All language subtitles for La.Crim.S07E02

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Original subtitles

Alors, la nouvelle promue en train d'en route ? Qu'est-ce qu'on a ? Victor

Cauche, étudiant en médecine de 24 ans, interne.

Le concierge qui a découvert le corps.

Oui, enfin, le concierge a été en train de plier son courrier ce matin, comme

tous les matins, en écoutant la radio, les infos, et évidemment, donc, il n'a

rien vu, rien entendu.

Tout comme les trois locataires de l'immeuble, d'ailleurs.

Ça promet.

Bien, plusieurs coups portés au niveau des vertèbres cervicales supérieures

laissent apparaître 1, 2, 3, 4, 5, 6 perforations.

symétrique. L'absence d'armes sur les lieux du crime nous empêche d'être plus

précis.

En tout cas, jeune, un bel avenir devant lui.

Pas trop fauché, quand même, hein, l'appart ? Non ? T'aimes pas, toi,

monsieur ? Non, c'est un peu con de finir comme ça, quoi, c'est tout. C'est

classe, l'exposée du lit, elle devait être contente, sa copine.

Ah, bon, en tout cas, il y en a une qui lui promet l'enfer s'il se sépare pas de

sa vieille. C'est pas mal, la clé de la semaine dernière.

Et signée d'une, pardon, certaine Ophélie.

Apparemment, la victime était chouchou des commerçants du quartier.

Le boulanger a affirmé qu'il était venu chercher des croissants ce matin vers

10h30. Pendant la nouvelle, elle a fondu en larmes.

Ça prouve que Victor Cauch a été buté entre 10h30 et 12h30, heure à laquelle

le concierge a découvert le corps.

Effectivement, elle a la colère éloquente, cette demoiselle Ophélie.

Tiens, c'est elle, la fille avec l'écharpe rose.

Je l'aimais.

J'ai rien d'autre à vous dire, laissez-moi tranquille.

Écoutez, je sais que c'est difficile, mais si vous l'aimiez, vous deviez avoir

envie qu'on retrouve son assassin.

Vous étiez ensemble depuis combien de temps, Victor et vous ? Une mois et

trois semaines.

C'était tellement bien.

C'est pas évident, hein ? Quand on lit cette lettre, c'est bien vous qui l'avez

écrite.

Vous accusez votre amie de vous tromper avec une vieille, je peux savoir qui c

'est ? Victor faisait du babysitting chez elle.

C'est comme ça qu'elle l'a tirée.

Vous la connaissez ? Non, mais c'est à cause d'elle qu'on a rompu Victor et

moi.

Quand ? Il y a trois jours.

Maintenant il est mort.

Je l'enverrai jamais plus.

Elle a tout gâché ! Où est-ce que vous étiez ce matin entre 10h30 et 13h ? Je

sais pas.

C'est moi.

Toute seule ? Oui, seule.

Bon. Mademoiselle, vous allez accompagner le capitaine Bailly chez

vous pour une parquisition.

Rappelle Cisco qu'il vienne avec toi.

Et vous

êtes bien certaine que personne n'a téléphoné ici, hier soir ou ce matin ?

Enfin, vos parents, par exemple ? Mes parents n'appellent pas quand ils sont

en voyage.

D'ailleurs, ils ne m'appellent jamais.

Faites attention, ce sont des ciseaux de chirurgie, de collection.

Vous voulez devenir chirurgien ? Médecin légiste.

Dites-moi où est la pièce manquante.

Je ne sais plus.

Je l'ai égarée.

Je l'ai trouvée dans la chambre. Même marre que celle qui était sur l'écorché

chez la victime. Cette chemise, je l'ai achetée. Elle est à moi.

C'est moi.

Cisco. Oui.

Le nom et l'adresse de la personne joliment citée dans la lettre de

mademoiselle, tu l'as ? Catherine Marois, 27 rue du Commerce.

C'est à transmettre de chez Victor.

Vous avez entendu ? Vous pouvez me dire comment vous connaissez par cœur l

'adresse d'une femme que vous n'avez jamais vue ? J'ai suivi Victor jusque

chez elle un jour.

Bonjour. Bonjour.

Madame Catherine Marois.

Elle s'est rendue dans votre service ce matin.

Elle a dû arriver vers midi avec son fils et le faire les argents après.

Le petit Pierre Marois est décédé il y a une heure.

Je suis en train de sortir son dossier.

Merde. Je vous emmène ? Oui, merci.

Stéphane Marois, c'est notre fils. On est au courant.

Commandant Scandella, brigade criminelle.

Lieutenant Lefebvre.

On enquête sur Victor Cauch.

C'était votre baby-sitter, je crois.

Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? On l'a retrouvé mort chez lui ce matin.

On a besoin de votre témoignage, mais évidemment, ça peut attendre un petit

peu.

Mais bon... Chérie, tu vas rentrer à la maison.

Moi, il faut que je reste ici. J'ai tes papiers à remplir, il y a des démarches

à faire.

Mais t'inquiète pas, je vais être rapide. Je vais très vite être à la

maison. Je vais appeler un taxi.

On peut raccompagner votre femme si vous voulez.

Madame Marois, c'est pas le moment pour vous de... Nos questions peuvent s

'attendre jusqu'à demain.

Demain est un mot qui n'existe plus pour moi.

Victor s'entendait très bien avec Pierre.

Mon fils.

Ils adoraient jouer ensemble.

J'imagine que... Vous ne sortiez pas souvent ? Un enfant asthmatique, ça doit

être compliqué de le laisser, non ? Oui.

Non, enfin... C'est mon mari qui insiste pour qu'on sorte.

Quand il rentre de vol, il a besoin de...

D'avoir une vie sociale, moi je peux pas quitter Pierre, c'est au-dessus de mes

forces.

Il n'y avait que trois ans.

Vous vous souvenez de la dernière fois où vous avez vu le baby-sitter de votre

fils ? Oui.

Ce matin.

Il est passé un coup de vent avant que je lui devais de l'argent.

Il était quelle heure ? Dix heures peut-être.

Juste avant que Pierre ait sa crise et que...

Vous dites que cette jeune fille pense que j'avais une liaison avec Victor ? C

'est peut-être simplement le fruit de son imagination.

Mais Victor était le baby-sitter de Pierre.

Jamais j'aurais pu. Nous sommes désolés de vous avoir importuné, Madame Marois.

Vous avez besoin de vous reposer.

Oui, vous avez raison.

D'accord.

Sans sucre, c'est ça ? Merci.

La lavasse de l'hôpital m'est restée sur l'estomac.

Il n'y a pas que ça, d'ailleurs. Cette femme a un courage et une dignité.

J'ai cru qu'elle allait s'effondrer, mais elle a tenu bon.

En tout cas, elle pourrait être la 37e maîtresse de Don Juan. J'ai calculé ça d

'après le pêle-mêle.

Catherine Marois, c'est pas du genre photomaton.

Son gosse était malade, elle arrêtait pas de s'en occuper.

Je la vois mal se taper le baby-sitter entre deux cuillères de sirop.

Quant à Victor Koch, il avait un emploi du temps plutôt chargé. Entre les

babysitting, ses études de médecine et Ophélie, je vois pas très bien comment

en plus il aurait pu gérer une relation avec Catherine Marois.

Autant que ce garçon avait d'excellents résultats en faculté. C'était un

travailleur acharné.

Ça, on peut être un travailleur acharné et courir à la gueule.

Pas vrai, Michel ? Mais dis-moi, le babysitting, c'était pour se faire de l

'argent de poste, c'est pas pour payer le loyer.

Il était propriétaire. Il y a deux de ses parents, une famille d'architectes

super riches.

Mais bon, pour la bouffe, les sorties, les fringues, il devait se débrouiller

tout seul.

D'accord. Il y a quand même un truc qui m'échappe.

Vu le palmarès en photo qu'il avait au-dessus de son lit, son petit copain,

Ophélie Giffard devait bien se douter qu'il n'allait pas rester avec elle

toute sa vie. Je sais pas, elle avait l'air complètement effarée qu'il la

trompe, alors... Encore le genre de conne qui pensait sans doute qu'avec

elle, ça serait différent.

Il doit y avoir des trucs à nous dire.

On va la laisser gamberger cette nuit au dépôt et vous irez l'accueillir demain

matin, Michel.

Moi ? Oui, vous.

D'accord.

A part si t'as envie de me cuisiner du riz de vaumorille. Je t'ai dit ma petite

fille chérie de ne pas ouvrir un seul cadeau avant que j'arrive.

Je pars tout de suite, je te promets. J'arrive, à tout de suite.

C'est l'anniversaire de ma fille ! Oh là là, ça fait trois fois qu'il me le dit.

A tout à l'heure Jean-Louis, je dors chez toi.

Putain, Cisco, on dormait, là.

Pourquoi pas encore minuit ? Je sais, mais le traiteur japonais était

dégueulasse, alors il s'est couché avant d'être malade.

Oui, tu dors chez Mario, quoi.

D'accord, OK, à demain.

Bon, mais Cisco, il dort chez son ex.

Il a peur de louper le petit-déjeuner avec sa fille.

C'est le bruit de bouffe.

J'ai cru que je pourrais jamais digérer.

Ça va mieux ? À peu près, oui.

à cause des six coups.

Je sais pas comment je vais faire pour m'endormir.

Non plus.

On va aller bosser, tu vas me dire ce qui va pas.

J'arrive pas à dire à Etienne que je suis montée en grade.

Quand je rentre à la maison, il est soit fatigué, soit de mauvais poil. Hier,

encore, il faisait la gueule. Ah bon, c'est jamais le bon moment.

C'est pas un peu le tableau ? T'as un mari qui t'aime, des enfants en pleine

forme, ça va, quoi.

Il se pense pas d'avoir des problèmes.

Écoute, dans le groupe, t'es la seule à avoir une vie de famille, une vie

sentimentale. Vraie vie, quoi.

C'est toi la référence, ma vieille.

Tu pousses un peu, non ? C'est la preuve vivante qu'on n'est pas obligé de vivre

seul et de bouffer des pizzas tous les soirs pour faire ce métier à la con.

Ça va, j'ai compris.

Merci. De quoi ?

Je

suis en retard pour l'autopsie, d'accord, mais enfin bon, tu perdras pas

au change.

Du coup, j'ai pu aussi avoir les anapathes du môme.

Ça devrait être interdit de mourir si jeune.

Et si vous auriez un cœur, Salinas ? C'était un de mes élèves en anatomie.

On allait souvent au café après les cours, je le connaissais bien.

Je ne savais pas, je ne vous prie de m'excuser.

Les premières constatations du décès, deux des six perforations constatées sur

la nuque ont sectionné la moelle épinière. Ça suffit pour qu'il y passe.

Des lueurs sur l'arme du crime ? Non, rien de formel.

Vu la forme particulière des perforations, je dirais un instrument à

lame double, ciseaux.

Tranchant et fin.

Si c'est des ciseaux, ça voudrait dire que c'est... Oui, ça peut vouloir dire

qu'il s'agit d'un clim fortuit. Autre chose.

Oui, les anapathes indiquent un taux élevé de monoxyde de carbone dans le

sang. Et le rosé du cadavre, ce qui n'aura pas échappé à votre perspicacité.

Oui, t'aurais fait un bon légiste.

Il y a des jours, je te donnerais bien ma place.

Non, merci.

Sans façon.

Ça va, ça va.

Allez.

Cette nuit passée en garde à vue vous a-t-elle rendu plus loquace,

mademoiselle ? Pardon ?

Vous avez affirmé ne plus avoir de contact avec M.

Cauch depuis votre rupture survenue trois jours avant sa mort.

dont vous fréquentez la même université.

On se croisait.

Mais je faisais comme s'il n'existait pas. Je voulais l'oublier. Vous, en

revanche, n'êtes pas du genre à vous faire oublier. Vous n'aimez pas qu'on

vous laisse tomber. C'est moi qui ai quitté Victor.

Moi, je pense que c'est Victor qui, ayant rencontré quelqu'un d'autre, vous

a laissé tomber.

Vous ne comprenez rien.

Non.

Victor et moi, on s'aimait.

Les autres filles, elles ne comptaient pas pour lui. Dans ce cas, pourquoi la

liaison que vous lui prétiez ?

Et que Mme Marois vous mette dans un tel état. Je ne supporte pas d'être prise

pour une conne.

Victor voulait me faire croire qu'il allait tous les jours chez elle pour

garder son môme, alors qu'il couchait avec elle.

Mais dites-moi... Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer

que Victor Cauch était l'amant de Catherine Marois ? Mais il se voyait

tous les jours.

Tous les jours.

J'ai compris.

Bailly vient d'appeler, elle est à la section informatique en train d'éplucher

le disque dur de l'ordinateur de Victor Cauch.

Pour l'instant, RAS.

Très bien.

Dis-moi, je voulais te dire à propos de ce qui s'est passé entre nous hier soir.

J'ai réfléchi et je crois que ce serait bien que... Que je rencontre ta fille ?

Je n'osais pas te le demander.

De mon côté, j'ai eu ma mère au téléphone, elle nous attend dimanche à

déjeuner.

Ah bon ? Et tu ne vas pas me croire.

Le riz de Vaumaurie, c'est sa spécialité.

Ah, non.

Elle n'est pas belle, la vie ? Si.

Mais respire un coup, je plaisante.

Bon, je préfère.

Mais ça n'a rien à voir avec toi. C'est parce que les histoires d'amour entre

flics, moi je connais, ça m'a jamais vraiment porté chance.

Alors je crois que c'est mieux qu'on en reste là, quoi.

Histoire de maintenir la cohésion du groupe. Tu comprends ? C'est comme si

rien ne s'était passé.

Ok, merci.

Enfin, merci.

Le sentiment de mademoiselle Giffard...

Pour la victime, semble sa soeur, aussi personnellement, je ne crois pas celle

-ci capable d'agir contre l'objet de son affection.

C'est une fille paumée que ses parents laissent chez elle depuis l'âge de 12

ans pour des raisons de voyage à travers le monde. Voilà, ça ne respire pas l

'affection chez elle. Pas étonnant qu'elle se soit raccrochée comme ça à

son mec.

Ok, Ophélie aime Victor, Victor aime Ophélie. Et Salinas, il en pense quoi ?

Pour l'arme du crime, notre bien-aimé légiste suggère des ciseaux.

Il faut quand même signaler qu'il en manque un dans la collection de ciseaux

de chirurgie d'Ophélie.

Exact, mais le plus troublant, voyez-vous, c'est la présence de

monoxyde de carbone dans le sang de la victime.

Il y avait une cheminée chez lui ? Non, mais un chauffe-eau ancien dans la salle

de bain.

Je fais vérifier les conduits de ventilation au cas où ceci serait

obstrué. Ce qui explique pas la présence de monoxyde de carbone respiré par la

victime. Oui, en tout cas, c'est pas le monoxyde qui l'a tué.

Et cette histoire entre lui et Catherine Marois, t'en penses quoi, toi ? Ça

paraît crédible ? Écoute, je venais quand même la voir tous les jours, chez

elle. Enfin, soi-disant pour voir le môme.

Quand on fait médecine et qu'on a toutes les filles de la fac à ses trousses, on

a autre chose à faire que de jouer aux petites voitures avec un gosse de 3 ans.

Oui, pour justifier de sa présence quotidienne chez Mme Marois, Victor

Cauche devait avoir un mobile un petit peu plus solide que celui de l'intérêt

qu'il portait à cet enfant.

Les couilles.

Quoi ? Par se taper la mère, je vois pas ce qu'il pouvait faire.

Donc, Ophélie avait de bonnes raisons d'être jalouse, quoi. C'est ça.

Force est de constater que nous avons un nouveau suspect, ce qui était

insupportable pour Ophélie.

Je dois

passer

à la pharmacie.

Ils ont dû recevoir ma commande.

Il faut que j'aille chercher des calmants. Je reviens tout de suite.

Attends, tu veux pas que j'y aille, mon amour ? Non, mais bougez pas.

Je vous accompagne si vous voulez.

Oui.

Prenez votre temps, je comprends très bien.

Je ne crois pas, non.

J'ai une petite fille, près du même âge.

Qu'est-ce que vous voulez de moi au juste ? D'après nos renseignements, vous

avez atterri ce matin-là à 8h20 et vous n'avez rejoint votre femme qu'à midi à l

'hôpital. Alors pourquoi, après avoir posé votre avion, vous avez attendu tant

de temps avant de rentrer à la maison ? J'ai eu un vol difficile et je voulais

épargner mon stress à ma femme et à mon fils.

Alors j'ai pris ma voiture et j'ai roulé. Mais c'est quand même épouvant

quand on est... Quand on est comme vous, souvent absent.

On a plutôt hâte de rentrer chez soi, non ? Souvent absent.

Je suis sans doute le commandant de bord le moins bien payé de ma compagnie.

J'ai divisé mes vols de moitié pour être plus souvent avec ma famille.

Pourquoi ? Vous aviez peur de laisser votre femme trop souvent seule ? C'est

ça ? J'ai besoin d'être avec elle.

Avant, c'était pas pareil.

Quand il était hôtesse de l'air, on faisait en sorte de se retrouver

toujours sur les mêmes vols. On se quittait pratiquement jamais.

Puis Pierre est né.

Et un peu plus tard, vous avez embauché Victor Cauches comme... baby-sitter.

Apparemment, votre femme et lui s'entendaient bien, non ? C'est

important de bien s'entendre avec la personne à qui l'on confie ce que l'on n

'a de plus cher au monde.

Non ? Oui, sauf que quand la personne dont vous dites est un jeune homme

plutôt... séduisant, amateur de jolies filles... Victor était

payé pour s'occuper de temps en temps de mon fils, pas de ma femme.

Et si j'avais eu le moindre doute quant à ses intentions, je l'aurais viré.

Et votre femme ?

Catherine est très belle.

Très désirable.

Et très fidèle.

Mais c'est le... ce genre de femme qu'il faut toujours continuer de séduire.

Même en étant marié avec elle.

Il t'a repassé souvent à la maison.

En dehors de ses babysitting.

Même s'il venait surtout pour Pierre, ça me faisait plaisir d'avoir un peu de

visite.

Marier un pilote de ligne, ça ne doit pas être évident.

Vous devez souvent vous retrouver seule.

Depuis que je suis devenue la mère de son fils, Stéphane ne me regarde plus

comme une femme.

Ça, c'est dur.

Victor devait sentir que vous aviez besoin d'amour.

Il était très fin.

Très discret.

Il était très mûr pour son âge.

Je comprends que vous y ayez cédé à son charme.

Mais je vous l'ai dit.

Entre Victor et moi, il ne s'est rien passé.

Pourtant, c'est ce que persiste à croire l'ex-petite amie de Victor.

Pour elle, c'est à cause de vous qu'ils ont rompu.

Il faut lui dire qu'elle se trompe.

La pauvre petite.

Venez. S'il vous plaît.

Venez.

Eh ! Venez.

Eh ! Quelqu'un de ma voix ? J'ai quelque chose à vous dire.

Bonjour, Ophélie.

Vous êtes belle.

Mais Victor ne vous aimait pas.

Il est amoureux de moi.

Je suis certaine. Alors pourquoi vous ne l'avez pas laissée tranquille ? Vous

vous sentiez seule ? Vous aviez envie de vous taper un petit jeune, c'est ça ?

Vous souffrez.

Je comprends, mais... Mais vous avez gâché une histoire d'amour.

Tout ça pour vous envoyer en l'air.

C'est dégueulasse. Ça suffit, mademoiselle.

Entre Victor et moi, il n'y a jamais eu que de l'amitié.

Et c'est par amitié qu'il était toujours fourré chez vous ? S'il était toujours

fourré chez moi, comme vous dites, c'est pour mon fils.

Victor s'était attaché à Pierre depuis le jour où il a failli mourir.

Pardon ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Un soir où Victor le gardait, Pierre n

'arrivait pas à respirer.

Victor a insisté pour qu'on l'emmène aux urgences.

Et si je ne l'avais pas écouté, Pierre n'aurait...

Merci.

Je voudrais sortir.

Pourquoi

je

vous raconte ça, moi ? Tout est fini.

Maman, mon bébé est mort.

On a retrouvé la boutique où Victor a acheté non pas une, mais deux chemises

Hawaiian la veille de sa mort.

Et on a aussi retrouvé des cheveux de Victor sur la chemise qui était chez

Ophélie. Ça signifie qu'Ophélie nous ment.

Elle va s'y désemparer face à Madame Marois. Je doute fort que sa jalousie

soit suffisamment forte pour l'amener à tuer son amant infidèle.

Bon, on continue de pilonner Ophélie. Et j'envoie Béa à l'hôpital pour vérifier

si vraiment un jour, notre victime a sauvé la vie du petit Marois.

Faudrait finir par savoir ce qui l'intéressait vraiment chez eux.

La mère ou le petit.

Entre... L'arme du crime...

Qui pourrait bien provenir de votre collection de ciseaux, de chirurgie, la

chemise de Victor Koch qu'on a retrouvée chez vous, et vos mensonges, bien sûr.

On n'a pas eu de mal à comprendre.

Toutefois, avant de lancer la machine infernale qui va faire de vous une

meurtrière, nous donnons la chance de nous prouver que nous nous sommes

fourvoyés.

D'accord.

Je suis passée voir Victor ce matin-là.

Ça fait trois jours qu'on ne s'adressait plus la parole, je n'en pouvais plus.

Je lui ai apporté un cadeau.

Une paire de ciseaux de ma collection.

Le plus rare.

J'ai fait ça... J'ai fait ça parce que je voulais qu'on reparte à zéro, tous

les deux. Bon, Ophélie, c'est bien beau tout ça, mais à force de mentir, nous,

on sait plus où on en est.

Alors, qu'est-ce que vous avez fait après avoir offert ce cadeau à Victor ?

Je suis partie.

Victor m'a dit qu'il devait passer voir Pierre avant d'aller en cours.

J'ai compris que pour lui, notre histoire était finie.

Et vous vous êtes dit au revoir, comme ça, à bientôt, à la prochaine fois, hein

? Comme de bons amis.

Non, je l'ai insulté.

Pardon ? Je l'ai insulté.

J'ai pris une chemise pour garder un souvenir de lui et je suis partie en

courant.

Je ne voulais pas qu'il me voit pleurer.

Pourquoi ne pas nous avoir narré tout de suite cette histoire, mademoiselle ?

Cultiveriez-vous le goût des mystères ? Je savais que vous me feriez des ennuis.

Ah non, pas des ennuis.

Des gros ennuis. Qu'est-ce qui nous prouve que tu dis vrai cette fois ?

Viens. Viens ici.

Qu'est-ce qui nous prouve que t'as pas tué Victor Cauche après t'être engueulé

avec lui ? Réponds. C'est la vérité, je lui ai pas fait de mal, je l'aimais.

Nous sommes persuadés que vous l'aimiez sincèrement, mademoiselle.

D'ailleurs, nous savons que tout le monde pense que Victor Cauche était un

garçon formidable.

Ne le doute que les membres du jury seront sensibles à l'évocation de ce

drame passionnel.

Aussi, avouez, vous l'avez tué. C'est pas moi qui ai fait ça.

On s'est engueulés, c'est tout.

Comme Victor m'a dit qu'il devait passer chez les Marois, c'est là que j'ai

compris.

Laissez-nous faire croire depuis le début que Victor était l'amant de

Catherine Marois. Mais vous avez quelle preuve ? Vous les avez vus ensemble ?

Vous avez vu une photo ? Non. Une lettre ? Non.

Un message sur le portable.

Dites-moi, qu'est-ce que... il vous a dit, Victor, sur sa maîtresse ? Il n'a

pas parlé d'elle.

Il a parlé du petit.

Il a dit qu'il devait aller le voir parce qu'il s'inquiétait pour lui.

C'était devenu une obsession, ce gamin.

Tu trouves ça normal, toi, qu'en pleine rupture, ton mec te parle du môme de sa

maîtresse ? C'est normal ? Non.

Non, je sais pas.

Mais je vous jure, je dis la vérité. C'est pas moi qui ai fait ça.

Oui, je me souviens très bien de ce jeune homme.

Il est venu un jour avec le petit Pierre Marois et sa maman.

C'est grâce à son diagnostic qu'on a pu sauver l'enfant d'une pneumopathie.

Vous voulez dire que sans lui, vous n'auriez pas pu ? Vous savez, pour un

enfant asthmatique de cet âge, le problème respiratoire le plus bénin peut

avoir des conséquences dramatiques.

D'ailleurs, Mme Marois a emmené Sophie sans urgence dès qu'elle sentait qu'une

crise pouvait dégénérer.

C'est une femme formidable.

C'est-à-dire ? Elle s'est toujours montrée coopérative, discrète avec le

personnel soignant, tout en restant présente.

Si tous les parents pouvaient être comme elle...

Et M. Marois, il était aussi courageux que sa femme ? Je ne l'ai vu que deux ou

trois fois. La plupart du temps, quand le petit faisait une crise, il était

absent.

Mais aujourd'hui, je sais qu'avec cette histoire de chaudière, il s'en veut

énormément. C'est quoi cette histoire de chaudière ?

Le marchand, j'ai résolu votre problème.

Je sais pourquoi on a retrouvé des traces de monoxyde de carbone dans le

sang de la victime.

La prise de sang effectuée sur le petit Marois dès son arrivée à l'hôpital

indique aussi un taux important de monoxyde.

C'est dû à quoi ça ? A une chaudière défectueuse. D'après l'infirmière, l

'intoxication au monoxyde aurait amplifié les crises d'asthme du petit et

serait en partie responsable de son décès. L'information capitale s'y en

est. Nous savons désormais où Victor Coche a inhalé le monoxyde de carbone

retrouvé dans son sang.

Ça veut dire que Catherine Marois nous a menti quand elle a prétendu que Victor

était passé chez elle en coup de vent le matin du crime.

Alors, au vu de ce nouvel élément, il serait bon de prendre en considération

les allégations de Mlle Giffard en ce qui concerne la supposée liaison entre

Victor Cauch et Catherine Marois.

Ah, le matin de sa mort, après la visite de Félie, en fin de compte, Victor Cauch

réfléchit et réalise qu'il tient à elle puisque tout au monde. Donc, il va voir

sa maîtresse, Catherine Marois, pour en finir.

Catherine Marois refuse la rupture, Victor s'en va et peu de temps après,

elle se pointe chez lui et le tue. Ou alors le mari rentre de vol, trouve sa

femme et son amant ensemble, prend le bas de combat, Victor rentre chez lui,

Stéphane le poursuit et là, ça dégénère. Donc on n'a pas seulement un couple qui

vient de perdre son enfant, mais deux suspects pour le meurtre de leur baby

-sitter.

Allez, c'est bon, on plie pour ce soir.

On y va.

Bailly, attends.

Je vais me faire le plaisir de t'accrocher un sourire avant d'aller

retrouver ton mari, d'accord ? Voilà.

Ah oui.

C'est là que je me dis vive le célibat.

Pareil.

Ah oui, hier j'ai passé une soirée très pudante dans un restaurant fast-food

avec une fillette de 4 ans. C'est la mienne.

Je me suis dit que ce soir je me ferais bien ces restos avec une grande blonde

et demain pourquoi pas une nuit torride dans un vrai lit avec une grande rousse.

Et une petite bière avec une grande brune, ça te tente ? Je ne connais pas

alors...

J'adore sentir leur odeur quand ils sont tout chauds dans le lit.

Florence, ça fait une demi-heure que tu me tournes autour.

T'as un truc à me dire ? Euh, oui.

En fait, je voulais t'annoncer ma promo, voilà.

Le mois dernier, je suis passée capitaine.

Je voulais fêter ça avec toi, mais... Enfin, je me demandais si ça te ferait

plaisir. Mais tu m'envoies ravi, ma Flo.

Bravo, formidable.

T'auras encore plus de boulot, encore moins de temps pour les enfants.

Je te parle même pas de moi.

Écoute, Étienne, je suis montée en grade, ça veut dire que je fais bien mon

travail, pas que je vais en avoir plus.

Ouais.

En plus, tu me prends pour un con.

Mais merde, mais qu'est-ce que tu veux ? D'accord, tu vas chercher les enfants à

l'école, tu les baignes, tu leur fais à manger, et alors, tu veux une médaille ?

T'es leur père, non ? Et toi, t'es qui, déjà ? Tu veux quoi ? Que je démissionne

?

Que je devienne mère au foyer et que j'apprenne le point de croix ? Il était

question qu'on partage les tâches.

Enfin, quand on s'est mariés, c'est comme ça que j'avais vu les choses, moi.

Tu sens pas qu'il y a eu comme un glissement, là, non ? Écoute, Étienne,

je fais ce que je peux.

Tu sais très bien que j'adore les enfants.

Et toi aussi, je t'aime.

Je croyais qu'entre nous, ça marchait comme ça.

Ah non, Florence, non.

Ça marche plus comme ça.

Faut que tu réagisses, là, avant que ça finisse mal.

Ça veut dire quoi, ça ? Rien.

Demain matin, j'emmène Jules au tennis.

Parce que je suppose que toi, tu peux pas.

Je peux m'arranger, enfin... Non, non, non.

Non, non, laisse.

Trop que je change rien.

Allez, bonne nuit.

C'est toi !

Non, qu'est-ce que tu... Non, laisse-le.

Arrête, il va nous faire chier la journée demain.

Ah oui, attends, c'est très bien.

Les franges, les franges.

C'est bien, ils s'y rentrent.

J'ai mis le peignoir de natte parce que c'est très froid chez toi quand même. Ah

oui.

Excuse-moi pour hier soir, je me suis endormi dans le salon, il fallait me

réveiller. Oh c'est pas grave.

Au contraire, il y a le fève qui a dormi dans ma chambre.

Je veux dire dormi entre autres.

Je te dois un vrai moment de bonheur.

Ça va, épargne au moins les détails sordides.

Ah c'était pas sordide ? Ah c'était pas sordide du tout.

Ah bah non, au contraire. C'est des bons moments, très tendres, très chaleureux.

Bon, ça va ? C'est bon ? Tu veux que je te dise quelque chose ? Tu devrais

sortir plus souvent. Voilà, le soir. Ça te mettrait de bonne humeur.

Surtout le matin.

Dis-moi, ça fait combien de temps que t'as pas... Ça fait combien de temps que

t'as pas... Oui, je me tais, hein ? T'as un grillé ?

Oh, toi aussi, hein ? J'allais dire, Motus, pour le faire et pour moi. Je

pense que c'est mieux pour la cohésion du groupe.

Ah, t'es un pote.

Salut ! Grâce du café ?

Merci, c'est gentil.

De rien, je suis comme ça.

Je partage tout.

Oh là là. Bon.

Bailly ! On dirait que la fête a tourné court.

Tiens, on en a marre.

Il supporte plus mon boulot, il supporte plus mes retards, il me supporte plus

moi.

Arrête. T'es un rêve pour un mec.

Soit tu le coinces pour un dîner aux chandelles, soit tu le portes pour un

temps. Pas moi. D'accord ? Allez.

Madame Marois, contrairement à ce que vous nous avez affirmé, nous avons la

preuve que Victor a passé un bon moment dans votre appartement le jour du

meurtre. Suffisamment longtemps pour être intoxiqué au monoxyde de carbone,

comme l'a été votre enfant.

Oui.

Oui, c'est moi.

C'est moi qui ai tué Victor.

Victor était votre amant, c'est ça ? Oui.

Et puis combien de temps ?

De moi ? Il voulait que je quitte Stéphane.

Il disait qu'il m'aimait, qu'il aimait Pierre.

Il était prêt à vivre avec nous, à tout assumer.

Seulement, pour vous, Victor, c'était qu'une passade, c'est bien ça ? Il n

'était pas question que mon mari soit au courant.

Je n'aurais jamais quitté Stéphane.

Je l'aime.

Si c'est ce que vous avez dit à votre amant...

Je comprends qu'il soit énervé.

Il a menacé tout d'hier votre mari, c'est ça ? Il était sur le point de

détruire votre famille alors vous avez paniqué. Je l'ai d'abord mis à la porte.

Puis j'ai couru chez lui pour le supplier de me laisser tranquille mais

il n'a rien voulu savoir.

J'étais tellement fatiguée.

Je savais plus où j'en étais.

Vous l'avez tué ? Je l'ai tué.

Madame Marois, votre mari est déjà au 36 pour être auditionné.

Vous comprenez que vous allez devoir nous suivre, vous aussi.

Vous ne comprenez rien.

Catherine ne m'a jamais trompé.

C'est vous qui ne voulez pas comprendre, M. Marois.

Nos collègues viennent de nous le confirmer. Votre femme a avoué elle-même

sa liaison avec Victor Cauch. Elle est sous qu'elle ment.

Dans l'état où elle est, elle avouerait n'importe quoi. Même le meurtre de

Victor Cauch.

Non. Non, non, ça c'est... C'est impossible.

Si, c'est possible.

Votre femme a tué son amant parce qu'il menaçait de tout vous révéler.

Voilà ce qu'elle vous a dit.

Et nous, on n'a aucune raison d'en douter. Elle a menti.

On a un petit peu de mal à vous suivre, monsieur Marois.

C'est moi.

Voilà, c'est ça, c'est moi, c'est pas elle.

C'est moi qui ai tué Victor.

Je l'ai tué parce que j'étais jaloux.

Mais jaloux de quoi, monsieur Marois ?

Oui, puisque vous n'étiez pas au courant de sa liaison avec votre femme.

Monsieur Marois s'accuse du meurtre de Victor Cauche.

Il est évident, voyez-vous, qu'il meurt pour protéger son épouse, qui l'aime

passionnément, Madame Marois.

Maintenant, nous pouvons nous interroger sur les raisons qui poussent Madame

Marois à s'accuser, elle aussi, du meurtre de Victor Cauche.

Oui, surtout qu'après avoir nié, elle avouait ça tellement vite.

Oui, à quel moment Mme Marois a-t-elle avoué être l'amante et la meurtrière de

Victor Cauche ? Quand on lui a parlé du monoxyde de carbone retrouvé dans le

sang de Victor.

Oui, c'est exact.

Au moment même où elle n'avait pas d'autre solution que celle de mentir.

Vous pensez qu'elle n'a pas tué Victor ? Si, si, elle l'a tué, mais pas pour les

raisons qu'elle invoque. Non, maintenant que la petite Ophélie...

n'est plus suspectée, nous pouvons entendre clairement les révélations qu

'elle nous a faites sans le savoir.

Victor ne parlait que du mot, mais jamais de sa mère.

Exact. C'est l'enfant qui est la clé de toute cette affaire.

L'enfant et l'amour, oserais-je dire.

Michel, vous pouvez nous éclairer là, parce que je comprends rien. Oui, le

problème de Mme Marois, voyez-vous, commandant, c'est qu'elle ne croit pas à

l'amour que lui porte son mari. Non.

Elle est prête à tout, donc, pour obtenir la reconnaissance affective qui

lui manque.

On en est tous un peu là, non ? Mme Marois, elle, est vraiment capable de

tout, y compris du pire.

Et après avoir synthétisé toutes les auditions et avoir rassemblé quelques

avis médicaux, je suis arrivé à la conclusion que Mme Marois souffrait d

'une terrible maladie, le syndrome de Munchausen, par procuration.

Mais qu'est-ce que c'est ? La syndrome très particulier qui pousse les mères à

maltraiter, à faire souffrir leur enfant pour obtenir l'amour dont elles se

croient privées.

Je vous en prie.

La Pietà de Rome.

Cette magnifique sculpture de Michel-Ange.

qui représente la Vierge, tenant sur ses genoux son enfant mort, l'image même de

la douleur, faite femme.

Vous m'y avez fait penser, Madame Marois, à cette piéta.

Je ne trahirai pas mes camarades, mes collègues, en affirmant que ceux-ci ont

tous été émus devant votre calvaire de mère et votre dignité.

Je vous remercie.

A chaque nouvelle crise d'asthme de votre enfant, à chaque nouveau mot de

votre enfant, vous l'avez soigné admirablement.

Vous l'avez sauvé in extremis.

Et à chaque fois, tous les médecins, les infirmières qui vous voyaient agir,

ont admiré votre dévouement.

Je faisais mon devoir de mère.

Je ne cherchais pas leur admiration.

Au contraire.

Madame Marois, ne teniez qu'à elle, et vous l'attendiez tellement que vous avez

amplifié sciemment les maladies respiratoires de votre petit garçon afin

d'entretenir la compassion dont vous, seul, étiez l'objet.

Mais pas du tout.

Vous souffrez d'une maladie qui vous pousse à maltraiter votre enfant.

Je ne suis pas malade.

Vous pouvez demander à mon mari.

Vous n'aviez pas de liaison avec Victor Cauch.

S'il venait aussi souvent chez vous, c'est qu'il vous soupçonnait de

maltraiter Pierre.

Il avait décidé de surveiller lui-même l'état de santé de votre fils.

Il en négligeait même sa relation avec sa petite amie.

Le jour du meurtre, il est passé, comme d'habitude, prendre des nouvelles de

votre fils.

Vous n'attendiez pas si tôt, Victor.

Je vous en prie.

Vous venez tout juste d'éteindre le brûleur de la flamme du chauffe-eau et

de neutraliser sa sécurité.

Et oui, ainsi votre petit garçon, qui allait mieux depuis quelques jours,

allait avoir une nouvelle crise respiratoire.

Encore une fois, vous alliez pouvoir le sauver. Mais comment vous pouvez dire ça

? C'est n'importe quoi ! Toute ma vie était consacrée à mon fils.

Je faisais tout pour lui.

Je vivais que pour lui.

Continuez, s'il vous plaît.

Putain, pauvre gosse. Sa propre mère.

Et le père, alors ? Il dit pas qu'il s'est rendu compte de rien ? Trop lâche

pour comprendre, trop lâche pour agir.

Un mec, quoi.

Victor Cauche.

Sans l'odeur du gaz.

Il doit voir Pierre.

Et vous l'en empêchez au motif que l'enfant dort.

Victor finit par repartir en vous menaçant de prévenir les secours.

Il me disait que j'allais perdre mon fils.

Il pouvait pas dire ça, la petite ordure. Il avait pas le droit.

Vous vouliez le convaincre qu'il se trompait.

Lorsque vous êtes arrivé chez lui, Victor avait déjà le téléphone à la

main.

Vous étiez désespéré.

Alors vous avez saisi au hasard une paire de ciseaux et vous avez frappé.

En sortant, vous avez la présence d'esprit de vous débarrasser de l'arme

du crime.

Et ensuite ? Que découvrez-vous, Madame Marois, en rentrant chez vous

? Mon fils.

Je voulais pas que mon bébé meure.

On peut pas dire ça.

Je voulais pas que mon bébé meure, c'est pas vrai.

Parfois on fait souffrir ses enfants parce qu'on souffre soi-même.

Parce que... on est malade. Mais même là, même là, personne n'a le droit de

penser qu'il n'y a pas d'amour.

C'est à cause de toi.

C'est de ta faute.

Tu m'as abandonné.

Tu m'as abandonné.

Non.

Je t'aime plus que tout.

Jamais je ne t'abandonnerai.

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