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Alors, est-ce que la manière qu'on a de travailler vous dérange ou vous fait
peur ? Non mais c'est pas une question d'avoir peur, c'est juste que j'aimerais
bien qu'on travaille sur des textes qui existent déjà ou un truc comme ça, qu'on
ait un fil rouge. Qu'est-ce que vous pensez ? Peut-être un but ? Moi je
trouve que c'est bien comme ça, parce que quand on travaille librement, j'ai
des meilleures idées, donc j'aime bien.
Oui, mais on n'a pas tous autant d'imagination que toi. Moi, ça ne marche
pas pour moi. C'est juste ça. On est en pleine création encore, enfin.
C'est normal.
C'est sympa d'avoir de l'imagination, mais moi, en tout cas, personnellement,
je n'ai pas l'impression d'interpréter un personnage.
Oui, c'est vrai que j'ai peur.
Mais il n'y a pas de problème, je vais me faire en parler.
Peur, je trouve que c'est OK d'avoir peur. Moi aussi, j'ai peur.
Vraiment, j'ai la truie.
Vraiment, j'ai la truie qu'on n'y arrivera pas et tout.
Mais ce n'est pas grave parce qu'on est courageux, nous.
On a décidé d'être courageux, non ? Oui, on a envie de créer quelque chose
ensemble. Oui, c'est ça ? On arrive et c'est trop cool.
Allez !
Tu dessines bien.
Merci.
C'est quoi ce livre ? C'est du George Pataille.
C'est qui ? Un philosophe.
Tu dessines quoi ? C'est pour une nouvelle scène.
Ça va ? Je me sens pas très bien en ce moment.
Pourquoi ? Parce que mon frère s'est suicidé.
Je sais pas.
Salut. Salut.
Ah, t'as trouvé ?
Salut. Salut ma belle.
C'est une de tes copines là-bas ? Ouais, elle voulait juste mon avis sur une
scène qu'on est en train de travailler.
Avec la troupe, on écrit notre propre pièce.
Si tout le monde s'en mêle, en tout cas, ça va être n'importe quoi quand même.
Il faudrait quand même mieux de tout déléguer à celui qui sait à peu près
écrire.
Oui, c'est bon. Et toi ? Ouais, ouais, c'est tout bon. Ok.
C'est tout bon.
Donc tu parlais du théâtre ? Ouais, et bref, en fait, si tu veux, après, tous
les autres, ils sont partis dans l'ironie.
Et j'étais la seule à être vraiment là, en fait.
Ouais,
ça manque de maturité.
J'ai essayé de t'appeler plein de fois. Pourquoi tu m'appelles jamais ? Écoute,
moi, je préfère quand on se voit vraiment pour parler.
Ça va ? Bah, c'est juste plus pareil, quoi.
Enfin, Heidelberg, Heidelberg, pourquoi t'es pas allé à Zurich ou à Genève ?
Bah, écoute, c'est pas si grave.
T'as qu'à venir me voir.
Alors, je viens demain ? Non.
Puis t'es à l'école.
Tu dois aller à l'école.
Mais je vais plus à l'école, tu sais.
Et maman, elle dit quoi ? Ben... Maman, elle est triste que tu
sois partie.
Tu manques à papa aussi.
Et à moi aussi.
Hé, Esther ! Salut ! Ça va ?
Tu veux pas aller parler ? Plutôt une autre fois, on va usiner là.
Ça va ? Tu veux vraiment pas parler avec papa ?
Attends, attends, ça arrive.
Et voilà.
Oui ? T'as le bonjour de Mère Jamin ? Ah ! Il voulait pas me parler ? Il se
disait que tu voudrais pas trop skyper.
Et alors ? Qu'est-ce qu'il raconte ? Comment il va ? Il va bien.
Il t'a dit à quel séminaire il participait ?
Je ne me souviens pas de tout, mais il m'a parlé d'un cours sur le motif du
Liebestod chez Wagner.
Quand Juliette se réveille, elle voit que Roméo est mort.
Alors elle prend le poignard de Roméo et elle se tue avec ça.
C'est ça.
Et en quoi ce geste, justement, révèle-t-il le caractère passionnel de
cet amour ? Ça sert à quoi, en fait ? C'est pas un peu inutile et compliqué ?
Roméo se tue pour Juliette qui fait la morte et qui se tue après pour lui.
Franchement, c'est pénible, en fait.
Mais ça, c'est un autre débat. Je vous demande...
Réfléchissez à ce geste, au coup de poignard.
Pourquoi le poignard ? Il y a dans le geste de Juliette quelque chose de
profondément charnel.
Sarah ? En fait, Juliette, elle s'enfonce le poignard de Roméo dans son
corps et du coup, c'est un peu comme une scène d'amour physique.
C'est exactement ça.
Le poignard de Roméo y pénètre, Juliette.
Et c'est ce qui prouve que leur amour est bien charnel.
Et c'est Juliette qui a l'initiative de ce geste, oui.
En tout cas, ça passerait jamais comme pièce de théâtre aujourd'hui.
C'est beaucoup trop kitsch.
Ah bon, vous trouvez ? Tout le monde. Pourtant, ça parle d'amour, non ? Oui,
mais ce n'est pas l'amour qu'on peut ressentir, nous.
Vous imaginez si on se suicida à chaque fois qu'on tombait amoureux ? Ouais,
mais y a peut-être des sentiments bien plus grands que ce que t'es capable d
'imaginer. Ah oui ? Quoi, par exemple ? Ben, comme dans toutes les grandes
histoires d'amour.
Un amour auquel on soumet tout, même sa propre vie. L'amour de Roméo et Juliette
au départ, c'est un amour innocent.
Et en fait, ça devient tragique dans la pièce au moment où leur origine
familiale est dévoilée. Oui, il aurait dû se renseigner avant Roméo, en fait.
Bon, voilà, le débat est terminé.
Madame Filippena, je voulais vous demander, en fait, ce serait possible
que je fasse une maturité par correspondance ? Quoi ? Une maturité par
correspondance ? Ouais, parce que je me disais que je pourrais plus travailler,
plus me concentrer et plus écrire aussi, du coup.
Mais c'est pas possible.
C'est très rare, je sais même pas si ça se fait au niveau fédéral.
Sarah, vous feriez mieux de prendre un peu de distance avec les réactions des
autres, d'accord ?
Sarah ?
Tu
es malade ? Sarah
n
'ira pas à l'école aujourd'hui.
Pourquoi ? Elle a vomi.
dans ma chambre monica monica on y va
Ô frère, mon réconfort, dites-moi où est mon Seigneur.
Je me souviens très bien du lieu où je devais être et où je suis.
Où est mon Roméo ? C'est le poison, je vois, qui l'a fait mourir si
prématurément.
Tu as tout bu, avare.
Tu ne m'as pas laissé une goutte à mie pour m'aider à venir auprès de toi.
Mais je baiserai tes lèvres.
Il se peut bien qu'elle soit humectée d'encore assez de poison pour que je
puisse mourir de ce cordial ?
Tes lèvres sont chaudes.
Du bruit ? Bien, faisons vite.
Ô poignard ! Bienvenue.
Ceci est ton fourreau.
Repose-la.
Pour que je puisse mourir.
Sarah, arrête.
Tu fais peur à voir.
Regarde. Elle respire un tout petit peu.
Et là, elle sourit même.
Donc, c'est bon.
Tu crois que c'est drôle, Sarah ?
Je croyais que t'étais malade.
Mais ça suffit, Manon. Qu'est-ce que tu fais, ce cinéma ?
Quelqu'un est mort.
Et quoi encore ? Qui est mort ? Mon copain.
Ah bon ? Quel copain ? J'avais un copain et il est mort.
Il s'appelait Luc.
Pas Roméo ? Esthéra, qu'est-ce que tu fais ? Vous me comprenez.
Bon.
Encore une fois. Arrête ça ! Tu pars.
Ah bon ?
Tu dégages ! Bon, Esther, viens.
On part, hein ? On s'en va. Viens bouger.
Viens.
Voilà.
Maman... Maman, je suis dés...
Cowboy. Sans son cheval.
Sauvage.
L'enjoué.
Surjoué ? Testostérone.
Deux mille, non. Pauvre type.
C'est un Johannes qui n'a pas compris l'exercice.
Si, j'ai compris, mais j'ai pas envie d'être moi-même sur la scène.
Ça te dit qu'on travaille ensemble sur sa présence.
Bon.
Comment vous expliquer ?
L'exercice, il est là pour que vous preniez conscience de votre comportement
à partir du moment où vous vous sentez regardé.
Il y a la possibilité de fermer, de faire semblant qu'il n'y a personne,
mais il y a la possibilité aussi de regarder soi-même, au lieu que de se
laisser regarder.
On joue rarement seul.
Bon, on continue ?
Paysanne.
Un seul pleureur. Un ré.
Désespoir.
Fremde.
Inaccessible.
C'est juste.
N'est-ce pas ? Bourge.
Vieille fille.
Malheur d'être en pleine réflexion.
Et elle, c'est qui ? C'est Barbara.
Elle a été enfermée dans une tour par son père qui voulait la tuer parce qu
'elle croyait en Dieu.
Mais elle a réussi à s'enfuir et elle s'est cachée dans une fissure d'un
rocher.
Un bergeur l'a dénoncée.
Le père a traîné Barbara par les cheveux jusqu'au navire.
pour la donner au gouverneur romain.
Mais lui, il lui a coupé les seins devant tout le monde.
Tu crois que ça fait quoi ? D'être devant tous ces gens ? D'être découpé en
morceaux ? Papa ne sentait rien.
Il disait que la torture, c'était comme une caresse de plumes de porc.
Elle est morte ? Oui.
Mais avant qu'elle meure,
un ange est apparu et l'habillé dans une langue aux planches.
Il pleut et les marches sont glissantes.
La ville est sombre.
Aucune lumière n'est allumée.
On sent la panique.
La fille s'immobilise soudain dans un coin d'une ruelle et écoute fébrile.
Rien.
Puis, très très doucement, on entend une musique.
Une musique qui l'appelle.
Elle doit y aller, malgré le danger qu'elle sent dans l'atmosphère.
C'est pas lent, mais sur deux.
Elle ne contrôle plus rien.
Tout son corps est sous l'emprise de la musique.
Sous son emprise.
Et d'un coup elle comprend.
C'est le tortionnaire.
C'est une ruse. Pour qu'elle revienne à lui.
Qu'elle se rapproche encore.
Sarah ?
Tu savais que le tortionnaire peut jouer de la musique sur le corps des femmes
coupables ? Il joue sur elle comme sur un instrument.
Alice veut aller chez le tortionnaire.
Elle pense que c'est amusant, mais c'est dangereux.
C'est un collectionneur.
Il collectionne les parties de ton corps, et comme personne ne parle avec
lui, il est à moitié fou de solitude.
Il a une touffe de cheveux qui rebite.
Farah, quand tout le monde dort, que tout semble mort, Alors il se réveille.
Alice. Il ? Sarah. Oui, le tortionnaire.
Alice.
Ce qu'il préfère, c'est les seins.
Parce que c'est intime chez une femme.
Sarah. Chut.
Parle moins fort.
S'il nous entend, il nous tuera. Et ce sera nos seins qu'il contemplera.
Mais qu'est-ce qu'il fait dans le bureau de ton père ? Attends, attends.
Je travaille.
Que veux-tu que je fasse dans mon bureau si ce n'est travailler ? Mais assieds
-toi, je t'en prie.
Assieds-toi.
Fais comme si tu étais chez toi.
Alors que tu es chez moi. Ah oui, c'est vrai.
Tu es dans mon bureau.
Mon antre.
La salle que j'ai créée.
Dans laquelle j'ai apporté tout mon savoir.
Livre après livre. Oui, je les ai tous lus.
Du premier là avec la lettre A au dernier avec la lettre Z. Tous.
Dévorés. Et des fois, je les relis. Juste pour le plaisir.
Hein ? Je vais vous façonner.
Je vais vous apprendre. Vous montrer. Parce que moi, je sais.
La jeune insolente. Il faudrait l'éduquer aussi, Monica.
Ah oui, oui. Nous devrions penser à l'éducation. Oui.
Sais-tu lire, jeune fille ? Si toi-même tu ne sais pas lire, comment on le
pourrait-elle ? Il vient ? Il arrive.
Mais qu'est-ce que vous faites dans mon bureau ? Je vois vraiment pas ce qu'il y
a de drôle.
Mais... C'est pas un endroit pour jouer.
Mais qu'est-ce que vous avez besoin de prendre ces livres, enfin ? Ça, ça va
ici. Sortez, s'il vous plaît. Allez, c'est un endroit où je travaille.
Ça, ça va.
Ils sont tous sortis.
Allez ! Oui,
merci.
C'est pas mal, ces cheveux, comme ça.
C'est bien.
Ça fait bien, ça.
Voilà.
Le tortionnaire aime voir la douleur.
Il aime le sang et les larmes.
Il aime la nudité.
Il aime les jeunes femmes.
Il aime briser et détruire.
On a tous un tortionnaire en nous.
1. Entrez en scène de la martyr suivie par le tortionnaire.
Regarde la martyr vers le public.
Il devra participer.
Le public monte sur scène.
Allez ! Plus vite ! Deux,
le tortionnaire commence la torture.
Cordes, fouets.
Vas-y !
Trois,
les cris d'encouragement du public.
Encore ! Les coups plus brutaux, plus violents.
Silence obstiné de la martyre, elle endure.
Allez ! Plus fort !
Quatre,
hurlement de la martyre. C'est ça !
toute la violence du monde dans un cri.
Puis, tout s'arrête.
Ce que je propose, c'est qu'on parle de ce qu'on vient de voir.
Et soyez sincères.
Moi, honnêtement, j'ai pas compris.
Moi, pourquoi ? Enfin, je veux dire, c'était pas... C'était pas convaincant.
Enfin, tu peux pas faire du vrai comme ça sur la scène, ça marche pas.
Ouais, puis je trouve que c'est pas à une troupe de jeunes comme nous de
montrer ça.
Mais il y a des choses plus graves là dehors, il y a des choses plus graves
comme ça.
Est-ce que c'est une critique de la violence ? Parce que si c'est une
critique, pourquoi est-ce que tu reproduis la même chose ? Il n'y a rien
de critique là-dedans.
Et bien sûr qu'ils le
savent. Mais quand tu vois des choses comme ça, il y a un truc où ça te
bloque, tu vois, quand t'es spectateur, ça te donne pas envie de...
Je ne trouve pas que ça mène à une réaction positive.
Mais est-ce que ça te fait réaliser ? En tout cas, on ne doit pas avoir une
réaction positive. Voilà, voilà. Exact.
En tout cas, une chose positive, ce que je trouve dans ce travail, c'est que ça
fait, ça donne une réaction, ça provoque quelque chose. Ça, à la base, je trouve
ça positif. Après, ce que moi, je critique... Attends, attends, attends.
Non, non, non, je ne peux pas, je ne peux pas discuter. On discute, Ali.
C'est intéressant, cette discussion, elle est intéressante. Non, je ne vais
pas.
C'est très dommage parce qu'il y a de la qualité là-dedans.
C'est un processus, Alice.
C'est très très dommage, Alice.
Comment on sait si on est amoureux ?
Quand on prend des risques inconsidérés, ne
serait-ce que pour embrasser cette personne.
Quand on pense constamment à elle.
Quand on remarque un tas de détails.
Comment elle se tient, comment elle tient un verre.
Sa cheveline.
Maman, elle pense que l'amour comme dans les opéras, ça n'existe pas.
Qu'il peut être qu'inventé. Moi, je peux te dire que j'ai vécu un amour comme
toi. Luc et moi aussi, on a vécu un tel amour.
C'est pour ça que j'aime tellement cet opéra, parce qu'il parle de passion.
Qu'est-ce que tu fais là ? Je regarde.
T'as quoi sur la bouche ? Du scotch.
Tu veux venir jouer avec moi ? Non, je veux pas.
Touche pas.
Lâche.
Touche pas.
Tu veux ? Tu dois venir jouer avec moi.
Jouer avec moi.
J'ai besoin d'une clé pour ma chambre.
Pourquoi ? Parce que vous rentrez toujours quand je travaille.
Avec Alice, on prépare un grand truc au théâtre.
Je suis contente, t'es une copine maintenant.
Peut-être qu'on va pas rester dans la troupe.
Mais quand on s'engage dans quelque chose, il faut aller jusqu'au bout, je
trouve, non ? Faut qu'on fasse des choses vraiment libres, maman. Faut qu
'on se libère.
Mais se libérer de quoi, Sarah ? On va aller à l'opéra ensemble.
On va voir Tristan et les deux. Je pense que ça va lui plaire.
Mais oui, mais... Et ses parents, ils en pensent quoi ? Mais elle a pas de
parents. Elle a pas de frères et sœurs.
Elle est toute seule. Elle est indépendante.
Elle, au moins, on la laisse tranquille.
On respecte sa solitude.
Pourquoi moi, j'ai pas le droit d'être seule ? Pourquoi vous me laissez pas
seule ? Pourquoi moi, je peux pas aussi être seule ? Mais pourquoi ?
Salut. Salut.
Ça va ? Oui.
Et toi ? On y va ? Oh, à l'opéra ?
Oui, mais tu sais, pas réservé.
Pas réservé ? Oui, mais j'ai pas envie d'aller à Zurich sans savoir si on aura
une place.
Ok. On pourrait faire ça un autre fois.
T'as quoi ? Quoi ? T'es malade ?
Non, non, je ne suis pas malade.
T'es blessée ? Non, je ne suis pas blessée.
C'est quoi ça ? C'est des chuchots.
Des chuchots ? Oui.
On se voit au théâtre alors ? Non, tu sais, c'est pas mon truc en ce moment.
Je pense, ouais, je vais arrêter.
Mais Alice, on avait commencé quelque chose, faut qu'on le finisse.
On pourrait se voir juste comme ça ? Tu me montres tes textes ? Ok.
Bon ben, ben salut alors.
Quoi ?
Salut. Salut.
Bonne soirée.
Va t'asseoir.
Maman, elle dit qu'on mange. Oui, oui, oui.
Imagine que ton frère, ici présent, soit Siegfried, ton bel amour.
Imagine qu'il soit mort.
Parce que votre plus proche confident lui a enfoncé une lance dans le dos.
Et il a pu le faire parce que toi,
Tu lui as révélé la seule faiblesse de Siegfried en la marquant
sur sa cuirasse.
Tu le lui as indiqué pour le protéger.
Pour maintenant et malgré toi, tu es complice de ce meurtre, trahi par ce
confident infidèle.
Et Siegfried te manque.
Il te manque cruellement et cet amour immense, cette douleur extrême va se
transformer en... en... en rage ! C'est
pas compliqué quand même ! C'est un peu votre situation quand même, non ? Ah ben
tu dois savoir qu'elle est très très en colère que tu sois parti.
Ah ben oui parce qu'elle t'aime, elle t'aime, elle t'aime, elle t'aime, voilà.
Tu vois ? Regarde-moi ça, tu vois ?
Eh bien, cette magnifique femme t'adore.
Quelqu'un en qui tu as la confiance la plus aveugle a
assassiné ton frère.
Comment est-ce que tu te vengerais ? Mais je pense pas que je me vengerais.
Imagine, vraiment ! Là, ton frère, ton vrai frère !
assassiné par ton confident.
Comment est-ce que tu te mangerais ? Et la vengeance ? On peut se la
représenter, tu sais.
Est-ce que tu le suivrais au fond de la mort ? Non, parce que je le retrouverais
pas là-bas.
Pas pour le retrouver.
Pour te venger de ce confident infidèle.
Tu viens jouer avec moi à cache-cache ? Plus tard.
Esther, je te l'ai dit cent fois, je ne veux pas te voir ici. Pourquoi ? Parce
que c'est pas un endroit pour les petites filles. Allez.
Le repas est prêt, non ? C'est con de rester ici tous les trois.
Quoi, qu'est-ce qui est con ? Interrompre une belle conversation comme
celle-là juste pour ne pas être en retard pour le dîner, ça c'est con, oui
! Allez-y, allez-y, oh !
Mais c'est dommage.
Je trouve qu'elle te faisait du bien, Ramona, non ? C'est bon, je n'allais pas
encore me marier.
Je suis jeune, il ne faut pas se fixer trop tôt non plus.
Moi, je la trouvais sympa.
Tu sais, nous, quand on s'est rencontrés, on était encore très très
jeunes. Mais bon, pour nous, s'engager, ça avait encore du sens.
C'est bon de se retrouver tous à table, non ? Oui.
Vous n'invitez jamais personne ? C'est toi qui manque.
Je ne vais pas les inviter.
Vous ne sortez jamais ? Moi, j'aimerais bien, mais ton papa est toujours en
train de préparer je ne sais quelle conférence. Et toi qui me terrorise avec
ton premier abonnement pour le théâtre.
Oui, mais ça serait bien si on avait un abonnement. On sortirait plus souvent
rien que les deux. Moi, je suis nettement mieux ici chez moi.
Et tes cours au conservatoire ? C'est
difficile en ce moment.
Je peux pas jouer à cause de mon doigt.
Qu'est-ce que t'as fait ? C'est Sarah qui a coincé ce doigt dans la porte de
ta chambre, figure-toi.
De ma chambre ?
Oui, tu lui manques.
Mais c'est pas étonnant.
Elle n'a pas d'amis.
Elle est toujours là à la maison avec toi, à rejouer et imaginer le scénario
de Dieu sait quelle histoire.
Pardon ? Moi non plus, je n'avais jamais le droit d'inviter des amis à la maison.
C'est n'importe quoi.
Tu ne vas quand même pas prétendre qu'on t'interdisait d'avoir des amis, non ?
J'ai le droit d'inviter mes amis quand je veux. Eh ben oui. Rien de la chance.
Vous n'avez jamais accepté que j'invite un seul de mes copains à manger à cette
table.
Ben, Néman l'avait en vaisseau spatial.
J'avais 6 ou 7 ans et il planait sur notre jardin.
En vaisseau spatial ? Ouais.
Et bon, c'est ce qu'on a cru à l'époque.
On venait de voir Star Wars, on était assez impressionnés.
Ah mais non, mais attends, ça m'intéresse. Tu peux...
Tu veux le décrire peut-être ? Mais il n'y a pas besoin de le décrire.
On l'a vu tous les deux.
On sait très bien qu'il était là.
Et qu'est-ce qu'il en est sorti ? T'as raison papa, ça ressemblait vraiment à
un vaisseau spatial.
Et bon, ça devait être quelque chose d'autre évidemment.
Un ballon météo, un truc du genre.
Bon, Esther, je te laisse avec ces deux héros de l'espace.
C'est vrai que t'as dit à maman que ton copain était mort ? J'ai même raconté à
une copine que tu t'étais suicidée.
Mais tu peux pas dire ça.
C'est pas drôle. Tu peux pas raconter ça aux gens.
Ça leur fait peur, Sarah.
Si c'est comme ça que je le ressens.
Des fois, je comprends vraiment pas pourquoi tu inventes ce genre de choses.
Avant, toi et moi on inventait ensemble.
Quand on était enfant.
Maintenant c'est différent.
Allez, allez, allez, tu vas le louper. Vas-y, vas-y, vas-y, vas-y vite.
Ce n'est pas vrai, je ne serai plus là.
Je vais me suicider.
Si tu crois que tu te retrouves en mourant, que tu rejoins ton âme, tu te
trompes.
Il n'y a pas de retour à l'originale. Il n'y a rien après la mort.
Pas d'humain, pas de nature.
Pas de lune, pas de soleil, pas de mer, pas de terre.
Même pas d'abeille, tu vois.
Même pas d'abeille ? Qu'on a été piqués et qu'on a su que t'étais allergique.
C'est moi qui ai passé toute la nuit à l'hôpital avec toi.
Ah bon ? Je pensais que c'était maman qui était restée avec moi.
Non, non, c'est moi.
T'as failli mourir.
Je te respirais presque plus.
Une abeille te frôlait et t'étais mort.
J'ai fouillé toute la chambre, sous ton lit, les plis du drap, j'ai passé une
main dans ton dos, je t'ai même ouvert la boule.
Sarah ?
Les martyrs étaient torturés puis tués à cause de leurs croyances.
On pense souvent que c'est fini, le temps où l'on torturait les gens à cause
de ce qu'ils pensaient.
Pourtant, aujourd'hui encore, la torture continue.
Elle est plus discrète, moins spectaculaire, mais présente.
La torture, c'est le regard des gens, qui jugent, qui pensent tout savoir,
comme si d'un regard sur une personne, on pouvait prétendre la connaître.
Bonjour. T'as pas faim ? Non.
Voilà.
Je dois y aller moi aussi.
Tu l'accompagnes s'il te plaît.
Je peux la laisser seule.
Mais oui.
Bien sûr.
Esther, c'est moi qui vais devant.
Esther, Zou.
Tu sors, c'est moi qui vais devant.
Esther, c'est moi qui vais devant.
Non, moi je reste devant. Non,
elle n'a pas encore le droit d'aller devant.
Tu t'énerves autant, c'est complètement gamin !
Je lui ai envoyé un SMS qui disait qu'il la félicitait.
Du coup, ça me fait vraiment flipper.
Je suis allée ce matin faire le test, c'est pour ça que j'étais en retard.
Tu sais, c'est comme quand mon copain est mort.
J'en ai parlé à personne.
Quoi ? Sarah ?
J'ai parfois l'impression que mon père ne m'écoute pas vraiment.
Et quand j'essaie de lui raconter mes problèmes, il n'écoute que ça et regarde
encore plus son temps.
J'ai parfois l'impression qu'il ne m'écoute pas du tout.
Et quand il veut raconter quelque chose, il faut que tout le monde m'écoute.
C'est très important.
Il travaille beaucoup, mon père.
Il est tout le temps dans son bureau, avec ses plans et ses dessins.
Mais quelque chose qu'on ne fait pas tous les deux, c'est se marmer ensemble.
Il nous parle de ses nouveaux projets, on se débrouille et on écoute le
radio.
C'est super beau qu'il prenne du temps.
Mon père, depuis que je suis petite, tient un restaurant, toujours le même.
Beaucoup de mecs viennent boire tous les soirs, il les appelle ses amis, mais au
fur et à mesure des années, j'ai compris que ce n'était pas vraiment ses amis,
mais des gens qui venaient boire gratuitement.
Ça me rend triste maintenant quand je le vois avec ces mecs qui boivent.
Mon père, je l'adore.
Il est vraiment génial.
Et puis, on s'entend tellement bien.
C'est presque mon meilleur pote, quoi.
Et puis, quand il y a la saison de hockey qui commence, on supporte
Gautheron tous les deux et puis on va voir tous les matchs.
C'est des moments géniaux.
On passe notre temps dans les tribunes à crier, on crie, on supporte à fond et
puis... J'adore, j'adore mon père.
Mon père, ça peut être quelqu'un de formidable.
Quand il commence à parler de ces sujets scientifiques, c'est comme si tout le
salon était illuminé.
Mais malheureusement, il a de la peine à comprendre que ce qu'il fait, ça ne nous
intéresse pas vraiment.
Et pour éviter de le blesser, on ne dit rien.
et on fait comme si on était exalté par ce qu'il disait.
Mon papa s'est toujours occupé de moi avec beaucoup de tendresse.
Et quand j'étais petite, le soir, c'est toujours lui qui venait me coucher.
Alors il se posait sur le bord de mon lieu et il me racontait des histoires.
J'en raffolais, alors j'en demandais toujours plus.
Mon père vient souvent me chercher après le théâtre ou après l'école.
Et puis quand on est dans la voiture, il met cet opéra toujours le même de Wagner
et il chantonne avec.
Il a toujours cette mèche de cheveux comme ça qui rebique, qui ne reste pas
en place.
T'es le meilleur acteur du groupe.
Tu trouves ? Je retire aussi.
C'est vrai ? Tu fais de la danse ? Non, du taekwondo.
Si t'as un certain équilibre.
Pardon ? Si t'as un certain équilibre.
L'homme a besoin d'un être supérieur. Un être supérieur qui...
Lui, il s'en fiche de l'orgueil, de la bonté, du mal.
Il n'existe pas des gens comme ça ? Peut-être.
Je ne sais pas.
Je n'en ai jamais rencontré en tout cas.
À part moi.
C'est tellement cool.
Ça directe en ville.
C'est ça.
Parce qu'il fait quoi ton père ? D'ailleurs, Alice.
Elle devient quoi ? Je pense qu'elle est lesbienne.
Non mais c'est vrai.
Pourquoi tu dis ça ? Parce qu'elle m'a touchée sur la scène.
Quand ça ? Tu vois, pendant la scène du contact.
Elle est allée trop loin.
C'est le principe de l'exercice, de se toucher.
Mais là, c'était pas... C'était pas juste toucher comme ça.
Tu sais, l'exercice, on l'a fait plusieurs fois et ça n'a jamais été
comme ça. Je te promets, elle est vraiment allée trop loin. Ah ouais ?
Oui. C'est pour ça que tu as couru après ? Mais de toute façon, j'ai toujours dit
à Alice, Alice, elle va trop loin de toute façon.
Elle abuse toujours.
À mon avis, de toute façon, elle a trop d'orgueil pour faire du théâtre.
C'est vrai.
Avec cette théorie, comme quand il faut aller plus loin.
c'est magnifique
Désolé. On fait quoi ? On va se baigner.
Bah ouais.
Bonne minuit.
Allez, viens.
Allez, toi aussi.
Allez, Valérie.
Philippe. On s'en fout. On va tout droit dans la forêt. On se trouvera bien.
Ouais, mais t'es sûr ?
Qu'est-ce qui se passe ? Rien.
Qu'est-ce qui se passe ? Rien, il ne se passe rien.
Bien sûr.
Qu'est-ce qu'il y a ? Tu vois ? Tu as quelque chose ? Tu ne peux pas
comprendre, Romain.
Pourquoi pas ? Parce que personne ne comprend.
Quoi ? Tu as quelque chose ? Tu peux dire ?
Sous-titrage ST' 501
Ils ne poussent pas.
Elles laissent leur âge.
Elles ressentent rien.
Parce qu'elles n'ont pas besoin de ressentir des choses. Elles n'ont pas
besoin de vivre comme nous.
Nous, on n'arrive pas
à se comporter juste, à exister.
On a besoin de quelque chose de plus. Je n'ai encore rien dans notre tête.
Je veux prouver au monde que ça vaut la peine que j
'existe.
Les hommes ne vivent pas éternellement.
On
a
cette
certitude, on sait qu'on va mourir. La formation des montagnes en voltant l
'île.
Les planètes, l'or des planètes.
La physique.
Sarah ? Tu fais quoi exactement ? Ton costume ?
Je sais pas où il est.
Bon.
Je propose qu'on retourne au début.
Tu te fais une
montagne. Tu te fais une échelle avec les chaises.
Vous repositionnez.
Barbara, je ne peux pas jouer ma scène.
Est-ce que tu aurais juste du scotch et un marqueur ? Oui, oui, oui.
Dans mon sac.
Excuse-moi, c'est quoi cette histoire ? Je ne peux pas jouer ma scène.
Je ne veux pas la jouer avec Christina.
Votre scène est magnifique. Je ne comprends pas ce que tu dis.
On a la répétition générale.
Je ne veux pas en discuter. Tu vas mettre ton costume, tu te changes.
D'accord ? Bon, vous êtes à vos places.
Elles sont notées, les places ? Je crois que c'est bien de les noter, de les
noter, parce que sinon, vous allez... J'ai des bouts de scotch, si j'arrête.
Pourquoi Valérie, elle joue pas ? Valérie, ça fait trois fois qu'elle est
pas venue aux répétitions, elle a aucune idée de ce qu'on fait ici.
D'accord ? Mais c'est pas juste parce qu'elle a des problèmes.
Tout le monde a des problèmes.
Non, mais elle, elle a des gros problèmes parce qu'elle a couché avec
quelqu'un qui avait le sida et peut-être que maintenant, elle aussi, elle a le
sida. T'es sérieuse, Sarah ? T'es vraiment trop, trop conne.
Je peux pas t'occuper de ton propre truc.
Vous continuez.
On garde le calme.
Continuez, allez, allez.
Sarah, tu te changes.
Faut qu'on continue les répétitions.
Parce que j'ai pas encore retrouvé mon costume. Je sais pas où vous l'avez mis.
Et puis, les décors, ils ont pas été terminés pour le moment. Et puis là
aussi, la salle, c'était pas comme ça qu'on avait dit.
Et les projections aussi, elles sont pas en place encore. T'inquiète pas, ok ?
Tout va bien se passer. Viens, on fait une pause.
Non, mais non, parce que c'est pas en place.
Sarah, t'inquiète pas. C'est pas encore en place. On va s'en occuper.
Dès que je crois te reviens, on s'en occupe. Viens, assieds-toi maman.
Ça va ? Tranquille.
Ça va ? Ça va,
calme-toi.
Ça
va
aller.
Ça va aller, papa.
Ça va aller.
Ça va aller.
C'est parti !
Sarah, tu rentres à la maison, tout de suite, s'il te plaît. Bonjour, je suis
en retard. Tout de suite.
Allez, tu rentres maintenant, je t'ai dit.
Calmez-vous, monsieur.
Elle a 17 ans, elle n'est pas rentrée de toute la nuit, elle rentre maintenant.
C'est clair ? Oui, c'est clair. Très bien.
Tout va bien.
Elle s'est calmée, elle a un petit malaise. On y va.
Allez.
On y va.
Pourquoi ? Mais pourquoi tu penses à ça ? Pourquoi je vais me suicider ?
Oui, pourquoi ? Je veux suivre Luc dans la mort.
Mais c'est n'importe quoi.
Il n'existe pas.
Il n'a jamais existé.
Maman, c'est juste que je trouve personne à qui parler.
Personne qui comprenne vraiment.
Tu vas commencer une thérapie.
Ah ben voilà, typique.
Quand on comprend pas, on médicalise.
Elle va te dire bientôt que tu es dépressive et puis après elle va s
'aventurer un peu plus. Elle va te dire quoi ? Schizophrène peut-être ? Mais j
'ai pas dit qu'elle était malade.
On ne te forcera rien contre ton gré.
D'accord ? Raphaël, ce n'est qu'une enfant.
Comment tu veux qu'elle décide si tu la manipules ainsi ?
C'est plus une enfant merde !
Oh ! Mais je te
jure ! Pardon,
excuse-moi.
C'est pas ça.
Je lis, moi.
T'as pas à te préoccuper de nous, t'as pas à te laisser culpabiliser par ta
mère.
T'es libre de mourir ou non.
Tu penses que si tu me dis que t'es d'accord, je vais changer d'habit ? Non.
Non, non, ça va.
C'est pas du tout une stratégie dissuasive.
Si tu veux le faire, simplement... Fais le...
Je te demande simplement de le faire convenablement.
Alors, tu peux le faire dans un endroit où tu te sentes bien et tout, mais...
Je veux pas que tu le fasses ici.
Je veux pas que ce soit nous qui te trouvions.
Sarah affronte ces temps une phase difficile de sa vie, notamment à cause
de la disparition, enfin du décès de son amie.
Les répétitions de théâtre qui l'ont éprouvée, certaines blessures qui
étaient à peine cicatrisées. Enfin, vous comprendrez qu'elle est à fleurs de
peau, elle est extrêmement fragilisée.
Pour nous, je dirais qu'on est presque heureux et en tout cas soulagé de voir
que Sarah parvienne à exprimer.
cette tristesse et ce désespoir. Mais cela ne justifie absolument pas un
acte d'une telle agressivité. Nous sommes tout à fait navrés que quelqu'un
ait été blessé.
C'est tout à fait inexcusable.
Voilà.
Vous pouvez avoir l'assurance, chère madame, que ma femme et moi, elle comme
moi, nous nous efforçons de soutenir Sarah dans cette épreuve.
Chacun à notre manière.
Nous répondons à ce que nous reconnaissons être un appel au secours
de sa part.
Je vois bien que vous êtes des parents très présents à ses côtés, c'est sûr.
Sans ça, nous ne serions pas réunis ici pour essayer de comprendre la situation
actuelle.
Ce jeune homme, c'est à cause de lui que vous avez eu besoin de prendre un peu le
recul ces derniers temps ? Votre surcharge émotionnelle, c'est à cause de
lui ? Mais pourquoi ne pas nous en avoir parlé ?
C'est de ma faute, j'ai pas compris la gravité, l'urgence ni la douleur de
Sarah.
Ce décès l'a complètement déstabilisé.
Est-ce que vous avez pensé au service de psychologie ? Oui, nous irons voir un
spécialiste, mais il y a des longues listes d'attente et puis c'est vraiment
pas facile, donc... Votre douleur est immense, mais tout de même.
Ce n'est pas possible de mordre quelqu'un comme ça, ça ne va pas.
Sarah est une personne extrêmement sensible.
Elle est capable de se mettre dans des états particuliers dont l'intensité
dépasse la compréhension de la plupart des autres adolescents de son âge.
On ne peut pas demander à de jeunes comédiens de gérer un tel état.
On ne peut pas.
C'est des enfants encore.
Sarah, Benjamin veut te parler.
Merci à
tous.
C'est plus rigolo.
Arrête.
Arrête.
Ça nous embête. Arrête, Sarah.
Sarah, arrête.
au revoir
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