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Thomas !
Alors, les enfants ! Julien !
Descendez, dépêchez-vous.
On s'en va, j'en ai assez.
Julien ! Thomas !
Maintenant, ça suffit, hein ?
- Bonjour, papa. - Bonjour, mon chéri.
Bonjour, Jules !
- Ils sont insupportables. - C'est pas vrai.
- Dis ce que t'as fait Ă la petite fille. - Elle m'a fait mal.
Une autre fois, j'ai rendez-vous.
T'as jamais la tĂŞte pour eux.
Je te laisse mes problèmes et je vais jouer.
- J'ai compris, allez les enfants ! - Non, on veut rester avec papa.
Maman va vous acheter une sucette.
Laissez-moi travailler.
Maman va vous acheter une sucette.
On les achète pas avec ça.
Allez, hop, dehors, dehors !
Dehors, allez !
- Sois raisonnable. - J'ai du travail.
Soyez gentils, j'ai du travail.
Tu me donnes de l'argent ?
- Je t'ai déjà donné. - On mange 2 fois par jour.
- T'achètes en 2 fois ? - Non, j'ai payé les rideaux.
Qui a besoin de rideaux ?
Bonjour ! C'est ton petit frère ?
- Non, c'est ma sœur. - C'est ta sœur !
- On est deux sœurs. - Ah, oui ?
Salut, les minous !
Au revoir.
Tu me donnes 10 000 francs pour les tringles ?
Tu peux te les accrocher.
Allez, on y va.
Au revoir, les enfants.
Allez viens, Thomas, viens.
Le bilan n'est pas brillant.
Votre chiffre d'affaires ne s'améliore pas.
Le seul progrès, c'est que vous avez de moins en moins d'impôts.
Je préférerais le contraire.
Vous allez me signer un chèque pour les allocations familiales.
L'assurance maladie.
L'allocation vieillesse.
La caisse de retraite.
La caisse de retraite et l'allocation vieillesse...
Je vous l'ai déjà dit, c'est pas la même chose.
Quand je serai vieux, j'aurai la retraite.
Vous pourrez ĂŞtre vieux et pas encore Ă la retraite.
Allez, signez.
Quand j'aurai compris...
Y a aussi une traite qui est revenue impayée.
- Combien ? - 4 022 francs.
Puis encore 7 autres, jusqu'en février.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Combien il reste Ă mon compte ?
Quand vous m'aurez réglé...
Il vous restera 472 francs.
- Ça, c'est vos honoraires ? - Oui, s'il vous plaît, signez.
- Eh bien ! - Comme vous dites.
Il rentre pas un chat dans cette boutique !
- Vendez-la. - Et après ?
Je rembourse mes dettes et ma femme croque le reste.
Engagez-moi comme bonne.
Avec ce que votre femme dépense en un jour,
je vous ferai Ă manger pendant une semaine.
Maman, occupe-toi de tes affaires, s'il te plaît.
- Vous l'avez bien élevée, votre femme. - Désolé,
c'est vous qui l'avez élevée.
Quand vous me l'avez confiée, son éducation était bien entamée !
Cette bourse américaine...
c'est un véritable ascenseur !
Comment vous les trouvez ?
Très jolis.
Pas mal.
Où t'as trouvé l'argent pour les tringles ?
J'ai emprunté au concierge.
Au concierge !
Concierge, voilĂ ce que j'aurais dĂ» faire !
- Nourri, chauffé, logé... - C'est un beau métier.
Thomas ! Qu'est-ce qu'il fait lĂ , celui-lĂ ?
Tu vas aller te coucher, oui ?
Je veux que papa me raconte une histoire.
- Ça va réveiller ton frère ! - On fera doucement.
Et demain l'école, alors ? Papa, va lui raconter une histoire.
Quelle histoire ?
Ton père ne t'en racontait pas quand t'étais petit ?
Tu me promets que tu dors après ?
- Ça m'étonnerait. - Sûr ?
Il est mignon.
Viens embrasser ton grand-père.
- Allez, viens ! - Mais laissez-le, celui-lĂ .
C'est mon trésor, ça. Je l'adore, ce gosse.
Allez, au lit, Thomas.
Il est mignon.
Charmant.
Ah, il est mignon.
Je pense bien !
T'étais pas aussi mignonne quand t'étais petite.
Je te lis encore un peu l'Arche et puis je vous laisse.
- Allez. - Papa...
Mais non... Mais demain c'est l'école, mon chéri.
Tu veux...
Tu veux que papa dorme avec toi ?
Tu veux que papa rentre au lit avec toi ?
Je me mets un peu au dodo avec toi.
Allez, allez...
Tu vois, tu l'as réveillé, regarde le résultat.
Un petit dodo avec toi...
Allez, viens dans mes bras.
Allez, ne pleure pas.
Ne pleure pas.
S'il le faut, je travaillerai.
Moi, je garderai les enfants.
Pourquoi pas ? Je travaillais bien avant de te connaître.
Du chapeau.
On a tout ce qu'il faut pour ĂŞtre heureux.
A quelques francs près.
Embrasse-moi.
Mieux.
J'ai pas la tĂŞte.
T'as pas le cœur ?
Tu m'aimes plus ?
J'ai pas assez de problèmes comme ça ?
J'ai une traite de 4 000 F Ă payer, 7 qui suivent,
je sais pas si on aura de quoi bouffer
et ton seul problème, c'est de savoir si je t'aime ?
Oui, c'est tout ce qui compte pour moi. C'est drĂ´le, hein ?
D'après toi, je t'aime ou je t'aime pas ?
Je sais pas.
Je donne ma langue au chat.
T'as plus envie de moi ?
On est déjà des petits vieux.
Salut, mon vieux !
Eh ben ça alors !
Pour une surprise, c'est une surprise !
On s'embrasse ?
Tu t'attendais pas Ă me voir !
Ça, je dois dire...
- Ça fait au moins 4 ans. - Plus.
- Comment tu vas ? - Ça va.
- Et toi ? - Magnifique.
Je ne vais pas, je vais très bien. Très, très bien.
- Tant mieux. - Et toi ?
Ça pourrait aller mieux, mais ça va.
T'as divorcé ?
Non, de ce côté-là ça va. Je suis marié, j'ai deux enfants.
Alors qu'est-ce qui va pas ?
Les affaires.
Claude, si tu veux, je te prĂŞte de quoi rembourser tes dettes,
je t'avance de quoi refaire entièrement ton magasin,
je te fournis la marchandise et tu deviens ma 1re succursale.
La boutique est Ă toi ou tu as un bail ?
Non, j'ai simplement un bail.
Parfait !
MĂŞme pas besoin d'autorisation, tu restes dans le mĂŞme article !
Que tu vendes Proust ou Position, c'est de la librairie.
Si tu vends quelques gadgets, c'est pas grave.
Il est comment, ton propriétaire ?
Je l'ai jamais vu. J'ai affaire au gérant.
C'est encore mieux ! Y a pas de problème avec les gérants !
Tous les gérants s'achètent.
On lui fera un cadeau en fin d'année.
Un abonnement gratuit de un an Ă Playboy.
Renouvelable, tiens !
De quels gadgets tu parles ?
Des vibromasseurs,
des poupées gonflables, des cartes à jouer, des fouets...
VoilĂ le grand harnais.
Alors...
Comme ça. Et alors, ici...
ça sert à attacher les mains dans le dos
de façon à maintenir complètement la personne.
C'est le modèle qu'on vend le plus.
Ça part comme des petits pains.
Il est grand, il est beau, il est très décoré...
- Il est très esthétique. - Et fonctionnel !
C'est très important.
Mais ça sert à quoi ?
Le principe, c'est d'habiller un corps, et ensuite de fixer derrière.
D'attacher les mains pour éviter tout mouvement quand on fouette.
- On fouette ? - On fouette.
Parce qu'on fouette !
Je vais te raconter un truc,
y a des gens qui me les rendent cassés.
Le cuir cassé, déchiré.
C'est un cuir qui sert Ă faire des harnais de chevaux pour tirer les charrues.
- Qui est la jeune fille ? - Maria, c'est ma main droite...
c'est presque mon égérie.
Je crée le modèle au départ, sur elle,
on l'essaye, on le met au point ensemble
et elle fabrique Ă la demande.
Elle fait tout d'une façon artisanale, à la main.
Ah, voilà le modèle, tiens.
Ça c'est le plus beau.
Ça c'est magnifique. Là y a un problème.
C'est un harnais de seins, c'est très beau,
- mais comme on ne peut pas attacher... - Ça marche pas.
Ça, qui n'est pas une ceinture de chasteté,
mais une chaîne de chasteté,
parce que la chaîne bloquée aux hanches est fermée avec un cadenas,
ça c'est bien, parce que ça a un côté fonctionnel,
blocage, empĂŞchement. Il faut empĂŞcher quelque chose.
- Faut que ça fasse souffrir. - Faut que ça fasse souffrir !
Vos clients, c'est des dingos.
Non, pourquoi ?
Je trouve que chacun est libre de faire ce qu'il veut.
En plus,
si on a envie de faire l'amour attaché, de se faire fouetter
ou de se faire mettre ça sur la tête, c'est un défoulement.
Je prétends qu'il vaut mieux se défouler comme ça
qu'au volant ou qu'en courant le cul des petites filles le soir.
Pour moi, c'est top.
C'est presque un bienfait.
C'est spécial, quand même.
C'est spécial, mais...
presque normal.
Ça devrait nous attirer des clients !
Penses-tu. Y a que des vicieux
qui entrent, lĂ -dedans.
Et alors ? T'as quelque chose contre ?
Tu viens, chéri ?
Tu vois ? Il préfère son bouquin.
Il peut recommencer autant qu'il veut.
C'est quand mĂŞme pas pareil.
Regarde le mec qui arrive. C'est le dentiste du coin.
Il m'a refait tout mon râtelier.
- Ça c'est pas mal. - Regarde, là .
Viens.
Qui aime bien caresse bien.
On étonnerait beaucoup de nos contemporains
si on popularisait l'idée qu'ils sont les conquérants du plaisir sexuel.
Il n'est pas utopique de penser que nous n'en sommes dans cette exploration
qu'aux premiers balbutiements.
Le couple moderne
est sur le chemin de la conquĂŞte du plaisir.
RĂŞvons un peu.
Que sera dans 100 ans, 200 ans
une étreinte amoureuse si nos progrès dans ces domaines
suivent le rythme de nos connaissances scientifiques ?
Aujourd'hui, l'homme va sur la lune, qui l'aurait cru ?
Alors qui peut dire que demain
l'amour n'aura pas fait autant de progrès que la science ?
Qui peut le dire ?
Et tout d'abord, l'amour est une science.
Une boîte d'Activiril, s'il vous plaît.
- D'Acti... ? - D'Activiril.
Activiril...
Non, ça c'est Stimulâge 2.
Ah voilà , c'est ça.
88 francs.
C'est un prix de lancement.
VoilĂ .
- Merci, monsieur. - Merci.
Il existe une infinité de sentiments
pouvant attirer l'un vers l'autre un homme et une femme.
Une chimie délicate se produit entre eux
avec plus ou moins de soudaineté, parfois immédiatement.
Le désir naît. Il va falloir le transmettre,
le rendre perceptible Ă la personne choisie
pour qu'il soit reconnu, rejeté ou accepté.
L'œil est l'interprète le plus direct et le plus efficace
de nos sentiments intimes.
C'est par son intermédiaire
que vous pouvez rendre sensible à l'autre votre émotion.
La nudité sied à l'amour et le déshabillage
est un exercice très agréable si on évite certains écueils
que le débutant ignore parfois.
Le déshabillage doit se faire à deux.
C'est un principe qu'on transgresse trop souvent.
Par timidité, certaines femmes n'osent pas être actives à cet instant.
Par paresse, par maladresse manuelle,
certains hommes laissent le soin à leur compagne de se dévêtir seule,
ce qui est une grave erreur.
Que lis-tu ?
Hein ?
Qu'est-ce que tu lis ?
Rien. Le Guide des caresses.
C'est bien ?
Pas mal.
Je sais bien que la pratique est parfois malcommode
et qu'un soutien-gorge réticent
peut mobiliser l'attention des deux partenaires,
leur faisant oublier leurs idées voluptueuses.
Il est recommandé à l'homme
d'entrecouper son ouvrage de tant de baisers et de caresses
que sa partenaire oublie à quel méticuleux travail de dégrafage
il est en train de se livrer.
N'adoptez la brutalité qu'avec prudence.
Sachez-le : certaines femmes préfèrent la douceur.
Rien n'est plus désagréable pour une femme,
une fois le paroxysme voluptueux passé,
de découvrir que son partenaire a conservé pendant tout ce temps
ses chaussettes ou son tricot de corps.
Ou les deux.
Bob ronflait.
Cerise se caressait lentement le ventre.
Soudain, comme prise de vertiges, elle sortit de la tente.
La nuit était là , d'un noir aubergine,
seulement éclairée par la lune.
Cerise avançait doucement, écartant les branches,
gracieuse, passant sous les lianes.
Soudain, elle s'arrêta, guidée par son instinct.
Troublée, elle le sentit derrière elle, tapi dans le noir.
Effectivement, il était là .
Il l'embrassa.
Frémissante, elle se débattit, à moitié fâchée, à moitié contente.
Le souffle manqua, ses jambes mollirent.
Maintenant, elle était nue.
Il la prit dans ses bras puissants et l'emporta pour la déposer délicatement
sur sa couche.
Elle voulut éteindre la lampe à propane,
il la repoussa,
puis il défit son ceinturon.
La boucle de la courroie cliqueta contre l'étui de son poignard.
Il se pencha sur elle.
Abandonnée à ses caresses, à ses baisers, elle souriait, conquise.
Il mordit les épaules, les pointes des seins,
elle eut envie de crier de plaisir.
La bouche descendit le long du ventre, lentement, sûrement.
Ă€ quoi tu penses ?
Ă€ toi.
Menteur.
- Va te rhabiller. - T'es fou ?
Je t'expliquerai après. Va te rhabiller.
- M'habiller comment ? - Comme tout Ă l'heure.
- Complètement ? - Complètement.
Mais aĂŻe !
Attends.
Mais t'es malade, non ? T'es fou !
La connaissance des perversions sexuelles
est la base de votre métier.
La plupart de vos clients viendront vous consulter
pour choisir des ouvrages qui ont trait à leur déviation.
Alors, il faut les satisfaire.
Je parle comme ça parce que je vous vois jeune, charmant, désemparé.
Je suis un vieux collectionneur d'ouvrages érotiques.
J'ai plus de 5 000 livres ! Des anciens, des modernes,
avec ou sans illustrations.
Faut vous dire que j'ai commencé ma collection en 1912.
J'ai acquis mon premier livre,
j'avais 11 ans.
J'ai longtemps hésité à devenir marchand moi-même,
mais l'idée de me séparer d'un de mes livres m'était insupportable.
J'ai renoncé.
- Madame ? - Pardon, monsieur,
avez-vous des ouvrages ayant trait au fétichisme du caoutchouc ?
- Au fétichisme du caoutchouc ? - Oui.
Oui, L'Imperméable.
- Non, L'Imperméable, je l'ai déjà lu. - Dommage.
Est-ce que vous connaissez
- L'Education d'un chérubin ? - Ah non.
C'est un ouvrage admirable sur le fétichisme du caoutchouc.
C'est l'histoire d'un garçon qui à l'issue d'une pêche marine
fait l'amour pour la 1re fois avec une femme qui a conservé le haut
de sa combinaison de femme-grenouille.
Ce garçon est marqué pour la vie.
Vous n'avez pas l'Education d'un chérubin ?
Non, c'est un titre que je n'ai pas vu.
Je peux vous le commander.
- Oui, avec plaisir. - Oui.
Je peux verser un acompte, si vous voulez.
Non, vous me paierez quand vous viendrez le chercher.
- Je l'aurai d'ici 3-4 jours. - Merci.
- Au revoir, messieurs. - Au revoir, madame.
Et voilĂ ! Qu'est-ce que je vous disais ?
Elle, c'est le fétichisme du caoutchouc.
Un autre, ce sera nécrophilie,
un troisième ça sera le fétichisme de la fessée.
Qu'est-ce ?
Un goût excessif pour cette partie du corps.
Un type qui met la main aux fesses de sa secrétaire, c'est un obsédé ?
Non, c'est un malappris !
Revenons-en aux déviations. Je veux faire votre éducation.
Lesquelles connaissez-vous ?
Les sadiques...
Les masochistes...
Les homosexuels.
C'est ce qui a de plus courant.
Vous en savez d'autres ?
Non, je vois pas.
Rien ? La bes... la bes...
- La bestialité ! - La bestialité ?
Oui, c'est le rapport sexuel entre humains et animaux !
Y a le voyeurisme, le travestissement, la flagellation...
C'est mon cas.
- La masturbation... - Ça aussi ?
D'après Kinsley, 90 % des hommes et des femmes interrogées se masturbent.
À la rigueur, on peut l'écarter,
car il faudrait conclure que 90 % des hommes et des femmes sont déviés.
Cependant, sur ces 90 %,
y en a qui ont une telle fréquence
qu'on peut bien les considérer comme déviés.
- À ce point-là ? - Oui, à ce point-là .
- Bonjour, papa ! - Bonjour !
- Bonjour, monsieur ! - Oui, bonjour.
Bonjour, Jules !
- Dis bonjour au monsieur. - Bonjour.
On vient t'embrasser avant d'aller au marché.
C'est gentil.
- Comment vont les affaires ? - Bien, merci.
Ma femme, ma belle-mère, monsieur...
Monsieur de la Grange. Très honoré.
Thomas ! Mais tu es fou ?
- Ça suffit ! - T'es une vraie brute.
Il fout tout en l'air et c'est moi la brute !
Va au marché et laisse-moi travailler.
L'endroit est interdit aux mineurs.
Tu veux qu'on ferme ma boutique ?
Je veux que tu sois plus aimable.
Venez, les enfants.
Je reste un peu, ça m'amuse.
Sois pas ridicule, c'est plus de ton âge.
Charmant.
- Au revoir, monsieur. - Au revoir, madame.
- Tu veux manger quoi, ce soir ? - Je m'en fous.
Ça va, t'auras rien.
- Embrasse-moi. - Non !
Ils sont délicieux, vos enfants.
Ă€ croquer.
Je vous remercie.
60 francs.
Vous avez La braguette magique ?
Oui.
20 francs.
VoilĂ .
Merci.
Oui, j'ai ce modèle-là .
Ça s'attache et ça se ferme avec un cadenas.
- C'est très bien. - Je veux pas celle-ci, je veux l'autre.
- Celle-lĂ ? - Oui.
C'est une ceinture de chasteté pour homme.
Justement, c'est ce que je veux.
C'est 600 francs.
Je prends.
AllĂ´ ?
- Vous ĂŞtes le libraire du sex-shop ? - Oui.
Je m'appelle Jacqueline.
Je vous ai acheté La braguette magique.
Oui, je me souviens.
Ce ne serait pas gentil de plus vous souvenir.
Vous devez voir tellement de clients, vous devez être blasé.
- Non, je vous avais remarquée. - Moi aussi, je vous avais remarqué.
On est avec mon mari, on voudrait vous inviter à dîner avec une amie.
Oui, avec plaisir.
Justement, j'avais faim.
Alors, on habite 8 square des Innocents,
c'est au 3e étage, vous verrez y a une plaque "chirurgien-dentiste".
- Qu'est-ce que vous aimez ? - Pardon ?
Je veux dire qu'est-ce que vous aimez manger ?
Ça m'est égal, je suis pas difficile.
- C'est pas gentil pour moi. - Pardon ?
Je plaisante. Alors on vous attend.
J'arrive. Je préviens ma femme et j'arrive.
Vous êtes marié ? C'est charmant, ça.
Pourquoi vous ne l'amenez pas ? Elle sera la bienvenue.
Euh... Oui, c'est...
C'est ça, oui... À tout à l'heure.
Ă€ tout de suite.
Ă€ tout de suite ?
Je dois aller avec Bernard Ă Fontainebleau
voir un fournisseur japonais.
À Fontainebleau ? À cette heure-ci ?
Bernard vient d'arriver et de me prévenir.
Le Japonais est méfiant et donne ses rendez-vous tard.
Sois prudent, mon chéri.
T'inquiète pas.
Je rentrerai pas tard.
Je t'aime. Dors bien.
Vous savez ce qu'on se disait ?
Avec ma femme, quand on est entrés dans votre sex-shop,
on se disait, pour tenir un sex-shop,
ça doit être un vicelard terrible. Non ?
Non, je crois pas.
Enfin, j'ai pas remarqué.
Pas encore.
Je tiens un sex-shop mais je suis normal.
Il est mignon.
C'est quoi "ĂŞtre normal" ? Faire ce qu'on a envie de faire ?
Si vous faites ce que vous voulez, vous ĂŞtes normal.
Si vous voulez ĂŞtre vicelard, c'est normal.
C'est pas vrai, ma grande ?
Ce qui n'est pas normal, c'est de ne pas faire ce que vous voulez.
Ne pas être pédé si vous l'êtes.
Ne pas ĂŞtre Ă voile et Ă vapeur si vous avez envie de l'ĂŞtre.
Et de garder votre femme pour vous,
si vous voulez la prĂŞter. Ce n'est pas normal.
Ă€ propos de femmes,
oĂą est la vĂ´tre ?
Il voulait pas me la prĂŞter.
Non, c'est pas ça.
Elle devait garder les enfants.
La pauvre.
- Vous avez un garçon ou une fille ? - Deux garçons.
La chance. J'ai une fille et un garçon.
C'est vous qui avez de la chance.
On a toujours rêvé d'avoir un garçon et une fille.
J'ai toujours rêvé d'avoir deux petits garçons.
Vous n'avez qu'à échanger. On échange jamais assez.
Tu dis rien ?
Tu n'es pas d'accord ?
Je vous écoute.
T'es sûre de ne pas dire de conneries.
Elle est timide quand elle connaît pas.
Oui, quand elle connaît pas.
Comment marche votre sex-shop ?
Les affaires sont bonnes ?
Je viens juste d'ouvrir mais ça démarre pas mal.
Qu'est-ce que vous vendez le plus ? Les bouquins ? Les films ?
En parlant de film, on m'en a rapporté un d'Amsterdam.
- Oh, oui ! - Pas cochon.
Je vends un peu de tout mais...
- surtout les livres. - Lesquels vous vendez le plus ?
Positions, oui, je crois.
Positions 1 ou Positions 2 ?
On vend plus le 1er, couverture rouge.
Ah, tiens.
J'aime plutĂ´t le second, c'est plus marrant.
La majorité silencieuse a des goûts classiques.
Ça se vend sous le manteau ?
Bien sûr, c'est interdit à l'affichage.
C'est un scandale. À quoi ça rime ?
C'est un libre indispensable que tout me monde devrait avoir.
Indispensable...
Ceux qui ont besoin de lire Positions pour se mettre en position...
- C'est un peu triste. - Toi, ma chérie...
Tu es un véritable cordon-bleu.
Vous verrez.
J'ai vu, c'est très bon, votre dîner.
Merci.
D'après Le Nouvel Observateur,
je cite mes sources,
ils en ont vendu plus de 300 000, en quelques semaines, sous le manteau.
Vous imaginez en vente libre ?
Tous les couples pourraient y puiser des recettes.
C'est incroyable ce qu'on peut faire Ă deux.
Et Ă quatre !
- Et Ă douze ! - LĂ , c'est sans fin.
Ça me rappelle le meccano que mon père m'avait offert.
C'était un n°1.
J'arrivais tout juste Ă construire une grue.
Au cours de l'année, quand j'étais dans les 10 premiers,
j'ai eu des boîtes supplémentaires.
Vous me croirez si vous voulez,
au bout de deux ans, avec mon meccano,
en plus de la petite grue,
j'arrivais à construire deux gratte-ciels de 22 étages chacun,
reliés par une passerelle.
L'amour, c'est pareil. C'est une question de nombre.
Plus il y a de monde, plus l'édifice est grandiose.
Une petite tranche ?
De gâteau.
Oui, avec plaisir.
L'amour, on devrait vous apprendre ça à l'école.
Ă€ partir de la 6e, 2 h par semaine, comme la gymnastique.
Pourquoi seulement 2 h ?
Je disais ça pour la 6e mais tu as raison !
Mais tu as raison !
On a 8 h d'histoire et de géo qui ne servent à rien
et on ne nous apprend pas l'indispensable dans une vie d'homme.
- Et de femme. - VoilĂ le monde.
VoilĂ le monde oĂą on vit.
Si je proposais ça à la chambre des députés,
c'est moi qu'on traiterait de timbré, vous trouvez ça normal ?
Ah, non...
Vous avez raison.
Imaginez un monde normal
oĂą Ă partir de 12 ans, on apprendrait Ă bien faire l'amour.
Ce serait pas formidable ?
Je vous le dis tout de suite.
J'aime bien mon métier mais là , je laisse tout tomber, je fais prof.
Tu me gardes comme assistante.
Toi, ma chérie, tu aurais une chaire d'amour à la Sorbonne.
Tu serais académicienne.
- Va leur proposer. - Pourquoi pas.
Si on ne se dépêche pas, ce ne sera plus la peine.
Après minuit, ça baisse.
Mais non, c'est vendredi, on a le temps.
On va quand même se préparer. Viens, Muriel.
On vous laisse 5 min entre hommes.
Oui.
On va s'asseoir lĂ -bas, on sera mieux.
Venez.
- Je vous sers une petite fine ? - Avec plaisir.
- Vous m'en direz des nouvelles. - Juste un doigt.
- Où va-t-on, après ? - Chez l'empereur Marcel.
Marcel ?
Vous connaissez pas ?
Ça vous plaira beaucoup.
C'est un bar discret dans les environs de Paris.
Unique au monde, vous verrez !
On ne rentrera pas tard, demain, nous partons en Normandie.
Qu'il pleuve ou qu'il vente, chaque semaine,
nous y partons pour le week-end.
Généralement, nous partons le vendredi mais là , c'est spécial.
Ma femme voulait vous rencontrer.
Son amie aussi.
Vous verrez, elle est très très bien.
Moi aussi, d'ailleurs.
Mon cher Claude, j'ai deux passions dans la vie :
la sexualité de groupe,
comme dirait Le Nouvel Observateur,
et les maisons normandes.
Je suis dentiste, j'aime bien mon métier.
Mais ma véritable vocation,
c'est de retaper les vieilles fermes.
Regardez, c'est ma maison près d'Honfleur.
La voilĂ , avant.
Et la voilà , après.
Hein...
Ça, c'était le grenier, avant.
Regardez maintenant.
Poutres apparentes, sofa, lumière d'ambiance.
Ça, c'est mon agence.
J'ai une agence aussi.
Quand j'ai eu fini de retaper pour moi,
je me suis dit que j'allais retaper pour les autres.
Les gens sont cons, faut en profiter.
Une vieille ferme que j'achète,
avec un ou deux millions, je la retape
et je la revends à crédit sept ou huit, à des cons.
Ils ont vingt ans pour la payer, ils sont ravis.
Et moi aussi.
Ah ça, c'est...
C'est autre chose...
Plus une femme a d'orgasmes,
et plus ils sont forts
et plus elle veut en avoir.
Virtuellement, toute femme est sexuellement insatiable.
Quels que soient les sommets qu'elle atteigne.
Alors que faire ?
Je vous le demande ! Que faire ?
Bonsoir.
Bonsoir.
Alors, Gilbert, comment ça va ?
Tenez, s'il vous plaît.
- Bonsoir. - Claude.
Véronique et Bob.
Enchantée.
- Vous voulez quoi ? - Vodka-pamplemousse.
Donnez-moi un scotch. Vous prenez quoi ?
- Un scotch. - Allez, deux.
HĂ©.
Lucien, vous voulez jeter un œil ?
Ça a pas l'air mal, à côté.
Tu viens, ma grande ?
Plus fort !
Plus vite !
Pourquoi vous ne venez pas ?
Je suis bien ici.
- Quel endroit incroyable. - Pourquoi ?
J'avouerais que j'ai jamais vu un endroit pareil.
Essayez.
Donnez-moi un peu de glace, Véronique.
C'est Véronique, la femme du garçon qui a ouvert la porte.
Le barbu, c'est Bob, le cousin.
Au fond, le père, le fondateur de la boîte.
L'empereur Marcel.
- C'est une affaire de famille. - Voici, Lucien.
Merci, Véronique.
- Ça va ? - Ça va.
Qu'elle est gentille.
- Elle aussi participe aux débats ? - Ça lui arrive.
L'après-midi quand y a pas beaucoup d'ambiance.
- C'est une affaire ? - Terrible.
Monsieur Lucien.
Cet après-midi, j'ai pensé à vous.
La Belge de l'autre fois, elle est venue sans son mari.
- Elle a œuvré 12 fois. - Non !
- Vous prenez un verre ? - Une petite goutte.
Véronique, un verre.
Son mari s'est pointé à 8 h.
Je lui ai fait mon rapport.
Alors lĂ , vous allez vous marrer.
Il y a eu une contestation.
Je lui dis 12, j'en avais compté 12.
La Belge était pas d'accord.
Elle soutenait que c'était 13. Je lui dis : "Moi, j'en ai compté 12."
La preuve, cet après-midi, on a eu 12 clients.
"Et vous ?", qu'elle me fait.
Je m'étais oublié, M. Lucien.
Parce que le mari vous demande de tenir les comptes ?
Bien sûr.
S'il est pas là pour les tenir lui-même. C'est fréquent.
M. Lucien, vous vous rappelez la fois avec Mme Jacqueline ?
J'avais noté 17 lascars.
- 18 ! - Elle disait 18.
Et puis là , c'était pas moi. C'était un lascar qui avait œuvré 2 fois.
Je pouvais pas deviner.
Des fois, l'après-midi, je suis seul.
Je suis occupé derrière mon bar, des choses m'échappent.
- N'est-ce pas ? - Bah tiens.
- Vous m'en voulez plus ? - Non !
- Chéri, j'ai oublié d'appeler mamie. - Vas-y.
- Quelle heure il est ? - Onze heure moins dix.
Je peux appeler, s'il vous plaît ?
Tout ce que vous voulez.
Véronique ! Téléphone.
Merci.
- Je vais vous baisser la musique. - Merci.
Papa !
- Il faudra commander 5 caisses de bières. - 5 caisses.
- Et des jus de fruits ? - Ça, ça va.
Allô, mamie ? Je te réveille ?
Non, ma chérie. On est avec papy, on regarde la télé.
Excuse-moi, j'ai pas pu t'appeler avant
parce qu'on a travaillé tard.
- Comment vont les petits ? - Très très bien.
- Serge a bien mangé sa bouillie ? - Toute sa bouillie.
Et Carole a été sage ?
Très sage. Elle a mangé son yaourt.
- Et aussi deux petits suisses. - Bien, passe-moi papy.
- Ça va, les mômes ? - Oui, chéri. Tout va bien.
AllĂ´, tu vas bien ?
Très bien et toi, mon petit papy chéri ?
Très bien. Serge a mangé sa bouillie
et Carole, son yaourt et aussi deux petits suisses.
Pauvre papy.
Pour lui, je suis sa petite fille, il me fait sauter sur ses genoux.
Faudrait que je vienne vous voir.
J'ai une dent qui me fait mal.
- Donnez-moi un coup de fil. - J'aime pas ça, le dentiste.
- Ma fraise est très douce. - Ah bon ?
Qui est le monsieur qui danse avec Mme Jacqueline ?
Un gars qui tient un sex-shop.
Ça a l'air de marcher.
C'est parti, mon kiki.
Oui, oui, oui...
- Je peux pas. - Qu'est-ce que tu as ?
Devant tout le monde, je peux pas.
Ce que tu es mignon.
Ils sont très gentils, ils vont pas te faire de mal.
Non, devant tout le monde, je peux pas.
- Fais-moi plaisir, viens. - Non, Émile.
Ne me force pas.
Je t'aime.
Justement, si tu m'aimes, viens.
Je t'en prie, ne me force pas.
Tant pis pour toi, j'y vais tout seul.
Émile...
Reste lĂ
Derrière-moi
Balance
La décadanse
Que tes mains
FrĂ´lent mes seins
Et mon cœur
Qui est le tien
Mon amour
De toujours
Patience
La décadanse
Sous mes doigts
Ça a été vite fait.
- Il a pas pu. - Quoi ?
Il est impuissant ?
Quand il nous a vus, il a pas pu.
Il a pas l'habitude.
Quand on vient pour la 1re fois, faut s'y faire.
C'est bizarre.
Il a passé l'âge du flirt.
Soyez pas triste, ça s'arrangera.
- Je vous offre un verre ? - Non, merci. J'ai assez bu.
Mais c'est bizarre.
La décadanse
Je reviens.
- Où vas-tu ? - Donne-moi les clés de la voiture.
- Elle est formidable, non ? - Ah, Mme Jacqueline !
Isabelle, je t'aime.
Le Japonais ?
Quel Japonais ?
Ah oui, le Japonais.
Ça s'est bien passé.
T'as dîné ?
Oui, merci.
Isabelle, je t'aime.
Moi aussi.
Je t'ai menti, ce soir.
J'avais pas rendez-vous avec un Japonais.
- Tu m'as trompée ? - Non.
- Tu sais bien que je te trompe jamais. - Avec qui ?
Une cliente de la boutique.
Elle était belle ?
Pas mal.
Pourquoi tu m'as menti ?
J'ai pas osé te le dire au téléphone. Je t'ai pas trompée.
Je t'aime. Tu es la femme de ma vie.
Embrasse-moi.
Embrasse-moi.
Elle était belle ?
Pas terrible.
Salaud.
Poussez pas, mais poussez pas, voyons.
Bonjour, monsieur.
Excusez-moi, madame,
nous cherchons plus jeune.
Je suis très bien.
Oui mais nous cherchons une vendeuse de 20 ans
et vous n'avez plus 20 ans.
Je pensais que vu mon expérience, je vous intéresserais.
Vous avez travaillé dans un sex-shop ?
Non, mais pendant plus de 20 ans, j'étais dans les bains-douches.
Alors...
Je regrette.
Qu'est-ce qu'il y a avec les bains-douches ?
Maman, réfléchis. Qu'est-ce qu'on fait dans un bain-douche ?
On se lave.
C'est ça.
- Je dois être très bête. - Bonjour.
Mademoiselle.
Vous ĂŞtes majeure ?
Et vaccinée, oui, monsieur.
Vous avez déjà travaillé dans un bain-douche ?
Il y a deux vitesses.
1re vitesse.
2e vitesse.
Ça s'allume.
Et les vibrations sont plus douces.
Ah bon ?
Et pas de décharge de courant ?
Aucune crainte.
Le voltage est très faible, pas de risque d'électrocution
malgré l'absence de toute prise de terre.
- Quel est le prix ? - 200 francs.
Garanti un an, marque déposée.
Oui...
Vous avez un modèle moins cher ?
Non, c'est trop petit.
C'est trop petit.
Celui-ci.
Garanti six mois mais y a qu'une vitesse.
Ah bon ?
Non, je préfère le grand. Tenez.
Non, pas celui-lĂ . Le rose, lĂ -bas.
Je préfère.
Merci.
- Je peux vous renseigner ? - Qu'est-ce que c'est ?
C'est un produit très efficace pour retarder l'éjaculation.
Plusieurs clients m'ont dit qu'ils étaient très satisfaits.
Merci.
Et ceci ?
Stimulâge 2.
Il paraît que ça donne un sérieux coup de fouet.
J'arrive. Tu m'attends dehors ?
Tu m'aimes ?
- Et toi ? - Je t'adore.
- Ça marche les affaires ? - Allez, ciao.
Tu viens, chéri ?
Mais tu vois pas que c'est une femme ?
- Tu rigoles ? - Combien tu paries ?
- Un dîner chez Maxim's ? - Oui.
Vous avez raison, il est pas tard, je vais voir ma mère.
Bonne soirée. Pas trop tard, demain.
- Entendu, Ă demain. - Au revoir, Karine.
Vous pouvez nous le dire, non ?
On a parié un dîner chez Maxim's.
C'est cher, lĂ -bas.
Ces dames demandent si je suis une fille ou un garçon.
Qu'est-ce que je dois répondre ?
Ça, alors !
Ce sont des particularités que chaque couple doit découvrir
car il n'y a aucune règle en dehors de celle-ci.
Rien de ce qui permet au couple
de parvenir Ă une excitation positive et Ă l'orgasme
ne doit être considéré comme pervers ou répréhensible.
Ici, l'homme est assis et la femme assise sur ses cuisses.
Les jambes sont écartées. La femme a le rôle actif.
La position des mains de l'homme peut le faire participer à cette activité.
Si la femme appuie ses jambes par terre,
ce qui n'est possible qu'en fonction de la position assise de l'homme,
la pénétration du pénis est peu profonde.
AĂŻe, aĂŻe, tu me fais mal !
Comment ça ?
- Tu me fais mal. - Pour ĂŞtre bien, faut avoir mal.
Très peu pour moi, je suis pas une vicieuse.
C'est pas du vice. C'est une position recommandée.
Ou bien tu fais l'amour normalement
ou tu vas chercher quelqu'un d'autre.
- Tout le monde fait l'amour comme ça. - Ça m'étonnerait.
T'es pas normale.
Va chercher quelqu'un de normal parce que moi j'ai plus envie.
Quand tu faisais l'amour avec ton docteur,
- tu te posais moins de questions. - T'es une brute !
- C'est moi la brute ? - Tais-toi !
T'as fait l'amour avec ton docteur ou non ?
- Ça t'intéresse ? - Oui, ça m'intéresse !
- Je l'ai pas fait ! - Menteuse, va ! Sale menteuse !
T'aurais bien aimé mais je ne l'ai pas fait !
Pourquoi tu me l'as raconté ?
Parce que depuis que t'as ton sex-shop, t'es marteau.
Ça t'excite, hein ! C'est ça !
J'en ai marre de tes histoires, tes lectures, tes films et tes positions.
- Mon amour... - Ne me touche pas !
Ne me touche pas !
Va faire tes cochonneries avec tes bonnes femmes !
Je viens chercher un livre que ma femme a commandé.
C'est un ouvrage sur le fétichisme du caoutchouc.
- Vous vous rappelez du titre ? - Les mémoires d'un chérubin.
Effectivement.
30 francs.
Tu sais la différence entre une call-girl et nous ?
La mĂŞme qu'un taxi normal et un radio-taxi.
Si j'avais de la mémoire, je pourrais écrire les miennes.
J'ai envie d'acheter son bouquin.
- On y va ! - Allez !
"Pour mademoiselle Kéka, hommages respectueux de l'auteur."
VoilĂ .
Vous l'avez écrit seule ?
Pardon ?
Tu l'as écrit toute seule ?
Nous aussi, si on a un nègre, des mémoires on en a et des chouettes.
Ça, c'est de la petite bière.
Va raconter ça ailleurs,
tu t'occupes pas de moi et tu me laisses dédicacer.
Doucement, tu prends pas d'en haut parce que tu as écrit un bouquin.
Toi et nous, c'est pareil. Bonnet blanc et blanc bonnet.
On te cause gentiment.
Réponds-nous gentiment.
Je vous répète les mémés que vous allez dehors et vite.
Je veux rester seule et tranquille.
Ton soutien-gorge, tu l'as laissé dans ta bagnole ?
La différence entre vous et moi, c'est que moi, je n'en ai pas besoin.
Mais moi non plus !
Qui veut voir ? C'est gratuit.
Ton torchon, tu peux te le garder.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Le libraire cochon, fous-nous la paix.
- Va ranger ta vaisselle. - Qu'est-ce qu'il y a ?
Je lui demande gentiment si elle a écrit son bouquin seule
ou si elle s'est fait rewriter, et elle se fâche.
Oui, elle l'a écrit elle-même. C'est un écrivain.
- Qu'est-ce qu'elle dit ? - C'est pourtant clair.
Elle te dit
qu'elle pourrait nous filer l'adresse d'un bon nègre.
Des mémoires, on en a à raconter. Pas celles d'une call-girl.
Ben quoi, papa ? Rigole un peu, non ?
- C'est pas drôle ces mémoires ? - Oui, c'est drôle...
On dirait pas.
BientĂ´t 4 h, dans 10 min, je vais chercher les enfants.
Et tu leur feras à manger si je suis pas rentrée.
En somme, tu es un éditeur pornographique.
Mais Balzac aussi, l'était.
Nous sommes tous des éditeurs pornographiques.
Tous les éditeurs sont des éditeurs pornographiques allemands.
Comme "nous sommes tous des Juifs allemands."
Il n'y a que des éditeurs pornographiques allemands.
Car c'est ça qu'ils suspectent.
C'est la pornographie de la société qu'on détruit.
En fait, c'est politiquement qu'on les gĂŞne.
Tu le sais par toi-mĂŞme,
et tous ceux frappés par des mesures de censure
l'ont été indirectement au niveau de l'érotisme.
On n'a pas censuré Massu,
Il faut bien dire que Massu, si une perversion existe,
car nous sommes dans un sex-shop...
VoilĂ les armes de Massu.
VoilĂ son blason.
Gueule d'empeigne sur fond de menottes.
Je suis surpris, je savais pas que vous faisiez ça.
Écoutez mon cher ami, j'ai travaillé six ans chez Mme Jeanne,
qui me prenait la moitié de mes bénéfices.
Vous verrez dans mon livre.
J'en ai eu marre. Maintenant, c'est moi qui fais travailler les autres.
C'était facile avec mon carnet d'adresses.
Comme ça.
- Et... - Oui ?
- On peut vous appeler ? - Pourquoi ? Ça vous intéresse ?
C'est très très facile.
Il suffit simplement d'avoir mon numéro.
Allô, madame Irène ?
Oui, c'est elle-mĂŞme.
Bonjour.
C'est le libraire du sex-shop où vous avez fait votre dédicace.
Je suppose que vous ne m'appelez pas pour mon livre.
Que puis-je faire pour vous ?
Qu'est-ce que vous aimez ?
Les grandes, les petites, les brunes, les rousses ?
Pour cet après-midi, j'ai une superbe blonde,
très agréable au lit.
Ça, c'est mes fils.
Ça, c'est Thomas.
C'est l'aîné.
Il a cinq ans.
LĂ , c'est Julien, il va avoir quatre ans en juin.
Qu'est-ce qu'ils sont jolis.
J'aimerais bien avoir deux garçons.
Ils sont très mignons.
Très jolis.
Ça, c'est ma femme.
Elle est jolie.
Qu'est-ce qu'elle est jolie.
- Quelqu'un vient d'entrer ? - C'est rien.
C'est Ingrid, ma copine. Elle habite avec moi.
Elle travaille toute la semaine Ă la maison de l'Allemagne.
Ça t'ennuie pas qu'elle vienne avec nous ? C'est son jour de repos.
Non, pas du tout.
Ça, c'est Ingrid. Ça, c'est Claude.
- Enchanté. - Enchantée.
Ça, c'est mes fils.
Ça, c'est Thomas, l'aîné, et ça, Julien, le plus petit.
Ça, c'est ma femme.
Très jolie.
De qui t'as envie ?
De toi.
Et Ă part moi ?
De toi.
Mais Ă part moi ?
Dis-moi, toi.
J'ai envie d'une autre femme avec nous.
Qu'est-ce que tu lui ferais ?
Je la prendrais pendant que tu l'embrasserais.
Tu la prendrais comment ?
- Comment tu veux que je la prenne ? - Je sais pas.
Avec un acrobate comme toi...
- Ça recommence ? - Non.
C'est pas bien avec moi ?
Si.
Alors pourquoi tu veux une autre femme avec nous ?
- On sera encore mieux. - Tu crois ?
- On peut essayer. - Et un autre homme.
Pas question.
Y a pas de raison,
s'il y a une autre femme, il peut y avoir un homme.
C'est encore mieux.
Tu pourrais me tromper ?
Si tu me le demandes gentiment, oui.
T'es sûr ?
Tu n'auras pas de regret ?
- Tu viendras pas pleurer, après ? - Non.
Je te promets.
Un whisky, double.
Je peux vous inviter Ă danser ?
Oui.
- Vous dansez ? - Non.
- Vous avez mal aux pieds ? - Non, ça va.
- Vous dansez ? - Non, merci.
- Vous dansez ? - Non, je vous remercie.
- Vous dansez ? - Non.
- Pourquoi ? - J'ai pas envie.
Vous avez pas envie de danser ou pas envie avec moi ?
Les deux.
- Vous êtes sûre ? - Certaine.
Non mais ça va pas, non ? Ça suffit !
Allez-vous faire soigner ! Taré ! Pauvre type !
Obsédé sexuel !
C'est pas spécialement bien payé.
J'allais partir puis la police est intervenue.
Ils ont monté l'histoire en flèche.
- Vous dansez ? - Non, merci.
- Viens danser. - J'ai dit non.
Allez...
- Elle a dit non. - Toi, ta gueule.
- Comment... - Je te dis ta gueule !
Je te dis ta gueule !
- ArrĂŞtez ! - Je te dis ta gueule !
Non, arrĂŞtez, c'est mon mari.
ArrĂŞtez !
Au secours !
Au secours !
Maintenant, t'es content ? Tu veux toujours qu'on se trompe ?
Je t'aime.
Si tu m'avais pas retenu, je l'aurais mis en bouilli.
C'est vrai que t'es le plus fort.
Et toi, tu m'aimes ?
Je te déteste, je peux pas te voir.
C'est ta faute.
T'as voulu un autre homme, je voulais juste une femme.
Si au lieu de danser, tu m'avais aidé, on en aurait ramené une.
Faut que je t'aide, maintenant ?
Mais non, mais...
T'engages la conversation et tu me présentes.
Et qu'est-ce que je lui dis ?
"Voici mon mari, il voudrait coucher avec vous."
- C'est ça ? - Non.
Tu dis...
Tu dis : "Vous trouvez pas qu'il fait chaud ?
"Si on allait prendre un verre Ă la maison ?"
Original.
Tu veux ou tu veux pas qu'on mette du piment
dans notre vie sexuelle ?
Écoute, mon chéri, moi, je suis une femme soumise.
Si tu veux un harem, d'accord. À une condition :
que tu les mettes pas enceintes.
Tu peux toutes les ramener mais tu te les trouves toi-mĂŞme.
Tu sors et tu dis :
"Vous trouvez pas qu'il fait chaud, ici ?
"Si on allait prendre un verre Ă la maison ?"
Et moi, je vous attends ici.
Tu te fous de moi mais tu verras.
Je vais voir quoi ?
Tu vas voir quand je vais en ramener une.
- Tu seras d'accord ? - Que si elle est jolie.
"Vous trouvez pas qu'il fait chaud, ici ?
"Si on allait prendre un verre Ă la maison avec ma femme ?"
Qu'est-ce qui vous est arrivé ?
Et Ă vous ?
Merci, chérie.
- VoilĂ , papa. - Les bonnes popommes.
Vous mangez pas ?
Un fiancé de perdu, dix de retrouvés.
Non, j'en ai marre des mecs.
Marre des mecs ? On dit ça ?
Chérie, tu veux pas voir si tu trouves pas de la crème fraîche ?
- Pour ton régime, c'est parfait. - Ce soir, c'est gala.
Allons, soyez sérieux.
Rien qu'une fois.
MĂŞme pas une demie.
J'ai l'autorisation de ma femme.
Bravo mais lĂ n'est pas la question.
- OĂą est la question ? - Karine.
Vous voulez un peu de crème fraîche ?
Je veux bien, Isabelle.
VoilĂ .
J'adore les pommes au four avec de la crème fraîche.
- Pas vous ? - Moi aussi, oui.
- Vous le gâtez comme un pacha. - Vous ne croyez pas si bien dire.
Un pacha sans harem.
Ça viendra, ça viendra, mon chéri.
Mange ta pomme au four
avec de la bonne crème fraîche.
Et quand tu seras bien gros, tu l'auras ton harem.
Chérie.
Elle ne croit pas que j'ai le droit de flirter avec elle.
Oui, je vous crois.
Seulement, je crois que j'ai un mot Ă dire.
Ça, c'est vrai.
Moi, j'autorise et la victime, c'est Karine.
Merci. Tu t'y prends bien pour faire mon bonheur.
Karine peut ĂŞtre la victime et toi, tu peux y trouver ton bonheur.
Je veux pas qu'elle soit victime.
Elle sort des mains d'une brute.
Je veux la consoler.
C'est comme ça que je trouverai mon bonheur.
Quelle histoire.
Je croyais pas en répondant à l'annonce que je tomberais sur un patron charmant,
avec une femme aussi agréable,
aussi désirable.
Si je vous dérange, vous le dites.
Si vous continuez, je m'en vais.
Il vous plaît pas, mon mari ?
Il est très gentil.
Moi, j'aime pas les garçons.
Toi, tu me plais.
Moi, j'aime pas les filles.
Faut essayer.
Facile Ă dire.
Oui, c'est facile.
- Ça suffit. - Rien qu'une fois.
Ça suffit !
Vous pouvez regarder mais pas touche.
Je peux toucher ma femme !
- Quand je serai partie. - Allez, hop, dehors.
Il y a des limites.
C'est comme ça et pas autrement.
Ton mari est impossible.
Dehors, oublions cette soirée. Venez pas trop tard, demain matin.
Au revoir, Isabelle.
Au revoir, monsieur.
Au revoir, Karine. Je vous accompagne.
Vous voulez que je vous raccompagne en taxi ?
Non. Un peu d'air me fait du bien.
- Embrassez votre femme pour moi. - J'y manquerai pas.
T'aurais dû être plus patient. T'as tout gâché.
Toi, tu t'embĂŞtais pas.
C'était pas désagréable.
- Habille-toi, va la rejoindre. - Idiot.
Décidemment.
Ils seront pas comme des rois, lĂ -dedans ?
C'est pas les voisins qui vont venir déranger.
Regardez, j'ai une belle chaîne haute-fidélité.
Et assez chère, d'ailleurs.
Pas mal, hein.
Ça vous plaît ? J'ai encore une cave.
Venez voir. Allez-y, faites comme chez vous.
On va envoyer des prospectus Ă tous nos clients,
écrire à tous nos acheteurs,
si d'ici trois mois, on a pas 2 ou 3000 membres,
je m'appelle plus Bernard.
Ils pourraient échanger leurs idées et même leurs bonnes femmes ?
Ça devrait leur plaire. Allez, à la santé du Club Love.
À la santé du Club Love.
Mademoiselle.
Je voudrais m'inscrire au Club Love.
Oui, mais il faut avoir fait au moins 200 francs d'achat dans l'année.
C'est inscrit au dos du prospectus.
Ah oui, 200 francs d'achat dans l'année.
- Excusez-moi, je l'avais pas lu. - Y a pas de mal.
Mes respects, mademoiselle.
- Pas de réduction pour les militaires ? - Non.
Oui, c'est pas comme Ă la SNCF.
Une poupée gonflable qui rend des services.
85.
- Faites-moi l'amour. - 21.
- Cécilia. - 35.
- Ma nuit la plus longue. - 30.
- Heety. - 40.
- 201 francs, monsieur. - VoilĂ , maintenant,
vous pouvez inscrire au Club Love.
Bien sûr, avec plaisir.
Je vous demanderais 100 francs de plus, c'est la cotisation annuelle.
Ou 75 francs pour six mois.
Ah...
Pour ce prix-lĂ , je peux emmener ma femme ?
Mais bien sûr, au contraire.
Alors dans ce cas, donnez-moi une carte pour un an.
Changez de cavalière.
Oh, rarissime belle !
La jalousie est un vilain défaut.
Changez de cavalière.
Je vous ai pas présenté ma femme.
- Bonjour. - Bonjour.
Ma femme, Yvette. Madame.
Bonjour, bonjour.
Je m'appelle Albert.
- Allez, de l'ambiance ! - Claude !
- Ça marche ? - Ça marche pas, ça court.
Je sais plus oĂą les mettre.
- Combien tu fais ? - Au moins 300 000.
Fantastique ! Et la croisière ?
Il reste 2 cabines et c'est complet.
- Je te l'avais dit. Je vais danser. - Amuse-toi bien.
Les rares fois où j'ai trompé ma femme,
ça m'a terriblement ennuyé.
Les hommes qui ont une double vie, je les plains.
Prendre des précautions, mentir, toujours mentir.
Accepter la chambre d'hĂ´tel sordide.
Le regard du portier.
Alors...
Il y a six ans, je me suis posé
toutes les questions que peut se poser un homme de 40 ans
et qui tient Ă sa femme.
On dirait qu'un mari qui peut résister aux tentations
n'a pas ce genre de problème.
Ce n'est pas mon cas.
Mon mari, oui, hélas.
C'est une question de glandes, croyez-moi.
Alors j'ai bien réfléchi, finalement...
j'ai proposé à ma femme une solution que nous avons adoptée.
L'idéal pour moi est de recevoir un couple de notre âge
avec lequel nous puissions parler, danser et...
rechercher ensemble l'érotisme qui nous est nécessaire.
L'acte sexuel ne peut prendre sa véritable dimension
que s'il baigne dans une atmosphère de recherche érotique.
C'est cela l'essentiel.
Je vous avouerais que parfois, lors de nos réunions,
nous prenons tout simplement un verre.
Sans pour cela forcément...
forcément consommer.
Votre histoire ressemble Ă la nĂ´tre mais Ă l'envers.
C'est ma femme qui a commencé à me tromper.
Bien sûr, elle avait des raisons.
Pourquoi ne feriez-vous pas la croisière ?
Quelle croisière ?
Pour Pâques. Le Club Love organise une croisière en Méditerranée.
Ma fille ne m'a rien dit !
Allez, Rose, il est temps de rentrer. Il est plus de 2 h.
Pour une fois que je m'amuse, je reste.
Ne m'obligez pas Ă faire un scandale.
Faites ce que vous voulez, je reste !
- C'est votre mari ? - C'est mon gendre.
C'est gentil de venir nous voir.
On vous a pas beaucoup vu, ce soir.
Tenez.
Buvez dans mon verre, vous connaîtrez toutes mes pensées.
Alors, ça s'organise la croisière ?
Encore 2 cabines et c'est complet.
C'est une idée magnifique. Je sens qu'on va pas s'embêter.
- Vous venez aussi ? - Bien sûr.
- Et vous emmenez votre femme. - Je peux pas le garantir.
- Elle hésite. - Il n'y a pas d'hésitation.
Elle est charmante votre femme.
Nous serions très déçus si elle ne venait pas.
L'air de la mer, ça va la stimuler, l'inspirer.
- C'est l'occasion ou jamais. - Allez, on va danser.
Non, écoutez, tout à l'heure, parce que...
y a ma belle-mère et j'aimerais qu'elle s'en aille.
On sera plus tranquilles.
Laquelle c'est ?
Celle en rouge.
Non ! Elle est superbe !
Si j'avais une belle-mère comme ça... Faut qu'elle fasse la croisière !
Ce serait la meilleure, celle-lĂ !
Ma belle-mère sur le bateau.
Elle a le mal de mer ?
Ça, c'est une belle paire de bottes.
Je vous gĂŞne, Claude ?
Franchement, dites-moi, je vous gĂŞne ?
Non, vous me gĂŞnez pas.
Si, je le sens que je vous gĂŞne.
Je vous laisse. Bonne continuation.
Je voudrais vous faire une proposition.
PrĂŞtez-moi la vĂ´tre, je vous prĂŞte la mienne.
Allez, mange.
Je ferai la grève de la faim jusqu'à ce que tu me laisses sortir.
- Mange. - Non !
Oh, ma chérie... Mais Monique, viens, sois pas timide.
- Ça te va ? - Pourquoi on va pas dans ta cabine ?
Allez, hop, ça suffit les caprices.
Eh oui, allez.
AĂŻe.
C'est bien ?
Allez, viens. Viens, viens.
Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! Je vous dis de me lâcher.
Bravo.
- Tu veux un coup de main ? - Ah, voilĂ .
Maintenant, on est quatre.
Hein, les enfants ?
Eh bien, petite madame...
Allons ! Ben voyons...
Isabelle !
Isabelle !
Allons, ma petite dame.
- Restez un peu lĂ . - Mais laissez-moi.
N'ayez pas peur. Je suis très doux.
- Mais je me fous de votre douceur. - Isabelle !
- Je t'aime. - Toi, va voir lĂ -bas si j'y suis.
T'as l'air fin.
Excuse-moi.
Alors, on y va ?
On va en bas parce qu'il fait froid, ici.
J'ai tellement besoin de contacts normaux.
D'hommes sains comme toi.
Tu es sûre qu'il...
qu'il ne se sert jamais d'imperméable avec une autre ?
Ça, j'en suis certaine.
Il me trompe jamais avec l'imperméable.
Je devais avoir dans les 12 ans.
Nous habitions avec mes parents près de Fontainebleau.
Un dimanche, je me promenais avec ma nurse que j'adorais,
un orage a éclaté, un orage incroyable,
nous nous sommes abrités sous un gros chêne,
et ma nurse m'a caché sous son imperméable pour me protéger.
Et alors, lĂ ...
La chaleur de son corps
et cette odeur de caoutchouc qui m'a enivré.
Quand j'évoque ce souvenir, cette odeur,
personne ne peut comprendre ce que ça évoque en moi.
Mais si, mais si...
Je comprends bien, c'est la madeleine de Proust.
C'est exactement la madeleine de Proust.
J'ai gâché mes plus belles années avec toi.
Trente ans, je suis restée fidèle ! Tu vas voir quand on rentre !
Mange lentement, pense à ton ulcère !
Ce n'est pas un ulcère que j'ai, c'est une vie gâchée.
Mais pourquoi ?
Pourquoi pourquoi ? Pourquoi quoi ?
Essayez, au moins.
Écoutez, je vous ai dit de ne pas insister.
Mais pourquoi ?
Parce que j'ai pas envie.
Qu'est-ce que ça veut dire "avoir envie" ?
Je sais pas.
Est-ce que j'ai envie moi ?
Je sais pas ce que j'ai.
J'ai pourtant envie de toi.
Tu es belle.
C'est pas grave. Pourtant, on est seuls.
Je sais pas ce que j'ai.
Tu m'en veux pas ?
Bois un verre et n'y pense plus.
Je sais pas ce que j'ai dans la tĂŞte.
Je sais pas ce que j'ai dans la tĂŞte.
- Je sais ce que j'ai dans le cœur. - Et dans le ventre ?
- Aussi. - Alors lĂ , c'est l'amour.
- Le voilĂ . - Isabelle, mon amour.
Enlevez votre pull. Vite, vite !
- Je sais que tu es lĂ . - Tournez-vous.
Ouvre-moi, Isabelle. S'il te plaît.
Sortez vite, soyez gentil.
Bonne chance.
Je t'aime, Isabelle.
Votre femme, quelle affaire !
Vous m'avez pas fait ça ?
Vous avez bien baisé la mienne ?
Ça va, chéri ?
Qu'est-ce que t'as ?
Regarde-moi pas comme ça.
Non !
T'es dégueulasse.
C'est ce que tu voulais, non ? T'es content, maintenant ?
Fous le camp, maintenant !
Et c'est nous qu'on traitera de timbrés, d'anormaux ?
Hein, ma grande ? C'est un monde.
- Oh... - Quoi ?
Tu vois ce que je vois ?
- Quoi, les marins ? - Ouais.
Va leur toucher le pompon, ça nous portera bonheur.
L'Homme a été créé par Dieu, à son image.
Par la pornographie, l'Homme se rabaisse Ă la bĂŞte.
Pornographes, vous ĂŞtes les oppresseurs de la jeunesse.
Nous ne vous permettrons plus d'étaler vos frustrations,
vos hantises, vos échecs.
Sachez qu'un ĂŞtre sexuellement heureux,
ne s'émeut pas de la sexualité des autres.
Nous vous plaignons pour vos désirs inassouvis.
Honte Ă vous, honte aux pornographes.
Honte aux pornographes !
Allez, hop, les mĂ´mes, dehors.
- J'ai 15 ans. - Alors, dehors. Toi aussi.
- Va voir chez Gibert si j'y suis. - Police.
Je vais vous passer l'envie de lire des livres pornographiques.
- Vous, vous n'êtes pas près d'en vendre. - Ils viennent d'entrer !
- C'est des mineurs ? - J'allais les faire sortir.
- C'est des mineurs ? - Oui, je ne dis pas le contraire.
- J'entends bien, c'est des mineurs. - Oui.
Bon, alors, rideau. Rideau !
Allez, viens manger.
La brigade des mœurs m'a déjà nourri.
Terminé le sexe, j'en avais ras le bol, ça tombe bien.
On aura plus un rond mais tout est bien qui finit bien.
Je travaillerai, on vendra ma bague,
on s'en sortira avec le temps.
Avec le temps, qu'est-ce qu'on ferait pas.
Avec le temps, je me transformerais en leader politique.
Mao doit marcher aussi bien que le sexe.
Pense à ce qui te plaît.
Ce qu'il me plaît, c'est ce qui marche.
Le sexe, c'était bien, ça me plaisait, ça marchait.
Je joignais l'utile à l'agréable.
Tu passais tes nuits avec ta clientèle de cochons et de cochonnes.
Qu'est-ce que t'as contre les cochons ? On est tous des cochons.
Y a des cochons qui savent qu'ils sont des cochons et d'autres non.
Il a des cochons contents de l'ĂŞtre et des comme moi.
Ils sont pas contents d'ĂŞtre des cochons.
C'est peau de balle. On est tous des cochons.
Claude, la seule vraie cochonne, c'est moi.
- Ah bon ? - Allez, viens.
Viens manger, ça va être froid.
C'est des boulettes comme te faisait ta mère, petit.
Avant que tu sois un vrai cochon.
Ouais, j'ai commencé jeune.
C'est pas mal mais c'est pas ça.
Il faut que je fasse les boulettes aussi bien que ta mère,
des fils qui ressemblent à ton père,
que je sois une mère de famille fidèle
qui fasse des acrobaties.
- Qu'est-ce que tu veux d'autre ? - Un peu de sel.
Pourquoi tu m'as trompé ?
J'ai cru comprendre que ça te faisait plaisir.
Je me suis trompée ?
Non, tu t'es pas trompée.
Tu m'as trompé mais tu t'es pas trompée.
Qu'est-ce qu'il faut faire pour te faire plaisir ?
Rien ma chérie, rien.
Pas grand-chose.
Réussir les boulettes.
Et avoir un peu d'imagination, de temps en temps.
Et encore.
Raconte.
Comme c'était ce qu'il t'a fait ? C'était bon ?
C'était bon.
Il m'a prise lentement.
Doucement. C'était bon.
Qu'est-ce qu'il t'a fait d'autre ? Raconte.
Il m'a embrassée.
Sur tout le corps.
De partout.
Partout ?
Laisse-moi !
Je veux pas savoir ce qu'il t'a fait. Laisse-moi.
Claude.
C'est pas vrai, je t'ai pas trompé.
Je te jure.
Je t'ai pas trompé. Je t'aime.
Je t'aime.
Raconte.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait ? - Je te dis que je t'ai pas trompée.
- Je t'aime. - Ça fait rien, raconte.
Raconte quand mĂŞme.
Il m'a prise.
Lentement.
C'était bon.
Il m'a embrassée.
De partout.
Sur tout le corps.
Lentement.
Doucement. C'était bon.
Dis, petite salope, raconte-moi
Comment c'était entre ses bras
Était-ce mieux qu'avec moi ?
Ouais, petite vicieuse, dis-moi tout
Combien de fois, combien de coups
Quand mĂŞme pas jusqu'au bout ?
Non, petite salope, tu me mens
Il ne t'en a pas fait autant
Que tu me le prétends
Mais, petite conne, ça ne fait rien
Invente-moi encore ses mains
Sur ton ventre et tes seins
Quand même, tu m'as pas fait ça ?
C'est pas vrai
Dis-moi que c'est pas vrai
Dis, petite salope, redis-moi
Comment c'était entre ses bras
Était-ce mieux qu'avec moi ?
Mais, petite garce, si tu m'as dit vrai
Je ne te le pardonnerai
Je te le jure, jamais
Menteuse
Menteuse
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