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- Bruno, c’est important.
Je dois aller voir la famille de Luigi.
-Iolanda,
n’y va pas seule.
Rosy devrait t’accompagner.
- C’est ma cousine,
pas mon garde du corps. - C’est pas un problème.
- Elle te tiendra compagnie.
- Je dois voir la famille de Luigi. Je rentre demain.
- Tu veux y aller seule? - Oui.
- Tu es sûre? - Oui.
- Bon. Comme tu voudras.
Fais attention à toi. Sois forte.
Bon voyage.
- Merci.
*Dalida : « Un po’ d’amore »
- Bonsoir. - Bonsoir, madame.
- Hôtel Prince de Galles.
Sirènes
*-Dalida a tenté de se suicider, à son hôtel.
La chanteuse a été retrouvée inanimée.
*-On peut se demander si ce geste aurait un rapport
avec le suicide de son compagnon Luigi Tenco
survenu il y a un mois.
- Luigi, mon amour, tu peux m’attendre ?
- Je t’attends là.
- Bonjour.
J’ai une réservation. Iolanda Gigliotti.
- Très bien.
Voilà. La 76. Troisième étage.
- raconte-moi quelque chose.
- Quelque chose?
- Je sais pas. Parle-moi de Heidegger.
Comment il disait, déjà?
-« L’être-vers-la-mort. » - L’être-vers-la-mort...
Quelle bonne élève vous faites, Gigliotti !
Vous méritez un bon point.
Viens là.
Être humain, c’est être vivant,
alors qu’on va vers la mort.
Être comme un funambule.
En équilibre entre la vie et la mort, pour ne pas tomber.
- Je ne suis pas d’accord avec Heidegger.
- Ah bon? - Non.
L’important, c’est l’être-vers-l’amour.
- Non, laisse la lumière.
- Pourquoi?
- J’ai peur du noir.
- Je te protège, mon ange.
Cliquetis du respirateur
...
Cloches
- Je n’aurais jamais dû la laisser seule.
- C’est moi, son grand frère. J’aurais dû la protéger.
T’inquiète pas, c’est pas ta faute.
Bruno, voilà le docteur.
- Alors?
On peut la voir?
- Techniquement, elle n’est plus en état de mort clinique.
Mais dire qu’elle est vivante... - Elle est tirée d’affaire?
- Physiquement, oui. Moralement,
je suis moins optimiste.
- C’est-à-dire?
- Il lui faut un établissement plus spécialisé que le nôtre.
On aura peut-être besoin de votre aide pour comprendre son geste.
On va la transférer.
Il y a des établissements très bien, au vert.
Je vous donnerai une liste. Excusez-moi.
- Dalida ! Dalida !
- Dalida, une photo !
- On peut la voir?
- Nous avons un protocole
pour les personnes ayant tenté de se suicider.
Les éloigner de ceux qui leur rappellent leur passé.
- Les autres, c’est ce qui la fait tenir.
- C’est bien ça, le problème.
Quels étaient vos rapports avec elle?
- Avant ou après le divorce? - Je sais pas...
Votre rencontre?
- On s’est rencontrés à un concours que j’organisais, à l’Olympia,
qui s’appelait Les Numéros un de demain.
C’était le 9 avril 1956.
En fait, on était avec Bruno Coquatrix et Eddie Barclay.
- Aller s’enfermer à l’Olympia?
Non. On pourrait aller à Longchamp...
- C’est ma radio qui organise ce concours.
- Tes auditeurs sauront pas
si tu es là. - Si on trouve une star,
tu la signes. À tu place...
- On n’a jamais trouvé comme ça.
- J’ai une idée : 421. Si je gagne, on y va.
- Tu gagneras pas.
- Oui.
- Oui, oui.
- J’y vais.
*-Sa voix vient d’Italie.
À vous de décider si elle doit se faire un nom.
Mademoiselle...
Dalida !
Dalida : « Aime-moi »
- Aime-moi
Mon amour, aime-moi
Écoute ma prière
Toi qui es tout pour moi
Serre-moi doucement dans tes bras
Ne me laisse pas seule
Tu n’en as pas le droit
Sans toi, je ne suis rien Qu’une enfant solitaire
Rien qu’une enfant perdue Oubliée sur la Terre
Aime-moi
J’ai tant besoin de toi
Ma vie est inutile
Si tu ne m’aimes pas
- À partir de là,
je n’ai eu qu’une obsession : lui trouver la meilleure chanson
pour qu’elle devienne la meilleure. Ce qu’elle est devenue.
- M. Balayure va vous recevoir. - Merci.
*Dalida : « Bambino »
- Entrez, entrez !
- Bonjour.
- Bienvenue. - Bonjour.
- Lucien. - Bonjour.
- On a été très heureux de vous voir sur scène.
Vous avez beaucoup de talent.
Nous souhaitons vous proposer un contrat.
- Les yeux battus, la mine triste Et les joues blêmes
Tu ne dors plus Tu n’es que l’ombre de toi-même
Seul dans la rue Tu rôdes comme une âme en peine
Et tous les soirs Sous sa fenêtre, on peut te voir
Je suis bien que tu l’adores - BAMBINO ! BAMBINO!
*-Et qu’elle a de jolis yeux
Mais tu es trop jeune encore
Pour jouer les amoureux
Et gratte, gratte sur tu mandoline
Mon petit bambino
- Venue tout droit d’Égypte, mademoiselle Dalida !
- Une belle, une grande chanson, remarquablement bien faite.
- Une voix envoûtante.
- À notre amie, Dalida !
- Elle ne te prend pas au sérieux
*Avec tes cheveux si blonds Tu as l’air d’un chérubin
Va plutôt jouer au ballon
Comme font tous les gamins
Tu peux fumer, comme un monsieur Des cigarettes
Te déhancher sur le trottoir Quand tu la guettes
Tu peux pencher sur ton oreille Ta casquette
- Bonjour, Dalida. - Bonjour.
*-Vous êtes devenue la vedette française la plus populaire.
*-L’amour et la jalousie
Ne sont pas des jeux d’enfant
Et tu as toute la vie...
*-Come Prima, par sa créatrice
Dalida.
*Dalida : « Come prima »
- À quoi est dû votre succès?
- Vraiment, c’est du travail.
Je travaille beaucoup.
- Au revoir.
- Come prima Tu me donnes chaque jour
Come prima Tu me donnes tant d’amour
Que j’espère te le rendre
Quand heureuse dans tes bras
Come prima
Tu me donnes
Come prima
Tant de joie
Moi, l’ai... J’ai quoi?
« TAGGI ».
- C’est quoi ? - Tu connais pas « taggi » ?
Taggi, c’est un petit pantalon. Un taggi.
Tu connais pas?
C’est vrai. Pourquoi j’inventerais un mot?
C’est un taggi.
- Vous savez que la France entière se pose la question?
C’est pour quand, le mariage?
- C’est pas le moment, Dali, enfin !
- Pourquoi ?
- Mais parce que... Comment dire ?
- Parce que... un mariage, ça s’organise.
Justement.
- T’es en concert tout le temps.
- La faute à qui?
- Excuse-moi d’avoir exaucé ton rêve.
- Mon rêve, c’est d’avoir un enfant avec mon mari.
- Les stars ne sont pas enceintes. Et puis, on a toute la vie pour ça.
- Pas quand on est une femme.
- On va le faire.
Non, attends, attends.
Là, je viens à peine de divorcer.
Regarde cette carrière magnifique qu’on est en train de construire.
C’est un peu notre bébé.
- Je suis fatiguée.
J’ai mal aux yeux avec la lumière.
- Chérie, je sais que tu es fatiguée.
Mais on a 9 chansons au palmarès, cette année.
C’est historique. C’est jamais arrivé.
Il faut qu’on pense à ça, maintenant.
Qu’est-ce qu’il y a ?
- Est-ce que ça t’arrive de me voir comme une femme ?
Juste une femme. - Mais bien sûr, chérie, enfin !
Je t’aime. Tu sais que je t’aime.
Mais ton histoire d’amour est aussi avec le public.
- Et avec toi.
D’abord avec toi.
Je veux te préparer à dîner, avoir un enfant,
être une femme normale.
- Toutes les femmes normales rêvent d’être comme toi.
- Je rêve d’être comme elles.
-Ils avaient trop attendu.
Ils auraient dû se marier avant.
C’était si important pour elle.
- Pour n’importe quelle femme, non?
- Dalida n’est pas n’importe quelle femme.
Non.
Elle est d’une beauté extraordinaire...
au sens où elle sort de l’ordinaire.
Vous comprenez ?
Quand elle était petite,
elle était... différente.
Pleurs
Elle a dû rester dans le noir pendant 40 jours.
Elle cherchait la lumière.
C’est comme ça qu’elle s’est abîmé les yeux.
Musique douce au violon
Il n’y avait que la musique de mon père qui la calmait.
Elle se trouvait moche avec ses lunettes.
- Binoclarde !
- T’es vilaine !
- T’es moche !
- QUAT’ ZYEUX l QUAT’ ZYEUX !
- T’es horrible ! Affreuse !
- C’est quelqu’un qui a dû se façonner une image.
- Arrêtez !
Arrêtez !
Arrêtez !
- Voyons, bande de polissonnes !
Allez-vous-en ! Vous serez toutes punies.
Viens, Iolanda.
Allez, viens.
Ne pleure pas. Le Seigneur est toujours du côté des humiliés.
- Le regard des autres sur elle
a été toujours...
important.
Elle était obsédée par ça.
Le jour où elle a enlevé ses lunettes,
c’était comme une renaissance pour elle.
P. GIGLIOTTI Premier violon
- Regarde la belle robe que tu maman fa faîte.
{a me sert à rien puisque je suis laide.
- Ne parle pas comme ça.
- Je t’interdis de dire ça ou même de le penser.
Toi, la fille la plus belle.
- Mon amour, tu es magnifique.
Va ouvrir. Ton frère a dû oublier ses clés.
- Pietro Gigliotti?
- Oui, c’est moi.
En anglais
- Je vous arrête. - Pourquoi ? J’ai rien fait.
- Tu collabores avec les nazis, comme tous les ritals.
- Comment ça ?
Je comprends pas. J’ai rien à voir là-dedans, moi.
- Ferme-la ! - Je suis musicien ! J’ai rien fait !
Je suis musicien !
- Il n’a rien fait !
- Où l’emmenez-vous?
Lâchez-moi ! J’ai rien fait !
- Papa!
-Iolanda ! - Papa !
Pleurs
...
Musique douce au piano
- Qu’en dites-vous,
Mme Morisse ?
- Je ne t’aime plus.
- On est trop amis.
- Alors?
- VIVE LES MARIÉS 1
- Merci ! Merci beaucoup !
- Un baiser, s’il vous plaît.
- Un sourire ! Dalida !
- S’il vous plaît ! Dalida !
- Par ici !
- Dalida ! Lucien ! Juste un sourire.
- Dalida, quelques mots.
- Merci, messieurs.
Merci beaucoup.
- Allez, champagne !
L’orchestre joue « Come Prima ».
- Je te trouve ingrat.
- J’ai insisté pour qu’il aille à l’Olympia.
- C’est toi qui as insisté ?
On refait l’histoire ?
- Ça s’est joué aux dés.
- Oui, oui, bien sûr, c’est ça...
- Il te doit tout.
- Vous avez vu ma femme ?
- Avec son frère.
- qu’est-ce que tu as ? Tu es triste?
J’aurais aimé que maman soit là.
- Même ta robe est triste.
- Non, la robe va très bien.
- Tu es sûre?
Si la robe va bien, tout va bien.
Cucaracha
- Et j’ai dû insister pour que tu viennes !
Regarde-toi, maintenant.
Dommage, pour Lucien. - Il travaille.
- Il travaille... Nous aussi, on travaille à Cannes !
- Vous dansez ? - Je ne danse pas sur le rapide.
- Je ne suis pas pressé, vous savez.
C’est pas votre jour de chance. Venez.
Musique langoureuse
- Vous êtes ravissante. - Merci beaucoup.
- Je m’appelle Jean. Jean Sobieski. Et vous ?
- Moi ?
- Oui, vous. Vous avez bien un prénom.
- Oui. Je m’appelle Iolanda.
- Vous êtes très, très belle, Iolanda.
- Merci.
Sobieski, ça vient d’où ?
- De Pologne. Mon grand-père était roi de Pologne.
- Ah oui? - Mais plus depuis la Révolution.
- Un prince déchu. Encore plus émouvant.
- C’est vous qui êtes émouvante.
Vous êtes... terriblement émouvante.
- C’est vrai ?
- Oui.
- Tu peux pas être plus discrète ?
On vient de se marier.
- C’est mon manque de discrétion qui te dérange?
- Entre autres. - Ah bon?
- Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?
Que t’es ridicule au bras de ce baltringue?
Il veut juste se faire connaître.
- Il s’en fiche, d’être connu. C’est un bohème.
- « Un bohème »... - Oui.
- Il va foutre tu carrière en l’air.
- On parle de ma carrière ? Encore. - Méfie-toi.
Tu peux descendre aussi vite que t’es montée.
Ce que j’ai fait, je peux le défaire. - C’est pas toi qui m’as faite.
C’est le public. - Ton public, il écoute ma radio.
Tes petites espagnolades coincées, c’est fini, ça.
Aujourd’hui, c’est le twist, le rock.
T’es déjà ringarde.
-« Ringarde » ? - Je claque des doigts,
et tu disparais aussi vite que tu es venue.
- Mon pauvre Lucien.
Tu crois que j’ai besoin de toi pour exister?
Tu peux même garder l’appartement.
*Dalida : « Le temps des fleurs »
C’était le temps des fleurs
On ignorait la peur
Les lendemains avaient Un goût de miel
Ton bras prenait mon bras
Ta voix suivait ma voix
On était jeunes et on croyait au ciel
Je le mange?
- Il est « al dente » !
Tu as un petit peu de...
C’est pas bon pour tu voix.
- Oui, je sais...
Je dois arrêter.
- Tu dois arrêter de chanter.
- Pourquoi ?
- Pour être ma muse.
- Mais je suis tu muse.
Et ce soir, je suis devant la porte
De la taverne où tu ne viendras plus
- Les jeux sont marqués.
- Et la chanson que la nuit m’apporte
Mon cœur, déjà, ne la connaît plus
C’était le temps des fleurs
On ignorait la peur
Les lendemains avaient Un goût de miel
Ton bras prenait mon bras
Ta voix suivait ma voix...
Tu sais ce qui m’a plu, ici ?
- La vue ?
- Mais encore?
- La tour Eiffel ?
- Mais encore? - Je sais pas.
- Il y a un atelier, pour tu peinture.
*-Peter Benenson, l’avocat anglais,
a créé un mouvement pour les droits de l’homme
qu’il a nommé Amnesty International.
C’est une organisation...
- Dis-moi. C’est quoi, le problème ?
- J’ai même pas de mots. - Pourquoi ? Explique.
- « Orlando » ? T’as pris le nom de notre frère !
- Je vois pas le problème.
- C’est ridicule. C’est comme si tu voulais prendre sa place.
- Arrête de tout psychanalyser.
- Tu chantes comme tu sœur et tu t’appelles comme ton frère.
- Tu te crois le centre du monde.
C’est moi qui chante, d’accord ?
- Arrêtez un peu.
- Dis que j’ai raison.
- Il peut pas imposer ses choix, comme toi.
- On m’a jamais rien imposé.
- C’est toi qui us choisi « Dalida » ? - Oui.
Que dira Orlando ?
- Orlando est d’accord. Il a dit oui.
*Claude François : « Belles, belles, belles »
- Tu fais comme tu veux.
C’est ton Olympia.
Je peux pas t’empêcher de la programmer.
- Elle me l’a demandé. Le public la réclame.
-« Le public la réclame » ? Pas à moi, écoute.
- Mais bon, t’es mon ami...
- Toi aussi, t’es mon ami.
Mais je te préviens, on passera aucune de ses chansons à la radio,
on fera aucune promotion.
Pour nous, elle est finie.
Je dis pas ça parce que...
Tu me connais, je sais prendre du recul.
Qu’est-ce qui marche, aujourd’hui ?
C’est le rock, les yé-yés. Tu le suis, ça.
- Oui, je suis d’accord avec toi.
Mais comment tu veux que je lui refuse ça ?
- Je sais pas...
- Ah ! Bon...
- Non, non, enfin...
- Je suis à l’Olympia, pour la grande première de Dalida,
que certains qualifient déjà
de dernière.
Monsieur, vous êtes pour ou contre Dalida?
- Une femme adultère devrait être interdite de scène.
- Mais vous êtes là.
*-Nous avions acheté les tickets il y a fort longtemps.
Je dis que c’est une honte.
*-Voici les premières réactions à chaud,
qui sont plutôt glaciales.
- L’eau coule mal. Il faudra le dire à François.
Ça va, toi ?
Besoin de quelque chose ?
- Peux-tu me débarrasser de ça ?
- C’est une couronne ?
Qui est le fou qui a mis ça là ?
François, qu’est-ce qui se passe ici?
J’avais dit à tout le monde...
*-Nous sommes toujours à l’Olympia, où contrairement...
- Tu crois qu’il va venir ? - Sobieski ?
- Il est pas sur la liste des invités.
- Pourquoi dès que les femmes trompent leurs maris,
elles les quittent? - Tout le monde n’a pas tes qualités.
- Bonsoir. - Charmante.
- T’as vu ça ? - Tout le monde est là.
- Les vautours. Ils sont prêts à l’exécuter.
- Ça me fait même pas plaisir.
Tu nous as mis où ? - Il y a ton nom. C’est devant.
- À tout à l’heure. - Bonne soirée.
- Allez, mon amour.
Allez, mon amour, te démotive pas.
Dalida : « Je me sens vivre »
- Je ne savais pas pourquoi je vivais
Je ne savais pas à quoi je servais
Maintenant, maintenant, je le sais
Mes yeux ne sont faits Que pour te regarder
Mes lèvres ne servent Qu’à t’offrir mes baisers
Mon oreille à compter Les battements de ton cœur
Et mes mains à saisir Et garder tu chaleur
Et depuis lors, je me sens vivre
Je me sens vivre parce que je t’aime
Et depuis lors, je me sens vivre
Je me sens vivre parce que je t’aime
Parce que je t’aime
- Parce que je t’aime !
- Parce que je t’aime
Et suis aimée de toi
- BRAVO ! BRAVO !
Applaudissements
- Mes yeux ne sont faits Que pour voir ton réveil
Mes lèvres ne servent Qu’à bercer ton sommeil
- Magnifique ! Absolument magnifique.
- Bravo.
- Merci.
- Ce jour-là, elle a compris qu’elle nous aimait tous les deux.
C’était son côté un peu schizophrène.
- C’est-à-dire ? - C’est une façon de parler.
Iolanda m’aimait, moi, et Dalida aimait Lucien.
- Ça vous a blessé ?
- Bonjour. - Bonjour.
- Salut.
- Ça te va bien, comme ça.
- Merci. Ça te plaît ?
- Je t’amène ton renouvellement de contrat.
Eh oui, ça fait déjà 10 ans.
Ça filoche.
Bon. Qu’est-ce que vous vouliez me dire?
- On a réfléchi. Avec Bruno...
- Oui, moi, je pensais que la situation
était un peu stupide. Je travaille ici depuis longtemps.
Je m’occupe des artistes...
Pur contre, Dali est restée toute seule à gérer sa carrière.
Alors...
Bref... on va...
On va monter notre propre maison de production.
- Je remballe tout, alors.
C’est la première fois qu’une femme me quitte.
Ça se fête, non?
- Je ne quitte pas mon ami. - Je sais.
Bon. Quels sont vos projets ?
- San Remo.
- Oui. - San Remo, le festival ?
Elle va être la marraine d’un chanteur italien
qui s’appelle Luigi Tenco.
Elle a une vraie carte à jouer en Italie.
Et donc ce serait dommage que...
Il y a un public. Il faut le prendre.
Non?
- Je vois pas ce que tu y gagnes, mais il faut écouter ton...
producteur.
- C’est vrai.
- Oui.
- Si je n’avais pas organisé la rencontre avec Luigi,
on n’en serait pas là.
- C’était son chemin de vie.
On ne pouvait pas intervenir.
*Luigi Tenco : « Angela »
- Je ne suis pas d’accord avec Heidegger.
- Ah bon? - Non.
L’important, c’est l’être-vers-l’amour.
- J ’aime votre sens de la philosophie, Gigliotti.
- Tout le mérite vous revient, M. le professeur.
- C’est vrai. Tout le mérite me revient.
- Je t’aime.
- Je t’aime.
- Pardon. Un peu de calme, s’il vous plaît.
- Pourquoi une star comme vous accepte de venir à San Remo ?
- Pour les chansons de Luigi Tenco.
- Vous pensez que Luigi Tenco peut gagner?
- Bien sûr qu’il peut gagner.
- Merci à tous. Allons-y.
- La chanson d’Ornella Vanoni ferait une bonne reprise.
- Tu vois pas qu’ils nous utilisent?
C’est plus de l’art, c’est du commerce.
Et celui-là qui te suit partout.
- Qui ça ? - Tu sais bien.
- Oui, oui, avec plaisir. - Faisons les photos.
Après, elle doit se changer. Je vous la présente.
- Ne bois pas trop, chéri.
- Tu sais pourquoi je reste ici ?
Pour toi.
- Dali, le directeur du festival.
- Très honoré de vous avoir à notre festival.
- Bonsoir. - Ils voudraient prendre des photos.
Faisons-les maintenant.
- Avec Luigi. - Non.
Dabord... - Vas-y.
- Oui, séparés, c’est mieux. On y va.
*-Caméra 1 sur le présentateur.
*-C’est avec plaisir que je vous présente la 17e édition...
- Luigi, ça va aller.
- Mais oui. - Tu seras très bien.
*-Écoutons maintenant
Ciao Amare Ciao, écrit et interprété par Luigi Tenco.
Applaudissements
...
*Luigi Tenco : « Ciao Amore Ciao »
- T’as l’air inquiète. - Ça va.
- Il n’y a pas de souci, vous allez gagner.
- J’espère.
- Contente? Et vous aussi ? Quelle belle mascarade !
- Laisse-moi. - Iolanda, je t’en prie.
Vous êtes pas censés être ensemble. C’est ton tour.
- J’y arriverai pas.
*-Et maintenant, la marraine de Luigi Tenco...
Chante !
« Ciao Amore Ciao »
- Tu chanson est magnifique.
C’est juste une défaite. La prochaine fois...
- Pour toi, oui.
- J’en ai fait des concours...
- Je m’en fous, du concours !
Ces gens sont pas là pour la musique. Ils comprennent rien.
Pour eux, c’est un jeu. Tu comprends? Un jeu !
Pas pour moi.
- Luigi, ralentis.
Je t’en prie, ralentis.
- C’est pas un jeu, Dali.
- Je t’en prie, Luigi.
Luigi !
- Je ne viens pas. Je suis fatigué.
- Ne leur donne pas cette satisfaction.
Viens.
Viens.
Luigi !
*Dalida : « Bang bang » en italien
Luigi?
Mon amour...
Réveille-toi !
Luigi !
Luigi !
- « Ce n’est pas parce que j’en ai assez de vivre,
mais comme protestation envers un public ignorant. »
- Assassins !
Non ! Ça suffit comme ça !
Laissez-moi tranquille.
Ça suffit !
J’en peux plus ! Assez !
Ils m’ont interdit d’aller à son enterrement.
Ils avaient peur que je fasse un scandale.
-Ils ont voulu vous protéger.
- C’est raté.
- Je comprends votre...
votre douleur, mais...
- Mais quoi?
J’ai 34 uns, pas d’amour, pas d’espoir, pas d’enfants.
- Vous donnez de l’espoir aux gens.
- Et moi, qui m’en donne ?
Vous savez ce qu’il y a de plus dur, entre la vie et la mort?
- Non.
- C’est de choisir la vie.
La mort, c’est doux.
- Pourtant, c’est...
C’est la vie que vous avez choisie.
- Non.
- La mort n’a pas voulu de moi.
Mon histoire C’est l’histoire d’un amour
Ma complainte C’est la plainte de deux cœurs
Un roman comme tant d’autres Qui pourrait être le vôtre
Gens d’ici ou bien d’ailleurs
Mon histoire C’est l’histoire qu’on connaît
Ceux qui s’aiment Jouent la même, je le sais
Mais naïve ou bien profonde
C’est la seule chanson du monde Qui ne finira jamais
C’est l’histoire
D’un amour
On frappe à la porte.
Que faites-vous ici ?
- Je veux te présenter...
Non, attends.
- Surprise !
- Comme je n’ai pas pu te le présenter avant.
- Quelle merveille !
- Tu le prends pas? C’est ton neveu.
- Il te ressemble.
Va voir ta tante.
- C’est ton filleul, si tu veux être sa marraine.
- Si j’accepte ? Bien sûr que j’accepte.
- Dans les bras de sa tante.
- Quel ange !
Il est superbe.
- Pas vrai ?
- C’est toi, ça ?
- Tu es contente ?
- Petit ange.
- C’est ta tante.
- Comment il s’appelle ?
- Il s’appelle Luigi.
Mais si ça te gêne, il a un autre prénom.
- Luigi.
Luigi !
- Qu’en penses-tu ?
-Ce que j’en pense ?
Que la vie continue.
Acclamations
- Première fois en Italie depuis le drame de San Remo. Émue ?
- Beaucoup.
- Qu’attendez-vous du concours Partitissima ?
- Gagner pour Luigi. - Merci.
- Contente de revenir ?
Que dites-vous à tous vos admirateurs ?
- Bonjour Rome et l’Italie.
Merci !
- Je suis un fan de Tenco. Je voudrais vous voir en privé.
Ce sont ses poésies.
- Pardon ?
- Non, le livre est pour vous. - Pour moi ?
- Suis-moi.
Aucune allusion au drame qu’elle vient de vivre. Vu ?
- Bien.
- Entrez, je vous en prie.
Il a été gentil avec toi ? - Oui.
- Merci, Mario.
Bonjour. - Bonjour.
- Un café?
- Non, ça va.
Ça a été avec Mario? Il est très protecteur.
- Oui, il l’est pas mal.
- Alors, tu aimes la poésie. - Oui.
Je suis étudiant en lettres et philosophie.
À vrai dire, j’ai dû m’arrêter pour... travailler.
J’aimerais m’y remettre.
- Mon plus grand regret est de n’avoir pas étudié.
- Vous savez...
Je comprends le geste de Tenco.
Et le vôtre aussi.
- Je peux te demander une chose ?
- Oui.
- Ne me vouvoie pas.
- D’accord.
Magnifique ! Il est superbe !
- Maria Teresa, il me va ? - Il est beau !
- Maman, tu peux toujours le changer.
On sonne à la porte.
- Il est beau. Prends-le.
C’est ton chien.
- Madame,
un certain M. Lucio.
Je lui ouvre ? - On ne le connaît pas.
Qu’il parte. - Non, non !
J’y vais, j’y vais.
- C’est qui ? - Je sais pas.
- Comment tu es venu ? - En stop.
- Avec ce froid ? - Oui.
Je voulais te voir pour Noël. - T’es fou.
- Je suis fou de toi.
Tu m’as manqué.
- Toi aussi. Je vais te présenter à ma famille.
Enlève ton manteau.
- Bonsoir. - Bonsoir.
- Pardon.
Merci. - Viens.
- Je vous présente Lucio.
- Bonsoir.
- Assieds-toi.
- Bonsoir.
- Tu veux manger ? - Oui, un petit truc.
Merci.
Joyeux Noël !
- JOYEUX NOËL!
- Joyeux Noël.
- Tu peux m’expliquer ? - Chez moi, l’invite qui je veux.
- Personne ne semble l’avoir invité.
- Je l’ai accueilli.
- Le soir de Noël, quand on est tous réunis?
- Il a traversé l’Italie et la France en stop.
Je le renvoie?
- On invite pas les étrangers à Noël. On reste en famille.
Respecte un peu tu famille.
Ne l’expose pas à tes...
- Mes quoi ? Mes quoi ?
- Tes... Tu as très bien compris.
- Si tu n’es pas content, la porte est grande ouverte.
- Joyeux Noël !
Joyeux Noël à tous !
- Bruno !
-Iolanda, que se passe-t-il?
- Je voudrais rester ici pour toujours.
Tu es si belle.
- Il venait d’avoir 18 ans
Il était beau comme un enfant
Fort comme un homme
- Ma vie n’a jamais été aussi belle qu’avec toi.
- C’était l’été évidemment
Et j’ai compté en le voyant...
- Dans 20 ans, tu changeras d’avis.
- Tu es la plus belle femme au monde.
- Un peu plus de noir sur mes yeux
Ça l’a fait rire
Quand il s’est approché de moi
J’aurais donné n’importe quoi
Pour le séduire
Il venait d’avoir 18 ans
Ça le rendait presque insolent
De certitudes
Et pendant qu’il se rhabillait
Déjà vaincue Je retrouvais ma solitude
J’aurais voulu le retenir
Pourtant, je l’ai laissé partir
Sans faire un geste
Il m’a dit : « C’était pas si mal ! »
Avec la candeur infernale...
- Reviens vite !
- De sa jeunesse
J’ai mis de l’ordre à mes cheveux
Un peu plus de noir sur mes yeux
Par habitude
J’avais oublié simplement
Que j’avais deux fois 18 ans
Je suis enceinte.
- Comment?
- Je suis enceinte.
- C’est merveilleux !
- Du jeune homme?
- Oui.
- C’est bien.
- Il a 22 uns. - Et alors?
- J’en ai 34.
- Et alors?
- Je peux pas gâcher sa vie.
- En quoi gâcherais-tu sa vie ?
- Épouser un gamin. Imagine les journaux.
- Mais on s’en fout, des journaux. - Oui !
Qui parle de l’épouser?
On s’en occupera. Giuseppina aura un autre petit-fils.
- Maman ne doit pas l’apprendre. Vu ?
- Bon. On ne lui dira pas. Tu veux pas d’enfant ?
- Ce n’est pas la question.
- C’est la seule question.
- J’ai besoin d’un père.
Pour mon fils.
- On peut faire sans. On a grandi sans père.
- Tu crois ?
- Mais nous, on est là. Je pourrais aussi m’en occuper.
- C’est pas la vie dont je rêve.
- La vie ne se rêve pas, elle se vit.
- Quel philosophe !
- Le garçon est au courant ?
- Hein?
- Non.
- Tu vas lui dire ?
Jamais.
- Qu’est-ce que tu vas faire ?
Tiens, tiens, tiens.
- Je ne sais pas.
Cloches
...
Dalida : « Dan, dan, dan »
- Je me rappelle
Que plusieurs fois Il n’y a pas si longtemps
Tu me disais
Tout changera
Combien j’aimerais
Te dire à présent ce que j’ai
À l’intérieur de moi
Quand je serai seule
Le visage d’un enfant
Mon cœur se réchauffera
Comme les cloches au printemps
Mon cœur sonnera
Dan, dan, dan Sonnera
Dan, dan, dan
Dan, dan, dan Chantera
Dan, dan, dan
Dommage
Je n’avais jamais vu
l’amour que...
Je vois maintenant autour de moi
Combien j’aimerais
Dire au monde ce que j’ai
À l’intérieur de moi
Quand je serai seule
Le visage d’un enfant
Ce cœur se réchauffera
Comme les cloches au printemps
Mon cœur sonnera
Dan, dan, dan Sonnera
- « Lucio...
« J’ai dû partir plus tôt que prévu.
« Ne cherche pas à m’appeler.
« Mais je t’en supplie, réalise ton rêve.
« Le rêve de ma vie.
« Accepte cet urgent et continue tes études.
« Fais-le pour moi. »
« Il faut que je me retrouve,
« sinon, je vais encore me perdre.
« Je vais m’arrêter de chanter. »
Ils chantent des mantras.
En anglais
- Pourquoi veux-tu arrêter de chanter ?
- Pour me concentrer
sur ma vie spirituelle.
- Tu n’aimes pas chanter?
- Ce n’est pas ça. J’adore chanter.
Mais parfois, j’ai honte
d’être devenue une si grande star rien qu’en chantant.
- Est-ce ce que tu ressens quand tu chantes? De la honte?
- Non.
Quand je chante, je deviens ma chanson,
je deviens mon public,
je deviens la musique.
Je ne me sens plus déchirée.
- Pour s’éveiller spirituellement,
il faut être en harmonie avec soi-même.
Tu es naturellement en éveil lorsque tu chantes.
Ta mission dans la vie, est de chanter.
C’est ainsi que tu aides les autres.
*-On vous sent beaucoup plus sereine.
Beaucoup plus apaisée.
*-Oui, j’ai traversé beaucoup de souffrances.
Et après mon suicide, j’ai cherché à comprendre.
L’autre jour, j’étais avec Lucien. Lucien Morisse, mon ex-mari.
Et je lui disais :
« Lucien, tu me connais, tu connais ma vie. »
Je suis passée d’un homme à l’autre.
*Mais ma recherche était toujours l’amour, le vrai.
Et je suis sûre que cet amour existe.
C’est un amour plus grand. À travers les hommes, il mène à Dieu.
- Tu l’aimes encore ? - Qu’est-ce que tu racontes ?
- Et moi, tu m’aimes ? - Bien sûr, je t’aime, chérie.
- Alors arrête de jouer.
La banque a encore téléphoné. - Oui, je m’en occupe.
- Mais vraiment?
Tu t’en occupes demain ? - Chut, je voudrais écouter.
*-C’est plus fort que nous. C’est l’amour.
Je veux chanter Je suis malade.
- C’est pas du tout toi.
- C’est celle que je suis devenue.
- Pas pour ton public, il veut rêver. Laisse la déprime à Serge Lama.
- Il n’a pas tort.
- Mon public aime que je lui dise la vérité.
- Dali, je t’ai toujours soutenue, mais là, l’y crois pas.
- Alors... loue-nous tu salle.
- Quoi ? - Tu nous loues tu salle.
- Oui.
- Dalida, c’est l’Olympia. Elle ne va pas chanter ailleurs.
- Écoutez, je ne demande que ça, mais je sais pas loueur de salle,
je suis producteur. Vous me demandez l’impossible.
- Est-ce que tu penses que...
que ça...
ça peut rendre les choses un tout petit peu...
plus possibles?
Qu’est-ce que t’en penses?
- On peut réfléchir.
- Je ne rêve plus
Je ne fume plus
Je n’ai même plus d’histoires
Je suis sale sans toi Je suis laide sans toi
Je suis comme un orphelin Dans un dortoir
Je n’ai plus envie de vivre ma vie
Ma vie cesse quand tu pars
Je n’ai plus de vie Et même mon lit
Se transforme en quai de gare
Quand tu t’en vas Je suis malade
Complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Et qu’elle me laissait seule Avec mon désespoir
Je suis malade
Parfaitement malade
Tu m’as privée de tous mes chants
Tu m’as vidée de tous mes mots
Pourtant, moi, j’avais du talent
Avant ta peau
Cet amour me tue
Si ça continue
Je crèverai seule, avec moi
Près de ma radio Comme un gosse idiot
Écoutant ma propre voix qui chantera
Je suis malade
Complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Et qu’elle me laissait seule Avec mon désespoir
Je suis malade
C’est ça, je suis malade
Tu m’as privée de tous mes chants
Tu m’as vidée de tous mes mots
Et j’ai le cœur complètement
Malade
Cerné de barricades
T’entends?
Je suis malade !
Acclamations
- Magnifique !
Tu vois que t’étais une chanteuse à texte.
Tu voulais pas me croire.
Je suis fier de toi. Et Lucien.
- Il est avec nous, tu sais.
Avec nous.
- DALIDA ! DALIDA! DALIDA !
- Écoute. Écoute.
- DALIDA ! DALIDA! DALIDA !
- Je fais de mon mieux pour être heureuse.
Mais la mort rôde comme un fauve
autour de moi.
Quand j’étais petite, je voulais que mon père meure.
- Mmm.
- Quand il est revenu du camp,
il était si blessé.
Moralement et physiquement.
Il frappait mes frères et moi aussi.
Mais quand il frappait ma mère, c’est là que je voulais qu’il meure.
Et il est mort.
Je me sentais...
coupable.
Coupable.
Comme pour Lucien et Luigi.
Avec le temps
Avec le temps, va, tout s’en va
l’autre qu’on adorait
Qu’on cherchait sous la pluie
l’autre qu’on devinait
Au détour d’un regard
Entre les lignes, entre les mots
Et sous le fard d’un serment maquillé
Qui s’en va faire sa nuit
Avec le temps
Tout s’évanouit
Avec le temps
Avec le temps, va, tout s’en va
Même les plus chouettes souvenirs
Ça, t’as une de ces gueules
À la Galerie je farfouille
Dans les rayons de la mort
Le samedi soir
Quand la tendresse S’en va toute seule
- Ce vide, ça vous fait penser à quoi?
- Les dimanches.
Je me suis toujours dit que je mourrais un dimanche.
- Normalement, on ne choisit pas, vous savez.
- C’est pour ça,
les dimanches,
J’invite tous mes amis à la maison.
Comme ça, c’est la fête.
- ARRIVA...
GIGI L’AMOROSO
CROQUEUR D’AMOUR, L’ŒIL DE VELOURS COMME UNE CARESSE
GIGI L’AMOROSO
TOUJOURS VAINQUEUR PARFOIS SANS CŒUR
- Elles sont super bonnes, tes pâtes. - Merci.
- Les transformations, dans ton salon, c’est magnifique.
- Vous en avez pas marre,
de cette chanson? Arrête !
On sonne à la porte.
- Dali, le comte de Saint-Germain vient d’arriver.
- Bonjour.
- Dali, je voudrais te présenter mon ami Richard Chanfray.
- Comte de Saint-Germain. Enchanté. - Enchantée.
- C’est qui? - l’alchimiste qui passe à la télé.
- Celui qui change le plomb en or. - Vous allez voir le phénomène.
- J’adore !
- Alors comme ça, vous êtes immortel?
- Un peu comme vous.
- Non, pas comme moi.
- Mais je ne suis pas immortel. Je suis né il y a 17000 ans.
Je suis dans une vibration du monde différente des autres
qui me permet de traverser les âges.
- Je crois beaucoup de choses, mais ça, c’est un peu trop.
- Je vous demande pas de me croire.
- Non? - Non.
*Dalida et Alain Delon : « Paroles, paroles »
- Je te regarde comme pour la première fois
- Encore des mots Toujours des mots, les mêmes mots
- Vous transformez le plomb en or?
- Vous savez que « or » vient de « our » qui veut dire « lumière » ?
L’am-our, c’est l’âme
qui tend vers la lumière.
- Vous parlez bien, M. l’alchimiste.
- Mais c’est fini, le temps des rêves
Les souvenirs se fanent aussi
Quand on les oublie
- Tu es comme le vent qui fait chanter les violons
Et emporte au loin le parfum des roses
- Caramels, bonbons et chocolats
- Par moments, je ne te comprends pas
- Comment on dit?
- Salute. - Salute.
- Tu peux bien les offrir à une autre
Qui aime le vent et le parfum des roses
Moi, les mots tendres Enrobés de douceur
Se posent sur ma bouche
Mais jamais sur mon cœur
- Une parole, encore
- Paroles, paroles, paroles
- Écoute-moi... - Paroles, paroles, paroles
- Je t’en prie ! - Paroles, paroles, paroles
- Je te jure ! - Paroles, paroles, paroles
Paroles et encore des paroles Que tu sèmes au vent
- Que tu es belle ! - Paroles, paroles, paroles
- Que tu es belle ! - Paroles, paroles, paroles
- C’est fou.
Je n’ai jamais ressenti ça.
- Ça fait des vies et des vies que t’es ma femme.
- Et tu n’es pas fatigué de faire l’amour avec moi,
depuis toutes ces vies?
- Pourquoi ? J’en ai l’air?
- Non.
Bésame
Bésame mucho
Cette chanson d’autrefois Je la chante pour toi
Bésame
Bésame mucho
Comme une histoire d’amour Qui ne finirait pas
On l’a chantée dans les rues Sous des ciels inconnus
Et dans toute la France
On la croyait oubliée
Et pour mieux nous aimer Voilà qu’elle recommence
Bésame
Bésame mucho
Si dans un autre pays Ça veut dire « embrasse-moi »
Bésame
Bésame mucho
Toute ma vie Je voudrais la chanter avec toi
On ne demande à l’amour Ni serment de toujours
Ni décor fantastique
Pour nous aimer Il nous faut simplement
Quelques mots qui vont sur la musique
Bésame
Bésame mucho
Si dans un autre pays Ça veut dire « embrasse-moi »
Bésame
Bésame mucho
Toute ma vie Je voudrais la chanter avec toi
Bésame
Bésame mucho
Je t’aime.
- « Dalida nous a habitués à son éclectisme amoureux.
« Ce ne serait pas vraiment une surprise.
« Rumeur ou grand amour ?
« Subjugué par le charme de Dalida, il la convoque dans ses bureaux. »
- Encore ? Arrête. Tu sais que c’est pas vrai.
Mon amour !
Mon amour, viens.
Mon amour.
Arrête.
Arrête.
- Les gens croient que t’as une histoire avec Delon.
- Mais quelles gens ?
- Comment ça, quelles gens ?
Tout le monde. Le public, tout le monde.
Tu fuis une couverture et un tube avec lui... Tu sais comment ils sont.
- Mais arrête, mon amour.
Tu sais à quel point je t’aime.
- Il n’y a pas d’amour,
il n’y a que des preuves d’amour.
- Qu’est-ce que tu veux de plus?
Dis-moi, qu’est-ce que tu veux ? - Je sais pas...
On pourrait faire un disque ensemble.
- Mais, chéri, tu n’es pas chanteur.
- Parce que Delon est chanteur, peut-être ?
- Un chandelier sur un coin de table
Un feu de bois
Deux ombres et du vent
- Et de cigarette en cigarette
Le feu s’éteint, un dernier whisky
- ET DE L’AMOUR DE l’AMOUR, DE L’AMOUR
- Parfait !
C’est de la merde.
- Bruno ! - Quoi?
- Je voudrais un peu plus de son.
- Un peu plus fort.
- Ça ne va pas ?
- Arrête, s’il te plaît.
- Mon amour, qu’est-ce qu’il y a ?
- Rien, je te dis.
J’ai pas besoin de pitié. Vraiment.
J’en ai rien à foutre, de ce disque.
- Richard, arrête de faire l’enfant.
Arrête.
J’ai grossi.
Et je n’ai pas eu mes règles.
Je suis peut-être enceinte.
- On va faire des analyses complémentaires,
mais...
- Mais?
- Mais vous ne pouvez plus avoir d’enfant.
- Quoi ?
- Vos trompes ont été endommagées lors de votre avortement.
- T’es prête ?
- Tu m’aides ?
-Ça va ?
- Oui.
- Sûre?
- Oui.
*Tavares : « Heaven Must Be Missing An Angel »
- Tu sais quoi ?
- Quoi ? - On va faire du disco.
- Quoi ?
- On va faire du disco. Et tu vas danser.
- À mon âge ?
- C’est l’avenir, chérie. Et toi, tu es l’avenir.
- Il t’a dit quoi ?
- Il a dit que je suis l’avenir.
Qu’est-ce qu’il flotte !
Martine a laissé ouvert ?
- Non. Elle a pris son week-end.
- Ne bouge pas. Si c’est un voleur, je vais le fumer.
- C’est quoi, ça ? Richard ! Pose ce pistolet.
Richard !
Richard, viens ici !
Coup de feu
Richard !
- N’aie pas peur, Iolanda.
Donne-moi ta main.
N’aie pas peur.
Iolanda !
- Il ne faut pas que tu me laisses là.
Il faut que tu paies la caution.
Je te rembourserai, je te jure, mais me laisse pas là.
Je t’aime.
- C’est terminé.
- Mets ta main.
Me laisse pas, OK ?
Je t’aime.
*-Le procès de Richard Chanfray, alias comte de Saint-Germain,
s’achève aujourd’hui.
Un an de prison avec sursis, 118 000 F de dommages et intérêts,
que sa compagne, Dalida, aurait payés à la victime,
enfin sortie de l’hôpital : le petit ami
de la femme de chambre de Dalida.
*Rina Ketty : « J’attendrai »
Il but la mesure.
*Dalida : « J’attendrai »
- Voilà ce disque de diamant.
- Oui l’eût cru ? Dalida
a réussi à séduire le public américain, pourtant réputé difficile.
- Elle n’a pas hésité à se produire dans la capitale du show-business.
- Et cela à l’occasion d’un concert donné au Carnegie Hall.
- Énorme succès mondial. Gigi l’amoroso plus fort en Europe
que Strangers in the Night de Sinatra.
- À 46 uns, Dalida n’en finit pas de nous étonner.
- Dalida fête ses 25 ans de chansons
avec un show à l’américaine.
Un risque pour la vedette aux 67 millions de disques vendus.
- En exclusivité pour Soir 3, ce spectacle répété à Paris.
- Voici Dalida !
*Dalida : « Gigi in paradisco »
- Gigi, fais-nous un coin au paradis
Une petite place qui ressemble à l’Italie
Bonjour.
- Bonjour et bravo, Dalida.
- Je suis toute « transpirée ».
- Une serviette a été prévue. - Merci, Jacqueline.
- J’ai pu assister à ces répétitions
qui promettent un show exceptionnel.
Vous avez répété pendant 10 semaines avec Lester Wilson, ici présent.
- Lester, viens.
- Très bien...
Bonjour, Lester Wilson,
le célèbre chorégraphe
de Saturday Night Fever.
Un show dont l’affiche
a déjà fait beaucoup de bruit.
- Vous savez, je viens d’une famille très catholique.
C’était difficile de perdre...
Comment vous dites en français? « Pudicité. »
- On dit pudeur, mais « pudicité », c’est très joli.
Quand je vous vois aussi jeune,
je peux pas croire que vous célébrez déjà vos 20 ans de carrière.
- Ça fait même un quart de siècle.
- Vous ne les faites pas du tout.
Alors, mélanger dans un même show
Bambino, Je suis malade...
et tous vos succès disco,
c’est un sacré défi.
Vous êtes la seule artiste à avoir autant de cordes vocales à votre arc.
*Dalida : « Salma ya salama » en arabe
- Ah, tu reconnais maman ?
Mon petit pépère, tu es triste ?
Moi aussi, je suis triste.
- Tu as bu?
- Pose-toi la question. Pourquoi je bois ?
- C’est ma faute.
- Ben, oui, mon amour.
Ma vedette !
- Tu sens Shalimar.
- T’es jalouse, ma chérie ?
J’irais pas voir ailleurs, si tu te refusais pas.
- Tu me dégoûtes.
- Comment veux-tu qu’on tienne si on ne fait plus l’amour?
- Comment veux-tu faire l’amour si tu te comportes comme un enfant?
- Je te jure, un jour, c’est toi qui viendras me supplier. T’entends ?
C’est toi ! - Laisse-moi ! Laisse-moi !
- Avec ces deux-là...
- Comment on dit « skier » en italien ?
- En italien, c’est « scii ».
- Merci.
- Il faut que tu lui parles.
Tu vas lui dire ? - Quoi ?
- Qu’elle doit arrêter de se faire vomir.
- Je ne sais pas quoi lui dire.
Elle a peur de grossir... - Laisse tomber.
- Toujours pareil.
- Santé !
- À tu réussite !
- À mon frère Bruno, à tous !
- À ton succès au Palais des Sports.
- Bonne année !
- Tu parles fort, hein.
- Et alors?
- Et ça, c’est moche... - Touche pas !
- Ces stars vieillissantes,
on peut rien leur dire.
- Dégage.
Du restaurant, de ma vie, de tout. Dégage.
- Pardon ?
Tu peux répéter? Tout le monde n’a pas entendu.
- Sors !
Bruno, tu vas pas t’en mêler aussi.
- Bonne année.
- Richard !
- C’est bon. - Richard.
- Au Palais des Sports. - Au Palais des Sports.
- C’est fini ! Tu comprends ça ? C’est fini.
- Calme-toi. - Sors.
- Après tout ce que j’ai fait pour toi?
- Sors.
- Non, on ne peut pas finir comme ça.
- Je t’aime plus.
- Mais calme-toi. Calme-toi !
- Encore ! « Calme-toi », encore ?
- Arrête, j’ai dit, putain ! Arrête !
Tu peux pas me dire ça.
Je te jure, j’arrête mes conneries.
Arrête, putain !
Arrête ! Tu vois pas que c’est moi, là ?
Tu crois que tu vas
en retrouver un, à ton âge? Vraiment ?
Acclamations
Dalida : « Laissez-moi danser »
- Moi, je vis d’amour et de danse
Je vis comme si l’étais en vacances
Je vis comme si l’étais éternelle
Comme si les nouvelles Étaient sans problèmes
Moi, je vis d’amour et de rires
Je vis comme si Y avait rien à dire
J’ai tout le temps d’écrire mes mémoires
D’écrire mon histoire à l’encre bleue
Laissez-moi danser
Laissez-moi
Laissez-moi danser, chanter En liberté
Tout l’été
Laissez-moi danser
Laissez-moi
Aller jusqu’au bout du rêve
Moi, je vis d’amour et de risques
Quand ça ne va pas Je tourne le disque
Je vais, je viens J’ai appris à vivre
Comme si j’étais libre Et en équilibre
Moi, je vis d’amour et de rires
Je vis comme si Y avait rien à dire
J’ai tout le temps d’écrire mes mémoires
D’écrire mon histoire à l’encre bleue
Laissez-moi danser
Laissez-moi
Laissez-moi danser, chanter En liberté
Tout l’été
Laissez-moi danser
Laissez-moi
Aller jusqu’au bout du rêve
- Je vous fais quoi à manger, ce soir?
Une petite soupe ?
Une omelette ?
- Non, je voudrais des pâtes.
- Des pâtes ? - Des pâtes, oui.
- Comme hier ? - Oui, oui.
Onomatopées
- Elle fait quoi ? Elle rit ?
- Elle ne va peut-être pas si mal que ça.
- Va voir.
- D’accord.
Je peux ? - Oui.
- Coucou.
- Regarde.
- Comment ça va ?
- Bien.
- Là, c’est De Funès. Sinon elle dort toute la journée.
Et la nuit, rien. Elle va pas bien du tout.
Elle est très fatiguée.
Normal, elle mange que des pâtes.
En plus, elle se fait vomir après.
J’ai dû reprendre toutes ses robes.
Et puis ses yeux, aussi. Avec les lumières,
ça lui fait horriblement mal.
- J’ai compris, j’ai compris. - Elle ne supporte plus.
- Vous êtes toujours ici ?
- Bien sûr. Elle a besoin de moi tous les jours.
- Il faut trouver un appartement ailleurs.
Vous pouvez pas rester ici tout le temps.
Alors?
Tu veux pas qu’on ouvre ? Il fait beau, dehors.
- Non... Non, Bruno, merci.
J’ai très mal aux yeux.
- Ouais... J’ai une bonne nouvelle pour toi.
Youssef Chahine te propose un rôle.
- Ça, c’est bien.
- Oui.
- Tu dois te remettre en forme.
Tu as compris ?
On est d’accord ?
- D’accord. - Bien.
- Merci.
En arabe
- Il y a quelqu’un dans ta vie? - Oui.
- Il s’appelle comment ? - Michel.
- Michel a quel âge ?
-50 ans.
- Oh ! C’est ton mari ?
- Ce n’est pas possible.
- Ils vont me maquiller en mort.
C’est vrai que tu es déjà morte une fois ?
- Pas exactement.
- Et la mort, ça fait peur ?
- Non. C’est comme un rêve.
- Allez, Hassan. On est en retard. Tu dois aller te préparer.
Tout de suite, Hassan !
Youyous
*-Un accueil digne des plus grands chefs d’État
a été réservé à la star internationale Dalida,
suite au succès du film Le 6e Jour, réalisé par Youssef Chahine.
Acclamations
- Quelle idée, de nous faire passer par ici !
- Je voulais repasser devant notre maison.
- Il aurait pu éviter de nous envoyer une décapotable, quand même.
Arrêtez de gesticuler !
- Calme-toi.
Défends-toi un peu.
C’est merveilleux. Ils sont là pour nous.
- Merci.
- Tu es contente ? - Oui.
- Tu aimes la musique ? - Oui.
- Mais je te préviens,
je ne veux pas t’entendre.
Silence total pendant la répétition. OK?
Parfait. Allons-y.
- Tu mangeras la maison.
- Que fais-tu là toute seule ?
Tu aurais pu m’appeler, quand même.
- Ça va ? - On aurait mangé ensemble.
Tu manges toute seule ? Tu es folle.
Alors? - Tout va bien.
- J’ai parlé avec les producteurs de la comédie musicale Cléopâtre.
C’est tout bon.
Ça va se faire. Ils me l’ont assuré.
- Je suis contente. - Bon.
- Tu veux une cigarette ? - Oui.
Je n’arrive pas à arrêter, mais je m’en fous.
- J’ai quelque chose pour toi.
- Ah bon ?
C’est quoi ?
- C’est moi qui l’ai tricotée.
- C’est toi qui l’a fait ? - Oui.
- C’est magnifique !
C’est superbe.
Elle est très belle. Bravo !
- Tu penseras à moi.
- Je pense toujours à toi. Sache-le.
Alors, on mange ensemble demain ?
- Demain, je vais au théâtre avec Michel.
- Ah oui, j’avais oublié.
Tant mieux. Alors on mange dimanche.
- Avec plaisir.
- Comme d’hab. - Oui.
- On peut avoir un verre de vin, ici ?
- Graziano ! - Oui, je suis à vous.
- Il arrive.
Tiens.
- Je dois arrêter. - Oui, tu m’as dit.
- Je dois arrêter. - Je sais.
Moi aussi.
- Tout va bien ?
- Michel passe
vous prendre? - Oui.
- Je l’attends avec vous ?
- Non, c’est très gentil, Jacqueline.
- Vous êtes sûre,
je reste pas cette nuit?
- Non, il va dormir ici ce soir.
- D’accord. Bonne soirée.
- Bonne soirée.
Jacqueline, ne me réveille pas
demain matin, s’il te plaît. - D’accord.
- Pour ne pas vivre seul
On vit avec un chien
On vit avec des roses
Ou avec une croix
Pour ne pas vivre seul
On se fait du cinéma
On aime un souvenir
Une ombre, n’importe quoi
Pour ne pas vivre seul
On vit pour le printemps
Et quand le printemps meurt
Pour le prochain printemps
Pour ne pas vivre seul
Je t’aime et je t’attends
Pour avoir l’illusion
De ne pas vivre seul
De ne pas vivre seul
Pour ne pas vivre seul
Des filles aiment des filles
Et l’on voit des garçons
Épouser des garçons
Pour ne pas vivre seul
D’autres font des enfants
Des enfants qui sont seuls
Comme tous les enfants
Pour ne pas vivre seul
On fait des cathédrales
Où tous ceux qui sont seuls
S’accrochent à une étoile
Pour ne pas vivre seul
Je t’aime et je t’attends
Pour avoir l’illusion
De ne pas vivre seule
Pour ne pas vivre seule
On se fait des amis
Et on les réunit
Quand viennent les soirs d’ennui
On vit pour son argent
Ses rêves, ses palaces
Mais on n’a jamais fait
Un cercueil à deux places
Pour ne pas vivre seul
Moi, je vis avec toi
Je suis seule avec toi
Tu es seul avec moi
Pour ne pas vivre seul
On vit comme ceux qui veulent
Se donner l’illusion
De ne pas vivre seul
Souffle
Viens, mais ne viens pas Quand je serai seule
Quand le rideau, un jour, tombera
Je veux qu’il tombe derrière moi
Viens, mais ne viens pas Quand je serai seule
Moi qui ai tout choisi dans ma vie
Je veux choisir ma mort aussi
Il y a ceux qui veulent mourir Un jour de pluie
Et d’autres en plein soleil
Il y a ceux qui veulent mourir Seuls dans un lit
Tranquilles, dans leur sommeil
Moi, je veux mourir sur scène
Devant les projecteurs
Oui, je veux mourir sur scène
Le cœur ouvert, tout en couleurs
Mourir sans la moindre peine
Au dernier rendez-vous
Moi, je veux mourir sur scène
En chantant jusqu’au bout
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