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Zulu
...
-T'y es presque.
Stop !
ArrĂȘte !
C'est quoi, ce bordel ?
Oh, putain ! Damien !
âȘ -Follow... follow me. âȘ
âȘ You've got to follow, âȘ
âȘ follow me. âȘ
âȘ You've got to move fast, no rest. âȘ
âȘ Follow the music slips. âȘ
-Pardon, InĂšs.
Il est 4h du matin en Guyane.
Bien sûr.
Oui, je dois aller bosser.
On se rappelle.
Hein ? Oui, bisous.
Ca aussi, ça va ĂȘtre compliquĂ©.
Ca me prend le chou.
-Capitaine.
-On se voit, mais chacun reste libre.
- Oui. - Comment ça marche ?
-En fait, chacun reste libre.
-Pour moi, dans le couple, il y a des rÚgles, c'est carré.
-On a un mort sur le port.
-Un couple, c'est un homme et une femme...
Ou un homme et un homme.
-Montez, capitaine.
-Tu comprends ce que je veux dire ?
-Vous rassemblez les gars.
-Bonjour.
Lieutenant. - Commandant.
- Alors ? - Damien Berne.
Docker depuis 20 ans, nommé adjoint l'an dernier.
Il vivait avec Olivia Danel, capitaine de cargo,
rentrée avant-hier.
Elle a fait un malaise
et est Ă l'hĂŽpital.
Aucune trace de l'arme.
-Ah.
Sûrement un couteau.
-La mort remonterait
Ă environ 12h. Il a des marques de coups.
-D'accord. Il se serait battu ?
-Probablement.
-Il était ici ?
-Dans ce container en partance pour la Chine.
-Le tueur sait donc comment fonctionne le port.
-Et qu'il n'y a pas de caméra sur les quais.
-Ca fait du monde.
-90 employés et des dizaines
de marins.
Je les interroge ? - Oui, super.
Commencez par les plus louches : Capricorne et Balance.
-J'y vais.
-Vous ĂȘtes sĂ©rieux ? Je plaisante.
-J'avais compris, oui.
-OK, trĂšs bien.
Je parlerai au directeur.
- Par contre... - "En revanche".
-Le capitaine et le lieutenant
sont dessus. - Ah bon ?
-C'est Louis XIV qui a créé ce port.
-Oui, je sais. Il a mĂȘme participĂ© aux travaux.
- Il a fait quoi ? - Il gérait la bétonniÚre.
Je vais lĂ , gĂšre la perquise
et le directeur. - OK.
-A toute.
-Vous allez m'aider Ă trouver
ce salopard.
-Hop hop hop ! Bonjour, messieurs.
Capitaine Marchal. On va m'aider, moi.
Evitons un lynchage
sur le port.
Alors, qui a vu dans la nuit...
Ils m'ont mis un vent.
-Je suis le seul qui vous parlera officiellement.
- Je suis délégué syndical. - OK.
Mais on va les interroger aussi.
M. le chef des dockers, Damien Berne, ami ou ennemi ?
-Ami depuis 20 ans.
Le voir promu était une fierté.
-Mais il devenait patron.
-Il se battait pour que tous les dockers soient en CDI.
Mon fils,
Tony, est le dernier à avoir été embauché en CDI
pour le remplacer.
Mais aujourd'hui, un gamin qui arrive comme docker
n'a aucune sécurité d'emploi.
-Je compatis, mais j'enquĂȘte sur un meurtre.
-Celui qui nous soutenait est mort.
Cherchez à qui ça profite.
-Berne a eu une altercation virile avec un cariste avant-hier.
C'est un conducteur
d'engin autoporté,
qui peut transborder des cargaisons et des containers.
- Oui, je sais. - ArrĂȘte.
T'es censĂ© me dire : "ArrĂȘte de faire la maligne.
"Tu viens de l'apprendre."
Et moi : "On sait tous ça."
-Le nom du cariste ?
-Personne ne sait, on l'a pas vu.
Mais ça va ĂȘtre facile, ils n'Ă©taient que deux ce jour-lĂ .
Nicolas Gerlier, employé il y a 6 mois.
Et Stéphane Danel, employé de longue date.
-Le nom de la compagne du mort ?
-C'est son beau-frĂšre.
OK, c'est pas gagné.
-M. Siquet...
Pourquoi avoir nommé Berne, ancien docker, directeur adjoint ?
-En tant qu'ancien docker,
on l'écoutait.
-C'est bizarre.
C'est quoi ?
-Aucune idée.
-Des chiffres et des codes.
-On dirait
des dates de livraison, des quais de déchargement,
et un mĂȘme numĂ©ro d'emplacement.
-Il est oĂč ?
- Je vous montre. - Allons-y.
-Il y a beaucoup de mouvements, un container lĂ , un autre demain.
-Un emplacement dissimulé mérite qu'on vérifie.
-C'est ici.
C'est bizarre.
- Quoi ? - Il manque les 4 lettres
qui désignent le propriétaire.
-Effacées !
Il n'est Ă personne ?
-Je comprends pas.
-On peut l'ouvrir ?
-Je reviens.
-Bonjour. Stéphane Danel ?
Capitaine Marchal.
J'ai une question.
Vous ĂȘtes-vous disputĂ© avec votre beau-frĂšre ?
-Non, on s'est jamais embrouillés.
-Non ? Donc, c'est Gerlier.
-J'ai pas dit ça.
-Comme vous étiez
deux caristes ce jour-là , c'est forcément l'autre.
Il est oĂč ?
-Le voilĂ .
- D'accord. - Viens voir les flics !
-Sans déconner ?
Merci.
-Ca méritait qu'on regarde.
-Stop !
ArrĂȘtez ! - Restez ici.
-Stop ! Stop ! Stop !
-Bougez pas !
-Oh ! Tu fais quoi ?
Oh !
Lùche ça !
Puisque tu m'as fait courir,
dis-moi pourquoi.
Pourquoi le fracasser ?
OK, amĂšne-toi.
Allez !
-C'est lĂ .
-Oh oh !
-Mais t'as fait quoi ?
Tous les cartons d'ici ont été déclarés perdus.
Du matériel high-tech.
-Explique.
-Berne stockait ce container maquillé au milieu des autres.
-Il se livrait Ă un trafic ?
-Le portable que vous avez piétiné appartenait donc à la victime.
D'oĂč sort-il ?
Pourquoi le piétiner ?
Et oĂč est le vĂŽtre ?
VoilĂ ce que j'en pense.
Vous avez tué Berne et volé son téléphone.
Et il y avait dans vos téléphones des infos sur votre trafic.
-Quel trafic ?
Vous vous trompez.
-TrÚs bien, je vous écoute.
On va commencer par vérifier votre alibi.
Et chercher
ce que vous cachez.
Et on va trouver, car on est trĂšs bons.
Je vous laisse réfléchir.
-Le commandant est lĂ ?
-Elle vient de partir
voir Olivia au port.
Mais je suis lĂ .
-C'est pas pareil.
-Vous ne voudriez pas impressionner la hiérarchie ?
Allez, balancez l'info.
-Les fadettes de Berne.
-Coups de fil, SMS...
Surtout avec Gerlier.
-Pour organiser le trafic.
-Ttt !
Gerlier a pas d'alibi. Et nous, pas de mobile.
-L'un d'eux voulait trop.
-Leurs comptes le diront.
C'est qui, ce numéro ?
-Un portable prépayé.
-Erwan va vérifier ça.
- Je le fais. - Tout doux, bijou.
Erwan va s'en occuper.
-Bien, capitaine.
- J'ai connu Damien ici. - Vous étiez docker ?
-Une des 1res femmes.
Il me soutenait.
Il m'a aidée à devenir capitaine de cargo.
J'ai sillonné
tous les océans du globe.
-Pourquoi vous vouliez arrĂȘter ?
-Pour fonder une famille.
-Et vous étiez amis ?
-Oui, depuis l'enfance.
-Selon certains documents,
Damien aurait été lié à un trafic de marchandises volées.
-C'est impossible.
Il aurait pas fait ça.
-Il avait tellement bossé pour avoir ce poste.
Il aurait risqué de le perdre,
vous croyez ?
-Je ne crois rien, j'écoute.
-J'ai fini de checker les comptes.
Berne était clean.
-OK.
-Mais Gerlier était débiteur.
Shakespeare
louait les hommes muets.
Et j'ajouterais :
surtout au lit. - OK.
-Normalement, la grivoiserie te fait faire ta tĂȘte de mec gĂȘnĂ©.
Ca va pas ?
-Si, capitaine.
-Tu veux pas ĂȘtre comĂ©dien ?
Si lĂ , tu vas bien, moi, j'attends la guillotine.
Je vois que t'es skuizh.
-Vous parlez breton ?
Non, ça va trÚs bien.
Le téléphone prépayé ne donne rien. Regardez.
-Belle esquive de Breton.
Essayons
d'appeler.
Numéro masqué. - Bon réflexe.
Et si ça répond ?
*-Quoi ?
-On doit se voir.
*-A 16h
*à la déchetterie. *Tonalité.
-Belle impro.
-Ben voilà . Je suis bon comédien.
-Je préviens Marchal.
-Voiture.
Déclic.
Mains en l'air et on descend.
VoilĂ . Face Ă la voiture.
Quand mĂȘme !
Allez.
C'est quoi, ça ?
-Notre numéro...
Seul Berne l'avait.
On sait qu'il est mort. On voulait enquĂȘter.
-Vous avez pas des bateaux Ă fouiller
plutĂŽt ?
Berne avait votre numéro ?
-Il bossait pour nous.
-Oh !
-J'ai parlé au proc
du manque de coordination entre services.
-Les douanes ont dĂ©rapĂ©, mĂȘme si Berne Ă©tait leur indic.
Ils l'ont contacté ? - Non, c'est lui.
Des clients avaient eu des vols dans les containers.
-Ca a donné quoi ?
-Rien, rien du tout.
Alors, ils lui ont demandé de surveiller pour eux.
-Pourquoi il n'a pas réglé ça en interne ?
-Il devait craindre de passer pour une balance aux yeux des dockers.
Et il voulait prouver à son patron son efficacité.
-Il a trouvé le container,
et le voleur l'a fait taire.
-Qui a voulu détruire son portable ?
-Gerlier.
Pourquoi il l'a pas dénoncé ?
-Pour ne pas salir la communauté des dockers.
Et le forcer à se dénoncer.
-En tout cas, Gerlier est muet comme une carpe.
Je l'ai laissé seul pour le faire craquer.
OK ? - OK.
- Vous avez vu Marchal ? - Il est lĂ .
-Merci.
J'essaie de te joindre.
Tu peux aller interroger le délégué syndical ?
-Oui. Pour les vols ?
-Il devait savoir.
Tu vas bouder longtemps ?
-Je sais pas, six mois.
-Oh...
-Hé ! T'as recommandé InÚs deux jours aprÚs nous avoir vus.
-Pur hasard.
Ca n'aurait pas été InÚs, j'aurais fait pareil.
D'accord ?
C'est humain de chercher un coupable
pour soulager sa colĂšre.
Mais pas juste.
C'est ça, c'est pas juste.
-Oh, c'est compliqué.
-Au vu de vos examens médicaux,
vous ne devez pas travailler.
-Je suis le 3e
en arrĂȘt maladie. On doit fermer ?
- Bonne ambiance ! - Calmez-vous.
- Je peux vous parler ? - Oui.
- Qu'y a-t-il ? - Oh...
Le toubib fait son job, mais un docker, ça bosse jusqu'à la fin.
-Ah oui.
-Je peux ĂȘtre cash ?
- Oui, carrément. - Le coupable
connaĂźt les combines.
-Expliquez-moi.
-Ben, déjà , il faut repérer un container vide.
- Oui. - Qui ne bougera pas.
-OK. On retire le code.
-Comme ça, il restera en place.
Malin, le salopard.
-Oui, mais il faut savoir déplacer un container.
Et dans les salopards qui savent faire ça,
il y a Gerlier ?
-Le gamin ? Non.
Il vient d'arriver.
Non, il faut ĂȘtre expĂ©rimentĂ©.
-Ah oui ?
-Franck, j'ai fait au plus vite, mais j'étais sur autre chose.
- Un mort peut attendre. - Evidemment.
Donc, qu'avez-vous ?
- Rien. - D'accord.
Mais encore ?
-En fait, je voulais vous dire...
-Faites un effort, je vous aime bien, mais...
-Moi aussi...
Berne est bien mort d'un coup de couteau.
-D'accord.
J'ai déjà vu ça.
-Il est récent.
Enduit de crĂšme.
- C'Ă©tait oĂč ? - Un symbole par feuille.
Une feuille symbolise l'amour.
- Mais non ? - Si.
Et il y a le respect, la santé.
- Merci beaucoup, Franck. - De rien.
-Incroyable !
-Léa, on a un problÚme.
Gerlier est pas le voleur.
*-Oui, je sais.
On se rappelle plus tard.
Je m'occupe de Gerlier.
Merci.
Je connais votre secret.
Voici le bras de Damien.
Relevez votre manche.
Vous étiez amants.
-C'était pas prévu.
Un coup de foudre.
Sa 1re fois avec un homme.
Et il a paniqué.
-Et dans son portable, il y avait des preuves.
-Tous nos textos.
Il y a des milieux oĂč c'est compliquĂ© de...
-D'afficher son homosexualité.
Surtout pour un non-célibataire.
Et concernant le trafic ?
-Je savais rien.
Je l'ai pas tué.
Je l'aimais.
-Olivia aurait pu avoir des doutes ?
-Il lui avait dit.
Elle a fait une crise.
Elle a pas supporté.
Elle est venue me voir.
Elle m'a menacé.
-D'accord.
-Donc, Olivia aurait joué la comédie ?
-Ca mérite de creuser.
-C'est une femme, ça se tient.
-Ca se tient ?
- Vous voyez. - Pas bien.
Eclairez-moi.
-Un homme ne pleurnicherait pas.
La femme est fragile.
-Je semble l'ĂȘtre ?
-Non.
- Je suis un homme ? - Non.
-Je préfÚre.
A demain.
-A demain, Mme la capitaine.
-Erwan.
-Oui ?
-Je vais ĂȘtre directe.
Un appel t'a déstabilisé.
-Hum...
-Voilà . Bon, ben ça, c'est fait.
-Un souci avec la banque.
-Oui, mes fesses.
-Pardon ?
-Mon cul.
-J'avais bien compris.
-C'est la mĂšre
de Linette ? - On m'espionne ?
-Je lis sur les lĂšvres. Fallait tourner la tĂȘte.
Bref...
On laisse pas les collÚgues galérer.
Si, un jour, t'as envie
ou besoin d'en parler, je...
Je suis pas loin.
-Merci, capitaine.
A demain. - A demain.
-Follow... follow me.
You've got to follow...
Follow me.
You've got to follow, fo...
Follow me.
-Tu chantes toujours aussi faux.
-C'est Ă cause du casque.
-Oui, évidemment.
Les enfants disaient vrai, tu fais des travaux.
Dis donc, je peux ?
-Oui.
-Ouh !
-Ce sera beau.
-T'as un échafaudage ?
-Je fais ça bien.
-Comme souvent.
La derniĂšre fois,
c'était avant... - De te quitter.
-Oui, ça marque.
-T'es pas venu
parler peinture ?
-Non, je suis venu te dire que j'avais été con.
Hein.
Pas hyper con, mais un peu con.
VoilĂ ... c'est fait.
J'y vais.
-Merci, Paul.
- De ? - Eh ben...
D'ĂȘtre venu, je dĂ©teste quand tu fais la gueule.
Salut.
Follow... follow me.
Je chante juste.
...
-Déjà là ? C'était 8h.
-Je voulais changer
d'habitude, juste pour vous.
Je suis toujours
en retard.
Les marins sont ponctuels, alors...
-On n'est pas des marins.
Bon, il y a du nouveau ?
-Oui, alors, j'ai réfléchi à ce que vous m'avez dit
sur les containers, et je vois qu'une solution.
Pour moi, la marchandise
a été volée entre le départ du quai et la zone de stockage.
- Impossible. - Pourquoi ?
-Les containers sont dĂ©placĂ©s Ă la vue de tous et sans s'arrĂȘter.
-Ca s'arrĂȘte jamais ?
- Jamais. - Jamais, jamais ?
-On peut vérifier la durée du trajet des caristes
entre prise et dépose.
-On va faire ça.
- Vous me suivez ? - Oui.
...
-Bonjour, messieurs.
Mlle Danel. - Bonjour.
-Vous ĂȘtes venue ?
-Je les aide. Chez moi, c'est trop dur.
-J'imagine.
On peut parler ?
Et...
Si vous me parliez de Nicolas Gerlier ?
Ca doit ĂȘtre dur de voir
son homme partir avec un homme.
-Il ne serait pas parti.
Tout allait s'arranger.
-On a eu accĂšs Ă ses mails.
Il vivait mal
votre relation Ă distance.
Au début, ça allait, mais il le supportait plus.
Vous avez arrĂȘtĂ©
votre boulot pour le garder, mais il avait rencontré quelqu'un.
-Non.
Il était paumé.
On a longuement discuté.
Il a compris que ça irait, il allait quitter Nicolas.
-Vous n'avez pas d'alibi et un excellent mobile.
Vous ĂȘtes placĂ©e
en garde Ă vue Ă compter du 16 octobre Ă 8h23
pour meurtre.
-Donc, avec nos deux suspects, on est dans une impasse.
Un mobile, mais rien de concret.
-Et Berne a pu changer d'avis
en parlant Ă Olivia.
Téléphone.
Oui, Franck.
*-LĂ©a ? Vous ĂȘtes lĂ ?
-Oui, Franck. *-Ah.
*Selon l'angle d'entrée du couteau,
*le meurtrier fait au moins 1,85m.
-Bel effort.
*-Merci qui ?
-Pas merci, car nos deux suspects mesurent
moins. - Merci, bye.
Mon suspect correspond. Tadam !
-Vous pouvez
expliquer ? - Oui.
La victime a fait
comme moi, il a vérifié les trajets des containers.
Danel mettait parfois plus de temps que prévu
pour amener la marchandise du cargo jusqu'au stockage.
Histoire de piquer tout ce qui l'intéressait à l'abri des regards.
-Super, bravo.
-Je m'occupe
de Danel, du coup.
-Il ferme la porte ?
-Oui, oui, apparemment, c'est la fin d'une époque.
-Danel devait payer un avocat
pour obtenir la garde de son fils.
-Si la douane le coinçait, il perdait la garde.
-Il avait donc intĂ©rĂȘt Ă faire taire Berne.
C'est quoi ?
-Le portable de Berne, réparé.
Regarde.
-J'appelle Marchal.
C'est parti.
- T'es rapide. - Merci.
-"Si tu me balances aux flics,
"je dis ce que t'as fait la nuit du 31 mars."
C'est pas joli, joli.
Vous le faisiez chanter. - Oui.
Je l'ai donc pas tué.
Je le tenais par... - Merci.
Il s'est passé quoi le 31 mars ?
-Je balance pas.
Ca m'innocente.
-Sauf si Damien a refusé d'obéir à votre chantage.
Je répÚte ma question.
Que s'est-il passé le 31 mars ?
-Les quais étaient fermés.
-Berne devait s'y trouver, mais pour quoi faire ?
-J'en sais rien.
- Pourquoi fermés ? - Pour la maintenance.
-Et le lendemain matin,
vous n'avez rien remarqué ?
-Je crois pas.
On avait refusé de décharger un cargo de bovins le 31.
Il a dĂ» repartir.
-Pourquoi ?
-Ils venaient d'Afrique pour un abattoir du coin.
Le local serait trop cher.
-OK ! Vous faites dans le social.
-Ben oui, aux cÎtés des agriculteurs et des ouvriers.
-J'aime bien l'idée.
Papa doit ĂȘtre fier.
La direction du port,
elle en pense quoi ?
-Ca gueule lĂ -haut. Normal entre patrons et syndicat.
-Oui.
Berne en pensait quoi ?
-Comme nous. Il a mené la lutte avant moi.
C'est bon ?
-Bien sûr. Merci.
- Bonne journée. - Oui.
-Que de changements : cheveux,
travaux... T'as de bons ouvriers ?
- Je fais tout seule. - Une femme
doit tout faire seule ?
-Quelle modernité, maman.
-Ca va pas réparer
un lave-vaisselle. - Pas faux.
J'y avais pas pensé.
-Alors, tu refais du vélo.
Ca ne va pas ?
-Si, c'est juste qu'en ce moment,
j'ai besoin de faire attention Ă moi.
-Nul n'a envie de vieillir.
Ca fait peur,
mais c'est la vie.
-Merci de me remonter le moral.
-Dis-moi ce qu'il y a.
-Euh...
InĂšs, la copine de Paul, est partie en Guyane.
Il me croit responsable.
-Mais tu es soulagée.
-Oui... Mais non, c'est pas ça.
C'est étrange, cette ambiguïté, aprÚs 15 ans de mariage...
De divorce.
C'est... bon...
Je me pose trop de questions.
- Mme Soler. - Oh, Mme le capitaine.
- "La" capitaine.
-Assez de "la" ! Etre une femme,
c'est pas ça.
Ce soir, je m'occupe de tout.
Au revoir, mon capitaine.
-Elle est folle, ma mĂšre.
Pardon, je vous écoute.
-J'ai eu l'abattoir, ils ont reçu les vaches d'Afrique le 31 mars.
-Déchargées au port ?
-Oui, et Berne a signé les bons.
-Il a fait fermer le port le 31
pour vider le cargo sans le dire.
- Ca y ressemble. - D'accord.
Je vais jeter ça. Merci.
-Un pote de l'abattoir m'a dit que Damien avait embauché
des gars de l'extérieur pour décharger le cargo.
-Vous en avez parlé ?
-Non.
Ca allait me servir contre lui.
J'ai rien dit.
-Il a fait d'autres actions de ce genre ?
-Non.
Il m'a juré que plus jamais il n'obéirait à Louis Siquet.
-Ah, d'accord.
Le patron du port se servait de lui
pour s'opposer aux dockers.
-Le patron a eu peur
que Berne le balance.
-Et donc, il le tue.
- On est d'accord. - Oui.
- Cool. - Hmm.
-Siquet fait 1,85m ?
-Il est plus grand que moi, donc oui.
-Donc, il fait au moins 1,60m.
- Ha ha ha... - 65.
-Ca va, oh !
-Dire que t'as jamais voulu me dire ta taille !
-Mais c'est pas important.
- Ben si. - Hmm.
-Oh, ben si.
-Vraiment ?
C'est important pour quoi ?
-Je sais pas.
Pour poser une étagÚre, c'est mieux.
-Ah oui, pour une étagÚre...
D'accord.
-Ben...
-C'était pas illégal.
On a juste contourné un blocage syndical.
-Surtout Berne.
-Vous lui avez confié
d'autres actes immoraux ?
-Non, pas vraiment.
-Parlez, on trouvera.
-Il y a le déchargement de maïs, avec des objectifs dingues.
Avant sa promotion.
-Le maĂŻs ?
-La procédure est longue,
il faut des protections spéciales pour le maïs OGM.
On perd du temps.
-Et du pognon.
Peu importe comment il réussit.
Il doit réussir.
-Je l'ai pas poussĂ© Ă ĂȘtre hors la loi.
Je suis clean.
-Pas sûr.
Complice involontaire,
ça existe. - Vous plaisantez ?
-On en a l'air ?
Il soupire.
-Et donc ?
-Déjà , donnez-nous tout ce qui concerne ce maïs OGM.
-Et vite, je suis pas patiente.
C'est le moment de me parler.
- Vous lĂąchez jamais. - Tu peux compter
sur mon amitié et mon harcÚlement.
-La mĂšre de ma fille part Ă Bordeaux avec son mec.
-Ah, merde.
Et avec Linette.
Elle me fait un bébé dans le dos.
J'organise toute ma vie autour de ça, et là ...
-T'as peur que la petite, loin de toi, t'oublie.
-A son Ăąge, elle va me zapper.
-On zappe pas son pĂšre.
Bordeaux, c'est pas loin, tu iras la voir souvent.
-Oui.
-Regarde ça.
Environ 60 cargos
livrent depuis 5 ans
du maïs OGM d'Amérique du Sud. - Oui.
-Voici les bons de déchargement.
-C'est indiqué "bio".
Signé de Berne.
Donc, ah...
Il modifiait les bons ?
-En bio, pas de protection.
C'est plus rapide.
Donc, plus rentable.
-Mais dangereux.
C'est ça, les arrĂȘts maladie du mĂ©decin.
Bravo ! T'es mariée ?
Elle rit.
- C'est moyen, mais bon... - Oui.
-On va faire avec.
*-Cinq dockers ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s
pour fibrose. *-C'est grave ?
-Pas si c'est pris Ă temps.
Mais il y a plusieurs cancers du poumon.
-Quand mĂȘme !
*-J'ai pas les noms, mais ils bossaient
*avec Berne. - OK.
Merci, Franck.
M. Coteaux !
Etes-vous atteint de fibrose ?
-Ben oui.
-Et on vous a soigné ?
Non, c'est vrai : un docker bosse jusqu'Ă la fin.
-Vous ĂȘtes toubib ? Quel rapport avec l'enquĂȘte ?
-En fait, Berne vous a laissés vous empoisonner
pendant les déchargements de maïs OGM. Regardez.
-Pourquoi ?
-Pourquoi...
C'est toujours pareil, il a pensé à sa carriÚre.
Un docker malade a trouvé les bons
et l'a tué.
-Non, impossible.
On n'y a pas accĂšs. - Mais qui
a accĂšs Ă ces infos ?
-Ben...
Uniquement mon...
-Je suis désolé.
Erwan, t'es toujours du cÎté sud ?
-M. Coteaux.
Parlez-moi
du maĂŻs.
-Allez-y.
-Je vous écoute.
-Avant-hier, un cargo de maïs est arrivé avec 24h d'avance.
J'avais le temps de vider le bateau.
Je l'ai fait.
-Berne Ă©tait oĂč ?
-Il était pas là pour traiter le bon.
Le capitaine
me l'a donné.
Je lui ai demandé pourquoi c'était pas du bio.
Il m'a dit
que c'Ă©tait le mĂȘme expĂ©diteur
de maĂŻs OGM.
-Vous avez compris la fraude.
Vous bossiez sans protection.
Vous avez fait le lien avec la maladie de votre pĂšre
et des autres dockers.
Il faut me suivre.
-L'enfoiré a pas nié.
Il devait tout dire pour qu'on soigne les malades.
-Il a refusé.
-Il était amoureux.
Il voulait pas aller en prison.
Il pensait qu'Ă lui, pas aux malades.
-Vous pouviez
le dénoncer.
Vous l'avez tué.
Vous irez en prison.
-Pour lui, la fibrose de papa
était de ma faute. - Pardon ?
-Je vérifie pas les bons que je signe.
J'avais confiance.
-Il vous a impliqué.
Vous ĂȘtes allĂ© le voir
pour lui en parler.
Vous vous ĂȘtes battus.
-Il a gagné.
Il m'a pas laissé le choix.
Je devais rien dire.
J'ai saisi le couteau.
Mon pĂšre va crever.
-C'est ça. Oui, c'est ça !
Allez ! Allez, encore !
Encore, oui, encore !
Allez, encore ! Encore !
Léa pousse des gémissements.
Oui ! Allez...
Oh... Oh...
C'est bon.
Oh... Oh... Oh...
Paul ? Tu fais quoi ?
-Ben, je...
Ah ! C'est un vélo !
Tu te remets pas Ă la compĂšte ?
-Tu vois...
J'ai besoin de me sentir en vie.
Je me suis inscrite aux Bosses de Provence.
-Aux Bosses ? C'est hyper dur.
T'as plus 20 ans.
-C'est-Ă -dire ?
-Non, mais pour les réflexes.
-AprĂšs 40 ans, on vaut plus rien.
-J'ai pas dit ça.
-Tu l'as pensé fort.
-Je viens t'enduire.
-De quoi ?
- Enduire ton mur. - Ah.
-T'as besoin d'aide.
-Il est quelle heure ?
-Il doit ĂȘtre 18h30, je pense.
- Sois parti pour 20h. - J'aurai fini.
- C'est moi, chérie. - Ah, tiens !
-Maman, t'avais dit 20h, il est Ă peine 18h30.
- Le temps de... - Bonjour.
-Bonjour, Paul.
Le changement, c'est pas maintenant.
-Maman, maman...
Pourquoi tu dis ça ? - Pour rien.
Je vois juste ton ex
à moitié nu chez toi.
Tu as le dessert !
-Oh, mais... c'est trop petit.
-Tu t'en sors ?
-Il est trop petit.
-Ca va ĂȘtre compliquĂ©, je crois.
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