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-La pendule fait tic-tac tic-tic
Les oiseaux du lac pic-pac pic-pic
Glou glou glou font tous les dindons
Et la jolie cloche ding ding dong
Mais boum
Quand notre cœur fait boum
Tout avec lui dit boum
Et c'est l'amour qui s'évei...
Moteur d'avion
(En polonais) -Allô ? Vous m'entendez ?
Voici le dernier communiqué polonais.
Les troupes allemandes viennent d'entrer dans Varsovie.
Une pensée fraternelle aux soldats polonais de Hel
et à tous ceux qui se battent partout ailleurs.
La Pologne n'est pas morte.
Vive la Pologne !
Musique sombre
Hitler parle en allemand.
Acclamations de la foule
On parle en italien.
On parle en néerlandais.
-Vers 4h30 du matin, nous avons appris que deux aérodromes hollandais
étaient bombardés
par l'aviation allemande.
Et quelques minutes plus tard,
nous avons aperçu à travers les fenêtres
du ministère des Affaires étrangères,
les premiers bombardiers allemands qui survolaient Bruxelles.
Nous avons entendu les premiers éclatements de bombes.
À ce moment, messieurs...
Voix entremêlées
Aucune protestation. Aucun...
Churchill parle en anglais.
-Ici Radio Paris. Longueur d'onde 312,9 mètres.
Les Panzerdivisions allemandes ont contourné la ligne Maginot
et sont entrées sur le territoire français.
Nos soldats se sont sacrifiés,
mais nos défenses sur la Meuse sont tombées.
Aujourd'hui, ils se battent encore.
Après Mézières et Valenciennes, Givet est aux mains de l'ennemi.
Le foudroyant appareil militaire déchaîné par Hitler semble inarrêtable,
et les civils des régions de l'Est et du Nord
sont appelés à suivre les ordres d'évacuation.
Les Allemands s'approchent de Montcornet
qui ouvre la route
vers Soissons et Paris.
La 4e division cuirassée du colonel de Gaulle
fonce vers Montcornet
pour verrouiller l'axe de progression ennemi.
Musique de tension
-Mon colonel, les Allemands ont pris Montcornet.
-Vous les avez vus ?
Eh bien moi, je vais aller voir.
-Faut faire demi-tour.
-Dépassez les unités.
Crissement des pneus
Maintenez la vitesse. -Jusqu'où, mon colonel ?
-Jusqu'à ce qu'on nous tire dessus.
-Les unités
sont loin derrière. Qu'est-ce qu'on fait ?
-Dans la direction de mon bras.
-On a ordre
de limiter les pertes.
Faut faire demi-tour !
Mon colonel !
Il va tirer !
-Dans la direction de mon bras.
En allemand
Stoppez.
La musique s'intensifie. Tic tac
En allemand
Montcornet !
-On est tout seuls
au milieu de l'ennemi. À quoi ça sert ?
Moteurs d'avions
On est perdus ! C'est la débandade !
-Ai-je l'air de débander ?
Continuons.
Musique grave
-Français, c'est le cœur serré
que je vous dis aujourd'hui
qu'il faut cesser le combat.
Moi, Maréchal Pétain,
j'assume à partir d'aujourd'hui la direction de la France.
Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire
pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec moi,
entre soldats, après la lutte,
et dans l'honneur,
les moyens de mettre un terme aux hostilités.
Que tous les Français se groupent autour
du gouvernement que je préside, et fassent taire...
-Non !
Musique épique
-À Londres. -Personne d'autre ?
Il soupire.
Général, il faut y aller.
-Vous êtes libre, Courcel.
Vous pouvez disposer.
Continuons.
Musique épique
-C'est la panique à Londres depuis que la France a rendu
les armes. -C'est pour ça que je viens.
La France a eu des hauts et des bas depuis Clovis,
mais elle ne lâche pas ses alliés.
Il faut que je m'adresse aux Français.
Ils parlent en allemand.
-Tenez. -Vous avez pas entendu le Maréchal ?
-Il y a 200 000 soldats allemands ici.
Que peuvent-ils faire contre 40 millions de Français ?
-Allez, c'est fini, petit. Rentre chez toi.
La musique s'intensifie.
-Monsieur !
-Non.
-Hé, vous deux !
Tintement de cloche au loin
On parle en allemand au loin.
Musique dramatique
Grande inspiration
Grande expiration
Musique épique
-Les chefs qui, depuis de nombreuses années,
sont à la tête des armées françaises
ont formé un gouvernement.
Ce gouvernement s'est mis en rapport avec l'ennemi
pour cesser le combat.
Mais le dernier mot est-il dit ?
Non.
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite...
Grésillement
Propos inaudibles
Grésillement
Il faut qu'il y ait un soleil.
Il faut qu'il y ait une espérance.
Il faut que quelque part
brille et brûle la flamme de la résistance.
Vrombissement des moteurs
Musique intrigante
Demain, comme aujourd'hui,
je parlerai à la radio de Londres.
Les soldats se mettent au garde-à-vous.
Il soupire.
-Le Maréchal veut vous voir, Amiral.
Vous le connaissez, ce de Gaulle ?
-Un petit colonel
nommé général en pleine débandade,
qui remercie son pays en crachant sur son gouvernement.
-Et qui refuse l'armistice.
-On a fusillé pour moins que ça.
Allons-y.
Les crieurs de journaux annoncent les gros titres en anglais.
-Édition spéciale :
la France lâche l'Angleterre !
-Nous ne pouvons pas affronter seuls
un continent entier.
C'est de la folie pure.
-De la folie ?
-Hitler peut maintenant
utiliser la flotte française.
-Morton, d'après l'armistice,
la flotte française est désarmée.
-Sous contrôle allemand !
-Sous contrôle
de l'Amiral de la flotte !
Spears, vous deviez amener Darlan,
où est-il ?
-À Toulon. Nous le tenons à l'œil.
Sa flotte n'a pas été détruite.
Les marins le vénèrent donc d'autant plus.
Même le Maréchal Pétain ne pourrait le forcer à livrer sa puissante flotte.
-"Puissante" ?
-Elle est puissante !
-Nous pourrions le retourner en jouant les bonnes cartes...
Musique grave
Il est difficile à cerner...
Il n'estime pas Pétain...
-C'est clair.
-Reposez...
armes !
-Mais il hait la trahison délibérée.
Et donc, laisser quelqu'un
insulter le Maréchal sur nos ondes
est l'inverse de ce qu'il faut faire.
-Quel est son nom déjà ? -Gaulle.
-"De Gaulle" : le seul général français voulant encore se battre.
-Un général provisoire et déchu, Spears.
-"Le traître", désormais, pour les Français.
Nous pouvons avoir Darlan et sa flotte ou de Gaulle et sa particule.
Pas les deux à la fois.
Désolé, mais ça se résume à ça.
-Très bien.
Je vais l'écarter.
Merci, messieurs.
Propos en anglais
-Rien de personnel, Spears : je n'ai jamais vu
votre homme.
-Il a des hanches de femme et une tête de banane.
-À grande échelle. Difficile à rater.
-Monsieur le Premier ministre.
Les Français ont besoin d'entendre une voix
qui leur dit de se battre.
-Et moi, j'ai besoin de la flotte française.
J'ai été ravi de vous laisser parler à la BBC.
Et j'étais bien le seul...
-L'Angleterre doit rester ferme sur ses principes,
pour tous ceux qui, comme moi, croient en sa victoire.
-Ça ne fait pas beaucoup de monde, même ici.
Mmh.
Je dois pouvoir continuer à parler
avec votre gouvernement,
même s'il a honteusement capitulé.
-La France n'a pas capitulé.
-Pétain a signé en bas de la page.
La France a capitulé et personne ne peut le contester.
-Eh bien, moi, je le conteste.
-Vous ?
-Ce que signe Pétain n'engage pas la France
dès lors qu'il agit sous la contrainte de l'ennemi.
-Général de Gaulle...
La France est un vieux pays.
Un grand pays.
Je n'ai pas, infortunément,
le pouvoir de remplacer son chef d'État.
-Monsieur le Premier ministre,
je formerai un grand comité national,
avec tous ceux qui viendront à moi :
les ambassadeurs, les gouverneurs...
La France dispose de grandes armées intactes,
d'Alger à Dakar, dans tout l'empire.
Reconnaissez-moi, et nous lèverons l'armée de la victoire.
-"Nous" ?
Vous êtes seul, Général.
Musique dramatique Il soupire.
-Nous sommes seuls, Winston.
Musique dynamique
Musique épique Brouhaha
-À présent, chers auditeurs, notre émission en français.
-Ici Londres.
Vous allez écouter une déclaration importante
pour tous les Français.
Grésillement
-L'engagement
qu'a pris aujourd'hui le gouvernement britannique
en reconnaissant dans ma personne le chef des Français Libres
a une grande importance
et une profonde signification.
Il permet aux Français Libres de s'organiser
pour continuer la guerre aux côtés de nos alliés.
Je décide ce qui suit.
Premièrement,
je prends sous mon autorité tous les Français
qui demeurent en territoire britannique.
-Churchill voulait supprimer ça !
-Ou qui viendront à s'y trouver.
-Coupez le signal !
-Deuxièmement,
il sera formé
immédiatement ici...
Il sera formé immédiatement ici une force terrestre, navale,
aérienne.
Cette force sera composée pour l'instant de volontaires.
Cette force concourra d'abord
à toute résistance française qui se fera partout dans l'empire.
J'appelle tous les militaires français de terre,
de mer et de l'air à venir s'y joindre.
J'invite à s'y enrôler tous les jeunes gens
et tous les hommes en âge de porter les armes.
Généraux, commandants supérieurs, gouverneurs...
-Nous n'étions pas d'accord pour un gouvernement en exil.
-En effet.
-... pour unir nos efforts de résistance
et sauver les terres françaises.
Musique intrigante
-Qui est-ce ?
-Laissons-lui une chance.
Notre peuple saura que la Grande-Bretagne n'est pas seule.
-Et la satanée flotte française ?
-Si ce n'est moi, votre cabinet vous le dira :
il vous rend ridicule.
-Désolé d'apprécier le panache chez un soldat.
Les gens comme lui ont gagné la guerre de 14,
pas les bureaucrates.
-Peut-être, mais parier sur de Gaulle,
c'est comme sauter dans le vide.
-Anthony, ce n'est pas ma première guerre.
S'il échoue, nous l'éliminerons.
Brouhaha
-Encore merci, monsieur Pleven.
Mon Général, ravi...
-Vous prenez les Affaires étrangères. Vous, Monnet,
les Finances. Churchill nous a reconnus, il faut écrire
une réponse officielle.
Attention, chaque mot compte.
C'est un traité d'État à État.
-Mon Général, les Français de Londres
feront chacun selon leurs convictions.
-Et vous, monsieur l'ambassadeur ?
-C'est mon pot de départ.
-Je vois.
Monnet, je compte sur vous.
-Mon Général,
le président Roosevelt me demande de le rejoindre à Washington.
Brouhaha
Et monsieur Pleven part avec moi.
-L'ambassadeur a eu la gentillesse
de réunir l'élite
de la communauté française.
Vous tous, ici.
Le Maréchal Pétain a livré la France à l'ennemi.
Vous pouvez le suivre,
dans la voie de l'humiliation
ou vous pouvez choisir l'honneur.
Il n'y a pas de troisième voie.
Accepter l'armistice, c'est tôt ou tard faire le jeu des Allemands.
-C'est scandaleux ! Chuchotements
-C'est nous qui devons ramasser le tronçon du glaive.
J'invite
tous ceux qui veulent que la France soit libre
à me rejoindre.
-Le Maréchal tente de protéger les Français.
Il ne faut pas
couper les ponts.
-Nous restons fidèles au Maréchal Pétain.
-Il a été nommé en toute légalité.
Brouhaha
-C'est indigne de l'uniforme. -Tout à fait.
Discussion inaudible au loin
Léger soupir
-Le bateau qui emmenait votre famille est arrivé sans eux.
On attend des nouvelles.
-Autre chose ?
-Le gouvernement français vous a déchu de votre nationalité.
La cour martiale vous a condamné à mort. -Ah !
Passionnant.
C'est tout ?
-Oui.
Pas de visite.
Ni d'appel.
Musique dramatique
Cliquetis du briquet
Mon Général,
on peut encore renoncer.
Il nous reste assez d'argent
pour partir au Canada.
Il renifle.
-Je suis un soldat,
mon Père.
Les malheurs de la France,
j'en suis responsable.
-Péché d'orgueil, mon fils.
-Je sais, mon Père.
Pourtant,
je préfère disparaître plutôt que de voir la France
accepter sa défaite.
Sans elle, je ne sais pas où aller.
-Général de Gaulle ?
Il soupire.
Combien de compagnies vous ont rejoint ? -Pas même un soldat, mon Père.
-Si vous avez besoin d'un aumônier
ou d'un ancien officier de Marine...
-Les deux.
-Par la grâce de Dieu, tenez bon.
Sonnerie de téléphone
-Allô ? -Le standard, j'écoute ?
Quelqu'un parle en anglais.
-Courcel ?
On déverrouille la porte.
On parle polonais.
On ferme la porte.
-Qui êtes-vous ?
-Vous parlez anglais ?
-Non, je suis Français.
-Blazej.
Je viens réparer le robinet.
Vous devez être un ami de M. Paul, le propriétaire ?
-Je suis le Général de Gaulle.
Il marmonne.
Repos.
Repos.
Blaise, c'est ça ?
Bien.
Asseyez-vous là, vous allez répondre au téléphone.
-Pardon ?
Il soupire.
-Asseyez-vous.
Té-lé-phone.
On sonne.
-S'il vous plaît,
par ici.
-Merci d'être venu.
La France a besoin de vous.
-Mon Général, je me suis déjà fait mon opinion.
La République s'est déshonorée, mais c'est la République.
Mon rôle n'est pas... -Je sais.
C'est Washington qui a besoin de vous.
Là-bas, ils manquent de tout.
Tandis qu'ici, c'est l'opulence.
En tant que responsable
des Affaires étrangères et des Finances,
vous auriez le droit de choisir votre propre bureau.
-Sur quelle base discutez-vous avec les Britanniques ?
-Nous sommes la France.
-"Nous" ?
Vous.
-Nous.
Il soupire.
-Si seulement vous étiez élu, ne serait-ce que d'un village.
-Vous vous rappelez, sans doute, d'un type du nom de Clovis.
Eh bien,
quand il est arrivé, la baraque devait être défendue
contre tout le monde, comme aujourd'hui. Nous étions
au plus bas de la courbe. Mais Clovis a commencé à la remonter,
et il a battu les barbares à Tolbiac.
200 ans plus tard,
on a eu Charlemagne.
Dans 200 ans, peut-être, on constatera que la France
est repartie ici,
grâce à nous.
-Désolé, mon Général.
-Goodbye, sir.
On ouvre la porte.
On ferme la porte.
Brouhaha au loin
-Courcel !
-Des clochards, maintenant ?
-Qui sont ces gens ?
Un homme parle breton.
-On vient de la même île de Bretagne. On est des pêcheurs.
On a entendu votre appel.
L'armistice, on y croit pas.
On veut pas des Allemands.
On est venus avec nos bateaux.
On en a quatre. -Ils ne savent pas se battre.
-Si ! On se battra mieux que vos soldats.
-Quel âge avez-vous, mon petit ?
-18 ans, monsieur.
16 ans.
Il soupire.
(En breton) -Bienvenue.
Rires et brouhaha
-Merci, mon Général. -Merci, mon Général !
-À demain.
Musique grave
Mon Lieutenant.
J'espère que ça vous va.
-Je connais ce genre d'immeuble,
c'est beau de l'extérieur.
Mais c'est trompeur, la plomberie est mal fichue.
Il frappe.
-À vos ordres, mon Général.
-Vous êtes venu faire quoi à Londres ?
-La guerre, si possible.
-Nous sommes deux. -Je ne veux pas
être pris pour un déserteur.
-Moi non plus.
Il me faut une armée. Vous serez en charge
du recrutement. Rompez.
-À vos ordres, mon Général.
-Capitaine Koenig.
Légion étrangère.
-Passy,
comme le métro ?
-Un pseudonyme, pour protéger ma famille.
-Capitaine Philippe de Hauteclocque. À vos ordres.
-Capitaine de quoi ? -Cavalerie.
-Vous n'avez pas de famille, vous ?
-Une femme et six enfants en bas âge. Ils sont en France.
-Pensez à un pseudonyme.
-Ce sera Leclerc.
-Vous parlez l'anglais ?
Bon, vous allez
me créer un service de renseignement.
Rompez.
La 1re brigade de la France Libre,
le premier à aller au choc avec les Allemands.
-Bien, mon Général.
-Vous avez des munitions ?
Alors, trouvez-en.
-"That".
Pas " zat ". Répétez après moi.
" I know that France ..."
-" I know that France ..." -Bien.
" I know that France will reese."
" Rise ." Il soupire.
Tout ça, c'est de la boyaudade !
Musique cocasse
Je suis désolé, madame.
-Blaise ?
-"Blazej".
I know that France will rise again. -C'est bien !
Très bien.
-Merci.
Je parle anglais, vous savez.
-Pas du tout. Concentrez-vous, Blaise.
-Je peux vous aider ?
Amiral Muselier.
-Il me faut...
une flotte de guerre, par exemple.
-Ce qu'il vous faut avant tout, de Gaulle...
Musique grave
c'est un emblème.
-Peut-être un peu moins tendu ?
-Vous voulez me vendre comme une savonnette ?
-Ça fera l'affaire.
Propos en allemand
-La plus grande salle des Boulevards.
Ce sera très mauvais signe qu'elle ne rouvre pas.
Il y aurait des places pour vous et tous vos officiers.
-Oui.
-Pour vos soldats également.
-Nous n'allons pas au cinéma dans la journée.
-Oui, bien sûr.
-La pendule fait tic-tac tic-tic
Les oiseaux du lac pic-pac pic-pic
Glou glou glou font tous les dindons -Une séance spéciale .
-Et la jolie cloche ding ding dong
Mais boum !
Quand notre cœur fait boum
Tout avec lui dit boum
Et c'est l'amour qui s'éveille
Tout a changé depuis hier
Et la rue a des yeux Qui regardent aux fenêtres
Y a des Boches et des mains tendues
Sur la France, le soleil va disparaître. -Laissez-le.
-Boum
-On peut le comprendre. -Quand mon cœur fait boum
Tout avec lui dit boum
Et c'est la rage qui s'éveille.
Boum !
Dépêche-toi, y a des postes à pourvoir.
Il crache.
-Journal Le Matin .
50 centimes.
L'inquiétude s'accroît en Angleterre.
-Maréchal,
vous avez capitulé, mais ma flotte n'a pas perdu une bataille.
Je ne la donnerai pas aux Allemands.
Je ne me soumettrai pas.
-Tant que vous ne l'envoyez pas en Angleterre.
Les Allemands nous le feraient payer.
-Moi, je ne suis pas un traître.
Musique grave
-Entre la soumission et la trahison,
il y a une troisième voie.
Celle de la raison.
Si c'est la vôtre, vous aurez votre place dans mon gouvernement.
Envoyez votre flotte en terrain neutre.
-Ministre de la Défense, et je reste amiral de la flotte.
La voie de la raison.
Musique de tension
-Darlan a envoyé un tiers de sa flotte en Algérie,
où les Allemands peuvent la saisir.
-C'est une trop grande menace.
-A-t-on retenté de parler à Darlan ?
-Il pense qu'on va perdre,
et qu'on signera bientôt un traité avec l'Allemagne.
Il a fait son choix, il faut faire le nôtre.
-Quelle situation horrible.
Nous n'avons pas vraiment le choix.
-Non, monsieur.
-Détruisez-les.
-Prévient-on de Gaulle ?
-Non, épargnez-le.
-Ça va tomber !
Cris
Tintement de cloche
-Voici les victimes d'une agression qu'un Français...
-Mon pauvre Albert...
-L'attaque la plus répugnante...
-Abattu à 22 ans par les Anglais, sans pouvoir se défendre.
-... apparaît devant Mers El Kébir.
Il y a quelques semaines,
cette escadre combattait côte à côte avec la marine française.
-Je suis désolé, tante Catherine.
-... qui, il y a un mois, jour pour jour,
a protégé les Anglais près de Dunkerque
et leur a permis de faire leur retraite victorieuse.
Si vous gardiez un doute sur les sentiments du traître de Gaulle,
aujourd'hui, vous avez compris.
Il a levé le masque.
Musique dramatique
Il soupire.
LA FLOTTE FRANÇAISE ANÉANTIE -Marins bombardés et coulés...
Et leurs frères d'armes enfermés ici.
Qu'est-ce qu'on va leur dire ?
Quoi leur dire après ça ?
"Battez-vous aux côtés de ceux qui ont tué 1 300 camarades ?"
Moi, je peux pas.
-Il faut bien que quelqu'un le fasse. -Bienvenue, mon Général !
-Pour l'ensemble,
garde-à-vous !
-Marins français,
hier,
un coup de hache s'est abattu sur notre tête.
Il n'y a pas un Français qui n'ait appris,
avec douleur
et avec colère,
que des navires de la flotte française
avaient été coulés par nos alliés.
Mais...
ceux qui ont livré notre pays à l'ennemi
auraient pu l'éviter.
Chuchotements
-Et comment ?
-En refusant la capitulation infâme
en vertu de laquelle, tôt ou tard,
l'ennemi allait employer nos navires contre l'Angleterre.
La France et l'Angleterre succomberont
toutes les deux,
ou gagneront ensemble.
-Vive Pétain ! -On obéit à Darlan !
-Que ceux qui veulent...
Que ceux qui veulent
combattre l'Allemagne restent.
Les autres peuvent sortir des rangs.
Brouhaha
On ferme la porte.
Garde-à-vous.
Soldats de la France Libre,
je vous promets trois choses :
de rudes combats, jamais un tir entre Français
et la victoire.
N'attendez pas que je vous félicite. Vous faites votre devoir.
-Et c'est tout ?
C'est n'importe quoi. -Pour qui il se prend ?
Propos inaudibles
-Votre discours
pour ce soir, mon Général,
préparé par Spears.
-En anglais ?
Trois pages ?
Musique de tension Il se racle la gorge.
-Je vous présente un homme remarquable,
qui peut nous aider à vaincre l'ennemi.
Merci d'accueillir
le Général Charles de Gaulle !
Applaudissements
-Tenez, mon Général.
-Vous m'emmerdez, Courcel !
Je ne ferai plus le guignol
devant des Anglais au derrière farci de talc.
-Que signifie : "derrière farci de talc" ?
Il soupire.
Une femme tousse.
Un homme tousse.
-God save us all.
Chuchotements Il halète.
-Il va parler un jour ?
-Quoi d'autre ? Un pilote aveugle ?
-Un amiral sourd ! Il rit.
Léger brouhaha
Le brouhaha s'accentue.
-Hum...
Merci beaucoup.
-Splendide.
-Le Général muet.
Il marmonne.
-Quoi, Blaise ? Vous croyez que je suis serrurier ?
Il soupire.
-Oh mon Dieu...
-Papa...
-Charles...
Musique douce
Elle soupire.
-Tout va bien, maintenant que vous êtes là.
Tintement de cloche
Musique épique
Voix entremêlées
Il frappe.
Vous croyez que Jeanne d'Arc avait des jambières en béton ?
Dites-moi ce qu'on a ! Je vois Churchill dans une heure.
-On a des pilotes d'avion
sans avions et des commandants de bateaux avariés.
-On a quelques recrues,
quand même.
-Surtout des civils.
-Pour faire la guerre, faut des armes.
-Je sais. Mais pour Churchill,
il me faut des ralliements.
Pleven.
-Un seul gouverneur a répondu à votre appel.
Celui des Nouvelles-Hébrides.
-La France Libre n'a qu'à aller s'installer
aux Nouvelles-Hébrides.
-Euh...
Les îles Hébrides, je...
-Un peu plus à l'est,
mon Général.
Petit rire
-Et Dakar ? Alger ?
Aucun signe ?
-Non. Et rien du Cameroun non plus.
Le gouverneur du Tchad était prêt à rallier,
si on lui prêtait main-forte sur le terrain.
-On a qu'à envoyer notre bataillon imaginaire.
Avec des épées en bois.
-L'effet de surprise.
Musique intrigante
-Leclerc, vous partez au Cameroun.
-À vos ordres, mon Général.
-C'est de la folie, mon Général.
Il ne fera pas un pas
sans être arrêté et exécuté. -Pleven,
au Tchad.
-Excusez-moi.
Lui, au Tchad ?
Mmh.
-Je n'ai jamais mis un pied en Afrique, mon Général.
Il soupire.
Très bien, mon Général.
Musique épique
-Général, je tenais à vous exprimer
toutes mes condoléances au sujet de la flotte à Mers El Kébir.
La décision la plus douloureuse que j'ai eue à prendre.
Ça m'est d'autant plus difficile
de vous dire que nous ne pouvons plus vous soutenir.
Musique grave
-Nous avons essayé,
vous aussi.
Mais il nous faut l'Amérique dans cette guerre.
Et les Américains ont besoin d'alliés solides,
d'une logistique robuste, de ports comme Alger ou Dakar.
Vous deviez les rallier, tous deux,
et même tout l'Empire français,
mais rien !
-Nous allons reprendre l'Afrique.
-Excusez-moi, de quelle partie
de l'Afrique parlez-vous ?
-Je parle de l'Afrique,
en commençant par le cœur du continent...
Le Tchad.
-Le Tchad ?
-C'est très simple.
Tout repose sur une antenne à ondes courtes qui se trouve...
au Tchad.
Primo, un coup de force, en douceur.
Mes troupes sont prêtes.
Il ne manque qu'à les envoyer sur place.
Deuzio, l'annonce du ralliement du Tchad
se propage par les ondes, causant
un émoi considérable au Cameroun.
À partir de là, l'effet domino devient inarrêtable.
Mes troupes recrutent,
agitent, activent,
pénètrent jusqu'au Sénégal pour faire basculer... Dakar.
-Mais...
Ça ne va pas suffire pour prendre un port comme Dakar.
-Justement !
En parallèle,
dans le secret le plus total, vous et moi lançons
une opération conjointe dans la baie de Dakar.
Marins britanniques,
fantassins français surgissent ensemble pour cueillir le fruit mûr.
Il se racle la gorge.
Sans un seul coup de feu.
Petit rire
-Oui, ça me plaît !
À l'Angleterre la force, à la France le verbe.
-Si vous voulez.
-M. le Premier ministre...
-Dakar,
carrefour de l'Afrique, de l'Europe, de l'Atlantique.
Dakar, capitale de la France Libre.
Dakar,
port de débarquement de l'Amérique.
-M. le Premier ministre ! -De quoi avez-vous besoin ?
Je peux avoir pour vous
dix avions samedi, le double dans une semaine.
-Un seul suffira.
-Toutes vos troupes dans un avion ?
Un grand avion ?
-Un hydravion fera l'affaire.
-Un hydravion, pour décider du sort de la France Libre ?
-Général,
j'imagine que
pour cette épopée extraordinaire, il vous faut un pilote exceptionnel.
-On va vous donner un bon pilote. -J'en ai déjà un.
-Nos carcasses marchent à merveille, mais sont spécifiques.
Il faut un toucher anglais.
-Les pilotes français ont survolé l'Afrique
avant les vôtres.
-Avec combien de crashs ?
-Les Français doivent être conduits par des Français.
Ça me paraît une évidence.
-Pas de pilote anglais, pas d'avion !
-Je crains que nous ne soyons dans une impasse.
Musique d'action
-En effet.
-Jones. Votre pilote. -Marmier, votre pilote.
-À votre service ! -À vos ordres.
-Deux pilotes pour ce débris ?
Il frappe avec sa canne.
Brouhaha au loin
-Messieurs,
en présence de monsieur Pleven,
commissaire à l'Afrique de la France Libre,
je proclame le ralliement du Tchad au Général de Gaulle.
Musique épique
Musique d'action
Bips
-Mon Lieutenant.
-Le Tchad.
Rires satisfaits et applaudissements
-L'Empire français se lève pour reprendre le combat.
Le gouverneur du Tchad vient d'en donner la preuve.
-L'ex-Général de Gaulle s'attaque à notre empire.
-On parle uniquement du Tchad.
-Messieurs, ça n'a aucun sens.
De Gaulle a un plan. -Leclerc est entré
au Cameroun ?
-Non.
Et Vichy a envoyé des gardes-frontières en urgence.
Navré.
Il ferme la porte.
Musique intrigante
-Mon colonel !
-Demi-tour.
-Pas le temps. On est à 15 km du palais du Gouverneur.
On sacrifie pas l'avenir de la France Libre.
Votre arme. -On va pas tirer sur des Français !
-Les Anglais ont appelé. Ils veulent annuler Dakar.
Qu'est-ce que je leur dis ?
C'est de la folie, cette histoire.
-Mon Général,
les renforts sont envoyés aux frontières. Aucune nouvelle de Leclerc.
Il ferme la porte.
La pluie se met à tomber.
-Il pleut.
-Merci, Blaise.
Grondement de tonnerre
Craquements
Grondement de tonnerre
-Votre arme, mon Capitaine.
-Si nous tuons un Français, la France Libre ne sera plus elle-même.
-Maintenant !
Musique intrigante
-Halte ! Bougez pas !
-Toi, bouge pas ! -Mains sur la tête !
-Allez ! Lâche ça. -Oui, monsieur.
-Tu me donnes ton arme.
Où est le Gouverneur ? -Là-haut.
Musique épique
-M'inviteriez-vous
à petit-déjeuner, Gouverneur ?
-Général, victoire ! Cameroun !
Il soupire.
-En route pour Dakar. Une bombe explose.
-Allez, avant Dakar, un petit tour à la cave.
Sirène d'alerte
-Barbares.
Il soupire.
Brouhaha
Grincement d'une porte
-Ah !
120 bombes aujourd'hui. -J'ai vu.
-Mais on a de quoi célébrer.
On dirait que votre plan farfelu fonctionne en Afrique.
-En effet.
-Quelle audace !
Vous êtes un malin.
Vous trompez bien votre monde avec votre air de vieille gouvernante.
-J'ignorais que c'était jour de carnaval.
-Ça ?
Tout le monde ne peut pas s'habiller comme le soldat inconnu.
Je vais vous dire
une chose que vous serez le seul à savoir.
Savez-vous qu'elle est ma chanson préférée ?
-"Si j'étais la seule femme au monde" ?
Il rit.
-Non.
Alors...
Merci, mon ami.
Il s'exclame.
"Tout m'inflige et me nuit et conspire à me nuire."
Merci.
Ce sera une sacrée journée.
Dakar.
À l'aube, le soleil se lève sur le port.
Un soleil glorieux.
La population s'éveille
devant notre armada.
Et surprise !
On vous voit lui parler depuis le large.
-Sur la rive, les partisans nous acclament.
-Et, le soir, ils trinquent avec vous au champagne millésimé
à la victoire finale.
Right?
-Ici, votre téléphone sonne.
On vous passe le président des États-Unis.
L'Amérique entre en guerre.
Hitler a perdu et vous avez gagné.
-Mmh mmh.
Tintement
Quand je vois nos soldats
Marcher joyeux, musique en tête
Ah, je dis, marquant le pas :
"Comme jadis la France est belle"
Comme autrefois
Soldats, je revois
Carnot décrétant la victoire
-MARCHEZ À LA GLOIRE
MES CHERS ENFANTS
REVENEZ TRIOMPHANTS
Il soupire.
Musique dramatique
-C'est elle, ma chanson préférée.
À l'audace.
Ils trinquent.
-Il faut arrêter l'hémorragie.
-Dakar.
Petit rire
Corne de brume de bateau
Sirène
-Peuple de Dakar,
ici, le Général de Gaulle, chef de la France Libre.
Je me présente devant vous
avec nos alliés britanniques.
On voit rien avec cette brume.
Peuple de Dakar,
répondez à mon appel, et rejoignez-moi dans le combat
pour libérer la France.
-Ça vient d'arriver.
-Peuple de Dakar...
Explosion au loin Propos en anglais
Propos en anglais
Vrombissement
Cris
-Amiral Cunningham,
contre-attaquez !
-Ce n'était pas le plan. -Faites-le.
-Et ça ? -Faites-le, Amiral !
Musique dramatique
Propos en anglais
-Qui nous attaque depuis le large ? Dakar n'a pas d'escadrille.
-On a appris
que plusieurs navires français ont réussi à passer Gibraltar hier.
Le Fantasque, le Montcalm, le Gloire... -La Marine nationale.
-Darlan.
-On va les couler.
Explosion
Churchill a besoin de Dakar.
-Pas au prix d'une guerre civile entre Français.
Cessez le feu.
-Général de Gaulle,
vous avez échoué à rallier les politiciens français
et l'armée française.
On vous a donné une deuxième chance,
c'est ici et maintenant.
Il n'y en aura jamais d'autre.
-On ne tire pas sur les Français.
Explosions
-Très bien.
Gardez vos principes et Darlan garde Dakar.
Vous en assumerez les conséquences.
Musique grave
Arrêtez tout.
-Cessez le feu !
Propos inaudibles
Applaudissements
-Félicitations,
Amiral.
-Je n'ai fait que mon devoir.
-Vous savez, si vous étiez prêt
à sympathiser davantage avec les Allemands,
vous feriez un bon Premier ministre.
Le téléphone sonne.
- Premier ministre ? -Président.
-Le peuple américain ne veut pas de cette guerre.
Comment le convaincre
si vous reculez devant un port sans défense ?
-C'était un enchaînement de circonstances malheureuses.
-Surtout, ne me parlez pas de la brume !
Votre Don Quichotte de Général nous a montré qu'il ne servait à rien.
-Il a cru...
-Vous avez cru. -J'ai cru...
-Vous l'avez adoubé par pur désespoir, non ?
Les "Français Libres"... ?
Comment avez-vous pu croire à ses contes de fées ?
Ouvrez les yeux :
ce ne sont rien que des promesses en l'air,
des fictions.
Musique dramatique
Il soupire.
-M. le Président,
je m'excuse pour de Gaulle.
Mais à part Dakar, avouez que je fais bonne figure,
moi petite île face à un continent d'ennemis.
La Grande-Bretagne et son Empire
seront des alliés solides.
Quand vous le voudrez, bien sûr.
-Faites le ménage, cher ami, et vite.
Il frappe.
-Premier ministre ?
-Il faut le remplacer.
Je me suis trompé sur de Gaulle.
La musique s'intensifie.
Musique épique
-Courcel ?
On part rejoindre Leclerc au Cameroun.
C'est la dernière option.
-Ça y est ! Nous sommes en territoire français.
-Regardez, Courcel, la végétation commence.
Regardez ces cases. Ce sont de gros villages.
Vous ne les voyez pas, mais il y a d'énormes troupeaux.
C'est un pays fantastique.
Le moteur de l'avion défaille.
Fracas
-Mon Général, nous avons perdu le moteur.
-Ah !
-Nous allons tenter un atterrissage forcé. -Non !
Il gémit. -Accrochez-vous.
-Accrochez-vous, Courcel.
Il halète.
Ce siècle nous a fait naître dans un âge de fer
pour redonner vie à ce qu'on nomme l'âge d'or.
-J'ai rencontré jeudi dernier le Chancelier du Reich.
Cette rencontre a suscité des espérances
et provoqué des inquiétudes.
Je vous dois à ce sujet quelques explications.
Une telle entrevue n'a été possible,
quatre mois après la défaite de nos armes,
que grâce à la dignité des Français devant l'épreuve.
Grâce aussi à l'héroïsme de nos marins, à l'énergie de nos chefs coloniaux
et au loyalisme de nos populations indigènes...
-Fernand, rasseyez-vous.
-Bien joué !
-Oh, petit con.
Tu remets.
-Fernand, remettez-le et retournez à votre place.
-Tu remets.
-Bonnier !
Bonnier de La Chapelle ! -Arrêtez, calmez-vous !
-Arrêtez ! -Séparez-les, bon sang !
Sonnerie
-Belle rentrée.
T'es d'où ? -D'ici même.
Je redouble.
-Il était pas mal, ce discours de Pétain.
-Oh...
Vous avez une radio clandestine ?
Grésillement
-C'est ma sœur.
Elle récupère les pièces et on bricole.
-Qu'est-ce que tu racontes ?
-Il est pas avec les touristes.
-Qu'est-ce que t'en sais ?
-Le soir de la capitulation,
je t'avais dit d'aller à l'Arc de Triomphe.
Tu m'avais dit qu'il y aurait personne.
Lui, il y était.
-Y avait pas grand monde.
Enchantée, madame.
Fernand.
-Il a penché un portrait du Maréchal en cours.
Si le Pr Dressen n'était pas intervenu, il serait à l'hosto.
-À quoi ça sert de pencher un portrait ?
Ça va faire fuir les Allemands ?
-Faut que j'y aille. -Attends !
Le couvre-feu.
-Y en a pas. -M. le héros !
Si vous êtes courageux,
c'est trop vous demander que de pas mourir bêtement ?
-Au revoir, madame.
-Certains parlent de manifester le 11 novembre.
Ça, ça peut faire chier les touristes.
Cris des flamants roses
Barrissement
-Mon Général !
On a pris un nouveau message de Londres.
Un général 5 étoiles a été reçu par Churchill
pour vous remplacer.
Churchill lui a prêté son avion personnel.
Il a rejoint Pleven au Tchad
pour le mettre sous ses ordres.
Musique dramatique
-Quand je vois nos soldats
Marcher joyeux, musique en...
Opération Cinq Étoiles lancée. Remplacement de De Gaulle aujourd'hui.
Musique grave
-Mon Général ?
-C'est à lui de me saluer.
À vos ordres, mon Général.
-Repos, mon Général.
Ils sont gentils, tous, mais...
s'ils pensent que c'est une sinécure...
-Tenez-vous prêts !
-Tenez-vous prêts !
Musique épique
-Bienvenue sur les terres de la France Libre.
Acclamations
Vous êtes la France, mon Général.
Vous êtes l'espoir.
-Je sais, Leclerc.
Je vois.
-De Gaulle rallie de plus en plus de pays en Afrique
et établit la capitale de la France Libre à Brazzaville,
son nouveau QG.
Il a levé des troupes à Douala, Fort-Lamy, Yaoundé
et Libreville.
Quant à la France de Vichy,
elle se tourne vers la collaboration.
-C'est librement que je me suis rendu
à l'invitation du Führer.
Je n'ai subi de sa part aucun diktat, aucune pression.
Une collaboration a été envisagée entre nos deux pays.
J'en ai accepté le principe.
-Ainsi va Darlan, que nous voulions rallier...
-Il a déclaré les Juifs ennemis de la France.
-Très malin.
-Cet homme est répugnant.
-Il n'existe plus de gouvernement proprement français.
-Exactement !
-L'organisme sis à Vichy
et qui prétend porter ce nom est inconstitutionnel
et soumis à l'envahisseur.
Il faut donc qu'un pouvoir nouveau
assume la charge de diriger la France.
Les événements m'imposent ce devoir sacré.
Je n'y faillirai pas.
Officiers français, soldats français,
citoyens français,
des chefs séniles veulent livrer à l'ennemi
l'empire intact de la France.
Debout ! -C'est une déclaration de guerre !
-Et aux armes !
-Je sais exactement ce que vous allez dire, Morton.
-Alors je le dis : vous le préférez lui, ou l'Amérique ?
L'ennemi avance vers l'Égypte, il nous faut une aide réelle.
Et Roosevelt n'a-t-il pas été clair ?
-Mais de Gaulle avait raison :
l'armistice était un engrenage...
Que Spears le ramène ici.
-J'espère qu'il y arrivera.
-Ramenez-le !
Je lui ferai entendre raison.
-Il me faut
ça, ça et ça.
Koenig, vous serez le premier
à rendre à la France son honneur,
reprendre le combat contre l'ennemi.
Sont-ils suffisamment formés ?
La France ne peut se permettre une nouvelle capitulation.
-Général, je répète :
le Premier ministre... -J'entends,
Spears.
Dites-moi quand je dois l'appeler.
-Il veut vous voir en personne, évidemment.
-Eh bien,
je serais absolument ravi
d'accueillir votre Premier ministre ici, à Brazzaville,
capitale de la France Libre.
-Si j'étais vous...
-Vous n'êtes pas de Gaulle.
Vrombissements de moustiques
De Gaulle n'obéit qu'à la France.
-Évitez au moins les moustiques.
-Spears,
les moustiques ne piquent pas le Général de Gaulle.
Petit rire
-Oh, mon Général, mon Général !
Avec le palu, vous devez rester au lit.
-Le 11 novembre ? Hors de question.
Honte à Spears.
Le perfide britannique est...
est venu me menacer avec ses moustiques.
-Incroyable.
Je suis navré d'apprendre
que les moustiques ne vous obéissent pas, Général.
-Attention, Blaise.
Il veut nous enfermer dans la tour de Londres.
-Edward, c'est la fièvre.
-Pas uniquement.
C'est sans espoir.
-Mon Général... -Bon courage !
Musique calme
-J'en ai plus.
-Moi non plus. Enfin si, mais...
Rends-moi ça. -Non.
Elle rit. -Il est tout froissé, maintenant.
-Ça aura un impact pour de Gaulle ?
-Ça dépend. On sera combien à l'Arc de Triomphe ?
-Trois. -Et encore.
Ils rient.
-Mon patron dit que de Gaulle existe pas.
Personne s'appelle ainsi.
-C'est qui, le Général qui parle à la BBC ?
-Un acteur,
payé par les Anglais. -Oui ! J'avais tout entendu.
"Le foyer des Juifs, la pute de Londres", mais là...
Et si on est vraiment que trois à l'Arc de Triomphe ?
-Dans ce cas, on sera quatre.
Un vainqueur de 14 viendra exhiber sa croix.
-Au moins, on l'aura, lui. -À défaut de se battre.
-Mon père l'a eue, la croix de guerre.
-Désolée.
Il est mort ? -Non.
Il est parti vivre à Alger avec une femme.
Il me l'a laissée.
À six mois près, j'aurais eu l'âge de me battre.
Je voulais aller dans les tanks.
Mon oncle m'a pas laissé gruger.
-Bon, j'ai fini. Plus de papier.
Je sais vraiment pas
comment on va faire pour distribuer tout ça.
-J'ai tout prévu.
Sonnerie Brouhaha
Musique épique
-À l'Étoile, à l'Arc de Triomphe.
Coup de sifflet
Propos en allemand
-Vite !
Musique de tension
-Viens.
Pierre !
-On se sépare.
-Arrêtez-vous !
Discussion inaudible
Brouhaha
-Devant l'Étoile.
Rendez-vous à l'Arc de Triomphe. -Merci.
-Salut. Vous allez à la manif ? C'est en cours.
-Pour la France Libre, tout est possible !
Tous à l'Arc de Triomphe !
Allez, à tout à l'heure. Faites attention, hein.
-C'est n'importe quoi ! Tous à l'Arc de Triomphe.
Tout le monde à l'Étoile !
-Professeur Dressen !
Musique épique
-Vive...
-C'est des gaules ?
-Vive... -"Des gaules" !
-Comment ça ? -Vive...
-"De Gaulle" !
-Ah, "des gaules" !
-Vive... -DE GAULLE !
-Vive... -DE GAULLE !
-Vive... -DE GAULLE !
-Vive... -DE GAULLE !
-Vive... -DE GAULLE !
-Vive... -DE GAULLE !
-Vive...
-DE GAULLE !
-Vive...
-DE GAULLE !
-C'est bien, ce que vous faites. -Merci.
-Bien joué, ma sœur.
-Pierre !
-Alors ?
-Livia !
-Alors ?
On l'a bien penché, le Maréchal !
-On a repris Paris.
On va reprendre la France.
-Bientôt, on sera libres.
-Toi qui avais peur qu'on soit trois...
-Tiens, prête-moi tes gaules.
Laissez passer la France Libre ! Acclamations
Laissez passer la France Libre !
Attention !
-Tu crois qu'on est combien ?
-Un, deux, trois...
quatre.
-Alors, Fernand, on drague ?
Ton cœur fait boum ? -Tu fais quoi ?
-Regarde.
Pétard Cris
-Reviens ici, crétin !
-On a peur des Boches ? -NON !
-Vive... -DE GAULLE !
-Vive... -DE GAULLE !
-Vive... -DE GAULLE !
-Vive...
-DE GAULLE !
-Vive... -DE GAULLE !
-Livia !
Coups de feu
Cris
Gémissements
Cris étouffés
Il gémit.
Cris et coups de feu étouffés
Coup de sifflet
-Professeur Dressen !
Professeur !
Coups de feu
Cris
Pierre !
Pierre !
Livia !
-Faut pas rester là !
Elle crie. -Livia !
-Mes enfants...
Mes enfants...
La France...
La France...
-Fernand, tu pars à Alger, chez ton père.
-Quoi ? -Tu as un laissez-passer pour Marseille.
-Non...
-Non, pas de discussion, Fernand.
Les Allemands perquisitionnent. Ils arrêtent les manifestants.
Fernand !
Fernand ! -Fernand !
-Lâchez-moi ! Lâchez-moi !
-Sois raisonnable.
-À une condition.
-Je n'ai pas pu obtenir de laissez-passer pour elle.
Elle est juive ?
-Monte.
Sifflement du train
-Ligne de démarcation. Arrêt pour contrôle.
Préparez vos laissez-passer.
Musique grave
-Vos laissez-passer...
Propos en allemand
-Contrôle d'identité. -On bouge pas.
Prends-le, toi. Ils vérifieront pas le nom.
Brouhaha La femme s'exclame.
-Jean Moulin.
J'habite ici.
Je peux passer ?
Sifflement du train
Musique dramatique
- Le Républicain d'Alger ! Bombardements dans le Pacifique.
-Deux francs ! Deux francs !
L'Écho d'Alger ! Achetez L'Écho d'Alger !
Achetez L'Écho d'Alger !
Deux francs, deux francs, deux francs !
Brouhaha
-Sarah ?
Toujours rien pour moi ?
-Si, une lettre. Je l'ai donnée à ton père.
-Merci.
-Ah, Fernand !
-Tu termines. -T'as reçu un courrier.
-Reprends. -Sur ton lit.
-Bonjour, Adrienne.
-Tu pourras lui faire les maths ? -Bien sûr.
-Quand est-ce que je pourrai retourner à l'école ?
-Faut demander au Maréchal Pétain.
-Eugène ! -Aujourd'hui, les Juifs à la maison.
Demain quoi ? L'étoile jaune ?
-Tout va bien, Christiane. Normalement, on est les meilleurs pour...
-Je veux me battre, papa.
-Il y a un an,
les lycéens manifestent dans Paris, au péril de leur vie.
Vous n'êtes pas capables d'entrer en contact avec eux.
À quoi passez-vous vos journées ?
Passy,
j'ai demandé d'établir une tête de pont en zone sud,
une en zone occupée.
C'est un concept simple,
même pour un polytechnicien. -Mon Général,
quand un Français vient à Londres, il est reçu
par les Anglais, je n'en entends plus parler.
On frappe et ouvre la porte.
-Mon Général...
Mon Général, lisez...
Musique intrigante
-L'Allemagne a déclaré la guerre aux États-Unis.
Par conséquent,
l'Amérique rentre en guerre.
-Dieu soit loué !
Rires satisfaits
Musique épique
-Messieurs, nous ne sommes plus seuls.
Applaudissements
On ouvre du champagne.
-Churchill est en route pour Washington.
Il nous demande de suspendre toute activité contre Vichy.
Muselier est au large de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Il faut le prévenir, tout de suite.
Il s'apprête à rallier l'Outre-mer à la France Libre, mais...
Ce sont deux îles et un village enneigé toute l'année.
On peut sans problème le laisser à Vichy.
-L'Amérique, 35e armée du monde en 1940, va gagner la guerre
et devenir l'unique seigneur de l'Occident.
-L'Angleterre restera...
-Tous les autres pays seront vassalisés, y compris l'Angleterre.
Et dans ce monde nouveau, la France, elle, restera souveraine.
-Mais comment ?
-Vous avez raison, Pleven.
Il faut créer l'événement.
Lancez Muselier.
C'est une question de souveraineté.
Il soupire.
Clics d'appareil photo
Brouhaha
-M. le Premier ministre ! COUP D'ÉTAT À ST-PIERRE-ET-MIQUELON
Approuvez-vous notre secrétaire d'État ?
-Oui, pourquoi ?
-Je cite :
"La France Libre doit retirer ses navires de St-Pierre-et-Miquelon !"
-Quels navires ?
-Votre Don Quichotte soutenu par mes propres journalistes
dans ses folies ?
Les bras m'en tombent.
-M. le Président, quand pourrez-vous lancer un débarquement ?
Nous sommes à bout de force.
Nous n'avons plus assez d'avions, de navires, ni d'hommes pour tenir.
Les Allemands prennent possession de l'Afrique du Nord.
Nous ne pouvons pas contre-attaquer partout.
-Je compatis à vos difficultés, M. le Premier ministre,
mais je n'aime pas que mon gouvernement prenne un coup
chaque fois que votre Général s'amuse à arracher un morceau de France.
-Nous devrions profiter de cet entretien pour parler de choses plus essentielles
que St-Pierre-et-Miquelon, par exemple, le débarquement.
-Mais il faut d'abord régler ça.
-Mon Général, il est là.
Musique intrigante
-Monsieur Moulin, heureux que vous ayez pu rejoindre Londres.
Que sont devenus les jeunes manifestants ?
-Difficile à savoir.
Certains sont en prison,
d'autres sont passés dans la clandestinité.
-Ils ont fait à l'Arc de Triomphe
ce que notre armée a été incapable de faire.
-Ils ont allumé une étincelle.
Et Vichy va devoir faire avec.
Partout, des réseaux sont en train de se former.
-Sont-ils solides ?
-En général, ils sont isolés, épars, peu organisés.
Pas d'armes.
Aucun moyen de communication.
Sans directive.
Mais ils ont la rage au cœur.
-Sont-ils au courant de nos actions ?
-Mers El Kébir a laissé des traces.
Dakar aussi.
Selon la propagande, vous êtes vendu aux Anglais.
Saint-Pierre-et-Miquelon a démontré
le contraire.
-Je le redis,
abordons des choses plus essentielles que St-Pierre-et-Miquelon...
-M. le Premier ministre, cette île est juste à côté de l'Amérique.
Nous ne pouvons pas laisser votre type la prendre d'assaut.
C'est hors de question.
Dakar ne vous a pas suffi ?
Les Américains ne supporteront pas ces aventures chevaleresques.
Surtout s'ils doivent combattre un ennemi puissant,
implacable et plutôt rationnel...
Qui ne s'attaque pas à des moulins à vent.
-Peut-on établir le contact ?
-Peut-on disposer d'avions ? -À la pleine lune,
phares éteints, quand les Anglais acceptent.
La logistique repose sur eux.
-Je repartirai à la prochaine lune.
Il me faudra une radio.
-Monsieur le Préfet, votre valeur ici est inestimable.
Là-bas, vous seriez la première cible. Je ne peux pas risquer de vous perdre.
-Mon Général, je connais le terrain.
Là-bas, je serai le plus utile à la France.
Musique épique
J'écrirai sous le nom de Rex.
-M. le Président,
je vous promets que, désormais, tout se passera bien.
Je m'occupe de De Gaulle.
Il acquiesce.
Des pas approchent. Une horloge sonne.
Propos en anglais
-Général de Gaulle. -Mon Général.
Cliquetis d'une machine à écrire
-Je vous ai convoqué cet après-midi...
-Je vous ai invité...
-Je n'ai dit ni "mon Général"
ni "je vous ai invité" !
-Général, je vous ai convoqué...
-J'ai très bien compris.
Je n'ai rien à vous dire.
L'interprète traduit.
-Allez-vous-en !
Peake, traduisez.
M. Peake, du Foreign Office, a le privilège ingrat
d'être votre nouvel officier de liaison, après Spears.
-Je vais avoir le privilège... -Spears...
avait un ego surdimensionné.
-Il a aussi un ami : le Premier ministre.
-Le Général Spears a un ami...
-Merci. Allez-vous-en.
Tintement de la machine à écrire
À quoi jouez-vous avec ces ridicules petites îles ?
-Ce sont des îles françaises ! -Alors qu'il y a tant en jeu !
Si vous aviez attendu ne serait-ce qu'une semaine, j'aurais pu donner
mon accord. -Ah !
Vous aviez besoin de demander la permission à l'Amérique.
Je croyais que la Grande-Bretagne était une nation souveraine.
Au temps pour moi.
-Dites-moi, Général,
l'Amiral Muselier sait-il
qu'il a débarqué malgré mes instructions formelles ?
-Je ne m'occupe pas de vos affaires internes.
Vous faites de même avec les affaires françaises ?
-Bien sûr.
Mais je tiens à dire que je trouve cet Amiral de haut rang
de plus en plus agréable.
Il est rationnel, sympathique,
il a les qualités attendues d'un chef.
-Souvenez-vous du petit problème
de cocaïne...
-C'était un malentendu.
Il faut stopper cette farce de St-Pierre-et-Miquelon.
-Rendre l'île à Darlan ? À Pétain ?
Vous plaisantez ?
Vous soutenez ceux qui collaborent avec Hitler
contre ceux qui le combattent.
-Signez ce mémorandum ou Muselier le signera pour vous.
-Ce n'est pas à Hitler
que vous faites la guerre, c'est à moi.
-Regardez-vous.
L'Allemagne, l'Italie et le Japon ne vous suffisent pas.
Vous voulez vous battre contre l'Angleterre et l'Amérique.
-Je prends ça
pour une plaisanterie de mauvais goût.
Car s'il y a un homme sur lequel les Anglais ont pu compter,
c'est moi.
-Vous ? Vous nous causez plus
de tracas seul
que tous les autres gouvernements réunis.
Vos dossiers prennent plus de place que tous les autres
mis bout à bout.
-C'est normal.
La France est une grande puissance.
Il halète.
-Général de Gaulle, j'espérais en vous reconnaissant
que vous pourriez nous aider.
Vous avez échoué.
Et nous allons devoir changer de stratégie.
-Par conséquent,
vous mettez fin à l'alliance entre la France et l'Angleterre.
-Avec de Gaulle.
-Pourquoi discuter avec lui s'il n'est pas la France ?
-Vous n'êtes pas la France !
Je ne vous reconnais pas comme la France !
Légère exclamation
-Ah !
-Ah ! C'est toujours un plaisir de vous voir, madame.
-Général.
-Madame Churchill.
-Quel homme charmant !
-Avec les Anglais, faut pas être sentimental.
Vous tapez un bon coup,
et ils s'aplatissent comme des crêpes.
-Laissez-moi passer. -Calmez-vous !
-Amiral, qu'est-ce
que ceci signifie ?
-Downing Street m'a demandé de mettre fin à la dérive.
-S'il vous plaît, messieurs.
-Laissez-moi ! -Laissez-le passer.
-Une mutinerie ? En pleine guerre ?
-Vous conserverez vos fonctions,
Pleven. -Lâchez-moi !
-Et vous, de Gaulle,
je vous propose le poste de gouverneur du Tchad.
Brouhaha et cris
-Ah.
Fracas
Brouhaha étouffé
On est chez les fous.
Démerdez-vous.
-Présentez arme !
Il soupire.
Musique grave
-Il a disparu...
Retranché chez lui, à Hampstead, avec sa femme et sa fille.
-Papa !
Petit rire
Papa.
-Elle adore Hampstead.
Et vous ? -Très bien.
Ils ont brûlé Jeanne d'Arc.
N'oubliez pas.
Rire d'enfant
Musique sombre
Brouhaha
Une porte claque.
-Attention ! Allez ! Elle rit.
-Fernand !
-Merci, papa.
-Christiane. Viens, ma chérie.
Viens.
Brouhaha de l'extérieur
Il soupire.
-Fernand,
en t'écrivant, j'enfreins les règles que je me suis fixées.
Mais hier, j'ai appris que Pierre avait été fusillé.
Je sais qu'il aurait voulu que je te le dise.
Musique dramatique
À Paris, nous n'étions pas nombreux à pouvoir nous parler
et nous comprendre.
Jusqu'à cette journée.
La plus belle et la plus terrible de toute ma vie.
Sur le quai de la gare, j'ai compris que je devais disparaître.
Adieu, Fernand.
Tu comptais pour lui.
Musique de tension
Hitler parle en allemand.
-L'armée d'Hitler écrase les Britanniques
en Afrique du Nord,
ce qui compromet la stratégie militaire de Churchill.
-La roue tourne, Winston. Si on perd la Libye,
on perd la Méditerranée... et la guerre.
-Nos troupes sont débordées face aux blindés de Rommel.
L'offensive de Rommel se poursuit.
Notre armée a dû abandonner El Agheila et se replier à Tobrouk.
Propos en anglais
-Rommel fonce vers Tobrouk...
-Si les Alliés perdent Tobrouk...
-Une victoire garantirait à Rommel un accès à l'Égypte,
ce qui obligerait les Britanniques à se rendre
et à perdre la guerre.
Musique dramatique
-Ici Londres. L'Afrique du Nord change de couleur sur la carte
et devient de plus en plus allemande.
Les Français Libres dans la zone s'interrogent sur leur futur
si la défaite annoncée des Anglais a lieu dans les prochains jours.
-Après l'Égypte, Rommel prendra le canal de Suez.
Et on ne gagne pas une guerre sans pétrole.
-Laissez-moi, Anthony.
-Bir Hakeim.
-Notre armée est piégée à Tobrouk.
C'est une catastrophe.
Musique de tension
-Pourquoi ne se replient-ils pas ?
-Pas le temps.
Les Allemands peuvent surgir à tout moment.
-C'est quoi, ça ?
-Bir Hakeim.
Un petit bastion
dans le désert,
tenu par 3 000 Français Libres sous-armés.
Ne leur demandons pas de retenir Rommel.
-Pourquoi ?
-Ce serait aussi cruel qu'inutile !
-Rommel a 30 000 hommes, chars, artillerie, aviation !
-Mais plus longtemps ils tiendraient, plus on sauverait d'Anglais à Tobrouk.
Et ils iraient à la mort pour de Gaulle.
Relâchez-le.
-Qui ?
-Le monstre de Hampstead.
-C'est lui demander un sacrifice impossible.
-Je n'aurai pas à demander.
Musique grave
Fracas
-Bienvenue chez vous, mon Général !
-Pourquoi fourrer nos soldats dans ce bourbier ?
-Les Anglais ont perdu la Cyrénaïque. Ils perdront Tobrouk.
-Que le Général Koenig et notre brigade s'y fassent massacrer
n'y changera rien.
C'est un suicide.
-Qu'est-ce qu'un Français Libre, messieurs ?
Il soupire.
Un être
qui a le courage pour tenir tête non pas à dix Allemands,
mais à mille.
-C'est la mort assurée pour nos soldats.
Tout ça pour protéger Churchill ? -Churchill et la France.
-Mieux vaut la mort
que la capitulation.
C'est la raison d'être de la France Libre.
-Nous avons levé un espoir.
On ne peut pas sacrifier la France Libre sur une bataille.
Musique grave
Il soupire.
Et s'ils sont contraints de se rendre ?
-La France ne s'est pas rendue en 40.
Elle ne se rendra pas maintenant.
Dites à Koenig
que toute la France les regarde, lui et ses hommes.
Et qu'ils sont...
son orgueil.
Brouhaha
Il soupire.
-Le dernier mineur est rentré.
-Toutes les mines sont placées.
Mon Général ?
-Le polygone est prêt.
-Le Général.
-Ici Koenig.
-Caporal Hubert.
-Commandant Imogène.
-Caporal Dutertre. -Primo,
nous devons nous attendre à une attaque par tous moyens :
artillerie, infanterie,
chars, aviation.
Et elle sera puissante.
-Primo... -Primo, nous devons nous attendre...
-... à une attaque par tous moyens.
-ARTILLERIE, INFANTERIE, AVIATION...
-Deuzio,
je renouvelle ma certitude
que chacun d'entre vous fera son devoir.
Sans faiblir.
À sa place. -Deuzio,
je renouvelle ma certitude... -... que chacun fera son devoir.
-À sa place.
-Coupé ou non des autres.
-Coupé ou non des autres. -Coupé ou non des autres.
-Tertio,
aujourd'hui, la France reprend les armes contre l'Allemagne.
Notre mission est de tenir jusqu'au bout.
Quarto,
bonne chance à tous.
-Bonne chance à tous.
-Bonne chance à tous. -Bonne chance à tous.
-À vos postes !
-À VOS POSTES !
Musique de tension
Musique oppressante
-Mines opérationnelles ! -Feu.
-Feu ! -Feu !
-Chargez ! -Chargez ! Feu !
Vrombissement d'avions
Coups de feu
-Ça fonctionne.
-Oui.
On va leur donner du fil à retordre.
-On se replie !
-Bien.
-C'est une résurrection.
Pour la première fois depuis 1940, c'est un groupe de combattants français
qui supporte le choc principal des armées de l'Axe.
Quelle que soit l'issue de cette bataille,
Bir Hakeim démontre au monde une chose qui n'allait plus de soi :
la France n'est pas morte.
Musique de tension
-Alerte !
-Mon Général,
cinq tanks allemands
ont franchi la ligne de défense.
-Passez-moi la 13.
Déclenchez un tir de barrage. Cinq tirs par pièce.
-Feu !
Ordres indistincts
-Correction, 200 mètres.
Chargez !
-Putain de merde !
-Les Français ne tiendront pas éternellement !
On ne peut pas aller plus vite ? Ça fait presque trois jours !
Musique dramatique
-Le message du Chancelier Hitler est clair.
Les Français faits prisonniers à Bir Hakeim,
n'appartenant pas à une armée régulière,
seront pendus.
Les renégats gaullistes sont des jeunes voyous,
des Juifs tarés et de tristes mercenaires.
Ils sont la honte de la France.
Musique oppressante
Explosions et tirs
Cris
-On a une brèche à 2 000 mètres, nord-ouest.
-Coordonnées ?
-400...
-Merde, le polygone tient plus.
-390. -Mortiers à sec. Plus d'obus.
-Y a qu'une solution.
Passe-moi la 13.
Imogène, ici Koenig.
Montez à l'assaut.
Musique de tension
-En avant !
Cris
-Feu !
Appui mutuel !
-En avant !
En avant !
-Grenade !
-Tank en approche. -Passez-moi Hubert !
-Correction, 300 mètres !
-Vite ! -Vas-y!
-Hubert,
confirmez.
Musique dramatique Il soupire.
-La situation empire à Bir Hakeim.
Après la honteuse capitulation de 1940,
la France risque de réitérer aujourd'hui.
De Gaulle s'entête et joue le destin de la France.
Seul un fou continuerait ce combat.
Les Allemands se rapprochent, les cernant de toutes parts.
La reddition semble inévitable.
Gémissements
Prière des morts en hébreu
Explosions au loin
-À couvert !
Camerini ! -Laissez.
Laissez-les faire.
Musique tragique Le chant continue.
Tir
Musique tragique
Roulement métallique
-Point de situation.
Primo, le dispositif de l'ennemi se renforce.
Deuzio, nos lignes de défense ont été endommagées,
mais nous tenons.
Les axes de ravitaillement sont coupés.
Nous avons perdu notre couloir de sortie.
Musique dramatique
-Ils auront tenu quinze jours.
Même s'ils sont obligés de se rendre, c'est déjà extraordinaire.
Il soupire.
Tirs Gémissements
-Les pertes de la 13 sont énormes. Il faut les renforcer.
La musique s'intensifie.
-Bien joué, M. le Premier ministre.
Quelqu'un tousse.
-Les Anglais !
Bips
La 8e armée est en sécurité...
La musique s'intensifie.
... et prête à accueillir...
les Allemands.
Musique épique
Bravo...
et un grand merci.
Ils nous attendent à Ksar el Abid, à 120 kilomètres.
Quelqu'un tousse.
-Messieurs,
mission accomplie.
Explosions au loin
Nous avons tenu,
bien au-delà du possible.
J'ai choisi notre combat.
Je vous laisserai choisir notre mort.
Nous avons perdu notre couloir de sortie.
Vous savez.
Si nous traversons les lignes ennemies,
peu d'entre nous
atteindront les positions britanniques.
Si nous nous rendons...
Si nous nous rendons,
la majorité d'entre vous sera probablement épargnée.
C'est à vous de décider.
-Faites qu'ils ne se rendent pas.
Musique sombre
Il soupire.
Propos inaudibles
-Fonce. Tant pis pour les mines.
Musique de tension
Cris et propos indistincts
Arrête-toi !
Crissement des pneus
Quelqu'un hurle.
Musique sombre
-Tiens, avec ça !
-Mon Général ! -Dans le coffre !
-Ouvre !
-Démarre.
Musique épique
Respirations fortes
-Regarde, droit devant !
Les Anglais !
Elle rit.
Cri de joie
Elle rit.
Musique douce
-Bravo ! Bienvenue en territoire britannique.
-Le bataillon du Pacifique et la 13e sont où ?
-Je les ai perdus de vue à l'aube.
-Vos jumelles.
Musique dramatique
Musique épique
Il soupire et rit.
Acclamations
-Merci !
-Ils nous acclament ?
-Vive la France !
-Oui.
-Messieurs,
un peu de tenue.
Continuons.
-Présentez...
armes !
-Chamfort disait :
"Les raisonnables ont duré.
"Les passionnés ont vécu."
Voilà deux ans que la France,
quoique trahie et livrée par Vichy,
continue le combat.
Pendant ces deux années, nous avons...
beaucoup vécu, parce que nous sommes des passionnés.
Mais aussi, nous avons duré.
Ah !
Que nous sommes raisonnables.
Rires légers Applaudissements
Nous nous approchons,
sans aucun doute,
d'un tournant dans la guerre.
L'impact de l'aide américaine,
la résistance héroïque des Russes,
les efforts du peuple britannique
prouvent, messieurs,
que la victoire est à notre portée.
Je dis que nous sommes des passionnés.
Mais en fait, de passion, nous n'en avons qu'une.
La France.
Car la guerre est une affaire de conviction et de morale
autant que de force matérielle.
Un peuple n'est vaincu
que s'il s'avoue vaincu.
Soldats morts de Keren,
Koufra,
Mourzouk, Damas...
Voici, messieurs, mon message.
... Bir Hakeim,
marins de nos navires coulés...
La France, la vraie France, éternelle France,
n'est pas vaincue, car elle croit en la victoire.
Volontaires françaises écrasées à votre poste,
combattants de Saint-Nazaire tombés le couteau à la main...
Acclamations
Jeunes fusillés de Nantes, de Paris, de Lille.
Ils montrent que notre drapeau répand l'honneur,
que nos funérailles sonnent l'espoir...
C'est vous, le ciment de l'unité française.
Et que notre Marseillaise vibre de fureur !
C'est le sang des Français
qui n'ont pas accepté l'armistice,
qui n'ont pas voulu connaître la honte de mourir sans avoir combattu.
Musique majestueuse Acclamations
-Winston, n'est-ce pas ce que vous espériez ?
Ce que vous aviez vu en lui, malgré nous tous ?
Musique dramatique
-Mmh.
Peut-être...
-On ne peut pas le laisser dans l'ombre.
Plus maintenant.
-Mais c'est une opération américaine.
Et j'ai fait une promesse à Roosevelt...
Musique épique
-Les Alliés ?
-Oui.
Sirène d'alerte
Sois prudent !
-Le débarquement se fera sans lui.
-Mais il incarne la Résistance.
Brouhaha et explosions
-Vous deux, vous venez avec moi. Emmène-le, emmène-le !
-Alger est française.
Grâce aux Résistants, nous entrerons facilement.
-Deux ans que j'attends ça !
-J'ai interrogé les Résistants français, l'un après l'autre.
Tous agissent en son nom !
-On a Darlan !
Crissement des pneus
Propos en anglais
-Mains sur la tête. Au mur !
Brouhaha
Musique oppressante
-Vous avez perdu, Amiral.
Dites à vos troupes d'arrêter le combat.
-Les Allemands
sont sur la route.
Nous continuons à nous battre.
Vous êtes perdus.
-Peut-on se parler ?
Le gouvernement américain a une proposition.
Êtes-vous à jamais fidèle à Pétain ?
Brouhaha et acclamations
-C'est de Gaulle !
C'est de Gaulle !
Mon Général !
Musique oppressante Brouhaha étouffé
Brouhaha
-Un mot avant de rencontrer Eisenhower ?
Propos en anglais
Il soupire.
-En présence du Général Eisenhower,
j'ordonne aux troupes françaises d'Algérie,
de Tunisie, du Maroc
et de l'Afrique entière
un cessez-le-feu immédiat.
-À partir de maintenant,
l'Amiral Darlan sera le chef de toutes les Forces Françaises Libres.
Ensemble, nous vaincrons les Allemands.
Félicitations !
Musique dramatique
-Le nouveau roi des Gaulois.
-"L'alliance de la honte".
À laquelle vous avez pris part.
-Comme disent les Russes : "Quand le péril est grand,
"on peut donner la main au diable et à sa grand-mère
"pour franchir le pont."
Darlan donne à Roosevelt Alger, Dakar et 400 000 hommes.
Que nous donne de Gaulle ?
Le Tchad...
-Messieurs,
pour notre dernière réunion ensemble,
je tenais tout simplement, une fois n'est pas coutume,
à vous dire merci.
Les Alliés ont fait leur choix.
Un choix...
stratégique, immoral, douloureux.
Pour nous, choisir d'aller avec un vichyste,
ce serait perdre notre âme.
Par conséquent,
la France Libre
n'a plus de raison d'être.
Nous n'avons jamais failli à notre conscience.
Nous avons lutté avec passion.
Nous ne nous sommes jamais compromis.
L'histoire, qui se range toujours du côté des vainqueurs,
retiendra sans doute que nous n'étions...
qu'une poignée de fous.
Tintement d'une cloche
Musique dramatique
Respiration forte
Musique intrigante
-Je prends Roosevelt sur la ligne chiffrée.
Venez me chercher dans 30 minutes.
-Bonjour, Amiral. -Bonjour.
-Amiral ?
Il gémit. Cris
Il gémit.
Propos inaudibles
Musique dramatique
-Fernand Bonnier de La Chapelle,
avez-vous quelque chose à dire ?
-Oui.
Je dis que la France vaut bien ma peau.
-À mon commandement.
En joue !
-Vive... -Feu !
Il sanglote.
-Mon vieux papa,
ne te désole pas si je dois mourir.
Eh bien,
tant pis.
L'essentiel,
c'est que toi et moi sachions que cette mort n'est pas inutile.
Je suis certain que tu me pardonnes tous nos coups de gueule,
mais je tiens à te demander encore pardon.
Embrasse bien ta femme et la petite Christiane.
Si tu revois un jour oncle et tante, tu sauras, j'en suis certain,
leur faire comprendre tout l'amour que j'avais pour eux.
Et si un jour une certaine Livia demande après moi,
dis-lui que je l'aimais bien.
La vie est faite de tant d'impondérables.
Brouhaha
-Intervention divine ?
-Il paraît que Dieu veille sur les bébés et les fous...
-Au revoir, vieux papa.
Je vous embrasse du plus profond de mon cœur.
Fernand.
Cloches
Il soupire.
Cloches
Musique épique
-Ici Londres.
Grande inspiration
Musique intrigante
Musique dramatique
Musique grave
Musique sombre
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