All language subtitles for Law . Order S08E16 Divorce 1080p Amazon WEB-DL DD+ 2.0 h.264-TrollHD

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Original subtitles

Dans le système pénal américain,

le ministère public est représenté

par deux groupes distincts mais d'égale importance :

la police, qui enquête sur les crimes,

et le procureur, qui poursuit les criminels.

Voici leurs histoires.

Elle nous appellera quand ce sera bon.

On a déjà payé 30 $ pour 50 minutes au lieu d'une heure.

Ça te gonfle d'être ici.

Comment tu l'as deviné ?

Tu es censé le faire pour toi.

Pour qu'une psy me dise que je suis obsédé ?

Je sais que je suis obsédé. Comme la plupart des hommes.

Écoute. Les femmes veulent tout obtenir d'un seul homme.

Les hommes n'ont besoin que d'une chose auprès de nombreuses femmes.

C'est la nature humaine.

Tu as raison. On perd notre temps.

Docteur Burk ?

THÉRAPIE DE COUPLE

Docteur Burk ?

Eric !

Elle a des griffures au bras et un hématome au cou.

Elle a tenté de résister avant d'y passer.

À quelle heure ?

Ça fait huit à 12 heures. On l'a poignardée une fois à la poitrine.

On recherche toujours l'arme.

Je ne vois pas de sac à main.

Il est dans son tiroir avec son portefeuille.

Il contient 78 $ et six cartes de crédit.

Faites des analyses de viol.

D'accord.

L'équipe de ménage passe ici vers 8 h.

À quelle fréquence passe votre équipe ?

- Toutes les heures. - Et les SDF ?

Ils posent un problème ?

Ils ne leur en donne pas le temps.

J'aurais besoin de votre rapport de la nuit dernière.

Oui, je vous apporte ça.

La réceptionniste dit

que le dernier rendez-vous du docteur Burk était hier à 19 h.

Allison et Dennis Hall.

C'était sûrement une thérapie de couple.

Je m'appelle George Burk.

L'hôpital m'a appelé. Ma femme est blessée.

Bon. Asseyez-vous.

Je peux la voir ? Je l'ai cherchée toute la nuit.

- Bon sang. C'est elle ? - Du calme.

Linda !

Linda. Lâchez-moi.

Circulez. Il n'y a rien à voir.

Le spectacle est terminé. Du balai.

NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE

Il était près de 21 h, quand je lui ai parlé.

Elle disait qu'elle s'apprêtait à partir.

- Pour rentrer chez vous ? - Oui.

Elle prenait généralement un taxi.

À 22 h, j'ai commencé à me faire du souci.

Je l'ai rappelée. Mais pas de réponse.

Vous avez attendu une heure ?

J'ai cru qu'elle était passée prendre de quoi dîner.

J'ai attendu une demi-heure de plus

et j'ai appelé les vigiles de l'hôpital.

À qui avez-vous parlé ?

Je ne sais plus.

Il m'a dit qu'il allait envoyer quelqu'un jeter un œil dans son bureau.

Il m'a rappelé 15 minutes plus tard pour dire qu'elle ne s'y trouvait pas.

Alors je me suis mis à appeler les hôpitaux et la police.

Vous avait-elle parlé de patients qui lui posaient un problème ?

Non.

- Elle finissait toujours aussi tard ? - Oui.

En plus des gens qu'elle voyait à l'hôpital,

elle avait des patients en ville.

Et l'archidiocèse la consultait.

Oui, je lui ai parlé.

Il a appelé vers 22h30. Il paniquait au sujet de sa femme.

Et vous avez envoyé quelqu'un vérifier.

Il n'y avait rien à signaler.

Sauf que sa porte n'était pas fermée à clé.

Qui avez-vous envoyé ?

Voyons voir. Euh, Rollins.

D'après cette fiche, Rollins était dans l'aile gauche à 22h40.

Ce n'est pas à l'autre bout de l'hôpital ?

Alors, ça devait être Jarrett.

Jarrett ?

Il est écrit là que Jarrett réglait un problème en soins intensifs.

Une SDF y volait des seringues.

Vous n'avez envoyé personne vérifier dans son bureau, c'est ça ?

Dites. Elle avait cinq minutes de retard.

Je n'allais pas flinguer tout le planning.

Et vous avez préféré mentir au mari.

- Deux vigiles ont chopé la grippe. - Et comment cette SDF

a pu se rendre en soins intensifs sans se faire remarquer ?

On l'a interceptée. On l'avait donc remarquée.

Vous allez nous fournir vos rapports

sur tous les SDF "remarqués" au cours des six derniers mois.

Ils sont vraiment gâtés.

"Vol de médicaments, entrée par effraction, exhibitionnisme,

"défécation en public, vols de plateaux-repas."

- C'est illégal ? - On a l'autopsie.

Aucun signe d'agression sexuelle.

La légiste pense que l'arme du crime était une paire de ciseaux.

Rey, ressors les photos de son bureau.

Un SDF a volé du linge, le mois dernier.

"Un homme blanc

"qui se fait appeler le pape Adrien VI d'Utrecht.

"Il a été contraint de quitter les lieux. Le sujet portait

"un imperméable vert et une casquette rouge de pressing."

Un lutin du Père Noël ?

La voilà. Près de son bureau.

"Pressing Stain's."

On ne peut plus être gentil sans se faire avoir.

Ma femme m'avait dit de laisser son frère se charger des casquettes.

"Pressing Stan's". Voilà ce qu'il nous a ramené.

"Sale." Il trouvait ça drôle.

Combien ont été faites ?

Comme celle-ci ?

Une seule. On a rectifié le tir avant l'impression.

Et vous aviez jeté celle-ci ?

Je l'avais mise avec les tenues laissées plus de 60 jours

avant de tout donner au centre Saint-Remy sur la 30e.

Merci.

Désolé. Je ne fais pas attention aux casquettes.

Ce type se prend pour le pape Adrien VI.

Leonard.

J'ignore son nom de famille. Qu'a-t-il fait ?

Ce serait lié à un meurtre à l'hôpital Sainte-Anne.

À un meurtre ? Ça ne ressemble pas à Leonard.

Quand on se prend pour le pape, tuer des gens n'est plus si barré que ça.

Il dort ici ?

Non, il ne supporte pas le bruit.

- C'est mieux qu'avoir froid. - Il est en bonne santé.

Il a dû trouver le moyen de passer ses nuits au chaud.

Quand l'avez-vous vu ?

La semaine dernière. Il est passé dîner.

Il portait une blouse de soignant, sous son manteau.

Merci pour votre aide.

Une blouse de soignant ? Pour passer incognito ?

Et faire comme chez lui.

HÔPITAL SAINTE-ANNE MERCREDI 20 NOVEMBRE

Vous ne faites jamais de rondes ?

Pas depuis la fermeture des étages.

À quoi bon ? Il n'y a rien à voler.

Un procès vous pend au nez, McGiven. Vous serez une pièce à conviction.

Nous y sommes.

Et voilà, Rey. Le Saint-Siège.

Laissez-nous une journée.

Dès qu'il se pointe, on le chope.

C'est ça.

Sans nos recherches,

ce type tiendrait la messe chaque dimanche

sous votre nez.

Première unité, ici l'unité deux.

Oui, j'écoute.

Un homme blanc qui correspond à la description

est dans la salle d'attente du deuxième étage.

Il est là.

Bonjour.

L'infirmière à l'accueil

propose des jouets gratuits aux enfants.

Elle aimerait que vous passiez les prendre.

Arrêtez.

Sa Sainteté est priée de se calmer.

- À l'aide. - Du calme.

Éloignez-nous de ces blasphémateurs luthériens.

Je connais cet endroit.

D'abord les larmes puis le sang.

Vous êtes déjà venu ?

Ils voulaient que je renonce à la transsubstantiation.

Que je renie l'eucharistie.

Pardon de vous le demander mais qui ça, "ils" ?

Les princes allemands.

Qu'en est-il du docteur Burk ?

Vous avait-elle déjà fait quoi que ce soit ?

Elle n'était pas médecin mais nonne.

Son nom de baptême était Katherina von Bora.

Ah, c'est un secret. Elle devait se cacher à cause de lui.

- "Lui" ? - L'Antéchrist. Le diable de Wittenberg.

Martin Luther ?

Oui.

Le docteur Burk était une amie à vous ?

J'avais fait vœu de pauvreté.

- Elle m'avait offert ces chaussures. - Oui.

Inspectrice.

Vous êtes donc entré dans son bureau, au troisième étage ?

Je n'entre pas chez les femmes.

Votre casquette, si.

Ma mitre. Je la lui ai offerte.

- Quand ? - Il y a quelques jours.

Pour que ses ennemis sachent qu'elle était protégée par le Saint-Siège,

par le Vatican et par notre pape à qui rien n'échappe.

Par "ennemis", vous entendez Martin Luther ?

Et ses sbires.

Une catin blasphématrice à la chevelure ardente.

Elle lui hurlait dessus il y a un, deux, trois, quatre, cinq jours

et défiait l'autorité de l'évêque,

du droit canon et du concile de Trente.

Entrez.

C'est pour nous. Ne bougez pas.

Ses empreintes sont dans le registre. Leonard Gardner.

Pour des tas d'entrées par effraction, du vagabondage et des larcins.

Il a passé cette fameuse nuit au poste 16 pour avoir uriné dans la rue.

- On l'a libéré le lendemain. - Les heures collent ?

Je les ai appelés. Il s'est fait arrêter à 19h30.

Alors qu'il retourne à ses illuminations. On doit continuer à creuser.

Il a évoqué une dispute du Dr Burk au sujet de l'autorité de l'évêque.

Elle ne travaillait pas pour l'archidiocèse ?

C'est une perte terrible.

- Linda Burk était très estimée. - Que faisait-elle, pour l'archidiocèse ?

Surtout de la thérapie de couple.

Rien de bien surprenant.

Elle devait malheureusement se charger aussi des annulations.

Ah, le divorce catholique après le vrai divorce.

À nos yeux, l'annulation constitue le vrai divorce.

Linda rencontrait ces gens

et fournissait à notre tribunal une évaluation du mariage.

Ce qui pesait dans la balance ?

Notre tribunal se fiait à ses recommandations.

Des annulations ont déjà été contestées ?

Le père O'Brien pourra vous en dire plus.

Lorsque nos deux sujets vivent mal leur divorce,

ça peut mal tourner.

Et le docteur Burk en aurait donc fait les frais.

Des affaires en cours lui posaient un problème ?

Vous croyez ?

Elle avait évoqué les Kilpatrick,

sans rentrer dans les détails.

Elle planchait toujours sur leur évaluation.

Auriez-vous accès à leur dossier ?

Leur divorce l'an dernier était affreux.

Ça n'a pas arrangé les choses.

Qu'allait donner l'annulation ?

Nous attendions l'avis de Linda.

Si celui-ci n'est pas retrouvé, ce sera retour à la case départ.

Qui a demandé l'annulation ?

Le mari. Il a rempli le formulaire.

Je crois qu'il souhaite se remarier à l'église.

Regarde ça. Des lettres d'amour.

"Chère Molly", signée de Gary. Elle date d'il y a 16 ans.

Nous évaluons leur ressenti à l'époque.

S'ils manquaient alors de discernement.

Autrement dit ?

Si le marié ou la mariée avait un problème psychologique ou mentait

lors de ses vœux, l'annulation serait prononcée.

Et le docteur Burk était censée le deviner, 16 ans plus tard ?

Rey, regarde les Kilpatrick à l'époque où ils filaient le parfait amour.

Belle chevelure, hein ?

Une belle chevelure ardente.

Voilà donc notre "catin blasphématrice à la chevelure ardente".

J'ai vu le docteur Burk lundi soir dans son bureau.

Je m'en faisais au sujet de l'évaluation pour l'annulation de mariage.

Vous vous en faisiez ?

Je m'interrogeais. Pourquoi ?

Elle a été tuée dans son bureau, mardi soir.

Vous pensez que je l'ai tuée ?

Nous interrogeons tous ceux qui la côtoyaient.

Où étiez-vous, mardi soir ?

Ici.

Avec mon fils Billy.

Et cette dispute avec le docteur Burk ?

Non, ce n'était pas une dispute.

Cette annulation vous contrariait.

J'en voulais à mon mari.

Il veut que l'église balaie notre mariage d'un simple revers de la main.

Rendre notre fils illégitime.

Il voulait que vous cédiez, afin de pouvoir se remarier.

Et si le docteur Burk le décidait, l'annulation allait être validée.

Mme Kilpatrick,

le docteur Burk vous avait dit ce qu'elle comptait faire ?

Je crois que je n'ai plus rien à vous dire.

Je vous prie de sortir.

J'ignore ce qu'elle a pu dire à mon ex-femme.

J'ai parlé au docteur Burk lundi.

J'avais l'impression que ça tournait en notre faveur.

Burk allait se prononcer en faveur de l'annulation ?

Elle ne l'avait pas dit explicitement

mais en tant qu'avocat de Gary, j'étais plutôt optimiste.

Et aviez-vous fait part de votre optimisme à Mme Kilpatrick ?

J'ai dû en parler à son avocate.

D'ailleurs, auriez-vous retrouvé l'évaluation ?

L'archidiocèse a dit qu'elle planchait toujours dessus.

Vous êtes pressé de vous remarier ?

Ma fiancée est catholique pratiquante.

Je ne veux pas que ça traîne.

Les problèmes d'ordre mental justifient l'annulation.

Madame Kilpatrick remplit cette condition.

Vous n'êtes pas au tribunal.

Je n'invente rien. Elle doit suivre un traitement.

Elle a même voulu me frapper il y a un an, lors d'une déposition.

On se demande bien pourquoi.

Sheila Atkins est son avocate.

Elle l'avait provoqué. Ces deux-là font la paire.

On avait gagné la procédure de divorce.

Molly Kilpatrick ne devait pas supporter l'idée de perdre à nouveau.

Bonne journée.

Ces pros du divorce. Ils donnent vraiment envie de rester célibataire.

Ou marié.

Allons voir qui avait les faveurs de Burk.

D'après ce que je vois,

il n'y a que des notes prises durant ses entretiens avec les Kilpatrick.

Des résumés. Une photocopie de la demande.

Rien qui ne s'apparente à l'évaluation recherchée.

Et rien non plus là-dessus.

J'ai retrouvé trois ébauches d'évaluation mais rien sur les Kilpatrick.

Vous êtes allés chez elle ?

Oui. Ça pourrait se trouver ailleurs ?

Je ne pense pas.

Lennie, l'ordinateur était allumé quand on l'a retrouvée, non ?

Oui.

J'ai passé la mémoire interne au crible. Vous disiez vrai.

- Ce fameux fichier a été effacé. - C'est ce que j'ai pensé.

Mais pour empêcher qu'on ne récupère ces données,

le disque dur a été défragmenté.

Ça, j'en suis sûr. À 21h28, mardi soir,

d'après l'horloge interne de l'ordinateur.

Au même moment où Burk se vidait de son sang.

Ils ont fait quoi ?

Ils ont défragmenté toutes les données.

Tout ce qui a été effacé a disparu pour de bon.

Sauf qu'il reste toujours quelques traces qui flottent à la surface.

Lorsqu'on sait y faire, on peut les récupérer.

- Et vous savez y faire ? - Oh que oui.

"Madame Kilpatrick souffre d'instabilité mentale.

"Son immaturité remet en doute

"le fait que les Kilpatrick remplissaient

"les conditions requises pour..."

- C'est tout ? - Le seul passage avec "Kilpatrick".

Burk avait l'air d'appuyer l'annulation.

Faut-il être un surdoué de l'informatique pour effacer ces données ?

Votre suspect sait forcément faire plus qu'allumer un ordinateur.

Molly Kilpatrick est une excellente employée.

Je ne veux pas qu'elle pense que je la trahis.

Travaille-t-elle sur ordinateur ?

Bien sûr, comme toutes les comptables.

L'ère de Bob Cratchit est révolue.

Elle se débrouille comme elle peut ou est douée, dans ce domaine ?

Elle connaît ce logiciel par cœur. Elle forme même les nouveaux.

Et elle maîtrise les logiciels d'optimisation ?

Tout à fait.

Quel genre d'ennuis elle a ?

Qui a parlé d'ennuis ?

Mardi soir, vous souvenez-vous de l'heure de son départ ?

- Il était tôt. Près de 18h30. - Ce qui est tôt ?

Elle part généralement à 20 h.

Elle devait voir son avocate.

- A-t-elle dit ce qu'elle faisait après ? - Non.

Sûrement comme d'habitude. Dîner et regarder un film.

Avec son fils ?

Pas le mardi soir. Il est chez son père.

- Vous en êtes sûr ? - Vous rigolez ?

Convenir d'une garde alternée leur a pris huit mois.

J'ai même dû faire une déposition.

CABINET DE SHEILA ATKINS LUNDI 2 DÉCEMBRE

En effet, elle était ici.

Mais je ne dirai rien de plus que la couleur de son chemisier.

Et l'heure de son départ, Mlle Atkins ? Ça n'a rien de confidentiel.

Vous le savez du fait d'être avocat ?

Molly m'a dit que vous cherchiez à l'impliquer dans ce meurtre.

Elle ne vivait pas très bien cette annulation.

Qui vous a dit ça ? Monsieur Kilpatrick ?

Lui seul a besoin de l'annulation.

À cause de sa fiancée catholique pratiquante.

Pas à cause de sa fiancée.

De ses parents à elle. De riches catholiques très croyants.

Kilpatrick a besoin de se refaire.

On l'a pressé comme un citron.

Ah bon ? Son avocat semblait penser l'inverse.

Paul Redfield aimerait bien y croire.

Mais en fin de compte,

ce n'est pas lui qui doit verser de telles pensions alimentaires.

À quelle heure est partie votre cliente et où se rendait-elle ?

Je ne dirai rien à ce sujet.

Dommage, Mlle Atkins.

Car désormais, un alibi lui rendrait bien service.

Elle nous a dit qu'elle était chez elle avec son fils, ce soir-là.

Sauf que le gamin dort chez son père, le mardi.

Toutes vos informations sont fausses.

Billy dîne chez son père

qui le dépose à son cours de hockey à 20 h.

Molly vient le chercher et ils rentrent chez elle.

Contents ?

Aux anges.

Elle est bien venue. Vers 20h30. Elle était survoltée.

Du fait de voir jouer son fils ou pour autre chose ?

Elle carbure aux cachetons.

Elle voulait emmener son fils avant la fin.

Ce pauvre gosse avait honte. J'ai fini par la faire sortir.

Son ex m'avait briefé.

Ce n'était pas la première fois ?

Non. Elle a assisté à un match, il y a deux mois.

Monsieur Kilpatrick est arrivé avec sa copine.

Madame Kilpatrick a pété les plombs.

Moi qui pensais que seuls les joueurs avaient le droit de se battre.

Le lendemain, leurs avocats s'en s'ont mêlés.

J'ai dû fournir les dates des matchs pour qu'ils négocient chaque venue.

Mardi soir, à quelle heure s'est fini l'entraînement ?

- À 21h30, comme toujours. - Elle l'a récupéré ?

Non, Billy m'a dit qu'il devait prendre un taxi.

Merci.

Je dormais chez moi.

Avez-vous parlé à quelqu'un ? Peut-être au téléphone ?

Non, je ne crois pas.

Vous n'êtes pas très claire, au sujet de ce soir-là.

C'est à cause des cachets ?

Allons, Molly. On s'est renseignés. Vous preniez du prozac et du valium.

Je pourrais avoir un café ?

Ils sont en train d'en faire. La nuit a été dure ?

- Ça va durer longtemps ? - Si vous voulez partir, allez-y.

Mais sachez

que le procureur pourra s'en servir pour vous faire arrêter.

Combien de comprimés de valium prenez-vous, chaque soir ?

Un seul.

- Parfois deux. - Et parfois plus, pas vrai ?

- Je ne le note pas dans un carnet. - Et ce fameux mardi soir ?

- Était-ce trois ou quatre ? - Je ne sais pas.

Assez pour perdre connaissance à votre retour.

- J'étais exténuée. - Et vous vous souvenez de l'heure ?

Non.

Combien de temps, après le hockey ? Une demi-heure ? Une heure ?

Je ne sais plus vraiment.

Peut-être une heure.

Vous vous souvenez de la patinoire ?

Je suis passée voir mon fils.

Pour l'en sortir de force, pas vrai ?

- Vous étiez hystérique. - Ça m'étonnerait.

Vous hurliez sur son entraîneur, Molly. On vous a vue.

Peut-être l'avez-vous oublié, à cause de ces comprimés.

- Je ne sais plus. - Ce n'est pas grave.

Vous vous êtes lâchée sur l'entraîneur et l'avez oublié, c'est ça ?

- Hein ? - Oui.

Son avocate est dans le couloir.

Le fils de madame Kilpatrick l'a prévenue.

Elle commence à craquer.

On n'a pas la journée. Son avocate est prête à bondir.

Le café est bientôt prêt.

Molly, j'ai enquêté sur ces annulations, dont 90 % sont validées,

qu'elles soient contestées ou non.

Je dirais que ça m'a l'air biaisé.

Et pourtant, je suis catholique pratiquant.

Tout comme vous, pas vrai ?

Oui.

C'est comme si l'Église disait que ces mariages n'avaient jamais existé.

Lorsque vous prononciez vos vœux de mariage à l'église,

vous étiez sincère ?

Oui.

Et votre mari aussi.

Oui, j'ai lu ses lettres de l'époque.

Il vous aimait vraiment.

Et voilà que 16 ans plus tard,

il veut que l'Église... C'était quoi, déjà ?

"Balaie tout d'un revers de la main", comme si ça n'avait jamais eu lieu ?

- Oui. - Il s'attendait à ce que vous acceptiez

de mentir devant Dieu ?

C'était hors de question.

C'est ce que vous avez dit au docteur Burk mardi, lorsque vous vous en faisiez ?

Elle s'en moquait. Elle savait qu'il mentait au sujet du mariage,

de moi et même de l'argent.

Vous êtes donc retournée la voir mardi, après la patinoire.

Non, je suis rentrée.

Minute. Vous ne vous souveniez plus de rien, après la patinoire.

Votre souvenir suivant était d'être au lit.

Ce qui laisse un sacré trou, Molly.

Vu votre traitement, vous n'étiez pas responsable.

En cas d'accident ou de légitime défense,

le procureur devra le prendre en compte.

- Vous ne risquez rien. - Quoi ?

On vous offre l'occasion de vous en tirer.

Vous aviez largement de quoi lui en vouloir.

La situation a dérapé, pas vrai ?

Elle vous a peut-être poussée.

Vous avez pris ces ciseaux en légitime défense.

Vous ne vouliez pas la blesser. Vous teniez ces ciseaux et pas de bol.

C'était un accident.

Avouez que c'était un accident et on vous libère.

Allez-y, Molly.

Vous avez pris tous ces comprimés et l'avez tuée accidentellement.

Qu'est-ce que vous fichez, bon sang ?

- Molly, ne dites plus un mot. - Vous avez le droit de parler.

Je vous ramène chez vous.

Si son avocate avait été coincée dans les bouchons, elle aurait avoué.

Quelqu'un a parlé à son fils ?

Les parents refusent.

Elle a forcément dit de quoi justifier un mandat.

J'éviterais de présenter ça au juge.

Lui dire qu'on pouvait l'arrêter, si elle s'en allait ?

Qui vous l'a dit ?

En plus de vos mensonges,

cela m'avait tout l'air d'un interrogatoire en détention.

On lui a aussi dit qu'elle pouvait partir à tout moment.

Je vous en prie. Vous n'avez pas affaire à un avocat commis d'office.

Merci pour votre condescendance.

Oublie, Rey.

Elle a planté des ciseaux dans la poitrine de cette femme.

On devait lui servir du thé et attendre qu'elle se décide à avouer ?

Elle était à un doigt.

Mieux valait qu'elle n'avoue pas.

On aurait eu l'air de crétins lors du non-lieu.

Viens, Rey. Si elle avait avoué,

il aurait été le premier à s'en féliciter.

Ce n'était pas qu'une perte de temps.

Elle a dit que Burk savait que son mari mentait au sujet de l'argent.

Les ex-femmes le pensent à chaque fois.

Et elles ont sûrement raison.

S'il avait bien quelque chose à cacher et que Burk le savait,

ça fournit un mobile à Molly Kilpatrick.

Ou à son ex-mari.

- Consulte ses comptes. - On n'a pas de quoi le justifier.

Cette Sheila Atkins pourra peut-être t'épargner cette peine.

J'ai 23 cartons qui débordent de relevés bancaires.

Pourquoi vous les passer ? Pour que ça retombe sur ma cliente ?

Ça pourrait l'innocenter.

Nous suspectons M. Kilpatrick d'avoir tué le Dr Burk

parce qu'elle en savait trop sur sa situation financière.

Comment ça, elle le savait ?

Votre cliente a l'air de penser qu'il lui en avait parlé.

Peut-être avait-il baissé sa garde, lors d'un entretien avec le docteur Burk.

Mademoiselle Ross, je pense que nous pourrions collaborer.

- Ce qui profiterait à votre cliente. - Elle a besoin de prouver

que son mari et son avocat cherchaient à l'escroquer.

Continuez.

Il a confié ses actifs à M. Redfield.

- Vous en êtes certaine ? - Je pourrais le prouver devant un juge.

Sauf que...

Molly m'avait dit que le docteur Burk le savait.

Je voulais la faire témoigner.

Ces relevés seront livrés à votre bureau d'ici demain matin.

Nos analystes pensent que M. Kilpatrick a sous-coté sa société.

Il a déclaré qu'elle valait 1,2 million.

Atkins estime qu'elle en vaut près de quatre.

Et elle divague ?

Nos comptables estiment que ça se tient. Atkins souhaite qu'on l'aide à le prouver.

Non, ne nous mêlons pas de cette affaire de divorce.

La police a-t-elle demandé à monsieur Kilpatrick

où il était le soir du meurtre ?

Non, ils ne le suspectaient pas.

Eh bien, nous si.

- Vous lui demandez un alibi ? - S'il en a un.

Je n'apprécie pas votre ton. Pourquoi le suspecter ?

Sheila Atkins allait fournir ses relevés bancaires au docteur Burk.

Nos comptables les ont consultés, M. Kilpatrick.

J'ai fourni tous mes relevés à Molly.

Je ne l'ai jamais privée de ce qui lui revenait.

Encore une piètre manœuvre de cette Sheila Atkins.

Elles font traîner l'annulation pour lui extorquer de l'argent.

Atkins a parlé d'un trésor à sa cliente, alors qu'il n'y a rien.

Monsieur Kilpatrick, pourriez-vous répondre à ma question ?

Après avoir déposé mon fils, je suis rentré me changer

et j'ai rejoint un ami dans un bar.

Vers 21h30.

Il me faudrait ses coordonnées.

Celles de David Harrigan ? D'accord.

Voilà dix ans que je vois Sheila Atkins à l'œuvre.

Cette femme mériterait d'être radiée.

Et elle n'en pense pas moins de vous.

Merci.

J'avais une urgence à régler

et suis arrivé au bar vers 21h45. Gary avait déjà commencé à boire.

Depuis combien de temps ?

Il en était à son troisième whisky.

- Il n'a pas perdu de temps. - Eh bien, depuis le divorce...

Il a dit que vous enquêtiez au sujet de ce meurtre.

Il vous a appelé ?

Pour me prévenir, oui.

Il ne m'a pas demandé de mentir. Il me connaît bien trop pour ça.

Vous n'avez pas l'air convaincu que ce n'était pas lui.

Je pense qu'il est innocent.

Ce n'est franchement pas criant.

Et qu'en est-il de Molly ?

Je les connais depuis l'université.

Leur fils et le mien ont quasiment grandi ensemble.

Gary et Molly étaient des gens bien.

Même leur divorce était cordial, au début.

Puis leurs avocats s'en sont mêlés.

Des hyènes se comporteraient mieux.

Je m'inquiète seulement des effets sur leur fils Billy.

Vous lui parlez ?

Il vit chez nous depuis quelques jours.

Pourquoi ça ?

Ce serait lié à sa mère. Je n'ai pas eu de détails.

Il a besoin d'un break.

Je pourrais lui parler ?

Rien ne t'oblige à leur répondre, Billy.

C'est ce qui se passe à la maison.

Avec ma mère.

Ses cachets et compagnie.

Elle pleure beaucoup.

Elle n'est pas en forme.

Comme l'autre soir, à ton entraînement ?

Que s'est-il passé, à ton retour ?

Je n'en peux plus d'entendre tout le monde me le demander.

Qui d'autre l'a fait ?

L'avocat de mon père et l'avocate de ma mère.

Elle m'a dit d'en parler à personne.

Mademoiselle Atkins ?

Tu as confiance en elle ?

Ta mère t'a-t-elle demandé de prendre un taxi, ce fameux soir ?

Tu devrais lui dire la vérité, Billy.

Elle devait venir me chercher.

Je l'appelais. Elle ne décrochait pas.

Elle était là, à ton retour ?

Sa porte était fermée. Elle dormait.

Tu l'as vue ou l'as entendue ?

Tu as tapé à sa porte ?

Non, je suis allé dans ma chambre pour regarder la télé.

Elle continuait peut-être à dormir.

Oncle David...

je pense qu'elle n'était pas là.

Le téléphone sonnait dans sa chambre.

Mais elle n'a pas décroché.

Son propre fils ne croit pas à son alibi. Elle allait avouer, il y a une semaine.

Elle se gave de comprimés et pleure tous les soirs.

L'arrêter pourrait permettre de la faire craquer.

Fais-la arrêter. Demande un mandat pour son domicile et son bureau.

Et mieux vaut la faire surveiller, pour éviter un suicide.

RIKERS ISLAND MARDI 17 DÉCEMBRE

Une caution de 500 000 $ ? C'est inacceptable.

Pour l'empêcher de s'en prendre à elle-même ou à d'autres.

Une bien belle manière de justifier son incarcération avant son procès.

Votre affaire ne tient pas debout.

Elle ne tient pas du tout. Absolument rien ne dément son alibi

et rien ne la relie directement au meurtre.

Des fibres de la moquette de la victime ont été retrouvées chez elle

et ses cheveux étaient dans le bureau.

Ce qui sera tout à fait explicable puisqu'elle est innocente.

Il nous suffit d'une gouttelette de sang.

Je ne l'ai pas tuée.

- Pourquoi ne pas me croire ? - Molly, laissez-moi gérer ça.

Monsieur Kilpatrick a-t-il droit au même traitement ?

- Son alibi a été confirmé. - Par David Harrigan ?

Avant de le faire comparaître, jetez un œil à ses pratiques bancaires.

Nous ne réglerons pas ça aujourd'hui. Réduisons cette caution de moitié.

Hors de question. Souhaitez-vous négocier ?

Avec de telles preuves ?

Vu son état, nous l'inculperions d'homicide involontaire.

Soit une peine minimale de huit ans d'emprisonnement,

au lieu des 25 encourus pour homicide volontaire non prémédité.

Le jury vous rira au nez.

C'est terminé. Allons-y.

- Moi qui trouvais mon divorce compliqué. - Tu aurais pu finir ici.

Crois-moi, j'aurais commis le crime parfait.

Mademoiselle Ross, M. McCoy.

De vous à moi, monsieur Behrens a tort.

- Si votre cliente est coupable. - Je n'ai pas dit ça.

Mais je doute que la situation de Molly s'arrange avant longtemps.

- Que proposez-vous ? - Ce qui serait le mieux pour elle.

Votre offre incluait-elle une recommandation de peine ?

Dites un chiffre.

Molly m'écoute. Je vous recontacte d'ici quelques jours.

Oui, je le lui dis. Très bien. Merci. Au revoir.

C'était Atkins. Elle avançait bien, jusqu'à ce que Behrens l'apprenne.

Bien essayé.

Elle réessaiera après l'inculpation.

Si tous nos adversaires étaient aussi conciliants...

Ou pragmatiques.

On me l'a adressée mais c'est pour toi.

Ça vient de l'Ordre des Avocats.

Tu leur dois de l'argent ?

Ils demandent des photocopies de tous les documents non confidentiels

en notre possession pour L'État contre Molly Kilpatrick.

ORDRE DES AVOCATS VENDREDI 20 DÉCEMBRE

Cette affaire n'a même pas débuté aux assises

mais pose un problème d'éthique ?

Je ne suis pas censée parler des dossiers en cours.

Ne me renvoie pas voir Jack sans info.

- Tu sais le casse-pieds qu'il est. - Oui. Il est célibataire ?

- Tu veux que je te le présente ? - D'accord.

Voilà ce que tu pourrais faire d'autre. Venir un samedi participer

à ma simulation de procès au lycée Saint-Joseph.

O.K. Je leur apprendrai à épeler quid pro quo.

Sheila Atkins nous a contactés

au sujet d'un souci de secret professionnel.

C'est tout ce que je peux dire.

C'est forcément lié à ce que lui a dit Molly Kilpatrick.

Une déclaration incriminante qui n'est pas confidentielle.

Ce qui expliquerait pourquoi Mlle Atkins voulait négocier.

Si tel est le cas, elle a l'obligation d'en faire part.

Ça n'a pas l'air si simple. Pourquoi solliciter l'Ordre, autrement ?

Leur décision ne l'y contraindra pas. Ça ne vaut rien, légalement.

A-t-on de nouvelles preuves contre madame Kilpatrick ?

- Rien de la part de la Scientifique. - Alors, tout dépend de Mlle Atkins.

Si elle ne se résout pas à faire le bon choix, on a un problème.

Quel problème déontologique me poserait souci ?

Le secret professionnel qui vous lie à Molly Kilpatrick.

- On sait que vous avez sollicité l'Ordre. - Vous parlez beaucoup trop.

Pourriez-vous vous décaler ? Ils ne me voient pas.

L'Ordre nous a demandé des documents. Ça ne devrait pas vous surprendre.

Nous comprenons que vous teniez à ce point à votre éthique

et ne voudrions pas vous contraindre à avouer ce qu'elle a dit.

Je n'ai rien à vous dire.

Vous avez jusqu'à demain matin ou je contacte le juge.

Inutile de m'attendre. Et merci.

Cette requête vise simplement

à briser nos rapports de confiance.

Et pour la gouverne de M. McCoy,

l'information qu'il souhaite soutirer à Mlle Atkins ne l'aidera en rien.

Monsieur McCoy, sauriez-vous de quoi il s'agit ?

- Ce ne serait que spéculations. - Spéculez à voix haute.

Être sollicitée par sa cliente pour dissimuler des preuves ?

L'entendre avouer qu'elle s'apprête à commettre un crime ou un délit

ou à se parjurer à la barre.

Il chauffe, Mlle Atkins ?

Je ne confirmerai pas que ma cliente a parlé.

Et pourquoi avoir contacté l'Ordre ?

- C'est entre elle et l'Ordre. - Et la cour.

Vous êtes habilité à lui ordonner de parler.

Merci, M. McCoy.

Mlle Atkins, vous et moi allons discuter.

Les autres peuvent attendre à côté.

Une pro du divorce qui a des états d'âme.

Ce sera quoi, ensuite ? Des plombiers qui ne gonflent pas leur facture ?

Si je vois juste, vous devriez songer à négocier.

Le juge vous demande.

Recommencez à noter.

Mademoiselle Atkins m'a fait part des déclarations de madame Kilpatrick.

Compte tenu de notre déontologie et de l'affaire dont il est question,

ces déclarations ne peuvent être protégées par le secret professionnel.

Mademoiselle Atkins a pour obligation d'en informer le procureur.

La requête déposée par l'État est donc validée.

Allez-y, Mlle Atkins.

Pas tant que nous n'aurons pas convenu d'un accord.

Monsieur le juge ?

Mlle Atkins, attention à l'outrage.

Sauf votre respect, Molly Kilpatrick reste ma cliente

et je continue d'agir dans son intérêt.

Ils devront déjà promettre la peine minimale.

- Trois à six ans ? - Et exiger l'accès

aux comptes de Paul Redfield aux îles Vierges.

- Je ne comprends pas. Qui est Redfield ? - L'avocat de l'ex-mari de ma cliente.

J'ai l'intention de prouver que lui et monsieur Kilpatrick

l'ont privée de beaucoup d'argent.

Vous n'avez pas besoin de nous. Demandez à y avoir accès.

- Ils ont refusé. - C'est une affaire civile.

On n'y serait même pas habilités.

Si vous ouvrez une enquête pour fraude fiscale, vous le serez.

Un jour ou l'autre, ma cliente sortira de prison

et je ferai tout pour qu'elle récupère son dû.

Tout ce qui lui revient jusqu'au dernier sou.

Tout ça est bien beau. Mais vous avez 48 heures pour répondre à M. McCoy

ou je vous poursuis pour outrage.

Une sacrée avocate.

Elle se sert de nous pour faire payer ce Redfield.

S'il a bien fraudé, ce ne serait pas une perte de temps.

Je n'aime pas qu'on me manipule.

Tu n'as plus besoin de son témoignage, pour faire condamner sa cliente ?

Ses six mois à Rikers pour outrage auront le même effet.

- Dans tes rêves. - Sa cliente est coupable de meurtre.

On devrait la laisser purger trois ans

et l'aider à faire les poches de son ex-mari ?

Tu t'en remettras.

Nous avons décidé d'accepter les conditions fixées par Mlle Atkins.

Nous avons ouvert l'enquête sur messieurs Redfield et Kilpatrick

et ferons part d'une recommandation de peine pour Mme Kilpatrick.

Je ne comprends pas ce qui se passe.

- M. Behrens ne vous l'a pas expliqué ? - Si, mais je n'ai pas tué le Dr Burk.

Molly, mieux vaut vous contenter d'écouter.

À vous, Mlle Atkins.

Pardon, Molly. Ils me forcent à le faire.

Comprenez bien que Molly a été poussée à le faire, à cause de son mari.

À cause des méthodes inadmissibles de son avocat.

Sans eux, elle ne suivrait pas de traitement.

Elle ne serait pas là.

Lorsqu'elle est venue me voir ce mardi, elle était déphasée.

Elle était obnubilée par cette annulation.

Elle estimait que l'Église et le Dr. Burk étaient liguées contre elle.

Et elle a dit :

"Je vais la tuer, si c'est le seul moyen de lui faire changer d'avis."

Non, Sheila. Pourquoi leur dire ça ?

- Désolée. - Non, je n'ai jamais dit ça.

Vous aviez pris trop de comprimés.

Vous ne saviez plus ce que vous disiez. Je ne pensais pas que vous le feriez.

Non.

C'est impossible.

Pitié. Bon sang.

Trois à six ans ? C'est ça ?

Évaluation psychiatrique à l'appui ?

Venez, Molly. Allons-y.

Nous assigner ? Éplucher nos comptes ? Dire que vous lui avez obéi.

Si vous n'avez rien à cacher, pourquoi réagir ainsi ?

Car j'estime que le bureau du procureur

ne devrait pas être à la solde d'Atkins et contribuer à de telles persécutions.

Ne soyez pas paranoïaque.

Elle a simplement confirmé ce que soupçonnaient déjà nos experts.

"Paranoïaque" ? Voilà ce que j'ai reçu de sa part

en l'espace de trois mois.

Interrogatoires, frais d'avocat, délits mineurs en tout genre.

J'ai une pièce entière au bureau remplie de ses bêtises.

C'est une guerre des nerfs, pas un litige.

Jetez donc un œil à tout ça. Puis parlons de paranoïa.

Il est mauvais perdant.

Le divorce a été prononcé il y a quatre mois.

À quoi bon faire tout ça ?

- C'est vrai que ça fait beaucoup. - Quelqu'un aurait dû y mettre un frein.

Retourne voir l'Ordre des Avocats et renseigne-toi.

Il s'agit de notre témoin principal.

J'aimerais savoir à qui nous avons affaire.

Salut.

Je me tâte à l'acheter. Elle est d'époque.

Les motos ne sont pas censées avoir des roues et un moteur ?

Voilà le palmarès d'Atkins que m'a donné l'Ordre.

Des accusations de conflit d'intérêts, de malversations, de débordements.

Tu parles d'une déontologie irréprochable.

La plupart de ces plaintes viennent de Paul Redfield.

Ce qui est de bonne guerre, puisqu'elle en avait déposé tout autant.

Quel est le problème, au juste ?

C'est de l'antagonisme sous stéroïdes. Et il y a pire.

J'ai consulté ces papiers laissés par Redfield.

Il s'agit d'une requête pour une motion d'injonction préliminaire.

Atkins voulait faire destituer l'archidiocèse,

pour empêcher l'annulation.

Faire destituer l'archidiocèse ? Elle rêve ou quoi ?

Elle avait rendez-vous avec le juge Kaufer le vendredi après le décès de Burk.

- Et ? - Je ne sais pas.

Je dois passer voir le clerc de Kaufer.

Contraindre l'Église catholique ? Je croyais que c'était proscrit.

La séparation de l'Église et de l'État.

Je suis surpris que le juge Kaufer l'ait même reçue.

Vous le serez encore plus d'apprendre qu'un projet de loi est à l'étude.

Mlle Atkins n'était pas si à l'ouest que ça.

Sa requête était fondée ?

Elle défendait l'argument que l'annulation avaient des répercussions d'ordre civil.

En l'occurrence, rendre le fils de Mme Kilpatrick illégitime,

ce qui peut être considéré comme diffamant et préjudiciable,

lorsqu'on n'est pas ecclésiastique.

- Elle citait même Blackstone. - Et qu'a décidé le Juge Kaufer ?

Si Mlle Atkins n'avait pas annulé sa requête, j'aurais pu vous le dire.

- Quand l'a-t-elle fait ? - La veille de l'audience.

Bien, Mlle Jones. Merci.

Et merde.

Elle a retiré sa requête pile après le meurtre car c'était inutile.

Elle savait l'évaluation de Burk supprimée car elle s'en est chargée, elle.

Elle savait que l'annulation serait au point mort.

Peut-être que Molly Kilpatrick le lui avait dit.

Alors pourquoi Atkins ne nous l'aurait pas dit ?

Elle a tué Burk, Jamie.

Tout ce cirque auprès de l'Ordre des Avocats ?

Elle nous a dupés. Elle a piégé sa propre cliente.

Annuler une requête deux jours après un meurtre

ne suffira pas à l'inculper d'assassinat.

Elle a convaincu une innocente de passer trois ans en prison.

Peut-être qu'elle pourra se convaincre d'en passer au moins 25.

Contacte son ami Paul Redfield.

LE MADRI JEUDI 8 JANVIER

J'ai pris la liberté d'esquisser une ébauche d'accord.

Il couvre ce qu'on a abordé au téléphone.

Kilpatrick met 1,5 million sur la table

- et ma cliente signe l'annulation. - Elle est d'accord ?

Mes clients m'écoutent, Paul.

Et je dirai à McCoy d'annuler les poursuites pour fraude fiscale.

Ça ne suffira peut-être pas pour qu'il me laisse tranquille.

Sans Molly et moi, l'affaire tombe à l'eau.

Ce pauvre crétin pourra taper du poing,

ça n'y changera rien.

Vous n'avez pas dû apprécier de voir votre cliente emprisonnée.

Il m'aura fallu deux ans et demi pour vous voir rager. Il était temps.

Votre cliente finit en prison et vous criez victoire.

Je ne devrais pas ?

On me paie à régler des divorces. Le droit pénal n'a jamais été mon truc.

- Bref. Marché conclu ? - Écoutez, Sheila.

Tout me convient, sauf cette histoire d'1,5 million.

- Je vous propose un autre montant : zéro. - Qu'est-ce que vous racontez ?

J'ai trouvé ça dans mes dossiers.

Votre requête pour faire destituer l'archidiocèse.

C'était si prometteur.

J'ai appelé le clerc du juge Kaufer, pour savoir ce qui s'était passé.

Imaginez ma surprise,

quand on m'a dit que vous l'aviez annulée deux jours après le meurtre de Burk.

Évidemment, sans son évaluation, l'annulation était fichue.

Personne ne savait qu'on l'avait supprimée,

sauf la personne qui s'en était chargée.

À savoir vous, Sheila.

Quelqu'un a mis de la drogue dans votre boisson ?

Bien. Je vais déposer ça au 1, Hogan Place

pour voir ce qu'en pense McCoy.

À moins que votre cliente accepte de signer l'annulation gracieusement

et que vous abandonniez les poursuites pour fraude.

- Enfoiré. Je vous ai battu. - Dans vos rêves.

Je vous ai battue pour la pension, les visites.

Un repas de plus par mois. Il a dû payer le double pour le vêtir.

Il voulait le faire quoi qu'il arrive. Vous ne supportez pas de perdre.

Vous, ça vous connaît. Vous êtes expert en la matière.

Pires que mes gosses.

Vous aurez le temps de rattraper votre retard.

Car vous allez finir en prison pour meurtre.

- Je file donner ça à McCoy. - Paul, d'accord. Vous avez gagné.

Vous aurez son accord demain. Ne faites pas de bêtises.

Je vous en prie.

- Mademoiselle Atkins. - Que se passe-t-il ?

- Tournez-vous. - Quoi ?

Je vous arrête pour meurtre.

Je vous conseille de réviser le droit pénal, Mlle Atkins.

Vous pouvez garder le silence. Tout ce que vous direz pourra...

COUR SUPRÊME LUNDI 9 FÉVRIER

Je suis convaincue qu'il cachait de l'argent à ma cliente.

Et cette annulation était mon seul moyen de pression.

J'ai supplié le docteur Burk de revoir son évaluation

ou d'au moins la repousser de quelques semaines. Elle a refusé.

J'étais hors de moi.

Après deux ans et demi, penser que je risquais de perdre...

Nous nous sommes battues, j'ai enfoncé ces ciseaux

et j'ai supprimé le rapport sur son ordinateur.

Et ces déclarations faites au procureur concernant Mme Kilpatrick ?

J'ai menti.

Et je lui présente mes excuses.

Elle me faisait confiance.

Elle m'avait laissé le champ libre pour gérer son divorce.

J'essayais de faire valoir ses droits...

Désolée.

Vous tuez ma femme pour une affaire de divorce

et vous êtes "désolée" ?

Silence, je vous prie.

Monsieur McCoy, l'État est-il satisfait ?

Oui, Madame le juge.

Sheila Atkins, suite à votre inculpation pour homicide volontaire non prémédité

et votre faux témoignage fourni au procureur,

je vous condamne à une peine d'emprisonnement de 15 ans minimum

pouvant aller jusqu'à la perpétuité

dans un centre pénitentiaire qui sera décidé par les autorités compétentes.

La séance est levée.

Redfield a accepté de déclarer les actifs manquants

et s'en sort avec une mise à pied de trois ans.

Il le voit sûrement comme une victoire.

Il pourra se rendre à Bedford pour frimer auprès d'Atkins.

Où ces gens ont-ils appris ce qu'est la déontologie ?

- En fac de droit. - Bien entendu.

Sous-titres : Julien Robillard Rollin' Dice Productions

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