All language subtitles for Law . Order S08E19 Disappeared 1080p Amazon WEB-DL DD+ 2.0 h.264-TrollHD

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Original subtitles

CE RÉCIT EST FICTIF.

AUCUNE PERSONNE OU ÉVÉNEMENT RÉELS NE SONT DÉPEINTS.

Dans le système pénal américain,

le ministère public est représenté

par deux groupes distincts mais d'égale importance :

la police, qui enquête sur les crimes,

et le procureur, qui poursuit les criminels.

Voici leurs histoires.

Vous voulez une blague, Mme Lewis ?

Paul ? Donna ? Il y a quelqu'un ?

Ça donne quoi, si on croise un poulet avec une chèvre aveugle ?

Tes parents sont partis en week-end ?

Ils ne vont jamais nulle part. Alors ?

Attends, mon grand.

Allô ? C'est moi. Paul et Donna ne sont pas là.

Le journal et le courrier étaient dehors et ça sent un peu bizarre.

Jack est avec moi. Tu les appelles ? D'accord.

- Maman ? Papa ? - Jack, viens ici. Reste avec moi.

Kellog, si tu nous as sortis du lit pour une disparition, tu vas souffrir.

J'ai dit "une disparition probable".

Et puis j'ai trouvé ça près des poubelles.

Les poignées arrachées. Des citrons.

L'Inconnu du Nord-Express. Et un portefeuille de femme.

Il appartient à Donna Ericson. Elle habite ici.

La cassette vient d'un vidéo-club à côté.

Bien, mettez ça de côté.

Voici M. Faber, le gérant de l'immeuble.

Mon commerce est en bas. J'ai entendu de l'agitation.

Arrive-t-il aux Ericson de quitter la ville à l'improviste ?

Pas à ma connaissance. Il leur est arrivé quelque chose ?

C'est ce qu'on aimerait savoir.

Attendez-nous en bas.

On dirait que les Ericson avaient de la visite.

Une vraie étuve, ici.

L'eau est à température ambiante.

- Voilà l'explication. - Ah oui ? Qu'est-ce qu'on mange ?

- Ça devait être un carré d'agneau. - Ouais, d'il y a deux jours.

J'espère que les Ericson sont en meilleur état.

NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE

Comment va le petit ?

On essaie de l'occuper mais il réclame toujours ses parents.

Le gérant du vidéo-club a dit qu'ils avaient emprunté le film à 18h15.

Peut-être un enlèvement.

- Pas de demande de rançon après 48 h. - Pour l'instant.

- Ils se sont peut-être sauvés. - En laissant leur fils ?

Les poignées du sac étaient déchirées, comme si on l'avait arraché.

Les voisins n'ont rien vu ?

On les interroge. Aucun témoin, pour l'instant.

Tout ça a pu se passer en quelques secondes.

Continuez à chercher.

Il y a quelques messages de leurs invités

- sur leur répondeur. - Premier appel à 18h41.

Salut, on va être en retard. On sera là vers 19 h.

Dites-nous ce qu'on doit apporter.

Vous êtes où ? On est en bas. Il y a quelqu'un ?

C'était bien vendredi ? Paul ? Donna ? Il y a quelqu'un ?

Faites-le écouter au petit.

Vous êtes où ? On est en bas.

Je crois que c'est oncle Bob. Ce n'est pas vraiment mon oncle.

Où peut-on le trouver ?

- Il habite où, oncle Bob ? - Près du musée.

Lequel ? Celui avec les dinosaures ?

Celui où il n'y a pas d'étage. Il est en cercle.

Le Guggenheim. Tu connais son nom de famille ?

Stanhouse.

Il va vous aider à retrouver mes parents ?

DOMICILE DE M. ET MME STANHOUSE MARDI 12 MARS

Paul a appelé mercredi.

C'était mardi. Ils nous ont invités à dîner.

Jack devait passer le week-end chez des amis.

Paul voulait nous faire goûter un Bourgogne blanc.

Vous avez remarqué quelque chose d'inhabituel, là-bas ?

À part leur absence ?

On a sonné en bas pendant dix minutes.

J'ai appelé avec mon portable.

On s'est dit qu'il y avait un problème avec Jack.

Comment c'est possible ?

On n'est pas au Guatemala. Les gens ne disparaissent pas comme ça.

On connaît Paul et Donna depuis longtemps.

- Personne ne leur ferait de mal. - Ils avaient des problèmes financiers ?

Non, pas du tout. Paul est graphiste. Ses affaires marchent bien.

Rien d'autre ? Ils se droguaient ?

Paul ne prenait jamais plus de deux verres de vin.

Il m'a demandé si je connaissais un bon avocat.

Criminel ?

Il avait des soucis avec le promoteur qui lui a vendu l'appartement.

Il paraît que les Ericson avaient un litige avec vous.

Que s'est-il passé ?

- Vous me l'apprenez. - Des soucis avec l'immeuble ?

Non, tout roule.

Vous êtes le plus chanceux des promoteurs, alors.

Rien à voir avec la chance.

Quand je l'ai acheté, c'était un dépotoir.

Neuf mois pour virer les locataires, trois pour le rénover.

Il a mis un an à être rentable.

On vous recontactera.

- Faber se défend bien. - Un immeuble de cinq étages.

Voyons si d'autres lui en veulent.

Des litiges, je ne sais pas, mais l'ambiance était tendue.

Pourquoi ça ?

Quand Faber a vendu les appartements, il a promis un commerce prestigieux.

Le café en bas. Il en est le propriétaire. C'était censé être une galerie d'art.

- La caféine rapporte plus ? - Personnellement, ça me va.

Il a investi une fortune dans cet immeuble et c'est le plus beau loft du quartier.

Et les Ericson ?

Quand la galerie est devenue un café, ils n'étaient pas ravis.

Ils ne supportaient pas les odeurs au quotidien

et l'agitation permanente.

Cette histoire de café n'a rien d'une guerre de gangs.

Les Ericson ont tenté de mobiliser les autres propriétaires.

Ils ont appelé la mairie.

Des inspecteurs sont passés, il y a quelques semaines.

C'est tout ce que je sais.

D'accord. Si quelque chose vous revient...

L'odeur ne me dérange pas.

Mais tu n'habites pas au-dessus.

Je me demande jusqu'où sont allés les Ericson.

BUREAU DE LA PROTECTION ENVIRONNEMENTALE MERCREDI 13 MARS

Paul et Donna Ericson, au 185 de la 10e avenue.

Plainte déposée le 1er mars. La première inspection était le 10.

C'est tout récent.

Violation de la section 409 de l'acte de réduction de particules atmosphériques.

- La pollution de l'air. - La section 409 ? C'est grave ?

Une amende maximale de 10 000 $ par jour.

Et l'organisme responsable peut être fermé.

En l'occurrence, le Stellar Coffee.

Combien de temps prend ce genre de procédure ?

Ça dépend des Ericson.

Tant qu'ils ne remplissent pas le formulaire,

on se contente d'envoyer un inspecteur.

D'après la banque de Faber, ses finances vont mal.

S'ils ferment son café,

il ne pourra plus les rembourser et la banque annulera son prêt.

Il doit servir un paquet de cafés au lait.

Les Ericson refusent de payer les frais d'entretien.

Si les autres proprios se joignent à eux, Donald Trump Jr. est foutu.

C'est léger, pour l'arrêter.

On a demandé au service d'immatriculation. Il a une camionnette.

Et il a menti au sujet des Ericson. S'ils disparaissent, ses problèmes aussi.

Nous aussi, on va lui servir un café.

Faber est parti il y a un moment. D'habitude, il garde un œil sur la caisse.

Allez voir chez lui ou chez sa copine.

C'est déjà fait. Pas de Faber.

Désolé. Je vous offre un cappuccino, inspecteur ?

Peut-être pour le petit. Je vais prendre un café classique.

Un café comment ?

Classique, à emporter.

Faber est parti il y a longtemps ?

Il y a trois ou quatre heures. On était à court de café français.

Il a pris sa camionnette, direction Astoria.

Jusque dans Queens pour du café ?

Chez Vassilloros. Les meilleurs prix de New York.

Merci.

CAFÉ VASSILLOROS

Voilà sa camionnette.

Rien à l'avant. Elle est ouverte.

- Hé ! Qu'est-ce que vous voulez ? - Où est son propriétaire ?

M. Faber ? Il est passé il y a quelques heures.

Où est-il ?

Je ne sais pas. Il a acheté 30 kilos de notre mélange français.

Il l'a emporté sur son dos ?

Il a payé en liquide et il est allé chercher son diable.

- Il n'est jamais revenu. - Il s'est volatilisé ?

Je suis sorti le chercher, il y avait un van, à côté de sa camionnette.

Décrivez-nous ce van.

- Il était bleu. - Vous avez vu sa plaque ?

Je suis allé voir mais le van s'en allait.

- Faber était devant ? - Je ne sais pas.

- J'aurais dû appeler la police ? - Ça aurait été une idée, oui. Merci.

D'abord les Ericson, maintenant Faber.

J'ai intérêt à garder un œil sur toi.

Les Ericson disparaissent et à présent, le suspect principal se volatilise ?

Le seul lien entre Faber et les Ericson, c'est l'immeuble.

Vous avez interrogé les autres propriétaires ?

On a vérifié, les voisins sont réglo.

Au présent. Et les anciens voisins ?

Faber dit avoir viré des locataires.

Ça a peut-être laissé un goût amer à certains.

CORDONNERIE JENKINS VENDREDI 15 MARS

Faber, je l'emmerde. Bravo à celui qui l'a enlevé.

Ces propos ne jouent pas en votre faveur.

Je n'ai rien fait. Je n'ai rien à cacher.

Alors, calmez-vous. Et les Ericson ?

Dites, vous allez où, comme ça ?

Si vous n'avez rien à cacher, il ne va rien trouver.

Je n'ai jamais vu les Ericson.

Je ne suis pas le seul locataire à lui en vouloir.

- Vous êtes le seul qu'il a viré. - Je suis le seul à m'être battu.

On leur colle un papier sous le nez et ils acceptent.

- Ils acceptent quoi ? - De déménager.

Faber arrange tout, nettoie l'immeuble, en fait une copropriété

et le refourgue dix fois trop cher à des bobos.

C'est quoi, ça ?

"Les magnats de l'immobilier et banquiers doivent faire face à la sanction ultime.

"Les magouilles qui nous privent de nos foyers

"et détruisent notre communauté seront éradiquées."

On dirait que vous n'êtes pas le seul à rejeter la gentrification.

Ça tient la route.

Quand j'étais petit, j'habitais au coin de la rue de l'immeuble de Faber.

On avait une épicerie familiale, une confiserie, un kiosque à journaux.

Un bon vieux quartier à l'ancienne ?

Exactement, un quartier.

Désormais, il y a des restaurants orientaux et des bars à cigares.

On peut boire du café dans une librairie mais pas jouer aux courses hippiques.

Il n'a pas totalement tort, Lennie.

Les loyers continuent d'augmenter. Et les classes moyennes ?

Il leur reste les ponts et les tunnels.

Curtis.

D'accord. L'inspectrice veut nous voir au poste.

Mme Ridley du Daily News a reçu ça, hier soir.

"Nous allons infliger la sanction ultime

"à ces profiteurs, en guise d'avertissement

"envers ceux qui nous arrachent nos foyers, nos vies, notre communauté.

"La justice telle que nous l'envisageons deviendra une réalité."

Sans doute ceux qui ont écrit le tract.

- C'est pratiquement un aveu. - D'enlèvement ou de meurtre ?

- Vous l'avez reçu comment ? - Dans la boîte aux lettres.

La lettre dit que si on ne la publie pas intégralement,

il y aura d'autres enlèvements.

Vous allez la publier ?

Dans l'édition de demain matin.

Nous aimerions que vous changiez quelques mots.

Ils ont dit "intégralement".

Nous aimerions savoir si on peut dialoguer avec eux.

Hâte de voir ce qu'ils feront une fois fâchés.

Nous ne voulons pas de cette responsabilité.

Nous l'assumerons.

J'espère que vous savez ce que vous faites.

Et moi donc.

Apporte cette lettre au labo. Et va voir le psy du tribunal.

Essayons de cerner ceux à qui on a affaire.

Une bande d'illuminés ?

Un illuminé, c'est sûr. Je ne crois pas à la théorie du complot.

Ce serait un homme seul ?

"L'invasion ne peut être stoppée que par notre armée et son chef.

"Nous avons la force de dix hommes." Il a quelque chose à compenser.

Je dirais un homme blanc, autour de 40 ans. Quelqu'un du quartier.

Le cinglé du coin.

Autre chose ?

Il est cultivé, a fait de grandes études. Il cite Max Weber, Bucky Fuller.

C'est un solitaire, un moralisateur. Il pense valoir mieux que les autres.

Jusqu'où irait-il ?

Il y a beaucoup de bobos, à Chelsea ?

"Le kidnappeur de Chelsea va encore frapper."

La terreur, ça fait vendre.

Le labo n'a pas trouvé d'empreintes, sur la lettre.

Rien sur l'enveloppe. Ils disent que la lettre a été tapée à l'ordinateur

et imprimée sur une imprimante classique.

Vous deux, dans mon bureau.

Laissez-moi dissiper tout malentendu. Je ne représente pas votre suspect.

Mais vous savez qui c'est.

Non, mon client m'a appelé, quand il a vu la lettre dans le journal.

Ils en ont reçu une nouvelle

disant que s'ils ne la publiaient pas telle quelle,

ils s'en prendraient à d'autres.

Pour le dialogue, on repassera.

Mon client pense connaître l'identité du kidnappeur

et m'a autorisé à organiser une possible reddition à la police.

Nous a-t-il autorisés à vous arrêter pour entrave à la justice ?

J'essaie de vous aider,

en respectant le secret professionnel envers mon client.

M. Fetzer veut s'assurer que si cet individu se rend,

il sera traité avec considération.

Ça dépend de la considération qu'il a accordée aux victimes.

Mon client dit que cet homme est perturbé. Il veut bien faire.

Il a peur que la police surréagisse.

Il n'a pas à se soucier de comment on fait notre travail.

Si vous voulez notre aide, vous avez mon numéro.

C'est son client, le coupable.

Demandez un mandat de perquisition pour le bureau de M. Fetzer.

C'est un scandale. Ces documents sont confidentiels.

Montrez-nous ceux qu'on cherche.

Ça vous épargnera tous ces tracas.

Vous devez me prendre pour un idiot.

Et votre secrétaire ?

Le jour de la publication de la lettre, Fetzer a reçu sept messages.

Le premier vient de M. Stanley.

Pas de Stanley.

Bien. Le suivant : "Jack Lee, sujet : convocation au tribunal."

"L'État contre Lee."

M. Lee est accusé d'agression dans Queens.

Il est à Rikers.

M. Odell : "Rappelez-moi au plus vite." Il a appelé deux fois et laissé un numéro.

Odell.

"Benjamin Odell contre les associés du 241, 10e avenue."

Odell les a poursuivis pour construction

sur un jardin public de la 20e avenue.

À quelques rues de l'immeuble de Faber. On est dans le bon coin.

C'était il y a trois ans.

Alors, où était l'urgence ?

M. Fetzer ne vous l'a pas dit ? Je ne suis pas votre homme.

Oui, vous connaissez juste le coupable.

Entre nous, nous ne vous faisons pas confiance.

Désolé de vous décevoir mais ce n'est pas moi.

Je vous ai dit où j'étais, quand ces gens ont été enlevés.

On va vérifier votre alibi. Mais voyez les choses en face.

Une famille Odell habitait à Chelsea, il y a 40 ans.

Vous avez grandi ici.

Vous avez une voiture, un ordinateur.

Le coupable est quelqu'un de cultivé.

Je vois que vous avez un diplôme en génie civil de la faculté de New York.

J'ai une voiture, un PC et une licence, donc je suis coupable. Bien essayé.

Pourquoi avoir appelé Fetzer, le jour de la publication de la lettre ?

Pour mon procès.

Des hommes d'affaires ont voulu raser un jardin public.

Cette affaire a trois ans, elle est morte et enterrée.

Si ceux que vous avez enlevés sont en vie,

il n'est pas trop tard pour vous rendre.

Vous les avez enlevés ? Admettez-le, Ben. C'était vous.

Celui qui a fait ça a besoin d'aide.

Quel genre d'aide ?

Comprenez bien qu'il est malade mental.

Bien. De qui parlez-vous ?

- De Matt. - Matt comment ?

Pour l'instant, appelons-le juste Matt. Je le connais depuis quelques années.

Pourquoi ferait-il ça ?

Je l'ai dit, il est malade. Il a besoin d'aide.

On ne peut pas l'aider, si on ne sait pas où le trouver.

Je peux vous conduire jusqu'à lui. Seulement nous trois.

S'il voit débarquer la police, il risque de devenir dingue.

Matt habite à Williamsburg ?

- Pas loin. - D'accord.

C'est courageux, ce que vous faites. Surtout si vous le connaissez bien.

Oui.

Qu'est-ce qui vous fait croire que les lettres viennent de lui ?

Je reconnais son style, ses délires.

Des divagations avec un semblant de logique, vous voyez ?

Tournez à gauche sur Flushing.

Qu'entendez-vous par "ses délires" ?

Il a déjà fait ça ?

Non, rien de ce genre. À ce que je sache, il n'a jamais fait de mal à personne.

- Il en a déjà parlé ? - Pas vraiment.

C'est qui, ce type ? Un militant de quartier ?

On peut dire ça.

C'est où ?

La prochaine à gauche. C'est une caravane au bout de la rue.

Pour votre sécurité.

Allez !

Salauds.

Vous nous avez menti, Ben. Il n'y a personne.

Au moins, on est quittes.

Vous appelez l'équipe d'intervention et vous nous demandez de coopérer ?

Votre client est coupable d'aide à un fugitif,

voire d'entrave à la justice.

Tout ce que je vois, c'est que vous l'avez piégé.

Ah oui ?

C'est où ?

La prochaine à gauche. C'est une caravane au bout de la rue.

Je n'en reviens pas. Vous m'avez enregistré ?

Il y a des policiers en colère qui pensent que vous les avez dupés.

Si j'arrive à le convaincre de vous croire, que lui proposez-vous ?

Fini les négociations. Poursuivez-moi. Je m'en fiche.

C'est censé être le bon samaritain du quartier.

On va bien finir par le trouver.

S'il coopère, qu'est-ce qui nous dit que vous ne lui referez pas le coup ?

Vous avez ma parole.

Je ne veux pas qu'il lui arrive malheur.

Vous le connaissez depuis longtemps ?

C'est mon frère.

On s'est renseignés. Vous n'avez pas de famille, dans le coin.

Matthew n'est pas facile à trouver.

Il vit caché. Mais je sais où il habite.

M. Odell veut négocier une sentence

qui prenne en compte la santé mentale de Matthew.

C'est-à-dire ?

Matthew est malade.

Si ces gens sont morts, il risque la peine de mort.

S'il est malade, je le prendrai en compte.

Je n'en reviens pas de faire ça.

M. Odell, si vous nous aidez, je saurai m'en souvenir.

D'accord.

- Qui est-ce ? - Les dépanneurs pour la fuite de gaz.

Ça ne sent pas le gaz.

C'est à l'étage du dessus. On doit y accéder depuis chez vous.

D'accord.

- Vous n'êtes pas dépanneurs. - Police. Où sont les otages ?

- De quoi vous parlez ? - De ça.

- Qui vous envoie ? Les magnats ? - Oui, voilà. Les magnats.

Ils nous ont dit de vous arrêter.

Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz...

Un technicien inspecte le disque dur de votre ordinateur.

Si on trouve les lettres...

Elles sont dans le dossier "correspondance".

Et les tracts anonymes qu'on a trouvés dans votre appartement ?

- Je ne sais plus dans quel dossier c'est. - Où sont les corps ?

Vous pensez qu'ils sont morts ?

Dites-le-nous.

- Je ne les ai pas enlevés. - Alors, c'était qui ?

Mes écrits ont dû alerter des citoyens inquiets.

Si ces gens sont morts à l'heure où on parle,

c'est la piqûre qui vous attend.

- La piqûre ? - L'injection létale.

Vingt centimètres cube de chlorure de potassium dans les veines.

Vous vous emballez, inspecteur.

Vous voulez que je m'emballe ?

Ça suffit.

Dites-nous où vous étiez vendredi soir, vers 19 h.

Le Metropolitan Museum est ouvert tard et est gratuit.

Il y a des cocktails, un pianiste.

C'est l'un des derniers endroits civilisés de cette ville.

Vous avez parlé à quelqu'un ?

Il ne me semble pas.

Et mardi matin ?

- J'étais sorti. - Où ça ?

Dans le coin.

Dix agents n'ont rien trouvé dans l'appartement de votre frère.

- Ce n'est peut-être pas lui. - Vous disiez reconnaître ses lettres.

- J'ai pu me tromper. - Et sa maladie mentale ?

Il n'est pas violent.

Pendant la crise nucléaire, il a foncé dans une centrale avec sa voiture.

Mais c'était il y a 30 ans.

- Il reconnaît avoir écrit les lettres. - C'est tout ?

- Il a une réponse pour tout le reste. - S'il joue les durs,

les négociations dont vous parliez n'auront pas lieu.

- Attendez un peu. - On ne sait pas jusqu'à quand

ces trois disparus vont tenir.

Votre frère continue de s'enfoncer.

J'ai rempli ma part du marché. J'ai fait tout ce que je pouvais.

- Votre frère vous parlera, à vous. - Impossible.

Nous n'avons pas d'autres options, M. Odell.

Il y a un enfant de huit ans

dont les parents sont peut-être en train de mourir.

Je vais lui parler.

Mais seul à seul, Mlle Ross. Pas de policiers ni de micros.

Il se joue de son frère comme il s'est joué de nous.

On n'a qu'à appuyer sur un bouton pour entendre leur conversation.

- Pas question. - Il n'en saura rien.

On a assez mené ce M. Odell en bateau.

Parlons du match des Knicks.

Je lui ai dit qu'un procès lui permettrait d'exprimer ses opinions.

Il y a un entrepôt sur Conover Street, à Red Hook.

Allez ! On y va !

Lennie, Faber est ici.

Ouvrez.

Lennie, les Ericson.

Il n'a même pas planqué son arme.

Gomez, faites venir la Scientifique et le médecin légiste.

J'appelle Van Buren.

Oui. Et les services sociaux.

CENTRE PÉNITENTIAIRE DE RIKERS ISLAND MERCREDI 10 AVRIL

Ses empreintes sont sur l'arme et dans le van.

Les lettres envoyées à la presse sont sur son ordinateur.

Pour un peu, je laisserais ma place à un débutant.

Doucement, M. McCoy.

Son frère a passé un accord avec Mlle Ross.

Si Ben Odell coopérait, vous abandonniez la peine capitale.

Il n'a pas passé d'accord avec moi.

Vous travaillez ensemble pour revenir sur la parole de l'autre ?

J'ai accepté de prendre la santé mentale de M. Odell en considération.

Ma santé mentale ?

Elle a dit que votre maladie mentale était une circonstance atténuante

en vue de plaider l'irresponsabilité.

- C'est pour ça que mon frère m'a vendu ? - Contentez-vous d'écouter.

C'est prématuré.

Tant qu'il n'a pas été examiné par nos psychiatres,

il n'y a pas de circonstance atténuante.

Je refuse catégoriquement d'être examiné par un quelconque psychiatre.

- Vous n'avez pas le choix. - C'est faux.

Même enfermé dans une cage où on me dit quand manger et dormir,

j'ai toujours le choix.

Laissez-moi quelques jours pour consulter mon client.

Inutile.

Ma soi-disant "maladie mentale" ne sera pas exhibée devant le tribunal.

M. Odell.

M. Staggs ne me représente plus.

M. Odell, ce tribunal n'est pas en mesure

de vous fournir un nouvel avocat chaque fois que vous changez de stratégie.

Ce n'est pas une stratégie.

Bien. J'ai parlé à Mme Melnick et elle accepte de vous représenter,

selon votre souhait.

Très bien.

Même si ce souhait est peu judicieux.

Alors je suis satisfait de ses services.

Je l'accepte.

Il me paraît clair que vous comprenez ces procédures

et que vous êtes en capacité d'assister votre avocate.

- Vous avez parlé à M. Odell ? - Oui, Mme la juge. Longuement.

Quelle est votre position concernant votre intention

d'offrir des preuves psychiatriques de son état ?

Nous n'en offrirons aucune.

Bon, M. Odell, je vous mets en garde.

- Ce n'est pas un jeu. - Je sais, madame la juge.

Procès le 2 mai. La détention provisoire est maintenue.

J'espère que vous savez à quoi vous vous engagez, Danielle.

Au pire, à faire la une, McCoy.

Au pire, votre client est vraiment dérangé

et n'a pas la moindre idée de ce qu'il fait.

Je vous en prie. Vous l'avez entendu répondre.

Il est aussi lucide que vous et moi.

C'est mon devoir éthique de le conseiller au mieux

et de lui offrir une défense.

Quel est votre devoir éthique, si la défense qu'il veut est un suicide ?

Je me débrouillerai.

À toi de voir, Adam.

J'étais prêt à accepter la circonstance atténuante.

Odell me l'a crachée au visage.

Ce n'est pas n'importe quel accusé.

Peut-être qu'Odell ne devrait pas être tenu pour responsable de son entêtement.

- Trop fou pour admettre qu'il l'est. - Ou s'en rendre compte.

Je n'y crois pas, Jamie. Ce n'était pas un acte anodin.

Il se dit terroriste. Je le crois.

Et l'accord que j'ai passé avec Ben Odell ?

Il a vendu son frère contre ma parole.

Certes. Mais Matthew Odell ne souhaite pas prendre part à cet accord.

Je ne veux pas qu'on pense que je lui fais une fleur.

- J'ai lu son dossier, il est fou. - Comme on fait son lit, on se couche.

Odell doit subir la peine capitale pour ton image publique ?

Dans ce cabinet, on ne fait pas joujou avec les tueurs en série.

Mlle Ross, on me dit que vous demandez la peine capitale.

Matthew nous y oblige.

Il ne contrôle rien, il est malade.

On ne peut même pas l'examiner, il refuse la défense psychiatrique.

- Parlez à son avocat. - C'est votre frère qui décide.

Alors vous allez le condamner et l'exécuter ?

- Ça dépendra du jury. - Et s'ils le jugent fou ?

Votre frère refuse toute preuve en lien avec sa santé mentale.

Vous m'avez menti, Mlle Ross. Vous avez laissé faire.

Le grand système judiciaire américain.

Un fou se jette dans le couloir de la mort.

Personne ne l'en empêche. Tout le monde l'y encourage.

J'ai vendu mon frère pour rien.

Matthew Odell a tué trois personnes. Ben Odell se sent coupable.

On n'y peut rien.

La prochaine fois que Van Buren appelle, c'est toi qui y vas.

Melnick veut rejeter toutes les preuves issues de l'entrepôt.

Pour quel motif ?

Matthew a demandé un avocat avant de révéler l'emplacement des corps.

- D'après qui ? - Son frère, Ben.

COUR SUPRÊME MARDI 23 AVRIL

Matthew refusait de parler.

Les inspecteurs Briscoe et Van Buren m'ont demandé de les aider.

De quelle façon ?

En allant dans la salle d'interrogatoire pour faire parler Matthew.

Je vois. Qui a eu cette idée ?

La police. Je ne savais même pas qu'on me laisserait parler à Matthew.

- Mais vous avez accepté. - Ils avaient l'air désespérés.

Ils pensaient que les disparus étaient peut-être encore en vie.

Je leur ai dit que j'allais parler à Matt mais seul à seul.

D'accord. Et que s'est-il passé, ensuite ?

J'ai dit à Matt que s'il savait où étaient ces gens,

il y avait une procureure qui l'aiderait, Mlle Ross.

C'est là qu'il a demandé un avocat.

Il voulait des conseils juridiques, avant de livrer des informations.

- Naturellement. Qu'avez-vous répondu ? - J'ai dit qu'on n'avait pas le temps,

que s'il voulait pouvoir défendre sa version des faits,

il ferait mieux de collaborer et que Mlle Ross l'aiderait.

C'est là qu'il a révélé l'emplacement des corps ?

Oui.

Pas d'autres questions.

Avez-vous dit à la police que votre frère avait demandé un avocat ?

Non.

L'avez-vous dit à quelqu'un ?

Seulement à Mme Melnick, quand je lui ai tout résumé.

Était-ce avant ou après avoir parlé à Mlle Ross dans la rue ?

Après.

Après avoir appris que nous allions demander la peine de mort ?

- Oui. - Et vous aviez déjà évoqué avec Mlle Ross

la possibilité d'éviter la peine de mort ?

C'est ce qu'elle m'a promis, quand je leur ai dit où trouver mon frère.

Soyons clairs, M. Odell,

vous nous avez caché que votre frère voulait un avocat,

jusqu'à ce que vous vous sentiez trahi ?

C'est arrivé dans cet ordre, oui.

Pas d'autres questions.

Mais c'est la vérité. Matt a demandé un avocat.

Mme la juge, une fois qu'un suspect en détention demande un avocat,

l'interrogatoire doit cesser.

Reste à savoir si Benjamin Odell a agi

comme agent pour la police, quand il a interrogé son frère.

M. Odell a seulement accepté de parler à son frère.

- On ne lui a pas demandé de l'interroger. - C'était tout comme.

La conversation a été initiée par la police pour servir leurs intérêts.

Trois personnes avaient disparu.

La police ne s'attendait pas forcément à des aveux.

Même si vous étiez aussi naïve

que semble le penser M. McCoy, ça ne changerait rien.

Matthew Odell a demandé un avocat avant de s'incriminer, Mme la juge.

De ce fait, sa déclaration et les preuves trouvées

à l'entrepôt doivent être rejetées.

À ce qu'on sait, Ben Odell a monté ces allégations de toutes pièces.

Rien ne les corrobore.

On l'a envoyé seul dans la salle.

- C'était son choix. - Et la police a accepté.

Mme la juge, c'est une vengeance de la part du frère de l'accusé.

Soyez lucide sur ce point.

Ben Odell a dénoncé son propre frère à la police, Mme la juge.

Ça n'aurait aucun sens de mentir pour revenir sur ce qu'il a fait.

Pas s'il estime que les conditions

de l'accord qu'il a passé ne sont pas respectées.

Désolée, M. McCoy.

La police et le procureur ont envoyé M. Odell faire leur travail à leur place.

S'il a agi en tant qu'agent, ils doivent lui accorder une crédibilité.

Je valide la requête.

La déclaration et les preuves physiques

trouvées à l'entrepôt sont écartées.

Merci, Mme la juge.

Pas de corps, pas d'arme. Quelle preuve reste-t-il ?

Pas grand-chose. La juge Bourke a saboté nos chances.

Matthew Odell est l'auteur des lettres. On les a trouvées sur son disque dur.

Il a écrit les lettres, ça ne prouve pas qu'il ait tué ces gens.

Les termes utilisés sont un aveu de culpabilité.

Ce sont des preuves indirectes acceptables.

Alors proposez-lui un marché.

Et que ça vaille le coup. Je veux en finir avec cette affaire.

Si j'étais Melnick, j'essaierais de négocier, moi aussi.

Briscoe et Curtis ont pu tirer quelque chose d'Odell, sans son frère ?

Beaucoup d'insolence et un alibi douteux.

Le musée. Quelqu'un a vérifié ?

Un faux alibi ? Une preuve acceptable de culpabilité.

On avait assez de preuves, on n'en avait pas besoin.

Désormais, on en a besoin.

METROPOLITAN MUSEUM JEUDI 25 AVRIL

Vendredi soir, de 18 h à 21 h. Musique classique, vin.

L'exposition change chaque semaine.

Le 11 mars, c'était sculpture gréco-romaine.

- Vous le reconnaissez ? - Sacrée dégaine.

- Je ne sais pas trop. - Peut-être qu'un des vigiles saurait.

C'est possible. Il y avait du monde, ce soir-là.

Une exposition spéciale ?

Laissez-moi voir. Invité spécial : le quatuor à cordes d'Osaka.

Votre client a donné un faux alibi.

Il a dit à la police qu'il était allé voir un concert de piano.

Vous allez condamner un homme

à cause de la programmation musicale du Met ?

Plus les lettres et son van sur les lieux d'un enlèvement.

Si je comprends bien,

vous m'invitez à déjeuner pour me dévoiler votre plaidoirie de demain ?

On peut gagner l'affaire.

Si Odell accepte le marché, il évite la peine de mort.

Vous vous ramollissez, Jack.

Vous savez que j'adore les exécutions. Je suis là pour les tortellinis.

Désolée, Jamie. J'ai un client très compliqué.

Un client trop perturbé pour comprendre ce qui s'offre à lui.

Un client aussi brillant que compliqué. C'est une combinaison mortelle.

Essayez une dernière fois.

Vous perdez votre temps. Odell est un vrai kamikaze.

Il pense avoir commis un acte politique

et il est prêt à aller jusqu'au bout.

Et finir sur une civière en prison ?

Il est assez fanatique pour ça, je pense.

Je tâcherai de ne pas le décevoir.

On commence par Curtis, puis Ridley.

Elle sera là à 14 h pour qu'on la prépare.

Les agrandissements des lettres d'Odell ?

Le département informatique les apportera au tribunal à 14h15.

- Vous préparez la plaidoirie ? - C'est fait. Melnick a passé son tour.

Je prends ça pour un signe qu'elle n'a pas d'argument.

Je sais que je suis en avance mais vous devez voir ça.

On l'a remis en main propre au journal, il y a deux heures.

Le rapport psychiatrique de Matthew Odell.

Hôpital public d'Allentown, 1983.

Trois hospitalisations différentes.

Odell a renoncé à une défense psychiatrique, il y a quelques mois.

Vous ne comprenez pas, M. McCoy. On en parlera dans l'édition de demain.

On va publier des extraits de ce rapport.

Son frère a fait fuiter ces rapports pour influencer le jury.

Ses motivations ne m'intéressent pas.

Elles devraient. Si vous le publiez, le jury le verra.

Nos avocats disent que le premier amendement nous protège.

Oubliez les subtilités de la loi. C'est irresponsable et vous le savez.

J'aurais pu ne rien vous dire et publier l'article.

Je vous fais une faveur.

C'est gentil.

Votre témoignage sera reporté.

Je demande l'isolation immédiate du jury.

Demain, quand l'information sera publiée,

elle arrivera inévitablement jusqu'au jury.

La perspective de la peine capitale est suffisamment stressante.

Ces gens n'ont pas besoin d'être enfermés deux semaines dans un hôtel.

C'est une demande inhabituelle, M. McCoy.

En réponse à une tactique déloyale,

probablement conçue par le frère de l'accusé pour pervertir le jury.

Je vous en prie. Vous avez peur de la vérité ?

- Quelle vérité ? - Laquelle ?

Vous croyez que cet homme a toute sa tête ?

M. Odell a eu pleinement l'occasion d'évoquer sa santé mentale devant le jury.

Il ne le fera pas en douce.

Très bien. Je recommanderai vivement au jury d'éviter

tout commentaire médiatique sur cette affaire.

Connaissant la nature humaine, ça les incitera à faire l'inverse.

Ce serait un tel calvaire pour les jurés, Mme Melnick ?

Oui, c'est un calvaire.

Ils n'ont ni vêtements de rechange, ni brosse à dents.

Mesdames et messieurs, vous serez isolés pour le restant du procès.

Les raisons ne vous concernent pas.

La séance est levée pour aujourd'hui,

afin que nos agents puissent vous raccompagner

prendre vos affaires en vue d'un séjour prolongé

dans un des meilleurs logements de la région.

À savoir un motel près de l'aéroport LaGuardia.

Vous ne perdez pas de temps, M. McCoy.

Je vous laisse le bénéfice du doute sur la demande d'avocat

mais ça, c'est inexcusable.

Sans lui, ce procès n'aurait pas lieu.

C'était votre idée ?

Mon idée ? Vous m'accusez de faute professionnelle ?

Allez au bureau des plaintes.

- On en parle, de ce qu'elle m'a fait ? - Il ne s'agit pas de vous

mais de votre frère et de ceux qu'il a tués.

- Je sais ce qu'il a fait. - Alors laissez-moi passer.

Vous avez gagné, M. McCoy.

Si vous tenez tant à exécuter un homme pathétique et instable,

j'imagine qu'on ne peut rien y faire.

Ben.

COUR SUPRÊME LUNDI 27 MAI

- Le jury a-t-il convenu d'un verdict ? - Oui, Mme la juge.

L'accusé est prié de se lever.

Matthew.

Je préfère rester assis.

M. Odell.

Non.

Laissez-le.

Concernant le premier chef d'accusation,

homicide volontaire prémédité, comment déclarez-vous l'accusé ?

Nous déclarons l'accusé, Matthew Odell, coupable.

Concernant le deuxième chef d'accusation,

homicide volontaire prémédité, comment déclarez-vous l'accusé ?

Coupable.

Concernant le troisième chef d'accusation,

homicide volontaire prémédité, comment déclarez-vous l'accusé ?

Coupable.

La séance est levée jusqu'à jeudi, où la sentence sera donnée.

Le jury restera isolé, jusque-là.

Melnick a appelé.

Odell refuse qu'elle fournisse des preuves

de sa maladie mentale pendant la sentence.

Elle est d'accord ?

Elle dit ne pas avoir le choix.

Un suicide judiciaire assisté.

Tu pourrais retirer la peine de mort de la plaidoirie.

Il manipule le système. Il prépare le terrain pour un appel.

J'ai fait une promesse à Ben Odell.

Quel genre de promesse ?

On n'aurait même pas coincé ce type, sans son frère.

Je lui ai dit que si Matthew était malade, on réfléchirait.

Matthew Odell se dit sain d'esprit.

Si je cède, un autre accusé aura recours à la même astuce.

- Et si ce n'était pas une astuce ? - C'est aux juges d'Albany d'en juger.

Son rapport psychiatrique ne figurera même pas dans le dossier.

C'est le problème de son avocat.

Fais ton boulot, laisse le reste aux autres.

Bien essayé.

C'est purement politique. Il sacrifie ma crédibilité.

Et ce n'est pas tout.

Ton vieil ami Charlie Harmon a demandé la libération provisoire, il fait appel.

Il rêve.

Je dois quand même aller en cour d'appel demain.

- Tu peux t'y opposer par écrit. - C'est mieux d'y aller en personne.

Et la sentence d'Odell ?

Elle est entre tes mains.

COUR SUPRÊME JEUDI 30 MAI

Matt a dix ans de moins que moi.

Notre mère est morte quand il avait deux ou trois ans.

C'est notre père qui nous a élevés.

Il n'avait jamais beaucoup de temps pour nous.

Je vois.

Votre frère a-t-il fait des études ?

C'était le cerveau de la famille.

Diplômé de philosophie à Princeton en trois ans.

Puis il est allé à Harvard pour travailler dans l'urbanisme.

Parlez-nous du parcours professionnel de Matthew.

Il est bref.

Il a eu un emploi à Boston, pendant ses études

mais je ne sais plus dans quoi.

C'est à ce moment-là qu'on a commencé à s'éloigner.

Savez-vous de quoi il vivait ici, à New York ?

À sa mort, en 1991, notre père nous a laissé un petit héritage.

Matt recevait peut-être des allocations. Je ne sais pas.

Il avait un emploi ? Que faisait-il, dans la vie ?

Il s'impliquait dans la vie du quartier. Des associations de voisins, des grèves.

Dans un but constructif.

Je l'ai aidé, il y a quelques années, à poursuivre des constructeurs.

Vraiment ? Pourquoi ?

Je pensais que ça nous rapprocherait. Ça n'a pas été le cas.

Matt avait d'autres proches, à part vous ? Avait-il des amis ?

Je ne sais pas.

Il parlait souvent de se marier, d'avoir des enfants.

Mais... je crois qu'il vivait seul.

Je regrette les actes de mon frère. C'est tout ce que je peux dire.

Je suis désolé.

Merci, M. Odell. Pas d'autres questions, Mme la juge.

Qui a livré votre frère à la police ?

Moi.

Parce que vous le pensiez responsable de ces enlèvements ?

Les lettres dans le journal lui ressemblaient.

- Et contenaient des menaces de violence ? - Oui.

- Envers des innocents ? - Oui.

Et vous aviez peur que si votre frère en était l'auteur,

il mettrait des gens en danger ?

J'imagine.

Pourquoi ?

Pourquoi pensiez-vous cela, M. Odell ?

À cause...

de l'instabilité mentale de Matthew.

- Objection ! - Asseyez-vous, M. Odell.

M. Odell, veuillez expliquer au jury

ce que vous entendez par "instabilité mentale".

- Elle n'a pas le droit. Je l'interdis. - Je ne suis pas votre avocate.

Faites quelque chose.

Cette demande est autorisée, M. Odell.

Asseyez-vous ou je vous fais évacuer.

Répondez à la question.

Vers la fin de l'adolescence, son état psychologique s'est détérioré.

À 20 ans, il faisait des allers-retours en hôpital psychiatrique.

- Je ne suis pas fou ! - En 1975, en 1983...

- Tu n'as pas le droit ! - Non !

- M. Odell ! - On a les rapports des médecins.

Il faisait une fixette sur la moindre injustice.

- Je vais leur dire. - Du calme !

- Je ne suis pas malade ! - Du calme !

- N'en croyez pas un mot ! - M. Odell !

J'ai un QI de 163 ! Ils ne veulent pas que vous le sachiez.

Je suis aussi sain d'esprit que vous !

Faites-le sortir.

C'est toi qui m'as fait ça, Judas ! Tu m'as trahi !

Ton propre frère !

Êtes-vous déçu que le jury ait opté pour la prison à perpétuité ?

Je n'ai pas à remettre en cause leur décision.

Je suis content

que M. Odell ne représente plus un danger pour les citoyens.

Tu penses qu'il va me virer demain ?

Ne t'en fais pas. Tant qu'Adam passe pour impitoyable, tout va bien.

- Comment s'est passé l'appel de Harmon ? - Bien.

Heureusement que tu devais absolument y aller, hein ? Merci.

Vous prenez beaucoup de libertés, vous deux.

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