All language subtitles for Law . Order S08E18 Stalker 1080p Amazon WEB-DL DD+ 2.0 h.264-TrollHD

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Original subtitles

Dans le système pénal américain,

le ministère public est représenté

par deux groupes distincts mais d'égale importance :

la police, qui enquête sur les crimes,

et le procureur, qui poursuit les criminels.

Voici leurs histoires.

Chéri, viens dormir. On doit se lever tôt.

Dans une minute.

À l'aide !

Laissez-moi ! Ne me touchez pas !

On a trouvé cette chaîne en or. Elle est cassée.

Ça doit être ce qui a causé les marques sur son cou.

Heureusement qu'elle s'est cassée. Qu'ont dit les secours sur ses chances ?

Je n'étais pas là.

Appelez l'hôpital. Ils l'ont emmenée à Hudson Terrace.

Je l'ai juste entendue crier de la laisser tranquille,

puis elle est tombée des escaliers.

Je suis sorti et je n'ai vu personne.

Qui me dit que ce n'était pas vous ?

Ma femme était avec moi. Vous pouvez le lui demander.

Je le ferai. Vous avez entendu quelque chose ?

J'ai juste entendu une armée de flics et d'ambulanciers envahir mon immeuble.

Merci pour votre aide.

- Elle avait un mari ou un petit ami ? - Pas que je sache.

Y a-t-il qui que ce soit dans l'immeuble qui voudrait faire ça ?

Il n'y a que six appartements, ici. Trois avec des vieilles dames,

celui du gars à qui vous venez de parler et le mien.

Il y avait quelqu'un avec vous ?

Oui, la mégère que j'ai épousée.

Si je devais pousser quelqu'un dans l'escalier...

Je vois. C'est monsieur Golavski, le propriétaire de l'immeuble.

Il se donne beaucoup de mal pour coopérer.

La victime se fait opérer. Il faudra attendre pour lui parler.

- On peut voir son appartement ? - Oui.

Comment peut-on entrer dans cet immeuble ?

Avec une clé ou par l'interphone.

Ce gars est tout de suite sorti et il n'a rien vu.

- Comment est sorti l'agresseur ? - La porte du toit est ouverte.

On ne peut qu'en sortir. Pour entrer, il faut une clé.

On doit juste retrouver un homme invisible

qui a du bitume de toiture sous les chaussures.

NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE

- C'est elle ? - Oui.

Une fille comme elle doit avoir un petit ami.

Je n'en sais rien. Elle a emménagé il y a deux semaines.

Elle travaille ?

Je ne loue pas à des parasites. Elle est infirmière à St. Mark.

- Où habitait-elle avant ? - Je ne sais pas.

Vous pourriez consulter son dossier.

Elle n'en a pas.

Elle vous a soudoyé pour avoir l'appartement ?

C'est mon immeuble. J'en fais ce que je veux.

Vous n'avez qu'à lui demander.

Je le ferai, si elle survit.

- Fermez la porte, en partant. - Lennie, des e-mails.

Ils sont tous signés Giovanni.

Le téléphone rose a été remplacé par les e-mails roses ?

Ce n'est pas courant d'imprimer des e-mails.

Est-ce qu'elle est sortie d'affaire ?

On le saura quand les gonflements auront diminué.

Les dates vont de mars à il y a quelques semaines.

On a la moindre idée de qui est Giovanni ?

Elle a contacté son fournisseur d'accès, après les premiers e-mails.

Ils essaient de le retrouver, en vain pour l'instant.

Elle a changé d'adresse e-mail plusieurs fois

mais les messages continuent.

"Mets ta chemise de nuit en satin bleu

"et attends-moi sur ton nouveau matelas Sleepeze queen size.

"Est-ce qu'il grince, quand tes hanches nues

"montent et descendent durant..."

Il y a une chemise de nuit en satin bleu, dans sa penderie,

et le matelas est un Sleepeze.

Il sait quel dentifrice elle utilise, son savon, ses produits d'entretien, tout.

Il en parle de façon perverse.

Les messages sont de plus en plus perturbants.

Des vraies menaces, du genre : "Je vais te pousser dans l'escalier" ?

Non.

Trouvons qui c'est.

Changer d'e-mail n'a pas servi à grand-chose

mais c'est après les premiers appels qu'elle a déménagé pour la première fois.

La première fois ?

Elle déménage sans arrêt et ce type la retrouve à chaque fois.

Vous savez ce qu'il disait au téléphone ?

Il lui a dit d'arrêter d'essayer de l'éviter ou il la tuerait.

- Je lui ai dit d'aller voir la police. - Elle l'a fait ?

Elle a dit qu'ils n'y pouvaient rien.

Elle travaillait de jour, pour ne pas avoir à sortir la nuit.

Elle a encore déménagé et il l'a encore retrouvée.

Il a menacé de venir ici

et de tuer autant de gens que possible.

C'était quand ?

- Il y a environ deux semaines. - Est-ce qu'il est venu?

Personne n'est encore venu nous tirer dessus.

L'administration a pris de nouvelles mesures de sécurité.

Il a peut-être pris peur.

Elle a la moindre idée de qui c'est ?

Pauvre Andrea.

Devoir regarder derrière soi tout le temps, ce n'est pas une vie.

Non, je ne sais rien d'elle.

Elle n'a même pas laissé d'adresse, en déménageant.

Qu'est-ce que vous avez fait de sa caution ?

J'ai envoyé mon gamin à Harvard.

- Elle a vécu ici combien de temps ? - Trois ou quatre mois.

Voilà son courrier et sa caution.

- Autre chose ? - Peut-être plus tard.

Regarde l'adresse de l'expéditeur.

Inspecteur Lloyd Fraker, police de New York, 31e district.

- Il a essayé de la tuer ? Elle va bien ? - On ne sait pas encore.

J'imagine que le gars de Rikers est sorti.

Vous savez qui accuser.

- Quel gars de Rikers ? - On parle de la même chose ?

Andrea Blake, le harceleur condamné ?

- Il a été en prison ? - Elle est venue il y a quelque temps.

Elle m'a montré une pile d'e-mails d'un pervers qui se fait appeler

Casanova, Don Juan ou quelque chose comme ça.

Il y avait une lettre qui l'avait vraiment fait flipper.

Quelle lettre ?

Je lui ai dit que je ne pouvais rien faire.

- Vous lui avez écrit à propos de quoi ? - Je lui demandais des nouvelles.

"Je vous informe que Peter Morgan, détenu de Rikers Island,

"a demandé votre adresse actuelle au conseil électoral.

"La loi d'accès à l'information requiert que nous accédions à de telles demandes.

"Par conséquent, nous avons communiqué votre adresse à M. Morgan."

Quel beau pays.

Vous avez parlé à ce Morgan ?

J'ai un tas de vraies affaires.

Je lui ai dit de bien réfléchir avant de déménager

et de ne pas s'inscrire sur les listes électorales.

CENTRE PÉNITENTIAIRE DE RIKERS ISLAND MERCREDI 10 JANVIER

Et alors ?

Pourquoi vouliez-vous l'adresse d'Andrea Blake ?

Un certain Lowery m'a demandé de signer une lettre.

C'est bien celle-ci.

Vous êtes du genre serviable, n'est-ce pas ?

Pour une cartouche de clopes, je rendrais service à n'importe qui.

- Lowery est encore là ? - Il est sorti la semaine dernière.

- Et pourquoi voulait-il son adresse ? - Je ne lui ai pas demandé. Je m'en fiche.

Bonjour. Pouvez-vous nous dire où se trouve Russell Lowery ?

Si je devais deviner, je dirais au Night Crawler.

C'est un bar au bout de la rue. Vous ne pouvez pas le rater.

Quand vous le trouverez, vous pourriez le renvoyer là d'où il vient ?

- Pourquoi ? - Je suis sortie avec lui, une fois.

Une vraie pieuvre. Il ne comprend pas le mot "non".

Il ne veut plus me lâcher.

Vous savez s'il a un ordinateur ?

Il en avait un. Il a mis une annonce en bas pour le vendre.

Vous savez pourquoi il le vend ?

Il a dit qu'il partait en croisière.

Oui, vers Rikers Island.

Parfois, vous rencontrez une femme et vous comprenez tout de suite.

C'est le karma, le sort, le destin.

Apparemment, c'est le cas pour chaque femme que vous rencontrez.

J'aime étaler ma générosité.

Andrea Blake.

Le karma. On s'est rencontrés à un bar. Ça a vite collé.

C'était quand ?

Il y a trois ou quatre mois.

Quelque part sur la 8e avenue, j'ai oublié le nom.

Elle m'a donné son numéro.

Pourquoi avoir eu besoin de la loi d'accès à l'information pour la retrouver ?

C'était un faux numéro.

Elle a dû intervertir des chiffres par erreur.

Oui, vous lui avez sûrement fait tourner la tête.

Je fais cet effet aux femmes.

C'est un don.

Pourquoi avoir fait signer la lettre par quelqu'un d'autre ?

Pete. Il me faisait de la peine.

Je me suis dit que ça me permettrait de lui donner des clopes

sans blesser son ego, vous voyez ?

Vous avez vécu dans l'immeuble d'Andrea Blake ?

- Non. Je l'aurais remarquée. - Vous avez un travail ?

J'en avais un.

À Free Radicals. C'est une boîte pour jeunes.

Ils se rentrent dedans et appellent ça de la danse.

Je leur mettais un tampon à l'entrée. J'ai été viré quand on m'a arrêté.

Et avant ça ?

Avant ça, j'habitais en Pennsylvanie.

Qu'avez-vous fait à propos d'Andrea Blake, à votre sortie de Rikers ?

Vous êtes allé à l'adresse obtenue au conseil électoral ?

J'allais y aller mais j'ai rencontré quelqu'un d'autre.

Vraiment ? Tous ces efforts pour la retrouver et vous laissez tomber ?

J'ai une capacité de concentration très courte.

Voilà, c'est dans l'e-mail.

"J'aime étaler ma générosité

"et ce n'est pas la seule chose que j'aime étaler."

Vous connaissez un juge qui émettrait un mandat pour ça ?

C'est pour ça qu'on vous a appelée.

On ne veut pas le perdre, pendant qu'on enquête.

Qui vous dit que c'est lui ?

Il s'est donné beaucoup de mal pour traquer la victime

et il vient de se débarrasser de son ordinateur.

L'acheteur a installé un nouveau disque dur et jeté l'ancien.

Impossible de savoir ce qu'a fait Lowery.

Vendre un ordinateur n'est pas un crime. Pourquoi était-il à Rikers ?

- À cause de ses hormones. - Il a attrapé une femme sur Riverside.

Il la retenait pendant qu'il lui disait ce qu'il avait envie de lui faire.

Il est en liberté conditionnelle. S'il dérape, il retourne à Rikers.

- Et la femme de son immeuble ? - Celle qui l'appelait la pieuvre ?

Si elle porte plainte pour harcèlement...

Elle avait l'air de vouloir s'en débarrasser.

Ça ne marchera probablement pas mais on peut essayer.

Van Buren.

D'accord, merci. Mes hommes arrivent.

La victime s'est réveillée. Prenez la photo de Lowery avec vous.

CENTRE MÉDICAL HUDSON TERRACE JEUDI 11 JANVIER

Je suis sortie pour aller au vide-ordures

- et on m'a attrapée par derrière. - On n'a pas trouvé d'ordures.

Désolée. C'était juste après les avoir jetées.

Je retournais dans mon appartement.

Il a dit quelque chose ?

Je ne me souviens pas des mots précis.

Il a dit qu'il était Giovanni.

L'année dernière, j'ai commencé à recevoir des e-mails.

On les a trouvés.

Il a commencé à me dire ce qu'il allait me faire,

comme dans les e-mails.

J'ai hurlé, je me suis débattue, j'ai crié et...

J'imagine qu'il s'est énervé

et qu'il m'a poussée dans l'escalier.

À votre avis, comment Giovanni savait-il tout sur vous ?

La marque de votre savon, etc.

Je ne sais pas.

C'était comme si quelqu'un nous observait en permanence,

sans qu'on sache à quoi il ressemble.

On ne sait pas qui c'est. Est-ce que c'est un voisin, un collègue ?

Il dit vous avoir rencontrée dans un bar de la 8e avenue,

il y a quelques mois.

Je ne sors pas dans des bars.

Jamais ?

Je n'aime pas l'atmosphère. Pourquoi j'irais ?

À vous entendre, ma fille a fait quelque chose de mal.

Non, on doit juste vérifier.

Comment ça peut être Giovanni ?

Je ne connais pas cet homme. Comment peut-il en savoir autant sur moi ?

Si ce n'est pas lui, à qui pensez-vous ?

Vous n'avez pas idée du temps que j'ai passé à y penser.

Le seul nom qui me paraît plausible,

c'est Louis Dutton.

Qui est-ce ?

Un voisin de l'immeuble où je vivais, quand j'ai reçu les premiers e-mails.

Pourquoi lui ?

J'allais au supermarché et je le croisais.

J'allais au pressing et il était dans la queue juste derrière moi.

En avez-vous parlé à l'inspecteur Fraker ?

Il a dit qu'il allait enquêter

mais je n'ai jamais eu de nouvelles.

D'abord, les e-mails, puis les appels.

Et maintenant, il essaie de me tuer. Aidez-moi, s'il vous plaît. Arrêtez-le.

Dites-moi si on peut faire quelque chose. Merci.

Selon la police de Philadelphie, Lowery était détenu

au centre pénitentiaire Rawling, à Brownsville,

de janvier à septembre de l'année passée.

- Pour quoi ? - Piratage informatique.

Il piratait des comptes en banque et se servait.

- Il sait donc envoyer un e-mail. - Des détenus avec des ordinateurs ?

L'agent à qui j'ai parlé ne savait pas mais il en doutait.

Rawling est une prison privée à but lucratif.

Et Lowery, ça donne quoi ?

De retour à Rikers suite à une plainte pour harcèlement.

- D'autres suspects ? - Un.

- Louis Dutton. Pas de casier. - Voyez s'il en mérite un.

- Louis Dutton ? - Oui.

On enquête sur une plainte.

Où étiez-vous avant-hier soir, vers une heure ?

D'abord, à moins de m'informer de l'objectif de votre enquête,

vous ne pouvez pas me demander où j'étais.

Super, un constitutionnaliste. Connaissez-vous Andrea Blake ?

Et deuxièmement, rien ne m'oblige à répondre à vos questions.

Vous voulez nous expliquer tout ça au poste ?

Troisièmement, je n'irai nulle part avec vous,

à moins que vous m'arrêtiez en me disant pour quelle raison.

Bel appareil photo, dites donc. C'est quoi, comme objectif ? Un 500 mm ?

Et très belle vue.

Joli gros plan sur les crottes de pigeons

- de la fenêtre d'en face. - Ou sur la personne qui y habite.

Vous me faites perdre mon temps

et vous perdez aussi le vôtre.

Oui, je me souviens d'Andrea Blake. Très aimable et généreuse en pourboires.

Elle habite dans quel appartement ?

Le 7H.

7H ? C'est en face du 7B de Louis Dutton ?

- Oui. - Qui y habite, maintenant ?

Une fille de 19 ans de Toadsuck, dans l'Arkansas,

qui pense qu'elle sera la nouvelle Betty Buckley.

Et oui, c'est un vrai nom de ville. Toadsuck, Arkansas.

Vous savez si Dutton a une chambre noire ?

Je ne sais pas mais il reçoit beaucoup de courrier d'un labo photo.

Vous vous souvenez du nom ?

Oui, Imagine Photo Lab. Sur la 3e avenue, je crois.

- Qui les développe ? - Les gars à l'arrière.

Personne n'a prévenu la police ?

Je sais qu'on dirait qu'il viole l'intimité des gens.

"On dirait" ? Ces gens ne savent pas qu'on les prend en photo.

Des femmes nues chez elles, des photos de leurs tenues.

Non. Il joint toujours une décharge signée à la pellicule. On les conserve.

Vous n'avez pas remarqué que c'est toujours la même écriture ?

Que fait-il, avec ça ?

Cherchez cette adresse,

sur Internet.

Il prend des photos de femmes nues.

Elles ne savent pas et voilà ce qu'il en fait ?

Il s'intègre aux photos pour des relations virtuelles.

- C'est lui ? - Oui.

- Il devrait garder ses vêtements. - La Caméra cachée version années 90 ?

- Le site internet de Louis Dutton. - Lechaudbaron.com.

- Qui est cette fille ? - La nouvelle Betty Buckley.

C'est l'appartement où vivait Andrea, quand elle a reçu ses premiers e-mails.

- Dutton vivait là, à l'époque ? - Oui.

Rien que sur ces images, je vois une boîte de céréales,

un dépoussiérant et une boîte de pizza.

En regardant par cette fenêtre,

on peut voir tout ce qu'elle possède et toutes les marques qu'elle utilise.

Obtiens un mandat.

Et dis à la nouvelle Betty Buckley de fermer ses volets.

On emmène votre ordinateur, votre appareil

et 16 pellicules exposées mais pas encore développées.

C'est une atteinte au quatrième amendement.

Pas selon le juge.

Rey, il y a un paquet de photos d'Andrea Blake.

Mais elle est toujours habillée. Vous deviez être déçu.

On vous arrête.

Comme je sais que vous êtes tatillon :

violation du Code pénal, articles 235.21 et 240.20 alinéa 7,

diffusion de contenus obscènes à des mineurs

et création d'une situation dégradante sans but légitime.

Le 240.20 alinéa 7 est anticonstitutionnellement vague

et ne passera jamais en appel.

Vous savez sûrement que vous avez le droit de garder le silence.

Servez-vous-en.

Que je sache, le mauvais goût n'est pas un crime.

Si ça l'était, Louis encourrait la perpétuité.

Ces hommes de Néandertal dénigrent déjà mon art, alors ne vous y mettez pas.

Des seins qui rebondissent, c'est de l'art ?

Troglodyte.

Où étiez-vous, samedi, à une heure du matin ?

Quel rapport avec le chef d'accusation ?

Nous enquêtons sur une tentative de meurtre.

Ils veulent faire pression sur moi pour faire fermer mon site Internet.

Ne dites rien.

Donnez-moi quelques détails.

Quelqu'un a poussé Andrea Blake dans l'escalier.

Où étiez-vous, samedi soir ?

Le nom Giovanni vous dit-il quelque chose ?

Vous n'avez aucun droit de vous immiscer dans ma vie.

On a votre ordinateur.

S'il y a des preuves sur le disque dur, on va les trouver.

Des preuves de quoi ? Je ne sais pas de quoi vous parlez.

Vous allez à la pêche aux infos. Fin de la discussion.

Vous serez libéré sous caution. Et taisez-vous.

M. Sanchez s'en va. M. Dutton va goûter à notre hospitalité.

On pourrait amener une photo de Dutton à l'adresse actuelle de Mlle Blake

et demander si quelqu'un l'a vu dans le coin.

- On a une photo où il est habillé ? - Je vote pour une photo d'identité.

- Vous l'avez déjà vu dans le coin ? - Si je dis oui,

vous nous laisserez tranquilles, mon immeuble et moi ?

Toujours de bonne humeur, hein ?

Vous ne m'avez apporté que des ennuis.

Maintenant, je dois tout fumiger. Je n'avais jamais vu autant de cafards.

Si votre immeuble est miteux, c'est votre problème.

Vous l'avez vu ou pas ?

C'est propre, ici.

C'est cette fille, Andrea Blake.

Avec ses ordures puantes qui sont restées là durant son absence.

- Elle est rentrée ? - Oui, avec sa colonie de cafards.

Je n'ai jamais vu ce type.

Elle nous a dit qu'elle avait sorti les ordures.

Pourquoi vous m'avez fait venir ici ?

Vous ne faites que m'interroger sur Louis Dutton.

On essaie d'établir s'il est lié aux e-mails que vous dites avoir reçus.

Que je dis avoir reçus ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Vous avez dit avoir sorti les ordures, le soir de votre agression.

J'avais sorti la moitié.

Il n'y a qu'une poubelle dans votre cuisine.

Vous laissez vos ordures s'accumuler ?

Parfois.

Pourtant, c'est étincelant, chez vous.

Mlle Blake, vous êtes infirmière, non ?

Vous connaissez ça,

les gens avec des troubles imaginaires qui recherchent de l'attention.

- Bon sang, vous ne me croyez pas. - On connaît ça, nous aussi.

Des gens qui se posent en victimes dans des histoires inventées,

qui admettent des crimes qu'ils n'ont pas commis,

qui se disent témoins d'incidents auxquels ils n'ont pas assisté.

C'est un cauchemar. Il existe vraiment.

Il m'a tourmentée avec ses appels et ses e-mails.

Il a essayé de me tuer. Vous devez m'écouter.

Mlle Blake, il n'y a pas la moindre preuve que qui que ce soit vous ait poussée.

On pense que vous avez commencé à recevoir des e-mails inquiétants.

Vous êtes allée voir la police,

on vous a dit qu'on ne pouvait rien faire tant qu'il n'y avait pas de crime,

alors vous avez simulé un crime.

Il existe vraiment.

Vous avez sauté dans l'escalier, n'est-ce pas ?

Il est en liberté. Je vous en prie.

Écoutez, on veut vraiment vous aider mais vous devez nous dire la vérité.

La vérité, c'est qu'il a essayé de me tuer.

Je suis morte, si vous ne m'aidez pas !

Vous ne croyez même pas que j'ai besoin d'aide.

On vous croit, pour les e-mails. Si c'était Dutton, il ne le refera plus.

Il va me tuer.

Les types qui se cachent derrière un écran,

ils ne sont généralement pas dangereux.

C'est comme les appels obscènes.

Il s'évanouirait probablement, s'il était dans la même pièce que vous.

- Elle a menti dans sa déposition ? - Oui, mais on ne veut pas la poursuivre.

Et les autres accusations contre Dutton ?

- On le relâche ? - Laissez-le là où il est.

Et l'autre, Lowery ? La pieuvre.

Il est sorti. Le juge l'a libéré en un clin d'œil.

Mademoiselle Ross ?

L'hôpital où travaille Mlle Blake.

Merci. Son avocat demande le rapport de police

et la décision sur l'agression présumée.

Pourquoi ?

Elle leur coûte cher en mesures de sécurité.

Si c'est inventé, ils porteront plainte et voudront récupérer l'argent.

Et ils vont la virer.

Ça vous étonnerait ?

Comment s'appelle l'avocat ?

Je m'en occupe. Merci.

J'ai demandé : "C'était le même problème ?"

Ils ont dit : "Oui, il voulait coucher deux fois par jour

"et elle, deux fois par an."

- Tu as fait quoi ? - Je leur ai écrit une injonction disant :

"Vous devez coucher une fois par semaine et seulement une fois par semaine."

- Ils y ont cru ? - Oui, je suis flic.

Battue et poignardée, la nuque brisée.

Au moins, elle ne plus dire : "Je vous avais prévenus."

C'est Giovanni. C'est l'homme de la photo.

Madame, vous m'entendez ?

Il est sur l'escalier de secours !

Mon Dieu, il est en train d'entrer !

Madame, pouvez-vous sortir ?

Aidez-moi, s'il vous plaît ! Ne m'approchez pas !

"L'homme de la photo" ?

- On lui a montré la photo de Lowery. - Et Dutton ?

Elle le connaît. Elle aurait dit : "C'est Dutton."

En plus, il est encore à Rikers.

C'est tout ce qu'on a ?

Il nous faut un mandat pour l'appartement de Lowery.

Essayons le juge Livingston. Il est plus souple.

Comment avez-vous eu ça ?

Vous n'avez rien qui me relie au meurtre. Ce n'est pas moi.

Il vaudrait mieux pour vous, parce que sinon,

je vous enfonce le visage au fond du crâne.

- Vous avez entendu ça ? - Quoi ? Parlez plus fort.

Comme vous pouvez le voir, j'aime la musique classique,

en particulier Mozart.

Lennie, regarde ça et ça.

Vous avez combien d'enregistrements de Don Giovanni ?

Juste ces deux. Je ne crois pas que ce soit un crime.

Briscoe et Curtis ont fouillé l'appartement de Lowery.

Ils ont trouvé 25 enregistrements de Don Giovanni.

Ils en ont déduit qu'il est fan d'opéra.

Ça nous aide beaucoup.

- Tu as lu le dossier ? - Oui.

Lowery était en prison en Pennsylvanie, quand les e-mails ont commencé.

Si c'est Giovanni, alors il avait accès à un ordinateur connecté à Internet.

- Ils ont vérifié ? - Non.

Ils sont sûrs que c'est Lowery ?

Ils n'y ont pas cru et quelqu'un est mort. Ils sont sûrs et ils le veulent.

Envoie-les en Pennsylvanie.

CENTRE PÉNITENTIAIRE RAWLING MARDI 13 FÉVRIER

Notre philosophie : les occuper pour qu'ils ne causent pas d'ennuis.

Lowery était un de nos meilleurs travailleurs.

Il faisait quoi ?

On a des contrats avec plusieurs compagnies.

Lowery travaillait pour Homebody.

- C'est quoi, Homebody ? - Une compagnie de catalogues.

Ils prennent les commandes des clients.

Ils peuvent envoyer des e-mails ?

Non, seulement leur superviseur.

Je ne suis pas prisonnier. Je travaille pour Homebody.

On vend des meubles milieu de gamme.

Vos clients savent qu'ils parlent à des prisonniers ?

Les prisonniers ne voient jamais les informations.

Ils entrent les numéros de carte de crédit mais ils ne voient qu'une rangée de X.

Je connaissais un condamné qui pouvait mémoriser 70 chiffres

en les entendant une fois.

Ils sont soigneusement sélectionnés.

Comme Russell Lowery, par exemple ?

Un pirate incarcéré pour crimes informatiques.

- Russell Lowery ? - Ça vous parle ?

Oui, je crois que je m'en souviens.

Vous l'avez laissé utiliser votre ordinateur ?

Comment ça s'est passé ?

- Il vous a dit ça ? C'est un menteur. - Un meilleur menteur que vous.

J'ai la seule clé. Personne d'autre n'entre ici.

J'ai commandé un bureau chez Homebody pour Katie, l'année dernière.

J'ai donné mes coordonnées

et mon numéro de carte de crédit à un détenu ?

- Oui. - Ils gagnent 3,50 $ de l'heure

et peuvent garder la moitié.

Le reste va dans un fonds d'indemnisation des victimes.

Mais on ne sait pas combien la prison gagne.

Personne ne veut nous le dire.

Mais on a parcouru le dossier d'Andrea Blake.

Elle a acheté une table basse chez Homebody,

un mois avant les premiers e-mails.

Elle appelle pour une commande et tombe sur Lowery.

Elle était chaleureuse.

Ils discutent et elle déclenche quelque chose chez lui.

Et avec son numéro de carte,

il a pu apprendre tout ce qu'il voulait d'elle.

Il se connecte à Internet...

Et la traque peut commencer.

Les bases de données lui donnent son adresse e-mail,

son numéro de Sécu, ses comptes en banque, tout ce qu'elle a commandé par téléphone.

Oui, mais qui achète du dentifrice et du savon par téléphone ?

Il savait même quelle marque de gaufres elle achetait.

Sa carte de fidélité de supermarché.

À chaque fois qu'ils scannent la mienne...

Tout tes achats sont enregistrés à ton nom dans leurs ordinateurs.

Même s'ils ne vendent pas les données

à d'autres boîtes, un hacker pour y accéder.

Comme Lowery.

On s'avance un peu trop.

On ne l'a pas encore relié à Andrea Blake.

Le seul moyen, c'est par le superviseur

qui dit que Lowery n'a jamais utilisé son ordinateur.

Il mentait.

Bien.

Voyons si on peut prouver tout ça.

Obtiens un mandat pour les relevés téléphoniques de Homebody

et un autre pour le superviseur.

Arrêtez Russell Lowery.

Non coupable.

Les accusations contre M. Lowery viennent de l'imagination du procureur.

Alors, le procès sera très court.

Mademoiselle Ross, une caution ?

Nous demandons la mise en détention sans caution.

Le dossier de l'accusation repose exclusivement

sur l'amour de mon client pour l'opéra.

Nous soutenons qu'il a traqué et tué la victime.

Vu la gravité de l'accusation, la caution est rejetée.

L'accusé est mis en détention. Affaire suivante.

Affaire numéro 026797...

J'espère qu'on aura plus que Mozart, au procès.

Le procureur de Brownsville a émis les mandats ?

La prison est un gros employeur de la région.

Le procureur me fait tourner en rond.

Je n'ai rien pour le menacer.

La compagnie de catalogues est basée ici. Menace-les.

La décision revient aux autorités locales de Brownsville, Mlle Ross.

Monsieur Wilson est un homme libre. Je ne peux pas le forcer.

Vous avez forcément de l'influence. Comment réagirait la population,

en apprenant qu'elle donne ses numéros de carte à des criminels ?

Nous prenons toutes les précautions.

Ce contrat bénéficie aux clients, en faisant baisser les prix.

Et les prisonniers acquièrent des compétences utiles.

Ça ne vous gêne pas

que vos pratiques aient débouché sur un meurtre ?

Je ne vois aucune raison de penser que c'est le cas.

Vous pourriez changer d'avis,

une fois poursuivi pour entrave à la justice.

Si vous pensez que ça tient la route.

Non, je ne pense pas.

Mais ça va plaire aux chaînes d'informations.

J'aime parler aux journalistes. Ils sont tellement passionnés.

Je porterai votre proposition à l'attention de mes supérieurs.

Qui travaille le mieux ? Les meurtriers ? Les violeurs ?

Les pédophiles ?

Je l'ai dit à la police. J'ai la seule clé.

Je ne peux pas vous aider. Pourquoi voulez-vous que je témoigne ?

La police ne vous croit pas.

Et moi non plus.

Si vous aviez donné votre clé à un détenu, est-ce que vous perdriez votre travail ?

Évidemment.

Donc, vous êtes entre le marteau et l'enclume.

Je le serais, si j'avais donné la clé.

Savez-vous que quelqu'un a utilisé votre ordinateur pour envoyer

des e-mails obscènes à une jeune femme qui a ensuite été tuée ?

C'est ce qu'on m'a dit.

Où étiez-vous, la nuit du 2 février ? C'était un vendredi.

- Dans mon chalet des monts Pocono. - Seul ?

- Oui. - Quelqu'un vous a-t-il vu ?

À vous entendre, c'est moi qui l'aurais tuée.

D'après les relevés téléphoniques, les e-mails venaient de votre ordinateur.

J'imagine.

Si vous êtes le seul à y avoir accès,

c'est vous qui avez envoyé les e-mails.

Je suis prêt à modifier l'accusation contre monsieur Lowery

pour vous inclure comme complice, à moins que vous ne me disiez la vérité.

Russell Lowery avait-il accès à votre ordinateur,

à la prison de Rawling ?

Monsieur Wilson ?

Oui.

On devrait dire à Homebody que Wilson détournait leur argent ?

Lowery en avait la preuve et s'en servait pour faire chanter Wilson.

Juste retour des choses.

La défense demande l'irrecevabilité de l'appel à la police.

Ne m'approchez pas !

La victime, dans un état de panique,

décrit un homme s'introduisant chez elle par effraction.

Elle l'identifie en tant que "Giovanni".

Et vous souhaitez présenter cela comme une identification

de l'accusé, monsieur Lowery ?

Oui.

Mlle Blake avait auparavant vu la photo d'identité de M. Lowery.

La police pensait qu'il s'agissait du Giovanni qui la harcelait.

Et alors ? Mlle Blake n'a pas reconnu la photo.

La police ne lui a jamais dit le vrai nom de l'homme sur la photo.

Pour elle, il s'appelait Giovanni.

Donc, quand elle a identifié son meurtrier sous ce nom,

c'était exactement comme si elle disait : "Russell Lowery me tue."

L'enregistrement relève du ouï-dire.

C'est une exception très claire à la règle du ouï-dire.

Ses déclarations sont recevables car faites sous le coup de la panique.

Ça m'a bien l'air d'être une exception, monsieur Minetti.

La victime n'avait aucune raison de mentir.

Je ne vois aucun obstacle à admettre l'enregistrement.

Monsieur McCoy oublie un point important.

Deux semaines avant sa mort,

Mlle Blake a mis en scène sa propre agression,

avant d'incriminer Giovanni auprès de la police.

Est-ce vrai, monsieur McCoy ?

Les rapports de police sont inclus dans mon dossier.

Elle s'est jetée dans l'escalier ?

Et elle a compromis sa propre crédibilité avec ces fausses accusations.

La police a conclu qu'elle était désespérée.

Personne ne voulait la prendre au sérieux. Partout où elle demandait de l'aide,

on la renvoyait chez elle en lui disant : "Ne vous inquiétez pas."

- Mais elle a accusé M. Lowery à tort ? - Elle ne connaissait pas M. Lowery.

Elle a accusé Giovanni.

Ce n'est que plus tard qu'elle a fait le lien entre les deux,

comme elle l'a fait lors de son appel aux secours,

à un moment où, comme vous le disiez, elle n'avait aucune raison de mentir.

Malheureusement, monsieur McCoy,

cette jeune femme n'est pas là pour préciser son état d'esprit.

Tout ce qu'on sait, c'est qu'elle a menti une fois,

on ne peut donc plus présumer de sa crédibilité.

L'enregistrement est irrecevable.

Merci, monsieur le juge.

Je ne comprends pas.

C'est la procédure, madame Blake.

L'accusé a le droit d'interroger son accusateur

mais dans le cas présent, il ne peut pas.

Vous vous entendez ?

Le meurtrier de ma fille va s'en tirer parce qu'il l'a tuée.

On vous lave bien le cerveau, en fac de droit.

Ces procédures sont là pour protéger tout le monde.

Elles rendent parfois une condamnation plus difficile.

Andrea travaillait pour Infirmiers sans frontières.

Elle travaillait durant ses vacances,

pour sauver des enfants à travers le monde.

Mais vous vous en fichez, n'est-ce pas ?

Tout ce qui compte pour vous,

c'est de protéger les soi-disant droits du détraqué qui l'a tuée.

Pourquoi personne n'a protégé ses droits à elle ?

On n'abandonne pas, madame Blake.

Si vous ne pouvez pas utiliser votre seule preuve,

que comptez-vous faire ?

Elle n'a pas tort.

On se focalise parfois tellement sur un grain de sable

qu'on perd la plage de vue.

Sans l'appel à la police, peut-on convaincre un jury

que Lowery est l'homme qui est entré par la fenêtre ?

Elle n'avait pas de peau sous les ongles et le seul sang sur place était le sien.

Quoi qu'il ait fait de ses vêtements et du couteau,

la police ne les a pas retrouvés.

On peut prouver qu'il est Giovanni, le harceleur, mais c'est à peu près tout.

L'enregistrement était la seule preuve identifiant Lowery comme le tueur.

Sans ce lien, le dossier est vide.

On m'a dit qu'un juge avait rejeté l'enregistrement.

- Et on s'attend au pire. - À savoir ?

La demande de non-lieu qui sera acceptée.

Il refuse la bande parce qu'elle a menti la première fois ?

Oui.

Je ne pense pas qu'elle ait menti. Je pense qu'il l'a poussée.

- Et vous ne le dites que maintenant ? - Je ne savais pas que ce serait un souci.

Avez-vous quoi que ce soit d'autre qu'une opinion a posteriori ?

Vingt-huit ans d'expérience.

Pourquoi avoir changé d'avis ?

Vous avez vu les photos de la scène de crime

et vous me demandez ça ?

On a commis une erreur et elle en a payé le prix.

Vous comprenez les implications ?

Oui, la défense a un rapport de police qui dit le contraire de ce que je dis.

Minetti va vous étriper à la barre et je ne pourrai pas l'en empêcher.

Je peux défendre le dossier.

Sous serment ?

Dites-moi la date et je serai là.

On inculpe Lowery pour tentative de meurtre.

Pour l'incident dans l'escalier ?

Je ne jette pas Briscoe aux lions sans filet de sécurité.

- Et le rapport de police ? - Tu l'as entendu.

La police a commis une erreur.

COUR SUPRÊME LUNDI 4 MARS

Il y avait d'autres blessures que celles de la chute.

Le cou d'Andrea Blake était griffé et saignait, à cause de l'étranglement.

Y a-t-il autre chose qui étaie votre conclusion ?

La chaîne en or avec laquelle on l'avait étranglée était en miettes.

Si c'était une mise en scène,

elle aurait utilisé un bijou fantaisie, pas un collier à 300 dollars.

Ça alors, n'est-ce pas commode pour l'accusation ?

Que voulez-vous que je réponde ?

Et si vous nous donniez votre opinion ?

Il me semble que vous n'avez que ça.

Puis-je vous demander moins de sarcasmes et plus de clarté, monsieur Minetti ?

Inspecteur Briscoe, avez-vous vraiment changé d'avis ?

Ou votre zèle à faire condamner mon client vous a-t-il décidé

à vous parjurer ?

Monsieur le juge.

J'aimerais entendre la réponse, monsieur McCoy.

J'ai réinterprété les preuves, au vu des évènements récents.

"Réinterprété" ?

Est-ce ainsi que vous parlez, inspecteur ? Ou vous a-t-on préparé ?

L'inspecteur Briscoe est venu voir le bureau du procureur de lui-même.

Personne ne l'a préparé.

Vous accusez un inspecteur de police de mentir sous serment

et deux assistants du procureur d'inciter au parjure.

Avez-vous de quoi étayer vos accusations ?

- Oui, son opinion. - Ça ira, inspecteur Briscoe.

Poursuivez, monsieur Minetti.

Inspecteur Briscoe, le propriétaire n'a-t-il pas dit

qu'il n'y avait aucun moyen pour un intrus d'entrer dans l'immeuble ?

J'y suis retourné et j'ai sonné à plusieurs appartements au hasard.

Une vieille dame m'a fait entrer. Elle croyait que j'étais livreur de pizza.

A-t-elle fait entrer quelqu'un, le soir du premier incident ?

Elle ou un voisin ?

- Personne ne l'a admis. - Donc la réponse est non.

La réponse est qu'il est entré d'une manière ou d'une autre.

Pas si l'agression était une mise en scène.

Mlle Blake n'a-t-elle pas reconnu, à travers son comportement,

avoir inventé cette histoire ?

Non.

Le rapport de police dit que si. Je cite :

"Quand il a demandé à Mlle Blake si elle avait inventé cette histoire,

- "elle a fondu en larmes." - C'est normal. Elle était terrifiée.

Et voilà qu'on l'accusait, au lieu de l'aider.

Vous parlez de vous et de votre coéquipier,

- l'inspecteur Curtis ? - Oui.

L'inspecteur Curtis souscrit-il à votre nouvelle conclusion ?

Autant que je sache.

Répondez par oui ou par non, inspecteur.

Bien sûr que oui.

Elle ne s'est pas poignardée six fois avant de se casser la nuque.

Ce n'est pas non plus mon client.

Monsieur McCoy,

vous avez modifié l'acte d'accusation pour y inclure la tentative de meurtre ?

Oui.

Monsieur le juge, c'est une tentative flagrante

de donner du crédit au revirement de l'inspecteur Briscoe.

Bien, monsieur Minetti, ça suffit.

Vous pourrez évoquer ça devant les membres du jury.

Je les laisserai décider de la crédibilité de la victime.

L'enregistrement est recevable.

D'où est-ce que tu sors un coup pareil ?

Ils allaient abandonner les poursuites.

- Alors, tu as menti à un juge ? - Je n'ai pas menti.

J'ai le procès-verbal sous les yeux. Tu étais à deux doigts du parjure.

Non, un peu plus que ça.

Je ne plaisante pas.

Comment oses-tu faire une chose pareille dans mon dos ?

On le doit à cette fille. On l'a traitée de menteuse

et on l'a renvoyée dans les mains de Lowery.

Je ne crois pas qu'elle ait menti et c'est ce que j'ai dit.

Et grâce à toi, Lowery va être libéré.

Qu'est-ce que tu racontes ? Je l'ai empêché d'être libéré.

Quoi, pour deux minutes ?

Son avocat m'a cité à comparaître au procès,

comme témoin de la défense.

Bien, alors confirme ce que j'ai dit.

Un de mes inspecteurs qui ment sous serment, c'est bien assez.

Ça suffit.

Je n'aime pas qu'on me cache des choses.

J'ai le droit d'avoir mon opinion.

Tu as surtout eu un sacré culot

de dire que j'étais d'accord avec toi.

Je n'ai jamais imaginé que tu ne le serais pas.

Tu veux voir ce salopard s'en sortir ?

Je veux le voir avec une injection létale dans le bras

mais je ne vais pas me parjurer pour ça.

Curtis s'en tiendra au premier rapport.

Briscoe disait que Curtis était d'accord avec lui.

Encore une erreur ?

L'hôpital St. Mark voulait une copie du rapport du premier incident.

Ils voulaient virer Blake, si elle avait menti.

- Et ? - Curtis a dit qu'il s'en occupait.

Et ?

Ils ne l'ont pas virée.

Je prends des notes de toutes mes réunions.

Je prendrai des notes de celle-ci, juste après votre départ. Voilà.

"Inspecteur Curtis, au sujet d'Andrea Blake."

Lui avez-vous demandé une copie du rapport de police ?

Oui, comme je vous l'ai dit,

si Andrea Blake avait inventé ces histoires, on l'aurait licenciée

et probablement poursuivie pour le coût des mesures de sécurité.

- L'inspecteur Curtis vous l'a donné ? - Non.

Il a dit qu'il serait disponible au procès

mais qu'il doutait qu'il y ait de quoi la poursuivre.

A-t-il dit pourquoi ?

Il a dit qu'on la harcelait vraiment et que ses craintes étaient justifiées.

A-t-il mentionné sa chute dans l'escalier ?

Il a dit que la police n'avait pas de preuve irréfutable

qu'elle ait inventé l'agression.

L'inspecteur Briscoe nous dit la vérité ?

Il a juste dit qu'il a changé d'avis.

Après l'irrecevabilité de l'enregistrement.

On ne saura jamais à quel moment il a changé d'avis.

On doit faire avec ce qu'on a.

Ce que tu as, c'est deux flics qui nous font passer pour des abrutis.

On essaie tous de faire ce qui est juste.

Leurs bonnes intentions pourraient nous coûter la condamnation.

Propose un accord à Lowery.

Je l'ai fait et Minetti a refusé.

Alors, trouve autre chose.

Il ne reste plus qu'une chose à faire.

S'en prendre à Rey Curtis.

Inspecteur Curtis, lors de votre enquête

sur ce que l'accusation appelle une tentative de meurtre,

quelle preuve avez-vous trouvée

de la présence de mon client dans l'immeuble de Mlle Blake ?

Aucune.

Avez-vous trouvé une preuve que mon client a poussé Mlle Blake ?

Non.

Avez-vous trouvé une preuve que qui que ce soit a poussé Mlle Blake ?

La situation se prêtait à des interprétations différentes.

Je vois. Monsieur le juge, voici la pièce à conviction numéro 8.

Est-ce votre rapport sur l'incident, inspecteur Curtis ?

- Oui. - Et vous avez conclu

qu'Andrea Blake avait simulé l'agression ?

- Oui. - Maintenez-vous vos conclusions ?

Oui.

Merci, inspecteur Curtis. Pas d'autres questions.

Votre enquête a-t-elle conclu

que Mlle Blake était traquée par un homme se faisant appeler Giovanni ?

- Oui. - Votre enquête a-t-elle conclu

que Russell Lowery et Giovanni étaient la même personne ?

- Oui. - Votre enquête a-t-elle conclu

que Mlle Blake était gravement menacée par ce harceleur ?

Pas initialement.

À quel moment êtes-vous parvenu à cette conclusion, inspecteur ?

Quand vous l'avez vue morte, étendue par terre,

avec plusieurs coups de couteau et la nuque brisée?

Avez-vous commis une erreur - qui a coûté la vie à cette femme ?

La police enquête sur des crimes.

Ayant conclu à l'absence de tentative de meurtre,

il n'y avait plus d'enquête.

Non. Vous avez conclu qu'aucun crime n'avait été commis

et qu'elle ne courait pas de réel danger de la part de M. Lowery.

Oui.

Mais vous avez dit à son employeur que Giovanni était un danger pour elle.

- Oui. - Avez-vous menti ?

Elle me faisait de la peine.

Je ne pensais pas qu'elle méritait d'être virée.

Est-ce un oui ? Vous avez menti ?

Oui.

Mentez-vous, maintenant ?

Non.

J'en ai fini avec ce témoin.

PROCÈS À LA COUR SUPRÊME MARDI 26 MARS

Accusé, veuillez vous lever.

Mesdames et messieurs du jury, êtes-vous parvenus à un verdict ?

Oui, monsieur le juge.

Au chef d'accusation de tentative de meurtre,

quel est votre verdict ?

Nous déclarons l'accusé coupable.

Au chef d'accusation d'homicide volontaire non prémédité,

quel est votre verdict ?

Nous déclarons l'accusé coupable.

J'espère qu'il restera longtemps en prison.

On va demander la perpétuité sans conditionnelle.

Ce n'est peut-être pas d'un grand réconfort.

Ça aide.

Belle journée, hein ?

Sans rancune, Rey ?

Je suis content que Lowery soit condamné.

Ça va ?

J'assume ce que j'ai fait.

J'espère juste que toi aussi, Lennie.

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