Moi aussi, j'en ai très envie, mais c'est peut-être mieux de... de le

regretter plutôt que de s'en vouloir demain matin, quoi.

En tout cas, tu peux dormir ici.

Tu prends ma chambre et puis moi, je dormirai sur le canapé.

D'accord ?

Le labo vient de me communiquer ses résultats d'analyse. Le whisky retrouvé

chez Marie contenait bien de la tropine.

Ça veut pas dire qu'il a pas tué Fortel avec une arme à feu.

Il lui en voulait à mort, c'est lui qui le dit.

Néanmoins, voyez-vous, cet homme que la vengeance anime a trop bien préparé son

coup pour, en dernier lieu, changer de stratégie et infliger à Fortel une mort

insatisfaisante à ses yeux, puisque trop rapide.

Bonjour. Bonjour.

En fouillant dans la vie de Fortel, j'ai trouvé un détail intéressant.

Il était titulaire d'une autorisation de détention d'armes, une arme de

collection datant de la Seconde Guerre mondiale.

Un revolver Smith & Wesson CTG, tout est d'un canon de 4 pouces, un calibre 38.

Le même que celui du projectile qui l'a tué.

Bon, très bien. Avec Cisco, vous allez demander à sa fille des précisions sur

cette histoire de revolver.

Et moi, il faut que je revoie le cancérologue, Joannot.

Son alibi est nickel, mais je sais pas pourquoi, j'ai l'impression qu'il nous

cache encore un truc.

Euh... Si ça t'ennuie pas, je voudrais y aller avec Bailly.

Oui, si tu préfères. Je préfère.

Ah bah t'es là ? Ça fait du bien, non ? Ça se

retrouvait là un petit peu, comme avant.

Comme du temps où... Le temps où on était célibataires.

Dis-moi, où est-ce que tu vas revenir exactement ? Désolé pour hier soir.

Si j'avais su.

Non.

Au contraire, ça nous aura du service.

On serait bouffés les doigts et elle aussi. Ah non, rien.

Et toi, en fait, pourquoi t'as pas dormi chez le fèvre ? J'ai l'impression qu

'entre vous deux, en ce moment... Ah, c'est que je m'installe.

Que ? Que je m'installe, oui.

Elle veut m'aider.

Elle menace et me déprime.

Mais t'as dit ça.

En parlant pas, de toute façon, je sais qu'elle est contre la vie de couple,

alors si elle me le propose à moi, c'est pourquoi, à mon avis, si c'est pas par

pitié. Tu serais pas un peu parano, là ?

Si elle te propose de vivre avec elle, c'est peut-être parce qu'elle en a

envie, non ? Quand bien même, je l'ai un peu braqué définitivement maintenant.

Ça se rattrape, ça.

Moi, je pense qu'elle attend que ça.

Moi aussi, d'ailleurs.

Ah oui, moi aussi.

Ça me reposera.

Au fait, toi, tu sais ce que tu veux ? Et en même temps, je

veux pas la perdre.

Mais peut-être que t'es pas vraiment amoureux.

Voilà, voilà.

C'est toi qui as peur de t'investir.

Compliqué.

Vous comprenez ce que vous nous avez raconté hier ? Nous, on ne croit pas des

masses.

Alors, on va recommencer à zéro.

Vous savez, on a que ça à faire.

Désolé, c'est la procédure.

Allons-y.

Nom, prénom, situation de famille.

Florence a un cancer.

Un adénocarcinome à cellules claires du vagin, pour être plus précis.

Jacques Fortel m'avait demandé de la suivre et de le tenir au courant, ce que

je faisais toutes les semaines en privé. Il insistait pour que nos discussions

restent strictement confidentielles. Et pourquoi... Sa fille ne savait pas qu

'elle était malade ? Florence savait qu'elle avait un cancer, mais elle en

ignorait la cause.

Plus exactement la cause probable.

Et c'est justement ce qui taraudait son père.

Pendant sa grossesse, la femme de Jacques avait utilisé un médicament à

base de distilbène.

Vous savez, on n'est pas dans un labo ici, donc si vous pouviez être un tout

petit peu plus... Le distilbène est une hormone de synthèse commercialisée en

France dans les années 70.

Elle était prescrite à certaines femmes enceintes afin de leur éviter des

fausses rouches.

Seulement, le distilbène s'est révélé nocif in utero pour les enfants.

Surtout pour les filles.

C'est malheureux en effet.

Et Fortel n'a pas pu protéger sa fille de ce produit.

Il s'en voulait énormément.

Il faut dire que la pathologie de Florence était considérablement aggravée

ces derniers temps.

Pourtant, quand on la voit... Parce que vous l'avez vu en période de rémission,

la vérité, c'est que sa maladie gagne le terrain.

Dans le cas de Florence, le seul espoir réside dans une nouvelle radiothérapie

en cours de développement à Atlanta.

J'en ai parlé à Jacques il y a six mois.

J'ai vu sourire.

Il y avait longtemps que je n'avais pas vu sourire comme ça.

Bien sûr que je connais l'existence de cette arme.

Le revolver que mon grand-père a ramené les maquis du Vercors après la guerre.

Il est rangé dans le bureau de Thierry parce que c'est la seule pièce où il y a

un coffre-fort.

Mais c'est impossible que mon père ait été tué avec cette arme.

Ah bon ? Et qu'est-ce qui vous permet d'être aussi affirmative ? Je vois pas

comment le meurtrier aurait pu se la procurer.

Chez Emery, l'assassin pouvait pas connaître la combinaison du coffre.

Et que mon père, mon mari et moi qui la possédons.

Ce sont nettement l'accord dite.

Ce qui veut dire que cette arme a été utilisée très récemment.

Salut.

Tiens, faut que tu manges un peu.

T'as eu des nouvelles des tiennes ?

Il a venu tout à l'heure pour savoir où j'avais passé la nuit.

Je l'ai envoyé balader. J'ai pas de compte à rendre à un mec qui me dit pas

où il a passé sa nuit.

Fais gaffe. C'est jamais bon, les rapports de force.

Moi, j'étais venue te dire que la balistique confirme. Le projectile qui a

tué Fortel provient bien de son arme.

Bon, moi, j'ai plus qu'à libérer Chémerie.

Et Michel, vous en pensez quoi ? Je partage vos conclusions.

Monsieur Chémerie ignorait la combinaison du coffre que seules trois

personnes connaissaient, étant donné que l'une d'entre elles est la victime.

Restent les époux cordeliers.

Oui, sauf que Florence n'a pas du tout le profil d'un meurtrier.

Elle adorait son père, pourquoi est-ce qu'elle l'aurait tué ? Nonobstant, le

témoignage du professeur Joannot me taraude quelque peu. Voyez-vous, cette

culpabilité excessive relative au cancer de sa fille, ajoutée au fait que sa

femme est morte de la même maladie, tout ceci constitue une pathologie familiale

que je me propose d'examiner d'un peu plus près.

Si vous en êtes d'accord.

Oui, je suis d'accord, Michel, mais maintenant, on n'a pas grand-chose sur

Thierry Cordelier.

Justement, récemment, Cordelier a passé plusieurs appels à un numéro en

Allemagne. Alors j'ai téléphoné et je suis tombée sur la secrétaire Danz

Gruber, PDG d'Avenus.

Elle m'a appris que Cordelier et Gruber s'étaient vus dans un hôtel à Paris, rue

Lafayette, le jour où Fortel a été tué.

Un sandwich ? Crudités.

Oui.

Et ton ? Ton crédité.

Monsieur Cordelier, vous êtes le seul avec votre femme et avec votre beau

-père, bien sûr, monsieur Fortel, à avoir la combinaison du coffre. Et donc,

accès à l'arme du crime.

En plus, à l'heure du meurtre, votre alibi est plutôt bancal.

Un message de notre distributeur américain.

Je pouvais pas ne pas l'écouter.

M. Cordelier, vous faites des affaires, c'est très bien.

Simplement, si vous voulez continuer à recevoir des appels ou en passer, vous

voyez mieux de répondre plus précisément aux questions qu'on vous pose.

Oui, nous savons que, contre l'avis de votre beau-père, vous vouliez rejoindre

le groupe Avenus dont vous avez rencontré le PDG l'après-midi du meurtre

de M. Fortel.

Vous rencontriez pour finaliser les modalités de rachat du laboratoire.

C'est ça ? Sauf que vous aviez besoin de la signature de votre beau-père et que

vous saviez qu'il ne signerait pas.

Alors vous avez décidé de l'éliminer. Vous l'avez attendu dans le parking du

labo et vous l'avez entraîné au bois.

Excusez-moi.

Pourriez-vous s'il vous plaît avoir la gentillesse de bien vouloir me rendre

mon téléphone portable ? Je voudrais téléphoner à Hans Gruber à Berlin.

Vous lui demanderez vous-même comment s'est terminée notre entrevue

parisienne.

En fait, pour Hans Gruber, les PDG du groupe Avenus et les laboratoires Fortel

ne valaient plus rien.

Alors oui, il voulait bien les racheter, mais à un prix dérisoire.

Voilà, alors Cordelier s'est engueulé avec lui. Il a dit à Hans Gruber qu'il

ne vendrait jamais, que Fortel refuserait à ce prix-là, bien sûr.

Ça veut dire que si Cordelier était d'accord avec son beau-père, il n'avait

aucune raison de le tuer. Voilà, en bref, on vient de perdre notre dernier

suspect.

De mon côté, voyez-vous, en consultant les archives des laboratoires Fortel, j

'ai eu accès au dossier médical de feu.

Madame Fortel, met à vie, après ce que je viens de découvrir, qu'on ne peut

écarter aussi rapidement Florence Fortel de ce meurtre.

Pour dire vrai, c'est elle désormais qui semble avoir le mobile le plus sérieux.

Nous connaissons la cruelle maladie qui vous frappe, madame, tout comme nous

savons qu'un cancer de même nature a porté votre mère il y a 25 ans.

Je vois pas le rapport avec l'enquête.

J'ai consulté le dossier de votre mère au service d'oncologie de l'hôpital de

Ney.

Il semble établi qu'elle a développé son cancer à partir de l'absorption pendant

sa grossesse d'un remède fabriqué à base d'une hormone de synthèse du nom de

distilbène.

Malencontreusement, et c'est un pur euphémisme, ce produit était aussi

néfaste à l'enfant qu'elle portait.

Devenu adulte, il... Plutôt, devrais-je dire, vous,

Madame Cordelier.

risquiez de développer des malformations, voire un cancer

identique.

Je ne vous apprends rien puisque vous avez consulté vous-même ce dossier

récemment. C'est exact.

Je n'ai pas voulu en faire un mystère.

Je ne vois pas le lien qu'il y avait avec l'enquête.

J'ai également découvert dans les archives de votre propre laboratoire que

si votre mère avait absorbé ce remède pendant sa grossesse,

c'est sur les conseils de...

Son propre époux.

Mon père ? Qu'est-ce que vous voulez dire ? Que votre mère a, en tant que

cobaye, testé un remède à base de distilbène produit, puis commercialisé

par les laboratoires fortels.

Je ne savais pas.

Comment est-ce que j'aurais pu savoir ? Comme moi, en consultant simplement les

archives de votre laboratoire.

Où étiez-vous, madame, le soir du meurtre de votre père ?

Je ne répondrai à vos questions qu'en présence de mon avocat.

Oui, bien sûr.

Je me vois donc contraint de vous mettre en garde à vue.

Vous laissez ma femme tranquille.

C'est moi... C'est moi qui l'ai tué, mon beau-père.

Expliquez-nous ça, monsieur Cordelier.

J'ai commencé à avoir des doutes quand ma femme a déclaré son cancer.

Je suis docteur en pharmacie, moi.

Je connaissais parfaitement les effets secondaires du distilbène.

Vous saviez que la mère de Florence avait servi de cobaye ? Je ne pensais

pas que mon beau-père avait eu l'inconscience de tester cette hormone

sur sa propre épouse. Pourquoi ? Il y avait déjà des rumeurs alarmantes à l

'époque qui couraient sur cette hormone.

Surtout aux Etats-Unis.

Est-ce dans les archives du laboratoire que vous avez découvert cela ? Oui.

Puis ça m'a rendu fou.

D'un coup, j'ai réalisé que cet homme avait condamné sa femme et sa fille pour

gagner un marché. Alors j'ai voulu qu'il paye pour le mal qu'il avait fait.

Je suis allé chercher l'arme dans le coffre.

Et j'ai retrouvé mon beau-père au bois de Boulogne.

Retrouvé.

Vous aviez rendez-vous ? Non, ça je... Non, ça je veux dire que je... Je l'ai

attendu dans le parking.

Et ensuite, en le menaçant avec le revolver, je l'ai obligé à se rendre au

bois de Boulogne.

Ensuite, j'ai maquillé mon geste, enfin mon crime, compensé une agression.

Pour finir, je suis retourné au labo.

J'ai mis l'arme à sa place, dans le coffre.

Comment êtes-vous retourné au laboratoire ? À pied.

Je suis retourné à pied.

J'ai remis l'arme à sa place.

Puis j'ai pris ma voiture.

Je l'avais laissée garer au parking.

Et ensuite, je suis allé à mon club de gym.

Voilà comment ça s'est passé, tout ça.

Pouvez-vous nous dire comment vous avez procédé pour tuer votre père ? Je lui ai

demandé de descendre de voiture.

Je pouvais pas le tuer de face, alors je lui ai dit de se retourner.

Puis j'ai tiré une fois.

Une seule fois, en disant le mot plat de gauche.

Puis il s'est écroulé.

Et après ? Qu'est-ce qui s'est passé après ? Comme je viens de vous le dire,

j'ai...

J'ai pris ces cartes de crédit pour simuler une agression.

D'ailleurs, je les ai encore.

Vous pouvez vérifier.

C'est bien les siennes.

Avez-vous bien conscience, monsieur Cordelier, quand nous faisons ce

témoignage, vous risquez une vingtaine d'années de prison.

Vous êtes sûr, hein ? C'est vous qui avez fait tout ça ? Oui.

C'est moi.

Jean-Louis, qu'est-ce qu'il vous faut de plus ? On a tout. On a le mobile, l

'arme, les cartes et les aveux.

Ça me paraît clair, non ? Cordelier a buté son beau-père, point barre.

Non, il y a un truc pas net, Jean-Louis.

Quoi ? Je sais pas, on aurait dit qu'il hésitait.

Déjà, le lapsus sur le rendez-vous.

Comme s'il inventait l'histoire en nous la racontant.

Michel, vous en pensez quoi ? Je partage tout à fait votre sentiment, quelque

chose nous échappe. Ses trajets sont confus, ou trop flous, ou trop précis.

Et puis je m'explique mal cette hésitation quand il a parlé de sa

voiture. On peut mettre ça sur le compte du stress, c'est pas un moment facile à

passer. Moi je partage plutôt l'avis de Jean-Louis, je pense que c'est pas la

peine de chercher plus loin.

Eh bien, je suis convaincu du contraire. Eh bien, qu'est-ce que vous proposez ?

De faire passer au peigne fin la voiture de Cordelier par le personnel de l'IG.

J'aimerais savoir quel rôle elle a joué dans toute cette affaire.

Ok, Michel, on s'en occupera dès demain matin. D'accord.

Ce n'est pas ce soir qu'on va avancer.

Allez, termine, c'est bon.

Dis-moi, ce soir, je ne me sens pas pour la tournée des grands ducs.

Par contre, si tu n'as pas envie d'entrer chez toi, tu peux se faire un

ciné.

Mais alors, un truc drôle, parce que moi, là...

Non, t'es adorable, mais il vaut mieux que je rentre chez moi.

Si tu veux.

Merci. Eh ben voilà.

T'as trouvé les chaussures à ton pied.

Maintenant, ta vie et ton boulot, c'est vraiment la même chose.

T'as mis le temps au métier arrivé, bravo.

Et après ? T'as bien ta vie, j'ai le droit d'avoir la mienne ? Après tout, t

'as raison, c'est mieux comme ça.

Fais ce que tu veux, c'est plus mon problème.

Je vais même te dire, tu me rends service.

Tu peux comprendre ça, j'imagine ?

Je peux faire quelque chose ? Tu veux que je lui parle ? Non.

Merci.

Il faut que ce soit moi qui lui parle.

À demain.

Il n'a rien voulu me dire.

Il a couché les enfants et il s'est collé sur son ordinateur, comme d'hab.

Puis après, il a dormi dans le canapé.

Je sais pas où on va, là, mais ça m'angoisse.

Écoute, Florence, dans les vrais couples, les crises, ça existe, hein ?

Oui, mais là, c'est plus grave qu'une crise.

Bon, on a quelque chose, là, sur la voiture de Cordelier ? Oui.

Ligier a appelé. L'aile droite de la voiture de Cordelier est complètement

enfoncée.

Une femme a déposé plainte en fin d'après-midi dans un commissariat du 9e

arrondissement. Près de la place Blanche, là où Ruber et Cordelier

avaient rendez-vous.

Son véhicule a été heurté par une voiture correspondant au signalement de

celle de Cordelier. Alors elle a eu la présence d'esprit de noter le numéro

avant qu'il prenne la fuite. C'est bien la voiture qu'on cherche.

Très bien.

T'as pris ses coordonnées ? Sylvaine Leclerc. Elle a une boutique de primeurs

et des martyrs.

Ok, Bailly, tu fonces là-bas. Je veux savoir comment ça s'est passé, où ça,

etc. D'accord ? D'accord.

En même temps, regarde si elle a des gariguettes. C'est la saison.

Si elle s'embête, tu m'en prends une livre. D'accord ? D'accord.

Il a déboulé.

Comme un prince.

La rue était à lui.

Il m'a grillé la priorité.

Ça, je l'ai dit à vos collègues. Et il s'est barré comme un salaud. Et vous

avez pensé à noter son numéro d'immatriculation ? Oh, j'ai pensé à

rien du tout.

Comme les auditions, ça me connaît.

Et celui-là, il fallait qu'il l'aligne.

J'ai pris mon crayon et j'ai noté. Ça doit être une déformation

professionnelle. Et l'heure, vous avez ? 9h moins 5.

Parce que je voulais pas manquer mon match de foot.

Bon, ben j'aime le foot.

Alors j'ai regardé combien de temps cet abruti me ferait perdre avec ses

conneries.

Vous avez des gariguettes ? Des gariguettes en cette saison ?

Bon alors, Fortel a quitté le parking du labo à Neuilly à 21h.

Or, Cordelier a embouti rue des Martyrs à Pigalle, la voiture de Sylvain Leclerc

à 20h55.

Mais même sans embouteillage, il faut au moins 20 minutes pour parcourir cette

distance.

Cordelier a donc pas pu se trouver dans le parking et a menacé son beau-père

comme il le prétend.

Ça change tout, pas vrai Michel ? Tout à fait commandant, d'autant que le

capitaine Sistrowski vient nous apporter les pièces maîtresses dans la

constitution de ce puzzle.

J'ai vu dernièrement Maître Vialard, notaire de Fortel.

Il m'a annoncé que celui-ci avait récemment souscrit une assurance vie,

Fortel, au bénéfice de sa fille.

Une assurance vie d'un montant de 250 000 euros, qu'il a récemment fait passer

à 500 000 euros.

Il faut savoir aussi qu'elle ne peut hériter que de ça, puisque tout le

patrimoine de Fortel est hypothéqué pour obtenir des liquidités bancaires. Avec

ce nouvel élément, la boucle est bouclée.

Donc il faut revoir Cordelier avant la fin de sa garde à vue.

Je ne sais pas, je dois être très bête, mais je ne comprends toujours pas.

Si vous pouvez m'expliquer.

Oui, capitaine, voyez-vous, tout cela est enfantin.

C'est le cas de le dire.

Je vous ai tout dit.

C'est moi qui l'ai tué, mon beau-père. Qu'est-ce que vous voulez de plus ? La

vérité, monsieur Cordelier, tout simplement la vérité. Ce matin, je suis

allé vous rendre visite en cellule, vous en souvenez-vous ? Évidemment que je m

'en souviens.

Mais qu'est-ce que mon accrochage doit avoir là-dedans ?

Une aile froissée, qu'est-ce que ça peut bien faire, hein ? Je m'en souvenais

même pas, moi. En revanche, la conductrice que vous avez percutée, rue

des Martyrs, se souvient très bien de l'heure de la collision.

20h55, elle est formelle. Or, c'est à 21h que votre beau-père a quitté le

parking du laboratoire.

Ce qui veut dire que vous ne pouviez pas être dans la voiture avec lui et le

menacer d'une arme.

Arme que vous ne pouviez posséder lorsque vous avez rejoint Jacques Fortel

dans le bois de boulogne pour la bonne raison que c'est votre beau-père qui l

'avait emporté.

Le laboratoire était au bord de la faillite.

Les liens de M.

Fortel étaient hypothéqués.

Votre beau-père sait que sa fille va mourir et mourir à cause de lui.

Il sait aussi que son seul espoir de guérison se trouve à Atlanta.

Mais le traitement coûte cher.

Très cher et Fortel est ruiné.

Alors il a une idée.

À se sacrifier pour sauver sa fille.

C'est absurde.

Pour t'entendre des horreurs, vous vous mettez à les imaginer.

Ce qui est bien réel, c'est que votre beau-père avait doublé la prime d

'assurance-vie quand il a appris que la maladie de Florence empirait.

Parce qu'il fallait qu'elle touche plus d'argent pour pouvoir se faire soigner à

Atlanta.

Ça suffit maintenant.

J'en peux plus, moi.

Je veux qu'on me ramène dans ma cellule. Votre beau-père ne pouvait accomplir son

acte seul pour la bonne raison que le suicide n'était pas pris en compte.

par le type d'assurance qu'il avait contracté. Aussi, il vous a demandé de l

'aider. De le supprimer, veux-je dire.

Monsieur Cornelier, aussi pénible soit-elle, cette histoire est désormais

la vôtre.

Il va vous falloir la raconter, à nous ou à quelqu'un d'autre.

Et puis, il va vous falloir aussi apprendre à vivre avec elle, ce qui est

beaucoup plus difficile. Aussi, vous devriez envisager de soulager votre

conscience. Cela vous permettra de regarder votre acte.

D'une manière différente.

Vous avez tué, certes.

Mais vous n'êtes pas un assassin.

Vous le savez, nous le savons aussi.

Jacques m'avait tout raconté.

La grossesse de sa femme, son cancer.

À l'époque, personne ne connaissait vraiment les effets secondaires du

distilbène. Mais il y avait quand même un doute.

Alors quand Florence est tombée malade à son tour, c'est devenu insupportable

pour lui.

Pour lui, c'était sa faute si sa femme était morte.

Et d'une certaine manière, il allait aussi tuer sa fille.

Et comment lui est venue cette idée d'en finir ? Depuis un an, il pensait tout le

temps au suicide.

Il avait deux obsessions.

Sauver Florence et en finir. Si vous étiez proche de votre beau-père et n

'avez pas essayé de l'aider, vous n'avez pas été tenté de faire renoncer à ce

projet morbide.

J'ai tout essayé.

Jusqu'à tenter de persuader Grobert de nous rejeter à la hausse.

Je savais que c'était foutu.

Jacques l'a su avant moi.

C'est horrible à dire, mais...

Au fond de moi, je sentais que c'était la seule solution pour sauver Florence.

Son cancer progressait, alors... Mon Dieu, j'ai accepté de l'aider.

Quand j'ai retrouvé Jacques au bois, il avait l'air soulagé.

Il avait tellement peur que je me dégonfle au dernier moment.

Vous avez pensé à Florence.

Vous ne vous êtes pas dégonflé.

Il était si serein.

Il m'a tendu larmes.

On s'est dit adieu et il m'a demandé de tirer.

On l'a fait pour Florence.

On l'aimait tellement tous les deux.

On voulait tellement qu'elle continue à vivre.

Elle va mourir.

Elle va mourir et vous, vous allez gagner quoi ? Des félicitations ? Sans

vous, ma femme aurait pu être soignée, elle aurait pu vivre.

Vous aussi, vous êtes des assassins.

S'il vous plaît, s'il vous plaît.

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