All language subtitles for La.Crim.S06E02

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Original subtitles

Une aile chacun et la courbe pour le gamin.

Pile poil ce qu'il nous aurait fallu avec Nat.

Juste à la place au milieu pour installer un atelier clandestin, pour t

'aider à payer le loyer.

Ah oui, quand même.

Joël Berti, 51 ans.

Il dirigeait une société de gestion de patrimoine. Un volume d'affaires qui se

chiffre en milliards d'euros et le carnet d'adresses qui va avec.

Lieutenant.

Lieutenant Mailly.

Son nouvel recrut.

Il travaillait ici mais vivait aussi dans une aile de l'hôtel particulier.

C'est Xavier de Montcourtet, son associé, qui a découvert le corps vers

9h. Mourir assassiné la veille de la résurrection du Christ, triste ironie du

sort, non ? Rien ne prouve qu'il soit mort aujourd'hui.

Je compte sur vous pour m'éclairer sur ce point, commandant.

Au revoir.

C'est une tache blanche sur fond bleu.

Et la position du transat, on n'a pas fait que se reposer là-dessus.

On va au labo.

Maggie, allez voir en bas.

Bien, une plaie unique mais profonde au niveau de la force temporale.

droite et vraisemblablement à l'origine du décès.

Je crois qu'on a trouvé avec quoi on l'a tué.

À moins qu'il se soit assommé tout seul en faisant de la gonflette dans son

bain, mais... Bien, le coup mortel semble avoir été porté avec un

instrument de gymnastique composé de deux, quatre disques métalliques reliés

par une tige d'une longueur approximative de 28 à 30 centimètres,

environ appelée communément halter.

Quand on remonte le décès, Vu la rigidité cadavérique, je dirais une

dizaine d'heures, beaucoup de plus, mais impossible de préciser.

J'en rappelais d'autopsie. En revanche, en ce qui concerne les traces

papillaires, je peux vous assurer qu'après une immersion de 10 secondes

dans ce bain japonisant et bouillonnant, elles auront été dissoutes.

Attends, s'il vous plaît, je vous prie d'en sacher les mains de la victime, il

n'est possible que des...

Particules de poussière sont restées sous les ongles.

C'est pas un cambriolage. La porte d'entrée est intacte. Apparemment, rien

n'a disparu.

Avant de me mettre au travail, je fais toujours...

Quelques longueurs de piscine.

Comme d'habitude, je m'étais changé au sous-sol. Quand je suis arrivé là,

j'ai découvert Jean.

Vous travaillez le week-end de pas, vous ? En principe, je respecte les fêtes

religieuses, mais j'avais un dossier à compléter. J'habite à deux pas.

Monsieur le Monde Courtet, ces derniers temps, avez-vous remarqué un changement

d'attitude chez votre associé ? Jean était mon ami bien avant que d'être mon

associé.

S'il avait des soucis, je l'aurais su. Nous n'avions pas de secret l'un pour l

'autre.

Il était marié ? Jean adorait les femmes, mais il ne s'y prenait

jamais.

Vos locaux sont protégés par un système de sécurité à code.

Quelqu'un d'autre ? À la combinaison ?

Les cinq employés de la société, ainsi que mon épouse et mon fils qui viennent

de temps à autre pour profiter de la piscine.

Monsieur le comté, vous étiez où hier soir ? Je me suis absenté trois

jours à Copenhague pour mes affaires.

Je suis rentré à Orly hier soir à 20h. Un taxi m'a ramené chez moi où j'ai

passé la soirée avec ma femme.

Je... Je vous prie de m'excuser.

Quand est-ce que vous avez vu M.

Alberti pour la dernière fois, Mlle Ganec ? Vendredi dernier, à 16h.

On finit toujours à 16h les veilles de fête.

Et vos patrons, ils s'entendaient bien ? Comme les doigts de la main.

Ils se connaissaient depuis la faculté.

Ils ont fait toutes leurs études ensemble aux Etats-Unis, alors on en

pense si.

Ça va pas être évident de diriger à deux une société comme la vôtre.

Ils se complétaient parfaitement.

C'est pour ça que ça tourne aussi bien chez nous.

Ils se voyaient souvent, dehors du travail ?

Deux frères, je vous dis.

Pilotaient même des avions ensemble.

D'ailleurs, c'est à cause d'un atterrissage raté que le monsieur de

Montcourté est handicapé de la jambe. A 23 ans.

Vous imaginez ? Lui, si sportif.

Et avec les femmes, monsieur Alberti ? Il avait beaucoup de succès.

Ça, je peux le dire.

Mais... Jamais dans le cadre du travail.

Ça, je peux vous l'assurer.

Bien sûr, on vous croit.

Tu n

'es pas là, Hélène ? Non. Si,

regarde.

Le mec l'a agressé, donc là qu'il est à l'hôpital.

Merde.

Tu ne m'avais pas dit qu'il devait s'en sortir ? Son état s'est aggravé, il a

fait une crise cardiaque.

Alors si les toubibes estiment que c'est consécutif au coup de ciseau, ce n'est

plus pour agression qu'elle peut être jugée, mais pour homicide volontaire.

C'est un peu lourd.

Cet enfoiré l'a obligé à tapiner.

Même avec un avocat muet, Sonia a toutes les chances d'avoir les circonstances

atténuantes. Mais arrête tes conneries !

J'ai chopé 10 ans.

Tu te vois, toi ? Tant que t'as faim pendant 10 ans, tu te vois ? Polo,

attends. Attends, Polo. Arrête, arrête, arrête.

Polo.

Qu'est-ce qui lui

arrive ? Une grosse merde, je te raconterai.

Tiens, ça vient du labo. C'est l'analyse des taches sur la serviette d'Alberti.

Sperme et sécrétion vaginale. Bon, c'est un bon programme.

D'après la femme de ménage, la serviette a été changée vendredi matin à 9h.

Alors si tu veux mon avis, à part si on a affaire à des barges qui avaient envie

d'être surpris en pleine action, la baise a eu lieu après la fermeture des

bureaux.

Et Alberti habitant là, à mon avis, c'est l'un des deux protagonistes.

Possible. Et l'analyse des particules sous les ongles ? Bah attends, c'est le

week-end de Pâques.

Le labo là, il est débordé. Il faut les tanner parce que sinon, on aura les

résultats à Noël.

Au bout de retard, quelqu'un sait où est Michel ? Non, je suis allée avec lui

pour savoir quelque chose. Il a toujours été comme ça ? Euh, avant c'était pire.

Ça va plutôt mieux maintenant.

Il lui arrive même de prononcer le prénom de Camille.

Marc, c'est toujours ingrate de se rendre compte qu'on travaille pas avec

un droïde.

Qu'est-ce que t'en penses, toi ? T'es nouvelle, tu t'en fous un peu ? Hein, c

'est ça ?

Je vous

prie.

D'excuser mon retard, le rapport d'autopsie. C'est bien un coup donné à

la tempe entre 21h et 22h qui est à l'origine du décès. Vous y découvrirez

aussi un détail d'ordre intime.

Ah,

Jean Alberti a eu un rapport sexuel avant sa mort.

Bien, il me reste à savoir si cet événement est lié au meurtre.

Le vendredi est un jour ouvrable. Si le meurtre a eu lieu avant 21h, il est fort

probable que l'assassin disposait du code d'entrée.

Madame de Montcourtet a confirmé la vie de son mari ? Oui, j'ai aussi vérifié le

sien.

Le fils de mon courtet, lui aussi, il connaît le code.

Comment il s'appelle déjà ? Arnaud.

Il a passé la soirée au cinéma en attendant sa fiancée Célia, laquelle

était à son club de gym comme tous les vendredis soirs.

Et le voisinage, ça donne quoi ? Ben, c'est plutôt intéressant. Donc, le

concierge de l'immeuble d'en face a vu un coupé Mercedes de couleur grise

entrer dans la cour de l'hôtel particulier à 17h. Et là, il est sûr de

son heure parce que c'est le moment où il sort les poubelles.

Polo, c'est pas intéressant, c'est capital.

Vous auriez pu en parler avant.

C'est la même voiture qu'Armande de Montcourtet. Voilà.

D'ailleurs, elle a oublié de me dire qu'elle était passée à la société de son

mari. Un oubli bien étrange, voyez-vous. Si l'on se réfère aux circonstances,

voire moins qu'il ne s'agisse d'une omission volontaire, laquelle, si l'on

se réfère à ce que nous savons des dernières occupations de la victime,

prendrait un sens particulier.

Vous voulez dire quoi, Michel ? Qu'Armande de Montcourtet était la

maîtresse de Jean Alberti ? Si Montcourtet est au courant, ça lui fait

un beau mamie, là.

Trahi par sa femme et son ami de 30 ans, on peut pas péter les plombs.

En plus, son alibi, il est moyen.

En rentrant de Roissy, il a pu passer voir Albertine.

Bien, je veux revoir Xavier et Armand de Montcourtet.

Oui.

C'est plus de l'apprentissage, c'est de la formation express.

Il est en train de perdre toute éducation, le marchand.

Malheureusement, il y a dans votre déclaration quelques imprécisions que

nous aimerions éclaircir.

Vous avez bien coupé Mercedes de couleur grise.

Tout à fait.

Mais je ne vois vraiment pas en quoi... Un témoin, lui, a bien vu un véhicule

comme le vôtre entrer dans la cour de la société de votre mari vendredi à 17h.

C'est un modèle courant dans le milieu que je fréquente. Et qui compose l

'essentiel de la clientèle de mon mari.

Apparemment, les 5 à 7 aussi, c'est assez courant dans votre milieu, non ?

C'est la serviette d'un transat qui l'a dit à la police scientifique. Elle leur

a dit aussi que M.

Alberti avait eu un rapport sexuel entre 16h et le moment de sa mort.

Et nous, comme on est très curieux, on aimerait bien savoir avec qui.

Heureusement, aujourd'hui, nous avons les moyens techniques de répondre à ce

genre de questions. Je vais donc vous demander de nous suivre.

Jean Alberti était mon amant.

Depuis longtemps.

Un an environ.

Mais vous ne pensez pas tout de même que j'aurais pu... Puisque votre personnel

vous a dévoué corps et âme, il nous est évidemment difficile de lui faire

confiance. Je vous pose donc directement la question, à quelle heure votre mari

est-il rentré vendredi soir ? Madame de Montcourtet.

Vers 21h30.

Est-ce que votre mari était au courant de votre liaison avec Jean Alberti ?

Oui. Depuis longtemps ? Depuis le début.

Depuis le tout début.

Avant de rentrer chez vous, vous aviez tout le temps de passer à votre société,

de surprendre votre associé dans son jacuzzi et de le frapper mortellement

avec une haltère.

C'est insensé.

J'espère que vous ne partagez pas cette opinion.

C'est une hypothèse qu'avance le capitaine Moron.

Voyez-vous, certes difficile à concevoir pour un homme comme vous, qui n'est pas

censé être au courant des circonstances exactes de la mort de votre ami.

N'obstant, il reste vrai que le créneau horaire de votre retour de Roissy

correspond à celui du décès de Jean Alberti.

Pourquoi aurais-je tué Jean ? Il était comme mon frère.

Sans lui, le cabinet... Attends, tournez autour du pot.

Nous, on sait que votre femme était la maîtresse d'Alberti et que vous étiez au

courant.

5 30 pour un regard, mais moi, je suis convaincu que ça vous foutait les

boules.

Je conçois vos difficultés, mais pourtant c'est ainsi, je ne suis pas d

'un naturel jaloux. Moi, ce que je trouve naturel, c'est de ne pas le

supporter. Votre femme avec votre meilleur ami, et vous ne savez pas

comment réagir. Mais pendant tout le voyage, vous n'avez pensé qu'à ça.

Trois jours, c'est long, vous les imaginez ensemble, en train de faire l

'amour. Bref, ça devient insupportable. Alors, au retour, vous allez voir

Albertine, et là, ça tournera. Je ne suis pas sûr que vous puissiez

comprendre, monsieur.

C'est d'ailleurs pas simple à expliquer.

Vous l'essayez ?

Je vous laisse.

Raconter aux suspects les circonstances d'un crime, faut le faire.

Il doit voir l'avocat de Sonia. Il veut savoir ce qui va lui arriver.

À sa place, je sais pas si je garderai le moral.

Commandant, avez-vous déjà aimé ?

Je veux dire vraiment aimer. On va peut-être insister aux oeuvres de le

marchand.

Avez-vous déjà eu peur de perdre quelqu'un ? Quelqu'un qui, en partant,

vous enlèverait tout, sans qui la vie n'aurait plus de sens.

J'aime Armande.

Je l'aime comme un fou.

Mais je ne peux plus le lui prouver.

Physiquement.

Depuis quelque temps, je souffre de... Je souffre d'impuissance.

Une séquelle tardive de mon accident, sans doute.

Par crainte de la perdre, vous acceptez que votre épouse trouve auprès d'un

autre. Les satisfactions sexuelles que vous n'êtes plus en mesure de lui

offrir.

Mais que cet autre soit votre meilleur ami, cela ne vous dérangeait pas ? Jean

n'a jamais été un concurrent pour moi.

Il n'a jamais mélangé le plaisir et les sentiments.

Je n'avais pas peur.

Il n'avait pas l'intention de me prendre Armande et elle ne m'aurait jamais

quitté pour vivre avec lui.

Cette relation était-elle affichée ? Jean n'avait aucun intérêt à rendre

cette relation publique.

Notre clientèle se compose essentiellement de vieilles familles

chrétiennes.

Par principe, elles n'auraient jamais confié leur fortune à quelqu'un qui

bafouait les lois de leur morale.

Ah, si l'honneur était sauf, et votre nom aussi.

Oui.

Mais la souffrance, M.

de Montcourtet, la souffrance

se moque bien du candidaton.

Vous pensez que je l'ai tué et que vous allez m'arrêter ?

Entendre

mon courtet parler de son amour, le marchand, ça méritait le détour.

Tu me laisserais prendre un amant, toi, si tu étais indisponible ? La question n

'est pas d'actualité.

Non.

Ce qui est d'actualité, c'est que tu quittes la maison.

Bon, Hélène, moi aussi j'ai très envie de vivre avec toi.

Laisse-moi le temps d'en parler à Nat.

Depuis qu'elle est enceinte, elle compte beaucoup sur moi.

T'as raison, on va pas en parler.

Je te verrai de temps en temps.

C'est pas mal, non ? Je l'ai eu pour rien du tout dans un dépôt-vente. La

nana, il connaissait que dalle.

Il vous plaît pas ? Ah, si... Non, si, si. Il est bien, oui. Si, c'est bien.

Non, c'est juste que... Enfin, l'appart, c'est un petit peu cher, quoi.

Tu crois pas qu'on aurait dû continuer à chercher encore un petit peu ? Bah, c

'est une occasion.

Puis on a suffisamment squatté ton appart.

Oui, mais il a pas tort, peut-être que...

Vous devriez y réfléchir encore un peu.

Hélène a raison.

Je suis pas sûr que ce soit exactement ce qu'il nous faut.

C'est un petit peu grand quand même.

Alors ça, c'est toi tout craché. Je me démène pour trouver un 5S au dernier

moment où tu me dis que c'est trop grand.

Au fait, tu m'as préparé la photocopie de tes bulletins de salaire pour le

dossier.

Euh... Je suis désolé, j'ai complètement oublié.

Pourquoi ça marche pas ? Ça, je me suis fait avoir.

Non, Nat.

Pas d'ampoule.

Merci.

Pas peur. Tu peux me dire ce que je fais sans toi.

Bailly a fait les remontées d'appels de Jean Alberti.

Alors, fait l'étrange, il se trouve qu'il appelait beaucoup un détective

privé, un certain Raymond Legrand, un ancien de la BRI.

Je me suis dit que c'était peut-être une piste à creuser.

C'est parfait, parfait, oui.

Michel, quelque chose ne va pas ? Non, je... Si je suis contrarié, ennuyé,

le capitaine Moreau, Bolo, n'aurait jamais dû...

Parlez à mon courtet des circonstances du meurtre.

Non, cela risque de nuire au bon déroulement de l'enquête, voyez-vous,

car s'il est coupable... Michel.

Vous savez bien que c'est pas ça.

Je viens d'accompagner Camille à l'hôpital.

C'est la dernière visite avant l'opération.

Maintenant que l'heure est fixée, voyez-vous, je...

J'ai un doute.

Ce que vous ressentez, ces peurs, ces doutes, ce manque de confiance.

Moi aussi, je l'ai ressenti quand on a opéré mon père.

Camille va recouvrer la vue.

Michel, il faut y croire.

C'est le seul moyen de l'aider.

Je vous remercie, commandant.

Merci de votre soutien.

Vous

ne

pouvez pas attendre demain.

Il n'y a rien de sacré pour vous.

Quand je vais revenir à Paris un week-end de page...

Ça, j'en ai eu ma claque de trimer comme un con pour prendre un round.

On a plutôt réussi.

J'ai rien perdu en me barrant du 36.

Même pas la vue sur la scène. Tu peux vérifier ? C'est bon, Lebron. On n'est

pas venu admirer ta réussite.

On a seulement besoin de tes talents des bouleurs de luxe.

Quelle poubelle il t'a demandé de vider, Alberti ? Alberti ? Je connais pas.

T'as oublié, Lebron.

On est mal payés et en plus, on n'a pas très rarement des bonnes nouvelles.

T'es mêlé à une affaire de meurtre.

J'espère que vous lui aviez demandé une avance, parce que là, vous allez avoir

du mal à vous faire payer.

Merde. Ah oui, merde.

Tu comprends mieux maintenant pourquoi on s'est permis de venir te déranger en

pleine Agnew Pascal ? Ah, ça va.

Il voulait des renseignements sur une petite nana.

C'est bien Lambert.

La fiancée du fils de mon courtet, son associé.

J'ai refilé les doubles Albertine.

Pourquoi il s'intéressait à cette fille ? Aucune idée.

Vous n'êtes pas curieux ? Et lui, c'est qui ? Vincenzo Belmonta.

Un italien affiché à Interpol pour escroquerie.

Il chasse dans la jet-set.

Donne-nous aussi les pédages.

Quand devez-vous épouser Arnaud de Montcourtet ? Dans trois mois, en étant

plein préparatif. On va faire une très belle fête.

Ces photos ont été prises par un détective privé à la demande de Jean

Alberti.

Mais c'est pas possible.

Depuis quand connaissez-vous Vincenzo Belmonta ?

Je t'ai croisée le mois dernier dans un dîner.

J'accompagnais Arnaud.

J'ai raconté à Zola, vous savez, c'est une des plus grandes...

Et comment M.

Belmonta a-t-il réussi à vous amener de cette table aristocratique jusqu'à chez

lui ? Il dit qu'il me trouvait très belle, qu'il travaillait dans le cinéma.

Il voulait me présenter des metteurs en scène. Et moi, mon rêve, c'est le

cinéma, alors je l'ai revu.

J'aime Arnaud. Vincenzo m'a fait du charme. J'ai pas résisté.

Je regrette, vraiment.

Vincenzo Belmonta...

Joue très bien la comédie, mais il n'a jamais fait de cinéma.

Il gagne sa vie en abusant autrui. C'est un escroc, si vous préférez.

Je savais pas.

Il connaît personne, alors ?

Pourquoi Jean-Albert, il vous faisait suivre ?

Vous le connaissiez bien ? Non.

Je l'ai croisé plusieurs fois chez les parents d'Arnaud.

Je le trouvais plus sympathique que les Montcourtés.

Enfin, je le connaissais pas vraiment.

Je comprends pas, je vous assure, je comprends pas ! Et

vous croyez que... que les parents d'Arnaud sont au courant ?

Bien, la jeune Célia, dotée d'une certaine prédisposition au rayage de

parquet, grâce à ses que-notes acérées, voulait tout à la fois...

Le beurre et l'argent du beurre.

Le beurre, c'était son mariage avec le fils Montcourtet. Et l'argent du beurre,

c'était son amant, l'escroc Belmontat, avec qui elle croyait faire du cinoche.

Parlons-en de Belmontat. Un escroc mêlé à une affaire de meurtre, moi, je me

méfie. J'ai vu venir, en consultant le compte en banque d'Armand de

Montcourtet, j'ai constaté qu'elle avait retiré 70 000 euros en liquide le

vendredi après-midi, où elle devait aller rejoindre Jean Alberti.

C'est vrai que ça fait beaucoup pour un week-end, même un week-end de trois

jours. C'est quoi l'idée ? La mère de mon courtet découvre le poteau rose et

pour se débarrasser de sa future belle-fille sans faire de vagues, elle

est prête à cracher 70 000 euros ? Peut-être.

Reste à savoir qui de Belmonta ou de Célia est allé au rendez-vous d'Alberti.

Moi, ce que je trouve le plus étrange, c'est que Armande de mon courtet se soit

servi de Jean Alberti pour la transaction.

Bon, je crois que le mieux, c'est de reconvoquer Armande de mon courtet

demain et de vérifier...

La libide de Célia.

Bon allez, bonne nuit pour te conseille. Bonne nuit à tous.

Quoi ? C'est pour la crise de foi de mes enfants. S'il en reste, ce sera pour

vous demain.

Joyeuse Pâques ! Joyeuse Pâques ! Dis

-moi Hélène, ce soir...

Je dois bouffer avec Nat.

Écoute, prends des gants. Si tu sens pas du parler, t'attends, d'accord ?

Hé, Tolo ! Oui ?

Y a pas de raison qu'on se tape pas la cloche, nous aussi, hein ? Je vous

invite, allez.

Merci, patron.

Oui, madame, j'ai bien compris.

8h30, 3 personnes.

Viens, madame.

Qu'est-ce que je vous offre pour l'apéro ? Déjà, une boîte de 200 grammes. Ah bah

alors avec ça, moi je vais prendre de la vodka et puis une autre source pour la

petite.

Dis-moi, tu devais pas fermer ce week-end ? Ah si, moi je voulais amener

la petite au bord de la mer, mais Mario a peur qu'elle prenne froid.

Voilà, donc on reste là.

Une petite mine en ce moment, non ? Mais non, tout va très bien, juste un peu

fatigué. Essayez-vous.

Ça va ? Dis-donc...

Je sais pas si c'est le resto ou la vie de famille qui le saoule, mais c'est

vrai qu'il est pas au mieux.

Dis-moi, en parlant de vie de famille, maintenant que t'es avec Hélène, ça l

'embête pas que tu partes vivre avec moi ? Non, pas du tout. Pourquoi tu me

demandes ça ? Parce que mon petit papa, c'est l'impression que ça donne, en tout

cas. Puis toi, t'as l'air bien emmerdé aussi.

Je savais pas que j'avais une fille aussi psychologue.

Je savais pas que j'avais un père aussi nul.

Bon, d'accord.

Et vivre avec Hélène, ça veut dire ne plus vivre avec toi.

Alors comment on va faire pour l'appart ? Je me le garde pour moi toute seule et

puis c'est toi qui paie. Enfin, tu complètes une partie de ce que je

pourrais mettre.

Oui.

Ça va ? Ça va, ça va.

Dima, tu te sens prête pour démarrer lundi ? Prête.

Super. Ah oui, c'est vrai, je t'ai pas dit.

J'ai convaincu Cisco de me faire travailler ici comme serveuse.

Ah non, non, non. Papa, papa.

Un, je suis en pleine forme.

Deux, aujourd'hui, t'es pas vraiment en position de jouer les pères abusifs.

Et trois, tu ferais mieux de commander deux coupes. Une nouvelle vie, ça se

fête, non ? Je t'adore.

C'est bon ? Oui, c'est bon.

Allez, à toi.

Le bébé.

70 000 euros que vous avez sortis de votre banque.

L'après-midi précédant le meurtre de Jean Alberti, puis-je vous demander,

madame, où se trouve cette somme ? Et à quoi, ou plutôt à qui, la destinez-vous

? Pardon ? Votre silence m'oblige à être plus direct.

Pourquoi M.

Alberti faisait-il suivre votre future belle-fille ? J'ai demandé à Jean de se

renseigner sur Célia d'Amber.

J'ai toujours eu l'intuition qu'elle l'épousait par intérêt, et non par

amour. Lorsque vous en avez eu la certitude, qu'avez-vous fait ? Qu'avez

-vous décidé ? Et vous ouvrez les yeux à l'amour de votre fils.

Ça aurait été un choc pour Arnaud. Il a toujours été vulnérable d'une

sensibilité à fleurs de peau.

Est-ce pour ça que vous avez décidé de payer Belmonta ? Parce qu'il vous

faisait chanter ? Ce Belmonta ne m'a jamais fait chanter.

C'est moi qui ai proposé de payer.

Ces 70 000 euros devraient être un terme aux projets matrimoniaux de votre future

belle-fille, mademoiselle d'Amber.

C'est bien ça ? Exactement.

Jean allait lui mettre le marché en main. Elle acceptait cet argent et elle

disparaissait. Dans le cas contraire, il montrait les photos à Arnaud et elle

perdait tout.

Nous avions pensé que c'était une offre qu'elle ne refuserait pas.

D'un autre côté, Jean a téléphoné à Belmonta pour qu'il y convainque Célia.

Mais qui Jean Alberti devait-il rencontrer ? Célia ou Belmonta ? L'un

des deux durant le week-end.

Mais j'ignore lequel est venu au rendez-vous.

Est-ce que vous vous rendez compte des conséquences de ce que vous êtes en

train de nous apprendre ? Il se pourrait que Célia ou Belmonta aient assassiné

Jean d'Alberti. Alors pourquoi avoir attendu ? Mais je ne voulais pas qu

'Arnaud apprenne ce que nous avions manigancé.

Pourquoi ne pas avoir organisé tout ça avec votre mari ? Notre couple a

toujours été une souffrance pour Xavier.

Malgré le temps et tout l'amour que nous éprouvons l'un pour l'autre.

Il espérait autre chose pour son fils.

Il se réjouissait du bonheur d'Arnaud, c'était sa plus belle réussite.

S'il avait appris la vérité, ça l'aurait brisé.

Alors j'ai voulu lui éviter ça.

Le j'ai belment pas, on va le cueillir.

Qu'est-ce qui se passe ? Qu

'est-ce qu'il y a ? Trop

cool cette voiture

!

Dis-moi, Paulo, d'après Hélène, t'aurais un peu chargé la mue hier soir ? Je ne

sais qu'à ce qu'être, je ne sais pas fermer l'œil de la nuit.

La chambre de Vincenzo Benmonta, s'il vous plaît.

Il est sorti, désolé.

Il y a un problème.

Ne vous inquiétez pas, tout se passera bien.

La chambre, à quel étage ? Deuxième.

La clé, s'il vous plaît.

Il y a une femme de ménage là-haut ? Oui, bien sûr.

Très bien, vous venez avec nous. Pour une perquisition sans l'intéresser, vous

devez être deux.

À quoi ? C'est la loi ? Bon, Apollo, tu surveilles l'entrée. Dès qu'ils se

pointent, tu nous conviens. Allez.

Eh ben, ça rapporte, escroc ? Putain, 70 000 euros, ça devrait se voir.

J'espère qu'il les a pas planqués ailleurs.

Sinon, on est mal.

Peppers, lubrifiants, bulles de geisha, réservatifs, je t'en passe, et

des pires.

Ces outils de travail.

Il n'y a pas droit à l'erreur, le bel montant.

Mais qu'est-ce qu'elles trouvent à des mecs comme ça ? Je comprends pas. C'est

quand même pas toute conne, ces filles. Qu'est-ce qu'elles attendent d'un mec

qui travaille pas, qui vit à l'hôtel ? C'est quand même pas avec lui qu'elles

vont construire une famille.

C'est peut-être pas ce qu'elles cherchent.

Moi, ça, je ne trouverais pas.

Je crois que j'ai trouvé.

J'étais au club de gym à côté de chez moi.

Demandez à Arnaud, il m'a accompagnée.

On s'est effectivement renseigné sur place.

Vous y êtes entré, mais malheureusement, personne ne vous y a croisé ce soir-là.

Et alors ? Ça prouve quoi ? Ça prouve que vous auriez pu entrer et en sortir

sans être vu.

Peut-être, mais je ne l'ai pas fait.

Je suis persuadé du contraire.

Après vous avez assuré que votre fiancé n'était plus dans les parages, vous avez

quitté discrètement votre club de sport pour aller rejoindre M.

Alberti, lequel vous a...

Proposer une forte somme d'argent pour que vous cessiez de fréquenter M.

Arnaud de Montcourtet, somme que vous avez acceptée ? Mais c'est n'importe

quoi qui vous a raconté ces conneries ! C'est sa mère encore ! Elle a jamais pu

manquer ces celles-là, alors ! Il se trouve que nous avons arrêté M.

Belmontat avec la somme en question. Alors est-ce que vous pouvez nous

expliquer comment elle est arrivée entre ses mains ? Je n'ai pas tué Alberti. J

'étais à mon club de gym, d'accord ?

Jean Alberti, les Montcourtais, ça te dit rien tout ça ? C'est curieux parce

que je croyais que dans ton boulot, on connaissait le botte-à-mourdin par cœur.

Moi je croyais que dans le vôtre, on n'arrêtait pas les gens honnêtes.

Mais oui, c'est ça, oui.

Les gens honnêtes, ils gardent rarement son couillon dans leur frigo.

Et me fais pas croire que tu l'as gagné à la sueur de ton fond, j'aurais du mal

à te croire.

Je transpire dans les casinos, hein.

Je joue souvent, je gagne parfois, la preuve.

Et comme par hasard, pile poil la somme que la mère m'encourtait voulait

remettre à Célia d'Amber pour qu'elle débarrasse le plancher.

Célia d'Amber.

Célia d'Amber.

Célia d'Amber, non ? On ne va pas non plus ? C'est bien vous, là ?

La fille nue accroupie sur vous, c'est Célia d'Amber.

Ah, elle s'appelle Célia.

Je ne me souviens plus de son prénom.

Mais du reste, si.

En revanche, vous auriez intérêt à vous souvenir où vous étiez vendredi soir

entre 20h et 22h. Parce qu'on enquête sur un meurtre.

Et vous êtes assez mal barré avec vos euros et vos cavalières.

La fille, je la connais à peine.

Elle est repassée un soir, affolée. Elle m'a dit, est-ce que tu peux garder l

'argent ? Je lui ai repassé le prendre. Une fille que tu connais pas, avec qui t

'as baisé qu'une fois ? Peut-être qu'elle t'a pris pour une banque, va

savoir.

Allez, c'est bon maintenant.

Arrête de nous balader. Tu laisses tomber ton petit accent à la con.

Et tu nous balances si c'est toi ou elle qui a buté Alberti.

Ça t'évitera d'en prendre pour 20 piges et nous, ça nous fera gagner du temps.

Allez !

Je m'appelle Clamotte.

Projet Clamotte, j'ai rien à voir avec cette histoire de meurtre.

Marchand.

Jamais vu ce fric.

Monsieur Belmonta a déclaré à nos collègues que vous l'aviez accompagné à

son hôtel en lui demandant de le conserver jusqu'à votre retour.

Il jure qu'il a rien à voir avec ça et qu'il vous connaît à peine. C'est pas

vrai.

On est ensemble depuis huit mois.

Ah.

Je suppose que vous ne m'avez pas rencontré dans un dîner montain.

Dans un café de l'avenue Montaigne.

J'étais serveuse.

C'est vrai qu'il vaut mieux épouser un fils de famille.

Ça rapporte plus.

Le divorce, c'est mieux que les prud'hommes.

On n'est pas payé en fonction de l'ancienneté.

C'est en gros ce que m'a dit Vincenzo.

Il m'a proposé de rencontrer des gens avec lesquels ça devait être possible.

Mais en quelque sorte, M.

Belmonta se proposait de devenir votre impresario.

Je suppute qu'il envisageait de prendre une petite commission au passage.

Mais c'est lui qui vous a présenté Arnaud de Montcourtet.

C'est débrouillé pour que je sois invitée à une soirée privée.

Et c'est là que j'ai rencontré Arnaud.

Il était très timide, très doux.

Oui. Le pigeon idéal, quoi.

Bon, tout ça, on sait.

Revenons à la soirée de vendredi.

Vous allez voir Jean-Bertie.

Il vous donne l'argent et après.

En fait, je devais... Je devais rentrer avec lui, mais j'ai pas osé lui parler,

voilà. Si, je vous ai bien suivi, mademoiselle, et je vous ai bien suivi.

Vous êtes la dernière personne à avoir vu M.

Alberti vivant, car il était bien vivant lorsque vous l'avez quitté. Mais bien

sûr qu'il était vivant ! Sauf que, à part vous et Belmonta, personne n'avait

intérêt à s'en débarrasser.

Vous pensiez qu'il était le seul à avoir découvert le poteau rose, alors, en le

supprimant, vous pouviez épouser Arnaud.

Vous acceptez l'argent, mais une fois dehors, vous vous rendez compte que vous

venez de faire l'erreur de votre vie. Alors vous revenez sur vos pas.

Ou alors Belmonta vous attend devant la société.

Et c'est lui qui prend le relais. Il était pas là ! Mais merde, j'ai peut

-être pris l'argent, mais on l'a pas tué ! Et puis Alberti, c'était pas un saint,

hein. Il l'avait pas que des amis.

Même Arnaud le détestait, alors.

Il était jaloux comme un poudre, Alberti.

C'était pire ces derniers temps.

Vous avez dit qu'après avoir quitté M.

Alberti, vous alliez retrouver votre fiancée au restaurant.

Arnaud est arrivé en retard.

Je me rappelle maintenant.

Il était speed, il était... Il était pas dans son assiette.

Il était speed.

Vous n'avez pas le droit de m'emmener. Il n'a rien à voir avec tout ça. Maman,

s'il vous plaît. On a quelques questions à lui poser. En principe, ça ne devrait

pas durer très longtemps.

En principe ? Mais dis-leur, Arnaud.

Dis-leur que tu n'es pour rien dans cette histoire.

On vous dira, mais pas ici.

Je n'ai rien à vous reprocher, ne vous inquiétez pas.

On ne te laissera pas seule, mon cher.

Je vais prévenir ton père.

Oui, j'étais jaloux de mon parrain.

Je voyais bien qu'il tournait autour de Célia.

Je l'ai pas tué.

Mlle d'Amber affirme vous avoir attendu une bonne demi-heure au restaurant.

Pourquoi ? J'ai eu du mal à me garer. Bastille le vendredi soir, c'est

infernal.

Votre retard a peu à voir avec l'encombrement automobile.

Je pense plutôt que vous avez suivi Célia jusqu'au siège de la société où se

trouvait Jean Alberti et que votre jalousie s'est transformée en fureur.

Avant le restaurant, j'étais au cinéma.

Je crois que j'en rentre même encore le ticket dans ma poche.

Mince, comme à Libénie le cinéma, on y entre, on en sort comme on veut sans

être vu.

Merci.

Votre père vient d'arriver. Il continuera plus tard.

Vous avez quelque chose à nous dire, monsieur de Montcourtay ?

Au début, je me forçais à croire que c'était mieux comme ça.

Mais au fond, je ne l'ai jamais accepté.

Pas Jean.

Je n'osais pas m'éloigner.

Loin, c'était encore plus insupportable.

Au retour de Copenhague, j'ai demandé au taxime de me déposer à la société. Je

voulais parler à Jean. Je lui ai demandé de renoncer à Armande.

Quand je suis arrivé, je l'ai surpris dans le jacuzzi.

Et ça a été plus fort que ma volonté.

J'ai pris une barre d'altère.

Et j'ai frappé.

Qu'avez-vous fait ensuite, monsieur de Montcourtet ? Je suis rentré chez moi à

pied. Pourquoi ? Qu'avez-vous fait ensuite de la barre d'altère, monsieur

de Montcourtet ? Ah.

Je ne sais plus.

J'étais dans un état second, je l'ai lâché, je crois.

J'ai tué, Jean.

Vous avez mes aveux, qu'est-ce qu'il vous faut de plus ? Bien, monsieur de

Montcourtet, vous êtes désormais en garde à vue. Comme la loi nous y oblige,

nous allons procéder à une fouille au corps.

C'est bon, j'attends.

Il ment.

C'est évident.

Il fait ça pour protéger son fils parce qu'il le sait coupable.

Montcourtet a repris à son compte les informations que le capitaine Moreau lui

a généreusement fournies lors du premier interrogatoire. C'est d'autant plus

regrettable, voyez-vous, que l'alibi d'Arnaud de Montcourtet est

difficilement démontable.

Enfin, c'est pas de la faute de Polo.

Même sans lui, il aurait avoué. Oui, mais de façon moins circonstanciée.

Sans parler de faute, le capitaine Moreau a commis une erreur dont nous

allons devoir...

assumer les regrettables conséquences.

Il reste toujours l'analyse ADN des particules de peau retrouvées sous les

ongles d'Alberti. Qu'est-ce qu'ils disent au labo ? Ils sont partis

chercher le dossier, voilà.

Util de douceur ? Non.

Oui, avec plaisir.

Allô, papa ? Oui ! Alors ? Oui, les analyses sont formelles.

Ah,

d'accord.

Comment ? Oui, c'est ça, Joyeuse Pâques.

Bon.

On part à la caisse départ.

C'est sa propre peau qu'Albertier avait sous les ongles. Eh bien, voilà un

dossier qui se referme sur lui-même.

Je vois d'ici la tête du procureur.

Écoutez-moi.

La fouille au corps vient de terminer.

De mon côté, n'est pas seulement impuissant...

Il est aussi mutilé.

Depuis son accident d'avion, il a une prothèse à la place du phénice, qui est

à trois quarts sectionnée. C'est... D'après sa secrétaire, de mon côté, il a

eu son accident il y a 25 ans. Son fils en a 24.

Je doute qu'on puisse avoir un enfant avec un tel handicap, surtout à l

'époque.

Bon, alors, dans ce cas, qui est le père ? C'est peut-être Alberti.

Ce qui voudra dire que sa relation avec Armande de Montcourtet daterait de

plusieurs années ? Très bien.

On revoit Armande de Montcourtet.

Nous avons découvert le terrible handicap dont souffre votre mari, et

aussi que tout espoir de paternité lui est depuis fort longtemps interdit,

compte tenu des circonstances. Et au vu des informations que nous détenons, je

suis dans l'obligation, Madame, de vous demander si Jean Alberti était bien...

le père de votre fils.

Sachez que nous allons procéder à des analyses pour en avoir le cœur net.

C'était un accident.

Louis-Jean ne voulait pas de cet enfant.

Xavier et moi souhaitions en avoir un.

Alors nous avons décidé tous les trois de garder le secret.

Vous avez épousé votre mari en connaissant son incapacité sexuelle.

C'est une grande preuve d'amour de votre part.

C'est lui qui m'a incité à prendre des hommes.

En toute discrétion, bien sûr.

C'était la seule solution pour sauver notre couple.

D'un côté, l'amour profond, et de l'autre, le sexe.

Sans ambiguïté.

Nous ne croyons pas à la culpabilité de votre mari.

C'est votre fils qui a tué Jean Alberti, et vous le savez.

Je l'ai compris quand vos collègues sont venus le chercher.

Autant de savoir, à son regard...

Mais vous ne direz rien à Arnaud.

Je ne veux pas qu'il sache.

Malgré ces aveux, on ne croit pas que votre père ait tué son associé.

Et vous, Arnaud, qu'est-ce que vous en pensez ? Maintenant,

c'est à vous de décider.

Soit vous dites la vérité, soit vous accusez votre père.

C'est moi.

C'est moi qui l'ai tué.

Pas mon père.

Il veut me protéger.

Il veut toujours me protéger.

Mais moi, j'en peux plus.

Quand j'étais petit, Jean, c'était mon modèle.

Je voulais être comme lui quand je serais grand.

Je trouvais mieux que mon père.

Et un jour...

Je me suis rendu compte qu'il couchait avec ma mère.

Derrière le dos de mon père.

J'ai compris que c'était un salaud.

Le soir du meurtre, vous avez suivi... Quand je l'ai vu rentrer dans la

société, j'ai cru que j'allais tomber tellement j'avais mal.

Il avait recommencé avec moi comme avec mon père.

Je savais plus rien.

J'ai marché.

Je sais pas pourquoi, je suis rentré dans un cinéma, je suis ressorti tout de

suite.

Je suis revenu, j'ai attendu qu'elle sorte.

Et puis je suis rentré.

Je voulais le tuer.

C'était pas un accident.

Je voulais qu'il paie.

Pour moi, et surtout pour mon père.

Arnaud a tué son père sans le savoir parce qu'il croyait à tort que celui-ci

couchait avec sa fiancée.

Mais une agent en plein drame dit bien au confins de la tragédie grecque et de

la psychanalyse viennoise se pose à nous le problème de la révélation. La

question est très simple.

Est-ce qu'on fait figurer oui ou non dans le dossier ce que nous avons appris

sur la paternité d'Alberti ? Peut-être qu'Arnaud soit le fils de Jean Alberti,

ça ne change rien de mobile.

Je suis d'accord, ce mot m'a déjà assez souffert comme ça.

On n'est pas obligé d'en remettre une couche. Je ne partage pas votre façon de

voir.

Vous ne pouvez pas nous permettre une telle omission qui reviendrait à

occulter un grand pan de cette affaire.

Symboliquement et juridiquement, nous commettrions une très grave erreur.

Humainement, il vaut parfois mieux se tromper qu'être sûr de faire souffrir.

Tant nous taisons que nous lui ferons le plus grand mal, voyez-vous.

Arnaud est une victime.

La victime d'un secret de famille.

Ce statut qui lui revient de droit lui ouvrirait toutes grandes les portes des

circonstances atténuantes.

Vous qui avez l'habitude de cultiver le mystère en marchant, je vous aurais bien

vu défendre la position inverse.

Je suis d'accord avec vous, Michel.

Sans qu'Arnaud de Montcourtet puisse se réapproprier sa vie, il faut qu'il

connaisse la vérité.

Seulement, je ne pense pas que ce soit à nous de la lui dévoiler.

Ni au juge d'instruction.

Arnaud vient d'avouer son crime.

Dans le dossier, nous allons consigner tout ce que nous avons appris sur la

réalité des liens qui l'unissaient à Jean Alberti.

Ce qui signifie... qu'Arnaud, tout au tard, apprendra la vérité sur sa

naissance.

Je veux pas qu'il l'apprenne d'un autre que moi.

Laissez-moi lui parler.

Mais je ne peux vous accorder qu'une intimité relative.

Nous sommes dans l'obligation légale de surveiller votre entretien.

Merci, Commandant.

Fonds ça derrière un miroir sans teint.

Je veux que tu saches que je t'aime, que tu es mon fils, que tu l'as toujours

été.

Je voudrais aussi te demander pardon, Arnaud, pour le mal que je t'ai fait

et celui que je m'apprête à te faire.

C'est pas à vous de me demander pardon, papa.

de protéger en nous taisant.

Nous étions d'accord, ta mère et moi.

Jean aussi était d'accord.

Nous avions tort.

Quand je pense qu'il aurait suffi de quelques mots pour éviter ce gâchis.

A savoir, ça devrait peut-être dégoûter d'être le fils d'Alberti.

Moi, je crois que non.

C'est pas en vrai ou faux, mais c'est la seule chose qui compte.

Et vous, le marchand ?

Vous en pensez quoi ? Je crois qu'il ne faut pas remettre au lendemain les mots

d'amour que l'on peut prononcer le jour même.

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