All language subtitles for OSS.117.From.Africa.With.Love.2021.720p.BluRay.x264.AAC-[YTS.MX].French

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Original subtitles

[...]

[Musique russe]

[...]

[Écoulement d'eau]

[...]

[En russe]

[...]

[...]

[...]

[...]

[Ouverture du verrou]

[Coup et cri]

[...]

[...]

[Il fait claquer sa langue.]

[Gifles et cris]

[...]

[Respiration]

Lis !

[Musique grave]

- "Pour échange de ma vie,

"la France devra livrer armes a mes ravisseurs.

"Si livraison pas lieu 72 heures,

"je serai exécuté.

"Il y a trop bien longtemps que la France impérialiste

"et 'colonioliste' 'soumette' les peuples...

"Il est trop bien temps que 'cettes' peuples terrassent la France..."

Non, je ne peux pas dire cela.

- Lis !

- C'est absurde. Tout le monde rêve d'être français, vous y compris.

- Lis ! - C'est truffé de fautes !

Laissez-moi au moins le dire comme il convient.

- D'accord. Mais vite toi tu fais !

- On se demande pas qui l'a écrit.

[Cri]

[...]

[Musique intrigante]

[Respiration]

- Bonjour. Je m'appelle Hubert Bonnisseur de La Bath,

et je suis bien vivant,

n'en déplaise aux despotes,

aux tyrans et a tous les adversaires de notre beau pays.

Désolé, mes ennemis, vous pouvez

reboucher le champagne, ranger les cotillons. OSS 117 n'est pas mort.

[...]

- En ce jour de l'An, je m'adresse au président Giscard d'Estaing...

[...]

Mais, à travers lui, je m'adresse à la France.

À la France, mais également à ses régions,

à ses terroirs, ses campagnes.

Je pense aussi...

à nos forêts et nos marais salants...

et à ces produits qu'on nous envie, comme le bourgogne,

le beaufort,

le nougat, les calissons, le kouign-amann...

[...]

- Mais avant de vous transmettre les doléances de mes ravisseurs,

je voulais vous souhaiter à tous une très belle et heureuse année 1981.

[Cris et bruits de lutte]

[Musique rythmée]

[...]

[Cri de rage]

[...]

[...]

[Alarme]

[...] [...]

[Cri]

[...]

- Tu vas où, toi ?

- Ah... Je musarde.

[Cri étouffé]

[Gémissement]

[Chant russe]

[Hélicoptère]

- Nous allons discuter, tous les deux. - Volontiers.

Si j'ai bien compris,

vous n'avez plus d'armes.

Pour une grande puissance militaire, c'est ennuyeux.

- Nous avons tout ce qu'il faut. - Je ne crois pas.

Il n'y a rien en URSS. - Des tonnes d'armes !

De quoi faire sauter toute la planète.

- Rêveur !

[...]

[...]

[...]

[...]

- Et c'est quoi, ça ?

- Des caisses en bois.

[...]

- Et ça ? C'est quoi, ça ?

- Ça ressemble à des armes. [Rire]

[...]

Mais marchent-elles ?

- Non !

[...]

[Musique héroïque]

[...]

[Cris]

[...]

[Coups de feu]

[...]

Désolé, je crois que c'est mon taxi.

[Cri]

- "Aaaah..." C'est original.

[...]

[...]

- J'imagine que vous êtes OSS 117 ?

- Et vous, l'agent de la CIA.

Décidément, en cas de pépin, vous, les Américains,

vous donnez un coup de main, mais... toujours en retard.

- Désolée, c'est le réveillon. Il y avait des bouchons.

[Musique douce]

- D'ailleurs, ne serait-il pas pile-poil minuit aux États-Unis ?

- It's true.

Bonne année, 117.

- Ma foi, elle s'annonce déjà... très bonne.

[...]

Indy Eka : "From Africa With Love"

[...]

* - ...me confiait la destinée de notre pays...

* - Chers amis, vous êtes mes frères !

* - ...à présenter au pays

un programme commun de gouvernement...

[...]

[Explosion]

[Sirènes et klaxons]

[...]

[Musique enjouée]

[...]

- Bonjour, patron.

[...]

- Salut.

- Non, merci.

[...]

- Ça fait plaisir de vous voir.

[...]

- Eh bien, y a du monde au balcon.

- Oh, Hubert !

Vous êtes vivant ! - Évidemment.

[...]

Bonne année, Chantal. - Oh, Hubert ! Bonne année.

- Bonne année, Annie. Jolie vue !

- Bonne année, Hubert. - Bonjour, Moulinier.

- Bonjour, de la Bath. Bonne année. - Bonne année, mon vieux.

- Oh !

- "Oh !", dit-elle. Salut, Jacquard. - De la Bath, ravi de vous revoir.

- Bonjour, Martine.

Et merci... - De rien... Bonjour, Hubert.

- Bonjour, Calot. - De la Bath.

- Et moi ? On me dit pas bonjour ? - Ah, pardon...

Bonjour, Margaret.

- Happy to see you ! - Me too.

[Machine à écrire]

Politburo ! [Cri]

- Oh, de la Bath, vous m'avez fichu une de ces trouilles !

Regardez, j'ai fait un pâté.

- Bonne année, Ledentu. - Bonne année... Oh...

[Rires]

- Heureuse de vous revoir. - Moi aussi. Et tous mes vœux.

- Et surtout, bonne santé.

- Oui, c'est important, la santé. - Ah, ça...

Ah, les années passent et ça nous rajeunit pas, tout ça...

- Qu'est-ce que vous me chantez là ?

Le temps a beau filer, il n'a pas de prise sur vous.

- Vous dites ça, mais je me suis découvert une nouvelle ride ce matin.

- Boh ! Mais où ça ?

- Là.

- Et où, s'il vous plaît ?

Où... Qu'est-ce que...

- Ah oui ! Oui, oui. - Oui, oui.

- Y en a une autre aussi à côté, dites donc.

Et y en a une là...

Ah oui, y en a plein de petites. Si vous me l'aviez pas dit...

Partout ! Il y en a partout ! - Voilà, voilà...

- Bien. Je vais voir le patron. - Euh, non... Il est occupé.

- Comment ça ? J'ai rendez-vous. J'ai un topo post-mission.

- Euh, mais y a...

- Bonne année, patron.

- Ah, Hubert ! Bonne année.

Ravi de vous revoir en vie. - Oui...

J'ai plaisir à penser que la vie est une somme de...

- Oui, sans doute.

Serge,

je vous présente Hubert.

OSS 117,

OSS 1001.

- 1001 ? - 117.

[Rire nerveux]

117... Le...

Le vrai, l'unique... La légende.

Les mains moites, carrément...

- Bonjour.

- Bonjour. Euh...

Je profite de l'occasion... Pardon...

Pardon.

- Serge est notre nouvelle recrue.

- Ah oui...

- Ah... Pardonnez-moi.

C'est simplement que vous êtes pour moi une référence, OSS 117.

Je dirais même plus...

un but.

Et puis, vous êtes encore...

Euh... Hein ?

Bien ! On sent qu'il faut pas venir lui...

Voilà, voilà... Beau...

Ah... Un beau, euh... En tout cas...

Enfin, un vrai... Comment dire ? Un beau, euh...

Enfin, en tout cas, monsieur, je tenais juste à vous dire

que si la France est ce qu'elle est, c'est à vous qu'elle le doit.

- Oui, enfin, il y a eu le général aussi.

- Oui, mais... - Si. Oui.

- Oui... Oui. - Oui.

- Mais, pardon, asseyez-vous... - Ça va, ça va.

- Serge, voici votre passeport.

- Et René Coty... Pardon...

René Coty, il était comment en vrai ? Il était cool ?

- En costume, rasé de près, les cheveux courts.

En tout cas, on savait ce qu'il n'était pas.

- Serge, voici donc

votre passeport.

Vous vous appelez Bob Nightingale.

- Bob "Nighting" quoi ?

- Oui, nous passons aux noms de couverture américains.

- Cool, non ?

- Très. - La France compte sur vous, Serge.

Notre ami part demain pour l'Afrique.

Il n'est pas besoin de vous rappeler l'attachement

du président Giscard d'Estaing au continent noir.

Il a encore abattu trois éléphants le mois dernier.

- Trois éléphants ?

- Oh, y en a plein...

- Armand... - Mmm...

- Hubert, j'embrasse l'Afrique pour vous.

J'irai même peut-être plus loin.

- Déjà, mettez une cravate et un vrai falzar.

- Un vrai quoi ? - Un pantalon.

- Ah... Très bon, Hubert. Sensass.

Drôle... [Il ouvre la porte.]

Hé... C'est cool !

- Ah, ce Serge est une recrue formidable !

- Oui, il a l'air.

- Il a du peps, du tonus à revendre !

Quel talent ! Quel humour !

Et puis, son regard et ses cheveux...

Il me rappelle vous il y a 30 ans.

- Dites, c'est bizarre, OSS 1001, ça ne sonne pas.

- Finis, les matricules à 3 chiffres. Place aux matricules à 4 chiffres.

- On avait fait tous les 800 et les 900 ?

- Eh oui ! Le compteur tourne, mon vieux.

- Parce que 835, ça ne me dit rien. Il y en a eu un ?

834, le grand chauve.

836, l'Aveyronnais qui roulait des R.

Mais 835, c'était qui ?

[Ouverture de bouteille] - Bon, alors,

comment s'est passée cette mission ?

- Ma foi, parfaitement.

La douceur soviétique combinée à l'hospitalité afghane...

Je n'arrivais plus à partir.

- Ces fichus cocos ! Là-bas, ici...

- Partout ! Y en a partout !

- Vous imaginez Mitterrand président ?

Les communistes au gouvernement ?

- J'en ai des suées nocturnes, Armand.

La fin de la propriété privée. Les queues devant les magasins vides.

- Pas d'eau. Pas d'électricité.

Les chars russes sur les Champs-Elysées.

- Les capitaux qui fuient en Suisse.

- La faillite !

- La guerre civile ! Ben, oui.

Mitterrand...

Comment peut-on voter pour un programme pareil ?

- Les Français ont élu le général de Gaulle,

jamais ils ne feront une idiotie pareille.

- Dieu vous entende. Bien. Je repars quand ?

- Vous ne partez pas.

- Comment ça ?

- J'ai mieux pour vous, Hubert.

L'informatique !

[Musique rythmée]

C'est assez audacieux, vous verrez.

Il s'agit de mettre tous nos dossiers dans des sortes de gros calculateurs

qui vont nous les ressortir sous forme de disques.

Comme des 45 tours mous. - Mmm...

Mais quel est l'intérêt ? - Je l'ignore encore.

Mais il y a fort à parier que nous gagnerons de la place.

- Astucieux.

[...]

Mais pardon, en quoi cette histoire d'informatique me concerne-t-elle ?

- Hubert, n'êtes-vous pas le meilleur ?

- Je vous répondrais oui, ce serait de la prétention...

Je vous répondrais non, ce serait de la bêtise.

- Alors, faites-nous basculer dans le 21e siècle.

- À vos ordres. - Cool...

[...]

- Bonjour.

- Bonjour. - Bon travail, Hubert.

- Armand, je...

[Bips électroniques]

[...]

- Non. Là, si t'envoies une requête et si ton modem est branché,

tu peux setuper ta babasse.

- "Babasse" ? - Bécane.

- Ah... - Non, non, non

Passe plutôt en octo. Le 16 bits, ça gel-freeze trop souvent.

- Ah oui ? Bon...

Alors, j'efface.

[Bip] - Bah, non. Non, c'est du Cobol.

Sous Unix, si t'as pas compilé, c'est le plantage direct.

[Rires]

Nazebroque !

- De toute manière, quand ça marche pas, il y a un truc imparable.

Tu débranches et tu rebranches.

- Reçu.

[Musique jazzy]

[...]

- Hé, de la Bath ?

- Oui ?

- Tu sais c'est quoi, un développeur Unix

qui n'a jamais fait de conneries sous root ?

- Non. [Rire]

- C'est un mec qu'a jamais pissé une ligne de code !

[...]

- Ah, l'escroc ! [...]

[...]

[Téléphone]

- Josy ? - Oui, patron ?

- Appelez-moi 117.

- Ah, tu me tues, Rumineau !

[Rires] [Téléphone]

- Hubert ? C'est Josy. - Oui ?

- Armand vous réclame. - Je monte.

Oh !

- Salut, de la Bath !

- Salut, Martichou. - Pas trop dure, la mission ?

- On en reparlera quand t'auras ta babasse qui gel-freeze.

Vous m'avez appelé, patron ?

- Hubert, qu'avez-vous sur le nez ?

- Hmm ? Je... Ah, bah, oui...

- Vous partez immédiatement en Afrique.

- Ah, non.

- Comment ça, non ?

- Je ne peux pas. J'ai informatisé les dossiers de tous les agents.

La compta, les fiches de paie...

Il me reste les notes de frais et le stock du self.

Même si je voulais, je ne pourrais pas.

J'ai du boulot jusqu'en l'an 2000.

Ah, d'ailleurs... C'est pour vous.

- C'est quoi, ça ? - Votre carrière.

On peut les faire plus petites. - Écoutez-moi, Hubert.

Nous n'avons aucune nouvelle d'OSS 1001.

Depuis deux semaines qu'il a posé

le pied sur le sol africain, notre agent

a tout bonnement disparu des radars.

- C'était un peu couru d'avance.

- Il faut sortir notre jeune ami de ce guêpier.

- Je suis agent secret, pas nourrice.

- Cette demande vient d'en haut lieu.

["La Marseillaise" à l'accordéon]

- Dans ce cas...

- Vous reprenez la mission.

Elle est très délicate car elle exige une parfaite connaissance

des enjeux politico-stratégiques du continent africain.

- Ça va sans dire. - Hubert...

Que savez-vous de l'Afrique ?

- Hmm...

Hmm, hmm...

Oh...

Les Africains sont joyeux, sympathiques, rigolards.

Ils dansent bien.

Il faut cependant

nuancer ce constat.

Ils ne sont pas très soigneux ni très responsables.

Il faut toujours être derrière eux. Y a pas mal de microbes...

- Très bonne analyse, Hubert.

- Et les femmes ont tendance à ne pas mettre de sous-vêtements

quand elles préparent le manger.

- Les relations qui unissent la France a l'Afrique sont très précieuses.

- Oui...

- D'abord, ce sont nos amis. Ce sont nos frères, quasiment.

Et ensuite, nous exploitons là-bas

les mines de diamants, les puits de pétrole, le gaz, l'uranium...

- Oui, oui. Et puis, c'est un peu la France...

- Oubliez ça, Hubert. Oubliez le temps béni des colonies.

Ils sont indépendants, maintenant.

[Rire léger]

[Rires]

[...]

- Ah, là, vous m'avez attrapé, Armand !

[...]

- Suivez-moi en salle de crise.

[...]

- "Indépendants"... Je l'ai pas vu venir.

[Rires] Très bon.

[Musique jazzy]

- Bonjour, Roussel. - Bonjour, de la Bath.

- Mon colonel. - Bonjour.

* - Chers amis, vous êtes mes frères.

- Voici le président Koudjo Sangawe Bamba.

- Enchanté. * - J'espère

Une nouvelle victoire !

- Dans 1 mois auront lieu

des élections présidentielles supervisées par la France.

- Le président Koudjo Sangawe Bamba va les gagner avec 84 % des voix.

- 84 % ?

Ben, mon cochon...

- Il est très aimé. Seulement, les choses ne sont pas aussi roses

qu'elles le paraissent.

Nos informateurs disent que ça s'agite

du côté des mouvements rebelles.

- FCPA, SPMA,

FLDA, Mouvement de Libération Nationale, Front de Libération...

- Mais libération de quoi ?

- Mouvement Démocratique,

Sursaut populaire et j'en passe.

[Dialecte africain]

- C'est toujours le même, non ?

- Je dois vous mettre en garde, Hubert.

Nos amis africains sont très susceptibles.

Ils ne se sentent pas respectés ni traités d'égal à égal.

En ce moment, ils voient du racisme partout.

Ils en verraient certainement

dans ce trait d'humour.

- Oh ! Comme si... Armand, j'ai...

- Je sais bien, Hubert. Je vous connais.

Mais faites très attention à ce que vous dites.

- Ils se ressemblent quand même un peu tous.

- Officiellement, non.

- Reçu.

- Le président Koudjo Sangawe Bamba demande notre aide.

Avec discrétion. Alors, vous partez là-bas,

vous me tirez tout ça au clair.

Regardez ce que mijotent ces rebelles,

et mettez-moi tout ce joli petit monde au pas.

Ramenez-moi Serge et rassurez le président.

Et puis, par pitié, Hubert,

évitez-nous un putsch. Car après, il faudra en refaire un,

remettre le président en place.

Tous ces changements démocratiques coûtent une fortune à la France.

* - Bonjour, Mlle Sabrina. Bonjour, François. Beau temps.

- Hubert ?

- Matériel illimité ?

- Matériel illimité.

Vous vous appelez Émile Cousin. Comme tous les Français en Afrique,

vous travaillez dans l'industrie pétrolière,

dans la société Elf. - Pourquoi Émile Cousin ?

- Matricule à 3 chiffres. - Bienvenu.

- Merci. - Je compte sur vous, Hubert.

Aucun malentendu,

du doigté, de la discrétion, de la concentration.

[Musique jazzy]

Replongez-vous en profondeur dans l'histoire de ce continent,

ses nouvelles orientations géopolitiques. Hmm ?

[Signal sonore]

- Première fois en Afrique ?

- Pardon ?

- Pour les affaires ou les vacances ?

- Les affaires.

- Oui...

Vous verrez que les affaires, ça devient vite des vacances.

[Rire]

[Musique entraînante]

[...]

["La Marseillaise"]

[...]

- Monsieur Cousin.

Léon Nkomo, chef du protocole de Son Excellence.

Soyez le bienvenu en Afrique. - Merci.

- Si vous voulez bien me suivre.

[...]

- ÉMILE COUSIN ! ÉMILE COUSIN !

ÉMILE COUSIN ! ÉMILE COUSIN !

ÉMILE COUSIN ! ÉMILE COUSIN !

ÉMILE COUSIN ! ÉMILE COUSIN !

ÉMILE COUSIN ! ÉMILE COUSIN !

ÉMILE COUSIN !

[Chant du coq]

[Musique grave]

[Cri] - C'est toujours l'amour fou.

- La fin des Bamba est proche.

Mais il me faut plus d'armes.

- C'est pour ça que je suis là.

Et c'est toujours l'occasion de contempler une jolie plante.

[Coup sec]

Vous feriez une bonne chasseuse.

- Je chasse les dictateurs.

Quand serons-nous livrés ? - Bientôt, bientôt...

- Vite. D'après mes informations, un espion français vient d'arriver.

Ces chiens d'impérialistes feront tout

pour maintenir Bamba au pouvoir.

- T'inquiète pas, Zéphyrine.

Notre nouveau fournisseur est un homme très efficace. Davaï !

[Tintement métallique]

[Musique intrigante]

[...]

[En russe]

[Acclamations]

[Musique entraînante]

- ÉMILE COUSIN ! ÉMILE COUSIN !

[...] [...]

- Bonjour ! Bonjour !

Bonjour !

Bonjour !

C'est franchement sympathique.

Bonjour !

[...] [...]

Bonjour !

[...] [...]

Oui, merci !

- Le président Bamba vous recevra à 16 h.

- Parfait. Le temps d'enfiler mon costume colonial...

Blanc... Clair... Mon costume clair.

Merci, Léon.

[...]

Merci...

[...]

Merci ! C'est trop !

* Coucou !

[...]

Merci !

Merci beaucoup. Merci.

[Musique enjouée]

Attends, attends... Attendez !

Que faites-vous, là ?

- Je porte vos valises.

C'est mon travail. - Mais c'est quoi, ces préjugés ?

Allons, donnez-moi ça. Donne, donne...

[...]

Voilà.

Merci.

[...]

Bonjour.

- Bonjour.

- Émile Cousin. - Bienvenue, M. Cousin.

Micheline Pierson. Je suis la chargée de clientèle.

C'est un honneur de vous avoir pour hôte.

- Et c'est un plaisir pour la clientèle de vous avoir pour chargée.

- Tika ko sakana na nga,

na za na temps na yo te !

Si vous avez le moindre problème, le plus petit tracas,

n'hésitez pas à venir me voir. Je suis là pour vous.

- Ma foi, j'ai l'impression que je vais avoir des tas de tracas.

Des petits, et... des moins petits.

- Mmm... Je m'occupe aussi des gros tracas, M. Cousin.

- Émile.

- Micheline.

- Non, je préfère Émile.

À tantôt, alors.

[...]

Ah, j'oubliais...

Un certain Bob Nightingale est-il descendu dans cet hôtel récemment ?

- "Nightingale" ? Ça ne me dit rien. - Non ?

Bellâtre, sûr de lui, toujours en train de flirter, de bavasser...

Faisant des allusions qui se veulent fines, avec un sourire idiot.

- Non, vraiment, non.

- Hmm... Bon, ben, j'aurai cherché.

- Un tracas ?

- Pas encore.

[Musique douce]

[...]

Non, non...

Donne. Donne...

[...]

- Voilà, monsieur.

[...]

- Très bien...

Ah, parfait.

Attends, attends...

Attendez

Tenez.

- Merci, monsieur.

- Mais c'est moi qui vous dis merci.

- Dites-moi...

Vous faites ça aussi en France ?

- Ah non, y a beaucoup moins de Noirs qu'ici.

Et c'est dommage, d'ailleurs. C'est dommage. Tenez.

- Merci, monsieur.

Bienvenue en Afrique. - Mais vous aussi.

Vous d'abord. Surtout.

Bonne journée !

[Il sifflote.]

[...]

[Musique grave]

[...]

- Camarade...

Voilà pour toi.

[Tintement métallique et sifflement]

[...]

[...]

- Ah, merci.

Bonjour, monsieur.

Bonjour, messieurs.

Bonjour... Bonjour... Bonjour, messieurs !

Continuez !

Bonjour, madame. Bravo. Messieurs...

Bonjour, monsieur.

[Musique intrigante]

[Musique douce]

[...]

J'aurais dû prendre mon slip de bain.

[...]

- M. Cousin ? - Oui ?

- Son Excellence est prête à vous recevoir.

Votre Excellence...

M. Cousin est là. - Ah !

M. Cousin !

- Mes respects, monsieur le Président.

- Mon ami !

- M. Cousin !

[Rires]

- Mes respects...

- Oh !

M. Cousin !

- Quel est cet embrouillamini ? Qui est Koudjo Sangawe Bamba ?

- C'EST MOI.

- C'est moi. C'est moi, c'est moi... [Rire]

Pardonnez cette petite facétie, mais vous n'êtes pas sans savoir

que je suis sous le coup d'un certain nombre de menaces.

J'ai donc trouvé quelques doublures

qui me seraient fort utiles dans l'hypothèse d'une attaque.

Longwa !

- Il n'y aura pas d'attaque tant que je serai ici, M. le Président.

À propos, je vous remercie pour l'accueil à l'aéroport.

Pas très discret, mais agréable.

- On ne peut pas empêcher le peuple africain de chanter son amitié

pour la France. Vous savez...

j'aime la France.

- Et moi donc. - J'ai fait mes études à Paris.

Je me revois

jeune sorbonnard, dansant le jerk

avec Juliette Gréco dans une cave de Saint-Germain.

Ah ! Et...

Votre musique...

- Ah...

- Annie aime les sucettes

- LES SUCETTES À L'ANIS

[Rires]

- Coquine...

- Ah, ça ! Elle ne manquait pas son tour.

[Rires]

- Entre nous,

c'est autre chose que ce tam-tam insupportable à toutes les sauces.

- Alors, là... Oh ! Oh, monsieur le Président,

je sens qu'on va bien s'entendre ! [...]

Ah...

Oh... Quel soulagement de pouvoir à nouveau s'exprimer librement !

Qu'est-ce que j'ai pas entendu !

"Ils sont susceptibles", "il faut prendre des gants"...

[...]

- Qui ça, "ils" ?

- Ben, vous...

Les Noirs.

- Mon ami Lesignac m'a dit qu'un de vos collègues

était arrivé ici sans même avoir la correction

de se présenter à moi.

Ce n'est pas la France que j'aime.

- Oui, moi non plus, ce n'est pas la France que j'aime.

M. le Président, au nom de la France, je vous présente mes excuses.

C'est très mal élevé.

Mais tout cela n'a plus d'importance, puisque maintenant, je suis là.

[Rire léger]

[Clochette]

- Voulez-vous une tasse de thé ? - Ah, sans façon.

- Il est excellent, je le fais venir de Londres.

- Les seules spécialités anglaises auxquelles j'ai goûté sont

la duplicité et l'hypocrisie. - J'espère

que l'Afrique et ses habitants trouvent plus de grâce à vos yeux.

- L'Afrique est d'abord farouche avant de se laisser aimer.

Si on ne la connaît pas ou peu,

on peut vite tomber dans la maladresse.

Ou pire, dans l'offense.

- Mmm...

Alors ça, c'est la voix de l'amitié, que je viens d'entendre.

Et elle a le son de la sagesse.

[Rires]

[Grognement]

[Musique intrigante]

- C'est quoi, Ça ?

- Rassurez-vous, c'est un léopard domestique.

- Ah. Comme une sorte de chien ?

- En quelque sorte, mais à l'africaine.

Plus sauvage, moins docile.

- Mmm...

M. le Président, que puis-je faire pour vous ?

- Si les mouvements rebelles s'unissent, ils mettraient en péril

les élections démocratiques transparentes

et formidables que je vais gagner.

- M. Cousin ! - Pardon.

- Ce ne sont que de misérables bousiers vaguement communistes.

Ils doivent être

exterminés ! Exterminés ! - "Communistes", dites-vous ?

Cette mascarade n'a pas de frontière ? Tiens, mon pépère.

- M. Cousin, si ces scélérats se sont fédérés,

trouvez leur chef

et amenez-le-moi. - Comptez sur moi.

Allez, hop... Hop...

[Grognement]

[...]

- Léon !

[En allemand]

[...]

[...]

- Il parle allemand ?

- C'est la langue avec laquelle on dompte les animaux.

- Je crains que ce ne soit pas suffisant.

- Allons, allons,

Léon est mon plus fidèle serviteur

depuis 25 ans.

[...]

- J'ai entendu, hein !

[...]

- À bientôt, mon ami.

Trouvez-moi ce traître, s'il existe.

- Il tremble déjà, s'il existe.

Je vais le chercher partout, s'il existe. Nuit et jour.

Et s'il n'existe pas...

il s'en tire bien.

- Ah ! Mon épouse.

[Musique douce]

Zéphyrine.

[...]

- Émile Cousin. - Madame.

- Français ?

- Passionnément.

- M. Cousin est un ami.

- M. Cousin est un Français.

Dans quelques jours, je donne un bal présidentiel

au palais, pour fêter l'indépendance.

Je serais honorée de votre présence.

- L'indépendance, oui. On m'a dit ça.

[Rires] J'y serai, madame.

[...]

- Zéphyrine est de l'ethnie kwélé.

Leurs femmes sont belles, mais froides.

On ne sait jamais vraiment ce qu'elles pensent.

On en est donc réduits à le deviner.

- Kwélé ou non, c'est une femme.

Peut-être ne pense-t-elle rien du tout ?

[Rires]

- Venez dans mes bras, M. Cousin ! [...]

[...]

- Monsieur, le devoir m'appelle. - Oui, amusez-vous bien.

- Tout cela m'appartient ! - Merci.

Je vous souhaite bonne chance pour les élections.

Et... un bon score !

- Un bon score ! [Rires]

[...]

[Musique douce]

[...]

- Je vois que vous portez

le maillot jaune.

À quelle étape en sommes-nous ?

- Pardon ?

- Le Tour de France...

La bicyclette...

[Musique intrigante]

[...]

[Brouhaha]

[...]

- Monsieur, monsieur... Cigarette, cigarette...

- J'ai rien... J'ai rien.

[...]

Allez, allez... Voilà, voilà...

Voilà... Attention, quand même.

[...]

Allez, tiens.

[...]

[Fracas]

[Musique inquiétante]

[...]

- Bonsoir, Émile.

- Micheline.

- Votre chambre vous convient ? Il ne vous manque rien ?

- Maintenant, non.

[* Musique douce]

[...]

[Soupirs langoureux]

[...]

Ah Oui...

Ça vient, ça vient...

- Oui. - Oui...

On a tout notre temps.

- On a toute la nuit, Micheline.

Voilà, ça vient...

Ça va venir...

Prenons le temps, on a le temps. - Oui

- C'est ça que vous attendiez, Micheline.

- Oui, Émile.

[Râles]

- Je suis désolé...

[...]

- Je comprends pas ce qui m'arrive. - C'est pas grave.

- Mais non, mais... Ne dites pas "c'est pas grave", comme ça,

comme si c'était pas grave.

[...]

Je peux vous assurer que ça m'est jamais arrivé.

Pourtant, j'en ai eu des aventures...

Des accouplements, des ruts... Pléthore !

Et à chaque fois, j'ai hissé les couleurs.

[...]

Je vais pas toutes vous les citer, ça serait indélicat, mais...

- On peut pas éteindre cette musique ? - Ah oui, pardon.

[...]

[Soupirs]

Pas plus tard que l'année dernière, à Tanger.

Soraya... Sublime Marocaine...

Je l'entends encore me supplier :

"T'arrête pas, zarma... Zarma, t'arrête pas !"

Et Margaret, à Boston, une rousse,

néanmoins ravissante. Je la revois au sol, exsangue.

"Tu me tues, oh là là... Tu me tues, tu me tues !"

Et que dire de Fong, à Séoul, en larmes ?

"Trop beaucoup, alors là, c'est trop beaucoup. C'est tellement bon.

"Trop beaucoup, c'est trop beaucoup."

Mais là, je sais pas. Ça doit être le pili-pili.

Vous partez ?

- C'est plus raisonnable.

Bonne nuit, M. Cousin.

- Bonne nuit à vous.

[Claquement de porte]

Drôle d'idée.

[Ronflements]

[...]

[Musique intrigante]

[...]

* - La réception, bonsoir ? - Oui, passez-moi Micheline Pierson.

* - Je vous la passe.

Ne quittez pas.

- C'est excessif...

* - Comment ?

[Sifflement]

[...]

[...]

[Sifflotement]

[...]

[...]

[Sifflotement sur le thème de "L'Île aux enfants"]

[...]

[Ricanement]

[Coups de feu avec silencieux]

[Musique douce]

[...]

- Bonjour.

Vous allez bien ?

- Très bien. Je me suis couchée tôt. Très tôt. Et vous ?

- Bien, bien, bien... Mieux. Mieux, mieux... Reposé.

Reposé...

Ah, Micheline, cette nuit, il y avait un gros serpent dans mon lit.

- Oh, je vous en prie, M. Cousin.

- Il a fallu que je joue de la flûte pour qu'il se calme.

- Oh...

[...]

On dîne ensemble ce soir ?

- Oublions ça, voulez-vous. C'était une mauvaise idée.

- Je comprends. Vous préférez ne pas mélanger travail et plaisir.

- Si. Mais qui parle de plaisir ?

[...]

- Bien, je... Je vais à la piscine. - Y en a pas.

[Téléphone]

Oui.

[...]

Oui, vous êtes monsieur ?

Quelle chambre ?

[...]

- Ah.

[...]

[Musique intrigante]

[...]

[Brouhaha]

[...]

[Musique intrigante]

[...]

Il était là il y a 2 minutes.

[Grille-pain]

[...]

Hmm...

[...]

- Que fichez-vous là ? - Et vous ?

- Ben, je suis chez moi.

- Asseyez-vous.

Vous allez me dire pourquoi vous parlez allemand.

- Je vous l'ai dit. C'est la langue pour dompter les animaux.

- L'allemand a été usité à des fins bien moins anodines.

- Hein ? - Que faisiez-vous vers 1940 ?

- J'apprenais à marcher. - Au pas de l'oie, sans doute.

J'attends vos explications ! - Je ne sais pas quoi vous dire.

Pourquoi l'allemand ? Car c'est une langue qui se parle sur un ton sec.

- Je vous remercie, les Français ont remarqué.

- Une langue articulée et sonore. Les animaux comprennent l'intention.

- Hmm... Mmm...

Je vous ai à l'œil, Léon.

[Musique intrigante]

[...]

Une dernière chose...

Où avez-vous appris l'allemand ? - Au lycée.

- Le nom du professeur ?

- M. Bambouto.

- "O" ou "E-A-U" ?

[...]

Je vérifierai.

[Brouhaha]

Bam-bou-to...

[Musique douce au tam-tam]

[...]

- Bonjour, monsieur.

Venez. Venez...

- Ah... C'est gentil, mais j'ai ce qu'il faut.

- Passez-le. Ça ne vous engage à rien.

Bâti comme vous l'êtes, je suis certain que

vous serez magnifique.

- Non, merci. Rien ne vaut la demi-mesure de chez Smalto.

- J'insiste.

Regardez-vous. Je vous le disais, magnifique !

- Oui, oui, c'est vrai.

Un vrai Noir !

[Rire]

Ils sont rigolos, vos petits bibelots.

Il est mignon, ce petit hippo. Pas franchement utile, mais mignon.

- Ne crois pas ça. l'hippopotame, c'est la force brutale

que Dieu maîtrise mais que l'homme ne peut domestiquer.

- Ah oui ? - Il empêche qu'on profite de toi.

Il t'aide à affronter les émotions perturbantes. Il guérit

la désorientation mentale et la confusion. Il garde la famille.

- Lui, là ? - Et il soigne aussi

la peau séchée et craquelée.

-Ah... C'est gentil, mais j'ai tout ce qu'il faut pour m'hydrater.

- Tu l'as touché, tu le payes.

- Je n'en veux pas. Merci, monsieur.

- Voleur.

- Voleur ! - Quoi ?

- Voleur !

- Bonnes gens, c'est un quiproquo. - C'est un raciste !

Et un voleur ! - Mais absolument pas.

Je suis pas raciste, je porte vos robes !

- Tu es un voleur.

- Attendez, calmez-vous. C'est un malentendu...

- Espèce de voleur ! - Voleur !

- Je ne suis pas raciste ! Arrêtez !

- Voleur !

- Attention, si vous... - Voleur !

[Cris et bruits de lutte]

[...]

[Sifflets]

- Je ne suis pas raciste !

Vous tombez très bien. Bonjour, messieurs.

Non... Que faites-vous ? Attendez...

C'est un quiproquo !

[Musique grave]

Je vous assure qu'il n'y a rien de raciste dans tout ça.

C'est un désaccord commercial, c'est tout.

[Claquement de porte]

Bonjour.

Tout va bien.

[Soupir]

Je suis français.

[Chuchotements]

[Reniflement]

[Musique intrigante]

[...]

[Chuchotements]

[...]

[Toux]

[...]

[Chuchotements]

Vous pouvez m'expliquer ce que vous faites là ?

C'est à vous que je parle, Serge !

Vous savez que tout le SDECE vous cherche ?

Le patron lui-même

des services secrets s'inquiète. "Où peut bien être

"M. Nightingale ?"

- Cet homme est un traître !

Il nous a dupés !

[Dialecte africain]

[...]

- Sur un autre ton !

Ça vous a pas effleuré de vous présenter au président Bamba,

ami de la France, qui va gagner

les élections et qui nous demande

de l'aide ?

- Mais vous allez la fermer ? Pardon...

Non, non...

C'est pas ce que vous croyez. Vous allez rire...

[Coup] - Vous voyez ?

Ça choque tout le monde ! Il est aimé, Bamba.

Vous avez été prévenu pourtant.

- J'ai une explication.

[...]

- Mais bien sûr ! - L'AVENIR DE L'AFRIQUE EST BEAU !

- Évidemment !

[Hurlements et coups]

[...]

[Musique héroïque]

[...]

- Oh ! Arrêtez, là ! - C'est un quiproquo.

[...]

Je vous remercie pour la visite,

mais je ne prendrai pas l'appartement, finalement.

- Son Excellence vous présente ses excuses, messieurs.

- J'en suis sûr. Au revoir.

[Brouhaha]

[...]

De rien, Serge.

- De rien ? De quoi ?

- Oh, pas grand-chose. Je viens de vous sauver la vie.

- Mais me sauver de quoi ? J'étais undercover, là !

- Et alors ? On peut être "undercrover" et poli, non ?

- Je comprends pas. Ça fait 3 semaines que j'infiltre la rébellion.

J'ai les genoux en sang, j'ai rien mangé depuis 3 jours,

mais je commençais à gagner leur confiance.

Vous venez de tout faire capoter, Hubert !

- Eh bien, il fallait dire que vous étiez infiltré.

"Undercrover" ou pas.

[...]

- Oui. * - Sa mission était de vous retrouver.

- Oui, je sais. * - Et ça, c'est réussi.

- Oui, non, mais... * - Ça a pas dû être simple.

- Armand, je l'admire autant que vous. Mais là, il a tout foutu en l'air.

* - Un agent de cette trempe a forcément un plan.

- Ben, si c'est un plan,

va falloir qu'il l'explique, parce que...

* - Parce que... ? - Parce que là

j'ai un peu de mal à saisir la stratégie.

* - N'oubliez pas qu'Hubert a beaucoup d'expérience.

Il a peut-être un coup d'avance.

- OK, il a peut-être 3 coups d'avance, mais moi j'ai failli crever !

* - Oui, euh... Passez-le-moi. - Oui.

Hubert... Armand, pour vous.

[Musique douce]

[...]

- Bonjour, Armand. * - Alors, dites moi...

- Oui, non, tout est sous contrôle. Je l'ai retrouvé, c'est le principal.

Il est un peu fatigué, mais enfin, il va se ressaisir.

Plus de peur que de mal.

* - Oui, oui, je sais. Il m'a déjà tout raconté.

- Il débute, hein, soyons indulgents.

En tout cas, il va pouvoir rentrer à Paris.

Prévenez la crèche ! [Rire]

* - Ah non, personne ne rentre, Hubert. Ni vous, ni Serge, que ce soit clair.

- Enfin, Armand, vous savez bien que j'opère toujours en solo.

- Vous allez me mener cette mission tous les deux.

Serge est formidable, vous êtes mon meilleur agent.

En plus, votre matériel illimité

* est dejà parti. - Ah, ça, c'est bien.

Mais, Armand, je... Armand ?

[* Tonalité]

[...]

[Elle chante : "There's a Move You Make"]

[...]

On vient en Afrique, on le dit.

Et on a le défilé et les boubous. C'est l'usage.

Ça vous plaît peut-être pas, mais eux, ça leur fait plaisir.

[...]

Je ne connais pas ces méthodes. Elles sont peut-être nouvelles,

mais elles ne marchent pas.

Vous venez d'en avoir la preuve par A + B.

- Bon, puisqu'on doit travailler ensemble,

je vais vous dire ce que j'ai découvert.

- Attention, je n'ai rien contre la modernité.

- Mais ça ne marche pas. - Entendu. Avançons.

Les rebelles se sont fédérés, Hubert. Ils veulent balayer Bamba.

- Oui... - Ils en auront bientôt les moyens,

ils attendent des armes. Beaucoup.

Je ne sais juste pas quand ni comment.

- Ah... - Oui !

Si vous aviez pas interrompu mon infiltration...

- Les faits, Serge ! On perd du temps...

- Messieurs...

Vous voulez boire quelque chose ? - Une Suze.

- Y en a pas.

- Mais si des armes ont été...

- Et vous ?

- Une... tequila sunrise. Merci.

- C'est quoi ?

- Tequila, jus d'orange, grenadine.

- Ouais, tout et n'importe quoi... Un pastis.

- Hmm, voilà...

- Merci !

Très sympa

- Oh, mais c'est pas vrai...

En tout cas, si des armes ont été livrées, y a un homme qui le sait.

Et cet homme, c'est Lépervier. Roland Lépervier.

Un ancien mercenaire qui grenouille dans le coin.

- Trafiquant d'armes sans foi ni loi... - Mon type d'homme.

- On dit qu'il est toujours fourré dans un bar louche, le Baobab Select.

- Mmm...

C'est bien beau, Serge,

mais la vraie question est : qui arme ces rebelles ?

[Il inspire.] - Eh oui...

- Eh oui.

[...]

- Attendez... Attendez...

Vous êtes enlevé par les Russes en Afghanistan...

- Oui, mais pas longtemps...

- Et en échange de votre vie, ils demandent une cargaison d'armes.

Et le président Bamba vous dit que... - Merci !

- Ah...

Il vous dit que les rebelles sont vaguement communistes.

- Hmm... - C'est ça.

Attendez, mais... Le rapprochement est rapide à faire.

- Eh oui...

- Limpide. - Très limpide.

- C'est clair comme de l'eau...

- De roche !

[...]

- Vous le saviez ?

Hubert ?

[...]

Vous le saviez !

Mais c'est pas vrai... Mais bien sûr !

Vous le saviez et vous m'avez donc sorti de prison !

- Eh Oui. - Eh Oui !

Eh oui ! Mais bravo ! La voilà, la stratégie !

Le numéro 1, la légende !

Il est là !

Il est là...

Incroyable ! J'ai honte... Moi, je...

[Rire]

J'ai encore tellement de choses à apprendre !

- Eh, certes, oui...

Allez ! Si on allait retrouver ce Lépervier ?

- Oui. Mais vous voulez pas vous reposer un petit peu d'abord ?

- Mais pour quoi faire ? Et puis...

Ce Lépervier est un oiseau de nuit, non ?

[Rires] -Oui.

[...]

- Lâchez-moi. Et allez vous doucher. - Oui

- Et vous raser. - Bien sûr.

[...]

[Téléphone]

[...] - Bonsoir.

- Ah, bonsoir !

- Ben, mon vieux... - Pas mal, hein ?

- Mmm...

- Bonsoir... - Bonsoir.

[Musique jazzy]

[...]

- Merci, mademoiselle.

[...]

- Votre Baobab Select, c'est un repère d'invertis ?

- C'est-à-dire ?

- On est à la recherche d'un mercenaire, pas d'un mignon.

- Hé... Vous savez, Hubert,

je prétends rien vous apprendre, mais j'ai remarqué qu'aujourd'hui

les femmes apprécient les hommes qui assument leur part de féminité.

- Oui... Ben, bonne chance pour expliquer ça aux Africains.

[...]

Merci.

- Après vous. - Je préfère.

- Vous partez ?

- Micheline...

- M. Cousin. Micheline Pierson, chargée de clientèle de cet hôtel.

- Enchanté. Nightingale. Bob Nightingale.

- Ah, c'est vous ?

Ah ! Je vous imaginais pas

comme ça.

Vous avez du style, M. Nightingale. - Mais lequel ?

- Voulez-vous une table pour ce soir ?

- Ma foi, ce serait... très cool. - Impossible.

Nous dînons dehors ce soir. - Ah...

- Eh oui ! - Mais...

- Bonsoir.

- À bientôt. - Mmm...

[Le taxi démarre.]

- Peut-être que...

[Musique rythmée]

[...]

Excusez-moi, on cherche un certain Lépervier.

- Lépervier ? Il est là-bas.

- Lui, là ? - Oui.

- Merci.

[...]

- Allez-y. J'ai un coup de fil à passer.

- Une piste ?

- Oui, j'ai sans doute localisé un certain Bambouto.

- Ah... - "O". Avec un O.

[...]

Passez-moi Micheline Pierson.

[...]

- Lépervier ?

Roland Lépervier ?

- Ça dépend. Vous êtes qui ?

- Bob Nightingale, cadre chez Elf.

- Et moi, je suis responsable de la Croix-Rouge.

[Rires gras]

Vous voulez quoi ?

- Juste discuter.

- J'ai rien à dire.

[Téléphone]

[Soupir] - Oui ?

- Micheline ? C'est Émile.

- Émile ?

- Émile Cousin.

- Ah...

je vais sans doute dîner à l'hôtel, ce soir.

- Avec votre ami ?

- Non... Non, non. D'abord, ce n'est pas mon ami,

et puis, lui, il dîne de son côté.

Mais alors, vraiment... De l'autre côté, quoi...

- Je peux peut-être m'asseoir ?

- C'est occupé.

- Espérons que ça se libère rapidement, alors.

[Fracas et bris de verre]

Coup de bol.

Maintenant, dites-moi. Il paraît que vous êtes au courant

de tout ce qui se passe dans ce pays, de tout ce qui se vend...

- Je m'en fous de ce qui paraît.

Allez, cassez-vous.

- Allez, tu dégages !

[Cris et bruits de lutte]

- Oui, il est gentil, mais très fragile. Très fragile.

Pour ne pas dire lâche.

De toute façon, ces gens-là le sont souvent.

[...]

- Qui fournit les armes aux rebelles ? - Vous vendez ? Vous achetez ?

Non ? Alors, vous m'emmerdez.

- Oui, il n'en a peut-être pas l'air, mais il en a la chanson.

- Désolée, ça aurait été avec plaisir,

mais j'ai déjà beaucoup de rendez-vous, ce soir.

- Bon, ben, c'est dommage.

[Fracas]

Mais si vous arrivez à vous libérer, je ne serai pas loin.

Alors... À tout à l'heure. On ne sait jamais, comme on dit.

- Voilà. Bonsoir. * - Au revoir.

[...]

Pardon...

[...]

- Rien à en tirer. Dur à cuire.

- Tout dépend de la température de l'eau, Serge.

- Suivons-les avant qu'ils nous filent entre les doigts.

[Respiration haletante]

Ça va ?

- Oui.

[...]

- Oui, ben... Allons-y, oui. - Allons-y.

[Musique jazzy]

[...]

[Soupir] - Tenez...

- Ça va, ça va...

[...]

- Magnez-vous un peu, là. Chargez-moi ça rapidos.

- Soyez concentré, Serge. - Bien sûr.

- Si vous voyez une caisse marquée "Emile Cousin", vous me le dites.

J'attends du matériel.

- Quel matériel ?

- Illimité.

- Reçu.

- Allez !

[Musique intrigante]

[...]

- Te revoilà, toi...

Serge, mon petit doigt me dit

que les Russes sont derrière tout ça.

- Oui, c'est ce qu'on disait tout à l'heure.

- Non, on n'a pas du tout dit ça. C'est moi qui viens de le trouver.

[Rire léger]

- Mais non. C'est ce qu'on disait :

"Si les rebelles sont communistes, le rapprochement est rapide à faire."

- Je vois pas le rapport.

- Mais si...

Les Russes voulaient vous échanger contre des armes

qu'ils auraient données à la rébellion.

Ils voulaient qu'on croie que c'est la France qui arme la rébellion,

et non pas l'URSS.

C'est comme les Américains en Afghanistan

qui donnent des armes russes aux moudjahidines.

Là, ne pouvant avoir les armes de la France,

les Russes leur donnent des armes russes.

- Oui, mais il me semble avoir dit tout ça.

C'est bien de parler, Serge, mais il faut écouter, hein.

Faut écouter...

[Conversations au loin]

- Ben...

[...]

Et voilà la preuve !

Le temps qu'ils déchargent ces caisses,

ça va prendre des heures. - Oui

On devrait peut-être les aider ? - Oui... Non, attendez !

Vous faites quoi ?

- Quoi ? C'est vous qui êtes en apprentissage, hein.

Moi, je vous pose les questions. Les réponses, je les ai déjà, hein.

- Pas du tout. Je suis pas... - Ben...

- Peu importe.

Peu importe.

Si on les prend en filature, Dieu sait où ils vont aller

et on risque de se faire repérer.

[Bip électronique] - C'est quoi, ça ?

- C'est tout nouveau. Un radio-repéreur.

Grâce à ça, on va les suivre à la trace.

- Pourquoi j'ai pas ça, moi ?

- C'est tout nouveau.

[Musique jazzy]

[...]

Vous voyez, ils n'ont pas terminé.

Grâce à ce radio-repéreur, demain matin,

nous saurons où ils ont emmené les caisses.

Vous... Vous saisissez ?

- Absolument.

Formidable, cet ustensile.

Et ça, ça sert à quoi ? - Non ! Ça dérègle...

- Qui c'est qui fait ça ? - Transmetel.

- "Transmetel"... - Hmm, hmm...

- Je vais noter ça, parce que...

Pourquoi j'ai pas ça, moi ?

[Des photos tombent.] Transmetel, ils étaient...

- Hubert...

- Je crois qu'ils étaient du côté de Meudon.

À Chaville ou à Meudon ? La maison Transmetel...

Je vais me renseigner.

- Hubert, où avez-vous trouvé ça ?

- Ça ? Chez un suspect noir, plus ou moins nazi.

Il devrait

En avoir d'autres, si vous voulez. - Oui...

Non, mais non ! Hubert, regardez. Ces photos ont été prises

dans un studio moscovite.

- Mmm... - Moscovite... À Moscou.

- J'en étais sûr. On ne parle jamais allemand par plaisir.

Je passe demain matin à la première heure.

[Soupir]

[On frappe.]

Ma chambre est beaucoup plus grande.

- D'accord.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

[Soupir]

- Allez, on se casse, les gars ! C'est bon, là !

[Musique intrigante]

[...]

- Mesdames...

[Cris de Serge]

[...]

[Porte enfoncée]

[...]

- M. Cousin.

- C'est quoi, ce foutoir ?

- Du plaisir.

- Émile ! Bien dormi ?

- Comme un bébé. Et vous ?

- Comme un homme.

- Je vous laisse...

[Baisers]

[...]

Bonne journée... - Mmm.

[Soupir]

Alors, les caisses ont bougé ?

- Y a pas que les caisses, qui ont bougé...

[Rire] Oh, la vache...

[Respiration]

- La mission, s'il vous plaît.

Serge...

[Soupir]

Réhydraté. Ah... Alors ?

[Soupir]

Oui, les caisses ont été transportées.

- Très bien. Donnez-moi les coordonnées.

- Et d'ailleurs, Micheline a été très sensible à ma part de féminité.

Croque-love.

- Je pourrais avoir les coordonnées ?

- Latitude... 69.

[Rire] Non, je plaisante.

3.97. Longitude, 11.52.

- Nous sommes là. Les caisses sont là.

En pleine brousse.

Nous partons illico.

- Ça pullule d'animaux sauvages, là-bas.

- Chaque espèce, la plus dangereuse soit-elle,

la plus mortelle soit-elle, a son prédateur.

Je suis leur prédateur.

Et quand un prédateur rencontre un autre prédateur...

- Oui, vous pouvez amener des bouteilles d'eau chambre 33 ?

Merci beaucoup. Wouh ! - Bon, je vous attends en bas.

- Hé !

Bonne journée ! - Merci ! Ça va ?

- Ouais. Aujourd'hui, on tue des zèbres !

[Chantonnement]

- Ça va ? - Oui.

Allons-y.

[Commodores : "Superman"]

[...]

- Regardez, des girafes !

- Oui, j'ai vu... - Magnifique !

[...]

- Elle est mal fichue, cette bestiole...

[...]

[Musique douce]

[...]

[Cris de plaisir]

[...]

- Serge...

- Serge... Oh, Serge !

Oh...

[* Commodores : "Superman"]

Vous devez avoir chaud, avec ça. - Ça va.

On file tout droit.

S'il vous plaît.

[...]

- Wouhou !

[...]

[Ondes radio]

[...]

D'après mon radio-repéreur, on n'est plus très loin.

Où ils ont bien pu fourrer ces caisses ?

- Y a rien du tout, ici. C'est désert.

Mais c'est joli, hein !

- Hubert ! Des rebelles !

[Musique rythmée]

[Coups de feu]

- Vite, à la jeep !

[...]

Quel tire-au-flanc ! Et dire que je croyais que nous étions amis.

- Mon baladeur Sony !

[Coups de feu] - Serge !

[Musique intrigante]

[...]

- Plus qu'une balle. - Pareil pour moi.

[...]

Touché. - Je l'ai eu !

- Non. - Si. Courons, maintenant !

[Musique rythmée]

[...]

[Il halète.]

[...]

[...] [...]

[...]

Attendez !

- Que se passe-t-il ? Ça va ?

- Impeccable.

[...]

Les caisses...

- Quoi, les caisses ? - Je pense qu'elles sont par là.

- Euh... Non, pas du tout. Faut continuer à l'est.

Le radio-repéreur est formel. On y va.

- Non !

Elles sont cachées... par là.

- Enfin, je...

Je veux bien revérifier, mais je pense

qu'il faut qu'on continue à courir.

- Non !

Je vais...

Ah... Je vais... Je vais regarder...

[...]

- Qu'est-ce qui vous fait croire que les caisses sont là ?

- Je... Je...

Ah oui... - Le feeling ?

- Oui... - D'accord.

[...]

[Musique intrigante]

[...]

Bon, Hubert... Ça va ? - Chut...

[...]

[Grognements]

[...]

- Mais vous n'avez plus de balles.

- Oui. Mais eux ne le savent pas.

[Rugissement]

[En allemand]

[Grognement]

[...]

[...]

[Rugissement]

l'accent tonique, Hubert...

[...]

[Grognement]

[...]

[...]

[...]

[...]

Hmm... Mmm...

[...]

[...]

Allemand, lu, écrit, parlé. Indispensable pour toute mission.

Et puis, il n'est pas conseillé d'être mangé entre les repas.

- Bon, vous venez ?

[Soupir]

[Musique intrigante]

"Je ne vois pas de quoi vous parlez." Quel menteur, ce Lépervier.

- Lépervier ?

Le problème, c'est qu'on voit rien du tout.

- Si, prenez les miennes. Longue focale télémétrique.

[Discussion au loin]

[...]

- Oui, c'est mieux.

Oh !

J'ai déjà vu ce type quelque part !

- Ben, oui, c'est Lépervier... - Oui, Roland. Roland Lépervier.

- Oh ! Hé !

Faut que je vous parle ! Allez !

[...]

- C'est le moment !

[...]

- Pourquoi j'ai pas ça, moi ?

[...]

- J'ai attendu toute la nuit, bande d'abrutis.

Vous me faites perdre mon temps. C'est ça, ta caisse ?

[...]

- Ce sont bien des armes. Des centaines d'armes.

- Des explosifs.

Serge...

On va tout faire sauter.

C'est le meilleur moyen pour sauver la démocratie.

[Musique solennelle]

[...]

Mon matériel. Que fiche-t-il ici ?

Serge, arrêtez tout !

- Que se passe-t-il ?

- Occupez-vous des côtés.

[...]

[Fracas]

[...]

Vous feriez exploser une Renault Gordini ?

- C'est quoi, ça ?

- Mon matériel illimité. [Choc métallique]

[...]

4 cylindres en ligne.

1565 centimètres cube.

Effrontément française.

Belle maîtresse, non ?

- Mmm...

- Une balise... Mon matériel... Mmm...

Nous allons fabriquer une bombe à retardement.

- Mais comment ?

- Ne vous inquiétez pas, j'ai ce qu'il faut.

[Il fouille dans le coffre.]

[...]

Aïe !

[...]

[...]

[Cri d'effort]

Ordinateur portatif...

Vous l'avez pas, ça, hein ?

- Non.

[Musique groove]

[...]

[Grésillements]

[...]

[Il tape sur le clavier.]

- Si je commute...

[Grincement]

Ne touchez pas à ma voiture, vous.

Je programme la balise en récepteur,

et le radio-repéreur en émetteur...

[Clavier]

[...]

Mais ils m'ont mis ça en Cobol...

Ne touchez pas à ma voiture, je vous dis !

Je vais transmuter...

On va jouer au Cobol et aux Indiens.

[Rire] - De quoi ?

- Hein ? Euh, vous pouvez pas comprendre.

[...]

Ça devrait rentrer comme papa dans maman.

[Bips électroniques]

[Klaxon]

Voilà !

Qu'est-ce que j'avais dit ? Bravo !

Bravo !

- Chut...

[Claquement de portière] -Ouais...

[Musique grave]

[...]

Pourquoi ça ne marche pas ? - Faites ce que vous voulez,

mais vite !

- Oui...

[Bips électroniques]

[Musique de suspense]

[...]

- Hubert, ils arrivent !

[...]

- Ça ne fonctionne pas.

[...]

- Dépêchez-vous.

Hubert !

- Ça ne fonctionne pas !

[...]

Ça ne marche pas.

[Musique grave]

- De toute manière, quand ça marche pas,

y a un truc imparable. Tu débranches et tu rebranches.

[...]

[Bips électroniques]

[....]

- Merci, Jean-Loup.

Allons-y !

[Musique groove]

[...]

[Il démarre.]

[...]

- Hubert...

[...]

Hubert.

[...]

- C'est parti ! - Oh !

- Bougez pas ! [Coup de feu]

[...]

[Coups de feu]

[...]

[Il ricane.] - C'est quoi, cette blague ?

[...]

Oh, non...

[Explosion]

[...]

[Rire] - Pas mal, non ?

- Pas mal.

[...]

- Vive la démocratie !

[Musique rythmée]

[...]

Un petit coup de polish...

- Et voilà, Hubert, mission accomplie !

- La mission sera terminée quand j'aurai fait mon rapport

au président Sangawe Bamba.

- Bien sûr.

Mais les armes ont été détruites, le putsch a été évité, on a...

On a bien travaillé, il me semble.

- Oui, c'est vrai. Vous m'avez bien assisté.

Alors, comment rejoindre la capitale d'ici ?

- Dépêchons-nous, car j'ai rendez-vous avec Micheline, ce soir.

- Oui...

Comme tout le monde.

Ne vous mettez pas

trop près de l'eau. Ça grouille de bestioles.

Avec vos caillasses, vous allez les exciter.

[Caillou dans l'eau]

Alors, on est partis du camp de Lépervier...

On a pris la piste... Donc, on est ici.

[...]

Ah non, c'est l'Angola, la.

Alors, nous sommes ici.

[...]

Ça, c'est le Congo.

[...]

Pour la énième fois, ne vous mettez pas trop près !

- "Pour la énième fois, gnagnagna..."

"Douchez-vous", "rasez-vous" !

"Serge, il faut écouter" ! "On s'habille pas comme un mignon" !

Gnagnagna ! Merde !

Hubert, j'avais de l'admiration pour vous.

Du respect, même.

Mais là, j'en ai plus que marre de vous entendre me dire

où je dois aller, ce que je dois faire, quand et avec qui.

Pour la dernière fois, je ne suis pas votre apprenti, ni votre assistant,

ni votre larbin, ni votre ami. J'aurais peut-être adoré avant,

mais aujourd'hui, Dieu m'en préserve.

Car je ne vous vois plus comme une légende, Hubert.

Juste un petit bonhomme complètement dépassé par son temps,

avec sa petite voiture, des valises bourrées de préjugés et un melon

de la taille de l'Hexagone à la place du ciboulot.

J'en peux plus. J'en peux plus,

de vos phrases toutes faites, vos réflexions absurdes.

Vos "il me semble avoir dit tout ça".

Non, vous n'avez rien dit. Rien d'intéressant.

C'est même à se demander

si vous avez déjà pensé quoi que ce soit.

Car je n'ai entendu jusque-là

qu'une avalanche d'inepties racistes et de sous-entendus homophobes.

C'est d'ailleurs passionnant de voir comme ça vous travaille.

Et puis, ce rire idiot, là ! "Ha, ha, ha..."

Et vos... de ringard !

Et "je suis leur prédateur", ça veut dire quoi ? Non, vous l'êtes pas.

Vous n'êtes le prédateur de personne, sûrement pas de Micheline,

qui me l'a très bien fait comprendre.

Faites pas cette tête, je suis au courant.

Qui ne l'est pas ?

Alors, je ne suis peut-être pas OSS 117.

Je ne suis pas la légende,

l'agent numéro 1,

mais j'ai encore l'avenir devant moi.

J'ai tout mon temps et je compte bien...

[Cris]

[...]

- Ben, voilà ! Qu'est-ce que j'avais dit ?

[...]

Alors... Mmm...

Tu m'étonnes qu'on en soit aux matricules à 4 chiffres...

Bon, je vais faire comme ça.

[Soupir]

Faut peut-être que je pense à faire le plein.

[Musique rythmée]

[...]

[Gémissements]

[Tam-tam]

[...]

Tiens donc.

Vous ici...

C'est le monde à l'envers.

[Coup]

[Soupir]

[...]

[Musique grave]

[...]

- Tu m'as échappé une fois, mais...

- C'est toi qui as mis ton gros serpent dans mon lit.

- Tu m'as échappé une fois, mais cette fois-ci...

- Non, deux fois.

Le gros serpent et la fois dans la montagne. Deux fois, donc.

- Mais cette fois-ci, tu ne m'échapperas pas...

[Tintement métallique]

[En allemand]

[...]

[...]

[Dialecte africain]

[...]

- Il s'agit de mon peuple.

Je suis assez grande pour savoir qui doit disparaître.

- Sans les armes de l'URSS, cette révolution ne serait pas la tienne.

J'en aviserai mes supérieurs.

- Ici, ton supérieur, c'est moi. Sors !

[Musique intrigante]

- Trois fois, donc.

- Svolotch !

[...]

- À qui ai-je affaire ?

Le FCPA ?

PSMDLA ?

SPMA ?

FNSEA ?

- Je suis tout ça.

Nos forces se sont alliées. La révolution est en marche.

- Vous oubliez une chose.

Le président Sangawe Bamba va être élu à 84 % des voix.

- Pfff... Des élections truquées !

[Musique grave] - Zéphyrine... Vous !

- Sangawe Bamba est un ignoble dictateur, un tyran sanguinaire.

- Madame, est-ce ainsi qu'on parle de son mari ?

- Mon mari ? [Elle crache.]

Un mariage forcé !

Une manœuvre pour tenter de se mettre les Bakwélé dans la poche.

- Vous êtes kwélé et bakwélé ?

- Bakwélé est le pluriel de kwélé.

- Oh... Le pluriel ?

- Il y a 14 ethnies dans ce pays.

Chacune avec sa langue, ses traditions, ses territoires.

- Y avait pas moyen de regrouper ces ethnies

dans un seul pays et même pays ?

Qui m'a fichu un foutoir pareil ?

- Vous, les Français.

- Il doit y avoir une bonne raison, alors...

- Une bonne raison ?

C'est pour ça que je vous ai fait mettre en prison.

Pour que vous preniez conscience de la réalité

du régime que soutient la France.

Venez avec moi.

[Tam-tam]

[...]

Regardez-moi tous ces gens.

S'ils se rebellent contre Bamba, c'est que Bamba leur a tout pris.

Et la France, elle fait quoi ?

- Elle vous protège. La France protège les pays d'Afrique.

Elle les chérit. Comme un ami, un petit frère.

Priver l'Afrique de la France, c'est l'amputer d'une jambe.

Priver la France de l'Afrique, c'est...

lui enlever de sa gaîté...

L'empêcher de danser.

- Vous allez bientôt me dire que vous avez un ami noir.

- Ah, non... Non, aucun.

Mais j'aimerais. J'adorerais.

[...]

Non, c'est juste le manque d'occasions.

Car, moi, pour le coup, je suis pas du tout...

Par exemple, j'ai un ami bègue.

Enfin... Ancien bègue.

Parce que bègue, ça se guérit. Tandis que n...

Nain ! J'ai un ami nain.

Ben, il a jamais guéri...

Pas facile de s'exprimer avec ce boucan de tam-tam, là...

Mais c'est joli, comme boucan !

[Musique douce]

[Les enfants jouent.]

[...]

- Savez-vous en échange de quoi les Soviétiques nous aident ?

De l'exploitation de notre pétrole.

Et à des tarifs plus intéressants que celui des Français.

- Vous ne voulez plus avoir l'eau courante, le gaz, l'électricité ?

- Mais on n'a rien de tout ça.

C'est pour ça que je compte reprendre ce pays en main.

- Ah... Donc, vous n'avez rien, et vous voulez faire la révolution

pour avoir encore plus rien ?

[Rire]

Votre logique m'échappe.

Elle est très jolie, l'histoire que vous me contez là, mais...

Il y a quand même un hic, et un hic de taille.

Vous êtes une femme.

Et une femme présidente...

[Fracas]

- Vous trouvez normal que celui qui formule la moindre critique

soit emprisonné ? Torturé ?

Vous,

vous avez votre voiture.

Elle vous amène où vous voulez.

- Oui... - Vous êtes libre.

- Mmm... - l'Africain, lui, n'a que sa tête

pour voyager librement, tant il est entravé.

Vous trouvez normal qu'il ne puisse pas

avoir sa propre voiture ?

- Mmm... Non. Là-dessus, je suis d'accord.

Oui...

- Alors, réfléchissez.

[Musique douce]

[...]

- Viens voir.

[...]

Tu sais, je t'observe depuis un bon moment. Tu es doué.

Tu as un joli jeu de jambes.

[Dialecte africain]

- Non.

Je pense que cet homme peut devenir notre allié.

[...]

- Connais-tu la "Garde noire" ? Marius Trésor ?

Non ?

Eh bien, il est noir, comme toi. Peut-être davantage.

Et pourtant, aujourd'hui, il joue avec un vrai ballon.

Sur un vrai terrain, dans un vrai pays.

En équipe de France.

Il est même capitaine de l'équipe.

Tu te rends compte ?

Tu vois, rien n'est jamais perdu.

Mais pour ça, il faut beaucoup travailler.

Ce n'est pas à sens unique.

La France, ça se mérite.

Allez, va travailler tes jongles !

[...]

[Cris des enfants]

[...]

- De quoi parliez-vous ?

- De son avenir.

- Vous croyez en notre avenir ?

- Oui, y a du potentiel.

Faut-il encore bien s'entourer.

- Et vous comprenez bien que Bamba n'est pas la bonne personne.

- Ça, c'est sûr, il est beaucoup trop vieux.

- Alors, nous sommes d'accord.

- Vous savez, mon petit, lutter contre les préjugés, c'est mon combat.

- Mmm...

- Bien...

J'ai de la route, moi.

En plus, on est en pleine période d'accouplement des éléphants,

ça va être chargé...

[Cri et chute]

- Vous oubliez une chose. Vous êtes mon prisonnier.

[Gémissement]

[Cris]

- Ah, les femmes ont toujours aimé une certaine brutalité.

Voila bien une chose qui ne changera jamais.

[...]

- Voilà une chose qui n'a jamais existé.

Je suis une femme libre. Et je vais t'embrasser parce que je l'ai décide.

- Nous sommes en Afrique. Vous êtes ici chez vous.

[Musique douce]

[...]

Vous m'aviez dit que vous étiez de quelle ethnie, déjà ?

- Kwélé.

- Ah oui...

Bakwélé au pluriel...

- Et vous ?

- Berrichon.

[Musique douce]

[...]

- Ça va, Émile ? - Oui...

[...]

["La Marseillaise"]

[...]

- Émile ? - Mmm...

[...]

[Mireille Mathieu : "Tous les enfants chantent avec moi"]

[...]

[Air enjoué à l'accordéon]

[...]

- Émile, ça va ?

- Je suis prêt.

Vive la révolution !

[Musique douce]

[...]

Ah...

Vous avez le don, les Africains, pour tout rendre joyeux et coloré.

Même le marxisme.

C'est vrai, ce qu'on dit...

Vous avez le rythme dans la peau.

Ça, pour swinguer, ça swingue, mon vieux !

C'est vif, musclé... C'est sauvage, animal.

On sent que vous faites corps avec la nature.

Hmm...

Et cette couleur, que c'est beau !

Regarde-moi ça !

Mais qu'est-ce qu'on est venus vous embêter avec nos vêtements ?

Qu'est-ce qu'on est venus vous embêter tout court, d'ailleurs ?

Vous étiez bien dans la nature, à danser tout nus, heureux.

Vous aviez faim, vous mangiez une girafe. Ou un voisin.

Vous vouliez faire l'amour, vous le faisiez.

Même devant tout le monde.

C'est pas tous nos principes étriqués de...

mettre la table, manger chaud, le mariage...

Qu'est-ce qu'on est venus vous embêter ?

Mon Dieu...

Maintenant, je comprends que vous ne vous sentiez pas respectés.

Mon petit, grâce à toi, j'ai une vraie prise de conscience.

La France a-t-elle vraiment... tout réussi en Afrique ?

Pah...

[Coup et cri]

Qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce que j'ai dit ?

Pourtant, j'ai hissé les couleurs.

- Je sais ce que tu es. Un con.

- Moi ?

- Vivement qu'on ait nos armes

pour nous débarrasser des gens comme toi.

- Ça va être coton, je les ai fait exploser.

- Je vais voir Lépervier.

- Explosé aussi.

[Cri et coup sec]

- Toi qui ne comprends rien d'autre que les rapports

de domination et de soumission,

demain matin, je te livrerai à Kazimir.

- Kazimir ?

- Le convoyeur soviétique.

- "Pince à sucre" ?

[Ricanement]

- Il s'appelle vraiment Kazimir ? - Profite de cette nuit.

Car c'est la dernière.

[Musique intrigante]

[...]

[Chant du coq]

[...]

- Ah, bonjour.

[...]

[Coups et fracas]

[Musique intrigante]

[...]

[...]

L'avenir de l'Afrique est absolument charmant.

[...]

Barbares...

[...]

[Choc métallique]

[Musique rythmée]

- Hé !

[...]

- Mais qu'avez-vous

contre ma voiture ?

[Choc métallique]

[Cris et bris de verre]

Non !

[...]

Oh non !

[...]

[...]

[Cri]

Prochchaï,

"Pince à sucre" !

Quatre fois, donc !

[...]

[Musique intrigante]

[...]

[Musique rythmée]

[...]

- Lorsque le sucre d'orge

Parfumé à l'anis

Coule dans la gorge d'Annie

Elle est au paradis

[Applaudissements]

[Téléphone]

- Oui, ma petite Josy ? - Hubert sur la 3, patron.

- Priorité maximale. - Merci.

Ah, Hubert ! Alors, comment va l'Afrique ?

- Mieux, je pense.

* - Bien. - La rébellion s'était unifiée.

Ils attendaient des armes, mais je les ai neutralisés.

* - Bravo ! - Merci.

Et puis, on a un de ces soleils, ici !

Ah, j'oubliais, Armand.

Je n'ai pas que des bonnes nouvelles. Ça concerne 1001.

Ça ne le concerne plus. Il est mort. * - Non ! Comment est-ce arrivé ?

- Oh... Une faute d'inattention.

Vous savez comme moi qu'à ce niveau de mission,

la moindre erreur se paie comptant.

* - Mon Dieu, quelle tragédie ! - Eh oui... Bonjour, monsieur.

- Je l'aimais beaucoup. Et il vous admirait tellement.

* Il avait du talent ! Et tellement de charme.

- Peut-être, mais il y a 30 ans, je combattais des extrémistes égyptiens.

Je ne lançais pas des cailloux dans l'eau.

* - Dites-moi... Il a souffert ?

[Rire] Hubert ?

Hubert ?

[Musique douce]

- Ah, je voulais vous dire...

J'ai couché avec une autre femme.

- Bravo, Émile. Je suis très heureuse pour vous.

- Hmm...

[...]

- C'est qui ?

* - Je dois prévenir ses parents. - Eh oui...

* - Quelle perte, mon Dieu ! - Armand, je dois vous laisser.

On pourrait parler de Serge pendant des heures,

mais j'ai une mission à terminer.

* - Mais attendez... - Je vous rappelle.

* - Je compte sur vous...

- Dites au président que je veux lui parler.

- Bien, monsieur.

[Chic : "Le Freak"]

[...]

- Ta cause est juste. Je l'ai compris.

- Vraiment ?

- Oui. J'ai réfléchi. Beaucoup réfléchi.

Ta Cause est juste, noble, généreuse.

Je vais la défendre.

[...]

Et j'ai un plan.

Je vais parler à Bamba.

- Il ne t'écoutera pas.

- Si. Si c'est moi qui lui parle, ça passera beaucoup mieux.

Fais-moi confiance.

[...]

- M. Cousin...

- Monsieur le Président.

- Je vois que vous vous amusez bien.

- Un peu d'étirements après 5 heures de route.

- Ah ! Vous l'avez bien mérité. J'ai appris pour vos exploits.

Je vous tire mon chapeau. [Rire]

Vous vouliez me parler ? - Oui.

Voici les documents qui prouvent

l'association des rebelles avec les Soviétiques.

- Merci, mon ami.

[...]

Mais, dites-moi... Ces conditions

sont intéressantes.

Bien plus intéressantes que celles de la France.

- Président, vous ne pourriez pas trahir la France ?

- Mon ami, je m'informe, c'est tout.

Vous le savez, les Africains sont de grands enfants.

- Je n'aime pas beaucoup ces clichés.

- Et si c'est un Africain qui vous le dit ?

- Oui, c'est vrai...

- Et que fait un enfant

quand il se sent délaissé, un peu mal aimé ?

- Il boit ?

- Enfin !

- Allez au but, je n'y entends rien en enfants.

- Il fait des bêtises ! Pour qu'on s'intéresse à lui.

Pour qu'on lui montre qu'on l'aime. - Mmm...

- Dites à votre président que j'ai besoin

qu'il me fasse sauter un peu sur ses genoux,

qu'il me donne un peu de compote...

- Reçu.

[Notes au piano]

Monsieur le Président...

Puis-je vous faire part d'un plan auquel j'ai songé ?

- Mmm...

[...]

- Ne serait-il pas temps d'avoir une république plus ouverte ?

- Pardon ?

- Ouverte à d'autres idées.

-Non, je ne crois pas.

[...]

- Ne voulez-vous pas que les richesses

soient partagées par le plus grand nombre ?

- Non.

[...]

- J'entends bien, mais réfléchissez... C'est valable pour tout le monde.

Pour vous et pour le peuple.

Vous partagez, ils partagent... D'égal a égal.

Le peuple n'a rien, mais...

des millions de riens ajoutés, ça fait un petit quelque chose.

Et de ce petit quelque chose ajouté, il y aura...

un petit quelque chose à vous donner.

Vous, vous avez beaucoup.

[Musique douce]

Et ce beaucoup divisé par beaucoup, ça fait un petit quelque chose.

Si on ajoute ces deux petits quelque chose,

on arrive forcément à plus que rien.

C'est pas grand-chose, plus que rien,

mais c'est tellement plus juste.

C'est... Le sens de l'Histoire,

monsieur le Président.

[...]

- Non.

- Ah bon ?

- Les gens ici ont besoin de peu pour être heureux.

- Mmm...

- Que faites-vous ? On vous attend.

- Bon, il veut pas...

- Je ne veux pas quoi ?

- Rien. - Quoi ?

Tu te mêles de politique, maintenant ?

- Je ne sais pas de quoi il parle.

- Retourne à la fête ! Sois belle et tais-toi.

C'est encore ce que tu fais le mieux !

[Dialecte africain]

- Comment osez-vous lui parler ainsi ?

- S'il vous plaît, M. Cousin.

- Vous savez qui elle est ?

À elle seule, ce petit bout de femme a fédéré

tous les mouvements d'opposition !

- Taisez-vous. - Mais y a plus d'armes, c'est bon.

- Une Kwélé restera toujours

une Kwélé.

Tu subiras le destin des traîtres !

La prison ! La défaite !

Le sang !

[Dialecte africain]

[...]

- S'il vous plaît. On va vous entendre.

- Léon !

[Grognement]

Jette-moi ça en prison !

- Le seul ordre que tu me donneras sera celui

de t'achever !

- Comment oses-tu ? Obéis !

[...]

- Léon, un félon... Je le savais.

[En allemand]

[...]

Bouffe-moi ça !

- Attrape, mon pépère !

[Musique grave]

l'allemand pour obéir, le français pour séduire.

[Coup de feu]

Bas les pattes, Bamba ! N'y pensez même pas.

[Musique intrigante]

[...]

- Traîtresse !

[Cri de rage et cri de douleur]

[Gémissements]

- Zéphyrine, qu'avez-vous fait ?

- Chienne !

[Cri de rage et cri de douleur]

- Zéphyrine !

- Sale Kwélé !

[...]

- Zéphyrine !

[Musique rythmée]

Ça suffit !

[Grognement Respiration]

- Laisse-moi tuer ce porc.

- Mais tu en as déjà tué trois. Et ce porc est un ami de la France.

Si on n'accepte pas les défauts de ses amis, on n'a pas d'amis.

Alors, épargne ce porc.

- Si vous pouvez cesser de m'appeler "le porc"...

- Pardon, monsieur le Président.

Je m'occupe de votre femme, tout est sous contrôle.

[Tintement]

- Gardes ! - Mission accomplie.

- Tu me trahis ?

- Écoute, tu vas trop loin. Cette histoire de rébellion...

Une femme a besoin d'un projet, mais il y a projet et projet.

Hmm ?

- Merci, M. Cousin, beau travail. Emmenez-la !

- Il va me torturer ! - Oh...

Ça y est, la torture... Tout de suite !

Si les femmes pouvaient éviter l'hystérie

comme mode de communication...

Il ne le fera pas, tu es sa femme. - Tu ne le connais pas !

- Mais toi non plus, peut-être. Si ça se trouve, ce n'est pas

le vrai Bamba.

Et c'est peut-être un bien meilleur mari.

- L'avenir de l'Afrique est beau !

- Eh ben, voilà...

Voilà... [Rire]

[Il soupire.]

Mon Dieu, mon Dieu...

Quelle journée ! Quelle journée !

[...]

Promettez-moi qu'elle sera bien traitée.

[Il ricane.] - Elle sera bien traitée.

[...]

- J'ai votre parole ?

- Vous avez ma parole.

- Vous ne décevrez jamais la France ?

- Jamais je ne décevrai la France.

- Très bien. Je repars l'esprit léger et le sentiment du devoir accompli.

[...]

[Rires]

Un caractère, hein ?

[...]

Ça, c'est de la bonne femme !

[...]

"Il va me torturer..."

[Musique douce]

[...] [...]

[...]

- Eh ben, Hubert ?

[...]

- De la Bath ?

- Hubert ?

[Machine à écrire]

- Gestapo ! [Cri]

[Rires]

[...]

- Bonjour, Hubert. - Bonjour, Ledentu.

Souvenir d'Afrique.

- Oh, merci ! [Rire léger]

- Oh, il est tellement mignon ! - Il est bien plus que ça.

Ce petit animal est bourré de vertus. - Ah oui ?

- Oui, il soigne la peau séchée et craquelée.

Il est là, le patron ?

- Oui... [Il frappe.]

- Bonjour, Armand ! - Ah, bonjour, Hubert.

Bravo. Votre mission est un succès total.

Le président Koudjo Sangawe Bamba est extrêmement content.

Et vous le savez, l'Afrique contente,

c'est la France prospère.

- Cool !

Mais quand même, quel boulot, la démocratie, avec ces putschs !

- Mais c'est pas terminé, Hubert. Le leader de l'opposition

s'est évadé hier soir. - Non...

Quelle femme !

- Elle aurait été exfiltrée par les Russes.

Ce cauchemar communiste

ne s'arrêtera donc jamais.

- Oui, et en plus, ils abîment les voitures.

- Vous partez demain matin en URSS.

- Qu'à cela ne tienne.

Puisqu'on n'arrive pas à nous en débarrasser

sur nos propres terres, je vais traiter le mal à la racine.

- Je compte sur vous, Hubert.

Ramenez-moi cette petite rebelle.

Et sauvez le monde libre.

- C'est comme si c'était fait.

Ah, j'oubliais... Le président Sangawe Bamba m'a chargé

de remettre ça au président Giscard d'Estaing.

- Houlà !

Non.

C'est gentil de sa part, mais c'est pas une bonne idée.

- Ah...

- Je vais la mettre aux séquestres.

Allez, Hubert...

Terminez-moi cette mission

en mémoire d'OSS 1001. Quelle perte, mon Dieu...

- Courage, Armand. Il y aura un OSS 1002.

Puis un 1003. Un 1004, sans doute...

1005, qui sait ?

Mais...

OSS 117 sera toujours là, lui.

[Musique rythmée]

[...]

[Musique intrigante]

[...]

[Sifflement]

[...]

[Craquement]

[...]

[Respiration haletante]

[Musique rythmée]

[...]

[Musique douce]

[...]

[Musique enjouée]

[...]

[Musique douce]

[...]

Sous-titrage : ECLAIR V&A

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