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HISTOIRE FICTIVE, TOUTE RESSEMBLANCE AVEC LA RÉALITÉ SERAIT FORTUITE
Dans le système judiciaire, les crimes sexuels sont considérés
comme particulièrement monstrueux.
À New York, les inspecteurs
qui enquêtent sur ces crimes
sont membres d'une unité d'élite
appelée unité spéciale pour les victimes.
NEW YORK UNITÉ SPÉCIALE
Voici leurs histoires.
Allez. Avance.
Oh.
J'ai parlé au médecin légiste...
désolé, monsieur.
- Vous travaillez ici ? - Attendez, capitaine.
Je dois parler à un inspecteur.
Je suis l'inspecteur Amaro.
Asseyez-vous ici.
C'est à propos de cette lettre que j'ai reçue.
Une lettre ? Asseyez-vous.
J'arrive. Oui, capitaine.
Sur votre bureau. Je vais vérifier.
Lâchez-moi.
Asseyez-vous, monsieur.
Suivez-moi.
Me touchez pas !
- Asseyez-vous. - Lâchez-moi.
Tu mens, sale connard.
- Elle délire. - Ça suffit.
Arrêtez. Asseyez-vous Toni.
Dites-moi ce que vous avez vu.
Il était au lit avec ma fille.
Vous ne craignez plus rien.
On vous emmène à l'hôpital.
C'était juste un câlin.
- Un câlin ? - Arrêtez !
Ça suffit. Asseyez-vous.
Calmez-vous !
Elle est folle.
Harold Lassiter, 75 ans.
Professeur d'anglais à la retraite.
- Son voisin l'a trouvé. - Un suicide ?
- Pourquoi on a été appelés ? - Il avait ma carte.
Il l'a prise sur mon bureau.
Il est venu au poste hier.
Hier ? C'était le bordel.
- Oui, je lui ai à peine parler. - Bien joué.
- Il voulait quoi ? - J'ai pas eu le temps de demander.
Cette lettre était sur son bureau.
Une lettre de suicide ?
Non, il l'avait avec lui hier.
Ça lui est adressé. "Vous avez trahi ma confiance.
Je ne pourrai jamais effacer les images de vos mains sur moi,
je ne vous pardonnerai jamais."
Et entre guillemets,
"Je suis perdu dans un océan sans fin."
Signé Curt. Aucun nom de famille.
"Je suis désolé", c'est une écriture différente.
Donc Lassiter reçoit la lettre,
décide de tout avouer et finalement...
décide d'en finir ?
Possible. Ou alors c'est l'œuvre de Curt.
NEW YORK UNITÉ SPÉCIALE
Harold Lassiter a enseigné
à la Manor Hill Academy pendant 30 ans.
- Retraité depuis 2002. - Manor Hill ?
L'école la plus huppée ici.
25 hectares dans Riverdale. Des courts de tennis.
Un pote a eu une bourse pour y rentrer.
- Une vraie chance. - Pas pour Curt.
On a trouvé une lettre dans l'appartement
qui évoque des abus. Écoutez ça.
"J'étais trop jeune et impuissant pour dire non."
Un des élèves de Lassiter ?
- Vous en pensez quoi ? - Il aurait été chez lui
et mis en scène son suicide ?
Il n'y avait aucun signe de lutte.
La légiste vérifie s'il a été tué avant d'être pendu
mais situe l'heure de la mort entre 21h et minuit.
Curt est une victime ou un suspect ?
Peut-être les deux. On doit le retrouver.
Comment ? On n'a pas son nom,
ni ses empreintes.
Demandons à Manor Hill
la liste de ses élèves.
Vous croyez que l'école
va accepter de parler d'abus sexuels ? Bon courage.
Merci. Et pendant ce temps, l'inspecteur Tutuola
va aller vérifier si son ami boursier
connaît Lassiter ou Curt.
MANOR HILL ACADEMY LUNDI 15 OCTOBRE
M. Lassiter a eu des centaines d'élèves.
C'était en quelle année ?
Aucune base de données n'existe ?
Curt avec un "C", c'est rare.
La prochaine fois, l'école organisera une conciliation.
Croyez-moi, vous avez mieux à faire.
Tout va bien, Rose ?
Ce sont des inspecteurs, M. Lennox.
Vous êtes le proviseur ?
Apparemment, oui.
Allons dans mon bureau.
Ceci est...
très troublant.
Si c'est vrai.
C'est arrivé dans d'autres écoles...
mais ici on est vigilants.
Je suis là depuis neuf ans,
je n'en ai jamais entendu parler.
Dans le cas contraire,
vous l'aurez signalé à qui de droit.
Bien sûr, c'est la loi.
De quand date ceci ?
On ne sait pas, elle était sur le bureau de Lassiter
quand on l'a retrouvé mort.
Que s'est-il passé ?
On attend le rapport du légiste.
Vous le connaissiez bien ?
Eh bien... il est...
parti peu de temps avant mon arrivée.
Je sais qu'on l'admirait.
Sans doute,
mais ceci contient de graves accusations
et on doit le trouver.
On vous aidera autant qu'on le peut.
- Fin, ça faisait longtemps. - Content de te voir.
Moi qui pensais que tu finirais en taule.
- J'aurais pu. - Bonjour.
Petit, il disait
qu'il aurait sa première voiture de luxe à 20 ans.
- J'ai été chanceux. - Intelligent surtout.
Une bourse pour Manor Hill !
Fin aussi aurait pu l'obtenir
- avec plus de travail. - Les blazers bleus
- ne me vont pas au teint. - Ça doit être pour ça.
Venez, asseyez-vous.
En parlant de Manor Hill,
connaissez-vous Harold Lassiter ?
Oui. C'était mon prof d'anglais, pourquoi ?
On l'a retrouvé mort hier.
Quelle était sa réputation ?
C'était un bon prof.
On ne parle pas de sa façon d'enseigner.
J'ai entendu des choses.
- On t'écoute. - Il était très affectueux.
Il faisait des câlins, ce genre de choses.
Il l'a fait avec toi ?
Il a essayé.
J'étais la cible idéale.
Un gamin boursier, content d'être entré.
J'allais pas tout gâcher.
Il vous a fait quoi ?
Il m'a massé les épaules
en me disant que ça allait me détendre.
Mais voyant que non,
il a voulu me masser ailleurs.
Je lui ai dit que si jamais il recommençait
je casserai son bras.
Tu l'as dénoncé ?
Non. Il avait raison sur un point.
Je n'allais pas tout gâcher.
Vous vous souvenez d'un certain Curt ?
Curt ? Non, pas dans ma classe.
On cherche à le retrouver.
Vous avez toujours accès au site de l'école.
Manor Hill m'a sauvée la vie.
J'y ai connu beaucoup de mes amis.
J'ai fait de grandes études.
Je fais partie du conseil.
Mais Lassiter...
a fait du mal à ce Curt.
D'accord ? Et peut-être à d'autres.
Ça restera entre nous, Damon.
L'école n'a pas a être au courant.
J'ai une liste
de tous les élèves depuis 1886.
Les équipes sportives, les clubs.
Pour Curt ? Voyez le club de théâtre.
C'est bien moi. Avec 30 kg de moins.
- Et plus de cheveux. - Votre prof de théâtre
- était Harold Lassiter ? - On jouait Billy Bud.
"Perdu dans un océan sans fin."
C'est ce qu'il dit dedans, non ?
- Je comprends pas. - Vous avez écrit ça ?
Oui, il y a longtemps.
Lassiter a porté plainte ?
Je l'ai jamais appelé.
- Je l'ai jamais approché. - Calmez-vous.
C'est donc bien votre lettre.
Mon psy a pensé que ça m'aiderait
d'extérioriser mes sentiments.
Se mentir à soi-même et tout refouler
ça nourrit notre dragon intérieur.
Il a tout nié, c'est ça ?
Vous étiez où hier soir ?
Je bossais pour mon groupe de soutien.
- Pourquoi ? - Car Harold Lassiter
a été retrouvé mort hier.
Quoi ?
Avec votre lettre.
- Mon dieu, que s'est-il passé ? - On ne sait pas.
On attend le rapport du légiste.
Je ne l'ai pas tué !
J'y ai pensé.
À cause de lui, je ne suis jamais sorti avec une fille.
Je suis tombé dans la drogue.
Avant de le rencontrer, je voulais devenir chanteur.
- Aujourd'hui, je promène de chiens. - Un prédateur comme lui
ne frappe pas qu'une fois.
Vous connaissez d'autres garçons qu'il aurait agressé ?
Dernièrement, j'ai commencé à en parler avec d'autres élèves.
C'est très grave.
Est-ce que l'un d'entre vous
- en a parlé à la police ? - Non !
On doit découvrir la vérité.
Lassiter était un pédophile notoire
et même s'il est mort...
enterrer votre dragon intérieur
ça ne sera bon pour personne.
Les hommes avec qui je parle ne sont pas guéris.
Ils luttent encore !
Si on pouvait leur parler,
on pourrait connaitre la vérité.
MURRAY HILL CENTRE SOCIAL LUNDI 15 OCTOBRE
C'est censé être une réunion
d'anciens élèves. Pourquoi des inspecteurs sont là ?
Écoutez les gars.
Ce qui est dit ici, reste ici.
Ce qui est dit à propos de quoi ?
Je suis content qu'il soit mort.
Mais on a rien à voir avec ça.
On enquête sur la mort de Lassiter
et sur sa vie.
Pour quoi faire ? Poursuivre un mort ?
Non. Mais on doit découvrir ce qu'il a fait.
Ceux qui étaient au courant et n'ont rien fait contre.
On n'a rien à cacher.
On a rien fait de mal nous.
Si je peux me permettre,
je fais ça depuis longtemps
et je comprends votre honte
et le stigma.
Mais cacher ce genre d'abus...
n'efface pas la douleur.
Elle a raison.
J'ai tout fait pour oublier pendant des années
et tout est remonté quand j'ai appris sa mort.
Il a commencé par...
on appelait ça comment déjà ?
Le lasso de Lassiter.
Il vous entourait avec ses bras,
vous empêchait de bouger et vous chatouillait.
Tu t'en souviens, Nathan ?
Je vois pas de quoi tu parles.
Vous mettez les échecs de vos vies
sur le dos d'un gars qui vous a chatouillé ?
Allez, salut.
Le lasso ?
C'était un test.
Si on riait, se laissait faire,
l'étape d'après c'était le massage.
Il disait qu'on avait trop de tensions
sur les épaules. Qu'on aurait des problèmes de dos.
Et si on se laissait faire,
il nous disait qu'une partie de son corps était tendue
et devait être massée.
Lassiter était un lâche. Il allait pas plus loin.
Avec Strepek, c'était dix fois pire.
Strepek. Un autre enseignant ?
Il m'a violé.
J'ai échappé à Strepek, mais...
Morton m'a eu par surprise.
Il a attendu que je sois soûl au bal de promo
pour proposer de me raccompagner.
Ces enseignants enseignent encore ?
Strepek est mort et j'aurais aimé le tuer.
Ce connard m'a filé des gonorrhées.
- Liv. - Excusez-moi.
Le légiste a fini l'autopsie,
Lassiter s'est suicidé.
Et Mercer alors ? Dans les vestiaires ?
Il s'est fait toute l'équipe de natation.
Rien ne nous oblige à rester.
Mike.
Jonathan, Ken.
Soyez les bienvenus.
Si.
On doit rester.
Lassiter n'était pas un prédateur isolé.
On parle de 30 ans d'abus sexuels,
on a déjà 12 victimes.
Quatre professeurs étaient des agresseurs en série
sous l'ancien proviseur.
Un tableau effrayant. D'autres agressions depuis ?
- Non. - On a une victime
- de moins de 23 ans ? - Non, mais...
Ok, chaque état a des lois différentes.
Certaines de ses agressions ont-elles eu lieu durant
un tournoi sportif ou un voyage
- dans le Connecticut ? - Vous avez déjà
- penser à arrêter le café ? - Non.
Vous êtes là pour quoi déjà ?
Écoutez-nous un peu.
Merci.
Il est peu probable que l'administration
n'ait rien su de ses abus.
Peu probable ?
On est loin du doute raisonnable.
Vous êtes allés à l'école ?
Il n'ont pas été très coopératifs.
Pour avoir les noms, on a dû aller voir
un ami boursier qui siège au conseil.
Ok, attendez. Lassiter s'est pendu.
Les autres travaillent encore ?
L'ancien proviseur et Strepek
sont morts.
Mercer est en Thaïlande,
enfin, c'est là-bas
qu'on envoie ses chèques.
Mais Morton...
enseignant encore il y quelques années.
Donc ses agressions peuvent
tomber sous la loi New-Yorkaise.
Il ne l'admettra jamais.
Dîtes-lui que vous savez.
Pour se sauver, il pourrait trahir Manor Hill.
Dans ces écoles, il y a une insularité,
une culture du secret et de l'auto-préservation.
Si vous voulez faire tomber ces murs,
sortez l'artillerie lourde.
Ah oui, tous mes anciens élèves.
Il y en a eu tellement.
Difficile de se rappeler.
Vous avez arrêté d'enseigner il y a six ans.
Vous ne vous souvenez de personne ?
Quelle année ?
Eli Fromson, 1992.
Il nous a dit que vous l'aviez invité à boire des verres.
C'est charmant, non ?
J'adore venir ici et construire.
Je joue les chefs de gare. Ça m'aide à oublier.
Vous voulez oublier quoi ?
Ce qui s'est passé avec Eli ?
Eli était une de mes stars...
ainsi que David et Charlie.
- Trois garçons ? - Oh, plus que ça.
Cambridge c'était merveilleux.
On parle de Manor Hill.
C'était avant ou après Chosin ?
Chosin ?
Vous parlez de la guerre de Corée ?
Je croyais qu'il était mort au combat.
Mais on n'a pas pu tenir la position.
C'est l'heure du thé.
Bonjour, M. Tompkins.
Merci d'être venu.
Asseyez-vous, juste ici.
J'arrive tout de suite.
Qui est-ce ?
Un ancien enseignant de Manor Hill.
Il veut parler.
C'est Walter Tompkins.
Aucun élève ne l'a mentionné.
Vous avez travaillé à Manor Hill ?
Pendant 40 ans.
Je suis toujours en contact avec beaucoup d'élèves.
J'ai entendu dire que vous enquêtiez sur certains évènements.
Oui. Certains professeurs sont accusés d'agressions
sexuelles sur des élèves.
Agressions sexuelles...
deux mots qui ne devraient jamais être associés.
Quelqu'un m'a mentionné ?
Auraient-ils dû ?
J'ai eu des relations avec des élèves.
Deux dernières années.
Et j'ai noué des liens affectifs avec un troisième.
D'accord.
C'était quand ?
Fin des années 70, début 80.
Une autre époque.
Vous ne comprendrez pas.
Mais je ne fais pas ça pour me confesser.
Nous n'avons rien fait de mal.
Nos relations étaient...
chaleureuses, spontanées, attentionnées.
Quel âge avait ces garçons ?
17, 18 ans.
C'est plutôt pratique, non ?
Vous avez trahi leur confiance
mais savez qu'on ne peut plus rien faire.
Je ne fuis pas mes responsabilités.
Pourquoi êtes-vous là ?
Mes actes ont pu avoir de graves conséquences.
Si certains considèrent que je leur ai fait du mal,
si vraiment c'est le cas,
ça les aidera peut-être de me voir, d'en parler
ou de partager leur colère avec vous.
Quelqu'un à Manor Hill était au courant
que vous couchiez avec des élèves ?
Non. C'était des relations privées.
La sexualité était taboue.
Ils auraient été rejetés si on en avait parlé.
Maintenant, on en parle plus librement.
Certains anciens élèves m'ont envoyé des mails
où ils me parlent de relations sexuelles sous contrainte.
Ça m'a horrifié.
Donc, vous, vous n'étiez pas au courant ?
Lassiter, Morton,
- Strepek, Mercer. - Non.
Je m'en veux beaucoup, certains de mes élèves ont été abusés
et je n'ai rien vu, je ne les ai pas protégés.
Merci, M. Tompkins.
M. Tompkins ? Pourquoi lui ?
C'était notre prof préféré.
Il est venu nous faire des aveux.
Il a couché avec des élèves.
J'ai parlé à 25 victimes.
On ne m'a jamais parlé de lui.
D'après lui, l'école devait savoir.
Bien sûr, ils se protègent.
Tompkins n'a pas de preuve et nous non plus.
Donc vous classez le dossier ?
Il n'y a pas de dossier. Lassiter et Strepek sont morts,
Mercer à l'autre bout du monde et Morton sénile.
Je continue de recevoir des mails de beaucoup de survivants
qui ont refoulé leurs peines.
On n'en avait jamais parlé.
C'est arrivé à plus d'élèves qu'on le pense.
C'est scandaleux, je suis d'accord.
Mais on ne peut que poursuivre l'école
s'ils étaient au courant et n'ont rien dit.
Ils savaient.
Mon père leur a dit.
- Quoi ? - Quand j'ai eu mes gonorrhées,
mon père a suspecté Strepek.
J'ai dit que c'était rien
mais il est allé à l'école
faire face au proviseur.
- Celui qui est mort ? - Oui.
Votre père peut le confirmer ?
Il est mort.
Je témoignerai.
- Si ça va jusque-là. - L'école s'y opposera.
J'ai envoyé une pétition au conseil.
Leur avocat a menacé
de me poursuivre pour diffamation.
Procédé légal.
Ce n'est pas un crime.
Je ne veux pas les punir.
Ça les tuerait de reconnaitre
qu'il s'est passé quelque chose de mal ?
Des excuses ça suffirait.
Il a raison.
S'ils s'excusaient se serait un moyen pour eux d'avancer.
Ça peut être vu comme un aveu de culpabilité.
Qui ouvrirait la porte à toutes les poursuites.
Ils préfèreront faire front.
Un violeur n'a pas a présenté d'excuses alors ?
Passons à l'attaque.
L'adjoint du procureur qui veut voir le proviseur.
Voilà l'artillerie lourde.
J'ai invité Brett Forrester,
le président du conseil.
Et votre avocate. Bonjour Mme Calhoun.
Ravi que vous preniez ça au sérieux.
Prenne quoi au sérieux ?
Je ne sais pas ce qu'on fait là.
Écoutons-les, Brett.
On a parlé à une vingtaine
d'anciens élèves de Manor Hill
ayant été agressés sexuellement ici.
Selon eux.
Et ils auraient attendu 30 ans pour le dire ?
Le traumatisme laissé
par ce genre d'agression
peut bloquer une victime très longtemps.
C'est aussi invérifiable et manipulable, c'est pourquoi
le délai de prescription a été mis en place.
Il ne s'applique pas si l'école était au courant,
c'est de la non-dénonciation.
Si vous aviez des preuves,
vous ne viendriez pas à la pêche aux informations.
À moins d'être venus pour une demande précise ?
Pour commencer,
les victimes demandent des excuses.
Pardon ?
Ça les aiderait à avancer
que vous reconnaissiez leur douleur.
Ça les aiderait surtout à vous poursuivre.
Je suis désolé pour leur souffrance.
Mais comprenez
que notre école et sa réputation sont en jeux.
Votre réputation ?
Parlez à vos conseillers,
mieux vaut régler ça avant
- que ça vous explose à la figure. - Ça suffit.
Mon grand-père, mon père, mon fils et moi-même
sommes diplômés de Manor Hill.
Quatre générations. On a façonné des génies
en matière d'arts, de sciences, de politique.
Et vous avez créé des victimes
qui ont enchaînées les déceptions relationnelles,
les échecs, les dépendances,
je pourrais continuer.
Ils boivent et finissent divorcés ?
La vie est ainsi faite.
Ces ratés essayent simplement
d'excuser leur attitude déplorable.
On veut que Manor Hill fasse enfin ce qui est juste.
Ce qui est juste, c'est protéger cette institution.
Maintenant, si vous voulez bien nous excuser,
on a une grande réception à préparer.
Beau campus.
Petit, j'allais à l'école dans le Bronx,
j'aurais tout donné pour venir ici.
Vous n'avez pas eu de bourse ?
Les seuls qui en obtenait
étaient des athlètes.
Pour être franc, c'était une perte de temps.
Je suis procureur, pas guérisseur.
En tant que procureur,
vous ne voulez pas continuer ?
Des crimes ont été commis ici.
Nous le savons.
Leur avocate dit qu'on part à la pêche aux informations ?
Alors, allons-y.
Curt veut prouver qu'un père
est bien aller se plaindre.
Vincent nous a donné accès à son dossier médical.
Il a eu une MST quand il était ado,
il est prêt à en témoigner.
On pourrait contourner
le délai de prescription.
Il faut prouver que l'école a reçu une plainte
sans la signaler et continue de cacher ces abus.
Il y a quoi contre nous, tous les témoins
sont morts, c'est ça ?
Le père de Vincent, l'ancien proviseur, Strepek.
J'ai peut-être une piste.
J'ai regardé les newsletters
de Manor Hill et j'ai découvert que Strepek
était parti, il y a neuf ans.
Il n'avait pas 60 ans.
C'est jeune pour cette école.
Ils étaient peut-être au courant et l'ont poussé à démissionner.
En tout cas, ils n'en n'ont parlé à personne.
Regardez.
Deux mois plus tard, il le félicitait pour ses nouvelles fonctions
dans une école publique de Harlem.
L'étau se resserre.
Allez y faire un tour.
Ramenez-moi de quoi convoquer un jury.
Benjamin Strepek.
Il était hautement recommandé par Manor Hill
et a atterri dans notre petite école.
J'aurais dû m'en douter.
Ça n'a pas fonctionné.
Je l'ai renvoyé un mois après son arrivé.
Pour quelle raison ?
Certains élèves l'avaient vu
avec un mineur dans les vestiaires.
Il était trop proche de lui. Rien ne s'était passé
mais j'ai eu un mauvais pressentiment.
Et le mineur ?
Il était mal à l'aise.
Il a dit que c'était des cours particuliers.
Dans les vestiaires.
Oui. J'ai appelé Lennox
et il m'a dit qu'il me rappellerait.
Je n'ai eu que sa secrétaire
qui m'a dit de suivre mon instinct.
Je l'ai renvoyé aussitôt.
Vous dites que Manor Hill l'avait recommandé ?
Ça oui. Je vous ferai parvenir une copie.
Merci.
MANOR HILL ACADEMY. MERCREDI 17 OCTOBRE
Inspecteurs, ceci est un évènement privé.
- Ce sera pas loin. - Voici une assignation.
Pouvons-nous aller discuter dehors ?
Si vous voulez, mais prenez ça.
Ceci est une propriété privée, sortez.
Tenez, une invitation pour rencontrer le grand jury.
C'est du harcèlement.
Plutôt une partie de pêche.
GRAND JURY - NUMÉRO 5 JEUDI 18 OCTOBRE
Proviseur Lennox,
avez-vous envoyé cette lettre
recommandant M. Strepek
- à une école publique de Harlem ? - Oui.
Je n'avais pas travaillé avec lui
mais il avait une très bonne réputation.
Mais quand la principale
a voulu vous parler,
vous n'avez pas rappelé.
C'est possible. J'étais occupé par mes nouvelles fonctions.
Donc ce n'était pas car vous aviez
omis de lui parler de vos doutes sur le fait
que Strepek soit un prédateur.
Bien sûr que non.
Je n'étais au courant de rien.
Je venais d'arriver.
Vous avez donc recommandé un homme
sans l'avoir rencontré.
Les membres du conseil
vous ont-ils dit qu'un de vos élèves
avait porter des accusations
d'abus sexuels contre
ce M. Strepek ?
Non.
Sinon je n'aurais jamais écrit cette lettre.
Vous avez dit à la principale
de se fier à son instinct.
- Que vouliez-vous dire ? - Rien.
De faire ce qui, selon elle, était le mieux.
Elle vous a parlé
de M. Strepek, pas de l'école.
Il n'était peut-être pas à sa place.
Car c'était un prédateur.
- Non. - Il a quitté Manor Hill
avant sa retraite.
Il n'y était pas à sa place ?
- Je ne sais pas. - Ou vous refusez de le dire.
Comment ça se passe ?
Personne ne dit rien.
Ils sont très prudents.
Le jury doit se poser des questions.
Vous n'avez pas besoin de moi.
Oh que si. Vous êtes mon témoin phare.
Vous devez parler des attouchements, de la MST,
de la confrontation avec votre père.
Ça changera toute la donne.
Super.
Oui, je connaissais Ben Strepek.
C'était le prof de mon fils. Un grand intellectuel.
On n'était pas amis
mais il semblait se dévouer à son travail.
Pourquoi l'avoir poussé à démissionner ?
On ne l'a pas poussé.
J'ai son dossier personnel.
Il y est inscrit qu'il a reçu une compensation
pour son départ.
Étiez-vous là quand le conseil l'a décidé ?
Évidemment que j'étais là.
Que s'est-il passé ?
Il y a neuf ans,
je siégeais dans 15 conseils différents,
dans trois zones différentes.
C'est pour ça qu'on fait des rapports.
Ces rapports semblent avoir disparu
du dossier concerné.
Je suis président, pas secrétaire.
Mais vous saviez qu'au moins un parent
avait accusé Strepek d'agression sexuelle sur son fils.
Je ne le savais pas et je n'y crois pas.
Il a pris tout le monde
de haut, comme si on était des vermines.
Le jury ne va pas le rater.
Où est Vincent ?
Il n'est pas là.
Il était juste ici.
On s'en charge.
DOVER HOTEL JEUDI 18 OCTOBRE
Vincent !
Attendez.
Où est Vincent ?
Lui c'est Fred.
Il est là.
Ici l'unité spéciale. Envoyez une ambulance.
Ils ont retrouvé Vincent
dans un hôtel avec de la drogue.
Les médecins espèrent qu'il ira mieux demain.
- Merveilleux. - Il a merdé
à cause de ce qu'il a subit.
C'est bon pour vous.
On a aucune preuve concernant son père
et Vincent a perdu toute crédibilité.
On a besoin de concret.
Et les gonorrhées alors ?
Son dossier le prouve.
Ça ne culpabilise personne.
Vérifions le dossier de Strepek
pour voir s'il en avait une ?
Ça c'est intelligent.
Le jury pourrait faire le lien.
Mais ces dossiers sont confidentiels.
Il nous faut la permission
- de ses proches. - On s'en charge.
BUREAU DE ADA RAFAEL BARBA VENDREDI 19 OCTOBRE
Strepek n'a plus qu'un proche vivant.
- Un cousin au second degré. - Et ?
Il était bizarre mais voici le dossier.
Il a bien une des gonorrhées,
trois semaines avant celle de Vincent.
Notre nouvelle meilleure amie.
Désolée de casser l'ambiance.
- Mme Calhoun. - Vous lisez le dossier
médical de Benjamin Strepek.
- Vous êtes rapide. - Manor Hill est appréciée.
Ce dossier est confidentiel.
Son plus proche parent a dit oui.
D'après le code civil, section 4 504, alinéa C.
"On ne peut divulguer
les informations d'un défunt
si cela risque de nuire à la mémoire
de ce défunt."
Voilà ce qu'on a remis au juge.
C'était un plaisir.
Donc on ne peut rien dire
car on déshonorerait sa mémoire ?
- C'est une blague ? - C'est la loi.
- Une loi obscure mais une loi. - On va faire quoi ?
Dire que ça ne s'applique pas.
Ce que Strepek a fait était honteux.
Pas si on sort l'information de son contexte.
Vous pensez que ça l'est et moi aussi.
Mais ce professeur, Tompkins,
a dit que coucher avec ses élèves
était chaleureux et affectueux.
Il doit dire ça devant le juge.
Donc on va induire que...
violer de jeunes garçons c'est moralement acceptable.
Pas violer.
Il a dit que c'était de l'amour, que c'était consenti.
Perdre une bataille pour gagner la guerre.
COUR SUPÉRIEURE - PARTIE 21 LUNDI 22 OCTOBRE
Je sais que les temps ont changé.
Certaines choses sont mieux comprises aujourd'hui.
Je comprends beaucoup plus de choses.
Comment ça ?
Je pensais que les relations
entre professeurs et élèves n'étaient
pas forcément inappropriées
si les sentiments étaient sincères.
J'étais peut-être naïf.
Je ne voulais faire de mal à personne.
Mais était-ce courant dans cette école
les relations entre profs et élèves ?
Ce n'était pas condamné comme ça l'est aujourd'hui.
- Merci. - Vous nous dites
que ce genre de relations n'avaient rien de honteux.
Je n'ai jamais eu l'impression que c'était honteux.
Alors avez-vous annoncé
publiquement ces relations ?
Bien sûr que non.
Pourquoi, si ce n'était pas honteux ?
C'était privé.
Vous aviez honte, votre honneur,
cet argument ne tient pas la route.
C'est quoi la suite ? M. Barba
va faire témoigner un cannibale
qui viendra nous dire que manger des choses est bon pour la santé ?
On parle du comportement de l'époque
par rapport au sexe mais aussi du fait
qu'il semblait prévaloir à Manor Hill.
Sinon, comment expliquer que pendant toutes ces années,
il n'y ait eu aucun rapport le mentionnant ?
Ça devait être courant.
Arrêtez, on n'est pas au théâtre.
Maître Calhoun, je suis d'accord avec vous.
Rendre public ce dossier,
peu importe comment vous présentez
les actes; nuirait à la mémoire du défunt.
Le grand jury peut continuer
mais sans tenir compte de ce dossier.
Je suis désolé pour tout ça.
C'était instructif.
On n'a pas terminé.
Je crois que si.
Vous serez heureux de savoir
que l'école va bientôt faire un communiqué sur cette histoire.
Vous allez assumer vos responsabilités, parler des abus
et des dégâts causés ?
Il n'y a pas eu d'abus sexuel.
Il y avait un ver dans la pomme.
Votre témoin. Tompkins.
Votre bouc émissaire est la seule personne
à avoir eu du courage et n'étant accusé par personne.
Un bouc émissaire ?
Vous l'avez entendu,
il a avoué lui-même.
Je suis...
consterné qu'il ait travaillé pour nous.
C'est une chose atroce.
Je suis vraiment contrarié.
Un article vient de sortir.
"On a appris qu'un pédophile
avait sévi dans nos rangs il y a des années.
L'école regrette qu'il ne puisse pas être poursuivi."
Donc tout va bien,
- tout va revenir à la normale. - C'est bien joué.
Ils se servent de ça pour étouffer l'affaire.
Comment Barba compte riposter ?
Il est ouvert à toute suggestion.
J'ai un des étudiants avec qui Tompkins
a eu des relations.
Il a lu l'article et veut venir nous voir.
Vous allez arrêter Tompkins ?
Non, ça fait trop longtemps.
Je suis désolée si vous vouliez témoigner.
Contre lui ?
Je veux l'aider.
Je croyais qu'il avait couché avec vous.
J'avais 18 ans.
J'ai su que j'étais gay à 6 ans.
C'est très dur.
Walter m'a aidé à l'accepter.
Mais on a rencontré d'autres élèves
qui eux n'ont pas réussi à accepter ça.
Ce n'était pas avec Walter.
Il y avait un autre professeur, Strepek ?
On en a entendu parler.
Strepek.
Je sais pas comment... mais il a découvert
ma relation avec Tompkins.
Je suis devenu une proie facile.
Il est venu et s'est frotté contre moi.
Je l'ai raconté à ma mère.
Elle a écrit une lettre à l'école pour leur en parler.
Vous auriez une copie de la lettre ?
Non.
Mais ils ont répondu par courrier.
Signé par un membre du conseil, Forrester.
- Brett Forrester. - Oui.
Quel connard.
Y-a-t-il une chance que votre mère ait gardé la lettre ?
Je ne sais pas.
Vous avez répondu ceci à une mère
vous ayant dit que son fils avait été agressé sexuellement.
"Votre fils a certainement mal compris
ou a exagéré ce qu'il s'est passé
entre lui et son professeur.
M. Strepek a un comportement et
une réputation irréprochables."
Vous avez dit au jury ne pas être
au courant des agissements de Strepek. C'est un parjure.
Je peux la voir ?
C'était il y a 28 ans, comment m'en souvenir ?
Et là ça vous revient ? C'est pratique.
Essayez donc de prouver le contraire.
Et je peux vous dire ceci.
Strepek n'était pas un prédateur sexuel.
Comment vous pouvez en être sûr ?
Je le connaissais et mon fils aussi.
C'est votre fils, Nathan ?
Oui, d'ailleurs je lui avais parlé de ça.
Il m'a dit que ce gosse était un pleurnichard.
Il vous a dit que c'était faux ?
Oui. Mon fils suivait ses cours.
Vous croyez que je l'aurais
laissé si cet homme était un prédateur ?
Et où est-il ?
Il vit dans la maison d'ami, pourquoi ?
Nathan, ce sont des inspecteurs.
On s'est rencontrés.
Il y a quelques jours
avec d'anciens élèves.
Je sais pas pourquoi vous y étiez.
On enquête sur des abus sexuels dans votre école.
Un nom a été cité après votre départ.
Un de vos anciens professeurs, M. Strepek.
Je leur ai parlé de ce que tu m'as dit
le jour où on a reçu cette lettre.
Vous vous en souvenez ?
Pas vraiment.
Il aurait agressé sexuellement certains de vos amis.
Tout ceci est faux.
Vraiment ? Et vous ne savez pas
pourquoi vous étiez invité à cette réunion ?
Aucune idée. C'était ridicule.
Donc vous vivez ici, tout seul ?
Quel est le rapport ?
Votre fils ne travaille pas
dans les affaires familiales avec vous,
- n'est-ce pas ? - Je ne vois pas
le rapport.
Vous faites quoi dans la vie ?
Je...
- j'écris des chansons. - Super.
On peut les entendre ?
Je ne les ai pas encore diffusées.
Je vous inviterai à son concert.
Maintenant, ça suffit. Partez.
Pas tout de suite.
La première fois qu'on vous a rencontré
vous nous avez parlé des gens ayant de petites vies minables.
- Et ? - Êtes-vous déçu
que Nathan ne travaille pas avec vous,
qu'il écrive des chansons chez vous
que personne ne chantera ?
Ça ne vous regarde pas.
Si, si ça concerne Benjamin Strepek.
Il a déjà répondu
à ces accusations ridicules.
Je vais vous le demander une dernière fois.
Êtes-vous sûr que M. Strepek
n'a violé aucun élève ?
Dis-leur encore une fois,
qu'il puisse s'en aller.
Et quoi, papa ?
Non, tu as raison.
Il vaut mieux ne pas salir le nom de Manor Hill.
Cette école. Manor Hill.
C'est tout ce qui a toujours compté pour lui ?
C'est important pour lui, il a fait de belles études.
C'est vrai, Nathan ?
Oui, enfin, les premières années.
Ensuite j'ai eu M. Strepek.
Et après, mes résultats
se sont écroulés,
comme le reste d'ailleurs
Est-ce tu m'as déjà regardé ?
Suffisamment pour t'apercevoir de ce qu'il se passait ?
C'était un prof sévère.
Il te mettait au défi.
Oui, il l'a fait.
Je pouvais pas te le dire.
Tu m'aurais traité de tapette, comme pour celui
dont la mère t'avait écrit.
Et je parle pas de ton école !
Ta si précieuse école.
C'était il y a longtemps. Je m'en souviens pas.
Nathan.
Les choses changent. Ils ont envoyé un chauffeur.
Comment ça va ?
- Mieux. - Vous venez ?
On ne va pas manquer ça.
Aujourd'hui...
notre école entame son processus de guérison.
On va parler de ce qu'il s'est passé,
apprendre de nos erreurs
afin que ça ne se reproduise plus.
Ce ne sera pas facile...
Satisfaite, inspecteur ?
Oui, je le suis.
Le grand jury peut peut-être
accusé certains d'entre eux.
On ne pourra pas obtenir de condamnations.
Mais ça n'a jamais été le but.
Le président du conseil, M. Forrester.
M. Forrester.
Rien ne pourra effacer tout le mal
qui a été fait ici.
Mais on tentera d'aider et de soutenir
les victimes de ces actes.
On va lancer une enquête
sur les responsables.
Pour ce que ça vaut,
je vous présente au nom de Manor Hill,
toutes mes excuses.
HISTOIRE FICTIVE, TOUTE RESSEMBLANCE AVEC LA RÉALITÉ SERAIT FORTUITE
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