All language subtitles for La.Crim.S05E05

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Original subtitles

Vous l'avez reconnu tout de suite ou bien vous vous ĂŞtes dit ?

Je compte sur la crime pour gérer cette affaire avec tact, histoire de préserver

de bonnes relations avec l'épiscopat.

Commandant, messieurs.

Un meurtre dans une église, on aura tout vu, donc... Je croyais que ça fermait la

journée. Non, ici, c'est porte ouverte.

Le curé fait dans le social, il s'occupe de SDF.

Bon, il paraît qu'il s'entend pas toujours avec la police, alors quand il

sera là, confine pas. T'inquiète pas, on va pas se laver les mains dans le

bénitier.

Un sac à main en cuir noir à bandoulière, situé à environ 8h40 du

coude gauche.

La victime est de sexe féminin, 1m65 environ, et je dirais 25 ans.

L'absence de rigidité cadavérique fait remonter la mort à moins de 3 heures,

une blessure au niveau occipital vraisemblablement causée par un objet

contondant.

La victime était agenouillée lorsqu'elle aura été frappée par derrière.

C'est pas vrai. Il était où le bon Dieu, là ? Oh, il n'a jamais cessé d'être à

ses côtés, voyez-vous.

Une religieuse ? Oui.

Sœur Céline, de la Congrégation des Petites Sœurs de la Pitié.

Bon, alors, l'organiste est arrivé vers 17h30. Il se rappelle pas avoir vu

quelqu'un. Il est monté directement sur son perchoir pour répéter une messe de

bac. Je me demande pas laquelle.

Et c'est en redescendant une heure après qu'il a découvert le corps.

J'imagine que vous n'avez rien entendu.

Non, bah, avec l'orgue, fallait pas espérer de miracles, hein.

Platon curé de choc, bon courage.

Mon père, commandant Valon de la brigade criminelle.

Mon père, c'était une de vos fidèles ? Oui, oui, elle venait assez

régulièrement, surtout après la messe de 7h30, pour prier seule avant de se

rendre Ă  son travail, quoi.

Elle travaillait ? Oui, pour une association de bienfaisance, je crois.

C'était une sœur apostolique.

Ah oui, comme sœur Emmanuelle.

Et des milliers d'autres.

Leur foi, elles la vivent pas dans un couvent, mais au milieu de la

population, parmi les gens, pour les aider.

Je vous remercie, mon père.

Oui, elle était encore novice. Elle devait bientôt prononcer ses voeux.

Quelle tristesse.

Et savez-vous oĂą elle habitait ? Oui, dans le quartier. Je dois voir son

adresse au presbytère.

Il y a un problème, mon père ? Non, attendez.

Sur l'autel, il y a toujours un chandelier.

Vous ne l'auriez pas vu, non ? On a vérifié les deux entrées, côté parvis,

côté square. Évidemment, entre les nounous, les joueurs de pétanque,

personne n'a rien remarqué.

A priori, on ne se méfie pas des gens qui rentrent et qui sortent d'une

église. C'est con, ce n'était pas le jour de la soupe du curé. On a eu des

témoins ? Tiens, en parlant des SD dont il s'occupe, il y a un certain Max.

Il paraît que quand il est bourré, tout le monde craint. D'ailleurs, le marchand

de journaux l'a dans le nez parce qu'il prend son kiosque pour une salisette. Et

il est oĂą, ce Max ? Habituellement, il squatte le parvis, mais lĂ , impossible

de mettre la main dessus.

Si quelqu'un l'aurait vu il y a une heure, il en tenait une sévère.

Tenez, l'adresse de Sœur Céline.

Elle vous a aussi marqué l'adresse de sa congrégation.

Le siège est en or et noir.

Merci, mon père Bon, dites-moi, ce soir, vous devez avoir une célébration

pénitentielle là, afin de préparer Pâques. Alors, je suppose que dans ces

conditions, même une veillée funèbre n'est pas envisageable. Nous ferons en

sorte que vous puissiez dire la messe de demain matin.

Qui peut vouloir tuer une religieuse ? Vous disiez que Sœur Céline s'impliquait

totalement dans vos activités en faveur des déshérités de la paroisse.

Ben oui, la semaine dernière encore, elle avait participé à la distribution

de colis alimentaires. Vous n'avez pas souvenir d'un incident ? Non, non, non,

non, non !

Sachez, commandant, que nous rencontrons beaucoup plus de difficultés avec les

commerçants de la place qu'avec les sans-abri.

L'étalage de la pauvreté nuit aux chiffres d'affaires.

Quand on recueille n'importe qui, il ne faut pas s'étonner qu'un jour il y ait

une merde.

Ah, monsieur le curé, nous cherchons à localiser un certain Max.

Oui, c'est ça, un SDF, un suspect.

À défaut de charité, vous avez le sens du raccourci dans la police. Oui, mais

nous, on n'a pas de préjugés. Tout le monde est suspect, d'accord ? Mon père,

nous ne pouvons négliger aucune piste, même si ce Max n'a rien fait, il a pu

être témoin de quelque chose. Bon, ben, alors vous essayez le fouiller du marais

là-près de la République.

Il y est parfois.

Bon, alors, attends, excusez-moi, mais par voici Ă  m'attendre. Au revoir.

Au revoir, monsieur.

Bien, sœur Céline, louez une chambre chez un particulier, Muriel Bretonneau,

8 cités, Vautrin.

Bon, Fred, Cisco, vous y allez.

Je me demande si c'est encore d'actualité les trois voeux des

religieuses. C'est quoi déjà ? Chasteté, pauvreté... Tu ne peux jamais faire du

dernier merde.

Ça ne m'étonne pas.

Obéissance. C'est ça, oui.

Ça fait six mois que je lui loue la chambre.

Enfin, je la lui soulouais. Vous comprenez ? Oui, au black.

Ne vous inquiétez pas, on n'est pas le fisc. J'ai qu'un salaire de secrétaire,

c'est pas facile.

Il y a 15 jours, Céline m'avait prévenu qu'après ses voeux, elle retournerait

vivre dans sa congrégation.

Mais je... Non, on ne sait rien.

Céline Rouillet-Bordeaux. Elle était là-bas ? Oui, il me semble, oui.

Vous ne parlez pas de sa vie ? Sa famille ? Vous savez, elle était plutôt

discrète là-dessus.

Et puis pour tout vous dire, elle n'était pas beaucoup là.

Elle dînait rarement ici.

Elle rejoignait d'autres sœurs dans le 20e pour prier.

Quand elle revenait, moi je dormais. Le matin, elle était déjà à la messe. Elle

recevait jamais personne ici ? Ça arrivait, mais vous dire qui ? Moi, c

'est qu'elle avait le contact facile.

Les gens aimaient bien lui parler.

Elle en avait de la passion.

Centre Vivier, aide à la réinsertion. C'est là qu'elle travaillait ? Oui.

Un vrai sacerdoce. Elle y passait ses journées. Parfois, même les week-ends.

Mais bon, c'était son truc, aider les autres.

Ah, excusez-moi.

Madame, c'est les Bretonneaux.

Encore pardon pour le dérangement.

Pas du tout.

Dites, j'en fais quoi de ces affaires ? Ah bah vous les gardez, on va prévenir

la famille.

Bon, on a localisé Max, donc on va y aller.

Merci beaucoup, au revoir. Madame, mademoiselle.

Bien d'après notre légiste patenté, il s'avère impossible de déterminer avec

exactitude ce qui du violent coup porté à la tête ou de la rencontre brutale de

celle-ci avec le sol a entraîné la mort de Sœur Céline.

Bon, ça change quoi ? Le but de la manœuvre, c'était de la tuer. On lui a

rien piqué, alors. En effet, Capitaine Scandella, mais ajoutez au fait que l

'arme du crime est probablement le chandelier manquant, tout ceci nous

invite à penser que nous n'avons pas affaire à un meurtre prémédité.

C'est vrai que c'était extrêmement risqué, n'importe qui aurait pu rentrer

dans l'église à l'improviste. On a retrouvé l'oiseau.

Il n'y avait que ça en priant et encore du sang. J'ai trouvé, c'est à moi !

Putain, ta gueule, il y a que cette poire par terre ! D'or ! Il a au moins 3

grammes d'alcool dans le sang, ce con, on n'avise pas son corps. Il tient Ă 

peine debout, je le vois mal frapper sur Céline, enfin.

Ce ne sera pas la première fois qu'un alcoolo pète les plombs.

Il va tout nous raconter, hein ? On ne comprend rien Ă  ce que tu dis, rien !

Je vais donner Ă  manger aux poissons.

Putain de merde, putain de con ! Allez, allez.

C'est ça, donner à manger aux poissons ? Oui.

Tu veux pas essayer le pressing, plutĂ´t ? Ah, laisse tomber.

Il est naze, allez, voilĂ .

Qu'est-ce qu'il y a qui va pas, toi ?

J'en peux plus, Jean-Louis.

Ça fait deux jours qu'on attend les résultats de la biosynthèse de Mario.

J'en peux plus. Du temps, ces trucs-lĂ .

Arrête, j'arrive même pas à les joindre par téléphone. Je sais pas, moi, ils...

Ils refont les tests, c'est pas possible autrement.

Arrête de vous emberger, ça sert à rien. Jean-Louis, c'est plus facile de

récupérer l'ADN d'un meurtrier aujourd'hui. Je t'en prends pas. Qu'est

-ce qui se passe, Cisco ? Vous avez vu le problème des sauvages ? Le

dégueulateur, il en est où, là ? On l'a mis dans une cellule de dégraissement

avec une bassine. On l'interrogera demain. Moi, je passe mon tour.

Tu as le temps de prendre un verre ? Ah non, non.

Ce soir, je peux pas.

D'accord.

T'as d'autres projets, je peux comprendre.

Bon, écoute, mes projets ce soir, c'est de rentrer et de dormir.

C'est ça, bonne nuit.

Et embrasse Marc pour moi.

Bon, allez, ça suffit.

Enfin, Alec, je te dis que ça sert à rien d'aller à la clinique.

Non, ça va, faut pas abuser. Moi, je vais te les booster, tu vas voir, ils

vont me filer les résultats.

AllĂ´ ? Ah oui, bonjour docteur.

Oui ? Oui, vous avez les résultats ? Il ne marche pas.

AllĂ´, excusez-moi, je n'ai pas entendu ce que vous avez dit. Oui ? Oui ?

Bon.

Merci, au revoir.

Au revoir docteur, merci.

Tout va bien ?

J'ai entendu la sirène, je me suis tiré. Pas con, j'allais pas vous attendre.

Et avant, vous n'avez rien vu ? Non, je vous dis, quand l'autre pinpin s'est

pointé pour jouer de l'orgue, j'ai émigré au square.

Bac, ça me file le bourdon, surtout quand c'est joué par un cochon. Bon, si

tu pouvais nous épargner ton côté mélomane. J'étais assis sur le banc, je

me suis levé pour aller... Le chandelier était par terre dehors. Je l'ai

ramassé. J'ai cru que je pourrais en tirer quelque chose.

Je vous jure, c'est vrai ! Croix de bois, croix de fer, six mots, j'ai en

enfer ! Avec un petit arrĂŞt Ă  freine.

J'ai rien fait, Evrogène.

Bon, d'accord, elle me brisait menu à vouloir me sauver de mes démons, mais j

'aurais pas touché la cornette. Bref, t'as rien fait, t'as rien vu, mais je te

signale quand même qu'on t'a retrouvé avec l'âme du crime.

Combien de fois faut vous le dire ? Il était dehors, par terre.

Un truc qui me revient.

Pendant que j'étais sur le banc, il y a quelqu'un qui est passé devant moi. Il

venait d'où, ce quelqu'un ? De l'église.

Oui, c'est ça même, qu'il courait.

Je crois bien qu'il avait un truc avec lui.

Un cartable ? Ouais.

Non.

Une sacoche en cuir.

PlutĂ´t noir.

Et lui, il était comment ? Rose avec des rayures vertes ? Non, pas du tout.

PlutĂ´t grand.

Il est passé vite, il était pressé.

Pour le portrait robot, c'est pas gagné.

Si on n'a pas d'autres témoins, on peut aller brûler un siège.

S'il vous plaît, vous auriez pas une petite fille ? Ah ouais ? Je te dis,

choisir une poussette, c'est plus difficile qu'une voiture.

Regarde, t'as deux roues, quatre roues, six roues, des fixes, des modulables, t

'as vu, il y a même des décapotables.

Voilà, c'est tout à fait ton style, ça. Oui, c'est ça.

Ah, mademoiselle, est-ce que sur Pascal, c'est bien au troisième étage ?

Merci. Bonne journée à vous aussi.

Ça doit bien être pour ça.

Avance.

Bon, alors, il est où, cet agenda ? Déjà, avec Céline, on était dépassés,

mais alors sans elle... Je sais pas comment on va faire.

Le bénévolat, ça vous tente ? Oh, vous savez, moi, le bénévolat, ma sœur...

Appelez-moi Pascal.

Je savais bien qu'il était par là.

Quand Céline nous a rejoint chez les Sœurs de la Pitié, elle m'a redonné

espoir. Elle avait une telle détermination.

Elle disait que sa vie avait pris tout son sens le jour oĂą Christ l'avait

appelée. Dites-moi, les rendez-vous de hier après-midi de Sœur Céline sont

barrés. Et ils ont été reportés à vendredi.

Pourtant pas son genre d'annuler au dernier moment.

Et c'est bien son écriture.

Je peux malheureusement pas vous aider.

Hier, j'étais dans ma congrégation toute la journée.

Dites-moi, qu'est-ce qu'elle faisait exactement ici ? Son stage de fin de

novicia.

Un premier contact avec la vie apostolique.

Elle aidait nos pensionnaires dans leur recherche de réinsertion. Et vos

pensionnaires, ils sont juste délinquants ou aussi toxicaux ? Ex

-toxicomanes. Et tout se passait très bien.

On peut voir les dossiers qu'ils traitaient ?

Il en manque.

Elle les aura pris avec elle et ils doivent ĂŞtre dans sa sacoche. Sa sacoche

? Oui, sa sacoche. Elle la trimballait toujours avec elle. Je l'ai offerte

quand elle est arrivée ici.

Vous ne l'avez pas trouvée ?

Madame

le juge ? Madame

le juge ?

Commandant le marchand. Ah oui, je vous rappelle, l'affaire Varro.

Que me voulent-vous l'honneur, commandant ? Oh, ma démarche est quelque

peu inhabituelle, voyez-vous, mais je viens d'être informé du prochain

transfert de Camille Varro dans un centre spécialisé pour non-voyants. Vous

n'êtes pas sans savoir qu'elle a manifesté le désir de retourner vivre

chez elle. Pour ĂŞtre tout Ă  fait franche, je trouve cette demande

prématurée.

Cette jeune femme a perdu toute autonomie, n'a plus de famille.

Le centre est la solution la plus appropriée.

Et... Pour ma part, j'ai du mal Ă  concevoir que Mme Varon veuille revenir

à l'endroit où elle a failli être tuée. Je comprends tout à fait vos réticences.

Néanmoins, je pense sincèrement que sa demande est légitime.

C'est elle qui vous envoie ? Non, non, je suis ici de ma propre initiative.

Commandant, en relâchant M. Rougerie, vous avez réagi de façon tout à fait

logique.

Personne ne pouvait imaginer qu'il allait s'en prendre Ă  elle. Vous n'avez

rien Ă  vous reprocher.

Non, mais ce ne sont ni les remords ni la culpabilité qui me poussent à...

J'ai aidé la cause de Camille Varro.

Non, non, mais je souhaite simplement qu'on tienne compte du désir d'une femme

qui a déjà beaucoup souffert et puis je pense aussi que notre devoir est d'aider

les victimes dans la mesure de nos petits moyens.

Vous savez que je ne peux pas prendre cette décision sans consulter au

préalable les médecins. Tout à fait, j'en ai bien conscience et je voudrais

ajouter que je suis prêt à me charger de tous les problèmes d'ordre pratique.

Je note.

Et si Max disait pas de conneries et qu'il avait vraiment vu le meurtrier

sortir de l'église avec la sacoche de Sœur Céline ? Mais qu'est-ce qu'il y

avait dans cette sacoche ? D'après ce qu'on en sait, les dossiers de certains

toxicodes ont s'occupé Sœur Céline.

On attend la liste des noms et la photo pour les montrer Ă  sa coloc.

Peut-ĂŞtre qu'il y en a qui venaient chez elle et qui connaissaient ses habitudes.

Enfin, a priori, elle était là pour les aider, non ? Un ex-camé, ça reste un

camé. Quelqu'un d'imprévisible.

En tout cas, vérifiez ce qu'elle faisait hier après-midi.

Parce qu'on a quand même annulé tous ses rendez-vous.

Mais qu'est-ce qu'il a poussé à rentrer dans les ordres cette fille ? Ses

parents sont tradis ou quoi ? Pas vraiment non.

PlutĂ´t le genre bobo.

MĂŞme maintenant ils lui en veulent.

Le marchand ? Le marchand ? Vous fredonnez ? Moi je fredonne. Ah oui vous

fredonnez lĂ .

Peut-être que vous attendez un petit bébé vous aussi.

Pas Ă  ma connaissance, lieutenant Siskowski.

Mais je vous en prie, poursuivez. Bon, pour Céline Rouillet, c'est le suicide

de sa meilleure amie qui l'a fait plonger.

Elle a perdu tous ses repères, de séminaire en séminaire.

Pourtant, ça avait bien commencé pour elle.

École de commerce, MBA à Harvard, fiancée banquier. Et puis, quelques

jours avant le mariage, elle a tout envoyé balader.

Ah ben, il a dĂ» l'avoir en travers, le gars.

Tu m'étonnes. Le lionel Evran, il était fou amoureux. La congrégation a même

porté plainte parce qu'il l'a harcelé jusqu'au couvent. Crime personnel.

Ă€ retardement ? Ah, fort possible.

D'autant qu'après avoir passé un an à New York, il est rentré à Paris.

D'après le père de Céline, il était au courant qu'elle allait prononcer ses

voeux.

C'est pas malant, petite nonne, toi.

Toi, les voeux du silence, ça te tente pas ? Allez.

Le marchand.

Le marchand.

Si vous appuyez sur le bouton, c'est mieux. Ça... ça chauffe.

Je ne vois vraiment pas en quoi je peux vous aider. Alors si vous voulez bien m

'excuser, mais on m'attend.

Oh, monsieur Evran.

Vous n'avez pas l'air particulièrement affecté par la mort de votre ex-fiancé.

Détrompez-vous, mais qu'est-ce que je peux bien y faire ? Dieu l'avait appelé,

il l'a rappelé à lui.

Vous l'avez vu quand pour la dernière fois ? Le 24 juin 2000, environ midi,

trois jours avant notre mariage.

Pourtant, vous saviez qu'elle était revenue à Paris, son père vous l'avait

dit. Dans le passé, vous avez montré plus d'acharnement à la revoir, non ?

Oui. Le chapitre de ma vie est clos.

Je vous raccompagne pas ? Encore une petite question, s'il vous plaît.

Vous étiez où hier entre 17 et 19 heures ? J'étais toute l'après-midi en rendez

-vous à l'extérieur.

Vous vérifiez avec mon assistante ? C'est bon ? Pour le moment, oui.

J'ai vu qu'il y a quelques jours, soeur Céline a appelé du centre une certaine

Jeanne Bretonneau.

C'est ma mère.

Elle se parle de temps en temps.

Enfin, elle se parlait.

Maman a toujours rêvé de gagner sa place au paradis. Alors quand elle a su que je

louais la chambre à une religieuse, c'était Noël.

Je n'ai pas pu le dire encore pour Céline. Je ne sais pas comment je vais

lui annoncer.

Regardez bien ces photos et dites-moi si vous reconnaissez quelqu'un.

Les autres, non, mais elle, je l'ai vue plusieurs fois.

Charlotte Duquesne.

Elle est venue vous voir récemment ? La dernière fois, c'était la semaine

dernière. Sœur Céline n'était pas encore là.

Je ne l'ai pas laissée entrer.

Elle m'a paru bizarre, cette fille. Elle était agitée.

Comme si elle était en manque ? Vous croyez que c'était ça ? Et vous savez

pourquoi elle venait voir Sœur Céline ? Non.

Elles sont rentrées ensemble un peu plus tard.

Je regardais la télé dans ma chambre.

À un moment, j'ai entendu la fille qui s'énervait. Elle est partie en claquant

la porte.

On n'a pas eu l'occasion d'en parler avec Céline.

Dis donc, on n'a pas un heureux événement à fêter aujourd'hui ? Oui,

mais ce soir, c'est impossible.

Je fais des courses avec Mario pour le bébé.

Oh, six mois pour choisir le papier peint, ça devrait aller, non ? Ça ne

veut rien dire.

Nath, elle s'est pointée avec un mois d'avance.

Il a fallu que je fasse tout pareil pour trouver la table Ă  langer et le couffin.

Le palmarès de Charlotte Ducan.

Très éloquent.

Nom de détention pour usage, trafic et détention de produits stupéfiants.

Libération anticipée à la condition d'un suivi médical et psychologique. D'après

son juge d'application des peines, la demoiselle éprouverait certaines

difficultés à décrocher. Vous deviez pas vérifier son emploi du temps ? Ouais,

mais on n'a pas pu parce qu'elle n'était pas au centre aujourd'hui.

Alors impossible de la joindre au foyer où elle crèche. C'est impossible.

Viens.

Moi je pensais...

Charlotte Duquesne est la bonne sœur.

Vous allez peut-ĂŞtre la confesser ensemble.

C'est de l'avantage de jouer avec tes fantasmes d'ado.

Je comprends tout à fait votre hésitation.

Mon nom est Georges Thomas, mais je suis bien le père du commandant Vallon, je

vous assure.

C'est une très longue histoire.

Ah ben, tenez-la, vous allez pouvoir lui demander.

Je te rejoins.

Vous auriez dĂ» appeler.

Tu aurais dĂ» appeler.

Non, je voulais te faire une surprise.

Alors, c'est toi qui dirige tout ça ? Oui, enfin, seulement un groupe.

Ah, et lĂ , c'est ton QG.

Et vous partagez le mĂŞme bureau.

Enfin, un travail d'équipe, ça se fait en équipe.

Bon, moi, je ne veux pas te déranger plus longtemps, je voulais t'inviter

pour l'apéritif demain.

Bon, non, en toute simplicité, hein, caviar et hortelans.

Non, je plaisante, je plaisante.

Ma femme aimerait beaucoup te connaître.

Demain, tu sais... Oui, c'est parfait. Huit heures. Et lui, c'est ton ami.

Amène-le avec toi.

Charlotte Duquesne est lĂ , mais vous devez attendre la fin du groupe de

thérapie. Je vous demande juste où elle est.

Écoutez, vous faites fausse route.

Ça se passait très bien entre elles deux.

La vie de Charlotte, vous savez, est un mauvais roman de gare. Et Céline lui a

trouvé une chambre dans un foyer, un travail.

Et là, elle l'aidait à récupérer sa petite fille. Mais si ça vous ennuie

pas, on va vérifier ça nous-mêmes.

Elle en est oĂą, question drogue ? C'est une lutte de chaque instant, mais elle

tient bon.

C'est ton mère, connard ! Charlotte !

Je n'ai rien avec vous.

Je sais comment vous procéder.

C'est une table où vous vous souvenez, c'est ça ? Vous êtes bien tous les

mĂŞmes. C'est laid Ă  l'essayer de sortir des chambres de merde.

Vous me prenez tous la tĂŞte aujourd'hui. Ici, nous 36.

Vous choisissez.

Bien, on va se calmer maintenant.

Ce sont des questions de routine, Charlotte. Ils m'ont posé les mêmes.

Mercredi, je suis restée ici jusqu'à 15h.

Après, je suis rentrée au foyer.

J'ai écouté de la musique, j'ai regardé la télé, j'ai pas bougé de la soirée.

Bon, ça va, on le sait que vous vous êtes engueulée avec Sœur Céline la

semaine dernière, quand vous êtes allée chez elle. C'est rien, j'étais énervée.

C'est Ă  cause de ce connard de curateur.

Je me suis excusée le lendemain. C'est quoi, cette histoire de curateur ?

Céline m'avait dit de me mettre sous curatel pour avoir quelqu'un qui m'aide

à gérer mon blé.

Une façon de montrer aux services sociaux que Charlotte fait des efforts

pour reprendre sa vie en main.

Et comme ça, ils me... Ils me laisseront récupérer mon petit lot.

Céline m'a présenté un curateur, abert jusqu'à... Tu parles d'un con ! Au début

ça allait bien, mais maintenant chaque fois il me culpabilise, il dit que je

dépense trop, mais putain il me file 70 euros par semaine, comment je peux

dépenser trop ? Il est quand il s'agit de payer les factures, il traîne des

pieds.

Céline devait le voir mercredi pour régler ça.

Le jour de sa mort.

C'est pour ça qu'elle avait annulé ses rendez-vous ici.

Bon et comment ça s'est passé la rencontre avec le curateur ? J'en sais

rien.

Elle devait m'appeler mais...

Bref, merci, sœur Céline, hein ? Elle allait retourner au couvent, vous

laisser seule, sans votre fille, et bien dans la merde.

Avant de l'accuser, vérifiez son histoire.

Bien. Je crois que c'est tout pour cette fois-ci.

Oui, madame la juge. Pardon ? Camille Varon peut retourner chez elle, j'en

suis ravi.

Non, non, non, je pense qu'il est préférable que vous le lui annonciez

vous-mĂŞme.

Je préfère rester discret dans cette affaire.

Au plaisir et encore merci pour votre intervention.

Vraiment, merci.

Dans la famille des suspects, je demande le fiancé plaqué.

Je vous demande pardon.

Lionel Evran, l'ex de la petite nonne. Son emploi du temps n'est pas clair et

en plus, il nous a fait un gros mensonge.

Il a vu sur Céline la veille de sa mort, dans le café côté d'église.

Le serveur l'a identifié.

Il paraît que la conversation était plutôt houleuse et qu'il s'est barré

avant de payer les consignes.

Bien dans le genre du jeune homme pressé.

Alors cette fois-ci, on va l'interroger, mais pas entre deux portes.

Prévenez-moi quand il sera là.

Vous allez ailleurs, Voltaire, en ce moment, non ? Ah, tu te trompes.

Dis-moi, mon père fait un apéro ce soir. Ça te dirait de venir ? Pourquoi ? Marc

n'est pas libre ? Oh, arrĂŞte avec Marc. Il n'y a jamais rien eu entre nous.

Non, en fait, mon père croit qu'on est ensemble.

Ah. C'est curieux, ça.

Qu'est-ce qui peut lui faire croire un truc pareil ? Bon, allez, ça va.

Oublie pour ce soir. Hein ? Oublie.

Alors, comme ça, Mlle Rouillet était religieuse ? Elle ne m'en avait jamais

rien dit, je ne me serais jamais douté.

Une jeune femme délicieuse, intelligente.

Oui, ça va. Et non, rajoutez pas, on sait très bien qu'elle n'était pas venue

pour prendre le thé.

Et on sait très bien qu'il y avait des problèmes concernant Charlotte Duquesne.

Pas du tout.

Elle avait simplement pointé quelques retards dans la gestion de ce dossier.

J'ai eu en effet des soucis de personnel, mais tout est rentré dans l

'ordre. Ben, on est ravis de l'apprendre.

Oui, ma minouche.

Oui, j'arrive.

On se retrouve directement devant.

Oui, ma minouche.

Moi aussi.

Vous savez, depuis que je m'occupe de Puratel, j'en ai vu passer de Charlotte

Duquesne. Elle n'arrive pas à accepter les conséquences de ses erreurs passées.

Elle cherche Ă  retrouver l'estime d'elle-mĂŞme, etc., etc.

Alors, elle invente des histoires, elle se croit victime. Bref, vous insinuez qu

'elle abusait des bontés de Sœur Céline.

Vous m'Ă´tez les mots de la bouche.

Eh bien, au revoir.

Au revoir, ma minouche.

Faudrait me payer pour que je me tape Ă  me mettre pareil.

Qu'est-ce que tu penses qu'il fait, lui ? Ah, au fait... Non, mais attends,

sérieusement, on n'en a pas eu jusqu'à minuit. Moi, dès que le gosse est né,

terminé, les heures suivent au 36.

Surtout si c'est toi qu'elle est.

Non, mais ça va.

Ça va, ça va.

Février 99.

Repas de fiançailles.

Août 99, vacances.

Réveillant du jour de l'an.

Voyez-vous, dans toutes ces photos de votre ex-fiancée retrouvée.

Lors de la perquisition effectuée à votre domicile, la qualité des plus

récentes, comme celle-ci, laisse curieusement à désirer.

Sans doute le photographe ne songeait-il pas à immortaliser le sourire de Sœur

Céline, mais bien plutôt de vous fournir un compte-rendu circonstancié de ses

moindres faits et gestes. Drôle de façon de tourner la page.

Vous vous engagez à un détective, vous donnez rendez-vous à Sœur Céline dans un

café en face de l'église la veille de sa mort.

Quant à votre alibi, coincé dans un embouteillage. À mon avis, vous pouvez

trouver mieux. Désolé, j'ai aucune imagination.

Ah, selon vos collègues, la ponctualité n'est pas la moindre de vos qualités.

Alors comment expliquer ce retard de plus d'une demi-heure chez l'un de vos

plus importants clients, que vous ne prenez même pas soin de prévenir ? J

'étais dans un tunnel, mon porte n'a passé pas. Il passait une heure avant

quand vous avez appelé le centre, Vivienne, pour savoir si Sœur Céline y

était encore.

Je l'ai appelé, d'accord.

Mais je ne l'ai pas revu.

Bon, arrĂŞtez de vous foutre de nous, Evran.

Sœur Céline allait prononcer ses voeux la semaine prochaine et vous le saviez.

Vous lui avez dit que vous vouliez retourner avec elle et la reconquérir et

elle vous a dit que sa vie était ailleurs.

Le lendemain, vous regrettez votre départ précipité, vous décidez de

retrouver Sœur Céline. Céline ! Elle s'appelait Céline.

Vous retrouvez Sœur Céline à l'église.

Vous tentez de plaider votre cause, elle vous demande de sortir.

Je n'ai jamais foutu les pieds dans cette putain d'église.

Vous revenez sur vos pas et là, la découvrant, vous agenouilliez devant l

'autel de la Vierge Marie, la colère vous aveugle, vous vous saisissez du

chandelier.

Puisque vous ne pouvez pas l'avoir, Dieu non plus ne l'aura pas.

Non ! La tuer, ça, c'était la donne à Dieu.

Pour toujours.

Je ne voulais pas qu'il gagne.

J'avais cru que mettre un océan entre nous m'aiderait à l'oublier.

Quand j'ai su oĂą elle vivait et ce qu'elle faisait, j'ai pu faire

autrement. Je me suis arrangé pour la croiser par hasard.

Je crois qu'elle n'a pas été dupe, mais c'est elle qui m'a appelé pour qu'on se

revoie.

J'y ai cru.

C'est ça, oui.

Nous aussi, on y croyait presque.

Pourquoi voulait-elle vous rencontrer ? C'est le banquier qu'elle voulait voir.

Elle voulait des renseignements.

À quel bouton ? Je ne sais pas, c'était pour une amie.

Je ne l'ai pas laissé parler.

Je lui ai dit ce que j'avais sur le cœur et je suis parti.

C'est tout ce que j'ai Ă  me rapprocher.

Entre Jésus et lui, il n'y a pas photo. Tu n'es pas d'accord ? On en est où avec

la causette du sang ? Charlotte Duquesne.

On a vérifié son alibi.

Ă€ 18h, elle s'engueulait avec sa voisine du foyer parce qu'elle mettait la

musique trop fort.

Donc difficile d'être à l'église en même temps.

Moi, j'ai épluché tout le dossier de curatelle parce que j'y comprends RAS.

Ah, allez-y, allez-y, vous, je n'ai pas.

Plein de petites colonnes de chiffres, lĂ , que vous les aimez.

Le curateur, il vous a fait quelle impression ? Une impression très

agaçante. Le genre de mec qui a réponse à tout.

OK, le mercredi, Sœur Céline a rendez-vous avec Jusquin pour lui parler

de curatel. La veille, elle a vu son ex-petite amie qui travaille dans la

finance pour lui demander des renseignements lĂ -dessus. Qu'est-ce qu

'on en sait ? Ah, moi, j'ai l'impression qu'Evran ne me ment pas quand il dit qu

'elle avait rendez-vous avec le banquier et pas avec l'ex-petite amie.

Vu l'ego du type, ça m'étonnerait qu'il ait inventé un truc aussi peu flatteur.

Son numéro de victime, moi, j'y crois pas.

Pas comme d'autres.

Quoi ? ArrĂŞte, je t'ai vu.

J'ai fait avoir comme un bleu. Pas du tout. Moi aussi, je pense qu'il est

sincère, c'est tout.

Bon, règle numéro un.

Devant un suspect qui ressemble Ă  une gravure de mode, on laisse pas la femme

en toi pour ne pas sur le flic, d'accord ? C'est vraiment le con qui est en toi

qui parle.

On dirait que j'ai touché un point sensible.

Mais il aime cette fille, ça crève les yeux !

Et s'il avait voulu la tuer ? Peut-être qu'il l'aurait fait juste après leur

rupture, et après, il se serait tiré une balle.

Et puis, on se calme, on respire.

Ce qui me paraît clair, voyez-vous, c'est que Lionel Evran avait engagé une

partie de bras de fer avec Dieu, dont l'enjeu était Céline Rouillet. Difficile

d'imaginer, en effet, qu'il puisse envisager de tuer sa raison de vivre.

Même si elle avait prononcé ses voeux, je pense qu'il nourrissait le secret

espoir de la reconquérir.

J'ai un doute.

En fait, il faisait un bras de fer avec un adversaire trop fort, donc Dieu, et

il se serait rabattu sur un adversaire à sa hauteur. Sœur Céline, peut-être. Bon,

en tous les cas, on n'a aucune preuve qu'Evran était à l'église le jour du

meurtre. Ce qui est sûr, voyez-vous, c'est que je sens chez Lionel Evran une

douleur vive, persistante. Et ce, en dépit du temps passé depuis la rupture.

Il a appris à maîtriser sa rage, c'est évident, visible dans le moindre de ses

gestes, mais je doute fort qu'il puisse la contrĂ´ler longtemps.

C'est alors que son associé lui répond « Tu peux dormir en bébile, l

'arsenic dans ton potage, c'est bon ! » Ah, ce genre d'histoire, vous

devez en avoir à longueur de journée, non ? Le poison, c'est plus vraiment la

mode. Ah, Christophe, viens lĂ .

Je te présente Hélène, Jean-Louis. Ah, c'est vous sa fille ? Cool. Et Joe, tu

peux me laisser 50 euros pour la soirée ? 50 ?

Merci.

De rien.

Et encore, vous n'avez pas vu son frère.

Georges a toujours été trop coulant avec les enfants.

Oui, on remet ça.

Viens, Jean-Louis. Je vais te faire visiter ma cave.

On va choisir ensemble.

Toi, au moins, tu connais ses goûts.

Et on se tutoie.

D'accord.

Au revoir. Merci.

Merci, Hélène.

Jean-Louis.

Au revoir. Et vous revenez.

Alors,

chez toi ou chez moi ? On va nulle part.

La fĂŞte est finie.

Merci d'ĂŞtre venu.

Tu voulais un petit copain, non ? Oui, tu m'as fait le numéro du gendre idéal.

Attends, t'as eu ce que tu voulais.

Donner le change.

Je montrais que tu t'es démerdé sans lui.

T'as rien Ă  lui prouver.

Je vais te dire un truc.

T'auras pu tomber plus mal.

C'est un sympa jour.

Sympa ? Sans tour de crétin pour pas avoir à me parler ? Et puis merde, Jean

-Louis.

Il a menti Ă  sa femme. Il lui a pas dit que j'existais.

Mets-toi Ă  sa place.

C'est pas facile à dire qu'il t'a abandonné.

Il a eu le temps de digérer un peu.

Il a eu presque 40 ans pour ça.

T'es injuste, Hélène.

C'est moi qui suis injuste ? Oui.

Mais tu sais pas de quoi tu parles.

Allez, fous-moi la paix, Jean-Louis.

Dis-moi, t'es au con que les heures sub sont pas payées ? C'est pas Evran le

meurtrier. Son histoire se tient.

Le soir du meurtre, il y avait vraiment un embouteillage monstre dans le tunnel

de la Défense. Et c'était plus ou moins à l'heure du crime.

Ça suffit d'écouter la radio.

Mais non, j'ai téléphoné au type avec qui il avait rendez-vous. Il a dit qu

'Evran était arrivé calme, précis, courtois. Enfin, normal, quoi.

Je suis désolée, mais tu peux pas tuer l'amour de ta vie et arriver à un rendez

-vous comme si de rien n'était. Bon, tu peux mettre sur pause ? Deux minutes ? C

'est quoi ton problème ? Je t'ai jamais vu aussi à cran.

Dès qu'on parle d'Evran... Moi aussi, ça m'est arrivé.

Quoi ? Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Moi aussi, je me suis fait larguer avant mon

mariage.

La veille, lors du dernier essayage.

Mon futur époux a... dit qu'il avait des doutes et que... il voulait prendre du

recul.

Trois mois après, il était marié.

Avec une autre.

T'as eu envie de le tuer, c'est ça ?

Alors tu veux disculper Evran pour te sentir mieux ? On voit que je te

comprends. Pas très agréable de se faire larguer.

Ça t'est arrivé récemment ? Il y a une heure.

Tu fais quoi là maintenant ? Parce que moi, en ce qui me concerne, évidemment,

je suis libre comme l'air alors.

Règle numéro un, Scandella.

Quand tu dragues une fille, ne lui fais pas trop comprendre qu'elle est une

grosse secours.

Règle numéro deux.

Si t'as envie de baiser, n'hésite pas.

Au revoir.

T'as pas eu mon message ? Non.

Merde, mon portable.

T'as appelé quand ? Hier soir.

J'arrivais pas Ă  dormir.

Hier soir ? Euh... Ah bah oui, hier soir, les batteries étaient nasses, donc

j'ai mis à recharger, et ce matin, en partant, je l'ai oublié.

Je voulais qu'on prenne le petit déjeuner ensemble.

En fait, je voulais m'excuser.

Non, c'est pas grave.

Tu sais, j'ai réfléchi à ce que tu m'as dit. Je crois que je vais parler à mon

père.

Après tout, on doit être capable de se parler comme deux adultes, non ? Oui.

Commandant, je me suis permis de convoquer M.

Jusquin.

Le curateur ? Oui, une étude minutieuse du dossier de Charlotte Duken ainsi qu

'un entretien avec nos collègues de la brigade financière m'incitent à penser

que M.

Jusquin profite de la misère physique et morale de ses clients pour détourner

leur argent.

C'est un délit.

Ou, dans son cas, ça peut même devenir un crime.

Salut Jean-Louis. Salut.

Ah, au fait, t'as oublié ça chez moi.

Merci. De rien.

Dis-moi, je voulais te dire pour hier soir... Non, mais ça va, t'inquiète. Je

veux pas te demander en mariage.

C'est plus le genre de la maison.

Ah ben voilà quoi, y'a pas de lézard. On dit juste qu'on a couché entre potes et

que c'était bien. Enfin, en ce qui me concerne, en tout cas.

Et puis, fin de l'histoire.

De toute façon, c'est comme ça que je fonctionne maintenant.

Ce qui, visiblement, n'est pas ton cas.

Bien, alors nous disons donc des frais de curatel calculés en fonction de

revenus artificiellement gonflés, des prestations fictives et surtout des

salaires qui transitent sur des comptes rémunérés compte tenu à centaines d

'adultes, n'est-ce pas, qui sont sous ce que je n'oserais appeler votre

protection. Je ne porterai pas plus longtemps de telles insinuations.

On s'assoit et on attend gentiment la note.

Bien, nous arrivons par conséquent à la somme de 250

000 euros.

détourné chaque année, ceci n'étant bien sûr que la partie immergée de l'iceberg.

Ce sont des allégations sans fondement.

Le juge de tutelle a validé tous mes comptes. Oh, monsieur Jusquin, ce n'est

pas Ă  vous que je vais apprendre qu'actuellement en France, plus d'une

personne adulte sur 100 est mise sous un régime de protection.

Face Ă  une telle charge de travail, les juges de tutelle, malheureusement, sont

bien obligés de faire confiance à certains curateurs dont l'honnêteté n

'est pas la vertu première.

Et on parlerait de tout ça.

à nos collègues de la financière. Ils vous attendent impatiemment.

Nous, ce qui nous intéresse, c'est de savoir ce qui s'est passé entre Sœur

Céline et vous, mercredi. Je l'ai reçu à mon cabinet.

Nous avons parlé du dossier de Mlle Duquesne et des quelques erreurs.

ArrĂŞtez, arrĂŞtez.

Même Sœur Céline s'est rendue compte de ce que vous trafiquiez.

Et pas seulement sur le dos de Charlotte Duquesne.

Alors, voyez-vous, la Chambre de Commerce m'a aimablement transmis la

liste de vos clients.

Et j'y ai trouvé, surprise, le nom de Mme Jeanne Bretonneau.

La mère de la colocataire de Sœur Céline.

Quentin vous a aussi parlé d'elle, hein ? Pas vrai ? Alors un dossier ça passe

et deux, ça devient un habit de confiance.

Sœur Céline vous a-t-elle menacée ? Vous a-t-elle promis la justice des hommes

avant celle divine de Dieu, Monsieur Jusquin ? Pas du tout, mais vous vous

trompez ! Alors vous avez les jetons et vous décidez de la buter.

Vous quittez votre bureau quelques minutes après elle et vous la suivez

jusqu'à l'église. Mais non, c'est pas ça du tout !

Laissez-moi vous expliquer ! Oui, après l'avoir tué, vous emportez la sacoche

contenant les documents compromettants que vous faites bien prudemment

disparaître, mais rassurez-vous.

Madame Bretonneau va certainement nous confirmer que Sœur Céline était en train

de monter un gros dossier contre vous.

Je veux un avocat. Oui, vous risquez en effet d'en avoir grandement besoin.

Vous étendez là ?

Elle est gonflée, Muriel Bretonneau.

Faire vivre sa mère au 7e, alors qu'elle arrête de choisir sur cours avec une

chambre. C'est lĂ .

Madame Bretonneau, police criminelle ! Lieutenant O'Fulchitzer, vous savez si

Madame Bretonneau est lĂ  ? Non, personne n'habite lĂ . Lieutenant O'Fulchie, quoi

? Si quelqu'un habite là, une dame de 70 ans, il y a son nom sur l'étiquette. Ça

va, je sais lire. Ça fait 3 mois qu'elle est louée, la piole. J'ai jamais vu

personne.

Ah si, au début.

Une femme dans les 35 ans.

qui s'énervait en coulant l'étiquette là parce qu'elle était un peu de travers.

Muriel Bretonneau.

Elle est très populaire ma voisine fantôme, il y avait déjà quelqu'un qui

voulait la voir mercredi.

Mercredi ? Qui ça ? Une brune, ça devait être le secours catholique, elle avait

une croix.

Soeur Céline, mercredi il était quelle heure ? Bah 4h30, je sortais de la fac.

Oui.

Ah mais il a raison ce mec, c'est clair, il est passé une clé pétition en ce

moment.

Il y a un message.

Bonjour madame Bretonneau, c'est encore sœur Céline.

Vous savez, j'habite chez votre fille.

J'aurais besoin de vous voir, c'est assez urgent.

La mère Bretonneau est

morte, c'est pas possible !

Elle disparaît de son ancien appartement, elle emménage dans une

chambre de bonne où elle n'a jamais habité.

Et d'après la sécurité sociale, ils n'ont plus aucune nouvelle depuis trois

mois, alors que c'était une excellente cliente. J'ajouterais pour corroborer

vos dires, qu'au vu de ses relevés bancaires, Muriel Bretonneau touche avec

la complicité de jusqu'à la totalité de sa retraite. Donc la fille cacherait la

mort de sa mère.

Magnifique.

Le jour du meurtre, Muriel Bretonneau a quitté son boulot à 17h.

Quelqu'un l'attendait.

Le pointeau a identifié Sœur Céline sur la photo.

Ce qui veut dire que Saucelyne est allée voir la mère Bretonneau après son rendez

-vous avec Jusquin. Elle n'a trouvé personne et probablement elle a fait la

même conclusion que nous. Mais si la mère est morte, le curateur devait le

savoir. Comment il a pu laisser faire ? Je ne serais pas étonné qu'il fasse l

'autruche. Il nous a avoué que Muriel Bretonneau le faisait chanter. Il avait

découvert qu'il avait une double vie.

Elle va la chercher au travail et elle l'emmène à l'église.

Mais au lieu de se recueillir, elle commet un meurtre.

Ce qu'il est supposé, voyez-vous, que la mort de la mère n'est pas naturelle.

Oui, d'accord, mais enfin, pour l'instant, on n'a pas de cadavre.

Monsieur Michel, que diriez-vous d'aller confesser notre jeune pĂŞcheresse ? Je ne

comprends pas, qu'est-ce que tout ça veut dire ? Croyez-vous en Dieu,

mademoiselle Bretonneau ? Oui.

Bien, vous êtes donc familière de sa parole et de ses commandements. Le

huitième, par exemple, faux témoignage ne dira, ne mentira aucunement.

Et le quatrième, ton père et ta mère honorera afin de vivre longuement.

Le cinquième, voyez-vous, me semble le plus approprié à cet endroit et à votre

situation.

Le connaissez-vous ? Homicide, point, ne sera ni de fait ni volontairement. En

des termes plus prosaĂŻques, tu ne tueras point.

Dormez-vous bien la nuit, mademoiselle Bretonneau.

N'êtes-vous pas tourmentée par le salut de votre âme ? Non.

Et pourtant, comment Dieu pourrait-il vous pardonner la mort de votre mère si

vous ne vous confessez pas ? Si vous ne lui procurez pas une sépulture décente

? Bien.

On a retrouvé la sacoche de Sœur Céline dans la chambre de Muriel Bretonneau,

bloquée au fond de l'armoire.

Et dedans, il y a les dossiers du centre et celui...

Deux sœurs Céline sur Jusquin.

Qu'est-ce qu'on fait ? On prévient l'abbé ? À moins, bien sûr, que vous ne

préfériez les flammes de l'enfer.

Mais qu'est-ce que vous y connaissez, Ă  l'enfer, vous ? Moi, je sais ce que c

'est ! Du jour où je suis née, je l'ai vécu.

Vous savez ce que c'est, comme petite fille, d'avoir une mère maléco

-dépressive ? Un jour, elle joue avec vous toute la journée, le lendemain,

elle s'enferme dans sa chambre sans parler.

J'ai sacrifié ma vie pour elle.

J'ai tout supporté.

Son égoïsme, ses manies, ses chantageaux suicides.

J'ai tout fait, c'était jamais assez.

Elle voulait même pas que je sois sa curatrice. Alors vous l'avez tuée.

Mais je... C'était un accident, je voulais juste qu'elle se taise.

Après, je me suis dit que je pouvais cacher sa mort.

Personne s'en apercevrait, elle avait que moi dans sa vie.

Oui, vous y avez vu un intérêt financier non négligeable.

Cet argent, elle me le devait.

Elle m'avait volé ma vie.

Oui, tout allait bien jusqu'à ce que Sœur Céline s'intéresse de près au

caractère.

Et dire que c'est moi qui lui ai présenté jusqu'à.

Maman est encore vivante.

Cette fille, elle était fatigante de bonne volonté.

Toujours Ă  vouloir arranger les choses, Ă  aider son prochain.

Oui, dans l'église, elle m'a poussée à parler, à me confesser à Dieu.

Oui, au lieu de cela, vous avez préféré tuer Sœur Céline afin qu'elle ne révèle

pas votre terrible secret.

Quand je l'ai vue lĂ  par terre, j'ai pas compris. J'avais le chandelier dans la

main. J'ai eu peur, je me suis enfui.

Quand les policiers sont venus chez moi, j'ai cru qu'ils venaient m'arrĂŞter. Mais

non, ils sont repartis. Alors je me suis dit que peut-ĂŞtre Dieu me pardonnait, qu

'enfin il me comprenait. Mais c'était idiot, non ? Il avait toujours été

contre moi.

Pourquoi ça aurait changé ?

Ça va ? Mieux que lui. Les recherches pour retrouver le corps de Jeanne

Montenot commenceront demain en forĂŞt de Saint-Germain.

Avec les indications qu'a données sa fille, ça devrait être facile.

C'est sûr, si elle range ses cadavres, qu'elle range sa maison.

Bon, ça vous dit, ce soir, un petit dîner la mamouchka ? Moi, je suis

partant avec plaisir.

Je suis désolée, il y a mon neveu qui arrive ce soir et je dois aller chercher

Ă  9h. En plus, je lui ai promis un petit tour dans Paris by Night.

Je m'étonne, c'est gratuit pourtant.

Commandant. Salut.

Non, désolé. Ce soir, je peux pas.

Bon, et notre grand inquisiteur, ça doit l'intéresser, lui, il est où ? Il a dû

partir boire le vin de messe.

Bon, la prochaine fois, je vous enverrai un petit bristol.

Allô ? C'est Hélène Vallon.

Jean-Géla ? C'est Christophe ? Vous pouvez lui dire que j'ai appelé

? Merci.

Bon, tu viens à la mamouchka ? Ça va être sympa.

Qu'est-ce qui se passe ? Tu te sens seule ? Ah non, j'ai oublié.

Fred n'est pas libre.

Désolée, moi non plus.

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