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Holocauste (1933-45)
Extermination de tous les Juifs par le r�gime nazi allemand.
La pers�cution atteint son paroxysme avec la "solution finale",
l'extermination massive adopt�e en 1942
et ex�cut�e par Adolf Eichmann.
Eichmann, (Karl) Adolf ( 1906-62) Fonctionnaire allemand.
Responsable de l'ex�cution de la "solution finale" ordonn�e par Hitler
ayant caus� la mort de 6 millions de Juifs.
Apr�s la guerre, Eichmann se cache en Argentine
et �chappe au proc�s de Nuremberg.
Ce film est bas� sur les transcriptions officielles
de l'interrogatoire men� en Isra�l (1960-1961).
Mazel Tov !
L'Argentine a exig� des explications.
Le Premier Ministre David Ben-Gourion refuse de commenter
mais devrait convoquer une r�union de crise � la Knesset.
Il va falloir �tre discret.
N'en parlez � personne.
C'est l'heure. Allons-y !
Durant la r�union de crise � la Knesset,
le Premier Ministre David Ben-Gourion a annonc� qu'Adolf Eichmann,
recherch� pour le g�nocide de 6 millions de Juifs par les Nazis,
a �t� fait prisonnier sur le sol isra�lien.
Il sera jug� pour crimes contre l'humanit� et le peuple juif.
Eichmann captur�
Je sais !
Attention � ta t�te.
N'oublie pas mon rendez-vous chez le m�decin.
- J'ai d�j� oubli� ? - Oui.
Je t'aime quand m�me.
Bonjour, Benjamin.
Bonjour, Vera.
Bonjour, je suis son assistant, suivez-moi.
Le Premier Ministre attend.
Shalom, Gruwald.
Notre personnel
recueille les t�moignages et les d�positions des survivants.
Vous seul aurez acc�s � tout �a.
En fonction de ce qu'on vous donnera,
vous d�ciderez quelles questions poser � Eichmann et � quel moment.
Vous connaissant, vous rassemblerez assez de preuves rapidement.
Ce n'est pas pour demain.
Voil� Hans !
Capitaine Avner Less, voici l'incorruptible Hans Lipmann.
- Comment allez-vous ? - Bien, merci.
Hans vous assistera.
S'il vous pla�t, monsieur.
Mon ange-gardien.
L�che-moi le cul .!
Le voil�.
La plus grande menace
qui ait exist� pour le peuple juif.
N'ayez crainte. Il n'est plus dangereux pour vous ou votre famille.
Dangereux ?
�a fait 15 ans. Justice doit �tre faite.
Le pass�, c'est le pass�. Essaie d'oublier.
Il faut r�v�ler au monde ce qu'il a fait.
- Tu r�clames vengeance ? - Appelle �a comme tu veux.
C'est bien �a.
Tu ne penses pas qu'il doit �tre jug� ?
M�me s'il est jug� coupable, que faire de lui si on ne l'ex�cute pas ?
Alors, � quoi bon ?
Qui va mener l'interrogatoire ? Qui est assez form� pour �a ?
Personne.
Autant le pendre ou le fusiller tout de suite.
Le tuer ?
On fera des �conomies.
De toute fa�on, notre syst�me judiciaire n'est qu'au d�but.
Le gouvernement ne veut pas r�tablir la peine de mort.
�a fait longtemps qu'ils en parlent ?
Depuis la cr�ation d'Isra�l.
- Oui, 13 ans. - 12 ans.
- 12, alors... - 13 ans, je crois.
Je crois qu'on est trop indulgent d'organiser son proc�s.
- Non. - T'as raison.
Si on le juge...
On est indulgent.
Quelles preuves faut-il encore ?
C'est un assassin.
Tout Juif qui pense qu'il m�rite un proc�s
trahit son propre peuple.
Exact.
Tu n'es pas d'accord, Avner ?
Je pense que je nous resservirais bien un peu de vin.
Tout va bien, mon ami ?
Qu'est-ce que le m�decin a dit ?
Eh bien, � vrai dire, la maladie semble s'�tre stabilis�e.
C'est formidable, n'est-ce pas ?
Sarah, j'ai la polio de la colonne vert�brale.
Mais tu as toujours tellement d'�nergie � revendre.
Peut-�tre bien, mais plus maintenant.
La plus grande erreur a �t� d'avoir des enfants.
Mais Avner et moi voulions une famille.
Et les enfants nous ont tant apport�.
Je ne veux pas qu'ils me voient en fauteuil roulant.
Nous avons perdu au moins 60 membres de notre famille.
Tu te rends compte ?
Cet homme est responsable
de la disparition de 60 proches.
On devrait payer quelqu'un pour l'abattre.
On nous accuserait d'�tre des assassins
qui m�ritent de perdre leur terre promise.
Qu'il pourrisse en enfer !
Qu'il aille en enfer !
Capitaine Less !
Vos dossiers, monsieur.
Merci.
Herr Eichmann, je suis le capitaine Avner Less.
Avec votre permission, je vous poserai des questions.
Permission accord�e, capitaine.
Vous confirmez avoir sign� ce document, Herr Eichmann ?
Cela dit que j'ai ralli� Isra�l
pour r�pondre de ma participation � la solution finale.
Capitaine,
je peux prouver
que je n'ai �t� qu'un rouage dans une man�uvre d'intimidation.
Je serai vite oubli�.
Le Troisi�me Reich a fait plus qu'une man�uvre d'intimidation.
Bien s�r, le Reich �tait menac� sur trois fronti�res.
Il en allait de notre survie en tant que nation civilis�e.
En Isra�l, vous devez savoir ce que �a fait
d'�tre encercl�s par des ennemis.
Vous seriez pr�t � donner votre version
sur votre r�le au sein du "Troisi�me Reich".
C'est correct ?
En effet, allons-y.
Vous m'avez manqu� tous les deux.
Qu'avez-vous appris ?
On nous a dit pour papa.
On peut parler ?
Vera...
On m'a dit de n'en parler � personne.
Pourquoi tous les Juifs du pays sont au courant avant moi ?
M�me nos enfants ! Je suis ta femme.
Pourquoi tu me traites comme �a ?
Je dois suivre les ordres. On m'a dit de me taire !
Foutaises !
Vous �tes de quelle appartenance religieuse ?
Je crois en un cr�ateur ind�pendant de l'univers mat�riel.
Mais croire en un Dieu ind�pendant comme je l'ai dit � mes enfants...
Vous avez 4 fils.
Votre troisi�me fils...
Dieter...
porte ce nom en hommage � votre ami Dieter Wisliceny.
Il �tait votre subordonn� et a dit � Nuremberg que vous...
Je sais.
Il m'a d�nigr� pour sauver sa peau.
Cela ne lui a servi � rien.
D'apr�s lui, vous avez dit que vous...
"descendriez dans la tombe en riant
car vous aviez la mort de 5 millions de Juifs sur votre conscience...
ce qui est source d'une extraordinaire satisfaction".
Je n'ai pas dit "juif", j'ai parl� des "ennemis du Reich".
Puis-je avoir un peu de vin rouge pour calmer mon estomac ?
Avez-vous souvent pris de l'alcool comme calmant durant la guerre ?
Capitaine...
si vous voulez me pr�senter comme un monstre nazi
envoyant plein de Juifs � la mort dans ses d�lires �thyliques,
je comprends la publicit� que cela ferait.
Mais, entre nous...
l'exactitude de mes souvenirs sur des rencontres d'il y a 20 ans
risque d'�tre compromise.
N'avez-vous jamais regrett� votre admiration pour le F�hrer ?
Le F�hrer...
�tait le miroir refl�tant une grande Allemagne.
Nous l'avons adul�
car il a su r�v�ler l'aspect de notre propre ego magnifi�.
Et les Juifs qui admiraient Hitler ?
J'�prouve de la sympathie � leur �gard
car je partage leurs convictions.
Qu'est-ce qu'un Allemand ne partage pas avec un Juif ?
L'h�ritage de la race.
Le F�hrer avait ordonn�
de d�barrasser le sang de la race germanique d'impuret�s.
Pour purifier l'Allemagne, pourquoi avoir tu� les Juifs grecs ou hongrois ?
Je sais.
Je n'ai jamais rencontr� de Juifs grecs antipathiques.
Mais c'�taient les ordres.
Comment vos m�decins ont-ils �tabli la diff�rence
entre la race allemande et une autre ?
Ils ont pu prouver
que les d�formations cong�nitales des autres races
�taient souvent dues � une consanguinit�.
Chers Klaus, Horst, Dieter...
et mon cher Ricardo.
Mes chers enfants.
Mes quatre fils.
Vous savez � quoi j'ai r�v� ?
D'un lointain souvenir de nous quatre r�unis.
Des jours heureux en libert�.
Je me souviens de la nuit de votre arriv�e rue Garibaldi.
Votre m�re �tait venue me rejoindre avec vous.
On a recommenc� une nouvelle vie en Argentine.
Vous aviez finalement retrouv� votre p�re.
Cette nuit-l�, dans cette modeste maison � Buenos Aires,
nous �tions tous r�unis � nouveau, en s�curit�.
Votre m�re n'avait jamais perdu espoir.
C'est au cours de cette nuit que votre petit fr�re a �t� con�u.
Cela m'a donn� beaucoup de bonheur.
Est-ce qu'il sait qu'il ne reverra plus jamais ses fils ?
�a me rend malade.
Tu devrais �tre couch�.
Tout comme toi.
J'esp�re que tu penses � notre s�curit�.
Allez, mon grand.
On va se coucher.
Cette lettre ne vous parviendra peut-�tre jamais.
Je me suis pr�par� � �tre s�par� de ma famille
depuis longtemps.
L'un des rares regrets de ma vie,
c'est qu'en raison des d�placements entre la Pologne, Berlin et Budapest,
je ne vous ai pas vus grandir.
Souvent, quand je rentrais � pied la nuit, je pensais...
ils sont peut-�tre l�.
Finalement, c'�tait usant.
Pourquoi votre service s'appelait "IV B4" ?
"IV" veut dire Gestapo, "B" signifie religion
et "4" �tait le symbole des Juifs.
C'�tait un d�partement logistique.
Je n'�tais rien qu'un petit fonctionnaire banal
avant que ces tra�tres de Nuremberg
ne tra�nent ma r�putation dans la boue.
Vous aviez la r�putation d'�tre un tyran dans le service "IV B4".
Je n'ai jamais cherch� � plaire.
Quand je pense � mon travail qui me semble
si lointain maintenant
et tellement futile puisque j'ai �chou�...
je songe � ce que l'Histoire enseigne.
Bien s�r, on restera toujours li�...
aux 5 millions de personnes parties en fum�e.
Leurs particules finiront par retomber quelque part.
Celui-ci...
En 1942, votre chauffeur a �t� condamn� � une peine de prison.
Pour vol. Il a cambriol� mon bureau.
1 m�tre carr� de linol�um.
Qui a �t� retrouv� par vous dans sa voiture.
Oui, il a �t� bien mal avis� de le mettre l�.
Il a �cop� de 4 ans de prison.
Qu'est-ce qu'il a fait pour vous f�cher ?
O� voulez-vous en venir ?
Vous vous �tes mari� en 1935.
D'apr�s Dieter Wisliceny, vous avez eu plusieurs ma�tresses.
Cela vaut la peine de mort ?
Je ne vois pas de quelles liaisons vous parlez.
Je ne vois pas du tout.
Aidez-moi.
Deux bonnes, trois secr�taires,
une femme d'affaires.
Et une ma�tresse dans une ferme confisqu�e en Autriche.
Pas confisqu�e.
Toute propri�t� revenait au Reich, c'�tait l�gal.
Elle �tait juive.
En fait, elle a d� divorcer d'un officier SS car elle �tait juive.
Je ne m'en souviens pas.
Laissez-moi vous aider.
Le Reich avait r�quisitionn� une ferme � 10 km de Doppl.
Quand Anne-Marie Schmidt a emm�nag�,
elle disposait d'ouvriers de camps de concentration.
Votre accusation, comme quoi j'aurais entretenu
une amourette avec une Juive en Autriche
est grotesque.
Doppl, Autriche - Hiver 1942
Dehors !
Il prend trop de libert�s.
Que se passe-t-il ?
Rien.
On me transf�re en Hongrie.
En Hongrie ?
Le bail de la ferme a �t� mis � ton nom.
Tu resteras ici.
Sans les ouvriers.
Et les animaux ? Les chevaux ?
Tue-les.
Entrez !
Bonsoir, papa.
Tu veux boire un verre ?
Merci.
Combien de temps �tes-vous rest� avec la comtesse Ingrid von Ihama ?
Ingrid �tait baronne, pas comtesse.
Nous sommes arriv�s
au d�but de l'�vacuation de la Hongrie et en sommes partis � la fin.
�a a d� �tre co�teux pour un colonel avec une famille � charge
d'entretenir une dame de ce rang.
Il para�t que vous satisfaisiez toutes ses envies ?
Je ne vois pas de quoi vous parlez.
Je ne pensais pas vous en parler aujourd'hui, mais...
l'un de vos cadeaux a valu 1500 Reichsmarks.
"Mat�riel � fournir par client".
300 grammes de dents en or.
Vous les avez trouv�s o� ?
Pardon ?
Pour fabriquer les anneaux 24 carats
pour vous et la baronne !
Aucun de vous n'a eu � se servir de la g�lule de cyanure � l'int�rieur.
J'�tais un imb�cile durant la p�riode o� le Reich s'�croulait.
J'avais vraiment pens�
avoir trouv� mon �me s�ur.
Budapest, Hongrie - 1943
Sortez !
Cette robe a �t� port�e par mon arri�re-arri�re-arri�re-grand-m�re
lors du bal pour f�ter la d�faite de l'occupant turc � Vienne.
Elle se porte sans rien en-dessous.
Tes anc�tres auraient approuv� ma victoire contre l'Orient.
En 6 mois, j'ai d�barrass� Vienne de tous les Juifs.
Tu ne vas pas au bout des choses.
Pas au bout des choses ?
Des 900 000 Juifs hongrois,
tu n'en as tu� que 500 000.
Tu es n�gligent.
Tu les laisses filer entre tes doigts.
En Pologne, il y avait 3 millions de Juifs.
Il n'en reste plus aucun.
- Aucun ? - Aucun.
� cela, tu peux ajouter 120 000 Allemands.
Juifs ?
Des Juifs... �videmment des Juifs.
- Encore ? - Encore.
700 000 Russes.
Encore.
75 000 Fran�ais.
Encore.
100 000 Hollandais.
Encore.
Encore ?
Encore, �a ne suffit pas.
Plus de 4 millions...
de Juifs "proc�d�s".
Tu�s.
Utilise les bons mots sinon tu ne seras jamais de race sup�rieure.
Merci, soldat.
Cet enfant est atteint d'une maladie h�r�ditaire du sang.
Allons...
rends service � ton Reich.
Il ne restera rien.
La chair de l'enfant servira � nourrir tes chiens
et les os rong�s serviront � produire du fertilisant.
Tu dis toi-m�me que le meilleur chou provient d'Auschwitz.
Je me suis tromp�.
� propos de quoi ?
Elle n'�tait pas mon �me s�ur.
Il fait bien partie de la liste ?
Vous en �tes s�r ?
Vous en �tes vraiment s�r ?
Bien... au revoir.
C'est �a ?
Bon, continuez vos recherches.
"Au commencement, Dieu cr�a les cieux et la terre".
Pardon ?
C'est le Livre de Mo�se.
La Gen�se, chapitre un.
C'est ainsi que d�bute la Bible...
en h�breu.
Bien s�r.
C'est �vident.
On vous a nomm� assistant du Reichsf�hrer
aux affaires juives en raison de vos connaissances linguistiques.
J'ai peut-�tre un peu exag�r�
pour prot�ger les Juifs que j'avais en charge.
Vous vous voyez comme un protecteur des Juifs ?
C'�tait possible tant que je n'allais pas � l'encontre de mon serment de soldat.
Nous continuerons plus tard.
Ajoutez celui-ci.
On m'a dit que vous �tiez ici et non � la prison.
J'ai d� partir comme l'exige la proc�dure s�curitaire.
Laissez-nous !
Il y a un probl�me ?
Vous savez, quand nous avons d�marr� cette proc�dure,
toute personne concern�e par le g�nocide
a �t� �cart�e du recrutement
du Bureau 06.
Jusqu'� ce jour,
nous pensions que votre p�re �tait mort de cause naturelle
� Theresienstadt.
Que voulez-vous dire ?
Je vous dis
de jeter un coup d'�il � ceci.
Assis, assis !
Vous voyez ici ?
La signature d'Eichmann.
C'est une liste de d�port�s pour Auschwitz.
Regardez plus bas, l�.
Votre p�re, Abraham Less.
D'une simple signature, il l'a envoy� dans la chambre � gaz.
Vous savez ce que �a signifie.
D�s que les m�dias l'apprendront, vous �tes fichu,
fini.
Donc,
vous devez le pousser � avouer tr�s vite, capitaine.
Tu dois d�missionner.
Qu'ils se d�brouillent !
Pourquoi es-tu en col�re ?
Les nazis ont aussi tu� ma m�re.
Mais je suis f�ch�e...
parce que je me fais du souci pour toi.
�a se saura t�t ou tard.
Un secret finit par se savoir et tu le sais.
Le gouvernement est compos� de conciliateurs. Ils se servent de toi.
Pas aujourd'hui.
Bonjour, vous �tes le capitaine Less ?
Je suis Miriam Fr�hlich du "J�rusalem Post".
Auriez-vous quelques minutes � me consacrer ?
Salut Vera !
Je ne dois pas r�cup�rer Ruth et Zackeri � l'�cole ?
On pr�f�re que tu ne viennes plus chercher nos enfants pour l'instant.
�a d�range Sarah. Elle pense que c'est trop dangereux.
Pourquoi ?
Tu es une cible.
Je croyais que nos petits rendez-vous �taient termin�s.
Ai-je dit quelque chose de mal ?
Vous savez ce que je me suis dit ?
Si vous voulez une autre punition pour moi qu'une simple ex�cution,
je pourrais me pendre.
Cela servirait d'exemple pour tous les antis�mites.
Nous sommes contraints de tout faire pour vous garder en vie pour l'instant.
C'�tait une simple suggestion.
C'est al-Husseini, le mufti de J�rusalem
et le pr�sident du Haut Conseil des Musulmans.
Il a pr�n� l'extermination des Juifs.
Vous le connaissez personnellement ?
Je l'ai rencontr� quand je suis all� en Palestine
pour le Reich en 1938.
Nous n'�tions pas proches. Il �tait impressionn� par Hitler, pas par moi.
Est-ce...
est-ce inexact...
qu'al-Husseini, sur votre invitation,
ait vu les camps de concentration lors d'une visite diplomatique
en Allemagne en 1941 ?
Ah bon ?
Je ne m'en souviens plus.
Vous n'avez jamais re�u un cadeau de sa part au nom du parti nazi ?
Jamais, jamais, jamais.
Il ment.
� chaque fois qu'il r�p�te 3 fois une r�ponse,
il ment.
Vous avez raison. Voici les cadeaux qu'Eichmann a re�u de Husseini.
Des bracelets et des pi�ces en or, et un poignard ornement�.
Je le savais.
Je les ai rendus.
Retourne te coucher. Au lit !
C'est fou tout ce que nous d�couvrons durant nos recherches.
J'ignorais que "Mein Kampf" avait �t� traduit en arabe.
Certains faits sont �tranges.
Par exemple,
j'ai lu dans les journaux que votre �pouse s'appelle Vera.
C'est aussi le nom de ma femme.
Dr�le de co�ncidence.
Peut-�tre que ces similitudes...
peuvent expliquer ma sympathie pour vous.
Dites-moi...
qui vous a appris � interroger un prisonnier ? Les Britanniques ?
�a fait de vous un bon petit policier.
Les policiers britanniques sont r�put�s pour leur loyaut�.
C'est mieux que d'�tre coiffeur.
Qui vous a dit que j'ai �t� coiffeur ?
Je l'ai �galement appris par les journaux.
Je me retrouve donc � partager mes secrets avec un barbier juif.
La famille de mon �pouse a exig� que j'ai un fonds de commerce.
J'ai d� rejoindre le parti nazi pour obtenir la main de la mienne.
Allez-y !
Hannah, attends-moi !
Maman !
C'est une requ�te pour des cr�nes.
Je ne m'en souviens pas.
Une demande du professeur Hirt de l'Universit� de Strasbourg.
J'ai d� faire suivre
ce document au service de l'approvisionnement.
Je veux dire...
comment aurais-je trouv� ces cr�nes ?
Au moment de la requ�te,
ces cr�nes �taient encore des personnes vivantes.
Vous vous �tes peut-�tre servi de personnes vivantes.
Des Juifs.
Je n'ai rien � voir l�-dedans.
Les m�decins pouvaient se rendre dans un camp
et choisir ce dont ils avaient besoin.
Je m'occupais de la logistique.
Si on vous ordonne d'organiser le transport
et si vous suivez cet ordre en sachant qu'ils mourront,
cela ne vous rend-il pas responsable ?
Je ne me rappelle pas cette requ�te.
Aucun document ne m'incrimine.
Vous avez peut-�tre donn� un ordre oralement.
Je me souviens d'une conversation...
concernant ce sujet
mais ma section 4 n'a pas �t� impliqu�e.
Pourquoi on vous consulterait pour des cr�nes
si vous n'�tiez pas au courant que ces cr�nes �taient transport�s
dans des cercueils sp�cialement con�us
jusqu'� Strasbourg ?
Je me creuse la t�te...
mais �a ne me revient pas.
Je n'ai jamais eu peur avant.
M�me quand nous avons fui les gendarmes en France.
Vous vous rappelez avoir re�u un repr�sentant de la Croix Rouge
le 6 avril 1945 pour une visite de Theresienstadt ?
Je ne me souviens plus de son nom.
Dubois ?
Dans ce rapport, il est �crit :
"Le 6 avril 1945,
nous avons visit� Theresienstadt
et nous nous sommes entretenus avec le colonel Eichmann,
le repr�sentant du Reichsf�hrer SS,
sp�cialiste des affaires juives".
Dubois �crit qu'il vous a demand�
qui avait autoris� les transports
mais il n'a pas eu de r�ponse.
� ce stade de la guerre, tous nos services font pression
pour envoyer tout le monde ici � Theresienstadt.
Combien de convois pour Auschwitz avez-vous effectu�s ?
Posez la question au docteur Epstein.
Il a dit que vous aviez les chiffres.
"Herr Eichmann envoie des Juifs vers les chambres � gaz d'Auschwitz".
Un moyen humain de r�duire la pression � Theresienstadt ?
J'ob�issais aux ordres.
Qui vous a donn� ces ordres ?
Hitler.
Mais je croyais que vous ob�issiez � Himmler ?
O� voulez-vous en venir ?
Je veux savoir si vous ob�issiez aux ordres...
Ou bien ?
Ou si vous agissiez de votre propre chef.
S'il a ob�i aux ordres en tant que responsable du transport,
�a contredirait tout ce qu'il a dit.
Dites-moi ce que vous avez.
Un rabbin qui vit � Saint Louis
dit conna�tre quelqu'un qui a vu Eichmann abattre un b�b�.
- Et le principal t�moin ? - Elle est morte.
Laissez tomber.
Alors, capitaine...
comment allez-vous ?
J'aimerais vous parler de ma protection, ma porte...
Oui, je suis au courant.
L'officier de surveillance a �t� r�primand�.
Croyez-moi, Avner...
nous prenons ces menaces envers votre famille tr�s au s�rieux.
Tout comme moi.
La peine de mort vient d'�tre r�habilit�e.
J'en parlerai avec mes assistants. Je reviens vous voir demain.
- Merci infiniment. - Je vous en prie.
Qui est-ce ?
Capitaine Less ?
Ravi de vous rencontrer. Docteur Robert Servatius.
Avocat de la d�fense.
Messieurs.
Vous avez appris la bonne nouvelle, capitaine ?
J'ai lu les transcriptions.
�a ne suffit pas.
- Comment �a ? - Pas assez de preuves.
Ses avocats pourront contredire �a
et le faire extrader en Allemagne.
Il n'y a pas la peine de mort en Allemagne.
Ce qui est plut�t ironique.
J'ai envoy� des enqu�teurs
dans le monde entier, ce qui a co�t� tr�s cher,
pour parler aux survivants
mais je dois fonder nos accusations par une confession.
Il n'avouera jamais.
Il n'admettra pas sa culpabilit�.
Vous ne voulez pas une confession ?
Vous l'interrogez comme un na�f.
Je me fiche de savoir s'il a eu une douzaine de ma�tresses juives.
Je veux qu'il reconnaisse ses crimes.
Moi aussi, Mordecai.
Merci, brave monsieur.
J'ai r�fl�chi.
Nous avons beaucoup de choses en commun.
Comme vous, j'ai �t� un officier de police ob�issant aux ordres.
Vous �tiez SS, pas policier.
Facile � oublier.
Vous avez assist� � la mise � mort des Juifs.
Au d�but, je n'ai pas su ce qui se passait.
Je n'avais rien � voir l�-dedans.
Quand j'ai compris, �a m'a rendu malade.
J'ai vomi.
Cette cruaut� m'a laiss� sans voix.
Plusieurs t�moins ont confirm� votre pr�sence aux pendaisons.
Ce n'�tait pas moi.
Je me souviendrai d'une telle atrocit�.
Selon nos sources,
vous �tes intervenu en demandant que "la corde soit r�utilis�e
car la corde ne valait pas la peine d'�tre gaspill�e sur un Juif".
C'est un mensonge. De la pure invention.
Je n'ai rien � voir avec la mort des Juifs.
Je n'ai jamais tu� un Juif, ni commandit� la mort d'un Juif.
C'est peut-�tre pour cela que j'ai l'esprit aussi tranquille.
Je suis peut-�tre coupable d'avoir contribu� � l'�vacuation.
"Le monoxyde de carbone s'est av�r� inefficace."
Vous avez cherch� d'autres moyens pour tuer.
Je ne remets pas en question votre commandement
mais votre efficacit�.
Le zyklon B
a fait ses preuves dans l'utilisation de l'�pouillage de textiles.
Il sera aussi efficace sur la vermine humaine.
En utilisant correctement ce gaz dans cet espace,
le succ�s sera garanti.
Vous �tiez au courant des essais de gazage au zyklon B ?
J'�tais au courant, �videmment.
Tout le monde savait.
Un ordre de d�portation devenait donc un arr�t de mort ?
Pas du tout.
Moi, je ne d�cidais pas qui allait �tre d�port�.
Dans son t�moignage � Nuremberg, Wisliceny parle
d'une politique du massacre dans votre service.
Ses t�moignages sont peu cr�dibles.
Il a affirm� qu'il y avait des moyens de contourner les ordres d'Hitler.
Il y avait bien un moyen mais un seul,
prendre un revolver et se tuer.
J'ai ob�i. Peu importe ce que l'on me disait de faire, j'ai ob�i.
Je ne vais pas vous mentir, c'�tait ma fa�on de penser � l'�poque.
Quand on me donnait un ordre, j'ob�issais car j'avais pr�t� serment.
J'avais jur� loyaut�.
Je r�fute la responsabilit� pour des choses que l'on ne m'a pas ordonn�es
et qui ne concernaient pas mon service.
Je ne suis pas l'un de ceux qui disent apr�s la guerre
qu'ils �taient contre ce r�gime
pour tenter de sauver leur peau avec des explications farfelues.
Je n'ai pas faim ce soir.
Combien de Juifs ont �t� d�port�s en Hongrie quand vous y �tiez ?
Je vous l'ai dit tellement de fois.
Combien ?
450 000... environ.
C'est vrai que vous avez dit aux Juifs de Budapest
que le seul moyen de sauver leurs vies, c'�tait de collaborer avec vous ?
Combien cela peut-il co�ter de "collaborer" avec vous ?
Je n'ai jamais accept� de l'argent pour lib�rer des Juifs.
J'ai le t�moignage du docteur Kastner...
responsable d'une organisation juive � Budapest.
"Eichmann a dit", je cite :
Kastner,
je dois nettoyer les r�gions de toute vermine juive !
Inutile de discuter ou de pleurer !
Peu importe si les Juifs hongrois ont �t� gaz�s.
J'ai besoin de camions !
Je dois livrer des Juifs polonais et tch�ques !
C'est en partie vrai.
Mais il y a beaucoup d'exag�ration
et il ne parle pas d'argent.
"De la vermine juive en �change de camions" ?
Des termes affreux.
Je n'ai pas dit ces mots-l�.
Des camions contre des vies ?
On manquait de camions.
Kastner vous a aussi demand� d'�viter la surcharge dans les trains
en mentionnant le fait que 90 personnes...
ont �t� rassembl�es dans un wagon con�u pour 40.
La plupart de ces personnes �taient des petits enfants.
O� allaient ces enfants ?
� Dachau.
Capitaine ?
Vous avez une minute ?
Qui �tes-vous ?
Je suis journaliste au Poste.
Je ne peux pas vous parler. Je croyais avoir �t� clair.
Je suis au courant pour votre p�re.
Que voulez-vous ?
Votre histoire.
Je ne suis personne. Eichmann si.
Est-ce normal que l'interrogateur d'Eichmann soit le fils d'une victime
d'Auschwitz ?
C'est �a, votre article ?
Je tiens un scoop.
Vous pouvez le prouver ?
Capitaine...
je ne serais pas ici si je bluffais.
Comment l'avez-vous su ?
Donnez-moi deux semaines.
J'aurai l'exclusivit� ?
Je veux tout savoir.
Je veux, Avner, l'homme. Qui il est, ce qu'il est.
- Sa vie familiale et professionnelle. - Pas la famille.
Vous voulez ces 15 jours ?
J'ai besoin de deux semaines.
Je vous en laisse une.
Je te laisse.
Avner, que puis-je pour vous ?
Vous pourriez arr�ter de baiser cette journaliste pour commencer.
Tu dois vraiment partir ce soir ?
Tu as l'air fatigu�.
Tu ne dors jamais ?
Tes enfants me demandent o� tu es.
Il ne me reste plus que cinq jours.
Cinq.
La d�portation de tziganes d�pendait de votre bureau IV B4 ?
Pas tous les tziganes, seulement ceux en Allemagne.
Tous les tziganes arr�t�s dans le pr�tendu "Grand Reich"
ont �t� d�port�s � Auschwitz pour �tre gaz�s.
Nous devions affr�ter des trains, �tablir des feuilles de route et...
Quelles �taient vos directives ?
Mes directives ?
Pour exterminer les tziganes.
Les directives pour les tziganes �taient simples.
Il n'y en avait aucune.
Alors, pourquoi exterminer tous les tziganes ?
Je n'en sais rien.
C'est venu comme �a, tout d'un coup.
On a ex�cut� les ordres sans poser de questions.
Un demi-million de tziganes d�port�s pour un traitement sp�cial
par le bureau IV B4, c'est venu juste comme �a ?
Un autre t�moignage de Waneck .:
"Eichmann a rejoint H�ss � Auschwitz quand H�ss a eu l'ordre d'exterminer
les Juifs. "
Je ne sais pas de quoi vous parlez.
Un autre accus� tentant de d�tourner l'attention de sa propre personne.
Ce document concerne la fabrication du gaz, n'est-ce pas ?
Il a effac� les preuves pour ne pas �tre tenu responsable.
Votre d�partement IV B4 employait-il des personnes pour superviser
les d�portations vers les camps de Riga, Auschwitz...
Je m'occupais de la logistique.
On ne m'a jamais consult� pour des d�cisions politiques.
Ce n'est pas ce qu'on a d�couvert.
Vous disiez ne rien avoir � faire avec �a.
O� voulez-vous en venir ?
Que pensiez-vous de l'ordre d'extermination du peuple juif
et de ce que vous appeliez la "solution finale" ?
Je ne nie pas ma responsabilit� dans ce que j'ai fait
mais je ne suis pas
et je n'ai jamais �t� antis�mite.
Mes chers enfants,
Je suis tellement fier de vous.
Vous �tes mes fils et ceux de la Patrie.
Des bons gaillards allemands.
Votre p�re reste celui que vous avez connu.
Mais le monde a chang�.
Comme nous tous.
Tu as oubli� de nous r�veiller, papa.
Pardon.
Je nous ai habill�s, David et moi.
C'est bien, Hannah.
C'est bien.
Comment tu te sens ?
Je suis d�sol�.
Pardon de t'avoir n�glig�e.
Cet homme nous a �loign�s.
Il ronge ton �me.
Pas de raisins ?
Je plaisante. P�le-moi une orange, s'il te pla�t.
Tu te rappelles les orangeraies dans le kibboutz, le soir ?
Au coucher du soleil,
les milliers d'oranges luisaient telles de petites lunes.
Tu te rappelles nos baignades dans la mer ?
Je m'en souviens.
Nous �tions insouciants.
On n'avait peur de rien.
Et je suis tomb�e malade.
Mais l'ann�e suivante, tu cueillais des oranges.
Parce que tu as pris soin de moi.
Je vais m'occuper de toi
comme quand nous vivions � Ha�fa.
Je ne cueillerai plus jamais d'oranges.
Bien s�r que si.
Et Eichmann ?
J'en ai termin� avec lui.
Tu as dit qu'il te fallait encore 2 jours.
Continue.
Apr�s ce sera termin�.
Vous devez conna�tre le t�moignage de Bruno Waneck � Nuremberg ?
Il a dit : "Concernant la proc�dure d'extermination, il a �t� d�cid�
que seul le gaz soit employ� parce qu'Eichmann a d�clar�
qu'�liminer tous les prisonniers par balle �tait impossible.
Ce serait trop dur pour les soldats SS d'abattre des femmes et des enfants".
Je n'ai rien � voir avec le gazage.
Qui a donn� l'ordre, alors ?
Le F�hrer.
Heinrich m'a dit qu'Hitler avait d�cid� d'exterminer les Juifs.
Les d�sirs du F�hrer �taient des ordres.
Toujours selon Waneck :
"Eichmann occupait une position dominante, pour ne pas dire absolue.
Il d�pendait directement de Himmler".
En fait, je n'ai jamais �t� le subordonn� de Himmler.
Donc, ces affirmations sont infond�es.
C'est confirm� par le commandant d'Auschwitz, Rudolf H�ss.
Oui, eh bien...
r�futer ces mensonges ne changera pas ma sentence, non ?
Ce n'est peut-�tre pas mentionn� dans les conventions de Gen�ve,
mais utiliser un lubrifiant ne serait pas du luxe.
C'est une page de gloire de notre histoire...
une page non �crite et qui ne sera jamais �crite.
Nous savons combien il aurait �t� difficile pour nous
si nous avions toujours les Juifs qui ont voulu nous tuer...
Poznan, le 4 octobre 1943.
Himmler a prononc� un discours devant des officiers SS.
Vous vous rappelez ce qu'il a dit sur les Juifs ?
Je n'ai jamais su qu'Himmler avait prononc� un tel discours.
Jamais.
Il �tait inutile de prononcer des discours
sur les convictions du Reichsf�hrer. On �tait au courant.
Octobre 1943.
Himmler passe en revue des soldats sovi�tiques attendant
d'aller au camp de concentration de Riga.
Son d�put�, Adolf Eichmann, qui �chappa aux poursuites...
Il continue de nier ses liens avec Himmler. Pourquoi ?
Tout le monde, s'il vous pla�t, �coutez-moi, cessez vos activit�s.
Cherchez toute correspondance
entre Himmler et Eichmann !
Merci.
On le tient.
Bien jou�.
Les marches forc�es des Juifs pour quitter la Hongrie
entre octobre et d�cembre 1944 intriguent nos chercheurs.
Vraiment ?
On n'arrive pas � savoir si c'est vous
qui avez d� vous en occuper.
On m'a ordonn� de le faire.
Insinuer que j'aurais voulu �a est une insulte envers ma personne
et envers tous les d�port�s.
Une insulte ?
Le 17 octobre 1944,
vous �tes retourn� � Budapest pour organiser la 1 �re marche
des d�port�s.
On estime que 3 000 personnes ont p�ri durant cette marche.
Comme vous le voyez, Kastner, je suis de retour.
L'Allemagne semble sur la voie de la victoire.
On produit une arme contre laquelle les Alli�s ne pourront rien,
"l'Arme de vengeance 3".
Pour cela,
j'ai besoin de 70 000 nouveaux Juifs hongrois.
20 000 Juifs pour la construction du mur � Ostmark
et cinq autres envois de 10 000 hommes chacun
qui rejoindront l'Autriche � pied.
Votre liste !
Heil Hitler !
Je ne crois pas qu'il y ait eu autant de morts.
Sauf peut-�tre quelques-uns.
�a devait �tre terrible de voir certains peiner durant les derniers kilom�tres.
Je ne pouvais rien faire.
Je n'aurais rien pu y faire.
Au mieux, j'aurais pu dire :
"Gardez vos Juifs. Je n'en ai pas besoin".
Auschwitz �tait plein � craquer, en surcharge.
Nous avons un ordre pour d�porter entre Theresienstadt et Auschwitz
jusqu'� la fin de la Guerre, sign� par vous.
Ainsi que...
50 000 prisonniers partis � pied de Hongrie.
Vous saviez qu'ils allaient mourir, m�me s'ils survivaient � la marche.
Je vous assure.
Je n'avais aucune id�e de leur souffrance.
Vous aviez un rapport �crit d'un groupe de hauts-grad�s allemands.
Le commandant de la Waffen SS Juttner �tait l'un d'eux.
"Quand nous l'avons confront� une premi�re fois,
Eichmann n'a rien voulu avouer.
Mais apr�s l'avoir menac� d'en avertir Himmler, il a annul� la marche forc�e".
C'est vrai. J'ai annul� la marche forc�e.
Une semaine plus tard, les marches ont repris.
Vraiment ?
Je ne m'en souviens pas.
Juttner dit :
"Eichmann,
d�fiant l'ordre de Himmler
de cesser le massacre des Juifs
d�cr�te que tous les Juifs et leurs enfants de plus de dix ans
devaient �tre d�port�s vers Auschwitz, Dachau...
et les chambres � gaz".
C'est impossible. Je n'aurais jamais
d�sob�i aux ordres.
Voici l'ordre de Himmler que vous n'avez pas suivi.
Voici l'ordre de la marche sign� par vous.
C'est bon.
J'en ai termin�.
Pouvez-vous vous assurer que ma lettre soit envoy�e � ma famille ?
Envoyez ma lettre, je vous en prie.
Ce n'est pas tant pour Dieter.
J'ai peur de ce qui pourrait arriver au petit dernier.
Six ans, c'est trop jeune pour perdre son p�re.
Il a six ans, vous dites ?
Bient�t sept.
Il a un excellent temp�rament.
C'est votre pr�f�r� ?
Je les aime tous.
Vous auriez aim� en avoir plus ?
Bien s�r.
J'adore �tre un p�re.
J'adore les enfants.
Mais vous avez tu� des enfants.
Ils vont me manquer.
Certains avaient l'�ge de votre fils, d'autres plus jeunes.
Je sais mais...
500 000 enfants en 4 ans !
- Je sais mais... - Mais quoi ?
Mais quoi ?
Ils �taient juifs.
C'est notre derni�re entrevue.
Je suis mut�e � Berlin.
Merci de n'avoir rien �crit sur ma famille.
Eichmann a �t� jug� coupable.
7 mois d'interrogatoire suivis par un proc�s.
Cela valait-il le coup ?
Sans parler du co�t pour les contribuables.
On a fait preuve de plus de justice pour lui que lui pour nous.
C'est une journ�e historique.
Adolf Eichmann a �t� ex�cut� hier soir apr�s un long proc�s.
Il a �t� pendu peu apr�s minuit.
1erjuin 1962
Je n'�tais qu'un simple rouage
dans une man�uvre d'intimidation.
Je n'ai rien � voir avec le gazage.
J'ob�issais aux ordres. Je n'ai jamais tu� un Juif.
Je n'ai jamais commandit� la mort d'aucun Juif.
Je suis juste coupable d'avoir contribu� � l'�vacuation.
Je n'ai jamais �t� antis�mite.
Adaptation : Brigitte Badier
Avner Less : "Des milliers de gens n'ont jamais entendu parler d'Eichmann.
Ils ignorent qu'il a �t� pendu apr�s avoir �t� jug�.
Si vous demandez � des jeunes qui �tait Hitler,
beaucoup r�pondront qu'ils n'en ont jamais entendu parler.
Quand vous prenez conscience de ce qui s'est vraiment pass�.
6 millions de Juifs sont morts dans l'Holocauste
avec des millions d'autres morts.
Eichmann en a �t� tout autant responsable.
C'est devenu le combat de ma vie
et �a a chang� ma perception sur de nombreuses choses
comme croire en une v�ritable d�mocratie.
C'est la seule chose qui puisse pr�server l'humanit�
de gens comme Eichmann.
Il y a beaucoup de gens comme Eichmann.
Mais les gens comme Eichmann ne naissent que sous des dictatures.
Des dictatures de droite ou de gauche, c'est pareil.
C'est impossible sous une vraie d�mocratie.
C'est pour cela qu'il faut lutter pour la d�mocratie.
Il faut tout faire pour que cela n'arrive plus,
pour emp�cher des gens comme Eichmann d'exister � nouveau."
Voix de Avner W. Less (1916-1987) Interview enregistr�e en 1983
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