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Bonjour, commandant. Madame la substitue.
Commandant Scandella, désolée de vous faire faire les poubelles. Les chiens et
les rats sont passés avant nous, il me semble.
Malheureusement.
Excusez-moi si je ne vous accompagne pas.
Bon courage.
Au revoir. Au revoir.
Il y a de toute évidence, c'est une tête de femme.
Je ne sais pas ce qu'il en fait.
Scande ! Regarde-la.
Michel.
Veuillez.
C'est sûrement la frousse qui a motivé le tueur.
Pour éviter qu'on remonte jusqu'à lui, il fait disparaître tous les morceaux.
Dommage pour lui. S'il avait réussi, c'était le crime parfait.
Si c'est son mec, fallait que le couple soit vraiment mal en point.
Dessouler une femme pour la mettre en quitte, qu'est-ce qui peut pousser à
faire ça ? La haine ? Le désir sexuel ? J'aimerais pas qu'un mec me désire
autant.
Ah, je crois que la chance me sourit, commandant.
La chance ?
C'est parce que la victime a une espèce de tétard recroquevillé sur l'épaule ?
Non, ce tétard, comme vous dites, est le signe du yin, l'un des deux symboles de
la philosophie chinoise traitant des principes antagonistes et contraires de
la nature, à savoir l'eau, le feu, le jour et la nuit, l'homme et la femme,
etc. Et si le yin figure sur cette portion de femme, vraisemblablement le
yin va être tatoué sur quelque chose d'autre ailleurs.
Sur une autre personne, Michel ? Sur quelqu'un qui serait comme son double.
D'être un homme ? Oui, mais un être indissociable.
En fait, l'être qui l'aura le plus aimé au monde.
Bon, Michel, voilà un joli puzzle.
Je peux déjà te dire que la plastique de cette femme était irréprochable.
Son dernier homme, le veinard, il en aurait bien profité, tiens.
Mais ça dit, docteur Salinas, que la victime aurait subi quelques outrages
sexuels. Oui, tu peux dire ça comme ça, oui.
Des lésions vaginales indiquent le viol, mais sans éjaculation. Difficile de dire
si l'auteur s'est retenu ou s'est utilisé du latex. En tout cas, ton tueur
a été plutôt sympa avec moi.
Et pouvons-nous profiter avec vous de ce gage d'amitié ? Eh bien oui, regarde.
Elle a été décapitée au niveau du menton.
Ce qui fait que j'ai pu analyser le larynx.
Et je peux te dire que cette pouliche est morte étranglée.
La fille a dû vouloir se débattre.
Si elle s'était laissée faire, peut-être que le type l'aurait pas tuée.
Difficile de se laisser faire dans ce genre de conditions.
C'est pas moi le futur consentant.
En tout cas, la chance que nous ayons ici, voyez-vous, c'est ce yin.
Voilà, dans le service, on a l'habitude de demander un signe distinctif.
Personne qui vienne déclarer une disparition. Celui-ci est suffisamment
original pour que l'un des proches l'ait mentionné.
Oui.
Parfait, c'est parfait.
Merci.
Voilà, c'est le capitaine, le commandant.
Scandella. Ils ont retrouvé le Yang.
Commandant Scandala, bonjour.
Vous en prie.
Lieutenant Simonin et son fils Clément, Capitaine Siskowski.
Monsieur Simonin, pourquoi avez-vous déclaré la disparition de votre femme
hier soir ? On ne skie jamais avec Karine.
Alors là où il n'y en a pas arrivé hier soir, j'ai appelé des collègues et je
leur ai parlé du Ying et du Yang.
Bon, écoutez, je suis flic depuis 20 ans.
Ne me racontez pas de salade. Vous avez retrouvé Karine ? On l'a retrouvée, oui.
Elle a été assassinée.
Non. Ne me touche pas ! Tu ne me touches pas ! Qu'est-ce qu'on lui a
fait ? Dites-moi ce qu'on lui a fait.
Il a été étranglé.
Ne le prends pas pour un con.
Ce n'est pas tout ce qu'on lui a fait.
Emmène-moi l'IML, je vais la voir.
Il ne vaut mieux pas.
Assieds-toi, c'est mieux.
Après sa mort, ils ont essayé de faire disparaître le corps.
C'est toi ! C'est toi qui l'a fait ! C'est toi !
Clément ? Pourquoi t'accuses ton père comme ça ?
Ça veut dire quoi, Simonin ? Pourquoi il t'accuse comme ça, ton fils ?
Écoute, Simonin, t'es de la maison.
Tu comprends qu'à ce stade, on doit aller faire une perquise chez toi.
Et puis, te garder un petit peu dans nos murs.
Écoutez, docteur, j'ai vraiment besoin que vous me rendiez ce service, c'est
très important pour moi.
D'accord, ça va.
Très bien, je vous rappellerai, docteur. Merci.
Un problème ? Malade ? Non.
Non, non, j'attendais les résultats de la mammographie, alors comme Étienne
flippe pour un rien, je préfère qu'il le sache pas.
Bah s'il s'inquiète, c'est qu'il t'aime encore.
Ça va mieux entre vous ? Oui, ça va.
Ligier a retrouvé des traces de sang sur un des murs du salon de Timonin.
Je commence à me demander si sa femme n'a pas été tuée là-bas. Le tueur l
'aurait transportée ailleurs après pour la découper en morceaux.
Il faudrait que le fils Clément nous balance ce qu'il a sur le cœur.
Tu l'as fait ensemble ? D'accord.
Ok.
Mon père, il a caché la vie de ma mère.
Bien sûr, il l'aimait.
Mais il l'aimait comme un dingue.
Tes fils uniques ? Évidemment.
Je n'aurais jamais supporté un autre gosse.
J'étais trop jaloux.
Ok, ton père est jaloux et possessif.
Si il aimait tellement ta mère, il l'aurait tuée.
C'est sa jalousie qui l'a rendu dingue.
Ma mère, c'était une artiste.
Elle avait du talent, elle aimait écrire.
Tout ce qu'elle voulait, c'était publier un roman.
Lui, il voulait pas.
Il avait trop peur qu'elle se détache de lui.
Tu crois que sa jalousie a viré l'obsession ? Il voulait pas qu'elle
soit libre.
Alors, pour compenser, il lui achetait des cadeaux.
Mais après, quand il a plus de thunes, eh ben... Et... C'est pour pas la perdre
?
J'aurais tué ta mère.
Tu sais que c'est très grave ce que tu insinues.
Moi, Clément, j'ai retrouvé cette carte de visite sous un meuble.
C'est la carte de visite d'un détective, Lucien Vautrin.
Ça te dit quelque chose ou pas ? Non.
Mais non, je sais pas qui c'est.
Je le connais pas.
Super ! Et je peux ménager quand ? C'est royal.
T'embrasse. Ciao.
Ah, t'es ravie, là, hein ? Ça y est, tu nous quittes, alors.
Ma copine me saoule son appart. Il était temps parce que squatter chez Scandella,
ça commençait à le saouler.
Lui, peut-être, mais pas moi.
Si tu veux, j'emménage ce soir.
Si tu veux prendre les crémaillères.
Avec plaisir.
Tiens, ça, c'est le rapport de l'IGI.
Alors, le sang retrouvé chez Simonin et bien celui de sa femme.
Voilà.
Allez. Allez.
En droite.
Écoutez, lieutenant, loin de moi, j'ai l'intention de vous impressionner. 20
ans de service au sein de la 5e DPJ vous ont rompu à ce genre d'interrogatoire.
Vous savez très bien que le crime passionnel se plaide aisément aux
assises. Arrêtez votre cinoche.
Pourquoi j'aurais tué ma femme ? Parce que je suis jaloux.
C'est ça, mon mobile.
Et force est de vouer qu'il est des plus classiques. Après 20 ans de boutique, je
serais assez con pour faire ça chez moi.
Faudrait bien que ça tient pas debout. Bien sûr que oui, Simona, ça tient
debout, tu le sais très bien.
T'as fait ça parce que t'as fait suivre ta femme par un détective, et que ce
détective t'a appris que ta femme te trompait.
C'est bien ce que t'as dit.
Le sien vautra un, non ? Putain.
Mais comment je dois vous le dire ? J'ai pas tué Karine.
Et je la faisais pas suivre.
Tous les privés du quartier m'envoient leur carte de visite.
Ils font ça pour qu'on travaille avec eux, c'est tout.
Mais pourquoi vous me cassez les couilles au lieu de chercher l'assassin
? C'est un dingue, hein ? Un malade mental qui a fait ça.
Pourquoi vous le cherchez pas dans vos putains de fichiers ? Ma femme est
morte. Allez, maintenant t'arrêtes ton cinoche toi aussi, d'accord ? Tu es un
suspect idéal pour nous, tu sais très bien.
Alors tu vas répondre maintenant.
Ton fils, hier, a vu sa mère.
Partir à 10h faire des courses de son domicile.
Il a passé la journée en fac de droit quand il est rentré à 19h. Sa mère, ta
femme, Karine Simonin, n'étaient plus là.
Toi, t'as fait quoi de ta journée ? Hier matin, je suis passé à ma banque.
Et après, j'ai emprunté le sous-marin affecté au service.
Je devais planquer un mec sur un plan de stupe.
Seul ? Oui, seul.
Bien, ce sous-marin mérite que nous allions y jeter un oeil.
C'est ça, oui.
Allez voir si je sais pas découper ma femme avant de la mettre dans des sacs
de poubelle.
Le câblement du lieutenant Simonin ne me paraît pas fin, voyez-vous.
Je doute qu'il adorait sa femme.
Alors il l'a peut-être tuée, mais de là à la dépecer, non, je doute fort qu'il
en ait eu le courage.
Je vous rappelle quand même que Simonin est flic.
Vu son profil, il était sûr qu'on le soupçonnerait. Donc le seul moyen pour
lui, c'est de faire disparaître le corps. Avec pas de corps, pas d
'assassin. Surtout qu'il a tiqué quand tu lui as montré la carte de visite de
Vautrin. Il a peut-être fait appel à ses services.
Le détective lui balance la vérité.
Simonin tue sa femme et il décide de la faire disparaître pour pas que Vautrin
soupçonne et prévienne les flics.
Ça se tient.
En tout cas, du côté du sous-marin, les G a rien retrouvé. Pas de traces de
sang. Lefebvre, côté Alibi.
Simonin est passé le matin à sa banque voir son conseiller.
Ses comptes sont bien dans le rouge, mais son conseiller a eu l'air de me
cacher quelque chose.
Comme il a invoqué le secret professionnel, il faudrait adresser une
réquise à la FICOVA pour éplucher le courant de Simonin. D'accord.
Bon, en attendant, malgré les accusations du fils, on n'a rien contre
Simonin. Je l'ai laissé rentrer chez lui, mais il faudrait quand même le
filocher pour savoir ce qu'il va faire. Je prends la filature ce soir.
Si t'as besoin d'aide, je peux... Bon bah dis, toi tu viens avec moi.
On va interroger le détective.
Comme ça, tu rentreras plutôt chez toi, d'accord ? Si tu veux, je peux te
rejoindre après mon déménagement ? Ouais.
Monsieur Vautrin, j'ai retrouvé votre carte sous un meuble chez le lieutenant
Simonin.
Je prétends que vous l'avez envoyée par hasard.
Écoutez, le nom de ce lieutenant ne me dit rien.
Mais habitant le quartier, j'aurais pu lui faire parvenir ma carte par la
poste, moi ou mon associé qui travaille ici.
Et il est où, votre associé ? Sur une enquête, en province.
Il rentre dans deux jours.
Très bien, monsieur Vautrin.
Dites à votre associé de nous appeler quand il rentre, d'accord ? Je ne
manquerai pas.
Bonsoir.
C'est ça bonsoir.
Je n'arrive pas à m'en séparer.
Ça me rappelle Théo.
Tu dis ça comme si tu ne le voyais plus.
Je ne le vois plus tellement.
C'est à l'époque, quand il fallait se lever et lui filer le biberon, j'étais
là.
Maintenant, je suis indigne.
Je me demande si je n'aurais pas mieux fait de te le laisser.
Au moins, ici, il était bien.
Pourquoi tu dis ça ? Ça ne va pas, Théo ? Pour l'instant, il est en observation
à l'hôpital.
En observation ?
Pour un bleu au genou ? C'est un bébé fragile, des bleus, il s'en fait tout le
temps. Bien sûr, dans son parc.
Il fait pas de la barabe, ce gosse.
Il sait même pas marcher. Écoute, papa, on parlera de ça en mangeant, d'accord ?
J'ai réservé dans ta pizzeria favorite.
Nat, j'en ai rien à foutre de ta pizza.
Je veux savoir si mon petit-fils a des problèmes.
Alors dis-moi la vérité, allez.
Mais je sais pas, moi, ils vont trouver à l'hôpital.
Tu crois que je suis pas inquiète, peut-être ? Puis je vois pas qu'il
pourrait lui faire du mal.
Moi, je pensais à un truc, là, mais... Son père, c'est pas possible qu'il
frappe... Bien sûr que non, qu'est-ce que tu racontes ? Jamais de la vie, je
le connais quand même.
Mais je l'aurais tué si c'était ça, papa. Je te jure, je l'aurais tué.
Tu me crois ? Oui, je crois.
Simonin est toujours chez lui ? Toujours.
Il est passé et repassé plusieurs fois devant la fenêtre du salon.
En même temps, coupable ou pas, je comprends qu'il ait du mal à dormir.
Il a quand même perdu sa femme.
Et toi, ton déménagement ? Bien passé ? Je sais pas grand chose.
Quand j'aime plus, je suis plutôt du genre à tout jeter.
Ouais, comme avec les mecs, quoi.
Et vous avec les gonzesses ? Oh putain, Simonin ! Simonin, qu'est-ce qu'ils font
?
Si Simona appelle d'une cabine plutôt que de son portable ou de son fixe et qu
'il nous cache quelque chose...
Jean-Louis, c'est Cisco.
Note le numéro d'où je t'appelle. C'est une cabine.
Une cabine téléphonique.
Simonin vient de passer un coup de fil.
Tu fais les remontées d'appels.
Le numéro juste avant le mien, c'est Simonin qui l'a fait.
Je préviens l'équipe de nu qui va planquer ici.
Et à demain.
Salut.
Je te jure. Il me dit une cabine de quoi ? Une cabine de douche.
Francisco, j'avais oublié.
Mon ex-copain doit passer.
Oh, c'est pas grave, c'est enfin avec une copine.
Non, non, excusez-moi, je ne peux pas faire votre monde.
Benoît est pas mal déprimé, il a besoin de soutien.
Alors toi, tu penses en donner, c'est ça ? Il devrait arriver tout de suite.
Ah bon ? Ah bon, ouais, c'est bien.
C'est pas grave.
C'est pour toi, quoi.
Fais attention parce que les ex... Enfin, surtout déprimés, ça s'attache,
donc... Oui, non mais... Le nom me connaît bien.
Oui.
D'accord.
À demain.
Oui, c'est ça. À demain.
Ah, donc... Oui.
Ciao.
Je viens de te le dire, Benoît.
Écoute, je ne t'ai dit pas ce soir.
Je suis crevée, j'ai envie de voir personne.
C'est ça, salut.
Bien dormi le failleur ? C'est un ange.
En tout cas, sûrement mieux que Simonin.
La montée d'appel de la cabine indique qu'il a appelé le détective.
Vautrin. On file chez Vautrin, son agence répond pas.
Cisco, tu te fais Simonin avec le marchand.
Vous laissez pas filer, hein.
Comme le foot en garde à vue, merde.
Qu'est-ce qu'il a ? L'équipe de nuit chargée de survie de Simonin a merdé. Ce
matin, Simonin a pris le métro et il les a semés. Il est revenu deux heures après
chez lui, mais impossible de savoir ce qu'il a fait pendant ce temps-là.
Et tu ne me regardes même pas.
C'est... C'est...
Quelqu'un est venu ici pour faire disparaître l'épreuve.
Viens voir.
Le dossier est vide.
Qu'est-ce qui est écrit dessus ? Simona.
Viens, on va fouiller son labo photo.
La remontée d'appel de la cabine téléphonique à côté de chez toi.
C'est ce que c'est, non ?
Pourquoi t'es allé chez Vautrin ce matin ? Ce matin ? J'étais aux pompes
funèbres. J'étais trop crevé pour conduire.
J'ai pris le métro. Bah oui.
Ça c'est sûr, si t'avais pas buté ta femme, ça t'aurait évité un déplacement.
Mais je t'emmerde toi.
Quoi que tu penses, j'aimais ma femme. Ah mais l'un n'empêche pas l'autre.
Tu l'aimais peut-être, mais tu la butais aussi.
Lieutenant Simonin, pourquoi hier soir avez-vous appelé le détective Lucien
Vautrin ? Je voulais savoir ce que faisait sa carte de visite chez moi.
Je me demandais si c'était pas Karine qui l'avait engagé.
Qu'elle pensait que je la trompais. Et qu'elle vous a dit feu, monsieur
Vautrin. Il m'a dit qu'il connaissait pas ma femme.
Et que sa carte de visite, il avait dû me l'envoyer par la poste. Oui, mais
alors, dis-moi.
Pourquoi tu l'as pas appelée de chez toi ? Vous voulez l'appeler d'une cabine ?
Appelez Vautrin de chez moi.
C'était m'enfoncer encore plus.
C'est comme si je me mettais les pinces. Oui, vous êtes très habile, lieutenant.
Seulement, voyez-vous, cette version ne nous convient pas.
Ce qui colle le plus à la réalité, c'est que vous avez engagé vous-même ce
détective pour suivre votre épouse.
Sans doute...
Je l'avais vous appelé hier soir afin d'acheter son silence.
Et oui, celui-ci, vous ayant dit que votre épouse vous trompait, il se
doutait forcément que vous l'aviez oxyze.
Vautrin n'a rien voulu savoir.
Il a menacé d'aller raconter son enquête à la police.
Tu as paniqué et tu l'as buté. Je vous en prie, cessons cette comédie, s'il
vous plaît.
Ici, tout le monde vous comprend.
Nous savons très bien jusqu'où la jalousie vous a mené.
Vous avez tout d'abord tué votre épouse, puis ce malheureux détective.
Mieux que quiconque, depuis le temps que vous pratiquez les interrogatoires des
suspects, vous savez que maintenant le temps est venu.
Le temps des aveux.
Non, c'est pas moi.
J'ai tué personne.
Ni ma femme, ni le privé.
Personne.
Simona est bien passée au pont de Funem et personne n'est foutu de savoir s'il
est resté une heure ou deux. Comme ça se trouve à deux pas de chez Vautrin, il a
très bien pu les buter.
Mais concernant le couteau qui a planté votre rein, il n'y a aucune empreinte
dessus.
Non, j'essaierai pour qu'on refasse une perquise chez Simonin pour savoir si on
y retrouve pas un couteau du même genre.
C'est pas un mot, quelle connerie. Bon, sinon son banquier a fini par parler.
Il paraît que le matin du meurtre, Simonin est passé à la banque et qu'il a
déposé une mallette dans un coffre. Alors le banquier sait pas ce qu'il y
avait dans la mallette, mais quand Simonin est reparti, il avait les mains
vides. C'est bizarre que Simonin nous en ait pas parlé.
Tu vas à la banque avec lui sous bonne escorte, hein. Tu perquises le coffre.
Peut-être un rapport avec le meurtre de sa femme.
Rien d'autre ? Si, si.
J'ai ici les...
Photos tirées d'après la pellicule trouvée chez Vautrin. Elle représente un
homme sortant d'un immeuble de la rue Gounod. Une rue proche du domicile Gaye
et Simonin. Cette femme s'appelle Gabrielle Moray. Il est auteur de romans
policiers. Je le connais parce que j'ai lu quelques-uns de ses lamentables
ouvrages. Fondancier et flic, je vois pas le rapport, mais on trouve où il
habite et on vérifie.
Pardon.
Oui. Oui, Camille.
Maintenant.
Je vais voir si je peux. C'est bon, allez-y, Michel.
Camille, oui. Oui, j'arrive tout de suite.
Michel,
c'est au sujet de son procès. À tout à l'heure. Allez-y.
Mais alors, c'est qui cette Camille ? C'est sa petite amie ? Ah, si on savait.
Je suppose que vous savez pour le procès.
Bien sûr, en tant qu'ancien procédurier de l'affaire, je vous ai ramené à
témoigner. C'est ce que je craignais.
Je voulais savoir comment vous appréhendiez cette épreuve. Je venais m
'en inquiéter auprès de vous, puisque vous m'avez interdit d'effondrer de vous
appeler. Et comme vous êtes très obéissant, vous avez respecté mon choix.
Mais bon sang, Michel, parfois vous n'avez pas envie de désobéir, désobéir à
vos chefs.
Débarrassé de toutes vos manières pédantes et mystérieuses.
Vous êtes bien dur avec moi, Camille.
Oui, je suis dur, Michel, oui.
Parce que je vais devoir revivre des moments terribles.
Le meurtre de mes beaux-parents, celui de mon mari.
Au revoir cet assassin, ce monstre qui a pas eu de teux à cause. À cause de moi,
oui, je sais. À cause d'une erreur d'appréciation.
Mais vous vous êtes rattrapé depuis, Michel.
Vous avez fait après tout ce qu'il fallait pour la pauvre Camille.
Des heures de patience et d'abnégation jusqu'à ce que je recouvre la vue.
Comment vous reprochez quoi que ce soit ?
Vous, l'irréductible policier droit et intègre.
Vous avez tout fait pour moi.
Tout.
Non, tout. Tout sauf l'essentiel, Camille.
Tout sauf vous aimer. Je n'ai pas su vous aimer.
Michel.
On va se revoir pour le procès.
Nous allons être amenés à parler de choses pénibles.
Ça va être assez dur comme ça, alors...
N'ajoutons pas l'affectif à ce calvaire.
Ça va être très difficile pour moi, Camille.
Pour moi aussi.
Pardon.
Oui, le marchand.
Oui.
Euh... Oui, comment vous dites ? Moray.
Qui ? Ah oui, l'écrivain, le... Oui, commandant.
Écoutez, vous le...
Interrogez-le.
J'arrive tout de suite.
Mais... Pourquoi vous m'emmenez au Quai des Orfèvres ? Nous y serons plus à l
'aise pour parler.
Monsieur Moret, c'est bien vous, là ? Sur les photos ? Oui, oui, c'est moi. C
'est moi.
Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi ce détective les a prises ? Que
vous a-t-il dit ? Malheureusement, rien. Il est mort.
Assassiné.
Monsieur Moret, d'après nos renseignements, vous habitez avec votre
épouse et vos deux enfants rue de Chartres à Neuilly.
Et sur une des photos, vous entrez dans un immeuble de la rue Gounod dans le
17ème. Pourquoi ? Mais parce que je loue un studio là pour travailler. Je fais ça
depuis des années, ma femme vous le confirmera.
C'est tellement plus pratique pour emmener ses maîtresses.
Eh oui.
Vous connaissez une certaine Karine Simonin ? Une... Non.
Pourquoi ? Cette femme dit me connaître ?
On aurait bien aimé lui demander, mais malheureusement, elle aussi, elle a été
assassinée. Eh oui.
Non, c'est pas vrai ! Et qui a pu faire ça ? C'est gentil pour elle, mais je
vous trouve bien choquée pour quelqu'un que vous ne connaissez pas.
C'est-à-dire que... Je connais le nom de Simone. J'ai rencontré un policier qui s
'appelait comme ça. Je l'avais contacté pour ma documentation.
J'ai même dîné une fois ou deux avec lui, je crois.
Avec lui et sa femme ?
Euh... Bon, monsieur Moray, un détective prend des photos de vous, il meurt.
Vous côtoyez la femme d'un flic, elle meurt aussi.
Ça fait beaucoup, non ? Est-ce que vous croyez que j'abuse si je vous mets en
garde à vue ? Hein ?
Merci, lieutenant.
Bon, Moray est pas clair. Il y a sûrement un lien entre lui et Simonin.
Il y a une équipe qui fait une perquisition chez lui.
Savoir s'il n'y a pas de traces d'humeur de Karine.
Et toi ? Je reviens de la banque.
Dans la manette de Simonin, il y avait 40 000 euros.
Vu qu'il était fauché, je me suis demandé d'où venait tout ce fric et puis
surtout pourquoi il l'a planqué dans un coffre.
Il faut vérifier les numéros de série.
Savoir si les billets ne proviennent pas d'un braquage. Je vais le faire.
Merci.
Je ne peux pas faire que des conneries.
Ce soir, tu pars pas sans me parler. C'est un ordre.
Michel, il y a du nouveau sur Simonin.
J'ai mis Bailly et Sisko sur le coup.
Vous en êtes ? Pardon ? Vous en êtes ? Oui,
oui, c'est parfait, c'est parfait.
Vous êtes sûr que ça va, Michel ? Oui, le travail va me faire énormément de
bien. Allons-y. Vas-y.
Alors voilà qu'à deux homicides viennent s'ajouter 40 000 euros d'origine
douteuse. Rendez-vous compte, lieutenant, que vous êtes bien mal
parti.
L'argent n'a rien à voir avec la mort de Karine.
Ce fric, c'est elle qui l'a trouvé dans la poubelle de l'immeuble. Dire ce que t
'es, Simonin. T'es un bel enfoiré de ripoux.
Ouais, parce que moi je suis sûr que ce fric, il a un rapport avec la mort de ta
femme. Le seul truc que je veux bien croire, c'est que c'est pas toi, en
effet. C'est elle qui avait engagé votre... Elle l'avait engagé parce qu
'elle se doutait que tu fricotais avec des voyous.
Elle t'a fait suivre pour confirmer ses doutes.
Tu t'en es rendu compte alors tu l'as tué. Et puis t'as buté Vautrin aussi qui
enquêtait sur toi. Attendez, attendez.
D'abord je tue parce que je suis jaloux, après parce que je suis un ripou.
Vous allez trouver quoi d'autre pour me coffrer ? Bien, dis-moi, le romancier,
Moret, il jouait quel rôle dans l'histoire ? Qu'est-ce qu'il vient
foutre là, celui-là ? Moret ? Je l'ai vu il y a un an pour sa doc.
On a bouffé deux fois avec Karine et lui, c'est tout.
Allez, s'il vous plaît, avouez le lieutenant de massacrer sa femme et un
détective pour cacher le butin d'un braquage. Qu'est-ce que vous espériez ?
Mais ce fric, merde, c'est Karine qui l'a trouvé.
Un matin, elle est allée mettre les ordures dans la poubelle de l'immeuble.
Il y avait la mallette dedans.
Elle l'a ouverte, il y avait tout ce fric.
Elle m'a appelé pour me faire voir.
C'était vrai, putain ! Oui, et puis alors vous avez remonté le tout pour
éviter que le fric finisse à la décharge, c'est ça ? Tu crois vraiment
qu'on va gober un truc pareil ? Non mais toi, Simonin, toi...
Tu ne croirais si on te le racontait ? Franchement. Mais putain, c'est la
vérité. Moi aussi, ça m'a rendu dingue. Je n'arrivais pas à y croire.
Karine m'a montré l'argent. J'avais tout ce pognon sous mes yeux. Et toi, un
flic, tu ne cherches pas à savoir d'où il vient ce pognon.
Mais si.
Je me suis regardé.
Je n'ai rien trouvé.
Je vous jure.
Je voulais appeler les collègues.
Mais Karine ne voulait pas.
Elle disait que c'était une chance pour nous deux.
Le moyen de repartir à zéro.
Vous voyez bien qu'elle m'aimait ? Je vais bien croire que Karine vous aimait
encore.
C'est la raison pour laquelle vous avez monté ce coup.
Pour lui offrir une nouvelle vie avec de l'argent. Et Karine a refusé cet argent,
tout comme elle a refusé cet homme devenu un truand qui n'était plus l
'homme qu'elle avait épousé, plus l'homme qu'elle avait aimé. Karine t'a
supplié de rendre l'argent.
Toi, ça t'a rendu dingue.
C'est pour elle que t'avais pris tous ces risques.
Là tu t'es dit que ça y est, c'était vraiment fini.
Alors tu l'as tué.
Mais bande d'abrutis.
Qu'est-ce que je voulais à vous parler ? Vous allez vous bouger le cul, oui ou
merde ? Vous allez retrouver l'enculé qui a fait ça ! Allez, c'est pas comme
ça, hein, Simonin.
Stop, parce que mon enculé, j'en vois qu'un, il est dans cette pièce et il
vient de perdre sa dernière chance de s'expliquer.
Alors une nuit au trou et demain, on te défaire.
Mon père Kizan a trouvé du liquide chez le romancier.
8000 euros, je l'ai fait passer à la vérif.
Cela dit, Moret, d'après son éditeur, vient de sortir un best-seller, un polar
qui cartonne, qu'il est blindé. Je vois pas très bien pourquoi, est-ce qu'il
serait allé se lier à Simonin pour un braquage ? Alors c'est bien, je l'ai mis
en garde à vue.
Bon, qu'est-ce qui va pas ? J'ai menti à Étienne.
Je lui ai dit que j'attendais encore les résultats de ma mammographie, alors que
je les ai déjà.
On croit que t'as quoi exactement ?
Tu te demandes si j'ai pas un cancer du sein ? Tu peux pas le laisser croire ça.
C'est pas possible.
J'ai rien trouvé d'autre. Je sais pas comment faire pour le retenir.
Je sais bien qu'elle est gosse, mais vraiment, je le sens prêt à faire un
break.
Bah, il lâche-le un peu, ton mari.
T'as vu ce qui s'est passé avec Simona et sa femme ? Dis-lui la vérité.
S'il la prend par ton médecin ou par quelqu'un d'autre, là, il va vraiment se
tirer.
Je sais pas.
Il saura, il comprendra.
Mais si il te quitte, c'est vraiment un abruti.
J'aurais bien aimé qu'une gonzesse me raconte une connerie pareille par amour.
Un petit bol d'air avant d'aller travailler.
Je me suis dit que ça vous ferait du bien.
Oui. Je vous remercie de m'avoir convié à cet intermède bucolique.
C'est une attention fort sympathique.
Venez.
Faut bien que je vous bichonne un peu, Michel.
Vous n'avez pas l'air dans votre assiette.
C'est le procès de Camille qui vous travaille ? Oh, je crains fort. Vous
voyez que Camille traverse des moments difficiles.
Et vous aussi, non ?
Moi, je fais mon métier.
Ça y est ! Alors on sait maintenant que les 40 000 euros de la manette portent
les mêmes numéros de série que les 8 000 euros de Moray.
Mais apparemment, le fric ne viendrait pas d'un braquage.
Alors, ou c'est l'argent de la drogue, ou le produit d'un cambriolage.
Bon, il faut vérifier, on y va. Allez.
Monsieur Morey, la vie n'est pas qu'un roman à l'eau de rose, il en est aussi
des noirs.
Et si l'argent que nous avons découvert à votre domicile provient du trafic de
drogue, vous savez ce que vous en courez.
Mais enfin, vous êtes dingue.
J'ai jamais touché à la drogue.
Si vous êtes complice de double meurtre, vous en aurez du temps, Thaulain, pour
écrire des polars.
Si vous vouliez de la publicité, on va vous en faire. Monsieur Morey, vous n
'avez été qu'un pion dans toute cette affaire.
Et vous ne gagnerez rien en protégeant tous vos complices. Rien.
Ah si, si, si.
20 ans.
M. Simonin ne mérite pas un tel sacrifice. Alors avouez tout simplement
d'où provient cet argent.
En fait, cet argent, je l'ai eu honnêtement. C'est M.
Karsinti qui me l'a donné. Faut me croire.
Eh.
C'est qui ce monsieur ? Comment on vous dit déjà ? Karsinti ? Oui, Karsinti.
C'est l'homme à qui j'ai vendu mon appartement il y a un an.
Parce que j'étais criblé de dettes.
Seulement, je l'ai vendu en dessous du prix du marché.
Ça arrangeait la carrière.
Alors il m'a refilé une partie en cash.
50 000 euros.
Si Morin ne ment pas, qu'est-ce que le reste du pognon fait dans la mallette de
Simonin ? Je sais pas. Votre accent de sincérité m'a presque convaincu,
monsieur Morin.
Puisque vous dites que vous n'êtes pour rien dans l'affaire qui nous préoccupe.
Seriez-vous nous expliquer comment 40 000 de ces 50 000 euros ont échoué dans
la mallette du lieutenant Simonin ? Sa femme, Karine Simonin,
travaillait pour moi. Je l'avais rencontrée il y a un an au dîner avec
son mari.
Mais après, c'est elle qui... C'est elle qui est venue me trouver.
Elle est venue vous trouver pour quoi ? Elle avait été...
des problèmes d'argent avec son mari.
Elle voulait écrire pour s'en sortir. Elle avait une idée pour un roman
policier, une très très belle idée.
Mais elle ne voulait pas le publier sous son propre nom.
Elle disait que son mari l'aurait tué, qu'il était beaucoup trop jaloux pour
ça. Excusez-moi, vous êtes en train de nous dire que, si je vous suis bien, que
Karine Simonin vous a contactée pour vous servir de nègre. Oui.
Depuis deux ans, je ne publiais plus.
Les ventes de mes romans avaient chuté. C'était pour moi une occasion de... De
faire du fric sur le dos de cette fille.
Attention, je l'ai payée. Je l'ai très très bien payée. Même 40 000 euros, c
'est pas rien.
Sans moi, le bouquin ne serait jamais sorti.
Oui, sans doute la femme d'exception, tant adulée par son mari, valait-elle ce
prix ? J'ai cru comprendre que votre livre caracolait en tête des ventes en
France et à l'étranger.
Dites-moi, avez-vous une idée même approximative de ce qu'il devait vous
rapporter ?
Deux cent... Deux cent cinquante mille euros.
Dites donc, pour que vous touchiez le pactole à vous, Karine Simonal leur a
payé bien cher.
Bien cher.
Dites-moi, vous n'avez pas pris venir le fisc ? Moré a dit la vérité. J'ai eu l
'acquéreur de son appart car senti au téléphone.
Il m'a avoué qu'il lui avait refilé cinquante mille euros en cash avant l
'acte de vente.
Bon, ben retour à la case départ.
Karine Simona a retrouvé le romancier deux fois par semaine dans son studio
pour travailler.
Simona a dû avoir des doutes et il a engagé le privé pour la faire suivre.
Il avait raison de douter, ce con lui faisait vivre l'enfer.
Alors elle a tendu tout chez son pognon dans l'espoir de se tirer un jour.
Cette place j'aurais fait pareil.
Ah oui, sauf que toi, Simona, t'aurais jamais coincé.
Seulement Karine a fait tout ça pour rien.
Simona a tout découvert, l'argent et le fait qu'elle voulait se tirer, et il l'a
tué. Simona aura oxy ce pauvre détective qui n'aurait pas manqué de dévoiler ses
suspicions à la police.
On aurait dû croire le gosse, Clément, là, depuis le départ.
Le temps qu'il nous tanne pour savoir quand est-ce qu'on fout son père au
trou.
Justement, il faut que Simona passe aux aveux.
D'accord.
D'accord, j'avais des doutes sur ce que faisait Karine.
Je l'ai pas tuée.
T'avais des doutes, alors t'as engagé un privé.
Hein ? Votre, hein ? Ouais, je l'ai engagé, ouais.
Mais il m'a toujours dit qu'il avait rien trouvé sur Karine.
Ce con a arrêté son enquête trop tôt.
Un mois avant le meurtre.
L'autre soir quand je l'ai appelé.
C'était pour lui demander si t'étais sûr qu'il avait rien vu.
Bravo.
Chapeau.
Beau numéro.
T'en as pas marre de me balader comme ça, non ? Je suis un petit peu d'accord
avec lui.
T'es très fortiche.
Si t'allais pas prendre 20 ans de taule, je t'aurais bien engagé à la crime.
Mon cul est... Pourquoi vous me gardez ? Je vous dis que le tueur croit que je
joue. Le tueur Simonin, il a fini sa route.
Ici, dans cette pièce.
Tu sais pourquoi ? Parce que le tueur Simonin, c'est toi.
T'as buté ta femme parce que tu croyais qu'elle avait un amant.
Voilà. C'est pas vrai.
Votre âme a rien dit.
Car il n'avait pas d'amant. Et non.
Elle n'avait pas d'amant.
Le pire...
C'est qu'elle ne te trompait même pas.
Elle se cachait de toi à cause de ça.
Et c'est quoi ça ? Oh, c'est un livre.
Prétendument écrit par un certain Gabriel Moray. En réalité, écrit par
votre épouse.
Karine Simonin qui avait trouvé là le seul moyen de gagner son indépendance
financière et de pouvoir enfin quitter.
Mais c'est quoi cette histoire ? C'est pas possible.
Cet argent Karine a trouvé dans la poubelle.
Elle a jamais écrit une ligne de sa vie. Peut-être que le privé aussi s'est
gouré.
Peut-être qu'il pensait qu'elle se faisait troncher à longueur de journée.
C'est vrai que pour se faire 40 000 euros, il fallait en faire des passes.
Mais qu'elle fasse la pute ou qu'elle écrive un bouquin.
D'ailleurs, ton dos.
Hé.
De toute façon, on la laisse barrer.
C'est bien ça qu'il t'a dit, Vautrin.
C'est bien pour ça que tu les as tués tous les deux.
Alors dis-le que tu les as tués tous les deux.
Non.
Il y a quelque chose qui cloche.
La deuxième perquise chez Simonin a porté ses fruits.
Le couteau qui a tué Vautrin provient d'un jeu anti acheté dans une
coutellerie par Karine Simonin.
Le couteau manquant dans sa cuisine est donc celui qui a tué le détective. Ah.
Bon.
Eh bien, autrement dit, à moins que soupçonne le fils, qui voulait chez ses
parents, mais qui adorait sa mère, quand même, eh bien, on n'a plus que Simonin à
se mettre sous la dent. Je suis d'accord.
Et vous, Michel ? Oh, quelque chose me gêne. Voyez-vous, en lisant les
auditions des collègues de Simonin, j'ai noté que l'un d'eux signalait que
Simonin s'était renseigné sur tous les braquages qui avaient lieu dans la
région et il voulait savoir si des truands étaient tombés.
Pourtant, ce n'était pas du ressort de sa DPG.
Et il s'en inquiétait.
Attendez, attendez.
Il avait une raison de faire ça.
Simonin voulait savoir si l'argent de la mallette provenait d'un casse et
pourquoi elle avait été déposée dans la poubelle.
C'est absurde, Fisco.
Et s'il n'y avait jamais eu de poubelle ? A moins que Simonin ne nous ait dit la
vérité, à moins qu'il ait cru sa femme quand elle lui disait avoir trouvé cette
mallette dans la poubelle.
Et que celle-ci y ait vraiment été.
Si elle voulait vraiment le quitter.
Pourquoi elle aurait mis la mallette dans cette poubelle, sous les yeux de
Simonin ? Parce qu'elle ne voulait pas le quitter, justement.
C'est ça le problème.
Karine aimait toujours son mari comme le prétend Simonin.
Elle a accumulé tout ce fric pour qu'il s'en sorte.
C'est tout.
Comme Simonin était jaloux à en crever, elle a écrit avec Moret en secret, pour
que son mari n'en sache rien.
Et après, elle lui a fait coup de la poubelle.
Voilà, cela nous pose néanmoins un problème.
Si Simonin dit vrai...
Voyez-vous, cela suppose que le détective ne lui avait rien révélé de
son enquête. Or, pourquoi lui cacher les résultats ? Pourquoi ? Bon, il faut se
renseigner sur Vautrin. Son associé est rentré de son enquête. On ira l
'interroger demain.
Oh là, tout ça, ça va faire une très mauvaise publicité pour l'agence.
Quelle publicité ? Pour l'instant, votre associé, Vautrin, il est incriminé en
rien, c'est lui qui est mort.
Et puis merde, vous fidérez bien par l'apprendre.
Apprendre quoi ? C'était mon associé, mais c'est mon nom à moi qui
apparaissait sur les papiers officiels de l'agence.
On ne touche pas, on ne touche pas.
Vautrin, il n'avait pas obtenu sa licence de détective.
On lui avait refusé il y a 15 ans. Pourquoi ? Il avait été impliqué dans
plusieurs tentatives de viol.
Et malgré les non-lieux, il a été viré de la police.
Bon, et depuis que vous le connaissez, est-ce que... Ok.
Est-ce que votre un aurait encore tenté d'abuser de quelqu'un ? Une cliente, par
exemple.
Arrêtez avec ça maintenant ! Lâchez ce cahier, lâchez ce cahier.
Allez, asseyez-vous, asseyez-vous.
Fille de merde !
Moi, j'avais dit à Vautrin de ne pas faire de conneries.
Mais il enquêtait sur l'affaire Simonin.
Alors, il a appris que le mari, le mari, c'était un jaloux. Il était jaloux à en
crever. Alors, il a essayé de profiter de la situation, vous comprenez.
Il a fait chanter la femme.
Alors, elle, elle avait des relations un peu mystérieuses avec un romancier.
Oui, d'accord, Moret.
Bon, et Vautrin, il est arrivé à ses fins ? Une fois.
Une fois, la femme, elle a couché avec lui.
Moi, je lui ai dit de la laisser.
Après, à un moment, elle n'a plus voulu.
Je ne sais pas pourquoi, cette fille, elle l'obsédait.
Bon, Vautrin est mort, mais avant de mourir, peut-être qu'il a buté Karine
Simonin, non ? Vous avez vu, il y a une camionnette pour vos planques.
Ah ben oui, mais elle est au garage.
Bon, les clés, allez.
Je suis désolé, Simona.
On a cru que c'était toi, alors on t'est rentré dedans.
Excuse-nous.
Vous avez retrouvé le tueur ? Il y avait du sang dans la camionnette de Vautrin.
Et c'est le sang de ta femme, Karine.
Vautrin a profité de l'enquête qu'il faisait pour toi pour...
Pour faire chanter Karine, parce qu'il voulait coucher avec elle.
Mais alors, cette histoire de bouquin... Tout ça, c'était vrai ?
Oui, c'est vrai.
Il y en a quelque chose de plus dur à te dire.
Quoi ? Lieutenant, votre femme était-elle proche de votre fils ?
Oui.
Qu'est-ce que Clément a à voir ? Le couteau qui a tué Vautrin vient de ta
cuisine.
Alors, à part Clément et toi, qui d'autre aurait pu prendre ce couteau ?
Arrêtez, là.
Je comprends le calvaire de Karine.
Elle a dû coucher une fois avec ce porc de Vautrin pour pas qu'il te raconte ce
qu'il savait.
C'était trop dur de garder tout ça pour elle.
Alors elle a craqué.
Elle en a parlé à Clément.
Non.
Pas Clément.
Clément n'a pas dû évoquer.
Désolé, Simon.
Bande d'enculives.
D'abord c'est moi.
Et après c'est mon fils.
Vous n'avez rien contre lui.
Vous ne l'aurez pas.
Vous ne me le prendrez pas.
Vous allez tous vous faire foutre.
Tais-toi, Clément. Ferme-la.
Ils vont te coincer. Qu'est-ce que tu veux là ? Tu ne devrais pas moisir en
prison. Tout ça, c'est ta faute.
Certes, Clément, mais votre père n'a rien fait.
En revanche, vous qui étiez si proche de votre mère, ne vous a-t-elle pas dit que
le détective la harcelait ? Ne vous a-t-elle pas raconté le calvaire qu'elle
subissait ?
Bien
sûr que ta mère te parlait.
Parce qu'elle avait que toi à qui parler.
Parce qu'elle avait confiance qu'en toi. Dis rien et te fais un avocat.
Aucun avocat n'empêchera votre fils de parler.
Personne ne l'empêchera de dire la vérité.
En face.
Clément a raison, sans la tyrannie que vous exerciez sur sa mère, celle-ci
serait encore en vie. N'écoute pas, c'est un piège, tais-toi. Toi, la ferme
! Je veux que tu saches ce qui s'est passé.
Je veux que tu crèves avec. Je t'en prie, Clément, dis rien. Si maman est
morte, c'est à cause de toi.
Elle m'avait mis au courant pour Vautrin.
Elle m'avait dit qu'il la faisait chanter.
Elle m'avait dit à quel point il la harcelait.
Une fois, il l'a forcée.
Elle n'a rien pu dire.
Elle avait trop peur de toi.
Elle a voulu arrêter, c'est pour ça qu'il l'a tuée.
Clément, dis-moi, pourquoi as-tu fait disparaître chez Vautrin les preuves de
son enquête ? Parce que je voulais que tout le monde croit que c'était mon père
qui les avait tués.
Comment t'as eu l'adresse de Vautrin ? C'est vous qui m'avez montré la carte,
vous vous en rappelez pas ?
Sur cette putain de carte de visite, le privé, c'est encore en vie.
C'est le gosse qui va finir en tout.
Tu sais, papa, maman, elle t'a toujours aimé.
Tout ce qu'elle voulait, c'était écrire un livre.
Elle t'aurait suivi partout.
Avec l'argent du roman, elle espérait repartir du bon pied.
Et tout ça, elle l'a fait parce qu'elle t'aimait.
T'as senti qu'une pauvre merde.
T'as jamais su t'occuper d'elle.
Si je peux faire un truc pour toi... J'ai besoin de mon fils et de ma femme.
Faire quelque chose.
Et voilà.
Deux morts et une vie gâchée pour rien.
Pour une femme qui, malgré la folie de son mec, a continué à l'aimer.
Si c'est ça l'amour... Simona et son épouse étaient deux êtres
indissociables, antagonistes et complémentaires, voyez-vous.
Elle était le yin, il était le yang.
Elle était la lumière, le jour.
Maintenant, que peut faire cet homme sans sa lumière ? Rien, sinon s'enfoncer
profondément dans les ténèbres de sa nuit.
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