All language subtitles for la-souris-qui-rugissait.1959

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Original subtitles

Mesdames et messieurs, pour des raisons que vous allez comprendre bientôt, les

producteurs de ce film vous prient instamment de ne révéler la fin du film

que vous allez voir à aucune personne vivante ou autre.

Nous vous emmenons à présent dans le grand duché de Fenwick, le plus petit

pays connu du globe.

Cette nation minuscule mais prospère occupe une superficie totale de 15 km²

¾. Elle est située entre la Cordillère des Andes et les Alpes du Tirol.

Exactement... Non, pardon. Excusez-moi.

Ici... Ah, la voilà.

Le grand duché de Fenwick a été fondé en l'an 1430 par Sir Roger Fenwick, un

pauvre maisonnette bâtard royal qui, comme il l'a déclaré lui-même plus tard,

y trouva les filles jolies et le vin fameux.

Comme dans tous les pays développés complètement, les murs s'adornent de

gravités non point rédigées en français, la langue de la nation, mais en anglais,

comme il est d'usage courant. Notre éducation nous interdit de vous traduire

le mot nuts.

Pour qui le dira ? Sur la fengouine contemporaine, reine sa grâce, la grande

duchesse Gloriana XII, qui est une descendante directe de Sir Roger et qui

est très aimée de ses sujets.

Quoiqu'encore en deuil du défunt consort, le comte Léopold de Bosnie

-Herzégovine, qui disparut il y a 27 ans au cours d'une chasse aux tigres, la

souveraine attache le plus grand intérêt au bonheur de son peuple.

Là siège le parlement de Fenwick.

Voici le premier ministre, le comte de Montjoie.

Docteur honoris causa de nombreuses universités.

La forêt de Fenwick, où, dans des clairières ingénieusement ménagées, le

confort de ses hôtes à poils et à plumes est assuré par le capitaine de l'ouvrier

héréditaire, Sully Bacon.

L

'armée

de Fenwick.

Bien que le pays ait vécu en paix depuis 500 ans et peut-être à cause de cela,

ces troupes ne sont dotées que d'armes conventionnelles.

Elles sont commandées par Sully Bacombe, qui est également grand maréchal et

connétable, euh, héréditairement.

Bonjour!

Si beaucoup de Fenwickiens paraissent se ressembler, cela est dû probablement au

goût prononcé du fondateur pour le sexe féminin, ce qui lui valut le surnom

mérité de père de ces sujets.

La prospérité de Fenwick est due à son unique produit d'exportation, le Pinot

Grand Fenwick, un vin local léger mais vigoureux, au bouquet affirmé mais

agréable. Pour des raisons restées obscures, les États-Unis ont toujours

constitué le marché principal de ce vin.

Ainsi, assuré de sa prospérité et vivifié par son climat montagnard,

Fenwick a toujours été une contrée heureuse.

Cependant, en 1959, un viticulteur californien mit en bouteille une

imitation du cru Grand Fenwick.

Il l'appela Pinot Grand Henwick.

Soutenu par une énorme campagne publicitaire et vendu à un prix

dérisoire, Cette contrefaçon chassa le grand fenouil du marché américain.

Il en résulta une crise digne d'un pays d'une maturité politique plus avancée.

J'ai fait sauter une maille. Que votre grâce m'excule.

Est-ce que le premier ministre n'a jamais pensé à envoyer une protestation

contre le geste dynamical et antidémocratique des grands treuils

divins américains ? Chers collègues, je n'ai pas envoyé une protestation, mais

trois. Remarquez que la situation se complique du fait que nous n'avons

jamais reconnu officiellement les États-Unis.

Aussi avons-nous protesté par l'entremise du Val d'Andorre. La triste

vérité est que chacune de nos protestations a été ignorée.

Jusqu'à ce qu'enfin j'ai reçu ceci.

Qu'est-ce que c'est, Bobo ? Une brochure de leur ministère de l'agriculture sur

la vigne et la vinification.

Le gouvernement nous mène à la faillite. Je ne vous y mène plus, nous y sommes. À

dater de demain, les caisses publiques seront fermées.

Miséricorde. Si seulement ce pauvre Léopold était encore de ce monde.

Votre grâce.

Messieurs, notre situation est en vérité désespérée.

La catastrophe est à nos portes, ainsi que le désastre.

Il n'y a plus qu'une seule issue, la guerre.

Il faut que nous déclarions la guerre aux États-Unis.

Vous espérez gagner cette guerre ? Certainement pas, mais nous pourrions

gagner la paix. J'ai fait à ce sujet plusieurs observations, messieurs. Elles

n'ont fait que fortifier ma conviction.

Ne perdons pas de vue.

que le peuple américain est un des plus curieux. Tandis que les autres pays

pardonnent rarement un affront, les américains se hâtent de les oublier. L

'histoire démontre qu'il n'est d'entreprise plus profitable pour n

'importe quel pays que de déclarer la guerre aux États-Unis et d'être défait.

À peine leur agresseur est-il battu, que les américains déversent chez lui

vivres, machines, vêtements, techniciens et des flots, des flots d'argent pour

remonter ses anciens ennemis.

Autrement dit, messieurs, en fait, nous déclarons la guerre le lundi, nous

sommes battus le mardi, et le vendredi, nous sommes renfloués au-delà de nos

espérances les plus folles. Oui, mais est-ce bien honnête, Bobo ? Non, pas

exactement, mais c'est évidemment pratique et de plus infaillible. Je me

permets d'assurer votre grâce que cela résoudra tous nos problèmes.

Oui, et où est notre armée ? Oh, vous vous arrêtez au détail. Nos 20 hommes

seront largement suffisants. Bon, et qui les commandera ? Sully Bacon,

naturellement. N'est-il pas grand maréchal et connétable héréditaire ?

Sully ? Oh non, pas Sully, voyons. C'est un très gentil garçon, mais il est d'une

maladresse rare. Ça, on peut le dire. On ne peut pas charger Sully d'une telle

responsabilité. Il a la voûte plantaire à fesser, une sinusite, des migraines,

de la claustrophobie et un fouet déficient. À part ça, il est myope et il

a le vertige dès le troisième étage.

Nous ne lui demandons pas de gravir l'Himalaya. Tout ce que Sully aura à

faire, c'est d'emmener les hommes outre-océan. Une fois qu'ils auront

tenté de débarquer à New York sans visa, ils seront arrêtés.

Et c'est tout ce qui se passera.

Aucune goutte de sang ne soit répandue. Il va sans dire, votre grâce. Je

recommanderai à Sully d'y prendre bien garde. D'ailleurs, nous lui adjoindrons

Will Buckley, qui a servi dans l'armée anglaise et plusieurs légions nationales

du Moyen-Orient. C'est en quelque sorte un professionnel.

Comme vous le voyez, messieurs, le choix est simple.

Nous n'avons qu'une alternative.

La banqueroute ou la prospérité. Que préférez-vous ?

Je propose que nous déclarions la guerre aux États-Unis d'Amérique.

Comme leader du parti qui défend le peuple, je dis que la guerre est un

crime affreux, abominable, impardonnable. Mais vu les intérêts en

jeu, j'approuve la proposition.

Bien.

Nous sommes en guerre avec l'Amérique. L'union sacrée.

Une minute historique. Et des plus profitables, j'espère.

Envoyez ceci par la poste, recommandé avec accusé de réception.

Que ça parte par avion, c'est assez précis.

Chers amis, les dés sont jetés. Mais notre cause est juste.

Premièrement, vivre. Être ou ne pas être. Voilà la question, qui ne risque

rien n'a rien. Aide-toi, l'Amérique t'aidera.

Juste.

Levons nos verres.

À notre défaite !

Qu

'est-ce que vous voulez ? Je ne veux pas m'en mêler. Je ne vous

comprends pas.

Vous me surprenez.

Vous savez à quel point nous avons besoin d'argent.

Je sais, mais ça m'ennuie de quitter la forêt.

C'est la saison des amours.

Abandonnez ces préjugés pour joie. C'est votre pays qui vous appelle.

Oui, oui, oui.

Alors, ô les cœurs, maréchal, rassemblez votre armée. Très bien, Excellence.

Et pas une parole qui puisse indisposer l'ennemi à notre égard.

Je serai circonspect.

Allons, allons, maréchal, quittez cette mine contrite. Vous avez besoin d

'exercice. En outre, le voyage sur l'océan vous fera beaucoup de bien.

J'ai le mal de mer, Excellence.

Cher maréchal, grâce à leur nouveau stabilisateur et autres procédés, les

grands transatlantiques ne bougent pas plus qu'un ponton sur une mare. J'ai

aussi le mal de mer sur un ponton.

Sully, je vous en prie.

Oui, Excellence.

Ça y est, les voilà.

Le moral a l'air bon.

Oui.

Seulement, n'oublions pas, Will, qu'avec la moisson qui approche, enfin, faisons

appel à leur sens aigu du patriotisme.

Hommes de Fenwick, aimez-vous votre pays ? Oui !

Quand vous entendez son nom, vos cœurs se gonflent-ils d'une immense fierté ?

Oui ! Et s'il vous demandait votre vie, la donneriez-vous ? Non ! Je ne crois

pas que ce soit la bonne formule.

Laissez, j'ai l'habitude.

Ah oui.

Je vais désigner 20 volontaires.

Silence là-dedans et rassemblement ! Et garde à vous ! Et silence dans les rangs

!

Mes amis, je vais vous exposer la situation.

Nous sommes en guerre.

Nous allons envahir les États-Unis d'Amérique.

Bonne chance, ma chère. Ne partez pas, je n'ai pas fini.

Je vous l'avais bien dit qu'avec la moisson, il ne voudra rien savoir.

Je vais leur en foutre de la moisson.

Les huit tours, immédiatement.

Soldats du Fenwick, chassez toute crainte. La Providence est avec vous

parce que la cause que vous défendez est noble et juste. Je sais entre quelles

mains vaillantes est l'honneur de notre pays et que vos cœurs se réjouissent d

'apprendre que le gouvernement a pris des dispositions pour vous rembourser

vos frais de retour, le cas échéant.

J'espère que les Américains se montreront affables.

Belle troupe, très belle troupe. Le meilleur investissement que le pays ait

jamais fait.

Une déclaration de guerre.

Au président, au congrès, au peuple des États-Unis d'Amérique, salut.

C'est un acte d'agression.

Déclarons que l'état de guerre existe entre le grand duché de Fenwick et les

États-Unis d'Amérique.

C'est farceur du service de presse. Il faut toujours qu'il fasse des blagues.

Je vais monter sur le pont.

Vous êtes sur le pont.

Pourquoi ne pas descendre si vous avez le mal de mer ? Ça va aller.

Oui, oui.

Dites aux hommes.

Je préférerais rester seul.

Un message, commandant.

Le président a ordonné un exercice d'alerte aérienne qui intéressera toute

la côte est de l'Amérique.

Aucun navire ne pourra entrer dans le port tant que durera l'alerte. Quand

commence-t-elle ? Dans 48 minutes, commandant. New York complètement

déserté. Ça doit être un spectacle.

C'est sans doute à cause de leur super-bombe. C'est cela, celle qu'ils

appellent la bombe X. Ils disent que la bombe H n'est qu'un pétard à côté d

'elle. Ça ne remplacera jamais la marine britannique.

Oh non, commandant.

Le port de New York est interdit ! Qu'est-ce que vous attendez ?

Le port de New York est interdit ! Vous m'entendez ? Il s'en

joue, ma parole ! Virez de bord ! Eh ! Cessez le feu !

Mais à quoi jouez-vous ? Vous auriez pu nous épargner !

Mais nous sommes en guerre, sergent.

Pas avec tout le monde !

Je ne vois personne.

Ça a l'air désert. Je ne vois personne à qui nous pourrions faire notre

reddition.

Rien ne bouge.

C'est peut-être le 15 août ? Non, 3 avril.

Il faut quand même vérifier.

Regarde, regarde, le seul ennemi. C'est grand.

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Mais sais-tu pas que notre rôle est de perdre la guerre ? Personne ne me l'a

dit. Il y a 175 millions d'habitants aux États-Unis.

Oui, mais il n'y en a que 10 millions à New York.

La finesse remplacera le nombre.

C'est invraisemblable.

Que font les services d'hygiène, les douanes et l'immigration ?

Nous nous posions justement la même question.

C'est tout à fait curieux.

Tu vois ce grand building ? Je l'ai vu le premier, il est à moi.

Rassemblement pour le débarquement ! Sous-officiers et soldats, assurez-vous

que vous avez bien vos passeports et vos certificats de vaccine.

Maréchal ! Qu'est-ce qu'il y a ? La carte d'invasion, Maréchal.

Ça me dépasse.

Pourquoi ne vient-on pas nous capturer ? Où peuvent-ils être en tous ? Peut-être

y a-t-il une grève.

Pourquoi ne sort-il pas pour se battre ? Se battre ? J'y suis. Ils ont déclaré

New York ville ouverte. Nous devrions retourner à bord et attendre. Attendre

quoi ? Attendre, c'est tout.

Allez, viens.

C'est vous ! L'air marin est le seul long ferrouillé.

Une mine microbienne.

Depuis quand y a-t-il des microbes qui collent ? Du chewing-gum, une mine

microbienne. Donnons l'assaut à un building pour nous mettre en train. En

marchant encore un peu, on finira peut-être par trouver quelqu'un.

Regardez, Maréchal.

Ah, c'est là qu'ils sont tous, sous terre.

Oh, les lâches. Hé, nous sommes là.

Pourquoi ne montez-vous pas vous battre ? Oh non, tu vas les mettre en colère.

Maréchal, regardez ça.

Exercice d'alerte aérienne. Tout le monde est sous terre.

Peut-être devrions-nous aller sous terre nous aussi. Nous pourrions nous rendre

quand tout sera fini. Exercice d'alerte aérienne aujourd'hui. Le président

annonce une nouvelle super-bombe. Le président déclare qu'elle dépasse la

bombe H et est capable de dévaster une surface de plus de 3 millions de

kilomètres carrés.

Conçue par le célèbre savant Dr Alfred Cokhans de l'Institut de Physique

Supérieure de New York. Un prototype de la nouvelle bombe est en passe d'être

une réalité d'ici quelques semaines.

Donnez-moi la carte.

Peut-être avais-tu raison, peut-être devrions-nous retourner au bateau. Ah

non, non, nous ne devons plus circuler dans les rues. N'oublions pas que nous

sommes chez eux, nous ne devons pas gâcher leur alerte.

Ah oui, voilà l'arsenal dans la 64e rue et la 50e avenue.

Mais nous pouvons couper à travers Central Park, de l'autre côté.

Très bien les amis, et tous ceux qui sont d'avis d'aller là-bas immédiatement

et de se rendre, dites oui. Oui ! Vous êtes un corps de troupe bien discipliné.

Allons-y.

Dis-donc, qu'est-ce que vous faites dehors ? Je n'avais plus une seule

cigarette. Il fallait taper un idiot. Vous avez une cigarette ?

Tenez. Merci. Et maintenant, descendez et que je ne vous repince plus dehors.

Oui, oui.

Ce sera la même chose pour un vrai raid. Il y a des gens qui cherchent à se faire

tuer. C'est tout ce qu'ils cherchent, se faire tuer.

Regarde ceux-là.

Esquadre de décontamination.

Ça, c'est le boulot rêvé. En voiture.

Ouais.

Il n'est pas à la cheveux.

Papa, je n'en porte pas.

Eh bien, une barrette, alors.

Hein ? Là.

C'est fini.

Le signal avertisseur est en place.

Tu ne crois pas que tu devrais manger un peu et dormir ? Tu es là après cette

bombe depuis 48 heures. J'ai fait mettre un lit dans l'abri de l'institut.

Quel abri ? Et pourquoi ? Il y a un exercice d'alerte en ce moment. Nous

devrions être en bas depuis une heure. Une alerte ? Pourquoi ? À cause de toi,

papa. À cause de toi et de ta nouvelle bombe.

Ah oui ? Je me demande ce qu'il ferait s'il savait que mon prototype est au

point. Je crois qu'il serait complètement affolé.

Il est heureux que cet avertisseur fonctionne.

Ah oui, c'est heureux.

Allons, viens, papa, tu veux ? Oui, mais pas pour longtemps.

Ça peut être assez long. C'est pour que le public s'habitue aux longues alertes.

Alors, il faut que j'enlève le détonateur pour la rendre inoffensive.

Il est très sensible. Il peut partir... Tu es sûr que tu n'as pas une épingle à

cheveux ?

Et qu'est-ce que vous faites ici ? Pourquoi n'êtes-vous pas dans l'abri

tous les deux ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Et vous, qu'est-ce que ça veut

dire d'entrer dans ce labo sans frapper ? Vous ne savez pas qu'il y a alerte ?

Alors soyez-le alerte. Allons, allons, en bas, en bas, en bas. Allez-y plutôt

vous-même et dans votre intérêt. Oh, très drôle. Vous allez descendre

gentiment ou c'est moi qui vais m'en charger ? Qu'est-ce que vous choisissez

? Et à quoi jouez-vous ? Au tableau vivant ? Allez, allez, venez, venez,

grand-père. Vous parlez au docteur Coquins ? Coquins, Moquins, ça m'est

égal. Allons, venez, venez.

Attendez, attendez.

Coquins ?

Vous voulez dire l'homme de la bombe ? Lui-même.

Sans blague ? Sans blague.

Enchanté, professeur. Ah, d'ailleurs.

Et c'est la bombe ? C'est bien elle.

Mais c'est un secret.

Maintenant, voudriez-vous nous laisser seules ? Mon père voudrait la

désamorcer. Quoi ? Elle serait amorcée ? Oui, bien sûr. Et le moindre choc peut

la faire partir.

Alors, s'il vous plaît, ne faites pas claquer la porte en sortant.

Ah, soyez tranquille.

OK.

À la prochaine, docteur. Au revoir.

Dites, pourquoi n'est-il pas à Oak Ridge avec les autres savants ? Il est

original, il aime travailler seul. Mais je croyais que pour cette bombe, on n'en

était qu'au stade des plombs. C'est ce qu'on croit, il vient de terminer la

première et il veut en faire la surprise.

Ah ça, pas une surprise.

Encore une question, en quoi la bombique s'est-elle si différente de la bombache

? La bombache ? Cette nouvelle bombe est à base de xénon, qui est une centaine de

fois plus puissante que l'hydrogène.

En fait, la bombage ne sert que de détonateur à celle-ci qui ferait

probablement sauter toute l'Amérique du Nord.

Et les trois quarts de celles du Sud.

Encore d'autres questions ? Oui, où faut-il aller pour être en sûreté ? Ah,

ça c'est un problème difficile.

Carbone 14, vous comprenez ? Ah, oui, oui.

C'est un truc dangereux que cette bombe-là. Oui, en effet.

Espérons qu'elle ne sera jamais utilisée. Voilà une bonne pensée, mais

elle ne suffit pas à me réconforter.

Je vous en prie, le moindre choc peut la faire éclater.

Au revoir.

Oh, un instant.

Tu n'as rien mangé depuis 24 heures, papa.

Si on demandait à ce monsieur d'aller chercher des sandwiches... Vous savez,

je suis très occupé.

Songez, si jamais la faiblesse faisait trembler la main de mon père... Quel

sandwich fromage ? Portée de foie ? Portée de foie. Portée de foie. Avec des

cornichons, s'il vous plaît. Avec des cornichons.

Au milieu de ce parc, un écriteau dont la traduction exacte est homme-femme. Le

reste coule de source, évidemment.

Tu comprends plus rien, moi.

D'après la carte, nous sommes censés prendre un raccourci. Je suis fatigué.

Oh, courage, Gobelet. Peut-être qu'en arrivant à l'arsenal, ils nous offriront

quelque chose à boire.

Will, quelqu'un a laissé le moteur en marche.

Nous pourrions en profiter.

Eh oui.

Qu'est-ce qu'il y a ? Il y a des types qui rôdent autour du camion. Des chefs d

'îlots ? Non, des citoyens avec un drôle d'air.

Qu'est-ce que tu veux dire, un drôle d'air ? Je veux dire un drôle d'air, un

air de poisson.

Non, mais tu te moques de moi, un air de poisson. Ils ont des écailles.

Mais où ça ? Partout, sur le corps.

Hooligan, t'es malade ou quoi ?

Des hommes d'une

autre planète.

Ils sentent une soucoupe volante.

De la Spoutnik.

Oh, regarde ! Ils nous ont vus.

Ne restons pas là, allons-nous-en.

Des hommes d'une autre planète. Ils sortent d'une sortie de volant.

Ils nous bombardent au rayon. J'enlève ça encore plus vite.

Vous aussi.

Non, ne tirez pas, nous aurions des ennuis.

Mais oui, ils ne sont pas d'une autre planète, ils sont américains et ce

camion doit leur appartenir.

Rattrapons-les et nous leur ferons toutes nos excuses. Non, non, il est

trop tard. Rendons-nous avant d'avoir d'autres ennuis plus graves. Venez. Une

minute, nous ne devrions pas laisser ce camion avec son moteur en marche. Nous

le leur rendrons.

Ça leur fera plaisir.

Allez, vous autres, dans le camion. Nous allons à l'arsenal. En avant.

Attends-moi ici. Je vais téléphoner au service central.

Bon.

Eh, vous là-bas, allez, dans le métro. Attendez un peu, je suis le

décontaminateur. Ouais ?

Où est votre scaphandre ? Je l'ai jeté quand j'étais poursuivi par les gars de

l'autre planète. J'attends mon camarade.

Oui, oui, vous allez me suivre gentiment. Écoutez ! Allez, allez, en

route ! Mais des martiens ! Je les ai vus ! Des martiens ! Service central.

Votre nom, votre section.

O'Hara.

Section 408, sous section 3, décontamination.

Ok, je vous écoute.

Un groupe d'hommes sortis d'une soucoupe volante a envahi Central Park.

Combien sont-ils ? 50 ou 60.

D'une soucoupe volante.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Ce que je viens de dire, je les ai vus, 50 ou 60.

Ils ont des têtes métalliques et ils sont tous recouverts d'écailles

brillantes. Ils nous ont tirés dessus à grands coups de rayon dans Central Park.

Écoutez, mon vieux, on vous a dit de ne pas frétenter les bistrots. Le travail

que vous avez à faire est sérieux. Où êtes-vous ? Je suis dans une épicerie

coin Columbus Avenue et 69e rue. Et je n'ai rien bu de la journée.

Restez où vous êtes, je vais vous envoyer quelqu'un.

Descendus d'une soucoupe volante, ils étaient 300 dans Central Park.

Des hommes martiens, ils étaient 400 dans Central Park.

Nous sommes envahis par les martiens, il y en a des milliers.

Des martiens, il y a des soucoupes volantes partout.

Des martiens avec des canons à rayons.

Oui, je sais.

Gardez-vous, numérotez-vous. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15,

16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, maréchal, manque personne.

Bon.

Alors mes amis, rappelez-vous qu'il n'y a pas de honte à se rendre quand la

supériorité de l'ennemi est écrasante à condition de le faire d'une façon

régulière.

Oui, prenez la suite.

À mon commandement, gardez-vous.

Je suis content de vous, suivez-moi. En avant, marche.

Section 1.

Maréchal. Oui ? Regardez.

Institut de physique supérieur de New York.

Mais c'est pas l'arsenal, dites. Non, nous nous sommes encore perdus.

Alors vous autres, retournez au camion et au trou.

Les phrases qu'il avait lues revinrent soudain à son esprit et ce fut l'éclair

de génie, marque des grands capitaines.

Plus de doute, celui était de ceux-là.

Will ? General Freestar, donnez-moi

Washington.

Oui, Freestar ? Monsieur le secrétaire, je vous signale de toute urgence la

situation à New York.

Une rumeur circule affirmant que la ville est envahie par des martiens.

Elle se répand comme une traînée de poudre. J'ai bien entendu.

Des martiens ? Oui, monsieur, dans Central Park.

Comment cette rumeur a-t-elle pris naissance ? Un chef de groupe de défense

passive m'a transmis un rapport.

Il était ivre. Nous l'avons supposé, mais j'ai cru devoir vous rendre compte

de toute façon.

Très bien, général.

Allez voir ça. Prenez la chose en main personnellement et tenez-moi au courant.

Une telle sorte d'ânerie peut gâcher un exercice destiné à protéger les plus

grandes villes du pays.

L'une d'elles, je n'ai pas besoin de le souligner, a été confiée à votre

attention.

Amenez-moi ma jipe.

Je crois qu'il est inutile d'attendre plus longtemps. Il faut descendre à l

'abri.

Si tu veux.

Mais j'ai faim. Je vais neutraliser la bombe avant de partir.

Je me demande ce que peut faire ce chef d'îlot avec nos sandwichs.

Ce n'est pas ça qui manque, les cornichons.

Oh, merci, mon Dieu.

Vous y avez mis le temps.

Je suis Sully Bacombe. Et voici Will Buckley.

Docteur Coquins ? Oui, c'est moi. Oh, quelle chance.

C'est justement vous que nous cherchions.

Vous n'avez pas mes sandwiches ? Vos sandwiches ? Ah.

Non, monsieur, nous venons vous faire prisonnier. Alors n'est pas au

plaisanterie. Pourquoi cette mascarade ? Sommes-nous mardi gras ? Non,

mademoiselle, nous sommes des soldats. Je n'ai pas le temps de vous expliquer,

mais nous sommes en guerre avec l'Amérique.

Nous sommes venus pour nous rendre et je crois que si nous tenons le docteur

Coquin de son otage, nous serons en bien meilleure position pour traiter. Voilà,

en bref, la situation.

Nous avons affaire à deux fous. Oui.

Téléphone à la police.

Alerte les autorités militaires. C'est inutile, docteur. Tout le monde est

erré.

Quelle est cette chose sur la table ? C'est un percolateur électronique.

Oui, un percolateur électronique. Ah oui ? J'en ai encore jamais vu de ce genre.

Que faut-il pousser ? Oh, ne poussez rien, surtout !

C'est la bombique, c'est un petit coquin.

Oui.

Eh bien, petite.

C'est le modèle de poche.

Tiens, tiens, tiens. Nous devrions nous en emparer aussi.

Ah oui, oui, c'est une très bonne idée, ça. Caporal.

Allez, en route, docteur. Vous allez laisser mon père tranquille. Oh, vous

êtes sa fille.

Alors, vous viendrez avec nous aussi. Vous ne savez pas où votre chasseur se

compte. Hélène, Hélène, Hélène. Non, prends-y garde, je t'en prie. La bombe.

Oh, monsieur, monsieur, je vous en supplie, permettez-moi de la neutraliser

d'abord. Je regrette, nous n'avons pas le temps.

Comment est-ce qu'on la transporte ? Avec précaution.

Surtout, ne vous enrumez pas.

Un éternuement et c'est fini.

L'Amérique est rayée de la carte, et nous aussi.

Je vois.

Nous partons.

Tous au camion.

Je vous en supplie, partez-là avec précaution. Soyez très prudents.

Embarquement et autres. Allez, montez.

Qu'est-ce que ça signifie ? Quel est votre nom, soldat ? Je suis général,

bougon de crétin. Qui êtes-vous ? Qu'est-ce qui se passe ici ? Pourquoi

êtes-vous déguisé ? Je suis le grand maréchal et le connétable Sully Bacombe

et vous êtes prisonnier de guerre.

Grand maréchal et connétable de quoi ? Du grand duché de Fenwick.

Ah oui, mon gaillard. Je vous arrête. Vous ne nous en tirerez pas à moins de

100 ans. Nous en parlerons au grand duché. Vous serez traité avec tous les

égards dû à votre rang, général.

Eh, ben, emmenez-les.

Cette fois, ce sera 150 ans. Il faut que tu restes encore.

Contrairement aux rumeurs, il y a des martiens dans la ville.

Qu'est-ce qu'ils disent ? C'est mon poste ! Qu'est-ce qu'ils ont dit ? Des

martiens dans la ville.

Restez où vous êtes.

Nous avons identifié des martiens.

Vous entendez ? Je m'en doutais.

Je m'en doutais que ça viendrait.

Donc, pas de panique. Restez où vous êtes. Pas de panique.

Très bien, nous avons gagné.

Et c'est ainsi que l'on pu voir le drapeau du grand duché flotter sur la

douane américaine.

Parlez. Il paraît qu'elle était criblée de flèches.

De flèches ? C'est ce que mentionne le rapport.

Le rapport signale également qu'il y avait un drapeau. Sur les flèches ? Non,

sur le bureau de la douane du quai Nord.

De quelle nationalité ? Personne n'a pu l'identifier jusqu'ici, mais c'est celui

des envahisseurs qui, si on en croit la rumeur, seraient des martiens.

Je vais mettre fin à l'alerte. Il se passe des choses insolites et je n'aime

pas ça.

Un drapeau étranger sur un édifice public ? Oui, monsieur.

Rabutin, vous êtes chargé des lettres et des télégrammes.

Nous adjoindrons à son ministère les échanges commerciaux avec l'occupant.

Que vos services se montrent des plus aimables et te désis la main.

Je pense que vous serez d'accord, messieurs, pour que nous consentions aux

troupes américaines un large rabais sur nos vins et alcools. D'accord.

Adoré.

Maltoufus, la première impression est toujours celle qui compte. Alors faites

le nécessaire pour que ces puérils GI reçoivent un excellent et cordial

accueil quand ils arriveront.

Dès que nous aurons l'argent, il faut que nous achetions ces machines appelées

jus de boxe. Et ne pas perdre de vue les hot dogs.

C'est des saucisses. Ce qui m'amène, messieurs, à aborder la question de non

fraternisation. Je pense que les autorités d'occupation seront

certainement très strictes sur ce point et il va sans dire que nous tenons à

coopérer dans une large mesure avec elles. Je suis d'avis qu'une non

-fraternisation doit pour être correcte durer au plus de 48 heures. Après quoi,

messieurs, nous ferons en sorte que ces pauvres djihaïs solitaires trouvent ici

le réel repos du guerrier.

Je crois que nous avons tout examiné. Avez-vous des questions à poser?

Non. Bien.

Excepté, pourquoi n'avons-nous pas reçu de nouvelles ? Mon cher ami, pas d

'inquiétude. Même si Sully avait été Napoléon, il n'aurait pas gagné cette

guerre.

Ressens.

J'en ai assez de jouer aux petits soldats. Une demi-heure, ordre du grand

maréchal. Et que ça saute !

Être

assis sur un volcan ne serait pas pire.

Pas pire ! Il ne veut pas que tu la neutralises ? Non, je lui ai dit qu'elle

était dangereuse. Il m'a répondu qu'il la voulait ainsi.

Il se grise de sa puissance. Il sait que quiconque possède la bombe a le monde à

ses pieds. Il n'y a qu'un seul moyen d'en sortir. Il faut que tu le persuades

qu'il va me laisser la rendre inoffensive. Le persuader ? Et pourquoi

moi ? Qu'il lui plaît.

Oui, mais lui ne me plaît pas. Pour l'Amérique.

Non, père, pas même.

Pour l'espace humain. Je ne peux pas le voir.

Ça n'a aucun rapport.

Si, pour moi.

Je t'en prie, fais-le.

Est-ce absolument nécessaire, papa ? Absolument.

Le temps des visites est terminé. Oui, je viens, je viens.

Absolument.

Ok.

Voulez-vous, je vous prie, dire au dictateur, je voudrais le voir ? Qui,

mademoiselle ? Bacoum.

Oh, oui, mademoiselle.

Vous êtes l'américaine typique, vous ? Oh, allez !

Vous vouliez me voir ? Oui, à la vérité, monsieur Bacon.

Monsieur le maréchal ! Vous vouliez

me voir ? Oui.

Est-ce que tout va bien ? Oh, merveilleux ! Ça ne peut pas aller

mieux. Une cabine de 2 sur 4, sur un vieux rapiot qui roule et qui tangue,

avec sous ses pieds une bombe qui risque d'exploser à chaque instant, que

demander de plus ? Oui, bien sûr.

Ne me plaignez pas.

Puis-je faire quelque chose pour vous ?

Oui, vous devriez laisser mon père démonter la bombe.

Désolé, je ne peux l'y autoriser.

Je vous le demande, comme une faveur personnelle, je vous le demande. Oh non,

non, non, je ne peux pas.

Je savais qu'il était inutile de me jeter dans la balance.

Oh non, alors passe-moi là.

Attendez, attendez ! Je

crois que vous me tenez très fort.

Vous tiens-je ?

Traitez-vous ainsi de tous vos prisonniers de guerre.

Excusez-moi, mais... J'espère ne pas vous avoir fâché, j'en aurai le cœur

chaviré. Vous avez des mots malheureux.

Est-ce que vous me pardonnez ? Oui.

De grâce, puis je m'en allais.

Encore un moment, s'il vous plaît.

Je me plais à croire, Sully, qu'en dépit de tout, nous restons bons amis, n'est

-ce pas ? Oui, oui.

J'ai toujours admiré les hommes forts et taciturnes comme vous.

Vous êtes vraiment trop jeune et beau pour être un vrai grand maréchal et tout

et tout.

Aimez-vous les filles américaines ? Je n'en connais aucune.

C'était vous ? Vous, ça va.

C'est gentil.

Avez-vous envie de m'embrasser ? Ne vous gênez pas.

Nous avons tous nos faiblesses. Laissez aller votre cœur.

Laissez-la.

Ecoutez ça, Bronwen.

Prenez garde à un bateau pirate battant un pavillon marqué d'un aigle à deux

têtes. Il pourrait vous attaquer.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Pas la moindre idée.

Au bâtiment par bâbord, commandant. En effet.

Il a peut-être vu ce bateau pirate.

Oui ! Oui, du cargo ! Avez-vous vu un bateau...

29 billets pour le Fenwick, monsieur.

Qu'est-ce qui se passe, monsieur ? Vous pouvez m'expliquer ? Un ballon avec une

masque ou du pâté de tigre à grande Fenwick ? Oui, oui.

Monsieur, ces hommes sont complètement fous. Et nous sommes prisonniers, vous

comprenez ? Bon appétit, madame, comme c'est beau.

Quelle langue parle ? Arrête !

Un peu timide,

mais tout de même un peuple sur qui on peut compter, c'est vrai ? Oui. Au

revoir.

Qu'est-ce qu'il vous a raconté ? Je ne sais rien, je ne comprends pas l

'italien.

Dépêchez-vous, je ne peux pas faire attendre le président. Et n'oubliez pas

cette déclaration de guerre. Non, monsieur.

C'est du propre. Les États-Unis et le grand duché de Fenwick sont en guerre et

ce sont les services de l'agriculture qui l'ont découvert.

Oui, monsieur. La déclaration a été retrouvée parmi les prospectus vantant

les mérites d'une nouvelle topiscine.

Oui, c'est navrant.

Et là-haut, autant vous dire que ça va faire du bruit.

C'est moi qui dois annoncer au président que New York a été prise par une

vingtaine de Fenwickiens armés d'arc et de flèches. Je suis sûr que vous

trouverez les mots qu'il faut.

Et tout ça pour une affaire de vin.

Mais ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est pourquoi ils ont eu

recours à la guerre.

Ça pouvait très bien se régler par des négociations. Nous nous sommes toujours

montrés généreux envers les petites nations des héritiers. Oui, monsieur,

mais ils avaient envoyé plusieurs protestations et nous les avons toutes

ignorées. Merci.

Comment vais-je apprendre au président que nous avons perdu la guerre ? Perdu

la guerre ? Simplement parce qu'ils ont débarqué et sont repartis en emmenant

quelques otages ? Ce que je vais vous dire est secret.

Ils n'ont pas seulement enlevé le docteur Coquins, ils se sont emparés du

prototype de la bombe X. La bombe X ? Mais ça signifie ? Oui, qu'ils sont

maîtres à présent du monde entier.

Et c'est moi qui dois annoncer ça au président.

C'est émouvant. C'est émouvant.

Avez-vous mon flacon de sel ? Bonjour, Bambon.

Heureux jour.

Il devrait déjà être là.

Rappelez-vous ce que disait ce télégramme ? Il disait qu'il arriverait

à 14h avec les Américains. Formidable.

J'espère qu'elle ne nous ramène pas trop de chiens et il sait que notre

territoire n'est pas grand. Oh, bien sûr, il le sait. De toute façon, ils

sont très discrets pour ces choses-là en Amérique.

Eh bien, votre grâce, nous sommes rentrés. En réalité, il y a eu un léger

changement dans le plan prévu.

Je sais que cela va être une surprise, nous revenons vainqueurs. Enfin, en

quelque sorte.

En quelque sorte, qu'est-ce à dire ? Eh bien, Excellence, c'est une longue

histoire, mais nous avons pris la bombe X, l'arme la plus destructrice du monde.

Et nous ramenons aussi des prisonniers. Voici le docteur Cockhans, l'inventeur

de la bombe. Voici sa fille, Hélène. Voici le général Freestar. Et ces hommes

sont des policiers du New York. Ah, et ça, c'est la bombe.

Vous redites, yo !

Madame, s'il vous plaît, si cette bombe venait à exploser et l'anéantirait la

majeure partie de l'Europe, je vous supplie de me la laisser rendre

inoffensive. La stratégie s'y oppose.

Si on la rend inoffensive, nous n'aurons rien à échanger, à part quelques

prisonniers. Oh Dieu, enfin, quelle terrible complication, n'est-ce pas ?

Mettez la bombe quelque part, loin d'ici, au garde-meubles national ou dans

le vieux donjon, et le docteur et mademoiselle Patin s'occuperont des

chambres à côté de la mienne. Que prenez-vous du jus d'orange ou de tomate

pour votre petit déjeuner ? D'orange, s'il vous plaît. D'orange.

Mais cette bombe n'est pas le genre d'objet que l'on peut enfermer dans un

donjon ! Je fais toute réserve ! Cette bombe a été dérobée ! Elle appartient

aux États-Unis d'Amérique ! Non, ne soyez pas de mauvaise foi, nous l'avons

conquise régulièrement ! Rendez-la !

Elles apparaissent sur les écrans.

Votre grâce, voici le général Freestar. C'est un vrai général.

Je connais la convention de Genève à cœur.

Il faudra me la réciter un de ces prochains soirs. Je vous accompagnerai

au clavecin.

Venez par ici, ce ne sera pas long.

Venez, là-dedans, vous tous.

Et vous aussi, général.

Merci. Ne me touchez pas, surtout. Pour qui vous prenez-vous ?

Tire psychologique, bien sûr.

Lavage de cerveau.

Rappelez-vous, ne donnez que vos noms, grades et numéros. Laissez-le nous

torturer. Quoi qu'il fasse, ne parlez pas.

Pour nous crier, ça soulage. Avant tout, nous allons former un comité d'évasion.

Ensuite... Ah, vous voilà, général.

Alors ? Que pensez-vous de notre exposition ? Vous me décevez grandement,

madame. Mais songez à ce que vous avez fait. Il y a des lois internationales

sur le traitement des prisonniers de guerre. Vous n'avez pas le droit de nous

torturer ni de nous garder dans cette cellule. Mon cher général, ceci n'est

pas une cellule. C'est un musée. Nous ne pratiquons plus ces horreurs.

Oh, réellement ? D'ailleurs, j'ai été fixé tout de suite.

C'était pour vous mettre à l'épreuve, vous autres.

Alors ? Si vous êtes prêts, je vais vous montrer vos chambres. Vous permettez,

est-ce qu'elles ont les dimensions réglementaires 8 sur 6 ? Je n'en sais

vraiment rien, je ne les ai pas mesurées. Et les repas ? Ils doivent

être servis sur une assiette en fer blanc de dimension réglementaire. Je ne

crois pas que nous ayons d'assiette en fer blanc ici, général.

Alors nous refusons de bouger.

Avant que je n'ai l'assurance que mes hommes et moi seront traités selon les

règlements, je ne me déplacerai pas d'un pouce.

Excusez-moi.

Je vois.

Vous ne voudriez pas manger quelque chose, général ? Seulement si l'on sert

dans une assiette en verre blanc.

Très bien.

Suivez-moi, messieurs, voulez-vous. Gardien, faites valoir vos droits.

Ça leur montrera qu'ils ne peuvent tomber.

Où sont-ils ? Eh, là-bas ! Eh, là-bas !

J'espère que le général va bien. Il a son assiette.

J'ai dressé.

Il n'avait pas d'assiette en fer blanc.

Tote carottier.

Voici les dernières nouvelles.

La situation semble aggravée ce soir et l'on veillera tard dans toutes les

chancelleries du continent européen. Il n'y a plus d'hommes sous les armes qu'il

n'y en a jamais eu dans l'histoire du monde.

Au Parlement anglais, le Premier ministre a rappelé que la Grande

-Bretagne et le Grand-Duché de Fenwick avaient toujours entretenu des relations

amicales et commerciales.

Et que c'était à la suite d'une regrettable distraction que le Grand

-Duché n'était pas encore membre du Commonwealth.

Cela étant, le gouvernement de sa majesté fera tout ce qui est en son

pouvoir pour faire respecter l'intégrité de ce futur avant-poste de la Grande

-Bretagne. Il y eut des acclamations sur tous les bancs.

À Paris, le président a déclaré que le Fenwick faisait historiquement partie de

la France, de par le sang et les excellents vins qu'il produisait, et qu

'il était du devoir des Français de venir se ranger à ses côtés.

Énorme manifestation à Moscou ce soir.

où le premier a déclaré que bien que les soviets aient inventé il y a des années

déjà une bombe X qui était bien leur oeuvre, les travailleurs pacifiques de l

'URSS feraient tout ce qui serait nécessaire pour empêcher la bombe du

Fenwick de tomber entre les mains avides et couvertes de sang des hyènes

capitalistes et impérialistes.

Aux Etats-Unis, le cyclone Ouragan a battu Kid Gorilla Bull par knock-out au

sixième round pour le titre de champion du monde toute catégorie.

Nous n'avons aucune autre nouvelle du duché de Fenwick qui semble maintenant

être maître des destinées du monde.

La petite nation, à présent sûre de sa force, semble indifférente à la tension

croissante qui secoue l'univers entier.

Excellences. Merci.

Ça vient de Chine.

Voilà.

Si nous pouvons vous aider dans la lutte héroïque contre les États-Unis, n

'hésitez pas à recourir à nous, chaleureux et fraternels.

Impossible ! Pour quoi que ce soit, nous ne pouvons plus avoir de relation avec

la Chine rouge.

Ce n'est pas de la Chine rouge, c'est de l'autre.

Voilà,

messieurs,

la situation.

Qu'est-ce que vous suggérez ? Je ne vois pas pourquoi cet affolement, monsieur.

Nous envoyons un avion et 40 parachutistes sur ce ridicule petit

pays, ils nous ramènent coquin de ses sabons, mais à Dieu, ni vu ni connu.

Excellent, monsieur.

Général, ce n'est pas aussi simple.

Certes, nous sommes en guerre avec le duché de Fenwick et légalement nous

pouvons les attaquer. Mais est-ce que vous tenez à ce que l'histoire relate qu

'une nation de notre taille s'est jetée sur le plus petit pays du monde ? Oui.

Non, bien sûr.

Eh oui, il n'y a pas à dire. Nous sommes coincés.

Sérieusement ? D'abord, la France a offert 8 divisions pour protéger Fenwick

d'une attaque. Les Britanniques en envisagent 14.

L'Egypte en a offert 6. Et 50 actions du canal de Suez.

Et naturellement, tous veulent prendre la bombe chez eux pour qu'elle soit en

sûreté.

Argentine, Brésil, France, Allemagne, Italie, tous veulent nous aider. Il est

impensable qu'avoir gagné une guerre puis sans fin de compte accumuler autant

de désastre. Mais cependant, c'est vous qui en avez eu l'idée, Bobo. L'idée ? L

'idée était excellente.

Seul un militaire incapable pouvait gagner cette guerre et il n'y a pas

manqué. Ça partait d'une bonne intention.

Et les Russes ont offert 20 divisions.

en avertissant Fenwick qu'il voulait une réponse dans les 48 heures. Alors

offrons-leur 30 divisions.

Oh, général, vous semblez avoir négligé certains détails. Nous sommes en guerre

avec Fenwick. Il est difficile de leur envoyer nos troupes pour nous combattre.

Ça y est pas à dire.

Nous sommes coincés. Et pour conclure, nous possédons cet effroyable engin de

destruction qui, au moindre roulement d'un chariot de ferme, pourrait nous

détruire tous et le reste de l'Europe avec nous.

Allons-nous être les responsables d'une conflagration mondiale ?

Je sais ce que notre impétueux maréchal va répondre.

Courons aux armes. Je dis, nous avons déjà gagné une guerre. Ne renouvelons

pas cette erreur. Dieu sait où ça nous mènerait.

Votre grâce, nous devons leur rendre leur bombe à l'instant même.

Je ne suis pas si sûr qu'il le fasse, Bobo. C'est entendu, les Américains sont

un peuple sympathique et peut-être n'aurions-nous pas dû leur prendre leur

bombe. Cependant, Bobo, si nous leur rendons la bombe, quelques nations en

inventera une autre plus destructrice encore.

Et alors, nous aurons des bombes Y, Z et la suite jusqu'au jour F, H ou l'une d

'elles. Bombe ! Alors, que suggère votre grâce ? Rien pour le moment.

Mais je pense que nous devrions attendre. Attendre ? Attendre quoi ? Je

ne sais pas. Mais attendre ! Je vois.

Eh bien, dans ce cas, je démissionne.

Moi aussi.

Ils sont tous d'une susceptibilité.

Sully, vous allez devoir ajouter à vos charges celles de premier ministre.

Essayez d'avoir une idée, voulez-vous.

Non, ben, j'essaierai, votre grâce.

Voilà un brave garçon.

Oh, misère, tout cela est si compliqué.

Avoir le destin de toute notre planète entre les mains.

C'est vraiment accablant.

Si seulement mon cher Léopold était là.

Mais nous étions vainqueurs. Enfin, voyons.

Le monde n'est plus ce qu'il était avant.

J'ai trouvé la solution.

Demandons-leur la paix. Comme ça, nous pourrons les protéger.

C'est exactement ce que le président attendait que vous disiez.

Mais malheureusement, le secrétaire d'État a encore 20 pays à voir. Alors j

'ai bien peur que ce soit moi qui... Je vois la Fenwick immédiatement pour

essayer d'arranger un cessez-le-feu. D'accord ? D'accord, parfait.

Qui est là ? On peut entrer ? Non.

Je vois que vous êtes toujours fâchée. Je suis toujours prisonnière. Puis-je

vous dire combien nous avons apprécié votre discours quand vous êtes arrivée ?

Vous l'avez tant apprécié, pourquoi ne me l'avez-vous pas laissé finir ? Qui

êtes-vous d'abord ? Un ami, comte de Montjoie, ex-premier ministre de sa

grâce. Voici M.

Binder, chef de l'opposition de gauche.

Qu'est-ce que vous voulez ? Mademoiselle, puis-je vous retourner la

question ? Je croyais avoir été assez claire. Je veux que cette bombe soit

rendue à l'Amérique.

Et mon père et moi avec elle.

Et le général Freester, et les agents de police aussi, pourquoi pas.

Hé, de quel côté êtes-vous ? Du côté du bon sens, et dans ce cas, mademoiselle,

le vôtre. Nous ne voyons que des avantages à votre retour immédiat en

Amérique, avec la bombe.

C'est votre attention ? Absolument, nous voulons sortir de ce pétrin.

Expliquez-vous clairement.

Eh bien, nous vous suggérons d'emporter cette bombe inutile, et qui plus est,

nous vous y aiderons.

L'emporter, l'emporter en Amérique ? Oui.

Nous reviendrons vous chercher dans une heure. Soyez prêtes à vous évader. Je

pense qu'une heure vous suffira.

Mademoiselle, ce ne sera pas sans regret que nous nous priverons de votre charme.

Écoutez, si nous n'avons qu'une heure...

Entrez. Je prends un bain. Alors attendez où vous êtes, je vous prie.

Vous êtes en avance ? Je ne vous attendais pas avant une demi-heure.

Vous dites ? Qui est là ? C'est moi, Sully Bacon.

Vous vous rappelez ? Comment pourrais-je oublier ? Qu'est-ce que vous voulez ?

Je voulais simplement bavarder en ami, comme vous m'en aviez parlé sur le

bateau. Oui, c'était sur le bateau. Nous ne pourrons jamais être amis.

Adieu ! Vous pensez ce que vous dites ? Oui, je le pense.

Sortez ! Allez-vous-en

d'ici ! Vous aviez crié. C'est votre faute tout ça.

L'eau était glacée. Vous n'avez pas honte d'entrer alors que je suis nue

dans ce misérable baril ? C'est un baril historique, œuvre de nos plus grands

tonneliers. Ça alors, c'est... Si vous croyez que ça me touche, voulez-vous

sortir ? Bon, ben c'est bon, j'attendrai dehors.

N'entendez pas, allez-vous-en ! Non, j'attendrai là si vous le voulez bien.

Garde ! Voulez-vous voir mes lettres de créance ? Je suis venu pour discuter d

'une affaire très importante avec la grande Duchesse Gloriale.

Nous avons hâte de ne laisser pas ces personnes.

Mais c'est extrêmement important.

Les autres l'ont dit aussi.

Je suis venu pour discuter des termes de la reddition.

De qui ? De nous.

Il faut attendre ici, comme les autres. Garde ! Agresseur !

Donc, tous doivent attendre jusqu'à ce que nous avons permission d'entrer chez

les tovaristes travailleurs Grand-Duché. Oh, dada, oui, oui.

Oui, camarade.

Caviar, ruski caviar. Jamais pendant le service.

Général, nous disposons de peu de temps.

Mais est-ce que nous ne devrions pas demander à Coquins de la désamorcer d

'abord ? Ne le trouve plus, nous devons chercher partout. Mais je... Comment

vous, général ? Ah non, général.

Bien sûr, mais qui doit la transporter ?

Partons-nous.

Ecoutez, Bacombe, il est inutile de vous incruster ici, je n'ai rien à vous dire.

Alors pour la dernière fois, je vous prie de vous en aller.

Je vois.

Au revoir.

Au revoir. Et dès que j'aurai quitté votre pays pour touriste pauvre, je

serai la plus heureuse des filles. Pays pour touriste... Mais vous oubliez que

nous avons gagné la guerre. Oui, mais par accident, en vous glissant dans l

'eau. Il faisait grand jour. Pendant que nous étions sous terre. C'est le

résultat seul qui compte. Si nous vous avions vu... Nous avons conquis votre

bombe. Vous ne pouvez plus rien y changer. Vous l'avez volée. Le vol fait

-il partie aussi de vos mœurs primitives ? Mais c'est une prise de guerre. Et les

propriétés des États-Unis. Et vous, vous êtes ma propriété. Vous êtes ma

prisonnière.

Voilà.

La voiture. Oui.

C'est moi.

Mon père est avec les agents ? Pourrais-je vous mentir ? Franchement,

oui. Je vous garantis qu'il attend avec les autres. Je vous en prie.

Qui est là ? C'est encore Sully.

Non, n'entrez pas.

Allez-vous-en.

Je suis venu pour vous faire des excuses.

Et vous dire que je considère désormais tous les problèmes comme résolus car je

vous aime. Car vous ? Oui, et qui plus est, Hélène, je crois que vous m'aimez.

Que je... Oui.

Puis-je entrer maintenant ? Non, non, attendez, rien qu'une minute, que je

réfléchisse. Bien, prenez tout votre temps.

Il m'a dit qu'il m'aimait ? Félicitations.

Je crois qu'il le pense. Mais bien sûr, il est idiot, je vous en prie. Dans ce

cas, c'est un idiot gentil. Vous le lui écrirez.

Je crois qu'il m'a toujours plu. Oui, à moi aussi, mais plus tard. Allez, on

vous sent.

Allons-nous-en.

Et que font-ils ? Jolie motorisation que vous avez là.

Compliment. C'est la voiture de la grande déchesse. J'espère seulement qu

'elle ne s'en apercevra pas.

Ça, c'est le cadet de mes soucis.

Hélène.

Hélène.

Où est mon père ? Oui, où est son père ? Je le croyais avec vous. J'avais bien

raison de me méfier de vous. Ma chère enfant, ne vous inquiétez pas. Nous

veillerons sur votre père, je vous assure. Vous remportez simplement la

bombe chez vous et pour le reste, nous nous enchargeons. Si vous espériez que j

'abandonnerais mon père et que je monterais dans cette antiquité sans que

la bombe ait été désamorcée. Petite demoiselle, nous verrons ça plus tard.

En route.

Bon voyage.

Où ce diable de docteur peut-il être passé ? Je n'en ai pas la moindre idée.

Mon amour et ma bombe !

Ceci n'est

pas la fin du film. Mais comme la chose pourrait arriver d'un moment à l'autre,

nous avons pensé qu'il était charitable de vous y préparer et de vous mettre

plus ou moins dans l'ambiance.

Merci de votre attention.

Et maintenant, revenons à notre histoire.

Cinq. Il m'en reste encore un coup.

Un, six.

Un, deux, trois, quatre, cinq, six.

Je bombarde Philadelphie. Qui possède Philadelphie ? C'est moi.

Donc, vous me devez 500 bombardiers lourds.

Ce n'est... Maintenant, à mon tour.

Quatre. Un, deux, trois, quatre.

Tentez votre chance.

Allez aux mines de sel.

Heureusement, je peux payer une amende pour l'éviter.

J'ai l'Arabie saoudite. C'est un jeu amusant.

Je suis d'accord.

Ça s'appelle diplomatie. Mon chauffeur est plus fort que moi, ce petit jeu. À

moi de jouer. Oui.

Vous devriez porter ça un moment, après tout, c'est à votre père. Non, général,

je ne suis qu'une femme.

Faites attention ! Arrêtez ! Qu'est-ce qu'il y a encore ? Elle ne veut pas

monter la côte.

Alors faites quelque chose, descendez et poussez.

Ne donnez pas ce coup.

Pas si vite !

La voiture vient de rentrer dans la meule de foin.

Dépêchez-vous ! Sortons-nous de là ! General Pristard, êtes-vous blessé ?

General Pristard, vous n

'avez rien ? La bombe ! Elle va exploser !

Bien. Cher monsieur, je n'ai jamais été premier ministre jusqu'ici.

Et... De toute façon, point 1.

Le vin de contrefaçon doit être exclu du marché et nous vous vendrons le nôtre

comme auparavant. Vous voulez ça dans le traité de paix ? Oui, monsieur, nous

voulons ça dans le traité de paix.

Et nous voulons un million de dollars.

Vous voulez dire un milliard de dollars ? Non, non, monsieur, rien qu'un

million. Ne nous demandez qu'un malheureux million, ce serait offensant.

Nous avons donné dix fois ça pour reconstruire un village d'Allemagne.

Oui, mais l'Allemagne avait perdu. Bon, mais si je n'arrive pas à faire ratifier

ça, vous devrez prendre le milliard. Faites le maximum, je vous en prie. Et

dites-leur... Ah oui, nous voudrions qu'une partie soit payée en baignoire et

en chauffe-eau perfectionnée. C'est bien ça, Hélène, n'est-ce pas ? Oui, chérie.

Oui, nous allons nous marier.

Tous mes compliments.

Merci. Merci, monsieur.

Et que faites-vous de la bombe ? Eh bien, la bombe reste ici.

Et le docteur Coquins aussi.

Nous voulons qu'il travaille un chewing-gum.

Boupino, grand Fenwick.

Que, naturellement, nous espérons exporter aux États-Unis.

Vous tenez à ce que ça figure aussi dans le traité de paix ? Absolument.

Ah oui, oui, oui, tout ça doit être noir sur blanc.

Mais à propos de la bombe, vous ne pouvez pas tout de même la garder

indéfiniment ? Monsieur, nous aimerions que votre président, que nous admirons

beaucoup... essaie de persuader les Nations Unies de laisser les petits pays

du monde contrôler la bombe. Nous voulons le désarmement général et

voulons qu'une ligue des petites nations soit chargée des inspections afin de

constater que tout marche sans fraude.

Je vois.

Mais ce que vous nous proposez n'est pas nouveau. Tout le monde pleure depuis des

années pour le désarmement. Et où en sommes-nous ? Qu'est-ce que vous pouvez

offrir aux grandes nations en échange de leurs armes ? Mais, monsieur, la

confiance.

Voyez-vous, les grandes nations ne peuvent se mettre d'accord parce qu

'elles se suspectent mutuellement.

Nous pensions tous que le monde serait meilleur après la dernière guerre.

Souviens des rapports, il est pire. Bombe A, H, X, Y, Z.

Et vous croyez vraiment que les grandes nations vont faire confiance à un groupe

de petits pays neutres, base d'une politique de désarmement général ? Vous

croyez qu'elle accepterait ça ? Je le souhaite, monsieur, parce que si elle le

refusait, alors nous ferions exploser la bombe.

Mais vous sauteriez tous avec elle. Mais voyez-vous, monsieur le secrétaire... S

'il devait y avoir une guerre atomique, Fenwick serait anéanti de toute façon.

Si les choses ne s'arrangeaient pas, nous prolongerions simplement notre

agonie. Vous ne croyez pas ? Je comprends votre pensée.

Eh bien, l'Amérique ne veut rien d'autre que la paix. Elle l'a toujours voulu. Je

ferai de mon mieux.

Et pour notre bien à tous, j'espère que nous aboutirons. Merci.

Ça a été très gentil à vous d'être venu.

On va vous escorter jusqu'à la frontière.

Dites toute mon affection à votre président, voulez-vous ? Ah, Madame

Washington aussi.

Votre Altesse, veuillez m'excuser, ceci est le plus important.

La bombe a tellement, tellement été secouée qu'il vaudrait mieux que je l

'examine.

Aussitôt que possible et même tout de suite.

Oui, je pense que papa a raison.

Oui, et surtout, soyez très prudent. Hein, papa?

Merci.

Je ne l'ai pas chargée.

Elle n'a jamais été chargée.

Étonnant.

Félicitations. Papa, je suis fière de toi.

Chut.

Seul nous le savons.

C'est une bombe.

Est-ce que ça va, la bombe ? On ne peut mieux, Will.

Parfait, parfait.

Alors faites bonne garde.

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