All language subtitles for La.Crim.S07E05

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Original subtitles

Un truc qui est sûr, on n'a pas affaire à un analphabète.

C'est Paul Parra, prof d'histoire à la Sorbonne. Ça t'est, Paul Parra.

Il paraît qu'il était très bon, en tout cas.

Et c'est Iris François, une de ses élèves à qui il prêtait une chambre, qu

'il a découvert là, il y a une heure, et qui nous a appelés.

Pas de famille ? Si, une femme, deux enfants, mais pas dans cet appartement.

Ici, ça lui servait de bureau.

On n'a pas eu le temps de les prévenir. On a laissé ça à la crime.

Tu peux venir toute une heure ? Il y a une blessure unique au niveau du

pectoral.

Droit, vraisemblablement calionné par une ogive de calibre 9 mm.

Indéterminé, le sang n'étant pas encore tout à fait coagulé, je dirais que la

mort remonte Ă  moins de deux heures.

Tâche de sang qui laisse supposer que la victime se sera déplacée

dans l'appartement jusqu'au fauteuil où nous l'avons trouvée.

Ah.

Une douille de neuf.

Vous allez bon, Michel ? Merci. Dites-moi, vous trouvez pas ça bizarre,

quand mĂŞme, comme tout est en ordre ? Comme si... Je sais pas. Pas de traces

de lutte, du tout ? Comme si l'assassin avait pris soin de ne rien déranger.

À moins que l'assassin, évidemment, et la victime soient la même personne.

Tu crois que ça peut être un suicide ? Ah.

C'est pas exclu.

Je revenais du cinéma, la porte était ouverte.

Je suis rentrée dans le bureau.

J'ai pas compris tout de suite.

Je lui parlais, il répondait pas.

J'ai avancé vers le fauteuil.

Vous avez vu M. Parrain avant d'aller au cinéma ? J'étais à son cours à la

Sorbonne cet après-midi.

On est sortis Ă  8h.

Il m'a dit qu'il travaillerait ici ce soir et moi je suis partie voir mon film

Pierrot Nouveau. C'est lui qui me l'avait conseillé.

Vous connaissez bien M. Parrain ?

C'était mon prof d'histoire, il me prêtait cette chambre.

En échange, je lui faisais un peu de secrétariat, des recherches aussi pour

ses publications.

Ces derniers temps, vous n'avez rien remarqué de particulier ? Je ne sais

pas, on n'habitait pas ici.

C'était surtout son bureau.

Ça lui arrivait de rester dormir quand il travaillait le tard le soir, mais

rarement.

Vous ne pouvez pas dormir ici cette nuit.

Vous avez quelqu'un qui peut vous héberger ?

Cadavre du matin, entre. J'adore petit déjeuner en bonne compagnie, ça me bouse

pour le reste de la journée.

Écoutez, si vous pouviez abréger vos agapes matinales et nous faire part de

vos observations, nous vous en serions infiniment grés, cher docteur Salinas.

Bon, bon, Michel est chafouin aux aurores. Il n'est pas du matin.

Vous, par contre, vous avez l'air en forme d'hépotrominé. Je me trompe ? Ça

dépend à côté de qui je me réveille.

Ton prof est mort des suites de la perforation partielle d'une veine

pulmonaire. Ça a provoqué une hémorragie interne. En fait, la balle a ripé le

long de la paroi de la veine et l'a arrachée au passage.

Je vais vous montrer.

On vous croit sur parole.

La balle a d'abord perforé le poumon, puis a arraché partiellement la veine

pour finir dans l'homoplate.

L'hémorragie a été très longue.

La mort aussi.

Pensez-vous qu'il a pu se déplacer avant de mourir ? Il n'a sûrement pas dansé le

tango, mais il a pu se déplacer, oui.

Ce qui est le plus raide, c'est qu'il aurait pu être sauvé. Si les secours

avaient été appelés à temps, il ne serait pas parmi nous aujourd'hui.

On sait qu'il a pu se suicider.

Si vous aviez regardé l'angle de pénétration de la balle, vous auriez

compris que c'était impossible.

Je ne peux pas vous en vouloir de vous intéresser à des anatomies plus vives.

Cela dit, je me mets Ă  votre disposition.

Bien, je pense qu'il est temps pour nous, Ă  notre grand regret, voyez-vous,

de quitter ce lieu enchanteur.

Je n'ai pas terminé.

Il y a une cicatrice de balle à l'épaule gauche.

Sans m'avancer, je dirais qu'il a servi de cible, mais pas récemment. Sans doute

une blessure de jeunesse.

Mais non ! Mais arrĂŞte maman, tu cherches des excuses.

Non !

Mais arrĂŞte ! Mais non, je te comprends pas. Comment tu peux t'abaisser Ă  lui

demander du fric ? Mais qu'est-ce qu'a changé un salaud ? Ça change pas, jamais

! Pourquoi je dirais pas que c'est un salaud ? Parce que c'est mon père. Mais

atterris, maman, regarde les choses en face.

Non,

faut que je te laisse.

J'ai pas envie de parler de lui.

C'est ça, salut.

Tu viens ? Ouais, j'arrive.

Ça va ? Toujours.

Et autre chose, madame Parrain.

Au médecin légiste et formel, votre marine ne s'est pas suicidée.

Vous voulez dire ? Qu'on l'a tuée, oui.

Alors, on va avoir besoin de vous pour comprendre et pour retrouver son

meurtrier.

Vous connaissez des ennemis ? Des gens qui auraient pu souhaiter sa disparition

? Personne.

Personne. Quand l'avez-vous vue pour la dernière fois ? Hier soir.

Je suis allée le voir vers 21h à l'appartement de la rue des écoles pour

lui parler de mon fils.

Jules, il va pas très bien en ce moment.

Il veut arrêter ses études.

Comme il est très proche de son beau-père... Ton mari n'est pas le père

de votre fils ? Non.

J'ai eu deux fils d'un premier mariage.

Leur père est mort dans un accident de voiture il y a 18 ans.

Paul ne voulant plus d'enfants, il les a élevés comme les siens.

Vous avez toujours eu deux appartements ? Oui, Paul avait besoin de calme, de

solitude pour travailler.

À la maison, avec deux garçons, on s'était souvent mouvementés.

Il se réfugiait à la rue des écoles au milieu de ses livres.

Parfois, il dormait.

Son mari était entouré de jeunes étudiantes.

Notamment une, Iris François, à qui il prêtait une chambre.

Vous n'aviez pas peur qu'il puisse avoir une aventure ou mĂŞme une liaison ? C'est

arrivé.

Je ne l'ai pas su.

Je ne crois pas.

Nous avions une confiance absolue l'un dans l'autre.

Est-ce que votre mari possédait une arme ? Pas à ma connaissance.

Parce qu'il avait une blessure à l'épaule.

Une blessure par balle.

Il vous a dit comment ça lui était arrivé ? Oui.

C'est un accident idiot.

Une balle perdue dans une bagarre.

Un bal du 14 juillet.

C'est une histoire qui ne le concernait pas, il n'avait rien Ă  voir avec.

Il avait 24 ans.

A quelle heure avez-vous quitté votre mari hier soir ? Il y a 22 heures.

Paul a appelé un taxi et je suis rentrée chez nous, à Boulevard Saint-Germain.

Bon, tous ses voisins sont d'accord. Parrain était un homme charmant, sans

histoire.

Quant Ă  la nuit du meurtre, personne n'a rien entendu.

Question biographie, pas la moindre rature.

Née à Paris en 1952, étude d'histoire, gravie les échelons pour finir titulaire

d'une chaire Ă  la Sorbonne.

Côté antécédents judiciaires ? Bon, antécédents judiciaires, pas grand

-chose. C'est un modèle, même pas de PV impayé. Ah, rien qui pourrait expliquer

l'ancienne blessure ? Et qui remette en cause la version de la malperdue de

madame Parrain. On a reçu le compte-rendu de l'IG ?

Oui, aucune empreinte digitale sur l'arme à feu. Celles-ci ont été

méticuleusement effacées. Bon, si c'était un pro, il ne l'aurait pas

loupé. Il lui aurait tiré une balle dans la tête et il n'aurait pas laissé le

flingue. Oui, je suis bien d'accord avec vous, mais lĂ , le meurtrier, voyez-vous,

a pris soin d'effacer toutes les traces de son passage.

Et ceci pendant que sa victime agonisait le sang-froid de ce meurtrier, frise le

glacial. Pas seulement.

Il devait aussi avoir une bonne dose de haine pour assister Ă  l'agonie de

Parrain sans appeler les secours.

Le WAPR P38, retrouvé chez la victime, Paul Parrain, est bien l'arme du crime.

Il provient d'un lot volé dans une caserne de carabiniers en Italie par un

groupe des Brigades Rouges en 1977.

D'après les Italiens, c'est un groupe de brigadistes de Turin qui a volé ces

armes. Le groupe est tombé après les confessions d'un certain Ange Mizani. C

'était qui ce Mizani ? Un de leurs membres, un certain Français qui était

chargé d'acheter les armes en France et de les acheminer après jusqu'à Turin. Et

on l'a arrêté à Nice en 1983.

Mais il est oĂą maintenant ? Ah bah lĂ , on n'a pas vu sa trace apparemment.

Je sais si les Italiens connaissent Parrain ? Non, justement, je viens de

recevoir un mail et il est inconnu de leur service.

Moi aussi j'ai une info sur quelqu'un qui a un rapport avec ça.

Mais c'est quoi les Brigades Rouges ? Ah bah, Michel, Brigades Rouges.

Eh bien, dans les années 70, voyez-vous, l'Italie a vu florir un certain nombre

de groupes. Terroriste. Le plus célèbre s'est autant proclamé les Brigades

Rouges. Le principal fait d'armes de ce groupement terroriste a été d'enlever

puis d'exécuter le président du Conseil italien, M. Aldo Moro. Le P-38 était

leur arme de prédilection avant de devenir le symbole de leur mouvement.

Lefebvre, ton info sur les Brigades Rouges, ça concerne qui ? Iris François,

la jeune fille qui était logée chez Parrain.

Elle a été conçue, elle est née à la prison de Fleury-Mérogis, où sa mère,

niçoise comme Misanie, Purge est une peine de 4 ans pour complicité active

avec, justement, les Brigades Rouges.

Et le père, on sait qui c'est ? Un gardien qui a été déplacé et sanctionné

quand la mère d'Iris a affirmé qu'elle avait été violée.

On n'en saura pas plus, il est mort avant qu'elle sorte de pays.

Oui.

J'arrive, madame la substitue. D'accord.

Bon, je dois partir, c'est urgent.

Je n'en ai pas pour longtemps.

Comme en scandale lĂ , je voulais vous voir avant de mettre les suites.

Qu'est-ce qui se passe avec ma fille ? Votre fille a emmené son fils Théo aux

urgences de l'hĂ´pital.

Apparemment, l'enfant se serait cassé le bras.

Mais on ne sait pas comment ça a pu arriver.

Le médecin, un chef qui a examiné l'enfant, soupçonne votre fille de

maltraitance.

C'est impossible.

Ma fille adore son fils.

Je comprends votre réaction.

Mais les faits sont troublants. Il n'y a pas seulement la fracture.

Le bébé présente aussi des hématomes. Votre fille n'arrive pas à donner un

motif qui tienne la route. Et d'après elle, le père est absent depuis deux

jours et... Alors je vais être obligée d'ouvrir une enquête.

Écoutez, je comprends rien à votre histoire, mais je connais ma fille.

Elle est incapable de faire un truc pareil.

Il y a forcément une explication.

Donnez-moi un peu de temps.

Quelques jours.

Je vous en prie.

Tu viens parce que je vous connais ?

Je dois protéger l'enfant. Il va rester quelques jours à l'hôpital sans votre

fille.

Tendez-vous Ă  plus clair.

Merci, madame la substitue.

Mademoiselle François, vous n'ignorez pas les liens que votre mère a

entretenus avec les Brigades Rouges.

Elle ne parlait jamais de ça.

Elle m'a juste dit qu'elle avait été en prison parce qu'elle faisait de la

politique.

Elle est morte il y a deux ans d'un cancer.

Votre mère était encore en vie lors de votre inscription en fac d'histoire.

A-t-elle influé sur le choix de vos études ? Ma mère n'a jamais rien décidé

à ma place, elle me respectait trop pour ça.

Et puis je vous l'ai dit, elle avait tiré un trait sur la politique.

Mais dites-moi, comment Paul Parent est-il venu Ă  vous prĂŞter une chambre

dans son appartement ? Il cherchait une secrétaire à temps partiel.

Je m'ai proposé de travailler pour lui, en échange il m'a prêté une chambre.

Parrain dormait parfois dans l'appartement, vous y viviez ? Je n'ai

jamais couché avec lui.

Si c'est ça qui vous intéresse.

Je suis une fille plutôt libérée, alors je n'y vois pas d'inconvénients.

Mais le fait de dormir chez Parrain, votre petite amie, prenait ça comment ?

Je n'ai pas de petite amie.

Je me consacre Ă  mon travail.

Au pied ? Vous étiez néanmoins dans son intimité, vous la partagez.

Pourriez-vous nous dire si M. Parrain entretenait des liaisons extra

-conjugales ?

Il a eu une histoire une fois avec une copine.

Flore.

Une étudiante.

Mais qui est cette Flore ? Flore Thébault.

Le soir du meurtre, elle m'avait donné rendez-vous devant le cinéma, 8h30, elle

est jamais venue.

Bien, vous pouvez rentrer chez vous, mademoiselle.

Néanmoins, je vous demanderai de ne pas quitter Paris, nous pourrions avoir

besoin de vous interroger.

Iris a pu prendre le P-38 de sa mère.

Elle, elle était en contact avec les Brigades Rouges quand les armes ont été

volées. Oui, et pourquoi Iris François aurait-elle tué par un ?

Je sais pas, mais moi je la sens pas, cette fille.

C'est vrai, elle passe toute sa vie chez Parrain. Elle bosse que pour lui, elle a

pas de petit ami. Alors d'un côté, elle consacre tout son temps à son prof, de l

'autre, elle a pas l'air de pouvoir le supporter.

Faudrait aussi voir Fleur Thébault, la petite amie de Parrain. Bon, sinon

Parrain a appelé plusieurs fois de son portable à un hôtel du quartier latin,

le Pyrénèse.

VoilĂ , dernier appel Ă  20h, c'est-Ă -dire 3h maximum avant sa mort. Il a aussi

appelé une compagnie de taxi par 22h, sans doute pour sa femme.

J'ai convoqué le chauffeur. Très bien. Bon, Cisco Lefebvre, vous vous occupez

de l'hĂ´tel Piranes.

Moi, je charge de la petite amie de Parrain.

Michel, ça vous ennuie d'interroger le chauffeur de taxi s'il arrive avant qu

'on revienne ? Que nenni, commandant. Très bien. Merci.

Je t'ai tout préparé avant de partir. Il y a de la soupe et du hachis parmentier.

Tu le mets deux minutes au micro-ondes, c'est bon.

J'essaierai de rentrer pas trop tard.

Je t'aime Ă  ce soir.

Marie se demande toujours si t'as un cancer.

J'ai toujours pas dit que j'avais reçu les résultats des analyses. J'arrive pas

Ă  lui dire que tout va bien.

Je te jure, il est tellement gentil. En ce moment, j'ai pas du tout envie que ça

change. Regarde, Bailly, tu joues avec le feu.

Bonjour.

Le mandant Scandella, brigade criminelle.

Tiens, la marée chaussée.

Tombez bien, on était justement en train de préparer un TP sur le massacre des

communards par les forces de l'ordre.

C'est du bol d'être né un siècle après.

Le costume aurait pas supporté les barricades.

Dis-moi plutĂ´t comment tu t'appelles.

Simon Baudreau.

Et vous venez pour le cours d'histoire, c'est ça ? On est là parce qu'il n'y a

plus personne pour te les donner. T'es pas au courant ? Si. Vous savez oĂą on

peut trouver Fleur Thébault ? C'est ce que vous lui voulez.

On te demande simplement si tu sais oĂą elle est. C'est ma copine. J'ai le droit

de savoir, non ? J'aurais juré que t'étais contre la propriété privée, toi.

Quand tout le monde peut se tromper, hein ? C'est moi que vous cherchez ?

Venez, on a des questions Ă  vous poser.

Iris, François prétend que vous étiez la maîtresse de Paul Parrain. C'est vrai.

Et l'autre, le gavroche des beaux quartiers, c'est qui pour vous ? Simon,

c'est rien, copain.

Asseyez-vous, lĂ .

J'aimais Paul, il y avait que lui qui comptait.

Mais c'était pas réciproque. C'est-à-dire ? Paul était quelqu'un de

très secret.

Il se confiait jamais.

Il était distant.

J'avais l'impression que rien le touchait.

Je crois que le jour où on est sortis ensemble pour la première fois, c'était

déjà fini pour lui.

Mais moi, je l'aimais.

Ça devait pas trop lui plaire, à votre copain Simon. Surtout qu'il a l'air d

'avoir le caractère plutôt vif.

La jalousie, ça peut amener à faire des bêtises, parfois des grosses.

Il savait pas.

À part Iris, qui habitait dans l'appartement de Paul, personne n'était

au courant. Puis mĂŞme s'il avait su, Simon aurait jamais fait de mal Ă  Paul.

Et vous ? Moi ? Ce soir du meurtre, vous avez rendez-vous avec Iris François au

cinéma. J'ai le palais.

Je veux savoir ce que vous avez fait entre 21h et 23h.

J'étais pas bien, j'avais envie de rester seule.

Je me suis baladée un peu dans Paris et puis je suis rentrée chez moi.

J'habite chez mes parents de Mandela.

Ces derniers jours, est-ce qu'il y a quelque chose qui aurait pu vous faire

penser que Paul Parrain avait des ennuis ? Si, il y a quelque chose.

Avant-hier, je prenais un café en terrasse.

D'un coup, un type s'est dirigé vers Paul qui sortait de la Sorbonne. Ils ont

parlé. Pas longtemps.

On aurait dit qu'ils se disputaient. Ils parlaient en italien.

Après, quand Paul a repris les cours, il était blême.

Je l'avais jamais vu comme ça.

Il était comment, ce type ? Je sais pas, il était brun.

A peu près le même âge que Paul.

Plus petit que lui.

Je sais pas comment dire, il avait rien de particulier.

Vous l'aviez jamais vu avant ? Non.

Jamais.

Moi j'ai chargé la dame à 22h rue des écoles. Je m'en souviens, j'ai fumé une

sèche dans la rue en attendant.

Il y en a qui supportent pas l'odeur, alors moi je fume pas dans la voiture.

C'est très très bien, vraiment, je vous félicite.

Mais essayez de vous souvenir de tous les détails, c'est très important.

Je vous ai dit.

Si,

mais si, bien sûr. Quand elle est descendue de l'immeuble, il y a un type

qui l'a appelée d'une fenêtre.

Elle s'est retournée et puis l'autre lui a fait au revoir de la main.

A quel étage se trouvait cet homme ? Au premier.

Enfin, je crois.

Non, c'est sûr, c'était au premier.

Et ensuite ? La dame est montée, puis on est partis, boulevard Saint-Germain.

C'était une petite course.

Est-ce que ça aurait pu être cet homme ? Possible.

Enfin, moi, je dirais que c'est lui.

Il était chauve, comme sur la photo.

Bien.

Écoutez, je vous remercie, M.

Abdel. VoilĂ , M. Abdel, vous pouvez rentrer chez vous.

C'est déjà fini ? Bien, nous pouvons biffer le nom de Mme Parrain de

la liste des suspects. Le chauffeur de taxi qui l'a raccompagné à son domicile

est formel.

Il a bien vu le professeur Parrain vivant aux alentours de 22 heures.

Quant à Iris François, elle est bien entrée au cinéma à 20h30, elle a payé

par carte bleue.

Oui, il faut savoir si elle y est restée.

Je sens pas ce parrain, moi.

Une mariée parfaite, mais qui garde sa garçonnière, un honorable professeur qui

se tape une étudiante dont il n'a rien à foutre, sans parler de sa locataire à

titre gratuit.

Moi, je crois qu'il faut pas négliger le mobile passionnel.

Flore reconnaît qu'elle était amoureuse de parrain. Elle a très bien pu le tuer

par dépit.

Sans compter qu'elle pouvait ĂŞtre jalouse d'Iris, qui logeait chez lui.

Mon petit ami de Flore, Simon Gaudreau, est hors du coup. Il a joué au foot

toute la soirée avec ses copains. Et à l'hôtel Pyrénées, vous avez trouvé quoi

? Il y a un type, un italien, qui vit une chambre, mais il n'était pas là. Di

Palma, il s'appelle.

Il pourrait correspondre au type que Flore a vu s'engueuler avec parrain.

Interpol est en train de me fournir le pédigré de l'italien de l'hôtel, Di

Palma.

Ah, copieux.

Chef des brigades rouges de Turin, il a été arrêté.

En 83.

Oui, et condamné à 20 ans de prison pour acte terroriste. Il a été libéré il y a

un an.

Bon, j'envoie une équipe surveiller l'hôtel. On ira choper du balma demain

matin Ă  6h. D'accord ? Allez, bonne nuit Ă  tous.

Eh,

Jean-Louis ? Oui ? Qu'est-ce qui se passe ? T'as parlé dans ton assiette

depuis ce matin.

Oui, écoute, justement, je voulais dire, ça m'ennuie de te demander ça, mais

voilà, si tu pouvais dormir ailleurs cette nuit, ça m'arrangerait parce qu'il

faut que je parle Ă  Nat.

Il n'y a pas de problème. Elle n'a pas d'ennuis.

Justement, je ne sais pas encore.

Merci.

Je vais dormir oĂą ? J'ai le droit de savoir quand mĂŞme. On me prend mon fils

et on ne me dit rien.

Ils croient que c'est moi qui les fais mal, c'est ça ? Ils ne savent pas, ils

ne sont pas sûrs.

Le médecin a des soupçons de maltraitance, alors il a signalé au

parquet.

Tu crois qu'ils vont me l'enlever ?

Papa, je le laisse pas lĂ -bas tout seul. Je vais aller le chercher.

Bon, calme-toi.

D'accord ? Ça va pas être long. Le temps de comprendre, c'est tout.

OK ? Mais ils m'ont pris mon fils ! Tu leur as dit quand même que j'étais pas

capable de casser le bras de Théo ? Tu leur as dit, papa ? Mais bien sûr que je

leur ai dit.

Il y a la fracture et puis il y a le reste.

Il est peut-être tombé sans que tu te rendes compte ou alors ? Je sais pas,

moi. Il s'est coincé le bras dans les barreaux de son lit.

Je comprends pas. J'ai pas d'explication. J'étais là. Je l'aurais

vu s'il était tombé. Je suis pas dingue.

Et Antoine ?

Mais quoi Antoine ? Il est parti, il est sur une enquĂŞte en province et puis c

'est ni moi ni Antoine.

Tu me connais quand mĂŞme, tu nous as vus avec le petit.

Comment tu peux penser ça ? Comment tu veux que je m'en sorte moi si tu

commences Ă  douter de moi ? Nat, je suis avec toi, tu le sais bien.

J'ai envie de t'aider mais il faut tout me dire, d'accord ? Mais je t'ai tout

dit papa.

Excuse-moi, je ne voulais pas travailler.

Mais ça te prend souvent de réveiller les gens en pleine nuit si t'as besoin

de tirer un coup ? Je pensais pas que tu dormais.

J'avais envie de te voir, en plus il est pas deux heures.

Mais dépêche-toi là, les paraputes vont pas tarder à fermer ! Mais merde !

Bonjour.

Bonjour.

Qu'est-ce qu'il fout ? Le scandale n'est pas dix-six heures.

Il a peut-être passé une mauvaise nuit.

Ça arrive.

Écoute, je suis désolée pour hier soir.

J'avais des problèmes perso.

Si tu pouvais oublier ce que je t'ai dit, c'était très con.

En ce qui nous concerne, j'ai tout oublié.

Je te conseille d'en faire autant.

On annule l'arrestation de Di Palma.

Je suis convoqué Place Beauvau, le directeur de la DST veut me voir.

Je suis la directrice de cabinet du ministre.

Prenez place.

Commandant Scandella, je vous présente le directeur de la sécurité du

territoire.

Si vous voulez bien commencer.

Peut-on savoir pourquoi la crime s'intéresse à Di Palma ? Mon groupe est

sur une enquĂŞte de flagrance.

Une affaire de meurtre dans laquelle j'ai besoin de l'entendre.

Je vais vous éviter cette peine.

Di Palma n'a rien Ă  voir avec le meurtre du professeur Parra.

Si vous le dites.

Je l'affirme, c'est un peu différent.

Depuis son arrivée sur le territoire français, mes services n'ont pas quitté

Di Palma d'une semelle.

Si vous souhaitez, je peux vous faire parvenir les comptes rendus de filature.

Di Palma est un témoin essentiel dans cette affaire et je n'ai pas l'intention

de faire l'impasse sur lui.

Di Palma est le seul domaine réservé de la DST.

Dans ce cas, je vais transmettre au parquet et on verra bien si la DST peut

refuser à un juge d'instruction l'accès à un témoin. Je ferai opposer le secret

défense. Excellente idée.

Jusqu'ici, le meurtre d'un prof de fac n'excitait pas trop la presse.

Grâce à vous, elle va peut-être finir par s'y intéresser.

Sur ce, pardonnez-moi, mais j'ai beaucoup de travail.

Madame.

On vous en prie, commandant.

S'il vous plaît.

S'il vous plaît.

Il faut trouver un arrangement qui satisfasse tout le monde.

Une solution qui permette de mener Ă  bien l'enquĂŞte criminelle sans mettre en

péril le secret défense.

Ecoute, maman, je voulais pas te faire de peine.

Non, mais non, c'était pas contre toi.

Mais mon père, j'ai tiré un trait dessus, tu ferais bien de faire la même

chose.

Mais... Non, mais il reviendra pas, maman.

Enfin, mais tu connais les hommes.

Faut que je te laisse dans moi.

Bonjour, madame Parrain.

Bonjour.

Veuillez me suivre.

Vous avez retrouvé l'assassin de mon mari ? Pas encore, Madame Parrain.

Dites-moi, est-ce que votre mari avait un lien quelconque avec l'Italie ? Avec

l'Italie ? Non, je crois pas.

J'imagine que vous avez déjà entendu parler des Brigades Rouges.

Oui, comme tout le monde.

Quel rapport avec Paul ? Il a été aperçu en compagnie d'un ancien membre de cette

brigade. De plus, il a été tué par une arme.

ayant appartenu à ce mouvement et comme il hébergeait une jeune fille dont la

mère était une sympathisante active.

Paul n'a rien à voir avec tout ça.

Je l'aurais su, nous sommes mariés depuis 15 ans.

Mais avant de vous rencontrer, il vous a jamais parlé d'amis qu'il aurait eu en

Italie ? De séjours qu'il y aurait fait ? Il n'aimait pas voyager.

Quant à des amis, il leur a toujours préféré ses livres.

C'était un solitaire, un vrai.

Et de la famille ?

Peut-ĂŞtre avait-il de la famille lĂ -bas.

Oui, mais il était fils unique.

Il avait perdu ses parents bien avant que nous nous rencontrions.

Puis elle en parlait peu.

Pas de coups de téléphone, de visite qui auraient pu vous intriguer ? Rien.

Non, absolument rien.

J'ai frappé, hein ? Voilà.

Quoi, cette boucherie, lĂ  ? Le triple meurtre.

Le beau-père, la belle-mère et le mari de Camille.

VoilĂ , je relisais le dossier.

Revue du procès à venir.

Ah, oui.

Pauvre Camille.

Ça peut être marrant pour elle de revivre tout ça.

Quant en cause, ainsi, je vais avoir...

La tâche ingrate de narrer par le menu tous les

détails de la scène du crime.

En mĂŞme temps, moi, je pense que c'est bien que ce soit vous, Michel, qui l

'effaciez. Je veux dire, pour Camille, quelqu'un qu'elle... qu'elle apprécie.

Toute sa famille décimée.

Grande.

Grande. Voyez-vous, doit être par la suite la difficulté de se reconstruire

dans l'amour.

Oui.

Va la vie, vous savez.

Je veux dire, ça dépend sur qui on tombe.

Viens.

Oui, vous vouliez me voir, Capitaine ? Ah, oui, bien sûr.

En fait, Jean-Louis voudrait qu'on le rejoigne, Rune et Laton.

Paul Parrain.

Jamais vu, je suppose.

Ah, des témoins.

Pourtant, eux affirment vous avoir vu vous disputer devant une terrasse de

café.

Dans le quartier latin.

Et je ne parle pas des coups de fil que Parrain a passé à votre hôtel.

D'après ce rapport, vous êtes même passé chez lui, à son domicile conjugal.

Vous y êtes resté trois quarts d'heure.

Alors ? Le Walter P38

avec lequel on a buté Parrain est à toi.

Walter P38, ça ne dit rien non plus.

Celui qui nous intéresse a été volé par une brigade de Turin, dont tu étais le

chef.

Alors je te repose la question, ce flingue, il est Ă  toi, oui ou non ?

Depuis quand connaissez-vous le professeur Parrain ou l'avez-vous

rencontré ? Votre silence obstiné, si je puis me permettre,

nous conforte dans notre conviction.

Que vos relations avec cet universitaire ne...

ne sont pas sans rapport avec votre passé de brigadiste.

Votre groupe est tombé à cause d'un repenti, Ange Mizani, dont on a perdu la

trace et je suis sûr que vous brûlez d'envie de le retrouver.

Non ? Est-ce que Parrain connaissait Mizani ? Parrain savait

-il où se cache Mizani ? Je vous avais prévenu, il n'est pas bavard.

Non, mais il est obéissant.

Il ne parle pas quand on lui demande de se taire.

Une idée, ou plutôt une réflexion, me vient à l'esprit, sûre qu'elle n'aura

pas échappé à mes collègues ici présents.

Et si Mizani et Paul Parrain n'étaient en fait qu'une seule et même personne ?

Cette idée vous semble-t-elle saugrenue, monsieur Di Palma ? Je

peux vous parler ?

Bon, vous m'arrĂŞtez quand j'ai faux.

Ange Mizani a été arrêté à Nice en 1983.

Il a balancé sa brigade et ses aveux ont permis d'arrêter tout le groupe.

D. Palma en tĂŞte.

La DST lui a fourni une nouvelle identité.

On l'a appelé Parrain.

C'est ça le secret défense ? C'est pour ça que vous faites pression sur D. Palma

pour qu'il se taise ? J'arrĂŞte ou je continue ? Continuez.

Bon, alors je suppose que Parrain a subi une opération esthétique.

Ce qui explique que l'effet italien n'est pas reconnu.

C'est bon ? Vous n'avez rien Ă  ajouter.

Putain, mais c'est pas vrai.

Tout ce temps perdu pour en arriver lĂ .

Vous nous auriez aidé, on serait allé beaucoup plus vite.

Il s'agit d'informations confidentielles, je n'avais pas Ă  vous

les divulguer.

En tant que Di Palma n'a pas pu tuer Parra.

Les hommes ne l'ont pas lâché d'une seconde.

Oui, il a rencontré Parra.

Oui, il est allé à son domicile, mais le soir du meurtre, il n'a pas bougé de son

hôtel. A moi de le vérifier.

Alors donnez-moi Di Palma.

Tu n'en es pas Ă  mon pouvoir.

En revanche, je peux lui demander d'être un peu plus coopératif.

Très bien, avec plaisir.

Vas-y.

J'ai passé 20 piges à tester les quartiers de haute sécurité en Italie.

T'as envie de rempiler pour le mĂŞme bail en France ? Dans le meurtre de Paris, un

tatou contre toi.

L'arme du crime provient d'un lot volé à l'époque des Brigades Rouges. Vous avez

très bien pu planquer cette arme et la récupérer après votre sortie de tôle.

Monsieur Di Palma, vous pouvez répondre à ces messieurs.

Je n'ai pas touché une arme depuis ma sortie de Toul.

Elle n'a pas traversé les Alpes toute seule, cette arme ? Il avait fallu que

quelqu'un l'aide Ă  se retrouver chez Parrain.

Pas moi.

Pendant 20 ans, du fond de votre cellule, vous n'avez pensé qu'à une

seule chose.

Retrouver celui qui vous y avait fait entrer.

Une fois dehors, vous avez mené votre enquête et vous avez fini par découvrir

que Miss Annie, ayant changé d'apparence, de trait, d'identité, se

dissimulait désormais sous le masque.

respectable du professeur Parvin.

Enfin, l'heure de votre vengeance avait sonné.

Si je dois me venger de tous les repentis, je passerai ma vie.

Non, c'est fini tout ça.

Je veux la paix et qu'on me laisse tranquille.

Et c'est aussi par la paix que t'es allé voir Mizani, ton ancien pote, qui a

donné tout ton groupe, histoire de parler du bon vieux temps ? Il me devait

de l'argent.

Celui que je lui avais donné pour acheter les armes, qu'il a gardé pour

lui après nous avoir balancés.

Et comment vous l'avez retrouvé ? À l'époque où il vivait à Nice, il était

tombé fou amoureux d'une militante qui nous donnait des coups de main.

Ça ne l'a pas empêché de la balancer, elle aussi.

J'ai essayé de la retrouver, mais elle était morte.

J'ai appris qu'elle avait une fille qui vivait Ă  Paris.

Puis la fille de cette ancienne militante s'appelle Iris, François.

C'est pareil, bien sûr, que vous avez retrouvé la trace de votre ancien

camarade, n'est-ce pas ? Elle ne m'a pas aidé à retrouver Mizani.

Pour la rencontrer, je suis tombé sur lui.

Il avait changé de visage et de nom, mais je le reconnais tout de suite.

On n'oublie pas le regard d'un camarade qui a trahi.

Vous pouvez nous le garder au chaud quelques jours ? Quelques heures.

Après, je serai obligé de l'expulser du territoire.

Pourquoi est-ce que vous vous ĂŞtes inscrite au cours de Paul Parrain ? Vous

connaissez quoi de son passé ? Il faut nous dire la vérité, Iris.

Vous risquez gros.

Des éléments de l'enquête convergent pour faire de vous non plus un témoin,

mais un suspect.

Je savais pour Paul.

Ma mère l'avait reconnu à la télé dans un débat sur le 68.

Elle m'avait dit pour sa trahison.

C'est elle qui vous a demandé de la venger ? Vous deviez sacrément lui en

vouloir pour l'avoir regardé mourir lentement comme un chien.

Je me suis inscrite Ă  son cours pour le rencontrer.

Je voulais nous venger, ma mère et moi.

J'ai tout fait pour lui ĂŞtre indispensable.

Je me suis incrustée dans sa vie pour le tuer.

Ouais.

Je voulais qu'il crève, ce salaud.

Je voulais trouver le moment pour lui faire la peau, mais j'ai pas pu.

J'ai pas pu.

Parrain savait qui était votre mère ? Non.

Jamais je lui ai dit.

J'aurais aimé qu'il sache avant de mourir, mais j'ai pas eu le temps.

Le problème, c'est qu'il est plus là pour confirmer.

J'étais pas la seule à avoir des raisons de lui en vouloir.

Qui d'autre ? Flore.

Elle l'envahissait, elle lui en demandait trop.

Paul avait décidé de rompre.

Cette idiote était très malheureuse.

Elle pensait que j'étais amoureuse de lui aussi.

Sauf que Flore n'avait aucun moyen de se procurer un Walther P38, tandis que

vous, oui.

Le pistolet était à Paul.

Je l'ai vu dans un tiroir de son bureau.

Par hasard, en cherchant des documents.

Vous êtes rentré vers 23h le soir du meurtre.

Vos parents ont confirmé.

Mais entre 22h et 23h, vous étiez où ? Puis épargnez-nous le refrain sur le

spleen parisien. On n'achète plus, d'accord ?

Parmi les nombreuses manières utilisées pour éloigner un témoin indésirable, il

en est une, astucieuse et efficace, qui consiste tout simplement Ă  lui donner un

rendez-vous auquel on n'a pas l'intention de se rendre, tout comme

vous avez donné le soir du meurtre un rendez-vous à Iris François qui vous a

attendu en vain au cinéma.

Le terrain dégagé, vous vous pointez chez Parrain.

Vous sonnez, il ouvre ? Non.

Quand je suis arrivée chez Parrain, j'ai vu sa femme qui entrait dans l'immeuble.

Alors j'ai attendu qu'elle parte.

Après, je suis montée.

J'ai sonné, mais il n'a pas répondu.

J'ai insisté, je savais qu'il était là.

Je l'ai supplié de m'ouvrir.

Puis j'ai fini par partir.

À votre avis, pourquoi il n'a pas répondu ? Je ne sais pas.

Est-ce qu'il s'en foutait ? Je m'en suis rendue compte, mais trop tard.

De toute façon, je crois que Paul n'aimait personne.

Je ne sais mĂŞme pas s'il s'aimait lui-mĂŞme.

Pourquoi nous avoir menti autant, Mlle Thébault ? Parce que je savais que vous

ne me croiriez pas.

Bien vu.

Bon, on résume.

Mme Parrain quitte son mari Ă  22h.

Mlle Thébault reste devant la porte un bon quart d'heure, soit jusqu'à 22h20.

Et une demi-heure après, Iris Frisoy...

Rentre du cinéma. Ceux qui laissent peu de place pour l'intervention d'une

quatrième personne, voyez-vous, d'autant que Parrain doit être sur ses gardes,

sachant d'y pas le main, dans les environs.

Et comme le témoignage du chauffeur discute de Madame Parrain, qui

manifestement ignorait tout du passé de son mari... Il ne reste plus qu'Iris et

Flore. Voilà. Pour ma part, je donnerais plutôt la priorité à Iris François. Je l

'imagine très bien capable de tuer son professeur, puis d'effacer toutes les

traces de son passage.

Elle seule, avec la haine qui l'anime, est capable de préméditer un tel geste.

Oui, surtout qu'Eris François était la seule à savoir que Parrain possédait une

arme. Et que Flore, sans le vouloir, lui avait fourni la libide du cinéma.

VoilĂ .

Je te parle. Non, mais c'est pas le moment, lĂ .

Tu viens avec moi.

Mais calme-toi, mais qu'est-ce qui t'arrive ? Il m'arrive que je suis tombé

par hasard sur tes analyses, et que tu te portes comme un charme.

Pourquoi tu m'as fait croire, bordel, que tu pouvais avoir un cancer ?

J'avais peur que tu me quittes.

Mais tu rigoles.

Tu rigoles. Tes analyses, tu les avais depuis 15 jours. 15 jours ! Je t'aurais

jamais cru capable de ça.

Je te croirai plus jamais.

Plus jamais ! Ça t'arrange bien, hein ? Comme ça, tout est de ma faute.

C'est bien plus facile pour toi. Comme ça, tu peux aller la rejoindre. Bah, vas

-y ! Mais qu'est-ce que tu racontes, lĂ  ? Je dis pas que t'as personne.

Tu l'as rencontrée où, cette fille ? Mais tu crois que j'ai pas compris ? Tu

me prends vraiment pour une conne, ou quoi ? Mais t'es dingue.

T'es complètement dingue.

Je suis désolé de vous annoncer, commandant, que dans l'affaire Parrain,

nous nous fourvoyons depuis le départ.

Je veux savoir ce qui vous amène à ce douloureux constat.

Oui, la comparaison.

Du compte-rendu de filature de la DST avec l'emploi du temps de la victime le

jour du meurtre. Di Palma s'est bien rendu au domicile des parrains oĂą il est

resté de 16h17 à 17h04.

Or, dans le même moment, le professeur parrain résidait un jury de soutenance d

'hôtesse à la Sorbonne. Comme il n'est pas doté du don d'ubiquité, il ne

pouvait Ă  la fois se trouver Ă  la Sorbonne et Ă  son domicile en mĂŞme

temps. Ce n'est pas avec le mari mais avec l'épouse que Di Palma s'est

entretenue.

Dans ce dossier, voyez-vous, nous avons négligé une donnée essentielle.

Le professeur Parrain n'est pas mort tout de suite. Il a mis un certain temps

avant de trépasser. Et le chauffeur de taxi l'a bien vu à la fenêtre. Mais cela

n'innocente pas pour autant Madame Parrain.

Mais je n'ai pas compris.

Elle tue son mari qui vient lui faire coucou Ă  la fenĂŞtre, histoire de ne pas

se quitter fâché ? Non.

Blessé mortellement, il ne la salue pas. Il la discule. Il va même plus loin.

Jusqu'à effacer toutes les empreintes, toutes les traces, afin que son épouse

ne soit pas inquiétée.

Ce qui justifierait donc ses déplacements dans la pièce.

Brillante démonstration et convaincante.

Bon, Cisco Lefebvre, je vous laisse Madame Parrain.

Et vous la faites craquer que je puisse libérer Iris et Fleur. Allez.

Madame Parrain, encore une fois, de quoi avez-vous parlé avec cet ancien

terroriste d'Ipalma pendant près de trois quarts d'heure ?

Il m'a tout révélé.

Y compris la véritable identité de Paul.

Partager pendant 15 ans la vie d'un homme qu'on aime et apprendre de la

bouche d'un inconnu qui vous a toujours menti.

Y a de quoi se sentir trahi ? Je savais bien que cet homme disait la vérité,

mais je voulais pas y croire.

Tous ces mensonges.

Son enfance, sa jeunesse, ses parents morts.

Toute la vie, tout le bonheur qu'on avait eu.

Et qui avait plus aucun sens.

Alors vous l'avez rejoint dans son appartement pour qu'il s'explique ? Oui,

il a été très franc, il n'a pas cherché à nier.

Il m'a déclaré qu'on lui avait appris à ne faire confiance à personne.

Alors j'ai demandé même à la femme qu'on aime.

Il n'a pas répondu.

Alors je me suis dit qu'il ne m'avait jamais aimé, qu'on m'avait juste épousée

parce que la DST m'avait conseillé de...

Fonder une famille, une famille, c'était une bonne couverture pour lui.

Il s'est excusé en me disant qu'il devait avoir la trahison dans le sang,

que la seule qu'il ait jamais trahi, c'était son arme.

Mon camarade P-38, c'est exactement les mots qu'il a prononcés. Votre mari avait

son arme sur lui ? Oui, devant lui, lĂ , sur son bureau, Ă  crainte d'une visite

de Nipalman.

Alors vous l'avez prise, cette arme ?

Et vous avez tiré ? Oui.

La rage m'a envahie.

Je savais plus ce que je faisais.

Il était seulement blessé.

Il a dit qu'il allait appeler un médecin et puis il lui dirait qu'il nettoyait

son art.

Le coup était parti.

Il m'a dit de m'en aller.

Il m'a parlé de son passé aux enfants.

Il est passé devant la fenêtre plusieurs fois. Il a effacé toutes vos empreintes.

Et puis, il s'est laissé mourir.

C'est presque un suicide.

Je vous en prie.

Je ne veux pas que mes fils apprennent mon rĂ´le.

Je ne veux pas qu'ils se sentent trahis.

C'est trop dur.

Je dirais que...

Ange Mizani n'a jamais existé.

Après tout, Ange Mizani a disparu après son arrestation à Nice en 83, donc je

pense qu'il est inutile de le ressusciter.

D'autant qu'officiellement, c'est sur la mort de Parrain qu'on enquĂŞte, pas sur

celle de Mizani.

Et nous pourrions nous contenter de la version du crime passionnel, elle se

suffit Ă  elle-mĂŞme.

En tout cas, elle est une qui doit être contente, c'est Iris François. Elle a

quand même mangé sa mère sans avoir à se salir les mains.

Bon, il y a un secret défense sur la vie de parrain et c'est pas à nous de le

lever.

Je vais transmettre le dossier au parquet en oubliant toute référence à

Ange Mizani.

Si on pouvait faire la même chose pour Flore Thébault, sa maîtresse,

malheureusement, on ne peut pas éviter cette dernière trahison à Madame

Parrain.

Ça va ? Si tu veux prendre quelques jours de repos, je peux m'arranger.

Fais un bisou à ton grand-père, mon cœur.

Fais un beau sourire.

C'est incroyable ce qu'il te ressemble. On dirait tous au même âge.

Dors bien, mon cœur.

Je vous ai apporté son doudou. Il adore s'endormir avec.

Dors bien, mon amour. N'hésitez pas à m'appeler.

Partez tranquille.

Au revoir, mon amour.

Au revoir.

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