All language subtitles for The Paradine Case 1947

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Original subtitles

Madame sera bient�t servie.

L'inspecteur Ambrose est l�.

Faites-le entrer.

Madame Paradine, je vous pr�sente le sergent Leggett.

Je suis surprise de vous revoir.

Que voulez-vous encore?

J'en suis navr�, mais...

Je viens vous arr�ter.

C'est incroyable!

Excusez-moi.

Il faut que je vous suive?

Je vais d�commander le d�ner.

Sonnez, je vous prie.

La sonnette est pr�s du tableau.

Ce tableau vous pla�t?

Il a �t� termin� juste avant... sa mort.

L'artiste a bien rendu l'expression de l'aveugle.

J'ai une formalit� � accomplir.

Mon manteau et mon sac...

Pourrai-je faire venir d'autres v�tements?

Je vous arr�te.

Vous avez le droit de ne rien dire.

Vos paroles pourront �tre utilis�es contre vous.

Vous �tes accus�e d'avoir, le 6 mai 1946,

administr� ou fait administrer

� Richard Paradine une dose mortelle de poison.

Je ne rentrerai pas.

Dites-le � la cuisini�re.

Je m'habillais quand j'ai re�u

votre coup de t�l�phone.

Sir Simon, mon avocat-conseil.

Nous sommes de vieux amis.

On ne vous voit pas souvent.

Excusez une faiblesse. Je n'aime gu�re ce lieu.

Nous nous h�terons d'en sortir.

Si vous �tes pr�t, Sir Simon, nous allons formuler l'accusation.

Accordez-moi un instant.

Je sais que la police se trompe.

Ayons confiance. Vous ne d�sesp�rez pas?

On va vous demander si vous avez quelque chose � dire.

R�pondez simplement: "Non."

Maddalena Paradine, vous �tes accus�e d'avoir,

le 6 mai 1946, empoisonn� Richard Paradine.

Avez-vous quelque chose � dire?

Je n'ai rien � dire.

C'est tout pour le moment.

Je vous ferai apporter vos affaires.

Vous me d�fendrez?

A l'audience? Bien s�r que non!

Nous prendrons un avocat c�l�bre. Vous connaissez Anthony Keane?

De nom, oui.

Il a le don de s�duire le jury.

Ma fille vous conduira. Il vous plaira.

L'essentiel est que je lui plaise.

J'en suis s�r. Bonsoir.

R�fl�chissez-y, Keane.

Tony!

Oui, ma ch�rie.

Je me doutais que tu n'avais pas de parapluie!

Tu es tremp�!

Baker, les cocktails!

Tu n'as m�me pas assez de jugeote pour ne pas te mouiller!

Prends une douche chaude.

Avec de la chance, tu peux en r�chapper.

Simon veut que je plaide l'affaire Paradine.

Ce n'est pas elle qui l'a tu�.

Etant son avocat, j'aimerais conna�tre tes arguments.

Quelqu'un de "bien" ne tue pas ses semblables.

Elle est donc "bien"?

Oui, d'apr�s ses photos.

Et elle a �pous� un aveugle.

Alors, une femme "bien" ne tue pas son mari?

Dire que onze ans de mariage avec un r�aliste

ne t'ont pas �t� tes illusions!

C'est bien que tu la d�fendes.

Pourquoi?

Tes cheveux sont tout mouill�s.

Pas si fort!

Je suis heureuse que mon mari sauve la vie des autres.

Mais tu as chang�, mon ch�ri!

Il y a onze ans, tu n'aurais pas plaid� cette affaire.

Je n'ai jamais refus� de gros honoraires.

Non, mais tu t'indignais de la d�cadence des riches.

Qu'il est loin, mon id�al!

Tu te souviens quand tu es venu

me chercher la premi�re fois pour aller au th��tre?

Tu �tais en veston. Le regard horrifi� de ma m�re!

Tu as mis cinq ans � oublier ce regard.

Elle en avait mis 50 � le mettre au point!

Tu es sec. Habille-toi.

Je ne suis pas g�teux!

Si je ne faisais pas semblant de le croire,

comment pourrais-je vivre avec un homme aussi g�nial?

Son calme est presque mystique.

Voici le grand homme.

Les troupes de choc viennent � la rescousse!

Vous allez me d�fendre?

Une simple escarmouche, et vous d�jeunerez au Savoy.

Je ne pense plus au Savoy.

Je sais quelles sont vos pens�es.

Sombres et tragiques.

On dit que j'ai �pous� un aveugle

pour son argent et que je l'ai tu�.

Et Dickie passe pour stupide de m'avoir aim�e.

Nous leur r�pondrons.

Vous l'aimiez, et il avait besoin de vous.

N'�tiez-vous pas ses yeux?

J'y �tais bien forc�e.

"Forc�e", Mme Paradine?

Vous �tiez heureuse de vous d�vouer

� cet homme magnifique.

Oui, je vous comprends.

C'�tait un sacrifice sublime.

C'est ainsi qu'il faut le voir.

D'autant plus que Paradine

ne pouvait l'appr�cier... ne vous ayant jamais vue.

Je dis: Jamais.

Si vous avez � t�moigner...

Nous verrons cela plus tard.

Quand vous reverrai-je?

D�s que j'aurai �tudi� l'affaire.

Merci de tout coeur.

Merci de l'avoir amen�.

Elle a plu � Tony, papa?

Ne me tire pas les vers du nez.

Bon, ne dis rien.

Tony est peut-�tre tr�s fort mais il aime le genre dramatique.

Reste donc tranquille!

La jeunesse d'aujourd'hui est d'une impertinence...

Tony va jouer son grand r�le.

Voler au secours de la beaut�! Il doit jubiler.

Si Horfield pr�side, qu'il se m�fie! Il serait vite remis � sa place.

Partons vite!

Horfield s'en prendrait � cette pauvre Sophie!

S'il raconte encore ses aventures avec Lady Machin-Chouette...

Une femme remarquable, Lady Millicent!

Nous nous sommes bien amus�s � Deauville.

Je l'ai fait nager... � 70 ans!

Et je pensais tristement

que la beaut� est bien �ph�m�re.

Avez-vous aval� un noyau?

Non, Tom. C'est seulement...

Ne vous attardez pas, messieurs.

C'est un usage bien d�suet, mais il y tient.

Papa, pr�viens-moi si la conversation devient int�ressante.

Vous vous rappelez que j'ai une oreille dure.

C'est son r�le d'avocat.

Je me demande jusqu'o� va votre talent.

Mon talent... ou ma chance.

Il y en a peu qui le vaillent.

Peut-�tre. Mais je suis du m�tier.

Vous montrez trop d'�motion devant le jury.

Je ne trouve pas cela de bon go�t.

Keane n'est pas tellement �motif.

Ne m'interrompez pas quand j'insulte quelqu'un.

Je le dis pour votre bien.

Un cigare?

Tommy pense grand bien de votre mari.

Je le crois, du moins.

Votre mari a du talent.

Le mien aussi, et je le regrette.

Ils parleront toute la nuit si on ne les secoue pas.

J'ai tort de vous le dire,

mais je tremble quand il juge un criminel.

Quand il rentre, il a un air si...

Oui, j'imagine.

C'est impressionnant, une condamnation � mort.

Oui. Vous me comprenez.

Ils refaisaient le proc�s de Charles 1er.

Keane et Simon seront heureux de voir vos jades.

J'ai de tr�s jolies pi�ces.

Vous �tes tr�s app�tissante.

Joli compliment de la part d'un gourmet.

Je ne vous amuse pas beaucoup, hein?

J'admire votre esprit, Lord Horfield.

Il est � votre disposition.

Une femme seule doit s'ennuyer.

Vous me croyez seule?

Femme de joueur, femme de juge,

�a se vaut.

Joli rubis.

Votre mari gagne tant que �a � d�clamer devant les jurys?

Lady Horfield l'a admir� aussi.

Elle a beaucoup de go�t... quelquefois.

Je crains que votre femme ne s'ennuie avec moi.

Dommage...

Tu ne montes pas te coucher?

- Une soir�e lugubre! - Oui et non.

J'ai une journ�e charg�e demain.

Je n'aurais pas d� accepter cette cause.

Tu as vu Mme Paradine?

Comment est-elle?

Etrangement s�duisante.

Tu le trouverais aussi.

Oh, non!

Elle me co�te trop cher.

Qu'est-ce que tu racontes?

Si tu as oubli�, je ne dis rien.

Notre voyage d'anniversaire!

Nous le ferons, mon amour.

Il n'y a que tes vieux tribunaux moisis qui t'amusent.

Non, je serais tr�s content d'aller...

en Italie.

Pas en Suisse?

L'Italie est tellement plus pittoresque.

On retournerait � Venise et � ses gondoles.

Qu'est-ce qu'il y a de dr�le?

Rien. Ce serait merveilleux d'aller en gondole.

Mais tu es si transparent.

Allons, dis au jury ce que tu as derri�re la t�te.

Mme Paradine est "�trangement s�duisante"

et l'Italie est "pittoresque"!

Tu vois que je peux �tre jalouse.

Pourquoi m'int�resserait-elle?

J'esp�re que tu as encore l'�ge d'admirer une jolie femme.

Mais il faut que tu saches

que je plais encore.

A qui, par exemple?

A Horfield, entre autres.

Il est tard.

C'est l'heure de monter en gondole.

C'est tout pour aujourd'hui.

Etes-vous bien trait�e?

Voulez-vous des livres?

J'ai ceux de la biblioth�que.

Je vous demanderai bient�t de me parler de votre vie.

Est-ce n�cessaire?

Je sais que c'est ennuyeux.

L'accusation attaquera votre moralit�.

Je veux pouvoir riposter.

Mon pass� ne regarde que mon mari et moi.

Et mon mari est mort.

Mme Paradine, les ant�c�dents d'un accus�

sont capitaux pour la d�fense.

Jusqu'o� ira cette inquisition?

Confiez-moi au moins

ce qui pourrait �tre embarrassant.

Il est essentiel que vous m'aidiez.

Pardonnez-moi. J'essaierai.

Vous ne serez pas surpris d'apprendre

que j'ai beaucoup v�cu.

Ne prenez pas mon insistance pour un manque de sympathie.

Cela a commenc� � l'�cole, � Naples.

Je disais avoir 16 ans mais j'�tais plus jeune.

Tragique!

Peut-�tre, mais je ne le pensais pas.

J'ai fui avec un homme.

Istanbul, Ath�nes, Le Caire...

Il �tait plus �g�. Il a abus� de votre confiance.

Il �tait mari�, respect�. J'ai abus� de la sienne.

Je me suis lass�e de lui ou lui de moi. Qu'importe!

Y en a-t-il eu d'autres?

Naturellement. On ne peut pas le cacher.

Vous venez de le dire, M. Keane.

Qu'on me pende pour mon pass�!

Nous ne les laisserons pas faire.

Pauvre Dickie, comme il souffrirait!

Il m'avait confi� son honneur.

Il �tait au courant?

Je ne lui cachais rien.

Souvent, plong� dans sa nuit �ternelle,

il pleurait.

Je vous ai assez tortur�e. Ayez confiance en moi.

J'ai confiance.

Laissez donc � la Couronne la charge de la preuve.

Prouvons plut�t le suicide.

C'est dangereux. Si Horfield...

Vous avez peur de Horfield!

Quel est votre plan?

Un aveugle peut se suicider.

Reste � �tablir qui l'a aid�.

Savez-vous ce que peut r�v�ler la photo?

Oui. La marche du monde.

Vous ne remarquez rien?

Ma foi, non.

Le valet de chambre est toujours l�.

C'est normal.

Latour adorait son ma�tre. Il le guidait fid�lement.

Il est tard.

Je sais. Il est plus d'une heure.

Mais j'ai du travail.

Simmy a l'air �reint�.

Voulez-vous boire quelque chose?

Baker est couch�. Je vais vous servir.

C'est notre homme.

Qui? Le domestique?

Il a aid� Paradine � se tuer.

Le compagnon d'armes d�vou�

a aid� son ma�tre � abr�ger ses souffrances.

Il n'y a pas eu de suicide.

Il y a eu crime.

Latour peut l'avoir assassin�.

Notre cliente aussi.

Vous croyez qu'elle l'a tu�?

L'accusation le dit.

Inutile de tenter une diversion.

C'est � son sujet qu'il faut r�pondre.

Je r�pondrai.

Par des faits?

Il est �vident qu'elle n'est pas une criminelle.

C'est une femme bien.

Je la croyais de m�urs faciles.

Vous �tes pourri de pr�jug�s.

Incapable d'appr�cier un caract�re.

Qu'ils essaient seulement de la salir!

Elle vous a plus impressionn� que je ne le pensais.

Je lui ai beaucoup parl�.

C'est une femme bien et je veux qu'on le sache.

Tout homme sera fier d'elle.

Il n'y a plus d'eau gazeuse.

Donne de l'eau ordinaire.

Je vous le verse?

Bien tass� pour moi.

Latour adorait le colonel.

Il �tait souvent seul avec lui.

Si Paradine a voulu mourir...

un seul �tre a pu l'aider.

Andr� ne l'a pas aid�.

Latour.

Vous l'appelez Andr�? Un valet!

Je suis peu habitu�e aux conventions de votre classe.

Ma classe? Vous me connaissez mal.

Assez pour savoir que vous sacrifieriez un inf�rieur.

Vous �tes bien empress�e � le d�fendre.

Vous parlez de Latour comme si...

Vous prononcez son nom d'un ton �trange.

C'est intol�rable! Cessez vos insinuations.

Vous vous posiez en sauveur!

Vous parliez d'une "simple escarmouche".

C'est juste.

Je serai votre champion.

Ne parlons plus de Latour.

Je crois que Keane renonce � incriminer le domestique.

Mme Paradine ne le veut pas.

Suivra-t-il ton conseil?

Il se transforme en d�tective.

Il va enqu�ter � Hindley Hall, leur maison de campagne.

Mais c'est arriv� � Londres!

Oh, ce jeu m'ennuie.

Je pr�f�re "Les Aventures d'Anthony Keane".

De qui tiens-tu ta curiosit�?

Ta m�re �tait une femme simple.

Si tu avais continu�, j'�tais battu.

Tony s'est entich� d'elle?

Hindley est encore ouvert?

Il n'y reste que la gardienne. Que mijotes-tu encore?

Le valet de chambre est l�-bas?

Je refuse de r�pondre.

Je vais faire mon courrier. Va te coucher.

Il y a quelque chose entre Mme Paradine et le valet de chambre!

D'o� te vient cette id�e?

Tu l'as eue aussi!

Keane a peut-�tre d�couvert que...

Le domestique et elle! C'est �a!

Il est jaloux du domestique.

Tony ne va jamais voir si souvent un client en prison.

Tony aime toujours Gay.

S'il l'abandonnait?

Ces choses-l� arrivent.

Tes exp�riences ont bris� bien des c�urs.

Il est amoureux de cette femme.

Les hommes qui se conduisent trop bien ont la nostalgie de la boue.

Tony est un gar�on correct.

Les meilleurs finissent mal.

Il va l�-bas chercher son rival.

Ai-je tort? R�ponds!

Ne me traite pas comme un t�moin � charge.

Les hommes sont des brutes.

Je voudrais �tre mari�e � Anthony. Il verrait!

Si tu �tais mari�e, �a te calmerait peut-�tre.

Je souhaite...

non pas qu'on la pende,

mais qu'on l'emprisonne � vie.

Comment est-elle?

Fascinante.

Si vieux que je sois, elle me trouble.

Pauvre Gay...

Tu rentres tard.

Tu n'aurais pas d� m'attendre.

Je ne t'attendais pas.

Je vais me coucher. Bonsoir, ch�rie.

Excuse-moi, j'ai la migraine.

Je ne suis pas dans mon assiette, moi non plus.

Nous devrions partir.

Tu es surmen�.

Ce ne sera rien.

Pour notre anniversaire. Tu l'as promis.

Il y a des choses plus graves qu'un anniversaire.

Tu n'as pas toujours dit �a.

J'aurai besoin de m'absenter.

Les Paradine avaient une maison dans le Cumberland.

Je vais y faire un tour.

�a me fera prendre l'air.

Parfait! Nous pourrons...

Je ne resterai qu'un jour ou deux.

Ce ne serait pas dr�le pour toi.

Je comprends.

Il fait froid dans le nord.

Ta place est ici, au chaud, � l'abri.

Je veux t'�pargner ces laideurs.

Le pourras-tu?

Je l'ai toujours pu.

De quoi as-tu peur?

Est-il besoin de te le dire?

�a me d�cide. Rien ne doit provoquer la discorde entre nous.

J'abandonne cette affaire.

Que va-t-elle dire?

Qu'importe ce qu'elle dira.

Le premier venu peut plaider cette cause.

Nous partons pour la Suisse dimanche. Demain m�me.

Eh bien, qu'as-tu?

Rien. Je te remercie.

Je savais que tu pouvais changer.

Alors? Lucerne ou Saint-Moritz?

Ni l'un ni l'autre.

Tu iras dans le Cumberland.

Non. Je suis fatigu�, tu as raison.

Pas trop fatigu�, Tony.

Le premier venu ne la sauvera pas.

Il n'y a qu'un Anthony Keane.

Tu me surestimes.

Je me sens concern�e.

Je ne veux pas qu'on la pende parce que mon mari va la voir...

en prison.

Il faut aller te coucher.

Pas maintenant, Tony.

Tu viendras dans le Cumberland?

Je t'attendrai ici, au chaud, � l'abri.

Voulez-vous voir votre chambre?

D�sirez-vous manger?

Non, mais je prendrai un whisky.

Je fais monter votre sac.

Vous �tes de la police?

Pourquoi? Vous avez des ennuis?

Pas exactement, mais...

Vous avez vu, cette affaire d'empoisonnement?

Le colonel Paradine!

Mon Dieu, le feu s'�teint.

Cette chemin�e ne tire pas.

C'est Mme Paradine la coupable.

Vous la connaissez?

Elle passait souvent � cheval,

mais elle ne parlait pas.

Elle �tait toujours seule?

Oui. Tiens, c'est vrai!

Elle �tait toujours seule.

Maintenant, la maison est � louer.

Je sais, je viens pour �a.

Vous la visiterez demain?

Oui, je pense.

On attellera le poney. C'est � huit miles d'ici.

Bon, vers dix heures.

Hindley Hall est dans ce bois.

J'ai souvent vu le colonel se promener avec Andr�.

Le valet de chambre du colonel.

Un dr�le de type!

Quelqu'un habite encore l�?

La gardienne, Mme Carr.

Et Andr�, s'il est rentr� de Londres.

Il en sait plus long sur cette mort qu'il ne le dit.

Dr�le de type!

En quoi?

Je ne sais pas... renferm�.

Ces �trangers, c'est pas comme les autres.

Latour, il y a un monsieur

qui vient visiter.

Je serais dispos� � louer.

A "louer", monsieur Keane?

Veuillez entrer.

J'ouvre les rideaux.

Il ne va pas revenir?

Peut-�tre que oui, peut-�tre que non. Par ici.

La pi�ce pr�f�r�e du colonel.

La vue est belle.

Il se la faisait d�crire par elle

aux changements de saison.

Montons au premier.

La chambre de Madame.

Excusez le d�sordre. J'emballais ses affaires.

Je vais ouvrir les autres pi�ces.

Voulez-vous me montrer le parc?

Je descends.

Latour va me montrer le parc.

Quelle est cette porte?

La chambre de Latour.

Il n'y avait pas une chambre de domestique?

Elle voulait qu'il soit pr�s

du colonel.

O� est Latour?

Je ne sais pas, monsieur.

Il a eu � faire ailleurs.

Bon, � l'auberge.

Puis-je vous parler, monsieur?

Que voulez-vous?

C'est difficile � dire.

Vous connaissez ma chambre?

Je vous ai vu entrer et allumer.

Vous surveillez l'auberge?

Oui, je viens de Hindley Hall.

Je pr�f�rais vous voir.

Pourquoi �tes-vous entr� par derri�re?

Je ne voulais pas r�veiller les autres, monsieur.

Vous auriez pu venir avant.

- Je n'y tenais pas. - Pourquoi?

Je vous laisse l'imaginer.

Que me voulez-vous?

C'est vous qui vouliez me voir.

Qu'est-ce qui vous fait croire �a?

Vous �tes venu � Hindley Hall.

Uniquement pour la maison.

Vous vouliez que je vous guide.

Oui, et vous avez fil�

comme un lapin.

Pourquoi?

J'ai d'abord pens�: "Je ne veux pas lui parler."

Puis j'ai song�: "J'ai tort."

Souvenez-vous

que je ne vous cherchais pas.

Vous serez sans doute t�moin � charge.

Ce n'est pas mon r�le d'essayer

d'entrer en contact avec vous.

Je vous ai rencontr� par hasard.

Mais vous le d�sirez.

J'ai le devoir de d�fendre votre ma�tresse.

Pardon!

J'�tais au service du colonel.

Je ne servirais pas une femme. C'est contraire � mon caract�re.

Pourquoi �tes-vous venu me voir?

Si vous me dites pourquoi vous �tes ici,

je vous le dirai.

C'est un marchandage.

Pourquoi l'accepterais-je?

Comme vous voudrez.

Mais c'est donnant, donnant.

�a me para�t honn�te.

Vous ne fumez pas?

Je ne d�sire pas fumer. Merci.

C'est elle qui vous a envoy�!

Mme Paradine ne sait m�me pas que je suis ici.

Alors, je me trompe.

Pourquoi l'aurait-elle fait?

Elle a peut-�tre ses raisons.

Vous ne la connaissez pas.

Je la connais en tant qu'avocat.

Vous ne me croirez pas mais vous faites fausse route.

Expliquez-vous plus clairement.

Vous n'avez connu Mme Paradine qu'en prison.

Donc, vous ne la connaissez pas.

Sinon, je n'aurais pas � vous dire que Dieu seul

ou le diable sait ce qu'elle a en t�te.

�a suffit!

Je dis la v�rit�.

Et sachez encore une chose.

C'est une femme abjecte,

une femme nuisible!

Je vous prie de sortir!

Ignoble menteur! Sortez!

Comme vous voudrez, monsieur.

Permettez-moi de vous dire que je vous plains.

Dieu vous prot�ge.

Je croyais que vous m'oubliiez.

Non. J'ai �t� � Hindley Hall.

Pour quoi faire?

Pour mieux conna�tre votre pass�.

J'ai visit� la maison.

Votre chambre.

J'ai vu Latour.

Il s'est conduit bizarrement.

Il m'a �vit�, puis il est venu me trouver.

Pourquoi?

Pour me parler de vous.

Et qu'est-ce que ce domestique a dit de moi?

Ne prenez pas cette attitude.

Je ne comprends pas.

Latour vous hait violemment.

Il dit que vous �tes une femme nuisible.

Qu'entend-il par-l�?

Il vous m�prise. Pourquoi?

Il m�prise toutes les femmes.

Ne dites pas �a. C'est vous qu'il d�teste.

Le jury croira que vous avez fait souffrir son ma�tre.

Inutile de tout m'expliquer comme � une enfant.

Je veux vous sauver, mais je ne veux pas agir dans le noir.

Je n'en dors plus.

Je ne vous comprends pas.

Avez-vous incit� Latour

� �tre d�loyal envers son ma�tre?

En voil� assez!

Qu'y avait-il entre vous?

Je ne me laisserai pas traiter ainsi.

J'aime mieux me passer de vous.

Non, moi seul peux vous sauver.

Ma conscience...

Ma vie m'importe plus.

Je vous fais mes excuses du fond du coeur.

Si vous me pardonnez,

je vous d�fendrai de mon mieux.

Je suis un peu lasse.

Vous devez l'�tre aussi.

Tony est revenu du Cumberland?

Pardon. Qu'as-tu dit?

Je te demande si Tony est rentr�.

Je l'attendais ce matin.

Je ne l'ai pas vu.

Donne-moi une cigarette, Judy.

Depuis quand fumes-tu?

Depuis quelques jours.

Pauvre papa. Il n'a pas de chance avec moi.

Il me dit toujours: "Sois discr�te.

"Attends que les autres parlent."

Je n'ai pas de secret pour toi.

Tu sais ce qu'on raconte.

C'est exag�r�, mais...

Si je te disais

qu'il voulait abandonner l'affaire.

J'en serais stup�faite!

Je ne l'ai pas laiss� faire.

Si un autre plaidait ce proc�s, qu'il soit gagn� ou perdu,

le roman de Gay et Tony serait � jamais fini.

Peut-�tre.

Ce n'est pas parce qu'un homme a une tocade qu'on doit

le traiter de criminel.

- Toi, non. - Tu ne le ferais pas non plus.

C'est douloureux, mais �a l'est aussi pour lui.

Je tiens � conserver son affection.

M�me au prix d'une s�paration?

Non. En �vitant qu'il souffre du mal qu'il me fait.

En somme, il ne m'appartient pas.

Je l'aime, voil� tout.

Madame est l�?

Ici, Tony!

Tu arrives juste pour le th�.

Verse-m'en une tasse.

Bon voyage?

Sans int�r�t.

Tu as chang� de coiffure.

Tu m'as vue cent fois comme �a.

Pr�f�res-tu que je me taise?

Pourquoi?

Tu as l'air un peu fatigu�.

Je n'ai rien � te raconter, ch�rie.

C'est une grande maison banale dans la r�gion des Lacs.

Que veux-tu savoir?

Rien du tout.

D�nerons-nous t�t ou veux-tu dormir avant?

Tu la d�testes, n'est-ce pas?

Ne parlons pas de �a, Tony. J'esp�re tant que...

Que je perdrai ce proc�s!

Je ne peux pas te le reprocher.

Tu es toute ma vie, Tony, depuis toujours.

Crois-tu que je te souhaiterais du mal?

Non, sans doute.

Je ne nie pas avoir souhait� le pire pour elle.

Je ne peux pas me faire � l'id�e de te perdre.

Nous sommes mari�s, vraiment mari�s, comme peu de gens le sont.

J'ai pass� des nuits blanches.

J'ai tent� de prier pour elle.

Mais j'ai chang�.

Je d�sire ardemment qu'elle vive.

Qu'elle soit libre, libre de tuer...

De prendre le mari des autres et de faire tout ce qu'elle voudra.

Son sort ne devrait pas t'int�resser.

Il m'int�resse beaucoup. Pas pour des raisons nobles!

Je la hais!

Mais je veux que tout �a finisse, que tu cesses d'�tre

en partie avocat, en partie adorateur.

C'est absurde!

"Soupirant malheureux", mettons!

Et en partie mari, car je compte toujours pour toi.

Autrement, tu ne serais pas rentr� ce soir.

J'ai vu que tu souffrais

et je ne t'en aime que plus.

Je connais tes sentiments pour moi.

Je compte sur toi.

Je veux qu'elle vive pour que la lutte soit �gale.

Si elle mourait,

je te perdrais pour toujours.

Tu continuerais � penser que tu l'aimes.

Elle serait ton "grand amour perdu".

Puis-je te dire une chose?

Tu ne l'aimes pas.

Je ne suis pas un ph�nix. J'ignore beaucoup de choses

mais il y a un �tre que je connais, c'est toi.

Ne dis rien.

Je veux que tu obtiennes le plus beau succ�s de ta carri�re.

Je veux que tu la fasses acquitter.

Ma plaidoirie est finie.

Et quelle plaidoirie!

Voil� ce que c'est d'�pouser un avocat!

Je monte me changer.

Tu viens avec moi?

Oui, dans une minute.

Etes-vous pr�te, Mme Paradine?

Faites avancer la prisonni�re.

Maddalena Anna Paradine,

vous �tes accus�e d'avoir assassin� Richard Paradine.

Etes-vous coupable ou non coupable?

Non coupable.

Gay, tu ne dois pas manquer �a.

Tony ne te verra pas. Nous serons noy�es dans la foule.

Le 6 mai, � une heure que nous pr�ciserons,

quelqu'un administra un poison � Richard Paradine.

A 9h30, il appelait � l'aide et il mourut

avant l'arriv�e de son fid�le serviteur.

Ce soir-l�, une querelle avait �clat�

entre le colonel Paradine, Mme Paradine

et Andr� Latour.

Le colonel, tr�s agit�, s'enferma dans sa chambre.

Le ma�tre d'h�tel lui apporta son d�ner,

compos� de poulet, de pommes de terre

et de chou-fleur au gratin.

Il demanda qu'un verre de bourgogne soit plac� � sa port�e.

Un seul verre, mesdames et messieurs!

Farell d�bute bien.

Vous savez ce qu'�tait le colonel.

Cet homme simple et fier...

Sa vie inspire � la fois de l'humilit� et de la fiert�.

...� la fois si dynamique,

fut soudain plong� dans les t�n�bres.

Plaignons cette femme, encha�n�e � un g�ant d��u

et rong� de ressentiment.

On l'aurait excus�e de montrer de l'impatience.

Et, chose �trange,

elle �tait tr�s patiente.

Mais Dieu sait quel feu couvait en elle!

Cette femme n'est pas une femme ordinaire.

Elle sait attendre.

Non, en v�rit�,

ce n'est pas une femme ordinaire.

Lakin, apr�s avoir port� son d�ner au colonel,

vous avez plac� un verre de bourgogne

� c�t� de son lit.

Est-ce une boisson � prendre en se couchant, selon vous?

Non, mais le colonel...

Demandait-il quelquefois du bourgogne le soir?

Non, monsieur.

En buvait-il d'habitude?

�a ne lui r�ussissait pas.

Il veut faire croire au suicide.

Vous dites qu'il ne buvait pas de bourgogne, d'habitude.

Il ne l'aimait pas?

Au contraire.

Il l'aimait, mais en buvait trop.

Horfield d�molit l'argument.

En �tablissant qu'il aimait le bourgogne.

Je tenais � pr�ciser ce point.

Je vous en suis tr�s reconnaissant, milord.

Pas de questions.

Appelez Andr� Latour.

Jurez sur la Bible.

Votre nom?

Andr� Etienne Latour.

Vous �tes n� au Canada et avez fait la guerre avec le colonel.

J'ai eu l'honneur de servir sous ses ordres.

Vous �tes d�cor� pour fait d'armes.

Quand Paradine est mort, vous �tiez son valet de chambre

et son homme de confiance.

Parlez plus haut.

Vous lui �tiez tr�s attach�?

C'�tait un homme merveilleux.

A 8 heures, il a sonn� violemment.

Vous �tes mont� et l'avez trouv� avec madame Paradine.

Et ensuite?

Il m'a fix� de ses yeux aveugles,

puis sa col�re a �clat�.

Quelles ont �t� ses paroles?

Il a dit: "Vous voulez me quitter

"alors que j'ai besoin de vous?"

Je lui ai demand� qui avait dit �a. Il a r�pondu:

"Elle."

A-t-il dit autre chose?

Il a prononc� des mots violents.

Vous �tiez d�cid� � le quitter?

Pourquoi Mme Paradine l'aurait-elle dit?

Pour se d�barrasser de moi.

Vous avez dit qu'en remontant voir le colonel,

vous aviez trouv� Mme Paradine devant sa porte.

En �tes-vous s�r?

Voici le plan des lieux.

Allait-elle de la chambre du colonel � la sienne?

Merci, c'est tout.

Latour cache quelque chose.

Le nom de Margaret Welles vous est-il connu?

Oui.

Qui est-ce?

Je vais vous aider.

Margaret a �t� votre fianc�e, � Qu�bec.

Le jour du mariage, elle est partie avec un autre.

C'est le pass�!

Cette question me para�t hors du sujet.

Le t�moin a montr� dans son attitude

une aversion presque pathologique pour les femmes.

Je ne comprends pas ces subtilit�s.

D'apr�s le physique du t�moin,

c'est la conduite de cette dame qui serait pathologique.

Question suivante.

S'il ne m'est pas permis d'expliquer l'hostilit� du t�moin.

Saviez-vous que le colonel vous avait l�gu� par testament

3500 livres sterling?

C'est une simple question.

Il me l'avait dit mais je ne connaissais pas le testament.

Vous doutiez donc de sa parole?

Pas du tout.

Alors vous �tiez s�r de recevoir cette somme � sa mort?

R�pondez!

Je n'ai pas bien compris.

Etiez-vous s�r d'h�riter de 3500 livres

� la mort du colonel?

Je n'y pensais pas.

Oui, je le savais.

Vous avez la m�moire lente.

R�fl�chissez bien

et souvenez-vous de votre serment.

Avez-vous entendu Paradine dire qu'il voudrait mourir?

Qu'il voudrait �tre mort?

Qu'il voudrait mourir.

Avez-vous entendu Paradine d�clarer souvent

qu'il �tait las de la vie et qu'il voudrait mourir?

Son �tat lui faisait dire tant de choses! Je n'y prenais pas garde.

Vous n'y "preniez pas garde"!

Dites-nous ce qui s'est pass� le 6 mai, vers 8 heures.

Dois-je r�p�ter ma d�position?

Non, je ne vous demande pas cela.

Mais n'avez-vous pas jur� devant Dieu tout-puissant

de dire la v�rit�, toute la v�rit�?

Votre d�position est mensong�re!

Vous cachez la v�rit�.

Une autre personne la conna�t.

M. Keane, quelle est la question?

Maintenez-vous que Mme Paradine

a pr�tendu que vous alliez partir provoquant ainsi une querelle?

Votre parole contre la sienne!

Oui, comme devant le colonel.

Vous voulez faire croire au jury

qu'apr�s des ann�es de service loyal, votre parole

ne comptait pas pour le colonel?

Votre histoire est un tissu de mensonges!

Si elle dit le contraire...

Qu'alliez-vous dire?

R�pondez.

Je n'ai rien � ajouter.

Revoyons les d�tails de cette soir�e.

N'en omettons aucun.

Quand Lakin eut termin� son service, o� �tiez-vous?

Dans ma chambre.

Vous a-t-il parl� du verre de bourgogne?

Oui.

- Etait-ce inhabituel? - Peut-�tre.

Pas de peut-�tre! Oui ou non?

Oui.

Ensuite vous �tes remont�?

- Oui. - Pourquoi?

Sans raison.

Le colonel vous avait violemment reproch� de le quitter.

Mais vous remontiez "sans raison"?

�a m'ennuyait qu'il soit f�ch�.

Plus haut! Le jury n'entend pas.

Je voulais me r�concilier avec lui.

Vous avez frapp� et �tes entr�.

Je ne suis pas entr�.

Vous avez frapp� et ensuite?

Il m'a dit de m'�loigner.

Sans savoir qui �tait l�?

Il l'a demand�.

Puis il m'a dit de m'�loigner.

Ah, vous �tes fin, Latour!

Quel ton avait-il?

Quand il vous a "chass�".

Latour a employ� le mot

"�loigner" et non "chasser".

"Eloigner", "chasser", c'est la m�me chose.

Mon confr�re est trop subtil

pour ne pas saisir la nuance.

C'est sans importance.

Soyez plus circonspect.

Je continue l'interrogatoire.

Vous aidiez toujours l'aveugle � se coucher?

T�che compliqu�e!

Vous pr�pariez sa brosse � dents, son pyjama?

Pourtant vous n'�tes pas entr�

pour v�rifier si le bourgogne �tait � sa port�e?

Je n'y ai pas pens�.

Vous vouliez vous r�concilier

et �tiez pr�occup�?

Oui, je pense.

Qui se trouvait dans le couloir?

Mme Paradine rentrait chez elle.

Sa chambre �tait en face de celle du colonel?

- Savez-vous d'o� elle venait? - Non.

Elle pouvait �tre sortie de sa chambre et y rentrer?

C'est possible.

Elle n'aurait pu sortir de chez lui sans vous croiser?

Est-ce exact?

Donc elle est rentr�e chez elle.

Qu'avez-vous fait?

Je suis rest� l� une minute.

Dans quelle intention?

Sans aucune intention.

Je ne savais que faire.

Avez-vous vu quelqu'un mourir empoisonn�?

Non.

Ni un animal?

Non.

M�me pas un vieux chien

� Hindley Hall, il y a 2 ans?

Si, j'avais oubli�.

C'est ce que je vois.

Il a �t� empoisonn�?

C'�tait un vieux chien malade.

On l'a supprim�.

Dites que vous l'avez supprim�.

Avec quel poison?

Je ne sais plus.

En avez-vous conserv�?

Non, on n'avait qu'une dose.

Ne dites pas "on". C'est vous qui l'aviez.

Une forte dose?

Non, tr�s petite.

Et elle a agi rapidement?

Oui.

Je sais ce que vous voulez dire.

Il m'accuse d'avoir tu� le colonel!

Que le t�moin se mod�re.

Mais c'est faux!

Ce n'est pas lui qu'on juge.

Ses protestations d'innocence

sont superflues puisqu'il n'est pas accus�.

Sur ce, nous suspendons l'audience.

Les d�bats reprendront � 2h05.

Tony l'a mis en pi�ces!

C'est son m�tier.

- �a a bien march�. - Vraiment?

Vous devez vous en rendre compte.

Vous n'avez pas vu comme je l'ai secou�?

Vous n'avez pas tenu parole.

Je ne voulais pas que vous fassiez cela.

Que vous pr�tendiez qu'Andr� a aid� mon mari � se tuer.

Et maintenant, vous le pr�sentez comme un assassin!

Je ne vous le pardonnerai pas.

Me pardonner?

Quand je sacrifie tout pour vous sauver?

Je ne vous demandais pas �a.

Vous! Me pardonner!

Quel idiot j'ai �t� de vous aimer!

Si c'est vrai, pourquoi m'avoir d��ue?

Il ne reste que trois �ventualit�s.

Ou Paradine a r�ussi � s'empoisonner,

ou c'est Latour, ou c'est vous.

Ne dites pas qu'Andr� est un assassin.

Vous l'aimez?

Que vous importe? Vous �tes mon avocat, rien de plus.

Quelqu'un m'a dit une chose semblable r�cemment.

Continuez-vous � me d�fendre?

Oui, je ne citerai que vous comme t�moin.

Je compte l�-dessus pour vous sauver.

Je sais que je peux me fier � vous.

Vous le pouvez.

Vous me sauverez

mais pas � ses d�pens.

Et si c'est le seul moyen?

Ne le sacrifiez pas.

Sinon je vous ha�rai comme jamais je n'ai ha�.

J'ai commenc�, je dois continuer.

Je n'en ai pas fini avec Latour.

Quand vous t�moignerez, dites ce qu'il vous plaira.

Mes questions ne regardent que moi.

Latour, vous vous souvenez de votre d�position?

Pendant la dispute, le colonel vous a adress� des mots violents.

Vous a-t-il cong�di�?

Je ne sais que penser. Elle avait menti.

Vous l'avez d�j� dit.

Vous consid�riez-vous comme cong�di�?

Sans doute.

Mme Paradine dirigeait-elle Hindley Hall?

R�sumons-nous.

Le colonel vous avait renvoy�

et vous �tes cependant rest� au service de votre calomniatrice.

R�pondez!

Je tenais � entretenir la propri�t� du colonel.

Apr�s la dispute du 6 mai,

vous n'avez pas revu le colonel vivant?

Mais vous l'avez vu mort?

Quand?

Quand on m'a dit de faire la chambre.

Qui vous l'a ordonn�?

Elle.

Qui entendez-vous par "elle"?

En faisant la chambre,

avez-vous vu le verre de vin?

Contenait-il du bourgogne?

Il restait quelques gouttes.

Vous dites qu'il restait quelques gouttes?

Si je vous dis que le m�decin,

en revenant apr�s le d�c�s, a trouv� le verre rinc�,

maintiendrez-vous qu'il contenait du bourgogne?

Je le maintiens.

Quand avez-vous rinc� le verre?

Je n'ai pas touch� au verre!

Mme Paradine vous avait envoy� dans la chambre.

Et le verre n'�tait pas rinc�.

Ce ne peut donc pas �tre elle qui l'a rinc�.

Milord, je m'�l�ve contre cette d�claration tendancieuse.

Le d�fenseur aime mieux disserter que de poser des questions.

Mais je ne suis pas intervenu de peur de l'irriter.

Savez-vous que la loi punit le parjure?

J'ai dit la v�rit�.

Paradine avait une raison de s'emporter contre vous.

Quand Mme Paradine s'est-elle plainte de vos assiduit�s?

C'est faux!

N'a-t-elle pas demand� � son mari

Ignobles mensonges!

N'est-ce pas ce qui a caus� la sc�ne

ce soir fatal?

Elle ne peut pas dire �a.

Elle avait r�v�l� votre conduite au colonel, n'est-ce pas?

R�pondez.

Je ne dirai rien.

Vous ne voulez pas avouer votre trahison?

Elle a menti. Je la d�teste!

Parce qu'elle lui a tout dit?

A-t-il entendu des propos ind�cents?

Oui.

Je ne voulais pas le dire

et salir son honneur.

Mais vous avez parl�,

vous et elle!

Eh bien, je parlerai aussi!

L'interrogatoire est fini.

C'est elle qui m'a entra�n�.

Cela me faisait horreur

mais c'�tait plus fort que moi.

C'est un parjure! Ne l'�coutez pas!

Il veut faire retomber sa trahison sur ma cliente.

Ce n'est pas la premi�re fois

que vous d�cha�nez � l'audience un exc�s de passion.

Je ne saurais bl�mer le t�moin.

Je demande que sa d�position

soit communiqu�e au procureur � cause du parjure qu'il a commis.

Et qu'on l'inculpe �galement

d'assassinat!

Vous semblez vouloir empi�ter sur mon r�le.

La parole est � Sir Joseph.

Votre d�position sous-entend-elle

des relations illicites avec Mme Paradine?

Je ne peux pas vivre avec ce souvenir!

Je dois vous poser encore quelques questions.

Avez-vous cach� la v�rit�

� cause de cette femme?

Oui. Je ne voulais pas qu'on sache ce qu'elle �tait.

La femme de mon colonel!

Et vous �tiez �pris d'elle?

Je ne sais comment dire...

Je ne voulais pas, mais...

C'est tout, Latour.

L'accusation en a termin�.

Messieurs les jur�s,

l'accus�e est une �trang�re

sans amis dans ce pays

qui s'enorgueillit de sa passion pour la justice.

J'avais l'intention de citer de nombreux t�moins

qui vous auraient parl� du sacrifice librement consenti

par cette femme dans la pl�nitude de sa beaut� et de sa jeunesse.

Se d�vouant pour illuminer la vie d'un aveugle.

Mais, devant la faiblesse de l'accusation,

mon seul t�moin sera l'accus�e elle-m�me.

Il n'a pas perdu son aplomb!

Apr�s son audition, je suis s�r que vous la d�clarerez innocente.

J'invite l'accus�e � passer dans le box

et il ne restera bient�t rien de la t�che

dont l'accusation

a inconsid�r�ment tent� de la souiller.

J'appelle madame Paradine.

Jurez sur la Bible.

Je jure de dire la v�rit�,

toute la v�rit�,

rien que la v�rit�.

Vous pouvez vous asseoir pour d�poser.

Non, merci.

Votre nom?

Maddalena Anna Paradine.

Veuve de Richard Paradine?

Comment viviez-vous avant votre mariage?

Pauvrement. J'avais une vie p�nible.

Elle est sinc�re.

C'est une malice de Tony. Il d�sarme l'adversaire.

Ne redoutiez-vous pas de vivre avec un aveugle?

C'�tait une trop belle occasion.

J'ai pens�: "Je serai ses yeux."

Etait-ce p�nible pour vous de soigner cet aveugle?

Non.

Il n'�tait jamais dur avec vous?

Parfois, mais je le comprenais.

Etre ainsi �tait terrible pour lui.

Je lui pardonnais.

Avant sa mort, une dispute a �clat�

� Londres, dans sa chambre.

Quelle a �t� la cause de la dispute?

J'avais parl� � mon mari de son valet de chambre.

Je d�sirais qu'il le renvoie.

Pourquoi?

R�pondez.

Je ne voulais plus de lui chez moi.

Pour quelle raison?

Je pr�f�rais qu'il parte.

Ses mani�res me d�plaisaient.

En quoi vous d�plaisaient-elles?

Il �tait trop familier.

Pr�cisez.

Il prenait des libert�s.

Vous faisait-il la cour?

R�pondez. Vous faisait-il la cour?

Oui.

Et vous avez averti votre mari?

Oui.

Vous avez entendu l'explication de Latour sur la dispute.

Que s'est-il pass� en r�alit�?

Mon mari lui a reproch� sa conduite envers moi.

Qu'a r�pondu Latour?

Il s'est effondr� et a dit que si mon mari lui pardonnait,

il ne recommencerait plus.

Donc Latour a menti?

Je proteste. Le d�fenseur dicte au t�moin ses r�ponses.

M. Keane, je ne voudrais pas avoir � intervenir. Est-ce clair?

Vous parlez toujours clairement, milord.

Alors tenez compte de mes observations.

J'ob�is toujours aux avis d'un juge, m�me si je les d�sapprouve.

Ne jouez pas avec moi. Continuez l'interrogatoire.

Apr�s le d�c�s, vous avez envoy� Latour

ranger la chambre.

Y avait-il quelqu'un avec vous?

Le docteur Young.

Etait-il l� quand Latour est ressorti?

Le docteur Young a d�clar�

avoir trouv� le verre rinc� en rentrant dans la chambre.

N'est-il pas vrai que seul Latour a pu le rincer?

Qui d'autre a pu le rincer?

Vous voulez qu'on croie que Latour l'a tu�.

Quelqu'un d'autre a-t-il pu rincer le verre?

Oui.

Qui aurait pu le faire?

Moi.

Cette d�claration est grave. Expliquez-vous.

Milord, je vous demande respectueusement

de me laisser le temps d'examiner cette situation inattendue.

Voulez-vous que la s�ance soit ajourn�e?

Je vous en serais reconnaissant.

Ajournement � demain, 10h30.

Tu ne d�nes pas ici, Judy?

Impossible, Gay. J'ai promis � papa.

Pourquoi �tes-vous triste?

Pour rien. J'�tais � l'audience.

Gay aussi?

Une id�e � vous?

Comme toujours, vous devez avoir des vues g�niales sur l'affaire.

Justement, j'en aurais grand besoin.

Si elle a rinc� le verre...

C'est faux.

Pourvu que le jury le croie!

Elle veut couvrir ce mis�rable!

Elle savait qu'il avait tu� Paradine.

Si j'avais le droit de la voir, c'est ce que je lui ferais dire.

Vous ne vous f�cherez pas si je vous demande une chose?

Demandez toujours.

Pourquoi avez-vous insist� sur cette dispute?

Si vous et votre p�re voulez le savoir...

C'est qu'il me fallait un mobile.

Latour voulait se d�barrasser de Paradine, par jalousie.

Et votre mobile � vous?

Comment?

Je sais, et Gay sait aussi

pourquoi vous chargez Latour.

C'est pour cette raison

que vous avez trait� cette femme comme un t�moin � charge.

Il fallait que je vous le dise!

Vous devez sauver cette femme pour Gay.

Si on me laisse faire, je le peux.

Si on vous laisse faire,

c'en est fini de Mme Paradine et de votre carri�re!

S'il n'y avait pas Gay, ce serait peut-�tre un bien.

Je n'ai plus de questions � poser.

C'est dr�le!

Je te raconterai plus tard.

Trouviez-vous Latour tr�s beau?

Ce n'�tait qu'un domestique.

Ses assiduit�s duraient depuis longtemps?

Oui.

Et vous ne pr�veniez pas votre mari?

J'avais honte.

De quoi?

Etait-ce votre faute?

Alors pourquoi cette honte?

A cause de votre pass�?

Je proteste. Son pass� n'est pas en cause.

Je n'ai rien insinu�.

J'estime qu'une femme dont le pass� a �t�,

comme elle le dit, "sans joie", aurait pu se plaindre

� son mari sans rougir.

N'interrompez pas, M. Keane. J'interviendrai s'il y a lieu.

Continuez.

Jurez-vous

que c'est par amour pour Latour que vous vous taisiez?

Par amour?

Alors que je voulais qu'il parte!

Avez-vous incit� ce malheureux

� trahir son ma�tre?

Absolument pas.

N'�tiez-vous pas �perdument amoureuse de lui?

Qu'y a-t-il, Sir Joseph?

Je demande un instant pour examiner la situation.

On m'apprend que Latour s'est suicid�.

C'est perdu!

Milord, cela change l'aspect de l'affaire.

Il est �vident qu'il s'est tu� parce que

il avait dit qu'il ne pourrait vivre "avec le souvenir de sa trahison".

Je conseille aux deux parties de se ressaisir.

Le jury ne tiendra pas compte

de cet incident hors d�bats.

D�sirez-vous une suspension d'audience?

Non, milord. Tout bien consid�r�, c'est inutile.

Mais je pr�senterai plus tard mes observations.

Sir Joseph, voulez-vous une suspension?

Non, milord. Je regrette cet interm�de par trop sensationnel.

Continuez, Sir Joseph.

Vous avez reconnu avoir rinc� le verre

qui contenait le poison. Pourquoi?

R�pondez. Pourquoi l'avez-vous rinc�?

Vous devez r�pondre.

Je n'ai pas entendu.

On vous a r�p�t� la question.

�a n'a plus d'importance.

Andr� est mort.

Celui que j'aimais...

J'ai cherch� nuit et jour,

en vain,

un moyen de nous lib�rer.

De partir et vivre avec lui.

Mais Andr� ne voulait pas m'aider.

Je dois vous signaler la gravit� de vos paroles.

Andr� savait que j'avais tu� mon mari.

Je n'avais rien dit, mais il le savait.

Je crois inutile de poser d'autres questions.

Et vous, M. Keane?

Je n'ai rien � vous dire, M. Keane.

J'aimais Andr� Latour. Vous l'avez tu�.

Ma vie est finie par votre faute.

Ma seule consolation est le m�pris que vous m'inspirez.

Milord, messieurs les jur�s...

J'ai fait de mon mieux.

Cette affaire a �t� fatale

� Latour,

� vous, et � moi aussi.

J'ai conscience de mon insuffisance.

Ce que j'ai fait

s'est retourn� contre ma cliente.

Mais il ne faut pas

que mon incomp�tence

influe sur l'issue du proc�s.

Il y a deux questions.

Deux questions distinctes.

Bien des points sont confus dans ce proc�s.

Bien des points...

Milord, je regrette de ne pouvoir continuer.

Avec votre permission,

mon confr�re me remplacera.

Les circonvolutions de la noix ressemblent au cerveau humain.

Je regrette que vous m'ayez d�fendu d'aller � l'audience.

Votre toux m'aurait distrait.

J'avais � surveiller l'exhibition de M. Keane.

J'esp�re qu'elle sera acquitt�e.

Encore votre sotte piti� pour les gredins!

Qui a plus besoin d'indulgence qu'une p�cheresse?

Vous oubliez que le ch�timent est n�cessaire.

La vie est un ch�timent, Tommy.

Pourquoi nuire au prochain? On n'a pas le droit d'�tre cruel.

Un verre cass�!

Vous dites plus d'�neries que jamais, Sophie.

Ce proc�s vous a �nerv�e.

Allez donc vous coucher.

J'y vais. Excusez-moi.

Oh, la pauvre!

Vous ne pouvez rien pour elle?

Quelle question � poser � un juge! Femme stupide!

C'est le jury qui rend le verdict.

Je suis peut-�tre stupide mais je vous ai toujours aim�.

Vous devez savoir que c'est terrible d'aimer un...

Autrefois vous �tiez bon.

Vous ne pouvez pas pr�sider sans...

Tant que je pr�siderai, je ferai mon devoir!

Et je l'ai fait aujourd'hui!

La femme Paradine sera pendue.

Je vous emp�che de vous coucher.

Pas du tout.

Mais vous devriez t�l�phoner � Gay. Elle doit s'inqui�ter.

Ou plut�t craindre que je rentre!

Je peux tout au moins lui �pargner ma pr�sence.

Vous �tes moins sagace que vous ne pensez.

Et ne d�sesp�rez pas. Je d�teste �a.

Vous pensez peut-�tre qu'on va me nommer juge.

Pas tout de suite.

Mais votre id�e d'abandonner le barreau est absurde.

Je suis s�r que Gay ne demande qu'�...

O� est-elle?

Tu ne veux pas d�jeuner?

J'allais partir.

Tony, j'�tais tr�s inqui�te.

Je t'ai attendu tard.

Je suis fi�re de toi.

C'est vrai.

Tu vas avoir de la peine. Certains se moqueront de toi.

Les journaux seront s�v�res.

Le pire, c'est ce que je t'ai fait.

La minute de v�rit�, ce n'est pas quand tu as vu ce qu'elle �tait.

M�me pas quand tu as eu le courage

de reconna�tre publiquement ton erreur.

La minute de v�rit�...

Regarde-moi, Tony.

La minute de v�rit�, c'est maintenant.

Mon mari est un homme remarquable.

Renonce � ta carri�re et fais-toi balayeur si tu veux.

C'est peut-�tre une id�e.

Oh, mon ch�ri, comprends donc!

Remets-toi au travail.

Je te souhaite une affaire difficile

qui exige tous tes efforts.

Tu gagneras toutes tes causes.

Tu recommences � te faire des id�es folles � mon sujet.

En attendant, tu aurais besoin de te raser!

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