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Original subtitles

C'est un rapport accablant pour Bertrand Cantat. Les conclusions définitives de l

'autopsie de Marie Trintignant font état de multiples coups au visage et d'une

fracture du nez. La thèse d'une gifle ayant entraîné une chute fatale s

'effondre. Bertrand Cantat aurait menti. C'est ce que laisse supposer le rapport

définitif de l'autopsie de Marie Trintignant.

Le scénario de la chute sur un radiateur invoqué par le chanteur ne tient plus.

L'actrice aurait été victime de coups mortels.

Déjà, quand on vous apprend que... qu'elle est morte sous les coups,

on s'imagine que... En plus, c'est un mec qui a des paluches énormes avec

des bagues énormes aussi.

Et moi, quand je suis allé... J'ai pas envie de parler de ça.

Mais je vous dis, j'aurais pu le tuer.

En fait, moi, je m'en remets pas de ça. Vous savez, c'est des choses comme ça

dont on se remet pas, qu'on tourne dans sa tĂŞte.

Ça a été épouvantable.

Le rapport d'autopsie est relayé dans la presse mi-août.

Et pour la première fois, l'image de Bertrand Cantat est mise à mal.

Marie Trintignant a eu le nez écrasé, littéralement explosé.

des lésions cérébrales et des lésions aux deux nerfs optiques. Elle a, disent

les médecins légistes, le syndrome du bébé secoué.

Et c'est juste Quentin avec ses mains qui lui a fait ça. Il l'a massacrée.

Elle est massacrée cette fille. C'est effrayant.

La Lituanie réclame déjà le rapport d'autopsie de Marie Trintignant pour les

besoins de l'enquĂŞte.

Une enquête française est aussi ouverte à la demande de la famille Trintignant.

L'enquête est confiée à la juge d'instruction Nathalie Turquet et côté

policier au commissaire Jérôme Bonnet.

Grâce à l'autopsie, nous excluons l'hypothèse de j'ai donné un coup et

puis ensuite elle est mal tombée.

Mais la scène de crime, nous ne l'avons pas, ce qui est capital pour nous.

Que s'est-il passé ? Quelle est l'origine des coups ? Nous recevons l

'autorisation d'aller Ă  Vilnius pour faire son interrogatoire.

Bertrand Cantat.

doit nous donner une réponse.

La juge d'instruction chargée du dossier est arrivée ce soir à Vilnius.

Elle arrive Ă  Vilnius avec deux policiers de la brigade criminelle Avec

dans ses bagages le rapport d'autopsie de Marie Trintignant, la magistrate a

demandé à pouvoir rencontrer Bertrand Cantat et l'interroger sur le

déroulement des faits.

Quand nous arrivons à Vilnius, nous récupérons nos bagages et on nous

prévient, on nous dit « vous allez voir, c'est la folie ». Et effectivement, on

est harcelés, happés par une nuée de caméras et on file jusqu'à la voiture de

l'ambassadeur.

On se jette tous dans la voiture et on part un petit peu en urgence.

L'enjeu de cette nouvelle audition, il est énorme.

Parce que pendant la première audition, Bertrand a menti.

Finalement, c'est infiniment plus grave que ce qu'on imaginait.

Et depuis la mort de Marie Trintignant, il est poursuivi pour homicide

volontaire. Et lĂ , il risque 15 ans de prison.

Et donc, je me demande ce qu'il va dire pour s'en sortir.

En présence des représentants de la justice française, êtes-vous prêt à

faire votre déclaration ? Oui, bien sûr.

Je suis prêt, bien sûr.

Cette deuxième audition, pour nous, l'enjeu est extrêmement important. On va

reposer des questions et on va essayer d'amener la personne Ă  nous dire la

vérité.

Moi, en tant que chef de la brigade criminelle, Ă  ce moment-lĂ , je suis Ă 

Paris, mais c'est le commissaire Bonnet qui me rend compte de l'audition qu'il a

pu suivre directement.

Nous avons pu interroger Bertrand Cantat le 21 août 2003.

Et pour cette deuxième audition, on sait qu'il faut le confronter au résultat de

l'autopsie.

Et donc là, sa version a changé.

C'est-Ă -dire, Ă  ce moment-lĂ , si vous voulez, je ne vais pas essayer sur...

Non.

Mais c'est vrai que ce n'est pas gentil. Ce sont des grosses baffes et

j'étais hors de moi. J'étais hors de moi. Je n'étais pas dans mon état normal

à ce moment-là. J'étais sorti de moi-même et je l'ai vraiment giflé fort

avec des grandes baffes comme ça, avec mes bagues. Donc, c'est vrai que c'est

assez... C'est violent quand même. Vous avez fait comme ça ou comme ça ?

Ce sont des baffes qui ont été lâchées de moi à ce moment-là, comme ça, sans

calculer l'amplitude. Mais je sais que ce n'était pas des coups comme ça,

avec une amplitude comme ça.

Grâce à l'autopsie, on a un premier type d'aveu. Il est insuffisant, il est

incomplet, mais c'est déjà un aveu.

Je pense quand mĂŞme que c'est de ma faute.

Elle te parle si vous voulez, bien sûr, on s'est battus, bien sûr, je l'ai

frappé.

Donc, j'assume le fait qu'elle est morte Ă  cause de moi.

Bertrand Quentin a avoué que c'est sa faute.

Et puis surtout, il pleure énormément.

C'est absolument terrible, c'est terrible.

Et en fait, à ce moment-là, les journaux titrent « La poignante confession de

Bertrand Cantat ». Les premiers mots de l'article parlent des larmes de Bertrand

Cantat. Il est décrit comme un homme à maigrie.

On parle d'un homme qui a tué une femme, mais le ton de l'article provoque de l

'empathie pour lui.

Et en fait, il va commencer Ă  retourner la situation.

Je ne sais pas, il y a un moment oĂą il y a une histoire de force.

Un problème de... Ça m'a dépassé. Ça m'a dépassé, oui. Ça m'a dépassé.

Pendant sa deuxième audition, déjà, il est sur le chemin de la prison, si j'ose

dire.

Et à ce moment-là, Bertrand Cantat se dit, je vais peut-être avoir un procès,

je vais être condamné. Donc il est inquiet et il va essayer de s'en sortir

en utilisant plusieurs tactiques de défense.

Et c'est d'une intelligence redoutable, un pervers narcissique.

Il va tout mettre en place.

pour que tous les doutes aillent ailleurs.

Disons que le ton est monté très vite de son côté. Je ne la reconnaissais pas. Et

déjà, c'était... Je ne reconnaissais pas Marie. C'était déjà autre

chose. C'était vraiment monté déjà.

Et la défense de Bertrand Cantat.

On va d'abord jouer sur le fait que Marie pouvait avoir un comportement, je

ne vais pas dire jusqu'à provocateur, mais est-ce que son comportement n'était

pas susceptible de provoquer de la colère ? Bien sûr, elle criait aussi,

puis ensuite, elle m'a mis un coup de poing au visage, elle m'a frappé.

Jusque-là, je n'étais pas sorti de moi-même, mais là, oui.

J'avais la lèvre ouverte en dessous, etc.

Personne n'a regardé.

Et je me souviens...

L'avocat français de Bertrand Cantat, Olivier Metzner, sort et

s'adresse Ă  la presse.

Marie, elle est apparue comme jamais.

Il ne l'avait vue.

Et cette stratégie va tout changer.

Elle a malheureusement frappé un premier coup.

Elle a d'abord mis ce coup de poing, puis après, elle a grippé. Elle a

grippé, il est tombé.

Et après cela, elle était déjà sortie de ses gonds, lui est sortie aussi de ses

gonds après. Et la presse en parle, en parle beaucoup.

Selon l'avocat de Bertrand Cantat, Marie Trintignant aurait frappé en premier le

chanteur, ce qui aurait provoqué sa colère.

Et forcément, ça impacte les Français.

Le rapport d'autopsie, il est presque déjà oublié parce que les médias

reprennent. Les éléments de langage de la défense de Cantat qui font passer une

vingtaine de coups reçus pour de la légitime défense.

Après le chagrin, la colère et l'indignation. Les médias deviennent un

champ de bataille entre deux ténors du barreau.

Et celui qui s'exprime pour défendre les trintignans, c'est Georges Kiechman.

C'est un monstre médiatique, l'avocat des affaires les plus spectaculaires de

France. La famille Trintignant, par la voix de son avocat Maître Tijman, a

donné aujourd'hui sa version des faits. Non, ce n'est pas elle qui a porté les

premiers coups. Il est parfaitement invraisemblable de penser que cette

frêle jeune femme, d'un mètre 65, moins de 60 kilos, ait pu bousculer, renverser

à terre un gaillard qui est un véritable athlète d'un mètre 90, 85 kilos, et

entraîner à plusieurs disciplines sportives.

Marie était une toute petite chose qui ne pouvait pas s'en prendre physiquement

à Quentin de manière sérieuse. Mais il attendu à imposer un

système de défense où c'était presque lui la victime. Pauvre Bertrand Quentin

à qui il était arrivé de tuer Marie sans l'avoir voulu.

Et puis, Bertrand Cantat, il a une autre façon de se défendre. Et c'est

évidemment pas la plus élégante, c'est le moins qu'on puisse dire, c'est de

salir la victime.

Alors, moi, j'ai essayé de continuer une discussion en opposant les arguments, en

disant, attends, tu peux pas me dire que là, il n'y a pas un déséquilibre, il n'y

a pas un problème.

Et elle, elle n'a répondu que, va voir ta femme, va voir ta femme, va voir ta

femme, jusqu'à devenir complètement hystérique.

En furie.

Hystérique, mais il ne pensait pas qu'elle pussait.

Et elle a continué, dans son hystérie, d'être bloquée. Il se fait bavard la

voir, cette femme si fantastique.

L'idée que Marie Trintignant a rendu fou Bertrand Cantat parce qu'elle est

hystérique, parce qu'elle l'a poussée à bout, on va la retrouver ensuite

disséminée dans la presse.

Dans un éditorial, on peut lire « les mots tuent, les mots font plus mal que

les coups ». Il parle de mots qui castrent.

Donc les mots de Marie Trintignant ont fait plus mal que les coups de Bertrand

Cantat.

Franchement, c'est honteux.

Cantat a eu plusieurs lignes de défense successives.

Évidemment, on essaye de dévaloriser la victime.

Je ne m'étendrai pas sur l'hystérie prétendue de Marie.

C'est l'excuse classique des hommes qui frappent.

Les proches de Marie Trintignant, Ă  ce moment-lĂ , ils sont dans le deuil. Ils n

'ont pas envie de s'exprimer publiquement.

Mais du coup, Georges Kejman...

Il est seul et ça laisse le champ libre aux proches de Bertrand Cantat.

Il est clair qu'il y a un éclairage sur cette affaire qui tient à la

personnalité de l'un comme de l'autre.

On ne peut pas non plus juger tropativement.

Il y a des conclusions d'enquĂŞte, il y a des profils psychologiques qui doivent

ĂŞtre faits.

Je ne vais pas dire que je ne connais pas Marie 31, je ne vais pas dire qu

'elle n'avait pas, mais ce qui est fondamental chez lui, c'est la fidélité.

Il ne s'est pas marié trois fois, lui.

Je suis désolé, mais il faut dire ces choses-là. Pourquoi ne pas les dire ? Ce

sont les faits.

Si je devais plaider en faveur de Bertrand Cantat Ă  Villeneuve, je dirais

que c'est d'abord un drame avant d'ĂŞtre un crime.

Marie 31, bonsoir.

Vous êtes le frère aîné de Bertrand Cantat.

Vous parlez de la réécriture de la personnalité de Marie alors qu'elle

était capable de sérieux excès, tout le monde le sait.

Elle a eu plein d'amants, elle a eu quatre enfants avec quatre pères

différents et non pas trois.

C'est absolument pas lui rendre hommage de vouloir en faire une petite fille

modèle, ce qu'elle n'a jamais été.

Ils essaient de nous faire croire que jamais ils ne l'ont vu s'énerver après

quelqu'un, se fâcher.

Je ne sais pas, ils ne l'ont pas vu alors.

Merci.

Ici on a un exemple de complaisance de Thierry Ardisson qui anime une des

émissions les plus vues de France et qui laisse sur son plateau le frère de

Bertrand Cantat démolir l'image de Marie Trintignant alors qu'elle vient d'être

massacrée à mains nues.

Je savais que Marie Trintignant était un personnage assez complexe.

C'était quand même une actrice qui était sur les nerfs, qui était un peu...

Pas hystérique, mais qui montait.

Les défenseurs de Bertrand Cantat sont prêts à tout pour minimiser la

responsabilité du chanteur. Et ils le sauront d'autant plus dans le dernier

axe de défense de Bertrand Cantat, qui est d'associer son crime à un amour

infini.

Moi qui l'aimais tellement, elle qui l'aimait tellement, elle m'a sauté

dessus aussi. Pourquoi est-ce qu'il y a eu quelque chose comme ça ? C'est une

chose que je ne comprends pas.

C'est une chose qui m'a dépassé, c'est une chose qui l'a dépassé, elle aussi, à

ce moment-lĂ .

C'est une espèce de retournement complètement fou.

Tout le monde sait oĂą je parlais. Si vous interrogez les gens, tout le monde

sait à quel point on s'est nés. Tout le monde sait à quel point.

J'espère que lorsqu'il sera jugé, il le sera pour une qualification plus proche

de la vérité, c'est-à-dire crime passionnel.

Les avocats de Cantat ont essayé de faire qualifier les faits de crime sous

l'emprise de la passion.

Sans cet amour excessif, le drame n'aurait pas existé.

Parce que dans le droit lituanien, si les faits étaient qualifiés ainsi,

Bertrand Cantat risquait la moitié de sa peine.

Et là... Les médias en France, en fait, ils titrent sur ce crime passionnel. Une

histoire d'amour qui a mal tourné.

Tout le monde s'accorde pour parler d'une histoire d'amour exceptionnelle et

peut-ĂŞtre excessive.

C'est une belle histoire d'amour qui a mal tourné. Le crime lui-même semble

passionnel. C'est au cœur même de la passion.

que l'acte tragique a eu lieu.

Comment ils ont pu en arriver lĂ , tous les deux, Ă  exacerber leur passion ?

Mais non, ça n'existe pas.

On ne tue pas par amour. Ça, c'est faux.

Il faut vraiment se retirer ça de l'esprit.

On tue par haine. Le seul discours des médias est...

que c'est un crime passionnel et qu'elle le mérite un peu.

En 2003, les journaux titrent crime passionnel.

Moi, je pense que c'est un crime passionnel.

Je ne comprends pas l'époque.

Crime passionnel, ça ne devrait pas du tout aller ensemble. Ces termes ne vont

pas ensemble.

Point. La notion de crime passionnel, finalement, elle reflète une vision de l

'époque.

qui est que l'amour doit finir de manière tragique. Et on a l'impression

que l'auteur est victime, lui, de sa passion.

Et à l'époque, moi, je suis indignée par ce type de traitement.

Et donc, du coup, j'ai parlé pour défendre Marie.

Bienvenue sur le plateau de Tout le monde en bas.

J'accueille Muriel Serres.

Bonsoir, Thérèse. Vous connaissez tout le monde ? Pas du tout.

Alors, Lio, vous avez entendu parler de Lio quand mĂŞme, la chanteuse. Et aujourd

'hui, vous publiez un livre chez Écriture qui s'appelle Bertrand Cantat

ou le chant des automates. Alors, pour vous, en fait, l'explication que vous

donnez du crime de Bertrand Cantat, l'univers de la passion est une tuerie

par essence.

Bien sûr. L'univers de la passion, ça dépend quelle passion et comment on la

prend. Et on ne lui a pas volé son amour, il l'a tué.

Bien sûr qu'il l'a su. Alors continuez parce que ça m'intéresse. Nous sommes d

'accord. Mais Bertrand Cantat, il était fou amoureux de Marie. Donc le thème de

mon livre, c'est l'amour-passion et qu'est-ce qu'on en fait.

En fait, je n'arrive pas à gérer autrement qu'en étant spontanée. Moi, ce

que je sais, c'est que dire...

que Marie était responsable de sa mort avec lui, que c'est la passion et l

'amour qui l'ont tué. Non, l'amour n'apporte pas la mort.

Moi, ce que je sais, c'est que Marie est morte avec un visage qui était détruit

comme après un accident de moto, eu à 120 à l'heure. Et ce sont les mots même

des médecins. Tant que les femmes accepteront d'être victimes au nom de l

'amour, c'est foutu. On t'a volé ton amour ? Mais qui ? lui a volé son putain

d'amour.

Marie est morte sous ses coups.

Dans cette

émission, le seul discours est le crime passionnel.

Moi, c'est pour ça que je parle autant.

C'est d'une injustice folle.

Et après ça...

On m'a humiliée.

On m'a traînée dans la boue.

À l'époque, Lio, elle est d'autant plus courageuse qu'elle est toute seule à le

faire.

Donc, elle court le risque qu'on dise qu'elle aussi est hystérique.

Et moi, je ne comprends pas l'enjeu.

Personne ne comprend l'enjeu à l'époque.

Et je trouvais que c'était juste de défendre Marie.

Pendant cette deuxième audition, une autre chose a été reprochée à Bertrand

Cantat.

Quelque chose qui m'a beaucoup choqué.

Alors qu'il l'a massacrée peut-être à coups de poing, il va coucher Marie

Trintignant et il ne va rien faire.

Les coups qu'il porte, le fait qu'elle soit inconsciente.

milite pour appeler rapidement les secours.

Mais ce n'est pas ce qui s'est passé.

Elle dormait, j'ai mis quand même mes petites tables comme ça, mais là c'est

important de vous dire qu'elle avait un sommeil très profond, surtout son

premier sommeil. Elle n'était pas réveillable dans son premier sommeil.

Ça ne m'a pas surpris de ne pas pouvoir la réveiller, si vous voulez. Et elle

dormait profondément.

C'était à quelle heure ? Je ne peux pas vous dire exactement, peut-être.

Une heure ?

Il est impossible que la personne s'endorme après avoir été victime de

violence et trouve un sommeil apaisant.

Regardons un match de boxe.

Le boxeur qui tombe sur le ring après des coups n'est pas en train de trouver

un sommeil réparateur.

Il est KO.

J'ai vu quand mĂŞme aussi son sang, etc.

Donc j'ai nettoyé.

J'ai nettoyé ça.

C'est curieux comme réaction.

J'ai pas vu ça très souvent dans ma carrière.

J'étais désemparé, j'ai tourné en rond, j'ai fait je sais plus.

Ou vous enfuyez, ou vous appelez les secours. Mais rester sur place et ne

rien faire, c'est quand mĂŞme assez curieux.

J'étais désemparé et je me suis dit tiens je vais appeler Samuel, donc Ben

Chetrit, son ex-mari.

Je vais appeler Samuel, il y a eu une espèce de côté comme ça.

que je ne m'explique pas complètement, de pourquoi j'ai appelé Samuel, mais

lors de quoi on a parlé, on a parlé même des enfants, etc.

Je me disais, ne t'inquiète pas, elle t'aime, Marie.

Devant quelqu'un qui ne se réveille pas, qu'on ne peut pas stimuler, qui saigne

de la face, il y a quand même une évidence qu'il faut faire quelque chose.

Après le coup de téléphone, je suis revenu dans la chambre. Je me suis dit,

putain, le visage marqué, tout là-bas, je me suis dit, elle ne pourrait pas

tourner comme ça.

Si vous voulez, il y a un problème avec son visage.

Et j'ai eu ce réflexe d'appeler Vincent Gratignan, parce qu'il était le premier

assistant du film, et par ailleurs, son frère.

Donc j'appelle Vincent.

J'ai eu sa copine, l'équinienne, qui parle français.

Et les 4 heures du matin, le téléphone de Vincent sonne.

Je prends le téléphone, je dis qu'est-ce qui se passe ? Et alors Bertrand, il me

dit, passe-moi Vincent, il y a quelque chose qui s'est passé, c'est

affreux. C'est le mot qu'elle a dit, je m'en souviens très bien.

J'ai réveillé Vincent, et il est parti.

Il est parti.

Et combien de temps ça a duré ? Ça a duré un moment.

C'est peut-ĂŞtre une heure et demie, c'est peut-ĂŞtre deux heures.

Et moi, je suis retourné voir Marie de temps en temps.

Ă€ ce moment-lĂ , Vincent est convaincu qu'elle est juste en train de dormir.

À quelle heure Vincent Trantignant a appelé en méchant ? Il y a un

moment, après, on s'est dit, c'est parce qu'il y a peut-être une petite coupure

dans la bouche, mais quand mĂŞme, le saignement de la bouche et tout. D'un

seul coup, il y a eu un truc commun de dire...

Il faut appeler un touriste, de toute façon, on verra.

C'était l'heure à peu près.

C'était l'heure, je pense.

Bertrand Cantat, il sait comment il a frappé Marie.

Il sait qu'il lui a fait mal, puisqu'elle est tombée inanimée.

Mais il n'a pas appelé les secours.

Rester auprès de la femme qu'on est censé aimer pendant 7 heures après l

'avoir couchée et de ne rien faire pour la secourir, en tout état de cause, on

peut parler de non-assistance Ă  passer en danger.

Je ne me suis pas abstenu volontairement de lui porter secours. Si je m'étais

rendu compte de quoi que ce soit, je l'aurais fait immédiatement.

En France, il aurait probablement pris une peine plus importante.

Mais en Lituanie, personne ne l'a poursuivi pour ça.

Le procureur a estimé que Bertrand Cantat avait donné la mort.

Et désormais, là, il va être poursuivi pour homicide volontaire.

Ça a des conséquences incalculables.

Bertrand Cantat, toujours emprisonné à Vinus, va bientôt connaître l'étendue

des charges retenues contre lui et la date de son procès.

On a appris ce matin que le procès de Bertrand Cantat devrait débuter fin mars

en Lituanie, selon son avocat. Le chanteur de Noir Désir sera jugé pour

homicide volontaire.

Dans l'acte d'accusation, on apprend par ailleurs que 19 coups ont été portés sur

Marie Trintignant.

Et Ă  ce stade-lĂ , pour homicide Bertrand Cantat en Lituanie, il risque quand mĂŞme

15 ans de prison. Donc c'est beaucoup.

L'enjeu, il est énorme.

Huit mois après le drame, Nadine Trintignant revient pour voir juger

Bertrand Cantat.

Nadine Trintignant et son fils Vincent sont lĂ  pour voir Bertrand Cantat

condamné à une peine exemplaire. Pour eux, il ne doit bénéficier d'aucune

circonstance atténuante. Ce sera un procès très médiatique.

Il ne commence que dans deux jours et pourtant, dès le hall de l'aéroport, la

bataille est engagée.

Il est évident que Bertrand Cantat n'a jamais souhaité ni vu la mort de Marie

Trintignant. Il la pleure encore aujourd'hui et il s'en expliquera dès

cette semaine.

L'avocat de Bertrand Cantat va mettre l'accent sur la passion qui unissait le

couple.

L'enjeu du procès, c'est surtout d'avoir plus d'informations sur le profil de

Cantat. Qui est vraiment Cantat ? Ce que j'ai envie de savoir, c'est si Cantat

est un homme violent ou pas.

Si avec ses anciennes compagnes, il a déjà été violent, et si la mort de Marie

Trintignant est due à un coup de folie, ou si c'est le résultat de plusieurs

épisodes de violence.

Et à nouveau, les médias français reviennent. Tous les médias, toutes les

télés.

150 journalistes qui sont lĂ , en train de baver.

On va vendre du journal, on va vendre du journal. C'est horrible.

Horrible. Et je vois deux clans qui se reforment.

D'un côté de la salle, on a le clan Trintignant avec Nadine Trintignant

derrière ses lunettes noires, Vincent, le frère, Romane, le fils, son père,

Richard Kolinka et Samuel Menchitrit.

Je suis juste venu pour dire non, la mère de mon fils n'est pas inhystérique,

c'est pas vrai. Parce que moi j'ai vécu avec cette femme-là, elle n'était pas

comme ça. C'est pas de l'amour.

Là c'est plus un meurtre d'amour du tout. On parle pas comme ça de quelqu'un

qu'on aime.

Et de l'autre côté, il y a le clan Kanta.

Avec les parents de Kanta.

Ça va très bien.

J'attends mon fils, voilĂ .

Christina Rady, l'ex-femme de Quentin, et le groupe Noir Désir.

L'ambiance, elle est extrĂŞmement tendue.

Et c'est pas pour rien, parce que Bertrand Quentin, il risque 15 ans de

prison, quand mĂŞme.

Bertrand Ganta a donc pu parler longuement dès aujourd'hui tout en

exprimant des regrets.

Oui, effectivement, il est revenu sur sa relation avec Marie Trintignant. Il est

revenu sur cet amour qu'il qualifie d'absolu. Il est revenu également sur

cette triste soirée du 26 juillet qui s'est mal terminée sur les coups qu'il a

donnés à Marie Trintignant.

Et puis il a essayé d'expliquer au tribunal comment, pendant si longues

heures, il n'a pas porté secours à Marie Trintignant. Et puis, à la fin de son

audition, il s'est tourné vers la famille de Marie Trintignant.

Il s'est adressé à elle en pleurant et il a dit « Je sais qu'ils ne m

'écouteront pas, mais je voudrais leur dire mon désespoir de cette situation.

Il m'est insupportable de savoir leur souffrance. » Certains n'admettent pas

la vérité et voudraient penser que forcément Bertrand Cantat a voulu la

mort de Marie Trintignant. Et je crois que ce matin, les débats sur l'audition

ont démontré qu'il n'avait jamais voulu cette mort, bien au contraire.

C'est facile de demander pardon.

C'est la moindre des choses.

Mais enfin, je m'en fous de son pardon. Mais vraiment, je m'en fous royalement.

Et dans le clan Kanta, il y a une personne qui va être vraiment décisive

pour le procès et dont le témoignage est très attendu.

C'est Christine Aradi, l'ex-femme de Cantat, qui est d'origine hongroise.

Elle a été là dès l'arrestation de Cantat.

Et Maître Kejman, qui est l'avocat de la famille Trintignant, qui sait qu'elle va

être très importante.

Christine Aradi, c'est un personnage qui s'impose.

C'est une femme qui est belle, qui a beaucoup d'assurance.

qui, bien qu'étrangère, s'exprime en français avec beaucoup d'autorité.

Je n'ai pas envie de parler. Vous devez comprendre.

Et avec Bertrand Cantat, ils sont restés ensemble dix ans, à peu près. C'est la

mère de ses deux enfants.

C'est la femme qu'il a quittée pour Marie. C'est la femme qui a été bafouée,

trompée.

Une séparation qui s'est passée dans...

de ma part, dans une infinie douleur.

Et on ne sait pas ce que va dire Christine Arrady.

Et surtout, tout le monde veut savoir si Bertrand Cantat était violent avec elle.

S'il l'a frappée.

Sa parole va être totalement déterminante pour le verdict.

Parce qu'on va savoir si Bertrand Cantat est ou non quelqu'un de structurellement

violent, qui a déjà été violent avec les femmes. Ou est-ce que c'est la première

fois ?

Et

quand elle arrive à la barre, elle se lève.

Et elle dit, à la barre des témoins, Bertrand Cantat ne

m'a jamais frappée.

Christina est la femme de Bertrand Cantat, la mère de ses enfants.

Jamais, dit-elle, il n'a levé la main sur moi.

Maître Kiechman, avocat de la famille de Marie Trintignant, insiste. Mais

Christina est formelle. Je n'aurais pas pu vivre avec un cogneur.

Christina Raddy va affirmer que Quentin n'est pas du tout un homme violent.

Et elle assume complètement la défense de Quentin en faisant un homme.

pondérée et incapable d'avoir cédé à la violence.

Je suis très sensible à la cause des femmes. Je n'aurais jamais pu vivre avec

quelqu'un qui battait sa femme ou même quelqu'un qui n'était pas en accord avec

sa parole publique.

Et moi, quand j'entends Christine Aradi Ă  ce moment-lĂ , je me dis, voilĂ , l

'affaire est pliée, ça clôt le débat.

Ce matin, c'est le verdict du tribunal de Vilnius pour Bertrand Cantat pour le

meurtre de Marie Trintignant.

Leurs yeux trahissent une angoisse.

VoilĂ  maintenant huit mois qu'ils attendent ce moment.

Et le verdict tombe.

Bertrand Cantat a été condamné à huit ans de prison. Huit ans de prison. Huit

ans de prison pour avoir provoqué la mort de sa compagne Marie Trintignant.

Huit ans de prison ferme pour le chanteur.

Le chanteur ne montre aucune réaction. Il avait imploré le pardon.

Ses trois juges ont décidé que sa culpabilité était incontestable.

Christina Raddy a joué un rôle décisif dans la modération de la peine sur

Quentin.

Elle a joué un super rôle.

Elle s'est battue, elle l'a aidée, elle a tout fait.

Mais Christina, d'ailleurs, m'avait appelé.

Justement, voilà, pour qu'on l'aide, parce qu'elle l'a aidé.

Donc voilà, on a aidé, on a aidé à faire qu'il s'en sorte, qu'il fasse le

moins de prison possible.

Christina Rady, sans son témoignage, la peine frappant Cantart était plus

lourde. Dans la mesure où elle décrit un homme incapable de violence, elle

renforce l'idée que le drame a été accidentel.

Il a été condamné pour homicide, mais il risquait 15 ans, il n'a que 8 ans. 8

ans pour la mort d'une femme, ce n'est pas énorme finalement.

C'est une peine qu'on peut trouver modérée, mais à Paris, la sentence

aurait été à peu près du même ordre. Et c'est pourquoi je conseillerais à Nadine

de ne pas faire appel.

Je suis désespérée.

Désespérée.

Désespérée.

Il aurait fait 20 ans de prison, qu'est-ce que ça aurait changé ? Ça

ramène pas les personnes.

La famille, les amis, comment on fait pour s'en sortir de ça ?

Il a retiré la vie de quelqu'un, mais en même temps, il a détruit des vies.

Comment vous faites pour vous en sortir ?

Et ce qui est moche, c'est qu'en faisant la défense de Cantat, Christine Aradie

va se mettre en danger de mort.

Sous-titrage Société Radio-Canada

Christine Aradi, elle a laissé un message qui est un appel à l'aide, c'est

un appel Ă  l'aide ce message.

C'est le message d'une femme qui est terrorisée en fait,

qui a peur de mourir.

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