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L'ENJEU
- Gin ! - Oui.
Voilà le docteur
Alors, Docteur ?
24 heures tout au plus.
Ça ira pour la première édition.
Si on prenait quelques photos ?
Mlle Thorndyke, votre père...
J'ai entendu, Docteur.
La fille est plus coriace que le père.
- Fichez le camp ! - M. Thorndyke...
Dehors, j'ai dit ! Infirmières, toubibs !
Comment ça va, Sam ?
Cette fichue douleur...
Elle me ronge de l'intérieur.
Tu as vu cet éditorial ?
Il faut le virer.
- C'est fait. - Tu es bien ma fille.
Le président a demandé de tes nouvelles.
Il peut appeler.
Si les Républicains ne m'avaient pas trahi,
je serais à sa place en train d'agoniser.
Bien. Quoi d'autre ?
Longstreet a appelé.
Ce sale vautour ?
Il voulait racheter mes journaux
tout en gardant mon nom sur la manchette.
Il y restera
Pas besoin de Longstreet.
Kay, je t'en ai voulu d'être une fille.
Je voulais tant avoir un fils.
Mais tu es mieux qu'un fils.
Un corps de femme avec un cerveau d'homme.
Mon cerveau !
Sers-t'en,
et tu finiras à la Maison Blanche.
Le parti Républicain nous doit bien ça.
- Ne l'oublie pas. - Jamais
Tu es bien ma fille.
Les hommes sont faibles,
puérils, idéalistes.
Fichue douleur...
Je ne peux plus la supporter.
Seules les femmes sont réalistes,
sauf en amour. Ne fais jamais de sentiments.
Ça n'arrivera pas.
Au revoir, ma fille.
Ça suffit pour aujourd'hui.
Maintenant, c'est toi le patron.
Tu vas me manquer.
Ça ira. Tout ira bien.
Fais tomber des têtes.
- N'entrez pas. - Mais...
Mon Dieu ! Docteur !
Docteur !
Félicitations, Mlle Thorndyke.
- 51 . - Vous avez perdu l'appétit ?
M. Hockins veut vous parler
Bonjour Stella.
Bonjour mes braves
Voici notre Camille Desmoulins.
Une nouvelle?
Entrez avant qu'on ne vous vire.
Qui est avec la dompteuse ?
Il est entré par la sortie de secours...
Élégant ? Un politicien élégant ?
- Un élégant Républicain ? - Quoi d'autre ?
Un élégant Républicain inquiet ? - Ils le sont tous.
Jim Conover. Annoncez-moi.
- Spike McManus. - Faites-le entrer.
Si j'avais votre numéro, je vous dirais qui sera président.
Je sais, Truman.
Vous voulez déclencher une guerre ?
Plus tard.
Bonjour patron, Jim. Quoi de neuf ?
Un mot et vous sortez.
Et la liberté de la presse ?
Écrivez déjà mon nom comme il faut.
C-O-N-O-V-E-R.
Vous l'avez écrit Canover... Tout sauf Conover.
Et pourquoi as Con-au-vert ?
Assez plaisanté.
La Convention risque de déboucher sur une impasse
Je n'en sais rien.
Je n'en sais rien.
Mon oncle a 2 têtes, si.
Les huiles du Parti Républicain
pourraient même se neutraliser avant la Convention.
Ce qui laisserait la place à un outsider.
Ce qui vous oblige à trouver un poulain.
J'ai votre homme.
Comme tout le monde.
Je ne suis pas tout le monde.
Désolé Kay, mais je suis comme Saint Thomas.
Si c'était vrai, vous seriez à Washington.
Arrêtez, Spike.
Bon, qui est votre homme ?
Il vient du Nevada.
Aucun président ne venait de l'ouest.
L'ouest appartient à l'Amérique.
C'est un self-made-man,
pilote de guerre en 1918, décoré par 3 gouvernements.
C'est du passé.
Il est aujourd'hui le constructeur aéronautique n°1.
Regardez-moi quand je vous parle.
Premier à avoir créé un comité d'entreprise,
jamais menacé de grève.
Il a les syndicats et le patronat dans sa poche.
- Intéressé ? - Non.
De quoi a-t-il l'air ?
Les femmes sont folles de lui.
Je n'ai aucune chance...
- Et les hommes ? - Idem.
Il s'est déjà présenté ?
Jamais. Il déteste la politique.
Alors pourquoi se présenter ?
On ne l'a pas encore.
Vous allez lui proposer.
Dans l'édition de demain.
"Nos avions ont des ailes, pas nos idées."
Vous pourriez en faire un président.
Les amateurs ne m'impressionnent pas.
Mais si vous voulez Washington.
je le recevrai.
Je vous l'ai répété tout l'après-midi,
je ne veux pas être président.
Monsieur vise plus haut.
Président !
Quand j'étais gosse, mon père m'emmena voir le président Taft.
On pouvait le voir à des kilomètres !
C'est vrai.
Après son passage, mon père m'a giflé
pour que jamais je n'oublie que j'avais vu le président.
Les raisons pour lesquelles je pourrais me présenter,
self-made-man, ami des ouvriers, outsider,
tout cela est très flatteur
Mais pourriez-vous me donner une seule bonne raison
pour que moi, Grant Matthews,
je me présente au plus haut poste du monde
- quand 10 000 hommes... -Attendez.
Entendons-nous bien.
Je ne vous dis pas que vous devriez l'être.
Kay vous a amené ici pour m'en persuader.
Pas l'inverse.
Personne ne force personne.
Il ne veut pas de ce boulot
d'autres en rêvent.
- Ne perdons pas de temps. - Oui.
La politique ne m'intéresse pas, les politiciens non plus.
Je n'aime pas les avions.
On est quittes
Vous m'êtes presque sympathique
M. Matthews, j'aimerais savoir une chose.
Vous avez fait un discours remarqué à Cleveland
par toute la presse. "Entendons-nous ou séparons-nous."
Les républicains vous ont envié ce slogan.
- Et ? - J'essaye de comprendre.
Si vous n'aimez pas la politique,
pourquoi ce discours ?
Je peux m'intéresser au pays sans faire de politique.
Ça va surprendre Jim Conover.
Je m'en moque
Ne croyez pas que je me fiche de ce qui se passe.
J'aime ce pays,
il a été bon avec moi.
J'ai commencé avec une clé à molette
puis j'ai bâti mon entreprise.
Vous avez déjà volé ? Non, vous n'aimez pas ça.
Ne me faite pas élire, car je ferais une loi
pour obliger les politiciens à prendre l'avion.
Nous planons de toute façon.
La prochaine fois, regardez en bas.
Si vous regardez Pittsburgh, que voyez-vous ?
- De la fumée. - C'est exact.
Des aciéries.
Des kilomètres d'aciéries.
Que voyez-vous d'autre ?
Des fermes, des usines, des chemins de fer,
des patrons, des ouvriers.
Ils n'existent pas les uns sans les autres.
Le courage et l'imagination, voilà ce qui fait l'Amérique.
Mais dans tous ces meetings comme celui de Cleveland,
que trouvez-vous ?
Des fermiers, des bûcherons,
des patrons, des ouvriers.
Travaillaient-ils ensemble ?
Mon œil !
Ils étaient morts de peur et se déchiraient
pour avoir la meilleure part du gâteau.
Il n'y a pas beaucoup de parts.
C'est pourquoi je suis surpris de ma venue ici.
Pourquoi ?
Car vous, politiciens, déchirez ce pays pour avoir des voix.
Aux ouvriers, vous promettez des augmentations,
aux patrons des baisses de salaire.
Aux riches, moins d'impôts, aux pauvres l'ISF.
Aux vieux des loyers modérés, aux constructeurs des prix libres.
Je ne porte pas d'auréole,
Hourra !
Vous ne m'avez pas demandé de discours
et je vous en donne un...
Vous détenez le programme politique idéal:
à bas les politiciens !
Très drôle.
Si vous croyez à ce que vous dites,
vous devriez vous présenter.
La seule façon de les corriger est d'entrer en politique.
Entrez à la Maison Blanche.
Il faut d'abord obtenir des millions de votes.
Ça ne vous fait pas peur ?
Bien sûr que non. Je ferais un bon président.
Qu'est-ce que je raconte !
Faisons un petit sondage.
Quelles sont ses chances ?
Je ne sais pas.
Chaque américain a sa chance.
Grant va faire le tour de ses usines.
Partout, il donnera une allocution.
Je vais être occupé. J'ai des problèmes à résoudre.
Grant, vous devez nous suivre.
Vous direz ce que vous avez sur le cœur.
Spike, vous l'accompagnez.
Nous allons bien voir si vous pouvez mener une campagne.
Je vais dire à M. Truman de faire ses valises.
Qu'y a-t-il, Norah ?
- Vous connaissez un Mac ? - Qui ?
Il appelle de New-York.
J'attendais votre appel.
Je vais changer de pièce.
Je raccrocherai.
S'il vous plaît.
Spike est trop curieux.
La confiance règne.
Quand on est dans la même pièce.
Je dois répondre à un appel.
Il me pense capable d'être candidat..
Le parti doit être désespéré.
Pas le parti, Conover.
S'il ne trouve pas de candidat,
il ferait aussi bien de devenir..
Démocrate.
Vous êtres en ligne ? Je raccroche.
- Posez ça. - Quoi ?
Des ragots circulent à notre sujet.
Sur Mary aussi.
Mary et un major.
- Qui est Mary ? - Mme Matthews.
Comment s'appelle-t-il ?
A quoi ça ressemble ?
Un major !
Vous avez vu ce qu'on a écrit sur moi ?
Ce n'est pas vrai ?
Déjà 17h.
Spike, si vous voulez trouver un taxi...
- Dites-moi de partir. - Je l'ai fait.
M. Matthews, nous allons finir nos verres.
Cela vous ennuie ?
Grant et moi vous faisons confiance.
Je suis ravie, Grant.
Vous devriez rester.
J'allais vous parler de ça.
Spike, fermez la porte.
Asseyez-vous.
M. Matthews,
j'ai enquêté sur vous.
Apparemment, on parle de vous deux.
Tous les candidats ont eu droit à des ragots
Sauf sur Hoover car personne n'y aurait cru
Ces bruits sont infondés.
M. Matthews est un très bon ami.
Mlle Thorndyke est célibataire,
vous êtes marié, avec 2 enfants.
Si c'est un facteur important,
vital, alors restons-en là.
Qu'en dites-vous ?
Ce n'est pas mon problème. Mais faites attention.
Il faut tuer les commérages dans l'œuf.
J'ai mon mot à dire.
L'amitié de Kay est plus importante...
C'est ce que je voulais entendre.
Jim a raison. Cessons de nous voir.
Kay doit encore me faire confiance.
Mme Matthews devrait nous rejoindre
pour la campagne.
Vous venez de mettre fin à la plus courte campagne politique.
Si ma femme soupçonnait ma candidature à la présidence,
vous ne la connaissez pas,
- elle m'appellerait "Napy" - Napy ?
Diminutif de Napoléon.
Elle m'appelle ainsi quand mes chevilles enflent.
Le monde est plein de femmes qui coupent les ailes de leurs maris.
Ce n'est pas le cas de Mary.
Ne vous faites pas une mauvaise idée de ma femme.
C'est une femme très belle et brillante.
Mais quel homme peut accepter autant de critiques ?
Il faudra vous y faire si vous vous présentez.
Votre femme vous entraînera.
Il faut mettre fin à ces ragots.
Les américains veulent voir un couple en campagne.
C'est une tradition.
Sinon, oubliez tout ça.
Et bien je refuse de me servir
de ma femme comme paravent.
- Faut-il qu'elle le sache. - Oui.
C'est ce que j'ai dit.
Je n'ai pas encore d'opinion sur vous.
Je vais vous dire une chose :
J'ignore si ma femme consentirait à dîner avec moi.
Quant à faire campagne...
Mais je tiens à dire
que j'aurais fait un bon président.
Alors, on danse ?
Quoi encore ?
- Le sénateur Fosdick. - Ex-sénateur.
Qu'est-ce qu'il veut encore ?
Il a été battu.
Il peut être réélu.
Ma chambre est la seule de libre.
- Je vais libérer la mienne. - Donnez-lui à boire.
Qu'ils paient leur chambre d'hôtel !
Revenons-en à votre femme.
Elle est majeure.
Laissons-la décider.
Grant a quelque chose de plus important à faire.
Vous vous souvenez ?
L'anniversaire de mon fils !
- Puis-je... - Allez-y.
- Le numéro ? - District 6530. Prenez l'autre.
- Celui-là ? - Oui.
Ici District 6530.
J'appelle Grapewood, Long Island. Numéro 247.
S'il vous plaît.
Il a 8 ans aujourd'hui.
Parlez à Mary.
Vous y tenez ?
Je vous aiderai par tous les moyens.
Dites-lui de venir.
Impossible d'être élu président sans sa femme ?
Bonjour. Passez-moi Mme Matthews.
Qu'est-ce que tout ce bruit ?
La fête d'anniversaire...
Bonjour Joyce ! Comment vas-tu mon cœur ?
C'est ma fille de 10 ans.
Butch ! Comment ça va fiston ?
Joyeux anniversaire.
Je ne peux pas canter.
Écoute, Butch...
Bonjour Mary.
Dis aux enfants de raccrocher.
Je ne peux pas chanter ici.
Ne m'appelle pas Napy .
Vos allez adorer.
Truman aura le vote des musiciens.
Faux ? Je ne chante pas faux.
Je suis à Washington. Je vais faire le tour des usines.
Oui, Butch.
Mary, c'est un peu dur au téléphone,
pourrais-tu me rejoindre...
Je suis chez Jim Conover.
Oui. Conover.
Oh, un type...
Je t'enverrai l'adresse.
Viens s'il te plaît.
D'accord, chérie.
Oui, Butch.
Oui, je sais.
Oui Joyce.
Au revoir chérie.
Elle vient ?
Oui. Que Dieu me vienne en aide...
Il va falloir tout lui raconter
et si elle décide de rentrer
personne ne s'y opposera. Compris ?
Drôle de monde.
Je veux que vous soyez président donc je m'efface.
Les hasards de la politique...
Entrez.
Comment se porte l'élu ?
Ces idées m'ont presque fait oublier les miens.
Cet appel vous a perturbé ?
On ne peut pas oublier ses enfants comme ça.
Vous vous sentez toujours enchaîné.
- Quelles chaînes ? - Celles qui empêchent
de faire de grandes choses.
Rien ne m'entrave, Kay.
Rien ne m'entrave, Kay.
Je veux que tout se fasse au grand jour.
Plus de cache-cache.
Et pas de Maison Blanche.
Pas de Maison Blanche.
Ce n'était qu'une chimère.
Pas pour moi.
Je crois en vous.
Je sais.
Je sais ce qu'il y a entre nous.
- Mais... - Mais, asseyez-vous.
Croyez-vous que j'ignorais ce qui allait arriver ?
Que j'ignorais que Mary devrait vous soutenir ?
Ça ne rend pas les choses plus faciles.
Je ne demande rien.
C'est moi qui souffrirai le plus.
- Je veux l'empêcher. - Vous le ferez.
En accédant au sommet.
Vous ferez un grand président.
Et si je souffre, qu'importe.
Mon père disait : La vie est une guerre,
les victimes ne comptent pas.
Je vous connais.
Et je vous aime.
Si vous accédez à la Maison Blanche, j'y serai aussi.
Vous êtes épatante.
Entrez.
Je repasserai.
Entrez.
Je vais jeter un œil sur la Maison Blanche.
C'est un grand homme, Jim.
Un grand homme avec une petite chance.
- Je serai franc. - Bien.
Sans Roosevelt, les Républicains ont leur chance.
J'ai donc loué cette maison pour deux ans
pour me lancer en politique.
M'a-t-on demandé de diriger la campagne ?
Non, on dit que je ne suis pas en odeur de sainteté.
Cette maison est donc devenue un refuge pour politiciens ratés.
Et vous voilà avec votre aviateur,
et moi, le cerveau de la politique,
je dois servir de nounou à ce Matthews,
mélange d'idées et d'ambitions ?
Un type qui hait les politiciens.
Un type à la vie privée indéfendable.
Ne voudriez-vous pas devenir président du parti ?
Je donnerais mon bras droit pour devenir président...
Vous vous portez garant.
Qu'est-ce qui vous arrive ? Vous vieillissez ?
Rentrez le ventre, tête bien droite.
Pourquoi vous ai-je amené Grant ?
Vous êtes le meilleur politicien du pays.
Un amateur borné !
Oubliez son amateurisme et faites marcher votre cerveau.
C'est l'année du candidat inconnu.
Nous aurons au mieux . une poignée de délégués.
Les communistes ont montré le chemin.
Il m'inquiète avec son baratin. Il se fera des ennemis.
C'est pourquoi j'envoie Spike.
Ça m'inquiète encore plus.
Thorndyke a besoin d'un vice-président,
un conseiller en politique,
Il aurait un bon salaire et cette maison pour 4 ans.
- Élu ou pas ? - Élu ou pas.
J'aime l'inattendu.
Juste pour bien comprendre,
quel est votre intérêt ?
- Je ne veux rien. - On veut toujours quelque chose.
Vous savez aussi qu'ils m'ont laissée tomber.
Ils considèrent le soutien de mon journal comme un échec.
Si j'offre au pays et aux Républicains le prochain président,
j'aurais le plaisir de voir certaines têtes tomber.
Si je pense aux mêmes têtes...
Oui.
Résumons-nous.
C'est l'homme idéal,
un mélange rare de sincérité et d'opportunisme.
Il pense être l'un des leurs.
Mais se laissera-t-il manœuvrer ?
Il m'aime.
Est-ce suffisant pour lui faire tout avaler ?
Vous venez de dire qu'il était idéaliste et ambitieux.
Vous aviez raison.
Attendez qu'il soit mordu par les présidentielles.
Attendez qu'il voit la Maison Blanche.
Alors il avalera tout.
Et moi aussi.
La Maison Blanche. Un lieu vénéré.
Pensez à tous les présidents qui ont occupé ce noble édifice.
Il faudrait la ravaler.
Pardon ?
Il faudrait la ravaler.
La ravaler ?
Et pourquoi pas blanchir la neige,
colorier un coucher de soleil,
ou changer le vert de la mer et le bleu du ciel ?
La statue de la Liberté doit-elle être maquillée ?
Savez-vous qui vit dans cette demeure historique ?
Les âmes de ceux qui se son battus pour la dignité humaine.
Moïse, Bouddha, Confucius, .
le Christ, Saint Paul, Saint François,
Saint Thomas d'Aquin, Roger Bacon, .
Jeanne d'Arc, Martin Luther,
Platon, Homère, Dante,
Shakespeare, Michel-Ange,
Pasteur, Newton, Galilée,
Edison, Franklin, Lincoln, Washington, Jefferson,
Crispus Actus, Lafayette, Garibaldi,
Bolivar, Cosci Esco.
Les martyrs, les saints et les poètes.
Les civilisations passées et présentes.
L'Histoire de l'Homme. De la Genèse à Einstein.
La quête de Dieu.
Tout cela vit dans cette demeure qui a besoin d'être ravalée.
Monsieur, puis-je vous offrir une bière ?
Avec plaisir.
Pouvez-vous déposer mes bagages ?
James, uniquement de la bibine.
Vous paierez la communication.
Mme Matthews est là.
Déjà ?
Si elle refusait de faire le voyage ?
Elle doit le faire.
Du champagne pour Mme Matthews.
- Où dois-je l'installer ? - A côté de M. Matthews.
Prenez ses valises. Cet appel est pour vous.
Je vous enverrai le reste.
J'espère que je n'arrive pas trop tôt.
On s'impatientait déjà.
Spike, voici Mme Matthews.
M. McManus
L'auteur ? Comment allez-vous ?
Vous êtes très belle. Comment allez-vous ?
Où est mon mari ?
La fumée a eu raison de lui.
Vous êtes ce M. Conover.
Je le crains. Grant ne vous attendait que demain.
J'ai envoyé un télégramme
J'étais si impatiente que je n'ai pas pu attendre.
C'est ma chambre ? - Celle de Grant.
Norah, déménagez le sénateur.
Encore ?
Mettez-le avec M. Godfrey.
Le commissaire y est déjà.
C'est idiot. Grant et moi pouvons rester ici.
Ici ?
Nous sommes mariés.
A moins qu'il ne partage sa chambre.
- Non, il est seul. - Bien.
Je reste.
Fosdick est isolationniste. Qu'il reste à l'écart.
- Je défais les valises ? - Je m'en occuperai.
C'est agréable
Je vois enfin les coulisses de Washington.
Certainement.
Le parti Républicain fait tapisserie.
Mais c'est fini.
Tout va changer après les élections.
Truman est au courant ?
Je vous aime déjà.
Je suis une bonne républicaine mais tous les votants
ne sont pas républicains.
Votre mari m'a dit la même chose.
Alors changeons de sujet.
Grant peut être très direct.
- Un verre ? - Je suis une invitée peu coûteuse.
- Je ne bois pas. - Vous ferez date ici.
S'est-elle installée ?
Un peu mon neveu !
Facile de convaincre le monde qu'il n'y a rien entre Grant et moi
mais pas d'en convaincre Mme Matthews.
Je croyais que c'était l'idée.
Quel naïf. Je veux qu'elle se batte pour lui.
Elle fera son possible pour qu'il soit élu.
Ah les femmes !
Au revoir, M. McManus.
Merci.
J'admire votre mari.
Regardez ça.
- Qu'avez-vous dit ? - J'admire votre mari.
J'ai des années d'avance sur vous.
Le pays pensera comme nous après les discours qu'il va faire.
Des discours ?
J'aurais dû prendre mes boules qui ès.
Vous m'avez mal comprise. Grant fait de bons discours
mais les apparitions publiques...
Serait-ce malvenu de rester à l'hôtel et l'écouter à la radio ?
Cela anéantirait nos plans.
Quels plans ?
S'il devient une figure politique,
on voudra connaître sa femme.
Voir de quoi vous avez l'air et comment vous êtes ensemble.
Je vois.
Voilà pourquoi Grant m'a invitée.
Grant veut que vous veniez.
Le reste était mon idée.
Un politicien saisit chaque opportunité.
J'ignore si vous êtes au courant,
mais récemment, Grant et moi n'avons pas été très proches.
Pourquoi ne pas montrer le contraire ?
Vous savez.
Soyons directs.
Ces apparitions publiques
vont-elles servir à cacher la liaison de mon mari ?
On dit ça de tout homme important.
S'il y a des rumeurs, faisons-les taire.
- Mme Matthews... - Puis-je téléphoner ?
Sur la table de nuit.
Je veux rentrer à New York.
- Aéroport... - Le 2345.
Quiconque veut devenir président mérite une chance.
Président des États-Unis ?
Ne ferait-il pas un bon président ?
Si, j'en suis sûre.
Un grand président.
Cette affaire va au-delà des considérations personnelles.
Il ne s'agit pas que de vous et Grant.
Et Kay Thorndyke.
Vous êtes une bonne citoyenne.
Pour l'instant, je ne me sens pas citoyenne
mais femme.
- D'accord. - Je refuse d'être utilisée.
Quelle désillusion.
J'espérais que l'appel de Grant signifie la fin de Kay.
J'aurais aimé mettre fin à ces rumeurs.
Et mettre fin à Kay Thorndyke.
Pensons à l'intérêt du pays.
Votre mari n'est pas le candidat rêvé.
Je me demandais comment on pouvait le choisir.
Le pays doit choisir et je sais ce qu'il choisira.
Croyez-moi, votre mari est un grand homme.
Je n'en doute pas.
On sait . que c'est un grand homme.
Et lui aussi en a conscience.
Impossible qu'il soit élu sans le savoir ?
- Ce n'est pas drôle. - Grant m'a posé la même question.
Il voudrait être élu sans que sa femme le sache.
Pauvre Grant.
Va-t-il à Seattle ?
Oui, pourquoi ?
On s'est marié à Seattle.
Quand je l'imagine faire un discours comme candidat...
Sa candidature est tenue secrète.
Ce voyage doit créer une demande.
Cela éclaircit vos propos.
Il doit être votre choix puis celui du peuple.
Je suis aussi un citoyen.
Appel longue distance.
Puis-je rester ?
- Je pars ? - Ça ne prendra qu'une minute.
Comment allez-vous ?
Vous auriez dû être élu.
Un conseil ? Revoyez votre campagne.
Combien de Polonais avez-vous là-bas ?
Dites-leur qu'on aime la Pologne et qu'on leur enverra de l'argent.
Ils ne sont pas de cet avis ?
Dites-leur que la Pologne n'aura rien de nous !
Les Démocrates nous ont devancés.
Promettez-leur ce qu'ils veulent !
Construisez-leur l'hôpital des anciens combattants
sinon, des clous !
Rappelez-moi.
Désolé. .
Au contraire,
ça m'a permis de changer d'avis.
Je ferai ce voyage.
C'est bien.
Ça me fait plaisir.
Notre première contribution de campagne !
Vous serez un adorable tremplin pour notre campagne !
Quelle façon de parler d'une femme.
Enfin, vous avez dit adorable, c'est ce qui compte.
Ne croyez pas aux compliments d'un politicien.
Je suis sevrée depuis longtemps.
Ce voyage dissipera les rumeurs.
J'en ignore d'autres ?
Il y a eu des rumeurs sur vous.
Sur moi ?
Sur vous et un certain major.
C'est la meilleure nouvelle que j'ai entendue.
- Grant le sait ? - Pas que je sache.
Vous allez lui dire ?
Je dois retirer quelque chose dans tout ça.
J'ai mes propres sources.
Si vous saviez comme j'ai traîné ce pauvre Major
dans l'espoir que Grant nous voie.
Je suis une nouvelle femme
à qui je vais donner un nouveau visage.
Je suis un homme nouveau à qui je vais servir un verre.
Une petite coupe de champagne ?
Ne me tentez pas.
Le résultat serait catastrophique.
Vous saviez qu'on ne s'était pas vus depuis 4 mois ?
Notre dernière rencontre a été mémorable.
Kay a une bonne technique avec les maris
des autres...
Elle sait y faire.
Grant a été infecté ce soir-là.
Ça ne l'a pas dérangé.
Je me suis donc contaminée avec des Martini.
Vous l'avez rabrouée ?
Je l'ai flanquée dehors. Une vraie poissonnière !
La faute aux Martini.
Ça avait commencé avant.
Grant a besoin d'espace.
Il aime escalader les montagnes et braver les tempêtes.
Il a eu le sentiment que je freinais son envolée.
C'était vrai. J'aime la tranquillité, M. Conover.
Les vallées paisibles,
et mes deux petites têtes blondes.
Joyeux anniversaire !
Grant planait sur les sommets, moi dans les vallées
J'ignore jusqu'où ils sont allés.
Comment ça ?
Séduire une femme comme Kay se fait en trois étapes :
d'abord on la suit des yeux,
puis à pied, puis à genoux.
Je ne sais pas à quelle étape Grant en est.
Je viens de recevoir ce télégramme.
Je ne t'attendais pas avant demain.
Je ne pouvais attendre.
- Comment vas-tu ? - Tu es ravissante.
J'ai beaucoup de choses à te dire.
-Vous avez une chambre ? . - Je reste avec toi.
Ici ?
Le gouverneur Dunn vient d'arriver.
Pas fichu de se faire réélire. Où va-t-on le mettre ?
- En plus il ronfle - C'est son passe-temps.
J'ai tout raconté à Mme Matthews.
Content que tu sois venue.
Comment vont les enfants ?
Ils ont hâte de te voir.
Moi aussi.
Tu as le droit de rire.
Pourquoi ?
Je suis sorti marcher.
C'est amusant, Mary.
Je suis venu à Washington des dizaines de fois,
mais je ne l'avais jamais vue.
Ce n'est pas une ville mais une ambiance.
Une galerie de géants.
Washington, Jefferson,
Lincoln, Adams. Des géants, Mary.
Je ne suis pas de taille.
Tu feras un merveilleux président.
Vraiment ?
Vraiment !
C'est ce que tu m'as dit de plus gentil.
Tu en as les capacités.
L'important, c'est que tu as toujours voulu être honnête.
Voulu ?
Tu as parfois dû tricher
pour arriver où tu voulais.
Mais tu as toujours eu la décence de le regretter.
Grâce à toi. Et ne m'appelle pas Napy .
Je veux que tu saches
que je n'osais pas te demander de m'accompagner.
J'avais dit à Conover que tu déciderais.
C'est bon.
J'ai pris ma décision.
Tu mérites mieux que moi.
Je vais me changer.
Je vais voir Jim pour cette histoire de chambre.
Tu n'as pas entendu ? Même le billard est pris.
Je trouverai un hôtel.
A Washington ?
Téléphone aux enfants demain.
J'appellerai à l'heure du dîner pour les avoir tous les deux.
Je t'ai apporté tes lignes.
Merveilleux !
- Elles te serviront à Seattle. - Oui.
On pourrait passer à Victoria. On n'y est pas allés depuis...
Notre lune de miel.
Exact.
Quelle usine vas-tu visiter ?
Minneapolis.
De quoi parleras-tu ?
C'est la circonscription d'un autre candidat.
Conover préfère que j'évite les ennuis.
Ainsi va la politique.
Conover a pris d'autres décisions pour toi ?
J'ai pris cette décision,
je prends toutes les décisions. Conover le sait.
Les américains sont confrontés à des problèmes...
Du calme, je voterai pour toi.
Non, je veux que tu comprennes.
- Puis-je faire le lit ? - Bien sûr.
Sonnez-moi pour le petit-déjeuner.
Je vais avoir une dure journée.
Je suis navrée de venir si tard.
- Je vais vous aider. - Merci.
On a un nouvel invité.
Mon Dieu ! Où l'avez-vous mis ?
Sur le sofa de M. Conover.
Je me sens coupable.
Ne vous en faites pas. Il a un lit de camp.
- Les gens profitent de M. Conover. - Norah...
Pas ceux qui couchent dans cette chambre.
Cette chambre est réservée aux invités.
On a même eu un démocrate dans ce lit.
J'aurais préféré l'ignorer.
Il n'était as comme Roosevelt.
A-t-il laissé ça en souvenir ?
Ça alors ! Mlle Thorndyke les cherchait partout.
Elle les a oubliées.
Comment faire sans lunettes?
Je vais lui envoyer. Vous avez son adresse ?
Elles sont bien à Mlle Thorndyke ?
C'est une monture chinoise.
Que ne feraient pas certaines femmes !
En effet...
M. Matthews doit avoir l'adresse.
Grant, peux-tu venir ?
Norah a besoin d'un renseignement.
Que puis-je or vous ?
Je voulais juste l'adresse de Mlle Thorndyke.
1276 Park Avenue Je vous l'écris ?
Je m'en souviendrai. 1 27 6.
76 pour la révolution et 12 pour les commandements !
Qui les a mises ici ?
Pourquoi est-elle partie. On aurait pu s'amuser.
Qu'est-ce que tu fais ?
Arrête tes bêtises et refais le lit
Je ne vais pas te laisser faire.
Tu ne dormiras pas là, par terre et moi non plus.
Bonne nuit, M. le Président.
Tu veux dire M. le vice-président.
Vous savez ce que ça représente pour nous.
Nous devons faire vite.
Voici la liste de nos alliés.
Prévenez Brookner.
Il est avec Dewey.
- Il est fou ? - Il retournera sa veste.
- Jim, un appel pour vous. - Au boulot.
Votre groupe est prêt ?
J'ai quelqu'un mais je ne peux vous dire son nom.
Il hait les politiciens.
Quoi ? Pour quelques misérables délégués ?
C'est non !
Je vous rappelle.
- Et Trinly ? - Il n'est pas fiable.
- Vraiment ? - Sénateur, qu'en pensez-vous ?
Je ne lui fais pas confiance.
- Pourquoi ? - Son lien avec Thorndyke.
Ils vous appuieraient pourtant.
Je ne veux rien leur devoir.
Un honnête homme, ici ?
Oublions-le. Que pensez-vous de Jim Foster ?
Qu'est-ce qui te fait rire ?
Je pensais au sol de la Maison Blanche.
C'est moi qui coucherai par terre.
En es-tu toujours à la phase 2
ou en es-tu à la phase 3 ?
Comment ça ?
Peu importe...
Tu veux divorcer ?
Et toi ?
Je t'ai demandé en premier.
Le monde me voit comme quelqu'un d'accompli.
Riche, influent, heureux.
Mais toi tu sais...
que je ne suis ni heureux, ni accompli.
Que ce soit en tant qu'homme, mari ou père.
Et tu sais quoi,
je suis à ma place, sur le sol.
Je l'ai su quand on a parlé de Victoria.
J'ignore comment ces lunettes sont arrivées là,
mais c'est bien que tu les aies trouvées.
Je n'ai pas osé te dire que Kay m'avait amené ici.
Par moments, l'homme éprouve un sentiment d'éternité.
Tu me l'as lu, tu t'en souviens ?
J'ai eu de ces moments.
Plusieurs.
Quand j'étais seul en avion.
Quand la terre, le ciel, l'avion et moi
ne formions plus qu'une seule parcelle d'éternité.
Et j'ai eu un de ces moments aujourd'hui.
Seul, en face de ces grands hommes.
Ils étaient heureux. Tu sais pourquoi ?
Ils défendaient une cause.
Une cause pour laquelle certains sont morts.
Je n'ai aucune cause à défendre.
Que des concurrents.
Aucune cause pour laquelle mourir.
A quoi bon se battre ?
Moi d'abord, les autres ensuite.
Mais au fond de moi,
je sais que ce voyage, que cette idée absurde de Conover
Enfin,
je resterai sur le sol pendant tout le voyage.
Quand tout sera fini...
Tout deviendra clair entre nous, tu ne crois pas ?
- Tu as répondu à une question. - Laquelle ?
Tu n'en es pas à la phase 3.
Voici de quoi réjouir le cœur des citoyens de notre pays.
Qu'est-ce que c'est ?
Le discours de Seattle. Un chef d'œuvre.
- Qui va le faire ? - Vous.
J'ai cru que vous aviez pris ma place.
Je me préserve pour la prochaine.
Préservez aussi ce discours.
Vous entendez ça ?
Je suis là pour vous empêcher de faire des bêtises.
C'est ce que font les enfants...
Des bêtises.
- Si vous ne voulez pas devenir président... - Maman ! - Bien.
Contentez-vous d'aligner les enfants que je dois embrasser.
Je connais de belles gosses...
On a de la compagnie.
Joe et Rusty !
Joe, le directeur de notre usine de Cleveland !
Il est venu nous voir.
- Il va nous heurter. - Ils maîtrisent.
Joey et Rusty ! Je vais me faire de l'argent !
Vous allez piloter ?
Vous devriez apprendre. Poussez-vous.
-Arrêtez-le --Attachez-vous.
- Pourquoi ? - Obéissez.
Rusty est notre pilote d'essai. Grant et lui aiment jouer.
Ça ne va pas me plaire.
- Ils vont voir. - Ils sont proches.
Ils veulent jouer. Altimètre ?
C'est bon.
- Salut les gars ! - Salut patron.
Je teste une nouvelle radio.
Qu'est-ce qui se passe ? Vous avez la frousse ?
Vous savez encore piloter ?
Assez pour rabattre ton caquet.
Vous avez du fric ?
Plein.
Un dollar que je vous lâche.
Prépare tes billets !
Parés ?
Accrochez-vous !
Que fait-il ?
Éloigne-toi ou je te coupe la queue !
Où est-il ?
Le voilà.
Si votre mari doit avoir une passion,
pourquoi ne choisit-il pas le piano ?
Rusty, fais quelque chose.
Un looping.
Ça va aller, Spike ?
Alors petit, tu sèches déjà ?
- Pas de tonneau, hein ? - Pourquoi pas ?
J'espère que les ailes tiendront
Elles sont restées ?
J'ose pas regarder.
- Pas mal pour un vieux ! - Pas si vieux que ça !
Vous me devez 1 dollar
5 dollars que j'atterris avant vous.
10 dollars ou rien !
Préparez les billets.
Je prendrai la moitié.
Allons-y.
Le vaurien, il a sauté !
Prenez les commandes
Approchez-moi.
Content de vous voir.
Asseyez-vous !
- Ils ne m'auront pas. - C'était amusant.
J'adore ces plaisanteries.
- Tu ne crois pas... - Et lui alors ?
J'ai parié 1 0 dollars.
- Mais... - Quoi ?
Voilà le terrain !
Coupez le moteur gauche.
Mes amitiés à Conover !
Mary, il est tombé !
Avait-il un parachute ?
Il a sauté pour 1 0 dollars ?
S'est-il ouvert ?
Il s'est ouvert.
Il est à l'aise dans les airs !
Qu'est-ce qui se passe ici ?
Alors Jim, à court de pommade ?
Entrez, M. Conover.
Où va la politique ?
- Qui sont ces gens ? - Mes éditeurs.
Certains m'ont reconnu.
Ne vous en faites pas.
Ce sont les affaires.
"Le public marche comme un seul homme."
"Pourquoi pas moi ? Grant Matthews."
Il a été contaminé !
On va enfin pouvoir travailler.
Les retours sont formidables.
- Et vous ? - La foule l'adore.
- Je vous l'avais dit. - L'ouest l'adore.
Mais j'attends le Centre.
- Il vient du Midwest. - Je sais...
On le saura avec le meeting ouvrier.
Et au grand banquet des industriels.
Croisons les doigts.
Qu'en pensent vos amis ?
Je voulais vous en parler.
Ils veulent leur part du gâteau.
Vous prendriez Lautherback ?
S'il apporte des voix.
Et Bill Hardy ?
Vous les cherchez loin.
Ils ont les dents longues.
- Bill Hardy aussi. - Bien.
-Faites-les entrer. - Oui, Madame.
Mettez-vous là, Jim.
Vous connaissez M. Conover ?
D'abord, je tiens à vous remercier
pour votre travail.
Vous n'avez pas toujours suivi mes conseils,
mais je suis une femme et j'ai moins de 60 ans..
Je vous ai demandé de venir
car cette fois, je n'accepterai aucun écart à mes instructions.
La Convention Républicaine doit finir sur une impasse.
On travaille pour les Démocrates ?
Pour la presse Thorndyke, qui aura son propre candidat.
Voilà pourquoi la Convention doit échouer.
Il faut court-circuiter les autres candidats. C'est clair ?
Je veux qu'on fasse l'impossible
pour qu'ils s'entre-déchirent.
Servez-vous de leurs femmes, de leurs enfants...
Trouvez tout ce que vous pourrez...
Chef,
je n'ai rien contre votre candidat,
nous savons tous qui c'est,
je veux bien travailler pour lui.
Mais je n'irai pas plus loin.
Préférez-vous travailler pour un autre journal ?
Oui !
Je crois bien.
On peut arranger ça.
Quelqu'un d'autre ?
Je suis prête à tous vous remplacer.
Vous êtes aussi folle que votre père.
Acceptez ma démission.
Pareil pour moi.
Bien, partez !
Je vous remplacerai sans problème !
Un appel de Wichita pour M. Conover.
C'est Brander qui me fait son rapport.
Comment allez-vous ?
Un problème avec les syndicats...
Attendez, ça doit être une erreur.
Faites-moi confiance. Tout ira bien.
Attendez !
- Il a raccroché. - Qu'y a-t-il .
Grant s'est accroché avec les syndicats.
M. McManus de Wichita.
- Qu'est-il arrivé ? - On a perdu les ouvriers.
Vous deviez empêcher ça.
Impossible, il m'a échappé.
Quel directeur de campagne !
Vous n'aviez pas lu son discours ?
Non et je vais vous dire pourquoi.
Je lui ai dit d'y aller mollo à Denver
mais elle l'a travaillé au corps.
Qui ? Sa femme ?
Peu importe, ce n'est pas le bon cheval.
Pourquoi l'ai-je invitée ?
Que va-t-il dire à Detroit ?
Je ne suis pas voyante.
Il ne fallait pas lui faire confiance !
S'il fait pareil avec les patrons, j'abandonne.
Cette femme lui serine que la vérité est sacrée.
Jim, filez à Détroit.
Jim arrive.
Hôtel Book-Cadillac.
Vous allez vous présenter ?
Désolé. Vous verrez M. Matthews après son discours.
Vous devriez vous raser.
Oh mes pieds !
Oh mes oreilles ! Ces sirènes...
Il faut supprimer ces escortes.
Je mangerai en route...
- Je pose ça où ? - Mary, choisis ta chambre.
Merveilleux pays
Grâce aux escortes, on dépasse les limites.
Mettez-les là.
Passez-moi le 241 9. Envoyez un barbier
Regarde ça.
Dans une heure, il faudra être habillé, rasé,
pour passer à la radio.
C'est magnifique.
Ton discours de Wichita.
C'est la première fois.
- Que voulez-vous manger ? - Tout sauf du poulet.
Oui, ça me donne la chair de poule.
Service d'étage ?
Activez-vous s'il vous plaît.
- Quelqu'un n'a pas aimé. - Qui ?
Le directeur d'une grande société.
J'ai mis le chauffage et ouvert la fenêtre.
Merci Fiston.
Faites-nous monter 3 hamburgers je vous prie.
- Avec oignons ? - Oignons ? Non !
Grant, qui est ce type ?
Tu ne sais pas ?
M. Matthews attend des visites.
24ème étage, salon B.
La barbe ?
- Pas maintenant. - Si !
Pour M. Matthews Entrez.
- Bonsoir ! - Bonsoir.
Tu as vu Mary : Matthews a la fibre présidentielle.
Je savais que ce discours ferait parler de lui.
Le petit n'était pas d'accord.
Rêvez !
Je t'avais dit de ne pas avoir peur.
On veut t'entendre parler ainsi.
Je serai direct avec le patronat.
Grant, allons jusqu'au bout.
Tu sais...
Ce voyage te réussit
Tu n'as pas le droit d'être aussi joli à ton âge
L'autre jour, à l'aéroport j'ai eu une drôle de sensation.
Laquelle ?
Je représente la ligue pour l'Abolition de l'Impôt.
Le gouvernement n'a qu'à travailler, comme nous.
- Abolissez les impôts ! - Merci.
On dirait ton frère.
Continue
Quelle sensation ?
Quand je t'ai vue à l'aéroport au clair de lune,
le vent de l'hélice balayait tes cheveux,
- dans cette robe... - Je prends vos bagages?
Oui, maintenant, allez-y.
Continue...
Finis ce que tu vouais dire
- Qu'est-ce que je disais ? - Le vent de l'hélice, sa robe.
J'aurais dû épouser un barbier.
Ce que je voulais dire.
- Vous devriez être habillé ! - Spike, vous êtes horripilant !
J'en prends mon parti.
- Je dormirai bien une semaine. - Grant Matthews président
Ce n'est pas une solution.
- Pardon ? - Pas une solution ! .
- Qui ? - Vous comme président
- Vous en avez une meilleure ? - Ma femme oui
- Votre femme ? - L'autre nuit, elle m'a dit
que tous les gouvernants devraient aller en prison.
Je lui ai dit : "Une femme ne parle pas politique."
Elle m'a dit : Tu sais pourquoi il n'y a pas de paix ?
"Car il n'y a pas de femmes au gouvernement !"
"Mets deux coqs ensemble, qu'arrive-t-il ?
"Ils sont bêtes, ils se battent.
"Et 15 coqs ensemble, cela fait 15 combattants.
"Mais si tu mais 15 poules ensemble, tu as quoi ?
"15 œufs !"
Elle dit : On se bat au congrès,
à Londres, en France, et pourquoi ?
Pas de poule au gouvernement. Vous, président,
ce n'est pas une solution.
Votre femme ça, c'est une solution !
Levez le menton .
M. Le candidat ?
- M. Le Président ? - Oui ?
Ça a marché.
J'ai fait un drôle de rêve.
Tous les candidats font le même.
Matthews, ton conseiller est là.
Bonjour Jim ! Que faites-vous là ?
Je voudrais une explication .
Prenez la solution de ma femme !
Il propose Mary comme candidate.
Aucune femme ne voudrait se présenter.
Elle devrait admettre qu'elle a plus de 35 ans.
La politique semble vous réussir.
Je suis en pleine forme.
On n'a pas beaucoup de temps, Jim. Grant attend du monde.
Lisez ça.
De quoi allez-vous parler ?
C'est mon dernier discours. Je parlerai de tout.
Des controverses ?
Pas pour ceux qui sont d'accord. Va t'habiller.
Je pourrais jeter un œil sur votre discours ?
Ce n'est pas un discours. Je parle à partir de mes notes.
- J'ai éteint le chauffage... - Et ouvert les fenêtres. Merci.
Vous feriez un bon argentier.
Si vous voulez lire, lisez cet éditorial.
Tout ça ?
Rien que des particuliers.
Rien que des particuliers ?
Aucun n'est signé par une personnalité ?
Tu vas être en retard.
On ne bouscule pas un président.
Vous voyez ?
Sa femme tient les rênes.
Les gens du Nord-Ouest l'ont suivi comme un seul homme.
- Et il a gaffé à Wichita. - Gros dégâts ?
Il a dû perdre les ouvriers.
Et qui encore après ce discours ?
De retour à New York, Kay le reprendra en main.
On verra bien ce soir.
De quoi avez-vous peur ?
Je ne sais pas. Mary a l'air trop contente.
La venue de Jim est un bon signe.
Il ne lâche pas sa place au premier plan.
- Ne lui parle pas de ton discours. - Pourquoi ?
Son arrivée ne me dit rien qui vaille.
Ne le sous-estimez pas.
Les gens qui viennent lui serrer la main
ont une lueur dans les yeux.
S'il nous échappe, une vague Matthews nous submergera.
Je ne veux pas qu'il nous échappe.
Il sera désigné si on lui tient le mors.
J'ai de bonnes nouvelles.
Il est vulnérable. Il est mordu.
A quel point ?
Il se voit déjà statufié.
- On va le faire redescendre. - A vous de jouer, Jim.
Dîner !
Vous nous avez appelés ?
Laissez la porte ouverte. Ils vont arriver.
On va recevoir une première tournée de patriotes électeurs !
Avec Spike, il n'y a plus de croisades.
Je ne suis pas payé pour ça.
Je n'irai pas au banquet de ce soir.
De quoi va parler Grant ?
J'ai une meilleure idée.
Serait-il possible de faire monter un poste de radio ? Merci.
Il va falloir être bon ce soir.
Jim va t'écouter.
Dites,
vous êtes Grant Matthews ?
Je peux vous serrer la main ?
Votre discours était le meilleur que j'aie jamais lu.
Émile Brigsby.
Ravi de vous recevoir.
Je travaille ici depuis longtemps. J'ai pris la suite de mon père.
Marié ? Oui, avec 4 enfants.
- Ça coûte cher. - Oui, vous avez raison.
Donnez-leur tout ce soir, M. Matthews.
J'y compte bien.
Vous pouvez tester votre discours sur moi.
Je vous donne l'introduction.
MM les membres de la Chambre des métiers,
quelle est la question essentielle de notre temps?
Pour qui les oignons ?
Ça doit être moi.
Votre public vous attend.
- Mon hamburger aussi. - Il n'a pas le droit de vote.
Ce sont des fermiers. Parlez-leur de vache et de fromage
Je n'y connais rien en fromage.
Venez faire leur connaissance
Souvenez-vous, ils votent.
Je les installe à coté.
Où en sommes-nous, Jim ?
Vous avez eu des retours ?
J'ai eu des retours sur vous.
Vous avez été formidable, bravo.
Je dois reconnaître que j'ai adoré ça.
Grant a quelque chose..
Ne lui enlevez pas.
Les gens ne résistent pas à sa sincérité.
Vous, la première.
Nos rapports sont strictement politiques.
Le regard qu'il a porté sur vous n était pas que politique.
Vous êtes célibataires ?
Oui, pourquoi ?
Si vous étiez marié, vous sauriez que certaines choses
ne trompent pas. .
Grant a découvert qu'on m'appelait "Biquette" à l'école,
et que je détestais ça.
Il m'appelle comme ça parfois pour m'embêter.
Biquette n'existe plus.
Il détestait m'entendre jurer.
A chaque juron, mon postérieur trinquait.
- J'ai juré pendant ce voyage -Il n'a rien dit ?
C'est idiot,
mais je donnerais tout pour une bonne fessée.
J'aimerais pouvoir y remédier.
Comment vont les fermiers ?
Après toutes les gentillesses que j'ai dites sur les vaches,
j'ai honte de manger ce steak C'est une vraie trahison !
Retour au poste !
Et maintenant, Les ouvriers.
Laissez-moi manger !
Laissez-le manger.
On est en crise
Parlez avec cette délégation tandis que je fais patienter l'autre
Mettez-les dans la même pièce.
Vous êtes naïfs. Ils sont à couteaux tirés.
Je suis sérieux
Allez leur dire que je leur parlerai à tous en même temps.
Vous cherchez les ennuis.
Revenez sur terre. C'est là qu'on vote.
Ces hommes ont fomenté des grèves illégales
Si j'arrive à faire élargir leur champ de vision,
peu importent leurs querelles
Peut-être.. Tais-toi !
Vous vous êtes mis les syndicalistes à dos à Wichita.
- Je leur ai parlé - Pourquoi ?
Que l'union ne marche que si la base a son mot à dire.
C'est normal, non ?
C'est normal, non ?
Bien sûr, tout le monde défend les ouvriers.
Mais vous les rendez responsables de la loi anti-grève.
Pas de chance. Ils se rebiffent.
Cela me rend fou.
Méfiez-vous du dénommé Mac.
Un peu de contre-espionnage...
Comment pouvez-vous dire que Grant a offensé les ouvriers ?
A Wichita, ils l'ont acclamé.
Les partisans de l'union peut-être mais pas les délégués.
Vous voulez que Grant soit un bon président ?
Le bon président est celui qui est élu.
Le front est prêt.
Ils y sont toujours ?
Oui, et d'humeur exécrable.
Jim , tournez-vous.
Par ici messieurs.
Il réconcilierait même les Nations Unies.
Ouvrez !
Ouvrez ! Ou est ce Grant Matthews ?
Qui êtes-vous ?
Je suis Sam Parrish, un ami d'enfance de Grant.
Toujours aussi belle !
Je te mangerais ! Tiens, ce bon vieux Jim Conover.
Que faites-vous là ?
Personne ne sait que je suis là.
- Laissez-nous. - Pardon .
Que se passe-t-il ?
J'aurais dû m'en douter. Vous êtes fin limier...
Je voulais vous souffler l'idée de choisir Grant comme candidat.
- Ou est Grant ? - Une petite contribution ?
Quand les murs ont tremblé, j'ai su que tu étais là.
- Toujours en vie. - Oui.
Eux aussi. Ils vont même boire un verre ensemble.
- Qui fera l'arbitre ? - Le petit bar du coin .
Tout est prêt pour ce soir ?
Y aura plus d'argent que dans une banque.
Va faire tes valises. Tu emménages à la Maison Blanche.
je n'ai jamais été aussi heureux.
La chance nous sourit.
Attends mon discours de ce soir...
Comment ça ?
A New York, on s'est disputés au sujet de l'inflation .
Vous allez en parler ?
Grant parle comme un radical
mais quand on a amassé autant de fric que lui...
A plus tard.
N'hésite pas, remets-en une couche ce soir et tu feras un malheur.
Mary, le leur dirai que je t'ai connue.
Qui êtes-vous ? Laissez-moi sortir.
Attendez, je descends !
Ne touchez pas à ça !
Je peux jeûner mais ça fera de moi un communiste !
A quoi ressemble un repas chaud ?
Voulez-vous que je dirige votre campagne ?
- Ai-je le choix ? - Bien sûr.
Si je reste dans la course,
je dois savoir ce que vous allez dire.
Très bien, Jim.
Je leur dirai qu'ils joueront le jeu du communisme.
Tant qu'ils mettront le profit avant la production.
La production endigue la hausse des prix.
Ils veulent une hausse des prix.
La hausse des prix c'est l'inflation.
Et l'inflation , la dépression
Et c'est exactement ce que Moscou attend.
Ils entendront que si le capitalisme ne survit pas,
c'est qu'ils n'ont pas le courage de le faire survivre.
Vous allez vous les mette à dos.
. . Et alors?
J'ai mis les syndicats face à leurs responsabilités, J'ai mis les
je ferai de même avec le patronat
que si les patrons veulent baisser le pouvoir d'achat
pour ennuyer les syndicats
Qu'allez-vous dire sur la réduction d'impôt ?
Ne vous préoccupez pas des impôts avant d'avoir commencé
Je leur dirai que la nation la plus riche au monde
est la plus vulnérable si elle n'est pas saine.
Je veux la santé pour les plus pauvres et la fin des taudis.
Les sans-abris nous coûtent trop cher.
Je leur dirai que l'argent n'est pas le Rêve Américain.
C'est le bien-être et la liberté du monde qui comptent le plus.
On ne peut être une île d'abondance dans un monde de misère.
Nous devons envoyer notre technique et de l'argent
aux peuples victimes de la misère
pour retrouver notre estime,
et le désir de liberté individuelle.
Je leur dirai que tant qu'il y a des dictatures,
nous devons rester vigilants
car la prochaine fois, on n'aura pas 2 ans pour se préparer,
mais une seule nuit.
Et je leur dirai qu'il n'y a qu'un gouvernement
capable de contrôler l'énergie nucléaire,
le désarmement, l'emploi et la paix du monde :
un gouvernement mondial.
Treize états ont bâti les États-Unis d'Amérique.
Les nations sont prêtes à bâtir les Nations Unies du Monde.
Avec ou sans la Russie.
Et j'insiste sur le mot unies .
- Avec une seule charte de droits,
une loi internationale,
.. une monnaie internationale,
et une citoyenneté commune.
Et je leur dirai que la fraternité n'est pas un rêve idéaliste.
mais une nécessité pratique.
- Ou allez-vous ? - en ai assez, je rentre. .
Oui, si vous coupez les ponts derrière vous. .
Laissez-moi vous rappeler qu'aucun vote ne vous est acquis .
- Et il vous faut 550 voix. Alors, réfléchissez bien .
Vous avez perdu les ouvriers, et vous risquez de perdre le patronat.
Je veux que tout soit bien clair
pour ceux qui me désigneront ou pas
D'accord mais pas ici, pas ce soir, pas à la radio.
Gardez ça pour l'Oklahoma
Pour vous, Jim . Je vais jeter un œil à côté.
Excusez-moi. Je reviens tout de suite.
Tout le personnel vous écoutera ce soir.
C'est bien .
Ils disent que vous n'êtes pas comme les autres.
N'est-ce pas ?
Je le savais ! Dites-leur leurs quatre vérités !
Je suis désolée que Jim sache ce que tu vas dire.
Moi aussi. étais si content de ce discours.
Tu vas le changer?
Selon Jim, l'endroit est mal choisi.
Il a raison ?
Peu importe.
Il faut finir ce que tu as commencé
Tu n'as pas répondu.
Souviens-toi de ce qui a fait ton succès à Wichita.
Quand tu as dit que la richesse des hommes n'est pas industrielle
mais qu'elle est la droiture, l'honnêteté,
ces mêmes principes qu'on respecte dans nos campagnes.
Dois-je le changer ou pas ?
Le monde a besoin d'honnêtes hommes que de présidents.
Bien , allons les affronter ! - Attendez une minute.
Les têtes pensantes du parti vous ont préparé un discours.
Ils savent ce qu'ils font.
L'administration s'apprête à étrangler notre industrie...
- C'est une blague ? - Non .
On accuse le patronat de félonie...
- Ces mots sont ambigus. - Les vôtres étaient dangereux.
- Voulez-vous être président ? - Oui !
- Alors laissez moi faire. - Et les électeurs ?
Ils n'ont pas leur mot à dire.
Il est temps de vous en rendre compte.
Vous êtes nommé par les politiciens. Pourquoi ?
Les gens sont trop paresseux pour voter au premier tour.
Les politiciens, non.
Laissez-moi mener Grant à la Maison Blanche.
Aidez-moi. Vous devez arriver à la Convention sans ennemis.
Nommé ou pas, Les gens doivent savoir qui je suis avant de voter.
Désolé mais il reste une délégation .
Je ne suis pas là.
Ils vous verront sortir. Il faut Les recevoir.
- Vas-y - Je fais vite.
Je vais prendre l'air.
Si Grant les prend à rebrousse-poil, il n'aura aucune chance d'être élu.
Il doit suivre mes conseils.
Laissez-le. Il essaie juste de dire la vérité.
- Peu importe qu'il soit élu. - Peu importe ?
Je connais cet homme et je I'aime.
Si vous l'obligez à faire des compromis,
vous le détruirez et il ne sera plus le même homme.
Désolé mais vous n'y connaissez rien .
Vous êtes une mère et une épouse.
En tant que telle, sachez que Grant n'a pas besoin de gens comme vous.
Vous voulez lui dicter sa conduite.
Je sais qui vous êtes.
Vous et Kay Thorndyke.
Émile, le garçon , est un électeur.
Il sent Les compromis à des kilomètres.
Entrez !
Laissez-le ! Vous ne savez pas La chance que vous avez.
Laissez-le ! Vous ne savez pas la chance que vous avez.
- J'ai votre poste de radio. - installez-le.
J'ai votre poste de radio. - Installez-le.
Tout le monde voulait une radio.
Pour la grande émission de variétés.
L'ascenseur vous attend .
Ta cravate, Grant. Écoutez bien , Jim .
- Mon sac, ou est-il ? - Juste là.
Le voilà.
On peut l'écouter ici. J'ai une radio.
Oserais-je écouter ?
Vous le pouvez.
Vous l'avez à peine vu...
Je n'ai fait que lui dire ce qu'il voulait entendre.
Mais vous devriez répondre à une de ses questions.
Laquelle ?
Il cherche la différence entre les démocrates et nous.
C'est une bonne question pour les présidentielles.
Il y en a une : Ils gouvernent, nous non.
Vous allez aimer ça.
Des télégrammes de particuliers.
Vous voyez Les effets de ce discours ?
Brock et Tannenbaum au Colorado.
Des durs à cuire !
Ils ne sont pas avec Dewey ?
- Plus maintenant. - Regardez !
Ed Lautherback veut vous voir.
Par lui nous aurons les agriculteurs.
Regarde Mary, deux états et 7 présidents de région .
A quoi bon ?
Je ne veux plus entendre parler de ce discours.
Ces télégrammes prouvent que Jim a raison.
C'est un professionnel. Il sait ce qu'il fait.
L'important, c'est d'être président.
Émile, le serveur, a écouté.
J'imagine la tête qu'il a faite.
Tu dois me faire confiance.
Je veux être président.
Je connais ce pays, mes concitoyens,
leurs conflits latents.
Je sais pourquoi ils s'entre-déchirent.
Et j'en connais la cause.
C'est la peur, rien que la peur.
La peur de l'avenir, du monde, du communisme.
La peur de la faillite.
- Pourquoi ne pas avoir dit ça ? - Je dois être nommé.
Même si je dois flatter des idiots comme Sam Parrish.
Après mon élection , si tu es déçue, viens me le dire.
Je t'écouterai. Mais jusque-là, ne dis rien .
Ce sera trop tard .
Hier soir, tu avais une chance, les gens étaient derrière toi.
Plus maintenant.
- Tu as changé, ils le sauront. - Je n'ai pas changé.
Patron , on a de la compagnie.
Jim, vous allez vous faire des cheveux blancs.
Grant est trop vieux pour voler ?
Rusty veut savoir si vous êtes trop vieux pour voler.
Dis-lui que je suis occupé.
Et qu'il ferait bien de descendre car il a du boulot.
Ça sent le roussi les gars.
Je me surprends moi même mais je suis déçu.
J'ai pris ma décision .
Vous mènerez la danse,
je suivrai tous ceux qui serviront ma désignation.
Et l'argent n'est pas un problème.
Quel démarrage !
Téléphonez donc à Lautherback.
Grant ne s'opposera jamais aux paysans.
Ne tournons pas autour du pot.
Je suis contre les importations de sucre, de coton et de viande,
et contre toute politique économique libérale.
- Vous êtes pour quelque chose ? - Oui.
Pour Ed Lautherback. Et vous pour...
Grant Matthews.
Vous avez combien de délégués ?
Aucun. Je peux en influencer.
- Combien ? - Peut-être aucun.
Que voulez-vous ?
Le Ministère de l'Agriculture.
Vous visez trop haut.
- Vous voulez mon soutien ? - Et nous paierons pour l'avoir.
Je me contenterai d'un droit de veto.
LAUTHERBACK SE DÉCLARE EN FAVEUR DE MATTHEWS
Avez-vous parlé à Bill Green ou John R. Lewis ?
Je ne vous aime pas beaucoup.
- C'est réciproque. - Qui ça intéresse ?
- Combien d'hommes avez-vous ? - 700 000, sur plusieurs états.
Et ils votent tous au premier tour.
Vous trouverez un accord ?
- Bien sûr. - Alors arrangez-vous.
BILL HARD Y SOUTIENT GRANT MATTHEWS
Vous nous garantissez le vote des étrangers ?
Si vous me donnez carte blanche.
Ces gens ne votent jamais pour mais contre quelque chose.
Ils vivent dans la haine depuis des siècles.
Il faut jouer avec ces haines, les dresser les uns contre les autres.
- Les faire voter... - On sait.
Quel est votre prix ?
Je voudrais distribuer des sinécures à mes amis.
C'est mon prix, aux républicains comme aux démocrates.
J'ai besoin d'air. Arrangez ça.
ai aussi besoin d'air
Voici les affiches et les annonces de l'émission.
Le meilleur lancement publicitaire.
Radio, télévision, presse.
Peu importe le coût.
Une excellente idée, cette émission chez lui.
Bavardages au coin du feu...
Le futur président en compagnie de sa femme et de ses enfants.
Sans oublier Mlle Thorndyke.
Comment cela ?
Il y a une rumeur selon laquelle...
Ridicule ! Des commérages.
- Quelle rumeur ? - Kay Thorndyke et Matthews.
. Ça m'étonne que vous y croyiez.
Je ne dis rien. Mais il n'y a pas de fumée sans feu.
Il faut tout vérifier.
Je le croyais bon père de famille.
Vous ai-je déjà menti ?
Vous a-t-il déjà menti ?
Ne me demandez pas de répondre.
Kay Thorndyke est une amie de la famille.
Elle et Mme Matthews sont proches
Sera-t-elle à l'émission ?
Bien sûr. Mme Matthews l'a invitée.
Je serai ravi de rencontrer Mlle Thorndyke.
Revenons-en à la campagne.
Mme Matthews est là ?
Vous êtes Spike ! Entrez.
Buck Swanson. Je suis le majordome.
Excusez ma tenue.
C'est comme ça tous les samedi.
Les petits préparent des colis pour l'Europe.
On vous a mis à contribution à ce que je vois.
Gardez-le ou il se retrouvera sur la tête d'un belge.
appelle Mme Matthews.
Je vais monter pour tenter de sauver mon pantalon.
Qu'est-ce qui se passe ?
C'est leur façon d'aider l'Europe.
J'aurais bien besoin d'un café,
je ne ferme plus l'œil avec cette campagne.
Vous auriez besoin de plus fort.
accepte.
- Qui m'a ouvert ? - Buck ?
Mauvais majordome mais le plus gentil des homes.
Il fut le premier mécano de Grant.
Grant n'a jamais pu se débarrasser de lui.
A ce propos, comment vont Conover et compagnie ?
Sans eau.
Il se fait des amis et troque des délégués.
Il se débrouille bien.
On n'achète pas le vote d'un homme libre.
Pour Conover, les paresseux et les ignorants ne sont pas libres.
Tous les politiciens sont-ils comme Conover ?
Il m'a presque . changée en démocrate.
Les démocrates ont aussi leur Conover.
Et comment!
Voilà ce qu'on en dit nous.
Répondez-moi franchement.
Pourquoi Grant a-t-il changé à Detroit ?
Detroit ? Il y avait tant d'hôtels...
Pourquoi a-t-il changé de discours ?
Si j'avais mon propre journal, je l'écrirais en première page.
95 % des journaux sont locaux dans ce pays.
- Vive la liberté de la presse ! - D'accord.
Dites-moi plutôt la raison de votre venue.
Une crise.
Une crise. Laquelle ?
Des bruits courent chez les républicains
et les démocrates
qu'un soir, vous auriez flanqué Kay Thorndyke à la porte.
Si ce bruit n'est pas tué dans l'œuf, Grant est fichu.
C'est la vérité. Que suis-je supposée faire ?
Vous pourriez inviter Kay à l'émission.
Ici, dans ma maison ?
Cela prouverait qu'elle est une amie de la famille.
Grant est au courant ?
C'est l'idée de Conover.
Pas étonnant.
On a besoin de bubble-gum.
C'est pour l'Europe. Ma fille Joyce, M. McManus.
Vous n'en avez pas ?
- Pas sur moi. - Demande à Buck.
- Je ne laisserai... - Maman !
On est coincés. Plus de B.D.
Pour l'Europe.
Voici M. McManus, Grant.
Vous n'avez pas de B.D. ?
Non, c'est un journaliste très distingué.
Pas si sûr. J'ai mes faiblesses.
Bon sang, je ne l'ai pas lue !
Allez, file.
- Ils sont très mignons. - Mignons, oui !
Dites à Conover que c'est non.
On ne fera pas n'importe quoi dans ma maison.
De plus, Kay serait plus à l'aise dans un chenil.
- Vous refusez. - Évidemment.
J'ai prêté cette maison à Conover, dit ce qu'on voulait que je dise,
je l'ai même laissé utiliser les enfants.
Même si je sais que ces parasites n'arriveront à rien,
qu'ils tuent Grant à petit feu.
Et maintenant, ils veulent que je pose avec cette femme ?
Ils ne me tueront pas moi aussi.
De plus, , c'est notre anniversaire de mariage.
Dites à M. Conover que c'est non.
Je lui dirai.
Mes excuses, madame.
Vous avez toute ma sympathie.
Bonsoir. Entrez.
- Où est Mary ? - En haut avec les enfants.
Je croise les doigts.
Je m'en accommoderai. Et Grant ?
Il est allé voir ses supporters.
Les gars de Life sont aussi.
Venez voir quelque chose.
Qu'en pensez-vous ?
Radio, 200 stations, télévision, 2 caméras qui retransmettent partout.
Un quartet pour la chanson de campagne de Grant.
Le Club Band, les gens du coin et même la presse.
C'est merveilleux !
Dire qu'il refusait de devenir président...
On a encore modifié le discours de Matthews.
Pour la troisième fois !
Matthews ne peut pas décider seul ?
Blake Moran, producteur de l'émission.
- Un problème. - Il se fait de la bile.
Écoutez des politiciens nuit après nuit et vous verrez.
M. Matthews n'en est pas un.
Bien sûr que si je l'ai lu.
Nous serons mieux dans la bibliothèque.
Quelle joie ! Je craignais un retard.
J'ai attendu trop longtemps pour ça.
Bill Hardy veut vous rencontrer.
- On ne m'a rien dit sur la tenue. - Nous sommes deux !
Bravo pour les Irlandais.
Un Martini sec pour elle.
Mary est au courant ?
- Elle l'a invitée. - Vous avez déjà vu un ouragan ?
Vous allez en voir un.
Je lui porterai la poisse.
Avec vous, personne ne pourra nous accuser de partialité.
Le juge et son épouse vont venir. Savez-vous préparer un sazarac ?
Sazarac... C'est de l'absinthe et de...
C'est une forme de suicide mais ne vous ratez pas.
Elle ne boit que ça.
Le juge boit du bourbon.
Spike, ne croyez pas que j'oublie ce que vous avez fait.
Ministre des Finances, ça me suffira.
Matthews ne se mettra personne à dos avec ce discours.
Il ménage la chèvre et le chou.
Il était pourtant bon. Que lui est-il arrivé ?
Le voilà.
On verra ça plus tard.
- Tout va bien ? - A merveille.
- Vous avez minuté le discours ? - C'est bon.
- Pardon ? - Je plaisante...
Vous avez le trac ?
Je veux m'assurer que tout ira bien.
- Et le public ? - Froid.
- Nul n'est prophète... - En son pays. Je sais.
- Ils sont là ? - Dans la bibliothèque.
Sam Parrish est en route.
Le juge et sa femme attendent l'ouverture du bar.
Je reviens.
- Tu veux entendre notre discours ? - Maman...
- Et ce déguisement ? - Notre orchestre.
- Qui a eu cette idée ? - Toi.
Je reviens. Tâchez de vous tenir tranquilles.
Je sais que c'est difficile pour toi et j'apprécie vraiment.
Je ferais tout pour te faire plaisir.
J'allais oublier. C'est pour ce soir.
Je pensais qu'il oublierait.
Quoi ? L'anniversaire !
Je me suis trompée.
La marque préférée de Conover.
Elle est arrivée ? Où est-elle ?
- Dans la bibliothèque. - Allons-y.
Vous savez quoi, comme dit Conover: "Un royaume pour un verre."
Non, Mary, pas ce soir. On n'a pas besoin de franchise.
Je serai sage.
Maman, t'es chouette.
Mon tapis !
Je lève mon verre en l'honneur
de celle qui, la première, a découvert Grant.
Merci, Jim.
Merci de m'avoir invitée.
- Juste à l'heure pour un cocktail.
Vous êtes en beauté.
Mary sera la plus belle première dame qu'on ait eue.
Prenons une photo.
Désolée de ne pas être venue vous accueillir.
Souriez ! Très bien, vas-y.
Mes enfants étaient tout excités.
Mary, Bill Hardy.
Comment allez-vous ?
Je suis en tenue de soirée.
Tout le monde aurait dû vous imiter.
- Ed Lautherback. - L'expert agricole.
Votre mari parle bien, mais vous, vous êtes belle.
Mme Drapers.
Vous devriez paraître plus souvent en public avec vos enfants.
Les étrangers aiment les enfants.
Pas les autres ?
Ne parlons plus politique.
- Vous passeriez une mauvaise soirée. - La politique me passionne.
Vous êtes néophyte, quelle place ingrate.
- Jim me voit comme un amateur. - Mais qui apprend, j'espère.
Vous êtes des professionnels car les votants restent amateurs.
Il y a quelqu'un ?
Monsieur le juge ! Vous vous souvenez de moi ?
Bien sûr. Quel plaisir de vous revoir.
- Voici ma femme. - Comment allez-vous ?
C'est un honneur d'être ici.
Je condamne votre mari à 4 ans de Maison Blanche.
Et je peux lui garantir les voix des 5 États du sud.
- Pour les élections. - ai parlé du sud !
Chez les républicains, nous n'existons qu'aux élections.
Quand j'étais petit...
- A plus tard. - Ce fut un plaisir de vous revoir.
Qui est-ce ?
Un journaliste, et ami de mon mari.
- Un bourbon ? - Vous lisez dans mes pensées.
Mais pas dans les miennes !
- Un sazarac, je suppose ? - Votre réputation est faite !
- Savez-vous le préparer. - Je pense.
S'il pense seulement, vous devriez l'aider.
Bien sûr, mon trésor.
Je suis heureuse que vous ayez pu venir.
Je crains qu'il n'y ait plus de femmes que d'hommes.
Quand nous sortons avec nos amis juges républicains,
Je n'ose leur dire que contrairement à Jeff, je suis démocrate.
Mais vous pouvez parler librement,
Personne ne critique l'administration autant que les démocrates du sud.
Voulez-vous un Martini ?
C'était juste une idée. .
Grant, où étiez-vous ?
Désolé du retard.
- Pardon pour cette tenue. - Elle vous va à ravir.
Ne buvez pas ça, vous allez devoir parler.
- Mary... - Grant, voici Mme Alexander.
Beau, n'est-ce pas ?
Vous allez ébranler mes convictions de démocrate.
ai dit à votre épouse que j'étais démocrate.
C'est un mal nécessaire.
A Savannah, on vote démocrate
mais au Congrès,. on a une majorité de républicains.
- Une minute. - Sam Parrish est là ?
Pourquoi ? Faites donc votre boulot !
Parlerez-vous du Sud ?
- Prenez Richmond. - On l'a déjà pris.
Jeff, préparez-moi un autre sazarac, c'est le meilleur que j'aie jamais bu.
D'accord.
Prêt ?
- Destination Maison Blanche. - On peut espérer.
- Combien d'auditeurs ? - Entre 1 5 et 20 millions.
- C'est tout ? - Ça suffit.
Plus que 20 secondes.
Tenez-vous prêts.
- 20 secondes. - Je compte beaucoup sur ce soir.
Bonne chance, Grant.
Attention, 12 secondes.
Vous allez vivre un moment historique.
Mesdames et messieurs, cette émission politique
n'a été subventionnée par aucun parti ni organisation
mais par des milliers de citoyens
déterminés à faire entendre la voix du peuple.
S'il faut que j'écoute ce discours,
sers-moi un autre sazarac.
... des usines, des écoles.
Le candidat abordera tous les problèmes
et nous proposera ses idées.
Ce n'est pas un président ni un candidat vendant son programme
mais un citoyen accomplissant son devoir de citoyen.
Le résultat : une démonstration de démocratie en action.
Dans tout le pays, spontanément, sans sponsors,
des centaines de club Matthews se sont constitués.
Ce soir dans plus de 400 villes,
des hommes et des femmes sont rassemblés chez eux...
Où est Grant Matthews ? Où est notre président ?
Qui êtes-vous ?
- Et ton discours ? - Là.
Du calme. Occupe-toi de ta réélection.
- Où est Mary ? - Dans la bibliothèque.
Bonsoir vous tous ! En retard, comme toujours.
Je te mangerais.
Je suis en tenue de soirée.
Le smoking aux travailleurs, les capitalistes à poil !
Sans façon, merci. J'ai assez bu cet après-midi.
Nous faudra-t-il écouter Ed Lautherback ?
C'est mieux.
Où aviez-vous disparu à Detroit ? Je vous ai cherchée partout.
Je n'y étais pas.
Vous n'étiez pas venue écouter Grant ?
Étiez-vous à Detroit ?
Vous avez dû la voir. Elle allait dans votre suite.
- Je venais de vous quitter. - Je n'ai pas vu Kay.
Vous êtes venue parler à Grant de son discours.
Tout ce qu'a dit Grant ce soir-là était parfait.
Surtout en ce qui concerne la hausse des prix.
Vous avez changé Grant.
Vous avez reçu mon rapport ?
Oui et désormais, c'est moi qui m'en occuperai.
M. le Juge ! Un seul verre ne vous suffit plus ?
Sam, le deuxième est pour ma femme.
- Sam, à vous. - Comment je fais ?
Faites comme tout bon républicain.
Jeff, vous êtes un ange.
Je vais en prendre un.
Que faites-vous ?
Si les prix montent, je dois me remonter aussi.
C'est de la dynamite.
J'aurais dû en boire à Detroit.
- Je dois vous dire une chose. - Jeff !
Préparez-m'en un autre !
En feriez-vous un pour moi ?
Oui mon trésor, enfin, madame.
- Ils sont très forts. - Un peu mon neveu !
- Qu'y a-t-il dedans ? - Je ne sais pas !
Vous en buvez depuis des années sans savoir
Je sais seulement que je me sens bien.
J'espère que M. Matthews tiendra compte de mes notes
sur les Italiens.
C'est très important.
Vous ne perdrez pas le vote des Abyssins ?
Il n'y en a que 17 aux États-Unis et seulement trois votent.
Alors peu importe la justice pour les Abyssins.
L'Abyssinie, c'est dans le nord ?
D'où viennent-ils ?
Mary, vous devrez parler à l'antenne.
Je lui dirais bien d'aller se faire voir.
Dans cette élection, le vote polonais sera le plus important.
Les polonais votent en Pologne.
Nous parlons des polonais américains.
Ils peuvent être les deux ?
- Rechargez vos batteries ! - Elles sont pleines, merci.
Matthews a connu l'odeur de la terre fraîchement retournée.
Il y a travaillé de ses mains
et l'a aidée à s'enrichir.
Comme cet autre grand républicain, Abraham Lincoln,
Matthews est un homme du peuple.
Il n'a rien oublié.
Il sait que l'agriculture doit être protégée...
Mme Drapers, c'est à vous.
Au président !
Mary, ça va être à vous.
Plutôt être ivre que président !
Mary, il faut que vous soyez lucide.
Ne vous en faites pas. Je serai rucide.
Votre langue a fourché..
Vous avez dit rucide !
Je défends la cause des paysans.
Qui pourrait le faire mieux que vous, M. Lautherback ?
Pour faire du foin, on peut compter sur vous.
Il n'a pas trouvé ça drôle ?
Je ne me suis jamais tant amusée depuis la fin du régime sec !
Qu'y a-t-il, chérie ?
Qu'est-ce qui m'arrive ?
Je ne veux plus boire.
Je veux juste qu'il me revienne.
Kay, occupez-vous-en Bill fait du chantage.
- Comment cela ? - Il ment !
C'est faux. Vous voulez que j'appuie Matthews, non ?
- Certainement. - Je veux nommer les conseillers.
Grant ne fait pas de marché.
- Jim et moi, si. - Vous m'avez mal compris.
Vous aurez un droit de veto.
- A vous, M. Hardy. - Je veux d'abord régler ça.
- Ramenez Matthews. - Laissez-le
Tous les syndicats ont voix au chapitre.
Si je soutiens Matthews, je serai les syndicats.
Alors je demande l'agriculture.
- Arrêtez. - Taisez-vous Parrish.
C'est moi qui vous donne l'argent, je vous rappelle.
Hardy, une minute.
Attendez.
M. Hardy, vous ne seriez pas ici si vous aviez mieux ailleurs.
Je me chargerai des détails.
Que Matthews me le dise !
Je suis votre candidat alors exécutez-vous !
Sinon, je vous esquinterai dans mes journaux.
20 secondes.
Décidez-vous !
Très bien.
y vais
Quant à vous, tenez-vous en à ce que vous avez.
Si vous avez des problèmes, venez me voir !
Je dirai une seule chose :
vous avez le courage de vos convictions.
Vous nous avez bien amusés mais maintenant, reprenez-vous.
Du café.
Vous allez devoir présenter votre mari au pays.
Le monsieur dit que c'est à nous.
- Faut pas avoir le trac. - Je l'ai pas et toi ?
- M. le Juge, c'est à vous. - Les grands-pères sont à l'écoute.
Mettez les enfants au lit.
Qu'est-ce qui vous prend ?
Ils ne parleront pas.
- Et moi non plus. - Elle est ivre.
Je ne le suis plus. Ces vautours qui s'acharnent sur Grant
et la vue de mes enfants m'ont dégrisée.
Je ne peux pas Grant.
Dire à des millions de gens que mon mari est honnête,
cela m'est impossible.
Pas après vous avoir connu, vous tous.
Et vous, Kay Thorndyke !
Vous et votre ambition !
Vous lui avez appris à tricher.
Vous en ferez un grand homme.
Il l'était déjà.
Le pays n'entendra pas Grant Matthews ce soir
mais une ombre, un fantôme,
Il tiendra des propos qui ne sont pas de lui.
Vous l'avez tué.
Et il a participé à son meurtre.
Mais pas moi.
Vous avez trouvé un idéal: le mensonge et la corruption !
C'est fichu.
Elle nous a insultés.
Il fallait s'y attendre.
- Que voulez-vous dire ? - Inutile de se tuer.
Elle dit toujours ce qu'elle pense.
Nous n'avions en vue que mon élection.
Les enfants et Mary ne viendront pas.
Vous parlerez à la place de Mary.
Dites qu'un des enfants est malade,
et qu'en tant qu'amie de la famille vous avez voulu la réconforter.
Kay ne doit pas prendre votre place.
Laissez-moi.
Vous aimez Grant. Il est toute votre vie.
Oh si. Et si vous ne venez pas, vous allez le perdre.
Mary, je sais de quoi je parle.
Grant vous aime. Profondément.
Même s'il a eu un moment d'égarement.
Kay est stupide.
Elle veut mettre Grant là où elle ne pourra le suivre.
Et vous, vous empêchez ça.
Kay ne pourra pas l'avoir.
Réfléchissez,
si Grant est élu, vous serez la première dame.
Vous allez jeter ça par les fenêtres ?
C'est trop tard.
Je croyais que vous l'aimiez.
Ma boule de cristal a dû se fêler.
Lisez.
Mme Matthews restera auprès de son enfant malade.
Son discours sera lu par une amie. Voilà ce que Mary voulait vous dire.
L'Amérique va pleurer.
Apportez-leur.
Suivez-moi Grant. Foncez !
Voici Mme Grant Matthews.
Je suis Mary Matthews.
Je suis partiale car il s'agit de mon mari.
Il a ses défauts, bien sûr.
Il lit le journal. Une rage de dents est une crise mondiale.
Il est comme tous les maris.
Elle est parfaite.
C'est un grand homme. Un bon père et un bon mari.
Il est plus que ça, honnête, sans compromis,
un homme probe, d'un grand courage.
- Un homme à l'esprit ouvert... - Arrête !
Qu'est-ce qui t'a changée ?
Je pensais que tu serais honnête.
Ici Grant Matthews, désolé de vous interrompre
mais ça ne peut plus durer.
Ne coupez pas ! ai payé cette émission.
Ne coupez pas.
Ça me coûtera mon travail.
Mme Matthews ne pense pas un mot de ce qu'elle vient de dire.
Quand elle a dit que j'étais un bon mari et courageux,
ses mots s'étranglaient.
Elle m'a dit ce qu'elle pensait de moi.
Elle m'a dit que j'étais lâche et que j'avais trahi mes idées.
Elle avait raison.
- Elle disait vrai. - Arrêtez-le.
De quel droit me ferais-je élire président ?
Coupez-le !
Vous entendez hurler les politiciens.
Ceux qui ont dit tant de bien de moi.
Maintenant, ils sont blessés et veulent me faire taire.
Je ne leur en veux pas.
Vous osez m'accuser de corruption ? Sale traître.
- Donnez-moi ce micro. - Prenez-le !
Dites-leur que vous m'avez promis 700 000 voix
si je faisais de vous le dirigeant des syndicats.
Dites-leur que j'étais assez bête pour vous croire
- Je vous anéantirai. - Allez-y.
Mettez-le à la une .
Qui veut prendre le micro pour dire sa vérité ?
Vous valez mieux qu'eux ?
On me demande si je suis mieux qu'eux.
Non... Je suis même pire qu'eux.
Tout le monde sait que ce sont des requins.
Mais pas moi. Je joue double jeu.
Je me suis vendu à eux,
consciemment.
avais de bonnes idées quand je suis venu vous parler,
vous, agriculteurs, commerçants, ouvriers,
simples citoyens.
Vous n'êtes pas comme ces politiciens vous voient.
Je pensais vous dire la vérité,
Je pensais pouvoir vous dire la vérité,
dire que notre pays est jeune et pas vieux,
que nous avons commencé à grandir,
qu'il nous faut du courage
pour devenir meilleur que l'on n'ose l'espérer.
Que nous sommes l'espoir du monde.
Que le secret de notre abondance est la liberté.
Et qu'il nous faut partager ce secret avec le monde.
Nous devons affronter un grave problème :
quand les gens ont froid, faim et peur,
ils deviennent la proie du communisme et du fascisme
qui leur promettent du pain et ne leur donnent rien.
Voilà ce que je voulais vous dire.
Mais j'ai perdu ma foi en vous.
J'ai perdu foi en moi.
J'avais peur de ne pas devenir président.
J'avais oublié qu'il faut toujours dire ce que l'on pense.
Ce gang de parasites a réussi à me convaincre
que pour être élu, il fallait tabler
sur la médiocrité des gens,
au lieu des meilleurs, de tabler sur la haine des classes,
pour faire ressortir le pire en vous.
Je me suis servi de ma femme, de mes enfants et de mes amis.
Ma campagne était une escroquerie.
Cette émission n'était pas improvisée,
ni payée par votre argent,
mais minutieusement réglée par des professionnels.
J'ai payé 200 000 dollars en publicité
pour lancer cette campagne.
J'ai cru pouvoir être désigné.
J'ai agi comme Al Capone mais ce que j'avais oublié,
c'est que les tricheurs sont vite démasqués en Amérique.
Ma femme le savait.
Et je m'en suis souvenu.
Mais ce soir, en parlant devant tous mes amis,
devant ceux qui me connaissent,
mais qui ne m'aiment plus,
j'ai réalisé qu'ils voyaient en moi un imposteur.
Je crois vous avoir tout dit.
Et je n'en suis pas fier.
J'ai toujours vanté les mérites
d'un courage surhumain
pour affronter les batailles de la vie quotidienne
Je suis celui qui disait
qu'il faut se connaître soi-même.
Donc, ici et maintenant, je retire
ma candidature.
non parce que je suis honnête,
mais car je suis malhonnête.
Je demande pardon
à tous les gens sincères
qui m'ont accordé leur confiance.
Je veux aussi
demander pardon à ma femme.
On ferait bien de partir.
Cet emploi, ça tient toujours ?
Toujours.
J'ai déjà quelqu'un en vue...
M. Matthews Vous retirez-vous de la Politique ?
Non, je fais mon entrée en politique.
J'irai à la Convention Républicaine
et à celles des Démocrates.
J'ouvrirai les fenêtres toutes grandes.
Je harcèlerai les mauvais candidats
et les électeurs qui ne votent pas !
- Ôtez donc ce micro. - Biquette !
- Viré ? - Viré !
- Engagé ? - Engagé !
FIN
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