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Bertrand Cantat devrait être transféré dans une prison française d'ici quelques
semaines. La justice lituanienne vient de donner son feu vert. Bertrand Cantat
était arrivé en Lituanie comme un simple passager.
Un an et demi plus tard, c'est un prisonnier qui prend le vol retour.
Bertrand Cantat finira de purger sa peine en France.
Bertrand Cantat est de retour en France. Le chanteur de Noir Désir a été
transféré dans une prison au sud de Toulouse.
Ici, Christina Raddy, la femme du chanteur, continue de le soutenir.
Si vous voulez qu'il puisse se reconstruire, il faut le laisser
tranquille. Il faut aussi le laisser tranquille.
Christina Aradi, c'est un personnage incontournable dans cette histoire.
Christina Aradi.
Elle a été admirable pour lui, mais je ne lui en voudrais jamais parce que c
'était le père de ses enfants et elle protégeait ses enfants.
Et jamais je ne lui en voudrais d'avoir...
Cacher certaines vérités.
En fait, Christina Raddy, c'est la raison pour laquelle je commence à
enquêter sur Bertrand Cantat.
Et ce que je découvre est bien plus choquant que tout ce que j'aurais pu
imaginer.
Christina Raddy, son histoire, elle est aussi triste et terrible que celle de
Marie Trintignant. En fait, il n'y a pas une affaire Cantat, mais des affaires
Cantat.
Bertrand, quant à condamné pour avoir provoqué la mort de Marie Trintignant, a
donc toutes les chances de bénéficier d'une libération anticipée le mois
prochain. Il est très difficile pour les victimes de comprendre qu'une peine peut
être divisée par deux. Si vous n'offrez pas cet horizon à un prisonnier, vous
faites en sorte que la prison soit juste une aire où on brise des gens.
Cet homme est le juge d'application des peines du centre de détention de Muray.
C'est lui qui va décider dans un mois si Bertrand Cantat peut bénéficier d'une
libération conditionnelle.
Bertrand Cantat, donc il a accompli 4 ans de détention réelle.
Il dépose sa requête en libération conditionnelle qui est donc examinée,
que j'examine en audience au mois de septembre.
Il présente son dossier, mais avec à ses côtés son épouse Christina Raddy.
Pendant cette rencontre, Lui est un peu encore l'adolescent attardé, il plane un
peu. Et elle prend des notes sur un petit carnet. Que faut-il faire quand
présenter la requête ? Quels éléments sur le travail, sur l'hébergement ? J
'examine en audience.
Le dossier est très bon.
Tous les critères pour accorder la libération sont remplis.
Comportement impeccable en détention.
Le bon déroulement des permissions de sortir.
Et puis aussi, parce que c'est un critère important pour remettre en
liberté quelqu'un qui a commis des faits de nature criminelle, expertise
psychiatrique et expertise psychologique très favorables toutes les deux.
Je ne l'ai vu qu'une fois à la centrale de Muray.
Pour moi, quand je le vois à ce moment-là, il ne rentre pas dans une
catégorie particulière d'hommes violents.
Je crois qu'il y a tout un faisceau de facteurs qui ont amené à cette
catastrophe, qui tiennent à leur personnalité respective.
Et autant que j'ai pu le savoir, personne ne s'était plaint de la
violence de Bertrand Cantat.
Il est évident que ma décision a été étoffée.
par la réalité de ce crime passionnel.
C'est un crime qui est intervenu dans un contexte de passion amoureuse avec
beaucoup d'excès. Et donc, il n'y a pas à craindre, a priori, qu'il se
reproduise. C'est le juge d'application des peines qui décide et n'est pas dans
mes habitudes de critiquer une décision de justice.
Mais là aussi, on sent une certaine mensuitude.
pour le crime passionnel, qui, une fois de plus, me paraît, moi, assez
incompréhensible. Je crois que l'idée, c'est de dire qu'il ne recommencera pas,
que quelqu'un qui a tué sa femme, il ne recommencera pas. Forcément, vu qu'elle
est morte, il ne pourra pas continuer à la tuer. Disons qu'on n'est pas dans le
cadre de récidivistes potentiels comme certains prédateurs sexuels ou des
violents pathologiques.
Est-ce qu'on est vraiment sûr que quelqu'un qui est capable de tuer sa
femme ne recommencera jamais ? Je n'en suis pas absolument certain.
Le chanteur Bertrand Cantat a quitté cette nuit la prison de Muray en Haute
-Garonne où il était détenu. Le juge d'application des peines a accepté sa
demande de libération conditionnelle après 4 ans de détention.
Bertrand Cantat aura donc effectué la moitié de sa peine de 8 ans après la
mort de Marie Trintignant. Sa famille, ses amis sont rassemblés dans la maison
du chanteur.
Quand j'apprends que Cantat est libéré de prison, je me dis que la vie d'une
femme ça vaut pas cher.
Je trouve que 4 ans c'est pas beaucoup quand même.
Et le message que ça renvoie, c'est que ce n'est pas grave.
Ce n'est pas un meurtre.
Un meurtre, quatre ans de prison, il y a comme un décalage.
Bertrand Cantat n'est plus un détenu, c'est un homme libre en partie. Car le
chanteur aimerait bien être libéré de la pression médiatique. Le batteur du
groupe se fait son porte-parole.
Aujourd'hui, il est libéré à la suite d'une décision de justice qui aurait été
rendue.
Pour n'importe quel détenu, honnêtement, il a juste envie qu'on le laisse
tranquille. En fait, un des éléments favorables à la libération de Bertrand
Cantat, c'est qu'il retourne vivre chez sa femme, Christina Raddy.
Lorsque je le libère, je sais que la cellule familiale, a priori, va se
reconstituer.
C'est donc un homme qui a tué une femme qu'on envoie vivre chez une autre femme.
à l'époque Bertrand Quentin et Christina Raddy vivent officiellement ensemble,
sauf que chacun a un peu des aventures.
Christina vit seule avec ses enfants.
Christina et Bertrand vivent une vie séparée.
Bertrand n'est pas là.
C'est seulement les quatre d'entre nous.
Et leur arrangement autour des enfants, c'était qu'ils partageaient les devoirs
d'un parent.
Pour moi, ça ressemblait à une bonne configuration pour une famille divorcée.
Et la mère et le père se passent bien avec l'autre.
À ce moment-là...
À l
'époque,
je ne croyais plus du tout en l'amour, au coup de foudre, et puis ça m'est
tombé dessus comme ça.
Première image que j'ai d'elle, je la trouve belle, souriante, hyper avenante.
Ce qui m'a fait rire, c'est qu'elle soit arrivée encore plus en retard que moi.
Je suis arrivé avec une heure de retard et elle avec une heure cinq de retard.
Le serveur est arrivé, il lui a demandé ce qu'elle voulait et elle a répondu la
même chose que lui.
Sans savoir même ce que j'avais commandé. Et puis je ne sais pas, les
choses se sont enclenchées.
Puis en fait, c'était un...
Un peu de foudre réciproque et pendant le laps de temps qui nous a été donné,
on ne s'est plus quitté.
C'est une histoire qui va très très vite.
Ensuite, j'ai demandé tout de suite à la voir avec ses enfants pour voir comment
ça se passerait.
J'ai pris son jouet. À partir du moment où il a su que Christina était amoureuse
de moi et qu'on était amoureux, c'est là où il a commencé à m'envoyer des mails,
à me harceler par téléphone et à faire du chantage
affectif avec Christina.
Je comprends que la relation avec Christina doit devenir très fragile et
que ça va être compliqué.
Elle et moi, on s'envoyait beaucoup de SMS.
Parler, c'est un peu compliqué.
Elle m'a dit qu'elle contrôlait tout.
Elle est toujours derrière elle, elle essaie de voir ce qu'elle fait.
Elle m'a dit que si des coups et des SMS risquaient sa vie, elle
a peur.
Elle a peur de lui.
Un jour, Bertrand a décidé d'unir la famille.
Et Bertrand s'est mis à l'intérieur.
J'ai pu ressentir la tension entre lui et Christina, qui grandit de semaine en
semaine, et l'atmosphère est devenue toxique et inquiétante.
Et ils ont eu de plus en plus de combats, de plus en plus de violence.
J'avais une idée de ce qui se passait dans elle, mais j'étais trop jeune pour
vraiment comprendre.
Je me souviens de lui demander pourquoi elle n'était pas allée en Hongrie.
avec ses enfants parce qu'elle a une famille en Hongrie, elle a un
appartement.
Et on écoutait les messages, et on s'est trompés.
On ne voulait pas croire à notre âme.
C'était merveilleux. On a essayé de téléphoner.
Bertrand a oublié son téléphone et nous n'avons pas pu parler avec personne.
J'ai dit à Feri que la police de Bordeaux m'avait dit que je parlais en
français pour qu'ils aillent voir ce qu'il y avait là-bas.
Mais la police de Cigny ne m'a pas permis de le faire.
Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai pas l'impression d'être là. Je n'ai pas
l'impression d'être là.
en tant que policier, en tant que flic.
Bien sûr que je me rappelle de cette affaire emblématique.
Ce jour-là, c'est un dimanche calme, et vers midi, on reçoit un appel
téléphonique d'un jeune garçon qui indique avoir découvert sa mère pendue.
Je me rappelle de mes collègues qui sont intervenus.
L'homme de la maison s'est présenté à cet instant-là comme étant Bertrand
Cantat, l'enfant qui a appelé les secours.
Il s'appelle Milo, il est âgé de 12 ans.
Et en rentrant à midi, précisément, il a constaté que son père dormait.
Et ensuite, il est monté à l'étage, et là, il a trouvé la scène que l'on sait.
Un spectacle horrible pour lui, bien évidemment.
Il est redescendu très très vite, a alerté son père.
Et là, il lui a indiqué que c'était sans doute une farce, mais maman est toute
blanche. Maman est pendue à l'étage.
Et là, sur une table, il y a un cahier avec un texte qui a été écrit.
J'ai pleuré sans discontinuer pendant des mois et des mois et des mois, mais
vraiment, sans arrêt.
Franchement, je n'ai pas compris.
Je n'ai pas compris.
Ils aimaient tellement ces enfants.
Ce n'est pas possible.
Comme Marie, elle était une personne jeune, pleine de filles, promise à
beaucoup de choses.
Une fois de plus, c'était une vibrité.
J'étais choquée et dévastée.
Mais sa mort est tragique.
C'est incroyable.
Je me souviens, un jour, Christina est venue me parler dans la rue.
Elle voulait me dire quelque chose et j'ai pas... J'ai pas reçu.
Elle était pas bien. Elle était pas bien.
Je m'en veux beaucoup.
Vraiment énormément.
Son suicide, c'est dur à comprendre, quand même.
C'est d'une battante.
Il a dû se passer quelque chose de terrible.
C'est pas possible.
Parce que pour moi, elle n'était pas dépressive.
Voilà, elle était rayonnante.
Bertrand Cantat au centre d'une nouvelle tragédie avec le suicide hier de son
ancienne compagne Christina Raddy à Bordeaux.
Christina Raddy avait 41 ans. Elle se serait donné la mort chez elle. Une
autopsie est en cours.
Moi, j'ai plein de questions à ce moment-là.
Je ne comprends pas le suicide de Christina Raddy, je ne comprends pas sa
relation avec Bertrand Quentin.
Et je veux savoir ce qui s'est réellement passé.
Il faut préciser que la lettre laissée par Christina comportait deux pages.
Elle évoque des gens avec qui, visiblement, elle s'est fâchée au fil du
temps. Et elle met également, d'une certaine manière, en cause son...
On époue Bertrand en indiquant qu'il se croit dépositaire exclusif de
souffrance. Point de suspension, il n'y a pas d'autres indications de nature à
expliquer ce qui a pu se passer entre eux.
Et Christina Rady ne désigne aucun d'entre eux directement comme étant
spécifiquement celui ou celle pour laquelle elle s'est suicidée.
Merci aux cris incessants et aux accusations de Bertrand, dépositaire
exclusif de souffrance.
Alors elle nomme pas que lui dans cette lettre, mais quand même, elle le nomme
comme une des causes qui auraient pu la conduire au suicide.
Christine Aradi s'est pendue dans la maison familiale alors que
lui-même dormait. On peut dire que Quentin dort toujours quand ses femmes
meurent.
Juste après le suicide, Bertrand Cantat suit les collègues au siège de la police
judiciaire pour y être entendu.
Et il ne cache pas aux policiers les relations difficiles, conflictuelles qu
'il avait avec Christina.
Ce qu'il dit, c'est qu'il ne l'a jamais frappée.
L'enquête s'est terminée en fin de journée le lundi.
C'est-à-dire qu'elle a, grosso modo, duré une trentaine d'heures en tout et
pour tout.
La conclusion, elle est effectivement que c'est Christina qui s'est,
de sa propre initiative, donné la mort, conformément à ce qu'elle explique dans
le texte qu'elle a laissé.
Libre, Bertrand Cantat a dû rejoindre son domicile, point final.
J'ai appris qu'il n'y avait pas eu d'enquête.
Ça, c'est extraordinaire.
Le mec, il a tué une femme.
Il y a la mère de ses enfants qui se suicide au-dessus de lui, dans la même
maison, et on ne fait pas d'enquête.
La police, non, c'est normal, c'est naturel.
Ah ouais ? D'accord.
C'est important pour moi de garder l'anonymat parce que
ce dont on va parler relève du secret médical.
Je suis intérimaire dans un service d'urgence dans un hôpital de la région
bordelaise. Un jour, j'ai eu besoin de rechercher des données sur un patient
dans ses antécédents médicaux et donc je suis descendu aux archives et en
cherchant le dossier de ce patient, je suis tombé sur un dossier au nom de
Radhi, Christina, et la curiosité m'a poussé à l'ouvrir.
Et je l'ai lu, rapidement, mais je l'ai lu.
Dans ce dossier était mentionné que Christina Radhi était passée aux
urgences. pour faire constater des traces de blessures suite à une
altercation avec son compagnon.
Voilà, une violente dispute.
Le médecin a transcrit que Christina Raddy avait un décollement du cuir
chevelu et des bleus, des hématomes.
Le fait qu'il soit mentionné qu'il y a un décollement du cuir chevelu signifie
très probablement que Christina Raddy a été très violemment attrapée par les
cheveux ou traînée par les cheveux.
On s'imagine une scène d'une rare violence. Je me rappelle qu'elle
mentionnait que ce n'était pas la première fois. Et dans ses observations,
il note que Christine Aradi pleurait beaucoup, mais qu'elle ne voulait pas
porter plainte pour protéger ses deux enfants.
Et je me rappelle que ces faits ont eu lieu après Vinus, quand Bertrand Cantat
est retourné s'installer dans leur domicile familial.
Il existe donc un dossier qui prouve que Bertrand Cantat a été violent à sa
sortie de prison.
C'est une bombe parce qu'à ce moment-là, Bertrand Cantat, il est toujours en
liberté conditionnelle. Donc si Christina Raddy avait parlé,
il aurait très probablement été renvoyé en prison.
Mais là, elle rentre chez elle auprès de Bertrand Cantat.
Et après sa mort, je me souviens d'avoir dit tout de suite...
C'est à cause de lui.
J'espère que cette fois-ci, les médias s'en rendront compte.
Encore une fois, dans les médias en France, l'image qu'on a de lui, c'est l
'image d'une victime.
Et on a de l'empathie pour lui.
Et moi, je me souviens m'être dit...
Il perd un premier amour, il perd un deuxième amour.
Cet homme n'a pas de chance.
Moi, je ne cherche pas à aller plus loin.
À ce moment-là, dans la presse, personne ne cherche à comprendre les raisons du
suicide de Christina Raddy, alors même que le message téléphonique qu'elle a
laissé à ses parents, où elle fait état des violences de Bertrand Cantat, va
fuiter dans plusieurs journaux.
Après la mort de Christine Aradi, il y a commencé à avoir dans la presse des
enquêtes sur le fait qu'elle-même aurait été victime de violences. Ça je m'en
fous, je n'en sais rien. Je n'ai plus rien à dire là-dessus, je n'en sais
rien.
Vous me parlez de la vie privée d'un artiste, moi je suis une maison de
disques. Je ne vous parle pas de tout l'aspect professionnel.
Ce qui se passe en privé, je n'en sais rien.
Et donc malgré tout ça... L'image de Bertrand Cantat reste intacte parce que
depuis la mort de Marie Trintignant, des opérations de communication ont été
organisées en faveur du chanteur.
Quand il était en prison, certains journaux l'ont décrit comme un détenu
modèle qui reprenait petit à petit goût à la musique.
Et surtout, pendant son incarcération, le groupe Noir Désir a reçu une victoire
de la musique, celle du meilleur DVD musical de l'année.
Bon, vous vous en doutez, tout ceci résonne de manière un peu spéciale. Et
les ventes de ses albums ont explosé. Il y a eu effectivement une augmentation
après l'affaire, une augmentation d'environ 4 à 5 fois.
Pendant qu'il était en prison, Bertrand Cantat a signé un nouveau contrat avec
la Maison Disque Universale.
Des artistes de talent, comme Noir Désir, il n'y en a pas 30 000.
Donc si vous voulez, à un moment donné, oui, vous êtes à Maison Disque, espérez
qu'ils fassent un nouveau disque.
Quand on est véritablement fan d'un groupe, on le reste.
La façon dont il chante ses textes, ça me touche. Après ce qu'il a fait, c'est
sa vie.
On attend tous un peu pour savoir où ils en sont et ce qu'ils vont nous donner.
Il y a l'idée peut-être que le groupe va se reformer.
Ou pas.
On a appris aujourd'hui la séparation du groupe Noir Désir. Noir Désir, c'est
fini. Suite au départ du guitariste qui évoque des désaccords avec Bertrand
Cantat et un sentiment d'indécence quant à la situation du groupe.
Voilà.
Fini.
On est bien sûr déçus.
Mais en même temps, on ne savait pas quand est-ce qu'il allait vraiment
retourner le groupe. Est-ce qu'il allait retourner ? J'ai trop de souffrance là
-dedans.
Pour les uns, pour les autres.
Ou non, ça peut pas.
Ça peut plus.
Moi, ce que j'aurais aimé, c'est qu'on n'entende plus du tout parler de ce mec.
Voilà, c'est tout.
Malheureusement, c'est pas le cas.
Le comeback de la semaine, c'est celui de Bertrand Cantat, ex-Noir Désir, qui
signe 12 ans après le dernier album du groupe, son retour discographique sous
le nom de Détroit.
Là, je me rappelle la cicale qui était blindée.
Il chantait ses nouvelles chansons et évidemment, les gros succès de Noir
Désir. Et donc Bertrand Cantat, il triomphe.
Il est disque de platine, il fait une tournée des Zéniths qui est complète. Et
alors ? Ça vous scandalise ? Il se dit, on ne va pas le voir.
Il y a des gens qui ont envie de le voir. Le revoir, ça fait quelque chose
vraiment. Je pense qu'on a tous aimé.
C'était génial, on est trop contents d'être venus.
Qui peut nier que Bertrand est un grand artiste ?
Après, l'aspect humain de l'homme, c'est à côté.
Moi, je sépare les deux, de toute façon.
Ces gens-là, c'est des accorchés, c'est des gens comme ça.
Il ne se rend pas compte du mal que ça fait de voir sa gueule.
Voilà, c'est tout. Il n'en a rien à foutre.
Il passe au-dessus de tous. Monsieur, je suis un génie.
Donc, il passe au-dessus.
C'est un mec méprisant.
Bertrand Cantat, il semble intouchable.
Et à ce moment-là, je sais que Christina Radier a été victime de violences de la
part de Bertrand Cantat après sa sortie de prison.
Et maintenant, ce que je veux savoir, c'est s'il a été violent avec elle avant
Vinus, avant la mort de Marie Trintignant.
Et donc, j'appelle d'abord des gens du milieu de la musique, du milieu
bordelais, pour essayer de combler les trous dans cette affaire.
Personne ne veut me parler.
Et plus les gens se taisent...
Plus je me dis, mais ils sont en train de cacher quelque chose, c'est pas
normal. J'ai des clauses de confidentialité qui m'empêchent
totalement de parler de quoi que ce soit qui concerne directement ou
indirectement le groupe et accessoirement les membres du groupe.
Christina Raddy, elle le dit dans son message des témoins, il y en a.
Sauf que tout le monde s'est tué.
Et après des mois de difficultés, je m'apprête à jeter l'éponge.
Et là, un des membres du groupe Noir Désir accepte de me voir, accepte de me
parler.
Je rencontre dans un café, désert, et il s'assied à côté de moi.
Je lui demande si Bertrand Cantat a déjà été violent avant la mort de Marie
Trintignant. Il me demande d'arrêter l'enregistrement.
Et là, il me dit, évidemment, Bertrand Cantat a été violent avec Christina
Raddy avant la mort de Marie Trintignant.
Il me cite même deux noms de femmes, deux de ses petites amies, qui auraient
été battues avant Christina Raddy.
L'une, en 1989,
Bertrand Cantat a essayé de l'étrangler.
Elle est partie.
Il me dit aussi qu'il est manipulateur et toxique.
Lui me dit qu'il y a eu une décision collective de la part du groupe Noir
Désir et de Christina Raddy de mentir, de couvrir les actes violents de
Bertrand Cantat.
Et en fait, quand on refait le film...
On comprend que ce témoignage confirme que Bertrand Cantat, il a réussi à
cacher cette violence à tout le monde.
Les juges, la presse, les policiers.
En 2003, on a entendu sa femme, ses anciennes femmes compagnes, ses amis et
bien sûr les membres de son groupe.
Tous nous ont dit la même chose.
que Bertrand Cantat n'était pas un homme violent.
On a un sentiment d'échec. En tout cas, on a le sentiment de ne pas avoir révélé
toute la vérité.
Je le savais.
Mais je trouve ça odieux.
Ces musiciens qui ont entouré et qui ont menti pour Cantat, pour sauver Cantat.
mais surtout sauver le groupe et tout ce que ça signifiait derrière, en
entraînant Christina aussi aux mensonges, c'est des grosses merdes.
Oui, je le pense, oui.
Au moment où je m'apprête à sortir ces révélations, j'ai un peu la trouille.
Parce que Bertrand Cantat...
Il est encore soutenu par Universal, qui est le plus gros label du monde.
Dans le milieu de la musique, il est respecté.
Hier, Bertrand Cantat était aux côtés du célèbre duo Amadou et Marianne.
Bertrand Cantat n'a pas déçu ses fans.
Et malgré la mort de deux femmes, finalement, c'est toujours une figure
qui est idolâtrée.
D'ailleurs, en 2017, il fait la couverture des Inrocks, qui est le
magazine de référence musicale en France.
Quentin, en son nom.
Ouais, je trouve ça choquant.
Il revient en une presque comme si rien ne s'était passé, comme si on voulait le
réhabiliter. Ça veut dire effacer tout ce qu'on a su de cette violence
incroyable qui a été la sienne.
Ce qui est franchement étonnant, c'est que sur ces sept pages d'interview, ni
le nom de Marie Trintignant, ni celui de Christina Raddy n'apparaissent.
C'est toujours un peu pareil en fait.
Il parle de lui. Il y a toujours cette espèce de narcissisme où il est le
centre de tout.
Sauf que... La Une des Inrecutibles sort en octobre 2017.
Et en octobre 2017, qu'est-ce qui se passe de l'autre côté de l'océan
Atlantique aux États-Unis ? Il y a l'affaire Weinstein qui éclate.
Et ça, ça va être le déclencheur de la vague MeToo.
Avec le mouvement MeToo, il y a une nouvelle génération de féministes qui
émergent pour contester le retour sur scène de Bertrand Cantat.
Cette fois-ci, la société s'empare du sujet et le débat devient enflammé.
Êtes-vous pour ou contre le retour de Bertrand Cantat sur scène ? La question
divise.
Ce à quoi nous assistons, c'est une forme de lynchage.
Ce n'est pas normal que je puisse être acclamé, admiré, quasi idolâtré. Et moi,
je déteste le lynchage.
Il a fait un acte inadmissible, il l'assume toute sa vie. On ne tue pas. Il
a payé sa dette à la société.
La justice a fait son travail.
Moi, je viens voir l'artiste. C'est tout ce qui m'intéresse. Il y a autre chose
que la loi qui s'appelle la décence.
Et ça veut dire se retirer de la vie publique. Pour moi, ce n'est pas
choquant parce qu'il a payé sa dette. Donc aujourd'hui, Bertrand Cantat peut
monter sur scène.
Vous ne voulez pas discuter ? Moi, je veux juste discuter.
Quand mon article sort, on est en plein mouvement de libération de la parole des
femmes. Mais sur les réseaux sociaux, il y a une vague de réactions hyper
machistes qui me demandent de me taire, qui me traitent de féministe hystérique.
Ce soir, la journaliste Anne-Sophie Jeanne qui a enquêté pour Le Point sur l
'affaire Bertrand Cantat. Je suis invitée dans une émission pour débattre
de son retour sur scène.
À côté de moi, il y a Éric Dupond-Moretti, qui est un ténor du
barreau. Vous avez le droit de ne pas aller le voir et surtout n'y allez pas.
Au moment où les caméras sont éteintes...
Lui vient faire la promo de son livre, dit mais moi l'affaire Cantat, je la
connais pas du tout, je l'ai pas du tout suivie, etc.
Les caméras se rallument et là... Il a été condamné pour le meurtre de Marie
-Thérèse. Pas pour le meurtre d'abord, pas pour le meurtre, si vous voulez
faire un peu de droit, pour des coups et blessures volontaires ayant entraîné la
mort sans l'intention d'un homme. C'est meurtre commis en cas d'intention
indirecte indéterminée. Il a été condamné pour coup mortel, mais peu
importe. Lui, à ce moment-là, il est dans le cirque médiatique, mais il
réalise pas que c'est un sujet sérieux.
les violences faites aux femmes.
Pour moi, il ne s'agit pas de canceller Bertrand Cantat. Mais qu'on aille l
'applaudir sur scène, moi, ça me donne personnellement un sentiment quand même
d'indécence. Et je veux juste qu'on n'oublie pas Marie Trintignant et
Christina Reds.
Un cantable ayant purgé sa peine revient à la comptabilité. Mais ça n'a pas du
tout la même signification que Cantat, qui encore une fois est un chanteur
engagé. qui est le porteur pas seulement d'une certaine forme de musique, mais le
porteur de certaines idées sociales, et là c'est insupportable.
Et puis, quelques mois après la publication de l'article, Bertrand
Cantat lui-même m'attaque en diffamation.
Il attaque des passages de l'article qui sont uniquement des citations de témoins
anonymes.
Ce qu'il veut, c'est savoir qui a parlé.
C'est vraiment une manière de faire pression sur des témoins pour les faire
taire. Et certains exécutifs de la maison de disques aussi vont appeler les
membres du groupe pour leur demander de faire des démentis à l'article.
Il y a vraiment une opération pour étouffer cet article.
Finalement, il sera débouté de ses demandes.
Et des années plus tard, c'est un sujet qui me touche
intimement parce que c'est une question de vie ou de mort de parler.
Et je me dis, mais si cette histoire avait été bien racontée, si les proches
avaient parlé, on aurait peut-être évité la mort de deux femmes, Marie
Trintignant et Christine Aradi.
Déjà, pour Marie Trintignant, ça a été la même chose, le même silence aussi.
Il a fallu 15 ans ou 20 ans pour qu'on le comprenne, que ce n'était pas un
drame conjugal, ce n'était pas un drame passionné, que c'était un féminicide,
une affaire de violence conjugale extrêmement grave.
Moi, j'ai mis du temps à le décrypter.
Est-ce que ça a ouvert les yeux aux gens ? Vous pensez vraiment ça ? Quand il y
a... Tous les jours, des femmes qui se font tabasser...
C'est... Non.
Non, non, le... Non.
Quinze ans après l'affaire Quentin-Marie Trintignant...
Moi, dans mon histoire personnelle, je rencontre quelqu'un qui s'avère être
violent aussi.
Et dans peut-être le premier épisode de violence, c'est la première violence que
j'ai subie, on est dans un hôtel.
Il y a des claques, je prends des claques, comme dans l'affaire Quentin,
comme ça.
Et je m'enfuis.
J'ai eu une espèce de flashback et je me suis dit, tu vas finir comme Marie
Trintignant. Si tu restes dans cette histoire-là, si tu ne te sauves pas, tu
vas finir comme Marie Trintignant.
Marie-Trintignant, quelque part, elle m'a sauvée. Je me suis dit, si tu restes
avec ce type-là, tu vas mourir. Moi, je ne veux pas ça pour mes filles.
Je l'ai vécu.
Vous croyez que je suis debout parce que j'ai été tapée ? Non.
Pour moi, c'est un bouffon, le mec qui m'a frappée.
C'est pas ça, mon problème.
C'est que quand je vais à la police, on me dit que c'est de ma faute.
La société m'a dit qu'il a mérité.
Regarde comment tu t'habilles.
Regarde comment tu parles.
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